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	<title>Cinematheque du Rhin superieur - Kinemathek Oberrhein - Contributions de l’utilisateur [fr]</title>
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		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-07T12:49:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Les 10 ans de la Libération de Colmar&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1955&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:05:09&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|apercu=Miniature.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Libération de Colmar; Libération de l'Alsace; 2 février 1955: Anniversaire de la libération de Colmar&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Simone de Lattre de Tassigny; Emmanuel Temple; Rey, Joseph (Ehrenbürgermeister Colmar)&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07681, 7.35404&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation@ Second World War : ceremonies – commemorations - remembrance places&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Albert-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|300px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Montvalérien.jpg|300px|thumb|left|En 1946, cérémonie commémorative de l'appel du 18 juin devant le monument provisoire au Mont-Valérien organisé par le général de Gaulle. Musée de l’Ordre de la Résistance.]] Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Delattrecolmar.jpg|300px|thumb|right|Les généraux de Lattre de Tassigny et Devers lors d'une revue militaire à Colmar en février 1945, SCA-ECPAD.]] Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Menu.jpg|300px|thumb|left|Menu du banquet des 10ans de la Libération de Colmar organisé par Rhin et Danube, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Caméra au poing, Albert-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. Certains vétérans assistent à cette journée en famille – quelques femmes et enfants se distinguent sur l'estrade –  mais la plupart semble avoir fait le déplacement seul, peut-être par volonté de se recueillir seul ou peut-être ne pouvant pas se permettre de payer un tel voyage en famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Albert-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. La première partie de ce reportage est plus intime, plus personnel. Axelrad filme ses camarades, les officiers qui les entourent et la remise de médaille de son point de vue, celui d’un vétéran au milieu des vétérans, et non pas celui d’un opérateur professionnel qui se concentre sur les invités d’honneurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Albert-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé à la fin de la guerre&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Albert-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Albert-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, ''Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar'', RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, ''Prise de Colmar'', Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, ''1945 – Fêtes de la Libération'', Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, &amp;quot;Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée&amp;quot;, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16438</id>
		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-07T10:32:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Albert-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|300px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Montvalérien.jpg|300px|thumb|left|En 1946, cérémonie commémorative de l'appel du 18 juin devant le monument provisoire au Mont-Valérien organisé par le général de Gaulle. Musée de l’Ordre de la Résistance.]] Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Delattrecolmar.jpg|300px|thumb|right|Les généraux de Lattre de Tassigny et Devers lors d'une revue militaire à Colmar en février 1945, SCA-ECPAD.]] Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Menu.jpg|300px|thumb|left|Menu du banquet des 10ans de la Libération de Colmar organisé par Rhin et Danube, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Caméra au poing, Albert-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. Certains vétérans assistent à cette journée en famille – quelques femmes et enfants se distinguent sur l'estrade –  mais la plupart semble avoir fait le déplacement seul, peut-être par volonté de se recueillir seul ou peut-être ne pouvant pas se permettre de payer un tel voyage en famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Albert-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Albert-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé à la fin de la guerre&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Albert-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Albert-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, ''Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar'', RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, ''Prise de Colmar'', Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, ''1945 – Fêtes de la Libération'', Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, &amp;quot;Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée&amp;quot;, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)&amp;diff=16436</id>
		<title>Tirailleurs marocains (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-07T10:31:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Tirailleurs marocains&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
|dateFin=1945&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:07&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|apercu=Tirailleursminiature.png&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07791, 7.38573&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Tournées en 1945 par Albert-José Axelrad, sous-lieutenant de l’armée française, ces images montrent les tirailleurs marocains et leur état-major dans des moments de relâchement à l’arrière du front.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:tirailleursvosges.jpg|300px|thumb|right|Membres de la 4e Division Marocaine de Montagne dans les Vosges le 19 janvier 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 314.&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Après la défaite de 1940, la France se trouve divisée : d’un côté les partisans du régime de Vichy qui entame la collaboration avec le Reich, de l’autre les partisans de la Résistance qui tente de continuer le combat. La 1re Armée Française (d’abord nommée 2e Armée et Armée B) incarne difficilement l’union des forces françaises en rassemblant des troupes issues des Forces Françaises Libres gaullistes et des unités de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique. Si la cohésion entre ces groupes reste limitée, la 1er Armée s’illustre tout de même lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 puis lors de la Libération de la France qui les mène jusque dans les Vosges à la fin de l’année 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hiver est rude pour l’armée française qui combat pied à pied les Allemands d’abord dans les Vosges puis dans la plaine alsacienne. La Wehrmacht oppose une résistance farouche pour se maintenir dans cette province annexée au Reich depuis 1940. Les combats durent de novembre 1944 à mars 1945, les Allemands s’accrochant au nord de l’Alsace et autour de Colmar. Les combats, dans la neige, sont extrêmement violents, tant pour les soldats que pour les Alsaciens qui voient leurs villages réduits en cendres&amp;lt;ref&amp;gt;ECPAD, SCA9, ''La prise de Colmar par la 1re armée'', Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Des milliers de soldats sont tués ou blessés, des villages sont rasés, les champs et les vignes sont minés. L’Alsace, meurtrie par quatre ans d’annexion, est achevée par quatre mois de combats intensifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un professeur d’anglais dans la 1re Armée française'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:tirailleursvosges2.jpg|300px|thumb|left|Compagnie muletière du 6e Régiment de Tirailleurs Marocains sur les Hauts du Faing à l'automne 1944, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Yves Buffetaud, ''La 1re armée française, Vosges-Alsace 1944-1945'', Louviers, YSEC, 2019, p. 50.&amp;lt;/ref&amp;gt;.]]Albert-José Axelrad est professeur d’anglais à Paris lorsque la guerre éclate. D’origine juive, il doit fuir Paris en 1942 avec sa femme et leurs deux filles : Albert-José Axelrad rejoint l’Algérie alors que sa famille reste en France. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rejoint l’armée française où sa maitrise de l’anglais lui permet d’obtenir des postes d’agent de liaison avec les forces américaines. Il participe ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France au sein de l’état-major de diverses unités de l’armée française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 1re Armée française nait de la nécessité de fusionner les Forces Françaises Libres et l’Armée d’Afrique après le ralliement des autorités coloniales françaises aux Alliés à la suite du débarquement alliés. L’amalgame peine à se faire, les deux composantes rechignant à être assimilées à l’ennemi d’antan, d’autant que leurs chefs respectifs – les généraux de Gaulle et Giraud – s’écharpent pour le pouvoir. Les premières troupes françaises sont envoyées en Italie au sein du Corps Expéditionnaires Français, puis la 1re Armée devient opérationnelle et participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Formés en Afrique à partir des troupes coloniales françaises, ses soldats sont en majorité originaires des colonies : colons et colonisés s’y côtoient. Ces derniers, appelés « indigènes » par les cadres de l’armée, représentent, en août 1944, 60% des effectifs de la 1re Armée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:axelradprisonniers.jpg|300px|thumb|right|Albert-José Axelrad pointant sa pipe vers des prisonniers allemands à Rouffach début février 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 387&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Albert-José Axelrad sert surtout au sein des 6e et 4e Régiments de Tirailleurs Marocains qui apparaissent au début du film. Ces soldats sont recrutés sur la base du volontariat dans le Protectorat français du Maroc. Mais comme dans toutes les unités coloniales, si les simples tirailleurs sont des Marocains, l’encadrement ne l’est pas : les officiers et la grande majorité des sous-officiers sont Français. Cette distinction apparait dans le film, le cinéaste filmant tour à tour une petite escouade de tirailleurs et des officiers français. Après le ralliement de l’Afrique du Nord française aux Alliés, les tirailleurs sont de tous les combats : campagne d’Italie, libération de la Corse, débarquement en Provence et campagne de France. Cette dernière les mène jusqu’aux portes de l’Alsace au début de l’hiver 1944-1945 durant lequel la 1re Armée Française rencontre une grande résistance de la part des forces allemandes qui s’accrochent à la région annexée. Albert-José Axelrad a la charge de l’interrogatoire des prisonniers ramenés du front par les troupes françaises . À mesure que la défaite devient inéluctable, de plus en plus d’Allemands se rendent aux troupes alliées pour sauver leurs vies. Mais dans le même temps, le fanatisme est de plus en plus profond dans certains groupes, notamment la SS, rendant la guerre de plus en plus rude pour les soldats qui combattent depuis des mois et pour les civils que les nazis tentent de lancer dans la bataille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’hiver 1944-1945, alors que la bataille fait rage sur les Vosges, est également un moment de tension entre les soldats venus des colonies et la métropole. Les troupes se sentent délaissées par la population de la France libérée : les difficultés matérielles, le manque de permissions pour l’Afrique et surtout les combats incessants pèsent sur le moral. Pourtant l’armée française a entamé le très controversé « blanchiment » de ses troupes, retirant des premières lignes les soldats noirs pour les remplacer par des soldats recrutés en France et issus des rangs de la résistance. Néanmoins, les tirailleurs marocains, réputés pour leurs capacités de combats en montagne restent en ligne jusqu’à la fin des opérations européennes, même si les pertes peuvent être comblées par l’adjonction de recrues provenant des territoires métropolitains libérés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Moments de détentes autour de la caméra'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Axelradprisonnier2.jpg|300px|thumb|left|&amp;quot;Axelrad interrogeant un prisonnier&amp;quot; par un camarade de guerre d'Albert-José Axelrad, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Tournées en Alsace, ces images datent certainement d’après la libération totale de la région à la fin de l’hiver 1944-1945 : la neige a fondu, les soldats ne portent pas leurs casques et, même si certaines maisons sont endommagées, les rues semblent avoir déjà été en partie nettoyées des décombres. Loin de la ligne de front, en sécurité, Albert-José Axelrad en profite pour sortir sa caméra 9,5mm qui le suit depuis avant-guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous se prêtent au jeu du cinéaste. L’escouade de tirailleurs marocains se tient fièrement au garde à vous devant le poste de commandement. Il s’agit surement d’une mise en scène pour la caméra, Albert-José Axelrad les filme de très près ce qui serait impossible avec la solennité d’une cérémonie officielle. Le cinéaste s’attarde sur l’aspect exotique de l’unité, fait des gros plans : les coiffes traditionnelles et l’étoile à cinq branches de l’insigne de l’unité. De leur côté, les officiers sont bien moins martiaux que leurs subordonnées : ils sortent de leur poste de commandement en fumant, tenant nonchalamment leurs holsters à la main, saluant d’un sourire le sous-lieutenant qui tient la caméra. Tous profitent du calme relatif qui est revenu après le difficile hiver à combattre pour la libération de l’Alsace.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La longue séquence de « défilé » qui suit montre bien le besoin de détente qui habite les soldats. La caméra devient alors le centre d’un jeu qui rassemble quelques officiers français, un tirailleur à la veste blanche et deux femmes. Elle mobilise les attentions des militaires en les sortant de leur ordinaire et potentiellement de leur ennui comme dans le film tourné par Emile Breesé durant la drôle de guerre&amp;lt;ref&amp;gt;Emile Breesé, drôle de guerre à Bénestroff: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Dr%C3%B4le_de_guerre_%C3%A0_B%C3%A9nestroff_(0021FN0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;. Chacun défile devant la caméra, en couple ou en groupe, un homme revêt le manteau de fourrure de l’une des femmes : tous jouent et s’amusent devant l’objectif. Pourtant la rue semble encore porter les traces des combats, les bords de chemins sont remplis de gravas et les carreaux du bâtiment au fond de la rue sont brisés. Le village dans lequel stationnent les tirailleurs porte encore les stigmates de la libération : les toitures sont éventrées, les murs criblés d’impacts. Mais la guerre touche à sa fin, ces hommes, stationnés à l’arrière du front, le ressentent. Après avoir participé à toutes les campagnes de la Libération, Albert-José Axelrad reste en Alsace alors que les troupes françaises rentrent en Allemagne. Profitant de se relâchement de la tension, le cinéaste se permet de sortir sa caméra pour immortaliser ces moments de joie alors que la fin de la guerre se dessine. Et lui aussi veut apparaitre à l’image et se joindre à ce jeu ! La dernière séquence le montre sortant de la maison, donnant l’accolade à un ami et souriant à l’objectif de la caméra qu’il a confié à un autre camarade.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BUFFETAUT Yves, ''La 1re armée française : Vosges, Alsace, 1944-1945'', Louviers, Ysec, 2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CLAYTON Anthony, ''Histoire de l’armée française en Afrique : 1830-1962'', Paris, Albin Michel, 1994.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MIOT Claire, « L’armée de l’empire ou l’armée de la nation ? Front et arrières pendant la seconde campagne de France (1944-1945) », dans ''Guerres mondiales et conflits contemporains'', 2015/3, no259, p. 39 à 56.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BERNAGE Georges, de LANNOY François &amp;amp; MCNAIR Ronald, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Albert-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=ECPAD, SCA9, ''La prise de Colmar par la 1re armée'', Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Libération de Colmar sur Rhinédits:&lt;br /&gt;
https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>Tirailleurs marocains (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-07T10:28:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Tirailleurs marocains&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
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|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
|dateFin=1945&lt;br /&gt;
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|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
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|son=Muet&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|apercu=Tirailleursminiature.png&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07791, 7.38573&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Tournées en 1945 par Alfred-José Axelrad, sous-lieutenant de l’armée française, ces images montrent les tirailleurs marocains et leur état-major dans des moments de relâchement à l’arrière du front.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:tirailleursvosges.jpg|300px|thumb|right|Membres de la 4e Division Marocaine de Montagne dans les Vosges le 19 janvier 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 314.&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Après la défaite de 1940, la France se trouve divisée : d’un côté les partisans du régime de Vichy qui entame la collaboration avec le Reich, de l’autre les partisans de la Résistance qui tente de continuer le combat. La 1re Armée Française (d’abord nommée 2e Armée et Armée B) incarne difficilement l’union des forces françaises en rassemblant des troupes issues des Forces Françaises Libres gaullistes et des unités de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique. Si la cohésion entre ces groupes reste limitée, la 1er Armée s’illustre tout de même lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 puis lors de la Libération de la France qui les mène jusque dans les Vosges à la fin de l’année 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hiver est rude pour l’armée française qui combat pied à pied les Allemands d’abord dans les Vosges puis dans la plaine alsacienne. La Wehrmacht oppose une résistance farouche pour se maintenir dans cette province annexée au Reich depuis 1940. Les combats durent de novembre 1944 à mars 1945, les Allemands s’accrochant au nord de l’Alsace et autour de Colmar. Les combats, dans la neige, sont extrêmement violents, tant pour les soldats que pour les Alsaciens qui voient leurs villages réduits en cendres&amp;lt;ref&amp;gt;ECPAD, SCA9, ''La prise de Colmar par la 1re armée'', Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Des milliers de soldats sont tués ou blessés, des villages sont rasés, les champs et les vignes sont minés. L’Alsace, meurtrie par quatre ans d’annexion, est achevée par quatre mois de combats intensifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un professeur d’anglais dans la 1re Armée française'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:tirailleursvosges2.jpg|300px|thumb|left|Compagnie muletière du 6e Régiment de Tirailleurs Marocains sur les Hauts du Faing à l'automne 1944, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Yves Buffetaud, ''La 1re armée française, Vosges-Alsace 1944-1945'', Louviers, YSEC, 2019, p. 50.&amp;lt;/ref&amp;gt;.]]Alfred-José Axelrad est professeur d’anglais à Paris lorsque la guerre éclate. D’origine juive, il doit fuir Paris en 1942 avec sa femme et leurs deux filles : Alfred-José Axelrad rejoint l’Algérie alors que sa famille reste en France. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rejoint l’armée française où sa maitrise de l’anglais lui permet d’obtenir des postes d’agent de liaison avec les forces américaines. Il participe ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France au sein de l’état-major de diverses unités de l’armée française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 1re Armée française nait de la nécessité de fusionner les Forces Françaises Libres et l’Armée d’Afrique après le ralliement des autorités coloniales françaises aux Alliés à la suite du débarquement alliés. L’amalgame peine à se faire, les deux composantes rechignant à être assimilées à l’ennemi d’antan, d’autant que leurs chefs respectifs – les généraux de Gaulle et Giraud – s’écharpent pour le pouvoir. Les premières troupes françaises sont envoyées en Italie au sein du Corps Expéditionnaires Français, puis la 1re Armée devient opérationnelle et participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Formés en Afrique à partir des troupes coloniales françaises, ses soldats sont en majorité originaires des colonies : colons et colonisés s’y côtoient. Ces derniers, appelés « indigènes » par les cadres de l’armée, représentent, en août 1944, 60% des effectifs de la 1re Armée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:axelradprisonniers.jpg|300px|thumb|right|Alfred-José Axelrad pointant sa pipe vers des prisonniers allemands à Rouffach début février 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 387&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Alfred-José Axelrad sert surtout au sein des 6e et 4e Régiments de Tirailleurs Marocains qui apparaissent au début du film. Ces soldats sont recrutés sur la base du volontariat dans le Protectorat français du Maroc. Mais comme dans toutes les unités coloniales, si les simples tirailleurs sont des Marocains, l’encadrement ne l’est pas : les officiers et la grande majorité des sous-officiers sont Français. Cette distinction apparait dans le film, le cinéaste filmant tour à tour une petite escouade de tirailleurs et des officiers français. Après le ralliement de l’Afrique du Nord française aux Alliés, les tirailleurs sont de tous les combats : campagne d’Italie, libération de la Corse, débarquement en Provence et campagne de France. Cette dernière les mène jusqu’aux portes de l’Alsace au début de l’hiver 1944-1945 durant lequel la 1re Armée Française rencontre une grande résistance de la part des forces allemandes qui s’accrochent à la région annexée. Alfred-José Axelrad a la charge de l’interrogatoire des prisonniers ramenés du front par les troupes françaises . À mesure que la défaite devient inéluctable, de plus en plus d’Allemands se rendent aux troupes alliées pour sauver leurs vies. Mais dans le même temps, le fanatisme est de plus en plus profond dans certains groupes, notamment la SS, rendant la guerre de plus en plus rude pour les soldats qui combattent depuis des mois et pour les civils que les nazis tentent de lancer dans la bataille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’hiver 1944-1945, alors que la bataille fait rage sur les Vosges, est également un moment de tension entre les soldats venus des colonies et la métropole. Les troupes se sentent délaissées par la population de la France libérée : les difficultés matérielles, le manque de permissions pour l’Afrique et surtout les combats incessants pèsent sur le moral. Pourtant l’armée française a entamé le très controversé « blanchiment » de ses troupes, retirant des premières lignes les soldats noirs pour les remplacer par des soldats recrutés en France et issus des rangs de la résistance. Néanmoins, les tirailleurs marocains, réputés pour leurs capacités de combats en montagne restent en ligne jusqu’à la fin des opérations européennes, même si les pertes peuvent être comblées par l’adjonction de recrues provenant des territoires métropolitains libérés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Moments de détentes autour de la caméra'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Axelradprisonnier2.jpg|300px|thumb|left|&amp;quot;Axelrad interrogeant un prisonnier&amp;quot; par un camarade de guerre d'Alfred-José Axelrad, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Tournées en Alsace, ces images datent certainement d’après la libération totale de la région à la fin de l’hiver 1944-1945 : la neige a fondu, les soldats ne portent pas leurs casques et, même si certaines maisons sont endommagées, les rues semblent avoir déjà été en partie nettoyées des décombres. Loin de la ligne de front, en sécurité, Alfred-José Axelrad en profite pour sortir sa caméra 9,5mm qui le suit depuis avant-guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous se prêtent au jeu du cinéaste. L’escouade de tirailleurs marocains se tient fièrement au garde à vous devant le poste de commandement. Il s’agit surement d’une mise en scène pour la caméra, Alfred-José Axelrad les filme de très près ce qui serait impossible avec la solennité d’une cérémonie officielle. Le cinéaste s’attarde sur l’aspect exotique de l’unité, fait des gros plans : les coiffes traditionnelles et l’étoile à cinq branches de l’insigne de l’unité. De leur côté, les officiers sont bien moins martiaux que leurs subordonnées : ils sortent de leur poste de commandement en fumant, tenant nonchalamment leurs holsters à la main, saluant d’un sourire le sous-lieutenant qui tient la caméra. Tous profitent du calme relatif qui est revenu après le difficile hiver à combattre pour la libération de l’Alsace.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La longue séquence de « défilé » qui suit montre bien le besoin de détente qui habite les soldats. La caméra devient alors le centre d’un jeu qui rassemble quelques officiers français, un tirailleur à la veste blanche et deux femmes. Elle mobilise les attentions des militaires en les sortant de leur ordinaire et potentiellement de leur ennui comme dans le film tourné par Emile Breesé durant la drôle de guerre&amp;lt;ref&amp;gt;Emile Breesé, drôle de guerre à Bénestroff: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Dr%C3%B4le_de_guerre_%C3%A0_B%C3%A9nestroff_(0021FN0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;. Chacun défile devant la caméra, en couple ou en groupe, un homme revêt le manteau de fourrure de l’une des femmes : tous jouent et s’amusent devant l’objectif. Pourtant la rue semble encore porter les traces des combats, les bords de chemins sont remplis de gravas et les carreaux du bâtiment au fond de la rue sont brisés. Le village dans lequel stationnent les tirailleurs porte encore les stigmates de la libération : les toitures sont éventrées, les murs criblés d’impacts. Mais la guerre touche à sa fin, ces hommes, stationnés à l’arrière du front, le ressentent. Après avoir participé à toutes les campagnes de la Libération, Alfred-José Axelrad reste en Alsace alors que les troupes françaises rentrent en Allemagne. Profitant de se relâchement de la tension, le cinéaste se permet de sortir sa caméra pour immortaliser ces moments de joie alors que la fin de la guerre se dessine. Et lui aussi veut apparaitre à l’image et se joindre à ce jeu ! La dernière séquence le montre sortant de la maison, donnant l’accolade à un ami et souriant à l’objectif de la caméra qu’il a confié à un autre camarade.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BUFFETAUT Yves, ''La 1re armée française : Vosges, Alsace, 1944-1945'', Louviers, Ysec, 2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CLAYTON Anthony, ''Histoire de l’armée française en Afrique : 1830-1962'', Paris, Albin Michel, 1994.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MIOT Claire, « L’armée de l’empire ou l’armée de la nation ? Front et arrières pendant la seconde campagne de France (1944-1945) », dans ''Guerres mondiales et conflits contemporains'', 2015/3, no259, p. 39 à 56.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BERNAGE Georges, de LANNOY François &amp;amp; MCNAIR Ronald, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=ECPAD, SCA9, ''La prise de Colmar par la 1re armée'', Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Libération de Colmar sur Rhinédits:&lt;br /&gt;
https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16432</id>
		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-07T10:24:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Les 10 ans de la Libération de Colmar&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1955&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:05:09&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|apercu=Miniature.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Libération de Colmar; Libération de l'Alsace; 2 février 1955: Anniversaire de la libération de Colmar&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Simone de Lattre de Tassigny; Emmanuel Temple; Rey, Joseph (Ehrenbürgermeister Colmar)&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07681, 7.35404&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation@ Second World War : ceremonies – commemorations - remembrance places&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|300px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Montvalérien.jpg|300px|thumb|left|En 1946, cérémonie commémorative de l'appel du 18 juin devant le monument provisoire au Mont-Valérien organisé par le général de Gaulle. Musée de l’Ordre de la Résistance.]] Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Delattrecolmar.jpg|300px|thumb|right|Les généraux de Lattre de Tassigny et Devers lors d'une revue militaire à Colmar en février 1945, SCA-ECPAD.]] Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Menu.jpg|300px|thumb|left|Menu du banquet des 10ans de la Libération de Colmar organisé par Rhin et Danube, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. Certains vétérans assistent à cette journée en famille – quelques femmes et enfants se distinguent sur l'estrade –  mais la plupart semble avoir fait le déplacement seul, peut-être par volonté de se recueillir seul ou peut-être ne pouvant pas se permettre de payer un tel voyage en famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé à la fin de la guerre&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, ''Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar'', RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, ''Prise de Colmar'', Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, ''1945 – Fêtes de la Libération'', Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, &amp;quot;Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée&amp;quot;, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16336</id>
		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-05T13:48:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|300px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Montvalérien.jpg|300px|thumb|left|En 1946, cérémonie commémorative de l'appel du 18 juin devant le monument provisoire au Mont-Valérien organisé par le général de Gaulle. Musée de l’Ordre de la Résistance.]] Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Delattrecolmar.jpg|300px|thumb|right|Les généraux de Lattre de Tassigny et Devers lors d'une revue militaire à Colmar en février 1945, SCA-ECPAD.]] Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Menu.jpg|300px|thumb|left|Menu du banquet des 10ans de la Libération de Colmar organisé par Rhin et Danube, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé à la fin de la guerre&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, ''Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar'', RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, ''Prise de Colmar'', Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, ''1945 – Fêtes de la Libération'', Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, &amp;quot;Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée&amp;quot;, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)&amp;diff=16335</id>
		<title>Tirailleurs marocains (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-05T13:43:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Tirailleurs marocains&lt;br /&gt;
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|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|apercu=Tirailleursminiature.png&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07791, 7.38573&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Tournées en 1945 par Alfred-José Axelrad, sous-lieutenant de l’armée française, ces images montrent les tirailleurs marocains et leur état-major dans des moments de relâchement à l’arrière du front.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:tirailleursvosges.jpg|300px|thumb|right|Membres de la 4e Division Marocaine de Montagne dans les Vosges le 19 janvier 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 314.&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Après la défaite de 1940, la France se trouve divisée : d’un côté les partisans du régime de Vichy qui entame la collaboration avec le Reich, de l’autre les partisans de la Résistance qui tente de continuer le combat. La 1re Armée Française (d’abord nommée 2e Armée et Armée B) incarne difficilement l’union des forces françaises en rassemblant des troupes issues des Forces Françaises Libres gaullistes et des unités de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique. Si la cohésion entre ces groupes reste limitée, la 1er Armée s’illustre tout de même lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 puis lors de la Libération de la France qui les mène jusque dans les Vosges à la fin de l’année 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hiver est rude pour l’armée française qui combat pied à pied les Allemands d’abord dans les Vosges puis dans la plaine alsacienne. La Wehrmacht oppose une résistance farouche pour se maintenir dans cette province annexée au Reich depuis 1940. Les combats durent de novembre 1944 à mars 1945, les Allemands s’accrochant au nord de l’Alsace et autour de Colmar. Les combats, dans la neige, sont extrêmement violents, tant pour les soldats que pour les Alsaciens qui voient leurs villages réduits en cendres&amp;lt;ref&amp;gt;ECPAD, SCA9, ''La prise de Colmar par la 1re armée'', Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Des milliers de soldats sont tués ou blessés, des villages sont rasés, les champs et les vignes sont minés. L’Alsace, meurtrie par quatre ans d’annexion, est achevée par quatre mois de combats intensifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un professeur d’anglais dans la 1re Armée française'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:tirailleursvosges2.jpg|300px|thumb|left|Compagnie muletière du 6e Régiment de Tirailleurs Marocains sur les Hauts du Faing à l'automne 1944, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Yves Buffetaud, ''La 1re armée française, Vosges-Alsace 1944-1945'', Louviers, YSEC, 2019, p. 50.&amp;lt;/ref&amp;gt;.]]Alfred-José Axelrad est professeur d’anglais à Paris lorsque la guerre éclate. D’origine juive, il doit fuir Paris en 1942 avec sa femme et leurs deux filles : Alfred-José Axelrad rejoint l’Algérie alors que sa famille reste en France. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rejoint l’armée française où sa maitrise de l’anglais lui permet d’obtenir des postes d’agent de liaison avec les forces américaines. Il participe ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France au sein de l’état-major de diverses unités de l’armée française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 1re Armée française nait de la nécessité de fusionner les Forces Françaises Libres et l’Armée d’Afrique après le ralliement des autorités coloniales françaises aux Alliés à la suite du débarquement alliés. L’amalgame peine à se faire, les deux composantes rechignant à être assimilées à l’ennemi d’antan, d’autant que leurs chefs respectifs – les généraux de Gaulle et Giraud – s’écharpent pour le pouvoir. Les premières troupes françaises sont envoyées en Italie au sein du Corps Expéditionnaires Français, puis la 1re Armée devient opérationnelle et participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Formés en Afrique à partir des troupes coloniales françaises, ses soldats sont en majorité originaires des colonies : colons et colonisés s’y côtoient. Ces derniers, appelés « indigènes » par les cadres de l’armée, représentent, en août 1944, 60% des effectifs de la 1re Armée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:axelradprisonniers.jpg|300px|thumb|right|Alfred-José Axelrad pointant sa pipe vers des prisonniers allemands à Rouffach début février 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 387&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Alfred-José Axelrad sert surtout au sein des 6e et 4e Régiments de Tirailleurs Marocains qui apparaissent au début du film. Ces soldats sont recrutés sur la base du volontariat dans le Protectorat français du Maroc. Mais comme dans toutes les unités coloniales, si les simples tirailleurs sont des Marocains, l’encadrement ne l’est pas : les officiers et la grande majorité des sous-officiers sont Français. Cette distinction apparait dans le film, le cinéaste filmant tour à tour une petite escouade de tirailleurs et des officiers français. Après le ralliement de l’Afrique du Nord française aux Alliés, les tirailleurs sont de tous les combats : campagne d’Italie, libération de la Corse, débarquement en Provence et campagne de France. Cette dernière les mène jusqu’aux portes de l’Alsace au début de l’hiver 1944-1945 durant lequel la 1re Armée Française rencontre une grande résistance de la part des forces allemandes qui s’accrochent à la région annexée. Alfred-José Axelrad a la charge de l’interrogatoire des prisonniers ramenés du front par les troupes françaises . À mesure que la défaite devient inéluctable, de plus en plus d’Allemands se rendent aux troupes alliées pour sauver leurs vies. Mais dans le même temps, le fanatisme est de plus en plus profond dans certains groupes, notamment la SS, rendant la guerre de plus en plus rude pour les soldats qui combattent depuis des mois et pour les civils que les nazis tentent de lancer dans la bataille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’hiver 1944-1945, alors que la bataille fait rage sur les Vosges, est également un moment de tension entre les soldats venus des colonies et la métropole. Les troupes se sentent délaissées par la population de la France libérée : les difficultés matérielles, le manque de permissions pour l’Afrique et surtout les combats incessants pèsent sur le moral. Pourtant l’armée française a entamé le très controversé « blanchiment » de ses troupes, retirant des premières lignes les soldats noirs pour les remplacer par des soldats recrutés en France et issus des rangs de la résistance. Néanmoins, les tirailleurs marocains, réputés pour leurs capacités de combats en montagne restent en ligne jusqu’à la fin des opérations européennes, même si les pertes peuvent être comblées par l’adjonction de recrues provenant des territoires métropolitains libérés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Moments de détentes autour de la caméra'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Axelradprisonnier2.jpg|300px|thumb|left|&amp;quot;Axelrad interrogeant un prisonnier&amp;quot; par un camarade de guerre d'Alfred-José Axelrad, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Tournées en Alsace, ces images datent certainement d’après la libération totale de la région à la fin de l’hiver 1944-1945 : la neige a fondu, les soldats ne portent pas leurs casques et, même si certaines maisons sont endommagées, les rues semblent avoir déjà été en partie nettoyées des décombres. Loin de la ligne de front, en sécurité, Alfred-José Axelrad en profite pour sortir sa caméra 9,5mm qui le suit depuis avant-guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous se prêtent au jeu du cinéaste. L’escouade de tirailleurs marocains se tient fièrement au garde à vous devant le poste de commandement. Il s’agit surement d’une mise en scène pour la caméra, Alfred-José Axelrad les filme de très près ce qui serait impossible avec la solennité d’une cérémonie officielle. Le cinéaste s’attarde sur l’aspect exotique de l’unité, fait des gros plans : les coiffes traditionnelles et l’étoile à cinq branches de l’insigne de l’unité. De leur côté, les officiers sont bien moins martiaux que leurs subordonnées : ils sortent de leur poste de commandement en fumant, tenant nonchalamment leurs holsters à la main, saluant d’un sourire le sous-lieutenant qui tient la caméra. Tous profitent du calme relatif qui est revenu après le difficile hiver à combattre pour la libération de l’Alsace.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La longue séquence de « défilé » qui suit montre bien le besoin de détente qui habite les soldats. La caméra devient alors le centre d’un jeu qui rassemble quelques officiers français, un tirailleur à la veste blanche et deux femmes. Chacun défile devant la caméra, en couple ou en groupe, un homme revêt le manteau de fourrure de l’une des femmes : tous jouent et s’amusent devant l’objectif. Pourtant la rue semble encore porter les traces des combats, les bords de chemins sont remplis de gravas et les carreaux du bâtiment au fond de la rue sont brisés. Le village dans lequel stationnent les tirailleurs porte encore les stigmates de la libération : les toitures sont éventrées, les murs criblés d’impacts. Mais la guerre touche à sa fin, ces hommes, stationnés à l’arrière du front, le ressentent. Après avoir participé à toutes les campagnes de la Libération, Alfred-José Axelrad reste en Alsace alors que les troupes françaises rentrent en Allemagne. Profitant de se relâchement de la tension, le cinéaste se permet de sortir sa caméra pour immortaliser ces moments de joie alors que la fin de la guerre se dessine. Et lui aussi veut apparaitre à l’image et se joindre à ce jeu ! La dernière séquence le montre sortant de la maison, donnant l’accolade à un ami et souriant à l’objectif de la caméra qu’il a confié à un autre camarade.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BUFFETAUT Yves, ''La 1re armée française : Vosges, Alsace, 1944-1945'', Louviers, Ysec, 2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CLAYTON Anthony, ''Histoire de l’armée française en Afrique : 1830-1962'', Paris, Albin Michel, 1994.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MIOT Claire, « L’armée de l’empire ou l’armée de la nation ? Front et arrières pendant la seconde campagne de France (1944-1945) », dans ''Guerres mondiales et conflits contemporains'', 2015/3, no259, p. 39 à 56.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BERNAGE Georges, de LANNOY François &amp;amp; MCNAIR Ronald, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=ECPAD, SCA9, ''La prise de Colmar par la 1re armée'', Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Libération de Colmar sur Rhinédits:&lt;br /&gt;
https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<updated>2021-01-05T13:42:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
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		<updated>2021-01-05T13:42:13Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Tournées en 1945 par Alfred-José Axelrad, sous-lieutenant de l’armée française, ces images montrent les tirailleurs marocains et leur état-major dans des moments de relâchement à l’arrière du front.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:tirailleursvosges.jpg|300px|thumb|right|Membres de la 4e Division Marocaine de Montagne dans les Vosges le 19 janvier 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 314.&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Après la défaite de 1940, la France se trouve divisée : d’un côté les partisans du régime de Vichy qui entame la collaboration avec le Reich, de l’autre les partisans de la Résistance qui tente de continuer le combat. La 1re Armée Française (d’abord nommée 2e Armée et Armée B) incarne difficilement l’union des forces françaises en rassemblant des troupes issues des Forces Françaises Libres gaullistes et des unités de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique. Si la cohésion entre ces groupes reste limitée, la 1er Armée s’illustre tout de même lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 puis lors de la Libération de la France qui les mène jusque dans les Vosges à la fin de l’année 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hiver est rude pour l’armée française qui combat pied à pied les Allemands d’abord dans les Vosges puis dans la plaine alsacienne. La Wehrmacht oppose une résistance farouche pour se maintenir dans cette province annexée au Reich depuis 1940. Les combats durent de novembre 1944 à mars 1945, les Allemands s’accrochant au nord de l’Alsace et autour de Colmar. Les combats, dans la neige, sont extrêmement violents, tant pour les soldats que pour les Alsaciens qui voient leurs villages réduits en cendres&amp;lt;ref&amp;gt;ECPAD, SCA9, ''La prise de Colmar par la 1re armée'', Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Des milliers de soldats sont tués ou blessés, des villages sont rasés, les champs et les vignes sont minés. L’Alsace, meurtrie par quatre ans d’annexion, est achevée par quatre mois de combats intensifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un professeur d’anglais dans la 1re Armée française'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:tirailleursvosges2.jpg|300px|thumb|left|Compagnie muletière du 6e Régiment de Tirailleurs Marocains sur les Hauts du Faing à l'automne 1944, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Yves Buffetaud, ''La 1re armée française, Vosges-Alsace 1944-1945'', Louviers, YSEC, 2019, p. 50.&amp;lt;/ref&amp;gt;.]]Alfred-José Axelrad est professeur d’anglais à Paris lorsque la guerre éclate. D’origine juive, il doit fuir Paris en 1942 avec sa femme et leurs deux filles : Alfred-José Axelrad rejoint l’Algérie alors que sa famille reste en France. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rejoint l’armée française où sa maitrise de l’anglais lui permet d’obtenir des postes d’agent de liaison avec les forces américaines. Il participe ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France au sein de l’état-major de diverses unités de l’armée française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 1re Armée française nait de la nécessité de fusionner les Forces Françaises Libres et l’Armée d’Afrique après le ralliement des autorités coloniales françaises aux Alliés à la suite du débarquement alliés. L’amalgame peine à se faire, les deux composantes rechignant à être assimilées à l’ennemi d’antan, d’autant que leurs chefs respectifs – les généraux de Gaulle et Giraud – s’écharpent pour le pouvoir. Les premières troupes françaises sont envoyées en Italie au sein du Corps Expéditionnaires Français, puis la 1re Armée devient opérationnelle et participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Formés en Afrique à partir des troupes coloniales françaises, ses soldats sont en majorité originaires des colonies : colons et colonisés s’y côtoient. Ces derniers, appelés « indigènes » par les cadres de l’armée, représentent, en août 1944, 60% des effectifs de la 1re Armée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:axelradprisonniers.jpg|300px|thumb|right|Alfred-José Axelrad pointant sa pipe vers des prisonniers allemands à Rouffach début février 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 387&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Alfred-José Axelrad sert surtout au sein des 6e et 4e Régiments de Tirailleurs Marocains qui apparaissent au début du film. Ces soldats sont recrutés sur la base du volontariat dans le Protectorat français du Maroc. Mais comme dans toutes les unités coloniales, si les simples tirailleurs sont des Marocains, l’encadrement ne l’est pas : les officiers et la grande majorité des sous-officiers sont Français. Cette distinction apparait dans le film, le cinéaste filmant tour à tour une petite escouade de tirailleurs et des officiers français. Après le ralliement de l’Afrique du Nord française aux Alliés, les tirailleurs sont de tous les combats : campagne d’Italie, libération de la Corse, débarquement en Provence et campagne de France. Cette dernière les mène jusqu’aux portes de l’Alsace au début de l’hiver 1944-1945 durant lequel la 1re Armée Française rencontre une grande résistance de la part des forces allemandes qui s’accrochent à la région annexée. Alfred-José Axelrad a la charge de l’interrogatoire des prisonniers ramenés du front par les troupes françaises . À mesure que la défaite devient inéluctable, de plus en plus d’Allemands se rendent aux troupes alliées pour sauver leurs vies. Mais dans le même temps, le fanatisme est de plus en plus profond dans certains groupes, notamment la SS, rendant la guerre de plus en plus rude pour les soldats qui combattent depuis des mois et pour les civils que les nazis tentent de lancer dans la bataille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’hiver 1944-1945, alors que la bataille fait rage sur les Vosges, est également un moment de tension entre les soldats venus des colonies et la métropole. Les troupes se sentent délaissées par la population de la France libérée : les difficultés matérielles, le manque de permissions pour l’Afrique et surtout les combats incessants pèsent sur le moral. Pourtant l’armée française a entamé le très controversé « blanchiment » de ses troupes, retirant des premières lignes les soldats noirs pour les remplacer par des soldats recrutés en France et issus des rangs de la résistance. Néanmoins, les tirailleurs marocains, réputés pour leurs capacités de combats en montagne restent en ligne jusqu’à la fin des opérations européennes, même si les pertes peuvent être comblées par l’adjonction de recrues provenant des territoires métropolitains libérés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Moments de détentes autour de la caméra'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Axelradprisonnier2.jpg|300px|thumb|left|&amp;quot;Axelrad interrogeant un prisonnier&amp;quot; par un camarade de guerre d'Alfred-José Axelrad, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Tournées en Alsace, ces images datent certainement d’après la libération totale de la région à la fin de l’hiver 1944-1945 : la neige a fondu, les soldats ne portent pas leurs casques et, même si certaines maisons sont endommagées, les rues semblent avoir déjà été en partie nettoyées des décombres. Loin de la ligne de front, en sécurité, Alfred-José Axelrad en profite pour sortir sa caméra 9,5mm qui le suit depuis avant-guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous se prêtent au jeu du cinéaste. L’escouade de tirailleurs marocains se tient fièrement au garde à vous devant le poste de commandement. Il s’agit surement d’une mise en scène pour la caméra, Alfred-José Axelrad les filme de très près ce qui serait impossible avec la solennité d’une cérémonie officielle. Le cinéaste s’attarde sur l’aspect exotique de l’unité, fait des gros plans : les coiffes traditionnelles et l’étoile à cinq branches de l’insigne de l’unité. De leur côté, les officiers sont bien moins martiaux que leurs subordonnées : ils sortent de leur poste de commandement en fumant, tenant nonchalamment leurs holsters à la main, saluant d’un sourire le sous-lieutenant qui tient la caméra. Tous profitent du calme relatif qui est revenu après le difficile hiver à combattre pour la libération de l’Alsace.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La longue séquence de « défilé » qui suit montre bien le besoin de détente qui habite les soldats. La caméra devient alors le centre d’un jeu qui rassemble quelques officiers français, un tirailleur à la veste blanche et deux femmes. Chacun défile devant la caméra, en couple ou en groupe, un homme revêt le manteau de fourrure de l’une des femmes : tous jouent et s’amusent devant l’objectif. Pourtant la rue semble encore porter les traces des combats, les bords de chemins sont remplis de gravas et les carreaux du bâtiment au fond de la rue sont brisés. Le village dans lequel stationnent les tirailleurs porte encore les stigmates de la libération : les toitures sont éventrées, les murs criblés d’impacts. Mais la guerre touche à sa fin, ces hommes, stationnés à l’arrière du front, le ressentent. Après avoir participé à toutes les campagnes de la Libération, Alfred-José Axelrad reste en Alsace alors que les troupes françaises rentrent en Allemagne. Profitant de se relâchement de la tension, le cinéaste se permet de sortir sa caméra pour immortaliser ces moments de joie alors que la fin de la guerre se dessine. Et lui aussi veut apparaitre à l’image et se joindre à ce jeu ! La dernière séquence le montre sortant de la maison, donnant l’accolade à un ami et souriant à l’objectif de la caméra qu’il a confié à un autre camarade.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BUFFETAUT Yves, ''La 1re armée française : Vosges, Alsace, 1944-1945'', Louviers, Ysec, 2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CLAYTON Anthony, ''Histoire de l’armée française en Afrique : 1830-1962'', Paris, Albin Michel, 1994.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MIOT Claire, « L’armée de l’empire ou l’armée de la nation ? Front et arrières pendant la seconde campagne de France (1944-1945) », dans ''Guerres mondiales et conflits contemporains'', 2015/3, no259, p. 39 à 56.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BERNAGE Georges, de LANNOY François &amp;amp; MCNAIR Ronald, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=ECPAD, SCA9, ''La prise de Colmar par la 1re armée'', Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Libération de Colmar sur Rhinédits:&lt;br /&gt;
https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16331</id>
		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16331"/>
		<updated>2021-01-05T13:37:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Les 10 ans de la Libération de Colmar&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1955&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:05:09&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|apercu=Miniature.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Libération de Colmar; Libération de l'Alsace; 2 février 1955: Anniversaire de la libération de Colmar&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Simone de Lattre de Tassigny; Emmanuel Temple; Rey, Joseph (Ehrenbürgermeister Colmar)&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07681, 7.35404&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation@ Second World War : ceremonies – commemorations - remembrance places&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|300px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Montvalérien.jpg|300px|thumb|left|En 1946, cérémonie commémorative de l'appel du 18 juin devant le monument provisoire au Mont-Valérien organisé par le général de Gaulle. Musée de l’Ordre de la Résistance.]] Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Delattrecolmar.jpg|300px|thumb|right|Les généraux de Lattre de Tassigny et Devers lors d'une revue militaire à Colmar en février 1945, SCA-ECPAD.]] Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Menu.jpg|300px|thumb|left|Menu du banquet des 10ans de la Libération de Colmar organisé par Rhin et Danube, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé à la fin de la guerre&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, ''Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar'', RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, ''Prise de Colmar'', Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, ''1945 – Fêtes de la Libération'', Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, &amp;quot;Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée&amp;quot;, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>Tirailleurs marocains (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-05T13:36:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07791, 7.38573&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Tournées en 1945 par Alfred-José Axelrad, sous-lieutenant de l’armée française, ces images montrent les tirailleurs marocains et leur état-major dans des moments de relâchement à l’arrière du front.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:tirailleursvosges.jpg|300px|thumb|right|Membres de la 4e Division Marocaine de Montagne dans les Vosges le 19 janvier 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 314.&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Après la défaite de 1940, la France se trouve divisée : d’un côté les partisans du régime de Vichy qui entame la collaboration avec le Reich, de l’autre les partisans de la Résistance qui tente de continuer le combat. La 1re Armée Française (d’abord nommée 2e Armée et Armée B) incarne difficilement l’union des forces françaises en rassemblant des troupes issues des Forces Françaises Libres gaullistes et des unités de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique. Si la cohésion entre ces groupes reste limitée, la 1er Armée s’illustre tout de même lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 puis lors de la Libération de la France qui les mène jusque dans les Vosges à la fin de l’année 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hiver est rude pour l’armée française qui combat pied à pied les Allemands d’abord dans les Vosges puis dans la plaine alsacienne. La Wehrmacht oppose une résistance farouche pour se maintenir dans cette province annexée au Reich depuis 1940. Les combats durent de novembre 1944 à mars 1945, les Allemands s’accrochant au nord de l’Alsace et autour de Colmar. Les combats, dans la neige, sont extrêmement violents, tant pour les soldats que pour les Alsaciens qui voient leurs villages réduits en cendres&amp;lt;ref&amp;gt;ECPAD, SCA9, ''La prise de Colmar par la 1re armée'', Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Des milliers de soldats sont tués ou blessés, des villages sont rasés, les champs et les vignes sont minés. L’Alsace, meurtrie par quatre ans d’annexion, est achevée par quatre mois de combats intensifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un professeur d’anglais dans la 1re Armée française'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:tirailleursvosges2.jpg|300px|thumb|left|Compagnie muletière du 6e Régiment de Tirailleurs Marocains sur les Hauts du Faing à l'automne 1944, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Yves Buffetaud, ''La 1re armée française, Vosges-Alsace 1944-1945'', Louviers, YSEC, 2019, p. 50.&amp;lt;/ref&amp;gt;.]]Alfred-José Axelrad est professeur d’anglais à Paris lorsque la guerre éclate. D’origine juive, il doit fuir Paris en 1942 avec sa femme et leurs deux filles : Alfred-José Axelrad rejoint l’Algérie alors que sa famille reste en France. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rejoint l’armée française où sa maitrise de l’anglais lui permet d’obtenir des postes d’agent de liaison avec les forces américaines. Il participe ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France au sein de l’état-major de diverses unités de l’armée française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 1re Armée française nait de la nécessité de fusionner les Forces Françaises Libres et l’Armée d’Afrique après le ralliement des autorités coloniales françaises aux Alliés à la suite du débarquement alliés. L’amalgame peine à se faire, les deux composantes rechignant à être assimilées à l’ennemi d’antan, d’autant que leurs chefs respectifs – les généraux de Gaulle et Giraud – s’écharpent pour le pouvoir. Les premières troupes françaises sont envoyées en Italie au sein du Corps Expéditionnaires Français, puis la 1re Armée devient opérationnelle et participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Formés en Afrique à partir des troupes coloniales françaises, ses soldats sont en majorité originaires des colonies : colons et colonisés s’y côtoient. Ces derniers, appelés « indigènes » par les cadres de l’armée, représentent, en août 1944, 60% des effectifs de la 1re Armée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:axelradprisonniers.jpg|300px|thumb|right|Alfred-José Axelrad pointant sa pipe vers des prisonniers allemands à Rouffach début février 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 387&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Alfred-José Axelrad sert surtout au sein des 6e et 4e Régiments de Tirailleurs Marocains qui apparaissent au début du film. Ces soldats sont recrutés sur la base du volontariat dans le Protectorat français du Maroc. Mais comme dans toutes les unités coloniales, si les simples tirailleurs sont des Marocains, l’encadrement ne l’est pas : les officiers et la grande majorité des sous-officiers sont Français. Cette distinction apparait dans le film, le cinéaste filmant tour à tour une petite escouade de tirailleurs et des officiers français. Après le ralliement de l’Afrique du Nord française aux Alliés, les tirailleurs sont de tous les combats : campagne d’Italie, libération de la Corse, débarquement en Provence et campagne de France. Cette dernière les mène jusqu’aux portes de l’Alsace au début de l’hiver 1944-1945 durant lequel la 1re Armée Française rencontre une grande résistance de la part des forces allemandes qui s’accrochent à la région annexée. Alfred-José Axelrad a la charge de l’interrogatoire des prisonniers ramenés du front par les troupes françaises . À mesure que la défaite devient inéluctable, de plus en plus d’Allemands se rendent aux troupes alliées pour sauver leurs vies. Mais dans le même temps, le fanatisme est de plus en plus profond dans certains groupes, notamment la SS, rendant la guerre de plus en plus rude pour les soldats qui combattent depuis des mois et pour les civils que les nazis tentent de lancer dans la bataille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’hiver 1944-1945, alors que la bataille fait rage sur les Vosges, est également un moment de tension entre les soldats venus des colonies et la métropole. Les troupes se sentent délaissées par la population de la France libérée : les difficultés matérielles, le manque de permissions pour l’Afrique et surtout les combats incessants pèsent sur le moral. Pourtant l’armée française a entamé le très controversé « blanchiment » de ses troupes, retirant des premières lignes les soldats noirs pour les remplacer par des soldats recrutés en France et issus des rangs de la résistance. Néanmoins, les tirailleurs marocains, réputés pour leurs capacités de combats en montagne restent en ligne jusqu’à la fin des opérations européennes, même si les pertes peuvent être comblées par l’adjonction de recrues provenant des territoires métropolitains libérés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Moments de détentes autour de la caméra'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Axelradprisonnier2.jpg|300px|thumb|left|&amp;quot;Axelrad interrogeant un prisonnier&amp;quot; par un camarade de guerre d'Alfred-José Axelrad, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Tournées en Alsace, ces images datent certainement d’après la libération totale de la région à la fin de l’hiver 1944-1945 : la neige a fondu, les soldats ne portent pas leurs casques et, même si certaines maisons sont endommagées, les rues semblent avoir déjà été en partie nettoyées des décombres. Loin de la ligne de front, en sécurité, Alfred-José Axelrad en profite pour sortir sa caméra 9,5mm qui le suit depuis avant-guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous se prêtent au jeu du cinéaste. L’escouade de tirailleurs marocains se tient fièrement au garde à vous devant le poste de commandement. Il s’agit surement d’une mise en scène pour la caméra, Alfred-José Axelrad les filme de très près ce qui serait impossible avec la solennité d’une cérémonie officielle. Le cinéaste s’attarde sur l’aspect exotique de l’unité, fait des gros plans : les coiffes traditionnelles et l’étoile à cinq branches de l’insigne de l’unité. De leur côté, les officiers sont bien moins martiaux que leurs subordonnées : ils sortent de leur poste de commandement en fumant, tenant nonchalamment leurs holsters à la main, saluant d’un sourire le sous-lieutenant qui tient la caméra. Tous profitent du calme relatif qui est revenu après le difficile hiver à combattre pour la libération de l’Alsace.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La longue séquence de « défilé » qui suit montre bien le besoin de détente qui habite les soldats. La caméra devient alors le centre d’un jeu qui rassemble quelques officiers français, un tirailleur à la veste blanche et deux femmes. Chacun défile devant la caméra, en couple ou en groupe, un homme revêt le manteau de fourrure de l’une des femmes : tous jouent et s’amusent devant l’objectif. Pourtant la rue semble encore porter les traces des combats, les bords de chemins sont remplis de gravas et les carreaux du bâtiment au fond de la rue sont brisés. Le village dans lequel stationnent les tirailleurs porte encore les stigmates de la libération : les toitures sont éventrées, les murs criblés d’impacts. Mais la guerre touche à sa fin, ces hommes, stationnés à l’arrière du front, le ressentent. Après avoir participé à toutes les campagnes de la Libération, Alfred-José Axelrad reste en Alsace alors que les troupes françaises rentrent en Allemagne. Profitant de se relâchement de la tension, le cinéaste se permet de sortir sa caméra pour immortaliser ces moments de joie alors que la fin de la guerre se dessine. Et lui aussi veut apparaitre à l’image et se joindre à ce jeu ! La dernière séquence le montre sortant de la maison, donnant l’accolade à un ami et souriant à l’objectif de la caméra qu’il a confié à un autre camarade.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BUFFETAUT Yves, ''La 1re armée française : Vosges, Alsace, 1944-1945'', Louviers, Ysec, 2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CLAYTON Anthony, ''Histoire de l’armée française en Afrique : 1830-1962'', Paris, Albin Michel, 1994.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MIOT Claire, « L’armée de l’empire ou l’armée de la nation ? Front et arrières pendant la seconde campagne de France (1944-1945) », dans ''Guerres mondiales et conflits contemporains'', 2015/3, no259, p. 39 à 56.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BERNAGE Georges, de LANNOY François &amp;amp; MCNAIR Ronald, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=ECPAD, SCA9, ''La prise de Colmar par la 1re armée'', Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Libération de Colmar sur Rhinédits:&lt;br /&gt;
https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)&amp;diff=16329</id>
		<title>Tirailleurs marocains (0047FN0001)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)&amp;diff=16329"/>
		<updated>2021-01-05T13:35:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Tirailleurs marocains&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
|dateFin=1945&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Tournées en 1945 par Alfred-José Axelrad, sous-lieutenant de l’armée française, ces images montrent les tirailleurs marocains et leur état-major dans des moments de relâchement à l’arrière du front.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:tirailleursvosges.jpg|300px|thumb|right|Membres de la 4e Division Marocaine de Montagne dans les Vosges le 19 janvier 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 314.&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Après la défaite de 1940, la France se trouve divisée : d’un côté les partisans du régime de Vichy qui entame la collaboration avec le Reich, de l’autre les partisans de la Résistance qui tente de continuer le combat. La 1re Armée Française (d’abord nommée 2e Armée et Armée B) incarne difficilement l’union des forces françaises en rassemblant des troupes issues des Forces Françaises Libres gaullistes et des unités de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique. Si la cohésion entre ces groupes reste limitée, la 1er Armée s’illustre tout de même lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 puis lors de la Libération de la France qui les mène jusque dans les Vosges à la fin de l’année 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hiver est rude pour l’armée française qui combat pied à pied les Allemands d’abord dans les Vosges puis dans la plaine alsacienne. La Wehrmacht oppose une résistance farouche pour se maintenir dans cette province annexée au Reich depuis 1940. Les combats durent de novembre 1944 à mars 1945, les Allemands s’accrochant au nord de l’Alsace et autour de Colmar. Les combats, dans la neige, sont extrêmement violents, tant pour les soldats que pour les Alsaciens qui voient leurs villages réduits en cendres&amp;lt;ref&amp;gt;ECPAD, SCA9, ''La prise de Colmar par la 1re armée'', Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Des milliers de soldats sont tués ou blessés, des villages sont rasés, les champs et les vignes sont minés. L’Alsace, meurtrie par quatre ans d’annexion, est achevée par quatre mois de combats intensifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un professeur d’anglais dans la 1re Armée française'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:tirailleursvosges2.jpg|300px|thumb|left|Compagnie muletière du 6e Régiment de Tirailleurs Marocains sur les Hauts du Faing à l'automne 1944, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Yves Buffetaud, ''La 1re armée française, Vosges-Alsace 1944-1945'', Louviers, YSEC, 2019, p. 50.&amp;lt;/ref&amp;gt;.]]Alfred-José Axelrad est professeur d’anglais à Paris lorsque la guerre éclate. D’origine juive, il doit fuir Paris en 1942 avec sa femme et leurs deux filles : Alfred-José Axelrad rejoint l’Algérie alors que sa famille reste en France. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rejoint l’armée française où sa maitrise de l’anglais lui permet d’obtenir des postes d’agent de liaison avec les forces américaines. Il participe ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France au sein de l’état-major de diverses unités de l’armée française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 1re Armée française nait de la nécessité de fusionner les Forces Françaises Libres et l’Armée d’Afrique après le ralliement des autorités coloniales françaises aux Alliés à la suite du débarquement alliés. L’amalgame peine à se faire, les deux composantes rechignant à être assimilées à l’ennemi d’antan, d’autant que leurs chefs respectifs – les généraux de Gaulle et Giraud – s’écharpent pour le pouvoir. Les premières troupes françaises sont envoyées en Italie au sein du Corps Expéditionnaires Français, puis la 1re Armée devient opérationnelle et participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Formés en Afrique à partir des troupes coloniales françaises, ses soldats sont en majorité originaires des colonies : colons et colonisés s’y côtoient. Ces derniers, appelés « indigènes » par les cadres de l’armée, représentent, en août 1944, 60% des effectifs de la 1re Armée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:axelradprisonniers.jpg|300px|thumb|right|Alfred-José Axelrad pointant sa pipe vers des prisonniers allemands à Rouffach début février 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 387&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Alfred-José Axelrad sert surtout au sein des 6e et 4e Régiments de Tirailleurs Marocains qui apparaissent au début du film. Ces soldats sont recrutés sur la base du volontariat dans le Protectorat français du Maroc. Mais comme dans toutes les unités coloniales, si les simples tirailleurs sont des Marocains, l’encadrement ne l’est pas : les officiers et la grande majorité des sous-officiers sont Français. Cette distinction apparait dans le film, le cinéaste filmant tour à tour une petite escouade de tirailleurs et des officiers français. Après le ralliement de l’Afrique du Nord française aux Alliés, les tirailleurs sont de tous les combats : campagne d’Italie, libération de la Corse, débarquement en Provence et campagne de France. Cette dernière les mène jusqu’aux portes de l’Alsace au début de l’hiver 1944-1945 durant lequel la 1re Armée Française rencontre une grande résistance de la part des forces allemandes qui s’accrochent à la région annexée. Alfred-José Axelrad a la charge de l’interrogatoire des prisonniers ramenés du front par les troupes françaises . À mesure que la défaite devient inéluctable, de plus en plus d’Allemands se rendent aux troupes alliées pour sauver leurs vies. Mais dans le même temps, le fanatisme est de plus en plus profond dans certains groupes, notamment la SS, rendant la guerre de plus en plus rude pour les soldats qui combattent depuis des mois et pour les civils que les nazis tentent de lancer dans la bataille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’hiver 1944-1945, alors que la bataille fait rage sur les Vosges, est également un moment de tension entre les soldats venus des colonies et la métropole. Les troupes se sentent délaissées par la population de la France libérée : les difficultés matérielles, le manque de permissions pour l’Afrique et surtout les combats incessants pèsent sur le moral. Pourtant l’armée française a entamé le très controversé « blanchiment » de ses troupes, retirant des premières lignes les soldats noirs pour les remplacer par des soldats recrutés en France et issus des rangs de la résistance. Néanmoins, les tirailleurs marocains, réputés pour leurs capacités de combats en montagne restent en ligne jusqu’à la fin des opérations européennes, même si les pertes peuvent être comblées par l’adjonction de recrues provenant des territoires métropolitains libérés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Moments de détentes autour de la caméra'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Axelradprisonnier2.jpg|300px|thumb|left|&amp;quot;Axelrad interrogeant un prisonnier&amp;quot; par un camarade de guerre d'Alfred-José Axelrad, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Tournées en Alsace, ces images datent certainement d’après la libération totale de la région à la fin de l’hiver 1944-1945 : la neige a fondu, les soldats ne portent pas leurs casques et, même si certaines maisons sont endommagées, les rues semblent avoir déjà été en partie nettoyées des décombres. Loin de la ligne de front, en sécurité, Alfred-José Axelrad en profite pour sortir sa caméra 9,5mm qui le suit depuis avant-guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous se prêtent au jeu du cinéaste. L’escouade de tirailleurs marocains se tient fièrement au garde à vous devant le poste de commandement. Il s’agit surement d’une mise en scène pour la caméra, Alfred-José Axelrad les filme de très près ce qui serait impossible avec la solennité d’une cérémonie officielle. Le cinéaste s’attarde sur l’aspect exotique de l’unité, fait des gros plans : les coiffes traditionnelles et l’étoile à cinq branches de l’insigne de l’unité. De leur côté, les officiers sont bien moins martiaux que leurs subordonnées : ils sortent de leur poste de commandement en fumant, tenant nonchalamment leurs holsters à la main, saluant d’un sourire le sous-lieutenant qui tient la caméra. Tous profitent du calme relatif qui est revenu après le difficile hiver à combattre pour la libération de l’Alsace.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La longue séquence de « défilé » qui suit montre bien le besoin de détente qui habite les soldats. La caméra devient alors le centre d’un jeu qui rassemble quelques officiers français, un tirailleur à la veste blanche et deux femmes. Chacun défile devant la caméra, en couple ou en groupe, un homme revêt le manteau de fourrure de l’une des femmes : tous jouent et s’amusent devant l’objectif. Pourtant la rue semble encore porter les traces des combats, les bords de chemins sont remplis de gravas et les carreaux du bâtiment au fond de la rue sont brisés. Le village dans lequel stationnent les tirailleurs porte encore les stigmates de la libération : les toitures sont éventrées, les murs criblés d’impacts. Mais la guerre touche à sa fin, ces hommes, stationnés à l’arrière du front, le ressentent. Après avoir participé à toutes les campagnes de la Libération, Alfred-José Axelrad reste en Alsace alors que les troupes françaises rentrent en Allemagne. Profitant de se relâchement de la tension, le cinéaste se permet de sortir sa caméra pour immortaliser ces moments de joie alors que la fin de la guerre se dessine. Et lui aussi veut apparaitre à l’image et se joindre à ce jeu ! La dernière séquence le montre sortant de la maison, donnant l’accolade à un ami et souriant à l’objectif de la caméra qu’il a confié à un autre camarade.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BUFFETAUT Yves, ''La 1re armée française : Vosges, Alsace, 1944-1945'', Louviers, Ysec, 2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CLAYTON Anthony, ''Histoire de l’armée française en Afrique : 1830-1962'', Paris, Albin Michel, 1994.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MIOT Claire, « L’armée de l’empire ou l’armée de la nation ? Front et arrières pendant la seconde campagne de France (1944-1945) », dans ''Guerres mondiales et conflits contemporains'', 2015/3, no259, p. 39 à 56.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BERNAGE Georges, de LANNOY François &amp;amp; MCNAIR Ronald, ''Bataille d'Alsace 1944-1945'', Bayeux, Editions Heimdal, 1992.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=ECPAD, SCA9, La prise de Colmar par la 1re armée, Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Libération de Colmar sur Rhinédits:&lt;br /&gt;
https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
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	<entry>
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		<updated>2021-01-05T13:31:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
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|lieuTournage=48.07791, 7.38573&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Tournées en 1945 par Alfred-José Axelrad, sous-lieutenant de l’armée française, ces images montrent les tirailleurs marocains et leur état-major dans des moments de relâchement à l’arrière du front.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:tirailleursvosges.jpg|300px|thumb|right|Membres de la 4e Division Marocaine de Montagne dans les Vosges le 19 janvier 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, Bataille d'Alsace 1944-1945, Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 314.&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Après la défaite de 1940, la France se trouve divisée : d’un côté les partisans du régime de Vichy qui entame la collaboration avec le Reich, de l’autre les partisans de la Résistance qui tente de continuer le combat. La 1re Armée Française (d’abord nommée 2e Armée et Armée B) incarne difficilement l’union des forces françaises en rassemblant des troupes issues des Forces Françaises Libres gaullistes et des unités de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique. Si la cohésion entre ces groupes reste limitée, la 1er Armée s’illustre tout de même lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 puis lors de la Libération de la France qui les mène jusque dans les Vosges à la fin de l’année 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hiver est rude pour l’armée française qui combat pied à pied les Allemands d’abord dans les Vosges puis dans la plaine alsacienne. La Wehrmacht oppose une résistance farouche pour se maintenir dans cette province annexée au Reich depuis 1940. Les combats durent de novembre 1944 à mars 1945, les Allemands s’accrochant au nord de l’Alsace et autour de Colmar. Les combats, dans la neige, sont extrêmement violents, tant pour les soldats que pour les Alsaciens qui voient leurs villages réduits en cendres&amp;lt;ref&amp;gt;ECPAD, SCA9, La prise de Colmar par la 1re armée, Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Des milliers de soldats sont tués ou blessés, des villages sont rasés, les champs et les vignes sont minés. L’Alsace, meurtrie par quatre ans d’annexion, est achevée par quatre mois de combats intensifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un professeur d’anglais dans la 1re Armée française'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:tirailleursvosges2.jpg|300px|thumb|left|Compagnie muletière du 6e Régiment de Tirailleurs Marocains sur les Hauts du Faing à l'automne 1944, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Yves Buffetaud, La 1re armée française, Vosges-Alsace 1944-1945, Louviers, YSEC, 2019, p. 50.&amp;lt;/ref&amp;gt;.]]Alfred-José Axelrad est professeur d’anglais à Paris lorsque la guerre éclate. D’origine juive, il doit fuir Paris en 1942 avec sa femme et leurs deux filles : Alfred-José Axelrad rejoint l’Algérie alors que sa famille reste en France. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rejoint l’armée française où sa maitrise de l’anglais lui permet d’obtenir des postes d’agent de liaison avec les forces américaines. Il participe ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France au sein de l’état-major de diverses unités de l’armée française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 1re Armée française nait de la nécessité de fusionner les Forces Françaises Libres et l’Armée d’Afrique après le ralliement des autorités coloniales françaises aux Alliés à la suite du débarquement alliés. L’amalgame peine à se faire, les deux composantes rechignant à être assimilées à l’ennemi d’antan, d’autant que leurs chefs respectifs – les généraux de Gaulle et Giraud – s’écharpent pour le pouvoir. Les premières troupes françaises sont envoyées en Italie au sein du Corps Expéditionnaires Français, puis la 1re Armée devient opérationnelle et participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Formés en Afrique à partir des troupes coloniales françaises, ses soldats sont en majorité originaires des colonies : colons et colonisés s’y côtoient. Ces derniers, appelés « indigènes » par les cadres de l’armée, représentent, en août 1944, 60% des effectifs de la 1re Armée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:axelradprisonniers.jpg|300px|thumb|right|Alfred-José Axelrad pointant sa pipe vers des prisonniers allemands à Rouffach début février 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, Bataille d'Alsace 1944-1945, Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 387&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Alfred-José Axelrad sert surtout au sein des 6e et 4e Régiments de Tirailleurs Marocains qui apparaissent au début du film. Ces soldats sont recrutés sur la base du volontariat dans le Protectorat français du Maroc. Mais comme dans toutes les unités coloniales, si les simples tirailleurs sont des Marocains, l’encadrement ne l’est pas : les officiers et la grande majorité des sous-officiers sont Français. Cette distinction apparait dans le film, le cinéaste filmant tour à tour une petite escouade de tirailleurs et des officiers français. Après le ralliement de l’Afrique du Nord française aux Alliés, les tirailleurs sont de tous les combats : campagne d’Italie, libération de la Corse, débarquement en Provence et campagne de France. Cette dernière les mène jusqu’aux portes de l’Alsace au début de l’hiver 1944-1945 durant lequel la 1re Armée Française rencontre une grande résistance de la part des forces allemandes qui s’accrochent à la région annexée. Alfred-José Axelrad a la charge de l’interrogatoire des prisonniers ramenés du front par les troupes françaises . À mesure que la défaite devient inéluctable, de plus en plus d’Allemands se rendent aux troupes alliées pour sauver leurs vies. Mais dans le même temps, le fanatisme est de plus en plus profond dans certains groupes, notamment la SS, rendant la guerre de plus en plus rude pour les soldats qui combattent depuis des mois et pour les civils que les nazis tentent de lancer dans la bataille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’hiver 1944-1945, alors que la bataille fait rage sur les Vosges, est également un moment de tension entre les soldats venus des colonies et la métropole. Les troupes se sentent délaissées par la population de la France libérée : les difficultés matérielles, le manque de permissions pour l’Afrique et surtout les combats incessants pèsent sur le moral. Pourtant l’armée française a entamé le très controversé « blanchiment » de ses troupes, retirant des premières lignes les soldats noirs pour les remplacer par des soldats recrutés en France et issus des rangs de la résistance. Néanmoins, les tirailleurs marocains, réputés pour leurs capacités de combats en montagne restent en ligne jusqu’à la fin des opérations européennes, même si les pertes peuvent être comblées par l’adjonction de recrues provenant des territoires métropolitains libérés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Moments de détentes autour de la caméra'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Axelradprisonnier2.jpg|300px|thumb|left|&amp;quot;Axelrad interrogeant un prisonnier&amp;quot; par un camarade de guerre d'Alfred-José Axelrad, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Tournées en Alsace, ces images datent certainement d’après la libération totale de la région à la fin de l’hiver 1944-1945 : la neige a fondu, les soldats ne portent pas leurs casques et, même si certaines maisons sont endommagées, les rues semblent avoir déjà été en partie nettoyées des décombres. Loin de la ligne de front, en sécurité, Alfred-José Axelrad en profite pour sortir sa caméra 9,5mm qui le suit depuis avant-guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous se prêtent au jeu du cinéaste. L’escouade de tirailleurs marocains se tient fièrement au garde à vous devant le poste de commandement. Il s’agit surement d’une mise en scène pour la caméra, Alfred-José Axelrad les filme de très près ce qui serait impossible avec la solennité d’une cérémonie officielle. Le cinéaste s’attarde sur l’aspect exotique de l’unité, fait des gros plans : les coiffes traditionnelles et l’étoile à cinq branches de l’insigne de l’unité. De leur côté, les officiers sont bien moins martiaux que leurs subordonnées : ils sortent de leur poste de commandement en fumant, tenant nonchalamment leurs holsters à la main, saluant d’un sourire le sous-lieutenant qui tient la caméra. Tous profitent du calme relatif qui est revenu après le difficile hiver à combattre pour la libération de l’Alsace.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La longue séquence de « défilé » qui suit montre bien le besoin de détente qui habite les soldats. La caméra devient alors le centre d’un jeu qui rassemble quelques officiers français, un tirailleur à la veste blanche et deux femmes. Chacun défile devant la caméra, en couple ou en groupe, un homme revêt le manteau de fourrure de l’une des femmes : tous jouent et s’amusent devant l’objectif. Pourtant la rue semble encore porter les traces des combats, les bords de chemins sont remplis de gravas et les carreaux du bâtiment au fond de la rue sont brisés. Le village dans lequel stationnent les tirailleurs porte encore les stigmates de la libération : les toitures sont éventrées, les murs criblés d’impacts. Mais la guerre touche à sa fin, ces hommes, stationnés à l’arrière du front, le ressentent. Après avoir participé à toutes les campagnes de la Libération, Alfred-José Axelrad reste en Alsace alors que les troupes françaises rentrent en Allemagne. Profitant de se relâchement de la tension, le cinéaste se permet de sortir sa caméra pour immortaliser ces moments de joie alors que la fin de la guerre se dessine. Et lui aussi veut apparaitre à l’image et se joindre à ce jeu ! La dernière séquence le montre sortant de la maison, donnant l’accolade à un ami et souriant à l’objectif de la caméra qu’il a confié à un autre camarade.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BUFFETAUT Yves, La 1re armée française : Vosges, Alsace, 1944-1945, Louviers, Ysec, 2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CLAYTON Anthony, Histoire de l’armée française en Afrique : 1830-1962, Paris, Albin Michel, 1994.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MIOT Claire, « L’armée de l’empire ou l’armée de la nation ? Front et arrières pendant la seconde campagne de France (1944-1945) », dans Guerres mondiales et conflits contemporains, 2015/3, no259, p. 39 à 56.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=ECPAD, SCA9, La prise de Colmar par la 1re armée, Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Libération de Colmar sur Rhinédits:&lt;br /&gt;
https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Axelradprisonnier2.jpg&amp;diff=16327</id>
		<title>Fichier:Axelradprisonnier2.jpg</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Axelradprisonnier2.jpg&amp;diff=16327"/>
		<updated>2021-01-05T13:27:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : Baptiste Picard a téléversé une nouvelle version de Fichier:Axelradprisonnier2.jpg&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
&amp;quot;Axelrad interrogeant un prisonnier&amp;quot; par un camarade de guerre d'Alfred-José Axelrad, Archives familiales A.J. Axelrad.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)&amp;diff=16325</id>
		<title>Tirailleurs marocains (0047FN0001)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)&amp;diff=16325"/>
		<updated>2021-01-05T13:26:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Tirailleurs marocains&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
|dateFin=1945&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:07&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07791, 7.38573&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Tournées en 1945 par Alfred-José Axelrad, sous-lieutenant de l’armée française, ces images montrent les tirailleurs marocains et leur état-major dans des moments de relâchement à l’arrière du front.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:tirailleursvosges.jpg|300px|thumb|right|Membres de la 4e Division Marocaine de Montagne dans les Vosges le 19 janvier 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, Bataille d'Alsace 1944-1945, Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 314.&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Après la défaite de 1940, la France se trouve divisée : d’un côté les partisans du régime de Vichy qui entame la collaboration avec le Reich, de l’autre les partisans de la Résistance qui tente de continuer le combat. La 1er Armée Française (d’abord nommée 2e Armée et Armée B) incarne difficilement l’union des forces françaises en rassemblant des troupes issues des Forces Françaises Libres gaullistes et des unités de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique. Si la cohésion entre ces groupes reste limitée, la 1er Armée s’illustre tout de même lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 puis lors de la Libération de la France qui les mène jusque dans les Vosges à la fin de l’année 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hiver est rude pour l’armée française qui combat pied à pied les Allemands d’abord dans les Vosges puis dans la plaine alsacienne. La Wehrmacht oppose une résistance farouche pour se maintenir dans cette province annexée au Reich depuis 1940. Les combats durent de novembre 1944 à mars 1945, les Allemands s’accrochant au nord de l’Alsace et autour de Colmar. Les combats, dans la neige, sont extrêmement violents, tant pour les soldats que pour les Alsaciens qui voient leurs villages réduits en cendres. Des milliers de soldats sont tués ou blessés, des villages sont rasés, les champs et les vignes sont minés. L’Alsace, meurtrie par quatre ans d’annexion, est achevée par quatre mois de combats intensifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un professeur d’anglais dans la 1re Armée française'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:tirailleursvosges2.jpg|300px|thumb|left|Compagnie muletière du 6e Régiment de Tirailleurs Marocains sur les Hauts du Faing à l'automne 1944, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Yves Buffetaud, La 1re armée française, Vosges-Alsace 1944-1945, Louviers, YSEC, 2019, p. 50.&amp;lt;/ref&amp;gt;.]]Alfred-José Axelrad est professeur d’anglais à Paris lorsque la guerre éclate. D’origine juive, il doit fuir Paris en 1942 avec sa femme et leurs deux filles : Alfred-José Axelrad rejoint l’Algérie alors que sa famille reste en France. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rejoint l’armée française où sa maitrise de l’anglais lui permet d’obtenir des postes d’agent de liaison avec les forces américaines. Il participe ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France au sein de l’état-major de diverses unités de l’armée française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 1er Armée française nait de la nécessité de fusionner les Forces Françaises Libres et l’Armée d’Afrique après le ralliement des autorités coloniales françaises aux Alliés à la suite du débarquement alliés. L’amalgame peine à se faire, les deux composantes rechignant à être assimilées à l’ennemi d’antan, d’autant que leurs chefs respectifs – les généraux de Gaulle et Giraud – s’écharpent pour le pouvoir. Les premières troupes françaises sont envoyées en Italie au sein du Corps Expéditionnaires Français, puis la 1er Armée devient opérationnelle et participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Formés en Afrique à partir des troupes coloniales françaises, ses soldats sont en majorité originaires des colonies : colons et colonisés s’y côtoient. Ces derniers, appelés « indigènes » par les cadres de l’armée, représentent, en août 1944, 60% des effectifs de la 1er Armée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:axelradprisonniers.jpg|300px|thumb|right|Alfred-José Axelrad pointant sa pipe vers des prisonniers allemands à Rouffach début février 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, Bataille d'Alsace 1944-1945, Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 387&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Alfred-José Axelrad sert surtout au sein des 6e et 4e Régiments de Tirailleurs Marocains qui apparaissent au début du film. Ces soldats sont recrutés sur la base du volontariat dans le Protectorat français du Maroc. Mais comme dans toutes les unités coloniales, si les simples tirailleurs sont des Marocains, l’encadrement ne l’est pas : les officiers et la grande majorité des sous-officiers sont Français. Cette distinction apparait dans le film, le cinéaste filmant tour à tour une petite escouade de tirailleurs et des officiers français. Après le ralliement de l’Afrique du Nord française aux Alliés, les tirailleurs sont de tous les combats : campagne d’Italie, libération de la Corse, débarquement en Provence et campagne de France. Cette dernière les mène jusqu’aux portes de l’Alsace au début de l’hiver 1944-1945 durant lequel la 1er Armée Française rencontre une grande résistance de la part des forces allemandes qui s’accrochent à la région annexée. Alfred-José Axelrad a la charge de l’interrogatoire des prisonniers ramenés du front par les troupes françaises . À mesure que la défaite devient inéluctable, de plus en plus d’Allemands se rendent aux troupes alliées pour sauver leurs vies. Mais dans le même temps, le fanatisme est de plus en plus profond dans certains groupes, notamment la SS, rendant la guerre de plus en plus rude pour les soldats qui combattent depuis des mois et pour les civils que les nazis tentent de lancer dans la bataille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’hiver 1944-1945, alors que la bataille fait rage sur les Vosges, est également un moment de tension entre les soldats venus des colonies et la métropole. Les troupes se sentent délaissées par la population de la France libérée : les difficultés matérielles, le manque de permissions pour l’Afrique et surtout les combats incessants pèsent sur le moral. Pourtant l’armée française a entamé le très controversé « blanchiment » de ses troupes, retirant des premières lignes les soldats noirs pour les remplacer par des soldats recrutés en France et issus des rangs de la résistance. Néanmoins, les tirailleurs marocains, réputés pour leurs capacités de combats en montagne restent en ligne jusqu’à la fin des opérations européennes, même si les pertes peuvent être comblées par l’adjonction de recrues provenant des territoires métropolitains libérés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Moments de détentes autour de la caméra'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Axelradprisonnier2.jpg|300px|thumb|left|&amp;quot;Axelrad interrogeant un prisonnier&amp;quot; par un camarade de guerre d'Alfred-José Axelrad, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Tournées en Alsace, ces images datent certainement d’après la libération totale de la région à la fin de l’hiver 1944-1945 : la neige a fondu, les soldats ne portent pas leurs casques et, même si certaines maisons sont endommagées, les rues semblent avoir déjà été en partie nettoyées des décombres. Loin de la ligne de front, en sécurité, Alfred-José Axelrad en profite pour sortir sa caméra 9,5mm qui le suit depuis avant-guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous se prêtent au jeu du cinéaste. L’escouade de tirailleurs marocains se tient fièrement au garde à vous devant le poste de commandement. Il s’agit surement d’une mise en scène pour la caméra, Alfred-José Axelrad les filme de très près ce qui serait impossible avec la solennité d’une cérémonie officielle. Le cinéaste s’attarde sur l’aspect exotique de l’unité, fait des gros plans : les coiffes traditionnelles et l’étoile à cinq branches de l’insigne de l’unité. De leur côté, les officiers sont bien moins martiaux que leurs subordonnées : ils sortent de leur poste de commandement en fumant, tenant nonchalamment leurs holsters à la main, saluant d’un sourire le sous-lieutenant qui tient la caméra. Tous profitent du calme relatif qui est revenu après le difficile hiver à combattre pour la libération de l’Alsace.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La longue séquence de « défilé » qui suit montre bien le besoin de détente qui habite les soldats. La caméra devient alors le centre d’un jeu qui rassemble quelques officiers français, un tirailleur à la veste blanche et deux femmes. Chacun défile devant la caméra, en couple ou en groupe, un homme revêt le manteau de fourrure de l’une des femmes : tous jouent et s’amusent devant l’objectif. Pourtant la rue semble encore porter les traces des combats, les bords de chemins sont remplis de gravas et les carreaux du bâtiment au fond de la rue sont brisés. Le village dans lequel stationnent les tirailleurs porte encore les stigmates de la libération : les toitures sont éventrées, les murs criblés d’impacts. Mais la guerre touche à sa fin, ces hommes, stationnés à l’arrière du front, le ressentent. Après avoir participé à toutes les campagnes de la Libération, Alfred-José Axelrad reste en Alsace alors que les troupes françaises rentrent en Allemagne. Profitant de se relâchement de la tension, le cinéaste se permet de sortir sa caméra pour immortaliser ces moments de joie alors que la fin de la guerre se dessine. Et lui aussi veut apparaitre à l’image et se joindre à ce jeu ! La dernière séquence le montre sortant de la maison, donnant l’accolade à un ami et souriant à l’objectif de la caméra qu’il a confié à un autre camarade.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BUFFETAUT Yves, La 1re armée française : Vosges, Alsace, 1944-1945, Louviers, Ysec, 2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CLAYTON Anthony, Histoire de l’armée française en Afrique : 1830-1962, Paris, Albin Michel, 1994.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MIOT Claire, « L’armée de l’empire ou l’armée de la nation ? Front et arrières pendant la seconde campagne de France (1944-1945) », dans Guerres mondiales et conflits contemporains, 2015/3, no259, p. 39 à 56.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=ECPAD, SCA9, La prise de Colmar par la 1re armée, Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Libération de Colmar sur Rhinédits:&lt;br /&gt;
https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)&amp;diff=16324</id>
		<title>Tirailleurs marocains (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-05T13:25:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Tirailleurs marocains&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
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|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Tournées en 1945 par Alfred-José Axelrad, sous-lieutenant de l’armée française, ces images montrent les tirailleurs marocains et leur état-major dans des moments de relâchement à l’arrière du front.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:tirailleursvosges.jpg|300px|thumb|right|Membres de la 4e Division Marocaine de Montagne dans les Vosges le 19 janvier 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, Bataille d'Alsace 1944-1945, Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 314.&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Après la défaite de 1940, la France se trouve divisée : d’un côté les partisans du régime de Vichy qui entame la collaboration avec le Reich, de l’autre les partisans de la Résistance qui tente de continuer le combat. La 1er Armée Française (d’abord nommée 2e Armée et Armée B) incarne difficilement l’union des forces françaises en rassemblant des troupes issues des Forces Françaises Libres gaullistes et des unités de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique. Si la cohésion entre ces groupes reste limitée, la 1er Armée s’illustre tout de même lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 puis lors de la Libération de la France qui les mène jusque dans les Vosges à la fin de l’année 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hiver est rude pour l’armée française qui combat pied à pied les Allemands d’abord dans les Vosges puis dans la plaine alsacienne. La Wehrmacht oppose une résistance farouche pour se maintenir dans cette province annexée au Reich depuis 1940. Les combats durent de novembre 1944 à mars 1945, les Allemands s’accrochant au nord de l’Alsace et autour de Colmar. Les combats, dans la neige, sont extrêmement violents, tant pour les soldats que pour les Alsaciens qui voient leurs villages réduits en cendres. Des milliers de soldats sont tués ou blessés, des villages sont rasés, les champs et les vignes sont minés. L’Alsace, meurtrie par quatre ans d’annexion, est achevée par quatre mois de combats intensifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un professeur d’anglais dans la 1re Armée française'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:tirailleursvosges2.jpg|300px|thumb|left|Compagnie muletière du 6e Régiment de Tirailleurs Marocains sur les Hauts du Faing à l'automne 1944, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Yves Buffetaud, La 1re armée française, Vosges-Alsace 1944-1945, Louviers, YSEC, 2019, p. 50.&amp;lt;/ref&amp;gt;.]]Alfred-José Axelrad est professeur d’anglais à Paris lorsque la guerre éclate. D’origine juive, il doit fuir Paris en 1942 avec sa femme et leurs deux filles : Alfred-José Axelrad rejoint l’Algérie alors que sa famille reste en France. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rejoint l’armée française où sa maitrise de l’anglais lui permet d’obtenir des postes d’agent de liaison avec les forces américaines. Il participe ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France au sein de l’état-major de diverses unités de l’armée française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 1er Armée française nait de la nécessité de fusionner les Forces Françaises Libres et l’Armée d’Afrique après le ralliement des autorités coloniales françaises aux Alliés à la suite du débarquement alliés. L’amalgame peine à se faire, les deux composantes rechignant à être assimilées à l’ennemi d’antan, d’autant que leurs chefs respectifs – les généraux de Gaulle et Giraud – s’écharpent pour le pouvoir. Les premières troupes françaises sont envoyées en Italie au sein du Corps Expéditionnaires Français, puis la 1er Armée devient opérationnelle et participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Formés en Afrique à partir des troupes coloniales françaises, ses soldats sont en majorité originaires des colonies : colons et colonisés s’y côtoient. Ces derniers, appelés « indigènes » par les cadres de l’armée, représentent, en août 1944, 60% des effectifs de la 1er Armée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:axelradprisonniers.jpg|300px|thumb|right|Alfred-José Axelrad pointant sa pipe vers des prisonniers allemands à Rouffach début février 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, Bataille d'Alsace 1944-1945, Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 387&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Alfred-José Axelrad sert surtout au sein des 6e et 4e Régiments de Tirailleurs Marocains qui apparaissent au début du film. Ces soldats sont recrutés sur la base du volontariat dans le Protectorat français du Maroc. Mais comme dans toutes les unités coloniales, si les simples tirailleurs sont des Marocains, l’encadrement ne l’est pas : les officiers et la grande majorité des sous-officiers sont Français. Cette distinction apparait dans le film, le cinéaste filmant tour à tour une petite escouade de tirailleurs et des officiers français. Après le ralliement de l’Afrique du Nord française aux Alliés, les tirailleurs sont de tous les combats : campagne d’Italie, libération de la Corse, débarquement en Provence et campagne de France. Cette dernière les mène jusqu’aux portes de l’Alsace au début de l’hiver 1944-1945 durant lequel la 1er Armée Française rencontre une grande résistance de la part des forces allemandes qui s’accrochent à la région annexée. Alfred-José Axelrad a la charge de l’interrogatoire des prisonniers ramenés du front par les troupes françaises . À mesure que la défaite devient inéluctable, de plus en plus d’Allemands se rendent aux troupes alliées pour sauver leurs vies. Mais dans le même temps, le fanatisme est de plus en plus profond dans certains groupes, notamment la SS, rendant la guerre de plus en plus rude pour les soldats qui combattent depuis des mois et pour les civils que les nazis tentent de lancer dans la bataille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’hiver 1944-1945, alors que la bataille fait rage sur les Vosges, est également un moment de tension entre les soldats venus des colonies et la métropole. Les troupes se sentent délaissées par la population de la France libérée : les difficultés matérielles, le manque de permissions pour l’Afrique et surtout les combats incessants pèsent sur le moral. Pourtant l’armée française a entamé le très controversé « blanchiment » de ses troupes, retirant des premières lignes les soldats noirs pour les remplacer par des soldats recrutés en France et issus des rangs de la résistance. Néanmoins, les tirailleurs marocains, réputés pour leurs capacités de combats en montagne restent en ligne jusqu’à la fin des opérations européennes, même si les pertes peuvent être comblées par l’adjonction de recrues provenant des territoires métropolitains libérés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Moments de détentes autour de la caméra'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Axelradprisonniers2.jpg|300px|thumb|left|&amp;quot;Axelrad interrogeant un prisonnier&amp;quot; par un camarade de guerre d'Alfred-José Axelrad, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Tournées en Alsace, ces images datent certainement d’après la libération totale de la région à la fin de l’hiver 1944-1945 : la neige a fondu, les soldats ne portent pas leurs casques et, même si certaines maisons sont endommagées, les rues semblent avoir déjà été en partie nettoyées des décombres. Loin de la ligne de front, en sécurité, Alfred-José Axelrad en profite pour sortir sa caméra 9,5mm qui le suit depuis avant-guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous se prêtent au jeu du cinéaste. L’escouade de tirailleurs marocains se tient fièrement au garde à vous devant le poste de commandement. Il s’agit surement d’une mise en scène pour la caméra, Alfred-José Axelrad les filme de très près ce qui serait impossible avec la solennité d’une cérémonie officielle. Le cinéaste s’attarde sur l’aspect exotique de l’unité, fait des gros plans : les coiffes traditionnelles et l’étoile à cinq branches de l’insigne de l’unité. De leur côté, les officiers sont bien moins martiaux que leurs subordonnées : ils sortent de leur poste de commandement en fumant, tenant nonchalamment leurs holsters à la main, saluant d’un sourire le sous-lieutenant qui tient la caméra. Tous profitent du calme relatif qui est revenu après le difficile hiver à combattre pour la libération de l’Alsace.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La longue séquence de « défilé » qui suit montre bien le besoin de détente qui habite les soldats. La caméra devient alors le centre d’un jeu qui rassemble quelques officiers français, un tirailleur à la veste blanche et deux femmes. Chacun défile devant la caméra, en couple ou en groupe, un homme revêt le manteau de fourrure de l’une des femmes : tous jouent et s’amusent devant l’objectif. Pourtant la rue semble encore porter les traces des combats, les bords de chemins sont remplis de gravas et les carreaux du bâtiment au fond de la rue sont brisés. Le village dans lequel stationnent les tirailleurs porte encore les stigmates de la libération : les toitures sont éventrées, les murs criblés d’impacts. Mais la guerre touche à sa fin, ces hommes, stationnés à l’arrière du front, le ressentent. Après avoir participé à toutes les campagnes de la Libération, Alfred-José Axelrad reste en Alsace alors que les troupes françaises rentrent en Allemagne. Profitant de se relâchement de la tension, le cinéaste se permet de sortir sa caméra pour immortaliser ces moments de joie alors que la fin de la guerre se dessine. Et lui aussi veut apparaitre à l’image et se joindre à ce jeu ! La dernière séquence le montre sortant de la maison, donnant l’accolade à un ami et souriant à l’objectif de la caméra qu’il a confié à un autre camarade.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BUFFETAUT Yves, La 1re armée française : Vosges, Alsace, 1944-1945, Louviers, Ysec, 2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CLAYTON Anthony, Histoire de l’armée française en Afrique : 1830-1962, Paris, Albin Michel, 1994.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MIOT Claire, « L’armée de l’empire ou l’armée de la nation ? Front et arrières pendant la seconde campagne de France (1944-1945) », dans Guerres mondiales et conflits contemporains, 2015/3, no259, p. 39 à 56.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=ECPAD, SCA9, La prise de Colmar par la 1re armée, Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Libération de Colmar sur Rhinédits:&lt;br /&gt;
https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Axelradprisonnier2.jpg&amp;diff=16322</id>
		<title>Fichier:Axelradprisonnier2.jpg</title>
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		<updated>2021-01-05T13:24:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &amp;quot;Axelrad interrogeant un prisonnier&amp;quot; par un camarade de guerre d'Alfred-José Axelrad, Archives familiales A.J. Axelrad.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
&amp;quot;Axelrad interrogeant un prisonnier&amp;quot; par un camarade de guerre d'Alfred-José Axelrad, Archives familiales A.J. Axelrad.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)&amp;diff=16321</id>
		<title>Tirailleurs marocains (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-05T13:23:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Tirailleurs marocains&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
|dateFin=1945&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:07&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07791, 7.38573&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Tournées en 1945 par Alfred-José Axelrad, sous-lieutenant de l’armée française, ces images montrent les tirailleurs marocains et leur état-major dans des moments de relâchement à l’arrière du front.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:tirailleursvosges.jpg|300px|thumb|right|Membres de la 4e Division Marocaine de Montagne dans les Vosges le 19 janvier 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, Bataille d'Alsace 1944-1945, Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 314.&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Après la défaite de 1940, la France se trouve divisée : d’un côté les partisans du régime de Vichy qui entame la collaboration avec le Reich, de l’autre les partisans de la Résistance qui tente de continuer le combat. La 1er Armée Française (d’abord nommée 2e Armée et Armée B) incarne difficilement l’union des forces françaises en rassemblant des troupes issues des Forces Françaises Libres gaullistes et des unités de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique. Si la cohésion entre ces groupes reste limitée, la 1er Armée s’illustre tout de même lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 puis lors de la Libération de la France qui les mène jusque dans les Vosges à la fin de l’année 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hiver est rude pour l’armée française qui combat pied à pied les Allemands d’abord dans les Vosges puis dans la plaine alsacienne. La Wehrmacht oppose une résistance farouche pour se maintenir dans cette province annexée au Reich depuis 1940. Les combats durent de novembre 1944 à mars 1945, les Allemands s’accrochant au nord de l’Alsace et autour de Colmar. Les combats, dans la neige, sont extrêmement violents, tant pour les soldats que pour les Alsaciens qui voient leurs villages réduits en cendres. Des milliers de soldats sont tués ou blessés, des villages sont rasés, les champs et les vignes sont minés. L’Alsace, meurtrie par quatre ans d’annexion, est achevée par quatre mois de combats intensifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un professeur d’anglais dans la 1re Armée française'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:tirailleursvosges2.jpg|300px|thumb|left|Compagnie muletière du 6e Régiment de Tirailleurs Marocains sur les Hauts du Faing à l'automne 1944, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Yves Buffetaud, La 1re armée française, Vosges-Alsace 1944-1945, Louviers, YSEC, 2019, p. 50.&amp;lt;/ref&amp;gt;.]]Alfred-José Axelrad est professeur d’anglais à Paris lorsque la guerre éclate. D’origine juive, il doit fuir Paris en 1942 avec sa femme et leurs deux filles : Alfred-José Axelrad rejoint l’Algérie alors que sa famille reste en France. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rejoint l’armée française où sa maitrise de l’anglais lui permet d’obtenir des postes d’agent de liaison avec les forces américaines. Il participe ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France au sein de l’état-major de diverses unités de l’armée française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 1er Armée française nait de la nécessité de fusionner les Forces Françaises Libres et l’Armée d’Afrique après le ralliement des autorités coloniales françaises aux Alliés à la suite du débarquement alliés. L’amalgame peine à se faire, les deux composantes rechignant à être assimilées à l’ennemi d’antan, d’autant que leurs chefs respectifs – les généraux de Gaulle et Giraud – s’écharpent pour le pouvoir. Les premières troupes françaises sont envoyées en Italie au sein du Corps Expéditionnaires Français, puis la 1er Armée devient opérationnelle et participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Formés en Afrique à partir des troupes coloniales françaises, ses soldats sont en majorité originaires des colonies : colons et colonisés s’y côtoient. Ces derniers, appelés « indigènes » par les cadres de l’armée, représentent, en août 1944, 60% des effectifs de la 1er Armée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:axelradprisonniers.jpg|300px|thumb|right|Alfred-José Axelrad pointant sa pipe vers des prisonniers allemands à Rouffach début février 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, Bataille d'Alsace 1944-1945, Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 387&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Alfred-José Axelrad sert surtout au sein des 6e et 4e Régiments de Tirailleurs Marocains qui apparaissent au début du film. Ces soldats sont recrutés sur la base du volontariat dans le Protectorat français du Maroc. Mais comme dans toutes les unités coloniales, si les simples tirailleurs sont des Marocains, l’encadrement ne l’est pas : les officiers et la grande majorité des sous-officiers sont Français. Cette distinction apparait dans le film, le cinéaste filmant tour à tour une petite escouade de tirailleurs et des officiers français. Après le ralliement de l’Afrique du Nord française aux Alliés, les tirailleurs sont de tous les combats : campagne d’Italie, libération de la Corse, débarquement en Provence et campagne de France. Cette dernière les mène jusqu’aux portes de l’Alsace au début de l’hiver 1944-1945 durant lequel la 1er Armée Française rencontre une grande résistance de la part des forces allemandes qui s’accrochent à la région annexée. Alfred-José Axelrad a la charge de l’interrogatoire des prisonniers ramenés du front par les troupes françaises . À mesure que la défaite devient inéluctable, de plus en plus d’Allemands se rendent aux troupes alliées pour sauver leurs vies. Mais dans le même temps, le fanatisme est de plus en plus profond dans certains groupes, notamment la SS, rendant la guerre de plus en plus rude pour les soldats qui combattent depuis des mois et pour les civils que les nazis tentent de lancer dans la bataille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’hiver 1944-1945, alors que la bataille fait rage sur les Vosges, est également un moment de tension entre les soldats venus des colonies et la métropole. Les troupes se sentent délaissées par la population de la France libérée : les difficultés matérielles, le manque de permissions pour l’Afrique et surtout les combats incessants pèsent sur le moral. Pourtant l’armée française a entamé le très controversé « blanchiment » de ses troupes, retirant des premières lignes les soldats noirs pour les remplacer par des soldats recrutés en France et issus des rangs de la résistance. Néanmoins, les tirailleurs marocains, réputés pour leurs capacités de combats en montagne restent en ligne jusqu’à la fin des opérations européennes, même si les pertes peuvent être comblées par l’adjonction de recrues provenant des territoires métropolitains libérés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Moments de détentes autour de la caméra'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:axelradprisonniers2.jpg|300px|thumb|left|&amp;quot;Axelrad interrogeant un prisonnier&amp;quot; par un camarade de guerre d'Alfred-José Axelrad, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Tournées en Alsace, ces images datent certainement d’après la libération totale de la région à la fin de l’hiver 1944-1945 : la neige a fondu, les soldats ne portent pas leurs casques et, même si certaines maisons sont endommagées, les rues semblent avoir déjà été en partie nettoyées des décombres. Loin de la ligne de front, en sécurité, Alfred-José Axelrad en profite pour sortir sa caméra 9,5mm qui le suit depuis avant-guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous se prêtent au jeu du cinéaste. L’escouade de tirailleurs marocains se tient fièrement au garde à vous devant le poste de commandement. Il s’agit surement d’une mise en scène pour la caméra, Alfred-José Axelrad les filme de très près ce qui serait impossible avec la solennité d’une cérémonie officielle. Le cinéaste s’attarde sur l’aspect exotique de l’unité, fait des gros plans : les coiffes traditionnelles et l’étoile à cinq branches de l’insigne de l’unité. De leur côté, les officiers sont bien moins martiaux que leurs subordonnées : ils sortent de leur poste de commandement en fumant, tenant nonchalamment leurs holsters à la main, saluant d’un sourire le sous-lieutenant qui tient la caméra. Tous profitent du calme relatif qui est revenu après le difficile hiver à combattre pour la libération de l’Alsace.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La longue séquence de « défilé » qui suit montre bien le besoin de détente qui habite les soldats. La caméra devient alors le centre d’un jeu qui rassemble quelques officiers français, un tirailleur à la veste blanche et deux femmes. Chacun défile devant la caméra, en couple ou en groupe, un homme revêt le manteau de fourrure de l’une des femmes : tous jouent et s’amusent devant l’objectif. Pourtant la rue semble encore porter les traces des combats, les bords de chemins sont remplis de gravas et les carreaux du bâtiment au fond de la rue sont brisés. Le village dans lequel stationnent les tirailleurs porte encore les stigmates de la libération : les toitures sont éventrées, les murs criblés d’impacts. Mais la guerre touche à sa fin, ces hommes, stationnés à l’arrière du front, le ressentent. Après avoir participé à toutes les campagnes de la Libération, Alfred-José Axelrad reste en Alsace alors que les troupes françaises rentrent en Allemagne. Profitant de se relâchement de la tension, le cinéaste se permet de sortir sa caméra pour immortaliser ces moments de joie alors que la fin de la guerre se dessine. Et lui aussi veut apparaitre à l’image et se joindre à ce jeu ! La dernière séquence le montre sortant de la maison, donnant l’accolade à un ami et souriant à l’objectif de la caméra qu’il a confié à un autre camarade.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BUFFETAUT Yves, La 1re armée française : Vosges, Alsace, 1944-1945, Louviers, Ysec, 2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CLAYTON Anthony, Histoire de l’armée française en Afrique : 1830-1962, Paris, Albin Michel, 1994.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MIOT Claire, « L’armée de l’empire ou l’armée de la nation ? Front et arrières pendant la seconde campagne de France (1944-1945) », dans Guerres mondiales et conflits contemporains, 2015/3, no259, p. 39 à 56.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=ECPAD, SCA9, La prise de Colmar par la 1re armée, Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Libération de Colmar sur Rhinédits:&lt;br /&gt;
https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)&amp;diff=16318</id>
		<title>Tirailleurs marocains (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-05T13:19:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Tirailleurs marocains&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
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|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Tournées en 1945 par Alfred-José Axelrad, sous-lieutenant de l’armée française, ces images montrent les tirailleurs marocains et leur état-major dans des moments de relâchement à l’arrière du front.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:tirailleursvosges.jpg|300px|thumb|right|Membres de la 4e Division Marocaine de Montagne dans les Vosges le 19 janvier 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, Bataille d'Alsace 1944-1945, Bayeux, Editions Heimdal, 1992.&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Après la défaite de 1940, la France se trouve divisée : d’un côté les partisans du régime de Vichy qui entame la collaboration avec le Reich, de l’autre les partisans de la Résistance qui tente de continuer le combat. La 1er Armée Française (d’abord nommée 2e Armée et Armée B) incarne difficilement l’union des forces françaises en rassemblant des troupes issues des Forces Françaises Libres gaullistes et des unités de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique. Si la cohésion entre ces groupes reste limitée, la 1er Armée s’illustre tout de même lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 puis lors de la Libération de la France qui les mène jusque dans les Vosges à la fin de l’année 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hiver est rude pour l’armée française qui combat pied à pied les Allemands d’abord dans les Vosges puis dans la plaine alsacienne. La Wehrmacht oppose une résistance farouche pour se maintenir dans cette province annexée au Reich depuis 1940. Les combats durent de novembre 1944 à mars 1945, les Allemands s’accrochant au nord de l’Alsace et autour de Colmar. Les combats, dans la neige, sont extrêmement violents, tant pour les soldats que pour les Alsaciens qui voient leurs villages réduits en cendres. Des milliers de soldats sont tués ou blessés, des villages sont rasés, les champs et les vignes sont minés. L’Alsace, meurtrie par quatre ans d’annexion, est achevée par quatre mois de combats intensifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un professeur d’anglais dans la 1re Armée française'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:tirailleursvosges2.jpg|300px|thumb|left|Compagnie muletière du 6e Régiment de Tirailleurs Marocains sur les Hauts du Faing à l'automne 1944, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Yves Buffetaud, La 1re armée française, Vosges-Alsace 1944-1945, Louviers, YSEC, 2019.&amp;lt;/ref&amp;gt;.]]Alfred-José Axelrad est professeur d’anglais à Paris lorsque la guerre éclate. D’origine juive, il doit fuir Paris en 1942 avec sa femme et leurs deux filles : Alfred-José Axelrad rejoint l’Algérie alors que sa famille reste en France. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rejoint l’armée française où sa maitrise de l’anglais lui permet d’obtenir des postes d’agent de liaison avec les forces américaines. Il participe ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France au sein de l’état-major de diverses unités de l’armée française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 1er Armée française nait de la nécessité de fusionner les Forces Françaises Libres et l’Armée d’Afrique après le ralliement des autorités coloniales françaises aux Alliés à la suite du débarquement alliés. L’amalgame peine à se faire, les deux composantes rechignant à être assimilées à l’ennemi d’antan, d’autant que leurs chefs respectifs – les généraux de Gaulle et Giraud – s’écharpent pour le pouvoir. Les premières troupes françaises sont envoyées en Italie au sein du Corps Expéditionnaires Français, puis la 1er Armée devient opérationnelle et participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Formés en Afrique à partir des troupes coloniales françaises, ses soldats sont en majorité originaires des colonies : colons et colonisés s’y côtoient. Ces derniers, appelés « indigènes » par les cadres de l’armée, représentent, en août 1944, 60% des effectifs de la 1er Armée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:axelradprisonniers.jpg|300px|thumb|right|Alfred-José Axelrad pointant sa pipe vers des prisonniers allemands à Rouffach début février 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, Bataille d'Alsace 1944-1945, Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 387&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Alfred-José Axelrad sert surtout au sein des 6e et 4e Régiments de Tirailleurs Marocains qui apparaissent au début du film. Ces soldats sont recrutés sur la base du volontariat dans le Protectorat français du Maroc. Mais comme dans toutes les unités coloniales, si les simples tirailleurs sont des Marocains, l’encadrement ne l’est pas : les officiers et la grande majorité des sous-officiers sont Français. Cette distinction apparait dans le film, le cinéaste filmant tour à tour une petite escouade de tirailleurs et des officiers français. Après le ralliement de l’Afrique du Nord française aux Alliés, les tirailleurs sont de tous les combats : campagne d’Italie, libération de la Corse, débarquement en Provence et campagne de France. Cette dernière les mène jusqu’aux portes de l’Alsace au début de l’hiver 1944-1945 durant lequel la 1er Armée Française rencontre une grande résistance de la part des forces allemandes qui s’accrochent à la région annexée. Alfred-José Axelrad a la charge de l’interrogatoire des prisonniers ramenés du front par les troupes françaises . À mesure que la défaite devient inéluctable, de plus en plus d’Allemands se rendent aux troupes alliées pour sauver leurs vies. Mais dans le même temps, le fanatisme est de plus en plus profond dans certains groupes, notamment la SS, rendant la guerre de plus en plus rude pour les soldats qui combattent depuis des mois et pour les civils que les nazis tentent de lancer dans la bataille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’hiver 1944-1945, alors que la bataille fait rage sur les Vosges, est également un moment de tension entre les soldats venus des colonies et la métropole. Les troupes se sentent délaissées par la population de la France libérée : les difficultés matérielles, le manque de permissions pour l’Afrique et surtout les combats incessants pèsent sur le moral. Pourtant l’armée française a entamé le très controversé « blanchiment » de ses troupes, retirant des premières lignes les soldats noirs pour les remplacer par des soldats recrutés en France et issus des rangs de la résistance. Néanmoins, les tirailleurs marocains, réputés pour leurs capacités de combats en montagne restent en ligne jusqu’à la fin des opérations européennes, même si les pertes peuvent être comblées par l’adjonction de recrues provenant des territoires métropolitains libérés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Moments de détentes autour de la caméra'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tournées en Alsace, ces images datent certainement d’après la libération totale de la région à la fin de l’hiver 1944-1945 : la neige a fondu, les soldats ne portent pas leurs casques et, même si certaines maisons sont endommagées, les rues semblent avoir déjà été en partie nettoyées des décombres. Loin de la ligne de front, en sécurité, Alfred-José Axelrad en profite pour sortir sa caméra 9,5mm qui le suit depuis avant-guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous se prêtent au jeu du cinéaste. L’escouade de tirailleurs marocains se tient fièrement au garde à vous devant le poste de commandement. Il s’agit surement d’une mise en scène pour la caméra, Alfred-José Axelrad les filme de très près ce qui serait impossible avec la solennité d’une cérémonie officielle. Le cinéaste s’attarde sur l’aspect exotique de l’unité, fait des gros plans : les coiffes traditionnelles et l’étoile à cinq branches de l’insigne de l’unité. De leur côté, les officiers sont bien moins martiaux que leurs subordonnées : ils sortent de leur poste de commandement en fumant, tenant nonchalamment leurs holsters à la main, saluant d’un sourire le sous-lieutenant qui tient la caméra. Tous profitent du calme relatif qui est revenu après le difficile hiver à combattre pour la libération de l’Alsace.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La longue séquence de « défilé » qui suit montre bien le besoin de détente qui habite les soldats. La caméra devient alors le centre d’un jeu qui rassemble quelques officiers français, un tirailleur à la veste blanche et deux femmes. Chacun défile devant la caméra, en couple ou en groupe, un homme revêt le manteau de fourrure de l’une des femmes : tous jouent et s’amusent devant l’objectif. Pourtant la rue semble encore porter les traces des combats, les bords de chemins sont remplis de gravas et les carreaux du bâtiment au fond de la rue sont brisés. Le village dans lequel stationnent les tirailleurs porte encore les stigmates de la libération : les toitures sont éventrées, les murs criblés d’impacts. Mais la guerre touche à sa fin, ces hommes, stationnés à l’arrière du front, le ressentent. Après avoir participé à toutes les campagnes de la Libération, Alfred-José Axelrad reste en Alsace alors que les troupes françaises rentrent en Allemagne. Profitant de se relâchement de la tension, le cinéaste se permet de sortir sa caméra pour immortaliser ces moments de joie alors que la fin de la guerre se dessine. Et lui aussi veut apparaitre à l’image et se joindre à ce jeu ! La dernière séquence le montre sortant de la maison, donnant l’accolade à un ami et souriant à l’objectif de la caméra qu’il a confié à un autre camarade.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BUFFETAUT Yves, La 1re armée française : Vosges, Alsace, 1944-1945, Louviers, Ysec, 2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CLAYTON Anthony, Histoire de l’armée française en Afrique : 1830-1962, Paris, Albin Michel, 1994.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MIOT Claire, « L’armée de l’empire ou l’armée de la nation ? Front et arrières pendant la seconde campagne de France (1944-1945) », dans Guerres mondiales et conflits contemporains, 2015/3, no259, p. 39 à 56.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=ECPAD, SCA9, La prise de Colmar par la 1re armée, Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Libération de Colmar sur Rhinédits:&lt;br /&gt;
https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Axelradprisonniers.jpg&amp;diff=16317</id>
		<title>Fichier:Axelradprisonniers.jpg</title>
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		<updated>2021-01-05T13:18:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : Alfred-José Axelrad pointant sa pipe vers des prisonniers allemands à Rouffach début février 1945, ECPAD. Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, Bataille d'Alsace 1944-1945, Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 387.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Alfred-José Axelrad pointant sa pipe vers des prisonniers allemands à Rouffach début février 1945, ECPAD. Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, Bataille d'Alsace 1944-1945, Bayeux, Editions Heimdal, 1992, p. 387.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)&amp;diff=16316</id>
		<title>Tirailleurs marocains (0047FN0001)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)&amp;diff=16316"/>
		<updated>2021-01-05T13:13:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Tirailleurs marocains&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
|dateFin=1945&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:07&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07791, 7.38573&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Tournées en 1945 par Alfred-José Axelrad, sous-lieutenant de l’armée française, ces images montrent les tirailleurs marocains et leur état-major dans des moments de relâchement à l’arrière du front.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:tirailleursvosges.jpg|300px|thumb|right|Membres de la 4e Division Marocaine de Montagne dans les Vosges le 19 janvier 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, Bataille d'Alsace 1944-1945, Bayeux, Editions Heimdal, 1992.&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Après la défaite de 1940, la France se trouve divisée : d’un côté les partisans du régime de Vichy qui entame la collaboration avec le Reich, de l’autre les partisans de la Résistance qui tente de continuer le combat. La 1er Armée Française (d’abord nommée 2e Armée et Armée B) incarne difficilement l’union des forces françaises en rassemblant des troupes issues des Forces Françaises Libres gaullistes et des unités de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique. Si la cohésion entre ces groupes reste limitée, la 1er Armée s’illustre tout de même lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 puis lors de la Libération de la France qui les mène jusque dans les Vosges à la fin de l’année 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hiver est rude pour l’armée française qui combat pied à pied les Allemands d’abord dans les Vosges puis dans la plaine alsacienne. La Wehrmacht oppose une résistance farouche pour se maintenir dans cette province annexée au Reich depuis 1940. Les combats durent de novembre 1944 à mars 1945, les Allemands s’accrochant au nord de l’Alsace et autour de Colmar. Les combats, dans la neige, sont extrêmement violents, tant pour les soldats que pour les Alsaciens qui voient leurs villages réduits en cendres. Des milliers de soldats sont tués ou blessés, des villages sont rasés, les champs et les vignes sont minés. L’Alsace, meurtrie par quatre ans d’annexion, est achevée par quatre mois de combats intensifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un professeur d’anglais dans la 1re Armée française'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:tirailleursvosges2.jpg|300px|thumb|left|Compagnie muletière du 6e Régiment de Tirailleurs Marocains sur les Hauts du Faing à l'automne 1944, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Yves Buffetaud, La 1re armée française, Vosges-Alsace 1944-1945, Louviers, YSEC, 2019.&amp;lt;/ref&amp;gt;.]]Alfred-José Axelrad est professeur d’anglais à Paris lorsque la guerre éclate. D’origine juive, il doit fuir Paris en 1942 avec sa femme et leurs deux filles : Alfred-José Axelrad rejoint l’Algérie alors que sa famille reste en France. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rejoint l’armée française où sa maitrise de l’anglais lui permet d’obtenir des postes d’agent de liaison avec les forces américaines. Il participe ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France au sein de l’état-major de diverses unités de l’armée française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 1er Armée française nait de la nécessité de fusionner les Forces Françaises Libres et l’Armée d’Afrique après le ralliement des autorités coloniales françaises aux Alliés à la suite du débarquement alliés. L’amalgame peine à se faire, les deux composantes rechignant à être assimilées à l’ennemi d’antan, d’autant que leurs chefs respectifs – les généraux de Gaulle et Giraud – s’écharpent pour le pouvoir. Les premières troupes françaises sont envoyées en Italie au sein du Corps Expéditionnaires Français, puis la 1er Armée devient opérationnelle et participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Formés en Afrique à partir des troupes coloniales françaises, ses soldats sont en majorité originaires des colonies : colons et colonisés s’y côtoient. Ces derniers, appelés « indigènes » par les cadres de l’armée, représentent, en août 1944, 60% des effectifs de la 1er Armée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred-José Axelrad sert surtout au sein des 6e et 4e Régiments de Tirailleurs Marocains qui apparaissent au début du film. Ces soldats sont recrutés sur la base du volontariat dans le Protectorat français du Maroc. Mais comme dans toutes les unités coloniales, si les simples tirailleurs sont des Marocains, l’encadrement ne l’est pas : les officiers et la grande majorité des sous-officiers sont Français. Cette distinction apparait dans le film, le cinéaste filmant tour à tour une petite escouade de tirailleurs et des officiers français. Après le ralliement de l’Afrique du Nord française aux Alliés, les tirailleurs sont de tous les combats : campagne d’Italie, libération de la Corse, débarquement en Provence et campagne de France. Cette dernière les mène jusqu’aux portes de l’Alsace au début de l’hiver 1944-1945 durant lequel la 1er Armée Française rencontre une grande résistance de la part des forces allemandes qui s’accrochent à la région annexée. Alfred-José Axelrad a la charge de l’interrogatoire des prisonniers ramenés du front par les troupes françaises . À mesure que la défaite devient inéluctable, de plus en plus d’Allemands se rendent aux troupes alliées pour sauver leurs vies. Mais dans le même temps, le fanatisme est de plus en plus profond dans certains groupes, notamment la SS, rendant la guerre de plus en plus rude pour les soldats qui combattent depuis des mois et pour les civils que les nazis tentent de lancer dans la bataille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’hiver 1944-1945, alors que la bataille fait rage sur les Vosges, est également un moment de tension entre les soldats venus des colonies et la métropole. Les troupes se sentent délaissées par la population de la France libérée : les difficultés matérielles, le manque de permissions pour l’Afrique et surtout les combats incessants pèsent sur le moral. Pourtant l’armée française a entamé le très controversé « blanchiment » de ses troupes, retirant des premières lignes les soldats noirs pour les remplacer par des soldats recrutés en France et issus des rangs de la résistance. Néanmoins, les tirailleurs marocains, réputés pour leurs capacités de combats en montagne restent en ligne jusqu’à la fin des opérations européennes, même si les pertes peuvent être comblées par l’adjonction de recrues provenant des territoires métropolitains libérés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Moments de détentes autour de la caméra'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tournées en Alsace, ces images datent certainement d’après la libération totale de la région à la fin de l’hiver 1944-1945 : la neige a fondu, les soldats ne portent pas leurs casques et, même si certaines maisons sont endommagées, les rues semblent avoir déjà été en partie nettoyées des décombres. Loin de la ligne de front, en sécurité, Alfred-José Axelrad en profite pour sortir sa caméra 9,5mm qui le suit depuis avant-guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous se prêtent au jeu du cinéaste. L’escouade de tirailleurs marocains se tient fièrement au garde à vous devant le poste de commandement. Il s’agit surement d’une mise en scène pour la caméra, Alfred-José Axelrad les filme de très près ce qui serait impossible avec la solennité d’une cérémonie officielle. Le cinéaste s’attarde sur l’aspect exotique de l’unité, fait des gros plans : les coiffes traditionnelles et l’étoile à cinq branches de l’insigne de l’unité. De leur côté, les officiers sont bien moins martiaux que leurs subordonnées : ils sortent de leur poste de commandement en fumant, tenant nonchalamment leurs holsters à la main, saluant d’un sourire le sous-lieutenant qui tient la caméra. Tous profitent du calme relatif qui est revenu après le difficile hiver à combattre pour la libération de l’Alsace.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La longue séquence de « défilé » qui suit montre bien le besoin de détente qui habite les soldats. La caméra devient alors le centre d’un jeu qui rassemble quelques officiers français, un tirailleur à la veste blanche et deux femmes. Chacun défile devant la caméra, en couple ou en groupe, un homme revêt le manteau de fourrure de l’une des femmes : tous jouent et s’amusent devant l’objectif. Pourtant la rue semble encore porter les traces des combats, les bords de chemins sont remplis de gravas et les carreaux du bâtiment au fond de la rue sont brisés. Le village dans lequel stationnent les tirailleurs porte encore les stigmates de la libération : les toitures sont éventrées, les murs criblés d’impacts. Mais la guerre touche à sa fin, ces hommes, stationnés à l’arrière du front, le ressentent. Après avoir participé à toutes les campagnes de la Libération, Alfred-José Axelrad reste en Alsace alors que les troupes françaises rentrent en Allemagne. Profitant de se relâchement de la tension, le cinéaste se permet de sortir sa caméra pour immortaliser ces moments de joie alors que la fin de la guerre se dessine. Et lui aussi veut apparaitre à l’image et se joindre à ce jeu ! La dernière séquence le montre sortant de la maison, donnant l’accolade à un ami et souriant à l’objectif de la caméra qu’il a confié à un autre camarade.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BUFFETAUT Yves, La 1re armée française : Vosges, Alsace, 1944-1945, Louviers, Ysec, 2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CLAYTON Anthony, Histoire de l’armée française en Afrique : 1830-1962, Paris, Albin Michel, 1994.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MIOT Claire, « L’armée de l’empire ou l’armée de la nation ? Front et arrières pendant la seconde campagne de France (1944-1945) », dans Guerres mondiales et conflits contemporains, 2015/3, no259, p. 39 à 56.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=ECPAD, SCA9, La prise de Colmar par la 1re armée, Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Libération de Colmar sur Rhinédits:&lt;br /&gt;
https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Tirailleursvosges2.jpg&amp;diff=16315</id>
		<title>Fichier:Tirailleursvosges2.jpg</title>
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		<updated>2021-01-05T13:13:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : Compagnie muletière du 6e Régiment de Tirailleurs Marocains sur les Hauts du Faing à l'automne 1944, ECPAD. Dans Yves Buffetaud, La 1re armée française, Vosges-Alsace 1944-1945, Louviers, YSEC, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Compagnie muletière du 6e Régiment de Tirailleurs Marocains sur les Hauts du Faing à l'automne 1944, ECPAD. Dans Yves Buffetaud, La 1re armée française, Vosges-Alsace 1944-1945, Louviers, YSEC, 2019.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)&amp;diff=16311</id>
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		<updated>2021-01-05T13:08:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Tirailleurs marocains&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
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|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
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|video=0047FN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
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|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
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|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Tournées en 1945 par Alfred-José Axelrad, sous-lieutenant de l’armée française, ces images montrent les tirailleurs marocains et leur état-major dans des moments de relâchement à l’arrière du front.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:tirailleursvosges.jpg|300px|thumb|right|Membres de la 4e Division Marocaine de Montagne dans les Vosges le 19 janvier 1945, ECPAD&amp;lt;ref&amp;gt;Dans Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, Bataille d'Alsace 1944-1945, Bayeux, Editions Heimdal, 1992.&amp;lt;/ref&amp;gt;. ]]Après la défaite de 1940, la France se trouve divisée : d’un côté les partisans du régime de Vichy qui entame la collaboration avec le Reich, de l’autre les partisans de la Résistance qui tente de continuer le combat. La 1er Armée Française (d’abord nommée 2e Armée et Armée B) incarne difficilement l’union des forces françaises en rassemblant des troupes issues des Forces Françaises Libres gaullistes et des unités de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique. Si la cohésion entre ces groupes reste limitée, la 1er Armée s’illustre tout de même lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 puis lors de la Libération de la France qui les mène jusque dans les Vosges à la fin de l’année 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hiver est rude pour l’armée française qui combat pied à pied les Allemands d’abord dans les Vosges puis dans la plaine alsacienne. La Wehrmacht oppose une résistance farouche pour se maintenir dans cette province annexée au Reich depuis 1940. Les combats durent de novembre 1944 à mars 1945, les Allemands s’accrochant au nord de l’Alsace et autour de Colmar. Les combats, dans la neige, sont extrêmement violents, tant pour les soldats que pour les Alsaciens qui voient leurs villages réduits en cendres. Des milliers de soldats sont tués ou blessés, des villages sont rasés, les champs et les vignes sont minés. L’Alsace, meurtrie par quatre ans d’annexion, est achevée par quatre mois de combats intensifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un professeur d’anglais dans la 1re Armée française'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred-José Axelrad est professeur d’anglais à Paris lorsque la guerre éclate. D’origine juive, il doit fuir Paris en 1942 avec sa femme et leurs deux filles : Alfred-José Axelrad rejoint l’Algérie alors que sa famille reste en France. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rejoint l’armée française où sa maitrise de l’anglais lui permet d’obtenir des postes d’agent de liaison avec les forces américaines. Il participe ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France au sein de l’état-major de diverses unités de l’armée française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 1er Armée française nait de la nécessité de fusionner les Forces Françaises Libres et l’Armée d’Afrique après le ralliement des autorités coloniales françaises aux Alliés à la suite du débarquement alliés. L’amalgame peine à se faire, les deux composantes rechignant à être assimilées à l’ennemi d’antan, d’autant que leurs chefs respectifs – les généraux de Gaulle et Giraud – s’écharpent pour le pouvoir. Les premières troupes françaises sont envoyées en Italie au sein du Corps Expéditionnaires Français, puis la 1er Armée devient opérationnelle et participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Formés en Afrique à partir des troupes coloniales françaises, ses soldats sont en majorité originaires des colonies : colons et colonisés s’y côtoient. Ces derniers, appelés « indigènes » par les cadres de l’armée, représentent, en août 1944, 60% des effectifs de la 1er Armée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred-José Axelrad sert surtout au sein des 6e et 4e Régiments de Tirailleurs Marocains qui apparaissent au début du film. Ces soldats sont recrutés sur la base du volontariat dans le Protectorat français du Maroc. Mais comme dans toutes les unités coloniales, si les simples tirailleurs sont des Marocains, l’encadrement ne l’est pas : les officiers et la grande majorité des sous-officiers sont Français. Cette distinction apparait dans le film, le cinéaste filmant tour à tour une petite escouade de tirailleurs et des officiers français. Après le ralliement de l’Afrique du Nord française aux Alliés, les tirailleurs sont de tous les combats : campagne d’Italie, libération de la Corse, débarquement en Provence et campagne de France. Cette dernière les mène jusqu’aux portes de l’Alsace au début de l’hiver 1944-1945 durant lequel la 1er Armée Française rencontre une grande résistance de la part des forces allemandes qui s’accrochent à la région annexée. Alfred-José Axelrad a la charge de l’interrogatoire des prisonniers ramenés du front par les troupes françaises . À mesure que la défaite devient inéluctable, de plus en plus d’Allemands se rendent aux troupes alliées pour sauver leurs vies. Mais dans le même temps, le fanatisme est de plus en plus profond dans certains groupes, notamment la SS, rendant la guerre de plus en plus rude pour les soldats qui combattent depuis des mois et pour les civils que les nazis tentent de lancer dans la bataille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’hiver 1944-1945, alors que la bataille fait rage sur les Vosges, est également un moment de tension entre les soldats venus des colonies et la métropole. Les troupes se sentent délaissées par la population de la France libérée : les difficultés matérielles, le manque de permissions pour l’Afrique et surtout les combats incessants pèsent sur le moral. Pourtant l’armée française a entamé le très controversé « blanchiment » de ses troupes, retirant des premières lignes les soldats noirs pour les remplacer par des soldats recrutés en France et issus des rangs de la résistance. Néanmoins, les tirailleurs marocains, réputés pour leurs capacités de combats en montagne restent en ligne jusqu’à la fin des opérations européennes, même si les pertes peuvent être comblées par l’adjonction de recrues provenant des territoires métropolitains libérés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Moments de détentes autour de la caméra'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tournées en Alsace, ces images datent certainement d’après la libération totale de la région à la fin de l’hiver 1944-1945 : la neige a fondu, les soldats ne portent pas leurs casques et, même si certaines maisons sont endommagées, les rues semblent avoir déjà été en partie nettoyées des décombres. Loin de la ligne de front, en sécurité, Alfred-José Axelrad en profite pour sortir sa caméra 9,5mm qui le suit depuis avant-guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous se prêtent au jeu du cinéaste. L’escouade de tirailleurs marocains se tient fièrement au garde à vous devant le poste de commandement. Il s’agit surement d’une mise en scène pour la caméra, Alfred-José Axelrad les filme de très près ce qui serait impossible avec la solennité d’une cérémonie officielle. Le cinéaste s’attarde sur l’aspect exotique de l’unité, fait des gros plans : les coiffes traditionnelles et l’étoile à cinq branches de l’insigne de l’unité. De leur côté, les officiers sont bien moins martiaux que leurs subordonnées : ils sortent de leur poste de commandement en fumant, tenant nonchalamment leurs holsters à la main, saluant d’un sourire le sous-lieutenant qui tient la caméra. Tous profitent du calme relatif qui est revenu après le difficile hiver à combattre pour la libération de l’Alsace.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La longue séquence de « défilé » qui suit montre bien le besoin de détente qui habite les soldats. La caméra devient alors le centre d’un jeu qui rassemble quelques officiers français, un tirailleur à la veste blanche et deux femmes. Chacun défile devant la caméra, en couple ou en groupe, un homme revêt le manteau de fourrure de l’une des femmes : tous jouent et s’amusent devant l’objectif. Pourtant la rue semble encore porter les traces des combats, les bords de chemins sont remplis de gravas et les carreaux du bâtiment au fond de la rue sont brisés. Le village dans lequel stationnent les tirailleurs porte encore les stigmates de la libération : les toitures sont éventrées, les murs criblés d’impacts. Mais la guerre touche à sa fin, ces hommes, stationnés à l’arrière du front, le ressentent. Après avoir participé à toutes les campagnes de la Libération, Alfred-José Axelrad reste en Alsace alors que les troupes françaises rentrent en Allemagne. Profitant de se relâchement de la tension, le cinéaste se permet de sortir sa caméra pour immortaliser ces moments de joie alors que la fin de la guerre se dessine. Et lui aussi veut apparaitre à l’image et se joindre à ce jeu ! La dernière séquence le montre sortant de la maison, donnant l’accolade à un ami et souriant à l’objectif de la caméra qu’il a confié à un autre camarade.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BUFFETAUT Yves, La 1re armée française : Vosges, Alsace, 1944-1945, Louviers, Ysec, 2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CLAYTON Anthony, Histoire de l’armée française en Afrique : 1830-1962, Paris, Albin Michel, 1994.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MIOT Claire, « L’armée de l’empire ou l’armée de la nation ? Front et arrières pendant la seconde campagne de France (1944-1945) », dans Guerres mondiales et conflits contemporains, 2015/3, no259, p. 39 à 56.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=ECPAD, SCA9, La prise de Colmar par la 1re armée, Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Libération de Colmar sur Rhinédits:&lt;br /&gt;
https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Tirailleursvosges.jpg&amp;diff=16310</id>
		<title>Fichier:Tirailleursvosges.jpg</title>
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		<updated>2021-01-05T13:08:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : Membres de la 4e Division Marocaine de Montagne dans les Vosges le 19 janvier 1945, ECPAD, dans  Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, Bataille d'Alsace 1944-1945, Bayeux, Editions Heimdal, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Membres de la 4e Division Marocaine de Montagne dans les Vosges le 19 janvier 1945, ECPAD, dans  Georges Bernage, François de Lannoy &amp;amp; Ronald McNair, Bataille d'Alsace 1944-1945, Bayeux, Editions Heimdal, 1992.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)&amp;diff=16309</id>
		<title>Tirailleurs marocains (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-05T12:54:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
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|titre=Tirailleurs marocains&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
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|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
|dateFin=1945&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
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|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Tournées en 1945 par Alfred-José Axelrad, sous-lieutenant de l’armée française, ces images montrent les tirailleurs marocains et leur état-major dans des moments de relâchement à l’arrière du front.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Après la défaite de 1940, la France se trouve divisée : d’un côté les partisans du régime de Vichy qui entame la collaboration avec le Reich, de l’autre les partisans de la Résistance qui tente de continuer le combat. La 1er Armée Française (d’abord nommée 2e Armée et Armée B) incarne difficilement l’union des forces françaises en rassemblant des troupes issues des Forces Françaises Libres gaullistes et des unités de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique. Si la cohésion entre ces groupes reste limitée, la 1er Armée s’illustre tout de même lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 puis lors de la Libération de la France qui les mène jusque dans les Vosges à la fin de l’année 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hiver est rude pour l’armée française qui combat pied à pied les Allemands d’abord dans les Vosges puis dans la plaine alsacienne. La Wehrmacht oppose une résistance farouche pour se maintenir dans cette province annexée au Reich depuis 1940. Les combats durent de novembre 1944 à mars 1945, les Allemands s’accrochant au nord de l’Alsace et autour de Colmar. Les combats, dans la neige, sont extrêmement violents, tant pour les soldats que pour les Alsaciens qui voient leurs villages réduits en cendres. Des milliers de soldats sont tués ou blessés, des villages sont rasés, les champs et les vignes sont minés. L’Alsace, meurtrie par quatre ans d’annexion, est achevée par quatre mois de combats intensifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un professeur d’anglais dans la 1re Armée française'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred-José Axelrad est professeur d’anglais à Paris lorsque la guerre éclate. D’origine juive, il doit fuir Paris en 1942 avec sa femme et leurs deux filles : Alfred-José Axelrad rejoint l’Algérie alors que sa famille reste en France. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rejoint l’armée française où sa maitrise de l’anglais lui permet d’obtenir des postes d’agent de liaison avec les forces américaines. Il participe ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France au sein de l’état-major de diverses unités de l’armée française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 1er Armée française nait de la nécessité de fusionner les Forces Françaises Libres et l’Armée d’Afrique après le ralliement des autorités coloniales françaises aux Alliés à la suite du débarquement alliés. L’amalgame peine à se faire, les deux composantes rechignant à être assimilées à l’ennemi d’antan, d’autant que leurs chefs respectifs – les généraux de Gaulle et Giraud – s’écharpent pour le pouvoir. Les premières troupes françaises sont envoyées en Italie au sein du Corps Expéditionnaires Français, puis la 1er Armée devient opérationnelle et participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Formés en Afrique à partir des troupes coloniales françaises, ses soldats sont en majorité originaires des colonies : colons et colonisés s’y côtoient. Ces derniers, appelés « indigènes » par les cadres de l’armée, représentent, en août 1944, 60% des effectifs de la 1er Armée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred-José Axelrad sert surtout au sein des 6e et 4e Régiments de Tirailleurs Marocains qui apparaissent au début du film. Ces soldats sont recrutés sur la base du volontariat dans le Protectorat français du Maroc. Mais comme dans toutes les unités coloniales, si les simples tirailleurs sont des Marocains, l’encadrement ne l’est pas : les officiers et la grande majorité des sous-officiers sont Français. Cette distinction apparait dans le film, le cinéaste filmant tour à tour une petite escouade de tirailleurs et des officiers français. Après le ralliement de l’Afrique du Nord française aux Alliés, les tirailleurs sont de tous les combats : campagne d’Italie, libération de la Corse, débarquement en Provence et campagne de France. Cette dernière les mène jusqu’aux portes de l’Alsace au début de l’hiver 1944-1945 durant lequel la 1er Armée Française rencontre une grande résistance de la part des forces allemandes qui s’accrochent à la région annexée. Alfred-José Axelrad a la charge de l’interrogatoire des prisonniers ramenés du front par les troupes françaises . À mesure que la défaite devient inéluctable, de plus en plus d’Allemands se rendent aux troupes alliées pour sauver leurs vies. Mais dans le même temps, le fanatisme est de plus en plus profond dans certains groupes, notamment la SS, rendant la guerre de plus en plus rude pour les soldats qui combattent depuis des mois et pour les civils que les nazis tentent de lancer dans la bataille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’hiver 1944-1945, alors que la bataille fait rage sur les Vosges, est également un moment de tension entre les soldats venus des colonies et la métropole. Les troupes se sentent délaissées par la population de la France libérée : les difficultés matérielles, le manque de permissions pour l’Afrique et surtout les combats incessants pèsent sur le moral. Pourtant l’armée française a entamé le très controversé « blanchiment » de ses troupes, retirant des premières lignes les soldats noirs pour les remplacer par des soldats recrutés en France et issus des rangs de la résistance. Néanmoins, les tirailleurs marocains, réputés pour leurs capacités de combats en montagne restent en ligne jusqu’à la fin des opérations européennes, même si les pertes peuvent être comblées par l’adjonction de recrues provenant des territoires métropolitains libérés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Moments de détentes autour de la caméra'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tournées en Alsace, ces images datent certainement d’après la libération totale de la région à la fin de l’hiver 1944-1945 : la neige a fondu, les soldats ne portent pas leurs casques et, même si certaines maisons sont endommagées, les rues semblent avoir déjà été en partie nettoyées des décombres. Loin de la ligne de front, en sécurité, Alfred-José Axelrad en profite pour sortir sa caméra 9,5mm qui le suit depuis avant-guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous se prêtent au jeu du cinéaste. L’escouade de tirailleurs marocains se tient fièrement au garde à vous devant le poste de commandement. Il s’agit surement d’une mise en scène pour la caméra, Alfred-José Axelrad les filme de très près ce qui serait impossible avec la solennité d’une cérémonie officielle. Le cinéaste s’attarde sur l’aspect exotique de l’unité, fait des gros plans : les coiffes traditionnelles et l’étoile à cinq branches de l’insigne de l’unité. De leur côté, les officiers sont bien moins martiaux que leurs subordonnées : ils sortent de leur poste de commandement en fumant, tenant nonchalamment leurs holsters à la main, saluant d’un sourire le sous-lieutenant qui tient la caméra. Tous profitent du calme relatif qui est revenu après le difficile hiver à combattre pour la libération de l’Alsace.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La longue séquence de « défilé » qui suit montre bien le besoin de détente qui habite les soldats. La caméra devient alors le centre d’un jeu qui rassemble quelques officiers français, un tirailleur à la veste blanche et deux femmes. Chacun défile devant la caméra, en couple ou en groupe, un homme revêt le manteau de fourrure de l’une des femmes : tous jouent et s’amusent devant l’objectif. Pourtant la rue semble encore porter les traces des combats, les bords de chemins sont remplis de gravas et les carreaux du bâtiment au fond de la rue sont brisés. Le village dans lequel stationnent les tirailleurs porte encore les stigmates de la libération : les toitures sont éventrées, les murs criblés d’impacts. Mais la guerre touche à sa fin, ces hommes, stationnés à l’arrière du front, le ressentent. Après avoir participé à toutes les campagnes de la Libération, Alfred-José Axelrad reste en Alsace alors que les troupes françaises rentrent en Allemagne. Profitant de se relâchement de la tension, le cinéaste se permet de sortir sa caméra pour immortaliser ces moments de joie alors que la fin de la guerre se dessine. Et lui aussi veut apparaitre à l’image et se joindre à ce jeu ! La dernière séquence le montre sortant de la maison, donnant l’accolade à un ami et souriant à l’objectif de la caméra qu’il a confié à un autre camarade.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BUFFETAUT Yves, La 1re armée française : Vosges, Alsace, 1944-1945, Louviers, Ysec, 2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CLAYTON Anthony, Histoire de l’armée française en Afrique : 1830-1962, Paris, Albin Michel, 1994.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MIOT Claire, « L’armée de l’empire ou l’armée de la nation ? Front et arrières pendant la seconde campagne de France (1944-1945) », dans Guerres mondiales et conflits contemporains, 2015/3, no259, p. 39 à 56.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=ECPAD, SCA9, La prise de Colmar par la 1re armée, Service Cinématographique de l’armée, 1945. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/sca-9-la-prise-de-colmar-par-la-1re-armee/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Libération de Colmar sur Rhinédits:&lt;br /&gt;
https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>Tirailleurs marocains (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-05T12:51:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Tirailleurs marocains&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
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|Contexte_et_analyse_fr=Après la défaite de 1940, la France se trouve divisée : d’un côté les partisans du régime de Vichy qui entame la collaboration avec le Reich, de l’autre les partisans de la Résistance qui tente de continuer le combat. La 1er Armée Française (d’abord nommée 2e Armée et Armée B) incarne difficilement l’union des forces françaises en rassemblant des troupes issues des Forces Françaises Libres gaullistes et des unités de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique. Si la cohésion entre ces groupes reste limitée, la 1er Armée s’illustre tout de même lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 puis lors de la Libération de la France qui les mène jusque dans les Vosges à la fin de l’année 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hiver est rude pour l’armée française qui combat pied à pied les Allemands d’abord dans les Vosges puis dans la plaine alsacienne. La Wehrmacht oppose une résistance farouche pour se maintenir dans cette province annexée au Reich depuis 1940. Les combats durent de novembre 1944 à mars 1945, les Allemands s’accrochant au nord de l’Alsace et autour de Colmar. Les combats, dans la neige, sont extrêmement violents, tant pour les soldats que pour les Alsaciens qui voient leurs villages réduits en cendres. Des milliers de soldats sont tués ou blessés, des villages sont rasés, les champs et les vignes sont minés. L’Alsace, meurtrie par quatre ans d’annexion, est achevée par quatre mois de combats intensifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un professeur d’anglais dans la 1re Armée française'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred-José Axelrad est professeur d’anglais à Paris lorsque la guerre éclate. D’origine juive, il doit fuir Paris en 1942 avec sa femme et leurs deux filles : Alfred-José Axelrad rejoint l’Algérie alors que sa famille reste en France. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rejoint l’armée française où sa maitrise de l’anglais lui permet d’obtenir des postes d’agent de liaison avec les forces américaines. Il participe ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France au sein de l’état-major de diverses unités de l’armée française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 1er Armée française nait de la nécessité de fusionner les Forces Françaises Libres et l’Armée d’Afrique après le ralliement des autorités coloniales françaises aux Alliés à la suite du débarquement alliés. L’amalgame peine à se faire, les deux composantes rechignant à être assimilées à l’ennemi d’antan, d’autant que leurs chefs respectifs – les généraux de Gaulle et Giraud – s’écharpent pour le pouvoir. Les premières troupes françaises sont envoyées en Italie au sein du Corps Expéditionnaires Français, puis la 1er Armée devient opérationnelle et participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Formés en Afrique à partir des troupes coloniales françaises, ses soldats sont en majorité originaires des colonies : colons et colonisés s’y côtoient. Ces derniers, appelés « indigènes » par les cadres de l’armée, représentent, en août 1944, 60% des effectifs de la 1er Armée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred-José Axelrad sert surtout au sein des 6e et 4e Régiments de Tirailleurs Marocains qui apparaissent au début du film. Ces soldats sont recrutés sur la base du volontariat dans le Protectorat français du Maroc. Mais comme dans toutes les unités coloniales, si les simples tirailleurs sont des Marocains, l’encadrement ne l’est pas : les officiers et la grande majorité des sous-officiers sont Français. Cette distinction apparait dans le film, le cinéaste filmant tour à tour une petite escouade de tirailleurs et des officiers français. Après le ralliement de l’Afrique du Nord française aux Alliés, les tirailleurs sont de tous les combats : campagne d’Italie, libération de la Corse, débarquement en Provence et campagne de France. Cette dernière les mène jusqu’aux portes de l’Alsace au début de l’hiver 1944-1945 durant lequel la 1er Armée Française rencontre une grande résistance de la part des forces allemandes qui s’accrochent à la région annexée. Alfred-José Axelrad a la charge de l’interrogatoire des prisonniers ramenés du front par les troupes françaises . À mesure que la défaite devient inéluctable, de plus en plus d’Allemands se rendent aux troupes alliées pour sauver leurs vies. Mais dans le même temps, le fanatisme est de plus en plus profond dans certains groupes, notamment la SS, rendant la guerre de plus en plus rude pour les soldats qui combattent depuis des mois et pour les civils que les nazis tentent de lancer dans la bataille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’hiver 1944-1945, alors que la bataille fait rage sur les Vosges, est également un moment de tension entre les soldats venus des colonies et la métropole. Les troupes se sentent délaissées par la population de la France libérée : les difficultés matérielles, le manque de permissions pour l’Afrique et surtout les combats incessants pèsent sur le moral. Pourtant l’armée française a entamé le très controversé « blanchiment » de ses troupes, retirant des premières lignes les soldats noirs pour les remplacer par des soldats recrutés en France et issus des rangs de la résistance. Néanmoins, les tirailleurs marocains, réputés pour leurs capacités de combats en montagne restent en ligne jusqu’à la fin des opérations européennes, même si les pertes peuvent être comblées par l’adjonction de recrues provenant des territoires métropolitains libérés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Moments de détentes autour de la caméra'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tournées en Alsace, ces images datent certainement d’après la libération totale de la région à la fin de l’hiver 1944-1945 : la neige a fondu, les soldats ne portent pas leurs casques et, même si certaines maisons sont endommagées, les rues semblent avoir déjà été en partie nettoyées des décombres. Loin de la ligne de front, en sécurité, Alfred-José Axelrad en profite pour sortir sa caméra 9,5mm qui le suit depuis avant-guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous se prêtent au jeu du cinéaste. L’escouade de tirailleurs marocains se tient fièrement au garde à vous devant le poste de commandement. Il s’agit surement d’une mise en scène pour la caméra, Alfred-José Axelrad les filme de très près ce qui serait impossible avec la solennité d’une cérémonie officielle. Le cinéaste s’attarde sur l’aspect exotique de l’unité, fait des gros plans : les coiffes traditionnelles et l’étoile à cinq branches de l’insigne de l’unité. De leur côté, les officiers sont bien moins martiaux que leurs subordonnées : ils sortent de leur poste de commandement en fumant, tenant nonchalamment leurs holsters à la main, saluant d’un sourire le sous-lieutenant qui tient la caméra. Tous profitent du calme relatif qui est revenu après le difficile hiver à combattre pour la libération de l’Alsace.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La longue séquence de « défilé » qui suit montre bien le besoin de détente qui habite les soldats. La caméra devient alors le centre d’un jeu qui rassemble quelques officiers français, un tirailleur à la veste blanche et deux femmes. Chacun défile devant la caméra, en couple ou en groupe, un homme revêt le manteau de fourrure de l’une des femmes : tous jouent et s’amusent devant l’objectif. Pourtant la rue semble encore porter les traces des combats, les bords de chemins sont remplis de gravas et les carreaux du bâtiment au fond de la rue sont brisés. Le village dans lequel stationnent les tirailleurs porte encore les stigmates de la libération : les toitures sont éventrées, les murs criblés d’impacts. Mais la guerre touche à sa fin, ces hommes, stationnés à l’arrière du front, le ressentent. Après avoir participé à toutes les campagnes de la Libération, Alfred-José Axelrad reste en Alsace alors que les troupes françaises rentrent en Allemagne. Profitant de se relâchement de la tension, le cinéaste se permet de sortir sa caméra pour immortaliser ces moments de joie alors que la fin de la guerre se dessine. Et lui aussi veut apparaitre à l’image et se joindre à ce jeu ! La dernière séquence le montre sortant de la maison, donnant l’accolade à un ami et souriant à l’objectif de la caméra qu’il a confié à un autre camarade.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)&amp;diff=16307</id>
		<title>Tirailleurs marocains (0047FN0001)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)&amp;diff=16307"/>
		<updated>2021-01-05T12:47:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Tirailleurs marocains&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
|dateFin=1945&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:07&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07791, 7.38573&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Tournées en 1945 par Alfred-José Axelrad, sous-lieutenant de l’armée française, ces images montrent les tirailleurs sénégalais et leur état-major dans des moments de relâchement à l’arrière du front.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Après la défaite de 1940, la France se trouve divisée : d’un côté les partisans du régime de Vichy qui entame la collaboration avec le Reich, de l’autre les partisans de la Résistance qui tente de continuer le combat. La 1er Armée Française (d’abord nommée 2e Armée et Armée B) incarne difficilement l’union des forces françaises en rassemblant des troupes issues des Forces Françaises Libres gaullistes et des unités de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique. Si la cohésion entre ces groupes reste limitée, la 1er Armée s’illustre tout de même lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 puis lors de la Libération de la France qui les mène jusque dans les Vosges à la fin de l’année 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hiver est rude pour l’armée française qui combat pied à pied les Allemands d’abord dans les Vosges puis dans la plaine alsacienne. La Wehrmacht oppose une résistance farouche pour se maintenir dans cette province annexée au Reich depuis 1940. Les combats durent de novembre 1944 à mars 1945, les Allemands s’accrochant au nord de l’Alsace et autour de Colmar. Les combats, dans la neige, sont extrêmement violents, tant pour les soldats que pour les Alsaciens qui voient leurs villages réduits en cendres. Des milliers de soldats sont tués ou blessés, des villages sont rasés, les champs et les vignes sont minés. L’Alsace, meurtrie par quatre ans d’annexion, est achevée par quatre mois de combats intensifs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un professeur d’anglais dans la 1re Armée française'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred-José Axelrad est professeur d’anglais à Paris lorsque la guerre éclate. D’origine juive, il doit fuir Paris en 1942 avec sa femme et leurs deux filles : Alfred-José Axelrad rejoint l’Algérie alors que sa famille reste en France. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rejoint l’armée française où sa maitrise de l’anglais lui permet d’obtenir des postes d’agent de liaison avec les forces américaines. Il participe ensuite à la campagne d’Italie puis à la campagne de France au sein de l’état-major de diverses unités de l’armée française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 1er Armée française nait de la nécessité de fusionner les Forces Françaises Libres et l’Armée d’Afrique après le ralliement des autorités coloniales françaises aux Alliés à la suite du débarquement alliés. L’amalgame peine à se faire, les deux composantes rechignant à être assimilées à l’ennemi d’antan, d’autant que leurs chefs respectifs – les généraux de Gaulle et Giraud – s’écharpent pour le pouvoir. Les premières troupes françaises sont envoyées en Italie au sein du Corps Expéditionnaires Français, puis la 1er Armée devient opérationnelle et participe au débarquement en Provence le 15 août 1944. Formés en Afrique à partir des troupes coloniales françaises, ses soldats sont en majorité originaires des colonies : colons et colonisés s’y côtoient. Ces derniers, appelés « indigènes » par les cadres de l’armée, représentent, en août 1944, 60% des effectifs de la 1er Armée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred-José Axelrad sert surtout au sein des 6e et 4e Régiments de Tirailleurs Marocains qui apparaissent au début du film. Ces soldats sont recrutés sur la base du volontariat dans le Protectorat français du Maroc. Mais comme dans toutes les unités coloniales, si les simples tirailleurs sont des Marocains, l’encadrement ne l’est pas : les officiers et la grande majorité des sous-officiers sont Français. Cette distinction apparait dans le film, le cinéaste filmant tour à tour une petite escouade de tirailleurs et des officiers français. Après le ralliement de l’Afrique du Nord française aux Alliés, les tirailleurs sont de tous les combats : campagne d’Italie, libération de la Corse, débarquement en Provence et campagne de France. Cette dernière les mène jusqu’aux portes de l’Alsace au début de l’hiver 1944-1945 durant lequel la 1er Armée Française rencontre une grande résistance de la part des forces allemandes qui s’accrochent à la région annexée. Alfred-José Axelrad a la charge de l’interrogatoire des prisonniers ramenés du front par les troupes françaises . À mesure que la défaite devient inéluctable, de plus en plus d’Allemands se rendent aux troupes alliées pour sauver leurs vies. Mais dans le même temps, le fanatisme est de plus en plus profond dans certains groupes, notamment la SS, rendant la guerre de plus en plus rude pour les soldats qui combattent depuis des mois et pour les civils que les nazis tentent de lancer dans la bataille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’hiver 1944-1945, alors que la bataille fait rage sur les Vosges, est également un moment de tension entre les soldats venus des colonies et la métropole. Les troupes se sentent délaissées par la population de la France libérée : les difficultés matérielles, le manque de permissions pour l’Afrique et surtout les combats incessants pèsent sur le moral. Pourtant l’armée française a entamé le très controversé « blanchiment » de ses troupes, retirant des premières lignes les soldats noirs pour les remplacer par des soldats recrutés en France et issus des rangs de la résistance. Néanmoins, les tirailleurs marocains, réputés pour leurs capacités de combats en montagne restent en ligne jusqu’à la fin des opérations européennes, même si les pertes peuvent être comblées par l’adjonction de recrues provenant des territoires métropolitains libérés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Moments de détentes autour de la caméra'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tournées en Alsace, ces images datent certainement d’après la libération totale de la région à la fin de l’hiver 1944-1945 : la neige a fondu, les soldats ne portent pas leurs casques et, même si certaines maisons sont endommagées, les rues semblent avoir déjà été en partie nettoyées des décombres. Loin de la ligne de front, en sécurité, Alfred-José Axelrad en profite pour sortir sa caméra 9,5mm qui le suit depuis avant-guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous se prêtent au jeu du cinéaste. L’escouade de tirailleurs marocains se tient fièrement au garde à vous devant le poste de commandement. Il s’agit surement d’une mise en scène pour la caméra, Alfred-José Axelrad les filme de très près ce qui serait impossible avec la solennité d’une cérémonie officielle. Le cinéaste s’attarde sur l’aspect exotique de l’unité, fait des gros plans : les coiffes traditionnelles et l’étoile à cinq branches de l’insigne de l’unité. De leur côté, les officiers sont bien moins martiaux que leurs subordonnées : ils sortent de leur poste de commandement en fumant, tenant nonchalamment leurs holsters à la main, saluant d’un sourire le sous-lieutenant qui tient la caméra. Tous profitent du calme relatif qui est revenu après le difficile hiver à combattre pour la libération de l’Alsace.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La longue séquence de « défilé » qui suit montre bien le besoin de détente qui habite les soldats. La caméra devient alors le centre d’un jeu qui rassemble quelques officiers français, un tirailleur à la veste blanche et deux femmes. Chacun défile devant la caméra, en couple ou en groupe, un homme revêt le manteau de fourrure de l’une des femmes : tous jouent et s’amusent devant l’objectif. Pourtant la rue semble encore porter les traces des combats, les bords de chemins sont remplis de gravas et les carreaux du bâtiment au fond de la rue sont brisés. Le village dans lequel stationnent les tirailleurs porte encore les stigmates de la libération : les toitures sont éventrées, les murs criblés d’impacts. Mais la guerre touche à sa fin, ces hommes, stationnés à l’arrière du front, le ressentent. Après avoir participé à toutes les campagnes de la Libération, Alfred-José Axelrad reste en Alsace alors que les troupes françaises rentrent en Allemagne. Profitant de se relâchement de la tension, le cinéaste se permet de sortir sa caméra pour immortaliser ces moments de joie alors que la fin de la guerre se dessine. Et lui aussi veut apparaitre à l’image et se joindre à ce jeu ! La dernière séquence le montre sortant de la maison, donnant l’accolade à un ami et souriant à l’objectif de la caméra qu’il a confié à un autre camarade.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16259</id>
		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-05T09:05:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Les 10 ans de la Libération de Colmar&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|apercu=Miniature.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Libération de Colmar; Libération de l'Alsace; 2 février 1955: Anniversaire de la libération de Colmar&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Simone de Lattre de Tassigny; Emmanuel Temple; Rey, Joseph (Ehrenbürgermeister Colmar)&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07681, 7.35404&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation@ Second World War : ceremonies – commemorations - remembrance places&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|300px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Montvalérien.jpg|300px|thumb|left|En 1946, cérémonie commémorative de l'appel du 18 juin devant le monument provisoire au Mont-Valérien organisé par le général de Gaulle. Musée de l’Ordre de la Résistance.]] Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Delattrecolmar.jpg|300px|thumb|right|Les généraux de Lattre de Tassigny et Devers lors d'une revue militaire à Colmar en février 1945, SCA-ECPAD.]] Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Menu.jpg|300px|thumb|left|Menu du banquet des 10ans de la Libération de Colmar organisé par Rhin et Danube, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé à la fin de la guerre&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, Prise de Colmar, Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16257</id>
		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16257"/>
		<updated>2021-01-05T08:58:52Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Les 10 ans de la Libération de Colmar&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1955&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:05:09&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|apercu=Miniature.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Libération de Colmar; Libération de l'Alsace; 2 février 1955: Anniversaire de la libération de Colmar&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Simone de Lattre de Tassigny; Emmanuel Temple; Rey, Joseph (Ehrenbürgermeister Colmar)&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07681, 7.35404&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation@ Second World War : ceremonies – commemorations - remembrance places&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|300px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Montvalérien.jpg|300px|thumb|left|En 1946, cérémonie commémorative de l'appel du 18 juin devant le monument provisoire au Mont-Valérien organisé par le général de Gaulle. Musée de l’Ordre de la Résistance.]] Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Delattrecolmar.jpg|300px|thumb|right|Les généraux de Lattre de Tassigny et Devers lors d'une revue militaire à Colmar en février 1945, SCA-ECPAD.]] Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Menu.jpg|300px|thumb|left|Menu du banquet des 10ans de la Libération de Colmar organisé par Rhin et Danube, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé à la fin de la guerre&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, Prise de Colmar, Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16243</id>
		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-04T21:36:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
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|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
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|thematique=Second World War : Liberation@ Second World War : ceremonies – commemorations - remembrance places&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|300px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Montvalérien.jpg|300px|thumb|left|En 1946, cérémonie commémorative de l'appel du 18 juin devant le monument provisoire au Mont-Valérien organisé par le général de Gaulle. Musée de l’Ordre de la Résistance.]] Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Delattrecolmar.jpg|300px|thumb|right|Les généraux de Lattre de Tassigny et Devers lors d'une revue militaire à Colmar en février 1945, SCA-ECPAD.]] Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Menu.jpg|300px|thumb|left|Menu du banquet des 10ans de la Libération de Colmar organisé par Rhin et Danube, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, Prise de Colmar, Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Miniature.png&amp;diff=16242</id>
		<title>Fichier:Miniature.png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Miniature.png&amp;diff=16242"/>
		<updated>2021-01-04T21:36:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : Aperçu film 10 ans libération Colmar&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Aperçu film 10 ans libération Colmar&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16241</id>
		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16241"/>
		<updated>2021-01-04T21:29:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Les 10 ans de la Libération de Colmar&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1955&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:05:09&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Libération de Colmar; Libération de l'Alsace; 2 février 1955: Anniversaire de la libération de Colmar&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Simone de Lattre de Tassigny; Emmanuel Temple; Rey, Joseph (Ehrenbürgermeister Colmar)&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07681, 7.35404&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation@ Second World War : ceremonies – commemorations - remembrance places&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|300px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Montvalérien.jpg|300px|thumb|left|En 1946, cérémonie commémorative de l'appel du 18 juin devant le monument provisoire au Mont-Valérien organisé par le général de Gaulle. Musée de l’Ordre de la Résistance.]] Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Delattrecolmar.jpg|300px|thumb|right|Les généraux de Lattre de Tassigny et Devers lors d'une revue militaire à Colmar en février 1945, SCA-ECPAD.]] Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Menu.jpg|300px|thumb|left|Menu du banquet des 10ans de la Libération de Colmar organisé par Rhin et Danube, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, Prise de Colmar, Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
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		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-04T21:25:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
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|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|300px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Montvalérien.jpg|300px|thumb|left|En 1946, cérémonie commémorative de l'appel du 18 juin devant le monument provisoire au Mont-Valérien organisé par le général de Gaulle. Musée de l’Ordre de la Résistance.]] Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Delattrecolmar.jpg|300px|thumb|right|Les généraux de Lattre de Tassigny et Devers lors d'une revue militaire à Colmar en février 1945, SCA-ECPAD.]] Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Menu.jpg|300px|thumb|left|Menu du banquet des 10ans de la Libération de Colmar organisé par Rhin et Danube, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, Prise de Colmar, Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16239</id>
		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16239"/>
		<updated>2021-01-04T21:24:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Les 10 ans de la Libération de Colmar&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1955&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:05:09&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07469, 7.40156&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|300px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Montvalérien.jpg|300px|thumb|right|En 1946, cérémonie commémorative de l'appel du 18 juin devant le monument provisoire au Mont-Valérien organisé par le général de Gaulle. Musée de l’Ordre de la Résistance.]] Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Delattrecolmar.jpg|300px|thumb|right|Les généraux de Lattre de Tassigny et Devers lors d'une revue militaire à Colmar en février 1945, SCA-ECPAD.]] Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Menu.jpg|300px|thumb|left|Menu du banquet des 10ans de la Libération de Colmar organisé par Rhin et Danube, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, Prise de Colmar, Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
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		<updated>2021-01-04T21:22:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : Cérémonie commémorative de l'appel du 18 juin devant le monument provisoire au Mont-Valérien, Musée de l’Ordre de la Résistance.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Cérémonie commémorative de l'appel du 18 juin devant le monument provisoire au Mont-Valérien, Musée de l’Ordre de la Résistance.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
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		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-04T21:15:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
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|lieuTournage=48.07469, 7.40156&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|300px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Delattrecolmar.jpg|300px|thumb|right|Les généraux de Lattre de Tassigny et Devers lors d'une revue militaire à Colmar en février 1945, SCA-ECPAD.]] Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Menu.jpg|300px|thumb|right|Menu du banquet des 10ans de la Libération de Colmar organisé par Rhin et Danube, Archives familiales A.J. Axelrad.]]Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, Prise de Colmar, Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Menu.jpg&amp;diff=16233</id>
		<title>Fichier:Menu.jpg</title>
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		<updated>2021-01-04T21:15:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : Menu du banquet des 10ans de la Libération de Colmar organisé par Rhin et Danube, Archives familiales A.J. Axelrad.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Menu du banquet des 10ans de la Libération de Colmar organisé par Rhin et Danube, Archives familiales A.J. Axelrad.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-04T21:11:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Les 10 ans de la Libération de Colmar&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1955&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:05:09&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
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|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|300px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Delattrecolmar.jpg|300px|thumb|right|Les généraux de Lattre de Tassigny et Devers lors d'une revue militaire à Colmar en février 1945, SCA-ECPAD.]] Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, Prise de Colmar, Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
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		<updated>2021-01-04T21:10:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : Baptiste Picard a téléversé une nouvelle version de Fichier:Combatpochecolmar.jpg&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Dans les ruines de Mittelwihr, un des villages martyrs des combats de la Poche de Colmar, qui ont duré de novembre 1944 à février 1945. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-04T21:09:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Les 10 ans de la Libération de Colmar&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1955&lt;br /&gt;
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|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07469, 7.40156&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=[[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|300px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Delattrecolmar.jpg|300px|thumb|left|Les généraux de Lattre de Tassigny et Devers lors d'une revue militaire à Colmar en février 1945, SCA-ECPAD.]]Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, Prise de Colmar, Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Delattrecolmar.jpg&amp;diff=16227</id>
		<title>Fichier:Delattrecolmar.jpg</title>
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		<updated>2021-01-04T21:06:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée.
Les généraux de Lattre de Tassigny, commandant la 1re Armée et Devers, à la tête du 6e Groupe d'armées (qui inclut la VIIe Armée américaine et la 1re Armée française), à l'issue d'une rev...&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée.&lt;br /&gt;
Les généraux de Lattre de Tassigny, commandant la 1re Armée et Devers, à la tête du 6e Groupe d'armées (qui inclut la VIIe Armée américaine et la 1re Armée française), à l'issue d'une revue et d'une remise de décorations auxquelles assistait la population de Colmar tout juste libérée par les Alliés.&lt;br /&gt;
Date : Février 1945&lt;br /&gt;
Lieu : France / Alsace / Haut-Rhin / Colmar&lt;br /&gt;
Photographe : Henri Malin&lt;br /&gt;
Origine : SCA - ECPAD&lt;br /&gt;
Référence : TERRE-10116-G02&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16226</id>
		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-04T21:04:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Les 10 ans de la Libération de Colmar&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1955&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
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|lieuTournage=48.07469, 7.40156&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. [[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|400px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, Prise de Colmar, Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16225</id>
		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16225"/>
		<updated>2021-01-04T21:03:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Les 10 ans de la Libération de Colmar&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1955&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:05:09&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07469, 7.40156&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  [[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|300px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, Prise de Colmar, Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16224</id>
		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-04T21:02:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Les 10 ans de la Libération de Colmar&lt;br /&gt;
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|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Combatpochecolmar.jpg|300px|thumb|right|Réfugiés à Mittelwihr, détruit lors des combats de la Poche de Colmar. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.]]Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, Prise de Colmar, Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Combatpochecolmar.jpg&amp;diff=16223</id>
		<title>Fichier:Combatpochecolmar.jpg</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Combatpochecolmar.jpg&amp;diff=16223"/>
		<updated>2021-01-04T21:00:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : Dans les ruines de Mittelwihr, un des villages martyrs des combats de la Poche de Colmar, qui ont duré de novembre 1944 à février 1945. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Dans les ruines de Mittelwihr, un des villages martyrs des combats de la Poche de Colmar, qui ont duré de novembre 1944 à février 1945. Archives américaines/Musée de la Poche de Colmar.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16222</id>
		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16222"/>
		<updated>2021-01-04T20:05:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Les 10 ans de la Libération de Colmar&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1955&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:05:09&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07469, 7.40156&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, Prise de Colmar, Les actualités françaises, 09 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/AFE86002980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16221</id>
		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-04T20:04:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
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|Contexte_et_analyse_fr=Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945&amp;lt;ref&amp;gt;INA, 1945 – Fêtes de la Libération, Les actualités françaises, 16 février 1945. Consulté en ligne le 25 novembre 2020, URL : https://sites.ina.fr/archives-histoire-alsace/focus/chapitre/8/medias/AFE86002987&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;ref&amp;gt;CARISTAN Celia, Cérémonie franco-américaine dans Colmar libérée, ECPAD [en ligne], 29 septembre 2010. Consulté en ligne le 3 décembre 2020, URL : http://archives.ecpad.fr/ceremonie-franco-americaine-dans-colmar-liberee/&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16220</id>
		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-04T20:02:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Les 10 ans de la Libération de Colmar&lt;br /&gt;
|fonds=Axelrad&lt;br /&gt;
|idSupport=0047FN0001&lt;br /&gt;
|dateDebut=1955&lt;br /&gt;
|video=0047FN0001_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07469, 7.40156&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près&amp;lt;ref&amp;gt;INA, Cérémonies : Anniversaire de la libération de Colmar, RTF, 01 février 1955. Consulté en ligne le 24 novembre 2020, URL : https://www.ina.fr/video/CAF97513883/&amp;lt;/ref&amp;gt;, le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé&amp;lt;ref&amp;gt;Film d'Alfred-José Axelrad sur les Tirailleurs marocains : https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Tirailleurs_marocains_(0047FN0001)#tab=Contexte_et_analyse&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Les_10_ans_de_la_Lib%C3%A9ration_de_Colmar_(0047FN0001)&amp;diff=16219</id>
		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-04T19:59:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Les 10 ans de la Libération de Colmar&lt;br /&gt;
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|son=Muet&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
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|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
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|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
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|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich.&amp;lt;ref&amp;gt;Libération de Colmar sur Rhinédits: https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php/Lib%C3%A9ration_et_Fin_de_l%27occupation_%C3%A0_Colmar_(0024FS0002)&amp;lt;/ref&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près , le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé .&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils d'Alfred-José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
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		<title>Les 10 ans de la Libération de Colmar (0047FN0001)</title>
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		<updated>2021-01-04T19:57:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Baptiste Picard : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
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|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Les 10 ans de la Libération de Colmar&lt;br /&gt;
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|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Axelrad, Jo&lt;br /&gt;
|username=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|userrealname=Baptiste Picard&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-29&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.07469, 7.40156&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : Liberation&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film amateur a été tourné par Alfred-José Axelrad au cours du dixième anniversaire de la libération de Colmar, célébré le 2 février 1955. Après une cérémonie sur la place Rapp, des troupes françaises et américaines défilent dans les rues de la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie et entament la libération de la métropole française qui, après une avance rapide, s’enlise dans les Vosges et en Alsace fin 1944. Si Strasbourg et Mulhouse sont rapidement libérées, Colmar reste aux mains des Allemands qui s’accrochent sur cette tête de pont sur le Rhin. Du 20 janvier au 9 février, la 1er Armée française lance l’offensive pour la réduction de la poche de Colmar sous la neige d’un des hivers les plus froids du siècle. Les combats pour la libération de la dernière grande ville française occupée sont rudes, les Allemands opposent une résistance tenace en défendant chaque mètre de terrain : si les Français considèrent qu’ils libèrent la France, les Allemands défendent leur Reich . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la réduction de cette poche permet de réaffirmer la renaissance de l’armée française et de se préparer à traverser le Rhin pour envahir l’Allemagne, elle signifie également le retour de l’administration française sur l’ensemble de l’Alsace. Après quatre années d’annexion, la région entre dans une phase d’épuration, rendue compliquer par la nazification forcée que ses habitants ont subie. Une histoire douloureuse que les Alsaciens peinent à faire comprendre au reste de la France alors même que le Gouvernement provisoire puis la jeune IVe République tentent de créer une mémoire commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La pluralité de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale'''&lt;br /&gt;
En France, les commémorations occupent une place importante dans la vie politique et citoyenne de la République. Ces moments, véritables messes civiles, doivent rassembler l’ensemble des Français autour d’une histoire, d’une mémoire commune, qui permet une communion de la nation. Le cérémonial est classique : un hommage à ceux qui sont tombés devant le monument aux morts puis des défilés dans les grandes villes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la Grande Guerre est commémorée le 11 novembre, date symbolique de la victoire, le 8 mai ne parvient pas à rassembler les Français : la Seconde Guerre mondiale est plus complexe à commémorer. Les Français n’ayant pas été unis durant le conflit, c’est une mémoire plurielle qui se crée à partir de 1945. D'abord, il y a les perdants : les collaborateurs et les vichystes qui se taisent et font profil bas. Puis la masse silencieuse des Français qui n’ont pas pris parti se contentant de survivre à la situation. Enfin, il y a les vainqueurs, les résistances de l’intérieur et de l’extérieur qui n’étaient liées que par le combat contre un ennemi commun et qui désormais se disputent politiquement. Gaullistes, communistes, soldats de l’armée d’Afrique, chaque groupe s’arroge le droit de commémorer ses propres souffrances et ses propres martyrs . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Alsace, la mémoire de l’annexion peine à trouver une place face à la mémoire nationale qui célèbre la résistance et les libérateurs. Beaucoup d’Alsaciens ont été enrôlés de force dans les rangs des forces allemandes et sont morts en combattant pour le Reich, de nombreux autres ont été forcés d’intégrer les organisations nazies pour conserver leur travail ou protéger des proches : encore une fois, les monuments aux morts ne peuvent guère afficher la mention « Morts pour la France ». Cette dualité – une mémoire commune et officielle française et une expérience alsacienne unique – n’apparait guère lors de la commémoration de la Libération de Colmar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une mémoire militaire franco-américaine'''&lt;br /&gt;
Le 2 février 1955, Colmar se pare de ses atours de fêtes. Les quelques images tournées avant le début de la cérémonie montrent des façades ornées de nombreux drapeaux tricolores avant que la foule ne prenne la place au premier plan des images. Malgré le froid mordant typique du mois de février en Alsace, une foule nombreuse se rassemble autour de la place Rapp pour assister à la cérémonie militaire. Troupes françaises et américaines s’alignent sur la place, tandis que les officiers et les officiels se positionnent sur l’estrade et que la foule s’entasse tout autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet anniversaire est également l’occasion d’inaugurer la rue du maréchal de Lattre de Tassigny commandant de la 1er Armée française qui a libéré la ville en février 1945. Le cérémonial de la journée rappelle d’ailleurs celui de la fête de la Libération de Colmar qu’il a présidé le 16 février 1945. Décédé en 1952, il est représenté par sa femme Simone de Lattre de Tassigny, escortée par le maire de la ville, Joseph Rey, et par le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, Emmanuel Temple. Après une cérémonie sur la place et une remise de décorations à un panel d’officiers franco-américains, les troupes en uniforme d’apparat défilent dans les rues de Colmar, précédées par des fanfares. Les Colmariens sont venus en nombre pour assister aux festivités qui sont d’ailleurs couvertes par des nuées de photographes et de cameramen venus immortaliser l’événement. Alors même que la Guerre Froide s’ancre dans le monde, les armées françaises et américaines commémorent et renouvellent une amitié forgée dans le combat. Pourtant, les dissensions entre la France et les États-Unis existent : ces derniers souhaitent en effet l’entrée dans l’OTAN de la RFA, faisant craindre à la France le renforcement de l’Allemagne. Ces tensions interalliées ne les empêchent cependant pas de défiler côte à côte à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi d’antan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la commémoration revêt aussi une valeur plus personnelle et plus intime, il s’agit d’un moment de rassemblement pour les anciens combattants autour du souvenir de leurs camarades tombés aux combats. Rassemblés en associations, les vétérans participent activement à l’organisation de ces événements qui leur permettent de se retrouver et de perpétuer la mémoire de leur guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Albert-José Axelrad : Un vétéran de la 1er Armée aux commémorations'''&lt;br /&gt;
Caméra au poing, Alfred-José Axelrad participe à la commémoration des 10 ans de la libération en compagnie de ses frères d’armes. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale a combattu au sein de la 1er Armée française, occupant des postes de liaisons et d’État-major dans différentes unités notamment auprès de tirailleurs marocains. C’est en compagnie de l’association d’anciens combattants « Rhin et Danube » qu’il se rend à Colmar pour un séjour anniversaire de quelques jours avec notamment un grand diner le 29 janvier. Au matin du 2 février, il capture rapidement quelques images de la ville avant les cérémonies avant de se diriger vers la place Rapp où il a une place à la tribune faisant face aux troupes. À l’instar de l’armada de photographes, mais depuis les rangs des spectateurs, il parvient à immortaliser tous les invités d’honneur de la journée, notamment madame de Lattre de Tassigny. Les camarades d’Axelrad, en civil mais portant médailles et calots, posent avec les officiers qui se prêtent volontiers au jeu des vétérans lors d’une journée où de nombreux objectifs sont braqués sur eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il n’a pas les mêmes accréditations que les opérateurs officiels, Alfred-José Axelrad parvient à capturer des images de l’ensemble de la journée. Si les cameramen de la RTF suivent madame de Lattre de Tassigny dès la cérémonie inauguratrice puis suivent le défilé de très près , le cinéaste amateur n’en est pas à son premier film, sa caméra est stable et parvient à bien se placer pour saisir l’ensemble de la journée (même si le film est parfois mal exposé ou mal conservé). S’il filme la cérémonie depuis l’estrade, au-dessus des têtes des spectateurs, il parvient à se placer au premier rang pour le défilé. Il n’est alors gêné que par le passage des photographes accrédités ou par les policiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré des moyens bien moindres que ceux de la RTF, Alfred-José Axelrad consacre 5 minutes de film à une journée qu’il relève d’une certaine importance pour lui, entre moment de recueillement et retrouvailles. Les quelques mètres de pellicules qu’il ramène de ce séjour à Colmar trouvent alors leur place sur la bobine qu’il avait tournée 10 ans plus tôt durant la guerre. Il tient d’ailleurs à filmer le défilé jusqu’à l’arrivée des tirailleurs marocains avec qui il a servi et qui défilent devant son objectif venant conclure un film qu’ils avaient commencé .&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Institut d’histoire du temps présent, ''La mémoire des Français, Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale'', Paris, Éditions du CNRS, 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NAMER Gérard, ''La commémoration en France : 1944-1982'', Paris, Papyrus, 1982.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Echanges avec Pierre Axelrad, fils de José Axelrad, décembre 2020.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Baptiste Picard</name></author>
		
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