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	<title>Cinematheque du Rhin superieur - Kinemathek Oberrhein - Contributions de l’utilisateur [fr]</title>
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	<updated>2026-05-19T08:55:35Z</updated>
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Crime_et_ch%C3%A2timent_(0116FN0005)&amp;diff=16478</id>
		<title>Bas:Crime et châtiment (0116FN0005)</title>
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		<updated>2021-01-08T08:53:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|fonds=Piganiol&lt;br /&gt;
|idSupport=0003FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
|dateFin=1946&lt;br /&gt;
|video=0116FN0005_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:08:37&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Piganiol, Pierre&lt;br /&gt;
|apercu=Crime_et_châtiment.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Seconde Guerre mondiale&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saint-Martin-en-Bière; Forêt de Fontainebleau&lt;br /&gt;
|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|userrealname=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|datesignature=2021-01-07&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : post-war period&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un film amateur, réalisé par le cinéaste Pierre Piganiol. Il nous montre les premiers jours de la libération d’un petit village aujourd’hui situé dans le département de Seine-et-Marne. Ce film est tout d’abord construit comme une accusation. Nommé comme le célèbre roman éponyme de Dostoïevski, il se veut être une preuve de la barbarie des allemands, qui mettent le feu à la forêt avant leur départ. Ce document illustre aussi l’excitation des habitants devant l’arrivée des américains : les drapeaux français sont brandis, ceux des américains sont rapidement fabriqués avec ce que l’on parvient à trouver, tout le village est dans la rue afin de saluer les libérateurs. Enfin, le film nous montre ce qu’il reste une fois la fièvre de la libération passée et l’excitation retombée : un forêt partiellement en cendre que les habitants doivent « nettoyer ».&lt;br /&gt;
|Description_fr=P1 : (0,01 – 0,14) : Carton sous forme de livre « Les studios PM présentent ». On remarque que c’est toujours la première page du livre qui est montrée. &lt;br /&gt;
P2 : (0,14 – 0,21) : Idem « Crime et Châtiment ».&lt;br /&gt;
P3 : (0,21 – 0,25) : Idem « 20 – 23 août 1944 » &lt;br /&gt;
P4 : (0,25 – 0,31) : Idem « La forêt brûle »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « La forêt brûle » ==='''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P5 : (0,31 – 0,39) : Panorama de gauche à droite. Au premier plan un champs, en fond un panache de fumée blanche au-dessus de la forêt. &lt;br /&gt;
P6 : (0,39 – 0,46) : Panorama de haut en bas montrant la densité de la fumée. On distingue dans la dernière seconde du plan un sol complètement calciné.&lt;br /&gt;
P7 : (0,46 – 0,51) : Plan fixe. On y voit le sol de la forêt brulant, les flammes étant attisées par le vent. &lt;br /&gt;
P8 : (0,51 – 1,00) : Panorama de droite à gauche. Le sol de la forêt est dévasté, un épais brouillard de fumée semble sortir de terre. &lt;br /&gt;
P9 : (1,00 – 1,06) : Plan fixe. Tas de troncs d’arbres au premier plan, de grandes flammes dépassent des buissons en arrière-plan. &lt;br /&gt;
P10 : (1,07 – 1,14) : Plan fixe. Talus dont la crête est entièrement enflammée.&lt;br /&gt;
P11 : (1,14 – 1,26) : Plan fixe. Petite colline presque entièrement en flamme. De nombreuses branches brûlent entre les gros rochers parsemant cette dernière.&lt;br /&gt;
P12 : (1,26 – 1,37) : Lent panorama du haut vers le bas. Montre un brouillard de fumé si épais que l’on ne distingue rien d’autre. Met en valeur l’ampleur de l’incendie.&lt;br /&gt;
P13 : (1,37 – 1,42) : Plan fixe. De grandes flammes, couvrant presque la quasi-totalité du ciel, s’élèvent de derrière une ligne d’arbres. &lt;br /&gt;
P14 : (1,42 – 1,44) : Plan fixe. Flammes derrière une ligne de buissons.&lt;br /&gt;
P15 : (1,44 – 1,48) : Plan fixe. Flammes se rapprochant de ce qui semble être un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P16 : (1,48 – 1,58) : Plan fixe. Une grande flamme, faisant la moitié de la hauteur de l’arbre au premier plan, semble s’avancer dangereusement du cinéaste. Montre peut-être la progression inexorable de l’incendie. &lt;br /&gt;
P17 : (1,58 – 2,04) : Plan fixe. Les flammes ont atteint le camp de bûcherons et engloutissent le travail de ces derniers.&lt;br /&gt;
P18 : (2,04 – 2,11) : Panorama de gauche à droite. Un tas de petites branches - peut-être des rebus du camp de bûcherons - flambent.&lt;br /&gt;
P19 : (2,11 – 2,30) : Lent panorama de gauche à droite. Montre les dégâts de l’incendie sur la forêt. Le sol est entièrement recouvert de cendres. Il ne reste des arbres que quelques souches calcinées. &lt;br /&gt;
P20 : (2,30 – 2,36) : Lent panorama de gauche à droite. Idem. Le cinéaste s’attarde sur un sapin qui semble avoir été relativement épargné par l’incendie.&lt;br /&gt;
P21 : (2,36 – 2,43) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste film les cendres, puis dévoile lentement en allant vers la droite de grande flammes brûlant des buissons. Veut probablement mettre en valeur que l’incendie n’est pas terminé.&lt;br /&gt;
P22 : (2,43 – 2,50) : Plan fixe. L’incendie se poursuit, et ne semble pas faiblir.&lt;br /&gt;
P23 : (2,50 – 2,56) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « mais à l’aube du 23 ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Mais à l’aube du 23 » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P24 : (2,56 – 2,58) : Un homme sort sur le balcon de sa maison avec ce qu’on devine être un drapeau plié. Il escalade le muret du balcon pour accéder au toit.&lt;br /&gt;
P25 : (2,58 – 3,02) : Il escalade le toit, le drapeau replié en bouche.&lt;br /&gt;
P26 : (3,02 – 3,20) : Il termine son ascension en équilibre sur le toit de la maison. L’homme plante le drapeau dans la cheminée avant de le dérouler, dévoilant le drapeau français.&lt;br /&gt;
P27 : (3,20 – 3,25) : Gros plan sur le drapeau français flottant au vent. &lt;br /&gt;
P28 : (3,25 – 3,28) : Plan fixe en contreplongée sur le drapeau français planté dans la cheminée.&lt;br /&gt;
P29 : (3,28 – 3,32) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « à Saint-Martin » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « À Saint-Martin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P30 : (3,32 – 3,37) : Un véhicule blindé américain – un véhicule de reconnaissance ? - est stationné le long d’un corps de ferme. Deux membres d’équipage se reposent à l’extérieur. Un petit groupe de villageois discutent sur le côté. Ils sont probablement venus saluer les soldats. On voit d’ailleurs une femme qui fait grimper un enfant sur le blindé.&lt;br /&gt;
P31 : (3,37 – 3,44) : Panorama du haut vers le bas. Montre un groupe de villageois rassemblé devant le monument aux morts de la commune. Le cinéaste dévoile progressivement deux drapeaux flottant sur le monument : un drapeau qui semble être celui des États-Unis, probablement fabriqué pour l’occasion avec les tissus disponibles, et le drapeau français.&lt;br /&gt;
P32 : (3,44 – 3,51) : Le cinéaste filme les enfants du village assis sur le blindé américain avec l’équipage. Deux petites filles portent un drapeau français. Plusieurs enfants ainsi que le membre d’équipage assis sur la tourelle du blindé fixent la caméra, signifiant peut-être que le cinéaste leur a demandé de poser.&lt;br /&gt;
P33 : (3,51 – 4,01) : Plan plus large, montrant l’arrivée d’une jeep, saluée par les habitants. &lt;br /&gt;
P34 : (4,01 – 4,09) : Départ du blindé de reconnaissance à la suite de la jeep. L’équipage salue et est salué par les habitants du village. &lt;br /&gt;
P35 : (4,09 – 4,12) : Une autre jeep, plus lourdement armée que la précédente, arrive dans le village. Le plan est cependant rapidement interrompu. &lt;br /&gt;
P36 : (4,12 – 4,17) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Le premier piper-cub se pose à Macherin ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Le premier piper-cub se pose à Macherin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P37 : (4,17 – 4,21) : Plan fixe surélevé montrant un champ. Un homme, que l’on devine accompagné d’une foule fait de grands gestes en apercevant un avion dans le ciel. Ce effectue une manœuvre pour amorcer son atterrissage. &lt;br /&gt;
P38 : (4,21 – 4,30) : L’avion, au centre de l’image, se rapproche doucement. On voit au bord de l’image des drapeaux français être agité, laissant deviner l’excitation de la foule. &lt;br /&gt;
P39 : (4,30 – 4,33) : Plan vers le ciel. L’avion passe rapidement d’un bord à l’autre de l’image.&lt;br /&gt;
P40 : (4,33 – 4,37) : Plan fixe vers l’horizon. L’avion continue sa manœuvre d’atterrissage, se rapprochant de plus en plus du sol. &lt;br /&gt;
P41 : (4,37 – 4,49) : L’avion atterrit. Des enfants, suivis de leurs parents commencent à courir vers celui-ci alors qu’il n’a pas encore finit sa course, démontrant là aussi l’excitation de la foule. La plupart de ces gens n’ont probablement jamais vus d’avions d’aussi près. &lt;br /&gt;
P42 : (4,49 – 4,54) : L’avion continue à rouler dans le champ. L’homme qui faisait des signes à l’avion lorsque celui-ci était dans le ciel semble guider les habitants vers celui-ci. Peut-être est-ce le maire ou un résistant ? &lt;br /&gt;
P43 : (4,54 – 4,58) : Le cinéaste s’est placé derrière la foule et film l’avion roulant dans l’herbe. &lt;br /&gt;
P44 : (4,58 – 5,01) : Avion termine sa course devant la foule.&lt;br /&gt;
P45 : (5,01 – 5,15) : La foule court à la rencontre de l’avion. De nombreux enfants, de tous âges, sont présents avec leurs parents. &lt;br /&gt;
P46 : (5,15 – 5,23) : Un militaire ayant voyagé dans l’avion se rapproche du cinéaste avec une mallette dans la main. En arrière-plan, on voit la foule observant l’avion avec beaucoup d’intérêt et d’excitation.&lt;br /&gt;
P47 : (5,23 – 5,28) : Gros plan sur une femme qui parait gênée d’être filmé. Une proche du cinéaste ? &lt;br /&gt;
P48 : (5,28 – 5,31) : Plan fixe sur des enfants assis sur une jeep américaine. &lt;br /&gt;
P49 : (5,31 – 5,35) : Un homme est filmé souriant, un enfant sur l’épaule. Peut-être est-ce un militaire américain ? &lt;br /&gt;
P50 : (5,35 – 5,44) : Une jeep défile au milieu du village. Un enfant est assis sur le siège passager et sert la main en souriant aux autres habitants. Les deux militaires occupant la jeep semblent eux-aussi très heureux. &lt;br /&gt;
P51 : (5,44 – 5,48) : La foule examine l’avion avec beaucoup d’intérêt. &lt;br /&gt;
P52 : (5,48 – 6,00) : Panorama de gauche à droite filmant la foule examinant l’avion. &lt;br /&gt;
P53 : (6,00 – 6,06) : Plan fixe. Idem. &lt;br /&gt;
P54 : (6,06 – 6,10) : Un militaire, un bouquet de fleurs à la main, semble recevoir les remerciements de la foule. Le plan se termine par une poignée de mains échangée entre les habitants et le militaire.&lt;br /&gt;
P55 : (6,10 – 6,15) : Des habitants discutent en examinant l’appareil.&lt;br /&gt;
P56 : (6,15 – 6,19) : Idem. On reconnaît la femme filmée en gros plans précédemment. &lt;br /&gt;
P57 : (6,19 – 6,25) : Plan dont la femme filmée précédemment est à nouveau au centre.&lt;br /&gt;
P58 : (6,25 – 6,33) : Idem. Probablement un groupe d’amis ou de la famille du cinéaste. &lt;br /&gt;
P59 : (6,33 – 6,38) : Groupe d’habitants examinent l’avant de l’appareil. &lt;br /&gt;
P60 : (6,38 – 6,44) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Deux ans plus tard » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Deux ans plus tard » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P61 : (6,44 – 6,59) : Panorama de droite à gauche montrant une colline rocailleuse. Le sol semble noir &lt;br /&gt;
P62 : (6,59 – 7,18) : Plan filmé à l’épaule, montrant là encore un paysage rocailleux sans végétations &lt;br /&gt;
P63 : (7,18 – 7,37) : Idem. On distingue des arbres gisant à terre, ainsi que des petits tas de bûches. &lt;br /&gt;
P64 : (7,37 – 7,49) : Idem. On voit cette fois l’entrée de la forêt. Une petite installation de tient à la lisière de celle-ci.&lt;br /&gt;
P65 : (7,49 – 7,58) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste s’est rapproché de l’installation. Il s’agit probablement d’un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P66 : (7,58 – 8,02) : Plan fixe sur le camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P67 : (8,02 – 8,08) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Les traces du crime ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Les traces du crime » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P68 : (8,08 – 8,16) : Plan fixe vers le sol. Un jerrican est filmé, laissant peut-être entendre que les allemands auraient volontairement mis le feu à la forêt deux ans plus tôt.&lt;br /&gt;
P69 : (8,16 – 8,25) : Panorama de gauche à droite, montrant branches et souche d’arbres. Il se termine sur le jerrican filmé précédemment afin d’établir un lien entre la forêt brûlée et l’essence.&lt;br /&gt;
P70 : (8,25 – 8,28) : Deux petites chèvres sont filmées.&lt;br /&gt;
P71 : (8,28 – 8,31) : Idem mais sous un autre angle.&lt;br /&gt;
P72 : (8,31 – 8,37) : Plan sur le camp de bûcherons filmé de très près.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== '''Contexte général : du débarquement de Normandie à la Libération de la Seine-et-Marne (Source : BEEVOR Anthony, Paris libéré, 1944 – 1949)&lt;br /&gt;
''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Après un débarquement fructueux en Italie le 10 juillet 1943, les Alliés se trouvent confrontés à une résistance de plus en plus féroce des Italiens, renforcés par les Allemands dans la région de Monte Cassino. Il faut donc trouver un moyen d’ouvrir un autre front. À l’Est, les Soviétiques se préparent eux-aussi à une grande offensive, l’Opération Bagration. Après de nombreuses délibérations, le choix se porte sur la Normandie, côte la plus éloignée de la Grande-Bretagne. Une vaste opération de désinformation est mise en place avec succès pour faire croire à un débarquement dans le Pas-de-Calais. Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent avec succès en Normandie. S’en suit alors une avancée rapide, malgré des poches de résistance tenaces ici et là, comme par exemple à Falaise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La route vers Paris était désormais ouverte. Pour les militaires de la France Libre, il s’agissait d’un enjeu idéologique primordial : il fallait absolument qu’une force militaire française soit la première à arriver dans la ville. Pour le général De Gaulle, une formation militaire en particulier devait absolument libérer la ville : la 2e division blindée (« DB ») du Général Leclerc. [[Fichier:Leclerc_Paris.JPG|500px|thumb|right|Le général Leclerc lors de la libération de Paris]]&lt;br /&gt;
Les événements s’accélèrent dans la capitale : craignant un soulèvement, les autorités allemandes décident le 15 août de désarmer la police de Paris, ce qui entraîne une grève générale de celle-ci. Craignant d’être assimilés aux nazis, de nombreux policiers avaient en effet rejoint le Parti communiste, la carte du parti devant les protéger une fois la ville aux mains des Alliés. Le débarquement sur la côte méditerranéenne le même jour encouragea d’autant plus les Parisiens à la dissidence. Deux jours plus tard, les Parisiens voyaient de grandes colonnes de véhicules allemands évacuant la ville, accompagnés de « pillages de dernière minute ». Le 18 août, des tirs sporadiques commencèrent à se faire entendre dans certains quartiers de la capitale, accompagnés du retour du drapeau français sur le toit de plusieurs édifices publics, notamment sur le toit de la préfecture de police de l’île de la Cité. Le préfet de Police de Vichy fut arrêté et remplacé par un gaulliste, Charles Luizet. L’insurrection fut lancée par la police, les gaullistes furent forcés de suivre le mouvement malgré les réticences de De Gaulle. Les combats furent par endroit très violents : la préfecture de police de l’île de la Cité fut assiégée et pilonnée par des chars qui, heureusement, ne firent que peu de dégâts. Le 20 août, le Conseil National de la Résistance (« CNR ») parvint à prendre de l’Hôtel de Ville - en y excluant les communistes - afin de donner une légitimité républicaine à leur mouvement. Ils devaient essuyer durant les quatre jours suivant des tirs nourrit de mitrailleuses allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	De leur côté, De Gaulle et Leclerc craignaient la mise en place d’une nouvelle Commune, d’autant plus que les Américains ne semblaient pas pressés de marcher sur Paris. Ces derniers craignaient que libérer la ville – et donc par conséquent nourrir ses habitants – ne signifie manquer de ravitaillement pour les armées poursuivant les Allemands dans le nord du pays. En outre, Leclerc craignait que la ville ne soit détruite si les Alliés n’agissaient pas rapidement.&lt;br /&gt;
	Dans la capitale, les barricades se dressaient progressivement, le but étant d’empêcher les Allemands de se déplacer. Le 22 août, une station de radio fut mise en place par les insurgés « Radiodiffusion de la Nation Française » afin de faire entendre la voix de la Résistance. Outre les proclamations et l’hymne national qui étaient diffusés fréquemment, les auditeurs pouvaient y entendre des conseils pratiques, des indications quant aux rues les plus dangereuses etc. Ce même soir du 22 août, le commandement américain changea d’avis, un messager ayant réussi à convaincre Eisenhower de la catastrophe que représenterait un Paris en ruine. Leclerc reçu enfin l’ordre qu’il attendait : marcher sur Paris. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La libération de la Seine-et-Marne''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le département de Seine-et-Marne voit les premiers combats commencer autour du 20 août et durent jusqu’au 29. Le secteur voit des troupes allemandes en retraite, dont certains éléments tentent d’interdire le passage aux Américains qui tentent de les rattraper. Cette retraite est marquée de nombreux massacres « […] qui font de la Seine-et-Marne un département durement éprouvé par les combats de la Libération. » L’objectif des Allemands dans la région est la destruction systématique des ponts afin de ralentir l’avancée des Alliés, ce qu’évidement les groupes de résistants locaux cherchent à éviter. L’offensive américaine est double : elle se porte à la fois vers le sud de département, espérant atteindre les ponts de Souppes et de Nemours et le nord par Fontainebleau. Bien que les combats pour Souppes se révèlent sanglants, notamment du fait de l’utilisation de méthodes de terreur par les Allemands (otages, exécution de masse), ces derniers ne parviennent toutefois pas à détruire le pont. Ce n’est pas le cas des autres objectifs, les ponts de Gretz ayant par exemple été détruits. Le pont de Fontainebleau devient alors d’une importance capitale pour traverser le Loing. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La région forestière de Fontainebleau est alors tenue par les résistants, qui utilisent l’avantage conféré par le terrain pour harceler les troupes allemandes en retraite. Les Américains entrent dans la ville le 23 et foncent vers le pont de Valvin qui finira tout de même par être détruit par un obus. Les combats entre les deux rives deviennent très violents, les combattants se retrouvant piégés entre l’artillerie des deux camps. Finalement, le 24, les Américains parviennent tant bien que mal à établir un pont de bateaux pneumatiques. [[Fichier:Libération_Seine-et-Marne.jpg|600px|thumb|left|plan de la libération de la Seine-et-Marne]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Pierre Piganiol : un cinéaste résistant''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Né à Chambéry en 1915 et décédé à Paris en 2007, Pierre Piganiol est un chimiste, mais également un résistant. Mobilisé durant la « drôle de guerre », il entre à l’ENS après la capitulation de la France. Il y fonde un réseau de résistance, qui se charge de faire passer des informations pour la France Libre à Londres. En 1944, son ami, Raymond Croland, cofondateur du réseau de résistance, est arrêté et déporté à Buchenwald, forçant Pierre Piganiol à entrer dans la clandestinité. C’est dans ces années 40, et principalement vers la fin du conflit que Pierre Piganiol commence à filmer. Ce film de libération est donc l’un de ses premiers films. Le moment n’est probablement pas un hasard, la Libération devant avoir été un moment fort pour nombre de résistants, et particulièrement pour les résistants de la première heure comme Pierre Piganiol.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''L’incendie : le crime dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie de ce que l’on devine être la forêt de Fontainebleau est l’un des éléments principaux du film. Il serait le crime des Allemands, les Américains et la Libération leur châtiment. D’après la ''Revue forestière française'', l’incendie de la forêt de Fontainebleau aurait été dû à « un feu venant d’Arbonne [qui] a franchi le périmètre sur plusieurs kilomètres de front en 1944 ». L’incendie à t-il donc été causé volontairement par les Allemands ? Quelques jours avant la libération, le 17 août 1944, trente-six résistants sont sortis des prisons de Fontainebleau et amenés à une carrière de sable non loin de ce village pour y être fusillés. Il est possible que les Allemands aient déclenché l’incendie après avoir exécuté ces résistants afin de couvrir leurs traces. Le « crime » serait alors le meurtre, l’incendie, le moyen de le cacher. Comme Rodion Raskolnikov, le personnage principal du roman éponyme de Dostoïevski, les Allemands auraient tentés de camoufler leur crime par un autre. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Incendie forêt de Fontainebleau.png|400px|vignette|gauche]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Cependant, il est plus probable que pour Pierre Piganiol – qui n’avait peut-être pas été au courant des exécutions au moment de la réalisation de son film – l’incendie ait été le seul crime des Allemands. Plusieurs indices nous l’indiquent. Dans la dernière partie de son film « les traces du crime », Pierre Piganiol laisse explicitement entendre que le feu fut déclenché volontairement par les Allemands. Un jerrican, qui servit probablement à transporter du carburant est mis plusieurs fois en valeur par le cinéaste, et notamment via un panorama de gauche à droite, filmant la dévastation de l’incendie, et se terminant sur le jerrican reposant sur un sol carbonisé (plan 70 : 8min25 – 8min28)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie est présent dès les premières secondes du film. Le cinéaste le filme à la fois comme une catastrophe phénoménale, mais aussi comme un drame. Plusieurs scènes illustrent ces ressentis. Les flammes sont bien souvent filmées en contreplongée, accentuant l’effet écrasant qu’elles exercent sur le spectateur (Plan 11 :1min14-1min26 ; Plan 13 : 1min37 – 1min42). Un plan en particulier accentue le dramatique : on y voit un sapin, à priori épargné par les flammes, debout au milieu d’un paysage récemment ravagé par l’incendie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La Libération dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La Libération est au centre du film de Pierre Piganiol. On peut y voir la joie des habitants de Saint-Martin-en-Bière, qui est filmé avant même l’arrivée des Alliés. En effet, « à l’aube du 23 », un homme est filmé par le cinéaste en train d’escalader le toit de sa maison afin d’y hisser le drapeau français sur sa cheminée (Plan 24 à 29 : 2min 56 – 3min 32). Pierre Piganiol utilise sa caméra pour placer le spectateur dans ses chaussures. Les évènements, sont presque toujours filmé comme si le cinéaste était un villageois comme les autres, observant l’arrivée des Alliés comme les autres. Ainsi, même des scènes qui peuvent paraître comme symbolique, tel le gros plan sur le drapeau français flottant au vent peut être interprétées comme le regard d’un habitant – qui plus est engagé dans la résistance, fier de pouvoir enfin afficher les couleurs de son pays après quatre ans d’occupation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Il en va de même pour les scènes de l’avion de reconnaissance. Pierre Piganiol se place tout d’abord à l’avant de la foule, et pointe sa caméra sur l’avion amorçant ses manœuvres d’atterrissage. On peut interpréter cette partie du film comme étant l’œil d’un habitant curieux, qui n’a probablement encore jamais observé d’avions – en tout cas pas de près – et qui donc fixe ce curieux engin du regard (Plan 37 à 44 : 4min17 – 5min01). Un fois l’avion atterrit, le cinéaste filme la foule des habitants se précipiter sur l’avion pour féliciter le pilote et examiner l’avion de plus prêt. (Plan 45 à 59 :  5min02 – 6min33). &lt;br /&gt;
	Ce parti prit de filmer les évènements comme un observateur parmi les autres peut se retrouver dans les autres films de Pierre Piganiol réalisés durant cette période. Ainsi, le film immortalisant l’arrivée des troupes françaises – dont le cinéaste fait partie – en Allemagne est tourné de la même façon. [[Fichier:Petit garçon dans une jeep américaine.png|500px|vignette|droite|Un petit garçon sert les mains des habitants du village]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Ce document est en outre l’occasion d’observer le comportement des habitants d’un petit village de région parisienne lors de la Libération. La joie et l’euphorie sont de mises sur pratiquement toutes les scènes où une foule est filmée. Les enfants en sont les principaux témoins dans ce film. De nombreuses scènes les montres sur les véhicules des Américains entrant dans le village – que ceux-ci soient à l’arrêt ou non – et tous affichent un grand sourire. Deux plans en particulier illustrent ce propos. Le premier, le plan 32 (3min44 – 3min51), montre plusieurs enfants, assis sur un blindé de reconnaissance américain. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Enfants sur blindé américain.png|500px|vignette|gauche|Des enfants sur un blindé américain à Saint-Martin-en-Bière.]]&lt;br /&gt;
 Sur cette scène, deux petites filles y agitent des drapeau français, symboles à la fois de la confiance des habitants qui laissent leurs enfants approcher les militaires Alliés, mais aussi de l’engouement patriotique de ces derniers jours du mois d’août. Le second plan, le plan 50 (5min35 – 5min44), nous montre un enfant à bord du siège passager d’une jeep américaine traversant le village. Ce dernier serre les mains des habitants comme s’il était personnellement venu les libérer, un énorme sourire traversant son visage. Les deux militaires à bord de la jeep affichent eux-aussi un grand sourire, témoignant de l’euphorie contagieuse régnant dans le village ce jour-là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Conclusion''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film de Pierre Piganiol, tourné dans les premières heures de la Libération de la Seine-et-Marne, permet d’observer la réaction d’un petit village durant cet évènement. Cela d’autant plus que Pierre Piganiol film cet évènement comme s’il n’était qu’un habitant parmi d’autres, comme s’il n’avait pas de caméra. Son film témoigne de l’euphorie ressentie par les habitants de la commune, à tel point d’ailleurs qu’en voyant ces images, on ne se douterait pas que de sanglants combats ont lieux à moins de dix kilomètres de là. Il montre également le soulagement de ses compatriotes qui en plus de fêter leur libération, fêtent la fin de la guerre, dont le front s’éloigne progressivement de leur petit village.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Anthony BEEVOR, Paris libéré 1944-1949, Paris, éditions Perrin, 2014.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claude CHERRIER, Musée de la Résistance en ligne, « La Seine-et-Marne, 20 au 29 août 1944 »(URL :http://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=84&amp;amp;theme=157&amp;amp;stheme=320)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
G. MOUTON, « Lutte contre les incendies en forêt de Fontainebleau », Revue forestière française, 1950. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pierre PAPON, « PIGANIOL Pierre (1915-2007) », Encyclopaedia Universalis, (URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-piganiol/)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Bas:Crime et châtiment (0116FN0005)</title>
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		<updated>2021-01-07T13:51:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|fonds=Piganiol&lt;br /&gt;
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|dateFin=1946&lt;br /&gt;
|video=0116FN0005_1&lt;br /&gt;
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|evenements_filmes_ou_en_lien=Seconde Guerre mondiale&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saint-Martin-en-Bière; Forêt de Fontainebleau&lt;br /&gt;
|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|userrealname=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|datesignature=2021-01-07&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : post-war period&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un film amateur, réalisé par le cinéaste Pierre Piganiol. Il nous montre les premiers jours de la libération d’un petit village aujourd’hui situé dans le département de Seine-et-Marne. Ce film est tout d’abord construit comme une accusation. Nommé comme le célèbre roman éponyme de Dostoïevski, il se veut être une preuve de la barbarie des allemands, qui mettent le feu à la forêt avant leur départ. Ce document illustre aussi l’excitation des habitants devant l’arrivée des américains : les drapeaux français sont brandis, ceux des américains sont rapidement fabriqués avec ce que l’on parvient à trouver, tout le village est dans la rue afin de saluer les libérateurs. Enfin, le film nous montre ce qu’il reste une fois la fièvre de la libération passée et l’excitation retombée : un forêt partiellement en cendre que les habitants doivent « nettoyer ».&lt;br /&gt;
|Description_fr=P1 : (0,01 – 0,14) : Carton sous forme de livre « Les studios PM présentent ». On remarque que c’est toujours la première page du livre qui est montrée. &lt;br /&gt;
P2 : (0,14 – 0,21) : Idem « Crime et Châtiment ».&lt;br /&gt;
P3 : (0,21 – 0,25) : Idem « 20 – 23 août 1944 » &lt;br /&gt;
P4 : (0,25 – 0,31) : Idem « La forêt brûle »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « La forêt brûle » ==='''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P5 : (0,31 – 0,39) : Panorama de gauche à droite. Au premier plan un champs, en fond un panache de fumée blanche au-dessus de la forêt. &lt;br /&gt;
P6 : (0,39 – 0,46) : Panorama de haut en bas montrant la densité de la fumée. On distingue dans la dernière seconde du plan un sol complètement calciné.&lt;br /&gt;
P7 : (0,46 – 0,51) : Plan fixe. On y voit le sol de la forêt brulant, les flammes étant attisées par le vent. &lt;br /&gt;
P8 : (0,51 – 1,00) : Panorama de droite à gauche. Le sol de la forêt est dévasté, un épais brouillard de fumée semble sortir de terre. &lt;br /&gt;
P9 : (1,00 – 1,06) : Plan fixe. Tas de troncs d’arbres au premier plan, de grandes flammes dépassent des buissons en arrière-plan. &lt;br /&gt;
P10 : (1,07 – 1,14) : Plan fixe. Talus dont la crête est entièrement enflammée.&lt;br /&gt;
P11 : (1,14 – 1,26) : Plan fixe. Petite colline presque entièrement en flamme. De nombreuses branches brûlent entre les gros rochers parsemant cette dernière.&lt;br /&gt;
P12 : (1,26 – 1,37) : Lent panorama du haut vers le bas. Montre un brouillard de fumé si épais que l’on ne distingue rien d’autre. Met en valeur l’ampleur de l’incendie.&lt;br /&gt;
P13 : (1,37 – 1,42) : Plan fixe. De grandes flammes, couvrant presque la quasi-totalité du ciel, s’élèvent de derrière une ligne d’arbres. &lt;br /&gt;
P14 : (1,42 – 1,44) : Plan fixe. Flammes derrière une ligne de buissons.&lt;br /&gt;
P15 : (1,44 – 1,48) : Plan fixe. Flammes se rapprochant de ce qui semble être un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P16 : (1,48 – 1,58) : Plan fixe. Une grande flamme, faisant la moitié de la hauteur de l’arbre au premier plan, semble s’avancer dangereusement du cinéaste. Montre peut-être la progression inexorable de l’incendie. &lt;br /&gt;
P17 : (1,58 – 2,04) : Plan fixe. Les flammes ont atteint le camp de bûcherons et engloutissent le travail de ces derniers.&lt;br /&gt;
P18 : (2,04 – 2,11) : Panorama de gauche à droite. Un tas de petites branches - peut-être des rebus du camp de bûcherons - flambent.&lt;br /&gt;
P19 : (2,11 – 2,30) : Lent panorama de gauche à droite. Montre les dégâts de l’incendie sur la forêt. Le sol est entièrement recouvert de cendres. Il ne reste des arbres que quelques souches calcinées. &lt;br /&gt;
P20 : (2,30 – 2,36) : Lent panorama de gauche à droite. Idem. Le cinéaste s’attarde sur un sapin qui semble avoir été relativement épargné par l’incendie.&lt;br /&gt;
P21 : (2,36 – 2,43) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste film les cendres, puis dévoile lentement en allant vers la droite de grande flammes brûlant des buissons. Veut probablement mettre en valeur que l’incendie n’est pas terminé.&lt;br /&gt;
P22 : (2,43 – 2,50) : Plan fixe. L’incendie se poursuit, et ne semble pas faiblir.&lt;br /&gt;
P23 : (2,50 – 2,56) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « mais à l’aube du 23 ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Mais à l’aube du 23 » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P24 : (2,56 – 2,58) : Un homme sort sur le balcon de sa maison avec ce qu’on devine être un drapeau plié. Il escalade le muret du balcon pour accéder au toit.&lt;br /&gt;
P25 : (2,58 – 3,02) : Il escalade le toit, le drapeau replié en bouche.&lt;br /&gt;
P26 : (3,02 – 3,20) : Il termine son ascension en équilibre sur le toit de la maison. L’homme plante le drapeau dans la cheminée avant de le dérouler, dévoilant le drapeau français.&lt;br /&gt;
P27 : (3,20 – 3,25) : Gros plan sur le drapeau français flottant au vent. &lt;br /&gt;
P28 : (3,25 – 3,28) : Plan fixe en contreplongée sur le drapeau français planté dans la cheminée.&lt;br /&gt;
P29 : (3,28 – 3,32) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « à Saint-Martin » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « À Saint-Martin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P30 : (3,32 – 3,37) : Un véhicule blindé américain – un véhicule de reconnaissance ? - est stationné le long d’un corps de ferme. Deux membres d’équipage se reposent à l’extérieur. Un petit groupe de villageois discutent sur le côté. Ils sont probablement venus saluer les soldats. On voit d’ailleurs une femme qui fait grimper un enfant sur le blindé.&lt;br /&gt;
P31 : (3,37 – 3,44) : Panorama du haut vers le bas. Montre un groupe de villageois rassemblé devant le monument aux morts de la commune. Le cinéaste dévoile progressivement deux drapeaux flottant sur le monument : un drapeau qui semble être celui des États-Unis, probablement fabriqué pour l’occasion avec les tissus disponibles, et le drapeau français.&lt;br /&gt;
P32 : (3,44 – 3,51) : Le cinéaste filme les enfants du village assis sur le blindé américain avec l’équipage. Deux petites filles portent un drapeau français. Plusieurs enfants ainsi que le membre d’équipage assis sur la tourelle du blindé fixent la caméra, signifiant peut-être que le cinéaste leur a demandé de poser.&lt;br /&gt;
P33 : (3,51 – 4,01) : Plan plus large, montrant l’arrivée d’une jeep, saluée par les habitants. &lt;br /&gt;
P34 : (4,01 – 4,09) : Départ du blindé de reconnaissance à la suite de la jeep. L’équipage salue et est salué par les habitants du village. &lt;br /&gt;
P35 : (4,09 – 4,12) : Une autre jeep, plus lourdement armée que la précédente, arrive dans le village. Le plan est cependant rapidement interrompu. &lt;br /&gt;
P36 : (4,12 – 4,17) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Le premier piper-cub se pose à Macherin ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Le premier piper-cub se pose à Macherin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P37 : (4,17 – 4,21) : Plan fixe surélevé montrant un champ. Un homme, que l’on devine accompagné d’une foule fait de grands gestes en apercevant un avion dans le ciel. Ce effectue une manœuvre pour amorcer son atterrissage. &lt;br /&gt;
P38 : (4,21 – 4,30) : L’avion, au centre de l’image, se rapproche doucement. On voit au bord de l’image des drapeaux français être agité, laissant deviner l’excitation de la foule. &lt;br /&gt;
P39 : (4,30 – 4,33) : Plan vers le ciel. L’avion passe rapidement d’un bord à l’autre de l’image.&lt;br /&gt;
P40 : (4,33 – 4,37) : Plan fixe vers l’horizon. L’avion continue sa manœuvre d’atterrissage, se rapprochant de plus en plus du sol. &lt;br /&gt;
P41 : (4,37 – 4,49) : L’avion atterrit. Des enfants, suivis de leurs parents commencent à courir vers celui-ci alors qu’il n’a pas encore finit sa course, démontrant là aussi l’excitation de la foule. La plupart de ces gens n’ont probablement jamais vus d’avions d’aussi près. &lt;br /&gt;
P42 : (4,49 – 4,54) : L’avion continue à rouler dans le champ. L’homme qui faisait des signes à l’avion lorsque celui-ci était dans le ciel semble guider les habitants vers celui-ci. Peut-être est-ce le maire ou un résistant ? &lt;br /&gt;
P43 : (4,54 – 4,58) : Le cinéaste s’est placé derrière la foule et film l’avion roulant dans l’herbe. &lt;br /&gt;
P44 : (4,58 – 5,01) : Avion termine sa course devant la foule.&lt;br /&gt;
P45 : (5,01 – 5,15) : La foule court à la rencontre de l’avion. De nombreux enfants, de tous âges, sont présents avec leurs parents. &lt;br /&gt;
P46 : (5,15 – 5,23) : Un militaire ayant voyagé dans l’avion se rapproche du cinéaste avec une mallette dans la main. En arrière-plan, on voit la foule observant l’avion avec beaucoup d’intérêt et d’excitation.&lt;br /&gt;
P47 : (5,23 – 5,28) : Gros plan sur une femme qui parait gênée d’être filmé. Une proche du cinéaste ? &lt;br /&gt;
P48 : (5,28 – 5,31) : Plan fixe sur des enfants assis sur une jeep américaine. &lt;br /&gt;
P49 : (5,31 – 5,35) : Un homme est filmé souriant, un enfant sur l’épaule. Peut-être est-ce un militaire américain ? &lt;br /&gt;
P50 : (5,35 – 5,44) : Une jeep défile au milieu du village. Un enfant est assis sur le siège passager et sert la main en souriant aux autres habitants. Les deux militaires occupant la jeep semblent eux-aussi très heureux. &lt;br /&gt;
P51 : (5,44 – 5,48) : La foule examine l’avion avec beaucoup d’intérêt. &lt;br /&gt;
P52 : (5,48 – 6,00) : Panorama de gauche à droite filmant la foule examinant l’avion. &lt;br /&gt;
P53 : (6,00 – 6,06) : Plan fixe. Idem. &lt;br /&gt;
P54 : (6,06 – 6,10) : Un militaire, un bouquet de fleurs à la main, semble recevoir les remerciements de la foule. Le plan se termine par une poignée de mains échangée entre les habitants et le militaire.&lt;br /&gt;
P55 : (6,10 – 6,15) : Des habitants discutent en examinant l’appareil.&lt;br /&gt;
P56 : (6,15 – 6,19) : Idem. On reconnaît la femme filmée en gros plans précédemment. &lt;br /&gt;
P57 : (6,19 – 6,25) : Plan dont la femme filmée précédemment est à nouveau au centre.&lt;br /&gt;
P58 : (6,25 – 6,33) : Idem. Probablement un groupe d’amis ou de la famille du cinéaste. &lt;br /&gt;
P59 : (6,33 – 6,38) : Groupe d’habitants examinent l’avant de l’appareil. &lt;br /&gt;
P60 : (6,38 – 6,44) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Deux ans plus tard » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Deux ans plus tard » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P61 : (6,44 – 6,59) : Panorama de droite à gauche montrant une colline rocailleuse. Le sol semble noir &lt;br /&gt;
P62 : (6,59 – 7,18) : Plan filmé à l’épaule, montrant là encore un paysage rocailleux sans végétations &lt;br /&gt;
P63 : (7,18 – 7,37) : Idem. On distingue des arbres gisant à terre, ainsi que des petits tas de bûches. &lt;br /&gt;
P64 : (7,37 – 7,49) : Idem. On voit cette fois l’entrée de la forêt. Une petite installation de tient à la lisière de celle-ci.&lt;br /&gt;
P65 : (7,49 – 7,58) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste s’est rapproché de l’installation. Il s’agit probablement d’un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P66 : (7,58 – 8,02) : Plan fixe sur le camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P67 : (8,02 – 8,08) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Les traces du crime ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Les traces du crime » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P68 : (8,08 – 8,16) : Plan fixe vers le sol. Un jerrican est filmé, laissant peut-être entendre que les allemands auraient volontairement mis le feu à la forêt deux ans plus tôt.&lt;br /&gt;
P69 : (8,16 – 8,25) : Panorama de gauche à droite, montrant branches et souche d’arbres. Il se termine sur le jerrican filmé précédemment afin d’établir un lien entre la forêt brûlée et l’essence.&lt;br /&gt;
P70 : (8,25 – 8,28) : Deux petites chèvres sont filmées.&lt;br /&gt;
P71 : (8,28 – 8,31) : Idem mais sous un autre angle.&lt;br /&gt;
P72 : (8,31 – 8,37) : Plan sur le camp de bûcherons filmé de très près.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== '''Contexte général : du débarquement de Normandie à la Libération de la Seine-et-Marne (Source : BEEVOR Anthony, Paris libéré, 1944 – 1949)&lt;br /&gt;
''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Après un débarquement fructueux en Italie le 10 juillet 1943, les alliés se retrouvent confronter à une résistance de plus en plus féroce des Italiens, renforcés par les Allemands dans la région de Monte Cassino. Il faut donc trouver un moyen d’ouvrir un autre front. À l’est, les Soviétiques se préparent eux-aussi à une grande offensive, l’Opération Bagration. Après de nombreuses délibérations, le choix se porte sur la Normandie, côte la plus éloignée de la Grande-Bretagne. Une vaste opération de désinformation est mise en place avec succès pour faire croire à un débarquement dans le Pas-de-Calais. Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent avec succès en Normandie. S’en suit alors une avancée rapide, malgré des poches de résistance tenaces ici et là, comme par exemple à Falaise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La route vers Paris était désormais ouverte. Pour les militaires de la France Libre, il s’agissait d’un enjeu idéologique primordial : il fallait absolument qu’une force militaire française soit la première à arriver dans la ville. Pour le général De Gaulle, une formation militaire en particulier devait absolument libérer la ville : la 2e division blindée (« DB ») du Général Leclerc. [[Fichier:Leclerc_Paris.JPG|500px|thumb|right|Le général Leclerc lors de la libération de Paris]]&lt;br /&gt;
les événements s’accéléraient drastiquement dans la capitale : craignant un soulèvement, les autorités allemandes décidèrent le 15 août de désarmer la police de Paris, ce qui entraîna une grève générale de celle-ci. Craignant d’être assimilés aux nazis, de nombreux policiers avaient en effet rejoint le Parti communiste, la carte du parti devant les protéger une fois la ville aux mains des Alliés. Le débarquement sur la côte méditerranéenne le même jour encouragea d’autant plus les Parisiens à la dissidence. Deux jours plus tard, les Parisiens voyaient de grandes colonnes de véhicules allemands évacuant la ville, accompagnés de « pillages de dernière minute ». Le 18 août, des tirs sporadiques commencèrent à se faire entendre dans certains quartiers de la capitale, accompagnés du retour du drapeau français sur le toit de plusieurs édifices publics, notamment sur le toit de la préfecture de police de l’île de la Cité. Le préfet de Police de Vichy fut arrêté et remplacé par un gaulliste, Charles Luizet. L’insurrection fut lancée par la police, les gaullistes furent forcés de suivre le mouvement malgré les réticences de De Gaulle. Les combats furent par endroit très violents : la préfecture de police de l’île de la Cité fut assiégée et pilonnée par des chars qui, heureusement, ne firent que peu de dégâts. Le 20 août, le Conseil National de la Résistance (« CNR ») parvint à prendre de l’Hôtel de Ville - en y excluant les communistes - afin de donner une légitimité républicaine à leur mouvement. Ils devaient essuyer durant les quatre jours suivant des tirs nourrit de mitrailleuses allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	De leur côté, De Gaulle et Leclerc craignaient la mise en place d’une nouvelle Commune, d’autant plus que les Américains ne semblaient pas pressés de marcher sur Paris. Ces derniers craignaient que libérer la ville – et donc par conséquent nourrir ses habitants – ne signifie manquer de ravitaillement pour les armées poursuivant les Allemands dans le nord du pays. En outre, Leclerc craignait que la ville ne soit détruite si les Alliés n’agissaient pas rapidement.&lt;br /&gt;
	Dans la capitale, les barricades se dressaient progressivement, le but étant d’empêcher les Allemands de se déplacer. Le 22 août, une station de radio fut mise en place par les insurgés « Radiodiffusion de la Nation Française » afin de faire entendre la voix de la Résistance. Outre les proclamations et l’hymne national qui étaient diffusés fréquemment, les auditeurs pouvaient y entendre des conseils pratiques, des indications quant aux rues les plus dangereuses etc. Ce même soir du 22 août, le commandement américain changea d’avis, un messager ayant réussi à convaincre Eisenhower de la catastrophe que représenterait un Paris en ruine. Leclerc reçu enfin l’ordre qu’il attendait : marcher sur Paris. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La libération de la Seine-et-Marne (Source : Musée de la résistance en ligne).''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le département de Seine-et-Marne voit les premiers combats commencer autour du 20 août et durent jusqu’au 29. Le secteur voit des troupes allemandes en retraite, dont certains éléments tentent d’interdire le passage aux Américains qui tentent de les rattraper. Cette retraite est marquée de nombreux massacres « […] qui font de la Seine-et-Marne un département durement éprouvé par les combats de la Libération. » L’objectif des Allemands dans la région est la destruction systématique des ponts afin de ralentir l’avancée des Alliés, ce qu’évidement les groupes de résistants locaux cherchent à éviter. L’offensive américaine est double : elle se porte à la fois vers le sud de département, espérant atteindre les ponts de Souppes et de Nemours et le nord par Fontainebleau. Bien que les combats pour Souppes se révèlent sanglants, notamment du fait de l’utilisation de méthodes de terreur par les Allemands (otages, exécution de masse), ces derniers ne parviennent toutefois pas à détruire le pont. Ce n’est pas le cas des autres objectifs, les ponts de Gretz ayant par exemple été détruits. Le pont de Fontainebleau devient alors d’une importance capitale pour traverser le Loing. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La région forestière de Fontainebleau est alors tenue par les résistants, qui utilisent l’avantage conféré par le terrain pour harceler les troupes allemandes en retraite. Les Américains entrent dans la ville le 23 et foncent vers le pont de Valvin qui finira tout de même par être détruit par un obus. Les combats entre les deux rives deviennent très violents, les combattants se retrouvant piégés entre l’artillerie des deux camps. Finalement, le 24, les Américains parviennent tant bien que mal à établir un pont de bateaux pneumatiques. [[Fichier:Libération_Seine-et-Marne.jpg|600px|thumb|left|plan de la libération de la Seine-et-Marne]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Pierre Piganiol : un cinéaste résistant''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Né à Chambéry en 1915 et décédé à Paris en 2007, Pierre Piganiol est un chimiste, mais également un résistant. Mobilisé durant la « drôle de guerre », il entre à l’ENS après la capitulation de la France. Il y fonde un réseau de résistance, qui se charge de faire passer des informations pour la France Libre à Londres. En 1944, son ami, Raymond Croland, cofondateur du réseau de résistance, est arrêté et déporté à Buchenwald, forçant Pierre Piganiol à entrer dans la clandestinité. C’est dans ces années 40, et principalement vers la fin du conflit que Pierre Piganiol commence à filmer. Ce film de libération est donc l’un de ses premiers films. Le moment n’est probablement pas un hasard, la Libération devant avoir été un moment fort pour nombre de résistants, et particulièrement pour les résistants de la première heure comme Pierre Piganiol.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''L’incendie : le crime dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie de ce que l’on devine être la forêt de Fontainebleau est l’un des éléments principaux du film. Il serait le crime des Allemands, les Américains et la Libération leur châtiment. D’après La revue forestière française, l’incendie de la forêt de Fontainebleau aurait été dû à « un feu venant d’Arbonne [qui] a franchi le périmètre sur plusieurs kilomètres de front en 1944 ». L’incendie à t-il donc été causé volontairement par les Allemands ? Quelques jours avant la libération, le 17 août 1944, trente-six résistants sont sortis des prisons de Fontainebleau et amenés à une carrière de sable non loin de ce village pour y être fusillés. Il est possible que les Allemands aient déclenché l’incendie après avoir exécuté ces résistants afin de couvrir leurs traces. Le « crime » serait alors le meurtre, l’incendie, le moyen de le cacher. Comme Rodion Raskolnikov, le personnage principal du roman éponyme de Dostoïevski, les Allemands auraient tentés de camoufler leur crime par un autre. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Incendie forêt de Fontainebleau.png|400px|vignette|gauche]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Cependant, il est plus probable que pour Pierre Piganiol – qui n’avait peut-être pas été au courant des exécutions au moment de la réalisation de son film – l’incendie ait été le seul crime des Allemands. Plusieurs indices nous l’indiquent. Dans la dernière partie de son film « les traces du crime », Pierre Piganiol laisse explicitement entendre que le feu fut déclenché volontairement par les Allemands. Un jerrican, qui servit probablement à transporter du carburant est mis plusieurs fois en valeur par le cinéaste, et notamment via un panorama de gauche à droite, filmant la dévastation de l’incendie, et se terminant sur le jerrican reposant sur un sol carbonisé (plan 70 : 8min25 – 8min28)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie est présent dès les premières secondes du film. Le cinéaste le filme à la fois comme une catastrophe phénoménale, mais aussi comme un drame. Plusieurs scènes illustrent ces ressentis. Les flammes sont bien souvent filmées en contreplongée, accentuant l’effet écrasant qu’elles exercent sur le spectateur (Plan 11 :1min14-1min26 ; Plan 13 : 1min37 – 1min42). Un plan en particulier accentue le dramatique : on y voit un sapin, à priori épargné par les flammes, debout au milieu d’un paysage récemment ravagé par l’incendie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La Libération dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La Libération est au centre du film de Pierre Piganiol. On peut y voir la joie des habitants de Saint-Martin-en-Bière, qui est filmé avant même l’arrivée des Alliés. En effet, « à l’aube du 23 », un homme est filmé par le cinéaste en train d’escalader le toit de sa maison afin d’y hisser le drapeau français sur sa cheminée (Plan 24 à 29 : 2min 56 – 3min 32). Pierre Piganiol utilise sa caméra pour placer le spectateur dans ses chaussures. Les évènements, sont presque toujours filmé comme si le cinéaste était un villageois comme les autres, observant l’arrivée des Alliés comme les autres. Ainsi, même des scènes qui peuvent paraître comme symbolique, tel le gros plan sur le drapeau français flottant au vent peut être interprétées comme le regard d’un habitant – qui plus est engagé dans la résistance, fier de pouvoir enfin afficher les couleurs de son pays après quatre ans d’occupation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Il en va de même pour les scènes de l’avion de reconnaissance. Pierre Piganiol se place tout d’abord à l’avant de la foule, et pointe sa caméra sur l’avion amorçant ses manœuvres d’atterrissage. On peut interpréter cette partie du film comme étant l’œil d’un habitant curieux, qui n’a probablement encore jamais observé d’avions – en tout cas pas de prêt – et qui donc fixe ce curieux engin du regard (Plan 37 à 44 : 4min17 – 5min01). Un fois l’avion atterrit, le cinéaste filme la foule des habitants se précipiter sur l’avion pour féliciter le pilote et examiner l’avion de plus prêt. (Plan 45 à 59 :  5min02 – 6min33). &lt;br /&gt;
	Ce parti prit de filmer les évènements comme un observateur parmi les autres peut se retrouver dans les autres films de Pierre Piganiol réalisés durant cette période. Ainsi, le film immortalisant l’arrivée des troupes françaises – dont le cinéaste fait partie – en Allemagne est tourné de la même façon. [[Fichier:Petit garçon dans une jeep américaine.png|500px|vignette|droite|Un petit garçon sert les mains des habitants du village]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Ce document est en outre l’occasion d’observer le comportement des habitants d’un petit village de région parisienne lors de la Libération. La joie et l’euphorie sont de mises sur pratiquement toutes les scènes où une foule est filmée. Les enfants en sont les principaux témoins dans ce film. De nombreuses scènes les montres sur les véhicules des Américains entrant dans le village – que ceux-ci soient à l’arrêt ou non – et tous affichent un grand sourire. Deux plans en particulier illustrent ce propos. Le premier, le plan 32 (3min44 – 3min51), montre plusieurs enfants, assis sur un blindé de reconnaissance américain. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Enfants sur blindé américain.png|500px|vignette|gauche|Des enfants sur un blindé américain à Saint-Martin-en-Bière.]]&lt;br /&gt;
 Sur cette scène, deux petites filles y agitent des drapeau français, symboles à la fois de la confiance des habitants qui laissent leurs enfants approcher les militaires Alliés, mais aussi de l’engouement patriotique de ces derniers jours du mois d’août. Le second plan, le plan 50 (5min35 – 5min44), nous montre un enfant à bord du siège passager d’une jeep américaine traversant le village. Ce dernier sert les mains des habitants comme s’il était lui-même un soldat venant les libérer, un énorme sourire traversant son visage. Les deux militaires à bord de la jeep affichent eux-aussi un grand sourire, témoignant de l’euphorie contagieuse régnant dans le village ce jour-là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Conclusion''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film de Pierre Piganiol, tourné dans les premières heures de la Libération de la Seine-et-Marne, permet d’observer la réaction d’un petit village durant cet évènement. Cela d’autant plus que Pierre Piganiol film cet évènement comme s’il n’était qu’un habitant parmi d’autres, comme s’il n’avait pas de caméra. Son film témoigne de l’euphorie ressentie par les habitants de la commune, à tel point d’ailleurs qu’en voyant ces images, on ne se douterait pas que de sanglants combats ont lieux à moins de dix kilomètres de là. Il montre également le soulagement de ses compatriotes qui en plus de fêter leur libération, fêtent également la fin de la guerre, dont le front s’éloigne progressivement de leur petit village.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Anthony BEEVOR, Paris libéré 1944-1949, Paris, éditions Perrin, 2014.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claude CHERRIER, Musée de la résistance en ligne, « La Seine-et-Marne, 20 au 29 août 1944 »(URL :http://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=84&amp;amp;theme=157&amp;amp;stheme=320)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
G. MOUTON, « Lutte contre les incendies en forêt de Fontainebleau », Revue forestière française, 1950. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pierre PAPON, « PIGANIOL Pierre (1915-2007) », Encyclopaedia Universalis, (URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-piganiol/)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Bas:Crime et châtiment (0116FN0005)</title>
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		<updated>2021-01-07T13:49:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : Modifié automatiquement depuis la page Bas:Crime et châtiment (0116FN0005).&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|fonds=Piganiol&lt;br /&gt;
|idSupport=0003FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
|dateFin=1946&lt;br /&gt;
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|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
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|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|userrealname=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|datesignature=2021-01-07&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : post-war period&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un film amateur, réalisé par le cinéaste Pierre Piganiol. Il nous montre les premiers jours de la libération d’un petit village aujourd’hui situé dans le département de Seine-et-Marne. Ce film est tout d’abord construit comme une accusation. Nommé comme le célèbre roman éponyme de Dostoïevski, il se veut être une preuve de la barbarie des allemands, qui mettent le feu à la forêt avant leur départ. Ce document illustre aussi l’excitation des habitants devant l’arrivée des américains : les drapeaux français sont brandis, ceux des américains sont rapidement fabriqués avec ce que l’on parvient à trouver, tout le village est dans la rue afin de saluer les libérateurs. Enfin, le film nous montre ce qu’il reste une fois la fièvre de la libération passée et l’excitation retombée : un forêt partiellement en cendre que les habitants doivent « nettoyer ».&lt;br /&gt;
|Description_fr=P1 : (0,01 – 0,14) : Carton sous forme de livre « Les studios PM présentent ». On remarque que c’est toujours la première page du livre qui est montrée. &lt;br /&gt;
P2 : (0,14 – 0,21) : Idem « Crime et Châtiment ».&lt;br /&gt;
P3 : (0,21 – 0,25) : Idem « 20 – 23 août 1944 » &lt;br /&gt;
P4 : (0,25 – 0,31) : Idem « La forêt brûle »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « La forêt brûle » ==='''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P5 : (0,31 – 0,39) : Panorama de gauche à droite. Au premier plan un champs, en fond un panache de fumée blanche au-dessus de la forêt. &lt;br /&gt;
P6 : (0,39 – 0,46) : Panorama de haut en bas montrant la densité de la fumée. On distingue dans la dernière seconde du plan un sol complètement calciné.&lt;br /&gt;
P7 : (0,46 – 0,51) : Plan fixe. On y voit le sol de la forêt brulant, les flammes étant attisées par le vent. &lt;br /&gt;
P8 : (0,51 – 1,00) : Panorama de droite à gauche. Le sol de la forêt est dévasté, un épais brouillard de fumée semble sortir de terre. &lt;br /&gt;
P9 : (1,00 – 1,06) : Plan fixe. Tas de troncs d’arbres au premier plan, de grandes flammes dépassent des buissons en arrière-plan. &lt;br /&gt;
P10 : (1,07 – 1,14) : Plan fixe. Talus dont la crête est entièrement enflammée.&lt;br /&gt;
P11 : (1,14 – 1,26) : Plan fixe. Petite colline presque entièrement en flamme. De nombreuses branches brûlent entre les gros rochers parsemant cette dernière.&lt;br /&gt;
P12 : (1,26 – 1,37) : Lent panorama du haut vers le bas. Montre un brouillard de fumé si épais que l’on ne distingue rien d’autre. Met en valeur l’ampleur de l’incendie.&lt;br /&gt;
P13 : (1,37 – 1,42) : Plan fixe. De grandes flammes, couvrant presque la quasi-totalité du ciel, s’élèvent de derrière une ligne d’arbres. &lt;br /&gt;
P14 : (1,42 – 1,44) : Plan fixe. Flammes derrière une ligne de buissons.&lt;br /&gt;
P15 : (1,44 – 1,48) : Plan fixe. Flammes se rapprochant de ce qui semble être un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P16 : (1,48 – 1,58) : Plan fixe. Une grande flamme, faisant la moitié de la hauteur de l’arbre au premier plan, semble s’avancer dangereusement du cinéaste. Montre peut-être la progression inexorable de l’incendie. &lt;br /&gt;
P17 : (1,58 – 2,04) : Plan fixe. Les flammes ont atteint le camp de bûcherons et engloutissent le travail de ces derniers.&lt;br /&gt;
P18 : (2,04 – 2,11) : Panorama de gauche à droite. Un tas de petites branches - peut-être des rebus du camp de bûcherons - flambent.&lt;br /&gt;
P19 : (2,11 – 2,30) : Lent panorama de gauche à droite. Montre les dégâts de l’incendie sur la forêt. Le sol est entièrement recouvert de cendres. Il ne reste des arbres que quelques souches calcinées. &lt;br /&gt;
P20 : (2,30 – 2,36) : Lent panorama de gauche à droite. Idem. Le cinéaste s’attarde sur un sapin qui semble avoir été relativement épargné par l’incendie.&lt;br /&gt;
P21 : (2,36 – 2,43) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste film les cendres, puis dévoile lentement en allant vers la droite de grande flammes brûlant des buissons. Veut probablement mettre en valeur que l’incendie n’est pas terminé.&lt;br /&gt;
P22 : (2,43 – 2,50) : Plan fixe. L’incendie se poursuit, et ne semble pas faiblir.&lt;br /&gt;
P23 : (2,50 – 2,56) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « mais à l’aube du 23 ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Mais à l’aube du 23 » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P24 : (2,56 – 2,58) : Un homme sort sur le balcon de sa maison avec ce qu’on devine être un drapeau plié. Il escalade le muret du balcon pour accéder au toit.&lt;br /&gt;
P25 : (2,58 – 3,02) : Il escalade le toit, le drapeau replié en bouche.&lt;br /&gt;
P26 : (3,02 – 3,20) : Il termine son ascension en équilibre sur le toit de la maison. L’homme plante le drapeau dans la cheminée avant de le dérouler, dévoilant le drapeau français.&lt;br /&gt;
P27 : (3,20 – 3,25) : Gros plan sur le drapeau français flottant au vent. &lt;br /&gt;
P28 : (3,25 – 3,28) : Plan fixe en contreplongée sur le drapeau français planté dans la cheminée.&lt;br /&gt;
P29 : (3,28 – 3,32) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « à Saint-Martin » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « À Saint-Martin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P30 : (3,32 – 3,37) : Un véhicule blindé américain – un véhicule de reconnaissance ? - est stationné le long d’un corps de ferme. Deux membres d’équipage se reposent à l’extérieur. Un petit groupe de villageois discutent sur le côté. Ils sont probablement venus saluer les soldats. On voit d’ailleurs une femme qui fait grimper un enfant sur le blindé.&lt;br /&gt;
P31 : (3,37 – 3,44) : Panorama du haut vers le bas. Montre un groupe de villageois rassemblé devant le monument aux morts de la commune. Le cinéaste dévoile progressivement deux drapeaux flottant sur le monument : un drapeau qui semble être celui des États-Unis, probablement fabriqué pour l’occasion avec les tissus disponibles, et le drapeau français.&lt;br /&gt;
P32 : (3,44 – 3,51) : Le cinéaste filme les enfants du village assis sur le blindé américain avec l’équipage. Deux petites filles portent un drapeau français. Plusieurs enfants ainsi que le membre d’équipage assis sur la tourelle du blindé fixent la caméra, signifiant peut-être que le cinéaste leur a demandé de poser.&lt;br /&gt;
P33 : (3,51 – 4,01) : Plan plus large, montrant l’arrivée d’une jeep, saluée par les habitants. &lt;br /&gt;
P34 : (4,01 – 4,09) : Départ du blindé de reconnaissance à la suite de la jeep. L’équipage salue et est salué par les habitants du village. &lt;br /&gt;
P35 : (4,09 – 4,12) : Une autre jeep, plus lourdement armée que la précédente, arrive dans le village. Le plan est cependant rapidement interrompu. &lt;br /&gt;
P36 : (4,12 – 4,17) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Le premier piper-cub se pose à Macherin ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Le premier piper-cub se pose à Macherin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P37 : (4,17 – 4,21) : Plan fixe surélevé montrant un champ. Un homme, que l’on devine accompagné d’une foule fait de grands gestes en apercevant un avion dans le ciel. Ce effectue une manœuvre pour amorcer son atterrissage. &lt;br /&gt;
P38 : (4,21 – 4,30) : L’avion, au centre de l’image, se rapproche doucement. On voit au bord de l’image des drapeaux français être agité, laissant deviner l’excitation de la foule. &lt;br /&gt;
P39 : (4,30 – 4,33) : Plan vers le ciel. L’avion passe rapidement d’un bord à l’autre de l’image.&lt;br /&gt;
P40 : (4,33 – 4,37) : Plan fixe vers l’horizon. L’avion continue sa manœuvre d’atterrissage, se rapprochant de plus en plus du sol. &lt;br /&gt;
P41 : (4,37 – 4,49) : L’avion atterrit. Des enfants, suivis de leurs parents commencent à courir vers celui-ci alors qu’il n’a pas encore finit sa course, démontrant là aussi l’excitation de la foule. La plupart de ces gens n’ont probablement jamais vus d’avions d’aussi près. &lt;br /&gt;
P42 : (4,49 – 4,54) : L’avion continue à rouler dans le champ. L’homme qui faisait des signes à l’avion lorsque celui-ci était dans le ciel semble guider les habitants vers celui-ci. Peut-être est-ce le maire ou un résistant ? &lt;br /&gt;
P43 : (4,54 – 4,58) : Le cinéaste s’est placé derrière la foule et film l’avion roulant dans l’herbe. &lt;br /&gt;
P44 : (4,58 – 5,01) : Avion termine sa course devant la foule.&lt;br /&gt;
P45 : (5,01 – 5,15) : La foule court à la rencontre de l’avion. De nombreux enfants, de tous âges, sont présents avec leurs parents. &lt;br /&gt;
P46 : (5,15 – 5,23) : Un militaire ayant voyagé dans l’avion se rapproche du cinéaste avec une mallette dans la main. En arrière-plan, on voit la foule observant l’avion avec beaucoup d’intérêt et d’excitation.&lt;br /&gt;
P47 : (5,23 – 5,28) : Gros plan sur une femme qui parait gênée d’être filmé. Une proche du cinéaste ? &lt;br /&gt;
P48 : (5,28 – 5,31) : Plan fixe sur des enfants assis sur une jeep américaine. &lt;br /&gt;
P49 : (5,31 – 5,35) : Un homme est filmé souriant, un enfant sur l’épaule. Peut-être est-ce un militaire américain ? &lt;br /&gt;
P50 : (5,35 – 5,44) : Une jeep défile au milieu du village. Un enfant est assis sur le siège passager et sert la main en souriant aux autres habitants. Les deux militaires occupant la jeep semblent eux-aussi très heureux. &lt;br /&gt;
P51 : (5,44 – 5,48) : La foule examine l’avion avec beaucoup d’intérêt. &lt;br /&gt;
P52 : (5,48 – 6,00) : Panorama de gauche à droite filmant la foule examinant l’avion. &lt;br /&gt;
P53 : (6,00 – 6,06) : Plan fixe. Idem. &lt;br /&gt;
P54 : (6,06 – 6,10) : Un militaire, un bouquet de fleurs à la main, semble recevoir les remerciements de la foule. Le plan se termine par une poignée de mains échangée entre les habitants et le militaire.&lt;br /&gt;
P55 : (6,10 – 6,15) : Des habitants discutent en examinant l’appareil.&lt;br /&gt;
P56 : (6,15 – 6,19) : Idem. On reconnaît la femme filmée en gros plans précédemment. &lt;br /&gt;
P57 : (6,19 – 6,25) : Plan dont la femme filmée précédemment est à nouveau au centre.&lt;br /&gt;
P58 : (6,25 – 6,33) : Idem. Probablement un groupe d’amis ou de la famille du cinéaste. &lt;br /&gt;
P59 : (6,33 – 6,38) : Groupe d’habitants examinent l’avant de l’appareil. &lt;br /&gt;
P60 : (6,38 – 6,44) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Deux ans plus tard » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Deux ans plus tard » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P61 : (6,44 – 6,59) : Panorama de droite à gauche montrant une colline rocailleuse. Le sol semble noir &lt;br /&gt;
P62 : (6,59 – 7,18) : Plan filmé à l’épaule, montrant là encore un paysage rocailleux sans végétations &lt;br /&gt;
P63 : (7,18 – 7,37) : Idem. On distingue des arbres gisant à terre, ainsi que des petits tas de bûches. &lt;br /&gt;
P64 : (7,37 – 7,49) : Idem. On voit cette fois l’entrée de la forêt. Une petite installation de tient à la lisière de celle-ci.&lt;br /&gt;
P65 : (7,49 – 7,58) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste s’est rapproché de l’installation. Il s’agit probablement d’un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P66 : (7,58 – 8,02) : Plan fixe sur le camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P67 : (8,02 – 8,08) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Les traces du crime ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Les traces du crime » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P68 : (8,08 – 8,16) : Plan fixe vers le sol. Un jerrican est filmé, laissant peut-être entendre que les allemands auraient volontairement mis le feu à la forêt deux ans plus tôt.&lt;br /&gt;
P69 : (8,16 – 8,25) : Panorama de gauche à droite, montrant branches et souche d’arbres. Il se termine sur le jerrican filmé précédemment afin d’établir un lien entre la forêt brûlée et l’essence.&lt;br /&gt;
P70 : (8,25 – 8,28) : Deux petites chèvres sont filmées.&lt;br /&gt;
P71 : (8,28 – 8,31) : Idem mais sous un autre angle.&lt;br /&gt;
P72 : (8,31 – 8,37) : Plan sur le camp de bûcherons filmé de très près.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== '''Contexte général : du débarquement de Normandie à la Libération de la Seine-et-Marne (Source : BEEVOR Anthony, Paris libéré, 1944 – 1949)&lt;br /&gt;
''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Après un débarquement fructueux en Italie le 10 juillet 1943, les alliés se retrouvent confronter à une résistance de plus en plus féroce des Italiens, renforcés par les Allemands dans la région de Monte Cassino. Il faut donc trouver un moyen d’ouvrir un autre front. À l’est, les Soviétiques se préparent eux-aussi à une grande offensive, l’Opération Bagration. Après de nombreuses délibérations, le choix se porte sur la Normandie, côte la plus éloignée de la Grande-Bretagne. Une vaste opération de désinformation est mise en place avec succès pour faire croire à un débarquement dans le Pas-de-Calais. Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent avec succès en Normandie. S’en suit alors une avancée rapide, malgré des poches de résistance tenaces ici et là, comme par exemple à Falaise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La route vers Paris était désormais ouverte. Pour les militaires de la France Libre, il s’agissait d’un enjeu idéologique primordial : il fallait absolument qu’une force militaire française soit la première à arriver dans la ville. Pour le général De Gaulle, une formation militaire en particulier devait absolument libérer la ville : la 2e division blindée (« DB ») du Général Leclerc. [[Fichier:Leclerc_Paris.JPG|500px|thumb|right|Le général Leclerc lors de la libération de Paris]]&lt;br /&gt;
les événements s’accéléraient drastiquement dans la capitale : craignant un soulèvement, les autorités allemandes décidèrent le 15 août de désarmer la police de Paris, ce qui entraîna une grève générale de celle-ci. Craignant d’être assimilés aux nazis, de nombreux policiers avaient en effet rejoint le Parti communiste, la carte du parti devant les protéger une fois la ville aux mains des Alliés. Le débarquement sur la côte méditerranéenne le même jour encouragea d’autant plus les Parisiens à la dissidence. Deux jours plus tard, les Parisiens voyaient de grandes colonnes de véhicules allemands évacuant la ville, accompagnés de « pillages de dernière minute ». Le 18 août, des tirs sporadiques commencèrent à se faire entendre dans certains quartiers de la capitale, accompagnés du retour du drapeau français sur le toit de plusieurs édifices publics, notamment sur le toit de la préfecture de police de l’île de la Cité. Le préfet de Police de Vichy fut arrêté et remplacé par un gaulliste, Charles Luizet. L’insurrection fut lancée par la police, les gaullistes furent forcés de suivre le mouvement malgré les réticences de De Gaulle. Les combats furent par endroit très violents : la préfecture de police de l’île de la Cité fut assiégée et pilonnée par des chars qui, heureusement, ne firent que peu de dégâts. Le 20 août, le Conseil National de la Résistance (« CNR ») parvint à prendre de l’Hôtel de Ville - en y excluant les communistes - afin de donner une légitimité républicaine à leur mouvement. Ils devaient essuyer durant les quatre jours suivant des tirs nourrit de mitrailleuses allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	De leur côté, De Gaulle et Leclerc craignaient la mise en place d’une nouvelle Commune, d’autant plus que les Américains ne semblaient pas pressés de marcher sur Paris. Ces derniers craignaient que libérer la ville – et donc par conséquent nourrir ses habitants – ne signifie manquer de ravitaillement pour les armées poursuivant les Allemands dans le nord du pays. En outre, Leclerc craignait que la ville ne soit détruite si les Alliés n’agissaient pas rapidement.&lt;br /&gt;
	Dans la capitale, les barricades se dressaient progressivement, le but étant d’empêcher les Allemands de se déplacer. Le 22 août, une station de radio fut mise en place par les insurgés « Radiodiffusion de la Nation Française » afin de faire entendre la voix de la Résistance. Outre les proclamations et l’hymne national qui étaient diffusés fréquemment, les auditeurs pouvaient y entendre des conseils pratiques, des indications quant aux rues les plus dangereuses etc. Ce même soir du 22 août, le commandement américain changea d’avis, un messager ayant réussi à convaincre Eisenhower de la catastrophe que représenterait un Paris en ruine. Leclerc reçu enfin l’ordre qu’il attendait : marcher sur Paris. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La libération de la Seine-et-Marne (Source : Musée de la résistance en ligne).''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le département de Seine-et-Marne voit les premiers combats commencer autour du 20 août et durent jusqu’au 29. Le secteur voit des troupes allemandes en retraite, dont certains éléments tentent d’interdire le passage aux Américains qui tentent de les rattraper. Cette retraite est marquée de nombreux massacres « […] qui font de la Seine-et-Marne un département durement éprouvé par les combats de la Libération. » L’objectif des Allemands dans la région est la destruction systématique des ponts afin de ralentir l’avancée des Alliés, ce qu’évidement les groupes de résistants locaux cherchent à éviter. L’offensive américaine est double : elle se porte à la fois vers le sud de département, espérant atteindre les ponts de Souppes et de Nemours et le nord par Fontainebleau. Bien que les combats pour Souppes se révèlent sanglants, notamment du fait de l’utilisation de méthodes de terreur par les Allemands (otages, exécution de masse), ces derniers ne parviennent toutefois pas à détruire le pont. Ce n’est pas le cas des autres objectifs, les ponts de Gretz ayant par exemple été détruits. Le pont de Fontainebleau devient alors d’une importance capitale pour traverser le Loing. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La région forestière de Fontainebleau est alors tenue par les résistants, qui utilisent l’avantage conféré par le terrain pour harceler les troupes allemandes en retraite. Les Américains entrent dans la ville le 23 et foncent vers le pont de Valvin qui finira tout de même par être détruit par un obus. Les combats entre les deux rives deviennent très violents, les combattants se retrouvant piégés entre l’artillerie des deux camps. Finalement, le 24, les Américains parviennent tant bien que mal à établir un pont de bateaux pneumatiques. [[Fichier:Libération_Seine-et-Marne.jpg|600px|thumb|left|plan de la libération de la Seine-et-Marne]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Pierre Piganiol : un cinéaste résistant''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Né à Chambéry en 1915 et décédé à Paris en 2007, Pierre Piganiol est un chimiste, mais également un résistant. Mobilisé durant la « drôle de guerre », il entre à l’ENS après la capitulation de la France. Il y fonde un réseau de résistance, qui se charge de faire passer des informations pour la France Libre à Londres. En 1944, son ami, Raymond Croland, cofondateur du réseau de résistance, est arrêté et déporté à Buchenwald, forçant Pierre Piganiol à entrer dans la clandestinité. C’est dans ces années 40, et principalement vers la fin du conflit que Pierre Piganiol commence à filmer. Ce film de libération est donc l’un de ses premiers films. Le moment n’est probablement pas un hasard, la Libération devant avoir été un moment fort pour nombre de résistants, et particulièrement pour les résistants de la première heure comme Pierre Piganiol.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''L’incendie : le crime dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie de ce que l’on devine être la forêt de Fontainebleau est l’un des éléments principaux du film. Il serait le crime des Allemands, les Américains et la Libération leur châtiment. D’après La revue forestière française, l’incendie de la forêt de Fontainebleau aurait été dû à « un feu venant d’Arbonne [qui] a franchi le périmètre sur plusieurs kilomètres de front en 1944 ». L’incendie à t-il donc été causé volontairement par les Allemands ? Quelques jours avant la libération, le 17 août 1944, trente-six résistants sont sortis des prisons de Fontainebleau et amenés à une carrière de sable non loin de ce village pour y être fusillés. Il est possible que les Allemands aient déclenché l’incendie après avoir exécuté ces résistants afin de couvrir leurs traces. Le « crime » serait alors le meurtre, l’incendie, le moyen de le cacher. Comme Rodion Raskolnikov, le personnage principal du roman éponyme de Dostoïevski, les Allemands auraient tentés de camoufler leur crime par un autre. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Incendie forêt de Fontainebleau.png|400px|vignette|gauche]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Cependant, il est plus probable que pour Pierre Piganiol – qui n’avait peut-être pas été au courant des exécutions au moment de la réalisation de son film – l’incendie ait été le seul crime des Allemands. Plusieurs indices nous l’indiquent. Dans la dernière partie de son film « les traces du crime », Pierre Piganiol laisse explicitement entendre que le feu fut déclenché volontairement par les Allemands. Un jerrican, qui servit probablement à transporter du carburant est mis plusieurs fois en valeur par le cinéaste, et notamment via un panorama de gauche à droite, filmant la dévastation de l’incendie, et se terminant sur le jerrican reposant sur un sol carbonisé (plan 70 : 8min25 – 8min28)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie est présent dès les premières secondes du film. Le cinéaste le filme à la fois comme une catastrophe phénoménale, mais aussi comme un drame. Plusieurs scènes illustrent ces ressentis. Les flammes sont bien souvent filmées en contreplongée, accentuant l’effet écrasant qu’elles exercent sur le spectateur (Plan 11 :1min14-1min26 ; Plan 13 : 1min37 – 1min42). Un plan en particulier accentue le dramatique : on y voit un sapin, à priori épargné par les flammes, debout au milieu d’un paysage récemment ravagé par l’incendie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La Libération dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La Libération est au centre du film de Pierre Piganiol. On peut y voir la joie des habitants de Saint-Martin-en-Bière, qui est filmé avant même l’arrivée des Alliés. En effet, « à l’aube du 23 », un homme est filmé par le cinéaste en train d’escalader le toit de sa maison afin d’y hisser le drapeau français sur sa cheminée (Plan 24 à 29 : 2min 56 – 3min 32). Pierre Piganiol utilise sa caméra pour placer le spectateur dans ses chaussures. Les évènements, sont presque toujours filmé comme si le cinéaste était un villageois comme les autres, observant l’arrivée des Alliés comme les autres. Ainsi, même des scènes qui peuvent paraître comme symbolique, tel le gros plan sur le drapeau français flottant au vent peut être interprétées comme le regard d’un habitant – qui plus est engagé dans la résistance, fier de pouvoir enfin afficher les couleurs de son pays après quatre ans d’occupation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Il en va de même pour les scènes de l’avion de reconnaissance. Pierre Piganiol se place tout d’abord à l’avant de la foule, et pointe sa caméra sur l’avion amorçant ses manœuvres d’atterrissage. On peut interpréter cette partie du film comme étant l’œil d’un habitant curieux, qui n’a probablement encore jamais observé d’avions – en tout cas pas de prêt – et qui donc fixe ce curieux engin du regard (Plan 37 à 44 : 4min17 – 5min01). Un fois l’avion atterrit, le cinéaste filme la foule des habitants se précipiter sur l’avion pour féliciter le pilote et examiner l’avion de plus prêt. (Plan 45 à 59 :  5min02 – 6min33). &lt;br /&gt;
	Ce parti prit de filmer les évènements comme un observateur parmi les autres peut se retrouver dans les autres films de Pierre Piganiol réalisés durant cette période. Ainsi, le film immortalisant l’arrivée des troupes françaises – dont le cinéaste fait partie – en Allemagne est tourné de la même façon. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Ce document est en outre l’occasion d’observer le comportement des habitants d’un petit village de région parisienne lors de la Libération. La joie et l’euphorie sont de mises sur pratiquement toutes les scènes où une foule est filmée. Les enfants en sont les principaux témoins dans ce film. De nombreuses scènes les montres sur les véhicules des Américains entrant dans le village – que ceux-ci soient à l’arrêt ou non – et tous affichent un grand sourire. Deux plans en particulier illustrent ce propos. Le premier, le plan 32 (3min44 – 3min51), montre plusieurs enfants, assis sur un blindé de reconnaissance américain. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Enfants sur blindé américain.png|500px|vignette|gauche|Des enfants sur un blindé américain à Saint-Martin-en-Bière.]]&lt;br /&gt;
 Sur cette scène, deux petites filles y agitent des drapeau français, symboles à la fois de la confiance des habitants qui laissent leurs enfants approcher les militaires Alliés, mais aussi de l’engouement patriotique de ces derniers jours du mois d’août. Le second plan, le plan 50 (5min35 – 5min44), nous montre un enfant à bord du siège passager d’une jeep américaine traversant le village. Ce dernier sert les mains des habitants comme s’il était lui-même un soldat venant les libérer, un énorme sourire traversant son visage. Les deux militaires à bord de la jeep affichent eux-aussi un grand sourire, témoignant de l’euphorie contagieuse régnant dans le village ce jour-là. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Petit garçon dans une jeep américaine.png|500px|vignette|droite|Un petit garçon sert les mains des habitants du village]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Conclusion''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film de Pierre Piganiol, tourné dans les premières heures de la Libération de la Seine-et-Marne, permet d’observer la réaction d’un petit village durant cet évènement. Cela d’autant plus que Pierre Piganiol film cet évènement comme s’il n’était qu’un habitant parmi d’autres, comme s’il n’avait pas de caméra. Son film témoigne de l’euphorie ressentie par les habitants de la commune, à tel point d’ailleurs qu’en voyant ces images, on ne se douterait pas que de sanglants combats ont lieux à moins de dix kilomètres de là. Il montre également le soulagement de ses compatriotes qui en plus de fêter leur libération, fêtent également la fin de la guerre, dont le front s’éloigne progressivement de leur petit village.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Anthony BEEVOR, Paris libéré 1944-1949, Paris, éditions Perrin, 2014.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claude CHERRIER, Musée de la résistance en ligne, « La Seine-et-Marne, 20 au 29 août 1944 »(URL :http://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=84&amp;amp;theme=157&amp;amp;stheme=320)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
G. MOUTON, « Lutte contre les incendies en forêt de Fontainebleau », Revue forestière française, 1950. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pierre PAPON, « PIGANIOL Pierre (1915-2007) », Encyclopaedia Universalis, (URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-piganiol/)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Bas:Crime et châtiment (0116FN0005)</title>
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		<updated>2021-01-07T13:48:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|fonds=Piganiol&lt;br /&gt;
|idSupport=0003FH0004&lt;br /&gt;
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|evenements_filmes_ou_en_lien=Seconde Guerre mondiale&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saint-Martin-en-Bière; Forêt de Fontainebleau&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : post-war period&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un film amateur, réalisé par le cinéaste Pierre Piganiol. Il nous montre les premiers jours de la libération d’un petit village aujourd’hui situé dans le département de Seine-et-Marne. Ce film est tout d’abord construit comme une accusation. Nommé comme le célèbre roman éponyme de Dostoïevski, il se veut être une preuve de la barbarie des allemands, qui mettent le feu à la forêt avant leur départ. Ce document illustre aussi l’excitation des habitants devant l’arrivée des américains : les drapeaux français sont brandis, ceux des américains sont rapidement fabriqués avec ce que l’on parvient à trouver, tout le village est dans la rue afin de saluer les libérateurs. Enfin, le film nous montre ce qu’il reste une fois la fièvre de la libération passée et l’excitation retombée : un forêt partiellement en cendre que les habitants doivent « nettoyer ».&lt;br /&gt;
|Description_fr=P1 : (0,01 – 0,14) : Carton sous forme de livre « Les studios PM présentent ». On remarque que c’est toujours la première page du livre qui est montrée. &lt;br /&gt;
P2 : (0,14 – 0,21) : Idem « Crime et Châtiment ».&lt;br /&gt;
P3 : (0,21 – 0,25) : Idem « 20 – 23 août 1944 » &lt;br /&gt;
P4 : (0,25 – 0,31) : Idem « La forêt brûle »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « La forêt brûle » ==='''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P5 : (0,31 – 0,39) : Panorama de gauche à droite. Au premier plan un champs, en fond un panache de fumée blanche au-dessus de la forêt. &lt;br /&gt;
P6 : (0,39 – 0,46) : Panorama de haut en bas montrant la densité de la fumée. On distingue dans la dernière seconde du plan un sol complètement calciné.&lt;br /&gt;
P7 : (0,46 – 0,51) : Plan fixe. On y voit le sol de la forêt brulant, les flammes étant attisées par le vent. &lt;br /&gt;
P8 : (0,51 – 1,00) : Panorama de droite à gauche. Le sol de la forêt est dévasté, un épais brouillard de fumée semble sortir de terre. &lt;br /&gt;
P9 : (1,00 – 1,06) : Plan fixe. Tas de troncs d’arbres au premier plan, de grandes flammes dépassent des buissons en arrière-plan. &lt;br /&gt;
P10 : (1,07 – 1,14) : Plan fixe. Talus dont la crête est entièrement enflammée.&lt;br /&gt;
P11 : (1,14 – 1,26) : Plan fixe. Petite colline presque entièrement en flamme. De nombreuses branches brûlent entre les gros rochers parsemant cette dernière.&lt;br /&gt;
P12 : (1,26 – 1,37) : Lent panorama du haut vers le bas. Montre un brouillard de fumé si épais que l’on ne distingue rien d’autre. Met en valeur l’ampleur de l’incendie.&lt;br /&gt;
P13 : (1,37 – 1,42) : Plan fixe. De grandes flammes, couvrant presque la quasi-totalité du ciel, s’élèvent de derrière une ligne d’arbres. &lt;br /&gt;
P14 : (1,42 – 1,44) : Plan fixe. Flammes derrière une ligne de buissons.&lt;br /&gt;
P15 : (1,44 – 1,48) : Plan fixe. Flammes se rapprochant de ce qui semble être un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P16 : (1,48 – 1,58) : Plan fixe. Une grande flamme, faisant la moitié de la hauteur de l’arbre au premier plan, semble s’avancer dangereusement du cinéaste. Montre peut-être la progression inexorable de l’incendie. &lt;br /&gt;
P17 : (1,58 – 2,04) : Plan fixe. Les flammes ont atteint le camp de bûcherons et engloutissent le travail de ces derniers.&lt;br /&gt;
P18 : (2,04 – 2,11) : Panorama de gauche à droite. Un tas de petites branches - peut-être des rebus du camp de bûcherons - flambent.&lt;br /&gt;
P19 : (2,11 – 2,30) : Lent panorama de gauche à droite. Montre les dégâts de l’incendie sur la forêt. Le sol est entièrement recouvert de cendres. Il ne reste des arbres que quelques souches calcinées. &lt;br /&gt;
P20 : (2,30 – 2,36) : Lent panorama de gauche à droite. Idem. Le cinéaste s’attarde sur un sapin qui semble avoir été relativement épargné par l’incendie.&lt;br /&gt;
P21 : (2,36 – 2,43) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste film les cendres, puis dévoile lentement en allant vers la droite de grande flammes brûlant des buissons. Veut probablement mettre en valeur que l’incendie n’est pas terminé.&lt;br /&gt;
P22 : (2,43 – 2,50) : Plan fixe. L’incendie se poursuit, et ne semble pas faiblir.&lt;br /&gt;
P23 : (2,50 – 2,56) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « mais à l’aube du 23 ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Mais à l’aube du 23 » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P24 : (2,56 – 2,58) : Un homme sort sur le balcon de sa maison avec ce qu’on devine être un drapeau plié. Il escalade le muret du balcon pour accéder au toit.&lt;br /&gt;
P25 : (2,58 – 3,02) : Il escalade le toit, le drapeau replié en bouche.&lt;br /&gt;
P26 : (3,02 – 3,20) : Il termine son ascension en équilibre sur le toit de la maison. L’homme plante le drapeau dans la cheminée avant de le dérouler, dévoilant le drapeau français.&lt;br /&gt;
P27 : (3,20 – 3,25) : Gros plan sur le drapeau français flottant au vent. &lt;br /&gt;
P28 : (3,25 – 3,28) : Plan fixe en contreplongée sur le drapeau français planté dans la cheminée.&lt;br /&gt;
P29 : (3,28 – 3,32) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « à Saint-Martin » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « À Saint-Martin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P30 : (3,32 – 3,37) : Un véhicule blindé américain – un véhicule de reconnaissance ? - est stationné le long d’un corps de ferme. Deux membres d’équipage se reposent à l’extérieur. Un petit groupe de villageois discutent sur le côté. Ils sont probablement venus saluer les soldats. On voit d’ailleurs une femme qui fait grimper un enfant sur le blindé.&lt;br /&gt;
P31 : (3,37 – 3,44) : Panorama du haut vers le bas. Montre un groupe de villageois rassemblé devant le monument aux morts de la commune. Le cinéaste dévoile progressivement deux drapeaux flottant sur le monument : un drapeau qui semble être celui des États-Unis, probablement fabriqué pour l’occasion avec les tissus disponibles, et le drapeau français.&lt;br /&gt;
P32 : (3,44 – 3,51) : Le cinéaste filme les enfants du village assis sur le blindé américain avec l’équipage. Deux petites filles portent un drapeau français. Plusieurs enfants ainsi que le membre d’équipage assis sur la tourelle du blindé fixent la caméra, signifiant peut-être que le cinéaste leur a demandé de poser.&lt;br /&gt;
P33 : (3,51 – 4,01) : Plan plus large, montrant l’arrivée d’une jeep, saluée par les habitants. &lt;br /&gt;
P34 : (4,01 – 4,09) : Départ du blindé de reconnaissance à la suite de la jeep. L’équipage salue et est salué par les habitants du village. &lt;br /&gt;
P35 : (4,09 – 4,12) : Une autre jeep, plus lourdement armée que la précédente, arrive dans le village. Le plan est cependant rapidement interrompu. &lt;br /&gt;
P36 : (4,12 – 4,17) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Le premier piper-cub se pose à Macherin ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Le premier piper-cub se pose à Macherin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P37 : (4,17 – 4,21) : Plan fixe surélevé montrant un champ. Un homme, que l’on devine accompagné d’une foule fait de grands gestes en apercevant un avion dans le ciel. Ce effectue une manœuvre pour amorcer son atterrissage. &lt;br /&gt;
P38 : (4,21 – 4,30) : L’avion, au centre de l’image, se rapproche doucement. On voit au bord de l’image des drapeaux français être agité, laissant deviner l’excitation de la foule. &lt;br /&gt;
P39 : (4,30 – 4,33) : Plan vers le ciel. L’avion passe rapidement d’un bord à l’autre de l’image.&lt;br /&gt;
P40 : (4,33 – 4,37) : Plan fixe vers l’horizon. L’avion continue sa manœuvre d’atterrissage, se rapprochant de plus en plus du sol. &lt;br /&gt;
P41 : (4,37 – 4,49) : L’avion atterrit. Des enfants, suivis de leurs parents commencent à courir vers celui-ci alors qu’il n’a pas encore finit sa course, démontrant là aussi l’excitation de la foule. La plupart de ces gens n’ont probablement jamais vus d’avions d’aussi près. &lt;br /&gt;
P42 : (4,49 – 4,54) : L’avion continue à rouler dans le champ. L’homme qui faisait des signes à l’avion lorsque celui-ci était dans le ciel semble guider les habitants vers celui-ci. Peut-être est-ce le maire ou un résistant ? &lt;br /&gt;
P43 : (4,54 – 4,58) : Le cinéaste s’est placé derrière la foule et film l’avion roulant dans l’herbe. &lt;br /&gt;
P44 : (4,58 – 5,01) : Avion termine sa course devant la foule.&lt;br /&gt;
P45 : (5,01 – 5,15) : La foule court à la rencontre de l’avion. De nombreux enfants, de tous âges, sont présents avec leurs parents. &lt;br /&gt;
P46 : (5,15 – 5,23) : Un militaire ayant voyagé dans l’avion se rapproche du cinéaste avec une mallette dans la main. En arrière-plan, on voit la foule observant l’avion avec beaucoup d’intérêt et d’excitation.&lt;br /&gt;
P47 : (5,23 – 5,28) : Gros plan sur une femme qui parait gênée d’être filmé. Une proche du cinéaste ? &lt;br /&gt;
P48 : (5,28 – 5,31) : Plan fixe sur des enfants assis sur une jeep américaine. &lt;br /&gt;
P49 : (5,31 – 5,35) : Un homme est filmé souriant, un enfant sur l’épaule. Peut-être est-ce un militaire américain ? &lt;br /&gt;
P50 : (5,35 – 5,44) : Une jeep défile au milieu du village. Un enfant est assis sur le siège passager et sert la main en souriant aux autres habitants. Les deux militaires occupant la jeep semblent eux-aussi très heureux. &lt;br /&gt;
P51 : (5,44 – 5,48) : La foule examine l’avion avec beaucoup d’intérêt. &lt;br /&gt;
P52 : (5,48 – 6,00) : Panorama de gauche à droite filmant la foule examinant l’avion. &lt;br /&gt;
P53 : (6,00 – 6,06) : Plan fixe. Idem. &lt;br /&gt;
P54 : (6,06 – 6,10) : Un militaire, un bouquet de fleurs à la main, semble recevoir les remerciements de la foule. Le plan se termine par une poignée de mains échangée entre les habitants et le militaire.&lt;br /&gt;
P55 : (6,10 – 6,15) : Des habitants discutent en examinant l’appareil.&lt;br /&gt;
P56 : (6,15 – 6,19) : Idem. On reconnaît la femme filmée en gros plans précédemment. &lt;br /&gt;
P57 : (6,19 – 6,25) : Plan dont la femme filmée précédemment est à nouveau au centre.&lt;br /&gt;
P58 : (6,25 – 6,33) : Idem. Probablement un groupe d’amis ou de la famille du cinéaste. &lt;br /&gt;
P59 : (6,33 – 6,38) : Groupe d’habitants examinent l’avant de l’appareil. &lt;br /&gt;
P60 : (6,38 – 6,44) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Deux ans plus tard » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Deux ans plus tard » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P61 : (6,44 – 6,59) : Panorama de droite à gauche montrant une colline rocailleuse. Le sol semble noir &lt;br /&gt;
P62 : (6,59 – 7,18) : Plan filmé à l’épaule, montrant là encore un paysage rocailleux sans végétations &lt;br /&gt;
P63 : (7,18 – 7,37) : Idem. On distingue des arbres gisant à terre, ainsi que des petits tas de bûches. &lt;br /&gt;
P64 : (7,37 – 7,49) : Idem. On voit cette fois l’entrée de la forêt. Une petite installation de tient à la lisière de celle-ci.&lt;br /&gt;
P65 : (7,49 – 7,58) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste s’est rapproché de l’installation. Il s’agit probablement d’un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P66 : (7,58 – 8,02) : Plan fixe sur le camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P67 : (8,02 – 8,08) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Les traces du crime ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Les traces du crime » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P68 : (8,08 – 8,16) : Plan fixe vers le sol. Un jerrican est filmé, laissant peut-être entendre que les allemands auraient volontairement mis le feu à la forêt deux ans plus tôt.&lt;br /&gt;
P69 : (8,16 – 8,25) : Panorama de gauche à droite, montrant branches et souche d’arbres. Il se termine sur le jerrican filmé précédemment afin d’établir un lien entre la forêt brûlée et l’essence.&lt;br /&gt;
P70 : (8,25 – 8,28) : Deux petites chèvres sont filmées.&lt;br /&gt;
P71 : (8,28 – 8,31) : Idem mais sous un autre angle.&lt;br /&gt;
P72 : (8,31 – 8,37) : Plan sur le camp de bûcherons filmé de très près.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== '''Contexte général : du débarquement de Normandie à la Libération de la Seine-et-Marne (Source : BEEVOR Anthony, Paris libéré, 1944 – 1949)&lt;br /&gt;
''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Après un débarquement fructueux en Italie le 10 juillet 1943, les alliés se retrouvent confronter à une résistance de plus en plus féroce des Italiens, renforcés par les Allemands dans la région de Monte Cassino. Il faut donc trouver un moyen d’ouvrir un autre front. À l’est, les Soviétiques se préparent eux-aussi à une grande offensive, l’Opération Bagration. Après de nombreuses délibérations, le choix se porte sur la Normandie, côte la plus éloignée de la Grande-Bretagne. Une vaste opération de désinformation est mise en place avec succès pour faire croire à un débarquement dans le Pas-de-Calais. Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent avec succès en Normandie. S’en suit alors une avancée rapide, malgré des poches de résistance tenaces ici et là, comme par exemple à Falaise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La route vers Paris était désormais ouverte. Pour les militaires de la France Libre, il s’agissait d’un enjeu idéologique primordial : il fallait absolument qu’une force militaire française soit la première à arriver dans la ville. Pour le général De Gaulle, une formation militaire en particulier devait absolument libérer la ville : la 2e division blindée (« DB ») du Général Leclerc. [[Fichier:Leclerc_Paris.JPG|500px|thumb|right|Le général Leclerc lors de la libération de Paris]]&lt;br /&gt;
les événements s’accéléraient drastiquement dans la capitale : craignant un soulèvement, les autorités allemandes décidèrent le 15 août de désarmer la police de Paris, ce qui entraîna une grève générale de celle-ci. Craignant d’être assimilés aux nazis, de nombreux policiers avaient en effet rejoint le Parti communiste, la carte du parti devant les protéger une fois la ville aux mains des Alliés. Le débarquement sur la côte méditerranéenne le même jour encouragea d’autant plus les Parisiens à la dissidence. Deux jours plus tard, les Parisiens voyaient de grandes colonnes de véhicules allemands évacuant la ville, accompagnés de « pillages de dernière minute ». Le 18 août, des tirs sporadiques commencèrent à se faire entendre dans certains quartiers de la capitale, accompagnés du retour du drapeau français sur le toit de plusieurs édifices publics, notamment sur le toit de la préfecture de police de l’île de la Cité. Le préfet de Police de Vichy fut arrêté et remplacé par un gaulliste, Charles Luizet. L’insurrection fut lancée par la police, les gaullistes furent forcés de suivre le mouvement malgré les réticences de De Gaulle. Les combats furent par endroit très violents : la préfecture de police de l’île de la Cité fut assiégée et pilonnée par des chars qui, heureusement, ne firent que peu de dégâts. Le 20 août, le Conseil National de la Résistance (« CNR ») parvint à prendre de l’Hôtel de Ville - en y excluant les communistes - afin de donner une légitimité républicaine à leur mouvement. Ils devaient essuyer durant les quatre jours suivant des tirs nourrit de mitrailleuses allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	De leur côté, De Gaulle et Leclerc craignaient la mise en place d’une nouvelle Commune, d’autant plus que les Américains ne semblaient pas pressés de marcher sur Paris. Ces derniers craignaient que libérer la ville – et donc par conséquent nourrir ses habitants – ne signifie manquer de ravitaillement pour les armées poursuivant les Allemands dans le nord du pays. En outre, Leclerc craignait que la ville ne soit détruite si les Alliés n’agissaient pas rapidement.&lt;br /&gt;
	Dans la capitale, les barricades se dressaient progressivement, le but étant d’empêcher les Allemands de se déplacer. Le 22 août, une station de radio fut mise en place par les insurgés « Radiodiffusion de la Nation Française » afin de faire entendre la voix de la Résistance. Outre les proclamations et l’hymne national qui étaient diffusés fréquemment, les auditeurs pouvaient y entendre des conseils pratiques, des indications quant aux rues les plus dangereuses etc. Ce même soir du 22 août, le commandement américain changea d’avis, un messager ayant réussi à convaincre Eisenhower de la catastrophe que représenterait un Paris en ruine. Leclerc reçu enfin l’ordre qu’il attendait : marcher sur Paris. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La libération de la Seine-et-Marne (Source : Musée de la résistance en ligne).''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le département de Seine-et-Marne voit les premiers combats commencer autour du 20 août et durent jusqu’au 29. Le secteur voit des troupes allemandes en retraite, dont certains éléments tentent d’interdire le passage aux Américains qui tentent de les rattraper. Cette retraite est marquée de nombreux massacres « […] qui font de la Seine-et-Marne un département durement éprouvé par les combats de la Libération. » L’objectif des Allemands dans la région est la destruction systématique des ponts afin de ralentir l’avancée des Alliés, ce qu’évidement les groupes de résistants locaux cherchent à éviter. L’offensive américaine est double : elle se porte à la fois vers le sud de département, espérant atteindre les ponts de Souppes et de Nemours et le nord par Fontainebleau. Bien que les combats pour Souppes se révèlent sanglants, notamment du fait de l’utilisation de méthodes de terreur par les Allemands (otages, exécution de masse), ces derniers ne parviennent toutefois pas à détruire le pont. Ce n’est pas le cas des autres objectifs, les ponts de Gretz ayant par exemple été détruits. Le pont de Fontainebleau devient alors d’une importance capitale pour traverser le Loing. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La région forestière de Fontainebleau est alors tenue par les résistants, qui utilisent l’avantage conféré par le terrain pour harceler les troupes allemandes en retraite. Les Américains entrent dans la ville le 23 et foncent vers le pont de Valvin qui finira tout de même par être détruit par un obus. Les combats entre les deux rives deviennent très violents, les combattants se retrouvant piégés entre l’artillerie des deux camps. Finalement, le 24, les Américains parviennent tant bien que mal à établir un pont de bateaux pneumatiques. [[Fichier:Libération_Seine-et-Marne.jpg|600px|thumb|left|plan de la libération de la Seine-et-Marne]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Pierre Piganiol : un cinéaste résistant''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Né à Chambéry en 1915 et décédé à Paris en 2007, Pierre Piganiol est un chimiste, mais également un résistant. Mobilisé durant la « drôle de guerre », il entre à l’ENS après la capitulation de la France. Il y fonde un réseau de résistance, qui se charge de faire passer des informations pour la France Libre à Londres. En 1944, son ami, Raymond Croland, cofondateur du réseau de résistance, est arrêté et déporté à Buchenwald, forçant Pierre Piganiol à entrer dans la clandestinité. C’est dans ces années 40, et principalement vers la fin du conflit que Pierre Piganiol commence à filmer. Ce film de libération est donc l’un de ses premiers films. Le moment n’est probablement pas un hasard, la Libération devant avoir été un moment fort pour nombre de résistants, et particulièrement pour les résistants de la première heure comme Pierre Piganiol.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''L’incendie : le crime dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie de ce que l’on devine être la forêt de Fontainebleau est l’un des éléments principaux du film. Il serait le crime des Allemands, les Américains et la Libération leur châtiment. D’après La revue forestière française, l’incendie de la forêt de Fontainebleau aurait été dû à « un feu venant d’Arbonne [qui] a franchi le périmètre sur plusieurs kilomètres de front en 1944 ». L’incendie à t-il donc été causé volontairement par les Allemands ? Quelques jours avant la libération, le 17 août 1944, trente-six résistants sont sortis des prisons de Fontainebleau et amenés à une carrière de sable non loin de ce village pour y être fusillés. Il est possible que les Allemands aient déclenché l’incendie après avoir exécuté ces résistants afin de couvrir leurs traces. Le « crime » serait alors le meurtre, l’incendie, le moyen de le cacher. Comme Rodion Raskolnikov, le personnage principal du roman éponyme de Dostoïevski, les Allemands auraient tentés de camoufler leur crime par un autre. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Incendie forêt de Fontainebleau.png|400px|vignette|gauche]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Cependant, il est plus probable que pour Pierre Piganiol – qui n’avait peut-être pas été au courant des exécutions au moment de la réalisation de son film – l’incendie ait été le seul crime des Allemands. Plusieurs indices nous l’indiquent. Dans la dernière partie de son film « les traces du crime », Pierre Piganiol laisse explicitement entendre que le feu fut déclenché volontairement par les Allemands. Un jerrican, qui servit probablement à transporter du carburant est mis plusieurs fois en valeur par le cinéaste, et notamment via un panorama de gauche à droite, filmant la dévastation de l’incendie, et se terminant sur le jerrican reposant sur un sol carbonisé (plan 70 : 8min25 – 8min28)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie est présent dès les premières secondes du film. Le cinéaste le filme à la fois comme une catastrophe phénoménale, mais aussi comme un drame. Plusieurs scènes illustrent ces ressentis. Les flammes sont bien souvent filmées en contreplongée, accentuant l’effet écrasant qu’elles exercent sur le spectateur (Plan 11 :1min14-1min26 ; Plan 13 : 1min37 – 1min42). Un plan en particulier accentue le dramatique : on y voit un sapin, à priori épargné par les flammes, debout au milieu d’un paysage récemment ravagé par l’incendie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La Libération dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La Libération est au centre du film de Pierre Piganiol. On peut y voir la joie des habitants de Saint-Martin-en-Bière, qui est filmé avant même l’arrivée des Alliés. En effet, « à l’aube du 23 », un homme est filmé par le cinéaste en train d’escalader le toit de sa maison afin d’y hisser le drapeau français sur sa cheminée (Plan 24 à 29 : 2min 56 – 3min 32). Pierre Piganiol utilise sa caméra pour placer le spectateur dans ses chaussures. Les évènements, sont presque toujours filmé comme si le cinéaste était un villageois comme les autres, observant l’arrivée des Alliés comme les autres. Ainsi, même des scènes qui peuvent paraître comme symbolique, tel le gros plan sur le drapeau français flottant au vent peut être interprétées comme le regard d’un habitant – qui plus est engagé dans la résistance, fier de pouvoir enfin afficher les couleurs de son pays après quatre ans d’occupation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Il en va de même pour les scènes de l’avion de reconnaissance. Pierre Piganiol se place tout d’abord à l’avant de la foule, et pointe sa caméra sur l’avion amorçant ses manœuvres d’atterrissage. On peut interpréter cette partie du film comme étant l’œil d’un habitant curieux, qui n’a probablement encore jamais observé d’avions – en tout cas pas de prêt – et qui donc fixe ce curieux engin du regard (Plan 37 à 44 : 4min17 – 5min01). Un fois l’avion atterrit, le cinéaste filme la foule des habitants se précipiter sur l’avion pour féliciter le pilote et examiner l’avion de plus prêt. (Plan 45 à 59 :  5min02 – 6min33). &lt;br /&gt;
	Ce parti prit de filmer les évènements comme un observateur parmi les autres peut se retrouver dans les autres films de Pierre Piganiol réalisés durant cette période. Ainsi, le film immortalisant l’arrivée des troupes françaises – dont le cinéaste fait partie – en Allemagne est tourné de la même façon. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Ce document est en outre l’occasion d’observer le comportement des habitants d’un petit village de région parisienne lors de la Libération. La joie et l’euphorie sont de mises sur pratiquement toutes les scènes où une foule est filmée. Les enfants en sont les principaux témoins dans ce film. De nombreuses scènes les montres sur les véhicules des Américains entrant dans le village – que ceux-ci soient à l’arrêt ou non – et tous affichent un grand sourire. Deux plans en particulier illustrent ce propos. Le premier, le plan 32 (3min44 – 3min51), montre plusieurs enfants, assis sur un blindé de reconnaissance américain. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Enfants sur blindé américain.png|500px|vignette|gauche|Des enfants sur un blindé américain à Saint-Martin-en-Bière.]]&lt;br /&gt;
 Sur cette scène, deux petites filles y agitent des drapeau français, symboles à la fois de la confiance des habitants qui laissent leurs enfants approcher les militaires Alliés, mais aussi de l’engouement patriotique de ces derniers jours du mois d’août. Le second plan, le plan 50 (5min35 – 5min44), nous montre un enfant à bord du siège passager d’une jeep américaine traversant le village. Ce dernier sert les mains des habitants comme s’il était lui-même un soldat venant les libérer, un énorme sourire traversant son visage. Les deux militaires à bord de la jeep affichent eux-aussi un grand sourire, témoignant de l’euphorie contagieuse régnant dans le village ce jour-là. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Petit garçon dans une jeep américaine.png|500px|vignette|droite|Un petit garçon sert les mains des habitants du village]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Conclusion''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film de Pierre Piganiol, tourné dans les premières heures de la Libération de la Seine-et-Marne, permet d’observer la réaction d’un petit village durant cet évènement. Cela d’autant plus que Pierre Piganiol film cet évènement comme s’il n’était qu’un habitant parmi d’autres, comme s’il n’avait pas de caméra. Son film témoigne de l’euphorie ressentie par les habitants de la commune, à tel point d’ailleurs qu’en voyant ces images, on ne se douterait pas que de sanglants combats ont lieux à moins de dix kilomètres de là. Il montre également le soulagement de ses compatriotes qui en plus de fêter leur libération, fêtent également la fin de la guerre, dont le front s’éloigne progressivement de leur petit village.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Anthony BEEVOR, Paris libéré 1944-1949, Paris, éditions Perrin, 2014.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claude CHERRIER, Musée de la résistance en ligne, « La Seine-et-Marne, 20 au 29 août 1944 »(URL :http://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=84&amp;amp;theme=157&amp;amp;stheme=320)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
G. MOUTON, « Lutte contre les incendies en forêt de Fontainebleau », Revue forestière française, 1950. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pierre PAPON, « PIGANIOL Pierre (1915-2007) », Encyclopaedia Universalis, (URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-piganiol/)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
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		<updated>2021-01-07T13:48:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;L'incendie de la forêt de Fontainebleau filmé par Pierre Piganiol.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<updated>2021-01-07T13:46:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Un petit garçon sert la main des habitants du village comme s'il faisait partie des soldats Alliés.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<updated>2021-01-07T13:45:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Des enfants sont assis sur un blindé américain durant la libération de Saint-Martin-en-Bière.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Crime_et_ch%C3%A2timent_(0116FN0005)&amp;diff=16452</id>
		<title>Bas:Crime et châtiment (0116FN0005)</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|fonds=Piganiol&lt;br /&gt;
|idSupport=0003FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
|dateFin=1946&lt;br /&gt;
|video=0116FN0005_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:08:37&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Piganiol, Pierre&lt;br /&gt;
|apercu=Crime_et_châtiment.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Seconde Guerre mondiale&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saint-Martin-en-Bière; Forêt de Fontainebleau&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : post-war period&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un film amateur, réalisé par le cinéaste Pierre Piganiol. Il nous montre les premiers jours de la libération d’un petit village aujourd’hui situé dans le département de Seine-et-Marne. Ce film est tout d’abord construit comme une accusation. Nommé comme le célèbre roman éponyme de Dostoïevski, il se veut être une preuve de la barbarie des allemands, qui mettent le feu à la forêt avant leur départ. Ce document illustre aussi l’excitation des habitants devant l’arrivée des américains : les drapeaux français sont brandis, ceux des américains sont rapidement fabriqués avec ce que l’on parvient à trouver, tout le village est dans la rue afin de saluer les libérateurs. Enfin, le film nous montre ce qu’il reste une fois la fièvre de la libération passée et l’excitation retombée : un forêt partiellement en cendre que les habitants doivent « nettoyer ».&lt;br /&gt;
|Description_fr=P1 : (0,01 – 0,14) : Carton sous forme de livre « Les studios PM présentent ». On remarque que c’est toujours la première page du livre qui est montrée. &lt;br /&gt;
P2 : (0,14 – 0,21) : Idem « Crime et Châtiment ».&lt;br /&gt;
P3 : (0,21 – 0,25) : Idem « 20 – 23 août 1944 » &lt;br /&gt;
P4 : (0,25 – 0,31) : Idem « La forêt brûle »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « La forêt brûle » ==='''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P5 : (0,31 – 0,39) : Panorama de gauche à droite. Au premier plan un champs, en fond un panache de fumée blanche au-dessus de la forêt. &lt;br /&gt;
P6 : (0,39 – 0,46) : Panorama de haut en bas montrant la densité de la fumée. On distingue dans la dernière seconde du plan un sol complètement calciné.&lt;br /&gt;
P7 : (0,46 – 0,51) : Plan fixe. On y voit le sol de la forêt brulant, les flammes étant attisées par le vent. &lt;br /&gt;
P8 : (0,51 – 1,00) : Panorama de droite à gauche. Le sol de la forêt est dévasté, un épais brouillard de fumée semble sortir de terre. &lt;br /&gt;
P9 : (1,00 – 1,06) : Plan fixe. Tas de troncs d’arbres au premier plan, de grandes flammes dépassent des buissons en arrière-plan. &lt;br /&gt;
P10 : (1,07 – 1,14) : Plan fixe. Talus dont la crête est entièrement enflammée.&lt;br /&gt;
P11 : (1,14 – 1,26) : Plan fixe. Petite colline presque entièrement en flamme. De nombreuses branches brûlent entre les gros rochers parsemant cette dernière.&lt;br /&gt;
P12 : (1,26 – 1,37) : Lent panorama du haut vers le bas. Montre un brouillard de fumé si épais que l’on ne distingue rien d’autre. Met en valeur l’ampleur de l’incendie.&lt;br /&gt;
P13 : (1,37 – 1,42) : Plan fixe. De grandes flammes, couvrant presque la quasi-totalité du ciel, s’élèvent de derrière une ligne d’arbres. &lt;br /&gt;
P14 : (1,42 – 1,44) : Plan fixe. Flammes derrière une ligne de buissons.&lt;br /&gt;
P15 : (1,44 – 1,48) : Plan fixe. Flammes se rapprochant de ce qui semble être un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P16 : (1,48 – 1,58) : Plan fixe. Une grande flamme, faisant la moitié de la hauteur de l’arbre au premier plan, semble s’avancer dangereusement du cinéaste. Montre peut-être la progression inexorable de l’incendie. &lt;br /&gt;
P17 : (1,58 – 2,04) : Plan fixe. Les flammes ont atteint le camp de bûcherons et engloutissent le travail de ces derniers.&lt;br /&gt;
P18 : (2,04 – 2,11) : Panorama de gauche à droite. Un tas de petites branches - peut-être des rebus du camp de bûcherons - flambent.&lt;br /&gt;
P19 : (2,11 – 2,30) : Lent panorama de gauche à droite. Montre les dégâts de l’incendie sur la forêt. Le sol est entièrement recouvert de cendres. Il ne reste des arbres que quelques souches calcinées. &lt;br /&gt;
P20 : (2,30 – 2,36) : Lent panorama de gauche à droite. Idem. Le cinéaste s’attarde sur un sapin qui semble avoir été relativement épargné par l’incendie.&lt;br /&gt;
P21 : (2,36 – 2,43) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste film les cendres, puis dévoile lentement en allant vers la droite de grande flammes brûlant des buissons. Veut probablement mettre en valeur que l’incendie n’est pas terminé.&lt;br /&gt;
P22 : (2,43 – 2,50) : Plan fixe. L’incendie se poursuit, et ne semble pas faiblir.&lt;br /&gt;
P23 : (2,50 – 2,56) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « mais à l’aube du 23 ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Mais à l’aube du 23 » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P24 : (2,56 – 2,58) : Un homme sort sur le balcon de sa maison avec ce qu’on devine être un drapeau plié. Il escalade le muret du balcon pour accéder au toit.&lt;br /&gt;
P25 : (2,58 – 3,02) : Il escalade le toit, le drapeau replié en bouche.&lt;br /&gt;
P26 : (3,02 – 3,20) : Il termine son ascension en équilibre sur le toit de la maison. L’homme plante le drapeau dans la cheminée avant de le dérouler, dévoilant le drapeau français.&lt;br /&gt;
P27 : (3,20 – 3,25) : Gros plan sur le drapeau français flottant au vent. &lt;br /&gt;
P28 : (3,25 – 3,28) : Plan fixe en contreplongée sur le drapeau français planté dans la cheminée.&lt;br /&gt;
P29 : (3,28 – 3,32) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « à Saint-Martin » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « À Saint-Martin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P30 : (3,32 – 3,37) : Un véhicule blindé américain – un véhicule de reconnaissance ? - est stationné le long d’un corps de ferme. Deux membres d’équipage se reposent à l’extérieur. Un petit groupe de villageois discutent sur le côté. Ils sont probablement venus saluer les soldats. On voit d’ailleurs une femme qui fait grimper un enfant sur le blindé.&lt;br /&gt;
P31 : (3,37 – 3,44) : Panorama du haut vers le bas. Montre un groupe de villageois rassemblé devant le monument aux morts de la commune. Le cinéaste dévoile progressivement deux drapeaux flottant sur le monument : un drapeau qui semble être celui des États-Unis, probablement fabriqué pour l’occasion avec les tissus disponibles, et le drapeau français.&lt;br /&gt;
P32 : (3,44 – 3,51) : Le cinéaste filme les enfants du village assis sur le blindé américain avec l’équipage. Deux petites filles portent un drapeau français. Plusieurs enfants ainsi que le membre d’équipage assis sur la tourelle du blindé fixent la caméra, signifiant peut-être que le cinéaste leur a demandé de poser.&lt;br /&gt;
P33 : (3,51 – 4,01) : Plan plus large, montrant l’arrivée d’une jeep, saluée par les habitants. &lt;br /&gt;
P34 : (4,01 – 4,09) : Départ du blindé de reconnaissance à la suite de la jeep. L’équipage salue et est salué par les habitants du village. &lt;br /&gt;
P35 : (4,09 – 4,12) : Une autre jeep, plus lourdement armée que la précédente, arrive dans le village. Le plan est cependant rapidement interrompu. &lt;br /&gt;
P36 : (4,12 – 4,17) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Le premier piper-cub se pose à Macherin ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Le premier piper-cub se pose à Macherin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P37 : (4,17 – 4,21) : Plan fixe surélevé montrant un champ. Un homme, que l’on devine accompagné d’une foule fait de grands gestes en apercevant un avion dans le ciel. Ce effectue une manœuvre pour amorcer son atterrissage. &lt;br /&gt;
P38 : (4,21 – 4,30) : L’avion, au centre de l’image, se rapproche doucement. On voit au bord de l’image des drapeaux français être agité, laissant deviner l’excitation de la foule. &lt;br /&gt;
P39 : (4,30 – 4,33) : Plan vers le ciel. L’avion passe rapidement d’un bord à l’autre de l’image.&lt;br /&gt;
P40 : (4,33 – 4,37) : Plan fixe vers l’horizon. L’avion continue sa manœuvre d’atterrissage, se rapprochant de plus en plus du sol. &lt;br /&gt;
P41 : (4,37 – 4,49) : L’avion atterrit. Des enfants, suivis de leurs parents commencent à courir vers celui-ci alors qu’il n’a pas encore finit sa course, démontrant là aussi l’excitation de la foule. La plupart de ces gens n’ont probablement jamais vus d’avions d’aussi près. &lt;br /&gt;
P42 : (4,49 – 4,54) : L’avion continue à rouler dans le champ. L’homme qui faisait des signes à l’avion lorsque celui-ci était dans le ciel semble guider les habitants vers celui-ci. Peut-être est-ce le maire ou un résistant ? &lt;br /&gt;
P43 : (4,54 – 4,58) : Le cinéaste s’est placé derrière la foule et film l’avion roulant dans l’herbe. &lt;br /&gt;
P44 : (4,58 – 5,01) : Avion termine sa course devant la foule.&lt;br /&gt;
P45 : (5,01 – 5,15) : La foule court à la rencontre de l’avion. De nombreux enfants, de tous âges, sont présents avec leurs parents. &lt;br /&gt;
P46 : (5,15 – 5,23) : Un militaire ayant voyagé dans l’avion se rapproche du cinéaste avec une mallette dans la main. En arrière-plan, on voit la foule observant l’avion avec beaucoup d’intérêt et d’excitation.&lt;br /&gt;
P47 : (5,23 – 5,28) : Gros plan sur une femme qui parait gênée d’être filmé. Une proche du cinéaste ? &lt;br /&gt;
P48 : (5,28 – 5,31) : Plan fixe sur des enfants assis sur une jeep américaine. &lt;br /&gt;
P49 : (5,31 – 5,35) : Un homme est filmé souriant, un enfant sur l’épaule. Peut-être est-ce un militaire américain ? &lt;br /&gt;
P50 : (5,35 – 5,44) : Une jeep défile au milieu du village. Un enfant est assis sur le siège passager et sert la main en souriant aux autres habitants. Les deux militaires occupant la jeep semblent eux-aussi très heureux. &lt;br /&gt;
P51 : (5,44 – 5,48) : La foule examine l’avion avec beaucoup d’intérêt. &lt;br /&gt;
P52 : (5,48 – 6,00) : Panorama de gauche à droite filmant la foule examinant l’avion. &lt;br /&gt;
P53 : (6,00 – 6,06) : Plan fixe. Idem. &lt;br /&gt;
P54 : (6,06 – 6,10) : Un militaire, un bouquet de fleurs à la main, semble recevoir les remerciements de la foule. Le plan se termine par une poignée de mains échangée entre les habitants et le militaire.&lt;br /&gt;
P55 : (6,10 – 6,15) : Des habitants discutent en examinant l’appareil.&lt;br /&gt;
P56 : (6,15 – 6,19) : Idem. On reconnaît la femme filmée en gros plans précédemment. &lt;br /&gt;
P57 : (6,19 – 6,25) : Plan dont la femme filmée précédemment est à nouveau au centre.&lt;br /&gt;
P58 : (6,25 – 6,33) : Idem. Probablement un groupe d’amis ou de la famille du cinéaste. &lt;br /&gt;
P59 : (6,33 – 6,38) : Groupe d’habitants examinent l’avant de l’appareil. &lt;br /&gt;
P60 : (6,38 – 6,44) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Deux ans plus tard » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Deux ans plus tard » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P61 : (6,44 – 6,59) : Panorama de droite à gauche montrant une colline rocailleuse. Le sol semble noir &lt;br /&gt;
P62 : (6,59 – 7,18) : Plan filmé à l’épaule, montrant là encore un paysage rocailleux sans végétations &lt;br /&gt;
P63 : (7,18 – 7,37) : Idem. On distingue des arbres gisant à terre, ainsi que des petits tas de bûches. &lt;br /&gt;
P64 : (7,37 – 7,49) : Idem. On voit cette fois l’entrée de la forêt. Une petite installation de tient à la lisière de celle-ci.&lt;br /&gt;
P65 : (7,49 – 7,58) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste s’est rapproché de l’installation. Il s’agit probablement d’un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P66 : (7,58 – 8,02) : Plan fixe sur le camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P67 : (8,02 – 8,08) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Les traces du crime ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Les traces du crime » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P68 : (8,08 – 8,16) : Plan fixe vers le sol. Un jerrican est filmé, laissant peut-être entendre que les allemands auraient volontairement mis le feu à la forêt deux ans plus tôt.&lt;br /&gt;
P69 : (8,16 – 8,25) : Panorama de gauche à droite, montrant branches et souche d’arbres. Il se termine sur le jerrican filmé précédemment afin d’établir un lien entre la forêt brûlée et l’essence.&lt;br /&gt;
P70 : (8,25 – 8,28) : Deux petites chèvres sont filmées.&lt;br /&gt;
P71 : (8,28 – 8,31) : Idem mais sous un autre angle.&lt;br /&gt;
P72 : (8,31 – 8,37) : Plan sur le camp de bûcherons filmé de très près.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== '''Contexte général : du débarquement de Normandie à la Libération de la Seine-et-Marne (Source : BEEVOR Anthony, Paris libéré, 1944 – 1949)&lt;br /&gt;
''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Après un débarquement fructueux en Italie le 10 juillet 1943, les alliés se retrouvent confronter à une résistance de plus en plus féroce des Italiens, renforcés par les Allemands dans la région de Monte Cassino. Il faut donc trouver un moyen d’ouvrir un autre front. À l’est, les Soviétiques se préparent eux-aussi à une grande offensive, l’Opération Bagration. Après de nombreuses délibérations, le choix se porte sur la Normandie, côte la plus éloignée de la Grande-Bretagne. Une vaste opération de désinformation est mise en place avec succès pour faire croire à un débarquement dans le Pas-de-Calais. Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent avec succès en Normandie. S’en suit alors une avancée rapide, malgré des poches de résistance tenaces ici et là, comme par exemple à Falaise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La route vers Paris était désormais ouverte. Pour les militaires de la France Libre, il s’agissait d’un enjeu idéologique primordial : il fallait absolument qu’une force militaire française soit la première à arriver dans la ville. Pour le général De Gaulle, une formation militaire en particulier devait absolument libérer la ville : la 2e division blindée (« DB ») du Général Leclerc. [[Fichier:Leclerc_Paris.JPG|500px|thumb|right|Le général Leclerc lors de la libération de Paris]]&lt;br /&gt;
les événements s’accéléraient drastiquement dans la capitale : craignant un soulèvement, les autorités allemandes décidèrent le 15 août de désarmer la police de Paris, ce qui entraîna une grève générale de celle-ci. Craignant d’être assimilés aux nazis, de nombreux policiers avaient en effet rejoint le Parti communiste, la carte du parti devant les protéger une fois la ville aux mains des Alliés. Le débarquement sur la côte méditerranéenne le même jour encouragea d’autant plus les Parisiens à la dissidence. Deux jours plus tard, les Parisiens voyaient de grandes colonnes de véhicules allemands évacuant la ville, accompagnés de « pillages de dernière minute ». Le 18 août, des tirs sporadiques commencèrent à se faire entendre dans certains quartiers de la capitale, accompagnés du retour du drapeau français sur le toit de plusieurs édifices publics, notamment sur le toit de la préfecture de police de l’île de la Cité. Le préfet de Police de Vichy fut arrêté et remplacé par un gaulliste, Charles Luizet. L’insurrection fut lancée par la police, les gaullistes furent forcés de suivre le mouvement malgré les réticences de De Gaulle. Les combats furent par endroit très violents : la préfecture de police de l’île de la Cité fut assiégée et pilonnée par des chars qui, heureusement, ne firent que peu de dégâts. Le 20 août, le Conseil National de la Résistance (« CNR ») parvint à prendre de l’Hôtel de Ville - en y excluant les communistes - afin de donner une légitimité républicaine à leur mouvement. Ils devaient essuyer durant les quatre jours suivant des tirs nourrit de mitrailleuses allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	De leur côté, De Gaulle et Leclerc craignaient la mise en place d’une nouvelle Commune, d’autant plus que les Américains ne semblaient pas pressés de marcher sur Paris. Ces derniers craignaient que libérer la ville – et donc par conséquent nourrir ses habitants – ne signifie manquer de ravitaillement pour les armées poursuivant les Allemands dans le nord du pays. En outre, Leclerc craignait que la ville ne soit détruite si les Alliés n’agissaient pas rapidement.&lt;br /&gt;
	Dans la capitale, les barricades se dressaient progressivement, le but étant d’empêcher les Allemands de se déplacer. Le 22 août, une station de radio fut mise en place par les insurgés « Radiodiffusion de la Nation Française » afin de faire entendre la voix de la Résistance. Outre les proclamations et l’hymne national qui étaient diffusés fréquemment, les auditeurs pouvaient y entendre des conseils pratiques, des indications quant aux rues les plus dangereuses etc. Ce même soir du 22 août, le commandement américain changea d’avis, un messager ayant réussi à convaincre Eisenhower de la catastrophe que représenterait un Paris en ruine. Leclerc reçu enfin l’ordre qu’il attendait : marcher sur Paris. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La libération de la Seine-et-Marne (Source : Musée de la résistance en ligne).''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le département de Seine-et-Marne voit les premiers combats commencer autour du 20 août et durent jusqu’au 29. Le secteur voit des troupes allemandes en retraite, dont certains éléments tentent d’interdire le passage aux Américains qui tentent de les rattraper. Cette retraite est marquée de nombreux massacres « […] qui font de la Seine-et-Marne un département durement éprouvé par les combats de la Libération. » L’objectif des Allemands dans la région est la destruction systématique des ponts afin de ralentir l’avancée des Alliés, ce qu’évidement les groupes de résistants locaux cherchent à éviter. L’offensive américaine est double : elle se porte à la fois vers le sud de département, espérant atteindre les ponts de Souppes et de Nemours et le nord par Fontainebleau. Bien que les combats pour Souppes se révèlent sanglants, notamment du fait de l’utilisation de méthodes de terreur par les Allemands (otages, exécution de masse), ces derniers ne parviennent toutefois pas à détruire le pont. Ce n’est pas le cas des autres objectifs, les ponts de Gretz ayant par exemple été détruits. Le pont de Fontainebleau devient alors d’une importance capitale pour traverser le Loing. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La région forestière de Fontainebleau est alors tenue par les résistants, qui utilisent l’avantage conféré par le terrain pour harceler les troupes allemandes en retraite. Les Américains entrent dans la ville le 23 et foncent vers le pont de Valvin qui finira tout de même par être détruit par un obus. Les combats entre les deux rives deviennent très violents, les combattants se retrouvant piégés entre l’artillerie des deux camps. Finalement, le 24, les Américains parviennent tant bien que mal à établir un pont de bateaux pneumatiques. [[Fichier:Libération_Seine-et-Marne.jpg|600px|thumb|left|plan de la libération de la Seine-et-Marne]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Pierre Piganiol : un cinéaste résistant''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Né à Chambéry en 1915 et décédé à Paris en 2007, Pierre Piganiol est un chimiste, mais également un résistant. Mobilisé durant la « drôle de guerre », il entre à l’ENS après la capitulation de la France. Il y fonde un réseau de résistance, qui se charge de faire passer des informations pour la France Libre à Londres. En 1944, son ami, Raymond Croland, cofondateur du réseau de résistance, est arrêté et déporté à Buchenwald, forçant Pierre Piganiol à entrer dans la clandestinité. C’est dans ces années 40, et principalement vers la fin du conflit que Pierre Piganiol commence à filmer. Ce film de libération est donc l’un de ses premiers films. Le moment n’est probablement pas un hasard, la Libération devant avoir été un moment fort pour nombre de résistants, et particulièrement pour les résistants de la première heure comme Pierre Piganiol.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''L’incendie : le crime dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie de ce que l’on devine être la forêt de Fontainebleau est l’un des éléments principaux du film. Il serait le crime des Allemands, les Américains et la Libération leur châtiment. D’après La revue forestière française, l’incendie de la forêt de Fontainebleau aurait été dû à « un feu venant d’Arbonne [qui] a franchi le périmètre sur plusieurs kilomètres de front en 1944 ». L’incendie à t-il donc été causé volontairement par les Allemands ? Quelques jours avant la libération, le 17 août 1944, trente-six résistants sont sortis des prisons de Fontainebleau et amenés à une carrière de sable non loin de ce village pour y être fusillés. Il est possible que les Allemands aient déclenché l’incendie après avoir exécuté ces résistants afin de couvrir leurs traces. Le « crime » serait alors le meurtre, l’incendie, le moyen de le cacher. Comme Rodion Raskolnikov, le personnage principal du roman éponyme de Dostoïevski, les Allemands auraient tentés de camoufler leur crime par un autre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Cependant, il est plus probable que pour Pierre Piganiol – qui n’avait peut-être pas été au courant des exécutions au moment de la réalisation de son film – l’incendie ait été le seul crime des Allemands. Plusieurs indices nous l’indiquent. Dans la dernière partie de son film « les traces du crime », Pierre Piganiol laisse explicitement entendre que le feu fut déclenché volontairement par les Allemands. Un jerrican, qui servit probablement à transporter du carburant est mis plusieurs fois en valeur par le cinéaste, et notamment via un panorama de gauche à droite, filmant la dévastation de l’incendie, et se terminant sur le jerrican reposant sur un sol carbonisé (plan 70 : 8min25 – 8min28)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie est présent dès les premières secondes du film. Le cinéaste le filme à la fois comme une catastrophe phénoménale, mais aussi comme un drame. Plusieurs scènes illustrent ces ressentis. Les flammes sont bien souvent filmées en contreplongée, accentuant l’effet écrasant qu’elles exercent sur le spectateur (Plan 11 :1min14-1min26 ; Plan 13 : 1min37 – 1min42). Un plan en particulier accentue le dramatique : on y voit un sapin, à priori épargné par les flammes, debout au milieu d’un paysage récemment ravagé par l’incendie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La Libération dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La Libération est au centre du film de Pierre Piganiol. On peut y voir la joie des habitants de Saint-Martin-en-Bière, qui est filmé avant même l’arrivée des Alliés. En effet, « à l’aube du 23 », un homme est filmé par le cinéaste en train d’escalader le toit de sa maison afin d’y hisser le drapeau français sur sa cheminée (Plan 24 à 29 : 2min 56 – 3min 32). Pierre Piganiol utilise sa caméra pour placer le spectateur dans ses chaussures. Les évènements, sont presque toujours filmé comme si le cinéaste était un villageois comme les autres, observant l’arrivée des Alliés comme les autres. Ainsi, même des scènes qui peuvent paraître comme symbolique, tel le gros plan sur le drapeau français flottant au vent peut être interprétées comme le regard d’un habitant – qui plus est engagé dans la résistance, fier de pouvoir enfin afficher les couleurs de son pays après quatre ans d’occupation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Il en va de même pour les scènes de l’avion de reconnaissance. Pierre Piganiol se place tout d’abord à l’avant de la foule, et pointe sa caméra sur l’avion amorçant ses manœuvres d’atterrissage. On peut interpréter cette partie du film comme étant l’œil d’un habitant curieux, qui n’a probablement encore jamais observé d’avions – en tout cas pas de prêt – et qui donc fixe ce curieux engin du regard (Plan 37 à 44 : 4min17 – 5min01). Un fois l’avion atterrit, le cinéaste filme la foule des habitants se précipiter sur l’avion pour féliciter le pilote et examiner l’avion de plus prêt. (Plan 45 à 59 :  5min02 – 6min33). &lt;br /&gt;
	Ce parti prit de filmer les évènements comme un observateur parmi les autres peut se retrouver dans les autres films de Pierre Piganiol réalisés durant cette période. Ainsi, le film immortalisant l’arrivée des troupes françaises – dont le cinéaste fait partie – en Allemagne est tourné de la même façon. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Ce document est en outre l’occasion d’observer le comportement des habitants d’un petit village de région parisienne lors de la Libération. La joie et l’euphorie sont de mises sur pratiquement toutes les scènes où une foule est filmée. Les enfants en sont les principaux témoins dans ce film. De nombreuses scènes les montres sur les véhicules des Américains entrant dans le village – que ceux-ci soient à l’arrêt ou non – et tous affichent un grand sourire. Deux plans en particulier illustrent ce propos. Le premier, le plan 32 (3min44 – 3min51), montre plusieurs enfants, assis sur un blindé de reconnaissance américain. Sur cette scène, deux petites filles y agitent des drapeau français, symboles à la fois de la confiance des habitants qui laissent leurs enfants approcher les militaires Alliés, mais aussi de l’engouement patriotique de ces derniers jours du mois d’août. Le second plan, le plan 50 (5min35 – 5min44), nous montre un enfant à bord du siège passager d’une jeep américaine traversant le village. Ce dernier sert les mains des habitants comme s’il était lui-même un soldat venant les libérer, un énorme sourire traversant son visage. Les deux militaires à bord de la jeep affichent eux-aussi un grand sourire, témoignant de l’euphorie contagieuse régnant dans le village ce jour-là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Conclusion''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film de Pierre Piganiol, tourné dans les premières heures de la Libération de la Seine-et-Marne, permet d’observer la réaction d’un petit village durant cet évènement. Cela d’autant plus que Pierre Piganiol film cet évènement comme s’il n’était qu’un habitant parmi d’autres, comme s’il n’avait pas de caméra. Son film témoigne de l’euphorie ressentie par les habitants de la commune, à tel point d’ailleurs qu’en voyant ces images, on ne se douterait pas que de sanglants combats ont lieux à moins de dix kilomètres de là. Il montre également le soulagement de ses compatriotes qui en plus de fêter leur libération, fêtent également la fin de la guerre, dont le front s’éloigne progressivement de leur petit village.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Anthony BEEVOR, Paris libéré 1944-1949, Paris, éditions Perrin, 2014.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claude CHERRIER, Musée de la résistance en ligne, « La Seine-et-Marne, 20 au 29 août 1944 »(URL :http://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=84&amp;amp;theme=157&amp;amp;stheme=320)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
G. MOUTON, « Lutte contre les incendies en forêt de Fontainebleau », Revue forestière française, 1950. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pierre PAPON, « PIGANIOL Pierre (1915-2007) », Encyclopaedia Universalis, (URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-piganiol/)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<updated>2021-01-07T13:37:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : Plan de la libération de la Seine-et-Marne (Source :Société d'Histoire du Châtelet-en-Brie)&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Plan de la libération de la Seine-et-Marne (Source :Société d'Histoire du Châtelet-en-Brie)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Crime_et_ch%C3%A2timent_(0116FN0005)&amp;diff=16450</id>
		<title>Bas:Crime et châtiment (0116FN0005)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Crime_et_ch%C3%A2timent_(0116FN0005)&amp;diff=16450"/>
		<updated>2021-01-07T13:35:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|fonds=Piganiol&lt;br /&gt;
|idSupport=0003FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
|dateFin=1946&lt;br /&gt;
|video=0116FN0005_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
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|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : post-war period&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un film amateur, réalisé par le cinéaste Pierre Piganiol. Il nous montre les premiers jours de la libération d’un petit village aujourd’hui situé dans le département de Seine-et-Marne. Ce film est tout d’abord construit comme une accusation. Nommé comme le célèbre roman éponyme de Dostoïevski, il se veut être une preuve de la barbarie des allemands, qui mettent le feu à la forêt avant leur départ. Ce document illustre aussi l’excitation des habitants devant l’arrivée des américains : les drapeaux français sont brandis, ceux des américains sont rapidement fabriqués avec ce que l’on parvient à trouver, tout le village est dans la rue afin de saluer les libérateurs. Enfin, le film nous montre ce qu’il reste une fois la fièvre de la libération passée et l’excitation retombée : un forêt partiellement en cendre que les habitants doivent « nettoyer ».&lt;br /&gt;
|Description_fr=P1 : (0,01 – 0,14) : Carton sous forme de livre « Les studios PM présentent ». On remarque que c’est toujours la première page du livre qui est montrée. &lt;br /&gt;
P2 : (0,14 – 0,21) : Idem « Crime et Châtiment ».&lt;br /&gt;
P3 : (0,21 – 0,25) : Idem « 20 – 23 août 1944 » &lt;br /&gt;
P4 : (0,25 – 0,31) : Idem « La forêt brûle »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « La forêt brûle » ==='''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P5 : (0,31 – 0,39) : Panorama de gauche à droite. Au premier plan un champs, en fond un panache de fumée blanche au-dessus de la forêt. &lt;br /&gt;
P6 : (0,39 – 0,46) : Panorama de haut en bas montrant la densité de la fumée. On distingue dans la dernière seconde du plan un sol complètement calciné.&lt;br /&gt;
P7 : (0,46 – 0,51) : Plan fixe. On y voit le sol de la forêt brulant, les flammes étant attisées par le vent. &lt;br /&gt;
P8 : (0,51 – 1,00) : Panorama de droite à gauche. Le sol de la forêt est dévasté, un épais brouillard de fumée semble sortir de terre. &lt;br /&gt;
P9 : (1,00 – 1,06) : Plan fixe. Tas de troncs d’arbres au premier plan, de grandes flammes dépassent des buissons en arrière-plan. &lt;br /&gt;
P10 : (1,07 – 1,14) : Plan fixe. Talus dont la crête est entièrement enflammée.&lt;br /&gt;
P11 : (1,14 – 1,26) : Plan fixe. Petite colline presque entièrement en flamme. De nombreuses branches brûlent entre les gros rochers parsemant cette dernière.&lt;br /&gt;
P12 : (1,26 – 1,37) : Lent panorama du haut vers le bas. Montre un brouillard de fumé si épais que l’on ne distingue rien d’autre. Met en valeur l’ampleur de l’incendie.&lt;br /&gt;
P13 : (1,37 – 1,42) : Plan fixe. De grandes flammes, couvrant presque la quasi-totalité du ciel, s’élèvent de derrière une ligne d’arbres. &lt;br /&gt;
P14 : (1,42 – 1,44) : Plan fixe. Flammes derrière une ligne de buissons.&lt;br /&gt;
P15 : (1,44 – 1,48) : Plan fixe. Flammes se rapprochant de ce qui semble être un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P16 : (1,48 – 1,58) : Plan fixe. Une grande flamme, faisant la moitié de la hauteur de l’arbre au premier plan, semble s’avancer dangereusement du cinéaste. Montre peut-être la progression inexorable de l’incendie. &lt;br /&gt;
P17 : (1,58 – 2,04) : Plan fixe. Les flammes ont atteint le camp de bûcherons et engloutissent le travail de ces derniers.&lt;br /&gt;
P18 : (2,04 – 2,11) : Panorama de gauche à droite. Un tas de petites branches - peut-être des rebus du camp de bûcherons - flambent.&lt;br /&gt;
P19 : (2,11 – 2,30) : Lent panorama de gauche à droite. Montre les dégâts de l’incendie sur la forêt. Le sol est entièrement recouvert de cendres. Il ne reste des arbres que quelques souches calcinées. &lt;br /&gt;
P20 : (2,30 – 2,36) : Lent panorama de gauche à droite. Idem. Le cinéaste s’attarde sur un sapin qui semble avoir été relativement épargné par l’incendie.&lt;br /&gt;
P21 : (2,36 – 2,43) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste film les cendres, puis dévoile lentement en allant vers la droite de grande flammes brûlant des buissons. Veut probablement mettre en valeur que l’incendie n’est pas terminé.&lt;br /&gt;
P22 : (2,43 – 2,50) : Plan fixe. L’incendie se poursuit, et ne semble pas faiblir.&lt;br /&gt;
P23 : (2,50 – 2,56) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « mais à l’aube du 23 ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Mais à l’aube du 23 » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P24 : (2,56 – 2,58) : Un homme sort sur le balcon de sa maison avec ce qu’on devine être un drapeau plié. Il escalade le muret du balcon pour accéder au toit.&lt;br /&gt;
P25 : (2,58 – 3,02) : Il escalade le toit, le drapeau replié en bouche.&lt;br /&gt;
P26 : (3,02 – 3,20) : Il termine son ascension en équilibre sur le toit de la maison. L’homme plante le drapeau dans la cheminée avant de le dérouler, dévoilant le drapeau français.&lt;br /&gt;
P27 : (3,20 – 3,25) : Gros plan sur le drapeau français flottant au vent. &lt;br /&gt;
P28 : (3,25 – 3,28) : Plan fixe en contreplongée sur le drapeau français planté dans la cheminée.&lt;br /&gt;
P29 : (3,28 – 3,32) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « à Saint-Martin » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « À Saint-Martin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P30 : (3,32 – 3,37) : Un véhicule blindé américain – un véhicule de reconnaissance ? - est stationné le long d’un corps de ferme. Deux membres d’équipage se reposent à l’extérieur. Un petit groupe de villageois discutent sur le côté. Ils sont probablement venus saluer les soldats. On voit d’ailleurs une femme qui fait grimper un enfant sur le blindé.&lt;br /&gt;
P31 : (3,37 – 3,44) : Panorama du haut vers le bas. Montre un groupe de villageois rassemblé devant le monument aux morts de la commune. Le cinéaste dévoile progressivement deux drapeaux flottant sur le monument : un drapeau qui semble être celui des États-Unis, probablement fabriqué pour l’occasion avec les tissus disponibles, et le drapeau français.&lt;br /&gt;
P32 : (3,44 – 3,51) : Le cinéaste filme les enfants du village assis sur le blindé américain avec l’équipage. Deux petites filles portent un drapeau français. Plusieurs enfants ainsi que le membre d’équipage assis sur la tourelle du blindé fixent la caméra, signifiant peut-être que le cinéaste leur a demandé de poser.&lt;br /&gt;
P33 : (3,51 – 4,01) : Plan plus large, montrant l’arrivée d’une jeep, saluée par les habitants. &lt;br /&gt;
P34 : (4,01 – 4,09) : Départ du blindé de reconnaissance à la suite de la jeep. L’équipage salue et est salué par les habitants du village. &lt;br /&gt;
P35 : (4,09 – 4,12) : Une autre jeep, plus lourdement armée que la précédente, arrive dans le village. Le plan est cependant rapidement interrompu. &lt;br /&gt;
P36 : (4,12 – 4,17) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Le premier piper-cub se pose à Macherin ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Le premier piper-cub se pose à Macherin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P37 : (4,17 – 4,21) : Plan fixe surélevé montrant un champ. Un homme, que l’on devine accompagné d’une foule fait de grands gestes en apercevant un avion dans le ciel. Ce effectue une manœuvre pour amorcer son atterrissage. &lt;br /&gt;
P38 : (4,21 – 4,30) : L’avion, au centre de l’image, se rapproche doucement. On voit au bord de l’image des drapeaux français être agité, laissant deviner l’excitation de la foule. &lt;br /&gt;
P39 : (4,30 – 4,33) : Plan vers le ciel. L’avion passe rapidement d’un bord à l’autre de l’image.&lt;br /&gt;
P40 : (4,33 – 4,37) : Plan fixe vers l’horizon. L’avion continue sa manœuvre d’atterrissage, se rapprochant de plus en plus du sol. &lt;br /&gt;
P41 : (4,37 – 4,49) : L’avion atterrit. Des enfants, suivis de leurs parents commencent à courir vers celui-ci alors qu’il n’a pas encore finit sa course, démontrant là aussi l’excitation de la foule. La plupart de ces gens n’ont probablement jamais vus d’avions d’aussi près. &lt;br /&gt;
P42 : (4,49 – 4,54) : L’avion continue à rouler dans le champ. L’homme qui faisait des signes à l’avion lorsque celui-ci était dans le ciel semble guider les habitants vers celui-ci. Peut-être est-ce le maire ou un résistant ? &lt;br /&gt;
P43 : (4,54 – 4,58) : Le cinéaste s’est placé derrière la foule et film l’avion roulant dans l’herbe. &lt;br /&gt;
P44 : (4,58 – 5,01) : Avion termine sa course devant la foule.&lt;br /&gt;
P45 : (5,01 – 5,15) : La foule court à la rencontre de l’avion. De nombreux enfants, de tous âges, sont présents avec leurs parents. &lt;br /&gt;
P46 : (5,15 – 5,23) : Un militaire ayant voyagé dans l’avion se rapproche du cinéaste avec une mallette dans la main. En arrière-plan, on voit la foule observant l’avion avec beaucoup d’intérêt et d’excitation.&lt;br /&gt;
P47 : (5,23 – 5,28) : Gros plan sur une femme qui parait gênée d’être filmé. Une proche du cinéaste ? &lt;br /&gt;
P48 : (5,28 – 5,31) : Plan fixe sur des enfants assis sur une jeep américaine. &lt;br /&gt;
P49 : (5,31 – 5,35) : Un homme est filmé souriant, un enfant sur l’épaule. Peut-être est-ce un militaire américain ? &lt;br /&gt;
P50 : (5,35 – 5,44) : Une jeep défile au milieu du village. Un enfant est assis sur le siège passager et sert la main en souriant aux autres habitants. Les deux militaires occupant la jeep semblent eux-aussi très heureux. &lt;br /&gt;
P51 : (5,44 – 5,48) : La foule examine l’avion avec beaucoup d’intérêt. &lt;br /&gt;
P52 : (5,48 – 6,00) : Panorama de gauche à droite filmant la foule examinant l’avion. &lt;br /&gt;
P53 : (6,00 – 6,06) : Plan fixe. Idem. &lt;br /&gt;
P54 : (6,06 – 6,10) : Un militaire, un bouquet de fleurs à la main, semble recevoir les remerciements de la foule. Le plan se termine par une poignée de mains échangée entre les habitants et le militaire.&lt;br /&gt;
P55 : (6,10 – 6,15) : Des habitants discutent en examinant l’appareil.&lt;br /&gt;
P56 : (6,15 – 6,19) : Idem. On reconnaît la femme filmée en gros plans précédemment. &lt;br /&gt;
P57 : (6,19 – 6,25) : Plan dont la femme filmée précédemment est à nouveau au centre.&lt;br /&gt;
P58 : (6,25 – 6,33) : Idem. Probablement un groupe d’amis ou de la famille du cinéaste. &lt;br /&gt;
P59 : (6,33 – 6,38) : Groupe d’habitants examinent l’avant de l’appareil. &lt;br /&gt;
P60 : (6,38 – 6,44) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Deux ans plus tard » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Deux ans plus tard » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P61 : (6,44 – 6,59) : Panorama de droite à gauche montrant une colline rocailleuse. Le sol semble noir &lt;br /&gt;
P62 : (6,59 – 7,18) : Plan filmé à l’épaule, montrant là encore un paysage rocailleux sans végétations &lt;br /&gt;
P63 : (7,18 – 7,37) : Idem. On distingue des arbres gisant à terre, ainsi que des petits tas de bûches. &lt;br /&gt;
P64 : (7,37 – 7,49) : Idem. On voit cette fois l’entrée de la forêt. Une petite installation de tient à la lisière de celle-ci.&lt;br /&gt;
P65 : (7,49 – 7,58) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste s’est rapproché de l’installation. Il s’agit probablement d’un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P66 : (7,58 – 8,02) : Plan fixe sur le camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P67 : (8,02 – 8,08) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Les traces du crime ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Les traces du crime » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P68 : (8,08 – 8,16) : Plan fixe vers le sol. Un jerrican est filmé, laissant peut-être entendre que les allemands auraient volontairement mis le feu à la forêt deux ans plus tôt.&lt;br /&gt;
P69 : (8,16 – 8,25) : Panorama de gauche à droite, montrant branches et souche d’arbres. Il se termine sur le jerrican filmé précédemment afin d’établir un lien entre la forêt brûlée et l’essence.&lt;br /&gt;
P70 : (8,25 – 8,28) : Deux petites chèvres sont filmées.&lt;br /&gt;
P71 : (8,28 – 8,31) : Idem mais sous un autre angle.&lt;br /&gt;
P72 : (8,31 – 8,37) : Plan sur le camp de bûcherons filmé de très près.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== '''Contexte général : du débarquement de Normandie à la Libération de la Seine-et-Marne (Source : BEEVOR Anthony, Paris libéré, 1944 – 1949)&lt;br /&gt;
''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Après un débarquement fructueux en Italie le 10 juillet 1943, les alliés se retrouvent confronter à une résistance de plus en plus féroce des Italiens, renforcés par les Allemands dans la région de Monte Cassino. Il faut donc trouver un moyen d’ouvrir un autre front. À l’est, les Soviétiques se préparent eux-aussi à une grande offensive, l’Opération Bagration. Après de nombreuses délibérations, le choix se porte sur la Normandie, côte la plus éloignée de la Grande-Bretagne. Une vaste opération de désinformation est mise en place avec succès pour faire croire à un débarquement dans le Pas-de-Calais. Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent avec succès en Normandie. S’en suit alors une avancée rapide, malgré des poches de résistance tenaces ici et là, comme par exemple à Falaise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La route vers Paris était désormais ouverte. Pour les militaires de la France Libre, il s’agissait d’un enjeu idéologique primordial : il fallait absolument qu’une force militaire française soit la première à arriver dans la ville. Pour le général De Gaulle, une formation militaire en particulier devait absolument libérer la ville : la 2e division blindée (« DB ») du Général Leclerc. [[Fichier:Leclerc_Paris.JPG|500px|thumb|right|Le général Leclerc lors de la libération de Paris]]&lt;br /&gt;
les événements s’accéléraient drastiquement dans la capitale : craignant un soulèvement, les autorités allemandes décidèrent le 15 août de désarmer la police de Paris, ce qui entraîna une grève générale de celle-ci. Craignant d’être assimilés aux nazis, de nombreux policiers avaient en effet rejoint le Parti communiste, la carte du parti devant les protéger une fois la ville aux mains des Alliés. Le débarquement sur la côte méditerranéenne le même jour encouragea d’autant plus les Parisiens à la dissidence. Deux jours plus tard, les Parisiens voyaient de grandes colonnes de véhicules allemands évacuant la ville, accompagnés de « pillages de dernière minute ». Le 18 août, des tirs sporadiques commencèrent à se faire entendre dans certains quartiers de la capitale, accompagnés du retour du drapeau français sur le toit de plusieurs édifices publics, notamment sur le toit de la préfecture de police de l’île de la Cité. Le préfet de Police de Vichy fut arrêté et remplacé par un gaulliste, Charles Luizet. L’insurrection fut lancée par la police, les gaullistes furent forcés de suivre le mouvement malgré les réticences de De Gaulle. Les combats furent par endroit très violents : la préfecture de police de l’île de la Cité fut assiégée et pilonnée par des chars qui, heureusement, ne firent que peu de dégâts. Le 20 août, le Conseil National de la Résistance (« CNR ») parvint à prendre de l’Hôtel de Ville - en y excluant les communistes - afin de donner une légitimité républicaine à leur mouvement. Ils devaient essuyer durant les quatre jours suivant des tirs nourrit de mitrailleuses allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	De leur côté, De Gaulle et Leclerc craignaient la mise en place d’une nouvelle Commune, d’autant plus que les Américains ne semblaient pas pressés de marcher sur Paris. Ces derniers craignaient que libérer la ville – et donc par conséquent nourrir ses habitants – ne signifie manquer de ravitaillement pour les armées poursuivant les Allemands dans le nord du pays. En outre, Leclerc craignait que la ville ne soit détruite si les Alliés n’agissaient pas rapidement.&lt;br /&gt;
	Dans la capitale, les barricades se dressaient progressivement, le but étant d’empêcher les Allemands de se déplacer. Le 22 août, une station de radio fut mise en place par les insurgés « Radiodiffusion de la Nation Française » afin de faire entendre la voix de la Résistance. Outre les proclamations et l’hymne national qui étaient diffusés fréquemment, les auditeurs pouvaient y entendre des conseils pratiques, des indications quant aux rues les plus dangereuses etc. Ce même soir du 22 août, le commandement américain changea d’avis, un messager ayant réussi à convaincre Eisenhower de la catastrophe que représenterait un Paris en ruine. Leclerc reçu enfin l’ordre qu’il attendait : marcher sur Paris. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La libération de la Seine-et-Marne (Source : Musée de la résistance en ligne).''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le département de Seine-et-Marne voit les premiers combats commencer autour du 20 août et durent jusqu’au 29. Le secteur voit des troupes allemandes en retraite, dont certains éléments tentent d’interdire le passage aux Américains qui tentent de les rattraper. Cette retraite est marquée de nombreux massacres « […] qui font de la Seine-et-Marne un département durement éprouvé par les combats de la Libération. » L’objectif des Allemands dans la région est la destruction systématique des ponts afin de ralentir l’avancée des Alliés, ce qu’évidement les groupes de résistants locaux cherchent à éviter. L’offensive américaine est double : elle se porte à la fois vers le sud de département, espérant atteindre les ponts de Souppes et de Nemours et le nord par Fontainebleau. Bien que les combats pour Souppes se révèlent sanglants, notamment du fait de l’utilisation de méthodes de terreur par les Allemands (otages, exécution de masse), ces derniers ne parviennent toutefois pas à détruire le pont. Ce n’est pas le cas des autres objectifs, les ponts de Gretz ayant par exemple été détruits. Le pont de Fontainebleau devient alors d’une importance capitale pour traverser le Loing. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La région forestière de Fontainebleau est alors tenue par les résistants, qui utilisent l’avantage conféré par le terrain pour harceler les troupes allemandes en retraite. Les Américains entrent dans la ville le 23 et foncent vers le pont de Valvin qui finira tout de même par être détruit par un obus. Les combats entre les deux rives deviennent très violents, les combattants se retrouvant piégés entre l’artillerie des deux camps. Finalement, le 24, les Américains parviennent tant bien que mal à établir un pont de bateaux pneumatiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Pierre Piganiol : un cinéaste résistant''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Né à Chambéry en 1915 et décédé à Paris en 2007, Pierre Piganiol est un chimiste, mais également un résistant. Mobilisé durant la « drôle de guerre », il entre à l’ENS après la capitulation de la France. Il y fonde un réseau de résistance, qui se charge de faire passer des informations pour la France Libre à Londres. En 1944, son ami, Raymond Croland, cofondateur du réseau de résistance, est arrêté et déporté à Buchenwald, forçant Pierre Piganiol à entrer dans la clandestinité. C’est dans ces années 40, et principalement vers la fin du conflit que Pierre Piganiol commence à filmer. Ce film de libération est donc l’un de ses premiers films. Le moment n’est probablement pas un hasard, la Libération devant avoir été un moment fort pour nombre de résistants, et particulièrement pour les résistants de la première heure comme Pierre Piganiol.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''L’incendie : le crime dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie de ce que l’on devine être la forêt de Fontainebleau est l’un des éléments principaux du film. Il serait le crime des Allemands, les Américains et la Libération leur châtiment. D’après La revue forestière française, l’incendie de la forêt de Fontainebleau aurait été dû à « un feu venant d’Arbonne [qui] a franchi le périmètre sur plusieurs kilomètres de front en 1944 ». L’incendie à t-il donc été causé volontairement par les Allemands ? Quelques jours avant la libération, le 17 août 1944, trente-six résistants sont sortis des prisons de Fontainebleau et amenés à une carrière de sable non loin de ce village pour y être fusillés. Il est possible que les Allemands aient déclenché l’incendie après avoir exécuté ces résistants afin de couvrir leurs traces. Le « crime » serait alors le meurtre, l’incendie, le moyen de le cacher. Comme Rodion Raskolnikov, le personnage principal du roman éponyme de Dostoïevski, les Allemands auraient tentés de camoufler leur crime par un autre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Cependant, il est plus probable que pour Pierre Piganiol – qui n’avait peut-être pas été au courant des exécutions au moment de la réalisation de son film – l’incendie ait été le seul crime des Allemands. Plusieurs indices nous l’indiquent. Dans la dernière partie de son film « les traces du crime », Pierre Piganiol laisse explicitement entendre que le feu fut déclenché volontairement par les Allemands. Un jerrican, qui servit probablement à transporter du carburant est mis plusieurs fois en valeur par le cinéaste, et notamment via un panorama de gauche à droite, filmant la dévastation de l’incendie, et se terminant sur le jerrican reposant sur un sol carbonisé (plan 70 : 8min25 – 8min28)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie est présent dès les premières secondes du film. Le cinéaste le filme à la fois comme une catastrophe phénoménale, mais aussi comme un drame. Plusieurs scènes illustrent ces ressentis. Les flammes sont bien souvent filmées en contreplongée, accentuant l’effet écrasant qu’elles exercent sur le spectateur (Plan 11 :1min14-1min26 ; Plan 13 : 1min37 – 1min42). Un plan en particulier accentue le dramatique : on y voit un sapin, à priori épargné par les flammes, debout au milieu d’un paysage récemment ravagé par l’incendie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La Libération dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La Libération est au centre du film de Pierre Piganiol. On peut y voir la joie des habitants de Saint-Martin-en-Bière, qui est filmé avant même l’arrivée des Alliés. En effet, « à l’aube du 23 », un homme est filmé par le cinéaste en train d’escalader le toit de sa maison afin d’y hisser le drapeau français sur sa cheminée (Plan 24 à 29 : 2min 56 – 3min 32). Pierre Piganiol utilise sa caméra pour placer le spectateur dans ses chaussures. Les évènements, sont presque toujours filmé comme si le cinéaste était un villageois comme les autres, observant l’arrivée des Alliés comme les autres. Ainsi, même des scènes qui peuvent paraître comme symbolique, tel le gros plan sur le drapeau français flottant au vent peut être interprétées comme le regard d’un habitant – qui plus est engagé dans la résistance, fier de pouvoir enfin afficher les couleurs de son pays après quatre ans d’occupation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Il en va de même pour les scènes de l’avion de reconnaissance. Pierre Piganiol se place tout d’abord à l’avant de la foule, et pointe sa caméra sur l’avion amorçant ses manœuvres d’atterrissage. On peut interpréter cette partie du film comme étant l’œil d’un habitant curieux, qui n’a probablement encore jamais observé d’avions – en tout cas pas de prêt – et qui donc fixe ce curieux engin du regard (Plan 37 à 44 : 4min17 – 5min01). Un fois l’avion atterrit, le cinéaste filme la foule des habitants se précipiter sur l’avion pour féliciter le pilote et examiner l’avion de plus prêt. (Plan 45 à 59 :  5min02 – 6min33). &lt;br /&gt;
	Ce parti prit de filmer les évènements comme un observateur parmi les autres peut se retrouver dans les autres films de Pierre Piganiol réalisés durant cette période. Ainsi, le film immortalisant l’arrivée des troupes françaises – dont le cinéaste fait partie – en Allemagne est tourné de la même façon. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Ce document est en outre l’occasion d’observer le comportement des habitants d’un petit village de région parisienne lors de la Libération. La joie et l’euphorie sont de mises sur pratiquement toutes les scènes où une foule est filmée. Les enfants en sont les principaux témoins dans ce film. De nombreuses scènes les montres sur les véhicules des Américains entrant dans le village – que ceux-ci soient à l’arrêt ou non – et tous affichent un grand sourire. Deux plans en particulier illustrent ce propos. Le premier, le plan 32 (3min44 – 3min51), montre plusieurs enfants, assis sur un blindé de reconnaissance américain. Sur cette scène, deux petites filles y agitent des drapeau français, symboles à la fois de la confiance des habitants qui laissent leurs enfants approcher les militaires Alliés, mais aussi de l’engouement patriotique de ces derniers jours du mois d’août. Le second plan, le plan 50 (5min35 – 5min44), nous montre un enfant à bord du siège passager d’une jeep américaine traversant le village. Ce dernier sert les mains des habitants comme s’il était lui-même un soldat venant les libérer, un énorme sourire traversant son visage. Les deux militaires à bord de la jeep affichent eux-aussi un grand sourire, témoignant de l’euphorie contagieuse régnant dans le village ce jour-là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Conclusion''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film de Pierre Piganiol, tourné dans les premières heures de la Libération de la Seine-et-Marne, permet d’observer la réaction d’un petit village durant cet évènement. Cela d’autant plus que Pierre Piganiol film cet évènement comme s’il n’était qu’un habitant parmi d’autres, comme s’il n’avait pas de caméra. Son film témoigne de l’euphorie ressentie par les habitants de la commune, à tel point d’ailleurs qu’en voyant ces images, on ne se douterait pas que de sanglants combats ont lieux à moins de dix kilomètres de là. Il montre également le soulagement de ses compatriotes qui en plus de fêter leur libération, fêtent également la fin de la guerre, dont le front s’éloigne progressivement de leur petit village.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Anthony BEEVOR, Paris libéré 1944-1949, Paris, éditions Perrin, 2014.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claude CHERRIER, Musée de la résistance en ligne, « La Seine-et-Marne, 20 au 29 août 1944 »(URL :http://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=84&amp;amp;theme=157&amp;amp;stheme=320)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
G. MOUTON, « Lutte contre les incendies en forêt de Fontainebleau », Revue forestière française, 1950. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pierre PAPON, « PIGANIOL Pierre (1915-2007) », Encyclopaedia Universalis, (URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-piganiol/)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Crime_et_ch%C3%A2timent_(0116FN0005)&amp;diff=16449</id>
		<title>Bas:Crime et châtiment (0116FN0005)</title>
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		<updated>2021-01-07T13:33:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|fonds=Piganiol&lt;br /&gt;
|idSupport=0003FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
|dateFin=1946&lt;br /&gt;
|video=0116FN0005_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:08:37&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Piganiol, Pierre&lt;br /&gt;
|apercu=Crime_et_châtiment.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Seconde Guerre mondiale&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saint-Martin-en-Bière; Forêt de Fontainebleau&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : post-war period&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un film amateur, réalisé par le cinéaste Pierre Piganiol. Il nous montre les premiers jours de la libération d’un petit village aujourd’hui situé dans le département de Seine-et-Marne. Ce film est tout d’abord construit comme une accusation. Nommé comme le célèbre roman éponyme de Dostoïevski, il se veut être une preuve de la barbarie des allemands, qui mettent le feu à la forêt avant leur départ. Ce document illustre aussi l’excitation des habitants devant l’arrivée des américains : les drapeaux français sont brandis, ceux des américains sont rapidement fabriqués avec ce que l’on parvient à trouver, tout le village est dans la rue afin de saluer les libérateurs. Enfin, le film nous montre ce qu’il reste une fois la fièvre de la libération passée et l’excitation retombée : un forêt partiellement en cendre que les habitants doivent « nettoyer ».&lt;br /&gt;
|Description_fr=P1 : (0,01 – 0,14) : Carton sous forme de livre « Les studios PM présentent ». On remarque que c’est toujours la première page du livre qui est montrée. &lt;br /&gt;
P2 : (0,14 – 0,21) : Idem « Crime et Châtiment ».&lt;br /&gt;
P3 : (0,21 – 0,25) : Idem « 20 – 23 août 1944 » &lt;br /&gt;
P4 : (0,25 – 0,31) : Idem « La forêt brûle »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « La forêt brûle » ==='''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P5 : (0,31 – 0,39) : Panorama de gauche à droite. Au premier plan un champs, en fond un panache de fumée blanche au-dessus de la forêt. &lt;br /&gt;
P6 : (0,39 – 0,46) : Panorama de haut en bas montrant la densité de la fumée. On distingue dans la dernière seconde du plan un sol complètement calciné.&lt;br /&gt;
P7 : (0,46 – 0,51) : Plan fixe. On y voit le sol de la forêt brulant, les flammes étant attisées par le vent. &lt;br /&gt;
P8 : (0,51 – 1,00) : Panorama de droite à gauche. Le sol de la forêt est dévasté, un épais brouillard de fumée semble sortir de terre. &lt;br /&gt;
P9 : (1,00 – 1,06) : Plan fixe. Tas de troncs d’arbres au premier plan, de grandes flammes dépassent des buissons en arrière-plan. &lt;br /&gt;
P10 : (1,07 – 1,14) : Plan fixe. Talus dont la crête est entièrement enflammée.&lt;br /&gt;
P11 : (1,14 – 1,26) : Plan fixe. Petite colline presque entièrement en flamme. De nombreuses branches brûlent entre les gros rochers parsemant cette dernière.&lt;br /&gt;
P12 : (1,26 – 1,37) : Lent panorama du haut vers le bas. Montre un brouillard de fumé si épais que l’on ne distingue rien d’autre. Met en valeur l’ampleur de l’incendie.&lt;br /&gt;
P13 : (1,37 – 1,42) : Plan fixe. De grandes flammes, couvrant presque la quasi-totalité du ciel, s’élèvent de derrière une ligne d’arbres. &lt;br /&gt;
P14 : (1,42 – 1,44) : Plan fixe. Flammes derrière une ligne de buissons.&lt;br /&gt;
P15 : (1,44 – 1,48) : Plan fixe. Flammes se rapprochant de ce qui semble être un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P16 : (1,48 – 1,58) : Plan fixe. Une grande flamme, faisant la moitié de la hauteur de l’arbre au premier plan, semble s’avancer dangereusement du cinéaste. Montre peut-être la progression inexorable de l’incendie. &lt;br /&gt;
P17 : (1,58 – 2,04) : Plan fixe. Les flammes ont atteint le camp de bûcherons et engloutissent le travail de ces derniers.&lt;br /&gt;
P18 : (2,04 – 2,11) : Panorama de gauche à droite. Un tas de petites branches - peut-être des rebus du camp de bûcherons - flambent.&lt;br /&gt;
P19 : (2,11 – 2,30) : Lent panorama de gauche à droite. Montre les dégâts de l’incendie sur la forêt. Le sol est entièrement recouvert de cendres. Il ne reste des arbres que quelques souches calcinées. &lt;br /&gt;
P20 : (2,30 – 2,36) : Lent panorama de gauche à droite. Idem. Le cinéaste s’attarde sur un sapin qui semble avoir été relativement épargné par l’incendie.&lt;br /&gt;
P21 : (2,36 – 2,43) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste film les cendres, puis dévoile lentement en allant vers la droite de grande flammes brûlant des buissons. Veut probablement mettre en valeur que l’incendie n’est pas terminé.&lt;br /&gt;
P22 : (2,43 – 2,50) : Plan fixe. L’incendie se poursuit, et ne semble pas faiblir.&lt;br /&gt;
P23 : (2,50 – 2,56) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « mais à l’aube du 23 ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Mais à l’aube du 23 » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P24 : (2,56 – 2,58) : Un homme sort sur le balcon de sa maison avec ce qu’on devine être un drapeau plié. Il escalade le muret du balcon pour accéder au toit.&lt;br /&gt;
P25 : (2,58 – 3,02) : Il escalade le toit, le drapeau replié en bouche.&lt;br /&gt;
P26 : (3,02 – 3,20) : Il termine son ascension en équilibre sur le toit de la maison. L’homme plante le drapeau dans la cheminée avant de le dérouler, dévoilant le drapeau français.&lt;br /&gt;
P27 : (3,20 – 3,25) : Gros plan sur le drapeau français flottant au vent. &lt;br /&gt;
P28 : (3,25 – 3,28) : Plan fixe en contreplongée sur le drapeau français planté dans la cheminée.&lt;br /&gt;
P29 : (3,28 – 3,32) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « à Saint-Martin » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « À Saint-Martin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P30 : (3,32 – 3,37) : Un véhicule blindé américain – un véhicule de reconnaissance ? - est stationné le long d’un corps de ferme. Deux membres d’équipage se reposent à l’extérieur. Un petit groupe de villageois discutent sur le côté. Ils sont probablement venus saluer les soldats. On voit d’ailleurs une femme qui fait grimper un enfant sur le blindé.&lt;br /&gt;
P31 : (3,37 – 3,44) : Panorama du haut vers le bas. Montre un groupe de villageois rassemblé devant le monument aux morts de la commune. Le cinéaste dévoile progressivement deux drapeaux flottant sur le monument : un drapeau qui semble être celui des États-Unis, probablement fabriqué pour l’occasion avec les tissus disponibles, et le drapeau français.&lt;br /&gt;
P32 : (3,44 – 3,51) : Le cinéaste filme les enfants du village assis sur le blindé américain avec l’équipage. Deux petites filles portent un drapeau français. Plusieurs enfants ainsi que le membre d’équipage assis sur la tourelle du blindé fixent la caméra, signifiant peut-être que le cinéaste leur a demandé de poser.&lt;br /&gt;
P33 : (3,51 – 4,01) : Plan plus large, montrant l’arrivée d’une jeep, saluée par les habitants. &lt;br /&gt;
P34 : (4,01 – 4,09) : Départ du blindé de reconnaissance à la suite de la jeep. L’équipage salue et est salué par les habitants du village. &lt;br /&gt;
P35 : (4,09 – 4,12) : Une autre jeep, plus lourdement armée que la précédente, arrive dans le village. Le plan est cependant rapidement interrompu. &lt;br /&gt;
P36 : (4,12 – 4,17) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Le premier piper-cub se pose à Macherin ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Le premier piper-cub se pose à Macherin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P37 : (4,17 – 4,21) : Plan fixe surélevé montrant un champ. Un homme, que l’on devine accompagné d’une foule fait de grands gestes en apercevant un avion dans le ciel. Ce effectue une manœuvre pour amorcer son atterrissage. &lt;br /&gt;
P38 : (4,21 – 4,30) : L’avion, au centre de l’image, se rapproche doucement. On voit au bord de l’image des drapeaux français être agité, laissant deviner l’excitation de la foule. &lt;br /&gt;
P39 : (4,30 – 4,33) : Plan vers le ciel. L’avion passe rapidement d’un bord à l’autre de l’image.&lt;br /&gt;
P40 : (4,33 – 4,37) : Plan fixe vers l’horizon. L’avion continue sa manœuvre d’atterrissage, se rapprochant de plus en plus du sol. &lt;br /&gt;
P41 : (4,37 – 4,49) : L’avion atterrit. Des enfants, suivis de leurs parents commencent à courir vers celui-ci alors qu’il n’a pas encore finit sa course, démontrant là aussi l’excitation de la foule. La plupart de ces gens n’ont probablement jamais vus d’avions d’aussi près. &lt;br /&gt;
P42 : (4,49 – 4,54) : L’avion continue à rouler dans le champ. L’homme qui faisait des signes à l’avion lorsque celui-ci était dans le ciel semble guider les habitants vers celui-ci. Peut-être est-ce le maire ou un résistant ? &lt;br /&gt;
P43 : (4,54 – 4,58) : Le cinéaste s’est placé derrière la foule et film l’avion roulant dans l’herbe. &lt;br /&gt;
P44 : (4,58 – 5,01) : Avion termine sa course devant la foule.&lt;br /&gt;
P45 : (5,01 – 5,15) : La foule court à la rencontre de l’avion. De nombreux enfants, de tous âges, sont présents avec leurs parents. &lt;br /&gt;
P46 : (5,15 – 5,23) : Un militaire ayant voyagé dans l’avion se rapproche du cinéaste avec une mallette dans la main. En arrière-plan, on voit la foule observant l’avion avec beaucoup d’intérêt et d’excitation.&lt;br /&gt;
P47 : (5,23 – 5,28) : Gros plan sur une femme qui parait gênée d’être filmé. Une proche du cinéaste ? &lt;br /&gt;
P48 : (5,28 – 5,31) : Plan fixe sur des enfants assis sur une jeep américaine. &lt;br /&gt;
P49 : (5,31 – 5,35) : Un homme est filmé souriant, un enfant sur l’épaule. Peut-être est-ce un militaire américain ? &lt;br /&gt;
P50 : (5,35 – 5,44) : Une jeep défile au milieu du village. Un enfant est assis sur le siège passager et sert la main en souriant aux autres habitants. Les deux militaires occupant la jeep semblent eux-aussi très heureux. &lt;br /&gt;
P51 : (5,44 – 5,48) : La foule examine l’avion avec beaucoup d’intérêt. &lt;br /&gt;
P52 : (5,48 – 6,00) : Panorama de gauche à droite filmant la foule examinant l’avion. &lt;br /&gt;
P53 : (6,00 – 6,06) : Plan fixe. Idem. &lt;br /&gt;
P54 : (6,06 – 6,10) : Un militaire, un bouquet de fleurs à la main, semble recevoir les remerciements de la foule. Le plan se termine par une poignée de mains échangée entre les habitants et le militaire.&lt;br /&gt;
P55 : (6,10 – 6,15) : Des habitants discutent en examinant l’appareil.&lt;br /&gt;
P56 : (6,15 – 6,19) : Idem. On reconnaît la femme filmée en gros plans précédemment. &lt;br /&gt;
P57 : (6,19 – 6,25) : Plan dont la femme filmée précédemment est à nouveau au centre.&lt;br /&gt;
P58 : (6,25 – 6,33) : Idem. Probablement un groupe d’amis ou de la famille du cinéaste. &lt;br /&gt;
P59 : (6,33 – 6,38) : Groupe d’habitants examinent l’avant de l’appareil. &lt;br /&gt;
P60 : (6,38 – 6,44) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Deux ans plus tard » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Deux ans plus tard » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P61 : (6,44 – 6,59) : Panorama de droite à gauche montrant une colline rocailleuse. Le sol semble noir &lt;br /&gt;
P62 : (6,59 – 7,18) : Plan filmé à l’épaule, montrant là encore un paysage rocailleux sans végétations &lt;br /&gt;
P63 : (7,18 – 7,37) : Idem. On distingue des arbres gisant à terre, ainsi que des petits tas de bûches. &lt;br /&gt;
P64 : (7,37 – 7,49) : Idem. On voit cette fois l’entrée de la forêt. Une petite installation de tient à la lisière de celle-ci.&lt;br /&gt;
P65 : (7,49 – 7,58) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste s’est rapproché de l’installation. Il s’agit probablement d’un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P66 : (7,58 – 8,02) : Plan fixe sur le camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P67 : (8,02 – 8,08) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Les traces du crime ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Les traces du crime » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P68 : (8,08 – 8,16) : Plan fixe vers le sol. Un jerrican est filmé, laissant peut-être entendre que les allemands auraient volontairement mis le feu à la forêt deux ans plus tôt.&lt;br /&gt;
P69 : (8,16 – 8,25) : Panorama de gauche à droite, montrant branches et souche d’arbres. Il se termine sur le jerrican filmé précédemment afin d’établir un lien entre la forêt brûlée et l’essence.&lt;br /&gt;
P70 : (8,25 – 8,28) : Deux petites chèvres sont filmées.&lt;br /&gt;
P71 : (8,28 – 8,31) : Idem mais sous un autre angle.&lt;br /&gt;
P72 : (8,31 – 8,37) : Plan sur le camp de bûcherons filmé de très près.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== '''Contexte général : du débarquement de Normandie à la Libération de la Seine-et-Marne (Source : BEEVOR Anthony, Paris libéré, 1944 – 1949)&lt;br /&gt;
''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Après un débarquement fructueux en Italie le 10 juillet 1943, les alliés se retrouvent confronter à une résistance de plus en plus féroce des Italiens, renforcés par les Allemands dans la région de Monte Cassino. Il faut donc trouver un moyen d’ouvrir un autre front. À l’est, les Soviétiques se préparent eux-aussi à une grande offensive, l’Opération Bagration. Après de nombreuses délibérations, le choix se porte sur la Normandie, côte la plus éloignée de la Grande-Bretagne. Une vaste opération de désinformation est mise en place avec succès pour faire croire à un débarquement dans le Pas-de-Calais. Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent avec succès en Normandie. S’en suit alors une avancée rapide, malgré des poches de résistance tenaces ici et là, comme par exemple à Falaise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La route vers Paris était désormais ouverte. Pour les militaires de la France Libre, il s’agissait d’un enjeu idéologique primordial : il fallait absolument qu’une force militaire française soit la première à arriver dans la ville. Pour le général De Gaulle, une formation militaire en particulier devait absolument libérer la ville : la 2e division blindée (« DB ») du Général Leclerc. [[Fichier:Leclerc_Paris.JPG|300px|thumb|right|texte descriptif]]&lt;br /&gt;
les événements s’accéléraient drastiquement dans la capitale : craignant un soulèvement, les autorités allemandes décidèrent le 15 août de désarmer la police de Paris, ce qui entraîna une grève générale de celle-ci. Craignant d’être assimilés aux nazis, de nombreux policiers avaient en effet rejoint le Parti communiste, la carte du parti devant les protéger une fois la ville aux mains des Alliés. Le débarquement sur la côte méditerranéenne le même jour encouragea d’autant plus les Parisiens à la dissidence. Deux jours plus tard, les Parisiens voyaient de grandes colonnes de véhicules allemands évacuant la ville, accompagnés de « pillages de dernière minute ». Le 18 août, des tirs sporadiques commencèrent à se faire entendre dans certains quartiers de la capitale, accompagnés du retour du drapeau français sur le toit de plusieurs édifices publics, notamment sur le toit de la préfecture de police de l’île de la Cité. Le préfet de Police de Vichy fut arrêté et remplacé par un gaulliste, Charles Luizet. L’insurrection fut lancée par la police, les gaullistes furent forcés de suivre le mouvement malgré les réticences de De Gaulle. Les combats furent par endroit très violents : la préfecture de police de l’île de la Cité fut assiégée et pilonnée par des chars qui, heureusement, ne firent que peu de dégâts. Le 20 août, le Conseil National de la Résistance (« CNR ») parvint à prendre de l’Hôtel de Ville - en y excluant les communistes - afin de donner une légitimité républicaine à leur mouvement. Ils devaient essuyer durant les quatre jours suivant des tirs nourrit de mitrailleuses allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	De leur côté, De Gaulle et Leclerc craignaient la mise en place d’une nouvelle Commune, d’autant plus que les Américains ne semblaient pas pressés de marcher sur Paris. Ces derniers craignaient que libérer la ville – et donc par conséquent nourrir ses habitants – ne signifie manquer de ravitaillement pour les armées poursuivant les Allemands dans le nord du pays. En outre, Leclerc craignait que la ville ne soit détruite si les Alliés n’agissaient pas rapidement.&lt;br /&gt;
	Dans la capitale, les barricades se dressaient progressivement, le but étant d’empêcher les Allemands de se déplacer. Le 22 août, une station de radio fut mise en place par les insurgés « Radiodiffusion de la Nation Française » afin de faire entendre la voix de la Résistance. Outre les proclamations et l’hymne national qui étaient diffusés fréquemment, les auditeurs pouvaient y entendre des conseils pratiques, des indications quant aux rues les plus dangereuses etc. Ce même soir du 22 août, le commandement américain changea d’avis, un messager ayant réussi à convaincre Eisenhower de la catastrophe que représenterait un Paris en ruine. Leclerc reçu enfin l’ordre qu’il attendait : marcher sur Paris. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La libération de la Seine-et-Marne (Source : Musée de la résistance en ligne).''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le département de Seine-et-Marne voit les premiers combats commencer autour du 20 août et durent jusqu’au 29. Le secteur voit des troupes allemandes en retraite, dont certains éléments tentent d’interdire le passage aux Américains qui tentent de les rattraper. Cette retraite est marquée de nombreux massacres « […] qui font de la Seine-et-Marne un département durement éprouvé par les combats de la Libération. » L’objectif des Allemands dans la région est la destruction systématique des ponts afin de ralentir l’avancée des Alliés, ce qu’évidement les groupes de résistants locaux cherchent à éviter. L’offensive américaine est double : elle se porte à la fois vers le sud de département, espérant atteindre les ponts de Souppes et de Nemours et le nord par Fontainebleau. Bien que les combats pour Souppes se révèlent sanglants, notamment du fait de l’utilisation de méthodes de terreur par les Allemands (otages, exécution de masse), ces derniers ne parviennent toutefois pas à détruire le pont. Ce n’est pas le cas des autres objectifs, les ponts de Gretz ayant par exemple été détruits. Le pont de Fontainebleau devient alors d’une importance capitale pour traverser le Loing. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La région forestière de Fontainebleau est alors tenue par les résistants, qui utilisent l’avantage conféré par le terrain pour harceler les troupes allemandes en retraite. Les Américains entrent dans la ville le 23 et foncent vers le pont de Valvin qui finira tout de même par être détruit par un obus. Les combats entre les deux rives deviennent très violents, les combattants se retrouvant piégés entre l’artillerie des deux camps. Finalement, le 24, les Américains parviennent tant bien que mal à établir un pont de bateaux pneumatiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Pierre Piganiol : un cinéaste résistant''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Né à Chambéry en 1915 et décédé à Paris en 2007, Pierre Piganiol est un chimiste, mais également un résistant. Mobilisé durant la « drôle de guerre », il entre à l’ENS après la capitulation de la France. Il y fonde un réseau de résistance, qui se charge de faire passer des informations pour la France Libre à Londres. En 1944, son ami, Raymond Croland, cofondateur du réseau de résistance, est arrêté et déporté à Buchenwald, forçant Pierre Piganiol à entrer dans la clandestinité. C’est dans ces années 40, et principalement vers la fin du conflit que Pierre Piganiol commence à filmer. Ce film de libération est donc l’un de ses premiers films. Le moment n’est probablement pas un hasard, la Libération devant avoir été un moment fort pour nombre de résistants, et particulièrement pour les résistants de la première heure comme Pierre Piganiol.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''L’incendie : le crime dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie de ce que l’on devine être la forêt de Fontainebleau est l’un des éléments principaux du film. Il serait le crime des Allemands, les Américains et la Libération leur châtiment. D’après La revue forestière française, l’incendie de la forêt de Fontainebleau aurait été dû à « un feu venant d’Arbonne [qui] a franchi le périmètre sur plusieurs kilomètres de front en 1944 ». L’incendie à t-il donc été causé volontairement par les Allemands ? Quelques jours avant la libération, le 17 août 1944, trente-six résistants sont sortis des prisons de Fontainebleau et amenés à une carrière de sable non loin de ce village pour y être fusillés. Il est possible que les Allemands aient déclenché l’incendie après avoir exécuté ces résistants afin de couvrir leurs traces. Le « crime » serait alors le meurtre, l’incendie, le moyen de le cacher. Comme Rodion Raskolnikov, le personnage principal du roman éponyme de Dostoïevski, les Allemands auraient tentés de camoufler leur crime par un autre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Cependant, il est plus probable que pour Pierre Piganiol – qui n’avait peut-être pas été au courant des exécutions au moment de la réalisation de son film – l’incendie ait été le seul crime des Allemands. Plusieurs indices nous l’indiquent. Dans la dernière partie de son film « les traces du crime », Pierre Piganiol laisse explicitement entendre que le feu fut déclenché volontairement par les Allemands. Un jerrican, qui servit probablement à transporter du carburant est mis plusieurs fois en valeur par le cinéaste, et notamment via un panorama de gauche à droite, filmant la dévastation de l’incendie, et se terminant sur le jerrican reposant sur un sol carbonisé (plan 70 : 8min25 – 8min28)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie est présent dès les premières secondes du film. Le cinéaste le filme à la fois comme une catastrophe phénoménale, mais aussi comme un drame. Plusieurs scènes illustrent ces ressentis. Les flammes sont bien souvent filmées en contreplongée, accentuant l’effet écrasant qu’elles exercent sur le spectateur (Plan 11 :1min14-1min26 ; Plan 13 : 1min37 – 1min42). Un plan en particulier accentue le dramatique : on y voit un sapin, à priori épargné par les flammes, debout au milieu d’un paysage récemment ravagé par l’incendie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La Libération dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La Libération est au centre du film de Pierre Piganiol. On peut y voir la joie des habitants de Saint-Martin-en-Bière, qui est filmé avant même l’arrivée des Alliés. En effet, « à l’aube du 23 », un homme est filmé par le cinéaste en train d’escalader le toit de sa maison afin d’y hisser le drapeau français sur sa cheminée (Plan 24 à 29 : 2min 56 – 3min 32). Pierre Piganiol utilise sa caméra pour placer le spectateur dans ses chaussures. Les évènements, sont presque toujours filmé comme si le cinéaste était un villageois comme les autres, observant l’arrivée des Alliés comme les autres. Ainsi, même des scènes qui peuvent paraître comme symbolique, tel le gros plan sur le drapeau français flottant au vent peut être interprétées comme le regard d’un habitant – qui plus est engagé dans la résistance, fier de pouvoir enfin afficher les couleurs de son pays après quatre ans d’occupation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Il en va de même pour les scènes de l’avion de reconnaissance. Pierre Piganiol se place tout d’abord à l’avant de la foule, et pointe sa caméra sur l’avion amorçant ses manœuvres d’atterrissage. On peut interpréter cette partie du film comme étant l’œil d’un habitant curieux, qui n’a probablement encore jamais observé d’avions – en tout cas pas de prêt – et qui donc fixe ce curieux engin du regard (Plan 37 à 44 : 4min17 – 5min01). Un fois l’avion atterrit, le cinéaste filme la foule des habitants se précipiter sur l’avion pour féliciter le pilote et examiner l’avion de plus prêt. (Plan 45 à 59 :  5min02 – 6min33). &lt;br /&gt;
	Ce parti prit de filmer les évènements comme un observateur parmi les autres peut se retrouver dans les autres films de Pierre Piganiol réalisés durant cette période. Ainsi, le film immortalisant l’arrivée des troupes françaises – dont le cinéaste fait partie – en Allemagne est tourné de la même façon. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Ce document est en outre l’occasion d’observer le comportement des habitants d’un petit village de région parisienne lors de la Libération. La joie et l’euphorie sont de mises sur pratiquement toutes les scènes où une foule est filmée. Les enfants en sont les principaux témoins dans ce film. De nombreuses scènes les montres sur les véhicules des Américains entrant dans le village – que ceux-ci soient à l’arrêt ou non – et tous affichent un grand sourire. Deux plans en particulier illustrent ce propos. Le premier, le plan 32 (3min44 – 3min51), montre plusieurs enfants, assis sur un blindé de reconnaissance américain. Sur cette scène, deux petites filles y agitent des drapeau français, symboles à la fois de la confiance des habitants qui laissent leurs enfants approcher les militaires Alliés, mais aussi de l’engouement patriotique de ces derniers jours du mois d’août. Le second plan, le plan 50 (5min35 – 5min44), nous montre un enfant à bord du siège passager d’une jeep américaine traversant le village. Ce dernier sert les mains des habitants comme s’il était lui-même un soldat venant les libérer, un énorme sourire traversant son visage. Les deux militaires à bord de la jeep affichent eux-aussi un grand sourire, témoignant de l’euphorie contagieuse régnant dans le village ce jour-là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Conclusion''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film de Pierre Piganiol, tourné dans les premières heures de la Libération de la Seine-et-Marne, permet d’observer la réaction d’un petit village durant cet évènement. Cela d’autant plus que Pierre Piganiol film cet évènement comme s’il n’était qu’un habitant parmi d’autres, comme s’il n’avait pas de caméra. Son film témoigne de l’euphorie ressentie par les habitants de la commune, à tel point d’ailleurs qu’en voyant ces images, on ne se douterait pas que de sanglants combats ont lieux à moins de dix kilomètres de là. Il montre également le soulagement de ses compatriotes qui en plus de fêter leur libération, fêtent également la fin de la guerre, dont le front s’éloigne progressivement de leur petit village.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Anthony BEEVOR, Paris libéré 1944-1949, Paris, éditions Perrin, 2014.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claude CHERRIER, Musée de la résistance en ligne, « La Seine-et-Marne, 20 au 29 août 1944 »(URL :http://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=84&amp;amp;theme=157&amp;amp;stheme=320)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
G. MOUTON, « Lutte contre les incendies en forêt de Fontainebleau », Revue forestière française, 1950. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pierre PAPON, « PIGANIOL Pierre (1915-2007) », Encyclopaedia Universalis, (URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-piganiol/)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Fichier:Leclerc Paris.JPG</title>
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		<updated>2021-01-07T13:31:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : Leclerc à Paris, 1944. (Source : Le Point)&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Leclerc à Paris, 1944. (Source : Le Point)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Crime_et_ch%C3%A2timent_(0116FN0005)&amp;diff=16447</id>
		<title>Bas:Crime et châtiment (0116FN0005)</title>
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		<updated>2021-01-07T13:28:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|fonds=Piganiol&lt;br /&gt;
|idSupport=0003FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
|dateFin=1946&lt;br /&gt;
|video=0116FN0005_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:08:37&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Piganiol, Pierre&lt;br /&gt;
|apercu=Crime_et_châtiment.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Seconde Guerre mondiale&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saint-Martin-en-Bière; Forêt de Fontainebleau&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : post-war period&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un film amateur, réalisé par le cinéaste Pierre Piganiol. Il nous montre les premiers jours de la libération d’un petit village aujourd’hui situé dans le département de Seine-et-Marne. Ce film est tout d’abord construit comme une accusation. Nommé comme le célèbre roman éponyme de Dostoïevski, il se veut être une preuve de la barbarie des allemands, qui mettent le feu à la forêt avant leur départ. Ce document illustre aussi l’excitation des habitants devant l’arrivée des américains : les drapeaux français sont brandis, ceux des américains sont rapidement fabriqués avec ce que l’on parvient à trouver, tout le village est dans la rue afin de saluer les libérateurs. Enfin, le film nous montre ce qu’il reste une fois la fièvre de la libération passée et l’excitation retombée : un forêt partiellement en cendre que les habitants doivent « nettoyer ».&lt;br /&gt;
|Description_fr=P1 : (0,01 – 0,14) : Carton sous forme de livre « Les studios PM présentent ». On remarque que c’est toujours la première page du livre qui est montrée. &lt;br /&gt;
P2 : (0,14 – 0,21) : Idem « Crime et Châtiment ».&lt;br /&gt;
P3 : (0,21 – 0,25) : Idem « 20 – 23 août 1944 » &lt;br /&gt;
P4 : (0,25 – 0,31) : Idem « La forêt brûle »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « La forêt brûle » ==='''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P5 : (0,31 – 0,39) : Panorama de gauche à droite. Au premier plan un champs, en fond un panache de fumée blanche au-dessus de la forêt. &lt;br /&gt;
P6 : (0,39 – 0,46) : Panorama de haut en bas montrant la densité de la fumée. On distingue dans la dernière seconde du plan un sol complètement calciné.&lt;br /&gt;
P7 : (0,46 – 0,51) : Plan fixe. On y voit le sol de la forêt brulant, les flammes étant attisées par le vent. &lt;br /&gt;
P8 : (0,51 – 1,00) : Panorama de droite à gauche. Le sol de la forêt est dévasté, un épais brouillard de fumée semble sortir de terre. &lt;br /&gt;
P9 : (1,00 – 1,06) : Plan fixe. Tas de troncs d’arbres au premier plan, de grandes flammes dépassent des buissons en arrière-plan. &lt;br /&gt;
P10 : (1,07 – 1,14) : Plan fixe. Talus dont la crête est entièrement enflammée.&lt;br /&gt;
P11 : (1,14 – 1,26) : Plan fixe. Petite colline presque entièrement en flamme. De nombreuses branches brûlent entre les gros rochers parsemant cette dernière.&lt;br /&gt;
P12 : (1,26 – 1,37) : Lent panorama du haut vers le bas. Montre un brouillard de fumé si épais que l’on ne distingue rien d’autre. Met en valeur l’ampleur de l’incendie.&lt;br /&gt;
P13 : (1,37 – 1,42) : Plan fixe. De grandes flammes, couvrant presque la quasi-totalité du ciel, s’élèvent de derrière une ligne d’arbres. &lt;br /&gt;
P14 : (1,42 – 1,44) : Plan fixe. Flammes derrière une ligne de buissons.&lt;br /&gt;
P15 : (1,44 – 1,48) : Plan fixe. Flammes se rapprochant de ce qui semble être un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P16 : (1,48 – 1,58) : Plan fixe. Une grande flamme, faisant la moitié de la hauteur de l’arbre au premier plan, semble s’avancer dangereusement du cinéaste. Montre peut-être la progression inexorable de l’incendie. &lt;br /&gt;
P17 : (1,58 – 2,04) : Plan fixe. Les flammes ont atteint le camp de bûcherons et engloutissent le travail de ces derniers.&lt;br /&gt;
P18 : (2,04 – 2,11) : Panorama de gauche à droite. Un tas de petites branches - peut-être des rebus du camp de bûcherons - flambent.&lt;br /&gt;
P19 : (2,11 – 2,30) : Lent panorama de gauche à droite. Montre les dégâts de l’incendie sur la forêt. Le sol est entièrement recouvert de cendres. Il ne reste des arbres que quelques souches calcinées. &lt;br /&gt;
P20 : (2,30 – 2,36) : Lent panorama de gauche à droite. Idem. Le cinéaste s’attarde sur un sapin qui semble avoir été relativement épargné par l’incendie.&lt;br /&gt;
P21 : (2,36 – 2,43) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste film les cendres, puis dévoile lentement en allant vers la droite de grande flammes brûlant des buissons. Veut probablement mettre en valeur que l’incendie n’est pas terminé.&lt;br /&gt;
P22 : (2,43 – 2,50) : Plan fixe. L’incendie se poursuit, et ne semble pas faiblir.&lt;br /&gt;
P23 : (2,50 – 2,56) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « mais à l’aube du 23 ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Mais à l’aube du 23 » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P24 : (2,56 – 2,58) : Un homme sort sur le balcon de sa maison avec ce qu’on devine être un drapeau plié. Il escalade le muret du balcon pour accéder au toit.&lt;br /&gt;
P25 : (2,58 – 3,02) : Il escalade le toit, le drapeau replié en bouche.&lt;br /&gt;
P26 : (3,02 – 3,20) : Il termine son ascension en équilibre sur le toit de la maison. L’homme plante le drapeau dans la cheminée avant de le dérouler, dévoilant le drapeau français.&lt;br /&gt;
P27 : (3,20 – 3,25) : Gros plan sur le drapeau français flottant au vent. &lt;br /&gt;
P28 : (3,25 – 3,28) : Plan fixe en contreplongée sur le drapeau français planté dans la cheminée.&lt;br /&gt;
P29 : (3,28 – 3,32) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « à Saint-Martin » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « À Saint-Martin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P30 : (3,32 – 3,37) : Un véhicule blindé américain – un véhicule de reconnaissance ? - est stationné le long d’un corps de ferme. Deux membres d’équipage se reposent à l’extérieur. Un petit groupe de villageois discutent sur le côté. Ils sont probablement venus saluer les soldats. On voit d’ailleurs une femme qui fait grimper un enfant sur le blindé.&lt;br /&gt;
P31 : (3,37 – 3,44) : Panorama du haut vers le bas. Montre un groupe de villageois rassemblé devant le monument aux morts de la commune. Le cinéaste dévoile progressivement deux drapeaux flottant sur le monument : un drapeau qui semble être celui des États-Unis, probablement fabriqué pour l’occasion avec les tissus disponibles, et le drapeau français.&lt;br /&gt;
P32 : (3,44 – 3,51) : Le cinéaste filme les enfants du village assis sur le blindé américain avec l’équipage. Deux petites filles portent un drapeau français. Plusieurs enfants ainsi que le membre d’équipage assis sur la tourelle du blindé fixent la caméra, signifiant peut-être que le cinéaste leur a demandé de poser.&lt;br /&gt;
P33 : (3,51 – 4,01) : Plan plus large, montrant l’arrivée d’une jeep, saluée par les habitants. &lt;br /&gt;
P34 : (4,01 – 4,09) : Départ du blindé de reconnaissance à la suite de la jeep. L’équipage salue et est salué par les habitants du village. &lt;br /&gt;
P35 : (4,09 – 4,12) : Une autre jeep, plus lourdement armée que la précédente, arrive dans le village. Le plan est cependant rapidement interrompu. &lt;br /&gt;
P36 : (4,12 – 4,17) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Le premier piper-cub se pose à Macherin ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Le premier piper-cub se pose à Macherin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P37 : (4,17 – 4,21) : Plan fixe surélevé montrant un champ. Un homme, que l’on devine accompagné d’une foule fait de grands gestes en apercevant un avion dans le ciel. Ce effectue une manœuvre pour amorcer son atterrissage. &lt;br /&gt;
P38 : (4,21 – 4,30) : L’avion, au centre de l’image, se rapproche doucement. On voit au bord de l’image des drapeaux français être agité, laissant deviner l’excitation de la foule. &lt;br /&gt;
P39 : (4,30 – 4,33) : Plan vers le ciel. L’avion passe rapidement d’un bord à l’autre de l’image.&lt;br /&gt;
P40 : (4,33 – 4,37) : Plan fixe vers l’horizon. L’avion continue sa manœuvre d’atterrissage, se rapprochant de plus en plus du sol. &lt;br /&gt;
P41 : (4,37 – 4,49) : L’avion atterrit. Des enfants, suivis de leurs parents commencent à courir vers celui-ci alors qu’il n’a pas encore finit sa course, démontrant là aussi l’excitation de la foule. La plupart de ces gens n’ont probablement jamais vus d’avions d’aussi près. &lt;br /&gt;
P42 : (4,49 – 4,54) : L’avion continue à rouler dans le champ. L’homme qui faisait des signes à l’avion lorsque celui-ci était dans le ciel semble guider les habitants vers celui-ci. Peut-être est-ce le maire ou un résistant ? &lt;br /&gt;
P43 : (4,54 – 4,58) : Le cinéaste s’est placé derrière la foule et film l’avion roulant dans l’herbe. &lt;br /&gt;
P44 : (4,58 – 5,01) : Avion termine sa course devant la foule.&lt;br /&gt;
P45 : (5,01 – 5,15) : La foule court à la rencontre de l’avion. De nombreux enfants, de tous âges, sont présents avec leurs parents. &lt;br /&gt;
P46 : (5,15 – 5,23) : Un militaire ayant voyagé dans l’avion se rapproche du cinéaste avec une mallette dans la main. En arrière-plan, on voit la foule observant l’avion avec beaucoup d’intérêt et d’excitation.&lt;br /&gt;
P47 : (5,23 – 5,28) : Gros plan sur une femme qui parait gênée d’être filmé. Une proche du cinéaste ? &lt;br /&gt;
P48 : (5,28 – 5,31) : Plan fixe sur des enfants assis sur une jeep américaine. &lt;br /&gt;
P49 : (5,31 – 5,35) : Un homme est filmé souriant, un enfant sur l’épaule. Peut-être est-ce un militaire américain ? &lt;br /&gt;
P50 : (5,35 – 5,44) : Une jeep défile au milieu du village. Un enfant est assis sur le siège passager et sert la main en souriant aux autres habitants. Les deux militaires occupant la jeep semblent eux-aussi très heureux. &lt;br /&gt;
P51 : (5,44 – 5,48) : La foule examine l’avion avec beaucoup d’intérêt. &lt;br /&gt;
P52 : (5,48 – 6,00) : Panorama de gauche à droite filmant la foule examinant l’avion. &lt;br /&gt;
P53 : (6,00 – 6,06) : Plan fixe. Idem. &lt;br /&gt;
P54 : (6,06 – 6,10) : Un militaire, un bouquet de fleurs à la main, semble recevoir les remerciements de la foule. Le plan se termine par une poignée de mains échangée entre les habitants et le militaire.&lt;br /&gt;
P55 : (6,10 – 6,15) : Des habitants discutent en examinant l’appareil.&lt;br /&gt;
P56 : (6,15 – 6,19) : Idem. On reconnaît la femme filmée en gros plans précédemment. &lt;br /&gt;
P57 : (6,19 – 6,25) : Plan dont la femme filmée précédemment est à nouveau au centre.&lt;br /&gt;
P58 : (6,25 – 6,33) : Idem. Probablement un groupe d’amis ou de la famille du cinéaste. &lt;br /&gt;
P59 : (6,33 – 6,38) : Groupe d’habitants examinent l’avant de l’appareil. &lt;br /&gt;
P60 : (6,38 – 6,44) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Deux ans plus tard » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Deux ans plus tard » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P61 : (6,44 – 6,59) : Panorama de droite à gauche montrant une colline rocailleuse. Le sol semble noir &lt;br /&gt;
P62 : (6,59 – 7,18) : Plan filmé à l’épaule, montrant là encore un paysage rocailleux sans végétations &lt;br /&gt;
P63 : (7,18 – 7,37) : Idem. On distingue des arbres gisant à terre, ainsi que des petits tas de bûches. &lt;br /&gt;
P64 : (7,37 – 7,49) : Idem. On voit cette fois l’entrée de la forêt. Une petite installation de tient à la lisière de celle-ci.&lt;br /&gt;
P65 : (7,49 – 7,58) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste s’est rapproché de l’installation. Il s’agit probablement d’un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P66 : (7,58 – 8,02) : Plan fixe sur le camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P67 : (8,02 – 8,08) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Les traces du crime ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Les traces du crime » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P68 : (8,08 – 8,16) : Plan fixe vers le sol. Un jerrican est filmé, laissant peut-être entendre que les allemands auraient volontairement mis le feu à la forêt deux ans plus tôt.&lt;br /&gt;
P69 : (8,16 – 8,25) : Panorama de gauche à droite, montrant branches et souche d’arbres. Il se termine sur le jerrican filmé précédemment afin d’établir un lien entre la forêt brûlée et l’essence.&lt;br /&gt;
P70 : (8,25 – 8,28) : Deux petites chèvres sont filmées.&lt;br /&gt;
P71 : (8,28 – 8,31) : Idem mais sous un autre angle.&lt;br /&gt;
P72 : (8,31 – 8,37) : Plan sur le camp de bûcherons filmé de très près.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== '''Contexte général : du débarquement de Normandie à la Libération de la Seine-et-Marne (Source : BEEVOR Anthony, Paris libéré, 1944 – 1949)&lt;br /&gt;
''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Après un débarquement fructueux en Italie le 10 juillet 1943, les alliés se retrouvent confronter à une résistance de plus en plus féroce des Italiens, renforcés par les Allemands dans la région de Monte Cassino. Il faut donc trouver un moyen d’ouvrir un autre front. À l’est, les Soviétiques se préparent eux-aussi à une grande offensive, l’Opération Bagration. Après de nombreuses délibérations, le choix se porte sur la Normandie, côte la plus éloignée de la Grande-Bretagne. Une vaste opération de désinformation est mise en place avec succès pour faire croire à un débarquement dans le Pas-de-Calais. Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent avec succès en Normandie. S’en suit alors une avancée rapide, malgré des poches de résistance tenaces ici et là, comme par exemple à Falaise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La route vers Paris était désormais ouverte. Pour les militaires de la France Libre, il s’agissait d’un enjeu idéologique primordial : il fallait absolument qu’une force militaire française soit la première à arriver dans la ville. Pour le général De Gaulle, une formation militaire en particulier devait absolument libérer la ville : la 2e division blindée (« DB ») du Général Leclerc. Cependant, les événements s’accéléraient drastiquement dans la capitale : craignant un soulèvement, les autorités allemandes décidèrent le 15 août de désarmer la police de Paris, ce qui entraîna une grève générale de celle-ci. Craignant d’être assimilés aux nazis, de nombreux policiers avaient en effet rejoint le Parti communiste, la carte du parti devant les protéger une fois la ville aux mains des Alliés. Le débarquement sur la côte méditerranéenne le même jour encouragea d’autant plus les Parisiens à la dissidence. Deux jours plus tard, les Parisiens voyaient de grandes colonnes de véhicules allemands évacuant la ville, accompagnés de « pillages de dernière minute ». Le 18 août, des tirs sporadiques commencèrent à se faire entendre dans certains quartiers de la capitale, accompagnés du retour du drapeau français sur le toit de plusieurs édifices publics, notamment sur le toit de la préfecture de police de l’île de la Cité. Le préfet de Police de Vichy fut arrêté et remplacé par un gaulliste, Charles Luizet. L’insurrection fut lancée par la police, les gaullistes furent forcés de suivre le mouvement malgré les réticences de De Gaulle. Les combats furent par endroit très violents : la préfecture de police de l’île de la Cité fut assiégée et pilonnée par des chars qui, heureusement, ne firent que peu de dégâts. Le 20 août, le Conseil National de la Résistance (« CNR ») parvint à prendre de l’Hôtel de Ville - en y excluant les communistes - afin de donner une légitimité républicaine à leur mouvement. Ils devaient essuyer durant les quatre jours suivant des tirs nourrit de mitrailleuses allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	De leur côté, De Gaulle et Leclerc craignaient la mise en place d’une nouvelle Commune, d’autant plus que les Américains ne semblaient pas pressés de marcher sur Paris. Ces derniers craignaient que libérer la ville – et donc par conséquent nourrir ses habitants – ne signifie manquer de ravitaillement pour les armées poursuivant les Allemands dans le nord du pays. En outre, Leclerc craignait que la ville ne soit détruite si les Alliés n’agissaient pas rapidement.&lt;br /&gt;
	Dans la capitale, les barricades se dressaient progressivement, le but étant d’empêcher les Allemands de se déplacer. Le 22 août, une station de radio fut mise en place par les insurgés « Radiodiffusion de la Nation Française » afin de faire entendre la voix de la Résistance. Outre les proclamations et l’hymne national qui étaient diffusés fréquemment, les auditeurs pouvaient y entendre des conseils pratiques, des indications quant aux rues les plus dangereuses etc. Ce même soir du 22 août, le commandement américain changea d’avis, un messager ayant réussi à convaincre Eisenhower de la catastrophe que représenterait un Paris en ruine. Leclerc reçu enfin l’ordre qu’il attendait : marcher sur Paris. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La libération de la Seine-et-Marne (Source : Musée de la résistance en ligne).''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le département de Seine-et-Marne voit les premiers combats commencer autour du 20 août et durent jusqu’au 29. Le secteur voit des troupes allemandes en retraite, dont certains éléments tentent d’interdire le passage aux Américains qui tentent de les rattraper. Cette retraite est marquée de nombreux massacres « […] qui font de la Seine-et-Marne un département durement éprouvé par les combats de la Libération. » L’objectif des Allemands dans la région est la destruction systématique des ponts afin de ralentir l’avancée des Alliés, ce qu’évidement les groupes de résistants locaux cherchent à éviter. L’offensive américaine est double : elle se porte à la fois vers le sud de département, espérant atteindre les ponts de Souppes et de Nemours et le nord par Fontainebleau. Bien que les combats pour Souppes se révèlent sanglants, notamment du fait de l’utilisation de méthodes de terreur par les Allemands (otages, exécution de masse), ces derniers ne parviennent toutefois pas à détruire le pont. Ce n’est pas le cas des autres objectifs, les ponts de Gretz ayant par exemple été détruits. Le pont de Fontainebleau devient alors d’une importance capitale pour traverser le Loing. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La région forestière de Fontainebleau est alors tenue par les résistants, qui utilisent l’avantage conféré par le terrain pour harceler les troupes allemandes en retraite. Les Américains entrent dans la ville le 23 et foncent vers le pont de Valvin qui finira tout de même par être détruit par un obus. Les combats entre les deux rives deviennent très violents, les combattants se retrouvant piégés entre l’artillerie des deux camps. Finalement, le 24, les Américains parviennent tant bien que mal à établir un pont de bateaux pneumatiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Pierre Piganiol : un cinéaste résistant''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Né à Chambéry en 1915 et décédé à Paris en 2007, Pierre Piganiol est un chimiste, mais également un résistant. Mobilisé durant la « drôle de guerre », il entre à l’ENS après la capitulation de la France. Il y fonde un réseau de résistance, qui se charge de faire passer des informations pour la France Libre à Londres. En 1944, son ami, Raymond Croland, cofondateur du réseau de résistance, est arrêté et déporté à Buchenwald, forçant Pierre Piganiol à entrer dans la clandestinité. C’est dans ces années 40, et principalement vers la fin du conflit que Pierre Piganiol commence à filmer. Ce film de libération est donc l’un de ses premiers films. Le moment n’est probablement pas un hasard, la Libération devant avoir été un moment fort pour nombre de résistants, et particulièrement pour les résistants de la première heure comme Pierre Piganiol.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''L’incendie : le crime dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie de ce que l’on devine être la forêt de Fontainebleau est l’un des éléments principaux du film. Il serait le crime des Allemands, les Américains et la Libération leur châtiment. D’après La revue forestière française, l’incendie de la forêt de Fontainebleau aurait été dû à « un feu venant d’Arbonne [qui] a franchi le périmètre sur plusieurs kilomètres de front en 1944 ». L’incendie à t-il donc été causé volontairement par les Allemands ? Quelques jours avant la libération, le 17 août 1944, trente-six résistants sont sortis des prisons de Fontainebleau et amenés à une carrière de sable non loin de ce village pour y être fusillés. Il est possible que les Allemands aient déclenché l’incendie après avoir exécuté ces résistants afin de couvrir leurs traces. Le « crime » serait alors le meurtre, l’incendie, le moyen de le cacher. Comme Rodion Raskolnikov, le personnage principal du roman éponyme de Dostoïevski, les Allemands auraient tentés de camoufler leur crime par un autre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Cependant, il est plus probable que pour Pierre Piganiol – qui n’avait peut-être pas été au courant des exécutions au moment de la réalisation de son film – l’incendie ait été le seul crime des Allemands. Plusieurs indices nous l’indiquent. Dans la dernière partie de son film « les traces du crime », Pierre Piganiol laisse explicitement entendre que le feu fut déclenché volontairement par les Allemands. Un jerrican, qui servit probablement à transporter du carburant est mis plusieurs fois en valeur par le cinéaste, et notamment via un panorama de gauche à droite, filmant la dévastation de l’incendie, et se terminant sur le jerrican reposant sur un sol carbonisé (plan 70 : 8min25 – 8min28)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie est présent dès les premières secondes du film. Le cinéaste le filme à la fois comme une catastrophe phénoménale, mais aussi comme un drame. Plusieurs scènes illustrent ces ressentis. Les flammes sont bien souvent filmées en contreplongée, accentuant l’effet écrasant qu’elles exercent sur le spectateur (Plan 11 :1min14-1min26 ; Plan 13 : 1min37 – 1min42). Un plan en particulier accentue le dramatique : on y voit un sapin, à priori épargné par les flammes, debout au milieu d’un paysage récemment ravagé par l’incendie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La Libération dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La Libération est au centre du film de Pierre Piganiol. On peut y voir la joie des habitants de Saint-Martin-en-Bière, qui est filmé avant même l’arrivée des Alliés. En effet, « à l’aube du 23 », un homme est filmé par le cinéaste en train d’escalader le toit de sa maison afin d’y hisser le drapeau français sur sa cheminée (Plan 24 à 29 : 2min 56 – 3min 32). Pierre Piganiol utilise sa caméra pour placer le spectateur dans ses chaussures. Les évènements, sont presque toujours filmé comme si le cinéaste était un villageois comme les autres, observant l’arrivée des Alliés comme les autres. Ainsi, même des scènes qui peuvent paraître comme symbolique, tel le gros plan sur le drapeau français flottant au vent peut être interprétées comme le regard d’un habitant – qui plus est engagé dans la résistance, fier de pouvoir enfin afficher les couleurs de son pays après quatre ans d’occupation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Il en va de même pour les scènes de l’avion de reconnaissance. Pierre Piganiol se place tout d’abord à l’avant de la foule, et pointe sa caméra sur l’avion amorçant ses manœuvres d’atterrissage. On peut interpréter cette partie du film comme étant l’œil d’un habitant curieux, qui n’a probablement encore jamais observé d’avions – en tout cas pas de prêt – et qui donc fixe ce curieux engin du regard (Plan 37 à 44 : 4min17 – 5min01). Un fois l’avion atterrit, le cinéaste filme la foule des habitants se précipiter sur l’avion pour féliciter le pilote et examiner l’avion de plus prêt. (Plan 45 à 59 :  5min02 – 6min33). &lt;br /&gt;
	Ce parti prit de filmer les évènements comme un observateur parmi les autres peut se retrouver dans les autres films de Pierre Piganiol réalisés durant cette période. Ainsi, le film immortalisant l’arrivée des troupes françaises – dont le cinéaste fait partie – en Allemagne est tourné de la même façon. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Ce document est en outre l’occasion d’observer le comportement des habitants d’un petit village de région parisienne lors de la Libération. La joie et l’euphorie sont de mises sur pratiquement toutes les scènes où une foule est filmée. Les enfants en sont les principaux témoins dans ce film. De nombreuses scènes les montres sur les véhicules des Américains entrant dans le village – que ceux-ci soient à l’arrêt ou non – et tous affichent un grand sourire. Deux plans en particulier illustrent ce propos. Le premier, le plan 32 (3min44 – 3min51), montre plusieurs enfants, assis sur un blindé de reconnaissance américain. Sur cette scène, deux petites filles y agitent des drapeau français, symboles à la fois de la confiance des habitants qui laissent leurs enfants approcher les militaires Alliés, mais aussi de l’engouement patriotique de ces derniers jours du mois d’août. Le second plan, le plan 50 (5min35 – 5min44), nous montre un enfant à bord du siège passager d’une jeep américaine traversant le village. Ce dernier sert les mains des habitants comme s’il était lui-même un soldat venant les libérer, un énorme sourire traversant son visage. Les deux militaires à bord de la jeep affichent eux-aussi un grand sourire, témoignant de l’euphorie contagieuse régnant dans le village ce jour-là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Conclusion''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film de Pierre Piganiol, tourné dans les premières heures de la Libération de la Seine-et-Marne, permet d’observer la réaction d’un petit village durant cet évènement. Cela d’autant plus que Pierre Piganiol film cet évènement comme s’il n’était qu’un habitant parmi d’autres, comme s’il n’avait pas de caméra. Son film témoigne de l’euphorie ressentie par les habitants de la commune, à tel point d’ailleurs qu’en voyant ces images, on ne se douterait pas que de sanglants combats ont lieux à moins de dix kilomètres de là. Il montre également le soulagement de ses compatriotes qui en plus de fêter leur libération, fêtent également la fin de la guerre, dont le front s’éloigne progressivement de leur petit village.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Anthony BEEVOR, Paris libéré 1944-1949, Paris, éditions Perrin, 2014.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claude CHERRIER, Musée de la résistance en ligne, « La Seine-et-Marne, 20 au 29 août 1944 »(URL :http://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=84&amp;amp;theme=157&amp;amp;stheme=320)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
G. MOUTON, « Lutte contre les incendies en forêt de Fontainebleau », Revue forestière française, 1950. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pierre PAPON, « PIGANIOL Pierre (1915-2007) », Encyclopaedia Universalis, (URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-piganiol/)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
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		<title>Bas:Crime et châtiment (0116FN0005)</title>
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		<updated>2021-01-07T13:18:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|fonds=Piganiol&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Piganiol, Pierre&lt;br /&gt;
|apercu=Crime_et_châtiment.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Seconde Guerre mondiale&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saint-Martin-en-Bière; Forêt de Fontainebleau&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : post-war period&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un film amateur, réalisé par le cinéaste Pierre Piganiol. Il nous montre les premiers jours de la libération d’un petit village aujourd’hui situé dans le département de Seine-et-Marne. Ce film est tout d’abord construit comme une accusation. Nommé comme le célèbre roman éponyme de Dostoïevski, il se veut être une preuve de la barbarie des allemands, qui mettent le feu à la forêt avant leur départ. Ce document illustre aussi l’excitation des habitants devant l’arrivée des américains : les drapeaux français sont brandis, ceux des américains sont rapidement fabriqués avec ce que l’on parvient à trouver, tout le village est dans la rue afin de saluer les libérateurs. Enfin, le film nous montre ce qu’il reste une fois la fièvre de la libération passée et l’excitation retombée : un forêt partiellement en cendre que les habitants doivent « nettoyer ».&lt;br /&gt;
|Description_fr=P1 : (0,01 – 0,14) : Carton sous forme de livre « Les studios PM présentent ». On remarque que c’est toujours la première page du livre qui est montrée. &lt;br /&gt;
P2 : (0,14 – 0,21) : Idem « Crime et Châtiment ».&lt;br /&gt;
P3 : (0,21 – 0,25) : Idem « 20 – 23 août 1944 » &lt;br /&gt;
P4 : (0,25 – 0,31) : Idem « La forêt brûle »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « La forêt brûle » ==='''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P5 : (0,31 – 0,39) : Panorama de gauche à droite. Au premier plan un champs, en fond un panache de fumée blanche au-dessus de la forêt. &lt;br /&gt;
P6 : (0,39 – 0,46) : Panorama de haut en bas montrant la densité de la fumée. On distingue dans la dernière seconde du plan un sol complètement calciné.&lt;br /&gt;
P7 : (0,46 – 0,51) : Plan fixe. On y voit le sol de la forêt brulant, les flammes étant attisées par le vent. &lt;br /&gt;
P8 : (0,51 – 1,00) : Panorama de droite à gauche. Le sol de la forêt est dévasté, un épais brouillard de fumée semble sortir de terre. &lt;br /&gt;
P9 : (1,00 – 1,06) : Plan fixe. Tas de troncs d’arbres au premier plan, de grandes flammes dépassent des buissons en arrière-plan. &lt;br /&gt;
P10 : (1,07 – 1,14) : Plan fixe. Talus dont la crête est entièrement enflammée.&lt;br /&gt;
P11 : (1,14 – 1,26) : Plan fixe. Petite colline presque entièrement en flamme. De nombreuses branches brûlent entre les gros rochers parsemant cette dernière.&lt;br /&gt;
P12 : (1,26 – 1,37) : Lent panorama du haut vers le bas. Montre un brouillard de fumé si épais que l’on ne distingue rien d’autre. Met en valeur l’ampleur de l’incendie.&lt;br /&gt;
P13 : (1,37 – 1,42) : Plan fixe. De grandes flammes, couvrant presque la quasi-totalité du ciel, s’élèvent de derrière une ligne d’arbres. &lt;br /&gt;
P14 : (1,42 – 1,44) : Plan fixe. Flammes derrière une ligne de buissons.&lt;br /&gt;
P15 : (1,44 – 1,48) : Plan fixe. Flammes se rapprochant de ce qui semble être un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P16 : (1,48 – 1,58) : Plan fixe. Une grande flamme, faisant la moitié de la hauteur de l’arbre au premier plan, semble s’avancer dangereusement du cinéaste. Montre peut-être la progression inexorable de l’incendie. &lt;br /&gt;
P17 : (1,58 – 2,04) : Plan fixe. Les flammes ont atteint le camp de bûcherons et engloutissent le travail de ces derniers.&lt;br /&gt;
P18 : (2,04 – 2,11) : Panorama de gauche à droite. Un tas de petites branches - peut-être des rebus du camp de bûcherons - flambent.&lt;br /&gt;
P19 : (2,11 – 2,30) : Lent panorama de gauche à droite. Montre les dégâts de l’incendie sur la forêt. Le sol est entièrement recouvert de cendres. Il ne reste des arbres que quelques souches calcinées. &lt;br /&gt;
P20 : (2,30 – 2,36) : Lent panorama de gauche à droite. Idem. Le cinéaste s’attarde sur un sapin qui semble avoir été relativement épargné par l’incendie.&lt;br /&gt;
P21 : (2,36 – 2,43) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste film les cendres, puis dévoile lentement en allant vers la droite de grande flammes brûlant des buissons. Veut probablement mettre en valeur que l’incendie n’est pas terminé.&lt;br /&gt;
P22 : (2,43 – 2,50) : Plan fixe. L’incendie se poursuit, et ne semble pas faiblir.&lt;br /&gt;
P23 : (2,50 – 2,56) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « mais à l’aube du 23 ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Mais à l’aube du 23 » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P24 : (2,56 – 2,58) : Un homme sort sur le balcon de sa maison avec ce qu’on devine être un drapeau plié. Il escalade le muret du balcon pour accéder au toit.&lt;br /&gt;
P25 : (2,58 – 3,02) : Il escalade le toit, le drapeau replié en bouche.&lt;br /&gt;
P26 : (3,02 – 3,20) : Il termine son ascension en équilibre sur le toit de la maison. L’homme plante le drapeau dans la cheminée avant de le dérouler, dévoilant le drapeau français.&lt;br /&gt;
P27 : (3,20 – 3,25) : Gros plan sur le drapeau français flottant au vent. &lt;br /&gt;
P28 : (3,25 – 3,28) : Plan fixe en contreplongée sur le drapeau français planté dans la cheminée.&lt;br /&gt;
P29 : (3,28 – 3,32) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « à Saint-Martin » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « À Saint-Martin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P30 : (3,32 – 3,37) : Un véhicule blindé américain – un véhicule de reconnaissance ? - est stationné le long d’un corps de ferme. Deux membres d’équipage se reposent à l’extérieur. Un petit groupe de villageois discutent sur le côté. Ils sont probablement venus saluer les soldats. On voit d’ailleurs une femme qui fait grimper un enfant sur le blindé.&lt;br /&gt;
P31 : (3,37 – 3,44) : Panorama du haut vers le bas. Montre un groupe de villageois rassemblé devant le monument aux morts de la commune. Le cinéaste dévoile progressivement deux drapeaux flottant sur le monument : un drapeau qui semble être celui des États-Unis, probablement fabriqué pour l’occasion avec les tissus disponibles, et le drapeau français.&lt;br /&gt;
P32 : (3,44 – 3,51) : Le cinéaste filme les enfants du village assis sur le blindé américain avec l’équipage. Deux petites filles portent un drapeau français. Plusieurs enfants ainsi que le membre d’équipage assis sur la tourelle du blindé fixent la caméra, signifiant peut-être que le cinéaste leur a demandé de poser.&lt;br /&gt;
P33 : (3,51 – 4,01) : Plan plus large, montrant l’arrivée d’une jeep, saluée par les habitants. &lt;br /&gt;
P34 : (4,01 – 4,09) : Départ du blindé de reconnaissance à la suite de la jeep. L’équipage salue et est salué par les habitants du village. &lt;br /&gt;
P35 : (4,09 – 4,12) : Une autre jeep, plus lourdement armée que la précédente, arrive dans le village. Le plan est cependant rapidement interrompu. &lt;br /&gt;
P36 : (4,12 – 4,17) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Le premier piper-cub se pose à Macherin ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Le premier piper-cub se pose à Macherin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P37 : (4,17 – 4,21) : Plan fixe surélevé montrant un champ. Un homme, que l’on devine accompagné d’une foule fait de grands gestes en apercevant un avion dans le ciel. Ce effectue une manœuvre pour amorcer son atterrissage. &lt;br /&gt;
P38 : (4,21 – 4,30) : L’avion, au centre de l’image, se rapproche doucement. On voit au bord de l’image des drapeaux français être agité, laissant deviner l’excitation de la foule. &lt;br /&gt;
P39 : (4,30 – 4,33) : Plan vers le ciel. L’avion passe rapidement d’un bord à l’autre de l’image.&lt;br /&gt;
P40 : (4,33 – 4,37) : Plan fixe vers l’horizon. L’avion continue sa manœuvre d’atterrissage, se rapprochant de plus en plus du sol. &lt;br /&gt;
P41 : (4,37 – 4,49) : L’avion atterrit. Des enfants, suivis de leurs parents commencent à courir vers celui-ci alors qu’il n’a pas encore finit sa course, démontrant là aussi l’excitation de la foule. La plupart de ces gens n’ont probablement jamais vus d’avions d’aussi près. &lt;br /&gt;
P42 : (4,49 – 4,54) : L’avion continue à rouler dans le champ. L’homme qui faisait des signes à l’avion lorsque celui-ci était dans le ciel semble guider les habitants vers celui-ci. Peut-être est-ce le maire ou un résistant ? &lt;br /&gt;
P43 : (4,54 – 4,58) : Le cinéaste s’est placé derrière la foule et film l’avion roulant dans l’herbe. &lt;br /&gt;
P44 : (4,58 – 5,01) : Avion termine sa course devant la foule.&lt;br /&gt;
P45 : (5,01 – 5,15) : La foule court à la rencontre de l’avion. De nombreux enfants, de tous âges, sont présents avec leurs parents. &lt;br /&gt;
P46 : (5,15 – 5,23) : Un militaire ayant voyagé dans l’avion se rapproche du cinéaste avec une mallette dans la main. En arrière-plan, on voit la foule observant l’avion avec beaucoup d’intérêt et d’excitation.&lt;br /&gt;
P47 : (5,23 – 5,28) : Gros plan sur une femme qui parait gênée d’être filmé. Une proche du cinéaste ? &lt;br /&gt;
P48 : (5,28 – 5,31) : Plan fixe sur des enfants assis sur une jeep américaine. &lt;br /&gt;
P49 : (5,31 – 5,35) : Un homme est filmé souriant, un enfant sur l’épaule. Peut-être est-ce un militaire américain ? &lt;br /&gt;
P50 : (5,35 – 5,44) : Une jeep défile au milieu du village. Un enfant est assis sur le siège passager et sert la main en souriant aux autres habitants. Les deux militaires occupant la jeep semblent eux-aussi très heureux. &lt;br /&gt;
P51 : (5,44 – 5,48) : La foule examine l’avion avec beaucoup d’intérêt. &lt;br /&gt;
P52 : (5,48 – 6,00) : Panorama de gauche à droite filmant la foule examinant l’avion. &lt;br /&gt;
P53 : (6,00 – 6,06) : Plan fixe. Idem. &lt;br /&gt;
P54 : (6,06 – 6,10) : Un militaire, un bouquet de fleurs à la main, semble recevoir les remerciements de la foule. Le plan se termine par une poignée de mains échangée entre les habitants et le militaire.&lt;br /&gt;
P55 : (6,10 – 6,15) : Des habitants discutent en examinant l’appareil.&lt;br /&gt;
P56 : (6,15 – 6,19) : Idem. On reconnaît la femme filmée en gros plans précédemment. &lt;br /&gt;
P57 : (6,19 – 6,25) : Plan dont la femme filmée précédemment est à nouveau au centre.&lt;br /&gt;
P58 : (6,25 – 6,33) : Idem. Probablement un groupe d’amis ou de la famille du cinéaste. &lt;br /&gt;
P59 : (6,33 – 6,38) : Groupe d’habitants examinent l’avant de l’appareil. &lt;br /&gt;
P60 : (6,38 – 6,44) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Deux ans plus tard » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Deux ans plus tard » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P61 : (6,44 – 6,59) : Panorama de droite à gauche montrant une colline rocailleuse. Le sol semble noir &lt;br /&gt;
P62 : (6,59 – 7,18) : Plan filmé à l’épaule, montrant là encore un paysage rocailleux sans végétations &lt;br /&gt;
P63 : (7,18 – 7,37) : Idem. On distingue des arbres gisant à terre, ainsi que des petits tas de bûches. &lt;br /&gt;
P64 : (7,37 – 7,49) : Idem. On voit cette fois l’entrée de la forêt. Une petite installation de tient à la lisière de celle-ci.&lt;br /&gt;
P65 : (7,49 – 7,58) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste s’est rapproché de l’installation. Il s’agit probablement d’un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P66 : (7,58 – 8,02) : Plan fixe sur le camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P67 : (8,02 – 8,08) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Les traces du crime ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Les traces du crime » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P68 : (8,08 – 8,16) : Plan fixe vers le sol. Un jerrican est filmé, laissant peut-être entendre que les allemands auraient volontairement mis le feu à la forêt deux ans plus tôt.&lt;br /&gt;
P69 : (8,16 – 8,25) : Panorama de gauche à droite, montrant branches et souche d’arbres. Il se termine sur le jerrican filmé précédemment afin d’établir un lien entre la forêt brûlée et l’essence.&lt;br /&gt;
P70 : (8,25 – 8,28) : Deux petites chèvres sont filmées.&lt;br /&gt;
P71 : (8,28 – 8,31) : Idem mais sous un autre angle.&lt;br /&gt;
P72 : (8,31 – 8,37) : Plan sur le camp de bûcherons filmé de très près.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== '''Contexte général : du débarquement de Normandie à la Libération de la Seine-et-Marne (Source : BEEVOR Anthony, Paris libéré, 1944 – 1949)&lt;br /&gt;
''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Après un débarquement fructueux en Italie le 10 juillet 1943, les alliés se retrouvent confronter à une résistance de plus en plus féroce des Italiens, renforcés par les Allemands dans la région de Monte Cassino. Il faut donc trouver un moyen d’ouvrir un autre front. À l’est, les Soviétiques se préparent eux-aussi à une grande offensive, l’Opération Bagration. Après de nombreuses délibérations, le choix se porte sur la Normandie, côte la plus éloignée de la Grande-Bretagne. Une vaste opération de désinformation est mise en place avec succès pour faire croire à un débarquement dans le Pas-de-Calais. Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent avec succès en Normandie. S’en suit alors une avancée rapide, malgré des poches de résistance tenaces ici et là, comme par exemple à Falaise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La route vers Paris était désormais ouverte. Pour les militaires de la France Libre, il s’agissait d’un enjeu idéologique primordial : il fallait absolument qu’une force militaire française soit la première à arriver dans la ville. Pour le général De Gaulle, une formation militaire en particulier devait absolument libérer la ville : la 2e division blindée (« DB ») du Général Leclerc. Cependant, les événements s’accéléraient drastiquement dans la capitale : craignant un soulèvement, les autorités allemandes décidèrent le 15 août de désarmer la police de Paris, ce qui entraîna une grève générale de celle-ci. Craignant d’être assimilés aux nazis, de nombreux policiers avaient en effet rejoint le Parti communiste, la carte du parti devant les protéger une fois la ville aux mains des Alliés. Le débarquement sur la côte méditerranéenne le même jour encouragea d’autant plus les Parisiens à la dissidence. Deux jours plus tard, les Parisiens voyaient de grandes colonnes de véhicules allemands évacuant la ville, accompagnés de « pillages de dernière minute ». Le 18 août, des tirs sporadiques commencèrent à se faire entendre dans certains quartiers de la capitale, accompagnés du retour du drapeau français sur le toit de plusieurs édifices publics, notamment sur le toit de la préfecture de police de l’île de la Cité. Le préfet de Police de Vichy fut arrêté et remplacé par un gaulliste, Charles Luizet. L’insurrection fut lancée par la police, les gaullistes furent forcés de suivre le mouvement malgré les réticences de De Gaulle. Les combats furent par endroit très violents : la préfecture de police de l’île de la Cité fut assiégée et pilonnée par des chars qui, heureusement, ne firent que peu de dégâts. Le 20 août, le Conseil National de la Résistance (« CNR ») parvint à prendre de l’Hôtel de Ville - en y excluant les communistes - afin de donner une légitimité républicaine à leur mouvement. Ils devaient essuyer durant les quatre jours suivant des tirs nourrit de mitrailleuses allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	De leur côté, De Gaulle et Leclerc craignaient la mise en place d’une nouvelle Commune, d’autant plus que les Américains ne semblaient pas pressés de marcher sur Paris. Ces derniers craignaient que libérer la ville – et donc par conséquent nourrir ses habitants – ne signifie manquer de ravitaillement pour les armées poursuivant les Allemands dans le nord du pays. En outre, Leclerc craignait que la ville ne soit détruite si les Alliés n’agissaient pas rapidement.&lt;br /&gt;
	Dans la capitale, les barricades se dressaient progressivement, le but étant d’empêcher les Allemands de se déplacer. Le 22 août, une station de radio fut mise en place par les insurgés « Radiodiffusion de la Nation Française » afin de faire entendre la voix de la Résistance. Outre les proclamations et l’hymne national qui étaient diffusés fréquemment, les auditeurs pouvaient y entendre des conseils pratiques, des indications quant aux rues les plus dangereuses etc. Ce même soir du 22 août, le commandement américain changea d’avis, un messager ayant réussi à convaincre Eisenhower de la catastrophe que représenterait un Paris en ruine. Leclerc reçu enfin l’ordre qu’il attendait : marcher sur Paris. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La libération de la Seine-et-Marne (Source : Musée de la résistance en ligne).''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le département de Seine-et-Marne voit les premiers combats commencer autour du 20 août et durent jusqu’au 29. Le secteur voit des troupes allemandes en retraite, dont certains éléments tentent d’interdire le passage aux Américains qui tentent de les rattraper. Cette retraite est marquée de nombreux massacres « […] qui font de la Seine-et-Marne un département durement éprouvé par les combats de la Libération. » L’objectif des Allemands dans la région est la destruction systématique des ponts afin de ralentir l’avancée des Alliés, ce qu’évidement les groupes de résistants locaux cherchent à éviter. L’offensive américaine est double : elle se porte à la fois vers le sud de département, espérant atteindre les ponts de Souppes et de Nemours et le nord par Fontainebleau. Bien que les combats pour Souppes se révèlent sanglants, notamment du fait de l’utilisation de méthodes de terreur par les Allemands (otages, exécution de masse), ces derniers ne parviennent toutefois pas à détruire le pont. Ce n’est pas le cas des autres objectifs, les ponts de Gretz ayant par exemple été détruits. Le pont de Fontainebleau devient alors d’une importance capitale pour traverser le Loing. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La région forestière de Fontainebleau est alors tenue par les résistants, qui utilisent l’avantage conféré par le terrain pour harceler les troupes allemandes en retraite. Les Américains entrent dans la ville le 23 et foncent vers le pont de Valvin qui finira tout de même par être détruit par un obus. Les combats entre les deux rives deviennent très violents, les combattants se retrouvant piégés entre l’artillerie des deux camps. Finalement, le 24, les Américains parviennent tant bien que mal à établir un pont de bateaux pneumatiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Pierre Piganiol : un cinéaste résistant''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Né à Chambéry en 1915 et décédé à Paris en 2007, Pierre Piganiol est un chimiste, mais également un résistant. Mobilisé durant la « drôle de guerre », il entre à l’ENS après la capitulation de la France. Il y fonde un réseau de résistance, qui se charge de faire passer des informations pour la France Libre à Londres. En 1944, son ami, Raymond Croland, cofondateur du réseau de résistance, est arrêté et déporté à Buchenwald, forçant Pierre Piganiol à entrer dans la clandestinité. C’est dans ces années 40, et principalement vers la fin du conflit que Pierre Piganiol commence à filmer. Ce film de libération est donc l’un de ses premiers films. Le moment n’est probablement pas un hasard, la Libération devant avoir été un moment fort pour nombre de résistants, et particulièrement pour les résistants de la première heure comme Pierre Piganiol.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''L’incendie : le crime dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie de ce que l’on devine être la forêt de Fontainebleau est l’un des éléments principaux du film. Il serait le crime des Allemands, les Américains et la Libération leur châtiment. D’après La revue forestière française, l’incendie de la forêt de Fontainebleau aurait été dû à « un feu venant d’Arbonne [qui] a franchi le périmètre sur plusieurs kilomètres de front en 1944 ». L’incendie à t-il donc été causé volontairement par les Allemands ? Quelques jours avant la libération, le 17 août 1944, trente-six résistants sont sortis des prisons de Fontainebleau et amenés à une carrière de sable non loin de ce village pour y être fusillés. Il est possible que les Allemands aient déclenché l’incendie après avoir exécuté ces résistants afin de couvrir leurs traces. Le « crime » serait alors le meurtre, l’incendie, le moyen de le cacher. Comme Rodion Raskolnikov, le personnage principal du roman éponyme de Dostoïevski, les Allemands auraient tentés de camoufler leur crime par un autre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Cependant, il est plus probable que pour Pierre Piganiol – qui n’avait peut-être pas été au courant des exécutions au moment de la réalisation de son film – l’incendie ait été le seul crime des Allemands. Plusieurs indices nous l’indiquent. Dans la dernière partie de son film « les traces du crime », Pierre Piganiol laisse explicitement entendre que le feu fut déclenché volontairement par les Allemands. Un jerrican, qui servit probablement à transporter du carburant est mis plusieurs fois en valeur par le cinéaste, et notamment via un panorama de gauche à droite, filmant la dévastation de l’incendie, et se terminant sur le jerrican reposant sur un sol carbonisé (plan 70 : 8min25 – 8min28)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie est présent dès les premières secondes du film. Le cinéaste le filme à la fois comme une catastrophe phénoménale, mais aussi comme un drame. Plusieurs scènes illustrent ces ressentis. Les flammes sont bien souvent filmées en contreplongée, accentuant l’effet écrasant qu’elles exercent sur le spectateur (Plan 11 :1min14-1min26 ; Plan 13 : 1min37 – 1min42). Un plan en particulier accentue le dramatique : on y voit un sapin, à priori épargné par les flammes, debout au milieu d’un paysage récemment ravagé par l’incendie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La Libération dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La Libération est au centre du film de Pierre Piganiol. On peut y voir la joie des habitants de Saint-Martin-en-Bière, qui est filmé avant même l’arrivée des Alliés. En effet, « à l’aube du 23 », un homme est filmé par le cinéaste en train d’escalader le toit de sa maison afin d’y hisser le drapeau français sur sa cheminée (Plan 24 à 29 : 2min 56 – 3min 32). Pierre Piganiol utilise sa caméra pour placer le spectateur dans ses chaussures. Les évènements, sont presque toujours filmé comme si le cinéaste était un villageois comme les autres, observant l’arrivée des Alliés comme les autres. Ainsi, même des scènes qui peuvent paraître comme symbolique, tel le gros plan sur le drapeau français flottant au vent peut être interprétées comme le regard d’un habitant – qui plus est engagé dans la résistance, fier de pouvoir enfin afficher les couleurs de son pays après quatre ans d’occupation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Il en va de même pour les scènes de l’avion de reconnaissance. Pierre Piganiol se place tout d’abord à l’avant de la foule, et pointe sa caméra sur l’avion amorçant ses manœuvres d’atterrissage. On peut interpréter cette partie du film comme étant l’œil d’un habitant curieux, qui n’a probablement encore jamais observé d’avions – en tout cas pas de prêt – et qui donc fixe ce curieux engin du regard (Plan 37 à 44 : 4min17 – 5min01). Un fois l’avion atterrit, le cinéaste filme la foule des habitants se précipiter sur l’avion pour féliciter le pilote et examiner l’avion de plus prêt. (Plan 45 à 59 :  5min02 – 6min33). &lt;br /&gt;
	Ce parti prit de filmer les évènements comme un observateur parmi les autres peut se retrouver dans les autres films de Pierre Piganiol réalisés durant cette période. Ainsi, le film immortalisant l’arrivée des troupes françaises – dont le cinéaste fait partie – en Allemagne est tourné de la même façon. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Ce document est en outre l’occasion d’observer le comportement des habitants d’un petit village de région parisienne lors de la Libération. La joie et l’euphorie sont de mises sur pratiquement toutes les scènes où une foule est filmée. Les enfants en sont les principaux témoins dans ce film. De nombreuses scènes les montres sur les véhicules des Américains entrant dans le village – que ceux-ci soient à l’arrêt ou non – et tous affichent un grand sourire. Deux plans en particulier illustrent ce propos. Le premier, le plan 32 (3min44 – 3min51), montre plusieurs enfants, assis sur un blindé de reconnaissance américain. Sur cette scène, deux petites filles y agitent des drapeau français, symboles à la fois de la confiance des habitants qui laissent leurs enfants approcher les militaires Alliés, mais aussi de l’engouement patriotique de ces derniers jours du mois d’août. Le second plan, le plan 50 (5min35 – 5min44), nous montre un enfant à bord du siège passager d’une jeep américaine traversant le village. Ce dernier sert les mains des habitants comme s’il était lui-même un soldat venant les libérer, un énorme sourire traversant son visage. Les deux militaires à bord de la jeep affichent eux-aussi un grand sourire, témoignant de l’euphorie contagieuse régnant dans le village ce jour-là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Conclusion''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film de Pierre Piganiol, tourné dans les premières heures de la Libération de la Seine-et-Marne, permet d’observer la réaction d’un petit village durant cet évènement. Cela d’autant plus que Pierre Piganiol film cet évènement comme s’il n’était qu’un habitant parmi d’autres, comme s’il n’avait pas de caméra. Son film témoigne de l’euphorie ressentie par les habitants de la commune, à tel point d’ailleurs qu’en voyant ces images, on ne se douterait pas que de sanglants combats ont lieux à moins de dix kilomètres de là. Il montre également le soulagement de ses compatriotes qui en plus de fêter leur libération, fêtent également la fin de la guerre, dont le front s’éloigne progressivement de leur petit village.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Bas:Crime et châtiment (0116FN0005)</title>
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		<updated>2021-01-07T13:16:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|fonds=Piganiol&lt;br /&gt;
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|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Piganiol, Pierre&lt;br /&gt;
|apercu=Crime_et_châtiment.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Seconde Guerre mondiale&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saint-Martin-en-Bière; Forêt de Fontainebleau&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : post-war period&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un film amateur, réalisé par le cinéaste Pierre Piganiol. Il nous montre les premiers jours de la libération d’un petit village aujourd’hui situé dans le département de Seine-et-Marne. Ce film est tout d’abord construit comme une accusation. Nommé comme le célèbre roman éponyme de Dostoïevski, il se veut être une preuve de la barbarie des allemands, qui mettent le feu à la forêt avant leur départ. Ce document illustre aussi l’excitation des habitants devant l’arrivée des américains : les drapeaux français sont brandis, ceux des américains sont rapidement fabriqués avec ce que l’on parvient à trouver, tout le village est dans la rue afin de saluer les libérateurs. Enfin, le film nous montre ce qu’il reste une fois la fièvre de la libération passée et l’excitation retombée : un forêt partiellement en cendre que les habitants doivent « nettoyer ».&lt;br /&gt;
|Description_fr=P1 : (0,01 – 0,14) : Carton sous forme de livre « Les studios PM présentent ». On remarque que c’est toujours la première page du livre qui est montrée. &lt;br /&gt;
P2 : (0,14 – 0,21) : Idem « Crime et Châtiment ».&lt;br /&gt;
P3 : (0,21 – 0,25) : Idem « 20 – 23 août 1944 » &lt;br /&gt;
P4 : (0,25 – 0,31) : Idem « La forêt brûle »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « La forêt brûle » ==='''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P5 : (0,31 – 0,39) : Panorama de gauche à droite. Au premier plan un champs, en fond un panache de fumée blanche au-dessus de la forêt. &lt;br /&gt;
P6 : (0,39 – 0,46) : Panorama de haut en bas montrant la densité de la fumée. On distingue dans la dernière seconde du plan un sol complètement calciné.&lt;br /&gt;
P7 : (0,46 – 0,51) : Plan fixe. On y voit le sol de la forêt brulant, les flammes étant attisées par le vent. &lt;br /&gt;
P8 : (0,51 – 1,00) : Panorama de droite à gauche. Le sol de la forêt est dévasté, un épais brouillard de fumée semble sortir de terre. &lt;br /&gt;
P9 : (1,00 – 1,06) : Plan fixe. Tas de troncs d’arbres au premier plan, de grandes flammes dépassent des buissons en arrière-plan. &lt;br /&gt;
P10 : (1,07 – 1,14) : Plan fixe. Talus dont la crête est entièrement enflammée.&lt;br /&gt;
P11 : (1,14 – 1,26) : Plan fixe. Petite colline presque entièrement en flamme. De nombreuses branches brûlent entre les gros rochers parsemant cette dernière.&lt;br /&gt;
P12 : (1,26 – 1,37) : Lent panorama du haut vers le bas. Montre un brouillard de fumé si épais que l’on ne distingue rien d’autre. Met en valeur l’ampleur de l’incendie.&lt;br /&gt;
P13 : (1,37 – 1,42) : Plan fixe. De grandes flammes, couvrant presque la quasi-totalité du ciel, s’élèvent de derrière une ligne d’arbres. &lt;br /&gt;
P14 : (1,42 – 1,44) : Plan fixe. Flammes derrière une ligne de buissons.&lt;br /&gt;
P15 : (1,44 – 1,48) : Plan fixe. Flammes se rapprochant de ce qui semble être un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P16 : (1,48 – 1,58) : Plan fixe. Une grande flamme, faisant la moitié de la hauteur de l’arbre au premier plan, semble s’avancer dangereusement du cinéaste. Montre peut-être la progression inexorable de l’incendie. &lt;br /&gt;
P17 : (1,58 – 2,04) : Plan fixe. Les flammes ont atteint le camp de bûcherons et engloutissent le travail de ces derniers.&lt;br /&gt;
P18 : (2,04 – 2,11) : Panorama de gauche à droite. Un tas de petites branches - peut-être des rebus du camp de bûcherons - flambent.&lt;br /&gt;
P19 : (2,11 – 2,30) : Lent panorama de gauche à droite. Montre les dégâts de l’incendie sur la forêt. Le sol est entièrement recouvert de cendres. Il ne reste des arbres que quelques souches calcinées. &lt;br /&gt;
P20 : (2,30 – 2,36) : Lent panorama de gauche à droite. Idem. Le cinéaste s’attarde sur un sapin qui semble avoir été relativement épargné par l’incendie.&lt;br /&gt;
P21 : (2,36 – 2,43) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste film les cendres, puis dévoile lentement en allant vers la droite de grande flammes brûlant des buissons. Veut probablement mettre en valeur que l’incendie n’est pas terminé.&lt;br /&gt;
P22 : (2,43 – 2,50) : Plan fixe. L’incendie se poursuit, et ne semble pas faiblir.&lt;br /&gt;
P23 : (2,50 – 2,56) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « mais à l’aube du 23 ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Mais à l’aube du 23 » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P24 : (2,56 – 2,58) : Un homme sort sur le balcon de sa maison avec ce qu’on devine être un drapeau plié. Il escalade le muret du balcon pour accéder au toit.&lt;br /&gt;
P25 : (2,58 – 3,02) : Il escalade le toit, le drapeau replié en bouche.&lt;br /&gt;
P26 : (3,02 – 3,20) : Il termine son ascension en équilibre sur le toit de la maison. L’homme plante le drapeau dans la cheminée avant de le dérouler, dévoilant le drapeau français.&lt;br /&gt;
P27 : (3,20 – 3,25) : Gros plan sur le drapeau français flottant au vent. &lt;br /&gt;
P28 : (3,25 – 3,28) : Plan fixe en contreplongée sur le drapeau français planté dans la cheminée.&lt;br /&gt;
P29 : (3,28 – 3,32) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « à Saint-Martin » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « À Saint-Martin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P30 : (3,32 – 3,37) : Un véhicule blindé américain – un véhicule de reconnaissance ? - est stationné le long d’un corps de ferme. Deux membres d’équipage se reposent à l’extérieur. Un petit groupe de villageois discutent sur le côté. Ils sont probablement venus saluer les soldats. On voit d’ailleurs une femme qui fait grimper un enfant sur le blindé.&lt;br /&gt;
P31 : (3,37 – 3,44) : Panorama du haut vers le bas. Montre un groupe de villageois rassemblé devant le monument aux morts de la commune. Le cinéaste dévoile progressivement deux drapeaux flottant sur le monument : un drapeau qui semble être celui des États-Unis, probablement fabriqué pour l’occasion avec les tissus disponibles, et le drapeau français.&lt;br /&gt;
P32 : (3,44 – 3,51) : Le cinéaste filme les enfants du village assis sur le blindé américain avec l’équipage. Deux petites filles portent un drapeau français. Plusieurs enfants ainsi que le membre d’équipage assis sur la tourelle du blindé fixent la caméra, signifiant peut-être que le cinéaste leur a demandé de poser.&lt;br /&gt;
P33 : (3,51 – 4,01) : Plan plus large, montrant l’arrivée d’une jeep, saluée par les habitants. &lt;br /&gt;
P34 : (4,01 – 4,09) : Départ du blindé de reconnaissance à la suite de la jeep. L’équipage salue et est salué par les habitants du village. &lt;br /&gt;
P35 : (4,09 – 4,12) : Une autre jeep, plus lourdement armée que la précédente, arrive dans le village. Le plan est cependant rapidement interrompu. &lt;br /&gt;
P36 : (4,12 – 4,17) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Le premier piper-cub se pose à Macherin ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Le premier piper-cub se pose à Macherin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P37 : (4,17 – 4,21) : Plan fixe surélevé montrant un champ. Un homme, que l’on devine accompagné d’une foule fait de grands gestes en apercevant un avion dans le ciel. Ce effectue une manœuvre pour amorcer son atterrissage. &lt;br /&gt;
P38 : (4,21 – 4,30) : L’avion, au centre de l’image, se rapproche doucement. On voit au bord de l’image des drapeaux français être agité, laissant deviner l’excitation de la foule. &lt;br /&gt;
P39 : (4,30 – 4,33) : Plan vers le ciel. L’avion passe rapidement d’un bord à l’autre de l’image.&lt;br /&gt;
P40 : (4,33 – 4,37) : Plan fixe vers l’horizon. L’avion continue sa manœuvre d’atterrissage, se rapprochant de plus en plus du sol. &lt;br /&gt;
P41 : (4,37 – 4,49) : L’avion atterrit. Des enfants, suivis de leurs parents commencent à courir vers celui-ci alors qu’il n’a pas encore finit sa course, démontrant là aussi l’excitation de la foule. La plupart de ces gens n’ont probablement jamais vus d’avions d’aussi près. &lt;br /&gt;
P42 : (4,49 – 4,54) : L’avion continue à rouler dans le champ. L’homme qui faisait des signes à l’avion lorsque celui-ci était dans le ciel semble guider les habitants vers celui-ci. Peut-être est-ce le maire ou un résistant ? &lt;br /&gt;
P43 : (4,54 – 4,58) : Le cinéaste s’est placé derrière la foule et film l’avion roulant dans l’herbe. &lt;br /&gt;
P44 : (4,58 – 5,01) : Avion termine sa course devant la foule.&lt;br /&gt;
P45 : (5,01 – 5,15) : La foule court à la rencontre de l’avion. De nombreux enfants, de tous âges, sont présents avec leurs parents. &lt;br /&gt;
P46 : (5,15 – 5,23) : Un militaire ayant voyagé dans l’avion se rapproche du cinéaste avec une mallette dans la main. En arrière-plan, on voit la foule observant l’avion avec beaucoup d’intérêt et d’excitation.&lt;br /&gt;
P47 : (5,23 – 5,28) : Gros plan sur une femme qui parait gênée d’être filmé. Une proche du cinéaste ? &lt;br /&gt;
P48 : (5,28 – 5,31) : Plan fixe sur des enfants assis sur une jeep américaine. &lt;br /&gt;
P49 : (5,31 – 5,35) : Un homme est filmé souriant, un enfant sur l’épaule. Peut-être est-ce un militaire américain ? &lt;br /&gt;
P50 : (5,35 – 5,44) : Une jeep défile au milieu du village. Un enfant est assis sur le siège passager et sert la main en souriant aux autres habitants. Les deux militaires occupant la jeep semblent eux-aussi très heureux. &lt;br /&gt;
P51 : (5,44 – 5,48) : La foule examine l’avion avec beaucoup d’intérêt. &lt;br /&gt;
P52 : (5,48 – 6,00) : Panorama de gauche à droite filmant la foule examinant l’avion. &lt;br /&gt;
P53 : (6,00 – 6,06) : Plan fixe. Idem. &lt;br /&gt;
P54 : (6,06 – 6,10) : Un militaire, un bouquet de fleurs à la main, semble recevoir les remerciements de la foule. Le plan se termine par une poignée de mains échangée entre les habitants et le militaire.&lt;br /&gt;
P55 : (6,10 – 6,15) : Des habitants discutent en examinant l’appareil.&lt;br /&gt;
P56 : (6,15 – 6,19) : Idem. On reconnaît la femme filmée en gros plans précédemment. &lt;br /&gt;
P57 : (6,19 – 6,25) : Plan dont la femme filmée précédemment est à nouveau au centre.&lt;br /&gt;
P58 : (6,25 – 6,33) : Idem. Probablement un groupe d’amis ou de la famille du cinéaste. &lt;br /&gt;
P59 : (6,33 – 6,38) : Groupe d’habitants examinent l’avant de l’appareil. &lt;br /&gt;
P60 : (6,38 – 6,44) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Deux ans plus tard » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Deux ans plus tard » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P61 : (6,44 – 6,59) : Panorama de droite à gauche montrant une colline rocailleuse. Le sol semble noir &lt;br /&gt;
P62 : (6,59 – 7,18) : Plan filmé à l’épaule, montrant là encore un paysage rocailleux sans végétations &lt;br /&gt;
P63 : (7,18 – 7,37) : Idem. On distingue des arbres gisant à terre, ainsi que des petits tas de bûches. &lt;br /&gt;
P64 : (7,37 – 7,49) : Idem. On voit cette fois l’entrée de la forêt. Une petite installation de tient à la lisière de celle-ci.&lt;br /&gt;
P65 : (7,49 – 7,58) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste s’est rapproché de l’installation. Il s’agit probablement d’un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P66 : (7,58 – 8,02) : Plan fixe sur le camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P67 : (8,02 – 8,08) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Les traces du crime ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Les traces du crime » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P68 : (8,08 – 8,16) : Plan fixe vers le sol. Un jerrican est filmé, laissant peut-être entendre que les allemands auraient volontairement mis le feu à la forêt deux ans plus tôt.&lt;br /&gt;
P69 : (8,16 – 8,25) : Panorama de gauche à droite, montrant branches et souche d’arbres. Il se termine sur le jerrican filmé précédemment afin d’établir un lien entre la forêt brûlée et l’essence.&lt;br /&gt;
P70 : (8,25 – 8,28) : Deux petites chèvres sont filmées.&lt;br /&gt;
P71 : (8,28 – 8,31) : Idem mais sous un autre angle.&lt;br /&gt;
P72 : (8,31 – 8,37) : Plan sur le camp de bûcherons filmé de très près.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== '''Contexte général : du débarquement de Normandie à la Libération de la Seine-et-Marne (Source : BEEVOR Anthony, Paris libéré, 1944 – 1949)&lt;br /&gt;
''' ==&lt;br /&gt;
	Après un débarquement fructueux en Italie le 10 juillet 1943, les alliés se retrouvent confronter à une résistance de plus en plus féroce des Italiens, renforcés par les Allemands dans la région de Monte Cassino. Il faut donc trouver un moyen d’ouvrir un autre front. À l’est, les Soviétiques se préparent eux-aussi à une grande offensive, l’Opération Bagration. Après de nombreuses délibérations, le choix se porte sur la Normandie, côte la plus éloignée de la Grande-Bretagne. Une vaste opération de désinformation est mise en place avec succès pour faire croire à un débarquement dans le Pas-de-Calais. Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent avec succès en Normandie. S’en suit alors une avancée rapide, malgré des poches de résistance tenaces ici et là, comme par exemple à Falaise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La route vers Paris était désormais ouverte. Pour les militaires de la France Libre, il s’agissait d’un enjeu idéologique primordial : il fallait absolument qu’une force militaire française soit la première à arriver dans la ville. Pour le général De Gaulle, une formation militaire en particulier devait absolument libérer la ville : la 2e division blindée (« DB ») du Général Leclerc. Cependant, les événements s’accéléraient drastiquement dans la capitale : craignant un soulèvement, les autorités allemandes décidèrent le 15 août de désarmer la police de Paris, ce qui entraîna une grève générale de celle-ci. Craignant d’être assimilés aux nazis, de nombreux policiers avaient en effet rejoint le Parti communiste, la carte du parti devant les protéger une fois la ville aux mains des Alliés. Le débarquement sur la côte méditerranéenne le même jour encouragea d’autant plus les Parisiens à la dissidence. Deux jours plus tard, les Parisiens voyaient de grandes colonnes de véhicules allemands évacuant la ville, accompagnés de « pillages de dernière minute ». Le 18 août, des tirs sporadiques commencèrent à se faire entendre dans certains quartiers de la capitale, accompagnés du retour du drapeau français sur le toit de plusieurs édifices publics, notamment sur le toit de la préfecture de police de l’île de la Cité. Le préfet de Police de Vichy fut arrêté et remplacé par un gaulliste, Charles Luizet. L’insurrection fut lancée par la police, les gaullistes furent forcés de suivre le mouvement malgré les réticences de De Gaulle. Les combats furent par endroit très violents : la préfecture de police de l’île de la Cité fut assiégée et pilonnée par des chars qui, heureusement, ne firent que peu de dégâts. Le 20 août, le Conseil National de la Résistance (« CNR ») parvint à prendre de l’Hôtel de Ville - en y excluant les communistes - afin de donner une légitimité républicaine à leur mouvement. Ils devaient essuyer durant les quatre jours suivant des tirs nourrit de mitrailleuses allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	De leur côté, De Gaulle et Leclerc craignaient la mise en place d’une nouvelle Commune, d’autant plus que les Américains ne semblaient pas pressés de marcher sur Paris. Ces derniers craignaient que libérer la ville – et donc par conséquent nourrir ses habitants – ne signifie manquer de ravitaillement pour les armées poursuivant les Allemands dans le nord du pays. En outre, Leclerc craignait que la ville ne soit détruite si les Alliés n’agissaient pas rapidement.&lt;br /&gt;
	Dans la capitale, les barricades se dressaient progressivement, le but étant d’empêcher les Allemands de se déplacer. Le 22 août, une station de radio fut mise en place par les insurgés « Radiodiffusion de la Nation Française » afin de faire entendre la voix de la Résistance. Outre les proclamations et l’hymne national qui étaient diffusés fréquemment, les auditeurs pouvaient y entendre des conseils pratiques, des indications quant aux rues les plus dangereuses etc. Ce même soir du 22 août, le commandement américain changea d’avis, un messager ayant réussi à convaincre Eisenhower de la catastrophe que représenterait un Paris en ruine. Leclerc reçu enfin l’ordre qu’il attendait : marcher sur Paris. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La libération de la Seine-et-Marne (Source : Musée de la résistance en ligne).''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le département de Seine-et-Marne voit les premiers combats commencer autour du 20 août et durent jusqu’au 29. Le secteur voit des troupes allemandes en retraite, dont certains éléments tentent d’interdire le passage aux Américains qui tentent de les rattraper. Cette retraite est marquée de nombreux massacres « […] qui font de la Seine-et-Marne un département durement éprouvé par les combats de la Libération. » L’objectif des Allemands dans la région est la destruction systématique des ponts afin de ralentir l’avancée des Alliés, ce qu’évidement les groupes de résistants locaux cherchent à éviter. L’offensive américaine est double : elle se porte à la fois vers le sud de département, espérant atteindre les ponts de Souppes et de Nemours et le nord par Fontainebleau. Bien que les combats pour Souppes se révèlent sanglants, notamment du fait de l’utilisation de méthodes de terreur par les Allemands (otages, exécution de masse), ces derniers ne parviennent toutefois pas à détruire le pont. Ce n’est pas le cas des autres objectifs, les ponts de Gretz ayant par exemple été détruits. Le pont de Fontainebleau devient alors d’une importance capitale pour traverser le Loing. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La région forestière de Fontainebleau est alors tenue par les résistants, qui utilisent l’avantage conféré par le terrain pour harceler les troupes allemandes en retraite. Les Américains entrent dans la ville le 23 et foncent vers le pont de Valvin qui finira tout de même par être détruit par un obus. Les combats entre les deux rives deviennent très violents, les combattants se retrouvant piégés entre l’artillerie des deux camps. Finalement, le 24, les Américains parviennent tant bien que mal à établir un pont de bateaux pneumatiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Pierre Piganiol : un cinéaste résistant''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Né à Chambéry en 1915 et décédé à Paris en 2007, Pierre Piganiol est un chimiste, mais également un résistant. Mobilisé durant la « drôle de guerre », il entre à l’ENS après la capitulation de la France. Il y fonde un réseau de résistance, qui se charge de faire passer des informations pour la France Libre à Londres. En 1944, son ami, Raymond Croland, cofondateur du réseau de résistance, est arrêté et déporté à Buchenwald, forçant Pierre Piganiol à entrer dans la clandestinité. C’est dans ces années 40, et principalement vers la fin du conflit que Pierre Piganiol commence à filmer. Ce film de libération est donc l’un de ses premiers films. Le moment n’est probablement pas un hasard, la Libération devant avoir été un moment fort pour nombre de résistants, et particulièrement pour les résistants de la première heure comme Pierre Piganiol.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’incendie : le crime dans le film de Pierre Piganiol &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie de ce que l’on devine être la forêt de Fontainebleau est l’un des éléments principaux du film. Il serait le crime des Allemands, les Américains et la Libération leur châtiment. D’après La revue forestière française, l’incendie de la forêt de Fontainebleau aurait été dû à « un feu venant d’Arbonne [qui] a franchi le périmètre sur plusieurs kilomètres de front en 1944 ». L’incendie à t-il donc été causé volontairement par les Allemands ? Quelques jours avant la libération, le 17 août 1944, trente-six résistants sont sortis des prisons de Fontainebleau et amenés à une carrière de sable non loin de ce village pour y être fusillés. Il est possible que les Allemands aient déclenché l’incendie après avoir exécuté ces résistants afin de couvrir leurs traces. Le « crime » serait alors le meurtre, l’incendie, le moyen de le cacher. Comme Rodion Raskolnikov, le personnage principal du roman éponyme de Dostoïevski, les Allemands auraient tentés de camoufler leur crime par un autre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Cependant, il est plus probable que pour Pierre Piganiol – qui n’avait peut-être pas été au courant des exécutions au moment de la réalisation de son film – l’incendie ait été le seul crime des Allemands. Plusieurs indices nous l’indiquent. Dans la dernière partie de son film « les traces du crime », Pierre Piganiol laisse explicitement entendre que le feu fut déclenché volontairement par les Allemands. Un jerrican, qui servit probablement à transporter du carburant est mis plusieurs fois en valeur par le cinéaste, et notamment via un panorama de gauche à droite, filmant la dévastation de l’incendie, et se terminant sur le jerrican reposant sur un sol carbonisé (plan 70 : 8min25 – 8min28)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie est présent dès les premières secondes du film. Le cinéaste le filme à la fois comme une catastrophe phénoménale, mais aussi comme un drame. Plusieurs scènes illustrent ces ressentis. Les flammes sont bien souvent filmées en contreplongée, accentuant l’effet écrasant qu’elles exercent sur le spectateur (Plan 11 :1min14-1min26 ; Plan 13 : 1min37 – 1min42). Un plan en particulier accentue le dramatique : on y voit un sapin, à priori épargné par les flammes, debout au milieu d’un paysage récemment ravagé par l’incendie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La Libération dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La Libération est au centre du film de Pierre Piganiol. On peut y voir la joie des habitants de Saint-Martin-en-Bière, qui est filmé avant même l’arrivée des Alliés. En effet, « à l’aube du 23 », un homme est filmé par le cinéaste en train d’escalader le toit de sa maison afin d’y hisser le drapeau français sur sa cheminée (Plan 24 à 29 : 2min 56 – 3min 32). Pierre Piganiol utilise sa caméra pour placer le spectateur dans ses chaussures. Les évènements, sont presque toujours filmé comme si le cinéaste était un villageois comme les autres, observant l’arrivée des Alliés comme les autres. Ainsi, même des scènes qui peuvent paraître comme symbolique, tel le gros plan sur le drapeau français flottant au vent peut être interprétées comme le regard d’un habitant – qui plus est engagé dans la résistance, fier de pouvoir enfin afficher les couleurs de son pays après quatre ans d’occupation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Il en va de même pour les scènes de l’avion de reconnaissance. Pierre Piganiol se place tout d’abord à l’avant de la foule, et pointe sa caméra sur l’avion amorçant ses manœuvres d’atterrissage. On peut interpréter cette partie du film comme étant l’œil d’un habitant curieux, qui n’a probablement encore jamais observé d’avions – en tout cas pas de prêt – et qui donc fixe ce curieux engin du regard (Plan 37 à 44 : 4min17 – 5min01). Un fois l’avion atterrit, le cinéaste filme la foule des habitants se précipiter sur l’avion pour féliciter le pilote et examiner l’avion de plus prêt. (Plan 45 à 59 :  5min02 – 6min33). &lt;br /&gt;
	Ce parti prit de filmer les évènements comme un observateur parmi les autres peut se retrouver dans les autres films de Pierre Piganiol réalisés durant cette période. Ainsi, le film immortalisant l’arrivée des troupes françaises – dont le cinéaste fait partie – en Allemagne est tourné de la même façon. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Ce document est en outre l’occasion d’observer le comportement des habitants d’un petit village de région parisienne lors de la Libération. La joie et l’euphorie sont de mises sur pratiquement toutes les scènes où une foule est filmée. Les enfants en sont les principaux témoins dans ce film. De nombreuses scènes les montres sur les véhicules des Américains entrant dans le village – que ceux-ci soient à l’arrêt ou non – et tous affichent un grand sourire. Deux plans en particulier illustrent ce propos. Le premier, le plan 32 (3min44 – 3min51), montre plusieurs enfants, assis sur un blindé de reconnaissance américain. Sur cette scène, deux petites filles y agitent des drapeau français, symboles à la fois de la confiance des habitants qui laissent leurs enfants approcher les militaires Alliés, mais aussi de l’engouement patriotique de ces derniers jours du mois d’août. Le second plan, le plan 50 (5min35 – 5min44), nous montre un enfant à bord du siège passager d’une jeep américaine traversant le village. Ce dernier sert les mains des habitants comme s’il était lui-même un soldat venant les libérer, un énorme sourire traversant son visage. Les deux militaires à bord de la jeep affichent eux-aussi un grand sourire, témoignant de l’euphorie contagieuse régnant dans le village ce jour-là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Conclusion''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film de Pierre Piganiol, tourné dans les premières heures de la Libération de la Seine-et-Marne, permet d’observer la réaction d’un petit village durant cet évènement. Cela d’autant plus que Pierre Piganiol film cet évènement comme s’il n’était qu’un habitant parmi d’autres, comme s’il n’avait pas de caméra. Son film témoigne de l’euphorie ressentie par les habitants de la commune, à tel point d’ailleurs qu’en voyant ces images, on ne se douterait pas que de sanglants combats ont lieux à moins de dix kilomètres de là. Il montre également le soulagement de ses compatriotes qui en plus de fêter leur libération, fêtent également la fin de la guerre, dont le front s’éloigne progressivement de leur petit village.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Bas:Crime et châtiment (0116FN0005)</title>
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		<updated>2021-01-07T13:15:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|fonds=Piganiol&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Piganiol, Pierre&lt;br /&gt;
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|lieux_ou_monuments=Saint-Martin-en-Bière; Forêt de Fontainebleau&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : post-war period&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un film amateur, réalisé par le cinéaste Pierre Piganiol. Il nous montre les premiers jours de la libération d’un petit village aujourd’hui situé dans le département de Seine-et-Marne. Ce film est tout d’abord construit comme une accusation. Nommé comme le célèbre roman éponyme de Dostoïevski, il se veut être une preuve de la barbarie des allemands, qui mettent le feu à la forêt avant leur départ. Ce document illustre aussi l’excitation des habitants devant l’arrivée des américains : les drapeaux français sont brandis, ceux des américains sont rapidement fabriqués avec ce que l’on parvient à trouver, tout le village est dans la rue afin de saluer les libérateurs. Enfin, le film nous montre ce qu’il reste une fois la fièvre de la libération passée et l’excitation retombée : un forêt partiellement en cendre que les habitants doivent « nettoyer ».&lt;br /&gt;
|Description_fr=P1 : (0,01 – 0,14) : Carton sous forme de livre « Les studios PM présentent ». On remarque que c’est toujours la première page du livre qui est montrée. &lt;br /&gt;
P2 : (0,14 – 0,21) : Idem « Crime et Châtiment ».&lt;br /&gt;
P3 : (0,21 – 0,25) : Idem « 20 – 23 août 1944 » &lt;br /&gt;
P4 : (0,25 – 0,31) : Idem « La forêt brûle »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « La forêt brûle » ==='''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P5 : (0,31 – 0,39) : Panorama de gauche à droite. Au premier plan un champs, en fond un panache de fumée blanche au-dessus de la forêt. &lt;br /&gt;
P6 : (0,39 – 0,46) : Panorama de haut en bas montrant la densité de la fumée. On distingue dans la dernière seconde du plan un sol complètement calciné.&lt;br /&gt;
P7 : (0,46 – 0,51) : Plan fixe. On y voit le sol de la forêt brulant, les flammes étant attisées par le vent. &lt;br /&gt;
P8 : (0,51 – 1,00) : Panorama de droite à gauche. Le sol de la forêt est dévasté, un épais brouillard de fumée semble sortir de terre. &lt;br /&gt;
P9 : (1,00 – 1,06) : Plan fixe. Tas de troncs d’arbres au premier plan, de grandes flammes dépassent des buissons en arrière-plan. &lt;br /&gt;
P10 : (1,07 – 1,14) : Plan fixe. Talus dont la crête est entièrement enflammée.&lt;br /&gt;
P11 : (1,14 – 1,26) : Plan fixe. Petite colline presque entièrement en flamme. De nombreuses branches brûlent entre les gros rochers parsemant cette dernière.&lt;br /&gt;
P12 : (1,26 – 1,37) : Lent panorama du haut vers le bas. Montre un brouillard de fumé si épais que l’on ne distingue rien d’autre. Met en valeur l’ampleur de l’incendie.&lt;br /&gt;
P13 : (1,37 – 1,42) : Plan fixe. De grandes flammes, couvrant presque la quasi-totalité du ciel, s’élèvent de derrière une ligne d’arbres. &lt;br /&gt;
P14 : (1,42 – 1,44) : Plan fixe. Flammes derrière une ligne de buissons.&lt;br /&gt;
P15 : (1,44 – 1,48) : Plan fixe. Flammes se rapprochant de ce qui semble être un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P16 : (1,48 – 1,58) : Plan fixe. Une grande flamme, faisant la moitié de la hauteur de l’arbre au premier plan, semble s’avancer dangereusement du cinéaste. Montre peut-être la progression inexorable de l’incendie. &lt;br /&gt;
P17 : (1,58 – 2,04) : Plan fixe. Les flammes ont atteint le camp de bûcherons et engloutissent le travail de ces derniers.&lt;br /&gt;
P18 : (2,04 – 2,11) : Panorama de gauche à droite. Un tas de petites branches - peut-être des rebus du camp de bûcherons - flambent.&lt;br /&gt;
P19 : (2,11 – 2,30) : Lent panorama de gauche à droite. Montre les dégâts de l’incendie sur la forêt. Le sol est entièrement recouvert de cendres. Il ne reste des arbres que quelques souches calcinées. &lt;br /&gt;
P20 : (2,30 – 2,36) : Lent panorama de gauche à droite. Idem. Le cinéaste s’attarde sur un sapin qui semble avoir été relativement épargné par l’incendie.&lt;br /&gt;
P21 : (2,36 – 2,43) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste film les cendres, puis dévoile lentement en allant vers la droite de grande flammes brûlant des buissons. Veut probablement mettre en valeur que l’incendie n’est pas terminé.&lt;br /&gt;
P22 : (2,43 – 2,50) : Plan fixe. L’incendie se poursuit, et ne semble pas faiblir.&lt;br /&gt;
P23 : (2,50 – 2,56) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « mais à l’aube du 23 ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Mais à l’aube du 23 » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P24 : (2,56 – 2,58) : Un homme sort sur le balcon de sa maison avec ce qu’on devine être un drapeau plié. Il escalade le muret du balcon pour accéder au toit.&lt;br /&gt;
P25 : (2,58 – 3,02) : Il escalade le toit, le drapeau replié en bouche.&lt;br /&gt;
P26 : (3,02 – 3,20) : Il termine son ascension en équilibre sur le toit de la maison. L’homme plante le drapeau dans la cheminée avant de le dérouler, dévoilant le drapeau français.&lt;br /&gt;
P27 : (3,20 – 3,25) : Gros plan sur le drapeau français flottant au vent. &lt;br /&gt;
P28 : (3,25 – 3,28) : Plan fixe en contreplongée sur le drapeau français planté dans la cheminée.&lt;br /&gt;
P29 : (3,28 – 3,32) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « à Saint-Martin » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « À Saint-Martin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P30 : (3,32 – 3,37) : Un véhicule blindé américain – un véhicule de reconnaissance ? - est stationné le long d’un corps de ferme. Deux membres d’équipage se reposent à l’extérieur. Un petit groupe de villageois discutent sur le côté. Ils sont probablement venus saluer les soldats. On voit d’ailleurs une femme qui fait grimper un enfant sur le blindé.&lt;br /&gt;
P31 : (3,37 – 3,44) : Panorama du haut vers le bas. Montre un groupe de villageois rassemblé devant le monument aux morts de la commune. Le cinéaste dévoile progressivement deux drapeaux flottant sur le monument : un drapeau qui semble être celui des États-Unis, probablement fabriqué pour l’occasion avec les tissus disponibles, et le drapeau français.&lt;br /&gt;
P32 : (3,44 – 3,51) : Le cinéaste filme les enfants du village assis sur le blindé américain avec l’équipage. Deux petites filles portent un drapeau français. Plusieurs enfants ainsi que le membre d’équipage assis sur la tourelle du blindé fixent la caméra, signifiant peut-être que le cinéaste leur a demandé de poser.&lt;br /&gt;
P33 : (3,51 – 4,01) : Plan plus large, montrant l’arrivée d’une jeep, saluée par les habitants. &lt;br /&gt;
P34 : (4,01 – 4,09) : Départ du blindé de reconnaissance à la suite de la jeep. L’équipage salue et est salué par les habitants du village. &lt;br /&gt;
P35 : (4,09 – 4,12) : Une autre jeep, plus lourdement armée que la précédente, arrive dans le village. Le plan est cependant rapidement interrompu. &lt;br /&gt;
P36 : (4,12 – 4,17) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Le premier piper-cub se pose à Macherin ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Le premier piper-cub se pose à Macherin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P37 : (4,17 – 4,21) : Plan fixe surélevé montrant un champ. Un homme, que l’on devine accompagné d’une foule fait de grands gestes en apercevant un avion dans le ciel. Ce effectue une manœuvre pour amorcer son atterrissage. &lt;br /&gt;
P38 : (4,21 – 4,30) : L’avion, au centre de l’image, se rapproche doucement. On voit au bord de l’image des drapeaux français être agité, laissant deviner l’excitation de la foule. &lt;br /&gt;
P39 : (4,30 – 4,33) : Plan vers le ciel. L’avion passe rapidement d’un bord à l’autre de l’image.&lt;br /&gt;
P40 : (4,33 – 4,37) : Plan fixe vers l’horizon. L’avion continue sa manœuvre d’atterrissage, se rapprochant de plus en plus du sol. &lt;br /&gt;
P41 : (4,37 – 4,49) : L’avion atterrit. Des enfants, suivis de leurs parents commencent à courir vers celui-ci alors qu’il n’a pas encore finit sa course, démontrant là aussi l’excitation de la foule. La plupart de ces gens n’ont probablement jamais vus d’avions d’aussi près. &lt;br /&gt;
P42 : (4,49 – 4,54) : L’avion continue à rouler dans le champ. L’homme qui faisait des signes à l’avion lorsque celui-ci était dans le ciel semble guider les habitants vers celui-ci. Peut-être est-ce le maire ou un résistant ? &lt;br /&gt;
P43 : (4,54 – 4,58) : Le cinéaste s’est placé derrière la foule et film l’avion roulant dans l’herbe. &lt;br /&gt;
P44 : (4,58 – 5,01) : Avion termine sa course devant la foule.&lt;br /&gt;
P45 : (5,01 – 5,15) : La foule court à la rencontre de l’avion. De nombreux enfants, de tous âges, sont présents avec leurs parents. &lt;br /&gt;
P46 : (5,15 – 5,23) : Un militaire ayant voyagé dans l’avion se rapproche du cinéaste avec une mallette dans la main. En arrière-plan, on voit la foule observant l’avion avec beaucoup d’intérêt et d’excitation.&lt;br /&gt;
P47 : (5,23 – 5,28) : Gros plan sur une femme qui parait gênée d’être filmé. Une proche du cinéaste ? &lt;br /&gt;
P48 : (5,28 – 5,31) : Plan fixe sur des enfants assis sur une jeep américaine. &lt;br /&gt;
P49 : (5,31 – 5,35) : Un homme est filmé souriant, un enfant sur l’épaule. Peut-être est-ce un militaire américain ? &lt;br /&gt;
P50 : (5,35 – 5,44) : Une jeep défile au milieu du village. Un enfant est assis sur le siège passager et sert la main en souriant aux autres habitants. Les deux militaires occupant la jeep semblent eux-aussi très heureux. &lt;br /&gt;
P51 : (5,44 – 5,48) : La foule examine l’avion avec beaucoup d’intérêt. &lt;br /&gt;
P52 : (5,48 – 6,00) : Panorama de gauche à droite filmant la foule examinant l’avion. &lt;br /&gt;
P53 : (6,00 – 6,06) : Plan fixe. Idem. &lt;br /&gt;
P54 : (6,06 – 6,10) : Un militaire, un bouquet de fleurs à la main, semble recevoir les remerciements de la foule. Le plan se termine par une poignée de mains échangée entre les habitants et le militaire.&lt;br /&gt;
P55 : (6,10 – 6,15) : Des habitants discutent en examinant l’appareil.&lt;br /&gt;
P56 : (6,15 – 6,19) : Idem. On reconnaît la femme filmée en gros plans précédemment. &lt;br /&gt;
P57 : (6,19 – 6,25) : Plan dont la femme filmée précédemment est à nouveau au centre.&lt;br /&gt;
P58 : (6,25 – 6,33) : Idem. Probablement un groupe d’amis ou de la famille du cinéaste. &lt;br /&gt;
P59 : (6,33 – 6,38) : Groupe d’habitants examinent l’avant de l’appareil. &lt;br /&gt;
P60 : (6,38 – 6,44) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Deux ans plus tard » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Deux ans plus tard » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P61 : (6,44 – 6,59) : Panorama de droite à gauche montrant une colline rocailleuse. Le sol semble noir &lt;br /&gt;
P62 : (6,59 – 7,18) : Plan filmé à l’épaule, montrant là encore un paysage rocailleux sans végétations &lt;br /&gt;
P63 : (7,18 – 7,37) : Idem. On distingue des arbres gisant à terre, ainsi que des petits tas de bûches. &lt;br /&gt;
P64 : (7,37 – 7,49) : Idem. On voit cette fois l’entrée de la forêt. Une petite installation de tient à la lisière de celle-ci.&lt;br /&gt;
P65 : (7,49 – 7,58) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste s’est rapproché de l’installation. Il s’agit probablement d’un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P66 : (7,58 – 8,02) : Plan fixe sur le camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P67 : (8,02 – 8,08) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Les traces du crime ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Les traces du crime » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P68 : (8,08 – 8,16) : Plan fixe vers le sol. Un jerrican est filmé, laissant peut-être entendre que les allemands auraient volontairement mis le feu à la forêt deux ans plus tôt.&lt;br /&gt;
P69 : (8,16 – 8,25) : Panorama de gauche à droite, montrant branches et souche d’arbres. Il se termine sur le jerrican filmé précédemment afin d’établir un lien entre la forêt brûlée et l’essence.&lt;br /&gt;
P70 : (8,25 – 8,28) : Deux petites chèvres sont filmées.&lt;br /&gt;
P71 : (8,28 – 8,31) : Idem mais sous un autre angle.&lt;br /&gt;
P72 : (8,31 – 8,37) : Plan sur le camp de bûcherons filmé de très près.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== '''Contexte général : du débarquement de Normandie à la Libération de la Seine-et-Marne (Source : BEEVOR Anthony, Paris libéré, 1944 – 1949)&lt;br /&gt;
''' ==&lt;br /&gt;
	Après un débarquement fructueux en Italie le 10 juillet 1943, les alliés se retrouvent confronter à une résistance de plus en plus féroce des Italiens, renforcés par les Allemands dans la région de Monte Cassino. Il faut donc trouver un moyen d’ouvrir un autre front. À l’est, les Soviétiques se préparent eux-aussi à une grande offensive, l’Opération Bagration. Après de nombreuses délibérations, le choix se porte sur la Normandie, côte la plus éloignée de la Grande-Bretagne. Une vaste opération de désinformation est mise en place avec succès pour faire croire à un débarquement dans le Pas-de-Calais. Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent avec succès en Normandie. S’en suit alors une avancée rapide, malgré des poches de résistance tenaces ici et là, comme par exemple à Falaise. &lt;br /&gt;
	La route vers Paris était désormais ouverte. Pour les militaires de la France Libre, il s’agissait d’un enjeu idéologique primordial : il fallait absolument qu’une force militaire française soit la première à arriver dans la ville. Pour le général De Gaulle, une formation militaire en particulier devait absolument libérer la ville : la 2e division blindée (« DB ») du Général Leclerc. Cependant, les événements s’accéléraient drastiquement dans la capitale : craignant un soulèvement, les autorités allemandes décidèrent le 15 août de désarmer la police de Paris, ce qui entraîna une grève générale de celle-ci. Craignant d’être assimilés aux nazis, de nombreux policiers avaient en effet rejoint le Parti communiste, la carte du parti devant les protéger une fois la ville aux mains des Alliés. Le débarquement sur la côte méditerranéenne le même jour encouragea d’autant plus les Parisiens à la dissidence. Deux jours plus tard, les Parisiens voyaient de grandes colonnes de véhicules allemands évacuant la ville, accompagnés de « pillages de dernière minute ». Le 18 août, des tirs sporadiques commencèrent à se faire entendre dans certains quartiers de la capitale, accompagnés du retour du drapeau français sur le toit de plusieurs édifices publics, notamment sur le toit de la préfecture de police de l’île de la Cité. Le préfet de Police de Vichy fut arrêté et remplacé par un gaulliste, Charles Luizet. L’insurrection fut lancée par la police, les gaullistes furent forcés de suivre le mouvement malgré les réticences de De Gaulle. Les combats furent par endroit très violents : la préfecture de police de l’île de la Cité fut assiégée et pilonnée par des chars qui, heureusement, ne firent que peu de dégâts. Le 20 août, le Conseil National de la Résistance (« CNR ») parvint à prendre de l’Hôtel de Ville - en y excluant les communistes - afin de donner une légitimité républicaine à leur mouvement. Ils devaient essuyer durant les quatre jours suivant des tirs nourrit de mitrailleuses allemandes.&lt;br /&gt;
	De leur côté, De Gaulle et Leclerc craignaient la mise en place d’une nouvelle Commune, d’autant plus que les Américains ne semblaient pas pressés de marcher sur Paris. Ces derniers craignaient que libérer la ville – et donc par conséquent nourrir ses habitants – ne signifie manquer de ravitaillement pour les armées poursuivant les Allemands dans le nord du pays. En outre, Leclerc craignait que la ville ne soit détruite si les Alliés n’agissaient pas rapidement.&lt;br /&gt;
	Dans la capitale, les barricades se dressaient progressivement, le but étant d’empêcher les Allemands de se déplacer. Le 22 août, une station de radio fut mise en place par les insurgés « Radiodiffusion de la Nation Française » afin de faire entendre la voix de la Résistance. Outre les proclamations et l’hymne national qui étaient diffusés fréquemment, les auditeurs pouvaient y entendre des conseils pratiques, des indications quant aux rues les plus dangereuses etc. Ce même soir du 22 août, le commandement américain changea d’avis, un messager ayant réussi à convaincre Eisenhower de la catastrophe que représenterait un Paris en ruine. Leclerc reçu enfin l’ordre qu’il attendait : marcher sur Paris. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La libération de la Seine-et-Marne (Source : Musée de la résistance en ligne).''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le département de Seine-et-Marne voit les premiers combats commencer autour du 20 août et durent jusqu’au 29. Le secteur voit des troupes allemandes en retraite, dont certains éléments tentent d’interdire le passage aux Américains qui tentent de les rattraper. Cette retraite est marquée de nombreux massacres « […] qui font de la Seine-et-Marne un département durement éprouvé par les combats de la Libération. » L’objectif des Allemands dans la région est la destruction systématique des ponts afin de ralentir l’avancée des Alliés, ce qu’évidement les groupes de résistants locaux cherchent à éviter. L’offensive américaine est double : elle se porte à la fois vers le sud de département, espérant atteindre les ponts de Souppes et de Nemours et le nord par Fontainebleau. Bien que les combats pour Souppes se révèlent sanglants, notamment du fait de l’utilisation de méthodes de terreur par les Allemands (otages, exécution de masse), ces derniers ne parviennent toutefois pas à détruire le pont. Ce n’est pas le cas des autres objectifs, les ponts de Gretz ayant par exemple été détruits. Le pont de Fontainebleau devient alors d’une importance capitale pour traverser le Loing. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La région forestière de Fontainebleau est alors tenue par les résistants, qui utilisent l’avantage conféré par le terrain pour harceler les troupes allemandes en retraite. Les Américains entrent dans la ville le 23 et foncent vers le pont de Valvin qui finira tout de même par être détruit par un obus. Les combats entre les deux rives deviennent très violents, les combattants se retrouvant piégés entre l’artillerie des deux camps. Finalement, le 24, les Américains parviennent tant bien que mal à établir un pont de bateaux pneumatiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Pierre Piganiol : un cinéaste résistant''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Né à Chambéry en 1915 et décédé à Paris en 2007, Pierre Piganiol est un chimiste, mais également un résistant. Mobilisé durant la « drôle de guerre », il entre à l’ENS après la capitulation de la France. Il y fonde un réseau de résistance, qui se charge de faire passer des informations pour la France Libre à Londres. En 1944, son ami, Raymond Croland, cofondateur du réseau de résistance, est arrêté et déporté à Buchenwald, forçant Pierre Piganiol à entrer dans la clandestinité. C’est dans ces années 40, et principalement vers la fin du conflit que Pierre Piganiol commence à filmer. Ce film de libération est donc l’un de ses premiers films. Le moment n’est probablement pas un hasard, la Libération devant avoir été un moment fort pour nombre de résistants, et particulièrement pour les résistants de la première heure comme Pierre Piganiol.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’incendie : le crime dans le film de Pierre Piganiol &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie de ce que l’on devine être la forêt de Fontainebleau est l’un des éléments principaux du film. Il serait le crime des Allemands, les Américains et la Libération leur châtiment. D’après La revue forestière française, l’incendie de la forêt de Fontainebleau aurait été dû à « un feu venant d’Arbonne [qui] a franchi le périmètre sur plusieurs kilomètres de front en 1944 ». L’incendie à t-il donc été causé volontairement par les Allemands ? Quelques jours avant la libération, le 17 août 1944, trente-six résistants sont sortis des prisons de Fontainebleau et amenés à une carrière de sable non loin de ce village pour y être fusillés. Il est possible que les Allemands aient déclenché l’incendie après avoir exécuté ces résistants afin de couvrir leurs traces. Le « crime » serait alors le meurtre, l’incendie, le moyen de le cacher. Comme Rodion Raskolnikov, le personnage principal du roman éponyme de Dostoïevski, les Allemands auraient tentés de camoufler leur crime par un autre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Cependant, il est plus probable que pour Pierre Piganiol – qui n’avait peut-être pas été au courant des exécutions au moment de la réalisation de son film – l’incendie ait été le seul crime des Allemands. Plusieurs indices nous l’indiquent. Dans la dernière partie de son film « les traces du crime », Pierre Piganiol laisse explicitement entendre que le feu fut déclenché volontairement par les Allemands. Un jerrican, qui servit probablement à transporter du carburant est mis plusieurs fois en valeur par le cinéaste, et notamment via un panorama de gauche à droite, filmant la dévastation de l’incendie, et se terminant sur le jerrican reposant sur un sol carbonisé (plan 70 : 8min25 – 8min28)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	L’incendie est présent dès les premières secondes du film. Le cinéaste le filme à la fois comme une catastrophe phénoménale, mais aussi comme un drame. Plusieurs scènes illustrent ces ressentis. Les flammes sont bien souvent filmées en contreplongée, accentuant l’effet écrasant qu’elles exercent sur le spectateur (Plan 11 :1min14-1min26 ; Plan 13 : 1min37 – 1min42). Un plan en particulier accentue le dramatique : on y voit un sapin, à priori épargné par les flammes, debout au milieu d’un paysage récemment ravagé par l’incendie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''La Libération dans le film de Pierre Piganiol''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La Libération est au centre du film de Pierre Piganiol. On peut y voir la joie des habitants de Saint-Martin-en-Bière, qui est filmé avant même l’arrivée des Alliés. En effet, « à l’aube du 23 », un homme est filmé par le cinéaste en train d’escalader le toit de sa maison afin d’y hisser le drapeau français sur sa cheminée (Plan 24 à 29 : 2min 56 – 3min 32). Pierre Piganiol utilise sa caméra pour placer le spectateur dans ses chaussures. Les évènements, sont presque toujours filmé comme si le cinéaste était un villageois comme les autres, observant l’arrivée des Alliés comme les autres. Ainsi, même des scènes qui peuvent paraître comme symbolique, tel le gros plan sur le drapeau français flottant au vent peut être interprétées comme le regard d’un habitant – qui plus est engagé dans la résistance, fier de pouvoir enfin afficher les couleurs de son pays après quatre ans d’occupation. &lt;br /&gt;
	Il en va de même pour les scènes de l’avion de reconnaissance. Pierre Piganiol se place tout d’abord à l’avant de la foule, et pointe sa caméra sur l’avion amorçant ses manœuvres d’atterrissage. On peut interpréter cette partie du film comme étant l’œil d’un habitant curieux, qui n’a probablement encore jamais observé d’avions – en tout cas pas de prêt – et qui donc fixe ce curieux engin du regard (Plan 37 à 44 : 4min17 – 5min01). Un fois l’avion atterrit, le cinéaste filme la foule des habitants se précipiter sur l’avion pour féliciter le pilote et examiner l’avion de plus prêt. (Plan 45 à 59 :  5min02 – 6min33). &lt;br /&gt;
	Ce parti prit de filmer les évènements comme un observateur parmi les autres peut se retrouver dans les autres films de Pierre Piganiol réalisés durant cette période. Ainsi, le film immortalisant l’arrivée des troupes françaises – dont le cinéaste fait partie – en Allemagne est tourné de la même façon. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Ce document est en outre l’occasion d’observer le comportement des habitants d’un petit village de région parisienne lors de la Libération. La joie et l’euphorie sont de mises sur pratiquement toutes les scènes où une foule est filmée. Les enfants en sont les principaux témoins dans ce film. De nombreuses scènes les montres sur les véhicules des Américains entrant dans le village – que ceux-ci soient à l’arrêt ou non – et tous affichent un grand sourire. Deux plans en particulier illustrent ce propos. Le premier, le plan 32 (3min44 – 3min51), montre plusieurs enfants, assis sur un blindé de reconnaissance américain. Sur cette scène, deux petites filles y agitent des drapeau français, symboles à la fois de la confiance des habitants qui laissent leurs enfants approcher les militaires Alliés, mais aussi de l’engouement patriotique de ces derniers jours du mois d’août. Le second plan, le plan 50 (5min35 – 5min44), nous montre un enfant à bord du siège passager d’une jeep américaine traversant le village. Ce dernier sert les mains des habitants comme s’il était lui-même un soldat venant les libérer, un énorme sourire traversant son visage. Les deux militaires à bord de la jeep affichent eux-aussi un grand sourire, témoignant de l’euphorie contagieuse régnant dans le village ce jour-là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''Conclusion''' == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film de Pierre Piganiol, tourné dans les premières heures de la Libération de la Seine-et-Marne, permet d’observer la réaction d’un petit village durant cet évènement. Cela d’autant plus que Pierre Piganiol film cet évènement comme s’il n’était qu’un habitant parmi d’autres, comme s’il n’avait pas de caméra. Son film témoigne de l’euphorie ressentie par les habitants de la commune, à tel point d’ailleurs qu’en voyant ces images, on ne se douterait pas que de sanglants combats ont lieux à moins de dix kilomètres de là. Il montre également le soulagement de ses compatriotes qui en plus de fêter leur libération, fêtent également la fin de la guerre, dont le front s’éloigne progressivement de leur petit village.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Crime_et_ch%C3%A2timent_(0116FN0005)&amp;diff=16117</id>
		<title>Bas:Crime et châtiment (0116FN0005)</title>
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		<updated>2021-01-03T11:39:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|fonds=Piganiol&lt;br /&gt;
|idSupport=0003FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
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|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
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|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Piganiol, Pierre&lt;br /&gt;
|apercu=Crime_et_châtiment.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Seconde Guerre mondiale&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saint-Martin-en-Bière; Forêt de Fontainebleau&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : post-war period&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un film amateur, réalisé par le cinéaste Pierre Piganiol. Il nous montre les premiers jours de la libération d’un petit village aujourd’hui situé dans le département de Seine-et-Marne. Ce film est tout d’abord construit comme une accusation. Nommé comme le célèbre roman éponyme de Dostoïevski, il se veut être une preuve de la barbarie des allemands, qui mettent le feu à la forêt avant leur départ. Ce document illustre aussi l’excitation des habitants devant l’arrivée des américains : les drapeaux français sont brandis, ceux des américains sont rapidement fabriqués avec ce que l’on parvient à trouver, tout le village est dans la rue afin de saluer les libérateurs. Enfin, le film nous montre ce qu’il reste une fois la fièvre de la libération passée et l’excitation retombée : un forêt partiellement en cendre que les habitants doivent « nettoyer ».&lt;br /&gt;
|Description_fr=P1 : (0,01 – 0,14) : Carton sous forme de livre « Les studios PM présentent ». On remarque que c’est toujours la première page du livre qui est montrée. &lt;br /&gt;
P2 : (0,14 – 0,21) : Idem « Crime et Châtiment ».&lt;br /&gt;
P3 : (0,21 – 0,25) : Idem « 20 – 23 août 1944 » &lt;br /&gt;
P4 : (0,25 – 0,31) : Idem « La forêt brûle »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « La forêt brûle » ==='''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P5 : (0,31 – 0,39) : Panorama de gauche à droite. Au premier plan un champs, en fond un panache de fumée blanche au-dessus de la forêt. &lt;br /&gt;
P6 : (0,39 – 0,46) : Panorama de haut en bas montrant la densité de la fumée. On distingue dans la dernière seconde du plan un sol complètement calciné.&lt;br /&gt;
P7 : (0,46 – 0,51) : Plan fixe. On y voit le sol de la forêt brulant, les flammes étant attisées par le vent. &lt;br /&gt;
P8 : (0,51 – 1,00) : Panorama de droite à gauche. Le sol de la forêt est dévasté, un épais brouillard de fumée semble sortir de terre. &lt;br /&gt;
P9 : (1,00 – 1,06) : Plan fixe. Tas de troncs d’arbres au premier plan, de grandes flammes dépassent des buissons en arrière-plan. &lt;br /&gt;
P10 : (1,07 – 1,14) : Plan fixe. Talus dont la crête est entièrement enflammée.&lt;br /&gt;
P11 : (1,14 – 1,26) : Plan fixe. Petite colline presque entièrement en flamme. De nombreuses branches brûlent entre les gros rochers parsemant cette dernière.&lt;br /&gt;
P12 : (1,26 – 1,37) : Lent panorama du haut vers le bas. Montre un brouillard de fumé si épais que l’on ne distingue rien d’autre. Met en valeur l’ampleur de l’incendie.&lt;br /&gt;
P13 : (1,37 – 1,42) : Plan fixe. De grandes flammes, couvrant presque la quasi-totalité du ciel, s’élèvent de derrière une ligne d’arbres. &lt;br /&gt;
P14 : (1,42 – 1,44) : Plan fixe. Flammes derrière une ligne de buissons.&lt;br /&gt;
P15 : (1,44 – 1,48) : Plan fixe. Flammes se rapprochant de ce qui semble être un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P16 : (1,48 – 1,58) : Plan fixe. Une grande flamme, faisant la moitié de la hauteur de l’arbre au premier plan, semble s’avancer dangereusement du cinéaste. Montre peut-être la progression inexorable de l’incendie. &lt;br /&gt;
P17 : (1,58 – 2,04) : Plan fixe. Les flammes ont atteint le camp de bûcherons et engloutissent le travail de ces derniers.&lt;br /&gt;
P18 : (2,04 – 2,11) : Panorama de gauche à droite. Un tas de petites branches - peut-être des rebus du camp de bûcherons - flambent.&lt;br /&gt;
P19 : (2,11 – 2,30) : Lent panorama de gauche à droite. Montre les dégâts de l’incendie sur la forêt. Le sol est entièrement recouvert de cendres. Il ne reste des arbres que quelques souches calcinées. &lt;br /&gt;
P20 : (2,30 – 2,36) : Lent panorama de gauche à droite. Idem. Le cinéaste s’attarde sur un sapin qui semble avoir été relativement épargné par l’incendie.&lt;br /&gt;
P21 : (2,36 – 2,43) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste film les cendres, puis dévoile lentement en allant vers la droite de grande flammes brûlant des buissons. Veut probablement mettre en valeur que l’incendie n’est pas terminé.&lt;br /&gt;
P22 : (2,43 – 2,50) : Plan fixe. L’incendie se poursuit, et ne semble pas faiblir.&lt;br /&gt;
P23 : (2,50 – 2,56) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « mais à l’aube du 23 ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Mais à l’aube du 23 » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P24 : (2,56 – 2,58) : Un homme sort sur le balcon de sa maison avec ce qu’on devine être un drapeau plié. Il escalade le muret du balcon pour accéder au toit.&lt;br /&gt;
P25 : (2,58 – 3,02) : Il escalade le toit, le drapeau replié en bouche.&lt;br /&gt;
P26 : (3,02 – 3,20) : Il termine son ascension en équilibre sur le toit de la maison. L’homme plante le drapeau dans la cheminée avant de le dérouler, dévoilant le drapeau français.&lt;br /&gt;
P27 : (3,20 – 3,25) : Gros plan sur le drapeau français flottant au vent. &lt;br /&gt;
P28 : (3,25 – 3,28) : Plan fixe en contreplongée sur le drapeau français planté dans la cheminée.&lt;br /&gt;
P29 : (3,28 – 3,32) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « à Saint-Martin » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « À Saint-Martin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P30 : (3,32 – 3,37) : Un véhicule blindé américain – un véhicule de reconnaissance ? - est stationné le long d’un corps de ferme. Deux membres d’équipage se reposent à l’extérieur. Un petit groupe de villageois discutent sur le côté. Ils sont probablement venus saluer les soldats. On voit d’ailleurs une femme qui fait grimper un enfant sur le blindé.&lt;br /&gt;
P31 : (3,37 – 3,44) : Panorama du haut vers le bas. Montre un groupe de villageois rassemblé devant le monument aux morts de la commune. Le cinéaste dévoile progressivement deux drapeaux flottant sur le monument : un drapeau qui semble être celui des États-Unis, probablement fabriqué pour l’occasion avec les tissus disponibles, et le drapeau français.&lt;br /&gt;
P32 : (3,44 – 3,51) : Le cinéaste filme les enfants du village assis sur le blindé américain avec l’équipage. Deux petites filles portent un drapeau français. Plusieurs enfants ainsi que le membre d’équipage assis sur la tourelle du blindé fixent la caméra, signifiant peut-être que le cinéaste leur a demandé de poser.&lt;br /&gt;
P33 : (3,51 – 4,01) : Plan plus large, montrant l’arrivée d’une jeep, saluée par les habitants. &lt;br /&gt;
P34 : (4,01 – 4,09) : Départ du blindé de reconnaissance à la suite de la jeep. L’équipage salue et est salué par les habitants du village. &lt;br /&gt;
P35 : (4,09 – 4,12) : Une autre jeep, plus lourdement armée que la précédente, arrive dans le village. Le plan est cependant rapidement interrompu. &lt;br /&gt;
P36 : (4,12 – 4,17) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Le premier piper-cub se pose à Macherin ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Le premier piper-cub se pose à Macherin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P37 : (4,17 – 4,21) : Plan fixe surélevé montrant un champ. Un homme, que l’on devine accompagné d’une foule fait de grands gestes en apercevant un avion dans le ciel. Ce effectue une manœuvre pour amorcer son atterrissage. &lt;br /&gt;
P38 : (4,21 – 4,30) : L’avion, au centre de l’image, se rapproche doucement. On voit au bord de l’image des drapeaux français être agité, laissant deviner l’excitation de la foule. &lt;br /&gt;
P39 : (4,30 – 4,33) : Plan vers le ciel. L’avion passe rapidement d’un bord à l’autre de l’image.&lt;br /&gt;
P40 : (4,33 – 4,37) : Plan fixe vers l’horizon. L’avion continue sa manœuvre d’atterrissage, se rapprochant de plus en plus du sol. &lt;br /&gt;
P41 : (4,37 – 4,49) : L’avion atterrit. Des enfants, suivis de leurs parents commencent à courir vers celui-ci alors qu’il n’a pas encore finit sa course, démontrant là aussi l’excitation de la foule. La plupart de ces gens n’ont probablement jamais vus d’avions d’aussi près. &lt;br /&gt;
P42 : (4,49 – 4,54) : L’avion continue à rouler dans le champ. L’homme qui faisait des signes à l’avion lorsque celui-ci était dans le ciel semble guider les habitants vers celui-ci. Peut-être est-ce le maire ou un résistant ? &lt;br /&gt;
P43 : (4,54 – 4,58) : Le cinéaste s’est placé derrière la foule et film l’avion roulant dans l’herbe. &lt;br /&gt;
P44 : (4,58 – 5,01) : Avion termine sa course devant la foule.&lt;br /&gt;
P45 : (5,01 – 5,15) : La foule court à la rencontre de l’avion. De nombreux enfants, de tous âges, sont présents avec leurs parents. &lt;br /&gt;
P46 : (5,15 – 5,23) : Un militaire ayant voyagé dans l’avion se rapproche du cinéaste avec une mallette dans la main. En arrière-plan, on voit la foule observant l’avion avec beaucoup d’intérêt et d’excitation.&lt;br /&gt;
P47 : (5,23 – 5,28) : Gros plan sur une femme qui parait gênée d’être filmé. Une proche du cinéaste ? &lt;br /&gt;
P48 : (5,28 – 5,31) : Plan fixe sur des enfants assis sur une jeep américaine. &lt;br /&gt;
P49 : (5,31 – 5,35) : Un homme est filmé souriant, un enfant sur l’épaule. Peut-être est-ce un militaire américain ? &lt;br /&gt;
P50 : (5,35 – 5,44) : Une jeep défile au milieu du village. Un enfant est assis sur le siège passager et sert la main en souriant aux autres habitants. Les deux militaires occupant la jeep semblent eux-aussi très heureux. &lt;br /&gt;
P51 : (5,44 – 5,48) : La foule examine l’avion avec beaucoup d’intérêt. &lt;br /&gt;
P52 : (5,48 – 6,00) : Panorama de gauche à droite filmant la foule examinant l’avion. &lt;br /&gt;
P53 : (6,00 – 6,06) : Plan fixe. Idem. &lt;br /&gt;
P54 : (6,06 – 6,10) : Un militaire, un bouquet de fleurs à la main, semble recevoir les remerciements de la foule. Le plan se termine par une poignée de mains échangée entre les habitants et le militaire.&lt;br /&gt;
P55 : (6,10 – 6,15) : Des habitants discutent en examinant l’appareil.&lt;br /&gt;
P56 : (6,15 – 6,19) : Idem. On reconnaît la femme filmée en gros plans précédemment. &lt;br /&gt;
P57 : (6,19 – 6,25) : Plan dont la femme filmée précédemment est à nouveau au centre.&lt;br /&gt;
P58 : (6,25 – 6,33) : Idem. Probablement un groupe d’amis ou de la famille du cinéaste. &lt;br /&gt;
P59 : (6,33 – 6,38) : Groupe d’habitants examinent l’avant de l’appareil. &lt;br /&gt;
P60 : (6,38 – 6,44) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Deux ans plus tard » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Deux ans plus tard » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P61 : (6,44 – 6,59) : Panorama de droite à gauche montrant une colline rocailleuse. Le sol semble noir &lt;br /&gt;
P62 : (6,59 – 7,18) : Plan filmé à l’épaule, montrant là encore un paysage rocailleux sans végétations &lt;br /&gt;
P63 : (7,18 – 7,37) : Idem. On distingue des arbres gisant à terre, ainsi que des petits tas de bûches. &lt;br /&gt;
P64 : (7,37 – 7,49) : Idem. On voit cette fois l’entrée de la forêt. Une petite installation de tient à la lisière de celle-ci.&lt;br /&gt;
P65 : (7,49 – 7,58) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste s’est rapproché de l’installation. Il s’agit probablement d’un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P66 : (7,58 – 8,02) : Plan fixe sur le camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P67 : (8,02 – 8,08) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Les traces du crime ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Les traces du crime » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P68 : (8,08 – 8,16) : Plan fixe vers le sol. Un jerrican est filmé, laissant peut-être entendre que les allemands auraient volontairement mis le feu à la forêt deux ans plus tôt.&lt;br /&gt;
P69 : (8,16 – 8,25) : Panorama de gauche à droite, montrant branches et souche d’arbres. Il se termine sur le jerrican filmé précédemment afin d’établir un lien entre la forêt brûlée et l’essence.&lt;br /&gt;
P70 : (8,25 – 8,28) : Deux petites chèvres sont filmées.&lt;br /&gt;
P71 : (8,28 – 8,31) : Idem mais sous un autre angle.&lt;br /&gt;
P72 : (8,31 – 8,37) : Plan sur le camp de bûcherons filmé de très près.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Crime_et_ch%C3%A2timent_(0116FN0005)&amp;diff=16112</id>
		<title>Bas:Crime et châtiment (0116FN0005)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Crime_et_ch%C3%A2timent_(0116FN0005)&amp;diff=16112"/>
		<updated>2021-01-03T11:28:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|fonds=Piganiol&lt;br /&gt;
|idSupport=0003FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=1944&lt;br /&gt;
|dateFin=1946&lt;br /&gt;
|video=0116FN0005_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:08:37&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Piganiol, Pierre&lt;br /&gt;
|apercu=Crime_et_châtiment.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Seconde Guerre mondiale&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saint-Martin-en-Bière; Forêt de Fontainebleau&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : post-war period&lt;br /&gt;
|Description_fr=P1 : (0,01 – 0,14) : Carton sous forme de livre « Les studios PM présentent ». On remarque que c’est toujours la première page du livre qui est montrée. &lt;br /&gt;
P2 : (0,14 – 0,21) : Idem « Crime et Châtiment ».&lt;br /&gt;
P3 : (0,21 – 0,25) : Idem « 20 – 23 août 1944 » &lt;br /&gt;
P4 : (0,25 – 0,31) : Idem « La forêt brûle »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « La forêt brûle » ==='''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P5 : (0,31 – 0,39) : Panorama de gauche à droite. Au premier plan un champs, en fond un panache de fumée blanche au-dessus de la forêt. &lt;br /&gt;
P6 : (0,39 – 0,46) : Panorama de haut en bas montrant la densité de la fumée. On distingue dans la dernière seconde du plan un sol complètement calciné.&lt;br /&gt;
P7 : (0,46 – 0,51) : Plan fixe. On y voit le sol de la forêt brulant, les flammes étant attisées par le vent. &lt;br /&gt;
P8 : (0,51 – 1,00) : Panorama de droite à gauche. Le sol de la forêt est dévasté, un épais brouillard de fumée semble sortir de terre. &lt;br /&gt;
P9 : (1,00 – 1,06) : Plan fixe. Tas de troncs d’arbres au premier plan, de grandes flammes dépassent des buissons en arrière-plan. &lt;br /&gt;
P10 : (1,07 – 1,14) : Plan fixe. Talus dont la crête est entièrement enflammée.&lt;br /&gt;
P11 : (1,14 – 1,26) : Plan fixe. Petite colline presque entièrement en flamme. De nombreuses branches brûlent entre les gros rochers parsemant cette dernière.&lt;br /&gt;
P12 : (1,26 – 1,37) : Lent panorama du haut vers le bas. Montre un brouillard de fumé si épais que l’on ne distingue rien d’autre. Met en valeur l’ampleur de l’incendie.&lt;br /&gt;
P13 : (1,37 – 1,42) : Plan fixe. De grandes flammes, couvrant presque la quasi-totalité du ciel, s’élèvent de derrière une ligne d’arbres. &lt;br /&gt;
P14 : (1,42 – 1,44) : Plan fixe. Flammes derrière une ligne de buissons.&lt;br /&gt;
P15 : (1,44 – 1,48) : Plan fixe. Flammes se rapprochant de ce qui semble être un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P16 : (1,48 – 1,58) : Plan fixe. Une grande flamme, faisant la moitié de la hauteur de l’arbre au premier plan, semble s’avancer dangereusement du cinéaste. Montre peut-être la progression inexorable de l’incendie. &lt;br /&gt;
P17 : (1,58 – 2,04) : Plan fixe. Les flammes ont atteint le camp de bûcherons et engloutissent le travail de ces derniers.&lt;br /&gt;
P18 : (2,04 – 2,11) : Panorama de gauche à droite. Un tas de petites branches - peut-être des rebus du camp de bûcherons - flambent.&lt;br /&gt;
P19 : (2,11 – 2,30) : Lent panorama de gauche à droite. Montre les dégâts de l’incendie sur la forêt. Le sol est entièrement recouvert de cendres. Il ne reste des arbres que quelques souches calcinées. &lt;br /&gt;
P20 : (2,30 – 2,36) : Lent panorama de gauche à droite. Idem. Le cinéaste s’attarde sur un sapin qui semble avoir été relativement épargné par l’incendie.&lt;br /&gt;
P21 : (2,36 – 2,43) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste film les cendres, puis dévoile lentement en allant vers la droite de grande flammes brûlant des buissons. Veut probablement mettre en valeur que l’incendie n’est pas terminé.&lt;br /&gt;
P22 : (2,43 – 2,50) : Plan fixe. L’incendie se poursuit, et ne semble pas faiblir.&lt;br /&gt;
P23 : (2,50 – 2,56) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « mais à l’aube du 23 ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Mais à l’aube du 23 » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P24 : (2,56 – 2,58) : Un homme sort sur le balcon de sa maison avec ce qu’on devine être un drapeau plié. Il escalade le muret du balcon pour accéder au toit.&lt;br /&gt;
P25 : (2,58 – 3,02) : Il escalade le toit, le drapeau replié en bouche.&lt;br /&gt;
P26 : (3,02 – 3,20) : Il termine son ascension en équilibre sur le toit de la maison. L’homme plante le drapeau dans la cheminée avant de le dérouler, dévoilant le drapeau français.&lt;br /&gt;
P27 : (3,20 – 3,25) : Gros plan sur le drapeau français flottant au vent. &lt;br /&gt;
P28 : (3,25 – 3,28) : Plan fixe en contreplongée sur le drapeau français planté dans la cheminée.&lt;br /&gt;
P29 : (3,28 – 3,32) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « à Saint-Martin » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « À Saint-Martin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P30 : (3,32 – 3,37) : Un véhicule blindé américain – un véhicule de reconnaissance ? - est stationné le long d’un corps de ferme. Deux membres d’équipage se reposent à l’extérieur. Un petit groupe de villageois discutent sur le côté. Ils sont probablement venus saluer les soldats. On voit d’ailleurs une femme qui fait grimper un enfant sur le blindé.&lt;br /&gt;
P31 : (3,37 – 3,44) : Panorama du haut vers le bas. Montre un groupe de villageois rassemblé devant le monument aux morts de la commune. Le cinéaste dévoile progressivement deux drapeaux flottant sur le monument : un drapeau qui semble être celui des États-Unis, probablement fabriqué pour l’occasion avec les tissus disponibles, et le drapeau français.&lt;br /&gt;
P32 : (3,44 – 3,51) : Le cinéaste filme les enfants du village assis sur le blindé américain avec l’équipage. Deux petites filles portent un drapeau français. Plusieurs enfants ainsi que le membre d’équipage assis sur la tourelle du blindé fixent la caméra, signifiant peut-être que le cinéaste leur a demandé de poser.&lt;br /&gt;
P33 : (3,51 – 4,01) : Plan plus large, montrant l’arrivée d’une jeep, saluée par les habitants. &lt;br /&gt;
P34 : (4,01 – 4,09) : Départ du blindé de reconnaissance à la suite de la jeep. L’équipage salue et est salué par les habitants du village. &lt;br /&gt;
P35 : (4,09 – 4,12) : Une autre jeep, plus lourdement armée que la précédente, arrive dans le village. Le plan est cependant rapidement interrompu. &lt;br /&gt;
P36 : (4,12 – 4,17) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Le premier piper-cub se pose à Macherin ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Le premier piper-cub se pose à Macherin » ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P37 : (4,17 – 4,21) : Plan fixe surélevé montrant un champ. Un homme, que l’on devine accompagné d’une foule fait de grands gestes en apercevant un avion dans le ciel. Ce effectue une manœuvre pour amorcer son atterrissage. &lt;br /&gt;
P38 : (4,21 – 4,30) : L’avion, au centre de l’image, se rapproche doucement. On voit au bord de l’image des drapeaux français être agité, laissant deviner l’excitation de la foule. &lt;br /&gt;
P39 : (4,30 – 4,33) : Plan vers le ciel. L’avion passe rapidement d’un bord à l’autre de l’image.&lt;br /&gt;
P40 : (4,33 – 4,37) : Plan fixe vers l’horizon. L’avion continue sa manœuvre d’atterrissage, se rapprochant de plus en plus du sol. &lt;br /&gt;
P41 : (4,37 – 4,49) : L’avion atterrit. Des enfants, suivis de leurs parents commencent à courir vers celui-ci alors qu’il n’a pas encore finit sa course, démontrant là aussi l’excitation de la foule. La plupart de ces gens n’ont probablement jamais vus d’avions d’aussi près. &lt;br /&gt;
P42 : (4,49 – 4,54) : L’avion continue à rouler dans le champ. L’homme qui faisait des signes à l’avion lorsque celui-ci était dans le ciel semble guider les habitants vers celui-ci. Peut-être est-ce le maire ou un résistant ? &lt;br /&gt;
P43 : (4,54 – 4,58) : Le cinéaste s’est placé derrière la foule et film l’avion roulant dans l’herbe. &lt;br /&gt;
P44 : (4,58 – 5,01) : Avion termine sa course devant la foule.&lt;br /&gt;
P45 : (5,01 – 5,15) : La foule court à la rencontre de l’avion. De nombreux enfants, de tous âges, sont présents avec leurs parents. &lt;br /&gt;
P46 : (5,15 – 5,23) : Un militaire ayant voyagé dans l’avion se rapproche du cinéaste avec une mallette dans la main. En arrière-plan, on voit la foule observant l’avion avec beaucoup d’intérêt et d’excitation.&lt;br /&gt;
P47 : (5,23 – 5,28) : Gros plan sur une femme qui parait gênée d’être filmé. Une proche du cinéaste ? &lt;br /&gt;
P48 : (5,28 – 5,31) : Plan fixe sur des enfants assis sur une jeep américaine. &lt;br /&gt;
P49 : (5,31 – 5,35) : Un homme est filmé souriant, un enfant sur l’épaule. Peut-être est-ce un militaire américain ? &lt;br /&gt;
P50 : (5,35 – 5,44) : Une jeep défile au milieu du village. Un enfant est assis sur le siège passager et sert la main en souriant aux autres habitants. Les deux militaires occupant la jeep semblent eux-aussi très heureux. &lt;br /&gt;
P51 : (5,44 – 5,48) : La foule examine l’avion avec beaucoup d’intérêt. &lt;br /&gt;
P52 : (5,48 – 6,00) : Panorama de gauche à droite filmant la foule examinant l’avion. &lt;br /&gt;
P53 : (6,00 – 6,06) : Plan fixe. Idem. &lt;br /&gt;
P54 : (6,06 – 6,10) : Un militaire, un bouquet de fleurs à la main, semble recevoir les remerciements de la foule. Le plan se termine par une poignée de mains échangée entre les habitants et le militaire.&lt;br /&gt;
P55 : (6,10 – 6,15) : Des habitants discutent en examinant l’appareil.&lt;br /&gt;
P56 : (6,15 – 6,19) : Idem. On reconnaît la femme filmée en gros plans précédemment. &lt;br /&gt;
P57 : (6,19 – 6,25) : Plan dont la femme filmée précédemment est à nouveau au centre.&lt;br /&gt;
P58 : (6,25 – 6,33) : Idem. Probablement un groupe d’amis ou de la famille du cinéaste. &lt;br /&gt;
P59 : (6,33 – 6,38) : Groupe d’habitants examinent l’avant de l’appareil. &lt;br /&gt;
P60 : (6,38 – 6,44) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Deux ans plus tard » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Deux ans plus tard » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P61 : (6,44 – 6,59) : Panorama de droite à gauche montrant une colline rocailleuse. Le sol semble noir &lt;br /&gt;
P62 : (6,59 – 7,18) : Plan filmé à l’épaule, montrant là encore un paysage rocailleux sans végétations &lt;br /&gt;
P63 : (7,18 – 7,37) : Idem. On distingue des arbres gisant à terre, ainsi que des petits tas de bûches. &lt;br /&gt;
P64 : (7,37 – 7,49) : Idem. On voit cette fois l’entrée de la forêt. Une petite installation de tient à la lisière de celle-ci.&lt;br /&gt;
P65 : (7,49 – 7,58) : Panorama de gauche à droite. Le cinéaste s’est rapproché de l’installation. Il s’agit probablement d’un camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P66 : (7,58 – 8,02) : Plan fixe sur le camp de bûcherons. &lt;br /&gt;
P67 : (8,02 – 8,08) : Carton sous forme de livre annonce à la première page « Les traces du crime ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== « Les traces du crime » ==='''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
P68 : (8,08 – 8,16) : Plan fixe vers le sol. Un jerrican est filmé, laissant peut-être entendre que les allemands auraient volontairement mis le feu à la forêt deux ans plus tôt.&lt;br /&gt;
P69 : (8,16 – 8,25) : Panorama de gauche à droite, montrant branches et souche d’arbres. Il se termine sur le jerrican filmé précédemment afin d’établir un lien entre la forêt brûlée et l’essence.&lt;br /&gt;
P70 : (8,25 – 8,28) : Deux petites chèvres sont filmées.&lt;br /&gt;
P71 : (8,28 – 8,31) : Idem mais sous un autre angle.&lt;br /&gt;
P72 : (8,31 – 8,37) : Plan sur le camp de bûcherons filmé de très près.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Le_club_des_quilles_de_Saint-Louis_%C3%A0_la_Foire_aux_vins_(0129FS0009)&amp;diff=14456</id>
		<title>Le club des quilles de Saint-Louis à la Foire aux vins (0129FS0009)</title>
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		<updated>2020-04-30T12:49:52Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : Modifié automatiquement depuis la page Bas:Le club des quilles de Saint-Louis à la Foire aux vins (0129FS0009).&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le club des quilles de Saint-Louis à la Foire aux vins&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Messmer, Charles&lt;br /&gt;
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|evenements_filmes_ou_en_lien=Foire aux vins&lt;br /&gt;
|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|userrealname=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-04-30&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film de 3 minutes 40, réalisé par Charles Messmer, permet de s'immerger dans l'une des sorties d'une association sportive des années 50, et de découvrir une foire aux vins alsacienne de cette période.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Plan 1 : Plan s’ouvre sur un homme et une femme assise dans un bus. Tous deux sourient à la caméra et la salue. Le cinéaste entame ensuite un panorama de la droite vers la gauche afin de révéler quatre autres passagers qui sourient également à la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 2 : Film deux femmes assises l’une à côté de l’autre dans le bus. L’une sourit à la caméra tandis que l’autre regarde par la fenêtre et discute avec sa voisine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 3 : Un homme fait des acrobaties au milieu de la rangée de siège dans le bus. Le cinéaste se tient à l’autre bout du bus, lui aussi dans la rangée. Cela fait rire les autres passagers. La caméra tourne ensuite vers la gauche pour dévoiler les autres passagers du bus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 4 : Le groupe se trouvant devant un grand bâtiment qui abrite probablement la foire au vin. Un policier semble leur expliquer quelque-chose. Un homme avec un appareil photo photographie le cinéaste. La caméra fait un panorama vers le haut afin de mettre en valeur le drapeau français, puis redescend vers le groupe et film un homme, en hauteur par rapport au reste du groupe qui semble s’adresser à tous. Après son discours, le groupe se retourne vers le cinéaste, ce qui pourrait indiquer que ce dernier a été mentionné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 5 :  Le cinéaste est repris en photo par le même homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 6 : Deux hommes s’avancent vers la caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 7 : Le cinéaste filme un panneau « foire régionale des vins d’Alsace ». La caméra fait ensuite un panorama vers le bas et filme les gens faisant la queue pour pouvoir entrer dans le bâtiment. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 8 : Le cinéaste fait un panorama de gauche à droite. Il commence par filmer les tonneaux de vin pour finir sur le groupe du club de quilles. L’homme au centre reprend en photo Charles Messmer. Le groupe s’aligne enfin devant la caméra, comme si cette dernière était un appareil photo. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 9 : Un homme montre un panneau en forme de cochon et semble expliquer quelque chose. La caméra fait ensuite un panorama, en allant de l’homme vers le cochon. On sent que le cinéaste chercher à mettre en avant les explications de l’homme, que l’on ne peut pas entendre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 10 : Filme le début du repas. Le cinéaste semble être dans une position accroupie afin de filmer les convives en contre-plongée pour probablement mettre en valeur l’ambiance festive. Panorama de droite à gauche afin de montrer les convives hors-champs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 11 : Panorama de droite à gauche. Deux personnes lèvent leur verre vers le cinéaste. Une serveuse en tenue traditionnelle alsacienne apparait sur l’image. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 12 : Deux serveuses rigolent devant la caméra qui entame ensuite un panorama de gauche à droite afin de revenir sur les convives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 13 : Femme en tenue traditionnelle sert du vin. Un homme à côté d’elle (le photographe) semble se lever en faisant ce qui semble être une plaisanterie, passe son bras autour de la taille de la serveuse et lui embrasse la joue. La caméra fait ensuite un panorama de gauche à droite afin de filmer le reste des convives qui rigolent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 14 : Film le bar où trois hommes semblent commander du vin. Un homme lance une plaisanterie au cinéaste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 15 : Filme des personnes qui fumes et boivent ce qui semble être un digestif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 16 : Les participants sont rassemblés autour d’un homme qui trinque en direction du cinéaste. Un autre homme se place devant la caméra (le photographe) et fait l’idiot avec son verre. Un autre lui attrape gentiment la tête et le tire vers lui pour faire semblant de le réprimander. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 17 : Le club de quilles repart en file indienne avec un accordéoniste à leur tête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 18 : Fin de la file indienne, chacun salue la caméra.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 19 : Deux hommes sont accoudés à un pilier et fument une cigarette. L’un des deux semble pointer le cinéaste et dire quelque chose. Le cinéaste fait ensuite un panorama vers le haut pour dévoiler que le pilier est en fait un fromager géant en carton.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== Courte histoire des foires au vin en Alsace ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Les foires aux vins d’Alsace apparaissent dans un contexte de difficulté pour le monde viticole alsacien, vers la fin de la période allemande. La première est organisée à Barr en 1906 par le docteur Hecker dans le but de faire connaître en Allemagne les vins de la région et de faire se rencontrer producteurs et négociants. En effet, depuis la fin du XIXe siècle, l’Alsace, ne pouvant produire du vin en masse comme l’imposait le marché allemand, a opté pour une production centrée sur la qualité du vin. Cependant, cette transition ne se fait pas sans accros et doit s’accélérer à marches forcées à la suite de la Première Guerre mondiale. En 1924, l’Allemagne, qui avait été forcée pendant cinq ans d’accepter les vins alsaciens, ferme complètement ses importations. Les producteurs de vin alsacien, perdant leur principale source de revenus, connaissent ainsi une période de forte turbulence, le marché français étant alors saturé par les vins du midi. Les vignerons alsaciens sont donc forcés de faire progressivement évoluer leur produit, arrachant les cépages « à gros rendement mais de médiocre qualité qui avaient été plantés dans la plaine sous l’influence des conditions du marché allemand » (Tricart), pour le remplacer par des plants à faibles rendements, mais de qualité bien supérieure. Les foires permettent ainsi d’offrir une réponse à cette crise, de fournir une publicité aux propriétaires de vignes et de mettre sur un pied d’égalité petit et gros producteurs. Ces rassemblements annuels se popularisent progressivement dans les décennies suivant la guerre, principalement dans le Haut-Rhin avec les foires de Ribeauvillé, du Haut-Königsbourg (1921), ou de Colmar (1927). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée à la foire aux vins == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Dans les années 50, Charles Messmer gérant des « Tabliers et textiles de Saint-Louis », cinéaste amateur, décide d’accompagner le club de quilles local (Keigelclub) en excursion. Se rendant tout d’abord à la foire aux vins (de Colmar ?) dont nous avons ici l’extrait, le groupe part ensuite visiter le Haut-Koenigsbourg puis se rend au Mont Saint-Odile. Équipé d’une caméra 16 mm, un équipement cher alors généralement réservé au tournage de documentaires, il réalise un film de 3 minutes 40, divisé en 19 plans. Le document s’ouvre ainsi au tout début de l’excursion du groupe, dans le bus qui les transporte. Le cinéaste, se situant à l’avant, au milieu de la rangée des sièges, alterne gros plans et panoramas afin de faire ressentir au spectateur la bonne humeur qui apparaît pleinement à l’écran. On y voit des gens souriants, discutant entre eux, s’échangeant des plaisanteries. Un homme fait même une petite acrobatie [00 :00 :20] - [00 :00 :27], ce qui semble beaucoup amuser les autres. Une fois arrivé sur place, le groupe se réunit devant un grand bâtiment (qui abrite très probablement la foire aux vins) et écoute un homme qui leur donne probablement des explications sur le programme de la journée. Pendant ce temps, Messmer fait un lent panorama du bas vers le haut afin de filmer pendant quelques secondes le drapeau français [00 :00 :43] – [00 :00 :48], peut-être dans le but de mettre en valeur le récent retour de l’Alsace à la France. Trois plans plus tard (plan 7), le cinéaste film un panneau au-dessus de l’entrée de la foire, qui indique « foire régionale des vins d’Alsace », ce qui laisse fortement entendre que le groupe se trouve effectivement à la foire aux vins de Colmar. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Repas et dégustation de vins == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	À leur entrée dans la foire, le groupe se rassemble. Le cinéaste fait alors un panorama de gauche à droite en filmant d’abord des tonneaux de vin, puis le groupe [00 :01 :12] – [00 :01 :35], probablement pour mettre en évidence leur présence à la foire aux vins. On peut également remarquer que lorsque Messmer filme le groupe, ces derniers prennent la pose et ne bougent pas vraiment, comme si on les prenait en photo. Le groupe commence ensuite sa dégustation de vins et entame également le repas de midi. On remarque que des serveuses en costume traditionnel alsacien assument le service, à la grande joie de l’un des hommes du groupe qui embrasse l’une d’elle sur la joue. La convivialité et la joie du moment sont là aussi mises en avant par le cinéaste, qui filme les convives trinquant, discutant et rigolant. On remarque que sur de nombreux plans, tout au long du film, les membres du groupe semblent soit porter des toasts ou lancer des plaisanteries au cinéaste, témoignant peut-être ainsi de l’affection que ces derniers avaient pour lui. Ces plans durant la foire aux vins sont également l’occasion de remarquer la diversité du terroir alsacien présents lors de cette foire aux vins : on peut ainsi remarquer la présence d’une charcuterie [00 :01 :33] et deviner une fromagerie [00 :03 :36] grâce à la présence d’un grand fromager en carton. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le film de Charles Messmer permet de s’immerger dans l’une des sorties d’une association sportive des années 50. Bien plus qu’être une simple association, Charles Messmer insiste bien au travers de sa réalisation que c’est surtout un groupe d’amis partis en sortie. Le film est par ailleurs l’occasion de constater de la diversité des produits qui sont présentés lors d’une de ces foires aux vins, et d’en déduire de l’importance économique que représentaient ces événements pour l’agriculture alsacienne de cette époque.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=-	ACKER Agnès, Encyclopédie de l'Alsace, Volume 4, Colmar-Druide, Strasbourg, Publitotal, 1984, « Colmar »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-	DAUMAS Jean-Claude, La révolution matérielle : une histoire de la consommation : France XIXe – XXIe siècle, Paris, Flammarion, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-	HART Christine, Colmar : l'histoire des foires aux vins, Strasbourg, Ronald Hirlé, 1997.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-	TRICART Jean, dir. DUGRAND. « Le vignoble alsacien ». L'information géographique, volume 13, n°1, 1949.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Le_club_des_quilles_de_Saint-Louis_%C3%A0_la_Foire_aux_vins_(0129FS0009)&amp;diff=14455</id>
		<title>Le club des quilles de Saint-Louis à la Foire aux vins (0129FS0009)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Le_club_des_quilles_de_Saint-Louis_%C3%A0_la_Foire_aux_vins_(0129FS0009)&amp;diff=14455"/>
		<updated>2020-04-30T12:49:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le club des quilles de Saint-Louis à la Foire aux vins&lt;br /&gt;
|fonds=Gower&lt;br /&gt;
|idSupport=0129FS0009&lt;br /&gt;
|dateDebut=1949&lt;br /&gt;
|dateFin=1959&lt;br /&gt;
|video=0127FS0009_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:41&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Messmer, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Club_quilles_vins.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Foire aux vins&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film de 3 minutes 40, réalisé par Charles Messmer, permet de s'immerger dans l'une des sorties d'une association sportive des années 50, et de découvrir une foire aux vins alsacienne de cette période.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Plan 1 : Plan s’ouvre sur un homme et une femme assise dans un bus. Tous deux sourient à la caméra et la salue. Le cinéaste entame ensuite un panorama de la droite vers la gauche afin de révéler quatre autres passagers qui sourient également à la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 2 : Film deux femmes assises l’une à côté de l’autre dans le bus. L’une sourit à la caméra tandis que l’autre regarde par la fenêtre et discute avec sa voisine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 3 : Un homme fait des acrobaties au milieu de la rangée de siège dans le bus. Le cinéaste se tient à l’autre bout du bus, lui aussi dans la rangée. Cela fait rire les autres passagers. La caméra tourne ensuite vers la gauche pour dévoiler les autres passagers du bus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 4 : Le groupe se trouvant devant un grand bâtiment qui abrite probablement la foire au vin. Un policier semble leur expliquer quelque-chose. Un homme avec un appareil photo photographie le cinéaste. La caméra fait un panorama vers le haut afin de mettre en valeur le drapeau français, puis redescend vers le groupe et film un homme, en hauteur par rapport au reste du groupe qui semble s’adresser à tous. Après son discours, le groupe se retourne vers le cinéaste, ce qui pourrait indiquer que ce dernier a été mentionné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 5 :  Le cinéaste est repris en photo par le même homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 6 : Deux hommes s’avancent vers la caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 7 : Le cinéaste filme un panneau « foire régionale des vins d’Alsace ». La caméra fait ensuite un panorama vers le bas et filme les gens faisant la queue pour pouvoir entrer dans le bâtiment. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 8 : Le cinéaste fait un panorama de gauche à droite. Il commence par filmer les tonneaux de vin pour finir sur le groupe du club de quilles. L’homme au centre reprend en photo Charles Messmer. Le groupe s’aligne enfin devant la caméra, comme si cette dernière était un appareil photo. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 9 : Un homme montre un panneau en forme de cochon et semble expliquer quelque chose. La caméra fait ensuite un panorama, en allant de l’homme vers le cochon. On sent que le cinéaste chercher à mettre en avant les explications de l’homme, que l’on ne peut pas entendre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 10 : Filme le début du repas. Le cinéaste semble être dans une position accroupie afin de filmer les convives en contre-plongée pour probablement mettre en valeur l’ambiance festive. Panorama de droite à gauche afin de montrer les convives hors-champs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 11 : Panorama de droite à gauche. Deux personnes lèvent leur verre vers le cinéaste. Une serveuse en tenue traditionnelle alsacienne apparait sur l’image. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 12 : Deux serveuses rigolent devant la caméra qui entame ensuite un panorama de gauche à droite afin de revenir sur les convives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 13 : Femme en tenue traditionnelle sert du vin. Un homme à côté d’elle (le photographe) semble se lever en faisant ce qui semble être une plaisanterie, passe son bras autour de la taille de la serveuse et lui embrasse la joue. La caméra fait ensuite un panorama de gauche à droite afin de filmer le reste des convives qui rigolent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 14 : Film le bar où trois hommes semblent commander du vin. Un homme lance une plaisanterie au cinéaste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 15 : Filme des personnes qui fumes et boivent ce qui semble être un digestif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 16 : Les participants sont rassemblés autour d’un homme qui trinque en direction du cinéaste. Un autre homme se place devant la caméra (le photographe) et fait l’idiot avec son verre. Un autre lui attrape gentiment la tête et le tire vers lui pour faire semblant de le réprimander. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 17 : Le club de quilles repart en file indienne avec un accordéoniste à leur tête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 18 : Fin de la file indienne, chacun salue la caméra.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 19 : Deux hommes sont accoudés à un pilier et fument une cigarette. L’un des deux semble pointer le cinéaste et dire quelque chose. Le cinéaste fait ensuite un panorama vers le haut pour dévoiler que le pilier est en fait un fromager géant en carton.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== Courte histoire des foires au vin en Alsace ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Les foires aux vins d’Alsace apparaissent dans un contexte de difficulté pour le monde viticole alsacien, vers la fin de la période allemande. La première est organisée à Barr en 1906 par le docteur Hecker dans le but de faire connaître en Allemagne les vins de la région et de faire se rencontrer producteurs et négociants. En effet, depuis la fin du XIXe siècle, l’Alsace, ne pouvant produire du vin en masse comme l’imposait le marché allemand, a opté pour une production centrée sur la qualité du vin. Cependant, cette transition ne se fait pas sans accros et doit s’accélérer à marches forcées à la suite de la Première Guerre mondiale. En 1924, l’Allemagne, qui avait été forcée pendant cinq ans d’accepter les vins alsaciens, ferme complètement ses importations. Les producteurs de vin alsacien, perdant leur principale source de revenus, connaissent ainsi une période de forte turbulence, le marché français étant alors saturé par les vins du midi. Les vignerons alsaciens sont donc forcés de faire progressivement évoluer leur produit, arrachant les cépages « à gros rendement mais de médiocre qualité qui avaient été plantés dans la plaine sous l’influence des conditions du marché allemand » (Tricart), pour le remplacer par des plants à faibles rendements, mais de qualité bien supérieure. Les foires permettent ainsi d’offrir une réponse à cette crise, de fournir une publicité aux propriétaires de vignes et de mettre sur un pied d’égalité petit et gros producteurs. Ces rassemblements annuels se popularisent progressivement dans les décennies suivant la guerre, principalement dans le Haut-Rhin avec les foires de Ribeauvillé, du Haut-Königsbourg (1921), ou de Colmar (1927). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée à la foire aux vins == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Dans les années 50, Charles Messmer gérant des « Tabliers et textiles de Saint-Louis », cinéaste amateur, décide d’accompagner le club de quilles local (Keigelclub) en excursion. Se rendant tout d’abord à la foire aux vins (de Colmar ?) dont nous avons ici l’extrait, le groupe part ensuite visiter le Haut-Koenigsbourg puis se rend au Mont Saint-Odile. Équipé d’une caméra 16 mm, un équipement cher alors généralement réservé au tournage de documentaires, il réalise un film de 3 minutes 40, divisé en 19 plans. Le document s’ouvre ainsi au tout début de l’excursion du groupe, dans le bus qui les transporte. Le cinéaste, se situant à l’avant, au milieu de la rangée des sièges, alterne gros plans et panoramas afin de faire ressentir au spectateur la bonne humeur qui apparaît pleinement à l’écran. On y voit des gens souriants, discutant entre eux, s’échangeant des plaisanteries. Un homme fait même une petite acrobatie [00 :00 :20] - [00 :00 :27], ce qui semble beaucoup amuser les autres. Une fois arrivé sur place, le groupe se réunit devant un grand bâtiment (qui abrite très probablement la foire aux vins) et écoute un homme qui leur donne probablement des explications sur le programme de la journée. Pendant ce temps, Messmer fait un lent panorama du bas vers le haut afin de filmer pendant quelques secondes le drapeau français [00 :00 :43] – [00 :00 :48], peut-être dans le but de mettre en valeur le récent retour de l’Alsace à la France. Trois plans plus tard (plan 7), le cinéaste film un panneau au-dessus de l’entrée de la foire, qui indique « foire régionale des vins d’Alsace », ce qui laisse fortement entendre que le groupe se trouve effectivement à la foire aux vins de Colmar. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Repas et dégustation de vins == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	À leur entrée dans la foire, le groupe se rassemble. Le cinéaste fait alors un panorama de gauche à droite en filmant d’abord des tonneaux de vin, puis le groupe [00 :01 :12] – [00 :01 :35], probablement pour mettre en évidence leur présence à la foire aux vins. On peut également remarquer que lorsque Messmer filme le groupe, ces derniers prennent la pose et ne bougent pas vraiment, comme si on les prenait en photo. Le groupe commence ensuite sa dégustation de vins et entame également le repas de midi. On remarque que des serveuses en costume traditionnel alsacien assument le service, à la grande joie de l’un des hommes du groupe qui embrasse l’une d’elle sur la joue. La convivialité et la joie du moment sont là aussi mises en avant par le cinéaste, qui filme les convives trinquant, discutant et rigolant. On remarque que sur de nombreux plans, tout au long du film, les membres du groupe semblent soit porter des toasts ou lancer des plaisanteries au cinéaste, témoignant peut-être ainsi de l’affection que ces derniers avaient pour lui. Ces plans durant la foire aux vins sont également l’occasion de remarquer la diversité du terroir alsacien présents lors de cette foire aux vins : on peut ainsi remarquer la présence d’une charcuterie [00 :01 :33] et deviner une fromagerie [00 :03 :36] grâce à la présence d’un grand fromager en carton. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le film de Charles Messmer permet de s’immerger dans l’une des sorties d’une association sportive des années 50. Bien plus qu’être une simple association, Charles Messmer insiste bien au travers de sa réalisation que c’est surtout un groupe d’amis partis en sortie. Le film est par ailleurs l’occasion de constater de la diversité des produits qui sont présentés lors d’une de ces foires aux vins, et d’en déduire de l’importance économique que représentaient ces événements pour l’agriculture alsacienne de cette époque.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=-	ACKER Agnès, Encyclopédie de l'Alsace, Volume 4, Colmar-Druide, Strasbourg, Publitotal, 1984, « Colmar »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-	DAUMAS Jean-Claude, La révolution matérielle : une histoire de la consommation : France XIXe – XXIe siècle, Paris, Flammarion, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-	HART Christine, Colmar : l'histoire des foires aux vins, Strasbourg, Ronald Hirlé, 1997.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-	TRICART Jean, dir. DUGRAND. « Le vignoble alsacien ». L'information géographique, volume 13, n°1, 1949.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tour_de_France_%C3%A0_Saint-Louis_ou_Huningue(0127FS0017)&amp;diff=14423</id>
		<title>Tour de France à Saint-Louis ou Huningue(0127FS0017)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tour_de_France_%C3%A0_Saint-Louis_ou_Huningue(0127FS0017)&amp;diff=14423"/>
		<updated>2020-04-27T12:37:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : Modifié automatiquement depuis la page Bas:Tour de France à Saint-Louis ou Huningue(0127FS0017).&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Tour de France à Saint-Louis ou Huningue&lt;br /&gt;
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|lieux_ou_monuments=Saint-Louis&lt;br /&gt;
|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
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|thematique=Cycling&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le film, réalisé par Charles Messmer, montre le passage du Tour de France lors de l'étape Colmar-Zürich à Saint-Louis en 1955. Le  offre un aperçu de la réception d'un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Plan 1 : Passage de 8 cyclistes acclamés par la foule&lt;br /&gt;
Plan 2 : Plan opposé au précédent (vers la droite). Panorama vers la droite. La foule est au centre de l’image. On constate que les spectateurs sont bien habillés. &lt;br /&gt;
Plan 3 : Passage d’un camion publicitaire « encre Waterman ». &lt;br /&gt;
Plan 4 : Passage d’un camion publicitaire OCB. La caméra suit le mouvement du camion.&lt;br /&gt;
Plan 5 : Passage d’un deuxième camion OCB. La caméra suit également le mouvement du camion. Un policier patrouille le long de la route. &lt;br /&gt;
Plan 6 : Une femme en tenue traditionnelle alsacienne marche sur la route.&lt;br /&gt;
Plan 7 : Passage d’un camion publicitaire pour l’insecticide « Timon ». Un homme est assis sur le capot du camion et divertit la foule. &lt;br /&gt;
Plan 8 : Passage d’un camion publicitaire qui semble être pour un club de randonnée. On constate qu’une femme en tenue traditionnelle alsacienne est assise à l’avant.&lt;br /&gt;
Plan 9 : On constate la présence de multiples policiers (4 sont visibles et on en devine un 5ème hors champs). Passage d’un camion publicitaire. &lt;br /&gt;
Plan 10 : Passage d’un camion publicitaire pour le magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 11 : Passage d’une voiture du magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 12 : Passage d’un camion publicitaire pour des soins cosmétiques les « Férets frères ». La publicité propose de la mousse à raser ainsi que de la cire pour les cheveux aux hommes et des bandes épilatoires « taky » aux femmes. La publicité propose ainsi à ces dernières de se « takiser ». &lt;br /&gt;
Plan 13 : Passage de deux camions publicitaires identiques roulant côte à côte, faisant de la publicité pour « Royal Bubble-Gum » &lt;br /&gt;
Plan 14 : Passage de deux cyclistes. La caméra fait un panorama de droite afin de suivre le mouvement. &lt;br /&gt;
Plan 15 : Passage d’un cycliste. &lt;br /&gt;
Plan 16 : Passage d’un cycliste et d’une voiture décapotable, transportant probablement une équipe de caméra. &lt;br /&gt;
Plan 17 : Passade de deux cyclistes à contre-sens de la course portant des fleurs. &lt;br /&gt;
Plan 18 : Passage d’un cycliste seul. &lt;br /&gt;
Plan 19 : Passage de deux cyclistes&lt;br /&gt;
Plan 20 : Passage de 18 cyclistes. &lt;br /&gt;
Plan 21 : Le cinéaste continue de filmer le passage des cyclistes. Un cyclomoteur suit les cycliste (peut-être une équipe de journalistes ou de commentateurs ?)&lt;br /&gt;
Plan 22 : La caméra filme la route de face en étant légèrement sur la chaussée de gauche. Deux cyclistes arrivent. &lt;br /&gt;
Plan 23 : Départ de deux cyclistes. La caméra les films de dos. Cela semble être la ligne « d’arrivée ». &lt;br /&gt;
Plan 24 : Arrivée de deux cyclistes sous applaudissements. &lt;br /&gt;
Plan 25 : Le cinéaste film le camion des « Frères Férets » qui est maintenant garé au milieu de la foule. Deux hommes sur le toit semblent donner un petit spectacle. L’un joue de l’accordéon tandis que l’autre chante dans un micro. &lt;br /&gt;
Plan 26 : Idem. &lt;br /&gt;
Plan 27 : Panorama de gauche à droite sur la foule. Les gens semblent très bien habillés et la foule est nombreuse. On distingue de nombreux camions publicitaires garés au milieu de la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr==== Brève histoire du Tour de France === &lt;br /&gt;
[[Fichier:Andre Darrigade.png|300px|thumb|left|André Darrigade, vainqueur de l'étape Colmar-Zürich.]]&lt;br /&gt;
	Le Tour de France est aujourd’hui un événement sportif majeur, connu et suivis dans de nombreux pays, et dont la popularité ne semble pas décroître. Son historiographie est très diverse : alors que certains travaux abordent le Tour de France en ne se restreignant qu’aux aspects organisationnels et sportifs, la majeure partie d’entre eux traite le Tour comme un révélateur des évolutions géographiques, économiques, sociales, politiques et culturelles. Le Tour est créé en 1903, de l’initiative d’un industriel du cycle, Jules-Albert de Dion, largement antidreyfusard, dans le but de faire de la pub pour un journal dont il était le propriétaire : l’Auto. Idée de Henri Desgranges, ancien agent de publicité et de son trésorier Victor Goddet, le Tour rencontre immédiatement une grande popularité parmi le public français. Depuis, il se déroule tous les ans, généralement en juillet, mis à part les interruptions liés à des événements très spécifiques comme les Guerres Mondiales ou les reconstructions qui suivent ces dernières. Ainsi, le Tour de France a été absent des périodes 1914-1918 et 1940-1947.  Cette création en elle-même est révélatrice de l’essor d’une culture de masse, alors qu’émergent une société de consommation ainsi qu’une véritable « civilisation des loisirs. ». Le Tour de France est, à ses débuts et jusqu’au début des années 30, retranscrit via le quotidien l’Auto. Il s’agit donc pour les organisateurs du Tour de faire commencer la course très tôt (généralement la veille au soir) afin de laisser du temps aux journalistes pour faire le récit écrit de l’épopée aux lecteurs du lendemain. Les conditions de course sont donc très éprouvantes pour les coureurs, dont on interdit également toute aide durant la course afin de pouvoir raconter aux lecteurs des histoires épiques. Les choses changent progressivement avec l’arrivée de la radio qui rend moins les horaires du Tour moins contraignants pour les cyclistes. Enfin, l’arrivée de la retransmission de la course à la télévision dans les années 50 change encore une fois les modalités et le règlement de la course, qui se met progressivement aux normes que nous connaissons aujourd’hui.&lt;br /&gt;
 [[Fichier:Graph velo.png|600px|thumb|right|Source : MIGNOT, Histoire du Tour de France, 2014.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La place du vélo dans la société française ===&lt;br /&gt;
	À la fin du XIX et au début du XXe, la société française connaît une prise de vitesse importante de la croissance d’une société de consommation, qui s’explique avant tout par l’augmentation drastique du niveau de vie de la population à cette époque. Par exemple, sur la période 1890-1914, le PIB moyen français augmente de 1,3% puis de 1,6% entre 1914 et 1939. Cette augmentation du pouvoir d’achat français se traduit, entre autres, par l’achat de plus en plus massif de bicyclette, dont la production est rapidement mécanisée puis industrialisée. Le vélo occupe ainsi une place grandissante dans l’esprit des Français. Au début des années 1870 et jusqu’aux années 1890, la bicyclette est bien symbole de « modernité technologique » (Mignot, 2014) et de la « vitesse bourgeoise » (Gaboriau, 1991). Le début du XXe siècle voit le prix de ce moyen de transport chuter drastiquement, et de ce fait, se popularise. Alors que la classe privilégiée commence à lui préférer d’autres sports comme l’automobile et l’aviation, le vélo devient le moyen de locomotion individuel par excellence, bon marché pour la liberté de mouvement qu’il procure. Cependant, les années 1950-1960 amorcent un déclin du vélo. Les achats baissent alors fortement, et le parc passe de 30 à moins de 20 bicyclettes pour 100 habitants. Le vélo est alors concurrencé par d’autres transports devenant accessible au grand public : l’automobile et le cyclomoteur.&lt;br /&gt;
	&lt;br /&gt;
=== Analyse du film ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Itinéraire Tour de France 1955.png|400px|thumb|left|Itinéraire du Tour de France de 1955.]]&lt;br /&gt;
	C’est dans ce contexte des années 50 – probablement en 1955 lors de l’étape Colmar-Zürich – que se déroule cette étape alsacienne du Tour de France qui nous est présentée ici par le cinéaste Charles Messmer. Le film se déroule à Saint-Louis, une petite ville d’environ 14 000 habitants, située à l’extrême sud du Haut-Rhin. Composé de 27 plans et long de 3 minutes 14, ce document est filmé grâce à une caméra 16 mm. C’est un matériel professionnel très cher, et généralement réservé aux documentaires, ce qui laisse supposer que ce film a peut-être été tourné pour des actualités locales (un commentaire était probablement donné en même temps que les images défilaient à l’écran). Le film peut être grossièrement divisé en trois parties, qui sont systématiquement marquées par un changement de position du cinéaste : le passage des coureurs et des camions publicitaires [00 :00 :00] – [00 :02 :33], l’arrivée des coureurs à la sortie de la ville [00 :02 :33] – [00 :02 :46] et la célébration de fin avec la présentation des produits publicitaires à la foule par les camions filmés précédemment. On peut constater d’entrer de jeu que le cinéaste travaille de manière très fixe : il ne change en effet que trois fois de position durant l’entièreté du document. La stabilité de l’image est également remarquable, à la fois lorsque l’image est fixe et lorsque Messmer opère un panorama, ce qui pourrait impliquer que le cinéaste utilise un trépied. &lt;br /&gt;
	Outre son aspect technique, ce document permet de visualiser l’impact que pouvait avoir un événement sportif sur les masses durant les années 50. On peut ainsi observer que les gens viennent tous habillés comme lors de grandes occasions pour observer le passage des cyclistes, signe peut-être de leur anticipation de l’évènement et de l’importance qu’est ce dernier pour eux. De plus, ce film montre le déploiement de gros moyen publicitaire, sous la forme de camions et de présentations de produits pendant la course, à la fois en faisant partie du cortège, mais aussi en s’arrêtant au milieu des spectateurs une fois les cyclistes sortis de la ville. A ces produits publicitaires sont mêlés des éléments de régionalisme, comme par exemple les alsaciennes en tenue traditionnelle que l’on retrouve à deux reprises dans le film ([00 :00 :26] – [00 :00 :28] et [00 :00 :39] – [00 :00 :43]). Le film révèle également que la sécurité est relativement importante pour ce genre d’évènement, et le nombre de policiers (peut-être suisses ?) présents à l’écran est d’autant plus surprenant que la scène se passe dans une petite ville. &lt;br /&gt;
	Ainsi, nous pouvons conclure que Charles Messmer ait eu comme ambition en filmant cette étape de montrer au spectateur cet événement inédit pour les habitants de Saint-Louis et l’excitation qui en découlait. Le rassemblement si nombreux de personnes, leur habillement et la joie qui est brièvement montrée via le film sous forme d’acclamations ou d’applaudissement confirme cette hypothèse. Outre l’objectif du cinéaste, ce film nous permet d’observer et de comparer comment était perçu et vécu un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=MIGNOT Jean-François, Histoire du Tour de France, Paris, La Découverte, 2014&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
OLLIVIER Jean-Paul, Histoire du cyclisme, Paris, Flammarion, 2003&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PATURLE Hervé et REBIERE Guillaume, Un siècle de cyclisme, Paris, Calmann-Lévy, 2011&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tour_de_France_%C3%A0_Saint-Louis_ou_Huningue(0127FS0017)&amp;diff=14422</id>
		<title>Tour de France à Saint-Louis ou Huningue(0127FS0017)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tour_de_France_%C3%A0_Saint-Louis_ou_Huningue(0127FS0017)&amp;diff=14422"/>
		<updated>2020-04-27T12:36:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Tour de France à Saint-Louis ou Huningue&lt;br /&gt;
|fonds=Gower&lt;br /&gt;
|idSupport=0127FS0017&lt;br /&gt;
|dateDebut=1949&lt;br /&gt;
|dateFin=1959&lt;br /&gt;
|video=0127FS0017_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:15&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Messmer, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=TDF_années_50.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Tour de France 1955&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saint-Louis&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Cycling&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le film, réalisé par Charles Messmer, montre le passage du Tour de France lors de l'étape Colmar-Zürich à Saint-Louis en 1955. Le  offre un aperçu de la réception d'un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Plan 1 : Passage de 8 cyclistes acclamés par la foule&lt;br /&gt;
Plan 2 : Plan opposé au précédent (vers la droite). Panorama vers la droite. La foule est au centre de l’image. On constate que les spectateurs sont bien habillés. &lt;br /&gt;
Plan 3 : Passage d’un camion publicitaire « encre Waterman ». &lt;br /&gt;
Plan 4 : Passage d’un camion publicitaire OCB. La caméra suit le mouvement du camion.&lt;br /&gt;
Plan 5 : Passage d’un deuxième camion OCB. La caméra suit également le mouvement du camion. Un policier patrouille le long de la route. &lt;br /&gt;
Plan 6 : Une femme en tenue traditionnelle alsacienne marche sur la route.&lt;br /&gt;
Plan 7 : Passage d’un camion publicitaire pour l’insecticide « Timon ». Un homme est assis sur le capot du camion et divertit la foule. &lt;br /&gt;
Plan 8 : Passage d’un camion publicitaire qui semble être pour un club de randonnée. On constate qu’une femme en tenue traditionnelle alsacienne est assise à l’avant.&lt;br /&gt;
Plan 9 : On constate la présence de multiples policiers (4 sont visibles et on en devine un 5ème hors champs). Passage d’un camion publicitaire. &lt;br /&gt;
Plan 10 : Passage d’un camion publicitaire pour le magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 11 : Passage d’une voiture du magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 12 : Passage d’un camion publicitaire pour des soins cosmétiques les « Férets frères ». La publicité propose de la mousse à raser ainsi que de la cire pour les cheveux aux hommes et des bandes épilatoires « taky » aux femmes. La publicité propose ainsi à ces dernières de se « takiser ». &lt;br /&gt;
Plan 13 : Passage de deux camions publicitaires identiques roulant côte à côte, faisant de la publicité pour « Royal Bubble-Gum » &lt;br /&gt;
Plan 14 : Passage de deux cyclistes. La caméra fait un panorama de droite afin de suivre le mouvement. &lt;br /&gt;
Plan 15 : Passage d’un cycliste. &lt;br /&gt;
Plan 16 : Passage d’un cycliste et d’une voiture décapotable, transportant probablement une équipe de caméra. &lt;br /&gt;
Plan 17 : Passade de deux cyclistes à contre-sens de la course portant des fleurs. &lt;br /&gt;
Plan 18 : Passage d’un cycliste seul. &lt;br /&gt;
Plan 19 : Passage de deux cyclistes&lt;br /&gt;
Plan 20 : Passage de 18 cyclistes. &lt;br /&gt;
Plan 21 : Le cinéaste continue de filmer le passage des cyclistes. Un cyclomoteur suit les cycliste (peut-être une équipe de journalistes ou de commentateurs ?)&lt;br /&gt;
Plan 22 : La caméra filme la route de face en étant légèrement sur la chaussée de gauche. Deux cyclistes arrivent. &lt;br /&gt;
Plan 23 : Départ de deux cyclistes. La caméra les films de dos. Cela semble être la ligne « d’arrivée ». &lt;br /&gt;
Plan 24 : Arrivée de deux cyclistes sous applaudissements. &lt;br /&gt;
Plan 25 : Le cinéaste film le camion des « Frères Férets » qui est maintenant garé au milieu de la foule. Deux hommes sur le toit semblent donner un petit spectacle. L’un joue de l’accordéon tandis que l’autre chante dans un micro. &lt;br /&gt;
Plan 26 : Idem. &lt;br /&gt;
Plan 27 : Panorama de gauche à droite sur la foule. Les gens semblent très bien habillés et la foule est nombreuse. On distingue de nombreux camions publicitaires garés au milieu de la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr==== Brève histoire du Tour de France === &lt;br /&gt;
[[Fichier:Andre Darrigade.png|300px|thumb|left|André Darrigade, vainqueur de l'étape Colmar-Zürich.]]&lt;br /&gt;
	Le Tour de France est aujourd’hui un événement sportif majeur, connu et suivis dans de nombreux pays, et dont la popularité ne semble pas décroître. Son historiographie est très diverse : alors que certains travaux abordent le Tour de France en ne se restreignant qu’aux aspects organisationnels et sportifs, la majeure partie d’entre eux traite le Tour comme un révélateur des évolutions géographiques, économiques, sociales, politiques et culturelles. Le Tour est créé en 1903, de l’initiative d’un industriel du cycle, Jules-Albert de Dion, largement antidreyfusard, dans le but de faire de la pub pour un journal dont il était le propriétaire : l’Auto. Idée de Henri Desgranges, ancien agent de publicité et de son trésorier Victor Goddet, le Tour rencontre immédiatement une grande popularité parmi le public français. Depuis, il se déroule tous les ans, généralement en juillet, mis à part les interruptions liés à des événements très spécifiques comme les Guerres Mondiales ou les reconstructions qui suivent ces dernières. Ainsi, le Tour de France a été absent des périodes 1914-1918 et 1940-1947.  Cette création en elle-même est révélatrice de l’essor d’une culture de masse, alors qu’émergent une société de consommation ainsi qu’une véritable « civilisation des loisirs. ». Le Tour de France est, à ses débuts et jusqu’au début des années 30, retranscrit via le quotidien l’Auto. Il s’agit donc pour les organisateurs du Tour de faire commencer la course très tôt (généralement la veille au soir) afin de laisser du temps aux journalistes pour faire le récit écrit de l’épopée aux lecteurs du lendemain. Les conditions de course sont donc très éprouvantes pour les coureurs, dont on interdit également toute aide durant la course afin de pouvoir raconter aux lecteurs des histoires épiques. Les choses changent progressivement avec l’arrivée de la radio qui rend moins les horaires du Tour moins contraignants pour les cyclistes. Enfin, l’arrivée de la retransmission de la course à la télévision dans les années 50 change encore une fois les modalités et le règlement de la course, qui se met progressivement aux normes que nous connaissons aujourd’hui.&lt;br /&gt;
 [[Fichier:Graph velo.png|600px|thumb|right|Source : MIGNOT, Histoire du Tour de France, 2014.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La place du vélo dans la société française ===&lt;br /&gt;
	À la fin du XIX et au début du XXe, la société française connaît une prise de vitesse importante de la croissance d’une société de consommation, qui s’explique avant tout par l’augmentation drastique du niveau de vie de la population à cette époque. Par exemple, sur la période 1890-1914, le PIB moyen français augmente de 1,3% puis de 1,6% entre 1914 et 1939. Cette augmentation du pouvoir d’achat français se traduit, entre autres, par l’achat de plus en plus massif de bicyclette, dont la production est rapidement mécanisée puis industrialisée. Le vélo occupe ainsi une place grandissante dans l’esprit des Français. Au début des années 1870 et jusqu’aux années 1890, la bicyclette est bien symbole de « modernité technologique » (Mignot, 2014) et de la « vitesse bourgeoise » (Gaboriau, 1991). Le début du XXe siècle voit le prix de ce moyen de transport chuter drastiquement, et de ce fait, se popularise. Alors que la classe privilégiée commence à lui préférer d’autres sports comme l’automobile et l’aviation, le vélo devient le moyen de locomotion individuel par excellence, bon marché pour la liberté de mouvement qu’il procure. Cependant, les années 1950-1960 amorcent un déclin du vélo. Les achats baissent alors fortement, et le parc passe de 30 à moins de 20 bicyclettes pour 100 habitants. Le vélo est alors concurrencé par d’autres transports devenant accessible au grand public : l’automobile et le cyclomoteur.&lt;br /&gt;
	&lt;br /&gt;
=== Analyse du film ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Itinéraire Tour de France 1955.png|400px|thumb|left|Itinéraire du Tour de France de 1955.]]&lt;br /&gt;
	C’est dans ce contexte des années 50 – probablement en 1955 lors de l’étape Colmar-Zürich – que se déroule cette étape alsacienne du Tour de France qui nous est présentée ici par le cinéaste Charles Messmer. Le film se déroule à Saint-Louis, une petite ville d’environ 14 000 habitants, située à l’extrême sud du Haut-Rhin. Composé de 27 plans et long de 3 minutes 14, ce document est filmé grâce à une caméra 16 mm. C’est un matériel professionnel très cher, et généralement réservé aux documentaires, ce qui laisse supposer que ce film a peut-être été tourné pour des actualités locales (un commentaire était probablement donné en même temps que les images défilaient à l’écran). Le film peut être grossièrement divisé en trois parties, qui sont systématiquement marquées par un changement de position du cinéaste : le passage des coureurs et des camions publicitaires [00 :00 :00] – [00 :02 :33], l’arrivée des coureurs à la sortie de la ville [00 :02 :33] – [00 :02 :46] et la célébration de fin avec la présentation des produits publicitaires à la foule par les camions filmés précédemment. On peut constater d’entrer de jeu que le cinéaste travaille de manière très fixe : il ne change en effet que trois fois de position durant l’entièreté du document. La stabilité de l’image est également remarquable, à la fois lorsque l’image est fixe et lorsque Messmer opère un panorama, ce qui pourrait impliquer que le cinéaste utilise un trépied. &lt;br /&gt;
	Outre son aspect technique, ce document permet de visualiser l’impact que pouvait avoir un événement sportif sur les masses durant les années 50. On peut ainsi observer que les gens viennent tous habillés comme lors de grandes occasions pour observer le passage des cyclistes, signe peut-être de leur anticipation de l’évènement et de l’importance qu’est ce dernier pour eux. De plus, ce film montre le déploiement de gros moyen publicitaire, sous la forme de camions et de présentations de produits pendant la course, à la fois en faisant partie du cortège, mais aussi en s’arrêtant au milieu des spectateurs une fois les cyclistes sortis de la ville. A ces produits publicitaires sont mêlés des éléments de régionalisme, comme par exemple les alsaciennes en tenue traditionnelle que l’on retrouve à deux reprises dans le film ([00 :00 :26] – [00 :00 :28] et [00 :00 :39] – [00 :00 :43]). Le film révèle également que la sécurité est relativement importante pour ce genre d’évènement, et le nombre de policiers (peut-être suisses ?) présents à l’écran est d’autant plus surprenant que la scène se passe dans une petite ville. &lt;br /&gt;
	Ainsi, nous pouvons conclure que Charles Messmer ait eu comme ambition en filmant cette étape de montrer au spectateur cet événement inédit pour les habitants de Saint-Louis et l’excitation qui en découlait. Le rassemblement si nombreux de personnes, leur habillement et la joie qui est brièvement montrée via le film sous forme d’acclamations ou d’applaudissement confirme cette hypothèse. Outre l’objectif du cinéaste, ce film nous permet d’observer et de comparer comment était perçu et vécu un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=MIGNOT Jean-François, Histoire du Tour de France, Paris, La Découverte, 2014&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
OLLIVIER Jean-Paul, Histoire du cyclisme, Paris, Flammarion, 2003&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PATURLE Hervé et REBIERE Guillaume, Un siècle de cyclisme, Paris, Calmann-Lévy, 2011&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tour_de_France_%C3%A0_Saint-Louis_ou_Huningue(0127FS0017)&amp;diff=14421</id>
		<title>Tour de France à Saint-Louis ou Huningue(0127FS0017)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tour_de_France_%C3%A0_Saint-Louis_ou_Huningue(0127FS0017)&amp;diff=14421"/>
		<updated>2020-04-27T12:35:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Tour de France à Saint-Louis ou Huningue&lt;br /&gt;
|fonds=Gower&lt;br /&gt;
|idSupport=0127FS0017&lt;br /&gt;
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|thematique=Cycling&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le film, réalisé par Charles Messmer, montre le passage du Tour de France lors de l'étape Colmar-Zürich à Saint-Louis en 1955. Le  offre un aperçu de la réception d'un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Plan 1 : Passage de 8 cyclistes acclamés par la foule&lt;br /&gt;
Plan 2 : Plan opposé au précédent (vers la droite). Panorama vers la droite. La foule est au centre de l’image. On constate que les spectateurs sont bien habillés. &lt;br /&gt;
Plan 3 : Passage d’un camion publicitaire « encre Waterman ». &lt;br /&gt;
Plan 4 : Passage d’un camion publicitaire OCB. La caméra suit le mouvement du camion.&lt;br /&gt;
Plan 5 : Passage d’un deuxième camion OCB. La caméra suit également le mouvement du camion. Un policier patrouille le long de la route. &lt;br /&gt;
Plan 6 : Une femme en tenue traditionnelle alsacienne marche sur la route.&lt;br /&gt;
Plan 7 : Passage d’un camion publicitaire pour l’insecticide « Timon ». Un homme est assis sur le capot du camion et divertit la foule. &lt;br /&gt;
Plan 8 : Passage d’un camion publicitaire qui semble être pour un club de randonnée. On constate qu’une femme en tenue traditionnelle alsacienne est assise à l’avant.&lt;br /&gt;
Plan 9 : On constate la présence de multiples policiers (4 sont visibles et on en devine un 5ème hors champs). Passage d’un camion publicitaire. &lt;br /&gt;
Plan 10 : Passage d’un camion publicitaire pour le magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 11 : Passage d’une voiture du magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 12 : Passage d’un camion publicitaire pour des soins cosmétiques les « Férets frères ». La publicité propose de la mousse à raser ainsi que de la cire pour les cheveux aux hommes et des bandes épilatoires « taky » aux femmes. La publicité propose ainsi à ces dernières de se « takiser ». &lt;br /&gt;
Plan 13 : Passage de deux camions publicitaires identiques roulant côte à côte, faisant de la publicité pour « Royal Bubble-Gum » &lt;br /&gt;
Plan 14 : Passage de deux cyclistes. La caméra fait un panorama de droite afin de suivre le mouvement. &lt;br /&gt;
Plan 15 : Passage d’un cycliste. &lt;br /&gt;
Plan 16 : Passage d’un cycliste et d’une voiture décapotable, transportant probablement une équipe de caméra. &lt;br /&gt;
Plan 17 : Passade de deux cyclistes à contre-sens de la course portant des fleurs. &lt;br /&gt;
Plan 18 : Passage d’un cycliste seul. &lt;br /&gt;
Plan 19 : Passage de deux cyclistes&lt;br /&gt;
Plan 20 : Passage de 18 cyclistes. &lt;br /&gt;
Plan 21 : Le cinéaste continue de filmer le passage des cyclistes. Un cyclomoteur suit les cycliste (peut-être une équipe de journalistes ou de commentateurs ?)&lt;br /&gt;
Plan 22 : La caméra filme la route de face en étant légèrement sur la chaussée de gauche. Deux cyclistes arrivent. &lt;br /&gt;
Plan 23 : Départ de deux cyclistes. La caméra les films de dos. Cela semble être la ligne « d’arrivée ». &lt;br /&gt;
Plan 24 : Arrivée de deux cyclistes sous applaudissements. &lt;br /&gt;
Plan 25 : Le cinéaste film le camion des « Frères Férets » qui est maintenant garé au milieu de la foule. Deux hommes sur le toit semblent donner un petit spectacle. L’un joue de l’accordéon tandis que l’autre chante dans un micro. &lt;br /&gt;
Plan 26 : Idem. &lt;br /&gt;
Plan 27 : Panorama de gauche à droite sur la foule. Les gens semblent très bien habillés et la foule est nombreuse. On distingue de nombreux camions publicitaires garés au milieu de la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr==== Brève histoire du Tour de France === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le Tour de France est aujourd’hui un événement sportif majeur, connu et suivis dans de nombreux pays, et dont la popularité ne semble pas décroître. Son historiographie est très diverse : alors que certains travaux abordent le Tour de France en ne se restreignant qu’aux aspects organisationnels et sportifs, la majeure partie d’entre eux traite le Tour comme un révélateur des évolutions géographiques, économiques, sociales, politiques et culturelles. Le Tour est créé en 1903, de l’initiative d’un industriel du cycle, Jules-Albert de Dion, largement antidreyfusard, dans le but de faire de la pub pour un journal dont il était le propriétaire : l’Auto. Idée de Henri Desgranges, ancien agent de publicité et de son trésorier Victor Goddet, le Tour rencontre immédiatement une grande popularité parmi le public français. Depuis, il se déroule tous les ans, généralement en juillet, mis à part les interruptions liés à des événements très spécifiques comme les Guerres Mondiales ou les reconstructions qui suivent ces dernières. Ainsi, le Tour de France a été absent des périodes 1914-1918 et 1940-1947.  Cette création en elle-même est révélatrice de l’essor d’une culture de masse, alors qu’émergent une société de consommation ainsi qu’une véritable « civilisation des loisirs. ». Le Tour de France est, à ses débuts et jusqu’au début des années 30, retranscrit via le quotidien l’Auto. Il s’agit donc pour les organisateurs du Tour de faire commencer la course très tôt (généralement la veille au soir) afin de laisser du temps aux journalistes pour faire le récit écrit de l’épopée aux lecteurs du lendemain. Les conditions de course sont donc très éprouvantes pour les coureurs, dont on interdit également toute aide durant la course afin de pouvoir raconter aux lecteurs des histoires épiques. Les choses changent progressivement avec l’arrivée de la radio qui rend moins les horaires du Tour moins contraignants pour les cyclistes. Enfin, l’arrivée de la retransmission de la course à la télévision dans les années 50 change encore une fois les modalités et le règlement de la course, qui se met progressivement aux normes que nous connaissons aujourd’hui.&lt;br /&gt;
 [[Fichier:Graph velo.png|600px|thumb|right|Source : MIGNOT, Histoire du Tour de France, 2014.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La place du vélo dans la société française ===&lt;br /&gt;
	À la fin du XIX et au début du XXe, la société française connaît une prise de vitesse importante de la croissance d’une société de consommation, qui s’explique avant tout par l’augmentation drastique du niveau de vie de la population à cette époque. Par exemple, sur la période 1890-1914, le PIB moyen français augmente de 1,3% puis de 1,6% entre 1914 et 1939. Cette augmentation du pouvoir d’achat français se traduit, entre autres, par l’achat de plus en plus massif de bicyclette, dont la production est rapidement mécanisée puis industrialisée. Le vélo occupe ainsi une place grandissante dans l’esprit des Français. Au début des années 1870 et jusqu’aux années 1890, la bicyclette est bien symbole de « modernité technologique » (Mignot, 2014) et de la « vitesse bourgeoise » (Gaboriau, 1991). Le début du XXe siècle voit le prix de ce moyen de transport chuter drastiquement, et de ce fait, se popularise. Alors que la classe privilégiée commence à lui préférer d’autres sports comme l’automobile et l’aviation, le vélo devient le moyen de locomotion individuel par excellence, bon marché pour la liberté de mouvement qu’il procure. Cependant, les années 1950-1960 amorcent un déclin du vélo. Les achats baissent alors fortement, et le parc passe de 30 à moins de 20 bicyclettes pour 100 habitants. Le vélo est alors concurrencé par d’autres transports devenant accessible au grand public : l’automobile et le cyclomoteur.&lt;br /&gt;
	&lt;br /&gt;
=== Analyse du film ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Itinéraire Tour de France 1955.png|400px|thumb|left|Itinéraire du Tour de France de 1955.]]&lt;br /&gt;
	C’est dans ce contexte des années 50 – probablement en 1955 lors de l’étape Colmar-Zürich – que se déroule cette étape alsacienne du Tour de France qui nous est présentée ici par le cinéaste Charles Messmer. Le film se déroule à Saint-Louis, une petite ville d’environ 14 000 habitants, située à l’extrême sud du Haut-Rhin. Composé de 27 plans et long de 3 minutes 14, ce document est filmé grâce à une caméra 16 mm. C’est un matériel professionnel très cher, et généralement réservé aux documentaires, ce qui laisse supposer que ce film a peut-être été tourné pour des actualités locales (un commentaire était probablement donné en même temps que les images défilaient à l’écran). Le film peut être grossièrement divisé en trois parties, qui sont systématiquement marquées par un changement de position du cinéaste : le passage des coureurs et des camions publicitaires [00 :00 :00] – [00 :02 :33], l’arrivée des coureurs à la sortie de la ville [00 :02 :33] – [00 :02 :46] et la célébration de fin avec la présentation des produits publicitaires à la foule par les camions filmés précédemment. On peut constater d’entrer de jeu que le cinéaste travaille de manière très fixe : il ne change en effet que trois fois de position durant l’entièreté du document. La stabilité de l’image est également remarquable, à la fois lorsque l’image est fixe et lorsque Messmer opère un panorama, ce qui pourrait impliquer que le cinéaste utilise un trépied. &lt;br /&gt;
	Outre son aspect technique, ce document permet de visualiser l’impact que pouvait avoir un événement sportif sur les masses durant les années 50. On peut ainsi observer que les gens viennent tous habillés comme lors de grandes occasions pour observer le passage des cyclistes, signe peut-être de leur anticipation de l’évènement et de l’importance qu’est ce dernier pour eux. De plus, ce film montre le déploiement de gros moyen publicitaire, sous la forme de camions et de présentations de produits pendant la course, à la fois en faisant partie du cortège, mais aussi en s’arrêtant au milieu des spectateurs une fois les cyclistes sortis de la ville. A ces produits publicitaires sont mêlés des éléments de régionalisme, comme par exemple les alsaciennes en tenue traditionnelle que l’on retrouve à deux reprises dans le film ([00 :00 :26] – [00 :00 :28] et [00 :00 :39] – [00 :00 :43]). Le film révèle également que la sécurité est relativement importante pour ce genre d’évènement, et le nombre de policiers (peut-être suisses ?) présents à l’écran est d’autant plus surprenant que la scène se passe dans une petite ville. &lt;br /&gt;
	Ainsi, nous pouvons conclure que Charles Messmer ait eu comme ambition en filmant cette étape de montrer au spectateur cet événement inédit pour les habitants de Saint-Louis et l’excitation qui en découlait. Le rassemblement si nombreux de personnes, leur habillement et la joie qui est brièvement montrée via le film sous forme d’acclamations ou d’applaudissement confirme cette hypothèse. Outre l’objectif du cinéaste, ce film nous permet d’observer et de comparer comment était perçu et vécu un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Andre Darrigade.png|400px|thumb|left|André Darrigade, vainqueur de l'étape Colmar-Zürich.]]&lt;br /&gt;
|Bibliographie=MIGNOT Jean-François, Histoire du Tour de France, Paris, La Découverte, 2014&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
OLLIVIER Jean-Paul, Histoire du cyclisme, Paris, Flammarion, 2003&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PATURLE Hervé et REBIERE Guillaume, Un siècle de cyclisme, Paris, Calmann-Lévy, 2011&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Andre_Darrigade.png&amp;diff=14420</id>
		<title>Fichier:Andre Darrigade.png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Andre_Darrigade.png&amp;diff=14420"/>
		<updated>2020-04-27T12:33:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : Une de magazine montrant Andre Darrigade, vainqueur de l'étape.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Une de magazine montrant Andre Darrigade, vainqueur de l'étape.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tour_de_France_%C3%A0_Saint-Louis_ou_Huningue(0127FS0017)&amp;diff=14419</id>
		<title>Tour de France à Saint-Louis ou Huningue(0127FS0017)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tour_de_France_%C3%A0_Saint-Louis_ou_Huningue(0127FS0017)&amp;diff=14419"/>
		<updated>2020-04-27T12:28:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Tour de France à Saint-Louis ou Huningue&lt;br /&gt;
|fonds=Gower&lt;br /&gt;
|idSupport=0127FS0017&lt;br /&gt;
|dateDebut=1949&lt;br /&gt;
|dateFin=1959&lt;br /&gt;
|video=0127FS0017_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:15&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Messmer, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=TDF_années_50.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Tour de France 1955&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saint-Louis&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Cycling&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le film, réalisé par Charles Messmer, montre le passage du Tour de France lors de l'étape Colmar-Zürich à Saint-Louis en 1955. Le  offre un aperçu de la réception d'un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Plan 1 : Passage de 8 cyclistes acclamés par la foule&lt;br /&gt;
Plan 2 : Plan opposé au précédent (vers la droite). Panorama vers la droite. La foule est au centre de l’image. On constate que les spectateurs sont bien habillés. &lt;br /&gt;
Plan 3 : Passage d’un camion publicitaire « encre Waterman ». &lt;br /&gt;
Plan 4 : Passage d’un camion publicitaire OCB. La caméra suit le mouvement du camion.&lt;br /&gt;
Plan 5 : Passage d’un deuxième camion OCB. La caméra suit également le mouvement du camion. Un policier patrouille le long de la route. &lt;br /&gt;
Plan 6 : Une femme en tenue traditionnelle alsacienne marche sur la route.&lt;br /&gt;
Plan 7 : Passage d’un camion publicitaire pour l’insecticide « Timon ». Un homme est assis sur le capot du camion et divertit la foule. &lt;br /&gt;
Plan 8 : Passage d’un camion publicitaire qui semble être pour un club de randonnée. On constate qu’une femme en tenue traditionnelle alsacienne est assise à l’avant.&lt;br /&gt;
Plan 9 : On constate la présence de multiples policiers (4 sont visibles et on en devine un 5ème hors champs). Passage d’un camion publicitaire. &lt;br /&gt;
Plan 10 : Passage d’un camion publicitaire pour le magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 11 : Passage d’une voiture du magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 12 : Passage d’un camion publicitaire pour des soins cosmétiques les « Férets frères ». La publicité propose de la mousse à raser ainsi que de la cire pour les cheveux aux hommes et des bandes épilatoires « taky » aux femmes. La publicité propose ainsi à ces dernières de se « takiser ». &lt;br /&gt;
Plan 13 : Passage de deux camions publicitaires identiques roulant côte à côte, faisant de la publicité pour « Royal Bubble-Gum » &lt;br /&gt;
Plan 14 : Passage de deux cyclistes. La caméra fait un panorama de droite afin de suivre le mouvement. &lt;br /&gt;
Plan 15 : Passage d’un cycliste. &lt;br /&gt;
Plan 16 : Passage d’un cycliste et d’une voiture décapotable, transportant probablement une équipe de caméra. &lt;br /&gt;
Plan 17 : Passade de deux cyclistes à contre-sens de la course portant des fleurs. &lt;br /&gt;
Plan 18 : Passage d’un cycliste seul. &lt;br /&gt;
Plan 19 : Passage de deux cyclistes&lt;br /&gt;
Plan 20 : Passage de 18 cyclistes. &lt;br /&gt;
Plan 21 : Le cinéaste continue de filmer le passage des cyclistes. Un cyclomoteur suit les cycliste (peut-être une équipe de journalistes ou de commentateurs ?)&lt;br /&gt;
Plan 22 : La caméra filme la route de face en étant légèrement sur la chaussée de gauche. Deux cyclistes arrivent. &lt;br /&gt;
Plan 23 : Départ de deux cyclistes. La caméra les films de dos. Cela semble être la ligne « d’arrivée ». &lt;br /&gt;
Plan 24 : Arrivée de deux cyclistes sous applaudissements. &lt;br /&gt;
Plan 25 : Le cinéaste film le camion des « Frères Férets » qui est maintenant garé au milieu de la foule. Deux hommes sur le toit semblent donner un petit spectacle. L’un joue de l’accordéon tandis que l’autre chante dans un micro. &lt;br /&gt;
Plan 26 : Idem. &lt;br /&gt;
Plan 27 : Panorama de gauche à droite sur la foule. Les gens semblent très bien habillés et la foule est nombreuse. On distingue de nombreux camions publicitaires garés au milieu de la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr==== Brève histoire du Tour de France === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le Tour de France est aujourd’hui un événement sportif majeur, connu et suivis dans de nombreux pays, et dont la popularité ne semble pas décroître. Son historiographie est très diverse : alors que certains travaux abordent le Tour de France en ne se restreignant qu’aux aspects organisationnels et sportifs, la majeure partie d’entre eux traite le Tour comme un révélateur des évolutions géographiques, économiques, sociales, politiques et culturelles. Le Tour est créé en 1903, de l’initiative d’un industriel du cycle, Jules-Albert de Dion, largement antidreyfusard, dans le but de faire de la pub pour un journal dont il était le propriétaire : l’Auto. Idée de Henri Desgranges, ancien agent de publicité et de son trésorier Victor Goddet, le Tour rencontre immédiatement une grande popularité parmi le public français. Depuis, il se déroule tous les ans, généralement en juillet, mis à part les interruptions liés à des événements très spécifiques comme les Guerres Mondiales ou les reconstructions qui suivent ces dernières. Ainsi, le Tour de France a été absent des périodes 1914-1918 et 1940-1947.  Cette création en elle-même est révélatrice de l’essor d’une culture de masse, alors qu’émergent une société de consommation ainsi qu’une véritable « civilisation des loisirs. ». Le Tour de France est, à ses débuts et jusqu’au début des années 30, retranscrit via le quotidien l’Auto. Il s’agit donc pour les organisateurs du Tour de faire commencer la course très tôt (généralement la veille au soir) afin de laisser du temps aux journalistes pour faire le récit écrit de l’épopée aux lecteurs du lendemain. Les conditions de course sont donc très éprouvantes pour les coureurs, dont on interdit également toute aide durant la course afin de pouvoir raconter aux lecteurs des histoires épiques. Les choses changent progressivement avec l’arrivée de la radio qui rend moins les horaires du Tour moins contraignants pour les cyclistes. Enfin, l’arrivée de la retransmission de la course à la télévision dans les années 50 change encore une fois les modalités et le règlement de la course, qui se met progressivement aux normes que nous connaissons aujourd’hui.&lt;br /&gt;
 [[Fichier:Graph velo.png|600px|thumb|right|Source : MIGNOT, Histoire du Tour de France, 2014.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La place du vélo dans la société française ===&lt;br /&gt;
	À la fin du XIX et au début du XXe, la société française connaît une prise de vitesse importante de la croissance d’une société de consommation, qui s’explique avant tout par l’augmentation drastique du niveau de vie de la population à cette époque. Par exemple, sur la période 1890-1914, le PIB moyen français augmente de 1,3% puis de 1,6% entre 1914 et 1939. Cette augmentation du pouvoir d’achat français se traduit, entre autres, par l’achat de plus en plus massif de bicyclette, dont la production est rapidement mécanisée puis industrialisée. Le vélo occupe ainsi une place grandissante dans l’esprit des Français. Au début des années 1870 et jusqu’aux années 1890, la bicyclette est bien symbole de « modernité technologique » (Mignot, 2014) et de la « vitesse bourgeoise » (Gaboriau, 1991). Le début du XXe siècle voit le prix de ce moyen de transport chuter drastiquement, et de ce fait, se popularise. Alors que la classe privilégiée commence à lui préférer d’autres sports comme l’automobile et l’aviation, le vélo devient le moyen de locomotion individuel par excellence, bon marché pour la liberté de mouvement qu’il procure. Cependant, les années 1950-1960 amorcent un déclin du vélo. Les achats baissent alors fortement, et le parc passe de 30 à moins de 20 bicyclettes pour 100 habitants. Le vélo est alors concurrencé par d’autres transports devenant accessible au grand public : l’automobile et le cyclomoteur.&lt;br /&gt;
	&lt;br /&gt;
=== Analyse du film ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Itinéraire Tour de France 1955.png|400px|thumb|left|Itinéraire du Tour de France de 1955.]]&lt;br /&gt;
	C’est dans ce contexte des années 50 – probablement en 1955 lors de l’étape Colmar-Zürich – que se déroule cette étape alsacienne du Tour de France qui nous est présentée ici par le cinéaste Charles Messmer. Le film se déroule à Saint-Louis, une petite ville d’environ 14 000 habitants, située à l’extrême sud du Haut-Rhin. Composé de 27 plans et long de 3 minutes 14, ce document est filmé grâce à une caméra 16 mm. C’est un matériel professionnel très cher, et généralement réservé aux documentaires, ce qui laisse supposer que ce film a peut-être été tourné pour des actualités locales (un commentaire était probablement donné en même temps que les images défilaient à l’écran). Le film peut être grossièrement divisé en trois parties, qui sont systématiquement marquées par un changement de position du cinéaste : le passage des coureurs et des camions publicitaires [00 :00 :00] – [00 :02 :33], l’arrivée des coureurs à la sortie de la ville [00 :02 :33] – [00 :02 :46] et la célébration de fin avec la présentation des produits publicitaires à la foule par les camions filmés précédemment. On peut constater d’entrer de jeu que le cinéaste travaille de manière très fixe : il ne change en effet que trois fois de position durant l’entièreté du document. La stabilité de l’image est également remarquable, à la fois lorsque l’image est fixe et lorsque Messmer opère un panorama, ce qui pourrait impliquer que le cinéaste utilise un trépied. &lt;br /&gt;
	Outre son aspect technique, ce document permet de visualiser l’impact que pouvait avoir un événement sportif sur les masses durant les années 50. On peut ainsi observer que les gens viennent tous habillés comme lors de grandes occasions pour observer le passage des cyclistes, signe peut-être de leur anticipation de l’évènement et de l’importance qu’est ce dernier pour eux. De plus, ce film montre le déploiement de gros moyen publicitaire, sous la forme de camions et de présentations de produits pendant la course, à la fois en faisant partie du cortège, mais aussi en s’arrêtant au milieu des spectateurs une fois les cyclistes sortis de la ville. A ces produits publicitaires sont mêlés des éléments de régionalisme, comme par exemple les alsaciennes en tenue traditionnelle que l’on retrouve à deux reprises dans le film ([00 :00 :26] – [00 :00 :28] et [00 :00 :39] – [00 :00 :43]). Le film révèle également que la sécurité est relativement importante pour ce genre d’évènement, et le nombre de policiers (peut-être suisses ?) présents à l’écran est d’autant plus surprenant que la scène se passe dans une petite ville. &lt;br /&gt;
	Ainsi, nous pouvons conclure que Charles Messmer ait eu comme ambition en filmant cette étape de montrer au spectateur cet événement inédit pour les habitants de Saint-Louis et l’excitation qui en découlait. Le rassemblement si nombreux de personnes, leur habillement et la joie qui est brièvement montrée via le film sous forme d’acclamations ou d’applaudissement confirme cette hypothèse. Outre l’objectif du cinéaste, ce film nous permet d’observer et de comparer comment était perçu et vécu un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=MIGNOT Jean-François, Histoire du Tour de France, Paris, La Découverte, 2014&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
OLLIVIER Jean-Paul, Histoire du cyclisme, Paris, Flammarion, 2003&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PATURLE Hervé et REBIERE Guillaume, Un siècle de cyclisme, Paris, Calmann-Lévy, 2011&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Itin%C3%A9raire_Tour_de_France_1955.png&amp;diff=14418</id>
		<title>Fichier:Itinéraire Tour de France 1955.png</title>
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		<updated>2020-04-27T12:27:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : Source : Page Wikipédia du Tour de France de 1955&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Source : Page Wikipédia du Tour de France de 1955&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>Tour de France à Saint-Louis ou Huningue(0127FS0017)</title>
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		<updated>2020-04-27T12:23:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Tour de France à Saint-Louis ou Huningue&lt;br /&gt;
|fonds=Gower&lt;br /&gt;
|idSupport=0127FS0017&lt;br /&gt;
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|lieux_ou_monuments=Saint-Louis&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Cycling&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le film, réalisé par Charles Messmer, montre le passage du Tour de France lors de l'étape Colmar-Zürich à Saint-Louis en 1955. Le  offre un aperçu de la réception d'un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Plan 1 : Passage de 8 cyclistes acclamés par la foule&lt;br /&gt;
Plan 2 : Plan opposé au précédent (vers la droite). Panorama vers la droite. La foule est au centre de l’image. On constate que les spectateurs sont bien habillés. &lt;br /&gt;
Plan 3 : Passage d’un camion publicitaire « encre Waterman ». &lt;br /&gt;
Plan 4 : Passage d’un camion publicitaire OCB. La caméra suit le mouvement du camion.&lt;br /&gt;
Plan 5 : Passage d’un deuxième camion OCB. La caméra suit également le mouvement du camion. Un policier patrouille le long de la route. &lt;br /&gt;
Plan 6 : Une femme en tenue traditionnelle alsacienne marche sur la route.&lt;br /&gt;
Plan 7 : Passage d’un camion publicitaire pour l’insecticide « Timon ». Un homme est assis sur le capot du camion et divertit la foule. &lt;br /&gt;
Plan 8 : Passage d’un camion publicitaire qui semble être pour un club de randonnée. On constate qu’une femme en tenue traditionnelle alsacienne est assise à l’avant.&lt;br /&gt;
Plan 9 : On constate la présence de multiples policiers (4 sont visibles et on en devine un 5ème hors champs). Passage d’un camion publicitaire. &lt;br /&gt;
Plan 10 : Passage d’un camion publicitaire pour le magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 11 : Passage d’une voiture du magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 12 : Passage d’un camion publicitaire pour des soins cosmétiques les « Férets frères ». La publicité propose de la mousse à raser ainsi que de la cire pour les cheveux aux hommes et des bandes épilatoires « taky » aux femmes. La publicité propose ainsi à ces dernières de se « takiser ». &lt;br /&gt;
Plan 13 : Passage de deux camions publicitaires identiques roulant côte à côte, faisant de la publicité pour « Royal Bubble-Gum » &lt;br /&gt;
Plan 14 : Passage de deux cyclistes. La caméra fait un panorama de droite afin de suivre le mouvement. &lt;br /&gt;
Plan 15 : Passage d’un cycliste. &lt;br /&gt;
Plan 16 : Passage d’un cycliste et d’une voiture décapotable, transportant probablement une équipe de caméra. &lt;br /&gt;
Plan 17 : Passade de deux cyclistes à contre-sens de la course portant des fleurs. &lt;br /&gt;
Plan 18 : Passage d’un cycliste seul. &lt;br /&gt;
Plan 19 : Passage de deux cyclistes&lt;br /&gt;
Plan 20 : Passage de 18 cyclistes. &lt;br /&gt;
Plan 21 : Le cinéaste continue de filmer le passage des cyclistes. Un cyclomoteur suit les cycliste (peut-être une équipe de journalistes ou de commentateurs ?)&lt;br /&gt;
Plan 22 : La caméra filme la route de face en étant légèrement sur la chaussée de gauche. Deux cyclistes arrivent. &lt;br /&gt;
Plan 23 : Départ de deux cyclistes. La caméra les films de dos. Cela semble être la ligne « d’arrivée ». &lt;br /&gt;
Plan 24 : Arrivée de deux cyclistes sous applaudissements. &lt;br /&gt;
Plan 25 : Le cinéaste film le camion des « Frères Férets » qui est maintenant garé au milieu de la foule. Deux hommes sur le toit semblent donner un petit spectacle. L’un joue de l’accordéon tandis que l’autre chante dans un micro. &lt;br /&gt;
Plan 26 : Idem. &lt;br /&gt;
Plan 27 : Panorama de gauche à droite sur la foule. Les gens semblent très bien habillés et la foule est nombreuse. On distingue de nombreux camions publicitaires garés au milieu de la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr==== Brève histoire du Tour de France === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le Tour de France est aujourd’hui un événement sportif majeur, connu et suivis dans de nombreux pays, et dont la popularité ne semble pas décroître. Son historiographie est très diverse : alors que certains travaux abordent le Tour de France en ne se restreignant qu’aux aspects organisationnels et sportifs, la majeure partie d’entre eux traite le Tour comme un révélateur des évolutions géographiques, économiques, sociales, politiques et culturelles. Le Tour est créé en 1903, de l’initiative d’un industriel du cycle, Jules-Albert de Dion, largement antidreyfusard, dans le but de faire de la pub pour un journal dont il était le propriétaire : l’Auto. Idée de Henri Desgranges, ancien agent de publicité et de son trésorier Victor Goddet, le Tour rencontre immédiatement une grande popularité parmi le public français. Depuis, il se déroule tous les ans, généralement en juillet, mis à part les interruptions liés à des événements très spécifiques comme les Guerres Mondiales ou les reconstructions qui suivent ces dernières. Ainsi, le Tour de France a été absent des périodes 1914-1918 et 1940-1947.  Cette création en elle-même est révélatrice de l’essor d’une culture de masse, alors qu’émergent une société de consommation ainsi qu’une véritable « civilisation des loisirs. ». Le Tour de France est, à ses débuts et jusqu’au début des années 30, retranscrit via le quotidien l’Auto. Il s’agit donc pour les organisateurs du Tour de faire commencer la course très tôt (généralement la veille au soir) afin de laisser du temps aux journalistes pour faire le récit écrit de l’épopée aux lecteurs du lendemain. Les conditions de course sont donc très éprouvantes pour les coureurs, dont on interdit également toute aide durant la course afin de pouvoir raconter aux lecteurs des histoires épiques. Les choses changent progressivement avec l’arrivée de la radio qui rend moins les horaires du Tour moins contraignants pour les cyclistes. Enfin, l’arrivée de la retransmission de la course à la télévision dans les années 50 change encore une fois les modalités et le règlement de la course, qui se met progressivement aux normes que nous connaissons aujourd’hui.&lt;br /&gt;
 [[Fichier:Graph velo.png|600px|thumb|right|Source : MIGNOT, Histoire du Tour de France, 2014.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La place du vélo dans la société française ===&lt;br /&gt;
	À la fin du XIX et au début du XXe, la société française connaît une prise de vitesse importante de la croissance d’une société de consommation, qui s’explique avant tout par l’augmentation drastique du niveau de vie de la population à cette époque. Par exemple, sur la période 1890-1914, le PIB moyen français augmente de 1,3% puis de 1,6% entre 1914 et 1939. Cette augmentation du pouvoir d’achat français se traduit, entre autres, par l’achat de plus en plus massif de bicyclette, dont la production est rapidement mécanisée puis industrialisée. Le vélo occupe ainsi une place grandissante dans l’esprit des Français. Au début des années 1870 et jusqu’aux années 1890, la bicyclette est bien symbole de « modernité technologique » (Mignot, 2014) et de la « vitesse bourgeoise » (Gaboriau, 1991). Le début du XXe siècle voit le prix de ce moyen de transport chuter drastiquement, et de ce fait, se popularise. Alors que la classe privilégiée commence à lui préférer d’autres sports comme l’automobile et l’aviation, le vélo devient le moyen de locomotion individuel par excellence, bon marché pour la liberté de mouvement qu’il procure. Cependant, les années 1950-1960 amorcent un déclin du vélo. Les achats baissent alors fortement, et le parc passe de 30 à moins de 20 bicyclettes pour 100 habitants. Le vélo est alors concurrencé par d’autres transports devenant accessible au grand public : l’automobile et le cyclomoteur.&lt;br /&gt;
	&lt;br /&gt;
=== Analyse du film ===&lt;br /&gt;
	C’est dans ce contexte des années 50 – probablement en 1955 lors de l’étape Colmar-Zürich – que se déroule cette étape alsacienne du Tour de France qui nous est présentée ici par le cinéaste Charles Messmer. Le film se déroule à Saint-Louis, une petite ville d’environ 14 000 habitants, située à l’extrême sud du Haut-Rhin. Composé de 27 plans et long de 3 minutes 14, ce document est filmé grâce à une caméra 16 mm. C’est un matériel professionnel très cher, et généralement réservé aux documentaires, ce qui laisse supposer que ce film a peut-être été tourné pour des actualités locales (un commentaire était probablement donné en même temps que les images défilaient à l’écran). Le film peut être grossièrement divisé en trois parties, qui sont systématiquement marquées par un changement de position du cinéaste : le passage des coureurs et des camions publicitaires [00 :00 :00] – [00 :02 :33], l’arrivée des coureurs à la sortie de la ville [00 :02 :33] – [00 :02 :46] et la célébration de fin avec la présentation des produits publicitaires à la foule par les camions filmés précédemment. On peut constater d’entrer de jeu que le cinéaste travaille de manière très fixe : il ne change en effet que trois fois de position durant l’entièreté du document. La stabilité de l’image est également remarquable, à la fois lorsque l’image est fixe et lorsque Messmer opère un panorama, ce qui pourrait impliquer que le cinéaste utilise un trépied. &lt;br /&gt;
	Outre son aspect technique, ce document permet de visualiser l’impact que pouvait avoir un événement sportif sur les masses durant les années 50. On peut ainsi observer que les gens viennent tous habillés comme lors de grandes occasions pour observer le passage des cyclistes, signe peut-être de leur anticipation de l’évènement et de l’importance qu’est ce dernier pour eux. De plus, ce film montre le déploiement de gros moyen publicitaire, sous la forme de camions et de présentations de produits pendant la course, à la fois en faisant partie du cortège, mais aussi en s’arrêtant au milieu des spectateurs une fois les cyclistes sortis de la ville. A ces produits publicitaires sont mêlés des éléments de régionalisme, comme par exemple les alsaciennes en tenue traditionnelle que l’on retrouve à deux reprises dans le film ([00 :00 :26] – [00 :00 :28] et [00 :00 :39] – [00 :00 :43]). Le film révèle également que la sécurité est relativement importante pour ce genre d’évènement, et le nombre de policiers (peut-être suisses ?) présents à l’écran est d’autant plus surprenant que la scène se passe dans une petite ville. &lt;br /&gt;
	Ainsi, nous pouvons conclure que Charles Messmer ait eu comme ambition en filmant cette étape de montrer au spectateur cet événement inédit pour les habitants de Saint-Louis et l’excitation qui en découlait. Le rassemblement si nombreux de personnes, leur habillement et la joie qui est brièvement montrée via le film sous forme d’acclamations ou d’applaudissement confirme cette hypothèse. Outre l’objectif du cinéaste, ce film nous permet d’observer et de comparer comment était perçu et vécu un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=MIGNOT Jean-François, Histoire du Tour de France, Paris, La Découverte, 2014&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
OLLIVIER Jean-Paul, Histoire du cyclisme, Paris, Flammarion, 2003&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PATURLE Hervé et REBIERE Guillaume, Un siècle de cyclisme, Paris, Calmann-Lévy, 2011&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tour_de_France_%C3%A0_Saint-Louis_ou_Huningue(0127FS0017)&amp;diff=14416</id>
		<title>Tour de France à Saint-Louis ou Huningue(0127FS0017)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tour_de_France_%C3%A0_Saint-Louis_ou_Huningue(0127FS0017)&amp;diff=14416"/>
		<updated>2020-04-27T12:21:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Tour de France à Saint-Louis ou Huningue&lt;br /&gt;
|fonds=Gower&lt;br /&gt;
|idSupport=0127FS0017&lt;br /&gt;
|dateDebut=1949&lt;br /&gt;
|dateFin=1959&lt;br /&gt;
|video=0127FS0017_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:15&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Messmer, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=TDF_années_50.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Tour de France 1955&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saint-Louis&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Cycling&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le film, réalisé par Charles Messmer, montre le passage du Tour de France lors de l'étape Colmar-Zürich à Saint-Louis en 1955. Le  offre un aperçu de la réception d'un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Plan 1 : Passage de 8 cyclistes acclamés par la foule&lt;br /&gt;
Plan 2 : Plan opposé au précédent (vers la droite). Panorama vers la droite. La foule est au centre de l’image. On constate que les spectateurs sont bien habillés. &lt;br /&gt;
Plan 3 : Passage d’un camion publicitaire « encre Waterman ». &lt;br /&gt;
Plan 4 : Passage d’un camion publicitaire OCB. La caméra suit le mouvement du camion.&lt;br /&gt;
Plan 5 : Passage d’un deuxième camion OCB. La caméra suit également le mouvement du camion. Un policier patrouille le long de la route. &lt;br /&gt;
Plan 6 : Une femme en tenue traditionnelle alsacienne marche sur la route.&lt;br /&gt;
Plan 7 : Passage d’un camion publicitaire pour l’insecticide « Timon ». Un homme est assis sur le capot du camion et divertit la foule. &lt;br /&gt;
Plan 8 : Passage d’un camion publicitaire qui semble être pour un club de randonnée. On constate qu’une femme en tenue traditionnelle alsacienne est assise à l’avant.&lt;br /&gt;
Plan 9 : On constate la présence de multiples policiers (4 sont visibles et on en devine un 5ème hors champs). Passage d’un camion publicitaire. &lt;br /&gt;
Plan 10 : Passage d’un camion publicitaire pour le magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 11 : Passage d’une voiture du magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 12 : Passage d’un camion publicitaire pour des soins cosmétiques les « Férets frères ». La publicité propose de la mousse à raser ainsi que de la cire pour les cheveux aux hommes et des bandes épilatoires « taky » aux femmes. La publicité propose ainsi à ces dernières de se « takiser ». &lt;br /&gt;
Plan 13 : Passage de deux camions publicitaires identiques roulant côte à côte, faisant de la publicité pour « Royal Bubble-Gum » &lt;br /&gt;
Plan 14 : Passage de deux cyclistes. La caméra fait un panorama de droite afin de suivre le mouvement. &lt;br /&gt;
Plan 15 : Passage d’un cycliste. &lt;br /&gt;
Plan 16 : Passage d’un cycliste et d’une voiture décapotable, transportant probablement une équipe de caméra. &lt;br /&gt;
Plan 17 : Passade de deux cyclistes à contre-sens de la course portant des fleurs. &lt;br /&gt;
Plan 18 : Passage d’un cycliste seul. &lt;br /&gt;
Plan 19 : Passage de deux cyclistes&lt;br /&gt;
Plan 20 : Passage de 18 cyclistes. &lt;br /&gt;
Plan 21 : Le cinéaste continue de filmer le passage des cyclistes. Un cyclomoteur suit les cycliste (peut-être une équipe de journalistes ou de commentateurs ?)&lt;br /&gt;
Plan 22 : La caméra filme la route de face en étant légèrement sur la chaussée de gauche. Deux cyclistes arrivent. &lt;br /&gt;
Plan 23 : Départ de deux cyclistes. La caméra les films de dos. Cela semble être la ligne « d’arrivée ». &lt;br /&gt;
Plan 24 : Arrivée de deux cyclistes sous applaudissements. &lt;br /&gt;
Plan 25 : Le cinéaste film le camion des « Frères Férets » qui est maintenant garé au milieu de la foule. Deux hommes sur le toit semblent donner un petit spectacle. L’un joue de l’accordéon tandis que l’autre chante dans un micro. &lt;br /&gt;
Plan 26 : Idem. &lt;br /&gt;
Plan 27 : Panorama de gauche à droite sur la foule. Les gens semblent très bien habillés et la foule est nombreuse. On distingue de nombreux camions publicitaires garés au milieu de la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr==== Brève histoire du Tour de France === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le Tour de France est aujourd’hui un événement sportif majeur, connu et suivis dans de nombreux pays, et dont la popularité ne semble pas décroître. Son historiographie est très diverse : alors que certains travaux abordent le Tour de France en ne se restreignant qu’aux aspects organisationnels et sportifs, la majeure partie d’entre eux traite le Tour comme un révélateur des évolutions géographiques, économiques, sociales, politiques et culturelles. Le Tour est créé en 1903, de l’initiative d’un industriel du cycle, Jules-Albert de Dion, largement antidreyfusard, dans le but de faire de la pub pour un journal dont il était le propriétaire : l’Auto. Idée de Henri Desgranges, ancien agent de publicité et de son trésorier Victor Goddet, le Tour rencontre immédiatement une grande popularité parmi le public français. Depuis, il se déroule tous les ans, généralement en juillet, mis à part les interruptions liés à des événements très spécifiques comme les Guerres Mondiales ou les reconstructions qui suivent ces dernières. Ainsi, le Tour de France a été absent des périodes 1914-1918 et 1940-1947.  Cette création en elle-même est révélatrice de l’essor d’une culture de masse, alors qu’émergent une société de consommation ainsi qu’une véritable « civilisation des loisirs. ». Le Tour de France est, à ses débuts et jusqu’au début des années 30, retranscrit via le quotidien l’Auto. Il s’agit donc pour les organisateurs du Tour de faire commencer la course très tôt (généralement la veille au soir) afin de laisser du temps aux journalistes pour faire le récit écrit de l’épopée aux lecteurs du lendemain. Les conditions de course sont donc très éprouvantes pour les coureurs, dont on interdit également toute aide durant la course afin de pouvoir raconter aux lecteurs des histoires épiques. Les choses changent progressivement avec l’arrivée de la radio qui rend moins les horaires du Tour moins contraignants pour les cyclistes. Enfin, l’arrivée de la retransmission de la course à la télévision dans les années 50 change encore une fois les modalités et le règlement de la course, qui se met progressivement aux normes que nous connaissons aujourd’hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La place du vélo dans la société française ===&lt;br /&gt;
	À la fin du XIX et au début du XXe, la société française connaît une prise de vitesse importante de la croissance d’une société de consommation, qui s’explique avant tout par l’augmentation drastique du niveau de vie de la population à cette époque. Par exemple, sur la période 1890-1914, le PIB moyen français augmente de 1,3% puis de 1,6% entre 1914 et 1939. Cette augmentation du pouvoir d’achat français se traduit, entre autres, par l’achat de plus en plus massif de bicyclette, dont la production est rapidement mécanisée puis industrialisée. Le vélo occupe ainsi une place grandissante dans l’esprit des Français. Au début des années 1870 et jusqu’aux années 1890, la bicyclette est bien symbole de « modernité technologique » (Mignot, 2014) et de la « vitesse bourgeoise » (Gaboriau, 1991). Le début du XXe siècle voit le prix de ce moyen de transport chuter drastiquement, et de ce fait, se popularise. Alors que la classe privilégiée commence à lui préférer d’autres sports comme l’automobile et l’aviation, le vélo devient le moyen de locomotion individuel par excellence, bon marché pour la liberté de mouvement qu’il procure. Cependant, les années 1950-1960 amorcent un déclin du vélo. Les achats baissent alors fortement, et le parc passe de 30 à moins de 20 bicyclettes pour 100 habitants. Le vélo est alors concurrencé par d’autres transports devenant accessible au grand public : l’automobile et le cyclomoteur. [[Fichier:Graph velo.png|600px|thumb|right|Source : MIGNOT, Histoire du Tour de France, 2014.]]&lt;br /&gt;
	&lt;br /&gt;
=== Analyse du film ===&lt;br /&gt;
	C’est dans ce contexte des années 50 – probablement en 1955 lors de l’étape Colmar-Zürich – que se déroule cette étape alsacienne du Tour de France qui nous est présentée ici par le cinéaste Charles Messmer. Le film se déroule à Saint-Louis, une petite ville d’environ 14 000 habitants, située à l’extrême sud du Haut-Rhin. Composé de 27 plans et long de 3 minutes 14, ce document est filmé grâce à une caméra 16 mm. C’est un matériel professionnel très cher, et généralement réservé aux documentaires, ce qui laisse supposer que ce film a peut-être été tourné pour des actualités locales (un commentaire était probablement donné en même temps que les images défilaient à l’écran). Le film peut être grossièrement divisé en trois parties, qui sont systématiquement marquées par un changement de position du cinéaste : le passage des coureurs et des camions publicitaires [00 :00 :00] – [00 :02 :33], l’arrivée des coureurs à la sortie de la ville [00 :02 :33] – [00 :02 :46] et la célébration de fin avec la présentation des produits publicitaires à la foule par les camions filmés précédemment. On peut constater d’entrer de jeu que le cinéaste travaille de manière très fixe : il ne change en effet que trois fois de position durant l’entièreté du document. La stabilité de l’image est également remarquable, à la fois lorsque l’image est fixe et lorsque Messmer opère un panorama, ce qui pourrait impliquer que le cinéaste utilise un trépied. &lt;br /&gt;
	Outre son aspect technique, ce document permet de visualiser l’impact que pouvait avoir un événement sportif sur les masses durant les années 50. On peut ainsi observer que les gens viennent tous habillés comme lors de grandes occasions pour observer le passage des cyclistes, signe peut-être de leur anticipation de l’évènement et de l’importance qu’est ce dernier pour eux. De plus, ce film montre le déploiement de gros moyen publicitaire, sous la forme de camions et de présentations de produits pendant la course, à la fois en faisant partie du cortège, mais aussi en s’arrêtant au milieu des spectateurs une fois les cyclistes sortis de la ville. A ces produits publicitaires sont mêlés des éléments de régionalisme, comme par exemple les alsaciennes en tenue traditionnelle que l’on retrouve à deux reprises dans le film ([00 :00 :26] – [00 :00 :28] et [00 :00 :39] – [00 :00 :43]). Le film révèle également que la sécurité est relativement importante pour ce genre d’évènement, et le nombre de policiers (peut-être suisses ?) présents à l’écran est d’autant plus surprenant que la scène se passe dans une petite ville. &lt;br /&gt;
	Ainsi, nous pouvons conclure que Charles Messmer ait eu comme ambition en filmant cette étape de montrer au spectateur cet événement inédit pour les habitants de Saint-Louis et l’excitation qui en découlait. Le rassemblement si nombreux de personnes, leur habillement et la joie qui est brièvement montrée via le film sous forme d’acclamations ou d’applaudissement confirme cette hypothèse. Outre l’objectif du cinéaste, ce film nous permet d’observer et de comparer comment était perçu et vécu un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=MIGNOT Jean-François, Histoire du Tour de France, Paris, La Découverte, 2014&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
OLLIVIER Jean-Paul, Histoire du cyclisme, Paris, Flammarion, 2003&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PATURLE Hervé et REBIERE Guillaume, Un siècle de cyclisme, Paris, Calmann-Lévy, 2011&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tour_de_France_%C3%A0_Saint-Louis_ou_Huningue(0127FS0017)&amp;diff=14415</id>
		<title>Tour de France à Saint-Louis ou Huningue(0127FS0017)</title>
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		<updated>2020-04-27T12:21:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Tour de France à Saint-Louis ou Huningue&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Le film, réalisé par Charles Messmer, montre le passage du Tour de France lors de l'étape Colmar-Zürich à Saint-Louis en 1955. Le  offre un aperçu de la réception d'un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Plan 1 : Passage de 8 cyclistes acclamés par la foule&lt;br /&gt;
Plan 2 : Plan opposé au précédent (vers la droite). Panorama vers la droite. La foule est au centre de l’image. On constate que les spectateurs sont bien habillés. &lt;br /&gt;
Plan 3 : Passage d’un camion publicitaire « encre Waterman ». &lt;br /&gt;
Plan 4 : Passage d’un camion publicitaire OCB. La caméra suit le mouvement du camion.&lt;br /&gt;
Plan 5 : Passage d’un deuxième camion OCB. La caméra suit également le mouvement du camion. Un policier patrouille le long de la route. &lt;br /&gt;
Plan 6 : Une femme en tenue traditionnelle alsacienne marche sur la route.&lt;br /&gt;
Plan 7 : Passage d’un camion publicitaire pour l’insecticide « Timon ». Un homme est assis sur le capot du camion et divertit la foule. &lt;br /&gt;
Plan 8 : Passage d’un camion publicitaire qui semble être pour un club de randonnée. On constate qu’une femme en tenue traditionnelle alsacienne est assise à l’avant.&lt;br /&gt;
Plan 9 : On constate la présence de multiples policiers (4 sont visibles et on en devine un 5ème hors champs). Passage d’un camion publicitaire. &lt;br /&gt;
Plan 10 : Passage d’un camion publicitaire pour le magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 11 : Passage d’une voiture du magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 12 : Passage d’un camion publicitaire pour des soins cosmétiques les « Férets frères ». La publicité propose de la mousse à raser ainsi que de la cire pour les cheveux aux hommes et des bandes épilatoires « taky » aux femmes. La publicité propose ainsi à ces dernières de se « takiser ». &lt;br /&gt;
Plan 13 : Passage de deux camions publicitaires identiques roulant côte à côte, faisant de la publicité pour « Royal Bubble-Gum » &lt;br /&gt;
Plan 14 : Passage de deux cyclistes. La caméra fait un panorama de droite afin de suivre le mouvement. &lt;br /&gt;
Plan 15 : Passage d’un cycliste. &lt;br /&gt;
Plan 16 : Passage d’un cycliste et d’une voiture décapotable, transportant probablement une équipe de caméra. &lt;br /&gt;
Plan 17 : Passade de deux cyclistes à contre-sens de la course portant des fleurs. &lt;br /&gt;
Plan 18 : Passage d’un cycliste seul. &lt;br /&gt;
Plan 19 : Passage de deux cyclistes&lt;br /&gt;
Plan 20 : Passage de 18 cyclistes. &lt;br /&gt;
Plan 21 : Le cinéaste continue de filmer le passage des cyclistes. Un cyclomoteur suit les cycliste (peut-être une équipe de journalistes ou de commentateurs ?)&lt;br /&gt;
Plan 22 : La caméra filme la route de face en étant légèrement sur la chaussée de gauche. Deux cyclistes arrivent. &lt;br /&gt;
Plan 23 : Départ de deux cyclistes. La caméra les films de dos. Cela semble être la ligne « d’arrivée ». &lt;br /&gt;
Plan 24 : Arrivée de deux cyclistes sous applaudissements. &lt;br /&gt;
Plan 25 : Le cinéaste film le camion des « Frères Férets » qui est maintenant garé au milieu de la foule. Deux hommes sur le toit semblent donner un petit spectacle. L’un joue de l’accordéon tandis que l’autre chante dans un micro. &lt;br /&gt;
Plan 26 : Idem. &lt;br /&gt;
Plan 27 : Panorama de gauche à droite sur la foule. Les gens semblent très bien habillés et la foule est nombreuse. On distingue de nombreux camions publicitaires garés au milieu de la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr==== Brève histoire du Tour de France === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le Tour de France est aujourd’hui un événement sportif majeur, connu et suivis dans de nombreux pays, et dont la popularité ne semble pas décroître. Son historiographie est très diverse : alors que certains travaux abordent le Tour de France en ne se restreignant qu’aux aspects organisationnels et sportifs, la majeure partie d’entre eux traite le Tour comme un révélateur des évolutions géographiques, économiques, sociales, politiques et culturelles. Le Tour est créé en 1903, de l’initiative d’un industriel du cycle, Jules-Albert de Dion, largement antidreyfusard, dans le but de faire de la pub pour un journal dont il était le propriétaire : l’Auto. Idée de Henri Desgranges, ancien agent de publicité et de son trésorier Victor Goddet, le Tour rencontre immédiatement une grande popularité parmi le public français. Depuis, il se déroule tous les ans, généralement en juillet, mis à part les interruptions liés à des événements très spécifiques comme les Guerres Mondiales ou les reconstructions qui suivent ces dernières. Ainsi, le Tour de France a été absent des périodes 1914-1918 et 1940-1947.  Cette création en elle-même est révélatrice de l’essor d’une culture de masse, alors qu’émergent une société de consommation ainsi qu’une véritable « civilisation des loisirs. ». Le Tour de France est, à ses débuts et jusqu’au début des années 30, retranscrit via le quotidien l’Auto. Il s’agit donc pour les organisateurs du Tour de faire commencer la course très tôt (généralement la veille au soir) afin de laisser du temps aux journalistes pour faire le récit écrit de l’épopée aux lecteurs du lendemain. Les conditions de course sont donc très éprouvantes pour les coureurs, dont on interdit également toute aide durant la course afin de pouvoir raconter aux lecteurs des histoires épiques. Les choses changent progressivement avec l’arrivée de la radio qui rend moins les horaires du Tour moins contraignants pour les cyclistes. Enfin, l’arrivée de la retransmission de la course à la télévision dans les années 50 change encore une fois les modalités et le règlement de la course, qui se met progressivement aux normes que nous connaissons aujourd’hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La place du vélo dans la société française ===&lt;br /&gt;
	À la fin du XIX et au début du XXe, la société française connaît une prise de vitesse importante de la croissance d’une société de consommation, qui s’explique avant tout par l’augmentation drastique du niveau de vie de la population à cette époque. Par exemple, sur la période 1890-1914, le PIB moyen français augmente de 1,3% puis de 1,6% entre 1914 et 1939. Cette augmentation du pouvoir d’achat français se traduit, entre autres, par l’achat de plus en plus massif de bicyclette, dont la production est rapidement mécanisée puis industrialisée. Le vélo occupe ainsi une place grandissante dans l’esprit des Français. Au début des années 1870 et jusqu’aux années 1890, la bicyclette est bien symbole de « modernité technologique » (Mignot, 2014) et de la « vitesse bourgeoise » (Gaboriau, 1991). Le début du XXe siècle voit le prix de ce moyen de transport chuter drastiquement, et de ce fait, se popularise. Alors que la classe privilégiée commence à lui préférer d’autres sports comme l’automobile et l’aviation, le vélo devient le moyen de locomotion individuel par excellence, bon marché pour la liberté de mouvement qu’il procure. Cependant, les années 1950-1960 amorcent un déclin du vélo. Les achats baissent alors fortement, et le parc passe de 30 à moins de 20 bicyclettes pour 100 habitants. Le vélo est alors concurrencé par d’autres transports devenant accessible au grand public : l’automobile et le cyclomoteur. [[Fichier:Graph velo.png|300px|thumb|right|Source : MIGNOT, Histoire du Tour de France, 2014.]]&lt;br /&gt;
	&lt;br /&gt;
=== Analyse du film ===&lt;br /&gt;
	C’est dans ce contexte des années 50 – probablement en 1955 lors de l’étape Colmar-Zürich – que se déroule cette étape alsacienne du Tour de France qui nous est présentée ici par le cinéaste Charles Messmer. Le film se déroule à Saint-Louis, une petite ville d’environ 14 000 habitants, située à l’extrême sud du Haut-Rhin. Composé de 27 plans et long de 3 minutes 14, ce document est filmé grâce à une caméra 16 mm. C’est un matériel professionnel très cher, et généralement réservé aux documentaires, ce qui laisse supposer que ce film a peut-être été tourné pour des actualités locales (un commentaire était probablement donné en même temps que les images défilaient à l’écran). Le film peut être grossièrement divisé en trois parties, qui sont systématiquement marquées par un changement de position du cinéaste : le passage des coureurs et des camions publicitaires [00 :00 :00] – [00 :02 :33], l’arrivée des coureurs à la sortie de la ville [00 :02 :33] – [00 :02 :46] et la célébration de fin avec la présentation des produits publicitaires à la foule par les camions filmés précédemment. On peut constater d’entrer de jeu que le cinéaste travaille de manière très fixe : il ne change en effet que trois fois de position durant l’entièreté du document. La stabilité de l’image est également remarquable, à la fois lorsque l’image est fixe et lorsque Messmer opère un panorama, ce qui pourrait impliquer que le cinéaste utilise un trépied. &lt;br /&gt;
	Outre son aspect technique, ce document permet de visualiser l’impact que pouvait avoir un événement sportif sur les masses durant les années 50. On peut ainsi observer que les gens viennent tous habillés comme lors de grandes occasions pour observer le passage des cyclistes, signe peut-être de leur anticipation de l’évènement et de l’importance qu’est ce dernier pour eux. De plus, ce film montre le déploiement de gros moyen publicitaire, sous la forme de camions et de présentations de produits pendant la course, à la fois en faisant partie du cortège, mais aussi en s’arrêtant au milieu des spectateurs une fois les cyclistes sortis de la ville. A ces produits publicitaires sont mêlés des éléments de régionalisme, comme par exemple les alsaciennes en tenue traditionnelle que l’on retrouve à deux reprises dans le film ([00 :00 :26] – [00 :00 :28] et [00 :00 :39] – [00 :00 :43]). Le film révèle également que la sécurité est relativement importante pour ce genre d’évènement, et le nombre de policiers (peut-être suisses ?) présents à l’écran est d’autant plus surprenant que la scène se passe dans une petite ville. &lt;br /&gt;
	Ainsi, nous pouvons conclure que Charles Messmer ait eu comme ambition en filmant cette étape de montrer au spectateur cet événement inédit pour les habitants de Saint-Louis et l’excitation qui en découlait. Le rassemblement si nombreux de personnes, leur habillement et la joie qui est brièvement montrée via le film sous forme d’acclamations ou d’applaudissement confirme cette hypothèse. Outre l’objectif du cinéaste, ce film nous permet d’observer et de comparer comment était perçu et vécu un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=MIGNOT Jean-François, Histoire du Tour de France, Paris, La Découverte, 2014&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
OLLIVIER Jean-Paul, Histoire du cyclisme, Paris, Flammarion, 2003&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PATURLE Hervé et REBIERE Guillaume, Un siècle de cyclisme, Paris, Calmann-Lévy, 2011&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Graph_velo.png&amp;diff=14414</id>
		<title>Fichier:Graph velo.png</title>
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		<updated>2020-04-27T12:19:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : Graphique présentant production de bicyclette. Source : MIGNOT, Histoire du Tour de France, Repère, Paris, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Graphique présentant production de bicyclette. Source : MIGNOT, Histoire du Tour de France, Repère, Paris, 2014.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Tour_de_France_%C3%A0_Saint-Louis_ou_Huningue(0127FS0017)&amp;diff=14413</id>
		<title>Tour de France à Saint-Louis ou Huningue(0127FS0017)</title>
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		<updated>2020-04-27T12:14:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Tour de France à Saint-Louis ou Huningue&lt;br /&gt;
|fonds=Gower&lt;br /&gt;
|idSupport=0127FS0017&lt;br /&gt;
|dateDebut=1949&lt;br /&gt;
|dateFin=1959&lt;br /&gt;
|video=0127FS0017_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:15&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Messmer, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=TDF_années_50.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Tour de France 1955&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saint-Louis&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Cycling&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le film, réalisé par Charles Messmer, montre le passage du Tour de France lors de l'étape Colmar-Zürich à Saint-Louis en 1955. Le  offre un aperçu de la réception d'un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Plan 1 : Passage de 8 cyclistes acclamés par la foule&lt;br /&gt;
Plan 2 : Plan opposé au précédent (vers la droite). Panorama vers la droite. La foule est au centre de l’image. On constate que les spectateurs sont bien habillés. &lt;br /&gt;
Plan 3 : Passage d’un camion publicitaire « encre Waterman ». &lt;br /&gt;
Plan 4 : Passage d’un camion publicitaire OCB. La caméra suit le mouvement du camion.&lt;br /&gt;
Plan 5 : Passage d’un deuxième camion OCB. La caméra suit également le mouvement du camion. Un policier patrouille le long de la route. &lt;br /&gt;
Plan 6 : Une femme en tenue traditionnelle alsacienne marche sur la route.&lt;br /&gt;
Plan 7 : Passage d’un camion publicitaire pour l’insecticide « Timon ». Un homme est assis sur le capot du camion et divertit la foule. &lt;br /&gt;
Plan 8 : Passage d’un camion publicitaire qui semble être pour un club de randonnée. On constate qu’une femme en tenue traditionnelle alsacienne est assise à l’avant.&lt;br /&gt;
Plan 9 : On constate la présence de multiples policiers (4 sont visibles et on en devine un 5ème hors champs). Passage d’un camion publicitaire. &lt;br /&gt;
Plan 10 : Passage d’un camion publicitaire pour le magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 11 : Passage d’une voiture du magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 12 : Passage d’un camion publicitaire pour des soins cosmétiques les « Férets frères ». La publicité propose de la mousse à raser ainsi que de la cire pour les cheveux aux hommes et des bandes épilatoires « taky » aux femmes. La publicité propose ainsi à ces dernières de se « takiser ». &lt;br /&gt;
Plan 13 : Passage de deux camions publicitaires identiques roulant côte à côte, faisant de la publicité pour « Royal Bubble-Gum » &lt;br /&gt;
Plan 14 : Passage de deux cyclistes. La caméra fait un panorama de droite afin de suivre le mouvement. &lt;br /&gt;
Plan 15 : Passage d’un cycliste. &lt;br /&gt;
Plan 16 : Passage d’un cycliste et d’une voiture décapotable, transportant probablement une équipe de caméra. &lt;br /&gt;
Plan 17 : Passade de deux cyclistes à contre-sens de la course portant des fleurs. &lt;br /&gt;
Plan 18 : Passage d’un cycliste seul. &lt;br /&gt;
Plan 19 : Passage de deux cyclistes&lt;br /&gt;
Plan 20 : Passage de 18 cyclistes. &lt;br /&gt;
Plan 21 : Le cinéaste continue de filmer le passage des cyclistes. Un cyclomoteur suit les cycliste (peut-être une équipe de journalistes ou de commentateurs ?)&lt;br /&gt;
Plan 22 : La caméra filme la route de face en étant légèrement sur la chaussée de gauche. Deux cyclistes arrivent. &lt;br /&gt;
Plan 23 : Départ de deux cyclistes. La caméra les films de dos. Cela semble être la ligne « d’arrivée ». &lt;br /&gt;
Plan 24 : Arrivée de deux cyclistes sous applaudissements. &lt;br /&gt;
Plan 25 : Le cinéaste film le camion des « Frères Férets » qui est maintenant garé au milieu de la foule. Deux hommes sur le toit semblent donner un petit spectacle. L’un joue de l’accordéon tandis que l’autre chante dans un micro. &lt;br /&gt;
Plan 26 : Idem. &lt;br /&gt;
Plan 27 : Panorama de gauche à droite sur la foule. Les gens semblent très bien habillés et la foule est nombreuse. On distingue de nombreux camions publicitaires garés au milieu de la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''=== Brève histoire du Tour de France ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le Tour de France est aujourd’hui un événement sportif majeur, connu et suivis dans de nombreux pays, et dont la popularité ne semble pas décroître. Son historiographie est très diverse : alors que certains travaux abordent le Tour de France en ne se restreignant qu’aux aspects organisationnels et sportifs, la majeure partie d’entre eux traite le Tour comme un révélateur des évolutions géographiques, économiques, sociales, politiques et culturelles. Le Tour est créé en 1903, de l’initiative d’un industriel du cycle, Jules-Albert de Dion, largement antidreyfusard, dans le but de faire de la pub pour un journal dont il était le propriétaire : l’Auto. Idée de Henri Desgranges, ancien agent de publicité et de son trésorier Victor Goddet, le Tour rencontre immédiatement une grande popularité parmi le public français. Depuis, il se déroule tous les ans, généralement en juillet, mis à part les interruptions liés à des événements très spécifiques comme les Guerres Mondiales ou les reconstructions qui suivent ces dernières. Ainsi, le Tour de France a été absent des périodes 1914-1918 et 1940-1947.  Cette création en elle-même est révélatrice de l’essor d’une culture de masse, alors qu’émergent une société de consommation ainsi qu’une véritable « civilisation des loisirs. ». Le Tour de France est, à ses débuts et jusqu’au début des années 30, retranscrit via le quotidien l’Auto. Il s’agit donc pour les organisateurs du Tour de faire commencer la course très tôt (généralement la veille au soir) afin de laisser du temps aux journalistes pour faire le récit écrit de l’épopée aux lecteurs du lendemain. Les conditions de course sont donc très éprouvantes pour les coureurs, dont on interdit également toute aide durant la course afin de pouvoir raconter aux lecteurs des histoires épiques. Les choses changent progressivement avec l’arrivée de la radio qui rend moins les horaires du Tour moins contraignants pour les cyclistes. Enfin, l’arrivée de la retransmission de la course à la télévision dans les années 50 change encore une fois les modalités et le règlement de la course, qui se met progressivement aux normes que nous connaissons aujourd’hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La place du vélo dans la société française ===&lt;br /&gt;
	À la fin du XIX et au début du XXe, la société française connaît une prise de vitesse importante de la croissance d’une société de consommation, qui s’explique avant tout par l’augmentation drastique du niveau de vie de la population à cette époque. Par exemple, sur la période 1890-1914, le PIB moyen français augmente de 1,3% puis de 1,6% entre 1914 et 1939. Cette augmentation du pouvoir d’achat français se traduit, entre autres, par l’achat de plus en plus massif de bicyclette, dont la production est rapidement mécanisée puis industrialisée. Le vélo occupe ainsi une place grandissante dans l’esprit des Français. Au début des années 1870 et jusqu’aux années 1890, la bicyclette est bien symbole de « modernité technologique » (Mignot, 2014) et de la « vitesse bourgeoise » (Gaboriau, 1991). Le début du XXe siècle voit le prix de ce moyen de transport chuter drastiquement, et de ce fait, se popularise. Alors que la classe privilégiée commence à lui préférer d’autres sports comme l’automobile et l’aviation, le vélo devient le moyen de locomotion individuel par excellence, bon marché pour la liberté de mouvement qu’il procure. Cependant, les années 1950-1960 amorcent un déclin du vélo. Les achats baissent alors fortement, et le parc passe de 30 à moins de 20 bicyclettes pour 100 habitants. Le vélo est alors concurrencé par d’autres transports devenant accessible au grand public : l’automobile et le cyclomoteur.&lt;br /&gt;
	&lt;br /&gt;
=== Analyse du film ===&lt;br /&gt;
	C’est dans ce contexte des années 50 – probablement en 1955 lors de l’étape Colmar-Zürich – que se déroule cette étape alsacienne du Tour de France qui nous est présentée ici par le cinéaste Charles Messmer. Le film se déroule à Saint-Louis, une petite ville d’environ 14 000 habitants, située à l’extrême sud du Haut-Rhin. Composé de 27 plans et long de 3 minutes 14, ce document est filmé grâce à une caméra 16 mm. C’est un matériel professionnel très cher, et généralement réservé aux documentaires, ce qui laisse supposer que ce film a peut-être été tourné pour des actualités locales (un commentaire était probablement donné en même temps que les images défilaient à l’écran). Le film peut être grossièrement divisé en trois parties, qui sont systématiquement marquées par un changement de position du cinéaste : le passage des coureurs et des camions publicitaires [00 :00 :00] – [00 :02 :33], l’arrivée des coureurs à la sortie de la ville [00 :02 :33] – [00 :02 :46] et la célébration de fin avec la présentation des produits publicitaires à la foule par les camions filmés précédemment. On peut constater d’entrer de jeu que le cinéaste travaille de manière très fixe : il ne change en effet que trois fois de position durant l’entièreté du document. La stabilité de l’image est également remarquable, à la fois lorsque l’image est fixe et lorsque Messmer opère un panorama, ce qui pourrait impliquer que le cinéaste utilise un trépied. &lt;br /&gt;
	Outre son aspect technique, ce document permet de visualiser l’impact que pouvait avoir un événement sportif sur les masses durant les années 50. On peut ainsi observer que les gens viennent tous habillés comme lors de grandes occasions pour observer le passage des cyclistes, signe peut-être de leur anticipation de l’évènement et de l’importance qu’est ce dernier pour eux. De plus, ce film montre le déploiement de gros moyen publicitaire, sous la forme de camions et de présentations de produits pendant la course, à la fois en faisant partie du cortège, mais aussi en s’arrêtant au milieu des spectateurs une fois les cyclistes sortis de la ville. A ces produits publicitaires sont mêlés des éléments de régionalisme, comme par exemple les alsaciennes en tenue traditionnelle que l’on retrouve à deux reprises dans le film ([00 :00 :26] – [00 :00 :28] et [00 :00 :39] – [00 :00 :43]). Le film révèle également que la sécurité est relativement importante pour ce genre d’évènement, et le nombre de policiers (peut-être suisses ?) présents à l’écran est d’autant plus surprenant que la scène se passe dans une petite ville. &lt;br /&gt;
	Ainsi, nous pouvons conclure que Charles Messmer ait eu comme ambition en filmant cette étape de montrer au spectateur cet événement inédit pour les habitants de Saint-Louis et l’excitation qui en découlait. Le rassemblement si nombreux de personnes, leur habillement et la joie qui est brièvement montrée via le film sous forme d’acclamations ou d’applaudissement confirme cette hypothèse. Outre l’objectif du cinéaste, ce film nous permet d’observer et de comparer comment était perçu et vécu un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=MIGNOT Jean-François, Histoire du Tour de France, Paris, La Découverte, 2014&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
OLLIVIER Jean-Paul, Histoire du cyclisme, Paris, Flammarion, 2003&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PATURLE Hervé et REBIERE Guillaume, Un siècle de cyclisme, Paris, Calmann-Lévy, 2011&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
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		<title>Tour de France à Saint-Louis ou Huningue(0127FS0017)</title>
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		<updated>2020-04-27T12:13:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
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|thematique=Cycling&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le film, réalisé par Charles Messmer, montre le passage du Tour de France lors de l'étape Colmar-Zürich à Saint-Louis en 1955. Le  offre un aperçu de la réception d'un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Plan 1 : Passage de 8 cyclistes acclamés par la foule&lt;br /&gt;
Plan 2 : Plan opposé au précédent (vers la droite). Panorama vers la droite. La foule est au centre de l’image. On constate que les spectateurs sont bien habillés. &lt;br /&gt;
Plan 3 : Passage d’un camion publicitaire « encre Waterman ». &lt;br /&gt;
Plan 4 : Passage d’un camion publicitaire OCB. La caméra suit le mouvement du camion.&lt;br /&gt;
Plan 5 : Passage d’un deuxième camion OCB. La caméra suit également le mouvement du camion. Un policier patrouille le long de la route. &lt;br /&gt;
Plan 6 : Une femme en tenue traditionnelle alsacienne marche sur la route.&lt;br /&gt;
Plan 7 : Passage d’un camion publicitaire pour l’insecticide « Timon ». Un homme est assis sur le capot du camion et divertit la foule. &lt;br /&gt;
Plan 8 : Passage d’un camion publicitaire qui semble être pour un club de randonnée. On constate qu’une femme en tenue traditionnelle alsacienne est assise à l’avant.&lt;br /&gt;
Plan 9 : On constate la présence de multiples policiers (4 sont visibles et on en devine un 5ème hors champs). Passage d’un camion publicitaire. &lt;br /&gt;
Plan 10 : Passage d’un camion publicitaire pour le magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 11 : Passage d’une voiture du magazine l’Équipe.&lt;br /&gt;
Plan 12 : Passage d’un camion publicitaire pour des soins cosmétiques les « Férets frères ». La publicité propose de la mousse à raser ainsi que de la cire pour les cheveux aux hommes et des bandes épilatoires « taky » aux femmes. La publicité propose ainsi à ces dernières de se « takiser ». &lt;br /&gt;
Plan 13 : Passage de deux camions publicitaires identiques roulant côte à côte, faisant de la publicité pour « Royal Bubble-Gum » &lt;br /&gt;
Plan 14 : Passage de deux cyclistes. La caméra fait un panorama de droite afin de suivre le mouvement. &lt;br /&gt;
Plan 15 : Passage d’un cycliste. &lt;br /&gt;
Plan 16 : Passage d’un cycliste et d’une voiture décapotable, transportant probablement une équipe de caméra. &lt;br /&gt;
Plan 17 : Passade de deux cyclistes à contre-sens de la course portant des fleurs. &lt;br /&gt;
Plan 18 : Passage d’un cycliste seul. &lt;br /&gt;
Plan 19 : Passage de deux cyclistes&lt;br /&gt;
Plan 20 : Passage de 18 cyclistes. &lt;br /&gt;
Plan 21 : Le cinéaste continue de filmer le passage des cyclistes. Un cyclomoteur suit les cycliste (peut-être une équipe de journalistes ou de commentateurs ?)&lt;br /&gt;
Plan 22 : La caméra filme la route de face en étant légèrement sur la chaussée de gauche. Deux cyclistes arrivent. &lt;br /&gt;
Plan 23 : Départ de deux cyclistes. La caméra les films de dos. Cela semble être la ligne « d’arrivée ». &lt;br /&gt;
Plan 24 : Arrivée de deux cyclistes sous applaudissements. &lt;br /&gt;
Plan 25 : Le cinéaste film le camion des « Frères Férets » qui est maintenant garé au milieu de la foule. Deux hommes sur le toit semblent donner un petit spectacle. L’un joue de l’accordéon tandis que l’autre chante dans un micro. &lt;br /&gt;
Plan 26 : Idem. &lt;br /&gt;
Plan 27 : Panorama de gauche à droite sur la foule. Les gens semblent très bien habillés et la foule est nombreuse. On distingue de nombreux camions publicitaires garés au milieu de la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''=== Brève histoire du Tour de France ===''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Le Tour de France est aujourd’hui un événement sportif majeur, connu et suivis dans de nombreux pays, et dont la popularité ne semble pas décroître. Son historiographie est très diverse : alors que certains travaux abordent le Tour de France en ne se restreignant qu’aux aspects organisationnels et sportifs, la majeure partie d’entre eux traite le Tour comme un révélateur des évolutions géographiques, économiques, sociales, politiques et culturelles. Le Tour est créé en 1903, de l’initiative d’un industriel du cycle, Jules-Albert de Dion, largement antidreyfusard, dans le but de faire de la pub pour un journal dont il était le propriétaire : l’Auto. Idée de Henri Desgranges, ancien agent de publicité et de son trésorier Victor Goddet, le Tour rencontre immédiatement une grande popularité parmi le public français. Depuis, il se déroule tous les ans, généralement en juillet, mis à part les interruptions liés à des événements très spécifiques comme les Guerres Mondiales ou les reconstructions qui suivent ces dernières. Ainsi, le Tour de France a été absent des périodes 1914-1918 et 1940-1947.  Cette création en elle-même est révélatrice de l’essor d’une culture de masse, alors qu’émergent une société de consommation ainsi qu’une véritable « civilisation des loisirs. ». Le Tour de France est, à ses débuts et jusqu’au début des années 30, retranscrit via le quotidien l’Auto. Il s’agit donc pour les organisateurs du Tour de faire commencer la course très tôt (généralement la veille au soir) afin de laisser du temps aux journalistes pour faire le récit écrit de l’épopée aux lecteurs du lendemain. Les conditions de course sont donc très éprouvantes pour les coureurs, dont on interdit également toute aide durant la course afin de pouvoir raconter aux lecteurs des histoires épiques. Les choses changent progressivement avec l’arrivée de la radio qui rend moins les horaires du Tour moins contraignants pour les cyclistes. Enfin, l’arrivée de la retransmission de la course à la télévision dans les années 50 change encore une fois les modalités et le règlement de la course, qui se met progressivement aux normes que nous connaissons aujourd’hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''=== La place du vélo dans la société française ===''' &lt;br /&gt;
	À la fin du XIX et au début du XXe, la société française connaît une prise de vitesse importante de la croissance d’une société de consommation, qui s’explique avant tout par l’augmentation drastique du niveau de vie de la population à cette époque. Par exemple, sur la période 1890-1914, le PIB moyen français augmente de 1,3% puis de 1,6% entre 1914 et 1939. Cette augmentation du pouvoir d’achat français se traduit, entre autres, par l’achat de plus en plus massif de bicyclette, dont la production est rapidement mécanisée puis industrialisée. Le vélo occupe ainsi une place grandissante dans l’esprit des Français. Au début des années 1870 et jusqu’aux années 1890, la bicyclette est bien symbole de « modernité technologique » (Mignot, 2014) et de la « vitesse bourgeoise » (Gaboriau, 1991). Le début du XXe siècle voit le prix de ce moyen de transport chuter drastiquement, et de ce fait, se popularise. Alors que la classe privilégiée commence à lui préférer d’autres sports comme l’automobile et l’aviation, le vélo devient le moyen de locomotion individuel par excellence, bon marché pour la liberté de mouvement qu’il procure. Cependant, les années 1950-1960 amorcent un déclin du vélo. Les achats baissent alors fortement, et le parc passe de 30 à moins de 20 bicyclettes pour 100 habitants. Le vélo est alors concurrencé par d’autres transports devenant accessible au grand public : l’automobile et le cyclomoteur.&lt;br /&gt;
	&lt;br /&gt;
'''=== Analyse du film ==='''&lt;br /&gt;
	C’est dans ce contexte des années 50 – probablement en 1955 lors de l’étape Colmar-Zürich – que se déroule cette étape alsacienne du Tour de France qui nous est présentée ici par le cinéaste Charles Messmer. Le film se déroule à Saint-Louis, une petite ville d’environ 14 000 habitants, située à l’extrême sud du Haut-Rhin. Composé de 27 plans et long de 3 minutes 14, ce document est filmé grâce à une caméra 16 mm. C’est un matériel professionnel très cher, et généralement réservé aux documentaires, ce qui laisse supposer que ce film a peut-être été tourné pour des actualités locales (un commentaire était probablement donné en même temps que les images défilaient à l’écran). Le film peut être grossièrement divisé en trois parties, qui sont systématiquement marquées par un changement de position du cinéaste : le passage des coureurs et des camions publicitaires [00 :00 :00] – [00 :02 :33], l’arrivée des coureurs à la sortie de la ville [00 :02 :33] – [00 :02 :46] et la célébration de fin avec la présentation des produits publicitaires à la foule par les camions filmés précédemment. On peut constater d’entrer de jeu que le cinéaste travaille de manière très fixe : il ne change en effet que trois fois de position durant l’entièreté du document. La stabilité de l’image est également remarquable, à la fois lorsque l’image est fixe et lorsque Messmer opère un panorama, ce qui pourrait impliquer que le cinéaste utilise un trépied. &lt;br /&gt;
	Outre son aspect technique, ce document permet de visualiser l’impact que pouvait avoir un événement sportif sur les masses durant les années 50. On peut ainsi observer que les gens viennent tous habillés comme lors de grandes occasions pour observer le passage des cyclistes, signe peut-être de leur anticipation de l’évènement et de l’importance qu’est ce dernier pour eux. De plus, ce film montre le déploiement de gros moyen publicitaire, sous la forme de camions et de présentations de produits pendant la course, à la fois en faisant partie du cortège, mais aussi en s’arrêtant au milieu des spectateurs une fois les cyclistes sortis de la ville. A ces produits publicitaires sont mêlés des éléments de régionalisme, comme par exemple les alsaciennes en tenue traditionnelle que l’on retrouve à deux reprises dans le film ([00 :00 :26] – [00 :00 :28] et [00 :00 :39] – [00 :00 :43]). Le film révèle également que la sécurité est relativement importante pour ce genre d’évènement, et le nombre de policiers (peut-être suisses ?) présents à l’écran est d’autant plus surprenant que la scène se passe dans une petite ville. &lt;br /&gt;
	Ainsi, nous pouvons conclure que Charles Messmer ait eu comme ambition en filmant cette étape de montrer au spectateur cet événement inédit pour les habitants de Saint-Louis et l’excitation qui en découlait. Le rassemblement si nombreux de personnes, leur habillement et la joie qui est brièvement montrée via le film sous forme d’acclamations ou d’applaudissement confirme cette hypothèse. Outre l’objectif du cinéaste, ce film nous permet d’observer et de comparer comment était perçu et vécu un événement sportif en Alsace au milieu des années 50.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=MIGNOT Jean-François, Histoire du Tour de France, Paris, La Découverte, 2014&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
OLLIVIER Jean-Paul, Histoire du cyclisme, Paris, Flammarion, 2003&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PATURLE Hervé et REBIERE Guillaume, Un siècle de cyclisme, Paris, Calmann-Lévy, 2011&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Saverne:F%C3%AAte_Dieu_(0052FN0037)&amp;diff=13575</id>
		<title>Saverne:Fête Dieu (0052FN0037)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Saverne:F%C3%AAte_Dieu_(0052FN0037)&amp;diff=13575"/>
		<updated>2020-01-18T11:09:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Fête Dieu à Saverne&lt;br /&gt;
|fonds=Meyer&lt;br /&gt;
|idSupport=0052FN0037&lt;br /&gt;
|dateDebut=1928&lt;br /&gt;
|dateFin=1937&lt;br /&gt;
|video=0052FN0037_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:00:52&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Meyer, Marcel&lt;br /&gt;
|apercu=Fête_Dieu_Saverne.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Fête-Dieu&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saverne&lt;br /&gt;
|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|userrealname=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-07&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film présente Fête-Dieu à Saverne, petite ville d’environ 12 000 habitants située au nord-ouest de Strasbourg, à la frontière lorraine. Tourné dans les années 30, ce document montre une procession dans la Grand’ Rue située en plein centre-ville. La procession semble doucement se diriger vers l’église catholique « Notre-Dame de la Nativité », située au nord de la Grand Rue.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Plan 1 : Commence par un gros plan sur la Grand Rue et sur la foule qui l’occupe. On y distingue une bannière religieuse. Le cinéaste fait ensuite un traveling de gauche à droite, semble suivre une femme qui se déplace du même mouvement que la caméra, puis film pendant une seconde les passants sur le trottoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 2 : Montre un homme marchand avec un religieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 3 : Plan large sur la procession en elle-même. On y distingue des religieuses marchant d’un pas lent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 4 : Plan plus resserré sur la suite de la procession. On y voit de jeunes adultes dont le visage semble fermé, suivis par des prêtres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 5 : Procession continue avec cette fois une mise en valeur des bannières religieuses, ainsi que deux statues : l’une de la Vierge Marie et l’autre de ce qui semble être Jésus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 6 : Arrivée d’une fanfare (de pompiers ?) Le cinéaste semble être légèrement plus en hauteur que les autres (peut-être debout sur un banc ?).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 7 : Plan en contre-plongée sur la fanfare, et en particulier sur les saxophonistes qui arrivent en premier plan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 8 : Plan très court sur les galons des pompiers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 9 : Plan à nouveau en hauteur sur la procession, mettant en valeur ce qui semble être en premier plan des élus, et en fond des enfants habillés de blanc, suivis par un dai.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== Histoire de la Fête-Dieu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fête Dieu, aussi appelée « la fête du Corpus Christi » ou « la fête du Saint-Sacrement », est une fête religieuse catholique, célébrée soixante jours après Pâques, ou dans certains pays bénéficiant d’une dérogation, le dimanche d’après Pâques, comme en France. Cette fête se traduit par une procession traversant la ville afin de commémorer l’Eucharistie, c’est-à-dire la présence réelle du Christ dans le pain et le vin servis lors de la messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les origines de cette fête remontent au XIIIe siècle, du fait d’un miracle qui s’est déroulé à Bolsena, une petite ville italienne située entre Florence et Rome. Lors d’une messe, l’hostie aurait pris une couleur rosée, et du sang aurait taché le corporal (vêtement liturgique, généralement de forme carrée, représentant le linge sur lequel est posé le corps du Christ). Suite à cet événement, le pape Urbain IV décide de créer officiellement la fête du Corps du Christ (Corpus Christi ou Fête-Dieu) le 8 septembre 1264. Quelques siècles plus tard, alors que la Réforme (qui entre autres, conteste la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie) prend de la vitesse, le Concile de Trente (1547-1563) mets l’accent sur cette fête, et en particulier sur le faste qui doit y être montré dans un objectif de propagande, mais aussi de peur de la fin du monde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des indulgences (remise de peine au Purgatoire) sont mises en place : Deux-cents jours pour celle ou celui qui jeûne la veille, trois-cents pour ceux qui participent à la procession, deux-cents pour ceux qui assistent aux heures canoniales (quatre messes réparties dans la journée). D’autres indulgences sont encore prévues pour l’office de l’Octave (la messe du dimanche). Dans un contexte où les gens ont une peur panique de la vie après la mort, et en particulier de l’enfer, on peut s’imaginer l’impact que ces mesures ont pu avoir sur la participation des croyants à cette fête. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Procession de la Fête Dieu, Geispolsheim, enfants.jpeg|400px|thumb|right|Photographie d'enfants défilant à Geispolsheim en 1910 ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Déroulé théorique de la Fête-Dieu == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu consiste en une longue procession, réunissant tous les fidèles d’une commune. Cette fête commence dès l’aube avec une messe, puis par l’ornement de quatre autels répartis sur le parcours de la procession. Pour les habitants, cette fête est l’occasion de se retrouver entre voisins et participe à la formation d'un sentiment d’appartenance et de cohésion au sein de la communauté. La procession est menée par un prêtre portant l’Eucharistie, suivis par une foule de croyants, et du Saint-Sacrement abrité sous un dais, qui est porté par des notables de la commune, bien souvent des élus pour le cas de la France. On porte également des statues, pouvant représenter des saints protecteurs ou importants pour les habitants de la commune, ainsi que l’incontournable Vierge-Marie. Les quatre autels que l’on a mentionnés précédemment sont l’occasion d’un arrêt où le prêtre bénit la foule et/ou prononce une courte messe. Les rues sont souvent richement décorées, des fleurs recouvrent les façades et des pétales de rose le sol. Ces décorations sont souvent accompagnées de draperies et de guirlandes, ainsi que de musique (ce rôle souvent tenu par la fanfare des pompiers ou celle de la ville). &lt;br /&gt;
[[Fichier:Illustration Fête Dieu Saverne.jpeg|400px|thumb|left|Illustration d'une procession de la Fête Dieu à Saverne ©Rouge Charles, NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Religion et politique dans les années 1930 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La scène montrée dans le film se déroule dans les années 1930, soit peu de temps après la Première Guerre mondiale et le retour de l’Alsace à la France, en 1918. Durant la période allemande (1871-1918), la population alsacienne s’est forgé une image mythique de la France, comme pays idéal démocratique qui autorisera aux Alsaciens de conserver leur langue, et leur permettra d’obtenir les droits régionaux que l’Allemagne leur avait refusé. La déception est rude puisque la France refuse de reconnaître les alsaciens comme une minorité nationale, et mets en place une lourde politique d’assimilation. En juin-juillet 1924 le gouvernement Herriot essaie d’abroger le Code Civil, applicable en Alsace depuis 1900. Cette mesure entraîne une augmentation drastique des tensions, avec, en fer de lance, le clergé catholique alsacien, dont une partie appelle à l’action contre la République. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce « malaise alsacien » débouche sur le procès de Colmar en 1928, durant lequel les principaux leaders du parti autonomiste alsacien sont jugés pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Malgré des bases juridiques douteuses et l’incapacité des autorités à pouvoir démontrer l’existence d’un complot, l’autonomisme alsacien tend à refluer à la suite de ce procès. Cependant, une partie des leaders des partis autonomistes restants, notamment Hermann Bickler et Joseph Rossé refusent la conciliation avec les partis nationaux, et vont même jusqu’à proclamer leur admiration envers le partis Nazi, arrivé au pouvoir en Allemagne au début de l’année 1933, qui pourtant prône le rattachement de l’Alsace-Moselle au Reich. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Fête-Dieu à Saverne en images == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Fête Dieu Saverne années 30.jpeg|400px|thumb|right|Plan sur la foule, images tirées du film, MIRA]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film, d’une cinquantaine de secondes, est composé de neuf plans. La procession est exclusivement filmée dans la Grand ’Rue de la ville, et semble se situer entre l’église catholique et le château des Rohan. Le film commence par un plan élevé au-dessus de la foule, montrant le nombre important de fidèles présents. Le cinéaste est probablement debout sur un banc, afin d’avoir un meilleur point de vue. Il tourne ensuite lentement sa caméra vers la droite, dévoilant ainsi un groupe de fidèles portant une bannière blanche, puis, toujours dans le même mouvement, suis le visage d’une femme qui marche dans le sens opposé à la procession. Ce premier plan est relativement long (00:00:00 – 00:00:09) et est le moyen pour le cinéaste de porter l’attention sur le nombre de fidèles réunis au centre-ville en utilisant deux échelles de grandeurs : la masse en surplombant la foule puis les individus, en montrant les gens remontant la rue tout en longeant les écluses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les plans suivants (00:00:15 -00:00:43) offrent des plans plus rapprochés de la foule. On y voit défiler des hommes, au visage grave, habillés pour l’occasion, suivis de la fanfare des pompiers qui semble jouer un air lent. On peut par ailleurs noter que l’orchestre n’est composé que de cuivres et de percussions. A l’arrivée de la fanfare, le cinéaste descend du banc et filme l’orchestre en contre-plongée, comme pour renforcer l’importance de la fanfare pour le reste de la procession. On remarque en effet que les participants semblent avancer au rythme de la musique qui est jouée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dernier plan (00:00:43 – 00:00:51) montre l’arrivée des enfants, lançant des pétales de roses devant le Saint-Sacrement qui est abrité sous son dais traditionnel. Au premier plan défilent des hommes au visage très solennels, probablement des élus municipaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film permet d’entrevoir le déroulement d’une procession religieuse, dans une Alsace où les tensions entre autonomistes et républicains sont encore relativement fortes. Ce document nous montre une grande mobilisation des habitants, ainsi que des services publics de la commune (notamment des pompiers) et du Conseil municipal. En outre, il permet d’indiquer l’investissement religieux de la population, dans une société qui s’athéise progressivement.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BERTHOLET, Jean, ''Histoire de l’institution de la Fête-Dieu'', Liège, 1746&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DEBUS KEHR, Monique, « La Fête-Dieu à Colmar à la fin du Moyen Âge », ''Revue d’Alsace'' n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FUCHS, Julien, &amp;quot;La jeunesse alsacienne et la question régionale (1918-1939)&amp;quot;, ''Histoire Politique'' n°4, 2008&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN, Benoît, « Fêtes et processions, une occupation rituelle de l'espace public », ''Revue d'Alsace'' n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VAN GENNEP, Arnold, ''Le folklore français - tome 2. Cycles de mai, de la Saint-Jean, de l’été et de l’automne'', Robert Laffont, 1999 (rééd.)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Saverne:F%C3%AAte_Dieu_(0052FN0037)&amp;diff=13574</id>
		<title>Saverne:Fête Dieu (0052FN0037)</title>
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		<updated>2020-01-18T11:09:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Fête Dieu à Saverne&lt;br /&gt;
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|dateDebut=1928&lt;br /&gt;
|dateFin=1937&lt;br /&gt;
|video=0052FN0037_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
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|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Ce film présente Fête-Dieu à Saverne, petite ville d’environ 12 000 habitants située au nord-ouest de Strasbourg, à la frontière lorraine. Tourné dans les années 30, ce document montre une procession dans la Grand’ Rue située en plein centre-ville. La procession semble doucement se diriger vers l’église catholique « Notre-Dame de la Nativité », située au nord de la Grand Rue.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Plan 1 : Commence par un gros plan sur la Grand Rue et sur la foule qui l’occupe. On y distingue une bannière religieuse. Le cinéaste fait ensuite un traveling de gauche à droite, semble suivre une femme qui se déplace du même mouvement que la caméra, puis film pendant une seconde les passants sur le trottoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 2 : Montre un homme marchand avec un religieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 3 : Plan large sur la procession en elle-même. On y distingue des religieuses marchant d’un pas lent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 4 : Plan plus resserré sur la suite de la procession. On y voit de jeunes adultes dont le visage semble fermé, suivis par des prêtres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 5 : Procession continue avec cette fois une mise en valeur des bannières religieuses, ainsi que deux statues : l’une de la Vierge Marie et l’autre de ce qui semble être Jésus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 6 : Arrivée d’une fanfare (de pompiers ?) Le cinéaste semble être légèrement plus en hauteur que les autres (peut-être debout sur un banc ?).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 7 : Plan en contre-plongée sur la fanfare, et en particulier sur les saxophonistes qui arrivent en premier plan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 8 : Plan très court sur les galons des pompiers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 9 : Plan à nouveau en hauteur sur la procession, mettant en valeur ce qui semble être en premier plan des élus, et en fond des enfants habillés de blanc, suivis par un dai.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== Histoire de la Fête-Dieu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fête Dieu, aussi appelée « la fête du Corpus Christi » ou « la fête du Saint-Sacrement », est une fête religieuse catholique, célébrée soixante jours après Pâques, ou dans certains pays bénéficiant d’une dérogation, le dimanche d’après Pâques, comme en France. Cette fête se traduit par une procession traversant la ville afin de commémorer l’Eucharistie, c’est-à-dire la présence réelle du Christ dans le pain et le vin servis lors de la messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les origines de cette fête remontent au XIIIe siècle, du fait d’un miracle qui s’est déroulé à Bolsena, une petite ville italienne située entre Florence et Rome. Lors d’une messe, l’hostie aurait pris une couleur rosée, et du sang aurait taché le corporal (vêtement liturgique, généralement de forme carrée, représentant le linge sur lequel est posé le corps du Christ). Suite à cet événement, le pape Urbain IV décide de créer officiellement la fête du Corps du Christ (Corpus Christi ou Fête-Dieu) le 8 septembre 1264. Quelques siècles plus tard, alors que la Réforme (qui entre autres, conteste la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie) prend de la vitesse, le Concile de Trente (1547-1563) mets l’accent sur cette fête, et en particulier sur le faste qui doit y être montré dans un objectif de propagande, mais aussi de peur de la fin du monde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des indulgences (remise de peine au Purgatoire) sont mises en place : Deux-cents jours pour celle ou celui qui jeûne la veille, trois-cents pour ceux qui participent à la procession, deux-cents pour ceux qui assistent aux heures canoniales (quatre messes réparties dans la journée). D’autres indulgences sont encore prévues pour l’office de l’Octave (la messe du dimanche). Dans un contexte où les gens ont une peur panique de la vie après la mort, et en particulier de l’enfer, on peut s’imaginer l’impact que ces mesures ont pu avoir sur la participation des croyants à cette fête. &lt;br /&gt;
[[FichierProcession de la Fête Dieu, Geispolsheim, enfants.jpeg|400px|thumb|right|Photographie d'enfants défilant à Geispolsheim en 1910 ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Déroulé théorique de la Fête-Dieu == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu consiste en une longue procession, réunissant tous les fidèles d’une commune. Cette fête commence dès l’aube avec une messe, puis par l’ornement de quatre autels répartis sur le parcours de la procession. Pour les habitants, cette fête est l’occasion de se retrouver entre voisins et participe à la formation d'un sentiment d’appartenance et de cohésion au sein de la communauté. La procession est menée par un prêtre portant l’Eucharistie, suivis par une foule de croyants, et du Saint-Sacrement abrité sous un dais, qui est porté par des notables de la commune, bien souvent des élus pour le cas de la France. On porte également des statues, pouvant représenter des saints protecteurs ou importants pour les habitants de la commune, ainsi que l’incontournable Vierge-Marie. Les quatre autels que l’on a mentionnés précédemment sont l’occasion d’un arrêt où le prêtre bénit la foule et/ou prononce une courte messe. Les rues sont souvent richement décorées, des fleurs recouvrent les façades et des pétales de rose le sol. Ces décorations sont souvent accompagnées de draperies et de guirlandes, ainsi que de musique (ce rôle souvent tenu par la fanfare des pompiers ou celle de la ville). &lt;br /&gt;
[[Fichier:Illustration Fête Dieu Saverne.jpeg|400px|thumb|left|Illustration d'une procession de la Fête Dieu à Saverne ©Rouge Charles, NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Religion et politique dans les années 1930 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La scène montrée dans le film se déroule dans les années 1930, soit peu de temps après la Première Guerre mondiale et le retour de l’Alsace à la France, en 1918. Durant la période allemande (1871-1918), la population alsacienne s’est forgé une image mythique de la France, comme pays idéal démocratique qui autorisera aux Alsaciens de conserver leur langue, et leur permettra d’obtenir les droits régionaux que l’Allemagne leur avait refusé. La déception est rude puisque la France refuse de reconnaître les alsaciens comme une minorité nationale, et mets en place une lourde politique d’assimilation. En juin-juillet 1924 le gouvernement Herriot essaie d’abroger le Code Civil, applicable en Alsace depuis 1900. Cette mesure entraîne une augmentation drastique des tensions, avec, en fer de lance, le clergé catholique alsacien, dont une partie appelle à l’action contre la République. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce « malaise alsacien » débouche sur le procès de Colmar en 1928, durant lequel les principaux leaders du parti autonomiste alsacien sont jugés pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Malgré des bases juridiques douteuses et l’incapacité des autorités à pouvoir démontrer l’existence d’un complot, l’autonomisme alsacien tend à refluer à la suite de ce procès. Cependant, une partie des leaders des partis autonomistes restants, notamment Hermann Bickler et Joseph Rossé refusent la conciliation avec les partis nationaux, et vont même jusqu’à proclamer leur admiration envers le partis Nazi, arrivé au pouvoir en Allemagne au début de l’année 1933, qui pourtant prône le rattachement de l’Alsace-Moselle au Reich. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Fête-Dieu à Saverne en images == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Fête Dieu Saverne années 30.jpeg|400px|thumb|right|Plan sur la foule, images tirées du film, MIRA]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film, d’une cinquantaine de secondes, est composé de neuf plans. La procession est exclusivement filmée dans la Grand ’Rue de la ville, et semble se situer entre l’église catholique et le château des Rohan. Le film commence par un plan élevé au-dessus de la foule, montrant le nombre important de fidèles présents. Le cinéaste est probablement debout sur un banc, afin d’avoir un meilleur point de vue. Il tourne ensuite lentement sa caméra vers la droite, dévoilant ainsi un groupe de fidèles portant une bannière blanche, puis, toujours dans le même mouvement, suis le visage d’une femme qui marche dans le sens opposé à la procession. Ce premier plan est relativement long (00:00:00 – 00:00:09) et est le moyen pour le cinéaste de porter l’attention sur le nombre de fidèles réunis au centre-ville en utilisant deux échelles de grandeurs : la masse en surplombant la foule puis les individus, en montrant les gens remontant la rue tout en longeant les écluses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les plans suivants (00:00:15 -00:00:43) offrent des plans plus rapprochés de la foule. On y voit défiler des hommes, au visage grave, habillés pour l’occasion, suivis de la fanfare des pompiers qui semble jouer un air lent. On peut par ailleurs noter que l’orchestre n’est composé que de cuivres et de percussions. A l’arrivée de la fanfare, le cinéaste descend du banc et filme l’orchestre en contre-plongée, comme pour renforcer l’importance de la fanfare pour le reste de la procession. On remarque en effet que les participants semblent avancer au rythme de la musique qui est jouée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dernier plan (00:00:43 – 00:00:51) montre l’arrivée des enfants, lançant des pétales de roses devant le Saint-Sacrement qui est abrité sous son dais traditionnel. Au premier plan défilent des hommes au visage très solennels, probablement des élus municipaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film permet d’entrevoir le déroulement d’une procession religieuse, dans une Alsace où les tensions entre autonomistes et républicains sont encore relativement fortes. Ce document nous montre une grande mobilisation des habitants, ainsi que des services publics de la commune (notamment des pompiers) et du Conseil municipal. En outre, il permet d’indiquer l’investissement religieux de la population, dans une société qui s’athéise progressivement.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BERTHOLET, Jean, ''Histoire de l’institution de la Fête-Dieu'', Liège, 1746&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DEBUS KEHR, Monique, « La Fête-Dieu à Colmar à la fin du Moyen Âge », ''Revue d’Alsace'' n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FUCHS, Julien, &amp;quot;La jeunesse alsacienne et la question régionale (1918-1939)&amp;quot;, ''Histoire Politique'' n°4, 2008&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN, Benoît, « Fêtes et processions, une occupation rituelle de l'espace public », ''Revue d'Alsace'' n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VAN GENNEP, Arnold, ''Le folklore français - tome 2. Cycles de mai, de la Saint-Jean, de l’été et de l’automne'', Robert Laffont, 1999 (rééd.)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Saverne:F%C3%AAte_Dieu_(0052FN0037)&amp;diff=13573</id>
		<title>Saverne:Fête Dieu (0052FN0037)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Saverne:F%C3%AAte_Dieu_(0052FN0037)&amp;diff=13573"/>
		<updated>2020-01-18T11:06:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Fête Dieu à Saverne&lt;br /&gt;
|fonds=Meyer&lt;br /&gt;
|idSupport=0052FN0037&lt;br /&gt;
|dateDebut=1928&lt;br /&gt;
|dateFin=1937&lt;br /&gt;
|video=0052FN0037_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:00:52&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Meyer, Marcel&lt;br /&gt;
|apercu=Fête_Dieu_Saverne.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Fête-Dieu&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saverne&lt;br /&gt;
|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|userrealname=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-07&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film présente Fête-Dieu à Saverne, petite ville d’environ 12 000 habitants située au nord-ouest de Strasbourg, à la frontière lorraine. Tourné dans les années 30, ce document montre une procession dans la Grand’ Rue située en plein centre-ville. La procession semble doucement se diriger vers l’église catholique « Notre-Dame de la Nativité », située au nord de la Grand Rue.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Plan 1 : Commence par un gros plan sur la Grand Rue et sur la foule qui l’occupe. On y distingue une bannière religieuse. Le cinéaste fait ensuite un traveling de gauche à droite, semble suivre une femme qui se déplace du même mouvement que la caméra, puis film pendant une seconde les passants sur le trottoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 2 : Montre un homme marchand avec un religieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 3 : Plan large sur la procession en elle-même. On y distingue des religieuses marchant d’un pas lent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 4 : Plan plus resserré sur la suite de la procession. On y voit de jeunes adultes dont le visage semble fermé, suivis par des prêtres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 5 : Procession continue avec cette fois une mise en valeur des bannières religieuses, ainsi que deux statues : l’une de la Vierge Marie et l’autre de ce qui semble être Jésus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 6 : Arrivée d’une fanfare (de pompiers ?) Le cinéaste semble être légèrement plus en hauteur que les autres (peut-être debout sur un banc ?).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 7 : Plan en contre-plongée sur la fanfare, et en particulier sur les saxophonistes qui arrivent en premier plan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 8 : Plan très court sur les galons des pompiers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 9 : Plan à nouveau en hauteur sur la procession, mettant en valeur ce qui semble être en premier plan des élus, et en fond des enfants habillés de blanc, suivis par un dai.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== Histoire de la Fête-Dieu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fête Dieu, aussi appelée « la fête du Corpus Christi » ou « la fête du Saint-Sacrement », est une fête religieuse catholique, célébrée soixante jours après Pâques, ou dans certains pays bénéficiant d’une dérogation, le dimanche d’après Pâques, comme en France. Cette fête se traduit par une procession traversant la ville afin de commémorer l’Eucharistie, c’est-à-dire la présence réelle du Christ dans le pain et le vin servis lors de la messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les origines de cette fête remontent au XIIIe siècle, du fait d’un miracle qui s’est déroulé à Bolsena, une petite ville italienne située entre Florence et Rome. Lors d’une messe, l’hostie aurait pris une couleur rosée, et du sang aurait taché le corporal (vêtement liturgique, généralement de forme carrée, représentant le linge sur lequel est posé le corps du Christ). Suite à cet événement, le pape Urbain IV décide de créer officiellement la fête du Corps du Christ (Corpus Christi ou Fête-Dieu) le 8 septembre 1264. Quelques siècles plus tard, alors que la Réforme (qui entre autres, conteste la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie) prend de la vitesse, le Concile de Trente (1547-1563) mets l’accent sur cette fête, et en particulier sur le faste qui doit y être montré dans un objectif de propagande, mais aussi de peur de la fin du monde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des indulgences (remise de peine au Purgatoire) sont mises en place : Deux-cents jours pour celle ou celui qui jeûne la veille, trois-cents pour ceux qui participent à la procession, deux-cents pour ceux qui assistent aux heures canoniales (quatre messes réparties dans la journée). D’autres indulgences sont encore prévues pour l’office de l’Octave (la messe du dimanche). Dans un contexte où les gens ont une peur panique de la vie après la mort, et en particulier de l’enfer, on peut s’imaginer l’impact que ces mesures ont pu avoir sur la participation des croyants à cette fête. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Procession des porteuses de la Vierge.jpeg|vignette|droite]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Déroulé théorique de la Fête-Dieu == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu consiste en une longue procession, réunissant tous les fidèles d’une commune. Cette fête commence dès l’aube avec une messe, puis par l’ornement de quatre autels répartis sur le parcours de la procession. Pour les habitants, cette fête est l’occasion de se retrouver entre voisins et participe à la formation d'un sentiment d’appartenance et de cohésion au sein de la communauté. La procession est menée par un prêtre portant l’Eucharistie, suivis par une foule de croyants, et du Saint-Sacrement abrité sous un dais, qui est porté par des notables de la commune, bien souvent des élus pour le cas de la France. On porte également des statues, pouvant représenter des saints protecteurs ou importants pour les habitants de la commune, ainsi que l’incontournable Vierge-Marie. Les quatre autels que l’on a mentionnés précédemment sont l’occasion d’un arrêt où le prêtre bénit la foule et/ou prononce une courte messe. Les rues sont souvent richement décorées, des fleurs recouvrent les façades et des pétales de rose le sol. Ces décorations sont souvent accompagnées de draperies et de guirlandes, ainsi que de musique (ce rôle souvent tenu par la fanfare des pompiers ou celle de la ville). &lt;br /&gt;
[[Fichier:Illustration Fête Dieu Saverne.jpeg|400px|thumb|left|Illustration d'une procession de la Fête Dieu à Saverne ©Rouge Charles, NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Religion et politique dans les années 1930 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La scène montrée dans le film se déroule dans les années 1930, soit peu de temps après la Première Guerre mondiale et le retour de l’Alsace à la France, en 1918. Durant la période allemande (1871-1918), la population alsacienne s’est forgé une image mythique de la France, comme pays idéal démocratique qui autorisera aux Alsaciens de conserver leur langue, et leur permettra d’obtenir les droits régionaux que l’Allemagne leur avait refusé. La déception est rude puisque la France refuse de reconnaître les alsaciens comme une minorité nationale, et mets en place une lourde politique d’assimilation. En juin-juillet 1924 le gouvernement Herriot essaie d’abroger le Code Civil, applicable en Alsace depuis 1900. Cette mesure entraîne une augmentation drastique des tensions, avec, en fer de lance, le clergé catholique alsacien, dont une partie appelle à l’action contre la République. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce « malaise alsacien » débouche sur le procès de Colmar en 1928, durant lequel les principaux leaders du parti autonomiste alsacien sont jugés pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Malgré des bases juridiques douteuses et l’incapacité des autorités à pouvoir démontrer l’existence d’un complot, l’autonomisme alsacien tend à refluer à la suite de ce procès. Cependant, une partie des leaders des partis autonomistes restants, notamment Hermann Bickler et Joseph Rossé refusent la conciliation avec les partis nationaux, et vont même jusqu’à proclamer leur admiration envers le partis Nazi, arrivé au pouvoir en Allemagne au début de l’année 1933, qui pourtant prône le rattachement de l’Alsace-Moselle au Reich. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Fête-Dieu à Saverne en images == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Fête Dieu Saverne années 30.jpeg|400px|thumb|right|Plan sur la foule, images tirées du film, MIRA]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film, d’une cinquantaine de secondes, est composé de neuf plans. La procession est exclusivement filmée dans la Grand ’Rue de la ville, et semble se situer entre l’église catholique et le château des Rohan. Le film commence par un plan élevé au-dessus de la foule, montrant le nombre important de fidèles présents. Le cinéaste est probablement debout sur un banc, afin d’avoir un meilleur point de vue. Il tourne ensuite lentement sa caméra vers la droite, dévoilant ainsi un groupe de fidèles portant une bannière blanche, puis, toujours dans le même mouvement, suis le visage d’une femme qui marche dans le sens opposé à la procession. Ce premier plan est relativement long (00:00:00 – 00:00:09) et est le moyen pour le cinéaste de porter l’attention sur le nombre de fidèles réunis au centre-ville en utilisant deux échelles de grandeurs : la masse en surplombant la foule puis les individus, en montrant les gens remontant la rue tout en longeant les écluses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les plans suivants (00:00:15 -00:00:43) offrent des plans plus rapprochés de la foule. On y voit défiler des hommes, au visage grave, habillés pour l’occasion, suivis de la fanfare des pompiers qui semble jouer un air lent. On peut par ailleurs noter que l’orchestre n’est composé que de cuivres et de percussions. A l’arrivée de la fanfare, le cinéaste descend du banc et filme l’orchestre en contre-plongée, comme pour renforcer l’importance de la fanfare pour le reste de la procession. On remarque en effet que les participants semblent avancer au rythme de la musique qui est jouée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dernier plan (00:00:43 – 00:00:51) montre l’arrivée des enfants, lançant des pétales de roses devant le Saint-Sacrement qui est abrité sous son dais traditionnel. Au premier plan défilent des hommes au visage très solennels, probablement des élus municipaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film permet d’entrevoir le déroulement d’une procession religieuse, dans une Alsace où les tensions entre autonomistes et républicains sont encore relativement fortes. Ce document nous montre une grande mobilisation des habitants, ainsi que des services publics de la commune (notamment des pompiers) et du Conseil municipal. En outre, il permet d’indiquer l’investissement religieux de la population, dans une société qui s’athéise progressivement.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BERTHOLET, Jean, ''Histoire de l’institution de la Fête-Dieu'', Liège, 1746&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DEBUS KEHR, Monique, « La Fête-Dieu à Colmar à la fin du Moyen Âge », ''Revue d’Alsace'' n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FUCHS, Julien, &amp;quot;La jeunesse alsacienne et la question régionale (1918-1939)&amp;quot;, ''Histoire Politique'' n°4, 2008&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN, Benoît, « Fêtes et processions, une occupation rituelle de l'espace public », ''Revue d'Alsace'' n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VAN GENNEP, Arnold, ''Le folklore français - tome 2. Cycles de mai, de la Saint-Jean, de l’été et de l’automne'', Robert Laffont, 1999 (rééd.)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Saverne:F%C3%AAte_Dieu_(0052FN0037)&amp;diff=13572</id>
		<title>Saverne:Fête Dieu (0052FN0037)</title>
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		<updated>2020-01-18T11:03:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Fête Dieu à Saverne&lt;br /&gt;
|fonds=Meyer&lt;br /&gt;
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|son=Muet&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Meyer, Marcel&lt;br /&gt;
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|evenements_filmes_ou_en_lien=Fête-Dieu&lt;br /&gt;
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|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|userrealname=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-07&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film présente Fête-Dieu à Saverne, petite ville d’environ 12 000 habitants située au nord-ouest de Strasbourg, à la frontière lorraine. Tourné dans les années 30, ce document montre une procession dans la Grand’ Rue située en plein centre-ville. La procession semble doucement se diriger vers l’église catholique « Notre-Dame de la Nativité », située au nord de la Grand Rue.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Plan 1 : Commence par un gros plan sur la Grand Rue et sur la foule qui l’occupe. On y distingue une bannière religieuse. Le cinéaste fait ensuite un traveling de gauche à droite, semble suivre une femme qui se déplace du même mouvement que la caméra, puis film pendant une seconde les passants sur le trottoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 2 : Montre un homme marchand avec un religieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 3 : Plan large sur la procession en elle-même. On y distingue des religieuses marchant d’un pas lent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 4 : Plan plus resserré sur la suite de la procession. On y voit de jeunes adultes dont le visage semble fermé, suivis par des prêtres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 5 : Procession continue avec cette fois une mise en valeur des bannières religieuses, ainsi que deux statues : l’une de la Vierge Marie et l’autre de ce qui semble être Jésus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 6 : Arrivée d’une fanfare (de pompiers ?) Le cinéaste semble être légèrement plus en hauteur que les autres (peut-être debout sur un banc ?).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 7 : Plan en contre-plongée sur la fanfare, et en particulier sur les saxophonistes qui arrivent en premier plan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 8 : Plan très court sur les galons des pompiers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 9 : Plan à nouveau en hauteur sur la procession, mettant en valeur ce qui semble être en premier plan des élus, et en fond des enfants habillés de blanc, suivis par un dai.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== Histoire de la Fête-Dieu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fête Dieu, aussi appelée « la fête du Corpus Christi » ou « la fête du Saint-Sacrement », est une fête religieuse catholique, célébrée soixante jours après Pâques, ou dans certains pays bénéficiant d’une dérogation, le dimanche d’après Pâques, comme en France. Cette fête se traduit par une procession traversant la ville afin de commémorer l’Eucharistie, c’est-à-dire la présence réelle du Christ dans le pain et le vin servis lors de la messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les origines de cette fête remontent au XIIIe siècle, du fait d’un miracle qui s’est déroulé à Bolsena, une petite ville italienne située entre Florence et Rome. Lors d’une messe, l’hostie aurait pris une couleur rosée, et du sang aurait taché le corporal (vêtement liturgique, généralement de forme carrée, représentant le linge sur lequel est posé le corps du Christ). Suite à cet événement, le pape Urbain IV décide de créer officiellement la fête du Corps du Christ (Corpus Christi ou Fête-Dieu) le 8 septembre 1264. Quelques siècles plus tard, alors que la Réforme (qui entre autres, conteste la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie) prend de la vitesse, le Concile de Trente (1547-1563) mets l’accent sur cette fête, et en particulier sur le faste qui doit y être montré dans un objectif de propagande, mais aussi de peur de la fin du monde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des indulgences (remise de peine au Purgatoire) sont mises en place : Deux-cents jours pour celle ou celui qui jeûne la veille, trois-cents pour ceux qui participent à la procession, deux-cents pour ceux qui assistent aux heures canoniales (quatre messes réparties dans la journée). D’autres indulgences sont encore prévues pour l’office de l’Octave (la messe du dimanche). Dans un contexte où les gens ont une peur panique de la vie après la mort, et en particulier de l’enfer, on peut s’imaginer l’impact que ces mesures ont pu avoir sur la participation des croyants à cette fête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Déroulé théorique de la Fête-Dieu == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu consiste en une longue procession, réunissant tous les fidèles d’une commune. Cette fête commence dès l’aube avec une messe, puis par l’ornement de quatre autels répartis sur le parcours de la procession. Pour les habitants, cette fête est l’occasion de se retrouver entre voisins et participe à la formation d'un sentiment d’appartenance et de cohésion au sein de la communauté. La procession est menée par un prêtre portant l’Eucharistie, suivis par une foule de croyants, et du Saint-Sacrement abrité sous un dais, qui est porté par des notables de la commune, bien souvent des élus pour le cas de la France. On porte également des statues, pouvant représenter des saints protecteurs ou importants pour les habitants de la commune, ainsi que l’incontournable Vierge-Marie. Les quatre autels que l’on a mentionnés précédemment sont l’occasion d’un arrêt où le prêtre bénit la foule et/ou prononce une courte messe. Les rues sont souvent richement décorées, des fleurs recouvrent les façades et des pétales de rose le sol. Ces décorations sont souvent accompagnées de draperies et de guirlandes, ainsi que de musique (ce rôle souvent tenu par la fanfare des pompiers ou celle de la ville). &lt;br /&gt;
[[Fichier:Illustration Fête Dieu Saverne.jpeg|400px|thumb|left|Illustration d'une procession de la Fête Dieu à Saverne ©Rouge Charles, NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Religion et politique dans les années 1930 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La scène montrée dans le film se déroule dans les années 1930, soit peu de temps après la Première Guerre mondiale et le retour de l’Alsace à la France, en 1918. Durant la période allemande (1871-1918), la population alsacienne s’est forgé une image mythique de la France, comme pays idéal démocratique qui autorisera aux Alsaciens de conserver leur langue, et leur permettra d’obtenir les droits régionaux que l’Allemagne leur avait refusé. La déception est rude puisque la France refuse de reconnaître les alsaciens comme une minorité nationale, et mets en place une lourde politique d’assimilation. En juin-juillet 1924 le gouvernement Herriot essaie d’abroger le Code Civil, applicable en Alsace depuis 1900. Cette mesure entraîne une augmentation drastique des tensions, avec, en fer de lance, le clergé catholique alsacien, dont une partie appelle à l’action contre la République. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce « malaise alsacien » débouche sur le procès de Colmar en 1928, durant lequel les principaux leaders du parti autonomiste alsacien sont jugés pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Malgré des bases juridiques douteuses et l’incapacité des autorités à pouvoir démontrer l’existence d’un complot, l’autonomisme alsacien tend à refluer à la suite de ce procès. Cependant, une partie des leaders des partis autonomistes restants, notamment Hermann Bickler et Joseph Rossé refusent la conciliation avec les partis nationaux, et vont même jusqu’à proclamer leur admiration envers le partis Nazi, arrivé au pouvoir en Allemagne au début de l’année 1933, qui pourtant prône le rattachement de l’Alsace-Moselle au Reich. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Fête-Dieu à Saverne en images == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Fête Dieu Saverne années 30.jpeg|400px|thumb|right|Plan sur la foule, images tirées du film, MIRA]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film, d’une cinquantaine de secondes, est composé de neuf plans. La procession est exclusivement filmée dans la Grand ’Rue de la ville, et semble se situer entre l’église catholique et le château des Rohan. Le film commence par un plan élevé au-dessus de la foule, montrant le nombre important de fidèles présents. Le cinéaste est probablement debout sur un banc, afin d’avoir un meilleur point de vue. Il tourne ensuite lentement sa caméra vers la droite, dévoilant ainsi un groupe de fidèles portant une bannière blanche, puis, toujours dans le même mouvement, suis le visage d’une femme qui marche dans le sens opposé à la procession. Ce premier plan est relativement long (00:00:00 – 00:00:09) et est le moyen pour le cinéaste de porter l’attention sur le nombre de fidèles réunis au centre-ville en utilisant deux échelles de grandeurs : la masse en surplombant la foule puis les individus, en montrant les gens remontant la rue tout en longeant les écluses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les plans suivants (00:00:15 -00:00:43) offrent des plans plus rapprochés de la foule. On y voit défiler des hommes, au visage grave, habillés pour l’occasion, suivis de la fanfare des pompiers qui semble jouer un air lent. On peut par ailleurs noter que l’orchestre n’est composé que de cuivres et de percussions. A l’arrivée de la fanfare, le cinéaste descend du banc et filme l’orchestre en contre-plongée, comme pour renforcer l’importance de la fanfare pour le reste de la procession. On remarque en effet que les participants semblent avancer au rythme de la musique qui est jouée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dernier plan (00:00:43 – 00:00:51) montre l’arrivée des enfants, lançant des pétales de roses devant le Saint-Sacrement qui est abrité sous son dais traditionnel. Au premier plan défilent des hommes au visage très solennels, probablement des élus municipaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film permet d’entrevoir le déroulement d’une procession religieuse, dans une Alsace où les tensions entre autonomistes et républicains sont encore relativement fortes. Ce document nous montre une grande mobilisation des habitants, ainsi que des services publics de la commune (notamment des pompiers) et du Conseil municipal. En outre, il permet d’indiquer l’investissement religieux de la population, dans une société qui s’athéise progressivement.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BERTHOLET, Jean, ''Histoire de l’institution de la Fête-Dieu'', Liège, 1746&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DEBUS KEHR, Monique, « La Fête-Dieu à Colmar à la fin du Moyen Âge », ''Revue d’Alsace'' n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FUCHS, Julien, &amp;quot;La jeunesse alsacienne et la question régionale (1918-1939)&amp;quot;, ''Histoire Politique'' n°4, 2008&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN, Benoît, « Fêtes et processions, une occupation rituelle de l'espace public », ''Revue d'Alsace'' n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VAN GENNEP, Arnold, ''Le folklore français - tome 2. Cycles de mai, de la Saint-Jean, de l’été et de l’automne'', Robert Laffont, 1999 (rééd.)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Saverne:F%C3%AAte_Dieu_(0052FN0037)&amp;diff=13571</id>
		<title>Saverne:Fête Dieu (0052FN0037)</title>
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		<updated>2020-01-18T11:03:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Fête Dieu à Saverne&lt;br /&gt;
|fonds=Meyer&lt;br /&gt;
|idSupport=0052FN0037&lt;br /&gt;
|dateDebut=1928&lt;br /&gt;
|dateFin=1937&lt;br /&gt;
|video=0052FN0037_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:00:52&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Meyer, Marcel&lt;br /&gt;
|apercu=Fête_Dieu_Saverne.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Fête-Dieu&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Saverne&lt;br /&gt;
|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|userrealname=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-07&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film présente Fête-Dieu à Saverne, petite ville d’environ 12 000 habitants située au nord-ouest de Strasbourg, à la frontière lorraine. Tourné dans les années 30, ce document montre une procession dans la Grand’ Rue située en plein centre-ville. La procession semble doucement se diriger vers l’église catholique « Notre-Dame de la Nativité », située au nord de la Grand Rue.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Plan 1 : Commence par un gros plan sur la Grand Rue et sur la foule qui l’occupe. On y distingue une bannière religieuse. Le cinéaste fait ensuite un traveling de gauche à droite, semble suivre une femme qui se déplace du même mouvement que la caméra, puis film pendant une seconde les passants sur le trottoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 2 : Montre un homme marchand avec un religieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 3 : Plan large sur la procession en elle-même. On y distingue des religieuses marchant d’un pas lent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 4 : Plan plus resserré sur la suite de la procession. On y voit de jeunes adultes dont le visage semble fermé, suivis par des prêtres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 5 : Procession continue avec cette fois une mise en valeur des bannières religieuses, ainsi que deux statues : l’une de la Vierge Marie et l’autre de ce qui semble être Jésus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 6 : Arrivée d’une fanfare (de pompiers ?) Le cinéaste semble être légèrement plus en hauteur que les autres (peut-être debout sur un banc ?).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 7 : Plan en contre-plongée sur la fanfare, et en particulier sur les saxophonistes qui arrivent en premier plan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 8 : Plan très court sur les galons des pompiers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan 9 : Plan à nouveau en hauteur sur la procession, mettant en valeur ce qui semble être en premier plan des élus, et en fond des enfants habillés de blanc, suivis par un dai.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=== Histoire de la Fête-Dieu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fête Dieu, aussi appelée « la fête du Corpus Christi » ou « la fête du Saint-Sacrement », est une fête religieuse catholique, célébrée soixante jours après Pâques, ou dans certains pays bénéficiant d’une dérogation, le dimanche d’après Pâques, comme en France. Cette fête se traduit par une procession traversant la ville afin de commémorer l’Eucharistie, c’est-à-dire la présence réelle du Christ dans le pain et le vin servis lors de la messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les origines de cette fête remontent au XIIIe siècle, du fait d’un miracle qui s’est déroulé à Bolsena, une petite ville italienne située entre Florence et Rome. Lors d’une messe, l’hostie aurait pris une couleur rosée, et du sang aurait taché le corporal (vêtement liturgique, généralement de forme carrée, représentant le linge sur lequel est posé le corps du Christ). Suite à cet événement, le pape Urbain IV décide de créer officiellement la fête du Corps du Christ (Corpus Christi ou Fête-Dieu) le 8 septembre 1264. Quelques siècles plus tard, alors que la Réforme (qui entre autres, conteste la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie) prend de la vitesse, le Concile de Trente (1547-1563) mets l’accent sur cette fête, et en particulier sur le faste qui doit y être montré dans un objectif de propagande, mais aussi de peur de la fin du monde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des indulgences (remise de peine au Purgatoire) sont mises en place : Deux-cents jours pour celle ou celui qui jeûne la veille, trois-cents pour ceux qui participent à la procession, deux-cents pour ceux qui assistent aux heures canoniales (quatre messes réparties dans la journée). D’autres indulgences sont encore prévues pour l’office de l’Octave (la messe du dimanche). Dans un contexte où les gens ont une peur panique de la vie après la mort, et en particulier de l’enfer, on peut s’imaginer l’impact que ces mesures ont pu avoir sur la participation des croyants à cette fête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Déroulé théorique de la Fête-Dieu == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu consiste en une longue procession, réunissant tous les fidèles d’une commune. Cette fête commence dès l’aube avec une messe, puis par l’ornement de quatre autels répartis sur le parcours de la procession. Pour les habitants, cette fête est l’occasion de se retrouver entre voisins et participe à la formation d'un sentiment d’appartenance et de cohésion au sein de la communauté. La procession est menée par un prêtre portant l’Eucharistie, suivis par une foule de croyants, et du Saint-Sacrement abrité sous un dais, qui est porté par des notables de la commune, bien souvent des élus pour le cas de la France. On porte également des statues, pouvant représenter des saints protecteurs ou importants pour les habitants de la commune, ainsi que l’incontournable Vierge-Marie. Les quatre autels que l’on a mentionnés précédemment sont l’occasion d’un arrêt où le prêtre bénit la foule et/ou prononce une courte messe. Les rues sont souvent richement décorées, des fleurs recouvrent les façades et des pétales de rose le sol. Ces décorations sont souvent accompagnées de draperies et de guirlandes, ainsi que de musique (ce rôle souvent tenu par la fanfare des pompiers ou celle de la ville). &lt;br /&gt;
[[Fichier:Illustration Fête Dieu Saverne.jpg|400px|thumb|left|Illustration d'une procession de la Fête Dieu à Saverne ©Rouge Charles, NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Religion et politique dans les années 1930 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La scène montrée dans le film se déroule dans les années 1930, soit peu de temps après la Première Guerre mondiale et le retour de l’Alsace à la France, en 1918. Durant la période allemande (1871-1918), la population alsacienne s’est forgé une image mythique de la France, comme pays idéal démocratique qui autorisera aux Alsaciens de conserver leur langue, et leur permettra d’obtenir les droits régionaux que l’Allemagne leur avait refusé. La déception est rude puisque la France refuse de reconnaître les alsaciens comme une minorité nationale, et mets en place une lourde politique d’assimilation. En juin-juillet 1924 le gouvernement Herriot essaie d’abroger le Code Civil, applicable en Alsace depuis 1900. Cette mesure entraîne une augmentation drastique des tensions, avec, en fer de lance, le clergé catholique alsacien, dont une partie appelle à l’action contre la République. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce « malaise alsacien » débouche sur le procès de Colmar en 1928, durant lequel les principaux leaders du parti autonomiste alsacien sont jugés pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Malgré des bases juridiques douteuses et l’incapacité des autorités à pouvoir démontrer l’existence d’un complot, l’autonomisme alsacien tend à refluer à la suite de ce procès. Cependant, une partie des leaders des partis autonomistes restants, notamment Hermann Bickler et Joseph Rossé refusent la conciliation avec les partis nationaux, et vont même jusqu’à proclamer leur admiration envers le partis Nazi, arrivé au pouvoir en Allemagne au début de l’année 1933, qui pourtant prône le rattachement de l’Alsace-Moselle au Reich. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Fête-Dieu à Saverne en images == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Fête Dieu Saverne années 30.jpeg|400px|thumb|right|Plan sur la foule, images tirées du film, MIRA]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film, d’une cinquantaine de secondes, est composé de neuf plans. La procession est exclusivement filmée dans la Grand ’Rue de la ville, et semble se situer entre l’église catholique et le château des Rohan. Le film commence par un plan élevé au-dessus de la foule, montrant le nombre important de fidèles présents. Le cinéaste est probablement debout sur un banc, afin d’avoir un meilleur point de vue. Il tourne ensuite lentement sa caméra vers la droite, dévoilant ainsi un groupe de fidèles portant une bannière blanche, puis, toujours dans le même mouvement, suis le visage d’une femme qui marche dans le sens opposé à la procession. Ce premier plan est relativement long (00:00:00 – 00:00:09) et est le moyen pour le cinéaste de porter l’attention sur le nombre de fidèles réunis au centre-ville en utilisant deux échelles de grandeurs : la masse en surplombant la foule puis les individus, en montrant les gens remontant la rue tout en longeant les écluses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les plans suivants (00:00:15 -00:00:43) offrent des plans plus rapprochés de la foule. On y voit défiler des hommes, au visage grave, habillés pour l’occasion, suivis de la fanfare des pompiers qui semble jouer un air lent. On peut par ailleurs noter que l’orchestre n’est composé que de cuivres et de percussions. A l’arrivée de la fanfare, le cinéaste descend du banc et filme l’orchestre en contre-plongée, comme pour renforcer l’importance de la fanfare pour le reste de la procession. On remarque en effet que les participants semblent avancer au rythme de la musique qui est jouée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dernier plan (00:00:43 – 00:00:51) montre l’arrivée des enfants, lançant des pétales de roses devant le Saint-Sacrement qui est abrité sous son dais traditionnel. Au premier plan défilent des hommes au visage très solennels, probablement des élus municipaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film permet d’entrevoir le déroulement d’une procession religieuse, dans une Alsace où les tensions entre autonomistes et républicains sont encore relativement fortes. Ce document nous montre une grande mobilisation des habitants, ainsi que des services publics de la commune (notamment des pompiers) et du Conseil municipal. En outre, il permet d’indiquer l’investissement religieux de la population, dans une société qui s’athéise progressivement.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BERTHOLET, Jean, ''Histoire de l’institution de la Fête-Dieu'', Liège, 1746&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DEBUS KEHR, Monique, « La Fête-Dieu à Colmar à la fin du Moyen Âge », ''Revue d’Alsace'' n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FUCHS, Julien, &amp;quot;La jeunesse alsacienne et la question régionale (1918-1939)&amp;quot;, ''Histoire Politique'' n°4, 2008&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN, Benoît, « Fêtes et processions, une occupation rituelle de l'espace public », ''Revue d'Alsace'' n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VAN GENNEP, Arnold, ''Le folklore français - tome 2. Cycles de mai, de la Saint-Jean, de l’été et de l’automne'', Robert Laffont, 1999 (rééd.)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Illustration_F%C3%AAte_Dieu_Saverne.jpeg&amp;diff=13570</id>
		<title>Fichier:Illustration Fête Dieu Saverne.jpeg</title>
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		<updated>2020-01-18T11:01:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : Illustration d'une procession de la Fête Dieu à Saverne par Rouge Charles&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Illustration d'une procession de la Fête Dieu à Saverne par Rouge Charles&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Procession_F%C3%AAte-Dieu_%C3%A0_Geispolsheim_(0026FN0028)&amp;diff=13569</id>
		<title>Procession Fête-Dieu à Geispolsheim (0026FN0028)</title>
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		<updated>2020-01-18T10:53:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Procession Fête-Dieu à Geispolsheim&lt;br /&gt;
|fonds=Spindler&lt;br /&gt;
|idSupport=0026FN0028&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
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|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Spindler, Paul&lt;br /&gt;
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|evenements_filmes_ou_en_lien=Fête-Dieu&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Geispolsheim; Église catholique Sainte Marguerite&lt;br /&gt;
|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|userrealname=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-30&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film, tourné en 1951, nous montre la progression d’une procession de la Fête-Dieu dans le village de Geispolsheim (petit village très proche de Strasbourg, d’environ 3000 habitants en 1954). Ce document, d’une durée de deux minutes cinquante-quatre, composé d’un total de 29 plans permet d’avoir un aperçu du déroulé traditionnel de la Fête-Dieu dans un village alsacien au début des années 50.&lt;br /&gt;
|Description_fr=1er plan : Une foule marche à pas lent vers le centre de la ville. Plusieurs personnes sont en costume traditionnel et portent des drapeaux et des bannières religieuses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2ème plan : Une brigade de pompiers défile, suivis de religieux portant des bannières. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3ème plan : Le dai est au centre de l’image et est entouré de pompiers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4ème plan : Plan plus rapproché de la procession qui se dirige vers le centre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5ème plan : Foule semble séparé en deux avec en son centre le dai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6ème plan : Des gens viennent écouter un prêtre qui semble prononcer une messe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7ème plan : Autre point de vue d’un prêtre prononçant une messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8ème plan : Plan large sur le faubourg du village. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9ème plan : Le cinéaste montre brièvement une calèche, stationnée à l’entrée de l’église. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10ème plan : Plan sur un enfant s’approchant d’un autel, les mains derrière le dos. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11ème plan : Des femmes en costume traditionnel alsacien portent une statue et sont suivies par de petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12ème plan : Plan cette fois plus long sur ces femmes portant la statue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13ème plan : Plan montrant la procession progresser. La statue de la Vierge-Marie portée par les femmes en costume traditionnel est au centre de l’image. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14ème plan : Une autre statue est montrée, qui semble être celle de l’enfant Jésus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15ème plan : Plan commence par la fin du cortège des femmes en costume traditionnel et l’arrivée sur l’image de la fanfare. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16ème plan : Marche lente de la fanfare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17ème plan - 21ème plan : Le cinéaste continue de montrer la progression des gens dans la ville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22ème plan :  Un groupe d’enfant habillés en blanc semblent discuter avec une religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23ème plan : Les enfants posent ensuite devant la caméra du cinéaste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24ème plan : Apparition du dai abritant le Saint-Sacrement devant lequel des prêtres répandent de l’encens. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dernier plan : Entrée du dai dans l’Église, lentement suivis par la procession.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Histoire de la Fête-Dieu&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fête Dieu, aussi appelée « la fête du Corpus Christi » ou « la fête du Saint-Sacrement », est une fête religieuse catholique, célébrée soixante jours après Pâques, ou dans certains pays bénéficiant d’une dérogation, le dimanche d’après Pâques, comme en France. Cette fête se traduit par une procession traversant la ville afin de commémorer l’Eucharistie, c’est-à-dire la présence réelle du Christ dans le pain et le vin servis lors de la messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les origines de cette fête remontent au XIIIe siècle, du fait d’un miracle qui s’est déroulé à Bolsena, une petite ville italienne située entre Florence et Rome. Lors d’une messe, l’hostie aurait pris une couleur rosée, et du sang aurait taché le corporal (vêtement liturgique, généralement de forme carrée, représentant le linge sur lequel est posé le corps du Christ). Suite à cet événement, le pape Urbain IV décide de créer officiellement la fête du Corps du Christ (Corpus Christi ou Fête-Dieu) le 8 septembre 1264. Quelques siècles plus tard, alors que la Réforme (qui entre autres, conteste la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie) prend de la vitesse, le Concile de Trente (1547-1563) mets l’accent sur cette fête, et en particulier sur le faste qui doit y être montré dans un objectif de propagande, mais aussi de peur de la fin du monde. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Geispolsheim 1960s.jpg|400px|thumb|left|Procession dans les années 60 à Geispolsheim. ©Gérard Leser, George Klein]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des indulgences (remise de peine au Purgatoire) sont mises en place : Deux-cents jours pour celle ou celui qui jeûne la veille, trois-cents pour ceux qui participent à la procession, deux-cents pour ceux qui assistent aux heures canoniales (quatre messes réparties dans la journée). D’autres indulgences sont encore prévues pour l’office de l’Octave (la messe du dimanche). Dans un contexte où les gens ont une peur panique de la vie après la mort, et en particulier de l’enfer, on peut s’imaginer l’impact que ces mesures ont pu avoir sur la participation des croyants à cette fête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déroulé théorique de la Fête-Dieu &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu consiste en une longue procession, réunissant tous les fidèles d’une commune. Cette fête commence dès l’aube avec une messe, puis par l’ornement de quatre autels répartis sur le parcours de la procession. Pour les habitants, cette fête est l’occasion de se retrouver entre voisins et participe à former un sentiment d’appartenance et de cohésion au sein de la ville ou du village. La procession est menée par un prêtre portant l’Eucharistie, suivis par une foule de croyants, et du Saint-Sacrement abrité sous un dais, qui est porté par des notables de la commune, bien souvent des élus pour le cas de la France. &lt;br /&gt;
On porte également des statues, pouvant représenter des Saints protecteurs ou importants pour les habitants de la commune, ainsi que l’incontournable Vierge-Marie. Les quatre autels que l’on a mentionnés précédemment sont l’occasion d’un arrêt où le prêtre béni la foule et/ou prononce une courte messe. Les rues sont souvent richement décorées, des fleurs recouvrent les façades et des pétales de rose le sol. Ces décorations sont souvent accompagnées de draperies et de guirlandes, ainsi que de musique (ce rôle est souvent tenu par la fanfare des pompiers ou celle de la ville).  [[Fichier:Procession des porteuses de la Vierge.jpeg|400px|thumb|right|Porteuses de la Vierge en costume traditionnel à Geispolsheim en 1910. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Analyse du film&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu est encore aujourd’hui un évènement important de la vie à Geispolsheim. Outre l’aspect religieux, cette fête à revêt un aspect touristique non négligeable pour la ville. La procession se fait encore en costume traditionnel et les rues sont richement décorées. Ce faste est également visible dans le film de Paul Spindler. On ne peut que remarquer les guirlandes présentes sur de nombreux murs, les nombreuses bannières portées par la foule, les statues en bronze, le sol recouverts par endroits de fleurs et de rameaux. Les costumes traditionnels sont mis en valeur par le cinéaste tout au long du film grâce à de larges plans ou des plans rapprochés sur les personnes concernées. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Procession de la Fête Dieu, Geispolsheim, enfants.jpeg|400px|thumb|left|Enfants en costume traditionnel à Geispolsheim en 1910. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
On remarque également une insistance sur la progression de la procession, commençant dans les faubourgs du village et terminant à l’entrée du Saint-Sacrement dans l’église. Contrairement à d’autres films amateurs portant sur la Fête-Dieu, on remarque que Spindler met l’accent sur les individus, et non sur la foule ou sur les symboles religieux. En effet, cet attachement à mettre l’individu au centre de ses film, afin d’essayer d’en capturer « le moment juste », se retrouve dans toute l’œuvre de Paul Spindler. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette persistance de la Fête-Dieu à Geispolsheim peut sans doute s’expliquer par la présence très importante du catholicisme dans le village, dont les racines datent du début du Moyen-Âge. En effet, aucun autre lieu de culte autre que l’Église catholique n’était alors présents dans le village, pas même un temple protestant.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BERTHOLET, Jean, Histoire de l’institution de la Fête-Dieu, Liège, 1746&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DEBUS KEHR, Monique, « La Fête-Dieu à Colmar à la fin du Moyen Âge », Revue d’Alsace n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN, Benoît, « Fêtes et processions, une occupation rituelle de l'espace public », Revue d'Alsace n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VAN GENNEP, Arnold, Le folklore français - tome 2. Cycles de mai, de la Saint-Jean, de l’été et de l’automne, Robert Laffont, 1999 (rééd.)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Procession_F%C3%AAte-Dieu_%C3%A0_Geispolsheim_(0026FN0028)&amp;diff=13568</id>
		<title>Procession Fête-Dieu à Geispolsheim (0026FN0028)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Procession_F%C3%AAte-Dieu_%C3%A0_Geispolsheim_(0026FN0028)&amp;diff=13568"/>
		<updated>2020-01-18T10:52:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Procession Fête-Dieu à Geispolsheim&lt;br /&gt;
|fonds=Spindler&lt;br /&gt;
|idSupport=0026FN0028&lt;br /&gt;
|dateDebut=1951&lt;br /&gt;
|dateFin=1952&lt;br /&gt;
|video=0026FN0028_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:10&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Spindler, Paul&lt;br /&gt;
|apercu=Procession_Fête_Dieu_Geispolsheim.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Fête-Dieu&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Geispolsheim; Église catholique Sainte Marguerite&lt;br /&gt;
|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|userrealname=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-30&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film, tourné en 1951, nous montre la progression d’une procession de la Fête-Dieu dans le village de Geispolsheim (petit village très proche de Strasbourg, d’environ 3000 habitants en 1954). Ce document, d’une durée de deux minutes cinquante-quatre, composé d’un total de 29 plans permet d’avoir un aperçu du déroulé traditionnel de la Fête-Dieu dans un village alsacien au début des années 50.&lt;br /&gt;
|Description_fr=1er plan : Une foule marche à pas lent vers le centre de la ville. Plusieurs personnes sont en costume traditionnel et portent des drapeaux et des bannières religieuses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2ème plan : Une brigade de pompiers défile, suivis de religieux portant des bannières. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3ème plan : Le dai est au centre de l’image et est entouré de pompiers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4ème plan : Plan plus rapproché de la procession qui se dirige vers le centre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5ème plan : Foule semble séparé en deux avec en son centre le dai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6ème plan : Des gens viennent écouter un prêtre qui semble prononcer une messe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7ème plan : Autre point de vue d’un prêtre prononçant une messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8ème plan : Plan large sur le faubourg du village. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9ème plan : Le cinéaste montre brièvement une calèche, stationnée à l’entrée de l’église. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10ème plan : Plan sur un enfant s’approchant d’un autel, les mains derrière le dos. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11ème plan : Des femmes en costume traditionnel alsacien portent une statue et sont suivies par de petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12ème plan : Plan cette fois plus long sur ces femmes portant la statue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13ème plan : Plan montrant la procession progresser. La statue de la Vierge-Marie portée par les femmes en costume traditionnel est au centre de l’image. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14ème plan : Une autre statue est montrée, qui semble être celle de l’enfant Jésus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15ème plan : Plan commence par la fin du cortège des femmes en costume traditionnel et l’arrivée sur l’image de la fanfare. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16ème plan : Marche lente de la fanfare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17ème plan - 21ème plan : Le cinéaste continue de montrer la progression des gens dans la ville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22ème plan :  Un groupe d’enfant habillés en blanc semblent discuter avec une religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23ème plan : Les enfants posent ensuite devant la caméra du cinéaste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24ème plan : Apparition du dai abritant le Saint-Sacrement devant lequel des prêtres répandent de l’encens. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dernier plan : Entrée du dai dans l’Église, lentement suivis par la procession.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Histoire de la Fête-Dieu&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fête Dieu, aussi appelée « la fête du Corpus Christi » ou « la fête du Saint-Sacrement », est une fête religieuse catholique, célébrée soixante jours après Pâques, ou dans certains pays bénéficiant d’une dérogation, le dimanche d’après Pâques, comme en France. Cette fête se traduit par une procession traversant la ville afin de commémorer l’Eucharistie, c’est-à-dire la présence réelle du Christ dans le pain et le vin servis lors de la messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les origines de cette fête remontent au XIIIe siècle, du fait d’un miracle qui s’est déroulé à Bolsena, une petite ville italienne située entre Florence et Rome. Lors d’une messe, l’hostie aurait pris une couleur rosée, et du sang aurait taché le corporal (vêtement liturgique, généralement de forme carrée, représentant le linge sur lequel est posé le corps du Christ). Suite à cet événement, le pape Urbain IV décide de créer officiellement la fête du Corps du Christ (Corpus Christi ou Fête-Dieu) le 8 septembre 1264. Quelques siècles plus tard, alors que la Réforme (qui entre autres, conteste la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie) prend de la vitesse, le Concile de Trente (1547-1563) mets l’accent sur cette fête, et en particulier sur le faste qui doit y être montré dans un objectif de propagande, mais aussi de peur de la fin du monde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des indulgences (remise de peine au Purgatoire) sont mises en place : Deux-cents jours pour celle ou celui qui jeûne la veille, trois-cents pour ceux qui participent à la procession, deux-cents pour ceux qui assistent aux heures canoniales (quatre messes réparties dans la journée). D’autres indulgences sont encore prévues pour l’office de l’Octave (la messe du dimanche). Dans un contexte où les gens ont une peur panique de la vie après la mort, et en particulier de l’enfer, on peut s’imaginer l’impact que ces mesures ont pu avoir sur la participation des croyants à cette fête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déroulé théorique de la Fête-Dieu &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu consiste en une longue procession, réunissant tous les fidèles d’une commune. Cette fête commence dès l’aube avec une messe, puis par l’ornement de quatre autels répartis sur le parcours de la procession. Pour les habitants, cette fête est l’occasion de se retrouver entre voisins et participe à former un sentiment d’appartenance et de cohésion au sein de la ville ou du village. La procession est menée par un prêtre portant l’Eucharistie, suivis par une foule de croyants, et du Saint-Sacrement abrité sous un dais, qui est porté par des notables de la commune, bien souvent des élus pour le cas de la France. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Geispolsheim 1960s.jpg|400px|thumb|left|Procession dans les années 60 à Geispolsheim. ©Gérard Leser, George Klein]]&lt;br /&gt;
On porte également des statues, pouvant représenter des Saints protecteurs ou importants pour les habitants de la commune, ainsi que l’incontournable Vierge-Marie. Les quatre autels que l’on a mentionnés précédemment sont l’occasion d’un arrêt où le prêtre béni la foule et/ou prononce une courte messe. Les rues sont souvent richement décorées, des fleurs recouvrent les façades et des pétales de rose le sol. Ces décorations sont souvent accompagnées de draperies et de guirlandes, ainsi que de musique (ce rôle est souvent tenu par la fanfare des pompiers ou celle de la ville).  [[Fichier:Procession des porteuses de la Vierge.jpeg|400px|thumb|right|Porteuses de la Vierge en costume traditionnel à Geispolsheim en 1910. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Analyse du film&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu est encore aujourd’hui un évènement important de la vie à Geispolsheim. Outre l’aspect religieux, cette fête à revêt un aspect touristique non négligeable pour la ville. La procession se fait encore en costume traditionnel et les rues sont richement décorées. Ce faste est également visible dans le film de Paul Spindler. On ne peut que remarquer les guirlandes présentes sur de nombreux murs, les nombreuses bannières portées par la foule, les statues en bronze, le sol recouverts par endroits de fleurs et de rameaux. Les costumes traditionnels sont mis en valeur par le cinéaste tout au long du film grâce à de larges plans ou des plans rapprochés sur les personnes concernées. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Procession de la Fête Dieu, Geispolsheim, enfants.jpeg|400px|thumb|left|Enfants en costume traditionnel à Geispolsheim en 1910. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
On remarque également une insistance sur la progression de la procession, commençant dans les faubourgs du village et terminant à l’entrée du Saint-Sacrement dans l’église. Contrairement à d’autres films amateurs portant sur la Fête-Dieu, on remarque que Spindler met l’accent sur les individus, et non sur la foule ou sur les symboles religieux. En effet, cet attachement à mettre l’individu au centre de ses film, afin d’essayer d’en capturer « le moment juste », se retrouve dans toute l’œuvre de Paul Spindler. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette persistance de la Fête-Dieu à Geispolsheim peut sans doute s’expliquer par la présence très importante du catholicisme dans le village, dont les racines datent du début du Moyen-Âge. En effet, aucun autre lieu de culte autre que l’Église catholique n’était alors présents dans le village, pas même un temple protestant.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BERTHOLET, Jean, Histoire de l’institution de la Fête-Dieu, Liège, 1746&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DEBUS KEHR, Monique, « La Fête-Dieu à Colmar à la fin du Moyen Âge », Revue d’Alsace n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN, Benoît, « Fêtes et processions, une occupation rituelle de l'espace public », Revue d'Alsace n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VAN GENNEP, Arnold, Le folklore français - tome 2. Cycles de mai, de la Saint-Jean, de l’été et de l’automne, Robert Laffont, 1999 (rééd.)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Procession_F%C3%AAte-Dieu_%C3%A0_Geispolsheim_(0026FN0028)&amp;diff=13567</id>
		<title>Procession Fête-Dieu à Geispolsheim (0026FN0028)</title>
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		<updated>2020-01-18T10:51:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Procession Fête-Dieu à Geispolsheim&lt;br /&gt;
|fonds=Spindler&lt;br /&gt;
|idSupport=0026FN0028&lt;br /&gt;
|dateDebut=1951&lt;br /&gt;
|dateFin=1952&lt;br /&gt;
|video=0026FN0028_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:10&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Spindler, Paul&lt;br /&gt;
|apercu=Procession_Fête_Dieu_Geispolsheim.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Fête-Dieu&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Geispolsheim; Église catholique Sainte Marguerite&lt;br /&gt;
|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|userrealname=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-30&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film, tourné en 1951, nous montre la progression d’une procession de la Fête-Dieu dans le village de Geispolsheim (petit village très proche de Strasbourg, d’environ 3000 habitants en 1954). Ce document, d’une durée de deux minutes cinquante-quatre, composé d’un total de 29 plans permet d’avoir un aperçu du déroulé traditionnel de la Fête-Dieu dans un village alsacien au début des années 50.&lt;br /&gt;
|Description_fr=1er plan : Une foule marche à pas lent vers le centre de la ville. Plusieurs personnes sont en costume traditionnel et portent des drapeaux et des bannières religieuses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2ème plan : Une brigade de pompiers défile, suivis de religieux portant des bannières. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3ème plan : Le dai est au centre de l’image et est entouré de pompiers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4ème plan : Plan plus rapproché de la procession qui se dirige vers le centre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5ème plan : Foule semble séparé en deux avec en son centre le dai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6ème plan : Des gens viennent écouter un prêtre qui semble prononcer une messe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7ème plan : Autre point de vue d’un prêtre prononçant une messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8ème plan : Plan large sur le faubourg du village. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9ème plan : Le cinéaste montre brièvement une calèche, stationnée à l’entrée de l’église. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10ème plan : Plan sur un enfant s’approchant d’un autel, les mains derrière le dos. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11ème plan : Des femmes en costume traditionnel alsacien portent une statue et sont suivies par de petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12ème plan : Plan cette fois plus long sur ces femmes portant la statue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13ème plan : Plan montrant la procession progresser. La statue de la Vierge-Marie portée par les femmes en costume traditionnel est au centre de l’image. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14ème plan : Une autre statue est montrée, qui semble être celle de l’enfant Jésus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15ème plan : Plan commence par la fin du cortège des femmes en costume traditionnel et l’arrivée sur l’image de la fanfare. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16ème plan : Marche lente de la fanfare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17ème plan - 21ème plan : Le cinéaste continue de montrer la progression des gens dans la ville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22ème plan :  Un groupe d’enfant habillés en blanc semblent discuter avec une religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23ème plan : Les enfants posent ensuite devant la caméra du cinéaste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24ème plan : Apparition du dai abritant le Saint-Sacrement devant lequel des prêtres répandent de l’encens. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dernier plan : Entrée du dai dans l’Église, lentement suivis par la procession.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Histoire de la Fête-Dieu&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fête Dieu, aussi appelée « la fête du Corpus Christi » ou « la fête du Saint-Sacrement », est une fête religieuse catholique, célébrée soixante jours après Pâques, ou dans certains pays bénéficiant d’une dérogation, le dimanche d’après Pâques, comme en France. Cette fête se traduit par une procession traversant la ville afin de commémorer l’Eucharistie, c’est-à-dire la présence réelle du Christ dans le pain et le vin servis lors de la messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les origines de cette fête remontent au XIIIe siècle, du fait d’un miracle qui s’est déroulé à Bolsena, une petite ville italienne située entre Florence et Rome. Lors d’une messe, l’hostie aurait pris une couleur rosée, et du sang aurait taché le corporal (vêtement liturgique, généralement de forme carrée, représentant le linge sur lequel est posé le corps du Christ). Suite à cet événement, le pape Urbain IV décide de créer officiellement la fête du Corps du Christ (Corpus Christi ou Fête-Dieu) le 8 septembre 1264. Quelques siècles plus tard, alors que la Réforme (qui entre autres, conteste la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie) prend de la vitesse, le Concile de Trente (1547-1563) mets l’accent sur cette fête, et en particulier sur le faste qui doit y être montré dans un objectif de propagande, mais aussi de peur de la fin du monde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des indulgences (remise de peine au Purgatoire) sont mises en place : Deux-cents jours pour celle ou celui qui jeûne la veille, trois-cents pour ceux qui participent à la procession, deux-cents pour ceux qui assistent aux heures canoniales (quatre messes réparties dans la journée). D’autres indulgences sont encore prévues pour l’office de l’Octave (la messe du dimanche). Dans un contexte où les gens ont une peur panique de la vie après la mort, et en particulier de l’enfer, on peut s’imaginer l’impact que ces mesures ont pu avoir sur la participation des croyants à cette fête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déroulé théorique de la Fête-Dieu &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu consiste en une longue procession, réunissant tous les fidèles d’une commune. Cette fête commence dès l’aube avec une messe, puis par l’ornement de quatre autels répartis sur le parcours de la procession. Pour les habitants, cette fête est l’occasion de se retrouver entre voisins et participe à former un sentiment d’appartenance et de cohésion au sein de la ville ou du village. La procession est menée par un prêtre portant l’Eucharistie, suivis par une foule de croyants, et du Saint-Sacrement abrité sous un dais, qui est porté par des notables de la commune, bien souvent des élus pour le cas de la France. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Geispolsheim 1960S.jpg|400px|thumb|left|Procession dans les années 60 à Geispolsheim. ©Gérard Leser, George Klein]]&lt;br /&gt;
On porte également des statues, pouvant représenter des Saints protecteurs ou importants pour les habitants de la commune, ainsi que l’incontournable Vierge-Marie. Les quatre autels que l’on a mentionnés précédemment sont l’occasion d’un arrêt où le prêtre béni la foule et/ou prononce une courte messe. Les rues sont souvent richement décorées, des fleurs recouvrent les façades et des pétales de rose le sol. Ces décorations sont souvent accompagnées de draperies et de guirlandes, ainsi que de musique (ce rôle est souvent tenu par la fanfare des pompiers ou celle de la ville).  [[Fichier:Procession des porteuses de la Vierge.jpeg|400px|thumb|right|Porteuses de la Vierge en costume traditionnel à Geispolsheim en 1910. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Analyse du film&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu est encore aujourd’hui un évènement important de la vie à Geispolsheim. Outre l’aspect religieux, cette fête à revêt un aspect touristique non négligeable pour la ville. La procession se fait encore en costume traditionnel et les rues sont richement décorées. Ce faste est également visible dans le film de Paul Spindler. On ne peut que remarquer les guirlandes présentes sur de nombreux murs, les nombreuses bannières portées par la foule, les statues en bronze, le sol recouverts par endroits de fleurs et de rameaux. Les costumes traditionnels sont mis en valeur par le cinéaste tout au long du film grâce à de larges plans ou des plans rapprochés sur les personnes concernées. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Procession de la Fête Dieu, Geispolsheim, enfants.jpeg|400px|thumb|left|Enfants en costume traditionnel à Geispolsheim en 1910. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
On remarque également une insistance sur la progression de la procession, commençant dans les faubourgs du village et terminant à l’entrée du Saint-Sacrement dans l’église. Contrairement à d’autres films amateurs portant sur la Fête-Dieu, on remarque que Spindler met l’accent sur les individus, et non sur la foule ou sur les symboles religieux. En effet, cet attachement à mettre l’individu au centre de ses film, afin d’essayer d’en capturer « le moment juste », se retrouve dans toute l’œuvre de Paul Spindler. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette persistance de la Fête-Dieu à Geispolsheim peut sans doute s’expliquer par la présence très importante du catholicisme dans le village, dont les racines datent du début du Moyen-Âge. En effet, aucun autre lieu de culte autre que l’Église catholique n’était alors présents dans le village, pas même un temple protestant.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BERTHOLET, Jean, Histoire de l’institution de la Fête-Dieu, Liège, 1746&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DEBUS KEHR, Monique, « La Fête-Dieu à Colmar à la fin du Moyen Âge », Revue d’Alsace n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN, Benoît, « Fêtes et processions, une occupation rituelle de l'espace public », Revue d'Alsace n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VAN GENNEP, Arnold, Le folklore français - tome 2. Cycles de mai, de la Saint-Jean, de l’été et de l’automne, Robert Laffont, 1999 (rééd.)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Procession_F%C3%AAte-Dieu_%C3%A0_Geispolsheim_(0026FN0028)&amp;diff=13566</id>
		<title>Procession Fête-Dieu à Geispolsheim (0026FN0028)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Procession_F%C3%AAte-Dieu_%C3%A0_Geispolsheim_(0026FN0028)&amp;diff=13566"/>
		<updated>2020-01-18T10:50:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Procession Fête-Dieu à Geispolsheim&lt;br /&gt;
|fonds=Spindler&lt;br /&gt;
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|dateFin=1952&lt;br /&gt;
|video=0026FN0028_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:10&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Spindler, Paul&lt;br /&gt;
|apercu=Procession_Fête_Dieu_Geispolsheim.jpg&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Fête-Dieu&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Geispolsheim; Église catholique Sainte Marguerite&lt;br /&gt;
|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|userrealname=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-30&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film, tourné en 1951, nous montre la progression d’une procession de la Fête-Dieu dans le village de Geispolsheim (petit village très proche de Strasbourg, d’environ 3000 habitants en 1954). Ce document, d’une durée de deux minutes cinquante-quatre, composé d’un total de 29 plans permet d’avoir un aperçu du déroulé traditionnel de la Fête-Dieu dans un village alsacien au début des années 50.&lt;br /&gt;
|Description_fr=1er plan : Une foule marche à pas lent vers le centre de la ville. Plusieurs personnes sont en costume traditionnel et portent des drapeaux et des bannières religieuses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2ème plan : Une brigade de pompiers défile, suivis de religieux portant des bannières. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3ème plan : Le dai est au centre de l’image et est entouré de pompiers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4ème plan : Plan plus rapproché de la procession qui se dirige vers le centre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5ème plan : Foule semble séparé en deux avec en son centre le dai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6ème plan : Des gens viennent écouter un prêtre qui semble prononcer une messe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7ème plan : Autre point de vue d’un prêtre prononçant une messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8ème plan : Plan large sur le faubourg du village. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9ème plan : Le cinéaste montre brièvement une calèche, stationnée à l’entrée de l’église. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10ème plan : Plan sur un enfant s’approchant d’un autel, les mains derrière le dos. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11ème plan : Des femmes en costume traditionnel alsacien portent une statue et sont suivies par de petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12ème plan : Plan cette fois plus long sur ces femmes portant la statue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13ème plan : Plan montrant la procession progresser. La statue de la Vierge-Marie portée par les femmes en costume traditionnel est au centre de l’image. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14ème plan : Une autre statue est montrée, qui semble être celle de l’enfant Jésus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15ème plan : Plan commence par la fin du cortège des femmes en costume traditionnel et l’arrivée sur l’image de la fanfare. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16ème plan : Marche lente de la fanfare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17ème plan - 21ème plan : Le cinéaste continue de montrer la progression des gens dans la ville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22ème plan :  Un groupe d’enfant habillés en blanc semblent discuter avec une religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23ème plan : Les enfants posent ensuite devant la caméra du cinéaste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24ème plan : Apparition du dai abritant le Saint-Sacrement devant lequel des prêtres répandent de l’encens. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dernier plan : Entrée du dai dans l’Église, lentement suivis par la procession.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Histoire de la Fête-Dieu&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fête Dieu, aussi appelée « la fête du Corpus Christi » ou « la fête du Saint-Sacrement », est une fête religieuse catholique, célébrée soixante jours après Pâques, ou dans certains pays bénéficiant d’une dérogation, le dimanche d’après Pâques, comme en France. Cette fête se traduit par une procession traversant la ville afin de commémorer l’Eucharistie, c’est-à-dire la présence réelle du Christ dans le pain et le vin servis lors de la messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les origines de cette fête remontent au XIIIe siècle, du fait d’un miracle qui s’est déroulé à Bolsena, une petite ville italienne située entre Florence et Rome. Lors d’une messe, l’hostie aurait pris une couleur rosée, et du sang aurait taché le corporal (vêtement liturgique, généralement de forme carrée, représentant le linge sur lequel est posé le corps du Christ). Suite à cet événement, le pape Urbain IV décide de créer officiellement la fête du Corps du Christ (Corpus Christi ou Fête-Dieu) le 8 septembre 1264. Quelques siècles plus tard, alors que la Réforme (qui entre autres, conteste la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie) prend de la vitesse, le Concile de Trente (1547-1563) mets l’accent sur cette fête, et en particulier sur le faste qui doit y être montré dans un objectif de propagande, mais aussi de peur de la fin du monde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des indulgences (remise de peine au Purgatoire) sont mises en place : Deux-cents jours pour celle ou celui qui jeûne la veille, trois-cents pour ceux qui participent à la procession, deux-cents pour ceux qui assistent aux heures canoniales (quatre messes réparties dans la journée). D’autres indulgences sont encore prévues pour l’office de l’Octave (la messe du dimanche). Dans un contexte où les gens ont une peur panique de la vie après la mort, et en particulier de l’enfer, on peut s’imaginer l’impact que ces mesures ont pu avoir sur la participation des croyants à cette fête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déroulé théorique de la Fête-Dieu &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu consiste en une longue procession, réunissant tous les fidèles d’une commune. Cette fête commence dès l’aube avec une messe, puis par l’ornement de quatre autels répartis sur le parcours de la procession. Pour les habitants, cette fête est l’occasion de se retrouver entre voisins et participe à former un sentiment d’appartenance et de cohésion au sein de la ville ou du village. La procession est menée par un prêtre portant l’Eucharistie, suivis par une foule de croyants, et du Saint-Sacrement abrité sous un dais, qui est porté par des notables de la commune, bien souvent des élus pour le cas de la France. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Geispolsheim 1960S.jpeg|400px|thumb|left|Procession dans les années 60 à Geispolsheim. ©Gérard Leser, George Klein]]&lt;br /&gt;
On porte également des statues, pouvant représenter des Saints protecteurs ou importants pour les habitants de la commune, ainsi que l’incontournable Vierge-Marie. Les quatre autels que l’on a mentionnés précédemment sont l’occasion d’un arrêt où le prêtre béni la foule et/ou prononce une courte messe. Les rues sont souvent richement décorées, des fleurs recouvrent les façades et des pétales de rose le sol. Ces décorations sont souvent accompagnées de draperies et de guirlandes, ainsi que de musique (ce rôle est souvent tenu par la fanfare des pompiers ou celle de la ville).  [[Fichier:Procession des porteuses de la Vierge.jpeg|400px|thumb|right|Porteuses de la Vierge en costume traditionnel à Geispolsheim en 1910. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Analyse du film&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu est encore aujourd’hui un évènement important de la vie à Geispolsheim. Outre l’aspect religieux, cette fête à revêt un aspect touristique non négligeable pour la ville. La procession se fait encore en costume traditionnel et les rues sont richement décorées. Ce faste est également visible dans le film de Paul Spindler. On ne peut que remarquer les guirlandes présentes sur de nombreux murs, les nombreuses bannières portées par la foule, les statues en bronze, le sol recouverts par endroits de fleurs et de rameaux. Les costumes traditionnels sont mis en valeur par le cinéaste tout au long du film grâce à de larges plans ou des plans rapprochés sur les personnes concernées. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Procession de la Fête Dieu, Geispolsheim, enfants.jpeg|400px|thumb|left|Enfants en costume traditionnel à Geispolsheim en 1910. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
On remarque également une insistance sur la progression de la procession, commençant dans les faubourgs du village et terminant à l’entrée du Saint-Sacrement dans l’église. Contrairement à d’autres films amateurs portant sur la Fête-Dieu, on remarque que Spindler met l’accent sur les individus, et non sur la foule ou sur les symboles religieux. En effet, cet attachement à mettre l’individu au centre de ses film, afin d’essayer d’en capturer « le moment juste », se retrouve dans toute l’œuvre de Paul Spindler. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette persistance de la Fête-Dieu à Geispolsheim peut sans doute s’expliquer par la présence très importante du catholicisme dans le village, dont les racines datent du début du Moyen-Âge. En effet, aucun autre lieu de culte autre que l’Église catholique n’était alors présents dans le village, pas même un temple protestant.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BERTHOLET, Jean, Histoire de l’institution de la Fête-Dieu, Liège, 1746&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DEBUS KEHR, Monique, « La Fête-Dieu à Colmar à la fin du Moyen Âge », Revue d’Alsace n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN, Benoît, « Fêtes et processions, une occupation rituelle de l'espace public », Revue d'Alsace n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VAN GENNEP, Arnold, Le folklore français - tome 2. Cycles de mai, de la Saint-Jean, de l’été et de l’automne, Robert Laffont, 1999 (rééd.)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Procession_F%C3%AAte-Dieu_%C3%A0_Geispolsheim_(0026FN0028)&amp;diff=13565</id>
		<title>Procession Fête-Dieu à Geispolsheim (0026FN0028)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Procession_F%C3%AAte-Dieu_%C3%A0_Geispolsheim_(0026FN0028)&amp;diff=13565"/>
		<updated>2020-01-18T10:49:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Procession Fête-Dieu à Geispolsheim&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Ce film, tourné en 1951, nous montre la progression d’une procession de la Fête-Dieu dans le village de Geispolsheim (petit village très proche de Strasbourg, d’environ 3000 habitants en 1954). Ce document, d’une durée de deux minutes cinquante-quatre, composé d’un total de 29 plans permet d’avoir un aperçu du déroulé traditionnel de la Fête-Dieu dans un village alsacien au début des années 50.&lt;br /&gt;
|Description_fr=1er plan : Une foule marche à pas lent vers le centre de la ville. Plusieurs personnes sont en costume traditionnel et portent des drapeaux et des bannières religieuses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2ème plan : Une brigade de pompiers défile, suivis de religieux portant des bannières. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3ème plan : Le dai est au centre de l’image et est entouré de pompiers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4ème plan : Plan plus rapproché de la procession qui se dirige vers le centre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5ème plan : Foule semble séparé en deux avec en son centre le dai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6ème plan : Des gens viennent écouter un prêtre qui semble prononcer une messe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7ème plan : Autre point de vue d’un prêtre prononçant une messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8ème plan : Plan large sur le faubourg du village. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9ème plan : Le cinéaste montre brièvement une calèche, stationnée à l’entrée de l’église. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10ème plan : Plan sur un enfant s’approchant d’un autel, les mains derrière le dos. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11ème plan : Des femmes en costume traditionnel alsacien portent une statue et sont suivies par de petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12ème plan : Plan cette fois plus long sur ces femmes portant la statue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13ème plan : Plan montrant la procession progresser. La statue de la Vierge-Marie portée par les femmes en costume traditionnel est au centre de l’image. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14ème plan : Une autre statue est montrée, qui semble être celle de l’enfant Jésus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15ème plan : Plan commence par la fin du cortège des femmes en costume traditionnel et l’arrivée sur l’image de la fanfare. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16ème plan : Marche lente de la fanfare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17ème plan - 21ème plan : Le cinéaste continue de montrer la progression des gens dans la ville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22ème plan :  Un groupe d’enfant habillés en blanc semblent discuter avec une religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23ème plan : Les enfants posent ensuite devant la caméra du cinéaste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24ème plan : Apparition du dai abritant le Saint-Sacrement devant lequel des prêtres répandent de l’encens. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dernier plan : Entrée du dai dans l’Église, lentement suivis par la procession.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Histoire de la Fête-Dieu&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fête Dieu, aussi appelée « la fête du Corpus Christi » ou « la fête du Saint-Sacrement », est une fête religieuse catholique, célébrée soixante jours après Pâques, ou dans certains pays bénéficiant d’une dérogation, le dimanche d’après Pâques, comme en France. Cette fête se traduit par une procession traversant la ville afin de commémorer l’Eucharistie, c’est-à-dire la présence réelle du Christ dans le pain et le vin servis lors de la messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les origines de cette fête remontent au XIIIe siècle, du fait d’un miracle qui s’est déroulé à Bolsena, une petite ville italienne située entre Florence et Rome. Lors d’une messe, l’hostie aurait pris une couleur rosée, et du sang aurait taché le corporal (vêtement liturgique, généralement de forme carrée, représentant le linge sur lequel est posé le corps du Christ). Suite à cet événement, le pape Urbain IV décide de créer officiellement la fête du Corps du Christ (Corpus Christi ou Fête-Dieu) le 8 septembre 1264. Quelques siècles plus tard, alors que la Réforme (qui entre autres, conteste la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie) prend de la vitesse, le Concile de Trente (1547-1563) mets l’accent sur cette fête, et en particulier sur le faste qui doit y être montré dans un objectif de propagande, mais aussi de peur de la fin du monde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des indulgences (remise de peine au Purgatoire) sont mises en place : Deux-cents jours pour celle ou celui qui jeûne la veille, trois-cents pour ceux qui participent à la procession, deux-cents pour ceux qui assistent aux heures canoniales (quatre messes réparties dans la journée). D’autres indulgences sont encore prévues pour l’office de l’Octave (la messe du dimanche). Dans un contexte où les gens ont une peur panique de la vie après la mort, et en particulier de l’enfer, on peut s’imaginer l’impact que ces mesures ont pu avoir sur la participation des croyants à cette fête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déroulé théorique de la Fête-Dieu &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu consiste en une longue procession, réunissant tous les fidèles d’une commune. Cette fête commence dès l’aube avec une messe, puis par l’ornement de quatre autels répartis sur le parcours de la procession. Pour les habitants, cette fête est l’occasion de se retrouver entre voisins et participe à former un sentiment d’appartenance et de cohésion au sein de la ville ou du village. La procession est menée par un prêtre portant l’Eucharistie, suivis par une foule de croyants, et du Saint-Sacrement abrité sous un dais, qui est porté par des notables de la commune, bien souvent des élus pour le cas de la France. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Geispolsheim 1960s.jpeg|400px|thumb|left|Procession dans les années 60 à Geispolsheim. ©Gérard Leser, George Klein]]&lt;br /&gt;
On porte également des statues, pouvant représenter des Saints protecteurs ou importants pour les habitants de la commune, ainsi que l’incontournable Vierge-Marie. Les quatre autels que l’on a mentionnés précédemment sont l’occasion d’un arrêt où le prêtre béni la foule et/ou prononce une courte messe. Les rues sont souvent richement décorées, des fleurs recouvrent les façades et des pétales de rose le sol. Ces décorations sont souvent accompagnées de draperies et de guirlandes, ainsi que de musique (ce rôle est souvent tenu par la fanfare des pompiers ou celle de la ville).  [[Fichier:Procession des porteuses de la Vierge.jpeg|400px|thumb|right|Porteuses de la Vierge en costume traditionnel à Geispolsheim en 1910. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Analyse du film&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu est encore aujourd’hui un évènement important de la vie à Geispolsheim. Outre l’aspect religieux, cette fête à revêt un aspect touristique non négligeable pour la ville. La procession se fait encore en costume traditionnel et les rues sont richement décorées. Ce faste est également visible dans le film de Paul Spindler. On ne peut que remarquer les guirlandes présentes sur de nombreux murs, les nombreuses bannières portées par la foule, les statues en bronze, le sol recouverts par endroits de fleurs et de rameaux. Les costumes traditionnels sont mis en valeur par le cinéaste tout au long du film grâce à de larges plans ou des plans rapprochés sur les personnes concernées. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Procession de la Fête Dieu, Geispolsheim, enfants.jpeg|400px|thumb|left|Enfants en costume traditionnel à Geispolsheim en 1910. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
On remarque également une insistance sur la progression de la procession, commençant dans les faubourgs du village et terminant à l’entrée du Saint-Sacrement dans l’église. Contrairement à d’autres films amateurs portant sur la Fête-Dieu, on remarque que Spindler met l’accent sur les individus, et non sur la foule ou sur les symboles religieux. En effet, cet attachement à mettre l’individu au centre de ses film, afin d’essayer d’en capturer « le moment juste », se retrouve dans toute l’œuvre de Paul Spindler. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette persistance de la Fête-Dieu à Geispolsheim peut sans doute s’expliquer par la présence très importante du catholicisme dans le village, dont les racines datent du début du Moyen-Âge. En effet, aucun autre lieu de culte autre que l’Église catholique n’était alors présents dans le village, pas même un temple protestant.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BERTHOLET, Jean, Histoire de l’institution de la Fête-Dieu, Liège, 1746&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DEBUS KEHR, Monique, « La Fête-Dieu à Colmar à la fin du Moyen Âge », Revue d’Alsace n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN, Benoît, « Fêtes et processions, une occupation rituelle de l'espace public », Revue d'Alsace n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VAN GENNEP, Arnold, Le folklore français - tome 2. Cycles de mai, de la Saint-Jean, de l’été et de l’automne, Robert Laffont, 1999 (rééd.)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>Procession Fête-Dieu à Geispolsheim (0026FN0028)</title>
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		<updated>2020-01-18T10:46:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Spindler, Paul&lt;br /&gt;
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|evenements_filmes_ou_en_lien=Fête-Dieu&lt;br /&gt;
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|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film, tourné en 1951, nous montre la progression d’une procession de la Fête-Dieu dans le village de Geispolsheim (petit village très proche de Strasbourg, d’environ 3000 habitants en 1954). Ce document, d’une durée de deux minutes cinquante-quatre, composé d’un total de 29 plans permet d’avoir un aperçu du déroulé traditionnel de la Fête-Dieu dans un village alsacien au début des années 50.&lt;br /&gt;
|Description_fr=1er plan : Une foule marche à pas lent vers le centre de la ville. Plusieurs personnes sont en costume traditionnel et portent des drapeaux et des bannières religieuses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2ème plan : Une brigade de pompiers défile, suivis de religieux portant des bannières. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3ème plan : Le dai est au centre de l’image et est entouré de pompiers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4ème plan : Plan plus rapproché de la procession qui se dirige vers le centre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5ème plan : Foule semble séparé en deux avec en son centre le dai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6ème plan : Des gens viennent écouter un prêtre qui semble prononcer une messe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7ème plan : Autre point de vue d’un prêtre prononçant une messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8ème plan : Plan large sur le faubourg du village. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9ème plan : Le cinéaste montre brièvement une calèche, stationnée à l’entrée de l’église. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10ème plan : Plan sur un enfant s’approchant d’un autel, les mains derrière le dos. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11ème plan : Des femmes en costume traditionnel alsacien portent une statue et sont suivies par de petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12ème plan : Plan cette fois plus long sur ces femmes portant la statue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13ème plan : Plan montrant la procession progresser. La statue de la Vierge-Marie portée par les femmes en costume traditionnel est au centre de l’image. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14ème plan : Une autre statue est montrée, qui semble être celle de l’enfant Jésus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15ème plan : Plan commence par la fin du cortège des femmes en costume traditionnel et l’arrivée sur l’image de la fanfare. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16ème plan : Marche lente de la fanfare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17ème plan - 21ème plan : Le cinéaste continue de montrer la progression des gens dans la ville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22ème plan :  Un groupe d’enfant habillés en blanc semblent discuter avec une religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23ème plan : Les enfants posent ensuite devant la caméra du cinéaste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24ème plan : Apparition du dai abritant le Saint-Sacrement devant lequel des prêtres répandent de l’encens. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dernier plan : Entrée du dai dans l’Église, lentement suivis par la procession.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Histoire de la Fête-Dieu&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fête Dieu, aussi appelée « la fête du Corpus Christi » ou « la fête du Saint-Sacrement », est une fête religieuse catholique, célébrée soixante jours après Pâques, ou dans certains pays bénéficiant d’une dérogation, le dimanche d’après Pâques, comme en France. Cette fête se traduit par une procession traversant la ville afin de commémorer l’Eucharistie, c’est-à-dire la présence réelle du Christ dans le pain et le vin servis lors de la messe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les origines de cette fête remontent au XIIIe siècle, du fait d’un miracle qui s’est déroulé à Bolsena, une petite ville italienne située entre Florence et Rome. Lors d’une messe, l’hostie aurait pris une couleur rosée, et du sang aurait taché le corporal (vêtement liturgique, généralement de forme carrée, représentant le linge sur lequel est posé le corps du Christ). Suite à cet événement, le pape Urbain IV décide de créer officiellement la fête du Corps du Christ (Corpus Christi ou Fête-Dieu) le 8 septembre 1264. Quelques siècles plus tard, alors que la Réforme (qui entre autres, conteste la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie) prend de la vitesse, le Concile de Trente (1547-1563) mets l’accent sur cette fête, et en particulier sur le faste qui doit y être montré dans un objectif de propagande, mais aussi de peur de la fin du monde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des indulgences (remise de peine au Purgatoire) sont mises en place : Deux-cents jours pour celle ou celui qui jeûne la veille, trois-cents pour ceux qui participent à la procession, deux-cents pour ceux qui assistent aux heures canoniales (quatre messes réparties dans la journée). D’autres indulgences sont encore prévues pour l’office de l’Octave (la messe du dimanche). Dans un contexte où les gens ont une peur panique de la vie après la mort, et en particulier de l’enfer, on peut s’imaginer l’impact que ces mesures ont pu avoir sur la participation des croyants à cette fête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déroulé théorique de la Fête-Dieu &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu consiste en une longue procession, réunissant tous les fidèles d’une commune. Cette fête commence dès l’aube avec une messe, puis par l’ornement de quatre autels répartis sur le parcours de la procession. Pour les habitants, cette fête est l’occasion de se retrouver entre voisins et participe à former un sentiment d’appartenance et de cohésion au sein de la ville ou du village. La procession est menée par un prêtre portant l’Eucharistie, suivis par une foule de croyants, et du Saint-Sacrement abrité sous un dais, qui est porté par des notables de la commune, bien souvent des élus pour le cas de la France. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On porte également des statues, pouvant représenter des Saints protecteurs ou importants pour les habitants de la commune, ainsi que l’incontournable Vierge-Marie. Les quatre autels que l’on a mentionnés précédemment sont l’occasion d’un arrêt où le prêtre béni la foule et/ou prononce une courte messe. Les rues sont souvent richement décorées, des fleurs recouvrent les façades et des pétales de rose le sol. Ces décorations sont souvent accompagnées de draperies et de guirlandes, ainsi que de musique (ce rôle est souvent tenu par la fanfare des pompiers ou celle de la ville).  [[Fichier:Procession des porteuses de la Vierge.jpeg|400px|thumb|right|Porteuses de la Vierge en costume traditionnel à Geispolsheim en 1910. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Analyse du film&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Fête-Dieu est encore aujourd’hui un évènement important de la vie à Geispolsheim. Outre l’aspect religieux, cette fête à revêt un aspect touristique non négligeable pour la ville. La procession se fait encore en costume traditionnel et les rues sont richement décorées. Ce faste est également visible dans le film de Paul Spindler. On ne peut que remarquer les guirlandes présentes sur de nombreux murs, les nombreuses bannières portées par la foule, les statues en bronze, le sol recouverts par endroits de fleurs et de rameaux. Les costumes traditionnels sont mis en valeur par le cinéaste tout au long du film grâce à de larges plans ou des plans rapprochés sur les personnes concernées. &lt;br /&gt;
[[Fichier:Procession de la Fête Dieu, Geispolsheim, enfants.jpeg|400px|thumb|left|Enfants en costume traditionnel à Geispolsheim en 1910. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
On remarque également une insistance sur la progression de la procession, commençant dans les faubourgs du village et terminant à l’entrée du Saint-Sacrement dans l’église. Contrairement à d’autres films amateurs portant sur la Fête-Dieu, on remarque que Spindler met l’accent sur les individus, et non sur la foule ou sur les symboles religieux. En effet, cet attachement à mettre l’individu au centre de ses film, afin d’essayer d’en capturer « le moment juste », se retrouve dans toute l’œuvre de Paul Spindler. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette persistance de la Fête-Dieu à Geispolsheim peut sans doute s’expliquer par la présence très importante du catholicisme dans le village, dont les racines datent du début du Moyen-Âge. En effet, aucun autre lieu de culte autre que l’Église catholique n’était alors présents dans le village, pas même un temple protestant.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BERTHOLET, Jean, Histoire de l’institution de la Fête-Dieu, Liège, 1746&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DEBUS KEHR, Monique, « La Fête-Dieu à Colmar à la fin du Moyen Âge », Revue d’Alsace n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JORDAN, Benoît, « Fêtes et processions, une occupation rituelle de l'espace public », Revue d'Alsace n°141, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VAN GENNEP, Arnold, Le folklore français - tome 2. Cycles de mai, de la Saint-Jean, de l’été et de l’automne, Robert Laffont, 1999 (rééd.)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Partie_de_chasse(0024FS0005)&amp;diff=13563</id>
		<title>Partie de chasse(0024FS0005)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Partie_de_chasse(0024FS0005)&amp;diff=13563"/>
		<updated>2020-01-18T10:36:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Partie de chasse&lt;br /&gt;
|fonds=Ville de Colmar&lt;br /&gt;
|idSupport=0024FS0005&lt;br /&gt;
|dateDebut=1950&lt;br /&gt;
|dateFin=1959&lt;br /&gt;
|video=0024FS0005_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:53&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|apercu=Chasse_Colmar.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|userrealname=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-23&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Hunting and Fishing&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film nous montre un repas après une chasse communale, probablement dans le Haut-Rhin. Le cinéaste filme les chasseurs ainsi que des habitants en train de partager le gibier fraîchement abattu.&lt;br /&gt;
|Description_fr=1er plan : Montre cinq colonnes de lapins de garenne alignés à côté d’un groupe de chasseurs qui mangent. Traveling de gauche à droite pour mettre l’emphase sur l’importance numérique du gibier abattu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2ème plan : Nouveau traveling sur le même plan mais cette fois plus lent et plus haut, mettant plus l’accent sur le groupe de chasseurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3ème plan : Traveling de gauche à droite montrant le groupe de chasseurs mangeant autour d’un feu et discutant. Le nombre de voitures indique que ce sont des gens potentiellement aisés. La présence d’une Jeep nous indique que le film est d’après-guerres, probablement dans les années 50 vu la proportion de tractions-avant. Le traveling de gauche à droite est inhabituel et est probablement utilisé pour montrer l’étalement du groupe de chasseurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4ème plan : Gros plan sur les perdrix et autres oiseaux qui ont été abattu. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5ème plan : Idem sur les lapins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6ème plan : Plan plus resserré et traveling de droite à gauche sur les chasseurs qui mangent et discutent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7ème plan : Deux chasseurs mangent à côté d’une voiture. L’un d’eux remarque le/la cinéaste et rigole. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8ème plan : Plan d’une durée très courte sur des chasseurs qui mangent. On propose un verre (probablement d’alcool) à l’un d’eux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9ème plan : Idem. L’un des chasseurs fume un cigare et semble être le centre du plan (peut-être un élu ?). La caméra se lève quand il se lève. Puis traveling de droite à gauche vers un chasseur qui boit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10ème plan : Plan commence sur deux personnes qui boivent du vin autour d’un feu, puis traveling de droite à gauche révélant quatre autres chasseurs partageant la bouteille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11ème plan : Plan mettant en valeur un chasseur assis, mangeant. Traveling de gauche à droite révélant une femme mangeant elle aussi autour du feu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12ème plan : Un homme ramène une grosse bouteille de vin. Il verse un verre à un homme qui se tenait debout, puis la caméra fait un traveling de droite à gauche, révélant les personnes que nous avons déjà vues dans le plan précédant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13ème plan : La caméra exécute un traveling de gauche à droite, montrant des chasseurs qui semblent prendre la pose pour la caméra. Certains sourient, d’autres la salue simplement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14ème plan : Un homme sert un vin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15ème plan : Des hommes déballent de nouvelles bouteilles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16ème plan : Un homme mange du pain et discute avec deux hommes assis sur des caisses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17ème plan : Deux hommes fument et mangent autour d’un feu. L’un d’eux semble s’adresser au cinéaste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18ème plan : Trois hommes discutent autour du feu. Un quatrième est couché par terre et regarde la caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19ème plan : Un homme, qui semble être un élu, discute énergiquement avec deux autres hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20ème plan : Un groupe d’hommes ramasse le gibier abattu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21ème plan : On charge le gibier dans un camion couvert.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Ce film - qui a sûrement été tourné dans les années 1950 - était peut-être destiné à des actualités projetées par exemple dans un cinéma. En effet, l'utilisation d'une pellicule de 16 mm, très onéreuse et généralement réservée aux documentaires, pourrait indiquer une utilisation professionnelle du film. Ce document a probablement été filmé dans les environs de Colmar (le film ayant été remis à MIRA par la ville), d'autant plus que la chasse au faisan et à la perdrix (ces deux espèces étant montrées dans le film) y est autorisée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le droit local de la chasse en Alsace-Moselle. ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du fait de la défaite française de 1871 et le rattachement de l'Alsace-Moselle à l'Allemagne, ces trois départements suivent un régime spécial, comparé au reste de la France. En effet, ces trois départements n'ont pas suivi la même évolution que le droit français et de ce fait, conservent des lois napoléoniennes, des lois mises en place sous le second Reich allemand, ainsi que toutes leurs modifications, de leur mise en place à aujourd'hui. Ce droit local touche principalement la réglementation professionnelle de l'artisanat et de l'apprentissage, des jours fériés spécifiques, l'aide sociale, le droit aux associations, et comme nous allons le voir, le droit de la chasse. &lt;br /&gt;
 [[Fichier:La chasse, Jacoby Jean.jpeg|400px|thumb|right|Illustration d'une partie de chasse datant des années 20. Illustration par Jacoby Jean ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
Le 7 février 1881 entre en vigueur une loi locale, obligeant les communes à administrer une éventuelle chasse &amp;quot;[...] au nom et pour le compte des propriétaires&amp;quot;. Le gibier en Alsace-Moselle est donc considéré juridiquement comme un patrimoine géré par les communes, et non comme une &amp;quot;chose sans maître&amp;quot; comme dans le reste du territoire français. Selon cette loi, le droit de la chasse est retiré des propriétaires fonciers, et il leur est impossible de l'interdire, à moins que la superficie de leur terrain face plus de 25 hectares. La commune procède ainsi tous les neufs ans à des locations, le locataire devant payer le loyer de la chasse à la commune et accepter de respecter un plan de chasse, définis avec les autorités. Cette loi de 1881 ne sera modifiée que le 20 juin 1996, et c'est donc cette loi qui régit la chasse des personnes présentes dans ce film. &lt;br /&gt;
 [[Fichier:Plan des chasses, Société du Neuhof.jpeg|400px|thumb|left|Photographie d'un plan de chasse établi par la société du Neuhof. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une ambiance festive ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce film, les chasseurs ainsi que leur famille, et probablement des habitants des alentours sont rassemblés autour de plusieurs feux, dans une ambiance qui semble joyeuse et festive. Cette chasse semble s'être déroulée au mois de janvier ou de février, puisque les gens sont habillés chaudement et que le temps parait humide. Cela coïnciderait avec la période de chasse du lapin de garenne (15 avril - dernier jour de février) et du faisan/perdrix (23 août - 1er février). Ceux qui ont chassés sont probablement les personnes portant une carte à leur chapeau, tandis que les autres semblent être des habitants de la localité, profitant du repas d’après la chasse pour se retrouver.  On y déguste le petit gibier fraîchement abattu entre voisins. Le nombre important de voitures présentes sur les lieux pourrait suggérer un niveau de richesse relativement élevé, mais aussi que les participants à la chasse ne sont pas tous de la région. On parvient en effet à distinguer une plaque d’immatriculation sur l’une des voitures indiquant le département des Vosges. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’agit donc avant tout d’un repas qui se déroule selon la tradition française, où l’on mange le gibier après la chasse en ne jetant que très peu. On peut également remarquer que la quantité de lapins/perdrix abattus est impressionnante. Des camions sont mobilisés pour les transporter, ce qui semble indiquer une participation active de la commune à cette « partie de chasse ». L'absence de chiens sur ce film peut surprendre, mais relève peut-être de l'évolution de la législation sur la chasse qui aujourd'hui rend obligatoire la présence de chiens, afin de trouver et/ou d'achever un gibier blessé.&lt;br /&gt;
 [[Fichier:Chasse au canard sur les rives du Rhin.jpeg|400px|thumb|right|Gravure d'une chasse au canard sur les rives du Rhin. 1889. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
=== La méthode du cinéaste ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cinéaste utilise plusieurs procédés pour mettre en valeur les chasseurs et leur repas. L'une de ces techniques - qui est sûrement celle qui est la plus utilisée - est le panoramique. La méthode la plus classique est de déplacer la caméra de droite à gauche afin de garantir une relative stabilité de l'image tout en montrant progressivement un plan plus large. Cependant, le cinéaste fait à plusieurs reprise un panoramique inverse : de gauche à droite. Ce procédé est souvent utilisé pour dévoiler un personnage important, comme par exemple un élu. L'autre technique très utilisée par le cinéaste est le plan fixe sur un groupe de personnes, avec le plus souvent, une personne que le cinéaste considère comme la plus importante à montrer. La même méthode est à nouveau utilisée pour mettre en valeur les animaux abattus. On peut imaginer qu'un commentaire audio accompagnait la diffusion du film dans la salle de cinéma, décrivant les images et donnant éventuellement le nom et la fonction des personnes ainsi montrées au centre de l'image.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=IDL (institut du droit local alsacien-mosellan) - www.idl-am.org&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
OFB (Office français de la biodiversité) - www.oncf.gouv.fr&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FDC 67 (Fédération de la chasse du Bas-Rhin) - www.fdc67.fr&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Direction départementale des territoires du Haut-Rhin (arrêté préfectoral numéro : 2014183-0004)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Direction départementale des territoires du Haut-Rhin (arrêté préfectoral numéro : 2019-1053)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Partie_de_chasse(0024FS0005)&amp;diff=13562</id>
		<title>Partie de chasse(0024FS0005)</title>
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		<updated>2020-01-18T10:36:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Partie de chasse&lt;br /&gt;
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|dateFin=1959&lt;br /&gt;
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|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|apercu=Chasse_Colmar.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|userrealname=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-23&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Ce film nous montre un repas après une chasse communale, probablement dans le Haut-Rhin. Le cinéaste filme les chasseurs ainsi que des habitants en train de partager le gibier fraîchement abattu.&lt;br /&gt;
|Description_fr=1er plan : Montre cinq colonnes de lapins de garenne alignés à côté d’un groupe de chasseurs qui mangent. Traveling de gauche à droite pour mettre l’emphase sur l’importance numérique du gibier abattu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2ème plan : Nouveau traveling sur le même plan mais cette fois plus lent et plus haut, mettant plus l’accent sur le groupe de chasseurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3ème plan : Traveling de gauche à droite montrant le groupe de chasseurs mangeant autour d’un feu et discutant. Le nombre de voitures indique que ce sont des gens potentiellement aisés. La présence d’une Jeep nous indique que le film est d’après-guerres, probablement dans les années 50 vu la proportion de tractions-avant. Le traveling de gauche à droite est inhabituel et est probablement utilisé pour montrer l’étalement du groupe de chasseurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4ème plan : Gros plan sur les perdrix et autres oiseaux qui ont été abattu. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5ème plan : Idem sur les lapins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6ème plan : Plan plus resserré et traveling de droite à gauche sur les chasseurs qui mangent et discutent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7ème plan : Deux chasseurs mangent à côté d’une voiture. L’un d’eux remarque le/la cinéaste et rigole. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8ème plan : Plan d’une durée très courte sur des chasseurs qui mangent. On propose un verre (probablement d’alcool) à l’un d’eux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9ème plan : Idem. L’un des chasseurs fume un cigare et semble être le centre du plan (peut-être un élu ?). La caméra se lève quand il se lève. Puis traveling de droite à gauche vers un chasseur qui boit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10ème plan : Plan commence sur deux personnes qui boivent du vin autour d’un feu, puis traveling de droite à gauche révélant quatre autres chasseurs partageant la bouteille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11ème plan : Plan mettant en valeur un chasseur assis, mangeant. Traveling de gauche à droite révélant une femme mangeant elle aussi autour du feu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12ème plan : Un homme ramène une grosse bouteille de vin. Il verse un verre à un homme qui se tenait debout, puis la caméra fait un traveling de droite à gauche, révélant les personnes que nous avons déjà vues dans le plan précédant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13ème plan : La caméra exécute un traveling de gauche à droite, montrant des chasseurs qui semblent prendre la pose pour la caméra. Certains sourient, d’autres la salue simplement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14ème plan : Un homme sert un vin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15ème plan : Des hommes déballent de nouvelles bouteilles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16ème plan : Un homme mange du pain et discute avec deux hommes assis sur des caisses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17ème plan : Deux hommes fument et mangent autour d’un feu. L’un d’eux semble s’adresser au cinéaste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18ème plan : Trois hommes discutent autour du feu. Un quatrième est couché par terre et regarde la caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19ème plan : Un homme, qui semble être un élu, discute énergiquement avec deux autres hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20ème plan : Un groupe d’hommes ramasse le gibier abattu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21ème plan : On charge le gibier dans un camion couvert.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Ce film - qui a sûrement été tourné dans les années 1950 - était peut-être destiné à des actualités projetées par exemple dans un cinéma. En effet, l'utilisation d'une pellicule de 16 mm, très onéreuse et généralement réservée aux documentaires, pourrait indiquer une utilisation professionnelle du film. Ce document a probablement été filmé dans les environs de Colmar (le film ayant été remis à MIRA par la ville), d'autant plus que la chasse au faisan et à la perdrix (ces deux espèces étant montrées dans le film) y est autorisée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le droit local de la chasse en Alsace-Moselle. ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du fait de la défaite française de 1871 et le rattachement de l'Alsace-Moselle à l'Allemagne, ces trois départements suivent un régime spécial, comparé au reste de la France. En effet, ces trois départements n'ont pas suivi la même évolution que le droit français et de ce fait, conservent des lois napoléoniennes, des lois mises en place sous le second Reich allemand, ainsi que toutes leurs modifications, de leur mise en place à aujourd'hui. Ce droit local touche principalement la réglementation professionnelle de l'artisanat et de l'apprentissage, des jours fériés spécifiques, l'aide sociale, le droit aux associations, et comme nous allons le voir, le droit de la chasse. &lt;br /&gt;
 [[Fichier:La chasse, Jacoby Jean.jpeg|400px|thumb|right|Illustration d'une partie de chasse datant des années 20. Illustration par Jacoby Jean ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
Le 7 février 1881 entre en vigueur une loi locale, obligeant les communes à administrer une éventuelle chasse &amp;quot;[...] au nom et pour le compte des propriétaires&amp;quot;. Le gibier en Alsace-Moselle est donc considéré juridiquement comme un patrimoine géré par les communes, et non comme une &amp;quot;chose sans maître&amp;quot; comme dans le reste du territoire français. Selon cette loi, le droit de la chasse est retiré des propriétaires fonciers, et il leur est impossible de l'interdire, à moins que la superficie de leur terrain face plus de 25 hectares. La commune procède ainsi tous les neufs ans à des locations, le locataire devant payer le loyer de la chasse à la commune et accepter de respecter un plan de chasse, définis avec les autorités. Cette loi de 1881 ne sera modifiée que le 20 juin 1996, et c'est donc cette loi qui régit la chasse des personnes présentes dans ce film. &lt;br /&gt;
 [[Fichier:Plan des chasses, Société du Neuhof.jpeg|400px|thumb|left|Photographie d'un plan de chasse établi par la société du Neuhof. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une ambiance festive ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce film, les chasseurs ainsi que leur famille, et probablement des habitants des alentours sont rassemblés autour de plusieurs feux, dans une ambiance qui semble joyeuse et festive. Cette chasse semble s'être déroulée au mois de janvier ou de février, puisque les gens sont habillés chaudement et que le temps parait humide. Cela coïnciderait avec la période de chasse du lapin de garenne (15 avril - dernier jour de février) et du faisan/perdrix (23 août - 1er février). Ceux qui ont chassés sont probablement les personnes portant une carte à leur chapeau, tandis que les autres semblent être des habitants de la localité, profitant du repas d’après la chasse pour se retrouver.  On y déguste le petit gibier fraîchement abattu entre voisins. Le nombre important de voitures présentes sur les lieux pourrait suggérer un niveau de richesse relativement élevé, mais aussi que les participants à la chasse ne sont pas tous de la région. On parvient en effet à distinguer une plaque d’immatriculation sur l’une des voitures indiquant le département des Vosges. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’agit donc avant tout d’un repas qui se déroule selon la tradition française, où l’on mange le gibier après la chasse en ne jetant que très peu. On peut également remarquer que la quantité de lapins/perdrix abattus est impressionnante. Des camions sont mobilisés pour les transporter, ce qui semble indiquer une participation active de la commune à cette « partie de chasse ». L'absence de chiens sur ce film peut surprendre, mais relève peut-être de l'évolution de la législation sur la chasse qui aujourd'hui rend obligatoire la présence de chiens, afin de trouver et/ou d'achever un gibier blessé.&lt;br /&gt;
 [[Fichier:Chasse au canard sur les rives du Rhin.jpeg|400px|thumb|left|Gravure d'une chasse au canard sur les rives du Rhin. 1889. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
=== La méthode du cinéaste ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cinéaste utilise plusieurs procédés pour mettre en valeur les chasseurs et leur repas. L'une de ces techniques - qui est sûrement celle qui est la plus utilisée - est le panoramique. La méthode la plus classique est de déplacer la caméra de droite à gauche afin de garantir une relative stabilité de l'image tout en montrant progressivement un plan plus large. Cependant, le cinéaste fait à plusieurs reprise un panoramique inverse : de gauche à droite. Ce procédé est souvent utilisé pour dévoiler un personnage important, comme par exemple un élu. L'autre technique très utilisée par le cinéaste est le plan fixe sur un groupe de personnes, avec le plus souvent, une personne que le cinéaste considère comme la plus importante à montrer. La même méthode est à nouveau utilisée pour mettre en valeur les animaux abattus. On peut imaginer qu'un commentaire audio accompagnait la diffusion du film dans la salle de cinéma, décrivant les images et donnant éventuellement le nom et la fonction des personnes ainsi montrées au centre de l'image.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=IDL (institut du droit local alsacien-mosellan) - www.idl-am.org&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
OFB (Office français de la biodiversité) - www.oncf.gouv.fr&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FDC 67 (Fédération de la chasse du Bas-Rhin) - www.fdc67.fr&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Direction départementale des territoires du Haut-Rhin (arrêté préfectoral numéro : 2014183-0004)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Direction départementale des territoires du Haut-Rhin (arrêté préfectoral numéro : 2019-1053)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Chasse_au_canard_sur_les_rives_du_Rhin.jpeg&amp;diff=13561</id>
		<title>Fichier:Chasse au canard sur les rives du Rhin.jpeg</title>
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		<updated>2020-01-18T10:34:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Partie_de_chasse(0024FS0005)&amp;diff=13560</id>
		<title>Partie de chasse(0024FS0005)</title>
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		<updated>2020-01-18T10:31:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Partie de chasse&lt;br /&gt;
|fonds=Ville de Colmar&lt;br /&gt;
|idSupport=0024FS0005&lt;br /&gt;
|dateDebut=1950&lt;br /&gt;
|dateFin=1959&lt;br /&gt;
|video=0024FS0005_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:53&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|apercu=Chasse_Colmar.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|userrealname=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-23&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Hunting and Fishing&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film nous montre un repas après une chasse communale, probablement dans le Haut-Rhin. Le cinéaste filme les chasseurs ainsi que des habitants en train de partager le gibier fraîchement abattu.&lt;br /&gt;
|Description_fr=1er plan : Montre cinq colonnes de lapins de garenne alignés à côté d’un groupe de chasseurs qui mangent. Traveling de gauche à droite pour mettre l’emphase sur l’importance numérique du gibier abattu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2ème plan : Nouveau traveling sur le même plan mais cette fois plus lent et plus haut, mettant plus l’accent sur le groupe de chasseurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3ème plan : Traveling de gauche à droite montrant le groupe de chasseurs mangeant autour d’un feu et discutant. Le nombre de voitures indique que ce sont des gens potentiellement aisés. La présence d’une Jeep nous indique que le film est d’après-guerres, probablement dans les années 50 vu la proportion de tractions-avant. Le traveling de gauche à droite est inhabituel et est probablement utilisé pour montrer l’étalement du groupe de chasseurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4ème plan : Gros plan sur les perdrix et autres oiseaux qui ont été abattu. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5ème plan : Idem sur les lapins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6ème plan : Plan plus resserré et traveling de droite à gauche sur les chasseurs qui mangent et discutent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7ème plan : Deux chasseurs mangent à côté d’une voiture. L’un d’eux remarque le/la cinéaste et rigole. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8ème plan : Plan d’une durée très courte sur des chasseurs qui mangent. On propose un verre (probablement d’alcool) à l’un d’eux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9ème plan : Idem. L’un des chasseurs fume un cigare et semble être le centre du plan (peut-être un élu ?). La caméra se lève quand il se lève. Puis traveling de droite à gauche vers un chasseur qui boit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10ème plan : Plan commence sur deux personnes qui boivent du vin autour d’un feu, puis traveling de droite à gauche révélant quatre autres chasseurs partageant la bouteille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11ème plan : Plan mettant en valeur un chasseur assis, mangeant. Traveling de gauche à droite révélant une femme mangeant elle aussi autour du feu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12ème plan : Un homme ramène une grosse bouteille de vin. Il verse un verre à un homme qui se tenait debout, puis la caméra fait un traveling de droite à gauche, révélant les personnes que nous avons déjà vues dans le plan précédant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13ème plan : La caméra exécute un traveling de gauche à droite, montrant des chasseurs qui semblent prendre la pose pour la caméra. Certains sourient, d’autres la salue simplement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14ème plan : Un homme sert un vin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15ème plan : Des hommes déballent de nouvelles bouteilles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16ème plan : Un homme mange du pain et discute avec deux hommes assis sur des caisses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17ème plan : Deux hommes fument et mangent autour d’un feu. L’un d’eux semble s’adresser au cinéaste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18ème plan : Trois hommes discutent autour du feu. Un quatrième est couché par terre et regarde la caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19ème plan : Un homme, qui semble être un élu, discute énergiquement avec deux autres hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20ème plan : Un groupe d’hommes ramasse le gibier abattu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21ème plan : On charge le gibier dans un camion couvert.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Ce film - qui a sûrement été tourné dans les années 1950 - était peut-être destiné à des actualités projetées par exemple dans un cinéma. En effet, l'utilisation d'une pellicule de 16 mm, très onéreuse et généralement réservée aux documentaires, pourrait indiquer une utilisation professionnelle du film. Ce document a probablement été filmé dans les environs de Colmar (le film ayant été remis à MIRA par la ville), d'autant plus que la chasse au faisan et à la perdrix (ces deux espèces étant montrées dans le film) y est autorisée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le droit local de la chasse en Alsace-Moselle. ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du fait de la défaite française de 1871 et le rattachement de l'Alsace-Moselle à l'Allemagne, ces trois départements suivent un régime spécial, comparé au reste de la France. En effet, ces trois départements n'ont pas suivi la même évolution que le droit français et de ce fait, conservent des lois napoléoniennes, des lois mises en place sous le second Reich allemand, ainsi que toutes leurs modifications, de leur mise en place à aujourd'hui. Ce droit local touche principalement la réglementation professionnelle de l'artisanat et de l'apprentissage, des jours fériés spécifiques, l'aide sociale, le droit aux associations, et comme nous allons le voir, le droit de la chasse. &lt;br /&gt;
 [[Fichier:La chasse, Jacoby Jean.jpeg|400px|thumb|right|Illustration d'une partie de chasse datant des années 20. Illustration par Jacoby Jean ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
Le 7 février 1881 entre en vigueur une loi locale, obligeant les communes à administrer une éventuelle chasse &amp;quot;[...] au nom et pour le compte des propriétaires&amp;quot;. Le gibier en Alsace-Moselle est donc considéré juridiquement comme un patrimoine géré par les communes, et non comme une &amp;quot;chose sans maître&amp;quot; comme dans le reste du territoire français. Selon cette loi, le droit de la chasse est retiré des propriétaires fonciers, et il leur est impossible de l'interdire, à moins que la superficie de leur terrain face plus de 25 hectares. La commune procède ainsi tous les neufs ans à des locations, le locataire devant payer le loyer de la chasse à la commune et accepter de respecter un plan de chasse, définis avec les autorités. Cette loi de 1881 ne sera modifiée que le 20 juin 1996, et c'est donc cette loi qui régit la chasse des personnes présentes dans ce film. &lt;br /&gt;
 [[Fichier:Plan des chasses, Société du Neuhof.jpeg|400px|thumb|left|Photographie d'un plan de chasse établi par la société du Neuhof. ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une ambiance festive ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce film, les chasseurs ainsi que leur famille, et probablement des habitants des alentours sont rassemblés autour de plusieurs feux, dans une ambiance qui semble joyeuse et festive. Cette chasse semble s'être déroulée au mois de janvier ou de février, puisque les gens sont habillés chaudement et que le temps parait humide. Cela coïnciderait avec la période de chasse du lapin de garenne (15 avril - dernier jour de février) et du faisan/perdrix (23 août - 1er février). Ceux qui ont chassés sont probablement les personnes portant une carte à leur chapeau, tandis que les autres semblent être des habitants de la localité, profitant du repas d’après la chasse pour se retrouver.  On y déguste le petit gibier fraîchement abattu entre voisins. Le nombre important de voitures présentes sur les lieux pourrait suggérer un niveau de richesse relativement élevé, mais aussi que les participants à la chasse ne sont pas tous de la région. On parvient en effet à distinguer une plaque d’immatriculation sur l’une des voitures indiquant le département des Vosges. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’agit donc avant tout d’un repas qui se déroule selon la tradition française, où l’on mange le gibier après la chasse en ne jetant que très peu. On peut également remarquer que la quantité de lapins/perdrix abattus est impressionnante. Des camions sont mobilisés pour les transporter, ce qui semble indiquer une participation active de la commune à cette « partie de chasse ». L'absence de chiens sur ce film peut surprendre, mais relève peut-être de l'évolution de la législation sur la chasse qui aujourd'hui rend obligatoire la présence de chiens, afin de trouver et/ou d'achever un gibier blessé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La méthode du cinéaste ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cinéaste utilise plusieurs procédés pour mettre en valeur les chasseurs et leur repas. L'une de ces techniques - qui est sûrement celle qui est la plus utilisée - est le panoramique. La méthode la plus classique est de déplacer la caméra de droite à gauche afin de garantir une relative stabilité de l'image tout en montrant progressivement un plan plus large. Cependant, le cinéaste fait à plusieurs reprise un panoramique inverse : de gauche à droite. Ce procédé est souvent utilisé pour dévoiler un personnage important, comme par exemple un élu. L'autre technique très utilisée par le cinéaste est le plan fixe sur un groupe de personnes, avec le plus souvent, une personne que le cinéaste considère comme la plus importante à montrer. La même méthode est à nouveau utilisée pour mettre en valeur les animaux abattus. On peut imaginer qu'un commentaire audio accompagnait la diffusion du film dans la salle de cinéma, décrivant les images et donnant éventuellement le nom et la fonction des personnes ainsi montrées au centre de l'image.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=IDL (institut du droit local alsacien-mosellan) - www.idl-am.org&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
OFB (Office français de la biodiversité) - www.oncf.gouv.fr&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FDC 67 (Fédération de la chasse du Bas-Rhin) - www.fdc67.fr&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Direction départementale des territoires du Haut-Rhin (arrêté préfectoral numéro : 2014183-0004)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Direction départementale des territoires du Haut-Rhin (arrêté préfectoral numéro : 2019-1053)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Plan_des_chasses,_Soci%C3%A9t%C3%A9_du_Neuhof.jpeg&amp;diff=13559</id>
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		<updated>2020-01-18T10:29:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
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		<title>Partie de chasse(0024FS0005)</title>
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		<updated>2020-01-18T10:26:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clément Brestel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Partie de chasse&lt;br /&gt;
|fonds=Ville de Colmar&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|apercu=Chasse_Colmar.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|userrealname=Clément Brestel&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-23&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Hunting and Fishing&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Ce film nous montre un repas après une chasse communale, probablement dans le Haut-Rhin. Le cinéaste filme les chasseurs ainsi que des habitants en train de partager le gibier fraîchement abattu.&lt;br /&gt;
|Description_fr=1er plan : Montre cinq colonnes de lapins de garenne alignés à côté d’un groupe de chasseurs qui mangent. Traveling de gauche à droite pour mettre l’emphase sur l’importance numérique du gibier abattu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2ème plan : Nouveau traveling sur le même plan mais cette fois plus lent et plus haut, mettant plus l’accent sur le groupe de chasseurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3ème plan : Traveling de gauche à droite montrant le groupe de chasseurs mangeant autour d’un feu et discutant. Le nombre de voitures indique que ce sont des gens potentiellement aisés. La présence d’une Jeep nous indique que le film est d’après-guerres, probablement dans les années 50 vu la proportion de tractions-avant. Le traveling de gauche à droite est inhabituel et est probablement utilisé pour montrer l’étalement du groupe de chasseurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4ème plan : Gros plan sur les perdrix et autres oiseaux qui ont été abattu. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5ème plan : Idem sur les lapins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6ème plan : Plan plus resserré et traveling de droite à gauche sur les chasseurs qui mangent et discutent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7ème plan : Deux chasseurs mangent à côté d’une voiture. L’un d’eux remarque le/la cinéaste et rigole. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8ème plan : Plan d’une durée très courte sur des chasseurs qui mangent. On propose un verre (probablement d’alcool) à l’un d’eux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9ème plan : Idem. L’un des chasseurs fume un cigare et semble être le centre du plan (peut-être un élu ?). La caméra se lève quand il se lève. Puis traveling de droite à gauche vers un chasseur qui boit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10ème plan : Plan commence sur deux personnes qui boivent du vin autour d’un feu, puis traveling de droite à gauche révélant quatre autres chasseurs partageant la bouteille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11ème plan : Plan mettant en valeur un chasseur assis, mangeant. Traveling de gauche à droite révélant une femme mangeant elle aussi autour du feu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12ème plan : Un homme ramène une grosse bouteille de vin. Il verse un verre à un homme qui se tenait debout, puis la caméra fait un traveling de droite à gauche, révélant les personnes que nous avons déjà vues dans le plan précédant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13ème plan : La caméra exécute un traveling de gauche à droite, montrant des chasseurs qui semblent prendre la pose pour la caméra. Certains sourient, d’autres la salue simplement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14ème plan : Un homme sert un vin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15ème plan : Des hommes déballent de nouvelles bouteilles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16ème plan : Un homme mange du pain et discute avec deux hommes assis sur des caisses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17ème plan : Deux hommes fument et mangent autour d’un feu. L’un d’eux semble s’adresser au cinéaste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18ème plan : Trois hommes discutent autour du feu. Un quatrième est couché par terre et regarde la caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19ème plan : Un homme, qui semble être un élu, discute énergiquement avec deux autres hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20ème plan : Un groupe d’hommes ramasse le gibier abattu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21ème plan : On charge le gibier dans un camion couvert.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Ce film - qui a sûrement été tourné dans les années 1950 - était peut-être destiné à des actualités projetées par exemple dans un cinéma. En effet, l'utilisation d'une pellicule de 16 mm, très onéreuse et généralement réservée aux documentaires, pourrait indiquer une utilisation professionnelle du film. Ce document a probablement été filmé dans les environs de Colmar (le film ayant été remis à MIRA par la ville), d'autant plus que la chasse au faisan et à la perdrix (ces deux espèces étant montrées dans le film) y est autorisée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le droit local de la chasse en Alsace-Moselle. ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du fait de la défaite française de 1871 et le rattachement de l'Alsace-Moselle à l'Allemagne, ces trois départements suivent un régime spécial, comparé au reste de la France. En effet, ces trois départements n'ont pas suivi la même évolution que le droit français et de ce fait, conservent des lois napoléoniennes, des lois mises en place sous le second Reich allemand, ainsi que toutes leurs modifications, de leur mise en place à aujourd'hui. Ce droit local touche principalement la réglementation professionnelle de l'artisanat et de l'apprentissage, des jours fériés spécifiques, l'aide sociale, le droit aux associations, et comme nous allons le voir, le droit de la chasse. &lt;br /&gt;
 [[Fichier:La chasse, Jacoby Jean.jpeg|400px|thumb|right|Illustration d'une partie de chasse datant des années 20. Illustration par Jacoby Jean ©NUMISTRAL]]&lt;br /&gt;
Le 7 février 1881 entre en vigueur une loi locale, obligeant les communes à administrer une éventuelle chasse &amp;quot;[...] au nom et pour le compte des propriétaires&amp;quot;. Le gibier en Alsace-Moselle est donc considéré juridiquement comme un patrimoine géré par les communes, et non comme une &amp;quot;chose sans maître&amp;quot; comme dans le reste du territoire français. Selon cette loi, le droit de la chasse est retiré des propriétaires fonciers, et il leur est impossible de l'interdire, à moins que la superficie de leur terrain face plus de 25 hectares. La commune procède ainsi tous les neufs ans à des locations, le locataire devant payer le loyer de la chasse à la commune et accepter de respecter un plan de chasse, définis avec les autorités. Cette loi de 1881 ne sera modifiée que le 20 juin 1996, et c'est donc cette loi qui régit la chasse des personnes présentes dans ce film. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une ambiance festive ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce film, les chasseurs ainsi que leur famille, et probablement des habitants des alentours sont rassemblés autour de plusieurs feux, dans une ambiance qui semble joyeuse et festive. Cette chasse semble s'être déroulée au mois de janvier ou de février, puisque les gens sont habillés chaudement et que le temps parait humide. Cela coïnciderait avec la période de chasse du lapin de garenne (15 avril - dernier jour de février) et du faisan/perdrix (23 août - 1er février). Ceux qui ont chassés sont probablement les personnes portant une carte à leur chapeau, tandis que les autres semblent être des habitants de la localité, profitant du repas d’après la chasse pour se retrouver.  On y déguste le petit gibier fraîchement abattu entre voisins. Le nombre important de voitures présentes sur les lieux pourrait suggérer un niveau de richesse relativement élevé, mais aussi que les participants à la chasse ne sont pas tous de la région. On parvient en effet à distinguer une plaque d’immatriculation sur l’une des voitures indiquant le département des Vosges. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’agit donc avant tout d’un repas qui se déroule selon la tradition française, où l’on mange le gibier après la chasse en ne jetant que très peu. On peut également remarquer que la quantité de lapins/perdrix abattus est impressionnante. Des camions sont mobilisés pour les transporter, ce qui semble indiquer une participation active de la commune à cette « partie de chasse ». L'absence de chiens sur ce film peut surprendre, mais relève peut-être de l'évolution de la législation sur la chasse qui aujourd'hui rend obligatoire la présence de chiens, afin de trouver et/ou d'achever un gibier blessé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La méthode du cinéaste ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cinéaste utilise plusieurs procédés pour mettre en valeur les chasseurs et leur repas. L'une de ces techniques - qui est sûrement celle qui est la plus utilisée - est le panoramique. La méthode la plus classique est de déplacer la caméra de droite à gauche afin de garantir une relative stabilité de l'image tout en montrant progressivement un plan plus large. Cependant, le cinéaste fait à plusieurs reprise un panoramique inverse : de gauche à droite. Ce procédé est souvent utilisé pour dévoiler un personnage important, comme par exemple un élu. L'autre technique très utilisée par le cinéaste est le plan fixe sur un groupe de personnes, avec le plus souvent, une personne que le cinéaste considère comme la plus importante à montrer. La même méthode est à nouveau utilisée pour mettre en valeur les animaux abattus. On peut imaginer qu'un commentaire audio accompagnait la diffusion du film dans la salle de cinéma, décrivant les images et donnant éventuellement le nom et la fonction des personnes ainsi montrées au centre de l'image.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=IDL (institut du droit local alsacien-mosellan) - www.idl-am.org&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
OFB (Office français de la biodiversité) - www.oncf.gouv.fr&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FDC 67 (Fédération de la chasse du Bas-Rhin) - www.fdc67.fr&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Direction départementale des territoires du Haut-Rhin (arrêté préfectoral numéro : 2014183-0004)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Direction départementale des territoires du Haut-Rhin (arrêté préfectoral numéro : 2019-1053)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clément Brestel</name></author>
		
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