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	<title>Cinematheque du Rhin superieur - Kinemathek Oberrhein - Contributions de l’utilisateur [fr]</title>
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		<title>Bas:Conscrits à Lembach (0103FI0018)</title>
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		<updated>2021-01-04T17:47:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Lembach&lt;br /&gt;
|fonds=Spill&lt;br /&gt;
|idSupport=0003FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=091988&lt;br /&gt;
|video=0103FI0018_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:02:51&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|apercu=Conscrits_Lembach.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Fête des conscrits&lt;br /&gt;
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|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-31&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Conscripts&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Célébration de la fête des conscrits à Lembach en 1988.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film débute avec l’arrivée des conscrits qui remontent une route en tracteur. Ils se dirigent vers une maison dans la joie et la bonne humeur. Ils en profitent pour saluer le réalisateur du film, Bernard Spill, et on peut apercevoir une bouteille d’alcool dans la main d’une fille qui rappelle bien le côté festif de l’évènement. On peut imaginer des chants et des slogans que les conscrits scandent ensemble. Après avoir posé pour des photos ou tout simplement pour la caméra, un jeune conscrit annonce au groupe qu’il est temps de monter dans le tracteur et de partir en vadrouille. Le moyen de locomotion a été spécialement décoré pour l’occasion avec ce qu’il semble être des feuilles de vigne, des drapeaux français et des rubans arborant également les couleurs françaises. Celui qui a mis le tracteur à la disposition des conscrits, certainement le conducteur, doit être un vigneron de Lembach. Plusieurs conscrits se sont assis sur le capot du tracteur, tandis que les autres par manque de place à l’avant sont à l’arrière, dans la remorque. Une fois les conscrits partis, le réalisateur pointe sa caméra vers une jeune fille et sa mère qui l’accompagne sur le chemin de l’école. Les conscrits reviennent plus tard vers la maison du départ et à la fin du film, ce n'est plus le conducteur du début qui conduit le tracteur mais bel et bien un conscrit, qui emmène le groupe peut-être pour une dernière parade.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Un mot sur le réalisateur :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Spill est né le 09 décembre 1946 à Lembach. Il a été embauché dans une entreprise locale de revêtement de sol en 1960 sans passer par l’apprentissage. Au cours des années, il s’est perfectionné dans le métier de carrelage et a rejoint en 1970 le groupe Michelin en Allemagne. Il se marie en 1968 à Anne-Lise et de ce mariage sont nés un garçon et deux filles. En 1975, il se met à son compte en tant qu’artisan carreleur jusqu’à sa retraite en 2005, un métier qu’il exerce aux côtés de son épouse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Histoire de la conscription :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le service militaire obligatoire avec la notion de soldat-citoyen au service de la nation apparaît autour de la Révolution Française. Il sera régularisé en 1798 avec la loi Jourdan qui institue la conscription universelle et obligatoire de tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. La loi est basée sur un principe simple : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». Cette loi jugée trop exclusive aboutit en 1804 à la mise en place du système du tirage au sort. Aboli avec la chute de l’Empire en 1815, ce dispositif est réintroduit en 1818. Celui-ci instaure le recrutement sous engagements volontaires. S’ils ne suffisent pas à fournir le contingent, on recourt au tirage au sort, et donc à la conscription, avec le droit, pour celui qui est appelé, de « s’acheter » un remplaçant. Le fonctionnement de la conscription par tirage au sort est basé sur un contingent d’hommes à appeler fixé par canton. Tous les jeunes gens âgés de vingt ans sont convoqués au chef-lieu de leur canton. Chacun va tirer d’une urne un billet portant un numéro imprimé.  Ceux qui ont été retenus seront convoqués au conseil de révision qui déclare les jeunes gens aptes ou inaptes au service militaire.  Si le jeune homme est malgré tout déclaré « bon pour le service », il lui reste la possibilité, s’il en a les moyens, de se faire remplacer en payant quelqu’un pour effectuer le service militaire à sa place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout un cérémonial va se mettre en place autour de la conscription et se développer en Alsace à partir de 1818 avec le retour d’une certaine prospérité des communautés rurales, délivrées momentanément des grandes campagnes militaires françaises. En effet, un jeune homme ne pouvait ni se marier ni commencer sa vie professionnelle avant d’avoir franchi cette étape décisive de sa vie d’homme. Les défilés, les fêtes, les chansons, les farces et les sorties viriles sont plus qu’un grand défoulement avant le départ à l’armée. La périodicité annuelle et l’âge des intéressés font que la conscription va apparaître comme un véritable rite de passage, celui de l’adolescence vers l’âge adulte. La conscription devient donc un rituel indispensable de la vie masculine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le film en lui-même :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film a été réalisé le premier week-end de septembre 1988 qui correspond à la fête du village d'où la présence des conscrits qui, à l’époque du réalisateur, concordait au jour même de la conscription qui a eu lieu au chef-lieu du canton : Wissembourg. Les conscrits sont les jeunes garçons et filles nés en 1970 (classe 70-90) qui, sans passer par la conscription, ont à cœur de faire revivre un évènement vécu par leurs pères. Le personnage barbu en civil, avec une casquette et un blouson noir, fait office de chauffeur et est le père d’un des conscrits. Pour rester dans la tradition de l'épisode, les conscrits se rendent en premier lieu au domicile du premier magistrat qui est le maire, pour la présentation du groupe. Après les recommandations d’usage du maire, exhortant à éviter les excès et maintenir le calme, les conscrits reprennent leur chemin. Le groupe fait ensuite le tour du village avec quelques arrêts en cours de route, notamment au domicile du réalisateur étant donné que parmi les conscrits se trouvait également son fils. Ce dernier, qui se prénomme Martial, est bien visible au premier plan avec un chapeau noir et un bavoir (02 min 35 s). On peut par ailleurs ressentir une petite gêne de Martial face à la caméra de son père. L’épouse du réalisateur est également présente sur le film. Elle apparaît avec leur fille Sophie en train de l’accompagner sur le chemin de l’école (02 min 10 s). Enfin, leur fille aînée, Stéphanie, est aussi présente lors de l’évènement en tant que spectatrice et est clairement visible au début du film sur la gauche portant un pull blanc (à 18 secondes).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traditionnellement, la bande des conscrits circule dans la campagne en musique et en procession avec des cortèges dansés, zigzagant d’un bord à l’autre de la rue, maniant avec dextérité le drapeau et la canne du tambour-major. Les conscrits abordent les passants, rendent visite à toutes les maisons, ramassent de quoi manger et boire. Dans les villages les plus riches, ils obtiennent même de l’argent. Ils sont généralement bien accueillis. Dans ce film, les conscrits ne dansent malheureusement pas. Il n’y a d’ailleurs pas d’orchestre qui suit le cortège. De plus, dans d’autres fêtes des conscrits, il n’était pas rare de voir un tambour-major faire tournoyer sa canne enrubannée en tête du cortège. Mais cela n’est pas le cas ici.  Par ailleurs, parmi les conscrits présents sur ce film, on peut voir que des filles prennent part au groupe et elles portent les mêmes vêtements que les garçons. Habituellement, ce sont uniquement les jeunes hommes qui composent les cortèges des conscrits. Ce film témoigne d’une certaine ouverture et évolution de cette tradition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les attributs des conscrits et de la classe sont présents sur ce film (excepté le bâton du tambour-major). Les conscrits ne sortent jamais sans leur drapeau ni leur porte-drapeau, ils portent tous le même costume ainsi que des signes distinctifs. L’apparition d’un costume propre aux conscrits prouve que ces derniers forment désormais un groupe uni et spécifique. Ici, les conscrits portent un pantalon, une chemise et un tablier brodé (appelé ''Scherz'') qui sont blancs. Sur ce même tablier, on y trouve les initiales du jeune homme (ou de la jeune fille), la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques.  Il n’y a que le chapeau qui est de couleur noire, orné de plumes et de longs rubans richement brodés aux couleurs nationales. C’est vers la fin du XIXe siècle que ce costume apparaît. Dès 1850, le chapeau voit son ornementation se développer. La longueur des rubans augmente considérablement et apparaissent des plumets et des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels. Les conscrits sont tous unis par la même rage de chanter. Chanter, crier, c’est montrer publiquement, de la façon la plus flamboyante possible, l’entrée dans l’âge adulte. Le chant comme la danse ainsi que la consommation de boisson et de nourriture doivent se faire dans l’excès, la démesure. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remerciements :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'adresse un grand merci à Monsieur Bernard et Madame Anne-Lise Spill pour leur aide très précieuse. Ils ont pris le temps de répondre à toutes mes questions par mail afin de mener à bien la réalisation de cette fiche.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Conscrits_%C3%A0_Lembach_(0103FI0018)&amp;diff=16187</id>
		<title>Bas:Conscrits à Lembach (0103FI0018)</title>
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		<updated>2021-01-04T17:46:05Z</updated>

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&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Lembach&lt;br /&gt;
|fonds=Spill&lt;br /&gt;
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|dateDebut=091988&lt;br /&gt;
|video=0103FI0018_1&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
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|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
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|thematique=Conscripts&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Célébration de la fête des conscrits à Lembach en 1988.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film débute avec l’arrivée des conscrits qui remontent une route en tracteur. Ils se dirigent vers une maison dans la joie et la bonne humeur. Ils en profitent pour saluer le réalisateur du film, Bernard Spill, et on peut apercevoir une bouteille d’alcool dans la main d’une fille qui rappelle bien le côté festif de l’évènement. On peut imaginer des chants et des slogans que les conscrits scandent ensemble. Après avoir posé pour des photos ou tout simplement pour la caméra, un jeune conscrit annonce au groupe qu’il est temps de monter dans le tracteur et de partir en vadrouille. Le moyen de locomotion a été spécialement décoré pour l’occasion avec ce qu’il semble être des feuilles de vigne, des drapeaux français et des rubans arborant également les couleurs françaises. Celui qui a mis le tracteur à la disposition des conscrits, certainement le conducteur, doit être un vigneron de Lembach. Plusieurs conscrits se sont assis sur le capot du tracteur, tandis que les autres par manque de place à l’avant sont à l’arrière, dans la remorque. Une fois les conscrits partis, le réalisateur pointe sa caméra vers une jeune fille et sa mère qui l’accompagne sur le chemin de l’école. Les conscrits reviennent plus tard vers la maison du départ et à la fin du film, ce n'est plus le conducteur du début qui conduit le tracteur mais bel et bien un conscrit, qui emmène le groupe peut-être pour une dernière parade.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Un mot sur le réalisateur :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Spill est né le 09 décembre 1946 à Lembach. Il a été embauché dans une entreprise locale de revêtement de sol en 1960 sans passer par l’apprentissage. Au cours des années, il s’est perfectionné dans le métier de carrelage et a rejoint en 1970 le groupe Michelin en Allemagne. Il se marie en 1968 à Anne-Lise et de ce mariage sont nés un garçon et deux filles. En 1975, il se met à son compte en tant qu’artisan carreleur jusqu’à sa retraite en 2005, un métier qu’il exerce aux côtés de son épouse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Histoire de la conscription :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le service militaire obligatoire avec la notion de soldat-citoyen au service de la nation apparaît autour de la Révolution Française. Il sera régularisé en 1798 avec la loi Jourdan qui institue la conscription universelle et obligatoire de tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. La loi est basée sur un principe simple : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». Cette loi jugée trop exclusive aboutit en 1804 à la mise en place du système du tirage au sort. Aboli avec la chute de l’Empire en 1815, ce dispositif est réintroduit en 1818. Celui-ci instaure le recrutement sous engagements volontaires. S’ils ne suffisent pas à fournir le contingent, on recourt au tirage au sort, et donc à la conscription, avec le droit, pour celui qui est appelé, de « s’acheter » un remplaçant. Le fonctionnement de la conscription par tirage au sort est basé sur un contingent d’hommes à appeler fixé par canton. Tous les jeunes gens âgés de vingt ans sont convoqués au chef-lieu de leur canton. Chacun va tirer d’une urne un billet portant un numéro imprimé.  Ceux qui ont été retenus seront convoqués au conseil de révision qui déclare les jeunes gens aptes ou inaptes au service militaire.  Si le jeune homme est malgré tout déclaré « bon pour le service », il lui reste la possibilité, s’il en a les moyens, de se faire remplacer en payant quelqu’un pour effectuer le service militaire à sa place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout un cérémonial va se mettre en place autour de la conscription et se développer en Alsace à partir de 1818 avec le retour d’une certaine prospérité des communautés rurales, délivrées momentanément des grandes campagnes militaires françaises. En effet, un jeune homme ne pouvait ni se marier ni commencer sa vie professionnelle avant d’avoir franchi cette étape décisive de sa vie d’homme. Les défilés, les fêtes, les chansons, les farces et les sorties viriles sont plus qu’un grand défoulement avant le départ à l’armée. La périodicité annuelle et l’âge des intéressés font que la conscription va apparaître comme un véritable rite de passage, celui de l’adolescence vers l’âge adulte. La conscription devient donc un rituel indispensable de la vie masculine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le film en lui-même :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film a été réalisé le premier week-end de septembre 1988 qui correspond à la fête du village d'où la présence des conscrits qui, à l’époque du réalisateur, concordait au jour même de la conscription qui a eu lieu au chef-lieu du canton : Wissembourg. Les conscrits sont les jeunes garçons et filles nés en 1970 (classe 70-90) qui, sans passer par la conscription, ont à cœur de faire revivre un évènement vécu par leurs pères. Le personnage barbu en civil, avec une casquette et un blouson noir, fait office de chauffeur et est le père d’un des conscrits. Pour rester dans la tradition de l'épisode, les conscrits se rendent en premier lieu au domicile du premier magistrat qui est le maire, pour la présentation du groupe. Après les recommandations d’usage du maire, exhortant à éviter les excès et maintenir le calme, les conscrits reprennent leur chemin. Le groupe fait ensuite le tour du village avec quelques arrêts en cours de route, notamment au domicile du réalisateur étant donné que parmi les conscrits se trouvait également son fils. Ce dernier, qui se prénomme Martial, est bien visible au premier plan avec un chapeau noir et un bavoir (02 min 35 s). On peut par ailleurs ressentir une petite gêne de Martial face à la caméra de son père. L’épouse du réalisateur est également présente sur le film. Elle apparaît avec leur fille Sophie en train de l’accompagner sur le chemin de l’école (02 min 10 s). Enfin, leur fille aînée, Stéphanie, est aussi présente lors de l’évènement en tant que spectatrice et est clairement visible au début du film sur la gauche portant un pull blanc (à 18 secondes).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traditionnellement, la bande des conscrits circule dans la campagne en musique et en procession avec des cortèges dansés, zigzagant d’un bord à l’autre de la rue, maniant avec dextérité le drapeau et la canne du tambour-major. Les conscrits abordent les passants, rendent visite à toutes les maisons, ramassent de quoi manger et boire. Dans les villages les plus riches, ils obtiennent même de l’argent. Ils sont généralement bien accueillis. Dans ce film, les conscrits ne dansent malheureusement pas. Il n’y a d’ailleurs pas d’orchestre qui suit le cortège. De plus, dans d’autres fêtes des conscrits, il n’était pas rare de voir un tambour-major faire tournoyer sa canne enrubannée en tête du cortège. Mais cela n’est pas le cas ici.  Par ailleurs, parmi les conscrits présents sur ce film, on peut voir que des filles prennent part au groupe et elles portent les mêmes vêtements que les garçons. Habituellement, ce sont uniquement les jeunes hommes qui composent les cortèges des conscrits. Ce film témoigne d’une certaine ouverture et évolution de cette tradition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les attributs des conscrits et de la classe sont présents sur ce film (excepté le bâton du tambour-major). Les conscrits ne sortent jamais sans leur drapeau ni leur porte-drapeau, ils portent tous le même costume ainsi que des signes distinctifs. L’apparition d’un costume propre aux conscrits prouve que ces derniers forment désormais un groupe uni et spécifique. Ici, les conscrits portent un pantalon, une chemise et un tablier brodé (appelé ''Scherz'') qui sont blancs. Sur ce même tablier, on y trouve les initiales du jeune homme (ou de la jeune fille), la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques.  Il n’y a que le chapeau qui est de couleur noire, orné de plumes et de longs rubans richement brodés aux couleurs nationales. C’est vers la fin du XIXe siècle que ce costume apparaît. Dès 1850, le chapeau voit son ornementation se développer. La longueur des rubans augmente considérablement et apparaissent des plumets et des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels. Les conscrits sont tous unis par la même rage de chanter. Chanter, crier, c’est montrer publiquement, de la façon la plus flamboyante possible, l’entrée dans l’âge adulte. Le chant comme la danse ainsi que la consommation de boisson et de nourriture doivent se faire dans l’excès, la démesure. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remerciements :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'adresse un grand merci à Monsieur et Madame Spill pour leur aide très précieuse. Ils ont pris le temps de répondre à toutes mes questions par mail afin de mener à bien la réalisation de cette fiche.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<updated>2021-01-04T17:40:18Z</updated>

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&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
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|evenements_filmes_ou_en_lien=Fête des conscrits&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Lembach&lt;br /&gt;
|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
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|thematique=Conscripts&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Célébration de la fête des conscrits à Lembach en 1988.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film débute avec l’arrivée des conscrits qui remontent une route en tracteur. Ils se dirigent vers une maison dans la joie et la bonne humeur. Ils en profitent pour saluer le réalisateur du film, Bernard Spill, et on peut apercevoir une bouteille d’alcool dans la main d’une fille qui rappelle bien le côté festif de l’évènement. On peut imaginer des chants et des slogans que les conscrits scandent ensemble. Après avoir posé pour des photos ou tout simplement pour la caméra, un jeune conscrit annonce au groupe qu’il est temps de monter dans le tracteur et de partir en vadrouille. Le moyen de locomotion a été spécialement décoré pour l’occasion avec ce qu’il semble être des feuilles de vigne, des drapeaux français et des rubans arborant également les couleurs françaises. Celui qui a mis le tracteur à la disposition des conscrits, certainement le conducteur, doit être un vigneron de Lembach. Plusieurs conscrits se sont assis sur le capot du tracteur, tandis que les autres par manque de place à l’avant sont à l’arrière, dans la remorque. Une fois les conscrits partis, le réalisateur pointe sa caméra vers une jeune fille et sa mère qui l’accompagne sur le chemin de l’école. Les conscrits reviennent plus tard vers la maison du départ et à la fin du film, ce n'est plus le conducteur du début qui conduit le tracteur mais bel et bien un conscrit, qui emmène le groupe peut-être pour une dernière parade.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Un mot sur le réalisateur :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Spill est né le 09 décembre 1946 à Lembach. Il a été embauché dans une entreprise locale de revêtement de sol en 1960 sans passer par l’apprentissage. Au cours des années, il s’est perfectionné dans le métier de carrelage et a rejoint en 1970 le groupe Michelin en Allemagne. Il se marie en 1968 à Anne-Lise et de ce mariage sont nés un garçon et deux filles. En 1975, il se met à son compte en tant qu’artisan carreleur jusqu’à sa retraite en 2005, un métier qu’il exerce aux côtés de son épouse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Histoire de la conscription :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le service militaire obligatoire avec la notion de soldat-citoyen au service de la nation apparaît autour de la Révolution Française. Il sera régularisé en 1798 avec la loi Jourdan qui institue la conscription universelle et obligatoire de tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. La loi est basée sur un principe simple : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». Cette loi jugée trop exclusive aboutit en 1804 à la mise en place du système du tirage au sort. Aboli avec la chute de l’Empire en 1815, ce dispositif est réintroduit en 1818. Celui-ci instaure le recrutement sous engagements volontaires. S’ils ne suffisent pas à fournir le contingent, on recourt au tirage au sort, et donc à la conscription, avec le droit, pour celui qui est appelé, de « s’acheter » un remplaçant. Le fonctionnement de la conscription par tirage au sort est basé sur un contingent d’hommes à appeler fixé par canton. Tous les jeunes gens âgés de vingt ans sont convoqués au chef-lieu de leur canton. Chacun va tirer d’une urne un billet portant un numéro imprimé.  Ceux qui ont été retenus seront convoqués au conseil de révision qui déclare les jeunes gens aptes ou inaptes au service militaire.  Si le jeune homme est malgré tout déclaré « bon pour le service », il lui reste la possibilité, s’il en a les moyens, de se faire remplacer en payant quelqu’un pour effectuer le service militaire à sa place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout un cérémonial va se mettre en place autour de la conscription et se développer en Alsace à partir de 1818 avec le retour d’une certaine prospérité des communautés rurales, délivrées momentanément des grandes campagnes militaires françaises. En effet, un jeune homme ne pouvait ni se marier ni commencer sa vie professionnelle avant d’avoir franchi cette étape décisive de sa vie d’homme. Les défilés, les fêtes, les chansons, les farces et les sorties viriles sont plus qu’un grand défoulement avant le départ à l’armée. La périodicité annuelle et l’âge des intéressés font que la conscription va apparaître comme un véritable rite de passage, celui de l’adolescence vers l’âge adulte. La conscription devient donc un rituel indispensable de la vie masculine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le film en lui-même :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film a été réalisé le premier week-end de septembre 1988 qui correspond à la fête du village d'où la présence des conscrits qui, à l’époque du réalisateur, concordait au jour même de la conscription qui a eu lieu au chef-lieu du canton : Wissembourg. Les conscrits sont les jeunes garçons et filles nés en 1970 (classe 70-90) qui, sans passer par la conscription, ont à cœur de faire revivre un évènement vécu par leurs pères. Le personnage barbu en civil, avec une casquette et un blouson noir, fait office de chauffeur et est le père d’un des conscrits. Pour rester dans la tradition de l'épisode, les conscrits se rendent en premier lieu au domicile du premier magistrat qui est le maire, pour la présentation du groupe. Après les recommandations d’usage du maire, exhortant à éviter les excès et maintenir le calme, les conscrits reprennent leur chemin. Le groupe fait ensuite le tour du village avec quelques arrêts en cours de route, notamment au domicile du réalisateur étant donné que parmi les conscrits se trouvait également son fils. Ce dernier, qui se prénomme Martial, est bien visible au premier plan avec un chapeau noir et un bavoir (02 min 35 s). On peut par ailleurs ressentir une petite gêne de Martial face à la caméra de son père. L’épouse du réalisateur est également présente sur le film. Elle apparaît avec leur fille Sophie en train de l’accompagner sur le chemin de l’école (02 min 10 s). Enfin, leur fille aînée, Stéphanie, est aussi présente lors de l’évènement en tant que spectatrice et est clairement visible au début du film sur la gauche portant un pull blanc (à 18 secondes).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traditionnellement, la bande des conscrits circule dans la campagne en musique et en procession avec des cortèges dansés, zigzagant d’un bord à l’autre de la rue, maniant avec dextérité le drapeau et la canne du tambour-major. Les conscrits abordent les passants, rendent visite à toutes les maisons, ramassent de quoi manger et boire. Dans les villages les plus riches, ils obtiennent même de l’argent. Ils sont généralement bien accueillis. Dans ce film, les conscrits ne dansent malheureusement pas. Il n’y a d’ailleurs pas d’orchestre qui suit le cortège. De plus, dans d’autres fêtes des conscrits, il n’était pas rare de voir un tambour-major faire tournoyer sa canne enrubannée en tête du cortège. Mais cela n’est pas le cas ici.  Par ailleurs, parmi les conscrits présents sur ce film, on peut voir que des filles prennent part au groupe et elles portent les mêmes vêtements que les garçons. Habituellement, ce sont uniquement les jeunes hommes qui composent les cortèges des conscrits. Ce film témoigne d’une certaine ouverture et évolution de cette tradition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les attributs des conscrits et de la classe sont présents sur ce film (excepté le bâton du tambour-major). Les conscrits ne sortent jamais sans leur drapeau et leur porte-drapeau. Les conscrits portent tous le même costume ainsi que des signes distinctifs. L’apparition d’un costume propre aux conscrits prouve que ces derniers forment désormais un groupe uni et spécifique. Ici, les conscrits portent un pantalon, une chemise et un tablier brodé (appelé ''Scherz'') qui sont blancs. Sur ce même tablier, on y trouve les initiales du jeune homme (ou de la jeune fille), la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques.  Il n’y a que le chapeau qui est de couleur noire, orné de plumes et de longs rubans richement brodés aux couleurs nationales. C’est vers la fin du XIXe siècle que ce costume apparaît. Dès 1850, le chapeau voit son ornementation se développer. La longueur des rubans augmente considérablement et apparaissent des plumets et des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels. Les conscrits sont tous unis par la même rage de chanter. Chanter, crier, c’est montrer publiquement, de la façon la plus flamboyante possible, l’entrée dans l’âge adulte. Le chant comme la danse ainsi que la consommation de boisson et de nourriture doivent se faire dans l’excès, la démesure. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remerciements :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'adresse un grand merci à Monsieur et Madame Spill pour leur aide très précieuse. Ils ont pris le temps de répondre à toutes mes questions par mail afin de mener à bien la réalisation de cette fiche.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Conscrits_%C3%A0_Lembach_(0103FI0018)&amp;diff=16184</id>
		<title>Bas:Conscrits à Lembach (0103FI0018)</title>
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		<updated>2021-01-04T17:39:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Lembach&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
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|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
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|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
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|Contexte_et_analyse_fr='''Un mot sur le réalisateur :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Spill est né le 09 décembre 1946 à Lembach. Il a été embauché dans une entreprise locale de revêtement de sol en 1960 sans passer par l’apprentissage. Au cours des années, il s’est perfectionné dans le métier de carrelage et a rejoint en 1970 le groupe Michelin en Allemagne. Il se marie en 1968 à Anne-Lise et de ce mariage sont nés un garçon et deux filles. En 1975, il se met à son compte en tant qu’artisan carreleur jusqu’à sa retraite en 2005, un métier qu’il exerce aux côtés de son épouse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Histoire de la conscription :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le service militaire obligatoire avec la notion de soldat-citoyen au service de la nation apparaît autour de la Révolution Française. Il sera régularisé en 1798 avec la loi Jourdan qui institue la conscription universelle et obligatoire de tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. La loi est basée sur un principe simple : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». Cette loi jugée trop exclusive aboutit en 1804 à la mise en place du système du tirage au sort. Aboli avec la chute de l’Empire en 1815, ce dispositif est réintroduit en 1818. Celui-ci instaure le recrutement sous engagements volontaires. S’ils ne suffisent pas à fournir le contingent, on recourt au tirage au sort, et donc à la conscription, avec le droit, pour celui qui est appelé, de « s’acheter » un remplaçant. Le fonctionnement de la conscription par tirage au sort est basé sur un contingent d’hommes à appeler fixé par canton. Tous les jeunes gens âgés de vingt ans sont convoqués au chef-lieu de leur canton. Chacun va tirer d’une urne un billet portant un numéro imprimé.  Ceux qui ont été retenus seront convoqués au conseil de révision qui déclare les jeunes gens aptes ou inaptes au service militaire.  Si le jeune homme est malgré tout déclaré « bon pour le service », il lui reste la possibilité, s’il en a les moyens, de se faire remplacer en payant quelqu’un pour effectuer le service militaire à sa place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout un cérémonial va se mettre en place autour de la conscription et se développer en Alsace à partir de 1818 avec le retour d’une certaine prospérité des communautés rurales, délivrées momentanément des grandes campagnes militaires françaises. En effet, un jeune homme ne pouvait ni se marier ni commencer sa vie professionnelle avant d’avoir franchi cette étape décisive de sa vie d’homme. Les défilés, les fêtes, les chansons, les farces et les sorties viriles sont plus qu’un grand défoulement avant le départ à l’armée. La périodicité annuelle et l’âge des intéressés font que la conscription va apparaître comme un véritable rite de passage, celui de l’adolescence vers l’âge adulte. La conscription devient donc un rituel indispensable de la vie masculine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le film en lui-même :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film a été réalisé le premier week-end de septembre 1988 qui correspond à la fête du village d'où la présence des conscrits qui, à l’époque du réalisateur, concordait au jour même de la conscription qui a eu lieu au chef-lieu du canton : Wissembourg. Les conscrits sont les jeunes garçons et filles nés en 1970 (classe 70-90) qui, sans passer par la conscription, ont à cœur de faire revivre un évènement vécu par leurs pères. Le personnage barbu en civil, avec une casquette et un blouson noir, fait office de chauffeur et est le père d’un des conscrits. Pour rester dans la tradition de l'épisode, les conscrits se rendent en premier lieu au domicile du premier magistrat qui est le maire, pour la présentation du groupe. Après les recommandations d’usage du maire, exhortant à éviter les excès et maintenir le calme, les conscrits reprennent leur chemin. Le groupe fait ensuite le tour du village avec quelques arrêts en cours de route, notamment au domicile du réalisateur étant donné que parmi les conscrits se trouvait également son fils. Ce dernier, qui se prénomme Martial, est bien visible au premier plan avec un chapeau noir et un bavoir (02 min 35 s). On peut par ailleurs ressentir une petite gêne de Martial face à la caméra de son père. L’épouse du réalisateur est également présente sur le film. Elle apparaît avec leur fille Sophie en train de l’accompagner sur le chemin de l’école (02 min 10 s). Enfin, leur fille aînée, Stéphanie, est aussi présente lors de l’évènement en tant que spectatrice et est clairement visible au début du film sur la gauche portant un pull blanc (à 18 secondes).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traditionnellement, la bande des conscrits circule dans la campagne en musique et en procession avec des cortèges dansés, zigzagant d’un bord à l’autre de la rue, maniant avec dextérité le drapeau et la canne du tambour-major. Les conscrits abordent les passants, rendent visite à toutes les maisons, ramassent de quoi manger et boire. Dans les villages les plus riches, ils obtiennent même de l’argent. Ils sont généralement bien accueillis. Dans ce film, les conscrits ne dansent malheureusement pas. Il n’y a d’ailleurs pas d’orchestre qui suit le cortège. De plus, dans d’autres fêtes des conscrits, il n’était pas rare de voir un tambour-major faire tournoyer sa canne enrubannée en tête du cortège. Mais cela n’est pas le cas ici.  Par ailleurs, parmi les conscrits présents sur ce film, on peut voir que des filles prennent part au groupe et elles portent les mêmes vêtements que les garçons. Habituellement, ce sont uniquement les jeunes hommes qui composent les cortèges des conscrits. Ce film témoigne d’une certaine ouverture et évolution de cette tradition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les attributs des conscrits et de la classe sont présents sur ce film (excepté le bâton du tambour-major). Les conscrits ne sortent jamais sans leur drapeau et leur porte-drapeau. Les conscrits portent tous le même costume ainsi que des signes distinctifs. L’apparition d’un costume propre aux conscrits prouve que ces derniers forment désormais un groupe uni et spécifique. Ici, les conscrits portent un pantalon, une chemise et un tablier brodé (appelé ''Scherz'') qui sont blancs. Sur ce même tablier, on y trouve les initiales du jeune homme (ou de la jeune fille), la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques.  Il n’y a que le chapeau qui est de couleur noire, orné de plumes et de longs rubans richement brodés aux couleurs nationales. C’est vers la fin du XIXe siècle que ce costume apparaît. Dès 1850, le chapeau voit son ornementation se développer. La longueur des rubans augmente considérablement et apparaissent des plumets et des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels. Les conscrits sont tous unis par la même rage de chanter. Chanter, crier, c’est montrer publiquement, de la façon la plus flamboyante possible, l’entrée dans l’âge adulte. Le chant comme la danse ainsi que la consommation de boisson et de nourriture doivent se faire dans l’excès, la démesure. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Remerciements : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'adresse un grand merci à Monsieur et Madame Spill pour leur aide très précieuse. Ils ont pris le temps de répondre à toutes mes questions par mail afin de mener à bien la réalisation de cette fiche.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<title>Bas:Conscrits à Lembach (0103FI0018)</title>
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		<updated>2021-01-04T17:32:30Z</updated>

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|Contexte_et_analyse_fr='''Un mot sur le réalisateur :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Spill est né le 09 décembre 1946 à Lembach. Il a été embauché dans une entreprise locale de revêtement de sol en 1960 sans passer par l’apprentissage. Au cours des années, il s’est perfectionné dans le métier de carrelage et a rejoint en 1970 le groupe Michelin en Allemagne. Il se marie en 1968 à Anne-Lise et de ce mariage sont nés un garçon et deux filles. En 1975, il se met à son compte en tant qu’artisan carreleur jusqu’à sa retraite en 2005, un métier qu’il exerce aux côtés de son épouse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Histoire de la conscription :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le service militaire obligatoire avec la notion de soldat-citoyen au service de la nation apparaît autour de la Révolution Française. Il sera régularisé en 1798 avec la loi Jourdan qui institue la conscription universelle et obligatoire de tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. La loi est basée sur un principe simple : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». Cette loi jugée trop exclusive aboutit en 1804 à la mise en place du système du tirage au sort. Aboli avec la chute de l’Empire en 1815, ce dispositif est réintroduit en 1818. Celui-ci instaure le recrutement sous engagements volontaires. S’ils ne suffisent pas à fournir le contingent, on recourt au tirage au sort, et donc à la conscription, avec le droit, pour celui qui est appelé, de « s’acheter » un remplaçant. Le fonctionnement de la conscription par tirage au sort est basé sur un contingent d’hommes à appeler fixé par canton. Tous les jeunes gens âgés de vingt ans sont convoqués au chef-lieu de leur canton. Chacun va tirer d’une urne un billet portant un numéro imprimé.  Ceux qui ont été retenus seront convoqués au conseil de révision qui déclare les jeunes gens aptes ou inaptes au service militaire.  Si le jeune homme est malgré tout déclaré « bon pour le service », il lui reste la possibilité, s’il en a les moyens, de se faire remplacer en payant quelqu’un pour effectuer le service militaire à sa place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout un cérémonial va se mettre en place autour de la conscription et se développer en Alsace à partir de 1818 avec le retour d’une certaine prospérité des communautés rurales, délivrées momentanément des grandes campagnes militaires françaises. En effet, un jeune homme ne pouvait ni se marier ni commencer sa vie professionnelle avant d’avoir franchi cette étape décisive de sa vie d’homme. Les défilés, les fêtes, les chansons, les farces et les sorties viriles sont plus qu’un grand défoulement avant le départ à l’armée. La périodicité annuelle et l’âge des intéressés font que la conscription va apparaître comme un véritable rite de passage, celui de l’adolescence vers l’âge adulte. La conscription devient donc un rituel indispensable de la vie masculine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le film en lui-même :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film a été réalisé le premier week-end de septembre 1988 qui correspond à la fête du village d'où la présence des conscrits qui, à l’époque du réalisateur, concordait au jour même de la conscription qui a eu lieu au chef-lieu du canton : Wissembourg. Les conscrits sont les jeunes garçons et filles nés en 1970 (classe 70-90) qui, sans passer par la conscription, ont à cœur de faire revivre un évènement vécu par leurs pères. Le personnage barbu en civil, avec une casquette et un blouson noir, fait office de chauffeur et est le père d’un des conscrits. Pour rester dans la tradition de l'épisode, les conscrits se rendent en premier lieu au domicile du premier magistrat qui est le maire, pour la présentation du groupe. Après les recommandations d’usage du maire, exhortant à éviter les excès et maintenir le calme, les conscrits reprennent leur chemin. Le groupe fait ensuite le tour du village avec quelques arrêts en cours de route, notamment au domicile du réalisateur étant donné que parmi les conscrits se trouvait également son fils. Ce dernier, qui se prénomme Martial, est bien visible au premier plan avec un chapeau noir et un bavoir (02 min 35 s). On peut par ailleurs ressentir une petite gêne de Martial face à la caméra de son père. L’épouse du réalisateur est également présente sur le film. Elle apparaît avec leur fille Sophie en train de l’accompagner sur le chemin de l’école (02 min 10 s). Enfin, leur fille aînée, Stéphanie, est aussi présente lors de l’évènement en tant que spectatrice et est clairement visible au début du film sur la gauche portant un pull blanc (à 18 secondes).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traditionnellement, la bande des conscrits circule dans la campagne en musique et en procession avec des cortèges dansés, zigzagant d’un bord à l’autre de la rue, maniant avec dextérité le drapeau et la canne du tambour-major. Les conscrits abordent les passants, rendent visite à toutes les maisons, ramassent de quoi manger et boire. Dans les villages les plus riches, ils obtiennent même de l’argent. Ils sont généralement bien accueillis. Dans ce film, les conscrits ne dansent malheureusement pas. Il n’y a d’ailleurs pas d’orchestre qui suit le cortège. De plus, dans d’autres fêtes des conscrits, il n’était pas rare de voir un tambour-major faire tournoyer sa canne enrubannée en tête du cortège. Mais cela n’est pas le cas ici.  Par ailleurs, parmi les conscrits présents sur ce film, on peut voir que des filles prennent part au groupe et elles portent les mêmes vêtements que les garçons. Habituellement, ce sont uniquement les jeunes hommes qui composent les cortèges des conscrits. Ce film témoigne d’une certaine ouverture et évolution de cette tradition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les attributs des conscrits et de la classe sont présents sur ce film (excepté le bâton du tambour-major). Les conscrits ne sortent jamais sans leur drapeau et leur porte-drapeau. Les conscrits portent tous le même costume ainsi que des signes distinctifs. L’apparition d’un costume propre aux conscrits prouve que ces derniers forment désormais un groupe uni et spécifique. Ici, les conscrits portent un pantalon, une chemise et un tablier brodé (appelé ''Scherz'') qui sont blancs. Sur ce même tablier, on y trouve les initiales du jeune homme (ou de la jeune fille), la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques.  Il n’y a que le chapeau qui est de couleur noire, orné de plumes et de longs rubans richement brodés aux couleurs nationales. C’est vers la fin du XIXe siècle que ce costume apparaît. Dès 1850, le chapeau voit son ornementation se développer. La longueur des rubans augmente considérablement et apparaissent des plumets et des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels. Les conscrits sont tous unis par la même rage de chanter. Chanter, crier, c’est montrer publiquement, de la façon la plus flamboyante possible, l’entrée dans l’âge adulte. Le chant comme la danse ainsi que la consommation de boisson et de nourriture doivent se faire dans l’excès, la démesure. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Conscrits_%C3%A0_Lembach_(0103FI0018)&amp;diff=16182</id>
		<title>Bas:Conscrits à Lembach (0103FI0018)</title>
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		<updated>2021-01-04T17:30:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Lembach&lt;br /&gt;
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|dateDebut=091988&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
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|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|apercu=Conscrits_Lembach.jpg&lt;br /&gt;
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|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Conscripts&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Célébration de la fête des conscrits à Lembach en 1988.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film débute avec l’arrivée des conscrits qui remontent une route en tracteur. Ils se dirigent vers une maison dans la joie et la bonne humeur. Ils en profitent pour saluer le réalisateur du film, Bernard Spill, et on peut apercevoir une bouteille d’alcool dans la main d’une fille qui rappelle bien le côté festif de l’évènement. On peut imaginer des chants et des slogans que les conscrits scandent ensemble. Après avoir posé pour des photos ou tout simplement pour la caméra, un jeune conscrit annonce au groupe qu’il est temps de monter dans le tracteur et de partir en vadrouille. Le moyen de locomotion a été spécialement décoré pour l’occasion avec ce qu’il semble être des feuilles de vigne, des drapeaux français et des rubans arborant également les couleurs françaises. Celui qui a mis le tracteur à la disposition des conscrits, certainement le conducteur, doit être un vigneron de Lembach. Plusieurs conscrits se sont assis sur le capot du tracteur, tandis que les autres par manque de place à l’avant sont à l’arrière, dans la remorque. Une fois les conscrits partis, le réalisateur pointe sa caméra vers une jeune fille et sa mère qui l’accompagne sur le chemin de l’école. Les conscrits reviennent plus tard vers la maison du départ et à la fin du film, ce n'est plus le conducteur du début qui conduit le tracteur mais bel et bien un conscrit, qui emmène le groupe peut-être pour une dernière parade.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Un mot sur le réalisateur :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Spill est né le 09 décembre 1946 à Lembach. Il a été embauché dans une entreprise locale de revêtement de sol en 1960 sans passer par l’apprentissage. Au cours des années, il s’est perfectionné dans le métier de carrelage et a rejoint en 1970 le groupe Michelin en Allemagne. Il se marie en 1968 à Anne-Lise et de ce mariage sont nés un garçon et deux filles. En 1975, il se met à son compte en tant qu’artisan carreleur jusqu’à sa retraite en 2005, un métier qu’il exerce aux côtés de son épouse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Histoire de la conscription :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le service militaire obligatoire avec la notion de soldat-citoyen au service de la nation apparaît autour de la Révolution Française. Il sera régularisé en 1798 avec la loi Jourdan qui institue la conscription universelle et obligatoire de tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. La loi est basée sur un principe simple : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». Cette loi jugée trop exclusive aboutit en 1804 à la mise en place du système du tirage au sort. Aboli avec la chute de l’Empire en 1815, ce dispositif est réintroduit en 1818. Celui-ci instaure le recrutement sous engagements volontaires. S’ils ne suffisent pas à fournir le contingent, on recourt au tirage au sort, et donc à la conscription, avec le droit, pour celui qui est appelé, de « s’acheter » un remplaçant. Le fonctionnement de la conscription par tirage au sort est basé sur un contingent d’hommes à appeler fixé par canton. Tous les jeunes gens âgés de vingt ans sont convoqués au chef-lieu de leur canton. Chacun va tirer d’une urne un billet portant un numéro imprimé.  Ceux qui ont été retenus seront convoqués au conseil de révision qui déclare les jeunes gens aptes ou inaptes au service militaire.  Si le jeune homme est malgré tout déclaré « bon pour le service », il lui reste la possibilité, s’il en a les moyens, de se faire remplacer en payant quelqu’un pour effectuer le service militaire à sa place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout un cérémonial va se mettre en place autour de la conscription et se développer en Alsace à partir de 1818 avec le retour d’une certaine prospérité des communautés rurales, délivrées momentanément des grandes campagnes militaires françaises. En effet, un jeune homme ne pouvait ni se marier ni commencer sa vie professionnelle avant d’avoir franchi cette étape décisive de sa vie d’homme. Les défilés, les fêtes, les chansons, les farces et les sorties viriles sont plus qu’un grand défoulement avant le départ à l’armée. La périodicité annuelle et l’âge des intéressés font que la conscription va apparaître comme un véritable rite de passage, celui de l’adolescence vers l’âge adulte. La conscription devient donc un rituel indispensable de la vie masculine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le film en lui-même :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film a été réalisé le premier week-end de septembre 1988 qui correspond à la fête du village d'où la présence des conscrits qui, à l’époque du réalisateur, concordait au jour même de la conscription qui a eu lieu au chef-lieu du canton : Wissembourg. Les conscrits sont les jeunes garçons et filles nés en 1970 (classe 70-90) qui, sans passer par la conscription, ont à cœur de faire revivre un évènement vécu par leurs pères. Le personnage barbu en civil, avec une casquette et un blouson noir, fait office de chauffeur et est le père d’un des conscrits. Pour rester dans la tradition de l'épisode, les conscrits se rendent en premier lieu au domicile du premier magistrat qui est le maire, pour la présentation du groupe. Après les recommandations d’usage du maire, exhortant à éviter les excès et maintenir le calme, les conscrits reprennent leur chemin. Le groupe fait ensuite le tour du village avec quelques arrêts en cours de route, notamment au domicile du réalisateur étant donné que parmi les conscrits se trouvait également son fils. Ce dernier, qui se prénomme Martial, est bien visible au premier plan avec un chapeau noir et un bavoir (02 min 35 s). On peut par ailleurs ressentir une petite gêne de Martial face à la caméra de son père. L’épouse du réalisateur est également présente sur le film. Elle apparaît avec leur fille Sophie en train de l’accompagner sur le chemin de l’école (02 min 10 s). Enfin, leur fille aînée, Stéphanie, est aussi présente lors de l’évènement en tant que spectatrice et est clairement visible au début du film sur la gauche portant un pull blanc (à 18 secondes).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traditionnellement, la bande des conscrits circule dans la campagne en musique et en procession avec des cortèges dansés, zigzagant d’un bord à l’autre de la rue, maniant avec dextérité le drapeau et la canne du tambour-major. Les conscrits abordent les passants, rendent visite à toutes les maisons, ramassent de quoi manger et boire. Dans les villages les plus riches, ils obtiennent même de l’argent. Ils sont généralement bien accueillis. Dans ce film, les conscrits ne dansent malheureusement pas. Il n’y a d’ailleurs pas d’orchestre qui suit le cortège. De plus, dans d’autres fêtes des conscrits, il n’était pas rare de voir un tambour-major faire tournoyer sa canne enrubannée en tête du cortège. Mais cela n’est pas le cas ici.  Par ailleurs, parmi les conscrits présents sur ce film, on peut voir que des filles prennent part au groupe et elles portent les mêmes vêtements que les garçons. Habituellement, ce sont uniquement les jeunes hommes qui composent les cortèges des conscrits. Ce film témoigne d’une certaine ouverture et évolution de cette tradition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les attributs des conscrits et de la classe sont présents sur ce film (excepté le bâton du tambour-major). Les conscrits ne sortent jamais sans leur drapeau et leur porte-drapeau. L’étoffe tricolore les précède partout notamment dans les rues du village. Les conscrits portent également un costume ou du moins des signes distinctifs. L’apparition d’un costume propre aux conscrits prouve que ces derniers forment désormais un groupe uni et spécifique. Ici, les conscrits portent un pantalon, une chemise et un tablier brodé (appelé ''Scherz'') qui sont blancs. Sur ce même tablier, on y trouve les initiales du jeune homme (ou de la jeune fille), la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques.  Il n’y a que le chapeau qui est de couleur noire, orné de plumes et de longs rubans richement brodés aux couleurs nationales. C’est vers la fin du XIXe siècle que ce costume apparaît. Dès 1850, le chapeau voit son ornementation se développer. La longueur des rubans augmente considérablement et apparaissent des plumets et des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels. Les conscrits sont tous unis par la même rage de chanter. Chanter, crier, c’est montrer publiquement, de la façon la plus flamboyante possible, l’entrée dans l’âge adulte. Le chant comme la danse ainsi que la consommation de boisson et de nourriture doivent se faire dans l’excès, la démesure. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Bas:Conscrits à Lembach (0103FI0018)</title>
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		<updated>2021-01-04T17:24:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Lembach&lt;br /&gt;
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|son=Muet&lt;br /&gt;
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|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|apercu=Conscrits_Lembach.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Fête des conscrits&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Lembach&lt;br /&gt;
|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Célébration de la fête des conscrits à Lembach en 1988.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film débute avec l’arrivée des conscrits qui remontent une route en tracteur. Ils se dirigent vers une maison dans la joie et la bonne humeur. Ils en profitent pour saluer le réalisateur du film, Bernard Spill, et on peut apercevoir une bouteille d’alcool dans la main d’une fille qui rappelle bien le côté festif de l’évènement. On peut imaginer des chants et des slogans que les conscrits scandent ensemble. Après avoir posé pour des photos ou tout simplement pour la caméra, un jeune conscrit annonce au groupe qu’il est temps de monter dans le tracteur et de partir en vadrouille. Le moyen de locomotion a été spécialement décoré pour l’occasion avec ce qu’il semble être des feuilles de vigne, des drapeaux français et des rubans arborant également les couleurs françaises. Celui qui a mis le tracteur à la disposition des conscrits, certainement le conducteur, doit être un vigneron de Lembach. Plusieurs conscrits se sont assis sur le capot du tracteur, tandis que les autres par manque de place à l’avant sont à l’arrière, dans la remorque. Une fois les conscrits partis, le réalisateur pointe sa caméra vers une jeune fille et sa mère qui l’accompagne sur le chemin de l’école. Les conscrits reviennent plus tard vers la maison du départ et à la fin du film, ce n'est plus le conducteur du début qui conduit le tracteur mais bel et bien un conscrit, qui emmène le groupe peut-être pour une dernière parade.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Un mot sur le réalisateur :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Spill est né le 09 décembre 1946 à Lembach. Il a été embauché dans une entreprise locale de revêtement de sol en 1960 sans passer par l’apprentissage. Au cours des années, il s’est perfectionné dans le métier de carrelage et a rejoint en 1970 le groupe Michelin en Allemagne. Il se marie en 1968 à Anne-Lise et de ce mariage sont nés un garçon et deux filles. En 1975, il se met à son compte en tant qu’artisan carreleur jusqu’à sa retraite en 2005, un métier qu’il exerce aux côtés de son épouse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Histoire de la conscription :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le service militaire obligatoire avec la notion de soldat-citoyen au service de la nation apparaît autour de la Révolution Française. Il sera régularisé en 1798 avec la loi Jourdan qui institue la conscription universelle et obligatoire de tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. La loi est basée sur un principe simple : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». Cette loi jugée trop exclusive aboutit en 1804 à la mise en place du système du tirage au sort. Aboli avec la chute de l’Empire en 1815, ce dispositif est réintroduit en 1818. Celui-ci instaure le recrutement sous engagements volontaires. S’ils ne suffisent pas à fournir le contingent, on recourt au tirage au sort, et donc à la conscription, avec le droit, pour celui qui est appelé, de « s’acheter » un remplaçant. Le fonctionnement de la conscription par tirage au sort est basé sur un contingent d’hommes à appeler fixé par canton. Tous les jeunes gens âgés de vingt ans sont convoqués au chef-lieu de leur canton. Chacun va tirer d’une urne un billet portant un numéro imprimé.  Ceux qui ont été retenus seront convoqués au conseil de révision qui déclare les jeunes gens aptes ou inaptes au service militaire.  Si le jeune homme est malgré tout déclaré « bon pour le service », il lui reste la possibilité, s’il en a les moyens, de se faire remplacer en payant quelqu’un pour effectuer le service militaire à sa place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout un cérémonial va se mettre en place autour de la conscription et se développer en Alsace à partir de 1818 avec le retour d’une certaine prospérité des communautés rurales, délivrées momentanément des grandes campagnes militaires françaises. En effet, un jeune homme ne pouvait ni se marier ni commencer sa vie professionnelle avant d’avoir franchi cette étape décisive de sa vie d’homme. Les défilés, les fêtes, les chansons, les farces et les sorties viriles sont plus qu’un grand défoulement avant le départ à l’armée. La périodicité annuelle et l’âge des intéressés font que la conscription va apparaître comme un véritable rite de passage, celui de l’adolescence vers l’âge adulte. La conscription devient donc un rituel indispensable de la vie masculine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le film en lui-même :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film a été réalisé le premier week-end de septembre 1988 qui correspond à la fête du village d'où la présence des conscrits qui, à l’époque du réalisateur, concordait au jour même de la conscription qui a eu lieu au chef-lieu du canton : Wissembourg. Les conscrits sont les jeunes garçons et filles nés en 1970 (classe 70-90) qui, sans passer par la conscription, ont à cœur de faire revivre un évènement vécu par leurs pères. Le personnage barbu en civil, avec une casquette et un blouson noir, fait office de chauffeur et est le père d’un des conscrits. Pour rester dans la tradition de l'épisode, les conscrits se rendent en premier lieu au domicile du premier magistrat qui est le maire, pour la présentation du groupe. Après les recommandations d’usage du maire, exhortant à éviter les excès et maintenir le calme, les conscrits reprennent leur chemin. Le groupe fait ensuite le tour du village avec quelques arrêts en cours de route, notamment au domicile du réalisateur étant donné que parmi les conscrits se trouvait également son fils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traditionnellement, la bande des conscrits circule dans la campagne en musique et en procession avec des cortèges dansés, zigzagant d’un bord à l’autre de la rue, maniant avec dextérité le drapeau et la canne du tambour-major. Les conscrits abordent les passants, rendent visite à toutes les maisons, ramassent de quoi manger et boire. Dans les villages les plus riches, ils obtiennent même de l’argent. Ils sont généralement bien accueillis. Dans ce film, les conscrits ne dansent malheureusement pas. Il n’y a d’ailleurs pas d’orchestre qui suit le cortège. De plus, dans d’autres fêtes des conscrits, il n’était pas rare de voir un tambour-major faire tournoyer sa canne enrubannée en tête du cortège. Mais cela n’est pas le cas ici.  Par ailleurs, parmi les conscrits présents sur ce film, on peut voir que des filles prennent part au groupe et elles portent les mêmes vêtements que les garçons. Habituellement, ce sont uniquement les jeunes hommes qui composent les cortèges des conscrits. Ce film témoigne d’une certaine ouverture et évolution de cette tradition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les attributs des conscrits et de la classe sont présents sur ce film (excepté le bâton du tambour-major). Les conscrits ne sortent jamais sans leur drapeau et leur porte-drapeau. L’étoffe tricolore les précède partout notamment dans les rues du village. Les conscrits portent également un costume ou du moins des signes distinctifs. L’apparition d’un costume propre aux conscrits prouve que ces derniers forment désormais un groupe uni et spécifique. Ici, les conscrits portent un pantalon, une chemise et un tablier brodé (appelé ''Scherz'') qui sont blancs. Sur ce même tablier, on y trouve les initiales du jeune homme (ou de la jeune fille), la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques.  Il n’y a que le chapeau qui est de couleur noire, orné de plumes et de longs rubans richement brodés aux couleurs nationales. C’est vers la fin du XIXe siècle que ce costume apparaît. Dès 1850, le chapeau voit son ornementation se développer. La longueur des rubans augmente considérablement et apparaissent des plumets et des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels. Les conscrits sont tous unis par la même rage de chanter. Chanter, crier, c’est montrer publiquement, de la façon la plus flamboyante possible, l’entrée dans l’âge adulte. Le chant comme la danse ainsi que la consommation de boisson et de nourriture doivent se faire dans l’excès, la démesure. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<title>Bas:Conscrits à Lembach (0103FI0018)</title>
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		<updated>2021-01-04T17:22:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Lembach&lt;br /&gt;
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|thematique=Conscripts&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Célébration de la fête des conscrits à Lembach en 1988.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film débute avec l’arrivée des conscrits qui remontent une route en tracteur. Ils se dirigent vers une maison dans la joie et la bonne humeur. Ils en profitent pour saluer le réalisateur du film, Bernard Spill, et on peut apercevoir une bouteille d’alcool dans la main d’une fille qui rappelle bien le côté festif de l’évènement. On peut imaginer des chants et des slogans que les conscrits scandent ensemble. Après avoir posé pour des photos ou tout simplement pour la caméra, un jeune conscrit annonce au groupe qu’il est temps de monter dans le tracteur et de partir en vadrouille. Le moyen de locomotion a été spécialement décoré pour l’occasion avec ce qu’il semble être des feuilles de vigne, des drapeaux français et des rubans arborant également les couleurs françaises. Celui qui a mis le tracteur à la disposition des conscrits, certainement le conducteur, doit être un vigneron de Lembach. Plusieurs conscrits se sont assis sur le capot du tracteur, tandis que les autres par manque de place à l’avant sont à l’arrière, dans la remorque. Une fois les conscrits partis, le réalisateur pointe sa caméra vers une jeune fille et sa mère qui l’accompagne sur le chemin de l’école. Les conscrits reviennent plus tard vers la maison du départ et à la fin du film, ce n'est plus le conducteur du début qui conduit le tracteur mais bel et bien un conscrit, qui emmène le groupe peut-être pour une dernière parade.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Un mot sur le réalisateur :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Spill est né le 09 décembre 1946 à Lembach. Il a été embauché dans une entreprise locale de revêtement de sol en 1960 sans passer par l’apprentissage. Au cours des années, il s’est perfectionné dans le métier de carrelage et a rejoint en 1970 le groupe Michelin en Allemagne. Il se marie en 1968 à Anne-Lise et de ce mariage sont nés un garçon et deux filles. En 1975, il se met à son compte en tant qu’artisan carreleur jusqu’à sa retraite en 2005, un métier qu’il exerce aux côtés de son épouse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Histoire de la conscription :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le service militaire obligatoire avec la notion de soldat-citoyen au service de la nation apparaît autour de la Révolution Française. Il sera régularisé en 1798 avec la loi Jourdan qui institue la conscription universelle et obligatoire de tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. La loi est basée sur un principe simple : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». Cette loi jugée trop exclusive aboutit en 1804 à la mise en place du système du tirage au sort. Aboli avec la chute de l’Empire en 1815, ce dispositif est réintroduit en 1818. Celui-ci instaure le recrutement sous engagements volontaires. S’ils ne suffisent pas à fournir le contingent, on recourt au tirage au sort, et donc à la conscription, avec le droit, pour celui qui est appelé, de « s’acheter » un remplaçant. Le fonctionnement de la conscription par tirage au sort est basé sur un contingent d’hommes à appeler fixé par canton. Tous les jeunes gens âgés de vingt ans sont convoqués au chef-lieu de leur canton. Chacun va tirer d’une urne un billet portant un numéro imprimé.  Ceux qui ont été retenus seront convoqués au conseil de révision qui déclare les jeunes gens aptes ou inaptes au service militaire.  Si le jeune homme est malgré tout déclaré « bon pour le service », il lui reste la possibilité, s’il en a les moyens, de se faire remplacer en payant quelqu’un pour effectuer le service militaire à sa place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout un cérémonial va se mettre en place autour de la conscription et se développer en Alsace à partir de 1818 avec le retour d’une certaine prospérité des communautés rurales, délivrées momentanément des grandes campagnes militaires françaises. En effet, un jeune homme ne pouvait ni se marier ni commencer sa vie professionnelle avant d’avoir franchi cette étape décisive de sa vie d’homme. Les défilés, les fêtes, les chansons, les farces et les sorties viriles sont plus qu’un grand défoulement avant le départ à l’armée. La périodicité annuelle et l’âge des intéressés font que la conscription va apparaître comme un véritable rite de passage, celui de l’adolescence vers l’âge adulte. La conscription devient donc un rituel indispensable de la vie masculine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le film en lui-même :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film a été réalisé le premier week-end de septembre 1988 qui correspond à la fête du village d'où la présence des conscrits qui, à l’époque du réalisateur, concordait au jour même de la conscription qui a eu lieu au chef-lieu du canton : Wissembourg. Les conscrits sont les jeunes garçons et filles nés en 1970 (classe 70-90) qui, sans passer par la conscription, ont à cœur de faire revivre un évènement vécu par leurs pères. Le personnage barbu en civil, avec une casquette et un blouson noir, fait office de chauffeur et est le père d’un des conscrits. Pour rester dans la tradition de l'épisode, les conscrits se rendent en premier lieu au domicile du premier magistrat qui est le maire, pour la présentation du groupe. Après les recommandations d’usage du maire, exhortant à éviter les excès et maintenir le calme, les conscrits reprennent leur chemin. Le groupe fait ensuite le tour du village avec quelques arrêts en cours de route, notamment au domicile du réalisateur étant donné que parmi les conscrits se trouvait également son fils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traditionnellement la bande des conscrits, circule dans la campagne en musique et en procession avec des cortèges dansés, zigzagant d’un bord à l’autre de la rue, maniant avec dextérité le drapeau et la canne du tambour-major. Les conscrits abordent les passants, rendent visite à toutes les maisons, ramassent de quoi manger et boire. Dans les villages les plus riches, ils obtiennent même de l’argent. Ils sont généralement bien accueillis. Dans ce film, les conscrits ne dansent malheureusement pas. Il n’y a d’ailleurs pas d’orchestre qui suit le cortège. De plus, dans d’autres fêtes des conscrits, il n’était pas rare de voir un tambour-major faire tournoyer sa canne enrubannée en tête du cortège. Mais cela n’est pas le cas ici.  Par ailleurs, parmi les conscrits présents sur ce film, on peut voir que des filles prennent part au groupe. Habituellement, ce sont uniquement les jeunes hommes qui composent les cortèges des conscrits. Ce film témoigne d’une certaine ouverture et évolution de cette tradition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les attributs des conscrits et de la classe sont présents sur ce film (excepté le bâton du tambour-major). Les conscrits ne sortent jamais sans leur drapeau et leur porte-drapeau. L’étoffe tricolore les précède partout notamment dans les rues du village. Les conscrits portent également un costume ou du moins des signes distinctifs. L’apparition d’un costume propre aux conscrits prouve que ces derniers forment désormais un groupe uni et spécifique. Ici, les conscrits portent un pantalon, une chemise et un tablier brodé (appelé ''Scherz'') qui sont blancs. Sur ce même tablier, on y trouve les initiales du jeune homme (ou de la jeune fille), la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques.  Il n’y a que le chapeau qui est de couleur noire, orné de plumes et de longs rubans richement brodés aux couleurs nationales. C’est vers la fin du XIXe siècle que ce costume apparaît. Dès 1850, le chapeau voit son ornementation se développer. La longueur des rubans augmente considérablement et apparaissent des plumets et des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels. Les conscrits sont tous unis par la même rage de chanter. Chanter, crier, c’est montrer publiquement, de la façon la plus flamboyante possible, l’entrée dans l’âge adulte. Le chant comme la danse ainsi que la consommation de boisson et de nourriture doivent se faire dans l’excès, la démesure. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<title>Bas:Conscrits à Lembach (0103FI0018)</title>
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		<updated>2021-01-04T17:19:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Lembach&lt;br /&gt;
|fonds=Spill&lt;br /&gt;
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|dateDebut=091988&lt;br /&gt;
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|son=Muet&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
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|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Célébration de la fête des conscrits à Lembach en 1988.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film débute avec l’arrivée des conscrits qui remontent une route en tracteur. Ils se dirigent vers une maison dans la joie et la bonne humeur. Ils en profitent pour saluer le réalisateur du film, Bernard Spill, et on peut apercevoir une bouteille d’alcool dans la main d’une fille qui rappelle bien le côté festif de l’évènement. On peut imaginer des chants et des slogans que les conscrits scandent ensemble. Après avoir posé pour des photos ou tout simplement pour la caméra, un jeune conscrit annonce au groupe qu’il est temps de monter dans le tracteur et de partir en vadrouille. Le moyen de locomotion a été spécialement décoré pour l’occasion avec ce qu’il semble être des feuilles de vigne, des drapeaux français et des rubans arborant également les couleurs françaises. Celui qui a mis le tracteur à la disposition des conscrits, certainement le conducteur, doit être un vigneron de Lembach. Plusieurs conscrits se sont assis sur le capot du tracteur, tandis que les autres par manque de place à l’avant sont à l’arrière, dans la remorque. Une fois les conscrits partis, le réalisateur pointe sa caméra vers une jeune fille et sa mère qui l’accompagne sur le chemin de l’école. Les conscrits reviennent plus tard vers la maison du départ et à la fin du film, ce n'est plus le conducteur du début qui conduit le tracteur mais bel et bien un conscrit, qui emmène le groupe peut-être pour une dernière parade.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Un mot sur le réalisateur :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Spill est né le 09 décembre 1946 à Lembach. Il a été embauché dans une entreprise locale de revêtement de sol en 1960 sans passer par l’apprentissage. Au cours des années, il s’est perfectionné dans le métier de carrelage et a rejoint en 1970 le groupe Michelin en Allemagne. Il se marie en 1968 à Anne-Lise et de ce mariage sont nés un garçon et deux filles. En 1975, il se met à son compte en tant qu’artisan carreleur jusqu’à sa retraite en 2005, un métier qu’il exerce aux côtés de son épouse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Histoire de la conscription :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le service militaire obligatoire avec la notion de soldat-citoyen au service de la nation apparaît autour de la Révolution Française. Il sera régularisé en 1798 avec la loi Jourdan qui institue la conscription universelle et obligatoire de tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. La loi est basée sur un principe simple : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». Cette loi jugée trop exclusive aboutit en 1804 à la mise en place du système du tirage au sort. Aboli avec la chute de l’Empire en 1815, ce dispositif est réintroduit en 1818. Celui-ci instaure le recrutement sous engagements volontaires. S’ils ne suffisent pas à fournir le contingent, on recourt au tirage au sort, et donc à la conscription, avec le droit, pour celui qui est appelé, de « s’acheter » un remplaçant. Le fonctionnement de la conscription par tirage au sort est basé sur un contingent d’hommes à appeler fixé par canton. Tous les jeunes gens âgés de vingt ans sont convoqués au chef-lieu de leur canton. Chacun va tirer d’une urne un billet portant un numéro imprimé.  Ceux qui ont été retenus seront convoqués au conseil de révision qui déclare les jeunes gens aptes ou inaptes au service militaire.  Si le jeune homme est malgré tout déclaré « bon pour le service », il lui reste la possibilité, s’il en a les moyens, de se faire remplacer en payant quelqu’un pour effectuer le service militaire à sa place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout un cérémonial va se mettre en place autour de la conscription et se développer en Alsace à partir de 1818 avec le retour d’une certaine prospérité des communautés rurales, délivrées momentanément des grandes campagnes militaires françaises. En effet, un jeune homme ne pouvait ni se marier ni commencer sa vie professionnelle avant d’avoir franchi cette étape décisive de sa vie d’homme. Les défilés, les fêtes, les chansons, les farces et les sorties viriles sont plus qu’un grand défoulement avant le départ à l’armée. La périodicité annuelle et l’âge des intéressés font que la conscription va apparaître comme un véritable rite de passage, celui de l’adolescence vers l’âge adulte. La conscription devient donc un rituel indispensable de la vie masculine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le film en lui-même :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film a été réalisé le premier week-end de septembre 1988 qui correspond à la fête du village d'où la présence des conscrits qui, à l’époque du réalisateur, concordait au jour même de la conscription qui a eu lieu au chef-lieu du canton : Wissembourg. Les conscrits sont les jeunes garçons et filles nés en 1970 (classe 70-90) qui, sans passer par la conscription, ont à cœur de faire revivre un évènement vécu par leurs pères. Le personnage barbu en civil, avec une casquette et un blouson noir, fait office de chauffeur et est le père d’un des conscrits. Pour rester dans la tradition de l'épisode, les conscrits se rendent en premier lieu au domicile du premier magistrat qui est le maire, pour la présentation du groupe. Après les recommandations d’usage du maire, exhortant à éviter les excès et maintenir le calme, les conscrits reprennent leur chemin. Ensuite, le groupe fait le tour du village avec quelques arrêts en cours de route, notamment au domicile du réalisateur étant donné que parmi les conscrits se trouvait également son fils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traditionnellement la bande des conscrits, circule dans la campagne en musique et en procession avec des cortèges dansés, zigzagant d’un bord à l’autre de la rue, maniant avec dextérité le drapeau et la canne du tambour-major. Les conscrits abordent les passants, rendent visite à toutes les maisons, ramassent de quoi manger et boire. Dans les villages les plus riches, ils obtiennent même de l’argent. Ils sont généralement bien accueillis. Dans ce film, les conscrits ne dansent malheureusement pas. Il n’y a d’ailleurs pas d’orchestre qui suit le cortège. De plus, dans d’autres fêtes des conscrits, il n’était pas rare de voir un tambour-major faire tournoyer sa canne enrubannée en tête du cortège. Mais cela n’est pas le cas ici.  Par ailleurs, parmi les conscrits présents sur ce film, on peut voir que des filles prennent part au groupe. Habituellement, ce sont uniquement les jeunes hommes qui composent les cortèges des conscrits. Ce film témoigne d’une certaine ouverture et évolution de cette tradition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les attributs des conscrits et de la classe sont présents sur ce film (excepté le bâton du tambour-major). Les conscrits ne sortent jamais sans leur drapeau et leur porte-drapeau. L’étoffe tricolore les précède partout notamment dans les rues du village. Les conscrits portent également un costume ou du moins des signes distinctifs. L’apparition d’un costume propre aux conscrits prouve que ces derniers forment désormais un groupe uni et spécifique. Ici, les conscrits portent un pantalon, une chemise et un tablier brodé (appelé ''Scherz'') qui sont blancs. Sur ce même tablier, on y trouve les initiales du jeune homme (ou de la jeune fille), la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques.  Il n’y a que le chapeau qui est de couleur noire, orné de plumes et de longs rubans richement brodés aux couleurs nationales. C’est vers la fin du XIXe siècle que ce costume apparaît. Dès 1850, le chapeau voit son ornementation se développer. La longueur des rubans augmente considérablement et apparaissent des plumets et des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels. Les conscrits sont tous unis par la même rage de chanter. Chanter, crier, c’est montrer publiquement, de la façon la plus flamboyante possible, l’entrée dans l’âge adulte. Le chant comme la danse ainsi que la consommation de boisson et de nourriture doivent se faire dans l’excès, la démesure. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
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TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
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		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<title>Conscrits à Marlenheim (0019FH0031)</title>
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|Resume_fr=Célébration de la fête des conscrits à Marlenheim en 1951.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film commence avec un plan sur un personnage important, Rodolphe Klein, qui était le maire de Marlenheim à l’époque. Nous pouvons ensuite observer les conscrits qui s’amusent et qui dansent. Ils viennent tout juste d’arriver à la demeure du maire pour écouter son discours et profiter d’un pot. Dans son discours, le maire du village doit certainement exprimer la joie qu’il éprouve de recevoir les conscrits tout comme les exhorter à éviter les excès et à maintenir le calme. L’élu du village en profite pour exécuter quelques pas de danse avec sa femme devant les conscrits. Une fois le pot terminé, les conscrits quittent le domicile du maire et reprennent leur chemin. Le cortège s’élance dans la rue avec l’orchestre qui joue de la musique et les conscrits qui dansent. Enfin, le film se termine avec un plan sur une grande maison et une voiture berline noire.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=La tradition des conscrits, encore bien vivante dans beaucoup de localités alsaciennes, remonte à l’instauration du service militaire obligatoire et universel, c’est-à-dire à la loi Jourdan du 5 septembre 1798. En dialecte alsacien on appelle les conscrits avec des termes d’origine française : ''Cunscrit'', ''Gusgri'' etc.  En Haute-Alsace, on parle souvent de ''Melissa'', ''Malissen''. Dans chaque paroisse, entre 1691 et 1760, on tirait au sort un certain nombre de miliciens, d’où le nom dialectal. La conscription devint réellement un évènement essentiel dans la vie des jeunes gens quand les armées révolutionnaires puis impériales recrutèrent de plus en plus de soldats qui parcoururent toute l’Europe. Tous les jeunes, âgés de 20 à 25 ans, devaient partir à l’armée. Chaque département devait fournir un contingent annuel proportionnel à sa population et réparti par cantons. Le tirage au sort désignait ceux qui devaient partir sous les drapeaux. Ce système, aboli entre 1815 et 1818 au profit d’une armée d’engagés volontaires comme sous l’Ancien Régime, dura jusqu’en 1870. Jusqu’à cette date exista la possibilité d’être remplacé. En effet, tout conscrit qui avait tiré un « mauvais numéro » (l’obligeant à partir à l’armée) pouvait trouver un remplaçant qui partirait à sa place moyennant une certaine somme d’argent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conscription pour les jeunes hommes était un signe de fierté et de patriotisme. Malgré les contraintes et la longueur du service (cinq ans en moyenne), peu de jeunes gens cherchaient à se faire exempter pour des raisons médicales. En effet, se voir refuser au conseil de révision (''Muschterung'') était un signe de déficience physique sérieuse, donc un signe d’anormalité. Un conscrit réformé avait ainsi peu d’espoir de trouver une épouse et de mener une vie d’adulte normale. Dans de nombreuses localités, il existe toute une hiérarchie dans la jeunesse masculine. À titre d’exemple à Drusenheim, le jeune homme deux ans avant la conscription commence par être ''Scherzler''. L’année suivante, il devient ''Ecksteinler'' et enfin, l’année de ses dix-neuf ans, il est ''Cunscrit''. La tenue varie selon cette hiérarchie et semble d’ailleurs être empruntée à celle des apprentis de l’Ancien Régime. Les ''Scherzler'' portent une chemise blanche ou de couleur, un pantalon blanc et un tablier (''Scherz'') sur lequel est brodé toute une série de motifs. On y trouve les initiales du jeune homme, la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques. Les ''Ecksteinler'' ont une tenue plus sobre : chemise de couleur et pantalons à petits carreaux. Enfin, les ''Cunscrit'' sont habillés de blanc (pantalon et chemise) et ils portent un chapeau orné de fleurs et de fruits, avec de longs rubans richement brodés. Ces tenues peuvent bien évidemment varier d’une localité à l’autre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette coutume resta très vivante jusqu’au XXe siècle avec quelques changements. La forme du service militaire a changé et les conseils de révision ont disparu dans les années 1960, supprimant ainsi l’occasion de rassembler tous les conscrits au chef-lieu de canton. L’année de la conscription était considérée comme le couronnement de l’adolescence. Pour préparer l’année de la conscription, les jeunes gens de la même classe d’âge se réunissaient dans une auberge pour élire une sorte de comité des festivités avec un président, un trésorier, un porte-drapeau et un tambour-major. Ils en profitaient également pour sortir et décorer le grand drapeau de la classe. Les conscrits se réunissaient régulièrement, presque toutes les semaines, pour répéter les cortèges dansés, le maniement du drapeau richement décoré et les airs joués par leur fanfare dirigée par le tambour-major.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La célébration de la fête:'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rodolphe Klein, maire de Marlenheim de 1945 à 1971, reçoit le groupe des conscrits à son domicile. Il a déjà tourné plusieurs films amateurs mais sur ce film, ce n’est pas lui qui tient la caméra. Comme il apparaît fréquemment sur le film en étant le personnage central, il a certainement dû prêter sa caméra à quelqu’un d’autre pour filmer l’évènement, il peut donc s’agir de sa femme, d’un ami ou bien d’un adjoint. En revanche, Rodolphe Klein s’occupait de prendre des photos, puisqu’il tient à plusieurs reprises dans ses mains un objet qui semble être un appareil photo.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir écouté le discours du maire, la bande des conscrits s’élance dans la rue. Les conscrits dansent de plusieurs manières soit en exécutant collectivement des pas sautillants ou ''Hupfschritte''. Ils se tiennent par les épaules et zigzaguent de droite à gauche à travers les rues. En tête du cortège, le porte-drapeau fait claquer son étendard et le tambour-major lance son lourd bâton, le tout sur fond de musique, scandé de cris violents ou de chansons souvent brutales. Ces chants et ces danses sont certainement l’écho lointain d’un temps où les jeunes garçons devenaient des guerriers prêts à défendre leur communauté. Ces danses de conscrits étaient aussi l’occasion pour les plus habiles de montrer leurs capacités physiques. Ils se livraient alors à des exercices acrobatiques destinés à montrer qu’ils étaient les meilleurs garçons de l’endroit. Néanmoins les rues semblent assez désertes sur ce film. Les danses des conscrits variaient selon les localités, de même que les airs joués durant la fête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cette occasion, les conscrits défilent dans le village revêtus de leurs plus beaux atours. Les conscrits portent un pantalon blanc, une chemise grise voire noire ainsi qu’un chapeau sombre. Les conscrits portaient des chapeaux souvent spectaculaires, attestés depuis les années 1820. Ces couvre-chefs ont plusieurs formes : tricornes, hauts-de-forme, bérets etc. Le chapeau lui-même, identique pour tous les conscrits, a peu d’importance au fond. Ce qui compte, c’est son décor parfois exubérant avec une base entourée d’une profusion de rubans où l’on retrouve les trois couleurs nationales, mêlées à d’autres teintes vives, le tout d’une grande longueur.  Sur ce film, les conscrits portent un chapeau d’une forme simple, orné de longs rubans reflétant les couleurs du drapeau français. Quant aux membres qui composent la fanfare, ceux-ci portent un costume gris ou noir et certains d’entre eux portent des couvre-chefs (chapeau ou béret). En revanche, les garçons qui composent l’orchestre paraissent beaucoup plus âgés que les conscrits qui les précèdent. Ils ne sont peut-être pas des conscrits eux-mêmes. Le film ne nous dit pas si les conscrits vont à la fin allumer un feu et sauter par-dessus les braises trois fois de suite. Il s’agit là d’un très vieux rite d’initiation par le feu, qui transforme les jeunes gens en hommes à part entière. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La présence d’attributs rappelant la nation française est d’autant plus importante en Alsace à cette époque. Cette fête des conscrits à Marlenheim a été filmée en 1951 (date présente sur le drapeau visible à 01 min 41 s), soit six années après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les jeunes hommes présents sur ce film sont certainement nés dans les années 1930 et ont été éduqués par le système nazi, à l’époque où l’Alsace était encore sous la domination du Troisième Reich. Ainsi, cette fête des conscrits est également une fête patriotique au moment où l’Alsace vient tout juste de revenir dans le giron français. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 28 octobre 1997 a supprimé une institution vieille de deux siècles : le service militaire obligatoire. À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Conscrits_%C3%A0_Marlenheim_(0019FH0031)&amp;diff=16177</id>
		<title>Conscrits à Marlenheim (0019FH0031)</title>
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		<updated>2021-01-04T17:15:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
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|titre=Conscrits à Marlenheim&lt;br /&gt;
|fonds=Guin&lt;br /&gt;
|idSupport=0019FH0031&lt;br /&gt;
|dateDebut=1950&lt;br /&gt;
|dateFin=1951&lt;br /&gt;
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|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
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|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
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|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Klein, Rodolphe&lt;br /&gt;
|apercu=Conscrits_marlenheim.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Fête des conscrits&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Rodolphe Klein&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Marlenheim&lt;br /&gt;
|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-31&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Conscripts&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Célébration de la fête des conscrits à Marlenheim en 1951.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film commence avec un plan sur un personnage important, Rodolphe Klein, qui était le maire de Marlenheim à l’époque. Nous pouvons ensuite observer les conscrits qui s’amusent et qui dansent. Ils viennent tout juste d’arriver à la demeure du maire pour écouter son discours et profiter d’un pot. Dans son discours, le maire du village doit certainement exprimer la joie qu’il éprouve de recevoir les conscrits tout comme les exhorter à éviter les excès et à maintenir le calme. L’élu du village en profite pour exécuter quelques pas de danse avec sa femme devant les conscrits. Une fois le pot terminé, les conscrits quittent le domicile du maire et reprennent leur chemin. Le cortège s’élance dans la rue avec l’orchestre qui joue de la musique et les conscrits qui dansent. Enfin, le film se termine avec un plan sur une grande maison et une voiture berline noire.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=La tradition des conscrits, encore bien vivante dans beaucoup de localités alsaciennes, remonte à l’instauration du service militaire obligatoire et universel, c’est-à-dire à la loi Jourdan du 5 septembre 1798. En dialecte alsacien on appelle les conscrits avec des termes d’origine française : ''Cunscrit'', ''Gusgri'' etc.  En Haute-Alsace, on parle souvent de ''Melissa'', ''Malissen''. Dans chaque paroisse, entre 1691 et 1760, on tirait au sort un certain nombre de miliciens, d’où le nom dialectal. La conscription devint réellement un évènement essentiel dans la vie des jeunes gens quand les armées révolutionnaires puis impériales recrutèrent de plus en plus de soldats qui parcoururent toute l’Europe. Tous les jeunes, âgés de 20 à 25 ans, devaient partir à l’armée. Chaque département devait fournir un contingent annuel proportionnel à sa population et réparti par cantons. Le tirage au sort désignait ceux qui devaient partir sous les drapeaux. Ce système, aboli entre 1815 et 1818 au profit d’une armée d’engagés volontaires comme sous l’Ancien Régime, dura jusqu’en 1870. Jusqu’à cette date exista la possibilité d’être remplacé. En effet, tout conscrit qui avait tiré un « mauvais numéro » (l’obligeant à partir à l’armée) pouvait trouver un remplaçant qui partirait à sa place moyennant une certaine somme d’argent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conscription pour les jeunes hommes était un signe de fierté et de patriotisme. Malgré les contraintes et la longueur du service (cinq ans en moyenne), peu de jeunes gens cherchaient à se faire exempter pour des raisons médicales. En effet, se voir refuser au conseil de révision (''Muschterung'') était un signe de déficience physique sérieuse, donc un signe d’anormalité. Un conscrit réformé avait ainsi peu d’espoir de trouver une épouse et de mener une vie d’adulte normale. Dans de nombreuses localités, il existe toute une hiérarchie dans la jeunesse masculine. À titre d’exemple à Drusenheim, le jeune homme deux ans avant la conscription commence par être ''Scherzler''. L’année suivante, il devient ''Ecksteinler'' et enfin, l’année de ses dix-neuf ans, il est ''Cunscrit''. La tenue varie selon cette hiérarchie et semble d’ailleurs être empruntée à celle des apprentis de l’Ancien Régime. Les ''Scherzler'' portent une chemise blanche ou de couleur, un pantalon blanc et un tablier (''Scherz'') sur lequel est brodé toute une série de motifs. On y trouve les initiales du jeune homme, la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques. Les ''Ecksteinler'' ont une tenue plus sobre : chemise de couleur et pantalons à petits carreaux. Enfin, les ''Cunscrit'' sont habillés de blanc (pantalon et chemise) et ils portent un chapeau orné de fleurs et de fruits, avec de longs rubans richement brodés. Ces tenues peuvent bien évidemment varier d’une localité à l’autre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette coutume resta très vivante jusqu’au XXe siècle avec quelques changements. La forme du service militaire a changé et les conseils de révision ont disparu dans les années 1960, supprimant ainsi l’occasion de rassembler tous les conscrits au chef-lieu de canton.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année de la conscription était considérée comme le couronnement de l’adolescence. Pour préparer l’année de la conscription, les jeunes gens de la même classe d’âge se réunissaient dans une auberge pour élire une sorte de comité des festivités avec un président, un trésorier, un porte-drapeau et un tambour-major. Ils en profitaient également pour sortir et décorer le grand drapeau de la classe. Les conscrits se réunissaient régulièrement, presque toutes les semaines, pour répéter les cortèges dansés, le maniement du drapeau richement décoré et les airs joués par leur fanfare dirigée par le tambour-major.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La célébration de la fête:'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rodolphe Klein, maire de Marlenheim de 1945 à 1971, reçoit le groupe des conscrits à son domicile. Il a déjà tourné plusieurs films amateurs mais sur ce film, ce n’est pas lui qui tient la caméra. Comme il apparaît fréquemment sur le film en étant le personnage central, il a certainement dû prêter sa caméra à quelqu’un d’autre pour filmer l’évènement, il peut donc s’agir de sa femme, d’un ami ou bien d’un adjoint. En revanche, Rodolphe Klein s’occupait de prendre des photos, puisqu’il tient à plusieurs reprises dans ses mains un objet qui semble être un appareil photo.  Après avoir écouté le discours du maire, la bande des conscrits s’élance dans la rue. Les conscrits dansent de plusieurs manières soit en exécutant collectivement des pas sautillants ou ''Hupfschritte''. Ils se tiennent par les épaules et zigzaguent de droite à gauche à travers les rues. En tête du cortège, le porte-drapeau fait claquer son étendard et le tambour-major lance son lourd bâton, le tout sur fond de musique, scandé de cris violents ou de chansons souvent brutales. Ces chants et ces danses sont certainement l’écho lointain d’un temps où les jeunes garçons devenaient des guerriers prêts à défendre leur communauté. Ces danses de conscrits étaient aussi l’occasion pour les plus habiles de montrer leurs capacités physiques. Ils se livraient alors à des exercices acrobatiques destinés à montrer qu’ils étaient les meilleurs garçons de l’endroit. Néanmoins les rues semblent assez désertes sur ce film. Les danses des conscrits variaient selon les localités, de même que les airs joués durant la fête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cette occasion, les conscrits défilent dans le village revêtus de leurs plus beaux atours. Les conscrits portent un pantalon blanc, une chemise grise voire noire ainsi qu’un chapeau sombre. Les conscrits portaient des chapeaux souvent spectaculaires, attestés depuis les années 1820. Ces couvre-chefs ont plusieurs formes : tricornes, hauts-de-forme, bérets etc. Le chapeau lui-même, identique pour tous les conscrits, a peu d’importance au fond. Ce qui compte, c’est son décor parfois exubérant avec une base entourée d’une profusion de rubans où l’on retrouve les trois couleurs nationales, mêlées à d’autres teintes vives, le tout d’une grande longueur.  Sur ce film, les conscrits portent un chapeau d’une forme simple, orné de longs rubans reflétant les couleurs du drapeau français. Quant aux membres qui composent la fanfare, ceux-ci portent un costume gris ou noir et certains d’entre eux portent des couvre-chefs (chapeau ou béret). En revanche, les garçons qui composent l’orchestre paraissent beaucoup plus âgés que les conscrits qui les précèdent. Ils ne sont peut-être pas des conscrits eux-mêmes. Le film ne nous dit pas si les conscrits vont à la fin allumer un feu et sauter par-dessus les braises trois fois de suite. Il s’agit là d’un très vieux rite d’initiation par le feu, qui transforme les jeunes gens en hommes à part entière. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La présence d’attributs rappelant la nation française est d’autant plus importante en Alsace à cette époque. Cette fête des conscrits à Marlenheim a été filmée en 1951 (date présente sur le drapeau visible à 01 min 41 s), soit six années après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les jeunes hommes présents sur ce film sont certainement nés dans les années 1930 et ont été éduqués par le système nazi, à l’époque où l’Alsace était encore sous la domination du Troisième Reich. Ainsi, cette fête des conscrits est également une fête patriotique au moment où l’Alsace vient tout juste de revenir dans le giron français. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 28 octobre 1997 a supprimé une institution vieille de deux siècles : le service militaire obligatoire. À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<title>Conscrits à Marlenheim (0019FH0031)</title>
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		<updated>2021-01-04T17:10:13Z</updated>

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&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
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|Contexte_et_analyse_fr=La tradition des conscrits, encore bien vivante dans beaucoup de localités alsaciennes, remonte à l’instauration du service militaire obligatoire et universel, c’est-à-dire à la loi Jourdan du 5 septembre 1798. En dialecte alsacien on appelle les conscrits avec des termes d’origine française : ''Cunscrit'', ''Gusgri'' etc.  En Haute-Alsace, on parle souvent de ''Melissa'', ''Malissen''. Dans chaque paroisse, entre 1691 et 1760, on tirait au sort un certain nombre de miliciens, d’où le nom dialectal. La conscription devint réellement un évènement essentiel dans la vie des jeunes gens quand les armées révolutionnaires puis impériales recrutèrent de plus en plus de soldats qui parcoururent toute l’Europe. Tous les jeunes, âgés de 20 à 25 ans, devaient partir à l’armée. Chaque département devait fournir un contingent annuel proportionnel à sa population et réparti par cantons. Le tirage au sort désignait ceux qui devaient partir sous les drapeaux. Ce système, aboli entre 1815 et 1818 au profit d’une armée d’engagés volontaires comme sous l’Ancien Régime, dura jusqu’en 1870. Jusqu’à cette date exista la possibilité d’être remplacé. En effet, tout conscrit qui avait tiré un « mauvais numéro » (l’obligeant à partir à l’armée) pouvait trouver un remplaçant qui partirait à sa place moyennant une certaine somme d’argent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conscription pour les jeunes hommes était un signe de fierté et de patriotisme. Malgré les contraintes et la longueur du service (cinq ans en moyenne), peu de jeunes gens cherchaient à se faire exempter pour des raisons médicales. En effet, se voir refuser au conseil de révision (''Muschterung'') était un signe de déficience physique sérieuse, donc un signe d’anormalité. Un conscrit réformé avait ainsi peu d’espoir de trouver une épouse et de mener une vie d’adulte normale. Dans de nombreuses localités, il existe toute une hiérarchie dans la jeunesse masculine. À titre d’exemple, à Drusenheim, le jeune homme deux ans avant la conscription commence par être ''Scherzler''. L’année suivante, il devient ''Ecksteinler'' et enfin, l’année de ses dix-neuf ans, il est ''Cunscrit''. La tenue varie selon cette hiérarchie et semble d’ailleurs être empruntée à celle des apprentis de l’Ancien Régime. Les ''Scherzler'' portent une chemise blanche ou de couleur, un pantalon blanc et un tablier (''Scherz'') sur lequel est brodé toute une série de motifs. On y trouve les initiales du jeune homme, la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques. Les ''Ecksteinler'' ont une tenue plus sobre : chemise de couleur et pantalons à petits carreaux. Enfin, les ''Cunscrit'' sont habillés de blanc (pantalon et chemise) et ils portent un chapeau orné de fleurs et de fruits, avec de longs rubans richement brodés. Ces tenues peuvent bien évidemment varier d’une localité à l’autre. Cette coutume resta très vivante jusqu’au XXe siècle avec quelques changements. La forme du service militaire a changé et les conseils de révision ont disparu dans les années 1960, supprimant ainsi l’occasion de rassembler tous les conscrits au chef-lieu de canton.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année de la conscription était considérée comme le couronnement de l’adolescence. Pour préparer l’année de la conscription, les jeunes gens de la même classe d’âge se réunissaient dans une auberge pour élire une sorte de comité des festivités avec un président, un trésorier, un porte-drapeau et un tambour-major. Ils en profitaient également pour sortir et décorer le grand drapeau de la classe. Les conscrits se réunissaient régulièrement, presque toutes les semaines, pour répéter les cortèges dansés, le maniement du drapeau richement décoré et les airs joués par leur fanfare dirigée par le tambour-major.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La célébration de la fête:'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rodolphe Klein, maire de Marlenheim de 1945 à 1971, reçoit le groupe des conscrits à son domicile. Il a déjà tourné plusieurs films amateurs mais sur ce film, ce n’est pas lui qui tient la caméra. Comme il apparaît fréquemment sur le film en étant le personnage central, il a certainement dû prêter sa caméra à quelqu’un d’autre pour filmer l’évènement, il peut donc s’agir de sa femme, d’un ami ou bien d’un adjoint. En revanche, Rodolphe Klein s’occupait de prendre des photos, puisqu’il tient à plusieurs reprises dans ses mains un objet qui semble être un appareil photo.  Après avoir écouté le discours du maire, la bande des conscrits s’élance dans la rue. Les conscrits dansent de plusieurs manières soit en exécutant collectivement des pas sautillants ou ''Hupfschritte''. Ils se tiennent par les épaules et zigzaguent de droite à gauche à travers les rues. En tête du cortège, le porte-drapeau fait claquer son étendard et le tambour-major lance son lourd bâton en le faisant tournoyer avec adresse. Le tout sur fond de musique, scandé de cris violents ou de chansons souvent brutales. Ces chants et ces danses sont certainement l’écho lointain d’un temps où les jeunes garçons devenaient des guerriers prêts à défendre leur communauté. Ces danses de conscrits étaient aussi l’occasion pour les plus habiles de montrer leurs capacités physiques. Ils se livraient alors à des exercices acrobatiques destinés à montrer qu’ils étaient les meilleurs garçons de l’endroit. Néanmoins les rues semblent assez désertes sur ce film. Les danses des conscrits variaient selon les localités, de même que les airs joués durant la fête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cette occasion, les conscrits défilaient dans le village revêtus de leurs plus beaux atours. Les conscrits portent un pantalon blanc, une chemise grise voire noire ainsi qu’un chapeau sombre. Les conscrits portaient des chapeaux souvent spectaculaires, attestés depuis les années 1820. Ces couvre-chefs ont plusieurs formes : tricornes, hauts-de-forme, bérets etc. Le chapeau lui-même, identique pour tous les conscrits, a peu d’importance au fond. Ce qui compte, c’est son décor parfois exubérant avec une base entourée d’une profusion de rubans où l’on retrouve les trois couleurs nationales, mêlées à d’autres teintes vives, le tout d’une grande longueur.  Sur ce film, les conscrits portent un chapeau d’une forme simple, orné de longs rubans reflétant les couleurs du drapeau français. Quant aux membres qui composent la fanfare, ceux-ci portent un costume gris ou noir et certains d’entre eux portent des couvre-chefs (chapeau ou béret). En revanche, les garçons qui composent l’orchestre paraissent beaucoup plus âgés que les conscrits qui les précèdent. Ils ne sont peut-être pas des conscrits eux-mêmes. Le film ne nous dit pas si les conscrits vont à la fin allumer un feu et sauter par-dessus les braises trois fois de suite. Il s’agit là d’un très vieux rite d’initiation par le feu, qui transforme les jeunes gens en hommes à part entière. La présence d’attributs rappelant la nation française est d’autant plus importante en Alsace à cette époque. Cette fête des conscrits à Marlenheim a été filmée en 1951 (date présente sur le drapeau visible à 01 min 41 s), soit six années après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les jeunes hommes présents sur ce film sont certainement nés dans les années 1930 et ont été éduqués par le système nazi, à l’époque où l’Alsace était encore sous la domination du Troisième Reich. Ainsi, cette fête des conscrits est également une fête patriotique au moment où l’Alsace vient tout juste de revenir dans le giron français. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 28 octobre 1997 a supprimé une institution vieille de deux siècles : le service militaire obligatoire. À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Bas:Conscrits à Lembach (0103FI0018)</title>
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		<updated>2021-01-03T16:15:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Lembach&lt;br /&gt;
|fonds=Spill&lt;br /&gt;
|idSupport=0003FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=091988&lt;br /&gt;
|video=0103FI0018_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:02:51&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|apercu=Conscrits_Lembach.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Fête des conscrits&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Lembach&lt;br /&gt;
|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-31&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Conscripts&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Célébration de la fête des conscrits à Lembach en 1988.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film débute avec l’arrivée des conscrits qui remontent une route en tracteur. Ils se dirigent vers une maison dans la joie et la bonne humeur. Ils en profitent pour saluer le réalisateur du film, Bernard Spill, et on peut apercevoir une bouteille d’alcool dans la main d’une fille qui rappelle bien le côté festif de l’évènement. On peut imaginer des chants et des slogans que les conscrits scandent ensemble. Après avoir posé pour des photos ou tout simplement pour la caméra, un jeune conscrit annonce au groupe qu’il est temps de monter dans le tracteur et de partir en vadrouille. Le moyen de locomotion a été spécialement décoré pour l’occasion avec ce qu’il semble être des feuilles de vigne, des drapeaux français et des rubans arborant également les couleurs françaises. Celui qui a mis le tracteur à la disposition des conscrits, certainement le conducteur, doit être un vigneron de Lembach. Plusieurs conscrits se sont assis sur le capot du tracteur, tandis que les autres par manque de place à l’avant sont à l’arrière dans la remorque. Une fois les conscrits partis, le réalisateur pointe sa caméra vers une jeune fille et sa mère qui l’accompagne sur le chemin de l’école. Les conscrits reviennent plus tard vers la maison du départ et à la fin du film, ce n'est plus le conducteur du début qui conduit le tracteur mais bel et bien un conscrit, qui emmène le groupe peut-être pour une dernière parade.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Un mot sur le réalisateur :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Spill est né le 09 décembre 1946 à Lembach. Il a été embauché dans une entreprise locale de revêtement de sol en 1960 sans passer par l’apprentissage. Au cours des années, il s’est perfectionné dans le métier de carrelage et a rejoint en 1970 le groupe Michelin en Allemagne. Il se marie en 1968 à Anne-Lise et de ce mariage sont nés un garçon et deux filles. En 1975, il se met à son compte en tant qu’artisan carreleur jusqu’à sa retraite en 2005, un métier qu’il exerce aux côtés de son épouse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Histoire de la conscription :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le service militaire obligatoire avec la notion de soldat-citoyen au service de la nation apparaît autour de la Révolution Française. Il sera régularisé en 1798 avec la loi Jourdan qui institue la conscription universelle et obligatoire de tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. La loi est basée sur un principe simple : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». Cette loi jugée trop exclusive aboutit en 1804 à la mise en place du système du tirage au sort. Aboli avec la chute de l’Empire en 1815, ce dispositif est réintroduit en 1818. Celui-ci instaure le recrutement sous engagements volontaires. S’ils ne suffisent pas à fournir le contingent, on recourt au tirage au sort, et donc à la conscription, avec le droit, pour celui qui est appelé, de « s’acheter » un remplaçant. Le fonctionnement de la conscription par tirage au sort est basé sur un contingent d’hommes à appeler fixé par canton. Tous les jeunes gens âgés de vingt ans sont convoqués au chef-lieu de leur canton. Chacun va tirer d’une urne un billet portant un numéro imprimé.  Ceux qui ont été retenus seront convoqués au conseil de révision qui déclare les jeunes gens aptes ou inaptes au service militaire.  Si le jeune homme est malgré tout déclaré « bon pour le service », il lui reste la possibilité, s’il en a les moyens, de se faire remplacer en payant quelqu’un pour effectuer le service militaire à sa place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout un cérémonial va se mettre en place autour de la conscription et se développer en Alsace à partir de 1818 avec le retour d’une certaine prospérité des communautés rurales, délivrées momentanément des grandes campagnes militaires françaises. En effet, un jeune homme ne pouvait ni se marier ni commencer sa vie professionnelle avant d’avoir franchi cette étape décisive de sa vie d’homme. Les défilés, les fêtes, les chansons, les farces et les sorties viriles sont plus qu’un grand défoulement avant le départ à l’armée. La périodicité annuelle et l’âge des intéressés font que la conscription va apparaître comme un véritable rite de passage, celui de l’adolescence vers l’âge adulte. La conscription devient donc un rituel indispensable de la vie masculine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le film en lui-même :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film a été réalisé le premier week-end de septembre 1988 qui correspond à la fête du village d'où la présence des conscrits qui, à l’époque du réalisateur, concordait au jour même de la conscription qui a eu lieu au chef-lieu du canton : Wissembourg. Les conscrits sont les jeunes garçons et filles nés en 1970 (classe 70-90) qui, sans passer par la conscription, ont à cœur de faire revivre un évènement vécu par leurs pères. Le personnage barbu en civil, avec une casquette et un blouson noir, fait office de chauffeur et est le père d’un des conscrits. Pour rester dans la tradition de l'épisode, les conscrits se rendent en premier lieu au domicile du premier magistrat qui est le maire, pour la présentation du groupe. Après les recommandations d’usage du maire, exhortant à éviter les excès et maintenir le calme, les conscrits reprennent leur chemin. Ensuite, le groupe fait le tour du village avec quelques arrêts en cours de route, notamment au domicile du réalisateur étant donné que parmi les conscrits se trouvait également son fils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traditionnellement la bande des conscrits, circule dans la campagne en musique et en procession avec des cortèges dansés, zigzagant d’un bord à l’autre de la rue, maniant avec dextérité le drapeau et la canne du tambour-major. Les conscrits abordent les passants, rendent visite à toutes les maisons, ramassent de quoi manger et boire. Dans les villages les plus riches, ils obtiennent même de l’argent. Ils sont généralement bien accueillis. Dans ce film, les conscrits ne dansent malheureusement pas. Il n’y a d’ailleurs pas d’orchestre qui suit le cortège. De plus, dans d’autres fêtes des conscrits, il n’était pas rare de voir un tambour-major faire tournoyer sa canne enrubannée en tête du cortège. Mais cela n’est pas le cas ici.  Par ailleurs, parmi les conscrits présents sur ce film, on peut voir que des filles prennent part au groupe. Habituellement, ce sont uniquement les jeunes hommes qui composent les cortèges des conscrits. Ce film témoigne d’une certaine ouverture et évolution de cette tradition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les attributs des conscrits et de la classe sont présents sur ce film (excepté le bâton du tambour-major). Les conscrits ne sortent jamais sans leur drapeau et leur porte-drapeau. L’étoffe tricolore les précède partout notamment dans les rues du village. Les conscrits portent également un costume ou du moins des signes distinctifs. L’apparition d’un costume propre aux conscrits prouve que ces derniers forment désormais un groupe uni et spécifique. Ici, les conscrits portent un pantalon, une chemise et un tablier brodé (appelé ''Scherz'') qui sont blancs. Sur ce même tablier, on y trouve les initiales du jeune homme (ou de la jeune fille), la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques.  Il n’y a que le chapeau qui est de couleur noire, orné de plumes et de longs rubans richement brodés aux couleurs nationales. C’est vers la fin du XIXe siècle que ce costume apparaît. Dès 1850, le chapeau voit son ornementation se développer. La longueur des rubans augmente considérablement et apparaissent des plumets et des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels. Les conscrits sont tous unis par la même rage de chanter. Chanter, crier, c’est montrer publiquement, de la façon la plus flamboyante possible, l’entrée dans l’âge adulte. Le chant comme la danse ainsi que la consommation de boisson et de nourriture doivent se faire dans l’excès, la démesure. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>Conscrits à Marlenheim (0019FH0031)</title>
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		<updated>2021-01-03T14:56:42Z</updated>

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&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Marlenheim&lt;br /&gt;
|fonds=Guin&lt;br /&gt;
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|dateDebut=1950&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Klein, Rodolphe&lt;br /&gt;
|apercu=Conscrits_marlenheim.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Fête des conscrits&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Rodolphe Klein&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Marlenheim&lt;br /&gt;
|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-31&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Conscripts&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Célébration de la fête des conscrits à Marlenheim en 1951.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film commence avec un plan sur un personnage important, Rodolphe Klein, qui était le maire de Marlenheim à l’époque. Nous pouvons ensuite observer les conscrits qui s’amusent et qui dansent. Ils viennent tout juste d’arriver à la demeure du maire pour écouter son discours et profiter d’un pot. Dans son discours, le maire du village doit certainement exprimer la joie qu’il éprouve de recevoir les conscrits tout comme les exhorter à éviter les excès et à maintenir le calme. L’élu du village en profite pour exécuter quelques pas de danse avec sa femme devant les conscrits. Une fois le pot terminé, les conscrits quittent le domicile du maire et reprennent leur chemin. Le cortège s’élance dans la rue avec l’orchestre qui joue de la musique et les conscrits qui dansent. Enfin, le film se termine avec un plan sur une grande maison et une voiture berline noire.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=La tradition des conscrits, encore bien vivante dans beaucoup de localités alsaciennes, remonte à l’instauration du service militaire obligatoire et universel, c’est-à-dire à la loi Jourdan du 5 septembre 1798. En dialecte alsacien on appelle les conscrits avec des termes d’origine française : ''Cunscrit'', ''Gusgri'' etc.  En Haute-Alsace, on parle souvent de ''Melissa'', ''Malissen''. Dans chaque paroisse, entre 1691 et 1760, on tirait au sort un certain nombre de miliciens, d’où le nom dialectal. La conscription devint réellement un évènement essentiel dans la vie des jeunes gens quand les armées révolutionnaires puis impériales recrutèrent de plus en plus de soldats qui parcourèrent toute l’Europe. Tous les jeunes, âgés de 20 à 25 ans, devaient partir à l’armée. Chaque département devait fournir un contingent annuel proportionnel à sa population et réparti par cantons. Le tirage au sort désignait ceux qui devaient partir sous les drapeaux. Ce système, aboli entre 1815 et 1818 au profit d’une armée d’engagés volontaires comme sous l’Ancien Régime, dura jusqu’en 1870. Jusqu’à cette date exista la possibilité d’être remplacé. En effet, tout conscrit qui avait tiré un « mauvais numéro » (l’obligeant à partir à l’armée) pouvait trouver un remplaçant qui partirait à sa place moyennant une certaine somme d’argent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conscription pour les jeunes hommes était un signe de fierté et de patriotisme. Malgré les contraintes et la longueur du service (cinq ans en moyenne), peu de jeunes gens cherchaient à se faire exempter pour des raisons médicales. En effet, se voir refuser au conseil de révision (''Muschterung'') était un signe de déficience physique sérieuse, donc un signe d’anormalité. Un conscrit réformé avait ainsi peu d’espoir de trouver une épouse et de mener une vie d’adulte normale. Dans de nombreuses localités, il existe toute une hiérarchie dans la jeunesse masculine. À titre d’exemple, à Drusenheim, le jeune homme deux ans avant la conscription commence par être ''Scherzler''. L’année suivante, il devient ''Ecksteinler'' et enfin, l’année de ses dix-neuf ans, il est ''Cunscrit''. La tenue varie selon cette hiérarchie et semble d’ailleurs être empruntée à celle des apprentis de l’Ancien Régime. Les ''Scherzler'' portent une chemise blanche ou de couleur, un pantalon blanc et un tablier (''Scherz'') sur lequel est brodé toute une série de motifs. On y trouve les initiales du jeune homme, la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques. Les ''Ecksteinler'' ont une tenue plus sobre : chemise de couleur et pantalons à petits carreaux. Enfin, les ''Cunscrit'' sont habillés de blanc (pantalon et chemise) et ils portent un chapeau orné de fleurs et de fruits, avec de longs rubans richement brodés. Ces tenues peuvent bien évidemment varier d’une localité à l’autre. Cette coutume resta très vivante jusqu’au XXe siècle avec quelques changements. La forme du service militaire a changé et les conseils de révision ont disparu dans les années 1960, supprimant ainsi l’occasion de rassembler tous les conscrits au chef-lieu de canton.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année de la conscription était considérée comme le couronnement de l’adolescence. Pour préparer l’année de la conscription, les jeunes gens de la même classe d’âge se réunissaient dans une auberge pour élire une sorte de comité des festivités avec un président, un trésorier, un porte-drapeau et un tambour-major. Ils en profitaient également pour sortir et décorer le grand drapeau de la classe. Les conscrits se réunissaient régulièrement, presque toutes les semaines, pour répéter les cortèges dansés, le maniement du drapeau richement décoré et les airs joués par leur fanfare dirigée par le tambour-major.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La célébration de la fête:'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rodolphe Klein, maire de Marlenheim de 1945 à 1971, reçoit le groupe des conscrits à son domicile. Il a déjà tourné plusieurs films amateurs mais sur ce film, ce n’est pas lui qui tient la caméra. Comme il apparaît fréquemment sur le film en étant le personnage central, il a certainement dû prêter sa caméra à quelqu’un d’autre pour filmer l’évènement, il peut donc s’agir de sa femme, d’un ami ou bien d’un adjoint. En revanche, Rodolphe Klein s’occupait de prendre des photos, puisqu’il tient à plusieurs reprises dans ses mains un objet qui semble être un appareil photo.  Après avoir écouté le discours du maire, la bande des conscrits s’élance dans la rue. Les conscrits dansent de plusieurs manières soit en exécutant collectivement des pas sautillants ou ''Hupfschritte''. Ils se tiennent par les épaules et zigzaguent de droite à gauche à travers les rues. En tête du cortège, le porte-drapeau fait claquer son étendard et le tambour-major lance son lourd bâton en le faisant tournoyer avec adresse. Le tout sur fond de musique, scandé de cris violents ou de chansons souvent brutales. Ces chants et ces danses sont certainement l’écho lointain d’un temps où les jeunes garçons devenaient des guerriers prêts à défendre leur communauté. Ces danses de conscrits étaient aussi l’occasion pour les plus habiles de montrer leurs capacités physiques. Ils se livraient alors à des exercices acrobatiques destinés à montrer qu’ils étaient les meilleurs garçons de l’endroit. Néanmoins les rues semblent assez désertes sur ce film. Les danses des conscrits variaient selon les localités, de même que les airs joués durant la fête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cette occasion, les conscrits défilaient dans le village revêtus de leurs plus beaux atours. Les conscrits portent un pantalon blanc, une chemise grise voire noire ainsi qu’un chapeau sombre. Les conscrits portaient des chapeaux souvent spectaculaires, attestés depuis les années 1820. Ces couvre-chefs ont plusieurs formes : tricornes, hauts-de-forme, bérets etc. Le chapeau lui-même, identique pour tous les conscrits, a peu d’importance au fond. Ce qui compte, c’est son décor parfois exubérant avec une base entourée d’une profusion de rubans où l’on retrouve les trois couleurs nationales, mêlées à d’autres teintes vives, le tout d’une grande longueur.  Sur ce film, les conscrits portent un chapeau d’une forme simple, orné de longs rubans reflétant les couleurs du drapeau français. Quant aux membres qui composent la fanfare, ceux-ci portent un costume gris ou noir et certains d’entre eux portent des couvre-chefs (chapeau ou béret). En revanche, les garçons qui composent l’orchestre paraissent beaucoup plus âgés que les conscrits qui les précèdent. Ils ne sont peut-être pas des conscrits eux-mêmes. Le film ne nous dit pas si les conscrits vont à la fin allumer un feu et sauter par-dessus les braises trois fois de suite. Il s’agit là d’un très vieux rite d’initiation par le feu, qui transforme les jeunes gens en hommes à part entière. La présence d’attributs rappelant la nation française est d’autant plus importante en Alsace à cette époque. Cette fête des conscrits à Marlenheim a été filmée en 1951 (date présente sur le drapeau visible à 01 min 41 s), soit six années après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les jeunes hommes présents sur ce film sont certainement nés dans les années 1930 et ont été éduqués par le système nazi, à l’époque où l’Alsace était encore sous la domination du Troisième Reich. Ainsi, cette fête des conscrits est également une fête patriotique au moment où l’Alsace vient tout juste de revenir dans le giron français. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 28 octobre 1997 a supprimé une institution vieille de deux siècles : le service militaire obligatoire. À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
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		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Marlenheim&lt;br /&gt;
|fonds=Guin&lt;br /&gt;
|idSupport=0019FH0031&lt;br /&gt;
|dateDebut=1950&lt;br /&gt;
|dateFin=1951&lt;br /&gt;
|video=0019FH0031_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:02:11&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Klein, Rodolphe&lt;br /&gt;
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|personnages_identifies=Rodolphe Klein&lt;br /&gt;
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|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-31&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Conscripts&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Célébration de la fête des conscrits à Marlenheim en 1951.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film commence avec un plan sur un personnage important, Rodolphe Klein, qui était le maire de Marlenheim à l’époque. Nous pouvons ensuite observer les conscrits qui s’amusent et qui dansent. Ils viennent tout juste d’arriver à la demeure du maire pour écouter son discours et profiter d’un pot. Le maire du village dans son discours doit certainement exprimer la joie qu’il éprouve de recevoir les conscrits tout comme les exhorter à éviter les excès et à maintenir le calme. L’élu du village en profite pur exécuter quelques pas de danse avec sa femme devant les conscrits. Une fois le pot terminé, les conscrits quitte le domicile du maire et reprennent leur chemin. Le cortège s’élance dans la rue avec l’orchestre qui joue de la musique et les conscrits qui dansent. Enfin, le film se termine avec un plan sur une grande maison et une voiture berline noire.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=La tradition des conscrits, encore bien vivante dans beaucoup de localités alsaciennes, remonte à l’instauration du service militaire obligatoire et universel, c’est-à-dire à la loi Jourdan du 5 septembre 1798. En dialecte alsacien on appelle les conscrits avec des termes d’origine française : ''Cunscrit'', ''Gusgri'' etc.  En Haute-Alsace, on parle souvent de Melissa, ''Malissen''. Dans chaque paroisse, entre 1691 et 1760, on tirait au sort un certain nombre de miliciens, d’où le nom dialectal. La conscription devint réellement un évènement essentiel dans la vie des jeunes gens quand les armées révolutionnaires puis impériales recrutèrent de plus en plus de soldats qui parcourent toute l’Europe. Tous les jeunes, âgés de 20 à 25 ans, devaient partir à l’armée. Chaque département devait fournir un contingent annuel proportionnel à sa population et réparti par cantons. Le tirage au sort désignait ceux qui devaient partir sous les drapeaux. Ce système, aboli entre 1815 et 1818 au profit d’une armée d’engagés volontaires comme sous l’Ancien Régime, dura jusqu’en 1870. Jusqu’à cette date exista la possibilité d’être remplacé. En effet, tout conscrit qui avait tiré un « mauvais numéro » (l’obligeant à partir à l’armée) pouvait trouver un remplaçant qui partirait à sa place moyennant une certaine somme d’argent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conscription pour les jeunes hommes était un signe de fierté et de patriotisme. Malgré les contraintes et la longueur du service (cinq ans en moyenne), peu de jeunes gens cherchaient à se faire exempter pour des raisons médicales. En effet, se voir refuser au conseil de révision (''Muschterung'') était un signe de déficience physique sérieuse, donc un signe d’anormalité. Un conscrit réformé avait ainsi peu d’espoir de trouver une épouse et de mener une vie d’adulte normale. Dans de nombreuses localités, il existe toute une hiérarchie dans la jeunesse masculine. À titre d’exemple, à Drusenheim, le jeune homme deux ans avant la conscription commence par être ''Scherzler''. L’année suivante, il devient ''Ecksteinler'' et enfin, l’année de ses dix-neuf ans, il est ''Cunscrit''. La tenue varie selon cette hiérarchie et semble d’ailleurs être empruntée à celle des apprentis de l’Ancien Régime. Les ''Scherzler'' portent une chemise blanche ou de couleur, un pantalon blanc et un tablier (''Scherz'') sur lequel est brodé toute une série de motifs. On y trouve les initiales du jeune homme, la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques. Les ''Ecksteinler'' ont une tenue plus sobre : chemise de couleur et pantalons à petits carreaux. Enfin, les ''Cunscrit'' sont habillés de blanc (pantalon et chemise) et ils portent un chapeau orné de fleurs et de fruits, avec de longs rubans richement brodés. Ces tenues peuvent bien évidemment varier d’une localité à l’autre. Cette coutume resta très vivante jusqu’au XXe siècle avec quelques changements. La forme du service militaire a changé et les conseils de révision ont disparu dans les années 1960, supprimant ainsi l’occasion de rassembler tous les conscrits au chef-lieu de canton.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année de la conscription était considérée comme le couronnement de l’adolescence. Pour préparer l’année de la conscription, les jeunes gens de la même classe d’âge se réunissaient dans une auberge pour élire une sorte de comité des festivités avec un président, un trésorier, un porte-drapeau et un tambour-major. Ils en profitaient également pour sortir et décorer le grand drapeau de la classe. Les conscrits se réunissaient régulièrement, presque toutes les semaines, pour répéter les cortèges dansés, le maniement du drapeau richement décoré et les airs joués par leur fanfare dirigée par le tambour-major.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La célébration de la fête:'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rodolphe Klein, maire de Marlenheim de 1945 à 1971, reçoit le groupe des conscrits à son domicile. Il a déjà tourné plusieurs films amateurs mais sur ce film, ce n’est pas lui qui tient la caméra. Comme il apparaît fréquemment sur le film en étant le personnage central, il a certainement dû prêter sa caméra à quelqu’un d’autre pour filmer l’évènement, il peut donc s’agir de sa femme, d’un ami ou bien d’un adjoint. En revanche, Rodolphe Klein s’occupait de prendre des photos, puisqu’il tient à plusieurs reprises dans ses mains un objet qui semble être un appareil photo.  Après avoir écouté le discours du maire, la bande des conscrits s’élance dans la rue. Les conscrits dansent de plusieurs manières soit en exécutant collectivement des pas sautillants ou ''Hupfschritte''. Ils se tiennent par les épaules et zigzaguent de droite à gauche à travers les rues. En tête du cortège, le porte-drapeau fait claquer son étendard et le tambour-major lance son lourd bâton en le faisant tournoyer avec adresse. Le tout sur fond de musique, scandé de cris violents ou de chansons souvent brutales. Ces chants et ces danses sont certainement l’écho lointain d’un temps où les jeunes garçons devenaient des guerriers prêts à défendre leur communauté. Ces danses de conscrits étaient aussi l’occasion pour les plus habiles de montrer leurs capacités physiques. Ils se livraient alors à des exercices acrobatiques destinés à montrer qu’ils étaient les meilleurs garçons de l’endroit. Même si les rues semblent assez désertes sur ce film. Les danses des conscrits variaient selon les localités, de même que les airs joués durant la fête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cette occasion, les conscrits défilaient dans le village revêtus de leurs plus beaux atours. Les conscrits portent un pantalon blanc, une chemise grise voire noire ainsi qu’un chapeau sombre. Les conscrits portaient des chapeaux souvent spectaculaires, attestés depuis les années 1820. Ces couvre-chefs ont plusieurs formes : tricornes, hauts-de-forme, bérets etc. Le chapeau lui-même, identique pour tous les conscrits, a peu d’importance au fond. Ce qui compte, c’est son décor parfois exubérant avec une base entourée d’une profusion de rubans où l’on retrouve les trois couleurs nationales, mêlées à d’autres teintes vives, le tout d’une grande longueur.  Sur ce film, les conscrits portent un chapeau d’une forme simple, orné de longs rubans reflétant les couleurs du drapeau français. Quant aux membres qui composent la fanfare, ceux-ci portent un costume gris ou noir et certains d’entre eux portent des couvre-chefs (chapeau ou béret). En revanche, les garçons qui composent l’orchestre paraissent beaucoup plus âgés que les conscrits qui les précèdent. Ils ne sont peut-être pas des conscrits eux-mêmes. Le film ne nous dit pas si les conscrits vont à la fin allumer un feu et sauter par-dessus les braises trois fois de suite. Il s’agit là d’un très vieux rite d’initiation par le feu, qui transforme les jeunes gens en hommes à part entière. La présence d’attributs rappelant la nation française est d’autant plus importante en Alsace à cette époque. Cette fête des conscrits à Marlenheim a été filmée en 1951 (date présente sur le drapeau visible à 01 min 41 s), soit six années après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les jeunes hommes présents sur ce film sont certainement nés dans les années 1930 et ont été éduqués par le système nazi, à l’époque où l’Alsace était encore sous la domination du Troisième Reich. Ainsi, cette fête des conscrits est également une fête patriotique au moment où l’Alsace vient tout juste de revenir dans le giron français. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 28 octobre 1997 a supprimé une institution vieille de deux siècles : le service militaire obligatoire. À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Conscrits_%C3%A0_Marlenheim_(0019FH0031)&amp;diff=16091</id>
		<title>Conscrits à Marlenheim (0019FH0031)</title>
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		<updated>2020-12-31T17:21:39Z</updated>

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|Description_fr=Le film commence avec un plan sur un personnage important, Rodolphe Klein, qui était le maire de Marlenheim à l’époque. Nous pouvons ensuite observer les conscrits qui s’amusent et qui dansent. Ils viennent tout juste d’arriver à la demeure du maire pour écouter son discours et profiter d’un pot. Le maire du village dans son discours doit certainement exprimer la joie qu’il éprouve de recevoir les conscrits tout comme les exhorter à éviter les excès et à maintenir le calme. L’élu du village en profite pur exécuter quelques pas de danse avec sa femme devant les conscrits. Une fois le pot terminé, les conscrits quitte le domicile du maire et reprennent leur chemin. Le cortège s’élance dans la rue avec l’orchestre qui joue de la musique et les conscrits qui dansent. Enfin, le film se termine avec un plan sur une grande maison et une voiture berline noire.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=La tradition des conscrits, encore bien vivante dans beaucoup de localités alsaciennes, remonte à l’instauration du service militaire obligatoire et universel, c’est-à-dire à la loi Jourdan du 5 septembre 1798. En dialecte alsacien on appelle les conscrits avec des termes d’origine française : ''Cunscrit'', ''Gusgri'' etc.  En Haute-Alsace, on parle souvent de Melissa, ''Malissen''. Dans chaque paroisse, entre 1691 et 1760, on tirait au sort un certain nombre de miliciens, d’où le nom dialectal. La conscription devint réellement un évènement essentiel dans la vie des jeunes gens quand les armées révolutionnaires puis impériales recrutèrent de plus en plus de soldats qui parcourent toute l’Europe. Tous les jeunes, âgés de 20 à 25 ans, devaient partir à l’armée. Chaque département devait fournir un contingent annuel proportionnel à sa population et réparti par cantons. Le tirage au sort désignait ceux qui devaient partir sous les drapeaux. Ce système, aboli entre 1815 et 1818 au profit d’une armée d’engagés volontaires comme sous l’Ancien Régime, dura jusqu’en 1870. Jusqu’à cette date exista la possibilité d’être remplacé. En effet, tout conscrit qui avait tiré un « mauvais numéro » (l’obligeant à partir à l’armée) pouvait trouver un remplaçant qui partirait à sa place moyennant une certaine somme d’argent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conscription pour les jeunes hommes était un signe de fierté et de patriotisme. Malgré les contraintes et la longueur du service (cinq ans en moyenne), peu de jeunes gens cherchaient à se faire exempter pour des raisons médicales. En effet, se voir refuser au conseil de révision (''Muschterung'') était un signe de déficience physique sérieuse, donc un signe d’anormalité. Un conscrit réformé avait ainsi peu d’espoir de trouver une épouse et de mener une vie d’adulte normale. Dans de nombreuses localités, il existe toute une hiérarchie dans la jeunesse masculine. À titre d’exemple, à Drusenheim, le jeune homme deux ans avant la conscription commence par être ''Scherzler''. L’année suivante, il devient ''Ecksteinler'' et enfin, l’année de ses dix-neuf ans, il est ''Cunscrit''. La tenue varie selon cette hiérarchie et semble d’ailleurs être empruntée à celle des apprentis de l’Ancien Régime. Les ''Scherzler'' portent une chemise blanche ou de couleur, un pantalon blanc et un tablier (''Scherz'') sur lequel est brodé toute une série de motifs. On y trouve les initiales du jeune homme, la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques. Les ''Ecksteinler'' ont une tenue plus sobre : chemise de couleur et pantalons à petits carreaux. Enfin, les ''Cunscrit'' sont habillés de blanc (pantalon et chemise) et ils portent un chapeau orné de fleurs et de fruits, avec de longs rubans richement brodés. Ces tenues peuvent bien évidemment varier d’une localité à l’autre. Cette coutume resta très vivante jusqu’au XXe siècle avec quelques changements. La forme du service militaire a changé et les conseils de révision ont disparu dans les années 1960, supprimant ainsi l’occasion de rassembler tous les conscrits au chef-lieu de canton.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année de la conscription était considérée comme le couronnement de l’adolescence. Pour préparer l’année de la conscription, les jeunes gens de la même classe d’âge se réunissaient dans une auberge pour élire une sorte de comité des festivités avec un président, un trésorier, un porte-drapeau et un tambour-major. Ils en profitaient également pour sortir et décorer le grand drapeau de la classe. Les conscrits se réunissaient régulièrement, presque toutes les semaines, pour répéter les cortèges dansés, le maniement du drapeau richement décoré et les airs joués par leur fanfare dirigée par le tambour-major.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Souvenir de conscription de David Wittlinger.jpg|cadre|centré|Gouache sur papier, Sundhoffen, 1857. Défilé des conscrits du village, accompagnés par la fanfare et le porte-drapeau. Ils sortent de la brasserie en emportant chacun une carafe de vin. © Musée Alsacien, Ville de Strasbourg, photo M. Bertola.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La célébration de la fête:'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rodolphe Klein, maire de Marlenheim de 1945 à 1971, reçoit le groupe des conscrits à son domicile. Il a déjà tourné plusieurs films amateurs mais sur ce film, ce n’est pas lui qui tient la caméra. Comme il apparaît fréquemment sur le film en étant le personnage central, il a certainement dû prêter sa caméra à quelqu’un d’autre pour filmer l’évènement, il peut donc s’agir de sa femme, d’un ami ou bien d’un adjoint. En revanche, Rodolphe Klein s’occupait de prendre des photos, puisqu’il tient à plusieurs reprises dans ses mains un objet qui semble être un appareil photo.  Après avoir écouté le discours du maire, la bande des conscrits s’élance dans la rue. Les conscrits dansent de plusieurs manières soit en exécutant collectivement des pas sautillants ou ''Hupfschritte''. Ils se tiennent par les épaules et zigzaguent de droite à gauche à travers les rues. En tête du cortège, le porte-drapeau fait claquer son étendard et le tambour-major lance son lourd bâton en le faisant tournoyer avec adresse. Le tout sur fond de musique, scandé de cris violents ou de chansons souvent brutales. Ces chants et ces danses sont certainement l’écho lointain d’un temps où les jeunes garçons devenaient des guerriers prêts à défendre leur communauté. Ces danses de conscrits étaient aussi l’occasion pour les plus habiles de montrer leurs capacités physiques. Ils se livraient alors à des exercices acrobatiques destinés à montrer qu’ils étaient les meilleurs garçons de l’endroit. Même si les rues semblent assez désertes sur ce film. Les danses des conscrits variaient selon les localités, de même que les airs joués durant la fête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cette occasion, les conscrits défilaient dans le village revêtus de leurs plus beaux atours. Les conscrits portent un pantalon blanc, une chemise grise voire noire ainsi qu’un chapeau sombre. Les conscrits portaient des chapeaux souvent spectaculaires, attestés depuis les années 1820. Ces couvre-chefs ont plusieurs formes : tricornes, hauts-de-forme, bérets etc. Le chapeau lui-même, identique pour tous les conscrits, a peu d’importance au fond. Ce qui compte, c’est son décor parfois exubérant avec une base entourée d’une profusion de rubans où l’on retrouve les trois couleurs nationales, mêlées à d’autres teintes vives, le tout d’une grande longueur.  Sur ce film, les conscrits portent un chapeau d’une forme simple, orné de longs rubans reflétant les couleurs du drapeau français. Quant aux membres qui composent la fanfare, ceux-ci portent un costume gris ou noir et certains d’entre eux portent des couvre-chefs (chapeau ou béret). En revanche, les garçons qui composent l’orchestre paraissent beaucoup plus âgés que les conscrits qui les précèdent. Ils ne sont peut-être pas des conscrits eux-mêmes. Le film ne nous dit pas si les conscrits vont à la fin allumer un feu et sauter par-dessus les braises trois fois de suite. Il s’agit là d’un très vieux rite d’initiation par le feu, qui transforme les jeunes gens en hommes à part entière. La présence d’attributs rappelant la nation française est d’autant plus importante en Alsace à cette époque. Cette fête des conscrits à Marlenheim a été filmée en 1951 (date présente sur le drapeau visible à 01 min 41 s), soit six années après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les jeunes hommes présents sur ce film sont certainement nés dans les années 1930 et ont été éduqués par le système nazi, à l’époque où l’Alsace était encore sous la domination du Troisième Reich. Ainsi, cette fête des conscrits est également une fête patriotique au moment où l’Alsace vient tout juste de revenir dans le giron français. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 28 octobre 1997 a supprimé une institution vieille de deux siècles : le service militaire obligatoire. À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
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		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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&lt;div&gt;Gouache sur papier, Sundhoffen, 1857. Défilé des conscrits du village, accompagnés par la fanfare et le porte-drapeau. Ils sortent de la brasserie en emportant chacun une carafe de vin. © Musée Alsacien, Ville de Strasbourg, photo M. Bertola.&lt;/div&gt;</summary>
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|Resume_fr=Célébration de la fête des conscrits à Lembach en 1988.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film débute avec l’arrivée des conscrits qui remontent une route en tracteur. Ils se dirigent vers une maison dans la joie et la bonne humeur. Ils en profitent pour saluer le réalisateur du film, Bernard SPILL, et on peut apercevoir une bouteille d’alcool dans la main d’une fille qui rappelle bien le côté festif de l’évènement. On peut imaginer des chants et des slogans que les conscrits scandent ensemble. Après avoir posé pour des photos ou tout simplement pour la caméra, un jeune conscrit annonce au groupe qu’il est temps de monter dans le tracteur et de partir en vadrouille. Le moyen de locomotion a été spécialement décoré pour l’occasion avec ce qu’il semble être des feuilles de vigne, des drapeaux français et des rubans arborant également les couleurs françaises. Celui qui a mis le tracteur à la disposition des conscrits, certainement le conducteur, doit être un vigneron de Lembach. Plusieurs conscrits se sont assis sur le capot du tracteur, tandis que les autres par manque de place à l’avant sont à l’arrière dans la remorque. Une fois les conscrits partis, le réalisateur pointe sa caméra vers une jeune fille et sa mère qui l’accompagne sur le chemin de l’école. Les conscrits reviennent plus tard vers la maison du départ et à la fin du film, ce n'est plus le conducteur du début qui conduit le tracteur mais bel et bien un conscrit, qui emmène le groupe peut-être pour une dernière parade.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Un mot sur le réalisateur :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Spill est né le 09 décembre 1946 à Lembach. Il a été embauché dans une entreprise locale de revêtement de sol en 1960 sans passer par l’apprentissage. Au cours des années, il s’est perfectionné dans le métier de carrelage et a rejoint en 1970 le groupe Michelin en Allemagne. Il se marie en 1968 à Anne-Lise et de ce mariage sont nés un garçon et deux filles. En 1975, il se met à son compte en tant qu’artisan carreleur jusqu’à sa retraite en 2005, un métier qu’il exerce aux côtés de son épouse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Histoire de la conscription :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le service militaire obligatoire avec la notion de soldat-citoyen au service de la nation apparaît autour de la Révolution Française. Il sera régularisé en 1798 avec la loi Jourdan qui institue la conscription universelle et obligatoire de tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. La loi est basée sur un principe simple : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». Cette loi jugée trop exclusive aboutit en 1804 à la mise en place du système du tirage au sort. Aboli avec la chute de l’Empire en 1815, ce dispositif est réintroduit en 1818. Celle-ci instaure le recrutement sous engagements volontaires. S’ils ne suffisent pas à fournir le contingent, on recourt au tirage au sort, et donc à la conscription, avec le droit, pour celui qui est appelé, de « s’acheter » un remplaçant. Le fonctionnement de la conscription par tirage au sort est basé sur un contingent d’hommes à appeler fixé par canton. Tous les jeunes gens âgés de vingt ans sont convoqués au chef-lieu de leur canton. Chacun va tirer d’une urne un billet portant un numéro imprimé.  Ceux qui ont été retenus seront convoqués au conseil de révision qui déclare les jeunes gens aptes ou inaptes au service militaire.  Si le jeune homme est malgré tout déclaré « bon pour le service », il lui reste la possibilité, s’il en a les moyens, de se faire remplacer en payant quelqu’un pour effectuer le service militaire à sa place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout un cérémonial va se mettre en place autour de la conscription et se développer en Alsace à partir de 1818 avec le retour d’une certaine prospérité des communautés rurales, délivrées momentanément des grandes campagnes militaires françaises. En effet, un jeune homme ne pouvait ni se marier ni commencer sa vie professionnelle avant d’avoir franchi cette étape décisive de sa vie d’homme. Les défilés, les fêtes, les chansons, les farces et les sorties viriles sont plus qu’un grand défoulement avant le départ à l’armée. La périodicité annuelle et l’âge des intéressés font que la conscription va apparaître comme un véritable rite de passage, celui de l’adolescence vers l’âge adulte. La conscription devient donc un rituel indispensable de la vie masculine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le film en lui-même :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film a été réalisé le premier week-end de septembre 1988 qui correspond à la fête du village d'où la présence des conscrits qui, à l’époque du réalisateur, concordait au jour même de la conscription qui a eu lieu au chef-lieu du canton : Wissembourg. Les conscrits sont les jeunes garçons et filles nés en 1970 (classe 70-90) qui, sans passer par la conscription, ont à cœur de faire revivre un évènement vécu par leurs pères. Le personnage barbu en civil, avec une casquette et un blouson noir, fait office de chauffeur et est le père d’un des conscrits. Pour rester dans la tradition de l'épisode, les conscrits se rendent en premier lieu au domicile du premier magistrat qui est le maire, pour la présentation du groupe. Après les recommandations d’usage du maire, exhortant à éviter les excès et maintenir le calme, les conscrits reprennent leur chemin. Ensuite, le groupe fait le tour du village avec quelques arrêts en cour de route, notamment au domicile du réalisateur étant donné que parmi les conscrits se trouvait également son fils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traditionnellement la bande des conscrits, circule dans la campagne en musique et en procession avec des cortèges dansés, zigzagant d’un bord à l’autre de la rue, maniant avec dextérité le drapeau et la canne du tambour-major. Les conscrits abordent les passants, rendent visite à toutes les maisons, ramassent de quoi manger et boire. Dans les villages les plus riches, ils obtiennent même de l’argent. Ils sont généralement bien accueillis. Dans ce film, les conscrits ne dansent malheureusement pas. Il n’y a d’ailleurs pas d’orchestre qui suit le cortège. De plus, dans d’autres fêtes des conscrits, il n’était pas rare de voir un tambour-major faire tournoyer sa canne enrubannée en tête du cortège. Mais cela n’est pas le cas ici.  Par ailleurs, parmi les conscrits présents sur ce film, on peut voir que des filles prennent part au groupe. Habituellement, ce sont uniquement les jeunes hommes qui composent les cortèges des conscrits. Ce film témoigne d’une certaine ouverture et évolution de cette tradition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les attributs des conscrits et de la classe sont présents sur ce film (excepté le bâton du tambour-major). Les conscrits ne sortent jamais sans leur drapeau et leur porte-drapeau. L’étoffe tricolore les précède partout notamment dans les rues du village. Les conscrits portent également un costume ou du moins des signes distinctifs. L’apparition d’un costume propre aux conscrits prouve que ces derniers forment désormais un groupe uni et spécifique. Ici, les conscrits portent un pantalon, une chemise et un tablier brodé (appelé ''Scherz'') qui sont blancs. Sur ce même tablier, on y trouve les initiales du jeune homme (ou de la jeune fille), la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques.  Il n’y a que le chapeau qui est de couleur noire, orné de plumes et de longs rubans richement brodés aux couleurs nationales. C’est vers la fin du XIXe siècle que ce costume apparaît. Dès 1850, le chapeau voit son ornementation se développer. La longueur des rubans augmente considérablement et apparaissent des plumets et des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels. Les conscrits sont tous unis par la même rage de chanter. Chanter, crier, c’est montrer publiquement, de la façon la plus flamboyante possible, l’entrée dans l’âge adulte. Le chant comme la danse ainsi que la consommation de boisson et de nourriture doivent se faire dans l’excès, la démesure. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Conscrits_%C3%A0_Lembach_(0103FI0018)&amp;diff=16088</id>
		<title>Bas:Conscrits à Lembach (0103FI0018)</title>
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		<updated>2020-12-31T16:56:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : Modifié automatiquement depuis la page Bas:Conscrits à Lembach (0103FI0018).&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
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|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
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|thematique=Conscripts&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Célébration de la fête des conscrits à Lembach en 1988.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film débute avec l’arrivée des conscrits qui remontent une route en tracteur. Ils se dirigent vers une maison dans la joie et la bonne humeur. Ils en profitent pour saluer le réalisateur du film, Bernard SPILL, et on peut apercevoir une bouteille d’alcool dans la main d’une fille qui rappelle bien le côté festif de l’évènement. On peut imaginer des chants et des slogans que les conscrits scandent ensemble. Après avoir posé pour des photos ou tout simplement pour la caméra, un jeune conscrit annonce au groupe qu’il est temps de monter dans le tracteur et de partir en vadrouille. Le moyen de locomotion a été spécialement décoré pour l’occasion avec ce qu’il semble être des feuilles de vigne, des drapeaux français et des rubans arborant également les couleurs françaises. Celui qui a mis le tracteur à la disposition des conscrits, certainement le conducteur, doit être un vigneron de Lembach. Plusieurs conscrits se sont assis sur le capot du tracteur, tandis que les autres par manque de place à l’avant sont à l’arrière dans la remorque. Une fois les conscrits partis, le réalisateur pointe sa caméra vers une jeune fille et sa mère qui l’accompagne sur le chemin de l’école. Les conscrits reviennent plus tard vers la maison du départ et à la fin du film, ce n'est plus le conducteur du début qui conduit le tracteur mais bel et bien un conscrit, qui emmène le groupe peut-être pour une dernière parade.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Un mot sur le réalisateur :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard SPILL est né le 09 décembre 1946 à Lembach. Il a été embauché dans une entreprise locale de revêtement de sol en 1960 sans passer par l’apprentissage. Au cours des années, il s’est perfectionné dans le métier de carrelage et a rejoint en 1970 le groupe Michelin en Allemagne. Il se marie en 1968 à Anne-Lise et de ce mariage sont nés un garçon et deux filles. En 1975, il se met à son compte en tant qu’artisan carreleur jusqu’à sa retraite en 2005, un métier qu’il exerce aux côtés de son épouse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Histoire de la conscription :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le service militaire obligatoire avec la notion de soldat-citoyen au service de la nation apparaît autour de la Révolution Française. Il sera régularisé en 1798 avec la loi Jourdan qui institue la conscription universelle et obligatoire de tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. La loi est basée sur un principe simple : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». Cette loi jugée trop exclusive aboutit en 1804 à la mise en place du système du tirage au sort. Aboli avec la chute de l’Empire en 1815, ce dispositif est réintroduit en 1818. Celle-ci instaure le recrutement sous engagements volontaires. S’ils ne suffisent pas à fournir le contingent, on recourt au tirage au sort, et donc à la conscription, avec le droit, pour celui qui est appelé, de « s’acheter » un remplaçant. Le fonctionnement de la conscription par tirage au sort est basé sur un contingent d’hommes à appeler fixé par canton. Tous les jeunes gens âgés de vingt ans sont convoqués au chef-lieu de leur canton. Chacun va tirer d’une urne un billet portant un numéro imprimé.  Ceux qui ont été retenus seront convoqués au conseil de révision qui déclare les jeunes gens aptes ou inaptes au service militaire.  Si le jeune homme est malgré tout déclaré « bon pour le service », il lui reste la possibilité, s’il en a les moyens, de se faire remplacer en payant quelqu’un pour effectuer le service militaire à sa place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout un cérémonial va se mettre en place autour de la conscription et se développer en Alsace à partir de 1818 avec le retour d’une certaine prospérité des communautés rurales, délivrées momentanément des grandes campagnes militaires françaises. En effet, un jeune homme ne pouvait ni se marier ni commencer sa vie professionnelle avant d’avoir franchi cette étape décisive de sa vie d’homme. Les défilés, les fêtes, les chansons, les farces et les sorties viriles sont plus qu’un grand défoulement avant le départ à l’armée. La périodicité annuelle et l’âge des intéressés font que la conscription va apparaître comme un véritable rite de passage, celui de l’adolescence vers l’âge adulte. La conscription devient donc un rituel indispensable de la vie masculine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le film en lui-même :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film a été réalisé le premier week-end de septembre 1988 qui correspond à la fête du village d'où la présence des conscrits qui, à l’époque du réalisateur, concordait au jour même de la conscription qui a eu lieu au chef-lieu du canton : Wissembourg. Les conscrits sont les jeunes garçons et filles nés en 1970 (classe 70-90) qui, sans passer par la conscription, ont à cœur de faire revivre un évènement vécu par leurs pères. Le personnage barbu en civil, avec une casquette et un blouson noir, fait office de chauffeur et est le père d’un des conscrits. Pour rester dans la tradition de l'épisode, les conscrits se rendent en premier lieu au domicile du premier magistrat qui est le maire, pour la présentation du groupe. Après les recommandations d’usage du maire, exhortant à éviter les excès et maintenir le calme, les conscrits reprennent leur chemin. Ensuite, le groupe fait le tour du village avec quelques arrêts en cour de route, notamment au domicile du réalisateur étant donné que parmi les conscrits se trouvait également son fils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traditionnellement la bande des conscrits, circule dans la campagne en musique et en procession avec des cortèges dansés, zigzagant d’un bord à l’autre de la rue, maniant avec dextérité le drapeau et la canne du tambour-major. Les conscrits abordent les passants, rendent visite à toutes les maisons, ramassent de quoi manger et boire. Dans les villages les plus riches, ils obtiennent même de l’argent. Ils sont généralement bien accueillis. Dans ce film, les conscrits ne dansent malheureusement pas. Il n’y a d’ailleurs pas d’orchestre qui suit le cortège. De plus, dans d’autres fêtes des conscrits, il n’était pas rare de voir un tambour-major faire tournoyer sa canne enrubannée en tête du cortège. Mais cela n’est pas le cas ici.  Par ailleurs, parmi les conscrits présents sur ce film, on peut voir que des filles prennent part au groupe. Habituellement, ce sont uniquement les jeunes hommes qui composent les cortèges des conscrits. Ce film témoigne d’une certaine ouverture et évolution de cette tradition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les attributs des conscrits et de la classe sont présents sur ce film (excepté le bâton du tambour-major). Les conscrits ne sortent jamais sans leur drapeau et leur porte-drapeau. L’étoffe tricolore les précède partout notamment dans les rues du village. Les conscrits portent également un costume ou du moins des signes distinctifs. L’apparition d’un costume propre aux conscrits prouve que ces derniers forment désormais un groupe uni et spécifique. Ici, les conscrits portent un pantalon, une chemise et un tablier brodé (appelé ''Scherz'') qui sont blancs. Sur ce même tablier, on y trouve les initiales du jeune homme (ou de la jeune fille), la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques.  Il n’y a que le chapeau qui est de couleur noire, orné de plumes et de longs rubans richement brodés aux couleurs nationales. C’est vers la fin du XIXe siècle que ce costume apparaît. Dès 1850, le chapeau voit son ornementation se développer. La longueur des rubans augmente considérablement et apparaissent des plumets et des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels. Les conscrits sont tous unis par la même rage de chanter. Chanter, crier, c’est montrer publiquement, de la façon la plus flamboyante possible, l’entrée dans l’âge adulte. Le chant comme la danse ainsi que la consommation de boisson et de nourriture doivent se faire dans l’excès, la démesure. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<title>Bas:Conscrits à Lembach (0103FI0018)</title>
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		<updated>2020-12-31T16:56:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Lembach&lt;br /&gt;
|fonds=Spill&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
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|lieux_ou_monuments=Lembach&lt;br /&gt;
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|thematique=Conscripts&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Célébration de la fête des conscrits à Lembach en 1988.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film débute avec l’arrivée des conscrits qui remontent une route en tracteur. Ils se dirigent vers une maison dans la joie et la bonne humeur. Ils en profitent pour saluer le réalisateur du film, Bernard SPILL, et on peut apercevoir une bouteille d’alcool dans la main d’une fille qui rappelle bien le côté festif de l’évènement. On peut imaginer des chants et des slogans que les conscrits scandent ensemble. Après avoir posé pour des photos ou tout simplement pour la caméra, un jeune conscrit annonce au groupe qu’il est temps de monter dans le tracteur et de partir en vadrouille. Le moyen de locomotion a été spécialement décoré pour l’occasion avec ce qu’il semble être des feuilles de vigne, des drapeaux français et des rubans arborant également les couleurs françaises. Celui qui a mis le tracteur à la disposition des conscrits, certainement le conducteur, doit être un vigneron de Lembach. Plusieurs conscrits se sont assis sur le capot du tracteur, tandis que les autres par manque de place à l’avant sont à l’arrière dans la remorque. Une fois les conscrits partis, le réalisateur pointe sa caméra vers une jeune fille et sa mère qui l’accompagne sur le chemin de l’école. Les conscrits reviennent plus tard vers la maison du départ et à la fin du film, ce n'est plus le conducteur du début qui conduit le tracteur mais bel et bien un conscrit, qui emmène le groupe peut-être pour une dernière parade.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Un mot sur le réalisateur :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard SPILL est né le 09 décembre 1946 à Lembach. Il a été embauché dans une entreprise locale de revêtement de sol en 1960 sans passer par l’apprentissage. Au cours des années, il s’est perfectionné dans le métier de carrelage et a rejoint en 1970 le groupe Michelin en Allemagne. Il se marie en 1968 à Anne-Lise et de ce mariage sont nés un garçon et deux filles. En 1975, il se met à son compte en tant qu’artisan carreleur jusqu’à sa retraite en 2005, un métier qu’il exerce aux côtés de son épouse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Histoire de la conscription :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le service militaire obligatoire avec la notion de soldat-citoyen au service de la nation apparaît autour de la Révolution Française. Il sera régularisé en 1798 avec la loi Jourdan qui institue la conscription universelle et obligatoire de tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. La loi est basée sur un principe simple : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». Cette loi jugée trop exclusive aboutit en 1804 à la mise en place du système du tirage au sort. Aboli avec la chute de l’Empire en 1815, ce dispositif est réintroduit en 1818. Celle-ci instaure le recrutement sous engagements volontaires. S’ils ne suffisent pas à fournir le contingent, on recourt au tirage au sort, et donc à la conscription, avec le droit, pour celui qui est appelé, de « s’acheter » un remplaçant. Le fonctionnement de la conscription par tirage au sort est basé sur un contingent d’hommes à appeler fixé par canton. Tous les jeunes gens âgés de vingt ans sont convoqués au chef-lieu de leur canton. Chacun va tirer d’une urne un billet portant un numéro imprimé.  Ceux qui ont été retenus seront convoqués au conseil de révision qui déclare les jeunes gens aptes ou inaptes au service militaire.  Si le jeune homme est malgré tout déclaré « bon pour le service », il lui reste la possibilité, s’il en a les moyens, de se faire remplacer en payant quelqu’un pour effectuer le service militaire à sa place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout un cérémonial va se mettre en place autour de la conscription et se développer en Alsace à partir de 1818 avec le retour d’une certaine prospérité des communautés rurales, délivrées momentanément des grandes campagnes militaires françaises. En effet, un jeune homme ne pouvait ni se marier ni commencer sa vie professionnelle avant d’avoir franchi cette étape décisive de sa vie d’homme. Les défilés, les fêtes, les chansons, les farces et les sorties viriles sont plus qu’un grand défoulement avant le départ à l’armée. La périodicité annuelle et l’âge des intéressés font que la conscription va apparaître comme un véritable rite de passage, celui de l’adolescence vers l’âge adulte. La conscription devient donc un rituel indispensable de la vie masculine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le film en lui-même :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film a été réalisé le premier week-end de septembre 1988 qui correspond à la fête du village d'où la présence des conscrits qui, à l’époque du réalisateur, concordait au jour même de la conscription qui a eu lieu au chef-lieu du canton : Wissembourg. Les conscrits sont les jeunes garçons et filles nés en 1970 (classe 70-90) qui, sans passer par la conscription, ont à cœur de faire revivre un évènement vécu par leurs pères. Le personnage barbu en civil, avec une casquette et un blouson noir, fait office de chauffeur et est le père d’un des conscrits. Pour rester dans la tradition de l'épisode, les conscrits se rendent en premier lieu au domicile du premier magistrat qui est le maire, pour la présentation du groupe. Après les recommandations d’usage du maire, exhortant à éviter les excès et maintenir le calme, les conscrits reprennent leur chemin. Ensuite, le groupe fait le tour du village avec quelques arrêts en cour de route, notamment au domicile du réalisateur étant donné que parmi les conscrits se trouvait également son fils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traditionnellement la bande des conscrits, circule dans la campagne en musique et en procession avec des cortèges dansés, zigzagant d’un bord à l’autre de la rue, maniant avec dextérité le drapeau et la canne du tambour-major. Les conscrits abordent les passants, rendent visite à toutes les maisons, ramassent de quoi manger et boire. Dans les villages les plus riches, ils obtiennent même de l’argent. Ils sont généralement bien accueillis. Dans ce film, les conscrits ne dansent malheureusement pas. Il n’y a d’ailleurs pas d’orchestre qui suit le cortège. De plus, dans d’autres fêtes des conscrits, il n’était pas rare de voir un tambour-major faire tournoyer sa canne enrubannée en tête du cortège. Mais cela n’est pas le cas ici.  Par ailleurs, parmi les conscrits présents sur ce film, on peut voir que des filles prennent part au groupe. Habituellement, ce sont uniquement les jeunes hommes qui composent les cortèges des conscrits. Ce film témoigne d’une certaine ouverture et évolution de cette tradition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les attributs des conscrits et de la classe sont présents sur ce film (excepté le bâton du tambour-major). Les conscrits ne sortent jamais sans leur drapeau et leur porte-drapeau. L’étoffe tricolore les précède partout notamment dans les rues du village. Les conscrits portent également un costume ou du moins des signes distinctifs. L’apparition d’un costume propre aux conscrits prouve que ces derniers forment désormais un groupe uni et spécifique. Ici, les conscrits portent un pantalon, une chemise et un tablier brodé (appelé ''Scherz'') qui sont blancs. Sur ce même tablier, on y trouve les initiales du jeune homme (ou de la jeune fille), la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques.  Il n’y a que le chapeau qui est de couleur noire, orné de plumes et de longs rubans richement brodés aux couleurs nationales. C’est vers la fin du XIXe siècle que ce costume apparaît. Dès 1850, le chapeau voit son ornementation se développer. La longueur des rubans augmente considérablement et apparaissent des plumets et des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels. Les conscrits sont tous unis par la même rage de chanter. Chanter, crier, c’est montrer publiquement, de la façon la plus flamboyante possible, l’entrée dans l’âge adulte. Le chant comme la danse ainsi que la consommation de boisson et de nourriture doivent se faire dans l’excès, la démesure. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Conscrits_%C3%A0_Marlenheim_(0019FH0031)&amp;diff=16086</id>
		<title>Conscrits à Marlenheim (0019FH0031)</title>
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		<updated>2020-12-31T15:10:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : Modifié automatiquement depuis la page Bas:Conscrits à Marlenheim (0019FH0031).&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Marlenheim&lt;br /&gt;
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|dateDebut=1950&lt;br /&gt;
|dateFin=1951&lt;br /&gt;
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|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
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|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Klein, Rodolphe&lt;br /&gt;
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|evenements_filmes_ou_en_lien=Fête des conscrits&lt;br /&gt;
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|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
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|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Conscripts&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Célébration de la fête des conscrits à Marlenheim en 1951.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film commence avec un plan sur un personnage important, Rodolphe Klein, qui était le maire de Marlenheim à l’époque. Nous pouvons ensuite observer les conscrits qui s’amusent et qui dansent. Ils viennent tout juste d’arriver à la demeure du maire pour écouter son discours et profiter d’un pot. Le maire du village dans son discours doit certainement exprimer la joie qu’il éprouve de recevoir les conscrits tout comme les exhorter à éviter les excès et à maintenir le calme. L’élu du village en profite pur exécuter quelques pas de danse avec sa femme devant les conscrits. Une fois le pot terminé, les conscrits quitte le domicile du maire et reprennent leur chemin. Le cortège s’élance dans la rue avec l’orchestre qui joue de la musique et les conscrits qui dansent. Enfin, le film se termine avec un plan sur une grande maison et une voiture berline noire.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=La tradition des conscrits, encore bien vivante dans beaucoup de localités alsaciennes, remonte à l’instauration du service militaire obligatoire et universel, c’est-à-dire à la loi Jourdan du 5 septembre 1798. En dialecte alsacien on appelle les conscrits avec des termes d’origine française : ''Cunscrit'', ''Gusgri'' etc.  En Haute-Alsace, on parle souvent de Melissa, ''Malissen''. Dans chaque paroisse, entre 1691 et 1760, on tirait au sort un certain nombre de miliciens, d’où le nom dialectal. La conscription devint réellement un évènement essentiel dans la vie des jeunes gens quand les armées révolutionnaires puis impériales recrutèrent de plus en plus de soldats qui parcourent toute l’Europe. Tous les jeunes, âgés de 20 à 25 ans, devaient partir à l’armée. Chaque département devait fournir un contingent annuel proportionnel à sa population et réparti par cantons. Le tirage au sort désignait ceux qui devaient partir sous les drapeaux. Ce système, aboli entre 1815 et 1818 au profit d’une armée d’engagés volontaires comme sous l’Ancien Régime, dura jusqu’en 1870. Jusqu’à cette date exista la possibilité d’être remplacé. En effet, tout conscrit qui avait tiré un « mauvais numéro » (l’obligeant à partir à l’armée) pouvait trouver un remplaçant qui partirait à sa place moyennant une certaine somme d’argent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conscription pour les jeunes hommes était un signe de fierté et de patriotisme. Malgré les contraintes et la longueur du service (cinq ans en moyenne), peu de jeunes gens cherchaient à se faire exempter pour des raisons médicales. En effet, se voir refuser au conseil de révision (''Muschterung'') était un signe de déficience physique sérieuse, donc un signe d’anormalité. Un conscrit réformé avait ainsi peu d’espoir de trouver une épouse et de mener une vie d’adulte normale. Dans de nombreuses localités, il existe toute une hiérarchie dans la jeunesse masculine. À titre d’exemple, à Drusenheim, le jeune homme deux ans avant la conscription commence par être ''Scherzler''. L’année suivante, il devient ''Ecksteinler'' et enfin, l’année de ses dix-neuf ans, il est ''Cunscrit''. La tenue varie selon cette hiérarchie et semble d’ailleurs être empruntée à celle des apprentis de l’Ancien Régime. Les ''Scherzler'' portent une chemise blanche ou de couleur, un pantalon blanc et un tablier (''Scherz'') sur lequel est brodé toute une série de motifs. On y trouve les initiales du jeune homme, la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques. Les ''Ecksteinler'' ont une tenue plus sobre : chemise de couleur et pantalons à petits carreaux. Enfin, les ''Cunscrit'' sont habillés de blanc (pantalon et chemise) et ils portent un chapeau orné de fleurs et de fruits, avec de longs rubans richement brodés. Ces tenues peuvent bien évidemment varier d’une localité à l’autre. Cette coutume resta très vivante jusqu’au XXe siècle avec quelques changements. La forme du service militaire a changé et les conseils de révision ont disparu dans les années 1960, supprimant ainsi l’occasion de rassembler tous les conscrits au chef-lieu de canton.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année de la conscription était considérée comme le couronnement de l’adolescence. Pour préparer l’année de la conscription, les jeunes gens de la même classe d’âge se réunissaient dans une auberge pour élire une sorte de comité des festivités avec un président, un trésorier, un porte-drapeau et un tambour-major. Ils en profitaient également pour sortir et décorer le grand drapeau de la classe. Les conscrits se réunissaient régulièrement, presque toutes les semaines, pour répéter les cortèges dansés, le maniement du drapeau richement décoré et les airs joués par leur fanfare dirigée par le tambour-major.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La célébration de la fête:'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rodolphe Klein, maire de Marlenheim de 1945 à 1971, reçoit le groupe des conscrits à son domicile. Il a déjà tourné plusieurs films amateurs mais sur ce film, ce n’est pas lui qui tient la caméra. Comme il apparaît fréquemment sur le film en étant le personnage central, il a certainement dû prêter sa caméra à quelqu’un d’autre pour filmer l’évènement, il peut donc s’agir de sa femme, d’un ami ou bien d’un adjoint. En revanche, Rodolphe Klein s’occupait de prendre des photos, puisqu’il tient à plusieurs reprises dans ses mains un objet qui semble être un appareil photo.  Après avoir écouté le discours du maire, la bande des conscrits s’élance dans la rue. Les conscrits dansent de plusieurs manières soit en exécutant collectivement des pas sautillants ou ''Hupfschritte''. Ils se tiennent par les épaules et zigzaguent de droite à gauche à travers les rues. En tête du cortège, le porte-drapeau fait claquer son étendard et le tambour-major lance son lourd bâton en le faisant tournoyer avec adresse. Le tout sur fond de musique, scandé de cris violents ou de chansons souvent brutales. Ces chants et ces danses sont certainement l’écho lointain d’un temps où les jeunes garçons devenaient des guerriers prêts à défendre leur communauté. Ces danses de conscrits étaient aussi l’occasion pour les plus habiles de montrer leurs capacités physiques. Ils se livraient alors à des exercices acrobatiques destinés à montrer qu’ils étaient les meilleurs garçons de l’endroit. Même si les rues semblent assez désertes sur ce film. Les danses des conscrits variaient selon les localités, de même que les airs joués durant la fête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cette occasion, les conscrits défilaient dans le village revêtus de leurs plus beaux atours. Les conscrits portent un pantalon blanc, une chemise grise voire noire ainsi qu’un chapeau sombre. Les conscrits portaient des chapeaux souvent spectaculaires, attestés depuis les années 1820. Ces couvre-chefs ont plusieurs formes : tricornes, hauts-de-forme, bérets etc. Le chapeau lui-même, identique pour tous les conscrits, a peu d’importance au fond. Ce qui compte, c’est son décor parfois exubérant avec une base entourée d’une profusion de rubans où l’on retrouve les trois couleurs nationales, mêlées à d’autres teintes vives, le tout d’une grande longueur.  Sur ce film, les conscrits portent un chapeau d’une forme simple, orné de longs rubans reflétant les couleurs du drapeau français. Quant aux membres qui composent la fanfare, ceux-ci portent un costume gris ou noir et certains d’entre eux portent des couvre-chefs (chapeau ou béret). En revanche, les garçons qui composent l’orchestre paraissent beaucoup plus âgés que les conscrits qui les précèdent. Ils ne sont peut-être pas des conscrits eux-mêmes. Le film ne nous dit pas si les conscrits vont à la fin allumer un feu et sauter par-dessus les braises trois fois de suite. Il s’agit là d’un très vieux rite d’initiation par le feu, qui transforme les jeunes gens en hommes à part entière. La présence d’attributs rappelant la nation française est d’autant plus importante en Alsace à cette époque. Cette fête des conscrits à Marlenheim a été filmée en 1951 (date présente sur le drapeau visible à 01 min 41 s), soit six années après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les jeunes hommes présents sur ce film sont certainement nés dans les années 1930 et ont été éduqués par le système nazi, à l’époque où l’Alsace était encore sous la domination du Troisième Reich. Ainsi, cette fête des conscrits est également une fête patriotique au moment où l’Alsace vient tout juste de revenir dans le giron français. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 28 octobre 1997 a supprimé une institution vieille de deux siècles : le service militaire obligatoire. À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<title>Conscrits à Marlenheim (0019FH0031)</title>
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		<updated>2020-12-31T15:10:06Z</updated>

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&lt;hr /&gt;
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|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Marlenheim&lt;br /&gt;
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|Description_fr=Le film commence avec un plan sur un personnage important, Rodolphe Klein, qui était le maire de Marlenheim à l’époque. Nous pouvons ensuite observer les conscrits qui s’amusent et qui dansent. Ils viennent tout juste d’arriver à la demeure du maire pour écouter son discours et profiter d’un pot. Le maire du village dans son discours doit certainement exprimer la joie qu’il éprouve de recevoir les conscrits tout comme les exhorter à éviter les excès et à maintenir le calme. L’élu du village en profite pur exécuter quelques pas de danse avec sa femme devant les conscrits. Une fois le pot terminé, les conscrits quitte le domicile du maire et reprennent leur chemin. Le cortège s’élance dans la rue avec l’orchestre qui joue de la musique et les conscrits qui dansent. Enfin, le film se termine avec un plan sur une grande maison et une voiture berline noire.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=La tradition des conscrits, encore bien vivante dans beaucoup de localités alsaciennes, remonte à l’instauration du service militaire obligatoire et universel, c’est-à-dire à la loi Jourdan du 5 septembre 1798. En dialecte alsacien on appelle les conscrits avec des termes d’origine française : ''Cunscrit'', ''Gusgri'' etc.  En Haute-Alsace, on parle souvent de Melissa, ''Malissen''. Dans chaque paroisse, entre 1691 et 1760, on tirait au sort un certain nombre de miliciens, d’où le nom dialectal. La conscription devint réellement un évènement essentiel dans la vie des jeunes gens quand les armées révolutionnaires puis impériales recrutèrent de plus en plus de soldats qui parcourent toute l’Europe. Tous les jeunes, âgés de 20 à 25 ans, devaient partir à l’armée. Chaque département devait fournir un contingent annuel proportionnel à sa population et réparti par cantons. Le tirage au sort désignait ceux qui devaient partir sous les drapeaux. Ce système, aboli entre 1815 et 1818 au profit d’une armée d’engagés volontaires comme sous l’Ancien Régime, dura jusqu’en 1870. Jusqu’à cette date exista la possibilité d’être remplacé. En effet, tout conscrit qui avait tiré un « mauvais numéro » (l’obligeant à partir à l’armée) pouvait trouver un remplaçant qui partirait à sa place moyennant une certaine somme d’argent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conscription pour les jeunes hommes était un signe de fierté et de patriotisme. Malgré les contraintes et la longueur du service (cinq ans en moyenne), peu de jeunes gens cherchaient à se faire exempter pour des raisons médicales. En effet, se voir refuser au conseil de révision (''Muschterung'') était un signe de déficience physique sérieuse, donc un signe d’anormalité. Un conscrit réformé avait ainsi peu d’espoir de trouver une épouse et de mener une vie d’adulte normale. Dans de nombreuses localités, il existe toute une hiérarchie dans la jeunesse masculine. À titre d’exemple, à Drusenheim, le jeune homme deux ans avant la conscription commence par être ''Scherzler''. L’année suivante, il devient ''Ecksteinler'' et enfin, l’année de ses dix-neuf ans, il est ''Cunscrit''. La tenue varie selon cette hiérarchie et semble d’ailleurs être empruntée à celle des apprentis de l’Ancien Régime. Les ''Scherzler'' portent une chemise blanche ou de couleur, un pantalon blanc et un tablier (''Scherz'') sur lequel est brodé toute une série de motifs. On y trouve les initiales du jeune homme, la classe d’âge et divers décors floraux ou géométriques. Les ''Ecksteinler'' ont une tenue plus sobre : chemise de couleur et pantalons à petits carreaux. Enfin, les ''Cunscrit'' sont habillés de blanc (pantalon et chemise) et ils portent un chapeau orné de fleurs et de fruits, avec de longs rubans richement brodés. Ces tenues peuvent bien évidemment varier d’une localité à l’autre. Cette coutume resta très vivante jusqu’au XXe siècle avec quelques changements. La forme du service militaire a changé et les conseils de révision ont disparu dans les années 1960, supprimant ainsi l’occasion de rassembler tous les conscrits au chef-lieu de canton.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année de la conscription était considérée comme le couronnement de l’adolescence. Pour préparer l’année de la conscription, les jeunes gens de la même classe d’âge se réunissaient dans une auberge pour élire une sorte de comité des festivités avec un président, un trésorier, un porte-drapeau et un tambour-major. Ils en profitaient également pour sortir et décorer le grand drapeau de la classe. Les conscrits se réunissaient régulièrement, presque toutes les semaines, pour répéter les cortèges dansés, le maniement du drapeau richement décoré et les airs joués par leur fanfare dirigée par le tambour-major.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La célébration de la fête:'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rodolphe Klein, maire de Marlenheim de 1945 à 1971, reçoit le groupe des conscrits à son domicile. Il a déjà tourné plusieurs films amateurs mais sur ce film, ce n’est pas lui qui tient la caméra. Comme il apparaît fréquemment sur le film en étant le personnage central, il a certainement dû prêter sa caméra à quelqu’un d’autre pour filmer l’évènement, il peut donc s’agir de sa femme, d’un ami ou bien d’un adjoint. En revanche, Rodolphe Klein s’occupait de prendre des photos, puisqu’il tient à plusieurs reprises dans ses mains un objet qui semble être un appareil photo.  Après avoir écouté le discours du maire, la bande des conscrits s’élance dans la rue. Les conscrits dansent de plusieurs manières soit en exécutant collectivement des pas sautillants ou ''Hupfschritte''. Ils se tiennent par les épaules et zigzaguent de droite à gauche à travers les rues. En tête du cortège, le porte-drapeau fait claquer son étendard et le tambour-major lance son lourd bâton en le faisant tournoyer avec adresse. Le tout sur fond de musique, scandé de cris violents ou de chansons souvent brutales. Ces chants et ces danses sont certainement l’écho lointain d’un temps où les jeunes garçons devenaient des guerriers prêts à défendre leur communauté. Ces danses de conscrits étaient aussi l’occasion pour les plus habiles de montrer leurs capacités physiques. Ils se livraient alors à des exercices acrobatiques destinés à montrer qu’ils étaient les meilleurs garçons de l’endroit. Même si les rues semblent assez désertes sur ce film. Les danses des conscrits variaient selon les localités, de même que les airs joués durant la fête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cette occasion, les conscrits défilaient dans le village revêtus de leurs plus beaux atours. Les conscrits portent un pantalon blanc, une chemise grise voire noire ainsi qu’un chapeau sombre. Les conscrits portaient des chapeaux souvent spectaculaires, attestés depuis les années 1820. Ces couvre-chefs ont plusieurs formes : tricornes, hauts-de-forme, bérets etc. Le chapeau lui-même, identique pour tous les conscrits, a peu d’importance au fond. Ce qui compte, c’est son décor parfois exubérant avec une base entourée d’une profusion de rubans où l’on retrouve les trois couleurs nationales, mêlées à d’autres teintes vives, le tout d’une grande longueur.  Sur ce film, les conscrits portent un chapeau d’une forme simple, orné de longs rubans reflétant les couleurs du drapeau français. Quant aux membres qui composent la fanfare, ceux-ci portent un costume gris ou noir et certains d’entre eux portent des couvre-chefs (chapeau ou béret). En revanche, les garçons qui composent l’orchestre paraissent beaucoup plus âgés que les conscrits qui les précèdent. Ils ne sont peut-être pas des conscrits eux-mêmes. Le film ne nous dit pas si les conscrits vont à la fin allumer un feu et sauter par-dessus les braises trois fois de suite. Il s’agit là d’un très vieux rite d’initiation par le feu, qui transforme les jeunes gens en hommes à part entière. La présence d’attributs rappelant la nation française est d’autant plus importante en Alsace à cette époque. Cette fête des conscrits à Marlenheim a été filmée en 1951 (date présente sur le drapeau visible à 01 min 41 s), soit six années après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les jeunes hommes présents sur ce film sont certainement nés dans les années 1930 et ont été éduqués par le système nazi, à l’époque où l’Alsace était encore sous la domination du Troisième Reich. Ainsi, cette fête des conscrits est également une fête patriotique au moment où l’Alsace vient tout juste de revenir dans le giron français. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 28 octobre 1997 a supprimé une institution vieille de deux siècles : le service militaire obligatoire. À partir de 2002, il n’y a plus officiellement d’appelés et donc de conscrits. On aurait pu imaginer la disparition pure et simple de cette coutume séculaire, et son cortège de fêtes et d’animations dans les villages de l’Alsace. Mais ce rituel traditionnel lié au passage à l’âge adulte se maintient dans certains villages. Il permet maintenant, dissocié de sa coloration patriotique, de resserrer les liens entre les jeunes d’une même classe d’âge au sein d’une communauté villageoise.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CRÉPIN Annie, ''Histoire de la conscription'', Paris, Gallimard, 2009, p. 120-126.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace : coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P, 1993, p. 33-40.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions et coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Du Donon, 2013, p. 3-4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, &amp;quot;Bons pour la fête : les rituels de la conscription en Alsace&amp;quot;, dans ''Revue d’Alsace'', n°141, Strasbourg, 2015, p. 363-377&lt;br /&gt;
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		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film a été réalisé par Jean-Daniel Jung à la fin de la guerre d’Algérie. Ce conflit opposa les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débuta en 1954 et se termina en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représentait une atteinte à son rang de grande puissance, construite notamment sur sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie était la pièce maîtresse de ce dispositif et était la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Un tournant décisif eut lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé, au profit de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». En revanche en Algérie, on parlait bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 1er novembre 1954. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Deux conscrits à Alger en 1962'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (deux hommes et une femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La personne qui tient la caméra se nomme  Jean-Daniel Jung, il apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Il est né le 5 février 1938 à Strasbourg, deuxième d’une famille de quatre enfants. Il a effectué sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell en Algérie. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des chaînes de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 3 juin 2007. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son camarade, à gauche au début du film, se nomme Freddy Schwoerer. Il a entamé  son service militaire en février 1961 en passant d'abord environ 4 mois à Nancy puis est arrivé en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bougon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat, sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Freddy Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 1962 où ces adultes se détendent à la mer dans la joie et la bonne humeur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 2 mai 1962 eut lieu à cet endroit un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendaient de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a été chargé de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et a même confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en vérité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques et éviter des protestations, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse pour les personnes présentes en Algérie et que les enjeux politiques étaient élevés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 1er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement Provisoire de la République Algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 1er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 5 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 5 juillet chasse le 5 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert et blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent les pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de Libération Nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment la joie à Alger, mais ce 5 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 5 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la fin de juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remerciements :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je remercie très sincèrement Monsieur Frank Jung, le frère du réalisateur, ainsi que Monsieur Freddy Schwoerer pour leur très grande collaboration. Ils ont su me fournir toutes les informations nécessaires pour la compréhension du film et la rédaction de cette fiche.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-15T14:00:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
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|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Jung, Jean-Daniel&lt;br /&gt;
|apercu=Algérie62.jpg&lt;br /&gt;
|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-05-03&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance, une position qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1938 à Strasbourg et est le deuxième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell en Algérie. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des chaînes de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bougon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes se détendent à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et a même confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en vérité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques et éviter des protestations, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse pour les personnes présentes en Algérie et que les intérêts politiques étaient importants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement Provisoire de la République Algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert et blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent les pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de Libération Nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la fin de juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remerciements :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je remercie très sincèrement Monsieur Frank Jung, le frère du réalisateur, ainsi que Monsieur Freddy Schwoerer pour leur très grande collaboration. Ils ont su me fournir toutes les informations nécessaires pour la compréhension du film et la rédaction de cette fiche.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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	<entry>
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		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-14T13:37:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Jung, Jean-Daniel&lt;br /&gt;
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|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
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|datesignature=2020-05-03&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance, une position qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell en Algérie. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des chaînes de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bougon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes se détendent à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et a même confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en vérité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques et éviter des protestations, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse pour les personnes présentes en Algérie et que les intérêts politiques étaient importants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement Provisoire de la République Algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert et blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent les pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de Libération Nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la fin de juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remerciements :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je remercie très sincèrement Monsieur Frank Jung, le frère du réalisateur, ainsi que Monsieur Freddy Schwoerer pour leur très grande collaboration. Ils ont su me fournir toutes les informations nécessaires pour la compréhension du film et la rédaction de cette fiche.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-13T14:20:43Z</updated>

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|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance, une position qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell en Algérie. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des chaînes de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes se détendent à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et a même confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en vérité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques et éviter des protestations, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse pour les personnes présentes en Algérie et que les intérêts politiques étaient importants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement Provisoire de la République Algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert et blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent les pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de Libération Nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la fin de juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remerciements :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je remercie très sincèrement Monsieur Frank Jung, le frère du réalisateur, ainsi que Monsieur Freddy Schwoerer pour leur très grande collaboration. Ils ont su me fournir toutes les informations nécessaires pour la compréhension du film et la rédaction de cette fiche.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Sc%C3%A8nes_de_liesse_%C3%A0_Alger_(0130FH0004)&amp;diff=14715</id>
		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-10T16:31:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
|fonds=Jung-Becker&lt;br /&gt;
|idSupport=0130FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=1962&lt;br /&gt;
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|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Jung, Jean-Daniel&lt;br /&gt;
|apercu=Algérie62.jpg&lt;br /&gt;
|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-05-03&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance, une position qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
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Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell en Algérie. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des chaînes de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes se détendent à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et a même confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en vérité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques et éviter des protestations, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse pour les personnes présentes en Algérie et que les intérêts politiques étaient importants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert et blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remerciements :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je remercie très sincèrement Monsieur Frank Jung, le frère du réalisateur, ainsi que Monsieur Freddy Schwoerer pour leur très grande collaboration. Ils ont su me fournir toutes les informations nécessaires pour la compréhension du film et la rédaction de cette fiche.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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	<entry>
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		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-09T16:40:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Jung, Jean-Daniel&lt;br /&gt;
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|datesignature=2020-05-03&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance, une position qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell en Algérie. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des chaînes de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes se détendent à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et a même confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en vérité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques et éviter des protestations, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse pour les personnes présentes en Algérie et que les intérêts politiques étaient importants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert et blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remerciements :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je remercie très sincèrement Monsieur Frank Jung, le frère du réalisateur, ainsi que Monsieur Freddy Schwoerer pour leur très grande collaboration. Ils ont su me fournir toutes les informations nécessaires pour la compréhension du film et la rédaction de cette fiche.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-08T14:32:55Z</updated>

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|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance, une position qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell en Algérie. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des chaînes de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et a même confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en vérité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques et éviter des protestations, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse pour les personnes présentes en Algérie et que les intérêts politiques étaient importants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert et blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remerciements :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je remercie très sincèrement Monsieur Frank Jung, le frère du réalisateur, ainsi que Monsieur Freddy Schwoerer pour leur très grande collaboration. Ils ont su me fournir toutes les informations nécessaires pour la compréhension du film et la rédaction de cette fiche.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Sc%C3%A8nes_de_liesse_%C3%A0_Alger_(0130FH0004)&amp;diff=14606</id>
		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Sc%C3%A8nes_de_liesse_%C3%A0_Alger_(0130FH0004)&amp;diff=14606"/>
		<updated>2020-05-05T15:00:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
|fonds=Jung-Becker&lt;br /&gt;
|idSupport=0130FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=1962&lt;br /&gt;
|video=0130FH0004_1&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Jung, Jean-Daniel&lt;br /&gt;
|apercu=Algérie62.jpg&lt;br /&gt;
|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-05-03&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance, une position qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
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Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell en Algérie. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des chaînes de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et a même confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en vérité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques et éviter des protestations, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse pour les personnes présentes en Algérie et que les intérêts politiques étaient importants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert et blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-05T14:58:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
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|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance, une position qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell en Algérie. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des chaînes de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et a même confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en vérité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse pour les personnes présentes en Algérie et que les intérêts politiques étaient importants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert et blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
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		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-05T14:57:05Z</updated>

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|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance, une position qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell en Algérie. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des chaînes de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et a même confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en vérité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse pour les personnes présentes en Algérie et que les intérêts politiques à cette époque sont importants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert et blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Sc%C3%A8nes_de_liesse_%C3%A0_Alger_(0130FH0004)&amp;diff=14603</id>
		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-05T14:56:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
|fonds=Jung-Becker&lt;br /&gt;
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|dateDebut=1962&lt;br /&gt;
|video=0130FH0004_1&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Jung, Jean-Daniel&lt;br /&gt;
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|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-05-03&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance, une position qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
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'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
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Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell en Algérie. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des chaînes de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et a même confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en vérité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse pour les personnes présentes en Algérie et que les intérêts politiques sont importants.&lt;br /&gt;
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'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert et blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-05T14:50:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
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|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance, une position qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell en Algérie. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des chaînes de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et a même confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en vérité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse et marquante pour celles et ceux qui étaient en Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert et blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
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		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance, une position qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell en Algérie. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des chaînes de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et a même confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en réalité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse et marquante pour celles et ceux qui étaient en Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert et blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Sc%C3%A8nes_de_liesse_%C3%A0_Alger_(0130FH0004)&amp;diff=14600</id>
		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-05T14:47:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
|fonds=Jung-Becker&lt;br /&gt;
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|dateDebut=1962&lt;br /&gt;
|video=0130FH0004_1&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Jung, Jean-Daniel&lt;br /&gt;
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|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-05-03&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance, une position qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
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'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
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Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell en Algérie. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des chaînes de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en réalité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse et marquante pour celles et ceux qui étaient en Algérie.&lt;br /&gt;
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'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert et blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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	<entry>
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		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-05T14:41:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
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|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance, une position qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des Chaines de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en réalité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse et marquante pour celles et ceux qui étaient en Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert et blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
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		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-05T14:37:24Z</updated>

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|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance, une position qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des Chaines de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en réalité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse et marquante pour celles et ceux qui étaient en Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Sc%C3%A8nes_de_liesse_%C3%A0_Alger_(0130FH0004)&amp;diff=14533</id>
		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-03T16:36:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
|fonds=Jung-Becker&lt;br /&gt;
|idSupport=0130FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=1962&lt;br /&gt;
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|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Jung, Jean-Daniel&lt;br /&gt;
|apercu=Algérie62.jpg&lt;br /&gt;
|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-05-03&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
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'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
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Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des Chaines de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est en réalité un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en réalité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse et marquante pour celles et ceux qui étaient en Algérie.&lt;br /&gt;
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'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-03T16:35:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
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|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des Chaines de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger est un endroit très marquant aux yeux du réalisateur. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en réalité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse et marquante pour celles et ceux qui étaient en Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
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		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-03T16:32:51Z</updated>

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|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des Chaines de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur la darse de l'Amirauté (îlot de la Marine) qui est la partie la plus ancienne du port. Il filme également les alentours ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger, que le réalisateur filme certes pour sa beauté, est beaucoup plus marquant à ses yeux. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en réalité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse et marquante pour celles et ceux qui étaient en Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Sc%C3%A8nes_de_liesse_%C3%A0_Alger_(0130FH0004)&amp;diff=14530</id>
		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-03T16:25:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
|fonds=Jung-Becker&lt;br /&gt;
|idSupport=0130FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=1962&lt;br /&gt;
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|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Jung, Jean-Daniel&lt;br /&gt;
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|username=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|userrealname=Brendan Caniapin-Ellapa&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-05-03&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
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'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
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Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des Chaines de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur l’îlot de la Marine qui est la darse de l’Amirauté. Il filme également les alentours du port ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette première partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger, que le réalisateur filme certes pour sa beauté, est beaucoup plus marquant à ses yeux. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en réalité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse et marquante pour celles et ceux qui étaient en Algérie.&lt;br /&gt;
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'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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	<entry>
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		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-03T16:23:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : Modifié automatiquement depuis la page Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004).&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
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|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des Chaines de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur l’îlot de la Marine qui est la darse de l’Amirauté. Il filme également les alentours du port ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette première partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger, que le réalisateur filme certes pour sa beauté, est beaucoup plus marquant à ses yeux. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en réalité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse et marquante pour celles et ceux qui étaient en Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent également l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
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		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-02T15:38:55Z</updated>

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|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des Chaines de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961. Il passe d'abord environ 4 mois à Nancy puis arrive en Algérie en juin 1961. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur l’îlot de la Marine qui est la darse de l’Amirauté. Il filme également les alentours du port ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette première partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger, que le réalisateur filme certes pour sa beauté, est beaucoup plus marquant à ses yeux. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ouvrent le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en réalité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse et marquante pour celles et ceux qui étaient en Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur ''haïk'' (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des ''djounoud'' (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent également l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans les rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Sc%C3%A8nes_de_liesse_%C3%A0_Alger_(0130FH0004)&amp;diff=14465</id>
		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Sc%C3%A8nes_de_liesse_%C3%A0_Alger_(0130FH0004)&amp;diff=14465"/>
		<updated>2020-05-02T15:32:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
|fonds=Jung-Becker&lt;br /&gt;
|idSupport=0130FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=1962&lt;br /&gt;
|video=0130FH0004_1&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:16:53&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Jung, Jean-Daniel&lt;br /&gt;
|apercu=Algérie62.jpg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars).  [[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
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'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
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Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des Chaines de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961et passe environ 4 mois à Nancy. C’est en juin 1961 qu’il arrive en Algérie. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, le Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur l’îlot de la Marine qui est la darse de l’Amirauté. Il filme également les alentours du port ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette première partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger, que le réalisateur filme certes pour sa beauté, est beaucoup plus marquant à ses yeux. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ont ouvert le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en réalité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse et marquante pour celles et ceux qui étaient en Algérie.&lt;br /&gt;
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'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur haïk (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des djounoud (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent également l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Sc%C3%A8nes_de_liesse_%C3%A0_Alger_(0130FH0004)&amp;diff=14464</id>
		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-02T15:24:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : Annulation des modifications 14462 de Brendan Caniapin-Ellapa (discussion)&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
|fonds=Jung-Becker&lt;br /&gt;
|idSupport=0130FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=1962&lt;br /&gt;
|video=0130FH0004_1&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Jung, Jean-Daniel&lt;br /&gt;
|apercu=Algérie62.jpg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars). &lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des Chaines de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961et passe environ 4 mois à Nancy. C’est en juin 1961 qu’il arrive en Algérie. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, le Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur l’îlot de la Marine qui est la darse de l’Amirauté. Il filme également les alentours du port ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette première partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger, que le réalisateur filme certes pour sa beauté, est beaucoup plus marquant à ses yeux. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ont ouvert le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en réalité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse et marquante pour celles et ceux qui étaient en Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur haïk (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des djounoud (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent également l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Fichier:Le Figaro du 19 mars 1962.jpg</title>
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		<updated>2020-05-02T14:43:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : Page de titre du Figaro annonçant le cessez-le-feu à midi en Algérie le 19 mars 1962.
Source : http://l.auberge.espagnole.free.fr/afn0030.htm&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Page de titre du Figaro annonçant le cessez-le-feu à midi en Algérie le 19 mars 1962.&lt;br /&gt;
Source : http://l.auberge.espagnole.free.fr/afn0030.htm&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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		<updated>2020-05-02T14:26:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
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|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des Chaines de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961et passe environ 4 mois à Nancy. C’est en juin 1961 qu’il arrive en Algérie. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, le Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur l’îlot de la Marine qui est la darse de l’Amirauté. Il filme également les alentours du port ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette première partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger, que le réalisateur filme certes pour sa beauté, est beaucoup plus marquant à ses yeux. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ont ouvert le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en réalité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse et marquante pour celles et ceux qui étaient en Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur haïk (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des djounoud (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent également l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Sc%C3%A8nes_de_liesse_%C3%A0_Alger_(0130FH0004)&amp;diff=14461</id>
		<title>Bas:Scènes de liesse à Alger (0130FH0004)</title>
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		<updated>2020-05-02T14:23:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Brendan Caniapin-Ellapa : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Scènes de liesse à Alger&lt;br /&gt;
|fonds=Jung-Becker&lt;br /&gt;
|idSupport=0130FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=1962&lt;br /&gt;
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|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
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|duree=00:16:53&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Jung, Jean-Daniel&lt;br /&gt;
|apercu=Algérie62.jpg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Other wars : First Indochina war – Algerian war&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Images de la première célébration de l'indépendance de l'Algérie le 05 juillet 1962 à Alger avec plusieurs plans sur Fort-de-l'Eau, l'Amirauté d'Alger (le port) ainsi que la ville.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''I)	La guerre d’Algérie'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film ci-présent a été réalisé par Jean-Daniel Jung à de la fin de la guerre d’Algérie. Pour rappel, ce conflit oppose les nationalistes algériens au pouvoir d’État français. Cette guerre débute en 1954 et se termine en 1962. L’éventualité de perdre l’Algérie pour la France des années 1950 représente une atteinte à son rang de grande puissance qu’elle symbolise par sa présence coloniale dans le monde. L’Algérie est la pièce maîtresse de son dispositif. L’apport économique de la colonie algérienne, certes au début limité à l’agriculture, s’accroît considérablement grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. Par ailleurs, l’Algérie est la seule colonie française de peuplement, avec un million d’« Européens » en 1954. Le tournant décisif a lieu le 12 mars 1956 : l’Assemblée nationale vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement Guy Mollet et l’armée intervient dans le dispositif du maintien de l’ordre. On estime que la France a déployé environ 450 000 soldats français. À cette époque le mot de guerre n’est pas utilisé de 1954 à 1962 mais à la place, on parle de l’euphémisme « opérations de maintien de l’ordre ». Il faut attendre la loi du 06 octobre 1999 pour que la dénomination « Guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue. Le gouvernement français ne souhaite pas reconnaître le statut de belligérants à ceux qu’il considère comme des « rebelles ». En revanche en Algérie, on parle bien de guerre et cela dès le premier jour du soulèvement à l’initiative du Front de Libération Nationale (FLN) le 01 er novembre 1954. Son appellation officielle est « guerre de libération nationale » ce qui constitue l’origine et la source de légitimité de l’État algérien. Selon les accords d’Évian, la guerre d’Algérie aurait dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Ce ne fut pas le cas, notamment par le fait que des actes de violences ont lieu malgré le cessez-le-feu (bombardement au mortier sur une foule musulmane pour provoquer une riposte du FLN le 21 mars). &lt;br /&gt;
[[Fichier:La une du journal le Figaro du 19 mars 1962.jpg|vignette|droite|La une du journal le Figaro le 19 mars 1962]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''II)	Les personnages présents et la ville d’Alger'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les premières secondes du film, on peut apercevoir des adultes qui s’amusent sur la plage (2 hommes et 1 femme sans oublier celui qui tient la caméra). Il fait beau, la température de l’eau semble agréable, on s’amuse. Cette scène se déroule à Fort-de-l’Eau qui est une commune et station balnéaire à l’est d’Alger (environ 20 km). Aujourd’hui, cette commune porte comme nom Bordj El Kiffan. À première vue, il est tentant de penser qu’il s’agit d’une famille ou tout simplement de touristes en vacances à Alger et qui profitent de la mer. Ce n’est pas le cas. La personne qui tient la caméra et qui réalise ce film se nomme donc Jean-Daniel Jung et apparaît dans le film très clairement à 0 min 51 s. Celui-ci naît le 05 février 1936 à Strasbourg et est le troisième d’une famille de 4 enfants. Il effectue sa scolarité au Gymnase Jean-Sturm de Strasbourg et à Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. En 1955, il intègre l’École de Commerce IECS à Strasbourg avec son ami Freddy Schwoerer lui aussi présent dans ce film. Jean-Daniel Jung réalise son film durant son service militaire de 1960 à 1962. Fin 1961, il intègre l’École militaire d’infanterie de Cherchell. Une fois sa formation terminée, il intègre le corps militaire des chasseurs alpins (à la fin du film on peut d’ailleurs voir leurs étendards) et est affecté en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger au printemps 1962. En novembre 1962, il quitte l’Algérie pour travailler dans l’État-Major à Paris. Une fois son service militaire terminé entre mars et avril 1963, il entreprend un stage d’étude aux États-Unis et en France dans des Chaines de supermarchés de 1963 à 1965. En 1970, il intègre le groupe familial SUMA-BAG. La même année, il devient directeur des Grandes Galeries (Magasin Printemps) à Strasbourg et divers autres magasins du groupe. Il décide de prendre sa retraite en 1995 avant de s’éteindre le 03 juin 2007. Au tout début du film, on peut voir deux hommes qui construisent un château de sable. Celui sur la gauche se nomme Freddy Schwoerer et commence son service militaire en février 1961et passe environ 4 mois à Nancy. C’est en juin 1961 qu’il arrive en Algérie. Il est sergent et travaille en tant que secrétaire d’État-Major du colonel de la base aérienne 148 de Hussein Dey. Il loge à l’époque dans un appartement à Maison Carrée qui est une petite ville entre Alger et Fort-de-l’Eau. Freddy Schwoerer retourne en France le 13 février 1963 et est libéré le 14 de ses obligations militaires. Il se fait embaucher par le Crédit agricole et devient directeur à la caisse régionale d’Alsace. Quant au deuxième homme sur la droite, celui-ci s’appelle Michel Bourbon et possède le grade de caporal-chef. Enfin, la femme se prénomme Évelyne Demangeat sous-officier (sergent) de l’armée de l’air et travaille avec Monsieur Schwoerer dans la même base. Par rapport à ces trois hommes qui sont des appelés, elle est une militaire de carrière. D’après les images, il s’agit d’un week-end en été 62 où ces adultes profitent de leur temps libre pour se détendre à la mer dans la joie et la bonne humeur. Pendant son temps libre, le Jean-Daniel Jung se promène et utilise sa caméra pour filmer ce qu’il semble lui plaire. Il réalise plusieurs plans panoramiques sur le port d’Alger (à 1 min 55 s) ainsi que sur la ville. À plusieurs reprises, il filme un bastion de forme circulaire qui supporte une tour octogonale blanche dont le sommet sert de phare. Cette tour date de 1541 édifiée sur les ruines du fort du Peñon construit par les Espagnols en 1510. Le réalisateur se trouve sur l’îlot de la Marine qui est la darse de l’Amirauté. Il filme également les alentours du port ce qui nous permet d’apercevoir l’extérieur de la Casbah ainsi que les fameuses Voûtes d’Alger et de l’Amirauté (à 3 min 52 s). La Casbah correspond à la vieille ville ou médina d’Alger dont elle forme un quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco depuis 1992. Dans cette première partie du film, Jean-Daniel Jung filme longtemps le port d’Alger et ses environs. Il est vrai que le port d’Alger est célèbre et que la ville est splendide. Du haut de la crête (la Casbah), la ville d’Alger surplombe la mer méditerranée avec sa resplendissante façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche. L’Amirauté d’Alger, que le réalisateur filme certes pour sa beauté, est beaucoup plus marquant à ses yeux. En effet, le mercredi 02 mai 1962 a lieu un attentat perpétré par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) au port d’Alger. Une voiture piégée, chargée de ferraille et de morceaux de fonte, explose devant le centre d’embauche des dockers sur le port. Comme chaque jour, les dockers musulmans attendent de prendre leur travail quand a lieu l’explosion. De plus, des commandos de l’OAS embusqués dans les immeubles voisins ont ouvert le feu sur les survivants. Jean-Daniel Jung, en tant qu’officier de sécurité à l’Amirauté d’Alger, a eu la charge de compter le nombre de victimes après l’attentat. Officiellement, le gouvernement français rapporte que l’attentat a fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. En revanche, Jean-Daniel Jung a toujours maintenu et confié à son ami Freddy Schwoerer que les chiffres étaient en réalité beaucoup plus élevés. Visiblement pour des raisons politiques, les vrais chiffres n’ont pas été révélés. Cela nous rappelle qu’il s’agissait d’une période dangereuse et marquante pour celles et ceux qui étaient en Algérie.&lt;br /&gt;
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'''III)	L’indépendance de l’Algérie : une ville en fête'''&lt;br /&gt;
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[[Fichier:La une du journal le Monde du 04 juillet 1962.jpg|vignette|gauche|La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962]]&lt;br /&gt;
« Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? » Le dimanche 01 er juillet 1962 en Algérie, six millions d’électeurs répondent « oui » à cette question, à peine 16 534 disent « non ». Les résultats sont rendus publics le 03 juillet et donnent 91,23 % de « oui » par rapport aux inscrits et 99,72 % par rapport aux suffrages exprimés. Ce mardi 03 juillet marque également l’arrivée du GPRA, le « Gouvernement provisoire de la République algérienne », formé à Tunis en 1958 par le FLN, au plus fort de la lutte contre la France. Les membres du GPRA, conduits par leur président, Ben Youssef Ben Khedda, font leur entrée dans Alger. De plus, ce même jour, à la cité administrative de Rocher-Noir, près d’Alger, Christian Fouchet, haut-commissaire de France, remet à Abderrahmane Farès, le président de « l’exécutif provisoire » formé après les accords d’Évian, la lettre du général de Gaulle qui reconnaît l’indépendance de l’Algérie : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 01 er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ». La guerre contre la France est terminée. Pour la masse des Algériens, « sept ans, ça suffit ! » ; le slogan court à travers les villes et les campagnes. Ils réclament la fin du temps des épreuves. Le GPRA choisit le 05 juillet pour célébrer l’indépendance. Le choix de cette date n’est pas anodin. Ce 05 juillet chasse le 05 juillet 1830, jour de la signature de l’acte de capitulation du dey d’Alger, qui ouvre la porte à la conquête française. Après la guerre, après les souffrances et les humiliations, la victoire autorise la joie. C’est ce que Jean-Daniel Jung arrive à capter à l’Amirauté d’Alger dans la deuxième partie du film (à partir de 08 min 32 s). Pour être au plus proche des célébrations, le réalisateur se positionne devant l’entrée de l’Amirauté (visible à 13 min 15 s). Les images sont éloquentes. La foule envahit les rues pour manifester sa joie et célébrer cette première fête de l’indépendance : les Algéroises sortent dehors et certaines d’entre elles portent leur haïk (grand voile blanc), aux côtés des hommes, ainsi que les enfants et les personnes âgées. Alger n’est plus qu’une gigantesque kermesse. On peut deviner que la ville, pavoisée de milliers de drapeaux vert blanc (le « drapeau fellouze » comme l’appellent le pieds-noirs), retentit du bruit des clameurs et des sifflets qui scandent sur cinq notes : ''Ya-ya, Dje-za-ir'' (« Vive l’Algérie »).  Sans arrêt, bus, camions, et autos, arborant des drapeaux algériens, sillonnent la ville. Ceux-ci sont décorés comme les chars d’un corso fleuri. Les véhicules roulent à vive allure en suivant la jetée Kheir Eddine pour continuer plus loin sur la rue d’Angkor. Dans les véhicules, il doit certainement y avoir des djounoud (combattants de l’Armée de libération nationale) qui célèbrent également l’indépendance. Par ailleurs, des soldats français (visibles à 13 min 00 s) semblent également apprécier cet évènement festif. Le pays tout entier est en liesse : c’est le temps de l’allégresse. Tout le monde parle avec tout le monde. Cent trente-deux ans de colonisation s’achèvent. C’est un moment de joie inouïe pour les Algériens. Néanmoins, si l’indépendance marque la fin officielle de la guerre, ce n’est pas le cas des flots de sang. Les images de ce film expriment certes la joie à Alger, mais ce 05 juillet 1962 à Oran, le drame éclate. Alors que la foule crie sa joie dans rues de la ville, comme à Alger, des coups de feu d’origine indéterminée éclatent. Les journalistes pensent à une provocation de l’OAS mais cela est peu probable. Les violences durent tout l’après-midi et touchent le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers d’Oran. On dénombre 101 morts, 76 Algériens et 25 Français d’Algérie. Ce 05 juillet 1962 marque la fin de la présence française, dans ce « joyau d’Empire » qu’était l’Algérie française. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. En France, on veut tourner la page. Celle de la guerre, dont tout le monde est las.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Remarques concernant le montage :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’épisode de la plage au début du film est postérieur aux différentes prises de vues du port d’Alger et de ses alentours. Ainsi, l’épisode de la plage se déroule à la de fin juin 1962 alors que les plans du port ont été pris entre mai et début juin 1962. Enfin, les scènes de liesse ont bien eu lieu le 05 juillet 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHAULET ACHOUR Christiane, FORT Pierre-Louis, ''La France et l’Algérie en 1962'', Paris, Karthala, 2013, pages 15 à 23 et pages 184 à 198.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PERVILLE Guy, ''La guerre d’Algérie (1954-1962)'', Paris, Presses Universitaires de France, 2015, pages 3 à 4 et pages 109 à 111.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SIMON Catherine, ''Algérie les années pieds-rouges'', Paris, La Découverte, 2011, pages 31 à 41.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962'', Paris, La Découverte, 2004, pages 78 à 85.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
STORA Benjamin, ''Histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance I. 1962-1988'', Paris, La Découverte, 2004, pages 7 à 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sitographie :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Guerre d’Algérie (1954-1962) », ''Encyclopédie Larousse'' [en ligne], https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_d_Alg%C3%A9rie/104808, [consulté le 28 mars 2020].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENYOUCEF Brahim, « Alger la Blanche : reine de la mer », ''L’Observatoire : Espace et Société'' [en ligne], http://www.observatoire-espace-societe.com/2019/02/07/alger-la-blanche-reine-de-la-mer/, [mis en ligne le 07 février 2019, consulté le 13 avril 2020].&lt;br /&gt;
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		<updated>2020-05-02T14:23:31Z</updated>

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&lt;div&gt;La une du journal le Monde du mercredi 04 juillet 1962. Le général de Gaulle reconnaît l'indépendance de l'Algérie.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Brendan Caniapin-Ellapa</name></author>
		
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