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	<title>Cinematheque du Rhin superieur - Kinemathek Oberrhein - Contributions de l’utilisateur [fr]</title>
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16377</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
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		<updated>2021-01-05T16:40:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Camp de vacances féminin&lt;br /&gt;
|fonds=Bueb&lt;br /&gt;
|idSupport=0160FS0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1946&lt;br /&gt;
|dateFin=1948&lt;br /&gt;
|video=0160FS0002_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:06:20&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bueb, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Campfilles.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Image 1 : Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grâce aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'État, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs, mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', op.cit., p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:1206px-Gazette_des_Mines_n°14_Août_1947.jpg|300px|thumb|left|Image 2 : Extrait de la Gazette des Mines, août 1947.  ]]&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physique et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un État qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique, mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. À la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas prêter attention la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Gazette septembre 1947 2.jpg|300px|thumb|right|Image 3 : Lettre d'une pensionnaire à son amie Lulu.]]&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semble apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement pour eux, que les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de discipline : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24), toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', op.cit., p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours en lien avec cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances. Au coeur de la construction d'un service public 1944-1960'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GIOVANETTI (René), ''Mines de potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprus, 2011.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HOUSSAYE (Jean), ''Le livre des colos. Histoire et évolution des centres de vacances pour enfants'', Paris, La Documentation Française, 1989. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEE DOWNS (Laura), ''Childhood in the promised land. Working-Class Movements and the Colonies de Vacances in France, 1880-1960'', Durham and London, Duke University Press, 2002.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16376</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16376"/>
		<updated>2021-01-05T16:36:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Camp de vacances féminin&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Bueb, Charles&lt;br /&gt;
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|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Image 1 : Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grâce aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'État, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs, mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', op.cit., p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:1206px-Gazette_des_Mines_n°14_Août_1947.jpg|300px|thumb|left|Image 2 : Extrait de la Gazette des Mines, août 1947.  ]]&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physique et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un État qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique, mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. À la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas prêter attention la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Gazette septembre 1947 2.jpg|300px|thumb|right|Image 3 : Lettre d'une pensionnaire à son amie Lulu.]]&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semble apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement pour eux, que les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de discipline : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24), toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', op.cit., p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours en lien avec cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances. Au coeur de la construction d'un service public 1944-1960'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GIOVANETTI (René), ''Mines de potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprus, 2011.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HOUSSAYE (Jean), ''Le livre des colos. Histoire et évolution des centres de vacances pour enfants'', Paris, La Documentation Française, 1989. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEE DOWNS (Laura), ''Childhood in the promised land. Working-Class Movements and the Colonies de Vacances in France, 1880-1960&amp;quot;, Durham and London, Duke University Press, 2002.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16375</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16375"/>
		<updated>2021-01-05T16:34:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Camp de vacances féminin&lt;br /&gt;
|fonds=Bueb&lt;br /&gt;
|idSupport=0160FS0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1946&lt;br /&gt;
|dateFin=1948&lt;br /&gt;
|video=0160FS0002_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:06:20&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bueb, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Campfilles.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Image 1 : Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grâce aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'État, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs, mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', op.cit., p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:1206px-Gazette_des_Mines_n°14_Août_1947.jpg|300px|thumb|left|Image 2 : Extrait de la Gazette des Mines, août 1947.  ]]&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physique et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un État qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique, mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. À la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas prêter attention la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Gazette septembre 1947 2.jpg|300px|thumb|right|Image 3 : Lettre d'une pensionnaire à son amie Lulu.]]&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semble apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement pour eux, que les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de discipline : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24), toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', op.cit., p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours en lien avec cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances. Au coeur de la construction d'un service public 1944-1960'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GIOVANETTI (René), ''Mines de potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprus, 2011.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HOUSSAYE (Jean), ''Le livre des colos. Histoire et évolution des centres de vacances pour enfants'', Paris, La Documentation Française, 1989. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEE DOWNS (Laura), ''Childhood in the promised land. Working-Class Movements and the Colonies de Vacances in France, 1880-1960&amp;quot;, Durham and London, Duke University Press, 2002.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16374</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
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		<updated>2021-01-05T16:31:33Z</updated>

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&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
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|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
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|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Image 1 : Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grâce aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'État, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs, mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', op.cit., p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:1206px-Gazette_des_Mines_n°14_Août_1947.jpg|300px|thumb|left|Image 2 : Extrait de la Gazette des Mines, août 1947.  ]]&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physique et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un État qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique, mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. À la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Gazette septembre 1947 2.jpg|300px|thumb|right|Image 3 : Lettre d'une pensionnaire à son amie Lulu.]]&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semble apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement pour eux, que les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de discipline : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24), toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', op.cit., p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours en lien avec cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances. Au coeur de la construction d'un service public 1944-1960'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GIOVANETTI (René), ''Mines de potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprus, 2011.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HOUSSAYE (Jean), ''Le livre des colos. Histoire et évolution des centres de vacances pour enfants'', Paris, La Documentation Française, 1989. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEE DOWNS (Laura), ''Childhood in the promised land. Working-Class Movements and the Colonies de Vacances in France, 1880-1960&amp;quot;, Durham and London, Duke University Press, 2002.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16373</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16373"/>
		<updated>2021-01-05T16:29:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Camp de vacances féminin&lt;br /&gt;
|fonds=Bueb&lt;br /&gt;
|idSupport=0160FS0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1946&lt;br /&gt;
|dateFin=1948&lt;br /&gt;
|video=0160FS0002_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:06:20&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bueb, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Campfilles.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Image 1 : Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grâce aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'État, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs, mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:1206px-Gazette_des_Mines_n°14_Août_1947.jpg|300px|thumb|left|Image 2 : Extrait de la Gazette des Mines, août 1947.  ]]&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physique et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un État qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique, mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. À la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Gazette septembre 1947 2.jpg|300px|thumb|right|Image 3 : Lettre d'une pensionnaire à son amie Lulu.]]&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semble apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement pour eux, que les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de discipline : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24), toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours en lien avec cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances. Au coeur de la construction d'un service public 1944-1960'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GIOVANETTI (René), ''Mines de potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprus, 2011.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HOUSSAYE (Jean), ''Le livre des colos. Histoire et évolution des centres de vacances pour enfants'', Paris, La Documentation Française, 1989. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEE DOWNS (Laura), ''Childhood in the promised land. Working-Class Movements and the Colonies de Vacances in France, 1880-1960&amp;quot;, Durham and London, Duke University Press, 2002.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16372</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
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		<updated>2021-01-05T16:27:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Camp de vacances féminin&lt;br /&gt;
|fonds=Bueb&lt;br /&gt;
|idSupport=0160FS0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1946&lt;br /&gt;
|dateFin=1948&lt;br /&gt;
|video=0160FS0002_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:06:20&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bueb, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Campfilles.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Image 1 : Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grâce aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'État, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs, mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:1206px-Gazette_des_Mines_n°14_Août_1947.jpg|300px|thumb|left|Image 2 : Extrait de la Gazette des Mines, août 1947.  ]]&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physique et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un État qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique, mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. À la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Gazette septembre 1947 2.jpg|300px|thumb|right|Image 3 : Lettre d'une pensionnaire à son amie Lulu.]]&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semble apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement pour eux, que les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de discipline : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24), toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours en lien avec cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances. Au coeur de la construction d'un service public 1944-1960'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020. &lt;br /&gt;
GIOVANETTI (René), ''Mines de potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprus, 2011.&lt;br /&gt;
HOUSSAYE (Jean), ''Le livre des colos. Histoire et évolution des centres de vacances pour enfants'', Paris, La Documentation Française, 1989. &lt;br /&gt;
LEE DOWNS (Laura), ''Childhood in the promised land. Working-Class Movements and the Colonies de Vacances in France, 1880-1960&amp;quot;, Durham and London, Duke University Press, 2002.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16371</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16371"/>
		<updated>2021-01-05T16:21:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
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|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Image 1 : Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grâce aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'État, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs, mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:1206px-Gazette_des_Mines_n°14_Août_1947.jpg|300px|thumb|left|Image 2 : Extrait de la Gazette des Mines, août 1947.  ]]&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physique et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un État qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique, mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. À la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Gazette septembre 1947 2.jpg|300px|thumb|right|Image 3 : Lettre d'une pensionnaire à son amie Lulu.]]&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semble apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement pour eux, que les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de discipline : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24), toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours en lien avec cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=GIOVANETTI (René), ''Mines de potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprus, 2011.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16370</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16370"/>
		<updated>2021-01-05T16:20:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Camp de vacances féminin&lt;br /&gt;
|fonds=Bueb&lt;br /&gt;
|idSupport=0160FS0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1946&lt;br /&gt;
|dateFin=1948&lt;br /&gt;
|video=0160FS0002_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:06:20&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bueb, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Campfilles.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Image 1 : Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grâce aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'État, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs, mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:1206px-Gazette_des_Mines_n°14_Août_1947.jpg|300px|thumb|left|Image 2 : Extrait de la Gazette des Mines, août 1947.  ]]&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physique et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un État qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique, mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. À la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Gazette septembre 1947 2.jpg|300px|thumb|right|Image 3 : Lettre d'une pensionnaire à son amie Lulu.]]&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semble apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement pour eux, que les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de discipline : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24), toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours liée à cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=GIOVANETTI (René), ''Mines de potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprus, 2011.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16369</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
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		<updated>2021-01-05T16:18:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Camp de vacances féminin&lt;br /&gt;
|fonds=Bueb&lt;br /&gt;
|idSupport=0160FS0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1946&lt;br /&gt;
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|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bueb, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Campfilles.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Image 1 : Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grâce aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'État, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs, mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:1206px-Gazette_des_Mines_n°14_Août_1947.jpg|300px|thumb|left|Image 2 : Extrait de la Gazette des Mines, août 1947.  ]]&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physique et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un État qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique, mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. À la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Gazette septembre 1947 2.jpg|300px|thumb|right|Image 3 : Lettre d'une pensionnaire à son amie Lulu.]]&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semble apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement pour eux, que les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de discipline : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24), toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours liée à cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16368</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16368"/>
		<updated>2021-01-05T16:04:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Camp de vacances féminin&lt;br /&gt;
|fonds=Bueb&lt;br /&gt;
|idSupport=0160FS0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1946&lt;br /&gt;
|dateFin=1948&lt;br /&gt;
|video=0160FS0002_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:06:20&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bueb, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Campfilles.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Image 1 : Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre de d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grace aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'Etat, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:1206px-Gazette_des_Mines_n°14_Août_1947.jpg|300px|thumb|left|Image 2 : Extrait de la Gazette des Mines, août 1947.  ]]&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physiques et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un Etat qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. A la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Gazette septembre 1947 2.jpg|300px|thumb|right|Image 3 : Lettre d'une pensionnaire à son amie Lulu.]]&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semblait apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement eux les adultes pour qui les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de disciplines : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24),  toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours liée à cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16367</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
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		<updated>2021-01-05T16:03:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Camp de vacances féminin&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
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|apercu=Campfilles.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
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|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Image 1 : Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre de d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grace aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'Etat, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:1206px-Gazette_des_Mines_n°14_Août_1947.jpg|300px|thumb|left|Image 2 : Extrait de la Gazette des Mines, août 1947.  ]]&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physiques et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un Etat qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. A la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Gazette septembre 1947 2.jpg|300px|thumb|right|Image 3 : Lettre d'une pensionnaire à son amie Lulu.]]&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Image 3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semblait apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement eux les adultes pour qui les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de disciplines : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24),  toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours liée à cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Gazette_septembre_1947_2.jpg&amp;diff=16366</id>
		<title>Fichier:Gazette septembre 1947 2.jpg</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Gazette_septembre_1947_2.jpg&amp;diff=16366"/>
		<updated>2021-01-05T16:01:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Image 3&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16365</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16365"/>
		<updated>2021-01-05T15:57:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Camp de vacances féminin&lt;br /&gt;
|fonds=Bueb&lt;br /&gt;
|idSupport=0160FS0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1946&lt;br /&gt;
|dateFin=1948&lt;br /&gt;
|video=0160FS0002_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:06:20&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bueb, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Campfilles.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Image 1 : Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre de d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grace aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'Etat, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:1206px-Gazette_des_Mines_n°14_Août_1947.jpg|300px|thumb|left|Image 2 : Extrait de la Gazette des Mines, août 1947.  ]]&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physiques et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un Etat qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. A la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir Annexe 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Annexe 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semblait apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement eux les adultes pour qui les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de disciplines : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24),  toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours liée à cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16364</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
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		<updated>2021-01-05T15:51:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Camp de vacances féminin&lt;br /&gt;
|fonds=Bueb&lt;br /&gt;
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|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bueb, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Campfilles.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Image 1 : Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre de d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grace aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'Etat, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physiques et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un Etat qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. A la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir Annexe 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Annexe 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semblait apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement eux les adultes pour qui les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de disciplines : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24),  toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours liée à cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16363</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16363"/>
		<updated>2021-01-05T15:49:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : Annulation des modifications 16362 de Clara Picarles (discussion)&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Camp de vacances féminin&lt;br /&gt;
|fonds=Bueb&lt;br /&gt;
|idSupport=0160FS0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1946&lt;br /&gt;
|dateFin=1948&lt;br /&gt;
|video=0160FS0002_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:06:20&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bueb, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Campfilles.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Image 1 : Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre de d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grace aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'Etat, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physiques et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un Etat qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. A la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir Annexe 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Annexe 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semblait apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement eux les adultes pour qui les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de disciplines : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24),  toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours liée à cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|vignette]]&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
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		<updated>2021-01-05T15:45:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
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|dateDebut=1946&lt;br /&gt;
|dateFin=1948&lt;br /&gt;
|video=0160FS0002_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:06:20&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bueb, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Campfilles.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Image 1 : Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre de d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grace aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'Etat, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[Fichier:1206px-Gazette des Mines n°14 Août 1947.jpg|400px|thumb|left|Image 2 : Extrait de la Gazette des Mines, août 1947.]&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physiques et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un Etat qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. A la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir Annexe 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Annexe 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semblait apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement eux les adultes pour qui les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de disciplines : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24),  toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours liée à cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|vignette]]&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:1206px-Gazette_des_Mines_n%C2%B014_Ao%C3%BBt_1947.jpg&amp;diff=16361</id>
		<title>Fichier:1206px-Gazette des Mines n°14 Août 1947.jpg</title>
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		<updated>2021-01-05T15:43:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Image 2&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16360</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16360"/>
		<updated>2021-01-05T15:41:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
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|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
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|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Image 1 : Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre de d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grace aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'Etat, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physiques et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un Etat qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. A la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir Annexe 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Annexe 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semblait apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement eux les adultes pour qui les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de disciplines : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24),  toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours liée à cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|vignette]]&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16359</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16359"/>
		<updated>2021-01-05T15:40:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Camp de vacances féminin&lt;br /&gt;
|fonds=Bueb&lt;br /&gt;
|idSupport=0160FS0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1946&lt;br /&gt;
|dateFin=1948&lt;br /&gt;
|video=0160FS0002_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:06:20&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bueb, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Campfilles.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre de d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|300px|thumb|right|Photographie de groupe de la colonie de vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grace aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'Etat, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physiques et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un Etat qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. A la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' (voir Annexe 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »'' (voir Annexe 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semblait apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement eux les adultes pour qui les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de disciplines : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24),  toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours liée à cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=[[Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png|vignette]]&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:L%27Isle-sur-le-Doubs_1947.png&amp;diff=16358</id>
		<title>Fichier:L'Isle-sur-le-Doubs 1947.png</title>
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		<updated>2021-01-05T15:36:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Photographie de groupe de la Colonie de Vacances de L'Isle-sur-le-Doubs, été 1947.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16357</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
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		<updated>2021-01-05T15:28:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Camp de vacances féminin&lt;br /&gt;
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|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bueb, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Campfilles.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre de d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grace aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'Etat, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonie quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physiques et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un Etat qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. A la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, acrobaties, chants de chorale et numéros comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »''  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semblait apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement eux les adultes pour qui les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de disciplines : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24),  toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours liée à cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16356</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16356"/>
		<updated>2021-01-05T15:23:51Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Camp de vacances féminin&lt;br /&gt;
|fonds=Bueb&lt;br /&gt;
|idSupport=0160FS0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1946&lt;br /&gt;
|dateFin=1948&lt;br /&gt;
|video=0160FS0002_2&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:06:20&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=16 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bueb, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Campfilles.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre de d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grace aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'Etat, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s’imposent comme un excellent moyen pour les comités d’entreprise de s’investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d’Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative et s’impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements, écoles, pavillons de santé, centres sportifs mais aussi aides alimentaires et vestimentaires&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès ses débuts, les œuvres sociales définissent l’esprit d’entreprise des MDPA. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. &lt;br /&gt;
Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonies quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, , pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physiques et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un Etat qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Employé depuis 1945 par les MDPA au centre d'apprentissage de Pulversheim, c'est surtout sa passion des images et ses compétences en la matière que Charles Bueb met au service de l'entreprise. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. A la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, numéros acrobatiques, chants de chorale et comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »''  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semblait apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement eux les adultes pour qui les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de disciplines : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24),  toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours liée à cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16354</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
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		<updated>2021-01-05T15:12:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Camp de vacances féminin&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
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|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bueb, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Campfilles.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-12-28&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre de d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grace aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'Etat, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s'imposent comme un excellent moyen pour les comités d'entreprise de s'investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d'Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative. Elles s'impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements de travail, écoles, pavillons de santé, centres sportifs mais aussi aides alimentaires et vestimentaire, en bref, les oeuvres sociales définissent l'esprit d'entreprise des MDPA dès ses débuts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser dès la fin de la Seconde Guerre mondiale des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans. C'est chose faite dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''Mines de Potasse d'Alsace. Histoire patrimoniale et sociale'', Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ''ibid''., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonies quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Charles Bueb : un réalisateur au service de l'entreprise des MDPA'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'encadrement des colonies de vacances et la &amp;quot;formation des moniteurs et directeurs devient à partir de 1944 une réelle priorité, , pour les organismes de colonies comme pour les pouvoirs publics, en vue de faire face à la croissance exponentielle des colonies&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien), ''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 259.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En sa qualité de professeur de sport, Charles Bueb est alors parfaitement qualifié pour accompagner les enfants des mineurs en colonies, répondant à la fois aux critères hygiénistes des besoins d'une éducation physiques et sportive et aux impératifs pédagogiques mis en avant par un Etat qui mise sur sa jeunesse en cette période de reconstruction. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné d'images, Charles Bueb met au profit des MDPA ses compétences. S'essayant aussi bien au film qu'à la photographie, il devient à partir de 1951 le photographe et cameraman de la Gazette des Mines. Il accorde par ailleurs une grande importance à ses fonctions, documentant le travail des ouvriers, la mécanisation des mines, mais aussi les oeuvres sociales de l'entreprise, dont font partie les colonies de vacances. Les images ici témoignent d'un réalisateur qui, dès 1946, profile un oeil déjà bien entraîné. Charles Bueb fait preuve non seulement d'une bonne technique mais aussi d'un matériel de bonne facture : il filme en 16mm, un format généralement réservé aux amateurs éclairés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''&amp;quot;Silence, ça tourne!&amp;quot; : le film de la colonie des MDPA''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extrait s'ouvre sur une discussion légère devant l'entrée d'un bâtiment entre les monitrice du camp et un homme, Monsieur Guy Delaconte, le Directeur Général Adjoint des Mines. A la suite, le décor change et divers plans s'enchaînent : les fillettes admirent un panorama depuis un belvédère, font la ronde dans une clairière, puis le réalisateur effectue un panorama droit sur un plan d'eau. Le décor est posé : la nature entoure la colonie. &lt;br /&gt;
Puis les filles, par petits groupes organisés, donnent un spectacle. Scènes de théâtre, numéros acrobatiques, chants de chorale et comiques d'enchaînent pendant près de 2 minutes 45 (01:05 - 03:45) face à un public d'adulte, épongeant sa sueur sous la chaleur d'un grand soleil d'été. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, à 03:45, les couleurs changent. Le noir et blanc est plus terni, moins contrasté et le lieu semble différent. Peut-être nous voilà en 1946, à Stosswihr, dans un camp fraichement installé? &lt;br /&gt;
Devant les tentes, les fillettes en cercles jouent avec leur monitrices. Jeux de ballon, jeux de mîmes, elles affichent toutes le même grand sourire et ne semblent même pas remarquer la caméra. C'est qu'elles ont été préparée à l'exercice, comme en témoigne cette lettre, écrite par une pensionnaire à l'une de ses amies lui racontant sa journée du 1er août 1946 : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''« […] Ce fut une journée de grande fête pour le camp de Stosswihr et nous l’attendions d’une grande impatience. Aussi, quand, de bon matin, la corne a sonné le réveil, nous avons été vite debout. Il fallait voir avec quelle rapidité nous allions à la toilette tandis que l’une de nous disait : « Aujourd'hui, visite de messieurs les Délégués du Comité d’Entreprise des Mines de Potasse d’Alsace S’ils nous font un grand honneur, nous sommes, nous, très contentes de les recevoir ! » […] »'' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ces dates, les camps de vacances des Mines ne s'adonnaient pas encore à l'exercice de la mixité. Des pensionnaires jusqu'aux monitrices, la colonie est exclusivement féminine, et la présence de Charles Bueb ne peut relever que de l'exception, d'une journée particulière. L'opérateur et sa caméra sont donc étrangers au camp et se font remarquer, puisqu'ils sont également mentionné dans la lettre : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''« […] Tandis que nous nous ébattions sur le terrain de jeux, au grand soleil, un Monsieur très gentil, mais un peu mystérieux se promenait, s’arrêtait et nous photographiait chaque fois que nos gestes lui plaisaient. Il parait qu’il tournait le film de la Colonie – Voilà le mystère ! Nous le verrons un jour j’espère ! »''  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce petit paragraphe nous fournit une information supplémentaire sur la pratique de Charles Bueb : il semblait apprécier la spontanéité des enfants et de leurs gestes, s'intéressant plus à comment jouent les enfants qu'à les faire jouer. Malgré tout, il est évident que certaines scènes sont clairement tournées pour les besoins du film de la colonie, notamment les dialogues des vingts dernières secondes où la timidité et l'hésitation transparaissent clairement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste de la lettre décrit de manière semblable les images dont nous disposons. La visite du comité d'entreprise et la venue de Charles Bueb est donc un passage obligé de chaque session de colonie, ou tout du moins des années 1946-1948, et c'est certainement eux les adultes pour qui les filles ont donné leur spectacle. &lt;br /&gt;
Le réalisateur s'est donné pour mission de monter les différentes séquences tournées entre ces trois années sur une seule et même bobine afin d'en faire un film sur la thématique des camps de vacances féminins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La colonie de vacances : entre éducation populaire, hygiène et pédagogie''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces visites sont l'occasion pour Charles Bueb de filmer et de mettre en avant les valeurs que souhaitent communiquer les organisateurs de la colonie de vacances. Les filles, bien apprêtées de leur uniforme - fourni par les Mines - et bien coiffées, se prêtent volontiers à l'exercice de la caméra. Elles font également preuve de disciplines : elles accourent au signal pour se mettre en rang (04:16), marchent au pas (04:24),  toujours souriantes. Et quel meilleur moyen pour illustrer la dimension éducative d'un séjour qu'un exercice de discipline réussi ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cette éducation se veut aussi morale. Par la jeunesse, les pouvoirs publics souhaitent communiquer de nouveaux préceptes, notamment hygiéniques. S'ils ne sont pas directement visibles ici, la propreté des lieux, des vêtements et l'ordre demeurent un indice visuel. En effet, depuis 1945, et dans les années qui suivent, les colonies sont &amp;quot;pleinement imprégnées de leurs origines hygiéniques, du fait notamment de leur rôle dans la prévention de la tuberculose&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;FUCHS (Julien),''Le temps des jolies colonies de vacances'', Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2020, p. 158.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'Etat est à la recherche d'air pur pour la jeunesse et sa santé. Les grands espaces et la nature sont donc au coeur de la démarche : en colonie de vacances les enfants ont de l'espace pour jouer, pour s'amuser et surtout ''respirer''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se développe alors pour cette &amp;quot;jeunesse en plein air&amp;quot; une pédagogie adaptée et qui doit attribuer une véritable valeur éducative à la colonie. On souhaite ainsi faire profiter aux enfants d'une &amp;quot;ouverture culturelle&amp;quot; telle que lors de visites par exemple (04:51) ou encore les mettre au contact d'un &amp;quot;esprit&amp;quot; pédagogique qui passe par des exercices de représentations comme le théâtre (01:05), le chant (02:06), les mîmes (04:04), ou encore de simples jeux (03:45). Toujours liée à cette dimension hygiéniste, on cherche aussi à faire bouger les enfants par des exercices de gymnastique (02:17) mais aussi par le biais d'activités qui sortent de l'ordinaire, comme faire de la barque sur un lac (05:16). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En bref, ce film, sous ses allures de bobine oubliée, témoigne d'un âge d'or des colonies mais aussi de l'entreprise comme acteur social. Si la question de la non-mixité n'est pas abordée c'est que les images ne laissent pas transparaître une colonie conçue spécifiquement pour les filles et les MDPA disposent d'autant de camps pour filles que pour garçons. Ce film est donc axé autour d'un sujet précis : les bienfaits des colonies de vacances organisés par les MDPA.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Camp_de_vacances_f%C3%A9minin_(0160FS0002)&amp;diff=16340</id>
		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
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		<updated>2021-01-05T14:10:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
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|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Un camp de vacances féminin, organisé par le comité d’entreprise des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et son association « La Cigogne », filmé par Charles Bueb entre 1946 et 1948.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre de d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L'essor des colonies de vacances grace aux comités d'entreprise dans le contexte de l'après-guerre''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonies de vacances connaissent un succès retentissant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encouragées par l'Etat, elles sont fortement appréciées, autant des enfants que des parents, et permettent en outre de faire voyager les jeunes alors que les départs en vacances sont encore un luxe pour une grande partie de la population. Rapidement, les colonies de vacances s'imposent comme un excellent moyen pour les comités d'entreprise de s'investir socialement pour leurs employés et leurs familles. Les Mines Domaniales de Potasse d'Alsace ne dérogent pas à cette philosophie associative. Elles s'impliquent déjà largement pour la qualité de vie de ses mineurs : logements de travail, écoles, pavillons de santé, centres sportifs mais aussi aides alimentaires et vestimentaire, en bref, les oeuvres sociales définissent l'esprit d'entreprise des MDPA dès ses débuts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans cette logique que le comité central d'entreprise des MDPA souhaite organiser des séjours pour les jeunes, âgés entre 10 et 18 ans, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dès l'été 1946, et ce malgré le rationnement encore en vigueur, &amp;quot;les Mines fournissent tout&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), Mines de Potasse d'Alsace. Histoire patrimoniale et sociale, Strasbourg, Editions Coprur, 2011, p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;, de l'équipement de la colonie à l'équipement des colons. Pour cette première année, les Mines font l'acquisition d'un domaine à Messigny, cependant le manque de temps nécessaire à l'installation de structures d'accueil, conjugué à une épidémie de poliomyélite interdisent la venue des colons pour l’été&amp;lt;ref&amp;gt;GIOVANETTI (René), ibid., p.99.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le camp de Stosswihr, découvert par hasard par les responsables de la colonies quelques mois auparavant, ouvre en urgence. Au fil des années, ce domaine devient emblématique de &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, accueillant aussi bien les filles que les [[Colonie_de_vacances_La_Cigogne_à_Stosswihr_(0160FS0002)|garçons]]. &lt;br /&gt;
L'année suivante, le 9 juin 1947, l'Association des colonies de vacances des MDPA, &amp;quot;La Cigogne&amp;quot; est officiellement créée et compte six centres de colonies, parmi lesquels Stosswihr, Saint-Amand-de-Montrond et L'Isle-sur-le-Doubs accueillent des filles (voir image 2).&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
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		<updated>2021-01-05T13:48:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
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|Contexte_et_analyse_fr=Dans cet extrait, le réalisateur Charles Bueb nous livre en 16mm des scènes de vie en noir et blanc d'un camp de vacances exclusivement féminin, organisé par le comité d'entreprise des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) et son association &amp;quot;La Cigogne&amp;quot;, fractionnées entre l'été 1946 et 1948. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'absence de cartons et le montage simpliste du réalisateur ne nous permettent pas de situer temporellement et géographiquement les images avec exactitude. Cependant, la Gazette des Mines - qui rapporte les activités de l'entreprise de manière bimestrielle - nous procure un certain nombre de d'éléments, dont une photographie (voir image 1), permettant d'identifier un grand nombre de filles et de replacer au moins une partie des images au camp de L'Isle-sur-le-Doubs de 1947.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
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		<title>Camp de vacances féminin (0160FS0002)</title>
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		<updated>2020-12-28T14:09:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : Modifié automatiquement depuis la page Bas:Camp de vacances féminin (0160FS0002).&lt;/p&gt;
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}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
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		<title>Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)</title>
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		<updated>2020-01-16T13:09:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg&lt;br /&gt;
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|dateDebut=1956&lt;br /&gt;
|video=0072NN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:02:06&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Ringeissen, Paul&lt;br /&gt;
|apercu=Coeur_vaillant_Heiligenberg.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-22&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.5376, 7.3908&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le groupe des Cœurs Vaillants du Collège Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants catholiques. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leurs enfants à des encadrants qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tintinmilou.jpg|300px|thumb|right|&amp;quot;Tintin et Milou au Pays de l'Or Noir&amp;quot; dans le numéro des Coeurs Vaillants sur 6 octobre 1940.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la France de l'intérieur, après avoir perdu le terrain de l'éducation scolaire depuis la fin du XIXe siècle avec la succession des lois soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), s'ajoute en 1905 la séparation des Eglises et de l'Etat, mettant un terme à la collaboration entre le clergé et les écoles. Ce bouleversement organique ne concerne pas l'Alsace et la Moselle, allemandes à ce moment-là, et protégées à leur retour par le Concordat. Pour faire face à cette perte d'influence en France, l'Eglise s'arroge alors le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes, et cette ambition ne va pas sans profiter à l'Alsace et son organisation scolaire qui dépend encore largement des institutions religieuses. En choisissant le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Le journal Coeurs Vaillants voit alors le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de &amp;quot;Tintin et Milou&amp;quot;. L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit &amp;quot;Coeur Vaillant&amp;quot; se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent plus à former un esprit de groupe impliqué dans la vie locale qu'à s'exercer à des activités physiques et pratiques. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent en général à des sorties comme ici à Heiligenberg, laissant les camps de vacances aux scouts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une sortie à la montagne'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film retrace la sortie des Coeurs Vaillants du Collège de Saint-Etienne à Heiligenberg le 13 mai 1956 dans un petit village situé dans les hauteurs du massif vosgien, afin de profiter d'activités extérieure à la ville le temps des quelques jours de congés offert par le week-end de l'Ascension. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur le quai de gare en attendant l'arrivée d'un train qui n'est pas sans rappeler ''L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat'' des frères Lumières (1896). Dans cette première séquence narrative, on peut apercevoir en arrière-plan légèrement surexposé la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel est arrivé le cinéaste, l'Abbé Paul Ringeissen. Familier avec ces excursions, le professeur a pour habitude de se charger de l’approvisionnement - qu’il achemine avec son éternelle 2CV - et de réceptionner le groupe d'enfants et d'encadrants à la gare. La longueur du plan laisse aussi penser que le réalisateur a une idée très précise de ce qu'il souhaite pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, comme en témoigne l'attitude spontanée des enfants, habitués à la caméra de l'enseignant : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointée sur eux. Mais cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plans est laissé au hasard ! En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plans sont surexposés et d'autres trop longs. Mais le carton introductif dénote tout de même d'une attention particulière accordée au montage. Paul Ringeissen n'est pas un grand cinéaste et n'aspire pas à le devenir, il aime filmer pour ses souvenirs tout comme il apprécie le cinéma et ces quelques jours de sorties ne dérogent pas à ses habitudes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est l’abbé lui-même qui a introduit la section des Cœurs Vaillants au sein du Collège Saint-Etienne, la même année en 1956, profitant du Concordat pour construire ce groupe au sein même de l’établissement dans lequel il enseigne. Ce film n’avait certainement pas de vocation plus ambitieuse que de faire revivre cette journée à un public très restreint, comme des parents d’enfants ou les élèves eux-mêmes lors des séances cinéma qu’il organisait toutes les semaines dans la crypte du collège pour les internes. Les plans ne sont pas très recherchés mais nous livrent tout de même un certain nombre de détails, notamment sur l’organisation du mouvement. Le groupe des Cœurs Vaillants, exclusivement masculin - tout comme le collège - présente une différence d’âge notable entre tous les enfants. Les plus jeunes sont plus enthousiastes que les grands qui, plus calmes, restent entre eux. Les plans sur les enfants se succèdent : les garçons jouent, se défoulent. Sur tous les plans, les jeunes Coeurs Vaillants s'amusent avec des bâtons, chahutent mais semblent plus vouloir attirer l’attention de la caméra que faire preuve de mauvaise conduite. Les encadrants, ne sont autre que les surveillants du collège, sont filmés de très près où l’on peut voir leurs expressions se durcirent, demandant aux jeunes de faire preuve de discipline malgré ce contexte d’excursion. Les enfants sont alors focalisés sur les adultes qui rappellent quelques règles de conduite avant de partir pour la randonnée qui suit. Pour illustrer cette promenade, le cinéaste effectue quelques panoramas, notamment sur la vallée de Bruche et sur ce qui ressemble à un rocher, très nombreux dans la région. Mais la nature ne semble pas être le sujet principal de ce film qui se concentre essentiellement sur les enfants et le peu d'éléments topographiques ne nous permet pas d'identifier avec certitudes les différents lieux de tournage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme &amp;quot;après l'effort, le réconfort&amp;quot;, les plus jeunes des garçons, habillés de culotte-bretelle, arrivent en courant pour le goûter. Aussi appelé ''lederhose'', cet accoutrement tout droit venu d’Allemagne constitue depuis le début des années 1950 l’habit typique des adhérents aux mouvements de jeunesse et dont on doit sa popularisation dans le reste de la France à l'Alsace.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHOVLY (Gérard), dir., Mouvements de jeunesses. Chrétiens et juifs : sociabilité juvénile dans un cadre européen, 1799-1968, Le Cerf, Paris, 1988. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FAUVEL-ROUIF (Denise), dir., La jeunesse et ses mouvements : influence sur l’évolution des sociétés aux XIXe et XXe siècle, Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, Éditions du CNRS, Paris, 1992. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEROLDI (Vincent), La Force des enfants. Des Cœurs vaillants à l’A.C.E., Éditions ouvrières, Paris, 1987.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entretien avec Monsieur Louis Schlaefli, collègue et ami de longue date de l'Abbé Paul Ringeissen, le 15 janvier 2020 à Strasbourg.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13537</id>
		<title>Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13537"/>
		<updated>2020-01-16T13:01:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg&lt;br /&gt;
|fonds=Ringeissen&lt;br /&gt;
|idSupport=43AV1&lt;br /&gt;
|dateDebut=1956&lt;br /&gt;
|video=0072NN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:02:06&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Ringeissen, Paul&lt;br /&gt;
|apercu=Coeur_vaillant_Heiligenberg.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-22&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.5376, 7.3908&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le groupe des Cœurs Vaillants du Collège Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants catholiques. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leurs enfants à des encadrants qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tintinmilou.jpg|300px|thumb|right|&amp;quot;Tintin et Milou au Pays de l'Or Noir&amp;quot; dans le numéro des Coeurs Vaillants sur 6 octobre 1940.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la France de l'intérieur, après avoir perdu le terrain de l'éducation scolaire depuis la fin du XIXe siècle avec la succession des lois soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), s'ajoute en 1905 la séparation des Eglises et de l'Etat, mettant un terme à la collaboration entre le clergé et les écoles. Ce bouleversement organique ne concerne pas l'Alsace et la Moselle, allemandes à ce moment-là, et protégées à leur retour par le Concordat. Pour faire face à cette perte d'influence en France, l'Eglise s'arroge alors le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes, et cette ambition ne va pas sans profiter à l'Alsace et son organisation scolaire qui dépend encore largement des institutions religieuses. En choisissant le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Le journal Coeurs Vaillants voit alors le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de &amp;quot;Tintin et Milou&amp;quot;. L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit &amp;quot;Coeur Vaillant&amp;quot; se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent plus à former un esprit de groupe impliqué dans la vie locale qu'à s'exercer à des activités physiques et pratiques. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent en général à des sorties comme ici à Heiligenberg, laissant les camps de vacances aux scouts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une sortie à la montagne'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film retrace la sortie des Coeurs Vaillants du Collège de Saint-Etienne à Heiligenberg le 13 mai 1956 dans un petit village situé dans les hauteurs du massif vosgien, afin de profiter d'activités extérieure à la ville le temps des quelques jours de congés offert par le week-end de l'Ascension. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur le quai de gare en attendant l'arrivée d'un train qui n'est pas sans rappeler L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat des frères Lumières (1896). Dans cette première séquence narrative, on peut apercevoir en arrière-plan légèrement surexposé la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel est arrivé le cinéaste, l'Abbé Paul Ringeissen. Familier avec ces excursions, le professeur a pour habitude de se charger de l’approvisionnement - qu’il achemine avec son éternelle 2CV - et de réceptionner le groupe d'enfants et d'encadrants à la gare. La longueur du plan laisse aussi penser que le réalisateur a une idée très précise de ce qu'il souhaite pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, comme en témoigne l'attitude spontanée des enfants, habitués à la caméra de l'enseignant : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointée sur eux. Mais cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plans est laissé au hasard ! En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plans sont surexposés et d'autres trop longs. Mais le carton introductif dénote tout de même d'une attention particulière accordée au montage. Paul Ringeissen n'est pas un grand cinéaste et n'aspire pas à le devenir, il aime filmer pour ses souvenirs tout comme il apprécie le cinéma et ces quelques jours de sorties ne dérogent pas à ses habitudes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est l’abbé lui-même qui a introduit la section des Cœurs Vaillants au sein du Collège Saint-Etienne, la même année en 1956, profitant du Concordat pour construire ce groupe au sein même de l’établissement dans lequel il enseigne. Ce film n’avait certainement pas de vocation plus ambitieuse que de faire revivre cette journée à un public très restreint, comme des parents d’enfants ou les élèves eux-mêmes lors des séances cinéma qu’il organisait toutes les semaines dans la crypte du collège pour les internes. Les plans ne sont pas très recherchés mais nous livrent tout de même un certain nombre de détails, notamment sur l’organisation du mouvement. Le groupe des Cœurs Vaillants, exclusivement masculin - tout comme le collège - présente une différence d’âge notable entre tous les enfants. Les plus jeunes sont plus enthousiastes que les grands qui, plus calmes, restent entre eux. Les plans sur les enfants se succèdent : les garçons jouent, se défoulent. Sur tous les plans, les jeunes Coeurs Vaillants s'amusent avec des bâtons, chahutent mais semblent plus vouloir attirer l’attention de la caméra que faire preuve de mauvaise conduite. Les encadrants, ne sont autre que les surveillants du collège, sont filmés de très près où l’on peut voir leurs expressions se durcirent, demandant aux jeunes de faire preuve de discipline malgré ce contexte d’excursion. Les enfants sont alors focalisés sur les adultes qui rappellent quelques règles de conduite avant de partir pour la randonnée qui suit. Pour illustrer cette promenade, le cinéaste effectue quelques panoramas, notamment sur la vallée de Bruche et sur ce qui ressemble à un rocher, très nombreux dans la région. Mais la nature ne semble pas être le sujet principal de ce film qui se concentre essentiellement sur les enfants et le peu d'éléments topographiques ne nous permet pas d'identifier avec certitudes les différents lieux de tournage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme &amp;quot;après l'effort, le réconfort&amp;quot;, les plus jeunes des garçons, habillés de culotte-bretelle, arrivent en courant pour le goûter. Aussi appelé ''lederhose'', cet accoutrement tout droit venu d’Allemagne constitue depuis le début des années 1950 l’habit typique des adhérents aux mouvements de jeunesse et dont on doit sa popularisation dans le reste de la France à l'Alsace.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHOVLY (Gérard), dir., Mouvements de jeunesses. Chrétiens et juifs : sociabilité juvénile dans un cadre européen, 1799-1968, Le Cerf, Paris, 1988. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FAUVEL-ROUIF (Denise), dir., La jeunesse et ses mouvements : influence sur l’évolution des sociétés aux XIXe et XXe siècle, Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, Éditions du CNRS, Paris, 1992. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEROLDI (Vincent), La Force des enfants. Des Cœurs vaillants à l’A.C.E., Éditions ouvrières, Paris, 1987.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13533</id>
		<title>Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)</title>
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		<updated>2020-01-15T16:50:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg&lt;br /&gt;
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|idSupport=43AV1&lt;br /&gt;
|dateDebut=1956&lt;br /&gt;
|video=0072NN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Ringeissen, Paul&lt;br /&gt;
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|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-22&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.5376, 7.3908&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le groupe des Cœurs Vaillants du Collège Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants catholiques. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leurs enfants à des encadrants qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tintinmilou.jpg|300px|thumb|right|&amp;quot;Tintin et Milou au Pays de l'Or Noir&amp;quot; dans le numéro des Coeurs Vaillants sur 6 octobre 1940.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la France de l'intérieur, après avoir perdu le terrain de l'éducation scolaire depuis la fin du XIXe siècle avec la succession des lois soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), s'ajoute en 1905 la séparation des Eglises et de l'Etat, mettant un terme à la collaboration entre le clergé et les écoles. Ce bouleversement organique ne concerne pas l'Alsace et la Moselle, allemandes à ce moment-là, et protégées à leur retour par le Concordat. Pour faire face à cette perte d'influence en France, l'Eglise s'arroge alors le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes, et cette ambition ne va pas sans profiter à l'Alsace et son organisation scolaire qui dépend encore largement des institutions religieuses. &lt;br /&gt;
En choisissant le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Le journal ''Coeurs Vaillants'' voit alors le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de &amp;quot;Tintin et Milou&amp;quot;. L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit &amp;quot;Coeur Vaillant&amp;quot; se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent plus à former un esprit de groupe impliqué dans la vie locale qu'à s'exercer à des activités physiques et pratiques. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent en général à des sorties comme ici à Heiligenberg, laissant les camps de vacances au scouts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une sortie à la montagne'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film retrace la sortie des Coeurs Vaillants du Collège de Saint-Etienne à Heiligenberg, un petit village situé dans les hauteurs du massif vosgien, afin de profiter d'activités extérieure à la ville le temps des quelques jours de congés offert par le week-end de l'Ascension. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur le quai de gare en attendant l'arrivée d'un train qui n'est pas sans rappeler ''L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat'' des frères Lumières (1896). Dans cette première séquence narrative, on peut apercevoir en arrière-plan légèrement surexposé la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel est arrivé le cinéaste, l'Abbé Paul Ringeissen. Toujours accompagné de sa 2CV, l'abbé du Collège Saint-Etienne a pour habitude de se charger de l'approvisionnement et de réceptionner le convoi d'enfants et d'encadrants à la gare. La longueur du plan laisse aussi penser que le réalisateur a une idée très précise de ce qu'il souhaite pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, comme en témoigne l'attitude spontanée des enfants, habitués à la caméra de l'enseignant : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointée sur eux. Mais cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plans est laissé au hasard ! &lt;br /&gt;
En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plans sont surexposés et d'autres trop longs. Mais le carton introductif dénote tout de même d'une attention particulière accordée au montage.&lt;br /&gt;
Paul Ringeissen n'est pas un grand cinéaste et n'aspire pas à le devenir, il aime filmer pour ses souvenirs tout comme il apprécie le cinéma et ces quelques jours de sorties ne dérogent pas à ses habitudes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est Paul Ringeissen lui-même qui a introduit une section des Cœurs Vaillants au sein du Collège Saint-Etienne, la même année. Ce film n’avait certainement pas de vocation plus ambitieuse que de faire revivre cette journée à un public très restreint, comme des parents d’enfants ou les élèves eux-mêmes. Les plans ne sont pas très recherchés mais nous livrent tout de même un certain nombre de détails, notamment sur l’organisation du mouvement. &lt;br /&gt;
Le groupe des Cœurs Vaillants, exclusivement masculin - tout comme le collège - présente une différence d’âge notable entre tous les enfants. Les plus jeunes sont plus enthousiastes que les grands qui, plus calmes, restent entre eux. &lt;br /&gt;
Les plans sur les enfants se succèdent : les garçons jouent, se défoulent. Sur tous les plans, les jeunes Coeurs Vaillants s'amusent avec des bâtons, chahutent mais semblent plus vouloir attirer l’attention de la caméra que faire preuve de mauvaise conduite. Les encadrants - qui restent très jeunes conformément à l'organisation du mouvement - sont filmés de très près et on peut voir leurs expressions se durcirent, demandant aux jeunes de faire preuve de discipline malgré ce contexte d’excursion. Les enfants sont alors focalisés sur les adultes qui rappellent quelques règles de conduite avant de partir pour la randonnée qui suit. Pour illustrer cette promenade, le cinéaste effectue quelques panoramas, notamment sur la vallée de Bruche et sur ce qui ressemble à un rocher, très nombreux dans le massif vosgien. Mais la nature ne semble pas être le sujet principal de ce film et le peu d'éléments topographiques ne nous permettent pas d'identifier avec certitudes les différents lieux de tournage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme &amp;quot;après l'effort, le réconfort&amp;quot;, les plus jeunes des garçons, habillés de culotte-bretelle, arrivent en courant pour le goûter. Aussi appelé ''lederhose'', cet accoutrement tout droit venu d’Allemagne constitue depuis le début des années 1950 l’habit typique des adhérents aux mouvements de jeunesse et dont on doit sa popularisation dans le reste de la France à l'Alsace.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHOVLY (Gérard), dir., Mouvements de jeunesses. Chrétiens et juifs : sociabilité juvénile dans un cadre européen, 1799-1968, Le Cerf, Paris, 1988. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FAUVEL-ROUIF (Denise), dir., La jeunesse et ses mouvements : influence sur l’évolution des sociétés aux XIXe et XXe siècle, Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, Éditions du CNRS, Paris, 1992. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEROLDI (Vincent), La Force des enfants. Des Cœurs vaillants à l’A.C.E., Éditions ouvrières, Paris, 1987.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
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		<title>Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)</title>
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		<updated>2020-01-15T16:48:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg&lt;br /&gt;
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|droits=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Ringeissen, Paul&lt;br /&gt;
|apercu=Coeur_vaillant_Heiligenberg.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-22&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Le groupe des Cœurs Vaillants du Collège Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants catholiques. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leurs enfants à des encadrants qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tintinmilou.jpg|300px|thumb|right|&amp;quot;Tintin et Milou au Pays de l'Or Noir&amp;quot; dans le numéro des Coeurs Vaillants sur 6 octobre 1940.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la France de l'intérieur, après avoir perdu le terrain de l'éducation scolaire depuis la fin du XIXe siècle avec la succession des lois soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), s'ajoute en 1905 la séparation des Eglises et de l'Etat, mettant un terme à la collaboration entre le clergé et les écoles. Ce bouleversement organique ne concerne pas l'Alsace et la Moselle, allemandes à ce moment-là, et protégées à leur retour par le Concordat. Pour faire face à cette perte d'influence en France, l'Eglise s'arroge alors le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes, et cette ambition ne va pas sans profiter à l'Alsace et son organisation scolaire qui dépend encore largement des institutions religieuses. &lt;br /&gt;
En choisissant le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Le journal ''Coeurs Vaillants'' voit alors le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de &amp;quot;Tintin et Milou&amp;quot;. L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit &amp;quot;Coeur Vaillant&amp;quot; se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent plus à former un esprit de groupe impliqué dans la vie locale qu'à s'exercer à des activités physiques et pratiques. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent en général à des sorties comme ici à Heiligenberg, laissant les camps de vacances au scouts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une sortie à la montagne'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film retrace la sortie des Coeurs Vaillants du Collège de Saint-Etienne à Heiligenberg, un petit village situé dans les hauteurs du massif vosgien, afin de profiter d'activités extérieure à la ville le temps des quelques jours de congés offert par le week-end de l'Ascension. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur le quai de gare en attendant l'arrivée d'un train qui n'est pas sans rappeler ''L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat'' des frères Lumières (1896). Dans cette première séquence narrative, on peut apercevoir en arrière-plan légèrement surexposé la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel est arrivé le cinéaste, l'Abbé Paul Ringeissen. Toujours accompagné de sa 2CV, l'abbé du Collège Saint-Etienne a pour habitude de se charger de l'approvisionnement et de réceptionner le convoi d'enfants et d'encadrants à la gare. La longueur du plan laisse aussi penser que le réalisateur a une idée très précise de ce qu'il souhaite pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, comme en témoigne l'attitude spontanée des enfants, habitués à la caméra de l'enseignant : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointée sur eux. Mais cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plans est laissé au hasard ! &lt;br /&gt;
En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plans sont surexposés et d'autres trop longs. Mais le carton introductif dénote tout de même d'une attention particulière accordée au montage.&lt;br /&gt;
Paul Ringeissen n'est pas un grand cinéaste et n'aspire pas à le devenir, il aime filmer pour ses souvenirs tout comme il apprécie le cinéma et ces quelques jours de sorties ne dérogent pas à ses habitudes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, c'est le cinéaste lui-même qui a introduit une section des Cœurs Vaillants au sein du Collège Saint-Etienne, la même année. Ce film n’avait certainement pas de vocation plus ambitieuse que de faire revivre cette journée à un public très restreint, comme des parents d’enfants ou les élèves eux-mêmes. Les plans ne sont pas très recherchés mais nous livrent tout de même un certain nombre de détails, notamment sur l’organisation du mouvement. &lt;br /&gt;
Le groupe des Cœurs Vaillants, exclusivement masculin - tout comme le collège - présente une différence d’âge notable entre tous les enfants. Les plus jeunes sont plus enthousiastes que les grands qui, plus calmes, restent entre eux. &lt;br /&gt;
Les plans sur les enfants se succèdent : les garçons jouent, se défoulent. Sur tous les plans, les jeunes Coeurs Vaillants s'amusent avec des bâtons, chahutent mais semblent plus vouloir attirer l’attention de la caméra que faire preuve de mauvaise conduite. Les encadrants - qui restent très jeunes conformément à l'organisation du mouvement - sont filmés de très près et on peut voir leurs expressions se durcirent, demandant aux jeunes de faire preuve de discipline malgré ce contexte d’excursion. Les enfants sont alors focalisés sur les adultes qui rappellent quelques règles de conduite avant de partir pour la randonnée qui suit. Pour illustrer cette promenade, le cinéaste effectue quelques panoramas, notamment sur la vallée de Bruche et sur ce qui ressemble à un rocher, très nombreux dans le massif vosgien. Mais la nature ne semble pas être le sujet principal de ce film et le peu d'éléments topographiques ne nous permettent pas d'identifier avec certitudes les différents lieux de tournage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme &amp;quot;après l'effort, le réconfort&amp;quot;, les plus jeunes des garçons, habillés de culotte-bretelle, arrivent en courant pour le goûter. Aussi appelé ''lederhose'', cet accoutrement tout droit venu d’Allemagne constitue depuis le début des années 1950 l’habit typique des adhérents aux mouvements de jeunesse et dont on doit sa popularisation dans le reste de la France à l'Alsace.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHOVLY (Gérard), dir., Mouvements de jeunesses. Chrétiens et juifs : sociabilité juvénile dans un cadre européen, 1799-1968, Le Cerf, Paris, 1988. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FAUVEL-ROUIF (Denise), dir., La jeunesse et ses mouvements : influence sur l’évolution des sociétés aux XIXe et XXe siècle, Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, Éditions du CNRS, Paris, 1992. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEROLDI (Vincent), La Force des enfants. Des Cœurs vaillants à l’A.C.E., Éditions ouvrières, Paris, 1987.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13531</id>
		<title>Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13531"/>
		<updated>2020-01-15T16:39:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg&lt;br /&gt;
|fonds=Ringeissen&lt;br /&gt;
|idSupport=43AV1&lt;br /&gt;
|dateDebut=1956&lt;br /&gt;
|video=0072NN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:02:06&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Ringeissen, Paul&lt;br /&gt;
|apercu=Coeur_vaillant_Heiligenberg.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-22&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.5376, 7.3908&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le groupe des Cœurs Vaillants du Collège Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants des différentes paroisses. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leurs enfants à des encadrants qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tintinmilou.jpg|300px|thumb|right|&amp;quot;Tintin et Milou au Pays de l'Or Noir&amp;quot; dans le numéro des Coeurs Vaillants sur 6 octobre 1940.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la France de l'intérieur, après avoir perdu le terrain de l'éducation scolaire depuis la fin du XIXe siècle avec la succession des lois soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), s'ajoute en 1905 la séparation des Eglises et de l'Etat, mettant un terme à la collaboration entre le clergé et les écoles. Ce bouleversement organique ne concerne pas l'Alsace et la Moselle, allemandes à ce moment-là, et protégées par la suite par le Concordat. Pour faire face à cette perte d'influence en France, l'Eglise s'arroge alors le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes, et cette ambition ne va pas sans profiter à l'Alsace et son organisation scolaire qui dépend encore largement des institutions religieuses. &lt;br /&gt;
En choisissant le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Le journal ''Coeurs Vaillants'' voit alors le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de &amp;quot;Tintin et Milou&amp;quot;. L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit &amp;quot;Coeur Vaillant&amp;quot; se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent plus à former un esprit de groupe impliqué dans la vie locale qu'à s'exercer à des activités physiques et pratiques. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent en général à des sorties comme ici à Heiligenberg, laissant les camps de vacances au scouts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une sortie à la Montagne '''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film retrace donc la sortie des Coeurs Vaillants du Collège de Saint-Etienne à Heiligenberg, un petit village situé dans les hauteurs du massif vosgien, pour profiter d'activités extérieure à la ville, le temps des quelques jours de congés offert par le week-end de l'Ascension. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur le quai de gare en attendant l'arrivée d'un train qui n'est pas sans rappeler ''L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat'' des frères Lumières (1896). En arrière-plan légèrement surexposé, on peut apercevoir la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut, formulant une première séquence narrative. &lt;br /&gt;
Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel est arrivé le cinéaste, l'Abbé Paul Ringeissen. Toujours accompagné de sa 2CV, l'abbé du Collège Saint-Etienne a pour habitude de se charger de l'approvisionnement et de réceptionner le convoi d'enfants et d'encadrants à la gare. La longueur du plan laisse aussi penser que le réalisateur avait une idée très précise de ce qu'il souhaitait pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, comme en témoigne l'attitude spontanée des enfants, habitués à la caméra de l'enseignant : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointée sur eux. Mais cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plans est laissé au hasard ! &lt;br /&gt;
En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plans sont surexposés et d'autres trop longs. Mais le carton introductif dénote tout de même d'une attention particulière accordée au montage.&lt;br /&gt;
Paul Ringeissen n'est pas un grand cinéaste et n'aspire pas à le devenir, il aime filmer pour ses souvenirs tout comme il apprécie le cinéma et ces quelques jours de sorties ne dérogent pas à ses habitudes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, c'est le cinéaste lui-même qui a introduit une section des Cœurs Vaillants au sein du Collège Saint-Etienne, la même année. Ce film n’avait certainement pas de vocation plus ambitieuse que de faire revivre cette journée à un public très restreint, comme des parents d’enfants ou les élèves eux-mêmes. Les plans ne sont pas très recherchés mais nous livrent tout de même un certain nombre de détails, notamment sur l’organisation du mouvement. &lt;br /&gt;
Le groupe des Cœurs Vaillants, exclusivement masculin - tout comme le collège - présente une différence d’âge notable entre tous les enfants. Les plus jeunes sont plus enthousiastes que les grands qui, plus calmes, restent entre eux. &lt;br /&gt;
Les plans sur les enfants se succèdent : les garçons jouent, se défoulent. Sur tous les plans, les jeunes Coeurs Vaillants s'amusent avec des bâtons, chahutent mais semblent plus vouloir attirer l’attention de la caméra que faire preuve de mauvaise conduite. Les encadrants - qui restent très jeunes conformément à l'organisation du mouvement - sont filmés de très près et on peut voir leurs expressions se durcirent, demandant aux jeunes de faire preuve de discipline malgré ce contexte d’excursion. Les enfants sont alors focalisés sur les adultes qui rappellent quelques règles de conduite avant de partir pour la randonnée qui suit. Pour illustrer cette promenade, le cinéaste effectue quelques panoramas, notamment sur la vallée de Bruche et sur ce qui ressemble à un rocher, très nombreux dans le massif vosgien. Mais la nature ne semble pas être le sujet principal de ce film et le peu d'éléments topographiques ne nous permettent pas d'identifier avec certitudes les différents lieux de tournage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme &amp;quot;après l'effort, le réconfort&amp;quot;, les plus jeunes des garçons, habillés de culotte-bretelle, arrivent en courant pour le goûter. Aussi appelé ''lederhose'', cet accoutrement tout droit venu d’Allemagne constitue depuis le début des années 1950 l’habit typique des adhérents aux mouvements de jeunesse et dont on doit sa popularisation dans le reste de la France à l'Alsace.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHOVLY (Gérard), dir., Mouvements de jeunesses. Chrétiens et juifs : sociabilité juvénile dans un cadre européen, 1799-1968, Le Cerf, Paris, 1988. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FAUVEL-ROUIF (Denise), dir., La jeunesse et ses mouvements : influence sur l’évolution des sociétés aux XIXe et XXe siècle, Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, Éditions du CNRS, Paris, 1992. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEROLDI (Vincent), La Force des enfants. Des Cœurs vaillants à l’A.C.E., Éditions ouvrières, Paris, 1987.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13530</id>
		<title>Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)</title>
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		<updated>2020-01-15T16:17:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg&lt;br /&gt;
|fonds=Ringeissen&lt;br /&gt;
|idSupport=43AV1&lt;br /&gt;
|dateDebut=1956&lt;br /&gt;
|video=0072NN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Ringeissen, Paul&lt;br /&gt;
|apercu=Coeur_vaillant_Heiligenberg.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-22&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.5376, 7.3908&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le groupe des Cœurs Vaillants du Collège Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants des différentes paroisses. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leurs enfants à des encadrants qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tintinmilou.jpg|300px|thumb|right|&amp;quot;Tintin et Milou au Pays de l'Or Noir&amp;quot; dans le numéro des Coeurs Vaillants sur 6 octobre 1940.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la France de l'intérieur, après avoir perdu le terrain de l'éducation scolaire depuis la fin du XIXe siècle avec la succession des lois soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), s'ajoute en 1905 la séparation des Eglises et de l'Etat, mettant un terme à la collaboration entre le clergé et les écoles. Ce bouleversement organique ne concerne pas l'Alsace et la Moselle, allemandes à ce moment-là, et protégées par la suite par le Concordat. Pour faire face à cette perte d'influence en France, l'Eglise s'arroge alors le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes, et cette ambition ne va pas sans profiter à l'Alsace et son organisation scolaire qui dépend encore largement des institutions religieuses. &lt;br /&gt;
En choisissant le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Le journal ''Coeurs Vaillants'' voit alors le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de &amp;quot;Tintin et Milou&amp;quot;. L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit &amp;quot;Coeur Vaillant&amp;quot; se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent plus à former un esprit de groupe impliqué dans la vie locale qu'à s'exercer à des activités physiques et pratiques. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent en général à des sorties comme ici à Heiligenberg, laissant les camps de vacances au scouts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une sortie à la Montagne '''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film retrace donc la sortie des Coeurs Vaillants du Collège de Saint-Etienne à Heiligenberg, un petit village situé dans les hauteurs du massif vosgien, pour profiter d'activités extérieure à la ville, le temps des quelques jours de congés offert par le week-end de l'Ascension. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur le quai de gare en attendant l'arrivée d'un train qui n'est pas sans rappeler ''L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat'' des frères Lumières (1896). En arrière-plan légèrement surexposé, on peut apercevoir la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut, formulant une première séquence narrative. &lt;br /&gt;
Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel sont arrivés les enfants et leurs encadrants, d'autant plus que la longueur du plan laisse penser que le cinéaste avait une idée très précise de ce qu'il souhaitait pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, comme en témoigne l'attitude spontanée des enfants : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointée sur eux. Mais cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plans est laissé au hasard ! &lt;br /&gt;
En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plans sont surexposés et d'autres trop longs. On devine alors une passion récente pour le cinéma et un apprentissage en cours dans lequel cette journée apparait comme un parfait exercice. Par la même occasion, le carton introductif dénote d'une attention particulière accordée au montage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réalisé par l'Abbé Paul Ringeissen, professeur au Collège Saint-Etienne de Strasbourg ayant introduit le mouvement des Cœurs Vaillants au sein de l'établissement scolaire la même année, ce film n’avait certainement pas de vocation plus ambitieuse que de faire revivre cette journée à un public très restreint, comme des parents d’enfants ou les élèves eux-mêmes. Les plans ne sont pas très recherchés mais nous livrent tout de même un certain nombre de détails, notamment sur l’organisation du mouvement. &lt;br /&gt;
Le groupe des Cœurs Vaillants, exclusivement masculin présente une différence d’âge notable entre tous les enfants. Les plus jeunes sont plus enthousiastes que les grands qui, plus calmes, restent entre eux. &lt;br /&gt;
Les plans sur les enfants se succèdent : les garçons jouent, se défoulent. Sur tous les plans, les jeunes Coeurs Vaillants s'amusent avec des bâtons, chahutent mais semblent plus vouloir attirer l’attention de la caméra que faire preuve de mauvaise conduite. Les encadrants - qui restent très jeunes conformément à l'organisation du mouvement - sont filmés de très près et on peut voir leurs expressions se durcirent, demandant aux jeunes de faire preuve de discipline malgré ce contexte d’excursion. Les enfants sont alors focalisés sur les adultes qui rappellent quelques règles de conduite avant de partir pour la randonnée qui suit. Pour illustrer cette promenade, le cinéaste effectue quelques panoramas, notamment sur la vallée de Bruche et sur ce qui ressemble à un rocher, très nombreux dans le massif vosgien. Mais la nature ne semble pas être le sujet principal de ce film et le peu d'éléments topographiques ne nous permettent pas d'identifier avec certitudes les différents lieux de tournage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme &amp;quot;après l'effort, le réconfort&amp;quot;, on peut voir les plus jeunes des garçons, habillés de culotte-bretelle, arriver en courant pour le goûter. Aussi appelé ''lederhose'', cet accoutrement tout droit venu d’Allemagne constitue depuis le début des années 1950 l’habit typique des adhérents aux mouvements de jeunesse et dont on doit sa popularisation dans le reste de la France à l'Alsace.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHOVLY (Gérard), dir., Mouvements de jeunesses. Chrétiens et juifs : sociabilité juvénile dans un cadre européen, 1799-1968, Le Cerf, Paris, 1988. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FAUVEL-ROUIF (Denise), dir., La jeunesse et ses mouvements : influence sur l’évolution des sociétés aux XIXe et XXe siècle, Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, Éditions du CNRS, Paris, 1992. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEROLDI (Vincent), La Force des enfants. Des Cœurs vaillants à l’A.C.E., Éditions ouvrières, Paris, 1987.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)</title>
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		<updated>2020-01-15T16:05:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg&lt;br /&gt;
|fonds=Ringeissen&lt;br /&gt;
|idSupport=43AV1&lt;br /&gt;
|dateDebut=1956&lt;br /&gt;
|video=0072NN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:02:06&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Ringeissen, Paul&lt;br /&gt;
|apercu=Coeur_vaillant_Heiligenberg.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-22&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.5376, 7.3908&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le groupe des Cœurs Vaillants du Collège Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants des différentes paroisses. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leurs enfants à des encadrants qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tintinmilou.jpg|300px|thumb|right|&amp;quot;Tintin et Milou au Pays de l'Or Noir&amp;quot; dans le numéro des Coeurs Vaillants sur 6 octobre 1940.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la France de l'intérieur, après avoir perdu le terrain de l'éducation scolaire depuis la fin du XIXe siècle avec la succession des lois soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), s'ajoute en 1905 la séparation des Eglises et de l'Etat, mettant un terme à la collaboration entre le clergé et les écoles. Ce bouleversement organique ne concerne pas l'Alsace et la Moselle, allemandes à ce moment-là, et protégées par la suite par le Concordat. Pour faire face à cette perte d'influence en France, l'Eglise s'arroge alors le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes, et cette ambition ne va pas sans profiter à l'Alsace et son organisation scolaire qui dépend encore largement des institutions religieuses. &lt;br /&gt;
En choisissant le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Le journal ''Coeurs Vaillants'' voit alors le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de &amp;quot;Tintin et Milou&amp;quot;. L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit &amp;quot;Coeur Vaillant&amp;quot; se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent plus à former un esprit de groupe impliqué dans la vie locale qu'à des activités pratiques, à la différence du scoutisme. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent plus à des sorties qu'à des camps de vacances, comme ici à Heiligenberg. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une sortie à la Montagne '''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film retrace donc la sortie à Heiligenberg, un petit village situé dans les hauteurs du massif vosgien, des Coeurs Vaillants de Saint-Etienne (on devine facilement qu'il s'agit du Collège Saint-Etienne de Strasbourg) pour profiter d'activités extérieure à la ville, profitant des quelques jours de congés offert par le week-end de l'Ascension. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur le quai de gare en attendant l'arrivée d'un train qui n'est pas sans rappeler ''L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat'' des frères Lumières (1896). En arrière-plan légèrement surexposé, on peut apercevoir la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut et cette séquence narrative nous indique que le groupe s'est rendu à Heiligenberg par le train. &lt;br /&gt;
Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel sont arrivés les enfants et leurs encadrants, d'autant plus que la longueur du plan laisse penser que le cinéaste avait une idée très précise de ce qu'il souhaitait pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, comme en témoigne l'attitude spontanée des enfants : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointée sur eux. Mais cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plans est laissé au hasard ! &lt;br /&gt;
En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plans sont surexposés et d'autres trop longs. On devine alors une passion récente pour le cinéma et un apprentissage en cours dans lequel cette journée apparait comme un parfait exercice. Par la même occasion, le carton introductif dénote d'une attention particulière accordée au montage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réalisé par Paul Ringeissen, l'Abbé du Collège Saint-Etienne de Strasbourg ayant introduit le mouvement des Cœurs Vaillants au sein de l'établissement scolaire la même année, ce film n’avait certainement pas de vocation plus ambitieuse que de faire revivre cette journée à un public très restreint, comme des parents d’enfants ou les élèves eux-mêmes. Les plans ne sont pas très recherchés mais nous livrent tout de même un certain nombre de détails, notamment sur l’organisation du mouvement. &lt;br /&gt;
Le groupe des Cœurs Vaillants, exclusivement masculin présente une différence d’âge notable entre tous les enfants. Les plus jeunes sont plus enthousiastes que les grands qui, plus calmes, restent entre eux. &lt;br /&gt;
Les plans sur les enfants se succèdent : les garçons jouent, se défoulent. Sur tous les plans, les jeunes Coeurs Vaillants s'amusent avec des bâtons, chahutent mais semblent plus vouloir attirer l’attention de la caméra que faire preuve de mauvaise conduite. Les encadrants - qui restent très jeunes conformément à l'organisation du mouvement - sont filmés de très près et on peut voir leurs expressions se durcirent, demandant aux jeunes de faire preuve de discipline malgré ce contexte d’excursion. Les enfants sont alors focalisés sur les adultes qui rappellent quelques règles de conduite avant de partir pour la randonnée qui suit. Pour illustrer cette promenade, le cinéaste effectue quelques panoramas, notamment sur la vallée de Bruche et sur ce qui ressemble à un rocher, très nombreux dans le massif vosgien. Mais la nature ne semble pas être le sujet principal de ce film et le peu d'éléments topographiques ne nous permettent pas d'identifier avec certitudes les différents lieux de tournage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme &amp;quot;après l'effort, le réconfort&amp;quot;, on peut voir les plus jeunes des garçons, habillés de culotte-bretelle, arriver en courant pour le goûter. Aussi appelé ''lederhose'', cet accoutrement tout droit venu d’Allemagne constitue depuis le début des années 1950 l’habit typique des adhérents aux mouvements de jeunesse et dont on doit sa popularisation dans le reste de la France à l'Alsace.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHOVLY (Gérard), dir., Mouvements de jeunesses. Chrétiens et juifs : sociabilité juvénile dans un cadre européen, 1799-1968, Le Cerf, Paris, 1988. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FAUVEL-ROUIF (Denise), dir., La jeunesse et ses mouvements : influence sur l’évolution des sociétés aux XIXe et XXe siècle, Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, Éditions du CNRS, Paris, 1992. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEROLDI (Vincent), La Force des enfants. Des Cœurs vaillants à l’A.C.E., Éditions ouvrières, Paris, 1987.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13394</id>
		<title>Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13394"/>
		<updated>2020-01-12T15:20:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg&lt;br /&gt;
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|droits=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Ringeissen, Paul&lt;br /&gt;
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|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-22&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.5376, 7.3908&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le groupe des Cœurs Vaillants de la paroisse Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants des différentes paroisses. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leurs enfants à des encadrants qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tintinmilou.jpg|300px|thumb|right|&amp;quot;Tintin et Milou au Pays de l'Or Noir&amp;quot; dans le numéro des Coeurs Vaillants sur 6 octobre 1940.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir perdu le terrain de l'école depuis la fin du XIXe siècle avec la succession des lois soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), l'Eglise s'arroge le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes. Ainsi, par le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Le journal ''Coeurs Vaillants'' voit alors le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de &amp;quot;Tintin et Milou&amp;quot;. L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit &amp;quot;Coeur Vaillant&amp;quot; se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent pour beaucoup sur la vie paroissiale et moins sur des activités pratiques, à la différence du scoutisme. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent plus à des sorties qu'à des camps de vacances, comme ici à Heiligenberg. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une sortie à la Montagne Sainte'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film retrace donc la sortie à Heiligenberg, littéralement &amp;quot;La Montagne Sainte&amp;quot; des Coeurs Vaillants de Saint-Etienne (on devine facilement qu'il s'agit du Collège Saint-Etienne de Strasbourg) pour profiter d'activités extérieure à la ville, profitant des quelques jours de congés offert par le week-end de l'Ascension. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur le quai de gare en attendant l'arrivée d'un train qui n'est pas sans rappeler ''L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat'' des frères Lumières (1896). En arrière-plan légèrement surexposé, on peut apercevoir la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut et cette séquence narrative nous indique que le groupe s'est rendu à Heiligenberg par le train. &lt;br /&gt;
Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel sont arrivés les enfants et leurs encadrants, d'autant plus que la longueur du plan laisse penser que le cinéaste avait une idée très précise de ce qu'il souhaitait pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, comme en témoigne l'attitude spontanée des enfants : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointée sur eux. Mais cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plans est laissé au hasard ! &lt;br /&gt;
En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plans sont surexposés et d'autres trop longs. On devine alors une passion récente pour le cinéma et un apprentissage en cours dans lequel cette journée apparait comme un parfait exercice. Par la même occasion, le carton introductif dénote d'une attention particulière accordée au montage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réalisé par Paul Ringeissen, l'Abbé du Collège Saint-Etienne de Strasbourg ayant introduit le mouvement des Cœurs Vaillants au sein de l'établissement scolaire la même année, ce film n’avait certainement pas de vocation plus ambitieuse que de faire revivre cette journée à un public très restreint, comme des parents d’enfants ou les élèves eux-mêmes. Les plans ne sont pas très recherchés mais nous livrent tout de même un certain nombre de détails, notamment sur l’organisation du mouvement. &lt;br /&gt;
Le groupe des Cœurs Vaillants, exclusivement masculin présente une différence d’âge notable entre tous les enfants. Les plus jeunes sont plus enthousiastes que les grands qui, plus calmes, restent entre eux. &lt;br /&gt;
Les plans sur les enfants se succèdent : les garçons jouent, se défoulent. Sur tous les plans, les jeunes Coeurs Vaillants s'amusent avec des bâtons, chahutent mais semblent plus vouloir attirer l’attention de la caméra que faire preuve de mauvaise conduite. Les encadrants - qui restent très jeunes conformément à l'organisation du mouvement - sont filmés de très près et on peut voir leurs expressions se durcirent, demandant aux jeunes de faire preuve de discipline malgré ce contexte d’excursion. Les enfants sont alors focalisés sur les adultes qui rappellent quelques règles de conduite avant de partir pour la randonnée qui suit. Pour illustrer cette promenade, le cinéaste effectue quelques panoramas, notamment sur la vallée de Bruche et sur ce qui ressemble à un rocher, très nombreux dans le massif vosgien. Mais la nature ne semble pas être le sujet principal de ce film et le peu d'éléments topographiques ne nous permettent pas d'identifier avec certitudes les différents lieux de tournage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme &amp;quot;après l'effort, le réconfort&amp;quot;, on peut voir les plus jeunes des garçons, habillés de culotte-bretelle, arriver en courant pour le goûter. Aussi appelé ''lederhose'', cet accoutrement tout droit venu d’Allemagne constitue depuis le début des années 1950 l’habit typique des adhérents aux mouvements de jeunesse et dont on doit sa popularisation dans le reste de la France à l'Alsace.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHOVLY (Gérard), dir., Mouvements de jeunesses. Chrétiens et juifs : sociabilité juvénile dans un cadre européen, 1799-1968, Le Cerf, Paris, 1988. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FAUVEL-ROUIF (Denise), dir., La jeunesse et ses mouvements : influence sur l’évolution des sociétés aux XIXe et XXe siècle, Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, Éditions du CNRS, Paris, 1992. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEROLDI (Vincent), La Force des enfants. Des Cœurs vaillants à l’A.C.E., Éditions ouvrières, Paris, 1987.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13393</id>
		<title>Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)</title>
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		<updated>2020-01-12T15:18:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
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|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg&lt;br /&gt;
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|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Ringeissen, Paul&lt;br /&gt;
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|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-22&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.5376, 7.3908&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le groupe des Cœurs Vaillants de la paroisse Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants des différentes paroisses. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leurs enfants à des encadrants qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tintinmilou.jpg|300px|thumb|right|&amp;quot;Tintin et Milou au Pays de l'Or Noir&amp;quot; dans le numéro des Coeurs Vaillants sur 6 octobre 1940.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir perdu le terrain de l'école depuis la fin du XIXe siècle avec la succession des lois soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), l'Eglise s'arroge le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes. Ainsi, par le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Le journal ''Coeurs Vaillants'' voit alors le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de &amp;quot;Tintin et Milou&amp;quot;. L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit &amp;quot;Coeur Vaillant&amp;quot; se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent pour beaucoup sur la vie paroissiale et moins sur des activités pratiques, à la différence du scoutisme. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent plus à des sorties qu'à des camps de vacances, comme ici à Heiligenberg. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une sortie à la Montagne Sainte'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film retrace donc la sortie à Heiligenberg, littéralement &amp;quot;La Montagne Sainte&amp;quot; des Coeurs Vaillants de Saint-Etienne (on devine facilement qu'il s'agit du Collège Saint-Etienne de Strasbourg) pour profiter d'activités extérieure à la ville, profitant des quelques jours de congés offert par le week-end de l'Ascension. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur le quai de gare en attendant l'arrivée d'un train qui n'est pas sans rappeler ''L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat'' des frères Lumières (1896). En arrière-plan légèrement surexposé, on peut apercevoir la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut et cette séquence narrative nous indique que le groupe s'est rendu à Heiligenberg par le train. &lt;br /&gt;
Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel sont arrivés les enfants et leurs encadrants, d'autant plus que la longueur du plan laisse penser que le cinéaste avait une idée très précise de ce qu'il souhaitait pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, comme en témoigne l'attitude spontanée des enfants : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointée sur eux. Mais cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plans est laissé au hasard ! &lt;br /&gt;
En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plans sont surexposés et d'autres trop longs. On devine alors une passion récente pour le cinéma et un apprentissage en cours dans lequel cette journée apparait comme un parfait exercice. Par la même occasion, le carton introductif dénote d'une attention particulière accordée au montage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réalisé par Paul Ringeissen, l'Abbé du Collège Saint-Etienne de Strasbourg ayant introduit le mouvement des Cœurs Vaillants au sein de l'établissement scolaire la même année, ce film n’avait certainement pas de vocation plus ambitieuse que de faire revivre cette journée à un public très restreint, comme des parents d’enfants ou les élèves eux-mêmes. Les plans ne sont pas très recherchés mais nous livrent tout de même un certain nombre de détails, notamment sur l’organisation du mouvement. &lt;br /&gt;
Le groupe des Cœurs Vaillants, exclusivement masculin présente une différence d’âge notable entre tous les enfants. Les plus jeunes sont plus enthousiastes que les grands qui, plus calmes, restent entre eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les plans sur les enfants se succèdent : les garçons jouent, se défoulent. Sur tous les plans, les jeunes Coeurs Vaillants s'amusent avec des bâtons, chahutent mais semblent plus vouloir attirer l’attention de la caméra que faire preuve de mauvaise conduite. Les encadrants - qui restent très jeunes conformément à l'organisation du mouvement - sont filmés de très près et on peut voir leurs expressions se durcirent, demandant aux jeunes de faire preuve de discipline malgré ce contexte d’excursion. Les enfants sont alors focalisés sur les adultes qui rappellent quelques règles de conduite avant de partir pour la randonnée qui suit. Pour illustrer cette promenade, le cinéaste effectue quelques panoramas, notamment sur la vallée de Bruche et sur ce qui ressemble à un rocher, très nombreux dans le massif vosgien. Mais la nature ne semble pas être le sujet principal de ce film et le peu d'éléments topographiques ne nous permettent pas d'identifier avec certitudes les différents lieux de tournage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme &amp;quot;après l'effort, le réconfort&amp;quot;, on peut voir les plus jeunes des garçons, habillés de culotte-bretelle, arriver en courant pour le goûter. Aussi appelé ''lederhose'', cet accoutrement tout droit venu d’Allemagne constitue depuis le début des années 1950 l’habit typique des adhérents aux mouvements de jeunesse et dont on doit sa popularisation dans le reste de la France à l'Alsace.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHOVLY (Gérard), dir., Mouvements de jeunesses. Chrétiens et juifs : sociabilité juvénile dans un cadre européen, 1799-1968, Le Cerf, Paris, 1988. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FAUVEL-ROUIF (Denise), dir., La jeunesse et ses mouvements : influence sur l’évolution des sociétés aux XIXe et XXe siècle, Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, Éditions du CNRS, Paris, 1992. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEROLDI (Vincent), La Force des enfants. Des Cœurs vaillants à l’A.C.E., Éditions ouvrières, Paris, 1987.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13392</id>
		<title>Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13392"/>
		<updated>2020-01-12T15:08:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg&lt;br /&gt;
|fonds=Ringeissen&lt;br /&gt;
|idSupport=43AV1&lt;br /&gt;
|dateDebut=1956&lt;br /&gt;
|video=0072NN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:02:06&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Ringeissen, Paul&lt;br /&gt;
|apercu=Coeur_vaillant_Heiligenberg.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-22&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.5376, 7.3908&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le groupe des Cœurs Vaillants de la paroisse Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants des différentes paroisses. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leurs enfants à des encadrants qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tintinmilou.jpg|300px|thumb|right|&amp;quot;Tintin et Milou au Pays de l'Or Noir&amp;quot; dans le numéro des Coeurs Vaillants sur 6 octobre 1940.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir perdu le terrain de l'école depuis la fin du XIXe siècle avec la succession des lois soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), l'Eglise s'arroge le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes. Ainsi, par le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Le journal ''Coeurs Vaillants'' voit alors le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de &amp;quot;Tintin et Milou&amp;quot;. L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit &amp;quot;Coeur Vaillant&amp;quot; se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent pour beaucoup sur la vie paroissiale et moins sur des activités pratiques, à la différence du scoutisme. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent plus à des sorties qu'à des camps de vacances, comme ici à Heiligenberg. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une sortie à la Montagne Sainte'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film retrace donc la sortie à Heiligenberg, littéralement &amp;quot;La Montagne Sainte&amp;quot; des Coeurs Vaillants de Saint-Etienne (on devine facilement qu'il s'agit du Collège Saint-Etienne de Strasbourg) pour profiter d'activités extérieure à la ville, profitant des quelques jours de congés offert par le week-end de l'Ascension. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur le quai de gare en attendant l'arrivée d'un train qui n'est pas sans rappeler ''L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat'' des frères Lumières (1896). En arrière-plan légèrement surexposé, on peut apercevoir la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut et cette séquence narrative nous indique que le groupe s'est rendu à Heiligenberg par le train. &lt;br /&gt;
Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel sont arrivés les enfants et leurs encadrants, d'autant plus que la longueur du plan laisse penser que le cinéaste avait une idée très précise de ce qu'il souhaitait pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, comme en témoigne l'attitude spontanée des enfants : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointée sur eux. Mais cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plans est laissé au hasard ! &lt;br /&gt;
En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plans sont surexposés et d'autres trop longs. On devine alors une passion récente pour le cinéma et un apprentissage en cours dans lequel cette journée apparait comme un parfait exercice. Par la même occasion, le carton introductif dénote d'une attention particulière accordée au montage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réalisé par Paul Ringeissen, l'Abbé du Collège Saint-Etienne de Strasbourg ayant introduit le mouvement des Cœurs Vaillants au sein de l'établissement scolaire la même année, ce film n’avait certainement pas de vocation plus ambitieuse que de faire revivre cette journée à un public très restreint, comme des parents d’enfants ou les élèves eux-mêmes. Les plans ne sont pas très recherchés mais nous livrent tout de même un certain nombre de détails, notamment sur l’organisation du mouvement. &lt;br /&gt;
Le groupe des Cœurs Vaillants, exclusivement masculin présente une différence d’âge notable entre tous les enfants. Les plus jeunes sont plus enthousiastes que les grands qui, plus calmes, restent entre eux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les plans sur les enfants se succèdent : les garçons jouent, se défoulent. Sur tous les plans, les jeunes Coeurs Vaillants s'amusent avec des bâtons, chahutent mais semblent plus vouloir attirer l’attention de la caméra que faire preuve de mauvaise conduite. Les encadrants - qui restent très jeunes conformément à l'organisation du mouvement - sont filmés de très près et on peut voir leurs expressions se durcirent, demandant aux jeunes de faire preuve de discipline malgré ce contexte d’excursion. Les enfants sont alors focalisés sur les adultes qui rappellent quelques règles de conduite avant de partir pour la randonnée qui suit. Pour illustrer cette promenade, le cinéaste effectue quelques panoramas, notamment sur la vallée de Bruche et sur ce qui ressemble à un rocher, très nombreux dans le massif vosgien même si la nature n'est définitivement pas le sujet principal de ce film et très peu d'éléments topographiques nous permettent d'identifier avec certitude les différents lieux de tournage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme &amp;quot;après l'effort, le réconfort&amp;quot;, on peut voir les plus jeunes des garçons, habillés de culotte-bretelle, arriver en courant pour le goûter. Aussi appelé ''lederhose'', cet accoutrement tout droit venu d’Allemagne constitue depuis le début des années 1950 l’habit typique des adhérents aux mouvements de jeunesse et dont on doit sa popularisation dans le reste de la France à l'Alsace.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHOVLY (Gérard), dir., Mouvements de jeunesses. Chrétiens et juifs : sociabilité juvénile dans un cadre européen, 1799-1968, Le Cerf, Paris, 1988. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FAUVEL-ROUIF (Denise), dir., La jeunesse et ses mouvements : influence sur l’évolution des sociétés aux XIXe et XXe siècle, Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, Éditions du CNRS, Paris, 1992. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEROLDI (Vincent), La Force des enfants. Des Cœurs vaillants à l’A.C.E., Éditions ouvrières, Paris, 1987.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Championnats_de_gymnastique_de_Strasbourg_(0085FH0003)&amp;diff=13388</id>
		<title>Championnats de gymnastique de Strasbourg (0085FH0003)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Championnats_de_gymnastique_de_Strasbourg_(0085FH0003)&amp;diff=13388"/>
		<updated>2020-01-12T13:41:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Championnats de gymnastique artistique à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Buridan&lt;br /&gt;
|idSupport=0085FH0003&lt;br /&gt;
|dateDebut=1978&lt;br /&gt;
|video=0085FH0003_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:04:41&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Buridan, Henri&lt;br /&gt;
|apercu=Championnats_gymnastique.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Nadia Comaneci; Nellie Kim; Zoltàn Magyar; Elena Mukhina; Natalia Chapochnikova&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Rhénus&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.59999, 7.76511&lt;br /&gt;
|thematique=Gymnastic&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Les 19&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; championnats du monde de gymnastique artistique organisés à Strasbourg en 1978.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=En 1978 se déroule au Rhénus à Strasbourg les 19&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
championnats du monde de gymnastique artistique. Cet évènement majeur au sein du monde de la compétition sportive n’a lieu depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale qu’une fois tous les 4 ans. Sa tenue dans la capitale alsacienne a donc de quoi ravir les plus grands amateurs sportifs de la région, à l’image de Henri Buridan qui filme cette rencontre sportive avec admiration. Ce professeur d’EPS et moteur du mouvement des Éclaireurs de France en Alsace nous prête son œil pendant près de 4 minutes pour revivre cet évènement de grande ampleur, se servant du rayonnement de ces gymnastes venus du monde entier pour fixer à jamais leurs performances le temps d’une bobine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L’âge d’or de la gymnastique : des évènements sportifs hauts en couleurs'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1970 constituent pour le monde de la gymnastique artistique une sorte d’âge d’or où beaucoup de progrès sont réalisés, notamment par les gymnastes eux-mêmes qui ne cessent de repousser les limites de la discipline. Certains d’entre eux deviennent de véritables personnalités, même si leur popularité est pour beaucoup restreinte au milieu sportif. Ajouté à cela l’introduction massive des postes de télévisions – notamment en couleurs – dans les foyers français au cours de la décennie 1970 et l’intérêt porté par les téléspectateurs à la retransmission des différents évènements sportifs justifient cet engouement prononcé autour des athlètes. C’est par ailleurs à partir de 1978 que les championnats du monde de gymnastique artistique se tiennent de manière plus rapprochée, bien que moins ponctuelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Magyarspindle.jpeg|300px|thumb|left|Zoltàn Magyar effectuant un &amp;quot;Magyar spindle&amp;quot; aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité du film est particulièrement mauvaise, notamment pendant le passage des gymnastes féminines, bien que l’accès au cinéma amateur se soit grandement démocratisé à cette période. Mais ces images, même saccadées, nous permettent tout de même de remarquer la présence des plus grandes figures de la gymnastique des années 1970 que l’on peut identifier par divers indices, qu’il s’agisse de leurs mouvements signatures, comme le fameux « Magyar spindle » au cheval d’arçons du nom du hongrois Zoltán Magyar, par exemple, ou leur simple prestance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la compétition féminine, on peut reconnaître les gymnastes les plus emblématiques de la discipline de l’époque comme Natalia Chapochnikova, Elena Mukhina – qui récolte l’or au concours général à l’issu des championnats – ou encore Nellie Kim, la star de l’équipe soviétique. Face à elles, la légende Nadia Comaneci, qui deux ans après ses fameux « perfect 10 » aux Jeux Olympiques de Montréal, ne perd pas en notoriété. Particulièrement filmée par Henri Buridan au cours de cette rencontre, cette dernière est déjà à l’époque considérée comme l’une des meilleurs gymnastes de tous les temps. Malgré la mauvaise qualité du film, elle reste facilement identifiable. Si le cinéaste ne semble manquer aucun de ses passages, la précision de sa technique et sa grâce signent son style de performance unique au monde. Sa présence lors de cette rencontre internationale a sans aucun doute suscité une certaine curiosité qu’on devine à la vue des gradins bondés et des nombreux flashes retentissants. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Elena_Mukhina,_Nadia_Comăneci,_Emilia_Eberle_Strasbourg1978.jpeg|300px|thumb|right|Nadia Comaneci (au centre), Elena Mukhina (à gauche) et Emilia Eberle (à droite), les gagnantes de l'épreuve de poutre.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une compétition rythmée en 4 temps''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de noter l’effort de narration fourni par le cinéaste. En effet, si ce film semble suivre une certaine logique que l’on imagine propre à l’organisation de la compétition, il s’agit en réalité d’un remontage qui aurait pour vocation d’apporter une certaine dynamique au film, s'organisant alors en quatre parties distinctes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, le film s’ouvre sur la compétition masculine, présentant dans cette séquence seulement trois des six agrès masculins : le saut de cheval, les barres parallèles et la barre fixe. A cette chronologie de la compétition viennent s’intercaler successivement des plans sur l’affichage numérique du palmarès (parfois final, parfois intermédiaire) et des plans sur la remise des prix, avant de passer à l’agrès suivant afin de former une sorte de boucle narrative. &lt;br /&gt;
S’en suit la compétition féminine où les quatre agrès féminins, à savoir le saut de cheval (disposé de manière transversale à l’inverse des hommes qui pratiquent sur l'agrès placé longitudinalement), les barres asymétriques, la poutre et enfin le sol. Le cheminement narratif de la compétition continue sur le même schéma connu depuis le début du film.  &lt;br /&gt;
Sans transition, le film repasse à la compétition masculine en repartant du même agrès que les filles, le sol, et continue au cheval d’arçons, puis aux anneaux, complétant l’ensemble des agrès de la compétition pour les hommes. &lt;br /&gt;
Enfin, la dernière partie du film et certainement la moins montée puisqu'il s’agit de la cérémonie de clôture du championnat. Les drapeaux des différents pays participants sont portés par les athlètes et défilent les uns derrières les autres dans la salle de compétition. Cette pratique est somme toute très traditionnelle et subsiste encore aujourd'hui dans ce genre d’évènements.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce remontage présente, en y regardant de plus près, un certain nombre d’incohérences. L’intégration des divers plans sur le palmarès ne concorde pas toujours avec l’agrès précédemment montré, tout comme le podium filmé ne correspond pas non plus au score affiché juste avant. &lt;br /&gt;
Par exemple, suivant le passage des hommes au saut et le plan sur les scores de l’agrès, on peut voir une remise de prix qui est en fait celle des anneaux. En effet, on peut voir les gymnastes soviétiques Andrianov et Dityatin sur les deux premières marches du podium, suivi du roumain Dan Grecu, alors que le saut donnait pour vainqueur le japonais Junichi Shimizu. Et le passage des gymnastes aux anneaux n'est quant à lui montré qu’à la toute fin du film. Il y a donc là une incohérence de taille qui témoigne de l’ampleur du montage de Henri Buridan. Chez filles, des incohérences du montage sont également visibles quoique moins importantes puisque la compétition n’est filmée que d’un seul bloc. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Cartepostale.jpeg|300px|thumb|left|Carte postale pour les championnats du monde de gymnastiques artistique de 1978 à Strasbourg, avec le timbre et le tampon à l'image de l'évènement]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aussi, dans la réalité de la compétition, il n’existe pas de remise de prix entre chaque agrès : cela n’aurait pas de sens pour les gymnastes qui doivent impérativement rester « chauds », tout comme cela couperait la dynamique réelle du concours. Les podiums s’effectuent en toute fin de compétition, en différentes catégories (par agrès, au concours général et par équipe). Plus important encore dans le cadre d'une compétition internationale, celle-ci se déroule sur plusieurs jours, à savoir du 22 au 29 octobre 1978. Cette organisation sépare à la fois les performances masculines des performances féminines et les concours individuels des concours par équipes. Dans ces modalités là, Henri Buridan n'a filmé que deux jours de compétitions : la finale masculine et finale féminine qui viennent clore cette semaine sportive. Cela permet d'expliquer par ailleurs la surreprésentation des gymnastes soviétiques et roumaines qui dominent largement le championnat, mais aussi de justifier l'absence de français sur les images, ces derniers ayant terminé 8e au classement par équipe, éliminant ainsi tout espoir de participer aux concours individuels&amp;lt;ref&amp;gt;''Championnat du monde de gymnastique'', le 28 octobre 1978, INA, CAA78016524.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, tous les gymnastes ne passent pas en même temps sur les mêmes agrès et sont répartis en différents petits groupes, appelés rotations. Ce remodelage peut donc aussi être une volonté du cinéaste de condenser tous les passages en les classant par agrès. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela nous prouve que le cinéaste tient par ce montage à recréer l’ambiance générale de la compétition, s’attachant plus à retranscrire la rigueur de l’organisation qu’à s’exercer à suivre une parfaite chronologie de l’évènement. Peut-on alors se demander quelle est la finalité de ce montage, peut-être plus pédagogique et synthétique et à destination des futurs éducateurs que Henri Buridan forme en tant que professeur d’EPS.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ARNAUD (Pierre), TERRET (Thierry), Histoire du sport féminin, Paris, L’Harmattan, 1996.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Championnats_de_gymnastique_de_Strasbourg_(0085FH0003)&amp;diff=13364</id>
		<title>Championnats de gymnastique de Strasbourg (0085FH0003)</title>
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		<updated>2020-01-10T16:09:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Championnats de gymnastique artistique à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Buridan&lt;br /&gt;
|idSupport=0085FH0003&lt;br /&gt;
|dateDebut=1978&lt;br /&gt;
|video=0085FH0003_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Buridan, Henri&lt;br /&gt;
|apercu=Championnats_gymnastique.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Nadia Comaneci; Nellie Kim; Zoltàn Magyar; Elena Mukhina; Natalia Chapochnikova&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Rhénus&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.59999, 7.76511&lt;br /&gt;
|thematique=Gymnastic&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Les 19e championnats du monde de gymnastique artistique organisés à Strasbourg en 1978.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=En 1978 se déroule au Rhénus à Strasbourg les 19&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
championnats du monde de gymnastique artistique. Cet évènement majeur au sein du monde de la compétition sportive n’a lieu depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale qu’une fois tous les 4 ans. Sa tenue dans la capitale alsacienne a donc de quoi ravir les plus grands amateurs sportifs de la région, à l’image de Henri Buridan qui filme cette rencontre sportive avec admiration. Ce professeur d’EPS et moteur du mouvement des Éclaireurs de France en Alsace nous prête son œil pendant près de 4 minutes pour revivre cet évènement de grande ampleur, se servant du rayonnement de ces gymnastes venus du monde entier pour fixer à jamais leurs performances le temps d’une bobine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L’âge d’or de la gymnastique : des évènements sportifs hauts en couleurs'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1970 constituent pour le monde de la gymnastique artistique une sorte d’âge d’or où beaucoup de progrès sont réalisés, notamment par les gymnastes eux-mêmes qui ne cessent de repousser les limites de la discipline. Certains d’entre eux deviennent de véritables personnalités, même si leur popularité est pour beaucoup restreinte au milieu sportif. Ajouté à cela l’introduction massive des postes de télévisions – notamment en couleurs – dans les foyers français au cours de la décennie 1970 et l’intérêt porté par les téléspectateurs à la retransmission des différents évènements sportifs justifient cet engouement prononcé autour des athlètes. C’est par ailleurs à partir de 1978 que les championnats du monde de gymnastique artistique se tiennent de manière plus rapprochée, bien que moins ponctuelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Magyarspindle.jpeg|300px|thumb|left|Zoltàn Magyar effectuant un &amp;quot;Magyar spindle&amp;quot; aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité du film est particulièrement mauvaise, notamment pendant le passage des gymnastes féminines, bien que l’accès au cinéma amateur se soit grandement démocratisé à cette période. Mais ces images, même saccadées, nous permettent tout de même de remarquer la présence des plus grandes figures de la gymnastique des années 1970 que l’on peut identifier par divers indices, qu’il s’agisse de leurs mouvements signatures, comme le fameux « Magyar spindle » au cheval d’arçons du nom du hongrois Zoltán Magyar, par exemple, ou leur simple prestance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la compétition féminine, on peut reconnaître les gymnastes les plus emblématiques de la discipline de l’époque comme Natalia Chapochnikova, Elena Mukhina – qui récolte l’or au concours général à l’issu des championnats – ou encore Nellie Kim, la star de l’équipe soviétique. Face à elles, la légende Nadia Comaneci, qui deux ans après ses fameux « perfect 10 » aux Jeux Olympiques de Montréal, ne perd pas en notoriété. Particulièrement filmée par Henri Buridan au cours de cette rencontre, cette dernière est déjà à l’époque considérée comme l’une des meilleurs gymnastes de tous les temps. Malgré la mauvaise qualité du film, elle reste facilement identifiable. Si le cinéaste ne semble manquer aucun de ses passages, la précision de sa technique et sa grâce signent son style de performance unique au monde. Sa présence lors de cette rencontre internationale a sans aucun doute suscité une certaine curiosité qu’on devine à la vue des gradins bondés et des nombreux flashes retentissants. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Elena_Mukhina,_Nadia_Comăneci,_Emilia_Eberle_Strasbourg1978.jpeg|300px|thumb|right|Nadia Comaneci (au centre), Elena Mukhina (à gauche) et Emilia Eberle (à droite), les gagnantes de l'épreuve de poutre.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une compétition rythmée en 4 temps''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de noter l’effort de narration fourni par le cinéaste. En effet, si ce film semble suivre une certaine logique que l’on imagine propre à l’organisation de la compétition, il s’agit en réalité d’un remontage qui aurait pour vocation d’apporter une certaine dynamique au film, s'organisant alors en quatre parties distinctes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, le film s’ouvre sur la compétition masculine, présentant dans cette séquence seulement trois des six agrès masculins : le saut de cheval, les barres parallèles et la barre fixe. A cette chronologie de la compétition viennent s’intercaler successivement des plans sur l’affichage numérique du palmarès (parfois final, parfois intermédiaire) et des plans sur la remise des prix, avant de passer à l’agrès suivant afin de former une sorte de boucle narrative. &lt;br /&gt;
S’en suit la compétition féminine où les quatre agrès féminins, à savoir le saut de cheval (disposé de manière transversale à l’inverse des hommes qui pratiquent sur l'agrès placé longitudinalement), les barres asymétriques, la poutre et enfin le sol. Le cheminement narratif de la compétition continue sur le même schéma connu depuis le début du film.  &lt;br /&gt;
Sans transition, le film repasse à la compétition masculine en repartant du même agrès que les filles, le sol, et continue au cheval d’arçons, puis aux anneaux, complétant l’ensemble des agrès de la compétition pour les hommes. &lt;br /&gt;
Enfin, la dernière partie du film et certainement la moins montée puisqu'il s’agit de la cérémonie de clôture du championnat. Les drapeaux des différents pays participants sont portés par les athlètes et défilent les uns derrières les autres dans la salle de compétition. Cette pratique est somme toute très traditionnelle et subsiste encore aujourd'hui dans ce genre d’évènements.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce remontage présente, en y regardant de plus près, un certain nombre d’incohérences. L’intégration des divers plans sur le palmarès ne concorde pas toujours avec l’agrès précédemment montré, tout comme le podium filmé ne correspond pas non plus au score affiché juste avant. &lt;br /&gt;
Par exemple, suivant le passage des hommes au saut et le plan sur les scores de l’agrès, on peut voir une remise de prix qui est en fait celle des anneaux. En effet, on peut voir les gymnastes soviétiques Andrianov et Dityatin sur les deux premières marches du podium, suivi du roumain Dan Grecu, alors que le saut donnait pour vainqueur le japonais Junichi Shimizu. Et le passage des gymnastes aux anneaux n'est quant à lui montré qu’à la toute fin du film. Il y a donc là une incohérence de taille qui témoigne de l’ampleur du montage de Henri Buridan. Chez filles, des incohérences du montage sont également visibles quoique moins importantes puisque la compétition n’est filmée que d’un seul bloc. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Cartepostale.jpeg|300px|thumb|left|Carte postale pour les championnats du monde de gymnastiques artistique de 1978 à Strasbourg, avec le timbre et le tampon à l'image de l'évènement]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aussi, dans la réalité de la compétition, il n’existe pas de remise de prix entre chaque agrès : cela n’aurait pas de sens pour les gymnastes qui doivent impérativement rester « chauds », tout comme cela couperait la dynamique réelle du concours. Les podiums s’effectuent en toute fin de compétition, en différentes catégories (par agrès, au concours général et par équipe). Plus important encore dans le cadre d'une compétition internationale, celle-ci se déroule sur plusieurs jours, à savoir du 22 au 29 octobre 1978. Cette organisation sépare à la fois les performances masculines des performances féminines et les concours individuels des concours par équipes. Dans ces modalités là, Henri Buridan n'a filmé que deux jours de compétitions : la finale masculine et finale féminine qui viennent clore cette semaine sportive. Cela permet d'expliquer par ailleurs la surreprésentation des gymnastes soviétiques et roumaines qui dominent largement le championnat, mais aussi de justifier l'absence de français sur les images, ces derniers ayant terminé 8e au classement par équipe, éliminant ainsi tout espoir de participer aux concours individuels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, tous les gymnastes ne passent pas en même temps sur les mêmes agrès et sont répartis en différents petits groupes, appelés rotations. Ce remodelage peut donc aussi être une volonté du cinéaste de condenser tous les passages en les classant par agrès. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela nous prouve que le cinéaste tient par ce montage à recréer l’ambiance générale de la compétition, s’attachant plus à retranscrire la rigueur de l’organisation qu’à s’exercer à suivre une parfaite chronologie de l’évènement. Peut-on alors se demander quelle est la finalité de ce montage, peut-être plus pédagogique et synthétique et à destination des futurs éducateurs que Henri Buridan forme en tant que professeur d’EPS.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ARNAUD (Pierre), TERRET (Thierry), Histoire du sport féminin, Paris, L’Harmattan, 1996.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Championnats_de_gymnastique_de_Strasbourg_(0085FH0003)&amp;diff=13363</id>
		<title>Championnats de gymnastique de Strasbourg (0085FH0003)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Championnats_de_gymnastique_de_Strasbourg_(0085FH0003)&amp;diff=13363"/>
		<updated>2020-01-10T16:03:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Championnats de gymnastique artistique à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Buridan&lt;br /&gt;
|idSupport=0085FH0003&lt;br /&gt;
|dateDebut=1978&lt;br /&gt;
|video=0085FH0003_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:04:41&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Buridan, Henri&lt;br /&gt;
|apercu=Championnats_gymnastique.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Nadia Comaneci; Nellie Kim; Zoltàn Magyar; Elena Mukhina; Natalia Chapochnikova&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Rhénus&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.59999, 7.76511&lt;br /&gt;
|thematique=Gymnastic&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Les 19e championnats du monde de gymnastique artistique organisés à Strasbourg en 1978.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=En 1978 se déroule au Rhénus à Strasbourg les 19e championnats du monde de gymnastique artistique. Cet évènement majeur au sein du monde de la compétition sportive n’a lieu depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale qu’une fois tous les 4 ans. Sa tenue dans la capitale alsacienne a donc de quoi ravir les plus grands amateurs sportifs de la région, à l’image de Henri Buridan qui filme cette rencontre sportive avec admiration. Ce professeur d’EPS et moteur du mouvement des Éclaireurs de France en Alsace nous prête son œil pendant près de 4 minutes pour revivre cet évènement de grande ampleur, se servant du rayonnement de ces gymnastes venus du monde entier pour fixer à jamais leurs performances le temps d’une bobine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L’âge d’or de la gymnastique : des évènements sportifs hauts en couleurs'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1970 constituent pour le monde de la gymnastique artistique une sorte d’âge d’or où beaucoup de progrès sont réalisés, notamment par les gymnastes eux-mêmes qui ne cessent de repousser les limites de la discipline. Certains d’entre eux deviennent de véritables personnalités, même si leur popularité est pour beaucoup restreinte au milieu sportif. Ajouté à cela l’introduction massive des postes de télévisions – notamment en couleurs – dans les foyers français au cours de la décennie 1970 et l’intérêt porté par les téléspectateurs à la retransmission des différents évènements sportifs justifient cet engouement prononcé autour des athlètes. C’est par ailleurs à partir de 1978 que les championnats du monde de gymnastique artistique se tiennent de manière plus rapprochée, bien que moins ponctuelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Magyarspindle.jpeg|300px|thumb|left|Zoltàn Magyar effectuant un &amp;quot;Magyar spindle&amp;quot; aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité du film est particulièrement mauvaise, notamment pendant le passage des gymnastes féminines, bien que l’accès au cinéma amateur se soit grandement démocratisé à cette période. Mais ces images, même saccadées, nous permettent tout de même de remarquer la présence des plus grandes figures de la gymnastique des années 1970 que l’on peut identifier par divers indices, qu’il s’agisse de leurs mouvements signatures, comme le fameux « Magyar spindle » au cheval d’arçons du nom du hongrois Zoltán Magyar, par exemple, ou leur simple prestance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la compétition féminine, on peut reconnaître les gymnastes les plus emblématiques de la discipline de l’époque comme Natalia Chapochnikova, Elena Mukhina – qui récolte l’or au concours général à l’issu des championnats – ou encore Nellie Kim, la star de l’équipe soviétique. Face à elles, la légende Nadia Comaneci, qui deux ans après ses fameux « perfect 10 » aux Jeux Olympiques de Montréal, ne perd pas en notoriété. Particulièrement filmée par Henri Buridan au cours de cette rencontre, cette dernière est déjà à l’époque considérée comme l’une des meilleurs gymnastes de tous les temps. Malgré la mauvaise qualité du film, elle reste facilement identifiable. Si le cinéaste ne semble manquer aucun de ses passages, la précision de sa technique et sa grâce signent son style de performance unique au monde. Sa présence lors de cette rencontre internationale a sans aucun doute suscité une certaine curiosité qu’on devine à la vue des gradins bondés et des nombreux flashes retentissants. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Elena_Mukhina,_Nadia_Comăneci,_Emilia_Eberle_Strasbourg1978.jpeg|300px|thumb|right|Nadia Comaneci (au centre), Elena Mukhina (à gauche) et Emilia Eberle (à droite), les gagnantes de l'épreuve de poutre.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une compétition rythmée en 4 temps''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de noter l’effort de narration fourni par le cinéaste. En effet, si ce film semble suivre une certaine logique que l’on imagine propre à l’organisation de la compétition, il s’agit en réalité d’un remontage qui aurait pour vocation d’apporter une certaine dynamique au film, s'organisant alors en quatre parties distinctes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, le film s’ouvre sur la compétition masculine, présentant dans cette séquence seulement trois des six agrès masculins : le saut de cheval, les barres parallèles et la barre fixe. A cette chronologie de la compétition viennent s’intercaler successivement des plans sur l’affichage numérique du palmarès (parfois final, parfois intermédiaire) et des plans sur la remise des prix, avant de passer à l’agrès suivant afin de former une sorte de boucle narrative. &lt;br /&gt;
S’en suit la compétition féminine où les quatre agrès féminins, à savoir le saut de cheval (disposé de manière transversale à l’inverse des hommes qui pratiquent sur l'agrès placé longitudinalement), les barres asymétriques, la poutre et enfin le sol. Le cheminement narratif de la compétition continue sur le même schéma connu depuis le début du film.  &lt;br /&gt;
Sans transition, le film repasse à la compétition masculine en repartant du même agrès que les filles, le sol, et continue au cheval d’arçons, puis aux anneaux, complétant l’ensemble des agrès de la compétition pour les hommes. &lt;br /&gt;
Enfin, la dernière partie du film et certainement la moins montée puisqu'il s’agit de la cérémonie de clôture du championnat. Les drapeaux des différents pays participants sont portés par les athlètes et défilent les uns derrières les autres dans la salle de compétition. Cette pratique est somme toute très traditionnelle et subsiste encore aujourd'hui dans ce genre d’évènements.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce remontage présente, en y regardant de plus près, un certain nombre d’incohérences. L’intégration des divers plans sur le palmarès ne concorde pas toujours avec l’agrès précédemment montré, tout comme le podium filmé ne correspond pas non plus au score affiché juste avant. &lt;br /&gt;
Par exemple, suivant le passage des hommes au saut et le plan sur les scores de l’agrès, on peut voir une remise de prix qui est en fait celle des anneaux. En effet, on peut voir les gymnastes soviétiques Andrianov et Dityatin sur les deux premières marches du podium, suivi du roumain Dan Grecu, alors que le saut donnait pour vainqueur le japonais Junichi Shimizu. Et le passage des gymnastes aux anneaux n'est quant à lui montré qu’à la toute fin du film. Il y a donc là une incohérence de taille qui témoigne de l’ampleur du montage de Henri Buridan. Chez filles, des incohérences du montage sont également visibles quoique moins importantes puisque la compétition n’est filmée que d’un seul bloc. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Cartepostale.jpeg|300px|thumb|left|Carte postale pour les championnats du monde de gymnastiques artistique de 1978 à Strasbourg, avec le timbre et le tampon à l'image de l'évènement]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aussi, dans la réalité de la compétition, il n’existe pas de remise de prix entre chaque agrès : cela n’aurait pas de sens pour les gymnastes qui doivent impérativement rester « chauds », tout comme cela couperait la dynamique réelle du concours. Les podiums s’effectuent en toute fin de compétition, en différentes catégories (à savoir par agrès, au concours général et par équipe). Plus important encore dans le cadre d'une compétition internationale, celle-ci se déroule sur plusieurs jours, à savoir du 22 au 29 octobre 1978. Cette organisation sépare à la fois les performances masculines des performances féminines et les concours individuels des concours par équipes. Dans ces modalités là, Henri Buridan n'a filmé que deux jours de compétitions : la finale masculine et finale féminine qui viennent clore cette semaine sportive. Cela permet d'expliquer par ailleurs la surreprésentation des gymnastes soviétiques et roumaines qui dominent largement le championnat, mais aussi de justifier l'absence de français sur les images, ces derniers ayant terminé 8e au classement par équipe, éliminant ainsi tout espoir de participer aux concours individuels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, tous les gymnastes ne passent pas en même temps sur les mêmes agrès et sont répartis en différents petits groupes, appelés rotations. Ce remodelage peut donc aussi être une volonté du cinéaste de condenser tous les passages en les classant par agrès. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela nous prouve que le cinéaste tient par ce montage à recréer l’ambiance générale de la compétition, s’attachant plus à retranscrire la rigueur de l’organisation qu’à s’exercer à suivre la parfaite chronologie de l’évènement. Peut-on alors se demander quelle est la finalité de ce montage, peut-être plus pédagogique et synthétique et à destination des futurs éducateurs que Henri Buridan forme en tant que professeur d’EPS.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ARNAUD (Pierre), TERRET (Thierry), Histoire du sport féminin, Paris, L’Harmattan, 1996.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13359</id>
		<title>Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13359"/>
		<updated>2020-01-10T15:22:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg&lt;br /&gt;
|fonds=Ringeissen&lt;br /&gt;
|idSupport=43AV1&lt;br /&gt;
|dateDebut=1956&lt;br /&gt;
|video=0072NN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
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|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Ringeissen, Paul&lt;br /&gt;
|apercu=Coeur_vaillant_Heiligenberg.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-22&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.5376, 7.3908&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le groupe des Cœurs Vaillants de la paroisse Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants des différentes paroisses. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leurs enfants à des encadrants qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tintinmilou.jpg|300px|thumb|right|&amp;quot;Tintin et Milou au Pays de l'Or Noir&amp;quot; dans le numéro des Coeurs Vaillants sur 6 octobre 1940.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir perdu le terrain de l'école depuis la fin du XIXe siècle avec la succession des lois soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), l'Eglise s'arroge le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes. Ainsi, par le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Le journal ''Coeurs Vaillants'' voit alors le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de &amp;quot;Tintin et Milou&amp;quot;. L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit &amp;quot;Coeur Vaillant&amp;quot; se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent pour beaucoup sur la vie paroissiale et moins sur des activités pratiques, à la différence du scoutisme. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent plus à des sorties qu'à des camps de vacances, comme ici à Heiligenberg. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une sortie à la Montagne Sainte'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film retrace donc la sortie à Heiligenberg, littéralement &amp;quot;La Montagne Sainte&amp;quot; des Coeurs Vaillants de Saint-Etienne (on devine facilement qu'il s'agit du Collège Saint-Etienne de Strasbourg) pour profiter d'activités extérieure à la ville. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur le quai de gare en attendant l'arrivée d'un train qui n'est pas sans rappeler ''L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat'' des frères Lumières (1896). En arrière-plan légèrement surexposé, on peut apercevoir la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut et cette séquence narrative nous indique que le groupe s'est rendu à Heiligenberg par le train. &lt;br /&gt;
Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel sont arrivés les enfants et leurs encadrants, d'autant plus que la longueur du plan laisse penser que le cinéaste avait une idée très précise de ce qu'il souhaitait pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, comme en témoigne l'attitude spontanée des enfants : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointée sur eux. Mais cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plans est laissé au hasard ! &lt;br /&gt;
En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plans sont surexposés et d'autres trop longs. On devine alors une passion récente pour le cinéma et un apprentissage en cours dans lequel cette journée apparait comme un parfait exercice. Par la même occasion, le carton introductif dénote d'une attention particulière accordée au montage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réalisé par l'Abbé Paul Ringeissen du Collège Saint-Etienne de Strasbourg, ce film n’avait certainement pas une vocation plus ambitieuse que de faire revivre la journée aux parents d’enfants. Les plans ne sont pas très recherchés mais nous livrent tout de même un certain nombre de détails, notamment sur l’organisation du mouvement. &lt;br /&gt;
Le groupe des Cœurs Vaillants, exclusivement masculin présente une différence d’âge notable entre tous les enfants. Les plus jeunes sont plus enthousiastes que les grands qui, plus calmes, restent entre eux. Peut-être ce n’est pas la première fois qu’ils participent à cette sortie ? &lt;br /&gt;
Les plans sur les enfants se succèdent : les garçons jouent, se défoulent. Sur tous les plans, les jeunes Coeurs Vaillants s'amusent avec des bâtons, chahutent mais semblent plus vouloir attirer l’attention de la caméra que faire preuve de mauvaise conduite. Les encadrants - qui restent très jeunes conformément à l'organisation du mouvement - sont filmés de très près et on peut voir leurs expressions se durcirent, demandant aux jeunes de faire preuve de discipline malgré ce contexte d’excursion. Les enfants sont alors focalisés sur les adultes qui rappellent quelques règles de conduite avant de partir pour la randonnée qui suit. Pour illustrer cette promenade, le cinéaste effectue quelques panoramas, notamment sur la vallée de Bruche et sur ce qui ressemble à un rocher, très nombreux dans le massif vosgien même si la nature n'est définitivement pas le sujet principal de ce film et très peu d'éléments topographiques nous permettent d'identifier avec certitude les différents lieux de tournage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme &amp;quot;après l'effort, le réconfort&amp;quot;, on peut voir les plus jeunes des garçons, habillés de culotte-bretelle, arriver en courant pour le goûter. Aussi appelé ''lederhose'', cet accoutrement tout droit venu d’Allemagne constitue depuis le début des années 1950 l’habit typique des adhérents aux mouvements de jeunesse et dont on doit sa popularisation dans le reste de la France à l'Alsace.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHOVLY (Gérard), dir., Mouvements de jeunesses. Chrétiens et juifs : sociabilité juvénile dans un cadre européen, 1799-1968, Le Cerf, Paris, 1988. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FAUVEL-ROUIF (Denise), dir., La jeunesse et ses mouvements : influence sur l’évolution des sociétés aux XIXe et XXe siècle, Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, Éditions du CNRS, Paris, 1992. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEROLDI (Vincent), La Force des enfants. Des Cœurs vaillants à l’A.C.E., Éditions ouvrières, Paris, 1987.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13358</id>
		<title>Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)</title>
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		<updated>2020-01-10T15:19:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
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|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Ringeissen, Paul&lt;br /&gt;
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|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-22&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.5376, 7.3908&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le groupe des Cœurs Vaillants de la paroisse Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants des différentes paroisses. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leurs enfants à des encadrants qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tintinmilou.jpg|300px|thumb|right|&amp;quot;Tintin et Milou au Pays de l'Or Noir&amp;quot; dans le numéro des Coeurs Vaillants sur 6 octobre 1940.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir perdu le terrain de l'école depuis la fin du XIXe siècle avec la succession des lois soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), l'Eglise s'arroge le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes. Ainsi, par le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Le journal ''Coeurs Vaillants'' voit alors le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de &amp;quot;Tintin et Milou&amp;quot;. L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit &amp;quot;Coeur Vaillant&amp;quot; se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent pour beaucoup sur la vie paroissiale et moins sur des activités pratiques, à la différence du scoutisme. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent plus à des sorties qu'à des camps de vacances, comme ici à Heiligenberg. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une sortie à la Montagne Sainte'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film retrace donc la sortie à Heiligenberg, littéralement &amp;quot;La Montagne Sainte&amp;quot; des Coeurs Vaillants de Saint-Etienne (on devine facilement qu'il s'agit du Collège Saint-Etienne de Strasbourg) pour profiter d'activités extérieure à la ville. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur le quai de gare en attendant l'arrivée d'un train qui n'est pas sans rappeler ''L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat'' des frères Lumières (1896). En arrière-plan légèrement surexposé, on peut apercevoir la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut et cette séquence narrative nous indique que le groupe s'est rendu à Heiligenberg par le train. &lt;br /&gt;
Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel sont arrivés les enfants et leurs encadrants, d'autant plus que la longueur du plan laisse penser que le cinéaste avait une idée très précise de ce qu'il souhaitait pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, comme en témoigne l'attitude spontanée des enfants : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointée sur eux. Mais cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plans est laissé au hasard ! &lt;br /&gt;
En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plans sont surexposés et d'autres trop longs. On devine alors une passion récente pour le cinéma et un apprentissage en cours dans lequel cette journée apparait comme un parfait exercice. Par la même occasion, le carton introductif dénote d'une attention particulière accordée au montage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réalisé par l'Abbé Paul Ringeissen du Collège Saint-Etienne de Strasbourg, ce film n’avait certainement pas une vocation plus ambitieuse que de faire revivre la journée aux parents d’enfants. Les plans ne sont pas très recherchés mais nous livrent tout de même un certain nombre de détails, notamment sur l’organisation du mouvement. &lt;br /&gt;
Le groupe des Cœurs Vaillants, exclusivement masculin présente une différence d’âge notable entre tous les enfants. Les plus jeunes sont plus enthousiastes que les grands qui, plus calmes, restent entre eux. Peut-être ce n’est pas la première fois qu’ils participent à cette sortie ? &lt;br /&gt;
Les plans sur les enfants se succèdent : les garçons jouent, se défoulent. Sur tous les plans, les jeunes Coeurs Vaillants s'amusent avec des bâtons, chahutent mais semblent plus vouloir attirer l’attention de la caméra que faire preuve de mauvaise conduite. Les encadrants - qui restent très jeunes conformément à l'organisation du mouvement - sont filmés de très près et on peut voir leurs expressions se durcirent, demandant aux jeunes de faire preuve de discipline malgré ce contexte d’excursion. Les enfants sont alors focalisés sur les adultes qui rappellent quelques règles de conduite avant de partir pour la randonnée qui suit. Pour illustrer cette promenade, le cinéaste effectue quelques panoramas, notamment sur la vallée de Bruche et sur ce qui ressemble à un rocher, très nombreux dans le massif vosgien. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme &amp;quot;après l'effort, le réconfort&amp;quot;, on peut voir les plus jeunes des garçons, habillés de culotte-bretelle, arriver en courant pour le goûter. Aussi appelé ''lederhose'', cet accoutrement tout droit venu d’Allemagne constitue depuis le début des années 1950 l’habit typique des adhérents aux mouvements de jeunesse et dont on doit sa popularisation dans le reste de la France à l'Alsace.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHOVLY (Gérard), dir., Mouvements de jeunesses. Chrétiens et juifs : sociabilité juvénile dans un cadre européen, 1799-1968, Le Cerf, Paris, 1988. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FAUVEL-ROUIF (Denise), dir., La jeunesse et ses mouvements : influence sur l’évolution des sociétés aux XIXe et XXe siècle, Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, Éditions du CNRS, Paris, 1992. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEROLDI (Vincent), La Force des enfants. Des Cœurs vaillants à l’A.C.E., Éditions ouvrières, Paris, 1987.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13356</id>
		<title>Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13356"/>
		<updated>2020-01-10T15:13:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg&lt;br /&gt;
|fonds=Ringeissen&lt;br /&gt;
|idSupport=43AV1&lt;br /&gt;
|dateDebut=1956&lt;br /&gt;
|video=0072NN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:02:06&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Ringeissen, Paul&lt;br /&gt;
|apercu=Coeur_vaillant_Heiligenberg.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-22&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.5376, 7.3908&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le groupe des Cœurs Vaillants de la paroisse Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants des différentes paroisses. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leurs enfants à des encadrants qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tintinmilou.jpg|300px|thumb|right|&amp;quot;Tintin et Milou au Pays de l'Or Noir&amp;quot; dans le numéro des Coeurs Vaillants sur 6 octobre 1940.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir perdu le terrain de l'école depuis la fin du XIXe siècle avec la succession des lois soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), l'Eglise s'arroge le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes. Ainsi, par le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Le journal ''Coeurs Vaillants'' voit alors le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de &amp;quot;Tintin et Milou&amp;quot;. L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit &amp;quot;Coeur Vaillant&amp;quot; se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent pour beaucoup sur la vie paroissiale et moins sur des activités pratiques, à la différence du scoutisme. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent plus à des sorties qu'à des camps de vacances, comme ici à Heiligenberg. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une sortie à la Montagne Sainte'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film retrace donc la sortie à Heiligenberg, littéralement &amp;quot;La Montagne Sainte&amp;quot; des Coeurs Vaillants de Saint-Etienne (on devine facilement qu'il s'agit du Collège Saint-Etienne de Strasbourg) pour profiter d'activités extérieure à la ville. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur le quai de gare en attendant l'arrivée d'un train qui n'est pas sans rappeler ''L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat'' des frères Lumières (1896). En arrière-plan légèrement surexposé, on peut apercevoir la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut et cette séquence narrative nous indique que le groupe s'est rendu à Heiligenberg par le train. &lt;br /&gt;
Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel sont arrivés les enfants et leurs encadrants, d'autant plus que la longueur du plan laisse penser que le cinéaste avait une idée très précise de ce qu'il souhaitait pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, comme en témoigne l'attitude spontanée des enfants : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointée sur eux. Mais cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plans est laissé au hasard ! &lt;br /&gt;
En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plans sont surexposés et d'autres trop longs. On devine alors une passion récente pour le cinéma et un apprentissage en cours dans lequel cette journée apparait comme un parfait exercice. Par la même occasion, le carton introductif dénote d'une attention particulière accordée au montage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réalisé par l'Abbé Paul Ringeissen du Collège Saint-Etienne de Strasbourg, ce film n’avait certainement pas une vocation plus ambitieuse que de faire revivre la journée aux parents d’enfants. Les plans ne sont pas très recherchés mais nous livrent tout de même un certain nombre de détails, notamment sur l’organisation du mouvement. &lt;br /&gt;
Le groupe des Cœurs Vaillants, exclusivement masculin présente une différence d’âge notable entre tous les enfants. Les plus jeunes sont plus enthousiastes que les grands qui, plus calmes, restent entre eux. Peut-être ce n’est pas la première fois qu’ils participent à cette sortie ? &lt;br /&gt;
Les plans sur les enfants se succèdent : les garçons jouent, se défoulent. Sur tous les plans, les jeunes Coeurs Vaillants s'amusent avec des bâtons, chahutent mais semblent plus vouloir attirer l’attention de la caméra que faire preuve de mauvaise conduite. Les encadrants - qui restent très jeunes conformément à l'organisation du mouvement - sont filmés de très près et on peut voir leurs expressions se durcirent, demandant aux jeunes de faire preuve de discipline malgré ce contexte d’excursion. Les enfants sont alors focalisés sur les adultes qui rappellent quelques règles de conduite avant de partir pour la randonnée qui suit. Pour illustrer cette promenade, le cinéaste effectue quelques panoramas, notamment sur la vallée de Bruche et ce qui ressemble à une grotte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme &amp;quot;après l'effort, le réconfort&amp;quot;, on peut voir les plus jeunes des garçons, habillés de culotte-bretelle, arriver en courant pour le goûter. Aussi appelé ''lederhose'', cet accoutrement tout droit venu d’Allemagne constitue depuis le début des années 1950 l’habit typique des adhérents aux mouvements de jeunesse et dont on doit sa popularisation dans le reste de la France à l'Alsace.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHOVLY (Gérard), dir., Mouvements de jeunesses. Chrétiens et juifs : sociabilité juvénile dans un cadre européen, 1799-1968, Le Cerf, Paris, 1988. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FAUVEL-ROUIF (Denise), dir., La jeunesse et ses mouvements : influence sur l’évolution des sociétés aux XIXe et XXe siècle, Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, Éditions du CNRS, Paris, 1992. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEROLDI (Vincent), La Force des enfants. Des Cœurs vaillants à l’A.C.E., Éditions ouvrières, Paris, 1987.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13355</id>
		<title>Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)</title>
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		<updated>2020-01-10T15:12:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg&lt;br /&gt;
|fonds=Ringeissen&lt;br /&gt;
|idSupport=43AV1&lt;br /&gt;
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|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Ringeissen, Paul&lt;br /&gt;
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|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-22&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.5376, 7.3908&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le groupe des Cœurs Vaillants de la paroisse Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants des différentes paroisses. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leurs enfants à des encadrants qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tintinmilou.jpg|300px|thumb|right|&amp;quot;Tintin et Milou au Pays de l'Or Noir&amp;quot; dans le numéro des Coeurs Vaillants sur 6 octobre 1940.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir perdu le terrain de l'école depuis la fin du XIXe siècle avec la succession des lois soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), l'Eglise s'arroge le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes. Ainsi, par le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Le journal ''Coeurs Vaillants'' voit alors le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de &amp;quot;Tintin et Milou&amp;quot;. L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit &amp;quot;Coeur Vaillant&amp;quot; se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent pour beaucoup sur la vie paroissiale et moins sur des activités pratiques, à la différence du scoutisme. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent plus à des sorties qu'à des camps de vacances, comme ici à Heiligenberg. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une sortie à la Montagne Sainte'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film retrace donc la sortie à Heiligenberg, littéralement &amp;quot;La Montagne Sainte&amp;quot; des Coeurs Vaillants de Saint-Etienne (on devine facilement qu'il s'agit du Collège Saint-Etienne de Strasbourg) pour profiter d'activités extérieure à la ville. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur le quai de gare en attendant l'arrivée d'un train qui n'est pas sans rappeler ''L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat'' des frères Lumières (1896). En arrière-plan légèrement surexposé, on peut apercevoir la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut et cette séquence narrative nous indique que le groupe s'est rendu à Heiligenberg par le train. &lt;br /&gt;
Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel sont arrivés les enfants et leurs encadrants, d'autant plus que la longueur du plan laisse penser que le cinéaste avait une idée très précise de ce qu'il souhaitait pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, comme en témoigne l'attitude spontanée des enfants : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointée sur eux. Mais cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plans est laissé au hasard ! &lt;br /&gt;
En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plans sont surexposés et d'autres trop longs. On devine alors une passion récente pour le cinéma et un apprentissage en cours dans lequel cette journée apparait comme un parfait exercice. Par la même occasion, le carton introductif dénote d'une attention particulière accordée au montage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réalisé par Paul Ringeissen, ce film n’avait certainement pas une vocation plus ambitieuse que de faire revivre la journée aux parents d’enfants. Les plans ne sont pas très recherchés mais nous livrent tout de même un certain nombre de détails, notamment sur l’organisation du mouvement. &lt;br /&gt;
Le groupe des Cœurs Vaillants, exclusivement masculin présente une différence d’âge notable entre tous les enfants. Les plus jeunes sont plus enthousiastes que les grands qui, plus calmes, restent entre eux. Peut-être ce n’est pas la première fois qu’ils participent à cette sortie ? &lt;br /&gt;
Les plans sur les enfants se succèdent : les garçons jouent, se défoulent. Sur tous les plans, les jeunes Coeurs Vaillants s'amusent avec des bâtons, chahutent mais semblent plus vouloir attirer l’attention de la caméra que faire preuve de mauvaise conduite. Les encadrants - qui restent très jeunes conformément à l'organisation du mouvement - sont filmés de très près et on peut voir leurs expressions se durcirent, demandant aux jeunes de faire preuve de discipline malgré ce contexte d’excursion. Les enfants sont alors focalisés sur les adultes qui rappellent quelques règles de conduite avant de partir pour la randonnée qui suit. Pour illustrer cette promenade, le cinéaste effectue quelques panoramas, notamment sur la vallée de Bruche et ce qui ressemble à une grotte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme &amp;quot;après l'effort, le réconfort&amp;quot;, on peut voir les plus jeunes des garçons, habillés de culotte-bretelle, arriver en courant pour le goûter. Aussi appelé ''lederhose'', cet accoutrement tout droit venu d’Allemagne constitue depuis le début des années 1950 l’habit typique des adhérents aux mouvements de jeunesse et dont on doit sa popularisation dans le reste de la France à l'Alsace.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHOVLY (Gérard), dir., Mouvements de jeunesses. Chrétiens et juifs : sociabilité juvénile dans un cadre européen, 1799-1968, Le Cerf, Paris, 1988. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FAUVEL-ROUIF (Denise), dir., La jeunesse et ses mouvements : influence sur l’évolution des sociétés aux XIXe et XXe siècle, Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, Éditions du CNRS, Paris, 1992. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEROLDI (Vincent), La Force des enfants. Des Cœurs vaillants à l’A.C.E., Éditions ouvrières, Paris, 1987.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13354</id>
		<title>Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)</title>
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		<updated>2020-01-10T15:10:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg&lt;br /&gt;
|fonds=Ringeissen&lt;br /&gt;
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|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Ringeissen, Paul&lt;br /&gt;
|apercu=Coeur_vaillant_Heiligenberg.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-22&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.5376, 7.3908&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le groupe des Cœurs Vaillants de la paroisse Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants des différentes paroisses. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leur enfants à des encadrants qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tintinmilou.jpg|300px|thumb|right|&amp;quot;Tintin et Milou au Pays de l'Or Noir&amp;quot; dans le numéro des Coeurs Vaillants sur 6 octobre 1940.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir perdu le terrain de l'école depuis la fin du XIXe siècle avec la succession des lois soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), l'Eglise s'arroge le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes. Ainsi, par le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Le journal ''Coeurs Vaillants'' voit alors le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de &amp;quot;Tintin et Milou&amp;quot;. L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit &amp;quot;Coeur Vaillant&amp;quot; se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent pour beaucoup sur la vie paroissiale et moins sur des activités pratiques, à la différence du scoutisme. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent plus à des sorties qu'à des camps de vacances, comme ici à Heiligenberg. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une sortie à la Montagne Sainte'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film retrace donc la sortie à Heiligenberg, littéralement &amp;quot;La Montagne Sainte&amp;quot; des Coeurs Vaillants de Saint-Etienne (on devine facilement qu'il s'agit du Collège Saint-Etienne de Strasbourg) pour profiter d'activités extérieure à la ville. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur le quai de gare en attendant l'arrivée d'un train qui n'est pas sans rappeler ''L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat'' des frères Lumières (1896). En arrière-plan légèrement surexposé, on peut apercevoir la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut et cette séquence narrative nous indique que le groupe s'est rendu à Heiligenberg par le train. &lt;br /&gt;
Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel sont arrivés les enfants et leurs encadrants, d'autant plus que la longueur du plan laisse penser que le cinéaste avait une idée très précise de ce qu'il souhaitait pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, comme en témoigne l'attitude spontanée des enfants : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointée sur eux. Mais cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plans est laissé au hasard! &lt;br /&gt;
En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plans sont surexposés et d'autres trop longs. On devine alors une passion récente pour le cinéma et un apprentissage en cours dans lequel cette journée apparait comme un parfait exercice. Par la même occasion, le carton introductif dénote d'une attention particulière accordée au montage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réalisé par Paul Ringeissen, ce film n’avait certainement pas une vocation plus ambitieuse que de faire revivre la journée aux parents d’enfants. Les plans ne sont pas très recherchés mais nous livrent tout de même un certain nombre de détails, notamment sur l’organisation du mouvement. &lt;br /&gt;
Le groupe des Cœurs Vaillants, exclusivement masculin présente une différence d’âge notable entre tous les enfants. Les plus jeunes sont plus enthousiastes que les grands qui, plus calmes, restent entre eux. Peut-être ce n’est pas la première fois qu’ils participent à cette sortie ? &lt;br /&gt;
Les plans sur les enfants se succèdent : les garçons jouent, se défoulent. Sur tous les plans, les jeunes Coeurs Vaillants s'amusent avec des bâtons, chahutent mais semblent plus vouloir attirer l’attention de la caméra que faire preuve de mauvaise conduite. Les encadrants - qui restent très jeunes conformément à l'organisation du mouvement - sont filmés de très près et on peut voir leurs expressions se durcirent, demandant aux jeunes de faire preuve de discipline malgré ce contexte d’excursion. Les enfants sont alors focalisés sur les adultes qui rappellent quelques règles de conduite avant de partir pour la randonnée qui suit. Pour illustrer cette promenade, le cinéaste effectue quelques panoramas, notamment sur la vallée de Bruche et ce qui ressemble à une grotte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme &amp;quot;après l'effort, le réconfort&amp;quot;, on peut voir les plus jeunes des garçons, habillés de culotte-bretelle, arriver en courant pour le goûter. Aussi appelé ''lederhose'', cet accoutrement tout droit venu d’Allemagne constitue depuis le début des années 1950 l’habit typique des adhérents aux mouvements de jeunesse et dont on doit sa popularisation dans le reste de la France à l'Alsace.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHOVLY (Gérard), dir., Mouvements de jeunesses. Chrétiens et juifs : sociabilité juvénile dans un cadre européen, 1799-1968, Le Cerf, Paris, 1988. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FAUVEL-ROUIF (Denise), dir., La jeunesse et ses mouvements : influence sur l’évolution des sociétés aux XIXe et XXe siècle, Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, Éditions du CNRS, Paris, 1992. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEROLDI (Vincent), La Force des enfants. Des Cœurs vaillants à l’A.C.E., Éditions ouvrières, Paris, 1987.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13314</id>
		<title>Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Coeurs_vaillants_de_Saint_Etienne_en_sortie_%C3%A0_Heiligenberg(43AV1)&amp;diff=13314"/>
		<updated>2020-01-10T10:36:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg&lt;br /&gt;
|fonds=Ringeissen&lt;br /&gt;
|idSupport=43AV1&lt;br /&gt;
|dateDebut=1956&lt;br /&gt;
|video=0072NN0001_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:02:06&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=Archives départementales du Bas-Rhin&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Ringeissen, Paul&lt;br /&gt;
|apercu=Coeur_vaillant_Heiligenberg.jpg&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-12-22&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.5376, 7.3908&lt;br /&gt;
|thematique=Youth movements - Education - Scouting&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Le groupe des Cœurs Vaillants de la paroisse Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants des différentes paroisses. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leur enfants à des encadrants qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tintinmilou.jpg|300px|thumb|right|&amp;quot;Tintin et Milou au Pays de l'Or Noir&amp;quot; dans le numéro des Coeurs Vaillants sur 6 octobre 1940.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir perdu le terrain de l'école depuis la fin du XIXe siècle avec la succession de loi soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), l'Eglise s'arroge le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes. Ainsi, par le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Le journal ''Coeurs Vaillants'' voit alors le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de &amp;quot;Tintin et Milou&amp;quot;. L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit &amp;quot;Coeur Vaillant&amp;quot; se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent pour beaucoup sur la vie paroissiale et moins sur des activités pratiques, à la différence du scoutisme. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent plus à des sorties qu'à des camps de vacances, comme ici à Heiligenberg. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une sortie à la Montagne Sainte'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film retrace donc la sortie à Heiligenberg, littéralement &amp;quot;La Montagne Sainte&amp;quot; des Coeurs Vaillants de Saint-Etienne (on devine facilement qu'il s'agit de la paroisse Saint-Etienne de Strasbourg) pour profiter d'activités extérieure à la ville. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur la gare, attendant l'arrivée d'un train. En arrière-plan légèrement surexposé, on peut apercevoir la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut et cette séquence narrative nous indique que le groupe s'est rendu à Heiligenberg par le train. &lt;br /&gt;
Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel sont arrivés les enfants et leurs encadrants, d'autant plus que la longueur du plan laisse penser que le cinéaste avait une idée très précise de ce qu'il souhaitait pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, comme en témoigne l'attitude spontanée des enfants : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointée sur eux. Mais cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plans est laissé au hasard! &lt;br /&gt;
En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plans sont surexposés et d'autres trop longs. On devine alors une passion récente pour le cinéma et un apprentissage en cours dans lequel cette journée apparait comme un parfait exercice. Par la même occasion, le carton introductif dénote d'une attention particulière accordée au montage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réalisé par Paul Ringeissen, ce film n’avait certainement pas une vocation plus ambitieuse que de faire revivre la journée aux parents d’enfants. Les plans ne sont pas très recherchés mais nous livrent tout de même un certain nombre de détails, notamment sur l’organisation du mouvement. &lt;br /&gt;
Le groupe des Cœurs Vaillants, exclusivement masculin présente une différence d’âge notable entre tous les enfants. Les plus jeunes sont plus enthousiastes que les grands qui, plus calmes, restent entre eux. Peut-être ce n’est pas la première fois qu’ils participent à cette sortie ? &lt;br /&gt;
Les plans sur les enfants se succèdent : les garçons jouent, se défoulent. Sur tous les plans, les jeunes Coeurs Vaillants s'amusent avec des bâtons, chahutent mais semblent plus vouloir attirer l’attention de la caméra que faire preuve de mauvaise conduite. Les encadrants - qui restent très jeunes conformément à l'organisation du mouvement - sont filmés de très près et on peut voir leurs expressions se durcirent, demandant aux jeunes de faire preuve de discipline malgré ce contexte d’excursion. Les enfants sont alors focalisés sur les adultes qui rappellent quelques règles de conduite avant de partir pour la randonnée qui suit. Pour illustrer cette promenade, le cinéaste effectue quelques panoramas, notamment sur la vallée de Bruche et ce qui ressemble à une grotte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et comme &amp;quot;après l'effort, le réconfort&amp;quot;, on peut voir les plus jeunes des garçons, habillés de culotte-bretelle, arriver en courant pour le goûter. Aussi appelé ''lederhose'', cet accoutrement tout droit venu d’Allemagne constitue depuis le début des années 1950 l’habit typique des adhérents aux mouvements de jeunesse et dont on doit sa popularisation dans le reste de la France à l'Alsace.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CHOVLY (Gérard), dir., Mouvements de jeunesses. Chrétiens et juifs : sociabilité juvénile dans un cadre européen, 1799-1968, Le Cerf, Paris, 1988. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FAUVEL-ROUIF (Denise), dir., La jeunesse et ses mouvements : influence sur l’évolution des sociétés aux XIXe et XXe siècle, Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales, Éditions du CNRS, Paris, 1992. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEROLDI (Vincent), La Force des enfants. Des Cœurs vaillants à l’A.C.E., Éditions ouvrières, Paris, 1987.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Championnats_de_gymnastique_de_Strasbourg_(0085FH0003)&amp;diff=13250</id>
		<title>Championnats de gymnastique de Strasbourg (0085FH0003)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Championnats_de_gymnastique_de_Strasbourg_(0085FH0003)&amp;diff=13250"/>
		<updated>2020-01-09T13:27:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Championnats de gymnastique artistique à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Buridan&lt;br /&gt;
|idSupport=0085FH0003&lt;br /&gt;
|dateDebut=1978&lt;br /&gt;
|video=0085FH0003_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:04:41&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Buridan, Henri&lt;br /&gt;
|apercu=Championnats_gymnastique.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Nadia Comaneci; Nellie Kim; Zoltàn Magyar; Elena Mukhina; Natalia Chapochnikova&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Rhénus&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.59999, 7.76511&lt;br /&gt;
|thematique=Gymnastic&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Les 19e championnats du monde de gymnastique artistique organisés à Strasbourg en 1978.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=En 1978 se déroule au Rhénus à Strasbourg les 19e championnats du monde de gymnastique artistique. Cet évènement majeur au sein du monde de la compétition sportive n’a lieu depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale qu’une fois tous les 4 ans. Sa tenue dans la capitale alsacienne a donc de quoi ravir les plus grands amateurs sportifs de la région, à l’image de Henri Buridan qui filme cette rencontre sportive avec admiration. Ce professeur d’EPS et moteur du mouvement des Éclaireurs de France en Alsace nous prête son œil pendant près de 4 minutes pour revivre cet évènement de grande ampleur, se servant du rayonnement de ces gymnastes venus du monde entier pour fixer à jamais leurs performances le temps d’une bobine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L’âge d’or de la gymnastique : des évènements sportifs hauts en couleurs'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1970 constituent pour le monde de la gymnastique artistique une sorte d’âge d’or où beaucoup de progrès sont réalisés, notamment par les gymnastes eux-mêmes qui ne cessent de repousser les limites de la discipline. Certains d’entre eux deviennent de véritables personnalités, même si leur popularité est pour beaucoup restreinte au milieu sportif. Ajouté à cela l’introduction massive des postes de télévisions – notamment en couleurs – dans les foyers français au cours de la décennie 1970 et l’intérêt porté par les téléspectateurs à la retransmission des différents évènements sportifs justifient cet engouement prononcé autour des athlètes. C’est par ailleurs à partir de 1978 que les championnats du monde de gymnastique artistique se tiennent de manière plus rapprochée, bien que moins ponctuelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Magyarspindle.jpeg|300px|thumb|left|Zoltàn Magyar effectuant un &amp;quot;Magyar spindle&amp;quot; aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité du film est particulièrement mauvaise, notamment pendant le passage des gymnastes féminines, bien que l’accès au cinéma amateur se soit grandement démocratisé à cette période. Mais ces images, même saccadées, nous permettent tout de même de remarquer la présence des plus grandes figures de la gymnastique des années 1970 que l’on peut identifier par divers indices, qu’il s’agisse de leurs mouvements signatures, comme le fameux « Magyar spindle » au cheval d’arçons du nom du hongrois Zoltán Magyar, par exemple, ou leur simple prestance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la compétition féminine, on peut reconnaître les gymnastes les plus emblématiques de la discipline de l’époque comme Natalia Chapochnikova, Elena Mukhina – qui récolte l’or au concours général à l’issu des championnats – ou encore Nellie Kim, la star de l’équipe soviétique. Face à elles, la légende Nadia Comaneci, qui deux ans après ses fameux « perfect 10 » aux Jeux Olympiques de Montréal, ne perd pas en notoriété. Particulièrement filmée par Henri Buridan au cours de cette rencontre, cette dernière est déjà à l’époque considérée comme l’une des meilleurs gymnastes de tous les temps. Malgré la mauvaise qualité du film, elle reste facilement identifiable. Si le cinéaste ne semble manquer aucun de ses passages, la précision de sa technique et sa grâce signent son style de performance unique au monde. Sa présence lors de cette rencontre internationale a sans aucun doute suscité une certaine curiosité qu’on devine à la vue des gradins bondés et des nombreux flashes retentissants. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Elena_Mukhina,_Nadia_Comăneci,_Emilia_Eberle_Strasbourg1978.jpeg|300px|thumb|right|Nadia Comaneci (au centre), Elena Mukhina (à gauche) et Emilia Eberle (à droite), les gagnantes de l'épreuve de poutre.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une compétition rythmée en 4 temps''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de noter l’effort de narration fourni par le cinéaste. En effet, si ce film semble suivre une certaine logique que l’on imagine propre à l’organisation de la compétition, il s’agit en réalité d’un remontage qui aurait pour vocation d’apporter une certaine dynamique au film, s'organisant alors en quatre parties distinctes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, le film s’ouvre sur la compétition masculine, présentant dans cette séquence seulement trois des six agrès masculins : le saut de cheval, les barres parallèles et la barre fixe. A cette chronologie de la compétition viennent s’intercaler successivement des plans sur l’affichage numérique du palmarès (parfois final, parfois intermédiaire) et des plans sur la remise des prix, avant de passer à l’agrès suivant afin de former une sorte de boucle narrative. &lt;br /&gt;
S’en suit la compétition féminine où les quatre agrès féminins, à savoir le saut de cheval (disposé de manière transversale à l’inverse des hommes qui pratiquent sur l'agrès placé longitudinalement), les barres asymétriques, la poutre et enfin le sol. Le cheminement narratif de la compétition continue sur le même schéma connu depuis le début du film.  &lt;br /&gt;
Sans transition, le film repasse à la compétition masculine en repartant du même agrès que les filles, le sol, et continue au cheval d’arçons, puis aux anneaux, complétant l’ensemble des agrès de la compétition pour les hommes. &lt;br /&gt;
Enfin, la dernière partie du film et certainement la moins montée puisqu'il s’agit de la cérémonie de clôture du championnat. Les drapeaux des différents pays participants sont portés par les athlètes et défilent les uns derrières les autres dans la salle de compétition. Cette pratique est somme toute très traditionnelle et subsiste encore aujourd'hui dans ce genre d’évènements.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce remontage présente, en y regardant de plus près, un certain nombre d’incohérences. L’intégration des divers plans sur le palmarès ne concorde pas toujours avec l’agrès précédemment montré, tout comme le podium filmé ne correspond pas non plus au score affiché juste avant. &lt;br /&gt;
Par exemple, suivant le passage des hommes au saut et le plan sur les scores de l’agrès, on peut voir une remise de prix qui est en fait celle des anneaux. En effet, on peut voir les gymnastes soviétiques Andrianov et Dityatin sur les deux premières marches du podium, suivi du roumain Dan Grecu, alors que le saut donnait pour vainqueur le japonais Junichi Shimizu. Et le passage des gymnastes aux anneaux n'est quant à lui montré qu’à la toute fin du film. Il y a donc là une incohérence de taille qui témoigne de l’ampleur du montage de Henri Buridan. Chez filles, des incohérences du montage sont également visibles quoique moins importantes puisque la compétition n’est filmée que d’un seul bloc. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Cartepostale.jpeg|300px|thumb|left|Carte postale pour les championnats du monde de gymnastiques artistique de 1978 à Strasbourg, avec le timbre et le tampon à l'image de l'évènement]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aussi, dans la réalité de la compétition, il n’existe pas de remise de prix entre chaque agrès : cela n’aurait pas de sens pour les gymnastes qui doivent impérativement rester « chauds », tout comme cela couperait la dynamique réelle du concours. Les podiums s’effectuent en toute fin de compétition, en différentes catégories (à savoir par agrès, au concours général et par équipe). De même, tous les gymnastes ne passent pas en même temps sur les mêmes agrès et sont répartis en petits groupes. Ce remodelage peut donc aussi être une volonté du cinéaste de condenser tous les passages en les classant par agrès. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela nous prouve que le cinéaste tient par ce montage à recréer l’ambiance générale de la compétition, s’attachant plus à retranscrire la rigueur de l’organisation qu’à s’exercer à suivre la parfaite chronologie de l’évènement. Peut-on alors se demander quelle est la finalité de ce montage, peut-être plus pédagogique et synthétique et à destination des futurs éducateurs que Henri Buridan forme en tant que professeur d’EPS.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ARNAUD (Pierre), TERRET (Thierry), Histoire du sport féminin, Paris, L’Harmattan, 1996.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Championnats_de_gymnastique_de_Strasbourg_(0085FH0003)&amp;diff=13249</id>
		<title>Championnats de gymnastique de Strasbourg (0085FH0003)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Championnats_de_gymnastique_de_Strasbourg_(0085FH0003)&amp;diff=13249"/>
		<updated>2020-01-09T13:26:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Championnats de gymnastique artistique à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Buridan&lt;br /&gt;
|idSupport=0085FH0003&lt;br /&gt;
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|video=0085FH0003_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:04:41&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Buridan, Henri&lt;br /&gt;
|apercu=Championnats_gymnastique.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Nadia Comaneci; Nellie Kim; Zoltàn Magyar; Elena Mukhina; Natalia Chapochnikova&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Rhénus&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.59999, 7.76511&lt;br /&gt;
|thematique=Gymnastic&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Les 19e championnats du monde de gymnastique artistique organisés à Strasbourg en 1978.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=En 1978 se déroule au Rhénus à Strasbourg les 19e championnats du monde de gymnastique artistique. Cet évènement majeur au sein du monde de la compétition sportive n’a lieu depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale qu’une fois tous les 4 ans. Sa tenue dans la capitale alsacienne a donc de quoi ravir les plus grands amateurs sportifs de la région, à l’image de Henri Buridan qui filme cette rencontre sportive avec admiration. Ce professeur d’EPS et moteur du mouvement des Éclaireurs de France en Alsace nous prête son œil pendant près de 4 minutes pour revivre cet évènement de grande ampleur, se servant du rayonnement de ces gymnastes venus du monde entier pour fixer à jamais leurs performances le temps d’une bobine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L’âge d’or de la gymnastique : des évènements sportifs hauts en couleurs'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1970 constituent pour le monde de la gymnastique artistique une sorte d’âge d’or où beaucoup de progrès sont réalisés, notamment par les gymnastes eux-mêmes qui ne cessent de repousser les limites de la discipline. Certains d’entre eux deviennent de véritables personnalités, même si leur popularité est pour beaucoup restreinte au milieu sportif. Ajouté à cela l’introduction massive des postes de télévisions – notamment en couleurs – dans les foyers français au cours de la décennie 1970 et l’intérêt porté par les téléspectateurs à la retransmission des différents évènements sportifs justifient cet engouement prononcé autour des athlètes. C’est par ailleurs à partir de 1978 que les championnats du monde de gymnastique artistique se tiennent de manière plus rapprochée, bien que moins ponctuelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Magyarspindle.jpeg|300px|thumb|left|Zoltàn Magyar effectuant un &amp;quot;Magyar spindle&amp;quot; aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité du film est particulièrement mauvaise, notamment pendant le passage des gymnastes féminines, bien que l’accès au cinéma amateur se soit grandement démocratisé à cette période. Mais ces images, même saccadées, nous permettent tout de même de remarquer la présence des plus grandes figures de la gymnastique des années 1970 que l’on peut identifier par divers indices, qu’il s’agisse de leurs mouvements signatures, comme le fameux « Magyar spindle » au cheval d’arçons du nom du hongrois Zoltán Magyar, par exemple, ou leur simple prestance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la compétition féminine, on peut reconnaître les gymnastes les plus emblématiques de la discipline de l’époque comme Natalia Chapochnikova, Elena Mukhina – qui récolte l’or au concours général à l’issu des championnats – ou encore Nellie Kim, la star de l’équipe soviétique. Face à elles, la légende Nadia Comaneci, qui deux ans après ses fameux « perfect 10 » aux Jeux Olympiques de Montréal, ne perd pas en notoriété. Particulièrement filmée par Henri Buridan au cours de cette rencontre, cette dernière est déjà à l’époque considérée comme l’une des meilleurs gymnastes de tous les temps. Malgré la mauvaise qualité du film, elle reste facilement identifiable. Si le cinéaste ne semble manquer aucun de ses passages, la précision de sa technique et sa grâce signent son style de performance unique au monde. Sa présence lors de cette rencontre internationale a sans aucun doute suscité une certaine curiosité qu’on devine à la vue des gradins bondés et des nombreux flashes retentissants. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Elena_Mukhina,_Nadia_Comăneci,_Emilia_Eberle_Strasbourg1978.jpeg|300px|thumb|right|Nadia Comaneci (au centre), Elena Mukhina (à gauche) et Emilia Eberle (à droite), les gagnantes de l'épreuve de poutre.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une compétition rythmée en 4 temps''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de noter l’effort de narration fourni par le cinéaste. En effet, si ce film semble suivre une certaine logique que l’on imagine propre à l’organisation de la compétition, il s’agit en réalité d’un remontage qui aurait pour vocation d’apporter une certaine dynamique au film, s'organisant alors en quatre parties distinctes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, le film s’ouvre sur la compétition masculine, présentant dans cette séquence seulement trois des six agrès masculins : le saut de cheval, les barres parallèles et la barre fixe. A cette chronologie de la compétition viennent s’intercaler successivement des plans sur l’affichage numérique du palmarès (parfois final, parfois intermédiaire) et des plans sur la remise des prix, avant de passer à l’agrès suivant afin de former une sorte de boucle narrative. &lt;br /&gt;
S’en suit la compétition féminine où les quatre agrès féminins, à savoir le saut de cheval (disposé de manière transversale à l’inverse des hommes qui pratiquent sur l'agrès placé longitudinalement), les barres asymétriques, la poutre et enfin le sol. Le cheminement narratif de la compétition continue sur le même schéma connu depuis le début du film.  &lt;br /&gt;
Sans transition, le film repasse à la compétition masculine en repartant du même agrès que les filles, le sol, et continue au cheval d’arçons, puis aux anneaux, complétant l’ensemble des agrès de la compétition pour les hommes. &lt;br /&gt;
Enfin, la dernière partie du film et certainement la moins montée puisqu'il s’agit de la cérémonie de clôture du championnat. Les drapeaux des différents pays participants sont portés par les athlètes et défilent les uns derrières les autres dans la salle de compétition. Cette pratique est somme toute très traditionnelle et subsiste encore aujourd'hui dans ce genre d’évènements.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce remontage présente, en y regardant de plus près, un certain nombre d’incohérences. L’intégration des divers plans sur le palmarès ne concorde pas toujours avec l’agrès précédemment montré, tout comme le podium filmé ne correspond pas non plus au score affiché juste avant. &lt;br /&gt;
Par exemple, suivant le passage des hommes au saut et le plan sur les scores de l’agrès, on peut voir une remise de prix qui est en fait celle des anneaux. En effet, on peut voir les gymnastes soviétiques Andrianov et Dityatin sur les deux premières marches du podium, suivi du roumain Dan Grecu, alors que le saut donnait pour vainqueur le japonais Junichi Shimizu. Et le passage des gymnastes aux anneaux n'est quant à lui montré qu’à la toute fin du film. Il y a donc là une incohérence de taille qui témoigne de l’ampleur du montage de Henri Buridan. Chez filles, des incohérences du montage sont également visibles quoique moins importantes puisque la compétition n’est filmée que d’un seul bloc. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aussi, dans la réalité de la compétition, il n’existe pas de remise de prix entre chaque agrès : cela n’aurait pas de sens pour les gymnastes qui doivent impérativement rester « chauds », tout comme cela couperait la dynamique réelle du concours. Les podiums s’effectuent en toute fin de compétition, en différentes catégories (à savoir par agrès, au concours général et par équipe). De même, tous les gymnastes ne passent pas en même temps sur les mêmes agrès et sont répartis en petits groupes. Ce remodelage peut donc aussi être une volonté du cinéaste de condenser tous les passages en les classant par agrès. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Cartepostale.jpeg|200px|thumb|left|Carte postale pour les championnats du monde de gymnastiques artistique de 1978 à Strasbourg, avec le timbre et le tampon à l'image de l'évènement]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela nous prouve que le cinéaste tient par ce montage à recréer l’ambiance générale de la compétition, s’attachant plus à retranscrire la rigueur de l’organisation qu’à s’exercer à suivre la parfaite chronologie de l’évènement. Peut-on alors se demander quelle est la finalité de ce montage, peut-être plus pédagogique et synthétique et à destination des futurs éducateurs que Henri Buridan forme en tant que professeur d’EPS.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ARNAUD (Pierre), TERRET (Thierry), Histoire du sport féminin, Paris, L’Harmattan, 1996.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Cartepostale.jpeg&amp;diff=13248</id>
		<title>Fichier:Cartepostale.jpeg</title>
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		<updated>2020-01-09T13:25:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : Carte postale des championnats du monde de gymnastique artistique de Strasbourg (1978), avec timbres et tampons propres à l'évènement. 
Source: wikitimbres.fr&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Description ==&lt;br /&gt;
Carte postale des championnats du monde de gymnastique artistique de Strasbourg (1978), avec timbres et tampons propres à l'évènement. &lt;br /&gt;
Source: wikitimbres.fr&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Championnats_de_gymnastique_de_Strasbourg_(0085FH0003)&amp;diff=13247</id>
		<title>Championnats de gymnastique de Strasbourg (0085FH0003)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Championnats_de_gymnastique_de_Strasbourg_(0085FH0003)&amp;diff=13247"/>
		<updated>2020-01-09T13:25:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Clara Picarles : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Championnats de gymnastique artistique à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Buridan&lt;br /&gt;
|idSupport=0085FH0003&lt;br /&gt;
|dateDebut=1978&lt;br /&gt;
|video=0085FH0003_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:04:41&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Buridan, Henri&lt;br /&gt;
|apercu=Championnats_gymnastique.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Nadia Comaneci; Nellie Kim; Zoltàn Magyar; Elena Mukhina; Natalia Chapochnikova&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Rhénus&lt;br /&gt;
|username=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|userrealname=Clara Picarles&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-01-02&lt;br /&gt;
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|thematique=Gymnastic&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Les 19e championnats du monde de gymnastique artistique organisés à Strasbourg en 1978.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=En 1978 se déroule au Rhénus à Strasbourg les 19e championnats du monde de gymnastique artistique. Cet évènement majeur au sein du monde de la compétition sportive n’a lieu depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale qu’une fois tous les 4 ans. Sa tenue dans la capitale alsacienne a donc de quoi ravir les plus grands amateurs sportifs de la région, à l’image de Henri Buridan qui filme cette rencontre sportive avec admiration. Ce professeur d’EPS et moteur du mouvement des Éclaireurs de France en Alsace nous prête son œil pendant près de 4 minutes pour revivre cet évènement de grande ampleur, se servant du rayonnement de ces gymnastes venus du monde entier pour fixer à jamais leurs performances le temps d’une bobine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L’âge d’or de la gymnastique : des évènements sportifs hauts en couleurs'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1970 constituent pour le monde de la gymnastique artistique une sorte d’âge d’or où beaucoup de progrès sont réalisés, notamment par les gymnastes eux-mêmes qui ne cessent de repousser les limites de la discipline. Certains d’entre eux deviennent de véritables personnalités, même si leur popularité est pour beaucoup restreinte au milieu sportif. Ajouté à cela l’introduction massive des postes de télévisions – notamment en couleurs – dans les foyers français au cours de la décennie 1970 et l’intérêt porté par les téléspectateurs à la retransmission des différents évènements sportifs justifient cet engouement prononcé autour des athlètes. C’est par ailleurs à partir de 1978 que les championnats du monde de gymnastique artistique se tiennent de manière plus rapprochée, bien que moins ponctuelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Magyarspindle.jpeg|300px|thumb|left|Zoltàn Magyar effectuant un &amp;quot;Magyar spindle&amp;quot; aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité du film est particulièrement mauvaise, notamment pendant le passage des gymnastes féminines, bien que l’accès au cinéma amateur se soit grandement démocratisé à cette période. Mais ces images, même saccadées, nous permettent tout de même de remarquer la présence des plus grandes figures de la gymnastique des années 1970 que l’on peut identifier par divers indices, qu’il s’agisse de leurs mouvements signatures, comme le fameux « Magyar spindle » au cheval d’arçons du nom du hongrois Zoltán Magyar, par exemple, ou leur simple prestance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la compétition féminine, on peut reconnaître les gymnastes les plus emblématiques de la discipline de l’époque comme Natalia Chapochnikova, Elena Mukhina – qui récolte l’or au concours général à l’issu des championnats – ou encore Nellie Kim, la star de l’équipe soviétique. Face à elles, la légende Nadia Comaneci, qui deux ans après ses fameux « perfect 10 » aux Jeux Olympiques de Montréal, ne perd pas en notoriété. Particulièrement filmée par Henri Buridan au cours de cette rencontre, cette dernière est déjà à l’époque considérée comme l’une des meilleurs gymnastes de tous les temps. Malgré la mauvaise qualité du film, elle reste facilement identifiable. Si le cinéaste ne semble manquer aucun de ses passages, la précision de sa technique et sa grâce signent son style de performance unique au monde. Sa présence lors de cette rencontre internationale a sans aucun doute suscité une certaine curiosité qu’on devine à la vue des gradins bondés et des nombreux flashes retentissants. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Elena_Mukhina,_Nadia_Comăneci,_Emilia_Eberle_Strasbourg1978.jpeg|300px|thumb|right|Nadia Comaneci (au centre), Elena Mukhina (à gauche) et Emilia Eberle (à droite), les gagnantes de l'épreuve de poutre.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Une compétition rythmée en 4 temps''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de noter l’effort de narration fourni par le cinéaste. En effet, si ce film semble suivre une certaine logique que l’on imagine propre à l’organisation de la compétition, il s’agit en réalité d’un remontage qui aurait pour vocation d’apporter une certaine dynamique au film, s'organisant alors en quatre parties distinctes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, le film s’ouvre sur la compétition masculine, présentant dans cette séquence seulement trois des six agrès masculins : le saut de cheval, les barres parallèles et la barre fixe. A cette chronologie de la compétition viennent s’intercaler successivement des plans sur l’affichage numérique du palmarès (parfois final, parfois intermédiaire) et des plans sur la remise des prix, avant de passer à l’agrès suivant afin de former une sorte de boucle narrative. &lt;br /&gt;
S’en suit la compétition féminine où les quatre agrès féminins, à savoir le saut de cheval (disposé de manière transversale à l’inverse des hommes qui pratiquent sur l'agrès placé longitudinalement), les barres asymétriques, la poutre et enfin le sol. Le cheminement narratif de la compétition continue sur le même schéma connu depuis le début du film.  &lt;br /&gt;
Sans transition, le film repasse à la compétition masculine en repartant du même agrès que les filles, le sol, et continue au cheval d’arçons, puis aux anneaux, complétant l’ensemble des agrès de la compétition pour les hommes. &lt;br /&gt;
Enfin, la dernière partie du film et certainement la moins montée puisqu'il s’agit de la cérémonie de clôture du championnat. Les drapeaux des différents pays participants sont portés par les athlètes et défilent les uns derrières les autres dans la salle de compétition. Cette pratique est somme toute très traditionnelle et subsiste encore aujourd'hui dans ce genre d’évènements.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce remontage présente, en y regardant de plus près, un certain nombre d’incohérences. L’intégration des divers plans sur le palmarès ne concorde pas toujours avec l’agrès précédemment montré, tout comme le podium filmé ne correspond pas non plus au score affiché juste avant. &lt;br /&gt;
Par exemple, suivant le passage des hommes au saut et le plan sur les scores de l’agrès, on peut voir une remise de prix qui est en fait celle des anneaux. En effet, on peut voir les gymnastes soviétiques Andrianov et Dityatin sur les deux premières marches du podium, suivi du roumain Dan Grecu, alors que le saut donnait pour vainqueur le japonais Junichi Shimizu. Et le passage des gymnastes aux anneaux n'est quant à lui montré qu’à la toute fin du film. Il y a donc là une incohérence de taille qui témoigne de l’ampleur du montage de Henri Buridan. Chez filles, des incohérences du montage sont également visibles quoique moins importantes puisque la compétition n’est filmée que d’un seul bloc. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aussi, dans la réalité de la compétition, il n’existe pas de remise de prix entre chaque agrès : cela n’aurait pas de sens pour les gymnastes qui doivent impérativement rester « chauds », tout comme cela couperait la dynamique réelle du concours. Les podiums s’effectuent en toute fin de compétition, en différentes catégories (à savoir par agrès, au concours général et par équipe). De même, tous les gymnastes ne passent pas en même temps sur les mêmes agrès et sont répartis en petits groupes. Ce remodelage peut donc aussi être une volonté du cinéaste de condenser tous les passages en les classant par agrès. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:cartepostale.jpeg|200px|thumb|left|Carte postale pour les championnats du monde de gymnastiques artistique de 1978 à Strasbourg, avec le timbre et le tampon à l'image de l'évènement]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela nous prouve que le cinéaste tient par ce montage à recréer l’ambiance générale de la compétition, s’attachant plus à retranscrire la rigueur de l’organisation qu’à s’exercer à suivre la parfaite chronologie de l’évènement. Peut-on alors se demander quelle est la finalité de ce montage, peut-être plus pédagogique et synthétique et à destination des futurs éducateurs que Henri Buridan forme en tant que professeur d’EPS.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ARNAUD (Pierre), TERRET (Thierry), Histoire du sport féminin, Paris, L’Harmattan, 1996.&lt;br /&gt;
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		<author><name>Clara Picarles</name></author>
		
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