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	<title>Cinematheque du Rhin superieur - Kinemathek Oberrhein - Contributions de l’utilisateur [fr]</title>
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16713</id>
		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
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		<updated>2021-01-22T06:06:51Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem&lt;br /&gt;
|fonds=Grappe&lt;br /&gt;
|idSupport=0151FI0020&lt;br /&gt;
|dateDebut=1984&lt;br /&gt;
|dateFin=1984&lt;br /&gt;
|video=0151FI0020_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:08:11&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Grappe Christian&lt;br /&gt;
|apercu=Viadolorosa.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Yéghiché II Derderian; Diodore Ier; Chenouda III&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israel; Jérusalem; Vieille Ville; Via Dolorosa; église du Saint-Sépulcre&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-10-06&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Traditions@ Religious feasts and events@ Easter&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Festivités de la Pâques orthodoxe à Jérusalem filmées par Christian Grappe en 1984.&lt;br /&gt;
|Description_fr=La première séquence du film se focalise sur le dimanche des Rameaux. Elle s’ouvre sur un gros plan sur le Saint-Sépulcre. Sur les plans suivants, la première procession des rameaux. Le patriarche de l’Église copte orthodoxe Chenouda III est entouré de prêtes et de fidèles (00:06). Ensuite, plans successifs sur des fidèles devant le Saint-Sépulcre tenant de grands rameaux. Plan sur le patriarche arménien de Jérusalem, Yéghiché II Derderian, posant avec deux petites filles (00:50). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième séquence se concentre sur le chemin de croix ''Via Dolorosa'', le Vendredi saint. Sur le premier plan, des fidèles attendant le début de la procession. L’un d’entre eux tient une grande croix en bois. Début de la procession. Les fidèles avancent en portant la croix. Des religieuses récitent des prières. Gros plan sur un couple portant des t-shirts identiques avec le logo d’une agence matrimoniale chrétienne des États-Unis (01:34). Un fidèle touche « l’empreinte de la main de Jésus » (01:39). Arrivée de la procession au Saint-Sépulcre. Ouverture de l’église (02:00). Les fidèles se rassemblent devant. Gros plan sur le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Diodore Ier, tenant une croix (03:00). Le patriarche, accompagné par des prêtres et suivi par des fidèles monte sur des escaliers à côté de l’entrée du Saint-Sépulcre et fait une annonce. Accompagné de prêtre, Diodore Ier pénètre dans l’église. Plans successifs sur les scouts palestiniens (03:51). Des fidèles arrivent devant le Saint-Sépulcre (04:11). Le premier porte une croix en bois. Les fidèles attendent devant l’église. Procession qui part du Saint-Sépulcre (04:40). Marchand de rue (05:00).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième séquence est centrée sur la cérémonie du feu sacré, le Samedi saint. Arrivée des autorités religieuses orthodoxes (05:06). Plan sur des prêtres et des fidèles, cierge en main (05:22). Arrivée de fidèles devant le Saint-Sépulcre (05:26). Certains sont sur les épaules de leur coreligionnaire et agitent une canne, des cierges et un morceau de tissu blanc. D’autres dansent. Ils entrent dans le Saint-Sépulcre (06:04). Gros plan sur une dame âgée au visage fermé, l’air soucieux attendant que le miracle du feu sacré se produise (06:13). Gros plan sur un homme âgé, lui aussi attendant la sainte flamme (06:27). Les fidèles attendent devant l’entrée du Saint-Sépulcre pour recevoir le feu sacré (06:30). La foule s’agite. Des fidèles courent tout en agitant leur cierge. Ils passent une porte. Les fidèles se précipitent pour allumer leur cierge. Le feu sacré se propage. Une dame essaye d’éteindre son cierge (07:38). Elle y parvient et semble étonnée. Plan d’ensemble sur la foule (07:42). Des cierges sont allumés de part et d’autre. Au milieu de la foule, des fidèles brandissent des lanternes à l’intérieur desquelles brûle un cierge (07:51). Le film se termine sur des gros plans successifs sur la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Cet extrait de film, tourné en 1984 par Christian Grappe alors étudiant de la Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg en séjour d’études pour un an à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem en tant que boursier de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, nous présente les différentes célébrations religieuses se tenant lors de la semaine précédant la Pâques orthodoxe à Jérusalem. L’intention première du réalisateur a été de capter l’émotion des fidèles, dont parmi eux, de nombreux pèlerins venus du monde entier. Ce souci d’essayer de saisir l’émotion, de la comprendre, est doublé d’une seconde intention, celle de rendre compte de la présence des différentes communautés chrétiennes qui participent à ces fêtes et d’appréhender les rites propres à chacune d’entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Grande Semaine à Jérusalem ==&lt;br /&gt;
=== Le dimanche des Rameaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après un gros plan sur l’église du Saint-Sépulcre, le film s’ouvre sur la première procession des rameaux. On y voit le patriarche de l’Église copte orthodoxe Chenouda III – reconnaissable grâce à sa mitre, sa croix pectorale dorée, il est aussi le seul à ne pas tenir de rameaux – entouré de prêtres et de fidèles, en train défiler dans les rues de la Vieille Ville de grands rameaux à la main. La présence des « gardes musulmans » à l’avant du cortège s’explique par le fait que les clés du Saint-Sépulcre sont détenues par deux familles musulmanes de la ville, l’une étant chargée de garder la clé et l’autre d’ouvrir la porte. La procession s’arrête sur la place en face de l’église. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques et marque pour les chrétiens l’entrée dans la dernière partie du Carême, la Semaine sainte ou, chez les orthodoxes, la Grande Semaine. Cette fête célèbre d’une part l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où il fut, selon les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean), accueilli par une foule agitant des rameaux de palmier et d’olivier, d’autre part elle annonce la Passion Christ. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à l’Occident qui ne l’autorisa qu’au VIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cette fête est célébrée à Jérusalem depuis le IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Supprimée au XI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle par le calife El-Hakim, qui détruisit en 1009 le Saint-Sépulcre, elle fut, plus tard, rétablie par les croisés. De nos jours encore, des chrétiens du monde entier se rassemblent au sommet du mont des Oliviers et descendent, à la manière de la procession filmée par Christian Grappe en 1984, jusqu’à la Vieille Ville de Jérusalem en agitant des rameaux de palmier et d’olivier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Vendredi saint ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film se poursuit sur les célébrations religieuses du Vendredi saint. Ce jour est dédié à la commémoration de la Passion et de la crucifixion de Jésus-Christ, c’est donc un jour de profond recueillement, en témoigne le visage fermé des fidèles venus assister à la cérémonie (01:04). À Jérusalem, les chrétiens participent à la procession du chemin de croix ''Via Dolorosa''. Cette rue, située dans la Vieille Ville, comprend neuf des quatorze stations du chemin que le Christ aurait emprunté avant sa crucifixion, les cinq dernières étant à l’intérieur du Saint-Sépulcre. À cette occasion, des pèlerins du monde entier se déplacent à Jérusalem, certains simplement pour assister à la procession, d’autres pour y participer. Les fidèles portent des croix en bois (01:09), récitent des prières (01:22) et s’arrêtent aux différents lieux importants du calvaire de Jésus : à 01:39, un homme touche « l’empreinte de la main de Jésus », trace qu’il aurait laissée après s’être adossé sur le mur. La procession s’achève à la basilique du Saint-Sépulcre, construite à l’endroit regroupant selon la tradition chrétienne le lieu où le Christ aurait été crucifié, mis au tombeau puis ressuscité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Samedi saint et la cérémonie du feu sacré ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film se termine sur la cérémonie du feu sacré. C’est l’une des plus grandes fêtes de l’Église orthodoxe. Elle a lieu tous les ans le Samedi saint, la veille de la Pâques orthodoxe, et est célébrée à l’église du Saint-Sépulcre située à l’intérieur des murs de la Vieille Ville de Jérusalem. Elle est menée par l’Église grecque orthodoxe de concert avec l’Église arménienne et se tient généralement entre midi et une heure. Cet événement est fêté par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dont de nombreux fidèles se déplacent à Jérusalem pour assister à la cérémonie. Selon leurs croyances, le feu sacré descend du ciel jusqu’au tombeau du Christ dans le Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premiers témoignages de cette célébration datent du IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Cette fête serait, selon certains historiens, inspirée de la cérémonie juive du ''Kabod Yahweh'' selon laquelle, chaque année à l’occasion du nouvel an solaire, le premier rayon du soleil levant rallumait le feu sacré de l’autel installé dans la cour du premier ainsi que du second temple de Jérusalem, en souvenir du premier feu allumé lors de l’inauguration du Temple de Salomon au X&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle avant notre ère. À l’instar d’autres fêtes chrétiennes, il est possible que celle-ci soit une réinterprétation d’une ancienne tradition juive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWARBURGIG 10313248392.jpg|vignette|gauche|Gravure de Bernard Picart représentant la distribution du feu sacré par le patriarche, 1724 © JSTOR.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de n’avoir pas connu de grands changements dans la manière de le célébrer, ce rite est pratiqué – et ce, malgré la destruction du Saint-Sépulcre en 1009 – chaque année, au même endroit et quasiment de la même façon depuis, au moins, le IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Jusqu’au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les communautés catholiques fêtaient ce miracle avec les chrétiens orthodoxes, mais en 1238 le pape Grégoire IX publia une bulle pontificale dans laquelle il accusa l’Église grecque de fraude et mystification. Depuis lors, le rite romain rejette les croyances liées au feu sacré. Cependant, les franciscains de la custodie de Terre Sainte célèbrent toujours ce miracle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’apparition du feu sacré est perçue comme une révélation miraculeuse, comme un signe de la Résurrection, il symbolise la puissance de la vie. La flamme apparaît dans la petite chapelle qui abrite le tombeau de Jésus à l’intérieur du Saint-Sépulcre. C’est uniquement le patriarche orthodoxe grec qui reçoit le feu sacré et qui le transmet aux autres patriarches ainsi qu’à la foule de fidèles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWSS35953 35953 29352526.jpg|vignette|droite|Le miracle du feu sacré par William Holman Hunt, 1892-1899 © JSTOR.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie est très surveillée. Avant que le patriarche orthodoxe grec n’entre dans la chapelle, les autorités israéliennes vérifient qu’il n’y ait aucune source de chaleur permettant d’allumer un feu, que toutes les lampes sont éteintes et scellent le tombeau avec de la cire. Une fois la vérification effectuée, le patriarche grec, munis de deux grands cierges, pénètre seul à l’intérieur de l’édicule et, après avoir reçu la flamme, la distribue aux patriarches arménien et copte ainsi qu’à toutes les personnes qui sont restées à l’extérieur de la chapelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant le Saint-Sépulcre, beaucoup d’émotion se dégage lorsque les fidèles attendent que le patriarche grec sorte du tombeau avec les cierges allumés par la sainte flamme. De plus, une partie de la foule est très agité. En effet, des fidèles dansent, d’autres montent sur les épaules de leur coreligionnaire, chacun brandissant un cierge encore éteint. Certains, attendent quant à eux, tranquillement, mais impatients le feu sacré. La foule exulte lorsque les premiers cierges enflammés sortent de l’église. Nombreux sont les fidèles qui se précipitent pour allumer les leurs. Enfin, certains pèlerins venus de très loin ramènent dans leur foyer, grâce à des lanternes, la sainte flamme, propageant ainsi dans le monde entier le miracle du Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Symboles et affirmation des présences chrétiennes en Terre sainte ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au-delà de leur dimension spirituelle, les fêtes de Pâques à Jérusalem permettent aux communautés chrétiennes présentes sur place, d’une part de s’affirmer à côté des Juifs et des Musulmans, d’autre part de professer leurs singularités. Les rivalités entre les communautés chrétiennes, héritées depuis l’époque des croisades, subsistent encore de nos jours. Elles se sont cristallisées autour de la question de la gestion des lieux saints, si bien que la basilique du Saint-Sépulcre compte actuellement en son sein les Églises : catholique, apostolique et romaine ; orthodoxe grecque de Jérusalem ; apostolique arménienne ; syriaque orthodoxe ; copte orthodoxe et éthiopienne orthodoxe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les festivités pascales, et ''a fortiori'' la cérémonie du feu sacré célébrée uniquement par les orthodoxes, sont donc une occasion rare pour les différentes Églises d’affirmer leur présence en Terre sainte. Dès lors, on comprend l’importance que revêt, pour l’Église arménienne et ses fidèles, la procession menée par le ''drogman'' (chancelier du Patriarcat), dans les rues de la Vieille Ville jusqu’au Saint-Sépulcre (05:06), au cours de laquelle il brandit les clés de la basilique, remises le matin même par les gardiens musulmans, pour montrer qu’elle est, ce jour-là, sous leur autorité. Aussi, on imagine aisément le caractère hautement symbolique que représente, pour la population arabe de la ville, la présence de scouts palestiniens à ces festivités (03:50). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différences de rite et d’attitude personnelle et collective, sont cruciales puisqu’elles permettent également aux communautés chrétiennes de manifester leur singularité. En témoigne particulièrement bien les fidèles qui, juste avant la descente du feu sacré, arrivent sur les épaules de leur coreligionnaire en agitant des cierges, une canne et un morceau de tissu blanc (05:26). De même que ceux qui, une fois après avoir reçu le feu sacré, se mettent à courir à travers la foule en brandissant chacun leur cierge allumé (06:35). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les pèlerinages, au-delà de leur dimension spirituelle, permettent, eux aussi, d’affirmer les présences chrétiennes en Terre sainte, ils possèdent également une dimension plus commerciale. En effet, le tourisme religieux pèse de tout son poids dans l’économie hiérosolymitaine. Jérusalem se distingue des autres villes dites « saintes » par son multi-confessionnalisme amenant de fait, des pèlerins et touristes issus des trois grandes religions monothéistes à se rendre sur les lieux symboliques du judaïsme, du christianisme et de l’islam : le Mur des Lamentations, le Saint-Sépulcre et l’esplanade des Mosquées. La dimension commerciale des pèlerinages se traduit de manière très concrète dans l’enceinte de la Vieille Ville dans la mesure où les visiteurs peuvent acheter des objets à caractères religieux de toute sorte dans quasiment chaque échoppe présente à l’intérieur des murailles ou, directement, à des marchands de rue (05:00).&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ANDEZIAN Sossie, « Des pèlerins sédentaires. Formation d’une diaspora arménienne à Jérusalem », dans CHIFFOLEAU Sylvia et MADŒUF Anna (dir.), ''Les pèlerinages au Moyen-Orient. Espaces publics, espaces du public'',  Damas, Presses de l’Ifpo, 2005, p. 85-106.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENVENISTI Meron, ''Jérusalem, une histoire politique'', Arles, Actes Sud, 1996.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BULLE Sylvaine, ''Sociologie de Jérusalem'', Paris, La Découverte, 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CANARD Marius, « La destruction de l’église de la Résurrection par le calife Hakim et l’histoire de la descente du feu sacré », dans ''Byzantion'', n°35, 1965/1, p. 16-43.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÉRY Robert, ''Jours de fêtes. Histoire des célébrations chrétiennes'', Paris, Seuil, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEMIRE Vincent (dir.), ''Jérusalem. Histoire d’une ville monde des origines à nos jours'', Paris, Flammarion, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIDOV Alexei, « The Holy Fire and Visual Constructs of Jerusalem, East and West », dans KÜHNEL Bianca, NOGA-BANAI Galit et VORHOLT Hanna (ed.), ''Visual Constructs of Jerusalem'', Turnhout, Brepols, 2014, p. 241-249.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
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		<updated>2021-01-22T06:05:25Z</updated>

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|Resume_fr=Festivités de la Pâques orthodoxe à Jérusalem filmées par Christian Grappe en 1984.&lt;br /&gt;
|Description_fr=La première séquence du film se focalise sur le dimanche des Rameaux. Elle s’ouvre sur un gros plan sur le Saint-Sépulcre. Sur les plans suivants, la première procession des rameaux. Le patriarche de l’Église copte orthodoxe Chenouda III est entouré de prêtes et de fidèles (00:06). Ensuite, plans successifs sur des fidèles devant le Saint-Sépulcre tenant de grands rameaux. Plan sur le patriarche arménien de Jérusalem, Yéghiché II Derderian, posant avec deux petites filles (00:50). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième séquence se concentre sur le chemin de croix ''Via Dolorosa'', le Vendredi saint. Sur le premier plan, des fidèles attendant le début de la procession. L’un d’entre eux tient une grande croix en bois. Début de la procession. Les fidèles avancent en portant la croix. Des religieuses récitent des prières. Gros plan sur un couple portant des t-shirts identiques avec le logo d’une agence matrimoniale chrétienne des États-Unis (01:34). Un fidèle touche « l’empreinte de la main de Jésus » (01:39). Arrivée de la procession au Saint-Sépulcre. Ouverture de l’église (02:00). Les fidèles se rassemblent devant. Gros plan sur le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Diodore Ier, tenant une croix (03:00). Le patriarche, accompagné par des prêtres et suivi par des fidèles monte sur des escaliers à côté de l’entrée du Saint-Sépulcre et fait une annonce. Accompagné de prêtre, Diodore Ier pénètre dans l’église. Plans successifs sur les scouts palestiniens (03:51). Des fidèles arrivent devant le Saint-Sépulcre (04:11). Le premier porte une croix en bois. Les fidèles attendent devant l’église. Procession qui part du Saint-Sépulcre (04:40). Marchand de rue (05:00).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième séquence est centrée sur la cérémonie du feu sacré, le Samedi saint. Arrivée des autorités religieuses orthodoxes (05:06). Plan sur des prêtres et des fidèles, cierge en main (05:22). Arrivée de fidèles devant le Saint-Sépulcre (05:26). Certains sont sur les épaules de leur coreligionnaire et agitent une canne, des cierges et un morceau de tissu blanc. D’autres dansent. Ils entrent dans le Saint-Sépulcre (06:04). Gros plan sur une dame âgée au visage fermé, l’air soucieux attendant que le miracle du feu sacré se produise (06:13). Gros plan sur un homme âgé, lui aussi attendant la sainte flamme (06:27). Les fidèles attendent devant l’entrée du Saint-Sépulcre pour recevoir le feu sacré (06:30). La foule s’agite. Des fidèles courent tout en agitant leur cierge. Ils passent une porte. Les fidèles se précipitent pour allumer leur cierge. Le feu sacré se propage. Une dame essaye d’éteindre son cierge (07:38). Elle y parvient et semble étonnée. Plan d’ensemble sur la foule (07:42). Des cierges sont allumés de part et d’autre. Au milieu de la foule, des fidèles brandissent des lanternes à l’intérieur desquelles brûle un cierge (07:51). Le film se termine sur des gros plans successifs sur la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Cet extrait de film, tourné en 1984 par Christian Grappe alors étudiant de la Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg en séjour d’études pendant un an à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem en tant que boursier de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, nous présente les différentes célébrations religieuses se tenant lors de la semaine précédant la Pâques orthodoxe à Jérusalem. L’intention première du réalisateur a été de capter l’émotion des fidèles, dont parmi eux, de nombreux pèlerins venus du monde entier. Ce souci d’essayer de saisir l’émotion, de la comprendre, est doublé d’une seconde intention, celle de rendre compte de la présence des différentes communautés chrétiennes qui participent à ces fêtes et d’appréhender les rites propres à chacune d’entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Grande Semaine à Jérusalem ==&lt;br /&gt;
=== Le dimanche des Rameaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après un gros plan sur l’église du Saint-Sépulcre, le film s’ouvre sur la première procession des rameaux. On y voit le patriarche de l’Église copte orthodoxe Chenouda III – reconnaissable grâce à sa mitre, sa croix pectorale dorée, il est aussi le seul à ne pas tenir de rameaux – entouré de prêtres et de fidèles, en train défiler dans les rues de la Vieille Ville de grands rameaux à la main. La présence des « gardes musulmans » à l’avant du cortège s’explique par le fait que les clés du Saint-Sépulcre sont détenues par deux familles musulmanes de la ville, l’une étant chargée de garder la clé et l’autre d’ouvrir la porte. La procession s’arrête sur la place en face de l’église. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques et marque pour les chrétiens l’entrée dans la dernière partie du Carême, la Semaine sainte ou, chez les orthodoxes, la Grande Semaine. Cette fête célèbre d’une part l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où il fut, selon les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean), accueilli par une foule agitant des rameaux de palmier et d’olivier, d’autre part elle annonce la Passion Christ. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à l’Occident qui ne l’autorisa qu’au VIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cette fête est célébrée à Jérusalem depuis le IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Supprimée au XI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle par le calife El-Hakim, qui détruisit en 1009 le Saint-Sépulcre, elle fut, plus tard, rétablie par les croisés. De nos jours encore, des chrétiens du monde entier se rassemblent au sommet du mont des Oliviers et descendent, à la manière de la procession filmée par Christian Grappe en 1984, jusqu’à la Vieille Ville de Jérusalem en agitant des rameaux de palmier et d’olivier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Vendredi saint ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film se poursuit sur les célébrations religieuses du Vendredi saint. Ce jour est dédié à la commémoration de la Passion et de la crucifixion de Jésus-Christ, c’est donc un jour de profond recueillement, en témoigne le visage fermé des fidèles venus assister à la cérémonie (01:04). À Jérusalem, les chrétiens participent à la procession du chemin de croix ''Via Dolorosa''. Cette rue, située dans la Vieille Ville, comprend neuf des quatorze stations du chemin que le Christ aurait emprunté avant sa crucifixion, les cinq dernières étant à l’intérieur du Saint-Sépulcre. À cette occasion, des pèlerins du monde entier se déplacent à Jérusalem, certains simplement pour assister à la procession, d’autres pour y participer. Les fidèles portent des croix en bois (01:09), récitent des prières (01:22) et s’arrêtent aux différents lieux importants du calvaire de Jésus : à 01:39, un homme touche « l’empreinte de la main de Jésus », trace qu’il aurait laissée après s’être adossé sur le mur. La procession s’achève à la basilique du Saint-Sépulcre, construite à l’endroit regroupant selon la tradition chrétienne le lieu où le Christ aurait été crucifié, mis au tombeau puis ressuscité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Samedi saint et la cérémonie du feu sacré ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film se termine sur la cérémonie du feu sacré. C’est l’une des plus grandes fêtes de l’Église orthodoxe. Elle a lieu tous les ans le Samedi saint, la veille de la Pâques orthodoxe, et est célébrée à l’église du Saint-Sépulcre située à l’intérieur des murs de la Vieille Ville de Jérusalem. Elle est menée par l’Église grecque orthodoxe de concert avec l’Église arménienne et se tient généralement entre midi et une heure. Cet événement est fêté par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dont de nombreux fidèles se déplacent à Jérusalem pour assister à la cérémonie. Selon leurs croyances, le feu sacré descend du ciel jusqu’au tombeau du Christ dans le Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premiers témoignages de cette célébration datent du IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Cette fête serait, selon certains historiens, inspirée de la cérémonie juive du ''Kabod Yahweh'' selon laquelle, chaque année à l’occasion du nouvel an solaire, le premier rayon du soleil levant rallumait le feu sacré de l’autel installé dans la cour du premier ainsi que du second temple de Jérusalem, en souvenir du premier feu allumé lors de l’inauguration du Temple de Salomon au X&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle avant notre ère. À l’instar d’autres fêtes chrétiennes, il est possible que celle-ci soit une réinterprétation d’une ancienne tradition juive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWARBURGIG 10313248392.jpg|vignette|gauche|Gravure de Bernard Picart représentant la distribution du feu sacré par le patriarche, 1724 © JSTOR.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de n’avoir pas connu de grands changements dans la manière de le célébrer, ce rite est pratiqué – et ce, malgré la destruction du Saint-Sépulcre en 1009 – chaque année, au même endroit et quasiment de la même façon depuis, au moins, le IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Jusqu’au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les communautés catholiques fêtaient ce miracle avec les chrétiens orthodoxes, mais en 1238 le pape Grégoire IX publia une bulle pontificale dans laquelle il accusa l’Église grecque de fraude et mystification. Depuis lors, le rite romain rejette les croyances liées au feu sacré. Cependant, les franciscains de la custodie de Terre Sainte célèbrent toujours ce miracle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’apparition du feu sacré est perçue comme une révélation miraculeuse, comme un signe de la Résurrection, il symbolise la puissance de la vie. La flamme apparaît dans la petite chapelle qui abrite le tombeau de Jésus à l’intérieur du Saint-Sépulcre. C’est uniquement le patriarche orthodoxe grec qui reçoit le feu sacré et qui le transmet aux autres patriarches ainsi qu’à la foule de fidèles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWSS35953 35953 29352526.jpg|vignette|droite|Le miracle du feu sacré par William Holman Hunt, 1892-1899 © JSTOR.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie est très surveillée. Avant que le patriarche orthodoxe grec n’entre dans la chapelle, les autorités israéliennes vérifient qu’il n’y ait aucune source de chaleur permettant d’allumer un feu, que toutes les lampes sont éteintes et scellent le tombeau avec de la cire. Une fois la vérification effectuée, le patriarche grec, munis de deux grands cierges, pénètre seul à l’intérieur de l’édicule et, après avoir reçu la flamme, la distribue aux patriarches arménien et copte ainsi qu’à toutes les personnes qui sont restées à l’extérieur de la chapelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant le Saint-Sépulcre, beaucoup d’émotion se dégage lorsque les fidèles attendent que le patriarche grec sorte du tombeau avec les cierges allumés par la sainte flamme. De plus, une partie de la foule est très agité. En effet, des fidèles dansent, d’autres montent sur les épaules de leur coreligionnaire, chacun brandissant un cierge encore éteint. Certains, attendent quant à eux, tranquillement, mais impatients le feu sacré. La foule exulte lorsque les premiers cierges enflammés sortent de l’église. Nombreux sont les fidèles qui se précipitent pour allumer les leurs. Enfin, certains pèlerins venus de très loin ramènent dans leur foyer, grâce à des lanternes, la sainte flamme, propageant ainsi dans le monde entier le miracle du Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Symboles et affirmation des présences chrétiennes en Terre sainte ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au-delà de leur dimension spirituelle, les fêtes de Pâques à Jérusalem permettent aux communautés chrétiennes présentes sur place, d’une part de s’affirmer à côté des Juifs et des Musulmans, d’autre part de professer leurs singularités. Les rivalités entre les communautés chrétiennes, héritées depuis l’époque des croisades, subsistent encore de nos jours. Elles se sont cristallisées autour de la question de la gestion des lieux saints, si bien que la basilique du Saint-Sépulcre compte actuellement en son sein les Églises : catholique, apostolique et romaine ; orthodoxe grecque de Jérusalem ; apostolique arménienne ; syriaque orthodoxe ; copte orthodoxe et éthiopienne orthodoxe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les festivités pascales, et ''a fortiori'' la cérémonie du feu sacré célébrée uniquement par les orthodoxes, sont donc une occasion rare pour les différentes Églises d’affirmer leur présence en Terre sainte. Dès lors, on comprend l’importance que revêt, pour l’Église arménienne et ses fidèles, la procession menée par le ''drogman'' (chancelier du Patriarcat), dans les rues de la Vieille Ville jusqu’au Saint-Sépulcre (05:06), au cours de laquelle il brandit les clés de la basilique, remises le matin même par les gardiens musulmans, pour montrer qu’elle est, ce jour-là, sous leur autorité. Aussi, on imagine aisément le caractère hautement symbolique que représente, pour la population arabe de la ville, la présence de scouts palestiniens à ces festivités (03:50). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différences de rite et d’attitude personnelle et collective, sont cruciales puisqu’elles permettent également aux communautés chrétiennes de manifester leur singularité. En témoigne particulièrement bien les fidèles qui, juste avant la descente du feu sacré, arrivent sur les épaules de leur coreligionnaire en agitant des cierges, une canne et un morceau de tissu blanc (05:26). De même que ceux qui, une fois après avoir reçu le feu sacré, se mettent à courir à travers la foule en brandissant chacun leur cierge allumé (06:35). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les pèlerinages, au-delà de leur dimension spirituelle, permettent, eux aussi, d’affirmer les présences chrétiennes en Terre sainte, ils possèdent également une dimension plus commerciale. En effet, le tourisme religieux pèse de tout son poids dans l’économie hiérosolymitaine. Jérusalem se distingue des autres villes dites « saintes » par son multi-confessionnalisme amenant de fait, des pèlerins et touristes issus des trois grandes religions monothéistes à se rendre sur les lieux symboliques du judaïsme, du christianisme et de l’islam : le Mur des Lamentations, le Saint-Sépulcre et l’esplanade des Mosquées. La dimension commerciale des pèlerinages se traduit de manière très concrète dans l’enceinte de la Vieille Ville dans la mesure où les visiteurs peuvent acheter des objets à caractères religieux de toute sorte dans quasiment chaque échoppe présente à l’intérieur des murailles ou, directement, à des marchands de rue (05:00).&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ANDEZIAN Sossie, « Des pèlerins sédentaires. Formation d’une diaspora arménienne à Jérusalem », dans CHIFFOLEAU Sylvia et MADŒUF Anna (dir.), ''Les pèlerinages au Moyen-Orient. Espaces publics, espaces du public'',  Damas, Presses de l’Ifpo, 2005, p. 85-106.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENVENISTI Meron, ''Jérusalem, une histoire politique'', Arles, Actes Sud, 1996.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BULLE Sylvaine, ''Sociologie de Jérusalem'', Paris, La Découverte, 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CANARD Marius, « La destruction de l’église de la Résurrection par le calife Hakim et l’histoire de la descente du feu sacré », dans ''Byzantion'', n°35, 1965/1, p. 16-43.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÉRY Robert, ''Jours de fêtes. Histoire des célébrations chrétiennes'', Paris, Seuil, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEMIRE Vincent (dir.), ''Jérusalem. Histoire d’une ville monde des origines à nos jours'', Paris, Flammarion, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIDOV Alexei, « The Holy Fire and Visual Constructs of Jerusalem, East and West », dans KÜHNEL Bianca, NOGA-BANAI Galit et VORHOLT Hanna (ed.), ''Visual Constructs of Jerusalem'', Turnhout, Brepols, 2014, p. 241-249.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16711</id>
		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16711"/>
		<updated>2021-01-22T06:04:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem&lt;br /&gt;
|fonds=Grappe&lt;br /&gt;
|idSupport=0151FI0020&lt;br /&gt;
|dateDebut=1984&lt;br /&gt;
|dateFin=1984&lt;br /&gt;
|video=0151FI0020_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:08:11&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Grappe Christian&lt;br /&gt;
|apercu=Viadolorosa.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Yéghiché II Derderian; Diodore Ier; Chenouda III&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israel; Jérusalem; Vieille Ville; Via Dolorosa; église du Saint-Sépulcre&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-10-06&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Traditions@ Religious feasts and events@ Easter&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Festivités de la Pâques orthodoxe à Jérusalem filmées par Christian Grappe en 1984.&lt;br /&gt;
|Description_fr=La première séquence du film se focalise sur le dimanche des Rameaux. Elle s’ouvre sur un gros plan sur le Saint-Sépulcre. Sur les plans suivants, la première procession des rameaux. Le patriarche de l’Église copte orthodoxe Chenouda III est entouré de prêtes et de fidèles (00:06). Ensuite, plans successifs sur des fidèles devant le Saint-Sépulcre tenant de grands rameaux. Plan sur le patriarche arménien de Jérusalem, Yéghiché II Derderian, posant avec deux petites filles (00:50). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième séquence se concentre sur le chemin de croix ''Via Dolorosa'', le Vendredi saint. Sur le premier plan, des fidèles attendant le début de la procession. L’un d’entre eux tient une grande croix en bois. Début de la procession. Les fidèles avancent en portant la croix. Des religieuses récitent des prières. Gros plan sur un couple portant des t-shirts identiques avec le logo d’une agence matrimoniale chrétienne des États-Unis (01:34). Un fidèle touche « l’empreinte de la main de Jésus » (01:39). Arrivée de la procession au Saint-Sépulcre. Ouverture de l’église (02:00). Les fidèles se rassemblent devant. Gros plan sur le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Diodore Ier, tenant une croix (03:00). Le patriarche, accompagné par des prêtres et suivi par des fidèles monte sur des escaliers à côté de l’entrée du Saint-Sépulcre et fait une annonce. Accompagné de prêtre, Diodore Ier pénètre dans l’église. Plans successifs sur les scouts palestiniens (03:51). Des fidèles arrivent devant le Saint-Sépulcre (04:11). Le premier porte une croix en bois. Les fidèles attendent devant l’église. Procession qui part du Saint-Sépulcre (04:40). Marchand de rue (05:00).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième séquence est centrée sur la cérémonie du feu sacré, le Samedi saint. Arrivée des autorités religieuses orthodoxes (05:06). Plan sur des prêtres et des fidèles, cierge en main (05:22). Arrivée de fidèles devant le Saint-Sépulcre (05:26). Certains sont sur les épaules de leur coreligionnaire et agitent une canne, des cierges et un morceau de tissu blanc. D’autres dansent. Ils entrent dans le Saint-Sépulcre (06:04). Gros plan sur une dame âgée au visage fermé, l’air soucieux attendant que le miracle du feu sacré se produise (06:13). Gros plan sur un homme âgé, lui aussi attendant la sainte flamme (06:27). Les fidèles attendent devant l’entrée du Saint-Sépulcre pour recevoir le feu sacré (06:30). La foule s’agite. Des fidèles courent tout en agitant leur cierge. Ils passent une porte. Les fidèles se précipitent pour allumer leur cierge. Le feu sacré se propage. Une dame essaye d’éteindre son cierge (07:38). Elle y parvient et semble étonnée. Plan d’ensemble sur la foule (07:42). Des cierges sont allumés de part et d’autre. Au milieu de la foule, des fidèles brandissent des lanternes à l’intérieur desquelles brûle un cierge (07:51). Le film se termine sur des gros plans successifs sur la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Cet extrait de film, tourné en 1984 par Christian Grappe alors étudiant de la Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg en voyage d’études à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem en tant que boursier de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, nous présente les différentes célébrations religieuses se tenant lors de la semaine précédant la Pâques orthodoxe à Jérusalem. L’intention première du réalisateur a été de capter l’émotion des fidèles, dont parmi eux, de nombreux pèlerins venus du monde entier. Ce souci d’essayer de saisir l’émotion, de la comprendre, est doublé d’une seconde intention, celle de rendre compte de la présence des différentes communautés chrétiennes qui participent à ces fêtes et d’appréhender les rites propres à chacune d’entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Grande Semaine à Jérusalem ==&lt;br /&gt;
=== Le dimanche des Rameaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après un gros plan sur l’église du Saint-Sépulcre, le film s’ouvre sur la première procession des rameaux. On y voit le patriarche de l’Église copte orthodoxe Chenouda III – reconnaissable grâce à sa mitre, sa croix pectorale dorée, il est aussi le seul à ne pas tenir de rameaux – entouré de prêtres et de fidèles, en train défiler dans les rues de la Vieille Ville de grands rameaux à la main. La présence des « gardes musulmans » à l’avant du cortège s’explique par le fait que les clés du Saint-Sépulcre sont détenues par deux familles musulmanes de la ville, l’une étant chargée de garder la clé et l’autre d’ouvrir la porte. La procession s’arrête sur la place en face de l’église. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques et marque pour les chrétiens l’entrée dans la dernière partie du Carême, la Semaine sainte ou, chez les orthodoxes, la Grande Semaine. Cette fête célèbre d’une part l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où il fut, selon les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean), accueilli par une foule agitant des rameaux de palmier et d’olivier, d’autre part elle annonce la Passion Christ. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à l’Occident qui ne l’autorisa qu’au VIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cette fête est célébrée à Jérusalem depuis le IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Supprimée au XI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle par le calife El-Hakim, qui détruisit en 1009 le Saint-Sépulcre, elle fut, plus tard, rétablie par les croisés. De nos jours encore, des chrétiens du monde entier se rassemblent au sommet du mont des Oliviers et descendent, à la manière de la procession filmée par Christian Grappe en 1984, jusqu’à la Vieille Ville de Jérusalem en agitant des rameaux de palmier et d’olivier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Vendredi saint ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film se poursuit sur les célébrations religieuses du Vendredi saint. Ce jour est dédié à la commémoration de la Passion et de la crucifixion de Jésus-Christ, c’est donc un jour de profond recueillement, en témoigne le visage fermé des fidèles venus assister à la cérémonie (01:04). À Jérusalem, les chrétiens participent à la procession du chemin de croix ''Via Dolorosa''. Cette rue, située dans la Vieille Ville, comprend neuf des quatorze stations du chemin que le Christ aurait emprunté avant sa crucifixion, les cinq dernières étant à l’intérieur du Saint-Sépulcre. À cette occasion, des pèlerins du monde entier se déplacent à Jérusalem, certains simplement pour assister à la procession, d’autres pour y participer. Les fidèles portent des croix en bois (01:09), récitent des prières (01:22) et s’arrêtent aux différents lieux importants du calvaire de Jésus : à 01:39, un homme touche « l’empreinte de la main de Jésus », trace qu’il aurait laissée après s’être adossé sur le mur. La procession s’achève à la basilique du Saint-Sépulcre, construite à l’endroit regroupant selon la tradition chrétienne le lieu où le Christ aurait été crucifié, mis au tombeau puis ressuscité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Samedi saint et la cérémonie du feu sacré ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film se termine sur la cérémonie du feu sacré. C’est l’une des plus grandes fêtes de l’Église orthodoxe. Elle a lieu tous les ans le Samedi saint, la veille de la Pâques orthodoxe, et est célébrée à l’église du Saint-Sépulcre située à l’intérieur des murs de la Vieille Ville de Jérusalem. Elle est menée par l’Église grecque orthodoxe de concert avec l’Église arménienne et se tient généralement entre midi et une heure. Cet événement est fêté par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dont de nombreux fidèles se déplacent à Jérusalem pour assister à la cérémonie. Selon leurs croyances, le feu sacré descend du ciel jusqu’au tombeau du Christ dans le Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premiers témoignages de cette célébration datent du IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Cette fête serait, selon certains historiens, inspirée de la cérémonie juive du ''Kabod Yahweh'' selon laquelle, chaque année à l’occasion du nouvel an solaire, le premier rayon du soleil levant rallumait le feu sacré de l’autel installé dans la cour du premier ainsi que du second temple de Jérusalem, en souvenir du premier feu allumé lors de l’inauguration du Temple de Salomon au X&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle avant notre ère. À l’instar d’autres fêtes chrétiennes, il est possible que celle-ci soit une réinterprétation d’une ancienne tradition juive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWARBURGIG 10313248392.jpg|vignette|gauche|Gravure de Bernard Picart représentant la distribution du feu sacré par le patriarche, 1724 © JSTOR.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de n’avoir pas connu de grands changements dans la manière de le célébrer, ce rite est pratiqué – et ce, malgré la destruction du Saint-Sépulcre en 1009 – chaque année, au même endroit et quasiment de la même façon depuis, au moins, le IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Jusqu’au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les communautés catholiques fêtaient ce miracle avec les chrétiens orthodoxes, mais en 1238 le pape Grégoire IX publia une bulle pontificale dans laquelle il accusa l’Église grecque de fraude et mystification. Depuis lors, le rite romain rejette les croyances liées au feu sacré. Cependant, les franciscains de la custodie de Terre Sainte célèbrent toujours ce miracle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’apparition du feu sacré est perçue comme une révélation miraculeuse, comme un signe de la Résurrection, il symbolise la puissance de la vie. La flamme apparaît dans la petite chapelle qui abrite le tombeau de Jésus à l’intérieur du Saint-Sépulcre. C’est uniquement le patriarche orthodoxe grec qui reçoit le feu sacré et qui le transmet aux autres patriarches ainsi qu’à la foule de fidèles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWSS35953 35953 29352526.jpg|vignette|droite|Le miracle du feu sacré par William Holman Hunt, 1892-1899 © JSTOR.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie est très surveillée. Avant que le patriarche orthodoxe grec n’entre dans la chapelle, les autorités israéliennes vérifient qu’il n’y ait aucune source de chaleur permettant d’allumer un feu, que toutes les lampes sont éteintes et scellent le tombeau avec de la cire. Une fois la vérification effectuée, le patriarche grec, munis de deux grands cierges, pénètre seul à l’intérieur de l’édicule et, après avoir reçu la flamme, la distribue aux patriarches arménien et copte ainsi qu’à toutes les personnes qui sont restées à l’extérieur de la chapelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant le Saint-Sépulcre, beaucoup d’émotion se dégage lorsque les fidèles attendent que le patriarche grec sorte du tombeau avec les cierges allumés par la sainte flamme. De plus, une partie de la foule est très agité. En effet, des fidèles dansent, d’autres montent sur les épaules de leur coreligionnaire, chacun brandissant un cierge encore éteint. Certains, attendent quant à eux, tranquillement, mais impatients le feu sacré. La foule exulte lorsque les premiers cierges enflammés sortent de l’église. Nombreux sont les fidèles qui se précipitent pour allumer les leurs. Enfin, certains pèlerins venus de très loin ramènent dans leur foyer, grâce à des lanternes, la sainte flamme, propageant ainsi dans le monde entier le miracle du Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Symboles et affirmation des présences chrétiennes en Terre sainte ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au-delà de leur dimension spirituelle, les fêtes de Pâques à Jérusalem permettent aux communautés chrétiennes présentes sur place, d’une part de s’affirmer à côté des Juifs et des Musulmans, d’autre part de professer leurs singularités. Les rivalités entre les communautés chrétiennes, héritées depuis l’époque des croisades, subsistent encore de nos jours. Elles se sont cristallisées autour de la question de la gestion des lieux saints, si bien que la basilique du Saint-Sépulcre compte actuellement en son sein les Églises : catholique, apostolique et romaine ; orthodoxe grecque de Jérusalem ; apostolique arménienne ; syriaque orthodoxe ; copte orthodoxe et éthiopienne orthodoxe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les festivités pascales, et ''a fortiori'' la cérémonie du feu sacré célébrée uniquement par les orthodoxes, sont donc une occasion rare pour les différentes Églises d’affirmer leur présence en Terre sainte. Dès lors, on comprend l’importance que revêt, pour l’Église arménienne et ses fidèles, la procession menée par le ''drogman'' (chancelier du Patriarcat), dans les rues de la Vieille Ville jusqu’au Saint-Sépulcre (05:06), au cours de laquelle il brandit les clés de la basilique, remises le matin même par les gardiens musulmans, pour montrer qu’elle est, ce jour-là, sous leur autorité. Aussi, on imagine aisément le caractère hautement symbolique que représente, pour la population arabe de la ville, la présence de scouts palestiniens à ces festivités (03:50). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différences de rite et d’attitude personnelle et collective, sont cruciales puisqu’elles permettent également aux communautés chrétiennes de manifester leur singularité. En témoigne particulièrement bien les fidèles qui, juste avant la descente du feu sacré, arrivent sur les épaules de leur coreligionnaire en agitant des cierges, une canne et un morceau de tissu blanc (05:26). De même que ceux qui, une fois après avoir reçu le feu sacré, se mettent à courir à travers la foule en brandissant chacun leur cierge allumé (06:35). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les pèlerinages, au-delà de leur dimension spirituelle, permettent, eux aussi, d’affirmer les présences chrétiennes en Terre sainte, ils possèdent également une dimension plus commerciale. En effet, le tourisme religieux pèse de tout son poids dans l’économie hiérosolymitaine. Jérusalem se distingue des autres villes dites « saintes » par son multi-confessionnalisme amenant de fait, des pèlerins et touristes issus des trois grandes religions monothéistes à se rendre sur les lieux symboliques du judaïsme, du christianisme et de l’islam : le Mur des Lamentations, le Saint-Sépulcre et l’esplanade des Mosquées. La dimension commerciale des pèlerinages se traduit de manière très concrète dans l’enceinte de la Vieille Ville dans la mesure où les visiteurs peuvent acheter des objets à caractères religieux de toute sorte dans quasiment chaque échoppe présente à l’intérieur des murailles ou, directement, à des marchands de rue (05:00).&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ANDEZIAN Sossie, « Des pèlerins sédentaires. Formation d’une diaspora arménienne à Jérusalem », dans CHIFFOLEAU Sylvia et MADŒUF Anna (dir.), ''Les pèlerinages au Moyen-Orient. Espaces publics, espaces du public'',  Damas, Presses de l’Ifpo, 2005, p. 85-106.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENVENISTI Meron, ''Jérusalem, une histoire politique'', Arles, Actes Sud, 1996.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BULLE Sylvaine, ''Sociologie de Jérusalem'', Paris, La Découverte, 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CANARD Marius, « La destruction de l’église de la Résurrection par le calife Hakim et l’histoire de la descente du feu sacré », dans ''Byzantion'', n°35, 1965/1, p. 16-43.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÉRY Robert, ''Jours de fêtes. Histoire des célébrations chrétiennes'', Paris, Seuil, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEMIRE Vincent (dir.), ''Jérusalem. Histoire d’une ville monde des origines à nos jours'', Paris, Flammarion, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIDOV Alexei, « The Holy Fire and Visual Constructs of Jerusalem, East and West », dans KÜHNEL Bianca, NOGA-BANAI Galit et VORHOLT Hanna (ed.), ''Visual Constructs of Jerusalem'', Turnhout, Brepols, 2014, p. 241-249.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16710</id>
		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16710"/>
		<updated>2021-01-21T17:35:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem&lt;br /&gt;
|fonds=Grappe&lt;br /&gt;
|idSupport=0151FI0020&lt;br /&gt;
|dateDebut=1984&lt;br /&gt;
|dateFin=1984&lt;br /&gt;
|video=0151FI0020_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:08:11&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Grappe Christian&lt;br /&gt;
|apercu=Viadolorosa.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Yéghiché II Derderian; Diodore Ier; Chenouda III&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israel; Jérusalem; Vieille Ville; Via Dolorosa; église du Saint-Sépulcre&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-10-06&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Traditions@ Religious feasts and events@ Easter&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Festivités de la Pâques orthodoxe à Jérusalem filmées par Christian Grappe en 1984.&lt;br /&gt;
|Description_fr=La première séquence du film se focalise sur le dimanche des Rameaux. Elle s’ouvre sur un gros plan sur le Saint-Sépulcre. Sur les plans suivants, la première procession des rameaux. Le pape de l’Église copte orthodoxe Chenouda III est entouré de prêtes et de fidèles (00:06). Ensuite, plans successifs sur des fidèles devant le Saint-Sépulcre tenant de grands rameaux. Plan sur le patriarche arménien de Jérusalem, Yéghiché II Derderian, posant avec deux petites filles (00:50). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième séquence se concentre sur le chemin de croix ''Via Dolorosa'', le Vendredi saint. Sur le premier plan, des fidèles attendant le début de la procession. L’un d’entre eux tient une grande croix en bois. Début de la procession. Les fidèles avancent en portant la croix. Des religieuses récitent des prières. Gros plan sur un couple portant des t-shirts identiques avec le logo d’une agence matrimoniale chrétienne des États-Unis (01:34). Un fidèle touche « l’empreinte de la main de Jésus » (01:39). Arrivée de la procession au Saint-Sépulcre. Ouverture de l’église (02:00). Les fidèles se rassemblent devant. Gros plan sur le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Diodore Ier, tenant une croix (03:00). Le patriarche, accompagné par des prêtres et suivi par des fidèles monte sur des escaliers à côté de l’entrée du Saint-Sépulcre et fait une annonce. Accompagné de prêtre, Diodore Ier pénètre dans l’église. Plans successifs sur les scouts palestiniens (03:51). Des fidèles arrivent devant le Saint-Sépulcre (04:11). Le premier porte une croix en bois. Les fidèles attendent devant l’église. Procession qui part du Saint-Sépulcre (04:40). Marchand de rue (05:00).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième séquence est centrée sur la cérémonie du feu sacré, le Samedi saint. Arrivée des autorités religieuses orthodoxes (05:06). Plan sur des prêtres et des fidèles, cierge en main (05:22). Arrivée de fidèles devant le Saint-Sépulcre (05:26). Certains sont sur les épaules de leur coreligionnaire et agitent une canne, des cierges et un morceau de tissu blanc. D’autres dansent. Ils entrent dans le Saint-Sépulcre (06:04). Gros plan sur une dame âgée au visage fermé, l’air soucieux attendant que le miracle du feu sacré se produise (06:13). Gros plan sur un homme âgé, lui aussi attendant la sainte flamme (06:27). Les fidèles attendent devant l’entrée du Saint-Sépulcre pour recevoir le feu sacré (06:30). La foule s’agite. Des fidèles courent tout en agitant leur cierge. Ils passent une porte. Les fidèles se précipitent pour allumer leur cierge. Le feu sacré se propage. Une dame essaye d’éteindre son cierge (07:38). Elle y parvient et semble étonnée. Plan d’ensemble sur la foule (07:42). Des cierges sont allumés de part et d’autre. Au milieu de la foule, des fidèles brandissent des lanternes à l’intérieur desquelles brûle un cierge (07:51). Le film se termine sur des gros plans successifs sur la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Cet extrait de film, tourné en 1984 par Christian Grappe alors étudiant de la Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg en voyage d’études à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem en tant que boursier de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, nous présente les différentes célébrations religieuses se tenant lors de la semaine précédant la Pâques orthodoxe à Jérusalem. L’intention première du réalisateur a été de capter l’émotion des fidèles, dont parmi eux, de nombreux pèlerins venus du monde entier. Ce souci d’essayer de saisir l’émotion, de la comprendre, est doublé d’une seconde intention, celle de rendre compte de la présence des différentes communautés chrétiennes qui participent à ces fêtes et d’appréhender les rites propres à chacune d’entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Grande Semaine à Jérusalem ==&lt;br /&gt;
=== Le dimanche des Rameaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après un gros plan sur l’église du Saint-Sépulcre, le film s’ouvre sur la première procession des rameaux. On y voit le pape de l’Église copte orthodoxe Chenouda III – reconnaissable grâce à sa mitre, sa croix pectorale dorée, il est aussi le seul à ne pas tenir de rameaux – entouré de prêtres et de fidèles, en train défiler dans les rues de la Vieille Ville de grands rameaux à la main. La présence des « gardes musulmans » à l’avant du cortège s’explique par le fait que les clés du Saint-Sépulcre sont détenues par deux familles musulmanes de la ville, l’une étant chargée de garder la clé et l’autre d’ouvrir la porte. La procession s’arrête sur la place en face de l’église. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques et marque pour les chrétiens l’entrée dans la dernière partie du Carême, la Semaine sainte ou, chez les orthodoxes, la Grande Semaine. Cette fête célèbre d’une part l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où il fut, selon les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean), accueilli par une foule agitant des rameaux de palmier et d’olivier, d’autre part elle annonce la Passion Christ. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à l’Occident qui ne l’autorisa qu’au VIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cette fête est célébrée à Jérusalem depuis le IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Supprimée au XI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle par le calife El-Hakim, qui détruisit en 1009 le Saint-Sépulcre, elle fut, plus tard, rétablie par les croisés. De nos jours encore, des chrétiens du monde entier se rassemblent au sommet du mont des Oliviers et descendent, à la manière de la procession filmée par Christian Grappe en 1984, jusqu’à la Vieille Ville de Jérusalem en agitant des rameaux de palmier et d’olivier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Grand vendredi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film se poursuit sur les célébrations religieuses du Vendredi saint. Ce jour est dédié à la commémoration de la Passion et de la crucifixion de Jésus-Christ, c’est donc un jour de profond recueillement, en témoigne le visage fermé des fidèles venus assister à la cérémonie (01:04). À Jérusalem, les chrétiens participent à la procession du chemin de croix ''Via Dolorosa''. Cette rue, située dans la Vieille Ville, comprend neuf des quatorze stations du chemin que le Christ aurait emprunté avant sa crucifixion, les cinq dernières étant à l’intérieur du Saint-Sépulcre. À cette occasion, des pèlerins du monde entier se déplacent à Jérusalem, certains simplement pour assister à la procession, d’autres pour y participer. Les fidèles portent des croix en bois (01:09), récitent des prières (01:22) et s’arrêtent aux différents lieux importants du calvaire de Jésus : à 01:39, un homme touche « l’empreinte de la main de Jésus », trace qu’il aurait laissée après s’être adossé sur le mur. La procession s’achève à la basilique du Saint-Sépulcre, construite à l’endroit regroupant selon la tradition chrétienne le lieu où le Christ aurait été crucifié, mis au tombeau puis ressuscité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Samedi saint et la cérémonie du feu sacré ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film se termine sur la cérémonie du feu sacré. C’est l’une des plus grandes fêtes de l’Église orthodoxe. Elle a lieu tous les ans le Samedi saint, la veille de la Pâques orthodoxe, et est célébrée à l’église du Saint-Sépulcre située à l’intérieur des murs de la Vieille Ville de Jérusalem. Elle est menée par l’Église grecque orthodoxe de concert avec l’Église arménienne et se tient généralement entre midi et une heure. Cet événement est fêté par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dont de nombreux fidèles se déplacent à Jérusalem pour assister à la cérémonie. Selon leurs croyances, le feu sacré descend du ciel jusqu’au tombeau du Christ dans le Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premiers témoignages de cette célébration datent du IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Cette fête serait, selon certains historiens, inspirée de la cérémonie juive du ''Kabod Yahweh'' selon laquelle, chaque année à l’occasion du nouvel an solaire, le premier rayon du soleil levant rallumait le feu sacré de l’autel installé dans la cour du premier ainsi que du second temple de Jérusalem, en souvenir du premier feu allumé lors de l’inauguration du Temple de Salomon au X&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle avant notre ère. À l’instar d’autres fêtes chrétiennes, il est possible que celle-ci soit une réinterprétation d’une ancienne tradition juive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWARBURGIG 10313248392.jpg|vignette|gauche|Gravure de Bernard Picart représentant la distribution du feu sacré par le patriarche, 1724 © JSTOR.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de n’avoir pas connu de grands changements dans la manière de le célébrer, ce rite est pratiqué – et ce, malgré la destruction du Saint-Sépulcre en 1009 – chaque année, au même endroit et quasiment de la même façon depuis, au moins, le IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Jusqu’au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les communautés catholiques fêtaient ce miracle avec les chrétiens orthodoxes, mais en 1238 le pape Grégoire IX publia une bulle pontificale dans laquelle il accusa l’Église grecque de fraude et mystification. Depuis lors, le rite romain rejette les croyances liées au feu sacré. Cependant, les franciscains de la custodie de Terre Sainte célèbrent toujours ce miracle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’apparition du feu sacré est perçue comme une révélation miraculeuse, comme un signe de la Résurrection, il symbolise la puissance de la vie. La flamme apparaît dans la petite chapelle qui abrite le tombeau de Jésus à l’intérieur du Saint-Sépulcre. C’est uniquement le patriarche orthodoxe grec qui reçoit le feu sacré et qui le transmet aux autres patriarches ainsi qu’à la foule de fidèles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWSS35953 35953 29352526.jpg|vignette|droite|Le miracle du feu sacré par William Holman Hunt, 1892-1899 © JSTOR.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie est très surveillée. Avant que le patriarche orthodoxe grec n’entre dans la chapelle, les autorités israéliennes vérifient qu’il n’y ait aucune source de chaleur permettant d’allumer un feu, que toutes les lampes sont éteintes et scellent le tombeau avec de la cire. Une fois la vérification effectuée, le patriarche grec, munis de deux grands cierges, pénètre seul à l’intérieur de l’édicule et, après avoir reçu la flamme, la distribue aux patriarches arménien et copte ainsi qu’à toutes les personnes qui sont restées à l’extérieur de la chapelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant le Saint-Sépulcre, beaucoup d’émotion se dégage lorsque les fidèles attendent que le patriarche grec sorte du tombeau avec les cierges allumés par la sainte flamme. De plus, une partie de la foule est très agité. En effet, des fidèles dansent, d’autres montent sur les épaules de leur coreligionnaire, chacun brandissant un cierge encore éteint. Certains, attendent quant à eux, tranquillement, mais impatients le feu sacré. La foule exulte lorsque les premiers cierges enflammés sortent de l’église. Nombreux sont les fidèles qui se précipitent pour allumer les leurs. Enfin, certains pèlerins venus de très loin ramènent dans leur foyer, grâce à des lanternes, la sainte flamme, propageant ainsi dans le monde entier le miracle du Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Symboles et affirmation des présences chrétiennes en Terre sainte ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au-delà de leur dimension spirituelle, les fêtes de Pâques à Jérusalem permettent aux communautés chrétiennes présentes sur place, d’une part de s’affirmer à côté des Juifs et des Musulmans, d’autre part de professer leurs singularités. Les rivalités entre les communautés chrétiennes, héritées depuis l’époque des croisades, subsistent encore de nos jours. Elles se sont cristallisées autour de la question de la gestion des lieux saints, si bien que la basilique du Saint-Sépulcre compte actuellement en son sein les Églises : catholique, apostolique et romaine ; orthodoxe grecque de Jérusalem ; apostolique arménienne ; syriaque orthodoxe ; copte orthodoxe et éthiopienne orthodoxe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les festivités pascales, et ''a fortiori'' la cérémonie du feu sacré célébrée uniquement par les orthodoxes, sont donc une occasion rare pour les différentes Églises d’affirmer leur présence en Terre sainte. Dès lors, on comprend l’importance que revêt, pour l’Église arménienne et ses fidèles, la procession menée par le ''drogman'' (chancelier du Patriarcat), dans les rues de la Vieille Ville jusqu’au Saint-Sépulcre (05:06), au cours de laquelle il brandit les clés de la basilique, remises le matin même par les gardiens musulmans, pour montrer qu’elle est, ce jour-là, sous leur autorité. Aussi, on imagine aisément le caractère hautement symbolique que représente, pour la population arabe de la ville, la présence de scouts palestiniens à ces festivités (03:50). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différences de rite et d’attitude personnelle et collective, sont cruciales puisqu’elles permettent également aux communautés chrétiennes de manifester leur singularité. En témoigne particulièrement bien les fidèles qui, juste avant la descente du feu sacré, arrivent sur les épaules de leur coreligionnaire en agitant des cierges, une canne et un morceau de tissu blanc (05:26). De même que ceux qui, une fois après avoir reçu le feu sacré, se mettent à courir à travers la foule en brandissant chacun leur cierge allumé (06:35). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les pèlerinages, au-delà de leur dimension spirituelle, permettent, eux aussi, d’affirmer les présences chrétiennes en Terre sainte, ils possèdent également une dimension plus commerciale. En effet, le tourisme religieux pèse de tout son poids dans l’économie hiérosolymitaine. Jérusalem se distingue des autres villes dites « saintes » par son multi-confessionnalisme amenant de fait, des pèlerins et touristes issus des trois grandes religions monothéistes à se rendre sur les lieux symboliques du judaïsme, du christianisme et de l’islam : le Mur des Lamentations, le Saint-Sépulcre et l’esplanade des Mosquées. La dimension commerciale des pèlerinages se traduit de manière très concrète dans l’enceinte de la Vieille Ville dans la mesure où les visiteurs peuvent acheter des objets à caractères religieux de toute sorte dans quasiment chaque échoppe présente à l’intérieur des murailles ou, directement, à des marchands de rue (05:00).&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ANDEZIAN Sossie, « Des pèlerins sédentaires. Formation d’une diaspora arménienne à Jérusalem », dans CHIFFOLEAU Sylvia et MADŒUF Anna (dir.), ''Les pèlerinages au Moyen-Orient. Espaces publics, espaces du public'',  Damas, Presses de l’Ifpo, 2005, p. 85-106.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENVENISTI Meron, ''Jérusalem, une histoire politique'', Arles, Actes Sud, 1996.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BULLE Sylvaine, ''Sociologie de Jérusalem'', Paris, La Découverte, 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CANARD Marius, « La destruction de l’église de la Résurrection par le calife Hakim et l’histoire de la descente du feu sacré », dans ''Byzantion'', n°35, 1965/1, p. 16-43.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÉRY Robert, ''Jours de fêtes. Histoire des célébrations chrétiennes'', Paris, Seuil, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEMIRE Vincent (dir.), ''Jérusalem. Histoire d’une ville monde des origines à nos jours'', Paris, Flammarion, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIDOV Alexei, « The Holy Fire and Visual Constructs of Jerusalem, East and West », dans KÜHNEL Bianca, NOGA-BANAI Galit et VORHOLT Hanna (ed.), ''Visual Constructs of Jerusalem'', Turnhout, Brepols, 2014, p. 241-249.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
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		<updated>2021-01-21T17:33:35Z</updated>

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&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
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|Description_fr=La première séquence du film se focalise sur le dimanche des Rameaux. Elle s’ouvre sur un gros plan sur le Saint-Sépulcre. Sur les plans suivants, la première procession des rameaux. Le pape de l’Église copte orthodoxe Chenouda III est entouré de prêtes et de fidèles (00:06). Ensuite, plans successifs sur des fidèles devant le Saint-Sépulcre tenant de grands rameaux. Plan sur le patriarche arménien de Jérusalem, Yéghiché II Derderian, posant avec deux petites filles (00:50). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième séquence se concentre sur le chemin de croix ''Via Dolorosa'', le Vendredi saint. Sur le premier plan, des fidèles attendant le début de la procession. L’un d’entre eux tient une grande croix en bois. Début de la procession. Les fidèles avancent en portant la croix. Des religieuses récitent des prières. Gros plan sur un couple portant des t-shirts identiques avec le logo d’une agence matrimoniale chrétienne des États-Unis (01:34). Un fidèle touche « l’empreinte de la main de Jésus » (01:39). Arrivée de la procession au Saint-Sépulcre. Ouverture de l’église (02:00). Les fidèles se rassemblent devant. Gros plan sur le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Diodore Ier, tenant une croix (03:00). Le patriarche, accompagné par des prêtres et suivi par des fidèles monte sur des escaliers à côté de l’entrée du Saint-Sépulcre et fait une annonce. Accompagné de prêtre, Diodore Ier pénètre dans l’église. Plans successifs sur les scouts palestiniens (03:51). Des fidèles arrivent devant le Saint-Sépulcre (04:11). Le premier porte une croix en bois. Les fidèles attendent devant l’église. Procession qui part du Saint-Sépulcre (04:40). Marchand de rue (05:00).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième séquence est centrée sur la cérémonie du feu sacré, le Samedi saint. Arrivée des autorités religieuses orthodoxes (05:06). Plan sur des prêtres et des fidèles, cierge en main (05:22). Arrivée de fidèles devant le Saint-Sépulcre (05:26). Certains sont sur les épaules de leur coreligionnaire et agitent une canne, des cierges et un morceau de tissu blanc. D’autres dansent. Ils entrent dans le Saint-Sépulcre (06:04). Gros plan sur une dame âgée au visage fermé, l’air soucieux attendant que le miracle du feu sacré se produise (06:13). Gros plan sur un homme âgé, lui aussi attendant la sainte flamme (06:27). Les fidèles attendent devant l’entrée du Saint-Sépulcre pour recevoir le feu sacré (06:30). La foule s’agite. Des fidèles courent tout en agitant leur cierge. Ils passent une porte. Les fidèles se précipitent pour allumer leur cierge. Le feu sacré se propage. Une dame essaye d’éteindre son cierge (07:38). Elle y parvient et semble étonnée. Plan d’ensemble sur la foule (07:42). Des cierges sont allumés de part et d’autre. Au milieu de la foule, des fidèles brandissent des lanternes à l’intérieur desquelles brûle un cierge (07:51). Le film se termine sur des gros plans successifs sur la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Cet extrait de film, tourné en 1984 par Christian Grappe alors étudiant de la Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg en voyage d’études à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem en tant que boursier de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, nous présente les différentes célébrations religieuses se tenant lors de la semaine précédant la Pâques orthodoxe à Jérusalem. L’intention première du réalisateur a été de capter l’émotion des fidèles, dont parmi eux, de nombreux pèlerins venus du monde entier. Ce souci d’essayer de saisir l’émotion, de la comprendre, est doublé d’une seconde intention, celle de rendre compte de la présence des différentes communautés chrétiennes qui participent à ces fêtes et d’appréhender les rites propres à chacune d’entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Grande Semaine à Jérusalem ==&lt;br /&gt;
=== Le dimanche des Rameaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après un gros plan sur l’église du Saint-Sépulcre, le film s’ouvre sur la première procession des rameaux. On y voit le pape de l’Église copte orthodoxe Chenouda III – reconnaissable grâce à sa mitre, sa croix pectorale dorée, il est aussi le seul à ne pas tenir de rameaux – entouré de prêtres et de fidèles, en train défiler dans les rues de la Vieille Ville de grands rameaux à la main. La présence des « gardes musulmans » à l’avant du cortège s’explique par le fait que les clés du Saint-Sépulcre sont détenues par deux familles musulmanes de la ville, l’une étant chargée de garder la clé et l’autre d’ouvrir la porte. La procession s’arrête sur la place en face de l’église. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques et marque pour les chrétiens l’entrée dans la dernière partie du Carême, la Semaine sainte ou, chez les orthodoxes, la Grande Semaine. Cette fête célèbre d’une part l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où il fut, selon les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean), accueilli par une foule agitant des rameaux de palmier et d’olivier, d’autre part elle annonce la Passion Christ. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à l’Occident qui ne l’autorisa qu’au VIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cette fête est célébrée à Jérusalem depuis le IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Supprimée au XI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle par le calife El-Hakim, qui détruisit en 1009 le Saint-Sépulcre, elle fut, plus tard, rétablie par les croisés. De nos jours encore, des chrétiens du monde entier se rassemblent au sommet du mont des Oliviers et descendent, à la manière de la procession filmée par Christian Grappe en 1984, jusqu’à la Vieille Ville de Jérusalem en agitant des rameaux de palmier et d’olivier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Grand vendredi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film se poursuit sur les célébrations religieuses du Vendredi saint. Ce jour est dédié à la commémoration de la Passion et de la crucifixion de Jésus-Christ, c’est donc un jour de profond recueillement, en témoigne le visage fermé des fidèles venus assister à la cérémonie (01:04). À Jérusalem, les chrétiens participent à la procession du chemin de croix ''Via Dolorosa''. Cette rue, située dans la Vieille Ville, comprend neuf des quatorze stations du chemin que le Christ aurait emprunté avant sa crucifixion, les cinq dernières étant à l’intérieur du Saint-Sépulcre. À cette occasion, des pèlerins du monde entier se déplacent à Jérusalem, certains simplement pour assister à la procession, d’autres pour y participer. Les fidèles portent des croix en bois (01:09), récitent des prières (01:22) et s’arrêtent aux différents lieux importants du calvaire de Jésus : à 01:39, un homme touche « l’empreinte de la main de Jésus », trace qu’il aurait laissée après s’être adossé sur le mur. La procession s’achève à la basilique du Saint-Sépulcre, construite à l’endroit regroupant selon la tradition chrétienne le lieu où le Christ aurait été crucifié, mis au tombeau puis ressuscité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Samedi saint et la cérémonie du feu sacré ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film se termine sur la cérémonie du feu sacré. C’est l’une des plus grandes fêtes de l’Église orthodoxe. Elle a lieu tous les ans le Samedi saint, la veille de la Pâques orthodoxe, et est célébrée à l’église du Saint-Sépulcre située à l’intérieur des murs de la Vieille Ville de Jérusalem. Elle est menée par l’Église grecque orthodoxe de concert avec l’Église arménienne et se tient généralement entre midi et une heure. Cet événement est fêté par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dont de nombreux fidèles se déplacent à Jérusalem pour assister à la cérémonie. Selon leurs croyances, le feu sacré descend du ciel jusqu’au tombeau du Christ dans le Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premiers témoignages de cette célébration datent du IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Cette fête serait, selon certains historiens, inspirée de la cérémonie juive du ''Kabod Yahweh'' selon laquelle, chaque année à l’occasion du nouvel an solaire, le premier rayon du soleil levant rallumait le feu sacré de l’autel installé dans la cour du premier ainsi que du second temple de Jérusalem, en souvenir du premier feu allumé lors de l’inauguration du Temple de Salomon au X&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle avant notre ère. À l’instar d’autres fêtes chrétiennes, il est possible que celle-ci soit une réinterprétation d’une ancienne tradition juive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWARBURGIG 10313248392.jpg|vignette|gauche|Gravure de Bernard Picart représentant la distribution du feu sacré par le patriarche, 1724 © JSTOR.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de n’avoir pas connu de grands changements dans la manière de le célébrer, ce rite est pratiqué – et ce, malgré la destruction du Saint-Sépulcre en 1009 – chaque année, au même endroit et quasiment de la même façon depuis, au moins, le IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Jusqu’au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les communautés catholiques fêtaient ce miracle avec les chrétiens orthodoxes, mais en 1238 le pape Grégoire IX publia une bulle pontificale dans laquelle il accusa l’Église grecque de fraude et mystification. Depuis lors, le rite romain rejette les croyances liées au feu sacré. Cependant, les franciscains de la custodie de Terre Sainte célèbrent toujours ce miracle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’apparition du feu sacré est perçue comme une révélation miraculeuse, comme un signe de la Résurrection, il symbolise la puissance de la vie. La flamme apparaît dans la petite chapelle qui abrite le tombeau de Jésus à l’intérieur du Saint-Sépulcre. C’est uniquement le patriarche orthodoxe grec qui reçoit le feu sacré et qui le transmet aux autres patriarches ainsi qu’à la foule de fidèles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWSS35953 35953 29352526.jpg|vignette|droite|Le miracle du feu sacré par William Holman Hunt, 1892-1899 © JSTOR.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie est très surveillée. Avant que le patriarche orthodoxe grec n’entre dans la chapelle, les autorités israéliennes vérifient qu’il n’y ait aucune source de chaleur permettant d’allumer un feu, que toutes les lampes sont éteintes et scellent le tombeau avec de la cire. Une fois la vérification effectuée, le patriarche grec, munis de deux grands cierges, pénètre seul à l’intérieur de l’édicule et, après avoir reçu la flamme, la distribue aux patriarches arménien et copte ainsi qu’à toutes les personnes qui sont restées à l’extérieur de la chapelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant le Saint-Sépulcre, beaucoup d’émotion se dégage lorsque les fidèles attendent que le patriarche grec sorte du tombeau avec les cierges allumés par la sainte flamme. De plus, une partie de la foule est très agité. En effet, des fidèles dansent, d’autres montent sur les épaules de leur coreligionnaire, chacun brandissant un cierge encore éteint. Certains, attendent quant à eux, tranquillement, mais impatients le feu sacré. La foule exulte lorsque les premiers cierges enflammés sortent de l’église. Nombreux sont les fidèles qui se précipitent pour allumer les leurs. Enfin, certains pèlerins venus de très loin ramènent dans leur foyer, grâce à des lanternes, la sainte flamme, propageant ainsi dans le monde entier le miracle du Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symboles et affirmation des présences chrétiennes en Terre sainte&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au-delà de leur dimension spirituelle, les fêtes de Pâques à Jérusalem permettent aux communautés chrétiennes présentes sur place, d’une part de s’affirmer à côté des Juifs et des Musulmans, d’autre part de professer leurs singularités. Les rivalités entre les communautés chrétiennes, héritées depuis l’époque des croisades, subsistent encore de nos jours. Elles se sont cristallisées autour de la question de la gestion des lieux saints, si bien que la basilique du Saint-Sépulcre compte actuellement en son sein les Églises : catholique, apostolique et romaine ; orthodoxe grecque de Jérusalem ; apostolique arménienne ; syriaque orthodoxe ; copte orthodoxe et éthiopienne orthodoxe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les festivités pascales, et ''a fortiori'' la cérémonie du feu sacré célébrée uniquement par les orthodoxes, sont donc une occasion rare pour les différentes Églises d’affirmer leur présence en Terre sainte. Dès lors, on comprend l’importance que revêt, pour l’Église arménienne et ses fidèles, la procession menée par le ''drogman'' (chancelier du Patriarcat), dans les rues de la Vieille Ville jusqu’au Saint-Sépulcre (05:06), au cours de laquelle il brandit les clés de la basilique, remises le matin même par les gardiens musulmans, pour montrer qu’elle est, ce jour-là, sous leur autorité. Aussi, on imagine aisément le caractère hautement symbolique que représente, pour la population arabe de la ville, la présence de scouts palestiniens à ces festivités (03:50). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différences de rite et d’attitude personnelle et collective, sont cruciales puisqu’elles permettent également aux communautés chrétiennes de manifester leur singularité. En témoigne particulièrement bien les fidèles qui, juste avant la descente du feu sacré, arrivent sur les épaules de leur coreligionnaire en agitant des cierges, une canne et un morceau de tissu blanc (05:26). De même que ceux qui, une fois après avoir reçu le feu sacré, se mettent à courir à travers la foule en brandissant chacun leur cierge allumé (06:35). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les pèlerinages, au-delà de leur dimension spirituelle, permettent, eux aussi, d’affirmer les présences chrétiennes en Terre sainte, ils possèdent également une dimension plus commerciale. En effet, le tourisme religieux pèse de tout son poids dans l’économie hiérosolymitaine. Jérusalem se distingue des autres villes dites « saintes » par son multi-confessionnalisme amenant de fait, des pèlerins et touristes issus des trois grandes religions monothéistes à se rendre sur les lieux symboliques du judaïsme, du christianisme et de l’islam : le Mur des Lamentations, le Saint-Sépulcre et l’esplanade des Mosquées. La dimension commerciale des pèlerinages se traduit de manière très concrète dans l’enceinte de la Vieille Ville dans la mesure où les visiteurs peuvent acheter des objets à caractères religieux de toute sorte dans quasiment chaque échoppe présente à l’intérieur des murailles ou, directement, à des marchands de rue (05:00).&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ANDEZIAN Sossie, « Des pèlerins sédentaires. Formation d’une diaspora arménienne à Jérusalem », dans CHIFFOLEAU Sylvia et MADŒUF Anna (dir.), ''Les pèlerinages au Moyen-Orient. Espaces publics, espaces du public'',  Damas, Presses de l’Ifpo, 2005, p. 85-106.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENVENISTI Meron, ''Jérusalem, une histoire politique'', Arles, Actes Sud, 1996.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BULLE Sylvaine, ''Sociologie de Jérusalem'', Paris, La Découverte, 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CANARD Marius, « La destruction de l’église de la Résurrection par le calife Hakim et l’histoire de la descente du feu sacré », dans ''Byzantion'', n°35, 1965/1, p. 16-43.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÉRY Robert, ''Jours de fêtes. Histoire des célébrations chrétiennes'', Paris, Seuil, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEMIRE Vincent (dir.), ''Jérusalem. Histoire d’une ville monde des origines à nos jours'', Paris, Flammarion, 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIDOV Alexei, « The Holy Fire and Visual Constructs of Jerusalem, East and West », dans KÜHNEL Bianca, NOGA-BANAI Galit et VORHOLT Hanna (ed.), ''Visual Constructs of Jerusalem'', Turnhout, Brepols, 2014, p. 241-249.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16421</id>
		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
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		<updated>2021-01-05T23:45:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem&lt;br /&gt;
|fonds=Grappe&lt;br /&gt;
|idSupport=0151FI0020&lt;br /&gt;
|dateDebut=1984&lt;br /&gt;
|dateFin=1984&lt;br /&gt;
|video=0151FI0020_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:08:11&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Grappe Christian&lt;br /&gt;
|apercu=Viadolorosa.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Yéghiché II Derderian; Diodore Ier&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israel; Jérusalem; Vieille Ville; Via Dolorosa; église du Saint-Sépulcre&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-10-06&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Traditions@ Religious feasts and events@ Easter&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Festivités de la Pâques orthodoxe à Jérusalem filmées par Christian Grappe en 1984.&lt;br /&gt;
|Description_fr=La première séquence du film se focalise sur le dimanche des Rameaux. Elle s’ouvre sur un gros plan sur le Saint-Sépulcre. Sur les plans suivants, la première procession des rameaux. Les prêtres sont suivis par des fidèles. Ensuite, plans successifs sur des fidèles devant le Saint-Sépulcre tenant de grands rameaux. (0’50) Plan sur le patriarche arménien de Jérusalem, Yéghiché II Derderian, posant avec deux petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième séquence se concentre sur le chemin de croix ''Via Dolorosa'', le Vendredi saint. Sur le premier plan, des fidèles attendant le début de la procession. L’un d’entre eux tient un grande croix en bois. Début de la procession. Les fidèles avancent en portant la croix. Des religieuses récitent des prières. (1’34) Gros plan sur un couple portant des t-shirts identiques avec le logo d’une agence matrimoniale chrétienne des États-Unis. (1’39) Un fidèle touche « l’empreinte de la main de Jésus ». Arrivée de la procession au Saint-Sépulcre. (2’00) Ouverture de l’église. Les fidèles se rassemblent devant. (3’00) Gros plan sur le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Diodore Ier, tenant une croix. Le patriarche, accompagné par des prêtres et suivi par des fidèles monte sur des escaliers à côté de l’entrée du Saint-Sépulcre et fait une annonce. Accompagné de prêtre, Diodore Ier pénètre dans l’église. (3’51) Plans successifs sur les scouts palestiniens. (4’11) Des fidèles arrivent devant le Saint-Sépulcre. Le premier porte une croix en bois. Les fidèles attendent devant l’église. (4’40) Procession qui part du Saint-Sépulcre. (5’00) Marchand de rue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième séquence se focalise sur la cérémonie du feu sacré, le Samedi saint. (5’06) Arrivée des autorités religieuses orthodoxes. (5’22) Plan sur des prêtres et des fidèles, cierge en main. (5’26) Arrivée de fidèles devant le Saint-Sépulcre. Certains sont sur les épaules de leur coreligionnaire et agitent une canne, des cierges et un morceau de tissu blanc. D’autres dansent. (6’04) Ils entrent dans le Saint-Sépulcre. (6’13) Gros plan sur une dame âgée au visage fermé, l’air soucieux attendant que le miracle du feu sacré se produise. (6’27) Gros plan sur un homme âgé, lui aussi attendant la sainte flamme. (6’30) Les fidèles attendent devant l’entrée du Saint-Sépulcre pour recevoir le feu sacré. La foule s’agite. Des fidèles courent tout en agitant leur cierge. Ils passent une porte. Les fidèles se précipitent pour allumer leur cierge. Le feu sacré se propage. (7’38) Une dame essaye d’éteindre son cierge. Elle y parvient et semble étonnée. (7’42) Plan d’ensemble sur la foule. Des cierges sont allumés de part et d’autre. (7’51) Au milieu de la foule, des fidèles brandissent des lanternes à l’intérieur desquelles brûle un cierge. Le film se termine sur des gros plans successifs sur la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=À Jérusalem, la plupart des chrétiens sont orthodoxes. Leurs fêtes sont fixées selon le calendrier julien, contrairement aux Églises catholique et protestante qui utilisent le calendrier grégorien. &lt;br /&gt;
De fait, les chrétiens d’Orient fêtent habituellement Pâques après les chrétiens d’Occident, mais ce n’est pas systématique, il arrive que certaines années la date leur soit commune. Dans la pratique, les festivités pascales ne sont pas célébrées exactement de la même manière dans les Églises orthodoxes que dans les Églises catholique et protestante. La différence majeure étant le miracle du feu sacré qui a lieu tous les ans le Samedi saint en l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. De nos jours, six communautés chrétiennes se partagent cette église : les Catholiques romains, les Grecs orthodoxes, les Arméniens apostoliques, les Syriaques orthodoxes, les Coptes et les Éthiopiens orthodoxes. Parmi eux, seuls les Catholiques romains ne célèbrent pas le miracle du feu sacré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Grande Semaine à Jérusalem ==&lt;br /&gt;
=== Le dimanche des Rameaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques et marque pour les chrétiens l’entrée dans la dernière partie du Carême, la Semaine sainte ou, chez les orthodoxes, la Grande Semaine. Cette fête célèbre d’une part l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où il fut, selon les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean), accueilli par une foule agitant des rameaux de palmier et d’olivier, d’autre part elle annonce la Passion Christ. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à l’Occident qui ne l’autorisa qu’au VIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cette fête est célébrée à Jérusalem depuis le IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Supprimée au XI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle par le calife El-Hakim, qui détruisit en 1009 le Saint-Sépulcre, elle fut, plus tard, rétablie par les croisés. De nos jours encore, des chrétiens du monde entier se rassemblent au sommet du mont des Oliviers et descendent jusqu’à la vieille ville de Jérusalem en agitant des rameaux de palmier et d’olivier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Grand vendredi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Vendredi saint est le jour dédié à la commémoration de la Passion et de la crucifixion de Jésus-Christ. À Jérusalem, les chrétiens participent à la procession du chemin de croix ''Via Dolorosa''. Cette rue, située dans la vieille ville, comprend neuf des quatorze stations du chemin que le Christ aurait emprunté avant sa crucifixion, les cinq dernières étant à l’intérieur du Saint-Sépulcre. À cette occasion, des pèlerins du monde entier se déplacent à Jérusalem pour participer à cette procession. Les fidèles portent des croix en bois, récitent des prières et s’arrêtent aux différents lieux importants du calvaire de Jésus. La procession s’achève à la basilique du Saint-Sépulcre, construite à l’endroit regroupant selon la tradition chrétienne le lieu où le Christ aurait été crucifié, mis au tombeau puis ressuscité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Samedi saint et la cérémonie du feu sacré ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie du feu sacré est l’une des plus grandes fêtes de l’Église orthodoxe. Elle a lieu tous les ans le Samedi saint, la veille de la Pâques orthodoxe, et est célébrée à l’église du Saint-Sépulcre située à l’intérieur des murs de la vieille ville de Jérusalem. Cet événement est fêté par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dont de nombreux fidèles se déplacent à Jérusalem pour assister à la cérémonie. Selon leurs croyances, le feu sacré descend du ciel jusqu’au tombeau du Christ dans le Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premiers témoignages de cette célébration datent du IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Cette fête serait, selon certains historiens, inspirée de la cérémonie juive du ''Kabod Yahweh'' selon laquelle, chaque année à l’occasion du nouvel an solaire, le premier rayon du soleil levant rallumait le feu sacré de l’autel installé dans la cour du Second Temple, en souvenir du Temple de Salomon détruit en 587 avant notre ère. À l’instar d’autres fêtes chrétiennes, il est possible que celle-ci soit une réinterprétation d’une ancienne tradition juive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWARBURGIG 10313248392.jpg|vignette|gauche|Gravure de Bernard Picart représentant la distribution du feu sacré par le patriarche, 1724 © JSTOR.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de n’avoir pas connu de grands changements dans la manière de le célébrer, ce rite est pratiqué – et ce, malgré la destruction du Saint-Sépulcre en 1009 – chaque année, au même endroit et quasiment de la même façon depuis, au moins, le IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Jusqu’au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les communautés catholiques fêtaient ce miracle avec les chrétiens orthodoxes, mais en 1238 le pape Grégoire IX publia une bulle pontificale dans laquelle il accusa l’Église grecque de fraude et mystification. Depuis lors, le rite romain rejette les croyances liées au feu sacré. Cependant, les franciscains de la custodie de Terre Sainte célèbrent toujours ce miracle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’apparition du feu sacré est perçue comme une révélation miraculeuse, comme un signe de la Résurrection, il symbolise la puissance de la vie. La flamme apparaît dans la petite chapelle qui abrite le tombeau de Jésus à l’intérieur du Saint-Sépulcre. C’est uniquement le patriarche orthodoxe grec qui reçoit le feu sacré et qui le transmet aux autres patriarches ainsi qu’à la foule de fidèles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWSS35953 35953 29352526.jpg|vignette|droite|Le miracle du feu sacré par William Holman Hunt, 1892-1899 © JSTOR.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie est très surveillée. Avant que le patriarche orthodoxe grec n’entre dans la chapelle, les autorités israéliennes vérifient qu’il n’y ait aucune source de chaleur permettant d’allumer un feu, que toutes les lampes sont éteintes et scellent le tombeau avec de la cire. Une fois la vérification effectuée, le patriarche grec, munis de deux grands cierges, pénètre seul à l’intérieur de l’édicule et, après avoir reçu la flamme, la distribue aux patriarches arménien et copte ainsi qu’à toutes les personnes qui sont restées à l’extérieur de la chapelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant le Saint-Sépulcre, beaucoup d’émotion se dégage lorsque les fidèles attendent que le patriarche grec sorte du tombeau avec les cierges allumés par la sainte flamme. De plus, une partie de la foule est très agité. En effet, des fidèles dansent, d’autres montent sur les épaules de leur coreligionnaire, chacun brandissant un cierge encore éteint. Certains, attendent quant à eux, tranquillement, mais impatients le feu sacré. La foule exulte lorsque les premiers cierges enflammés sortent de l’église. Nombreux sont les fidèles qui se précipitent pour allumer les leurs. Enfin, certains pèlerins venus de très loin ramènent dans leur foyer, grâce à des lanternes, la sainte flamme, propageant ainsi dans le monde entier le miracle du Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CANARD Marius, « La destruction de l’église de la Résurrection par le calife Hakim et l’histoire de la descente du feu sacré », dans ''Byzantion'', n°35, 1965/1, p. 16-43.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÉRY Robert, ''Jours de fêtes. Histoire des célébrations chrétiennes'', Paris, Seuil, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIDOV Alexei, « The Holy Fire and Visual Constructs of Jerusalem, East and West », dans KÜHNEL Bianca, NOGA-BANAI Galit et VORHOLT Hanna (ed.), ''Visual Constructs of Jerusalem'', Turnhout, Brepols, 2014, p. 241-249.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
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	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16420</id>
		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16420"/>
		<updated>2021-01-05T23:44:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem&lt;br /&gt;
|fonds=Grappe&lt;br /&gt;
|idSupport=0151FI0020&lt;br /&gt;
|dateDebut=1984&lt;br /&gt;
|dateFin=1984&lt;br /&gt;
|video=0151FI0020_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:08:11&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Grappe Christian&lt;br /&gt;
|apercu=Viadolorosa.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Yéghiché II Derderian; Diodore Ier&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israel; Jérusalem; Vieille Ville; Via Dolorosa; église du Saint-Sépulcre&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-10-06&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Traditions@ Religious feasts and events@ Easter&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Festivités de la Pâques orthodoxe à Jérusalem filmées par Christian Grappe en 1984.&lt;br /&gt;
|Description_fr=La première séquence du film se focalise sur le dimanche des Rameaux. Elle s’ouvre sur un gros plan sur le Saint-Sépulcre. Sur les plans suivants, la première procession des rameaux. Les prêtres sont suivis par des fidèles. Ensuite, plans successifs sur des fidèles devant le Saint-Sépulcre tenant de grands rameaux. (0’50) Plan sur le patriarche arménien de Jérusalem, Yéghiché II Derderian, posant avec deux petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième séquence se concentre sur le chemin de croix ''Via Dolorosa'', le Vendredi saint. Sur le premier plan, des fidèles attendant le début de la procession. L’un d’entre eux tient un grande croix en bois. Début de la procession. Les fidèles avancent en portant la croix. Des religieuses récitent des prières. (1’34) Gros plan sur un couple portant des t-shirts identiques avec le logo d’une agence matrimoniale chrétienne des États-Unis. (1’39) Un fidèle touche « l’empreinte de la main de Jésus ». Arrivée de la procession au Saint-Sépulcre. (2’00) Ouverture de l’église. Les fidèles se rassemblent devant. (3’00) Gros plan sur le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Diodore Ier, tenant une croix. Le patriarche, accompagné par des prêtres et suivi par des fidèles monte sur des escaliers à côté de l’entrée du Saint-Sépulcre et fait une annonce. Accompagné de prêtre, Diodore Ier pénètre dans l’église. (3’51) Plans successifs sur les scouts palestiniens. (4’11) Des fidèles arrivent devant le Saint-Sépulcre. Le premier porte une croix en bois. Les fidèles attendent devant l’église. (4’40) Procession qui part du Saint-Sépulcre. (5’00) Marchand de rue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième séquence se focalise sur la cérémonie du feu sacré, le Samedi saint. (5’06) Arrivée des autorités religieuses orthodoxes. (5’22) Plan sur des prêtres et des fidèles, cierge en main. (5’26) Arrivée de fidèles devant le Saint-Sépulcre. Certains sont sur les épaules de leur coreligionnaire et agitent une canne, des cierges et un morceau de tissu blanc. D’autres dansent. (6’04) Ils entrent dans le Saint-Sépulcre. (6’13) Gros plan sur une dame âgée au visage fermé, l’air soucieux attendant que le miracle du feu sacré se produise. (6’27) Gros plan sur un homme âgé, lui aussi attendant la sainte flamme. (6’30) Les fidèles attendent devant l’entrée du Saint-Sépulcre pour recevoir le feu sacré. La foule s’agite. Des fidèles courent tout en agitant leur cierge. Ils passent une porte. Les fidèles se précipitent pour allumer leur cierge. Le feu sacré se propage. (7’38) Une dame essaye d’éteindre son cierge. Elle y parvient et semble étonnée. (7’42) Plan d’ensemble sur la foule. Des cierges sont allumés de part et d’autre. (7’51) Au milieu de la foule, des fidèles brandissent des lanternes à l’intérieur desquelles brûle un cierge. Le film se termine sur des gros plans successifs sur la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=À Jérusalem, la plupart des chrétiens sont orthodoxes. Leurs fêtes sont fixées selon le calendrier julien, contrairement aux Églises catholique et protestante qui utilisent le calendrier grégorien. &lt;br /&gt;
De fait, les chrétiens d’Orient fêtent habituellement Pâques après les chrétiens d’Occident, mais ce n’est pas systématique, il arrive que certaines années la date leur soit commune. Dans la pratique, les festivités pascales ne sont pas célébrées exactement de la même manière dans les Églises orthodoxes que dans les Églises catholique et protestante. La différence majeure étant le miracle du feu sacré qui a lieu tous les ans le Samedi saint en l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. De nos jours, six communautés chrétiennes se partagent cette église : les Catholiques romains, les Grecs orthodoxes, les Arméniens apostoliques, les Syriaques orthodoxes, les Coptes et les Éthiopiens orthodoxes. Parmi eux, seuls les Catholiques romains ne célèbrent pas le miracle du feu sacré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Grande Semaine à Jérusalem ==&lt;br /&gt;
=== Le dimanche des Rameaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques et marque pour les chrétiens l’entrée dans la dernière partie du Carême, la Semaine sainte ou, chez les orthodoxes, la Grande Semaine. Cette fête célèbre d’une part l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où il fut, selon les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean), accueilli par une foule agitant des rameaux de palmier et d’olivier, d’autre part elle annonce la Passion Christ. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à l’Occident qui ne l’autorisa qu’au VIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cette fête est célébrée à Jérusalem depuis le IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Supprimée au XI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle par le calife El-Hakim, qui détruisit en 1009 le Saint-Sépulcre, elle fut, plus tard, rétablie par les croisés. De nos jours encore, des chrétiens du monde entier se rassemblent au sommet du mont des Oliviers et descendent jusqu’à la vieille ville de Jérusalem en agitant des rameaux de palmier et d’olivier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Grand vendredi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Vendredi saint est le jour dédié à la commémoration de la Passion et de la crucifixion de Jésus-Christ. À Jérusalem, les chrétiens participent à la procession du chemin de croix ''Via Dolorosa''. Cette rue, située dans la vieille ville, comprend neuf des quatorze stations du chemin que le Christ aurait emprunté avant sa crucifixion, les cinq dernières étant à l’intérieur du Saint-Sépulcre. À cette occasion, des pèlerins du monde entier se déplacent à Jérusalem pour participer à cette procession. Les fidèles portent des croix en bois, récitent des prières et s’arrêtent aux différents lieux importants du calvaire de Jésus. La procession s’achève à la basilique du Saint-Sépulcre, construite à l’endroit regroupant selon la tradition chrétienne le lieu où le Christ aurait été crucifié, mis au tombeau puis ressuscité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Samedi saint et la cérémonie du feu sacré ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie du feu sacré est l’une des plus grandes fêtes de l’Église orthodoxe. Elle a lieu tous les ans le Samedi saint, la veille de la Pâques orthodoxe, et est célébrée à l’église du Saint-Sépulcre située à l’intérieur des murs de la vieille ville de Jérusalem. Cet événement est fêté par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dont de nombreux fidèles se déplacent à Jérusalem pour assister à la cérémonie. Selon leurs croyances, le feu sacré descend du ciel jusqu’au tombeau du Christ dans le Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premiers témoignages de cette célébration datent du IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Cette fête serait, selon certains historiens, inspirée de la cérémonie juive du ''Kabod Yahweh'' selon laquelle, chaque année à l’occasion du nouvel an solaire, le premier rayon du soleil levant rallumait le feu sacré de l’autel installé dans la cour du Second Temple, en souvenir du Temple de Salomon détruit en 587 avant notre ère. À l’instar d’autres fêtes chrétiennes, il est possible que celle-ci soit une réinterprétation d’une ancienne tradition juive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de n’avoir pas connu de grands changements dans la manière de le célébrer, ce rite est pratiqué – et ce, malgré la destruction du Saint-Sépulcre en 1009 – chaque année, au même endroit et quasiment de la même façon depuis, au moins, le IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Jusqu’au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les communautés catholiques fêtaient ce miracle avec les chrétiens orthodoxes, mais en 1238 le pape Grégoire IX publia une bulle pontificale dans laquelle il accusa l’Église grecque de fraude et mystification. Depuis lors, le rite romain rejette les croyances liées au feu sacré. Cependant, les franciscains de la custodie de Terre Sainte célèbrent toujours ce miracle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWARBURGIG 10313248392.jpg|vignette|gauche|Gravure de Bernard Picart représentant la distribution du feu sacré par le patriarche, 1724 © JSTOR.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’apparition du feu sacré est perçue comme une révélation miraculeuse, comme un signe de la Résurrection, il symbolise la puissance de la vie. La flamme apparaît dans la petite chapelle qui abrite le tombeau de Jésus à l’intérieur du Saint-Sépulcre. C’est uniquement le patriarche orthodoxe grec qui reçoit le feu sacré et qui le transmet aux autres patriarches ainsi qu’à la foule de fidèles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWSS35953 35953 29352526.jpg|vignette|droite|Le miracle du feu sacré par William Holman Hunt, 1892-1899 © JSTOR.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie est très surveillée. Avant que le patriarche orthodoxe grec n’entre dans la chapelle, les autorités israéliennes vérifient qu’il n’y ait aucune source de chaleur permettant d’allumer un feu, que toutes les lampes sont éteintes et scellent le tombeau avec de la cire. Une fois la vérification effectuée, le patriarche grec, munis de deux grands cierges, pénètre seul à l’intérieur de l’édicule et, après avoir reçu la flamme, la distribue aux patriarches arménien et copte ainsi qu’à toutes les personnes qui sont restées à l’extérieur de la chapelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant le Saint-Sépulcre, beaucoup d’émotion se dégage lorsque les fidèles attendent que le patriarche grec sorte du tombeau avec les cierges allumés par la sainte flamme. De plus, une partie de la foule est très agité. En effet, des fidèles dansent, d’autres montent sur les épaules de leur coreligionnaire, chacun brandissant un cierge encore éteint. Certains, attendent quant à eux, tranquillement, mais impatients le feu sacré. La foule exulte lorsque les premiers cierges enflammés sortent de l’église. Nombreux sont les fidèles qui se précipitent pour allumer les leurs. Enfin, certains pèlerins venus de très loin ramènent dans leur foyer, grâce à des lanternes, la sainte flamme, propageant ainsi dans le monde entier le miracle du Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CANARD Marius, « La destruction de l’église de la Résurrection par le calife Hakim et l’histoire de la descente du feu sacré », dans ''Byzantion'', n°35, 1965/1, p. 16-43.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÉRY Robert, ''Jours de fêtes. Histoire des célébrations chrétiennes'', Paris, Seuil, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIDOV Alexei, « The Holy Fire and Visual Constructs of Jerusalem, East and West », dans KÜHNEL Bianca, NOGA-BANAI Galit et VORHOLT Hanna (ed.), ''Visual Constructs of Jerusalem'', Turnhout, Brepols, 2014, p. 241-249.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16419</id>
		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
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		<updated>2021-01-05T23:43:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem&lt;br /&gt;
|fonds=Grappe&lt;br /&gt;
|idSupport=0151FI0020&lt;br /&gt;
|dateDebut=1984&lt;br /&gt;
|dateFin=1984&lt;br /&gt;
|video=0151FI0020_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:08:11&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Grappe Christian&lt;br /&gt;
|apercu=Viadolorosa.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Yéghiché II Derderian; Diodore Ier&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israel; Jérusalem; Vieille Ville; Via Dolorosa; église du Saint-Sépulcre&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-10-06&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Traditions@ Religious feasts and events@ Easter&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Festivités de la Pâques orthodoxe à Jérusalem filmées par Christian Grappe en 1984.&lt;br /&gt;
|Description_fr=La première séquence du film se focalise sur le dimanche des Rameaux. Elle s’ouvre sur un gros plan sur le Saint-Sépulcre. Sur les plans suivants, la première procession des rameaux. Les prêtres sont suivis par des fidèles. Ensuite, plans successifs sur des fidèles devant le Saint-Sépulcre tenant de grands rameaux. (0’50) Plan sur le patriarche arménien de Jérusalem, Yéghiché II Derderian, posant avec deux petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième séquence se concentre sur le chemin de croix ''Via Dolorosa'', le Vendredi saint. Sur le premier plan, des fidèles attendant le début de la procession. L’un d’entre eux tient un grande croix en bois. Début de la procession. Les fidèles avancent en portant la croix. Des religieuses récitent des prières. (1’34) Gros plan sur un couple portant des t-shirts identiques avec le logo d’une agence matrimoniale chrétienne des États-Unis. (1’39) Un fidèle touche « l’empreinte de la main de Jésus ». Arrivée de la procession au Saint-Sépulcre. (2’00) Ouverture de l’église. Les fidèles se rassemblent devant. (3’00) Gros plan sur le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Diodore Ier, tenant une croix. Le patriarche, accompagné par des prêtres et suivi par des fidèles monte sur des escaliers à côté de l’entrée du Saint-Sépulcre et fait une annonce. Accompagné de prêtre, Diodore Ier pénètre dans l’église. (3’51) Plans successifs sur les scouts palestiniens. (4’11) Des fidèles arrivent devant le Saint-Sépulcre. Le premier porte une croix en bois. Les fidèles attendent devant l’église. (4’40) Procession qui part du Saint-Sépulcre. (5’00) Marchand de rue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième séquence se focalise sur la cérémonie du feu sacré, le Samedi saint. (5’06) Arrivée des autorités religieuses orthodoxes. (5’22) Plan sur des prêtres et des fidèles, cierge en main. (5’26) Arrivée de fidèles devant le Saint-Sépulcre. Certains sont sur les épaules de leur coreligionnaire et agitent une canne, des cierges et un morceau de tissu blanc. D’autres dansent. (6’04) Ils entrent dans le Saint-Sépulcre. (6’13) Gros plan sur une dame âgée au visage fermé, l’air soucieux attendant que le miracle du feu sacré se produise. (6’27) Gros plan sur un homme âgé, lui aussi attendant la sainte flamme. (6’30) Les fidèles attendent devant l’entrée du Saint-Sépulcre pour recevoir le feu sacré. La foule s’agite. Des fidèles courent tout en agitant leur cierge. Ils passent une porte. Les fidèles se précipitent pour allumer leur cierge. Le feu sacré se propage. (7’38) Une dame essaye d’éteindre son cierge. Elle y parvient et semble étonnée. (7’42) Plan d’ensemble sur la foule. Des cierges sont allumés de part et d’autre. (7’51) Au milieu de la foule, des fidèles brandissent des lanternes à l’intérieur desquelles brûle un cierge. Le film se termine sur des gros plans successifs sur la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=À Jérusalem, la plupart des chrétiens sont orthodoxes. Leurs fêtes sont fixées selon le calendrier julien, contrairement aux Églises catholique et protestante qui utilisent le calendrier grégorien. &lt;br /&gt;
De fait, les chrétiens d’Orient fêtent habituellement Pâques après les chrétiens d’Occident, mais ce n’est pas systématique, il arrive que certaines années la date leur soit commune. Dans la pratique, les festivités pascales ne sont pas célébrées exactement de la même manière dans les Églises orthodoxes que dans les Églises catholique et protestante. La différence majeure étant le miracle du feu sacré qui a lieu tous les ans le Samedi saint en l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. De nos jours, six communautés chrétiennes se partagent cette église : les Catholiques romains, les Grecs orthodoxes, les Arméniens apostoliques, les Syriaques orthodoxes, les Coptes et les Éthiopiens orthodoxes. Parmi eux, seuls les Catholiques romains ne célèbrent pas le miracle du feu sacré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Grande Semaine à Jérusalem ==&lt;br /&gt;
=== Le dimanche des Rameaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques et marque pour les chrétiens l’entrée dans la dernière partie du Carême, la Semaine sainte ou, chez les orthodoxes, la Grande Semaine. Cette fête célèbre d’une part l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où il fut, selon les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean), accueilli par une foule agitant des rameaux de palmier et d’olivier, d’autre part elle annonce la Passion Christ. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à l’Occident qui ne l’autorisa qu’au VIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cette fête est célébrée à Jérusalem depuis le IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Supprimée au XI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle par le calife El-Hakim, qui détruisit en 1009 le Saint-Sépulcre, elle fut, plus tard, rétablie par les croisés. De nos jours encore, des chrétiens du monde entier se rassemblent au sommet du mont des Oliviers et descendent jusqu’à la vieille ville de Jérusalem en agitant des rameaux de palmier et d’olivier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Grand vendredi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Vendredi saint est le jour dédié à la commémoration de la Passion et de la crucifixion de Jésus-Christ. À Jérusalem, les chrétiens participent à la procession du chemin de croix ''Via Dolorosa''. Cette rue, située dans la vieille ville, comprend neuf des quatorze stations du chemin que le Christ aurait emprunté avant sa crucifixion, les cinq dernières étant à l’intérieur du Saint-Sépulcre. À cette occasion, des pèlerins du monde entier se déplacent à Jérusalem pour participer à cette procession. Les fidèles portent des croix en bois, récitent des prières et s’arrêtent aux différents lieux importants du calvaire de Jésus. La procession s’achève à la basilique du Saint-Sépulcre, construite à l’endroit regroupant selon la tradition chrétienne le lieu où le Christ aurait été crucifié, mis au tombeau puis ressuscité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Samedi saint et la cérémonie du feu sacré ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie du feu sacré est l’une des plus grandes fêtes de l’Église orthodoxe. Elle a lieu tous les ans le Samedi saint, la veille de la Pâques orthodoxe, et est célébrée à l’église du Saint-Sépulcre située à l’intérieur des murs de la vieille ville de Jérusalem. Cet événement est fêté par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dont de nombreux fidèles se déplacent à Jérusalem pour assister à la cérémonie. Selon leurs croyances, le feu sacré descend du ciel jusqu’au tombeau du Christ dans le Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premiers témoignages de cette célébration datent du IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Cette fête serait, selon certains historiens, inspirée de la cérémonie juive du ''Kabod Yahweh'' selon laquelle, chaque année à l’occasion du nouvel an solaire, le premier rayon du soleil levant rallumait le feu sacré de l’autel installé dans la cour du Second Temple, en souvenir du Temple de Salomon détruit en 587 avant notre ère. À l’instar d’autres fêtes chrétiennes, il est possible que celle-ci soit une réinterprétation d’une ancienne tradition juive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de n’avoir pas connu de grands changements dans la manière de le célébrer, ce rite est pratiqué – et ce, malgré la destruction du Saint-Sépulcre en 1009 – chaque année, au même endroit et quasiment de la même façon depuis, au moins, le IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Jusqu’au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les communautés catholiques fêtaient ce miracle avec les chrétiens orthodoxes, mais en 1238 le pape Grégoire IX publia une bulle pontificale dans laquelle il accusa l’Église grecque de fraude et mystification. Depuis lors, le rite romain rejette les croyances liées au feu sacré. Cependant, les franciscains de la custodie de Terre Sainte célèbrent toujours ce miracle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWARBURGIG 10313248392.jpg|vignette|gauche|Gravure de Bernard Picart représentant la distribution du feu sacré par le patriarche, 1724 © JSTOR.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’apparition du feu sacré est perçue comme une révélation miraculeuse, comme un signe de la Résurrection, il symbolise la puissance de la vie. La flamme apparaît dans la petite chapelle qui abrite le tombeau de Jésus à l’intérieur du Saint-Sépulcre. C’est uniquement le patriarche orthodoxe grec qui reçoit le feu sacré et qui le transmet aux autres patriarches ainsi qu’à la foule de fidèles.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La cérémonie est très surveillée. Avant que le patriarche orthodoxe grec n’entre dans la chapelle, les autorités israéliennes vérifient qu’il n’y ait aucune source de chaleur permettant d’allumer un feu, que toutes les lampes sont éteintes et scellent le tombeau avec de la cire. Une fois la vérification effectuée, le patriarche grec, munis de deux grands cierges, pénètre seul à l’intérieur de l’édicule et, après avoir reçu la flamme, la distribue aux patriarches arménien et copte ainsi qu’à toutes les personnes qui sont restées à l’extérieur de la chapelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWSS35953 35953 29352526.jpg|vignette|droite|Le miracle du feu sacré par William Holman Hunt, 1892-1899 © JSTOR.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant le Saint-Sépulcre, beaucoup d’émotion se dégage lorsque les fidèles attendent que le patriarche grec sorte du tombeau avec les cierges allumés par la sainte flamme. De plus, une partie de la foule est très agité. En effet, des fidèles dansent, d’autres montent sur les épaules de leur coreligionnaire, chacun brandissant un cierge encore éteint. Certains, attendent quant à eux, tranquillement, mais impatients le feu sacré. La foule exulte lorsque les premiers cierges enflammés sortent de l’église. Nombreux sont les fidèles qui se précipitent pour allumer les leurs. Enfin, certains pèlerins venus de très loin ramènent dans leur foyer, grâce à des lanternes, la sainte flamme, propageant ainsi dans le monde entier le miracle du Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CANARD Marius, « La destruction de l’église de la Résurrection par le calife Hakim et l’histoire de la descente du feu sacré », dans ''Byzantion'', n°35, 1965/1, p. 16-43.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÉRY Robert, ''Jours de fêtes. Histoire des célébrations chrétiennes'', Paris, Seuil, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIDOV Alexei, « The Holy Fire and Visual Constructs of Jerusalem, East and West », dans KÜHNEL Bianca, NOGA-BANAI Galit et VORHOLT Hanna (ed.), ''Visual Constructs of Jerusalem'', Turnhout, Brepols, 2014, p. 241-249.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16418</id>
		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16418"/>
		<updated>2021-01-05T23:43:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem&lt;br /&gt;
|fonds=Grappe&lt;br /&gt;
|idSupport=0151FI0020&lt;br /&gt;
|dateDebut=1984&lt;br /&gt;
|dateFin=1984&lt;br /&gt;
|video=0151FI0020_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:08:11&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Grappe Christian&lt;br /&gt;
|apercu=Viadolorosa.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Yéghiché II Derderian; Diodore Ier&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israel; Jérusalem; Vieille Ville; Via Dolorosa; église du Saint-Sépulcre&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-10-06&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Traditions@ Religious feasts and events@ Easter&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Festivités de la Pâques orthodoxe à Jérusalem filmées par Christian Grappe en 1984.&lt;br /&gt;
|Description_fr=La première séquence du film se focalise sur le dimanche des Rameaux. Elle s’ouvre sur un gros plan sur le Saint-Sépulcre. Sur les plans suivants, la première procession des rameaux. Les prêtres sont suivis par des fidèles. Ensuite, plans successifs sur des fidèles devant le Saint-Sépulcre tenant de grands rameaux. (0’50) Plan sur le patriarche arménien de Jérusalem, Yéghiché II Derderian, posant avec deux petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième séquence se concentre sur le chemin de croix ''Via Dolorosa'', le Vendredi saint. Sur le premier plan, des fidèles attendant le début de la procession. L’un d’entre eux tient un grande croix en bois. Début de la procession. Les fidèles avancent en portant la croix. Des religieuses récitent des prières. (1’34) Gros plan sur un couple portant des t-shirts identiques avec le logo d’une agence matrimoniale chrétienne des États-Unis. (1’39) Un fidèle touche « l’empreinte de la main de Jésus ». Arrivée de la procession au Saint-Sépulcre. (2’00) Ouverture de l’église. Les fidèles se rassemblent devant. (3’00) Gros plan sur le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Diodore Ier, tenant une croix. Le patriarche, accompagné par des prêtres et suivi par des fidèles monte sur des escaliers à côté de l’entrée du Saint-Sépulcre et fait une annonce. Accompagné de prêtre, Diodore Ier pénètre dans l’église. (3’51) Plans successifs sur les scouts palestiniens. (4’11) Des fidèles arrivent devant le Saint-Sépulcre. Le premier porte une croix en bois. Les fidèles attendent devant l’église. (4’40) Procession qui part du Saint-Sépulcre. (5’00) Marchand de rue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième séquence se focalise sur la cérémonie du feu sacré, le Samedi saint. (5’06) Arrivée des autorités religieuses orthodoxes. (5’22) Plan sur des prêtres et des fidèles, cierge en main. (5’26) Arrivée de fidèles devant le Saint-Sépulcre. Certains sont sur les épaules de leur coreligionnaire et agitent une canne, des cierges et un morceau de tissu blanc. D’autres dansent. (6’04) Ils entrent dans le Saint-Sépulcre. (6’13) Gros plan sur une dame âgée au visage fermé, l’air soucieux attendant que le miracle du feu sacré se produise. (6’27) Gros plan sur un homme âgé, lui aussi attendant la sainte flamme. (6’30) Les fidèles attendent devant l’entrée du Saint-Sépulcre pour recevoir le feu sacré. La foule s’agite. Des fidèles courent tout en agitant leur cierge. Ils passent une porte. Les fidèles se précipitent pour allumer leur cierge. Le feu sacré se propage. (7’38) Une dame essaye d’éteindre son cierge. Elle y parvient et semble étonnée. (7’42) Plan d’ensemble sur la foule. Des cierges sont allumés de part et d’autre. (7’51) Au milieu de la foule, des fidèles brandissent des lanternes à l’intérieur desquelles brûle un cierge. Le film se termine sur des gros plans successifs sur la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=À Jérusalem, la plupart des chrétiens sont orthodoxes. Leurs fêtes sont fixées selon le calendrier julien, contrairement aux Églises catholique et protestante qui utilisent le calendrier grégorien. &lt;br /&gt;
De fait, les chrétiens d’Orient fêtent habituellement Pâques après les chrétiens d’Occident, mais ce n’est pas systématique, il arrive que certaines années la date leur soit commune. Dans la pratique, les festivités pascales ne sont pas célébrées exactement de la même manière dans les Églises orthodoxes que dans les Églises catholique et protestante. La différence majeure étant le miracle du feu sacré qui a lieu tous les ans le Samedi saint en l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. De nos jours, six communautés chrétiennes se partagent cette église : les Catholiques romains, les Grecs orthodoxes, les Arméniens apostoliques, les Syriaques orthodoxes, les Coptes et les Éthiopiens orthodoxes. Parmi eux, seuls les Catholiques romains ne célèbrent pas le miracle du feu sacré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Grande Semaine à Jérusalem ==&lt;br /&gt;
=== Le dimanche des Rameaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques et marque pour les chrétiens l’entrée dans la dernière partie du Carême, la Semaine sainte ou, chez les orthodoxes, la Grande Semaine. Cette fête célèbre d’une part l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où il fut, selon les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean), accueilli par une foule agitant des rameaux de palmier et d’olivier, d’autre part elle annonce la Passion Christ. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à l’Occident qui ne l’autorisa qu’au VIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cette fête est célébrée à Jérusalem depuis le IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Supprimée au XI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle par le calife El-Hakim, qui détruisit en 1009 le Saint-Sépulcre, elle fut, plus tard, rétablie par les croisés. De nos jours encore, des chrétiens du monde entier se rassemblent au sommet du mont des Oliviers et descendent jusqu’à la vieille ville de Jérusalem en agitant des rameaux de palmier et d’olivier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Grand vendredi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Vendredi saint est le jour dédié à la commémoration de la Passion et de la crucifixion de Jésus-Christ. À Jérusalem, les chrétiens participent à la procession du chemin de croix ''Via Dolorosa''. Cette rue, située dans la vieille ville, comprend neuf des quatorze stations du chemin que le Christ aurait emprunté avant sa crucifixion, les cinq dernières étant à l’intérieur du Saint-Sépulcre. À cette occasion, des pèlerins du monde entier se déplacent à Jérusalem pour participer à cette procession. Les fidèles portent des croix en bois, récitent des prières et s’arrêtent aux différents lieux importants du calvaire de Jésus. La procession s’achève à la basilique du Saint-Sépulcre, construite à l’endroit regroupant selon la tradition chrétienne le lieu où le Christ aurait été crucifié, mis au tombeau puis ressuscité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Samedi saint et la cérémonie du feu sacré ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie du feu sacré est l’une des plus grandes fêtes de l’Église orthodoxe. Elle a lieu tous les ans le Samedi saint, la veille de la Pâques orthodoxe, et est célébrée à l’église du Saint-Sépulcre située à l’intérieur des murs de la vieille ville de Jérusalem. Cet événement est fêté par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dont de nombreux fidèles se déplacent à Jérusalem pour assister à la cérémonie. Selon leurs croyances, le feu sacré descend du ciel jusqu’au tombeau du Christ dans le Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premiers témoignages de cette célébration datent du IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Cette fête serait, selon certains historiens, inspirée de la cérémonie juive du ''Kabod Yahweh'' selon laquelle, chaque année à l’occasion du nouvel an solaire, le premier rayon du soleil levant rallumait le feu sacré de l’autel installé dans la cour du Second Temple, en souvenir du Temple de Salomon détruit en 587 avant notre ère. À l’instar d’autres fêtes chrétiennes, il est possible que celle-ci soit une réinterprétation d’une ancienne tradition juive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de n’avoir pas connu de grands changements dans la manière de le célébrer, ce rite est pratiqué – et ce, malgré la destruction du Saint-Sépulcre en 1009 – chaque année, au même endroit et quasiment de la même façon depuis, au moins, le IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Jusqu’au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les communautés catholiques fêtaient ce miracle avec les chrétiens orthodoxes, mais en 1238 le pape Grégoire IX publia une bulle pontificale dans laquelle il accusa l’Église grecque de fraude et mystification. Depuis lors, le rite romain rejette les croyances liées au feu sacré. Cependant, les franciscains de la custodie de Terre Sainte célèbrent toujours ce miracle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’apparition du feu sacré est perçue comme une révélation miraculeuse, comme un signe de la Résurrection, il symbolise la puissance de la vie. La flamme apparaît dans la petite chapelle qui abrite le tombeau de Jésus à l’intérieur du Saint-Sépulcre. C’est uniquement le patriarche orthodoxe grec qui reçoit le feu sacré et qui le transmet aux autres patriarches ainsi qu’à la foule de fidèles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWARBURGIG 10313248392.jpg|vignette|gauche|Gravure de Bernard Picart représentant la distribution du feu sacré par le patriarche, 1724 © JSTOR.]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie est très surveillée. Avant que le patriarche orthodoxe grec n’entre dans la chapelle, les autorités israéliennes vérifient qu’il n’y ait aucune source de chaleur permettant d’allumer un feu, que toutes les lampes sont éteintes et scellent le tombeau avec de la cire. Une fois la vérification effectuée, le patriarche grec, munis de deux grands cierges, pénètre seul à l’intérieur de l’édicule et, après avoir reçu la flamme, la distribue aux patriarches arménien et copte ainsi qu’à toutes les personnes qui sont restées à l’extérieur de la chapelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWSS35953 35953 29352526.jpg|vignette|droite|Le miracle du feu sacré par William Holman Hunt, 1892-1899 © JSTOR.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant le Saint-Sépulcre, beaucoup d’émotion se dégage lorsque les fidèles attendent que le patriarche grec sorte du tombeau avec les cierges allumés par la sainte flamme. De plus, une partie de la foule est très agité. En effet, des fidèles dansent, d’autres montent sur les épaules de leur coreligionnaire, chacun brandissant un cierge encore éteint. Certains, attendent quant à eux, tranquillement, mais impatients le feu sacré. La foule exulte lorsque les premiers cierges enflammés sortent de l’église. Nombreux sont les fidèles qui se précipitent pour allumer les leurs. Enfin, certains pèlerins venus de très loin ramènent dans leur foyer, grâce à des lanternes, la sainte flamme, propageant ainsi dans le monde entier le miracle du Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CANARD Marius, « La destruction de l’église de la Résurrection par le calife Hakim et l’histoire de la descente du feu sacré », dans ''Byzantion'', n°35, 1965/1, p. 16-43.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÉRY Robert, ''Jours de fêtes. Histoire des célébrations chrétiennes'', Paris, Seuil, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIDOV Alexei, « The Holy Fire and Visual Constructs of Jerusalem, East and West », dans KÜHNEL Bianca, NOGA-BANAI Galit et VORHOLT Hanna (ed.), ''Visual Constructs of Jerusalem'', Turnhout, Brepols, 2014, p. 241-249.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16417</id>
		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
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		<updated>2021-01-05T23:42:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem&lt;br /&gt;
|fonds=Grappe&lt;br /&gt;
|idSupport=0151FI0020&lt;br /&gt;
|dateDebut=1984&lt;br /&gt;
|dateFin=1984&lt;br /&gt;
|video=0151FI0020_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:08:11&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Grappe Christian&lt;br /&gt;
|apercu=Viadolorosa.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Yéghiché II Derderian; Diodore Ier&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israel; Jérusalem; Vieille Ville; Via Dolorosa; église du Saint-Sépulcre&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-10-06&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Traditions@ Religious feasts and events@ Easter&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Festivités de la Pâques orthodoxe à Jérusalem filmées par Christian Grappe en 1984.&lt;br /&gt;
|Description_fr=La première séquence du film se focalise sur le dimanche des Rameaux. Elle s’ouvre sur un gros plan sur le Saint-Sépulcre. Sur les plans suivants, la première procession des rameaux. Les prêtres sont suivis par des fidèles. Ensuite, plans successifs sur des fidèles devant le Saint-Sépulcre tenant de grands rameaux. (0’50) Plan sur le patriarche arménien de Jérusalem, Yéghiché II Derderian, posant avec deux petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième séquence se concentre sur le chemin de croix ''Via Dolorosa'', le Vendredi saint. Sur le premier plan, des fidèles attendant le début de la procession. L’un d’entre eux tient un grande croix en bois. Début de la procession. Les fidèles avancent en portant la croix. Des religieuses récitent des prières. (1’34) Gros plan sur un couple portant des t-shirts identiques avec le logo d’une agence matrimoniale chrétienne des États-Unis. (1’39) Un fidèle touche « l’empreinte de la main de Jésus ». Arrivée de la procession au Saint-Sépulcre. (2’00) Ouverture de l’église. Les fidèles se rassemblent devant. (3’00) Gros plan sur le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Diodore Ier, tenant une croix. Le patriarche, accompagné par des prêtres et suivi par des fidèles monte sur des escaliers à côté de l’entrée du Saint-Sépulcre et fait une annonce. Accompagné de prêtre, Diodore Ier pénètre dans l’église. (3’51) Plans successifs sur les scouts palestiniens. (4’11) Des fidèles arrivent devant le Saint-Sépulcre. Le premier porte une croix en bois. Les fidèles attendent devant l’église. (4’40) Procession qui part du Saint-Sépulcre. (5’00) Marchand de rue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième séquence se focalise sur la cérémonie du feu sacré, le Samedi saint. (5’06) Arrivée des autorités religieuses orthodoxes. (5’22) Plan sur des prêtres et des fidèles, cierge en main. (5’26) Arrivée de fidèles devant le Saint-Sépulcre. Certains sont sur les épaules de leur coreligionnaire et agitent une canne, des cierges et un morceau de tissu blanc. D’autres dansent. (6’04) Ils entrent dans le Saint-Sépulcre. (6’13) Gros plan sur une dame âgée au visage fermé, l’air soucieux attendant que le miracle du feu sacré se produise. (6’27) Gros plan sur un homme âgé, lui aussi attendant la sainte flamme. (6’30) Les fidèles attendent devant l’entrée du Saint-Sépulcre pour recevoir le feu sacré. La foule s’agite. Des fidèles courent tout en agitant leur cierge. Ils passent une porte. Les fidèles se précipitent pour allumer leur cierge. Le feu sacré se propage. (7’38) Une dame essaye d’éteindre son cierge. Elle y parvient et semble étonnée. (7’42) Plan d’ensemble sur la foule. Des cierges sont allumés de part et d’autre. (7’51) Au milieu de la foule, des fidèles brandissent des lanternes à l’intérieur desquelles brûle un cierge. Le film se termine sur des gros plans successifs sur la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=À Jérusalem, la plupart des chrétiens sont orthodoxes. Leurs fêtes sont fixées selon le calendrier julien, contrairement aux Églises catholique et protestante qui utilisent le calendrier grégorien. &lt;br /&gt;
De fait, les chrétiens d’Orient fêtent habituellement Pâques après les chrétiens d’Occident, mais ce n’est pas systématique, il arrive que certaines années la date leur soit commune. Dans la pratique, les festivités pascales ne sont pas célébrées exactement de la même manière dans les Églises orthodoxes que dans les Églises catholique et protestante. La différence majeure étant le miracle du feu sacré qui a lieu tous les ans le Samedi saint en l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. De nos jours, six communautés chrétiennes se partagent cette église : les Catholiques romains, les Grecs orthodoxes, les Arméniens apostoliques, les Syriaques orthodoxes, les Coptes et les Éthiopiens orthodoxes. Parmi eux, seuls les Catholiques romains ne célèbrent pas le miracle du feu sacré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Grande Semaine à Jérusalem ==&lt;br /&gt;
=== Le dimanche des Rameaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques et marque pour les chrétiens l’entrée dans la dernière partie du Carême, la Semaine sainte ou, chez les orthodoxes, la Grande Semaine. Cette fête célèbre d’une part l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où il fut, selon les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean), accueilli par une foule agitant des rameaux de palmier et d’olivier, d’autre part elle annonce la Passion Christ. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à l’Occident qui ne l’autorisa qu’au VIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cette fête est célébrée à Jérusalem depuis le IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Supprimée au XI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle par le calife El-Hakim, qui détruisit en 1009 le Saint-Sépulcre, elle fut, plus tard, rétablie par les croisés. De nos jours encore, des chrétiens du monde entier se rassemblent au sommet du mont des Oliviers et descendent jusqu’à la vieille ville de Jérusalem en agitant des rameaux de palmier et d’olivier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Grand vendredi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Vendredi saint est le jour dédié à la commémoration de la Passion et de la crucifixion de Jésus-Christ. À Jérusalem, les chrétiens participent à la procession du chemin de croix ''Via Dolorosa''. Cette rue, située dans la vieille ville, comprend neuf des quatorze stations du chemin que le Christ aurait emprunté avant sa crucifixion, les cinq dernières étant à l’intérieur du Saint-Sépulcre. À cette occasion, des pèlerins du monde entier se déplacent à Jérusalem pour participer à cette procession. Les fidèles portent des croix en bois, récitent des prières et s’arrêtent aux différents lieux importants du calvaire de Jésus. La procession s’achève à la basilique du Saint-Sépulcre, construite à l’endroit regroupant selon la tradition chrétienne le lieu où le Christ aurait été crucifié, mis au tombeau puis ressuscité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Samedi saint et la cérémonie du feu sacré ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie du feu sacré est l’une des plus grandes fêtes de l’Église orthodoxe. Elle a lieu tous les ans le Samedi saint, la veille de la Pâques orthodoxe, et est célébrée à l’église du Saint-Sépulcre située à l’intérieur des murs de la vieille ville de Jérusalem. Cet événement est fêté par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dont de nombreux fidèles se déplacent à Jérusalem pour assister à la cérémonie. Selon leurs croyances, le feu sacré descend du ciel jusqu’au tombeau du Christ dans le Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premiers témoignages de cette célébration datent du IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Cette fête serait, selon certains historiens, inspirée de la cérémonie juive du ''Kabod Yahweh'' selon laquelle, chaque année à l’occasion du nouvel an solaire, le premier rayon du soleil levant rallumait le feu sacré de l’autel installé dans la cour du Second Temple, en souvenir du Temple de Salomon détruit en 587 avant notre ère. À l’instar d’autres fêtes chrétiennes, il est possible que celle-ci soit une réinterprétation d’une ancienne tradition juive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de n’avoir pas connu de grands changements dans la manière de le célébrer, ce rite est pratiqué – et ce, malgré la destruction du Saint-Sépulcre en 1009 – chaque année, au même endroit et quasiment de la même façon depuis, au moins, le IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Jusqu’au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les communautés catholiques fêtaient ce miracle avec les chrétiens orthodoxes, mais en 1238 le pape Grégoire IX publia une bulle pontificale dans laquelle il accusa l’Église grecque de fraude et mystification. Depuis lors, le rite romain rejette les croyances liées au feu sacré. Cependant, les franciscains de la custodie de Terre Sainte célèbrent toujours ce miracle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’apparition du feu sacré est perçue comme une révélation miraculeuse, comme un signe de la Résurrection, il symbolise la puissance de la vie. La flamme apparaît dans la petite chapelle qui abrite le tombeau de Jésus à l’intérieur du Saint-Sépulcre. C’est uniquement le patriarche orthodoxe grec qui reçoit le feu sacré et qui le transmet aux autres patriarches ainsi qu’à la foule de fidèles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWARBURGIG 10313248392.jpg|vignette|droite|Gravure de Bernard Picart représentant la distribution du feu sacré par le patriarche, 1724 © JSTOR.]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie est très surveillée. Avant que le patriarche orthodoxe grec n’entre dans la chapelle, les autorités israéliennes vérifient qu’il n’y ait aucune source de chaleur permettant d’allumer un feu, que toutes les lampes sont éteintes et scellent le tombeau avec de la cire. Une fois la vérification effectuée, le patriarche grec, munis de deux grands cierges, pénètre seul à l’intérieur de l’édicule et, après avoir reçu la flamme, la distribue aux patriarches arménien et copte ainsi qu’à toutes les personnes qui sont restées à l’extérieur de la chapelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWSS35953 35953 29352526.jpg|vignette|droite|Le miracle du feu sacré par William Holman Hunt, 1892-1899 © JSTOR.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant le Saint-Sépulcre, beaucoup d’émotion se dégage lorsque les fidèles attendent que le patriarche grec sorte du tombeau avec les cierges allumés par la sainte flamme. De plus, une partie de la foule est très agité. En effet, des fidèles dansent, d’autres montent sur les épaules de leur coreligionnaire, chacun brandissant un cierge encore éteint. Certains, attendent quant à eux, tranquillement, mais impatients le feu sacré. La foule exulte lorsque les premiers cierges enflammés sortent de l’église. Nombreux sont les fidèles qui se précipitent pour allumer les leurs. Enfin, certains pèlerins venus de très loin ramènent dans leur foyer, grâce à des lanternes, la sainte flamme, propageant ainsi dans le monde entier le miracle du Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CANARD Marius, « La destruction de l’église de la Résurrection par le calife Hakim et l’histoire de la descente du feu sacré », dans ''Byzantion'', n°35, 1965/1, p. 16-43.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÉRY Robert, ''Jours de fêtes. Histoire des célébrations chrétiennes'', Paris, Seuil, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIDOV Alexei, « The Holy Fire and Visual Constructs of Jerusalem, East and West », dans KÜHNEL Bianca, NOGA-BANAI Galit et VORHOLT Hanna (ed.), ''Visual Constructs of Jerusalem'', Turnhout, Brepols, 2014, p. 241-249.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Gravure de Bernard Picart représentant la distribution du feu sacré par le patriarche, 1724 © JSTOR&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16415</id>
		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
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		<updated>2021-01-05T23:36:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem&lt;br /&gt;
|fonds=Grappe&lt;br /&gt;
|idSupport=0151FI0020&lt;br /&gt;
|dateDebut=1984&lt;br /&gt;
|dateFin=1984&lt;br /&gt;
|video=0151FI0020_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:08:11&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Grappe Christian&lt;br /&gt;
|apercu=Viadolorosa.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Yéghiché II Derderian; Diodore Ier&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israel; Jérusalem; Vieille Ville; Via Dolorosa; église du Saint-Sépulcre&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-10-06&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Traditions@ Religious feasts and events@ Easter&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Festivités de la Pâques orthodoxe à Jérusalem filmées par Christian Grappe en 1984.&lt;br /&gt;
|Description_fr=La première séquence du film se focalise sur le dimanche des Rameaux. Elle s’ouvre sur un gros plan sur le Saint-Sépulcre. Sur les plans suivants, la première procession des rameaux. Les prêtres sont suivis par des fidèles. Ensuite, plans successifs sur des fidèles devant le Saint-Sépulcre tenant de grands rameaux. (0’50) Plan sur le patriarche arménien de Jérusalem, Yéghiché II Derderian, posant avec deux petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième séquence se concentre sur le chemin de croix ''Via Dolorosa'', le Vendredi saint. Sur le premier plan, des fidèles attendant le début de la procession. L’un d’entre eux tient un grande croix en bois. Début de la procession. Les fidèles avancent en portant la croix. Des religieuses récitent des prières. (1’34) Gros plan sur un couple portant des t-shirts identiques avec le logo d’une agence matrimoniale chrétienne des États-Unis. (1’39) Un fidèle touche « l’empreinte de la main de Jésus ». Arrivée de la procession au Saint-Sépulcre. (2’00) Ouverture de l’église. Les fidèles se rassemblent devant. (3’00) Gros plan sur le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Diodore Ier, tenant une croix. Le patriarche, accompagné par des prêtres et suivi par des fidèles monte sur des escaliers à côté de l’entrée du Saint-Sépulcre et fait une annonce. Accompagné de prêtre, Diodore Ier pénètre dans l’église. (3’51) Plans successifs sur les scouts palestiniens. (4’11) Des fidèles arrivent devant le Saint-Sépulcre. Le premier porte une croix en bois. Les fidèles attendent devant l’église. (4’40) Procession qui part du Saint-Sépulcre. (5’00) Marchand de rue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième séquence se focalise sur la cérémonie du feu sacré, le Samedi saint. (5’06) Arrivée des autorités religieuses orthodoxes. (5’22) Plan sur des prêtres et des fidèles, cierge en main. (5’26) Arrivée de fidèles devant le Saint-Sépulcre. Certains sont sur les épaules de leur coreligionnaire et agitent une canne, des cierges et un morceau de tissu blanc. D’autres dansent. (6’04) Ils entrent dans le Saint-Sépulcre. (6’13) Gros plan sur une dame âgée au visage fermé, l’air soucieux attendant que le miracle du feu sacré se produise. (6’27) Gros plan sur un homme âgé, lui aussi attendant la sainte flamme. (6’30) Les fidèles attendent devant l’entrée du Saint-Sépulcre pour recevoir le feu sacré. La foule s’agite. Des fidèles courent tout en agitant leur cierge. Ils passent une porte. Les fidèles se précipitent pour allumer leur cierge. Le feu sacré se propage. (7’38) Une dame essaye d’éteindre son cierge. Elle y parvient et semble étonnée. (7’42) Plan d’ensemble sur la foule. Des cierges sont allumés de part et d’autre. (7’51) Au milieu de la foule, des fidèles brandissent des lanternes à l’intérieur desquelles brûle un cierge. Le film se termine sur des gros plans successifs sur la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=À Jérusalem, la plupart des chrétiens sont orthodoxes. Leurs fêtes sont fixées selon le calendrier julien, contrairement aux Églises catholique et protestante qui utilisent le calendrier grégorien. &lt;br /&gt;
De fait, les chrétiens d’Orient fêtent habituellement Pâques après les chrétiens d’Occident, mais ce n’est pas systématique, il arrive que certaines années la date leur soit commune. Dans la pratique, les festivités pascales ne sont pas célébrées exactement de la même manière dans les Églises orthodoxes que dans les Églises catholique et protestante. La différence majeure étant le miracle du feu sacré qui a lieu tous les ans le Samedi saint en l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. De nos jours, six communautés chrétiennes se partagent cette église : les Catholiques romains, les Grecs orthodoxes, les Arméniens apostoliques, les Syriaques orthodoxes, les Coptes et les Éthiopiens orthodoxes. Parmi eux, seuls les Catholiques romains ne célèbrent pas le miracle du feu sacré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Grande Semaine à Jérusalem ==&lt;br /&gt;
=== Le dimanche des Rameaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques et marque pour les chrétiens l’entrée dans la dernière partie du Carême, la Semaine sainte ou, chez les orthodoxes, la Grande Semaine. Cette fête célèbre d’une part l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où il fut, selon les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean), accueilli par une foule agitant des rameaux de palmier et d’olivier, d’autre part elle annonce la Passion Christ. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à l’Occident qui ne l’autorisa qu’au VIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cette fête est célébrée à Jérusalem depuis le IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Supprimée au XI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle par le calife El-Hakim, qui détruisit en 1009 le Saint-Sépulcre, elle fut, plus tard, rétablie par les croisés. De nos jours encore, des chrétiens du monde entier se rassemblent au sommet du mont des Oliviers et descendent jusqu’à la vieille ville de Jérusalem en agitant des rameaux de palmier et d’olivier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Grand vendredi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Vendredi saint est le jour dédié à la commémoration de la Passion et de la crucifixion de Jésus-Christ. À Jérusalem, les chrétiens participent à la procession du chemin de croix ''Via Dolorosa''. Cette rue, située dans la vieille ville, comprend neuf des quatorze stations du chemin que le Christ aurait emprunté avant sa crucifixion, les cinq dernières étant à l’intérieur du Saint-Sépulcre. À cette occasion, des pèlerins du monde entier se déplacent à Jérusalem pour participer à cette procession. Les fidèles portent des croix en bois, récitent des prières et s’arrêtent aux différents lieux importants du calvaire de Jésus. La procession s’achève à la basilique du Saint-Sépulcre, construite à l’endroit regroupant selon la tradition chrétienne le lieu où le Christ aurait été crucifié, mis au tombeau puis ressuscité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Samedi saint et la cérémonie du feu sacré ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie du feu sacré est l’une des plus grandes fêtes de l’Église orthodoxe. Elle a lieu tous les ans le Samedi saint, la veille de la Pâques orthodoxe, et est célébrée à l’église du Saint-Sépulcre située à l’intérieur des murs de la vieille ville de Jérusalem. Cet événement est fêté par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dont de nombreux fidèles se déplacent à Jérusalem pour assister à la cérémonie. Selon leurs croyances, le feu sacré descend du ciel jusqu’au tombeau du Christ dans le Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premiers témoignages de cette célébration datent du IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Cette fête serait, selon certains historiens, inspirée de la cérémonie juive du ''Kabod Yahweh'' selon laquelle, chaque année à l’occasion du nouvel an solaire, le premier rayon du soleil levant rallumait le feu sacré de l’autel installé dans la cour du Second Temple, en souvenir du Temple de Salomon détruit en 587 avant notre ère. À l’instar d’autres fêtes chrétiennes, il est possible que celle-ci soit une réinterprétation d’une ancienne tradition juive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de n’avoir pas connu de grands changements dans la manière de le célébrer, ce rite est pratiqué – et ce, malgré la destruction du Saint-Sépulcre en 1009 – chaque année, au même endroit et quasiment de la même façon depuis, au moins, le IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Jusqu’au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les communautés catholiques fêtaient ce miracle avec les chrétiens orthodoxes, mais en 1238 le pape Grégoire IX publia une bulle pontificale dans laquelle il accusa l’Église grecque de fraude et mystification. Depuis lors, le rite romain rejette les croyances liées au feu sacré. Cependant, les franciscains de la custodie de Terre Sainte célèbrent toujours ce miracle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’apparition du feu sacré est perçue comme une révélation miraculeuse, comme un signe de la Résurrection, il symbolise la puissance de la vie. La flamme apparaît dans la petite chapelle qui abrite le tombeau de Jésus à l’intérieur du Saint-Sépulcre. C’est uniquement le patriarche orthodoxe grec qui reçoit le feu sacré et qui le transmet aux autres patriarches ainsi qu’à la foule de fidèles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie est très surveillée. Avant que le patriarche orthodoxe grec n’entre dans la chapelle, les autorités israéliennes vérifient qu’il n’y ait aucune source de chaleur permettant d’allumer un feu, que toutes les lampes sont éteintes et scellent le tombeau avec de la cire. Une fois la vérification effectuée, le patriarche grec, munis de deux grands cierges, pénètre seul à l’intérieur de l’édicule et, après avoir reçu la flamme, la distribue aux patriarches arménien et copte ainsi qu’à toutes les personnes qui sont restées à l’extérieur de la chapelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:AWSS35953 35953 29352526.jpg|vignette|droite|Le miracle du feu sacré par William Holman Hunt, 1892-1899 © JSTOR]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant le Saint-Sépulcre, beaucoup d’émotion se dégage lorsque les fidèles attendent que le patriarche grec sorte du tombeau avec les cierges allumés par la sainte flamme. De plus, une partie de la foule est très agité. En effet, des fidèles dansent, d’autres montent sur les épaules de leur coreligionnaire, chacun brandissant un cierge encore éteint. Certains, attendent quant à eux, tranquillement, mais impatients le feu sacré. La foule exulte lorsque les premiers cierges enflammés sortent de l’église. Nombreux sont les fidèles qui se précipitent pour allumer les leurs. Enfin, certains pèlerins venus de très loin ramènent dans leur foyer, grâce à des lanternes, la sainte flamme, propageant ainsi dans le monde entier le miracle du Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CANARD Marius, « La destruction de l’église de la Résurrection par le calife Hakim et l’histoire de la descente du feu sacré », dans ''Byzantion'', n°35, 1965/1, p. 16-43.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÉRY Robert, ''Jours de fêtes. Histoire des célébrations chrétiennes'', Paris, Seuil, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIDOV Alexei, « The Holy Fire and Visual Constructs of Jerusalem, East and West », dans KÜHNEL Bianca, NOGA-BANAI Galit et VORHOLT Hanna (ed.), ''Visual Constructs of Jerusalem'', Turnhout, Brepols, 2014, p. 241-249.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16414</id>
		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
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		<updated>2021-01-05T23:35:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem&lt;br /&gt;
|fonds=Grappe&lt;br /&gt;
|idSupport=0151FI0020&lt;br /&gt;
|dateDebut=1984&lt;br /&gt;
|dateFin=1984&lt;br /&gt;
|video=0151FI0020_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:08:11&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Grappe Christian&lt;br /&gt;
|apercu=Viadolorosa.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Yéghiché II Derderian; Diodore Ier&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israel; Jérusalem; Vieille Ville; Via Dolorosa; église du Saint-Sépulcre&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-10-06&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Traditions@ Religious feasts and events@ Easter&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Festivités de la Pâques orthodoxe à Jérusalem filmées par Christian Grappe en 1984.&lt;br /&gt;
|Description_fr=La première séquence du film se focalise sur le dimanche des Rameaux. Elle s’ouvre sur un gros plan sur le Saint-Sépulcre. Sur les plans suivants, la première procession des rameaux. Les prêtres sont suivis par des fidèles. Ensuite, plans successifs sur des fidèles devant le Saint-Sépulcre tenant de grands rameaux. (0’50) Plan sur le patriarche arménien de Jérusalem, Yéghiché II Derderian, posant avec deux petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième séquence se concentre sur le chemin de croix ''Via Dolorosa'', le Vendredi saint. Sur le premier plan, des fidèles attendant le début de la procession. L’un d’entre eux tient un grande croix en bois. Début de la procession. Les fidèles avancent en portant la croix. Des religieuses récitent des prières. (1’34) Gros plan sur un couple portant des t-shirts identiques avec le logo d’une agence matrimoniale chrétienne des États-Unis. (1’39) Un fidèle touche « l’empreinte de la main de Jésus ». Arrivée de la procession au Saint-Sépulcre. (2’00) Ouverture de l’église. Les fidèles se rassemblent devant. (3’00) Gros plan sur le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Diodore Ier, tenant une croix. Le patriarche, accompagné par des prêtres et suivi par des fidèles monte sur des escaliers à côté de l’entrée du Saint-Sépulcre et fait une annonce. Accompagné de prêtre, Diodore Ier pénètre dans l’église. (3’51) Plans successifs sur les scouts palestiniens. (4’11) Des fidèles arrivent devant le Saint-Sépulcre. Le premier porte une croix en bois. Les fidèles attendent devant l’église. (4’40) Procession qui part du Saint-Sépulcre. (5’00) Marchand de rue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième séquence se focalise sur la cérémonie du feu sacré, le Samedi saint. (5’06) Arrivée des autorités religieuses orthodoxes. (5’22) Plan sur des prêtres et des fidèles, cierge en main. (5’26) Arrivée de fidèles devant le Saint-Sépulcre. Certains sont sur les épaules de leur coreligionnaire et agitent une canne, des cierges et un morceau de tissu blanc. D’autres dansent. (6’04) Ils entrent dans le Saint-Sépulcre. (6’13) Gros plan sur une dame âgée au visage fermé, l’air soucieux attendant que le miracle du feu sacré se produise. (6’27) Gros plan sur un homme âgé, lui aussi attendant la sainte flamme. (6’30) Les fidèles attendent devant l’entrée du Saint-Sépulcre pour recevoir le feu sacré. La foule s’agite. Des fidèles courent tout en agitant leur cierge. Ils passent une porte. Les fidèles se précipitent pour allumer leur cierge. Le feu sacré se propage. (7’38) Une dame essaye d’éteindre son cierge. Elle y parvient et semble étonnée. (7’42) Plan d’ensemble sur la foule. Des cierges sont allumés de part et d’autre. (7’51) Au milieu de la foule, des fidèles brandissent des lanternes à l’intérieur desquelles brûle un cierge. Le film se termine sur des gros plans successifs sur la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=À Jérusalem, la plupart des chrétiens sont orthodoxes. Leurs fêtes sont fixées selon le calendrier julien, contrairement aux Églises catholique et protestante qui utilisent le calendrier grégorien. &lt;br /&gt;
De fait, les chrétiens d’Orient fêtent habituellement Pâques après les chrétiens d’Occident, mais ce n’est pas systématique, il arrive que certaines années la date leur soit commune. Dans la pratique, les festivités pascales ne sont pas célébrées exactement de la même manière dans les Églises orthodoxes que dans les Églises catholique et protestante. La différence majeure étant le miracle du feu sacré qui a lieu tous les ans le Samedi saint en l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. De nos jours, six communautés chrétiennes se partagent cette église : les Catholiques romains, les Grecs orthodoxes, les Arméniens apostoliques, les Syriaques orthodoxes, les Coptes et les Éthiopiens orthodoxes. Parmi eux, seuls les Catholiques romains ne célèbrent pas le miracle du feu sacré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Grande Semaine à Jérusalem ==&lt;br /&gt;
=== Le dimanche des Rameaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques et marque pour les chrétiens l’entrée dans la dernière partie du Carême, la Semaine sainte ou, chez les orthodoxes, la Grande Semaine. Cette fête célèbre d’une part l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où il fut, selon les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean), accueilli par une foule agitant des rameaux de palmier et d’olivier, d’autre part elle annonce la Passion Christ. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à l’Occident qui ne l’autorisa qu’au VIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cette fête est célébrée à Jérusalem depuis le IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Supprimée au XI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle par le calife El-Hakim, qui détruisit en 1009 le Saint-Sépulcre, elle fut, plus tard, rétablie par les croisés. De nos jours encore, des chrétiens du monde entier se rassemblent au sommet du mont des Oliviers et descendent jusqu’à la vieille ville de Jérusalem en agitant des rameaux de palmier et d’olivier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Grand vendredi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Vendredi saint est le jour dédié à la commémoration de la Passion et de la crucifixion de Jésus-Christ. À Jérusalem, les chrétiens participent à la procession du chemin de croix ''Via Dolorosa''. Cette rue, située dans la vieille ville, comprend neuf des quatorze stations du chemin que le Christ aurait emprunté avant sa crucifixion, les cinq dernières étant à l’intérieur du Saint-Sépulcre. À cette occasion, des pèlerins du monde entier se déplacent à Jérusalem pour participer à cette procession. Les fidèles portent des croix en bois, récitent des prières et s’arrêtent aux différents lieux importants du calvaire de Jésus. La procession s’achève à la basilique du Saint-Sépulcre, construite à l’endroit regroupant selon la tradition chrétienne le lieu où le Christ aurait été crucifié, mis au tombeau puis ressuscité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Samedi saint et la cérémonie du feu sacré ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie du feu sacré est l’une des plus grandes fêtes de l’Église orthodoxe. Elle a lieu tous les ans le Samedi saint, la veille de la Pâques orthodoxe, et est célébrée à l’église du Saint-Sépulcre située à l’intérieur des murs de la vieille ville de Jérusalem. Cet événement est fêté par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dont de nombreux fidèles se déplacent à Jérusalem pour assister à la cérémonie. Selon leurs croyances, le feu sacré descend du ciel jusqu’au tombeau du Christ dans le Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premiers témoignages de cette célébration datent du IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Cette fête serait, selon certains historiens, inspirée de la cérémonie juive du ''Kabod Yahweh'' selon laquelle, chaque année à l’occasion du nouvel an solaire, le premier rayon du soleil levant rallumait le feu sacré de l’autel installé dans la cour du Second Temple, en souvenir du Temple de Salomon détruit en 587 avant notre ère. À l’instar d’autres fêtes chrétiennes, il est possible que celle-ci soit une réinterprétation d’une ancienne tradition juive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de n’avoir pas connu de grands changements dans la manière de le célébrer, ce rite est pratiqué – et ce, malgré la destruction du Saint-Sépulcre en 1009 – chaque année, au même endroit et quasiment de la même façon depuis, au moins, le IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Jusqu’au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les communautés catholiques fêtaient ce miracle avec les chrétiens orthodoxes, mais en 1238 le pape Grégoire IX publia une bulle pontificale dans laquelle il accusa l’Église grecque de fraude et mystification. Depuis lors, le rite romain rejette les croyances liées au feu sacré. Cependant, les franciscains de la custodie de Terre Sainte célèbrent toujours ce miracle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’apparition du feu sacré est perçue comme une révélation miraculeuse, comme un signe de la Résurrection, il symbolise la puissance de la vie. La flamme apparaît dans la petite chapelle qui abrite le tombeau de Jésus à l’intérieur du Saint-Sépulcre. C’est uniquement le patriarche orthodoxe grec qui reçoit le feu sacré et qui le transmet aux autres patriarches ainsi qu’à la foule de fidèles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie est très surveillée. Avant que le patriarche orthodoxe grec n’entre dans la chapelle, les autorités israéliennes vérifient qu’il n’y ait aucune source de chaleur permettant d’allumer un feu, que toutes les lampes sont éteintes et scellent le tombeau avec de la cire. Une fois la vérification effectuée, le patriarche grec, munis de deux grands cierges, pénètre seul à l’intérieur de l’édicule et, après avoir reçu la flamme, la distribue aux patriarches arménien et copte ainsi qu’à toutes les personnes qui sont restées à l’extérieur de la chapelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant le Saint-Sépulcre, beaucoup d’émotion se dégage lorsque les fidèles attendent que le patriarche grec sorte du tombeau avec les cierges allumés par la sainte flamme. De plus, une partie de la foule est très agité. En effet, des fidèles dansent, d’autres montent sur les épaules de leur coreligionnaire, chacun brandissant un cierge encore éteint. Certains, attendent quant à eux, tranquillement, mais impatients le feu sacré. La foule exulte lorsque les premiers cierges enflammés sortent de l’église. Nombreux sont les fidèles qui se précipitent pour allumer les leurs. Enfin, certains pèlerins venus de très loin ramènent dans leur foyer, grâce à des lanternes, la sainte flamme, propageant ainsi dans le monde entier le miracle du Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CANARD Marius, « La destruction de l’église de la Résurrection par le calife Hakim et l’histoire de la descente du feu sacré », dans ''Byzantion'', n°35, 1965/1, p. 16-43.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÉRY Robert, ''Jours de fêtes. Histoire des célébrations chrétiennes'', Paris, Seuil, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIDOV Alexei, « The Holy Fire and Visual Constructs of Jerusalem, East and West », dans KÜHNEL Bianca, NOGA-BANAI Galit et VORHOLT Hanna (ed.), ''Visual Constructs of Jerusalem'', Turnhout, Brepols, 2014, p. 241-249.&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=[[Fichier:AWSS35953 35953 29352526.jpg|vignette|droite|Le miracle du feu sacré par William Holman Hunt, 1892-1899]]&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
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		<updated>2021-01-05T23:34:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Le miracle du feu sacré par William Holman Hunt, 1892-1899 © JSTOR&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16406</id>
		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
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		<updated>2021-01-05T23:13:26Z</updated>

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&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem&lt;br /&gt;
|fonds=Grappe&lt;br /&gt;
|idSupport=0151FI0020&lt;br /&gt;
|dateDebut=1984&lt;br /&gt;
|dateFin=1984&lt;br /&gt;
|video=0151FI0020_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:08:11&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Grappe Christian&lt;br /&gt;
|apercu=Viadolorosa.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Yéghiché II Derderian; Diodore Ier&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israel; Jérusalem; Vieille Ville; Via Dolorosa; église du Saint-Sépulcre&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-10-06&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Traditions@ Religious feasts and events@ Easter&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Festivités de la Pâques orthodoxe à Jérusalem filmées par Christian Grappe en 1984.&lt;br /&gt;
|Description_fr=La première séquence du film se focalise sur le dimanche des Rameaux. Elle s’ouvre sur un gros plan sur le Saint-Sépulcre. Sur les plans suivants, la première procession des rameaux. Les prêtres sont suivis par des fidèles. Ensuite, plans successifs sur des fidèles devant le Saint-Sépulcre tenant de grands rameaux. (0’50) Plan sur le patriarche arménien de Jérusalem, Yéghiché II Derderian, posant avec deux petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième séquence se concentre sur le chemin de croix ''Via Dolorosa'', le Vendredi saint. Sur le premier plan, des fidèles attendant le début de la procession. L’un d’entre eux tient un grande croix en bois. Début de la procession. Les fidèles avancent en portant la croix. Des religieuses récitent des prières. (1’34) Gros plan sur un couple portant des t-shirts identiques avec le logo d’une agence matrimoniale chrétienne des États-Unis. (1’39) Un fidèle touche « l’empreinte de la main de Jésus ». Arrivée de la procession au Saint-Sépulcre. (2’00) Ouverture de l’église. Les fidèles se rassemblent devant. (3’00) Gros plan sur le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Diodore Ier, tenant une croix. Le patriarche, accompagné par des prêtres et suivi par des fidèles monte sur des escaliers à côté de l’entrée du Saint-Sépulcre et fait une annonce. Accompagné de prêtre, Diodore Ier pénètre dans l’église. (3’51) Plans successifs sur les scouts palestiniens. (4’11) Des fidèles arrivent devant le Saint-Sépulcre. Le premier porte une croix en bois. Les fidèles attendent devant l’église. (4’40) Procession qui part du Saint-Sépulcre. (5’00) Marchand de rue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième séquence se focalise sur la cérémonie du feu sacré, le Samedi saint. (5’06) Arrivée des autorités religieuses orthodoxes. (5’22) Plan sur des prêtres et des fidèles, cierge en main. (5’26) Arrivée de fidèles devant le Saint-Sépulcre. Certains sont sur les épaules de leur coreligionnaire et agitent une canne, des cierges et un morceau de tissu blanc. D’autres dansent. (6’04) Ils entrent dans le Saint-Sépulcre. (6’13) Gros plan sur une dame âgée au visage fermé, l’air soucieux attendant que le miracle du feu sacré se produise. (6’27) Gros plan sur un homme âgé, lui aussi attendant la sainte flamme. (6’30) Les fidèles attendent devant l’entrée du Saint-Sépulcre pour recevoir le feu sacré. La foule s’agite. Des fidèles courent tout en agitant leur cierge. Ils passent une porte. Les fidèles se précipitent pour allumer leur cierge. Le feu sacré se propage. (7’38) Une dame essaye d’éteindre son cierge. Elle y parvient et semble étonnée. (7’42) Plan d’ensemble sur la foule. Des cierges sont allumés de part et d’autre. (7’51) Au milieu de la foule, des fidèles brandissent des lanternes à l’intérieur desquelles brûle un cierge. Le film se termine sur des gros plans successifs sur la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=À Jérusalem, la plupart des chrétiens sont orthodoxes. Leurs fêtes sont fixées selon le calendrier julien, contrairement aux Églises catholique et protestante qui utilisent le calendrier grégorien. &lt;br /&gt;
De fait, les chrétiens d’Orient fêtent habituellement Pâques après les chrétiens d’Occident, mais ce n’est pas systématique, il arrive que certaines années la date leur soit commune. Dans la pratique, les festivités pascales ne sont pas célébrées exactement de la même manière dans les Églises orthodoxes que dans les Églises catholique et protestante. La différence majeure étant le miracle du feu sacré qui a lieu tous les ans le Samedi saint en l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. De nos jours, six communautés chrétiennes se partagent cette église : les Catholiques romains, les Grecs orthodoxes, les Arméniens apostoliques, les Syriaques orthodoxes, les Coptes et les Éthiopiens orthodoxes. Parmi eux, seuls les Catholiques romains ne célèbrent pas le miracle du feu sacré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Grande Semaine à Jérusalem ==&lt;br /&gt;
=== Le dimanche des Rameaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques et marque pour les chrétiens l’entrée dans la dernière partie du Carême, la Semaine sainte ou, chez les orthodoxes, la Grande Semaine. Cette fête célèbre d’une part l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où il fut, selon les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean), accueilli par une foule agitant des rameaux de palmier et d’olivier, d’autre part elle annonce la Passion Christ. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à l’Occident qui ne l’autorisa qu’au VIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cette fête est célébrée à Jérusalem depuis le IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Supprimée au XI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle par le calife El-Hakim, qui détruisit en 1009 le Saint-Sépulcre, elle fut, plus tard, rétablie par les croisés. De nos jours encore, des chrétiens du monde entier se rassemblent au sommet du mont des Oliviers et descendent jusqu’à la vieille ville de Jérusalem en agitant des rameaux de palmier et d’olivier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Grand vendredi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Vendredi saint est le jour dédié à la commémoration de la Passion et de la crucifixion de Jésus-Christ. À Jérusalem, les chrétiens participent à la procession du chemin de croix ''Via Dolorosa''. Cette rue, située dans la vieille ville, comprend neuf des quatorze stations du chemin que le Christ aurait emprunté avant sa crucifixion, les cinq dernières étant à l’intérieur du Saint-Sépulcre. À cette occasion, des pèlerins du monde entier se déplacent à Jérusalem pour participer à cette procession. Les fidèles portent des croix en bois, récitent des prières et s’arrêtent aux différents lieux importants du calvaire de Jésus. La procession s’achève à la basilique du Saint-Sépulcre, construite à l’endroit regroupant selon la tradition chrétienne le lieu où le Christ aurait été crucifié, mis au tombeau puis ressuscité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Samedi saint et la cérémonie du feu sacré ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie du feu sacré est l’une des plus grandes fêtes de l’Église orthodoxe. Elle a lieu tous les ans le Samedi saint, la veille de la Pâques orthodoxe, et est célébrée à l’église du Saint-Sépulcre située à l’intérieur des murs de la vieille ville de Jérusalem. Cet événement est fêté par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dont de nombreux fidèles se déplacent à Jérusalem pour assister à la cérémonie. Selon leurs croyances, le feu sacré descend du ciel jusqu’au tombeau du Christ dans le Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premiers témoignages de cette célébration datent du IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Cette fête serait, selon certains historiens, inspirée de la cérémonie juive du ''Kabod Yahweh'' selon laquelle, chaque année à l’occasion du nouvel an solaire, le premier rayon du soleil levant rallumait le feu sacré de l’autel installé dans la cour du Second Temple, en souvenir du Temple de Salomon détruit en 587 avant notre ère. À l’instar d’autres fêtes chrétiennes, il est possible que celle-ci soit une réinterprétation d’une ancienne tradition juive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de n’avoir pas connu de grands changements dans la manière de le célébrer, ce rite est pratiqué – et ce, malgré la destruction du Saint-Sépulcre en 1009 – chaque année, au même endroit et quasiment de la même façon depuis, au moins, le IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Jusqu’au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les communautés catholiques fêtaient ce miracle avec les chrétiens orthodoxes, mais en 1238 le pape Grégoire IX publia une bulle pontificale dans laquelle il accusa l’Église grecque de fraude et mystification. Depuis lors, le rite romain rejette les croyances liées au feu sacré. Cependant, les franciscains de la custodie de Terre Sainte célèbrent toujours ce miracle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’apparition du feu sacré est perçue comme une révélation miraculeuse, comme un signe de la Résurrection, il symbolise la puissance de la vie. La flamme apparaît dans la petite chapelle qui abrite le tombeau de Jésus à l’intérieur du Saint-Sépulcre. C’est uniquement le patriarche orthodoxe grec qui reçoit le feu sacré et qui le transmet aux autres patriarches ainsi qu’à la foule de fidèles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie est très surveillée. Avant que le patriarche orthodoxe grec n’entre dans la chapelle, les autorités israéliennes vérifient qu’il n’y ait aucune source de chaleur permettant d’allumer un feu, que toutes les lampes sont éteintes et scellent le tombeau avec de la cire. Une fois la vérification effectuée, le patriarche grec, munis de deux grands cierges, pénètre seul à l’intérieur de l’édicule et, après avoir reçu la flamme, la distribue aux patriarches arménien et copte ainsi qu’à toutes les personnes qui sont restées à l’extérieur de la chapelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant le Saint-Sépulcre, beaucoup d’émotion se dégage lorsque les fidèles attendent que le patriarche grec sorte du tombeau avec les cierges allumés par la sainte flamme. De plus, une partie de la foule est très agité. En effet, des fidèles dansent, d’autres montent sur les épaules de leur coreligionnaire, chacun brandissant un cierge encore éteint. Certains, attendent quant à eux, tranquillement, mais impatients le feu sacré. La foule exulte lorsque les premiers cierges enflammés sortent de l’église. Nombreux sont les fidèles qui se précipitent pour allumer les leurs. Enfin, certains pèlerins venus de très loin ramènent dans leur foyer, grâce à des lanternes, la sainte flamme, propageant ainsi dans le monde entier le miracle du Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CANARD Marius, « La destruction de l’église de la Résurrection par le calife Hakim et l’histoire de la descente du feu sacré », dans ''Byzantion'', n°35, 1965/1, p. 16-43.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÉRY Robert, ''Jours de fêtes. Histoire des célébrations chrétiennes'', Paris, Seuil, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIDOV Alexei, « The Holy Fire and Visual Constructs of Jerusalem, East and West », dans KÜHNEL Bianca, NOGA-BANAI Galit et VORHOLT Hanna (ed.), ''Visual Constructs of Jerusalem'', Turnhout, Brepols, 2014, p. 241-249.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
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		<updated>2021-01-05T23:11:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem&lt;br /&gt;
|fonds=Grappe&lt;br /&gt;
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|dateDebut=1984&lt;br /&gt;
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|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Grappe Christian&lt;br /&gt;
|apercu=Viadolorosa.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Yéghiché II Derderian; Diodore Ier&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israel; Jérusalem; Vieille Ville; Via Dolorosa; église du Saint-Sépulcre&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-10-06&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Traditions@ Religious feasts and events@ Easter&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Festivités de la Pâques orthodoxe à Jérusalem filmées par Christian Grappe en 1984.&lt;br /&gt;
|Description_fr=La première séquence du film se focalise sur le dimanche des Rameaux. Elle s’ouvre sur un gros plan sur le Saint-Sépulcre. Sur les plans suivants, la première procession des rameaux. Les prêtres sont suivis par des fidèles. Ensuite, plans successifs sur des fidèles devant le Saint-Sépulcre tenant de grands rameaux. (0’50) Plan sur le patriarche arménien de Jérusalem, Yéghiché II Derderian, posant avec deux petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième séquence se concentre sur le chemin de croix ''Via Dolorosa'', le Vendredi saint. Sur le premier plan, des fidèles attendant le début de la procession. L’un d’entre eux tient un grande croix en bois. Début de la procession. Les fidèles avancent en portant la croix. Des religieuses récitent des prières. (1’34) Gros plan sur un couple portant des t-shirts identiques avec le logo d’une agence matrimoniale chrétienne des États-Unis. (1’39) Un fidèle touche « l’empreinte de la main de Jésus ». Arrivée de la procession au Saint-Sépulcre. (2’00) Ouverture de l’église. Les fidèles se rassemblent devant. (3’00) Gros plan sur le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Diodore Ier, tenant une croix. Le patriarche, accompagné par des prêtres et suivi par des fidèles monte sur des escaliers à côté de l’entrée du Saint-Sépulcre et fait une annonce. Accompagné de prêtre, Diodore Ier pénètre dans l’église. (3’51) Plans successifs sur les scouts palestiniens. (4’11) Des fidèles arrivent devant le Saint-Sépulcre. Le premier porte une croix en bois. Les fidèles attendent devant l’église. (4’40) Procession qui part du Saint-Sépulcre. (5’00) Marchand de rue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième séquence se focalise sur la cérémonie du feu sacré, le Samedi saint. (5’06) Arrivée des autorités religieuses orthodoxes. (5’22) Plan sur des prêtres et des fidèles, cierge en main. (5’26) Arrivée de fidèles devant le Saint-Sépulcre. Certains sont sur les épaules de leur coreligionnaire et agitent une canne, des cierges et un morceau de tissu blanc. D’autres dansent. (6’04) Ils entrent dans le Saint-Sépulcre. (6’13) Gros plan sur une dame âgée au visage fermé, l’air soucieux attendant que le miracle du feu sacré se produise. (6’27) Gros plan sur un homme âgé, lui aussi attendant la sainte flamme. (6’30) Les fidèles attendent devant l’entrée du Saint-Sépulcre pour recevoir le feu sacré. La foule s’agite. Des fidèles courent tout en agitant leur cierge. Ils passent une porte. Les fidèles se précipitent pour allumer leur cierge. Le feu sacré se propage. (7’38) Une dame essaye d’éteindre son cierge. Elle y parvient et semble étonnée. (7’42) Plan d’ensemble sur la foule. Des cierges sont allumés de part et d’autre. (7’51) Au milieu de la foule, des fidèles brandissent des lanternes à l’intérieur desquelles brûle un cierge. Le film se termine sur des gros plans successifs sur la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=À Jérusalem, la plupart des chrétiens sont orthodoxes. Leurs fêtes sont fixées selon le calendrier julien, contrairement aux Églises catholique et protestante qui utilisent le calendrier grégorien. &lt;br /&gt;
De fait, les chrétiens d’Orient fêtent habituellement Pâques après les chrétiens d’Occident, mais ce n’est pas systématique, il arrive que certaines années la date leur soit commune. Dans la pratique, les festivités pascales ne sont pas célébrées exactement de la même manière dans les Églises orthodoxes que dans les Églises catholique et protestante. La différence majeure étant le miracle du feu sacré qui a lieu tous les ans le Samedi saint en l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. De nos jours, six communautés chrétiennes se partagent cette église : les Catholiques romains, les Grecs orthodoxes, les Arméniens apostoliques, les Syriaques orthodoxes, les Coptes et les Éthiopiens orthodoxes. Parmi eux, seuls les Catholiques romains ne célèbrent pas le miracle du feu sacré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Grande Semaine à Jérusalem ==&lt;br /&gt;
=== Le dimanche des Rameaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques et marque pour les chrétiens l’entrée dans la dernière partie du Carême, la Semaine sainte ou, chez les orthodoxes, la Grande Semaine. Cette fête célèbre d’une part l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où il fut, selon les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean), accueilli par une foule agitant des rameaux de palmier et d’olivier, d’autre part elle annonce la Passion Christ. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à l’Occident qui ne l’autorisa qu’au VIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cette fête est célébrée à Jérusalem depuis le IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Supprimée au XI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle par le calife El-Hakim, qui détruisit en 1009 le Saint-Sépulcre, elle fut, plus tard, rétablie par les croisés. De nos jours encore, des chrétiens du monde entier se rassemblent au sommet du mont des Oliviers et descendent jusqu’à la vieille ville de Jérusalem en agitant des rameaux de palmier et d’olivier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Grand vendredi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Vendredi saint est le jour dédié à la commémoration de la Passion et de la crucifixion de Jésus-Christ. À Jérusalem, les chrétiens participent à la procession du chemin de croix ''Via Dolorosa''. Cette rue, située dans la vieille ville, comprend neuf des quatorze stations du chemin que le Christ aurait emprunté avant sa crucifixion, les cinq dernières étant à l’intérieur du Saint-Sépulcre. À cette occasion, des pèlerins du monde entier se déplacent à Jérusalem pour participer à cette procession. Les fidèles portent des croix en bois, récitent des prières et s’arrêtent aux différents lieux importants du calvaire de Jésus. La procession s’achève à la basilique du Saint-Sépulcre, construite à l’endroit regroupant selon la tradition chrétienne le lieu où le Christ aurait été crucifié, mis au tombeau puis ressuscité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Samedi saint et la cérémonie du feu sacré ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie du feu sacré est l’une des plus grandes fêtes de l’Église orthodoxe. Elle a lieu tous les ans le Samedi saint, la veille de la Pâques orthodoxe, et est célébrée à l’église du Saint-Sépulcre située à l’intérieur des murs de la vieille ville de Jérusalem. Cet événement est fêté par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dont de nombreux fidèles se déplacent à Jérusalem pour assister à la cérémonie. Selon leurs croyances, le feu sacré descend du ciel jusqu’au tombeau du Christ dans le Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premiers témoignages de cette célébration datent du IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Cette fête serait, selon certains historiens, inspirée de la cérémonie juive du Kabod Yahweh selon laquelle, chaque année à l’occasion du nouvel an solaire, le premier rayon du soleil levant rallumait le feu sacré de l’autel installé dans la cour du Second Temple, en souvenir du Temple de Salomon détruit en 587 avant notre ère. À l’instar d’autres fêtes chrétiennes, il est possible que celle-ci soit une réinterprétation d’une ancienne tradition juive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de n’avoir pas connu de grands changements dans la manière de le célébrer, ce rite est pratiqué – et ce, malgré la destruction du Saint-Sépulcre en 1009 – chaque année, au même endroit et quasiment de la même façon depuis, au moins, le IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Jusqu’au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les communautés catholiques fêtaient ce miracle avec les chrétiens orthodoxes, mais en 1238 le pape Grégoire IX publia une bulle pontificale dans laquelle il accusa l’Église grecque de fraude et mystification. Depuis lors, le rite romain rejette les croyances liées au feu sacré. Cependant, les franciscains de la custodie de Terre Sainte célèbrent toujours ce miracle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’apparition du feu sacré est perçue comme une révélation miraculeuse, comme un signe de la Résurrection, il symbolise la puissance de la vie. La flamme apparaît dans la petite chapelle qui abrite le tombeau de Jésus à l’intérieur du Saint-Sépulcre. C’est uniquement le patriarche orthodoxe grec qui reçoit le feu sacré et qui le transmet aux autres patriarches ainsi qu’à la foule de fidèles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie est très surveillée. Avant que le patriarche orthodoxe grec n’entre dans la chapelle, les autorités israéliennes vérifient qu’il n’y ait aucune source de chaleur permettant d’allumer un feu, que toutes les lampes sont éteintes et scellent le tombeau avec de la cire. Une fois la vérification effectuée, le patriarche grec, munis de deux grands cierges, pénètre seul à l’intérieur de l’édicule et, après avoir reçu la flamme, la distribue aux patriarches arménien et copte ainsi qu’à toutes les personnes qui sont restées à l’extérieur de la chapelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant le Saint-Sépulcre, beaucoup d’émotion se dégage lorsque les fidèles attendent que le patriarche grec sorte du tombeau avec les cierges allumés par la sainte flamme. De plus, une partie de la foule est très agité. En effet, des fidèles dansent, d’autres montent sur les épaules de leur coreligionnaire, chacun brandissant un cierge encore éteint. Certains, attendent quant à eux, tranquillement, mais impatients le feu sacré. La foule exulte lorsque les premiers cierges enflammés sortent de l’église. Nombreux sont les fidèles qui se précipitent pour allumer les leurs. Enfin, certains pèlerins venus de très loin ramènent dans leur foyer, grâce à des lanternes, la sainte flamme, propageant ainsi dans le monde entier le miracle du Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CANARD Marius, « La destruction de l’église de la Résurrection par le calife Hakim et l’histoire de la descente du feu sacré », dans ''Byzantion'', n°35, 1965/1, p. 16-43.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÉRY Robert, ''Jours de fêtes. Histoire des célébrations chrétiennes'', Paris, Seuil, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIDOV Alexei, « The Holy Fire and Visual Constructs of Jerusalem, East and West », dans KÜHNEL Bianca, NOGA-BANAI Galit et VORHOLT Hanna (ed.), ''Visual Constructs of Jerusalem'', Turnhout, Brepols, 2014, p. 241-249.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
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		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16403"/>
		<updated>2021-01-05T23:10:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem&lt;br /&gt;
|fonds=Grappe&lt;br /&gt;
|idSupport=0151FI0020&lt;br /&gt;
|dateDebut=1984&lt;br /&gt;
|dateFin=1984&lt;br /&gt;
|video=0151FI0020_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:08:11&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Grappe Christian&lt;br /&gt;
|apercu=Viadolorosa.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Yéghiché II Derderian; Diodore Ier&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israel; Jérusalem; Vieille Ville; Via Dolorosa; église du Saint-Sépulcre&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-10-06&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Traditions@ Religious feasts and events@ Easter&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Festivités de la Pâques orthodoxe à Jérusalem filmées par Christian Grappe en 1984.&lt;br /&gt;
|Description_fr=La première séquence du film se focalise sur le dimanche des Rameaux. Elle s’ouvre sur un gros plan sur le Saint-Sépulcre. Sur les plans suivants, la première procession des rameaux. Les prêtres sont suivis par des fidèles. Ensuite, plans successifs sur des fidèles devant le Saint-Sépulcre tenant de grands rameaux. (0’50) Plan sur le patriarche arménien de Jérusalem, Yéghiché II Derderian, posant avec deux petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième séquence se concentre sur le chemin de croix ''Via Dolorosa'', le Vendredi saint. Sur le premier plan, des fidèles attendant le début de la procession. L’un d’entre eux tient un grande croix en bois. Début de la procession. Les fidèles avancent en portant la croix. Des religieuses récitent des prières. (1’34) Gros plan sur un couple portant des t-shirts identiques avec le logo d’une agence matrimoniale chrétienne des États-Unis. (1’39) Un fidèle touche « l’empreinte de la main de Jésus ». Arrivée de la procession au Saint-Sépulcre. (2’00) Ouverture de l’église. Les fidèles se rassemblent devant. (3’00) Gros plan sur le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Diodore Ier, tenant une croix. Le patriarche, accompagné par des prêtres et suivi par des fidèles monte sur des escaliers à côté de l’entrée du Saint-Sépulcre et fait une annonce. Accompagné de prêtre, Diodore Ier pénètre dans l’église. (3’51) Plans successifs sur les scouts palestiniens. (4’11) Des fidèles arrivent devant le Saint-Sépulcre. Le premier porte une croix en bois. Les fidèles attendent devant l’église. (4’40) Procession qui part du Saint-Sépulcre. (5’00) Marchand de rue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième séquence se focalise sur la cérémonie du feu sacré, le Samedi saint. (5’06) Arrivée des autorités religieuses orthodoxes. (5’22) Plan sur des prêtres et des fidèles, cierge en main. (5’26) Arrivée de fidèles devant le Saint-Sépulcre. Certains sont sur les épaules de leur coreligionnaire et agitent une canne, des cierges et un morceau de tissu blanc. D’autres dansent. (6’04) Ils entrent dans le Saint-Sépulcre. (6’13) Gros plan sur une dame âgée au visage fermé, l’air soucieux attendant que le miracle du feu sacré se produise. (6’27) Gros plan sur un homme âgé, lui aussi attendant la sainte flamme. (6’30) Les fidèles attendent devant l’entrée du Saint-Sépulcre pour recevoir le feu sacré. La foule s’agite. Des fidèles courent tout en agitant leur cierge. Ils passent une porte. Les fidèles se précipitent pour allumer leur cierge. Le feu sacré se propage. (7’38) Une dame essaye d’éteindre son cierge. Elle y parvient et semble étonnée. (7’42) Plan d’ensemble sur la foule. Des cierges sont allumés de part et d’autre. (7’51) Au milieu de la foule, des fidèles brandissent des lanternes à l’intérieur desquelles brûle un cierge. Le film se termine sur des gros plans successifs sur la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=À Jérusalem, la plupart des chrétiens sont orthodoxes. Leurs fêtes sont fixées selon le calendrier julien, contrairement aux Églises catholique et protestante qui utilisent le calendrier grégorien. &lt;br /&gt;
De fait, les chrétiens d’Orient fêtent habituellement Pâques après les chrétiens d’Occident, mais ce n’est pas systématique, il arrive que certaines années la date leur soit commune. Dans la pratique, les festivités pascales ne sont pas célébrées exactement de la même manière dans les Églises orthodoxes que dans les Églises catholique et protestante. La différence majeure étant le miracle du feu sacré qui a lieu tous les ans le Samedi saint en l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. De nos jours, six communautés chrétiennes se partagent cette église : les Catholiques romains, les Grecs orthodoxes, les Arméniens apostoliques, les Syriaques orthodoxes, les Coptes et les Éthiopiens orthodoxes. Parmi eux, seuls les catholiques romains ne célèbrent pas le miracle du feu sacré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Grande Semaine à Jérusalem ==&lt;br /&gt;
=== Le dimanche des Rameaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques et marque pour les chrétiens l’entrée dans la dernière partie du Carême, la Semaine sainte ou, chez les orthodoxes, la Grande Semaine. Cette fête célèbre d’une part l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où il fut, selon les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean), accueilli par une foule agitant des rameaux de palmier et d’olivier, d’autre part elle annonce la Passion Christ. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à l’Occident qui ne l’autorisa qu’au VIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cette fête est célébrée à Jérusalem depuis le IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Supprimée au XI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle par le calife El-Hakim, qui détruisit en 1009 le Saint-Sépulcre, elle fut, plus tard, rétablie par les croisés. De nos jours encore, des chrétiens du monde entier se rassemblent au sommet du mont des Oliviers et descendent jusqu’à la vieille ville de Jérusalem en agitant des rameaux de palmier et d’olivier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Grand vendredi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Vendredi saint est le jour dédié à la commémoration de la Passion et de la crucifixion de Jésus-Christ. À Jérusalem, les chrétiens participent à la procession du chemin de croix ''Via Dolorosa''. Cette rue, située dans la vieille ville, comprend neuf des quatorze stations du chemin que le Christ aurait emprunté avant sa crucifixion, les cinq dernières étant à l’intérieur du Saint-Sépulcre. À cette occasion, des pèlerins du monde entier se déplacent à Jérusalem pour participer à cette procession. Les fidèles portent des croix en bois, récitent des prières et s’arrêtent aux différents lieux importants du calvaire de Jésus. La procession s’achève à la basilique du Saint-Sépulcre, construite à l’endroit regroupant selon la tradition chrétienne le lieu où le Christ aurait été crucifié, mis au tombeau puis ressuscité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Samedi saint et la cérémonie du feu sacré ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie du feu sacré est l’une des plus grandes fêtes de l’Église orthodoxe. Elle a lieu tous les ans le Samedi saint, la veille de la Pâques orthodoxe, et est célébrée à l’église du Saint-Sépulcre située à l’intérieur des murs de la vieille ville de Jérusalem. Cet événement est fêté par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dont de nombreux fidèles se déplacent à Jérusalem pour assister à la cérémonie. Selon leurs croyances, le feu sacré descend du ciel jusqu’au tombeau du Christ dans le Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premiers témoignages de cette célébration datent du IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Cette fête serait, selon certains historiens, inspirée de la cérémonie juive du Kabod Yahweh selon laquelle, chaque année à l’occasion du nouvel an solaire, le premier rayon du soleil levant rallumait le feu sacré de l’autel installé dans la cour du Second Temple, en souvenir du Temple de Salomon détruit en 587 avant notre ère. À l’instar d’autres fêtes chrétiennes, il est possible que celle-ci soit une réinterprétation d’une ancienne tradition juive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de n’avoir pas connu de grands changements dans la manière de le célébrer, ce rite est pratiqué – et ce, malgré la destruction du Saint-Sépulcre en 1009 – chaque année, au même endroit et quasiment de la même façon depuis, au moins, le IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Jusqu’au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les communautés catholiques fêtaient ce miracle avec les chrétiens orthodoxes, mais en 1238 le pape Grégoire IX publia une bulle pontificale dans laquelle il accusa l’Église grecque de fraude et mystification. Depuis lors, le rite romain rejette les croyances liées au feu sacré. Cependant, les franciscains de la custodie de Terre Sainte célèbrent toujours ce miracle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’apparition du feu sacré est perçue comme une révélation miraculeuse, comme un signe de la Résurrection, il symbolise la puissance de la vie. La flamme apparaît dans la petite chapelle qui abrite le tombeau de Jésus à l’intérieur du Saint-Sépulcre. C’est uniquement le patriarche orthodoxe grec qui reçoit le feu sacré et qui le transmet aux autres patriarches ainsi qu’à la foule de fidèles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie est très surveillée. Avant que le patriarche orthodoxe grec n’entre dans la chapelle, les autorités israéliennes vérifient qu’il n’y ait aucune source de chaleur permettant d’allumer un feu, que toutes les lampes sont éteintes et scellent le tombeau avec de la cire. Une fois la vérification effectuée, le patriarche grec, munis de deux grands cierges, pénètre seul à l’intérieur de l’édicule et, après avoir reçu la flamme, la distribue aux patriarches arménien et copte ainsi qu’à toutes les personnes qui sont restées à l’extérieur de la chapelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant le Saint-Sépulcre, beaucoup d’émotion se dégage lorsque les fidèles attendent que le patriarche grec sorte du tombeau avec les cierges allumés par la sainte flamme. De plus, une partie de la foule est très agité. En effet, des fidèles dansent, d’autres montent sur les épaules de leur coreligionnaire, chacun brandissant un cierge encore éteint. Certains, attendent quant à eux, tranquillement, mais impatients le feu sacré. La foule exulte lorsque les premiers cierges enflammés sortent de l’église. Nombreux sont les fidèles qui se précipitent pour allumer les leurs. Enfin, certains pèlerins venus de très loin ramènent dans leur foyer, grâce à des lanternes, la sainte flamme, propageant ainsi dans le monde entier le miracle du Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CANARD Marius, « La destruction de l’église de la Résurrection par le calife Hakim et l’histoire de la descente du feu sacré », dans ''Byzantion'', n°35, 1965/1, p. 16-43.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FÉRY Robert, ''Jours de fêtes. Histoire des célébrations chrétiennes'', Paris, Seuil, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LIDOV Alexei, « The Holy Fire and Visual Constructs of Jerusalem, East and West », dans KÜHNEL Bianca, NOGA-BANAI Galit et VORHOLT Hanna (ed.), ''Visual Constructs of Jerusalem'', Turnhout, Brepols, 2014, p. 241-249.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16401</id>
		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16401"/>
		<updated>2021-01-05T23:08:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem&lt;br /&gt;
|fonds=Grappe&lt;br /&gt;
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|dateDebut=1984&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Grappe Christian&lt;br /&gt;
|apercu=Viadolorosa.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Yéghiché II Derderian; Diodore Ier&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israel; Jérusalem; Vieille Ville; Via Dolorosa; église du Saint-Sépulcre&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-10-06&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Traditions@ Religious feasts and events@ Easter&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Festivités de la Pâques orthodoxe à Jérusalem filmées par Christian Grappe en 1984.&lt;br /&gt;
|Description_fr=La première séquence du film se focalise sur le dimanche des Rameaux. Elle s’ouvre sur un gros plan sur le Saint-Sépulcre. Sur les plans suivants, la première procession des rameaux. Les prêtres sont suivis par des fidèles. Ensuite, plans successifs sur des fidèles devant le Saint-Sépulcre tenant de grands rameaux. (0’50) Plan sur le patriarche arménien de Jérusalem, Yéghiché II Derderian, posant avec deux petites filles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième séquence se concentre sur le chemin de croix ''Via Dolorosa'', le Vendredi saint. Sur le premier plan, des fidèles attendant le début de la procession. L’un d’entre eux tient un grande croix en bois. Début de la procession. Les fidèles avancent en portant la croix. Des religieuses récitent des prières. (1’34) Gros plan sur un couple portant des t-shirts identiques avec le logo d’une agence matrimoniale chrétienne des États-Unis. (1’39) Un fidèle touche « l’empreinte de la main de Jésus ». Arrivée de la procession au Saint-Sépulcre. (2’00) Ouverture de l’église. Les fidèles se rassemblent devant. (3’00) Gros plan sur le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Diodore Ier, tenant une croix. Le patriarche, accompagné par des prêtres et suivi par des fidèles monte sur des escaliers à côté de l’entrée du Saint-Sépulcre et fait une annonce. Accompagné de prêtre, Diodore Ier pénètre dans l’église. (3’51) Plans successifs sur les scouts palestiniens. (4’11) Des fidèles arrivent devant le Saint-Sépulcre. Le premier porte une croix en bois. Les fidèles attendent devant l’église. (4’40) Procession qui part du Saint-Sépulcre. (5’00) Marchand de rue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième séquence se focalise sur la cérémonie du feu sacré, le Samedi saint. (5’06) Arrivée des autorités religieuses orthodoxes. (5’22) Plan sur des prêtres et des fidèles, cierge en main. (5’26) Arrivée de fidèles devant le Saint-Sépulcre. Certains sont sur les épaules de leur coreligionnaire et agitent une canne, des cierges et un morceau de tissu blanc. D’autres dansent. (6’04) Ils entrent dans le Saint-Sépulcre. (6’13) Gros plan sur une dame âgée au visage fermé, l’air soucieux attendant que le miracle du feu sacré se produise. (6’27) Gros plan sur un homme âgé, lui aussi attendant la sainte flamme. (6’30) Les fidèles attendent devant l’entrée du Saint-Sépulcre pour recevoir le feu sacré. La foule s’agite. Des fidèles courent tout en agitant leur cierge. Ils passent une porte. Les fidèles se précipitent pour allumer leur cierge. Le feu sacré se propage. (7’38) Une dame essaye d’éteindre son cierge. Elle y parvient et semble étonnée. (7’42) Plan d’ensemble sur la foule. Des cierges sont allumés de part et d’autre. (7’51) Au milieu de la foule, des fidèles brandissent des lanternes à l’intérieur desquelles brûle un cierge. Le film se termine sur des gros plans successifs sur la foule.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=À Jérusalem, la plupart des chrétiens sont orthodoxes. Leurs fêtes sont fixées selon le calendrier julien, contrairement aux Églises catholique et protestante qui utilisent le calendrier grégorien. &lt;br /&gt;
De fait, les chrétiens d’Orient fêtent habituellement Pâques après les chrétiens d’Occident, mais ce n’est pas systématique, il arrive que certaines années la date leur soit commune. Dans la pratique, les festivités pascales ne sont pas célébrées exactement de la même manière dans les Églises orthodoxes que dans les Églises catholique et protestante. La différence majeure étant le miracle du feu sacré qui a lieu tous les ans le Samedi saint en l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. De nos jours, six communautés chrétiennes se partagent cette église : les Catholiques romains, les Grecs orthodoxes, les Arméniens apostoliques, les Syriaques orthodoxes, les Coptes et les Éthiopiens orthodoxes. Parmi eux, seuls les catholiques romains ne célèbrent pas le miracle du feu sacré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Grande Semaine à Jérusalem ==&lt;br /&gt;
=== Le dimanche des Rameaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques et marque pour les chrétiens l’entrée dans la dernière partie du Carême, la Semaine sainte ou, chez les orthodoxes, la Grande Semaine. Cette fête célèbre d’une part l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem où il fut, selon les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean), accueilli par une foule agitant des rameaux de palmier et d’olivier, d’autre part elle annonce la Passion Christ. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à l’Occident qui ne l’autorisa qu’au VIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, cette fête est célébrée à Jérusalem depuis le IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Supprimée au XI&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle par le calife El-Hakim, qui détruisit en 1009 le Saint-Sépulcre, elle fut, plus tard, rétablie par les croisés. De nos jours encore, des chrétiens du monde entier se rassemblent au sommet du mont des Oliviers et descendent jusqu’à la vieille ville de Jérusalem en agitant des rameaux de palmier et d’olivier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Grand vendredi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Vendredi saint est le jour dédié à la commémoration de la Passion et de la crucifixion de Jésus-Christ. À Jérusalem, les chrétiens participent à la procession du chemin de croix ''Via Dolorosa''. Cette rue, située dans la vieille ville, comprend neuf des quatorze stations du chemin que le Christ aurait emprunté avant sa crucifixion, les cinq dernières étant à l’intérieur du Saint-Sépulcre. À cette occasion, des pèlerins du monde entier se déplacent à Jérusalem pour participer à cette procession. Les fidèles portent des croix en bois, récitent des prières et s’arrêtent aux différents lieux importants du calvaire de Jésus. La procession s’achève à la basilique du Saint-Sépulcre, construite à l’endroit regroupant selon la tradition chrétienne le lieu où le Christ aurait été crucifié, mis au tombeau puis ressuscité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Samedi saint et la cérémonie du feu sacré ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie du feu sacré est l’une des plus grandes fêtes de l’Église orthodoxe. Elle a lieu tous les ans le Samedi saint, la veille de la Pâques orthodoxe, et est célébrée à l’église du Saint-Sépulcre située à l’intérieur des murs de la vieille ville de Jérusalem. Cet événement est fêté par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dont de nombreux fidèles se déplacent à Jérusalem pour assister à la cérémonie. Selon leurs croyances, le feu sacré descend du ciel jusqu’au tombeau du Christ dans le Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premiers témoignages de cette célébration datent du IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, mais il est possible qu’elle soit plus ancienne. Cette fête serait, selon certains historiens, inspirée de la cérémonie juive du Kabod Yahweh selon laquelle, chaque année à l’occasion du nouvel an solaire, le premier rayon du soleil levant rallumait le feu sacré de l’autel installé dans la cour du Second Temple, en souvenir du Temple de Salomon détruit en 587 avant notre ère. À l’instar d’autres fêtes chrétiennes, il est possible que celle-ci soit une réinterprétation d’une ancienne tradition juive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de n’avoir pas connu de grands changements dans la manière de le célébrer, ce rite est pratiqué – et ce, malgré la destruction du Saint-Sépulcre en 1009 – chaque année, au même endroit et quasiment de la même façon depuis, au moins, le IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Jusqu’au XIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les communautés catholiques fêtaient ce miracle avec les chrétiens orthodoxes, mais en 1238 le pape Grégoire IX publia une bulle pontificale dans laquelle il accusa l’Église grecque de fraude et mystification. Depuis lors, le rite romain rejette les croyances liées au feu sacré. Cependant, les franciscains de la custodie de Terre Sainte célèbrent toujours ce miracle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’apparition du feu sacré est perçue comme une révélation miraculeuse, comme un signe de la Résurrection, il symbolise la puissance de la vie. La flamme apparaît dans la petite chapelle qui abrite le tombeau de Jésus à l’intérieur du Saint-Sépulcre. C’est uniquement le patriarche orthodoxe grec qui reçoit le feu sacré et qui le transmet aux autres patriarches ainsi qu’à la foule de fidèles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cérémonie est très surveillée. Avant que le patriarche orthodoxe grec n’entre dans la chapelle, les autorités israéliennes vérifient qu’il n’y ait aucune source de chaleur permettant d’allumer un feu, que toutes les lampes sont éteintes et scellent le tombeau avec de la cire. Une fois la vérification effectuée, le patriarche grec, munis de deux grands cierges, pénètre seul à l’intérieur de l’édicule et, après avoir reçu la flamme, la distribue aux patriarches arménien et copte ainsi qu’à toutes les personnes qui sont restées à l’extérieur de la chapelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant le Saint-Sépulcre, beaucoup d’émotion se dégage lorsque les fidèles attendent que le patriarche grec sorte du tombeau avec les cierges allumés par la sainte flamme. De plus, une partie de la foule est très agité. En effet, des fidèles dansent, d’autres montent sur les épaules de leur coreligionnaire, chacun brandissant un cierge encore éteint. Certains, attendent quant à eux, tranquillement, mais impatients le feu sacré. La foule exulte lorsque les premiers cierges enflammés sortent de l’église. Nombreux sont les fidèles qui se précipitent pour allumer les leurs. Enfin, certains pèlerins venus de très loin ramènent dans leur foyer, grâce à des lanternes, la sainte flamme, propageant ainsi dans le monde entier le miracle du Saint-Sépulcre.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=CANARD Marius, « La destruction de l’église de la Résurrection par le calife Hakim et l’histoire de la descente du feu sacré », dans ''Byzantion'', n°35, 1965/1, p. 16-43.&lt;br /&gt;
FÉRY Robert, ''Jours de fêtes. Histoire des célébrations chrétiennes'', Paris, Seuil, 2008.&lt;br /&gt;
LIDOV Alexei, « The Holy Fire and Visual Constructs of Jerusalem, East and West », dans KÜHNEL Bianca, NOGA-BANAI Galit et VORHOLT Hanna (ed.), ''Visual Constructs of Jerusalem'', Turnhout, Brepols, 2014, p. 241-249.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=16396</id>
		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
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		<updated>2021-01-05T23:01:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
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|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
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|personnages_identifies=Yéghiché II Derderian; Diodore Ier&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israel; Jérusalem; Vieille Ville; Via Dolorosa; église du Saint-Sépulcre&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-10-06&lt;br /&gt;
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}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Chemin_de_croix_Via_Dolorosa_J%C3%A9rusalem_(0151FI0020)&amp;diff=15768</id>
		<title>Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020)</title>
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		<updated>2020-10-06T18:57:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : Modifié automatiquement depuis la page Bas:Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem (0151FI0020).&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Chemin de croix Via Dolorosa Jérusalem&lt;br /&gt;
|fonds=Grappe&lt;br /&gt;
|idSupport=0151FI0020&lt;br /&gt;
|dateDebut=1983&lt;br /&gt;
|dateFin=9184&lt;br /&gt;
|video=0151FI0020_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|apercu=Viadolorosa.jpg&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-10-06&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Conscrits_%C3%A0_Strasbourg_(0016FH0004)&amp;diff=14365</id>
		<title>Conscrits à Strasbourg (0016FH0004)</title>
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		<updated>2020-04-14T14:43:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
|idSupport=0016FH0004&lt;br /&gt;
|video=0016FH0004_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
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|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Klein, Etienne&lt;br /&gt;
|apercu=Conscrits_Klein.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=France; Strasbourg; hôtel de Ville; rue de la Mésange&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-04-09&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Conscripts&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Défilé des conscrits à Strasbourg filmé par Étienne Klein.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film s’ouvre sur les conscrits posant dans l’arrière-cour d’un bâtiment rappelant l’ancien hôtel de Hanau, actuellement l’hôtel de Ville de Strasbourg. Le plan n’étant pas de face, le cameraman, Étienne Klein, devait se trouver à la droite du photographe chargé d’immortaliser ce moment. Gros plan sur un conscrit vêtu de la tenue traditionnelle. Le conscrit à l’air fier, mais semble gêné par l’objectif. Les conscrits, toujours dans cette arrière-cour, dansent main dans la main. Le film se poursuit sur le cortège défilant dans la rue. La dernière séquence, dans laquelle les conscrits continuent de défiler, est enregistrée depuis le studio de photographie d’Étienne Klein au 24, rue de la Mésange.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=La notion de soldat citoyen au service de la nation naît à la fin du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle autour de la Révolution Française. De cette notion découle, par la loi Jourdan de septembre 1798, l’instauration de la conscription universelle et obligatoire pour tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. Les fondements de cette loi se basent sur le principe suivant : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». En 1804, un système de tirage au sort est mis en place. Aboli après la chute de l’Empire en 1815, la loi Gouvion Saint-Cyr réintroduit, trois ans plus tard, ce système avec quelques modifications. Si les engagés volontaires ne suffisent pas à fournir le contingent, les autorités ont recourt au tirage au sort. Les personnes tirées au sort rejoignent les engagés volontaires. Ils leur restent la possibilité, si leurs moyens le leur permettent, de payer une personne pour qu’elle effectue le service militaire à leur place. Le dispositif de tirage au sort est aboli lors de l’annexion de l’Alsace par l’Empire allemand en 1871. Le système de tirage au sort n’est jamais rétabli, ni après le rattachement de l’Alsace à la France par le Traité de Versailles, ni après la Seconde Guerre mondiale. De 1946 à 1997, les jeunes alsaciens, et plus généralement l’ensemble des jeunes Français, doivent participer au service national universel. Bien qu’en Alsace, le tirage au sort ne soit plus en vigueur depuis 1871 – 1905 pour la France, le cérémonial qui s’est mis en place à partir de 1818, a fortement marqué l’identité des conscrits alsaciens. De plus, la fin de cette pratique ne marque pas la fin de la conscription et des traditions qui lui sont liées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les conscrits en tenue d'apparat ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Chapeau conscrit..jpg|vignette|Chapeau de tambour-major garni de plumes, fruits et fleurs artificiels, début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle © Musée alsacien.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’ils reprennent des éléments comme des insignes, cocardes ou encore rubans de soie communs à l’ensemble de la France, c’est au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle que les costumes, généralement composés d’un pantalon blanc accompagné d’un tablier brodé et d’un chapeau garni apparaissent. Plus on avance dans le siècle, plus les tenues se développent. Dès 1850, le chapeau accueille des rubans bien plus long qu’au début du siècle et les premiers plumets ainsi que des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels font leur apparition. Vers la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et le début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les costumes deviennent de plus en plus extravagants. Ces bouquets finissent, au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, par recouvrir l’ensemble du couvre-chef allant même parfois jusqu’à y intégrer des oiseaux empaillés. L’effort vestimentaire se concentrait essentiellement sur le couvre-chef puisqu’il supportait, à l’époque du tirage au sort, le numéro tiré. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les costumes farfelus du début du siècle ne semblent plus être au goût du jour chez notre classe. Toutefois, si leurs tenues blanches peuvent paraître simples, ils arborent tout de même, avec pour certains plus ou moins de rubans, les fameux chapeaux garnis de fleurs et de légumes artificiels. Certains exposent même fièrement la photo de leur fiancée (0’11) ! Enfin, sur leurs chemises, apparaissent aussi les insignes de leur classe. L’apparition d’une tenue commune et propre aux conscrits prouve qu’ils appartiennent à un groupe uni et spécifique, ils se mettent sous l’autorité de la nation en s’affranchissant de celle de la communauté locale. Dès lors, tous ces symboles, hérités de la tradition, rappellent la vocation militaire de la conscription. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le défilé des conscrits : l'ombre d'une parade militaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le défilé des conscrits s’apparente, de manière plus festive, à une parade militaire. Dans les rues aux couleurs du drapeau tricolore, le tambour-major prend la tête du cortège, il est suivi de près par les musiciens qui, eux-mêmes, sont suivis par le porte-drapeau. À l’arrière du cortège, les conscrits dansent en rang. Dès lors, l’organisation du défilé des conscrits reprend, plus joyeusement, l’organisation d’une parade militaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’image du sous-officier, chargé de diriger une formation militaire lors d’un défilé, le tambour-major, dont le nom est directement emprunté à la fonction militaire, mène, à l’aide de sa canne enrubannée qu’il fait tournoyer, le cortège des conscrits. Le tambour-major est souvent précédé, à l’occasion de grandes manifestations, par des musiciens locaux. Ici, tout semble indiquer que les conscrits ont fait appel à des instrumentistes locaux. Ces derniers, en plus de n’être pas vêtus de la tenue adéquate, jouent de la trompette, du tambour ainsi que de l’accordéon alors que, de manière générale, les instruments les plus représentés sont le clairon et le tambour. Sans oublier le fait que ces instruments sont habituellement apparentés aux instruments militaires, ils sont surtout choisis pour leur caractère bruyant. Derrière les musiciens, le porte-étendard agite le drapeau tricolore sur lequel figure le nom, l’année ainsi que les insignes de la classe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La disposition en rang des conscrits rappelle, elle aussi, sensiblement l’organisation d’une parade militaire. Les conscrits se tiennent par la main et entament leur pas de dance dit ''Hupfschritt''. Ils zigzaguent de droite à gauche dans les rues de la ville tout en chantant à tue-tête. Les conscrits possèdent leur propre cri qu’ils considèrent comme la manifestation de leur virilité, mais aussi, en tant que signe de leur appartenance au groupe. De façon générale, les chansons encensent, non pas sans vantardise, le caractère viril des conscrits. À partir de 1925, les thèmes sentimentaux et patriotiques disparaissent au profit de paroles plus festives, souvent un peu paillardes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La conscription ou le passage à l'âge adulte ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, un homme ne peut, sans avoir franchi l’étape de la conscription, ni se marier, ni commencer sa vie professionnelle. La périodicité annuelle ainsi que l’âge des conscrits ont fait que la conscription soit devenue comme une sorte de rite de passage, celui de l’adolescence à l’âge adulte. Cet événement devient alors un rituel de première importance dans la vie d’un homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Img-3-small580.jpg|vignette|gauche|Souvenir du numéro de tirage au sort d'Eugène Trumpf, classe 1869, canton de Wasselone. Au centre de l'image, le numéro de tirage avec en dessous le passage d’un conscrit pendant le tirage au sort et au dessus la représentation d’un défilé de conscrit avec le tambour-major en tête © Musée alsacien.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les pratiques relatives à la conscription sont, pour les conscrits, autant de bonnes occasions d’affirmer leur virilité. En dehors des paroles, le seul fait de chanter est suffisant pour montrer ouvertement, et de manière la plus étincelante possible, à l’ensemble de la communauté leur entrée dans l’âge adulte. L’étape, sans doute la plus importante, de la conscription, celle qui, en quelque sorte, certifie la virilité des conscrits est le conseil de révision. Cette étape est, au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, précédée du tirage au sort. Une fois le tirage effectué, les conscrits ayant tiré les « mauvais numéros » doivent, quelques semaines plus tard, se rendre au conseil de révision. Le passage au conseil de révision est une étape décisive dans la vie des hommes, elle a des répercussions directes sur leurs vies. S’ils sont déclarés aptes pour le service, ils partent gonfler les rangs de l’armée, s’ils sont jugés inaptes, ils doivent faire face au rejet humiliant de toute la communauté. Pour les conscrits, le conseil de révision représente un examen certifiant, beaucoup plus que leur faculté de servir sous les drapeaux, leur virilité et donc, leur aptitude aux relations sexuelles ainsi qu’au mariage. Cette étape fait d’eux, ou non, des hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois le conseil de révision terminé, les conscrits se procurent les insignes « Bons pour le service » ou « Bon pour les filles ». Le « Bon pour le service » est aussi, la plupart du temps, compris comme étant un « Bon pour le mariage », les hommes devenant, avec la conscription, autonomes et prêts à fonder un foyer. L’abolition du tirage au sort ne marque pas la fin de la conscription et de ses pratiques culturelles. En effet, avec l’instauration du service militaire universel et obligatoire, les jeunes hommes continuent de se présenter au conseil de révision, assurant ainsi la continuité dans l’étape du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Dès lors, la conscription est encore une pratique importante dans la vie des hommes, elle fait, culturellement, d’eux des hommes matures. Ainsi, en arborant fièrement, à la place du « Bon pour le service » qui allait souvent de pair avec le « Bon pour le mariage, des photos de leur fiancée, les conscrits suggèrent d’être prêts à endosser leurs responsabilités et revendiquent leur passage dans le monde des adultes.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BOULANGER Philippe et CRÉPIN Annie, ''Le soldat-citoyen. Une histoire de la conscription'', Paris, La Documentation photographique, n°8019, 2001.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace. Coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P., 1993.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions &amp;amp; coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Éditions du Donon, 2013.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, « Bons pour la fête : les rituels de la circonscription en Alsace », dans ''Revue d’Alsace'', n°41, 2015, p. 363-377.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Wissembourg_(0016FH0003)&amp;diff=14364</id>
		<title>Wissembourg (0016FH0003)</title>
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		<updated>2020-04-14T14:39:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Fête de la Pentecôte à Wissembourg&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
|idSupport=0016FH0003&lt;br /&gt;
|dateDebut=1949&lt;br /&gt;
|video=0016FH0035_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:49&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Klein, Etienne&lt;br /&gt;
|apercu=WissembourgKlein.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=France; Wissembourg; place de la mairie&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-04-09&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Fête de la Pentecôte à Wissembourg filmée par Étienne Klein en 1949.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film s’ouvre sur le défilé des cavaliers d’Oberseebach. Sur le reste de la séquence, les musiciens et danseurs venus de toute l’Alsace défilent en tenues traditionnelles. Au milieu du cortège, un char est tiré par deux chevaux. Sur ce char, figure un panneau indiquant le nom d’une commune. Derrière lui, un enfant tient un panonceau portant le nom d’une autre localité. La séquence se termine sur les cavaliers d’Oberseebach.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan du bas de l’estrade sur laquelle les danseurs dansent au son des cuivres. Au deuxième plan, des personnes assistent au spectacle de leur balcon. Le plan suivant place la focale sur les tenues traditionnelles des danseuses et plus particulièrement sur leurs coiffes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La séquence suivante est filmée de sorte à ce que l’on voit l’ensemble de l’estrade – surplombée de drapeaux tricolores. Ces plans en plongée suggèrent qu’ils aient été enregistrés de la fenêtre d’un bâtiment. Les plans s’enchaînent et les pas de danse aussi ! On s’aperçoit de la foule qui s’est pressé aux abords de l’estrade pour assister au spectacle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière séquence est filmée du bas de l’estrade. Les plans nous permettent de mieux appréhender les pas de danses ainsi que l’ensemble des mouvements de corps. Ils nous permettent aussi de mieux nous concentrer sur les costumes. Au milieu de cette séquence, une jeune femme salue, d’un geste du haut du corps, l’objectif. Nous apercevons aussi les musiciens qui rythment le pas. Sur le dernier un plan un jeune couple s’embrasse. La première fois au vu et au su de tous, la seconde en se cachant derrière le chapeau du jeune homme.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Jusqu’au rattachement de l’Alsace à l’Empire allemand en 1871, le costume alsacien était, généralement, revêtu par tous les paysans et paysannes alsaciens. Il est, de 1871 à 1918, de moins en moins porté, ayant même, quasiment disparu à la fin de la Grande Guerre. Cette disparition s’explique beaucoup plus par les conditions socio-économiques que par la volonté du paysan alsacien. En effet, l’industrialisation a éloigné bon nombre d’entre eux de leurs terres. À cela, s’ajoute le développement de la circulation rapide qui a amené beaucoup de paysans à devoir aller travailler en dehors du village. Dès lors, ces facteurs ont profondément bouleversé la campagne alsacienne et ont contribué au changement des mœurs ainsi que des coutumes, et de ce fait, à la disparition du costume. La grande majorité des personnes qui avaient quitté leurs villages se sont adaptées à leur nouvel entourage, se sont vêtues selon un nouveau code vestimentaire et ont abandonné leur costume traditionnel. De plus, la plupart des gens qui troquaient leurs anciens habits pour de nouvelles tenues ne revenaient jamais au vêtement traditionnel. Cependant, alors que le costume semblait quasiment mort, il y a, au lendemain de la Première Guerre mondiale, un regain d’intérêt pour l’habit traditionnel alsacien. C’est dans ce contexte, que les fêtes de Wissembourg fixée depuis 1863 au lundi de Pentecôte reprennent en 1927, après que les conflits – successivement la guerre franco-prussienne de 1870 puis la Grande Guerre – aient mis un terme aux réjouissances. Ainsi, le but était, dans une région où de nombreux groupes folkloriques apparaissaient, de préserver les costumes et, plus généralement, l’ensemble des coutumes alsaciennes comme la musique et la danse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fêtes de la Pentecôte de Wissembourg... ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fixées en 1863 au lundi de Pentecôte, les origines des fêtes de Wissembourg remontent, quant à elles, au début du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Elles naissent avec le ''Rossmarkt'', marché aux chevaux de Schleithal. Ce marché, qui se tenait le lundi suivant la Chandeleur, rassemblait vendeurs et acheteurs profitant de cet événement pour organiser des courses hippiques dont les vainqueurs ressortaient récompensés par des accessoires vestimentaires ou encore des pièces de harnachement. À partir de 1840, ces courses se tiennent à l’hippodrome de la Hardt à Wissembourg afin de promouvoir, dans un but strictement militaire, le cheval. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La naissance de la société des courses de Schleithal-Wissembourg, en 1864, un an seulement après la réunion des deux événements en un seul, donne un souffle nouveau à ces festivités : les amateurs de courses et de chevaux se pressent maintenant aux côtés des éleveurs et des militaires. Devenue le rendez-vous incontournable du lundi de la Pentecôte, cette fête accueillait aussi bien les populations venues des quatre coins de l’Alsace, y compris la haute bourgeoisie, que celles du Palatinat et du pays de Bade, toutes, bien évidemment, parées de leur costume traditionnel. Dès lors, en 1865, plus de 15 000 spectateurs prennent part à l’événement !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de ces courses, revêtus de leur costume traditionnel, des villages environnants à l'instar de Schleithal, Hunspach, Oberseebach ou Mothern s'affrontent. Parallèlement à ces courses, se tient, à partir de 1865, un marché aux chevaux, élargissant ainsi la fête à la ville même de Wissembourg. Si les conflits successifs que connaît l'Alsace au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et au XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle marquent un point d'arrêt dans la tenue des festivités, l'événement à nouveau organisé depuis 1927 voit son succès, chaque année, de plus en plus grand. Il s'agissait, pour une telle entreprise, de préserver les costumes et, de manière générale, le folklore alsacien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ... reflet des traditions alsaciennes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Le Costume en Alsace (...)Dupiet Illustrateur btv1b102135477 1.jpg|vignette|Planche montrant la diversité des costumes alsaciens © BNUS.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fêtes de la Pentecôte de Wissembourg reflètent l’immense diversité des habits traditionnels des pays d’Alsace : il n’y a pas un costume alsacien, mais des costumes alsaciens. Parmi les tenues masculines représentés, celle d’Oberseebach est sûrement la plus reconnaissable grâce à la toque en fourrure de putois que les hommes arborent. De manière générale, les éléments phares du costume masculin sont le gilet rouge (''Brutschi'') ainsi que la redingote (''Mutze'') ou la veste courte à revers (''Mutzel''). Le Brutschi, se généralise à l’ensemble de la Basse-Alsace dans la seconde moitié du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle jusqu’à devenir l’un des éléments de référence de l’habit traditionnel. Cependant, à part les groupes folkloriques du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, la Haute-Alsace n’a jamais connu ce genre de gilet. Par-dessus leur gilet, les hommes arborent soit une redingote – apparue au XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, soit une veste courte à revers. Cette dernière se généralise en Basse-Alsace dans les années 1820. Elle devient, à l’image du gilet, un élément typique du costume. De couleur noire, elle accueille, à la manière du ''Brutschi'', une double rangée de boutons métalliques. Mais, là encore, la veste courte à revers ne dépasse pas les frontières sud de la Basse-Alsace.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Jeune fille en costume alsacien (...) btv1b10205770g 1.jpg|vignette|gauche|Jeune fille en costume alsacien © BNUS.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les costumes féminins, les coiffes nous permettent aisément de raccrocher les différentes tenues aux différentes régions d’Alsace. Par exemple, la ''Sunnekapp'' (coiffe-soleil) caractérisée par une coiffe de brocart avec un nœud sur la nuque sous laquelle une coiffe en tissu blanc bordé de dentelles dont le liseré forme littéralement une auréole autour du visage de la femme, ne se retrouve que dans les villages de la plaine entre Strasbourg et Colmar comme Meistratzheim ou Krautergersheim. La ''Schlupfkapp'' (coiffe à nœud frontal) est, quant à elle, la coiffe la plus connue. Apparue au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, la ''Schlupfkapp'' se distingue par son ruban – qui à l’origine ne dépassait pas quatre à cinq centimètres – noué à l’avant de la coiffe. On la retrouve dans une aire allant d'Erstein, en passant Saverne et s'arrêtant au sud de Seltz, mais le pays de Hanau et le Kochesberg restent les terres d’élection des ''Schlupfkappe''. Dans aucune autre région d’Alsace, les tenues de fêtes n’ont été aussi diverses et variées, chaque village ayant quasiment sa propre tenue. Ainsi, la diversité des habits traditionnels des pays d’Alsace est le reflet de leur histoire caractérisée par la diversité linguistique, géographique et historique de la région.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de ces fêtes, le port des habits typiques allait souvent de pair avec les danses traditionnelles. En Alsace, les danseurs sont accompagnés d’un orchestre, la plupart du temps, composé de cuivres et d’accordéons. À partir du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, l’Alsace s’ouvre aux danses venues de l’Europe entière comme la ''Walze'' autrichienne, la ''polka'' polonaise ou encore la ''scottish'' écossaise. À la fin de la Grande Guerre, les alsaciens se mettent à danser sur les rythmes américains ramenés par les soldats venus d’outre-Atlantique. Il est indéniable que les coutumes alsaciennes sont, depuis la Seconde Guerre mondiale, souvent devenues folkloriques et activités de loisirs, mais ce sont bien les fêtes comme celles de la Pentecôte à Wissembourg qui, en contribuant à les rendre folkloriques, ont permis de les protéger et de les préserver.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=LAUGEL Anselme, ''Costumes et coutumes d’Alsace'', Nancy, Éditions Place Stanislas, 2008 [1902].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace. Coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P., 1993.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''Les Festivités de la Pentecôte'', Site de la Ville de Wissembourg. En ligne : https://www.ville-wissembourg.eu/Arts-spectacles/Temps-forts/Festivites-Pentecote.html. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions &amp;amp; coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Éditions du Donon, 2013.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER René et STAENTZ Eugène, ''Le folklore alsacien'', Strasbourg, CEDI, 1971.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Wissembourg_(0016FH0003)&amp;diff=14363</id>
		<title>Wissembourg (0016FH0003)</title>
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		<updated>2020-04-14T14:38:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Fête de la Pentecôte à Wissembourg&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
|idSupport=0016FH0003&lt;br /&gt;
|dateDebut=1949&lt;br /&gt;
|video=0016FH0035_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:49&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Klein, Etienne&lt;br /&gt;
|apercu=WissembourgKlein.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=France; Wissembourg; place de la mairie&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-04-09&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Fête de la Pentecôte à Wissembourg filmée par Étienne Klein en 1949.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film s’ouvre sur le défilé des cavaliers d’Oberseebach. Sur le reste de la séquence, les musiciens et danseurs venus de toute l’Alsace défilent en tenues traditionnelles. Au milieu du cortège, un char est tiré par deux chevaux. Sur ce char, figure un panneau indiquant le nom d’une commune. Derrière lui, un enfant tient un panonceau portant le nom d’une autre localité. La séquence se termine sur les cavaliers d’Oberseebach.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan du bas de l’estrade sur laquelle les danseurs dansent au son des cuivres. Au deuxième plan, des personnes assistent au spectacle de leur balcon. Le plan suivant place la focale sur les tenues traditionnelles des danseuses et plus particulièrement sur leurs coiffes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La séquence suivante est filmée de sorte à ce que l’on voit l’ensemble de l’estrade – surplombée de drapeaux tricolores. Ces plans en plongée suggèrent qu’ils aient été enregistrés de la fenêtre d’un bâtiment. Les plans s’enchaînent et les pas de danse aussi ! On s’aperçoit de la foule qui s’est pressé aux abords de l’estrade pour assister au spectacle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière séquence est filmée du bas de l’estrade. Les plans nous permettent de mieux appréhender les pas de danses ainsi que l’ensemble des mouvements de corps. Ils nous permettent aussi de mieux nous concentrer sur les costumes. Au milieu de cette séquence, une jeune femme salue, d’un geste du haut du corps, l’objectif. Nous apercevons aussi les musiciens qui rythment le pas. Sur le dernier un plan un jeune couple s’embrasse. La première fois au vu et au su de tous, la seconde en se cachant derrière le chapeau du jeune homme.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Jusqu’au rattachement de l’Alsace à l’Empire allemand en 1871, le costume alsacien était, généralement, revêtu par tous les paysans et paysannes alsaciens. Il est, de 1871 à 1918, de moins en moins porté, ayant même, quasiment disparu à la fin de la Grande Guerre. Cette disparition s’explique beaucoup plus par les conditions socio-économiques que par la volonté du paysan alsacien. En effet, l’industrialisation a éloigné bon nombre d’entre eux de leurs terres. À cela, s’ajoute le développement de la circulation rapide qui a amené beaucoup de paysans à devoir aller travailler en dehors du village. Dès lors, ces facteurs ont profondément bouleversé la campagne alsacienne et ont contribué au changement des mœurs ainsi que des coutumes, et de ce fait, à la disparition du costume. La grande majorité des personnes qui avaient quitté leurs villages se sont adaptées à leur nouvel entourage, se sont vêtues selon un nouveau code vestimentaire et ont abandonné leur costume traditionnel. De plus, la plupart des gens qui troquaient leurs anciens habits pour de nouvelles tenues ne revenaient jamais au vêtement traditionnel. Cependant, alors que le costume semblait quasiment mort, il y a, au lendemain de la Première Guerre mondiale, un regain d’intérêt pour l’habit traditionnel alsacien. C’est dans ce contexte, que les fêtes de Wissembourg fixée depuis 1863 au lundi de Pentecôte reprennent en 1927, après que les conflits – successivement la guerre franco-prussienne de 1870 puis la Grande Guerre – aient mis un terme aux réjouissances. Ainsi, le but était, dans une région où de nombreux groupes folkloriques apparaissaient, de préserver les costumes et, plus généralement, l’ensemble des coutumes alsaciennes comme la musique et la danse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fêtes de la Pentecôte de Wissembourg... ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fixées en 1863 au lundi de Pentecôte, les origines des fêtes de Wissembourg remontent, quant à elles, au début du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Elles naissent avec le ''Rossmarkt'', marché aux chevaux de Schleithal. Ce marché, qui se tenait le lundi suivant la Chandeleur, rassemblait vendeurs et acheteurs profitant de cet événement pour organiser des courses hippiques dont les vainqueurs ressortaient récompensés par des accessoires vestimentaires ou encore des pièces de harnachement. À partir de 1840, ces courses se tiennent à l’hippodrome de la Hardt à Wissembourg afin de promouvoir, dans un but strictement militaire, le cheval. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La naissance de la société des courses de Schleithal-Wissembourg, en 1864, un an seulement après la réunion des deux événements en un seul, donne un souffle nouveau à ces festivités : les amateurs de courses et de chevaux se pressent maintenant aux côtés des éleveurs et des militaires. Devenue le rendez-vous incontournable du lundi de la Pentecôte, cette fête accueillait aussi bien les populations venues des quatre coins de l’Alsace, y compris la haute bourgeoisie, que celles du Palatinat et du pays de Bade, toutes, bien évidemment, parées de leur costume traditionnel. Dès lors, en 1865, plus de 15 000 spectateurs prennent part à l’événement !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de ces courses, revêtus de leur costume traditionnel, des villages environnants à l'instar de Schleithal, Hunspach, Oberseebach ou Mothern s'affrontent. Parallèlement à ces courses, se tient, à partir de 1865, un marché aux chevaux, élargissant ainsi la fête à la ville même de Wissembourg. Si les conflits successifs que connaît l'Alsace au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et au XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle marquent un point d'arrêt dans la tenue des festivités, l'événement à nouveau organisé depuis 1927 voit son succès, chaque année, de plus en plus grand. Il s'agissait, pour une telle entreprise, de préserver les costumes et, de manière générale, le folklore alsacien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ... reflet des traditions alsaciennes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fêtes de la Pentecôte de Wissembourg reflètent l’immense diversité des habits traditionnels des pays d’Alsace : il n’y a pas un costume alsacien, mais des costumes alsaciens. Parmi les tenues masculines représentés, celle d’Oberseebach est sûrement la plus reconnaissable grâce à la toque en fourrure de putois que les hommes arborent. De manière générale, les éléments phares du costume masculin sont le gilet rouge (''Brutschi'') ainsi que la redingote (''Mutze'') ou la veste courte à revers (''Mutzel''). Le Brutschi, se généralise à l’ensemble de la Basse-Alsace dans la seconde moitié du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle jusqu’à devenir l’un des éléments de référence de l’habit traditionnel. Cependant, à part les groupes folkloriques du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, la Haute-Alsace n’a jamais connu ce genre de gilet. Par-dessus leur gilet, les hommes arborent soit une redingote – apparue au XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, soit une veste courte à revers. Cette dernière se généralise en Basse-Alsace dans les années 1820. Elle devient, à l’image du gilet, un élément typique du costume. De couleur noire, elle accueille, à la manière du ''Brutschi'', une double rangée de boutons métalliques. Mais, là encore, la veste courte à revers ne dépasse pas les frontières sud de la Basse-Alsace.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Jeune fille en costume alsacien (...) btv1b10205770g 1.jpg|vignette|gauche|Jeune fille en costume alsacien © BNUS.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les costumes féminins, les coiffes nous permettent aisément de raccrocher les différentes tenues aux différentes régions d’Alsace. Par exemple, la ''Sunnekapp'' (coiffe-soleil) caractérisée par une coiffe de brocart avec un nœud sur la nuque sous laquelle une coiffe en tissu blanc bordé de dentelles dont le liseré forme littéralement une auréole autour du visage de la femme, ne se retrouve que dans les villages de la plaine entre Strasbourg et Colmar comme Meistratzheim ou Krautergersheim. La ''Schlupfkapp'' (coiffe à nœud frontal) est, quant à elle, la coiffe la plus connue. Apparue au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, la ''Schlupfkapp'' se distingue par son ruban – qui à l’origine ne dépassait pas quatre à cinq centimètres – noué à l’avant de la coiffe. On la retrouve dans une aire allant d'Erstein, en passant Saverne et s'arrêtant au sud de Seltz, mais le pays de Hanau et le Kochesberg restent les terres d’élection des ''Schlupfkappe''. Dans aucune autre région d’Alsace, les tenues de fêtes n’ont été aussi diverses et variées, chaque village ayant quasiment sa propre tenue. Ainsi, la diversité des habits traditionnels des pays d’Alsace est le reflet de leur histoire caractérisée par la diversité linguistique, géographique et historique de la région.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Le Costume en Alsace (...)Dupiet Illustrateur btv1b102135477 1.jpg|vignette|Planche montrant la diversité des costumes alsaciens © BNUS.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de ces fêtes, le port des habits typiques allait souvent de pair avec les danses traditionnelles. En Alsace, les danseurs sont accompagnés d’un orchestre, la plupart du temps, composé de cuivres et d’accordéons. À partir du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, l’Alsace s’ouvre aux danses venues de l’Europe entière comme la ''Walze'' autrichienne, la ''polka'' polonaise ou encore la ''scottish'' écossaise. À la fin de la Grande Guerre, les alsaciens se mettent à danser sur les rythmes américains ramenés par les soldats venus d’outre-Atlantique. Il est indéniable que les coutumes alsaciennes sont, depuis la Seconde Guerre mondiale, souvent devenues folkloriques et activités de loisirs, mais ce sont bien les fêtes comme celles de la Pentecôte à Wissembourg qui, en contribuant à les rendre folkloriques, ont permis de les protéger et de les préserver.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=LAUGEL Anselme, ''Costumes et coutumes d’Alsace'', Nancy, Éditions Place Stanislas, 2008 [1902].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace. Coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P., 1993.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''Les Festivités de la Pentecôte'', Site de la Ville de Wissembourg. En ligne : https://www.ville-wissembourg.eu/Arts-spectacles/Temps-forts/Festivites-Pentecote.html. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions &amp;amp; coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Éditions du Donon, 2013.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER René et STAENTZ Eugène, ''Le folklore alsacien'', Strasbourg, CEDI, 1971.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Wissembourg_(0016FH0003)&amp;diff=14362</id>
		<title>Wissembourg (0016FH0003)</title>
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		<updated>2020-04-14T14:37:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Fête de la Pentecôte à Wissembourg&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Klein, Etienne&lt;br /&gt;
|apercu=WissembourgKlein.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=France; Wissembourg; place de la mairie&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-04-09&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Fête de la Pentecôte à Wissembourg filmée par Étienne Klein en 1949.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film s’ouvre sur le défilé des cavaliers d’Oberseebach. Sur le reste de la séquence, les musiciens et danseurs venus de toute l’Alsace défilent en tenues traditionnelles. Au milieu du cortège, un char est tiré par deux chevaux. Sur ce char, figure un panneau indiquant le nom d’une commune. Derrière lui, un enfant tient un panonceau portant le nom d’une autre localité. La séquence se termine sur les cavaliers d’Oberseebach.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan du bas de l’estrade sur laquelle les danseurs dansent au son des cuivres. Au deuxième plan, des personnes assistent au spectacle de leur balcon. Le plan suivant place la focale sur les tenues traditionnelles des danseuses et plus particulièrement sur leurs coiffes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La séquence suivante est filmée de sorte à ce que l’on voit l’ensemble de l’estrade – surplombée de drapeaux tricolores. Ces plans en plongée suggèrent qu’ils aient été enregistrés de la fenêtre d’un bâtiment. Les plans s’enchaînent et les pas de danse aussi ! On s’aperçoit de la foule qui s’est pressé aux abords de l’estrade pour assister au spectacle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière séquence est filmée du bas de l’estrade. Les plans nous permettent de mieux appréhender les pas de danses ainsi que l’ensemble des mouvements de corps. Ils nous permettent aussi de mieux nous concentrer sur les costumes. Au milieu de cette séquence, une jeune femme salue, d’un geste du haut du corps, l’objectif. Nous apercevons aussi les musiciens qui rythment le pas. Sur le dernier un plan un jeune couple s’embrasse. La première fois au vu et au su de tous, la seconde en se cachant derrière le chapeau du jeune homme.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Jusqu’au rattachement de l’Alsace à l’Empire allemand en 1871, le costume alsacien était, généralement, revêtu par tous les paysans et paysannes alsaciens. Il est, de 1871 à 1918, de moins en moins porté, ayant même, quasiment disparu à la fin de la Grande Guerre. Cette disparition s’explique beaucoup plus par les conditions socio-économiques que par la volonté du paysan alsacien. En effet, l’industrialisation a éloigné bon nombre d’entre eux de leurs terres. À cela, s’ajoute le développement de la circulation rapide qui a amené beaucoup de paysans à devoir aller travailler en dehors du village. Dès lors, ces facteurs ont profondément bouleversé la campagne alsacienne et ont contribué au changement des mœurs ainsi que des coutumes, et de ce fait, à la disparition du costume. La grande majorité des personnes qui avaient quitté leurs villages se sont adaptées à leur nouvel entourage, se sont vêtues selon un nouveau code vestimentaire et ont abandonné leur costume traditionnel. De plus, la plupart des gens qui troquaient leurs anciens habits pour de nouvelles tenues ne revenaient jamais au vêtement traditionnel. Cependant, alors que le costume semblait quasiment mort, il y a, au lendemain de la Première Guerre mondiale, un regain d’intérêt pour l’habit traditionnel alsacien. C’est dans ce contexte, que les fêtes de Wissembourg fixée depuis 1863 au lundi de Pentecôte reprennent en 1927, après que les conflits – successivement la guerre franco-prussienne de 1870 puis la Grande Guerre – aient mis un terme aux réjouissances. Ainsi, le but était, dans une région où de nombreux groupes folkloriques apparaissaient, de préserver les costumes et, plus généralement, l’ensemble des coutumes alsaciennes comme la musique et la danse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fêtes de la Pentecôte de Wissembourg... ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fixées en 1863 au lundi de Pentecôte, les origines des fêtes de Wissembourg remontent, quant à elles, au début du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Elles naissent avec le ''Rossmarkt'', marché aux chevaux de Schleithal. Ce marché, qui se tenait le lundi suivant la Chandeleur, rassemblait vendeurs et acheteurs profitant de cet événement pour organiser des courses hippiques dont les vainqueurs ressortaient récompensés par des accessoires vestimentaires ou encore des pièces de harnachement. À partir de 1840, ces courses se tiennent à l’hippodrome de la Hardt à Wissembourg afin de promouvoir, dans un but strictement militaire, le cheval. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La naissance de la société des courses de Schleithal-Wissembourg, en 1864, un an seulement après la réunion des deux événements en un seul, donne un souffle nouveau à ces festivités : les amateurs de courses et de chevaux se pressent maintenant aux côtés des éleveurs et des militaires. Devenue le rendez-vous incontournable du lundi de la Pentecôte, cette fête accueillait aussi bien les populations venues des quatre coins de l’Alsace, y compris la haute bourgeoisie, que celles du Palatinat et du pays de Bade, toutes, bien évidemment, parées de leur costume traditionnel. Dès lors, en 1865, plus de 15 000 spectateurs prennent part à l’événement !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de ces courses, revêtus de leur costume traditionnel, des villages environnants à l'instar de Schleithal, Hunspach, Oberseebach ou Mothern s'affrontent. Parallèlement à ces courses, se tient, à partir de 1865, un marché aux chevaux, élargissant ainsi la fête à la ville même de Wissembourg. Si les conflits successifs que connaît l'Alsace au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et au XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle marquent un point d'arrêt dans la tenue des festivités, l'événement à nouveau organisé depuis 1927 voit son succès, chaque année, de plus en plus grand. Il s'agissait, pour une telle entreprise, de préserver les costumes et, de manière générale, le folklore alsacien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ... reflet des traditions alsaciennes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Jeune fille en costume alsacien (...) btv1b10205770g 1.jpg|vignette|gauche|Jeune fille en costume alsacien © BNUS.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fêtes de la Pentecôte de Wissembourg reflètent l’immense diversité des habits traditionnels des pays d’Alsace : il n’y a pas un costume alsacien, mais des costumes alsaciens. Parmi les tenues masculines représentés, celle d’Oberseebach est sûrement la plus reconnaissable grâce à la toque en fourrure de putois que les hommes arborent. De manière générale, les éléments phares du costume masculin sont le gilet rouge (''Brutschi'') ainsi que la redingote (''Mutze'') ou la veste courte à revers (''Mutzel''). Le Brutschi, se généralise à l’ensemble de la Basse-Alsace dans la seconde moitié du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle jusqu’à devenir l’un des éléments de référence de l’habit traditionnel. Cependant, à part les groupes folkloriques du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, la Haute-Alsace n’a jamais connu ce genre de gilet. Par-dessus leur gilet, les hommes arborent soit une redingote – apparue au XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, soit une veste courte à revers. Cette dernière se généralise en Basse-Alsace dans les années 1820. Elle devient, à l’image du gilet, un élément typique du costume. De couleur noire, elle accueille, à la manière du ''Brutschi'', une double rangée de boutons métalliques. Mais, là encore, la veste courte à revers ne dépasse pas les frontières sud de la Basse-Alsace.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Le Costume en Alsace (...)Dupiet Illustrateur btv1b102135477 1.jpg|vignette|Planche montrant la diversité des costumes alsaciens © BNUS.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les costumes féminins, les coiffes nous permettent aisément de raccrocher les différentes tenues aux différentes régions d’Alsace. Par exemple, la ''Sunnekapp'' (coiffe-soleil) caractérisée par une coiffe de brocart avec un nœud sur la nuque sous laquelle une coiffe en tissu blanc bordé de dentelles dont le liseré forme littéralement une auréole autour du visage de la femme, ne se retrouve que dans les villages de la plaine entre Strasbourg et Colmar comme Meistratzheim ou Krautergersheim. La ''Schlupfkapp'' (coiffe à nœud frontal) est, quant à elle, la coiffe la plus connue. Apparue au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, la ''Schlupfkapp'' se distingue par son ruban – qui à l’origine ne dépassait pas quatre à cinq centimètres – noué à l’avant de la coiffe. On la retrouve dans une aire allant d'Erstein, en passant Saverne et s'arrêtant au sud de Seltz, mais le pays de Hanau et le Kochesberg restent les terres d’élection des ''Schlupfkappe''. Dans aucune autre région d’Alsace, les tenues de fêtes n’ont été aussi diverses et variées, chaque village ayant quasiment sa propre tenue. Ainsi, la diversité des habits traditionnels des pays d’Alsace est le reflet de leur histoire caractérisée par la diversité linguistique, géographique et historique de la région.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de ces fêtes, le port des habits typiques allait souvent de pair avec les danses traditionnelles. En Alsace, les danseurs sont accompagnés d’un orchestre, la plupart du temps, composé de cuivres et d’accordéons. À partir du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, l’Alsace s’ouvre aux danses venues de l’Europe entière comme la ''Walze'' autrichienne, la ''polka'' polonaise ou encore la ''scottish'' écossaise. À la fin de la Grande Guerre, les alsaciens se mettent à danser sur les rythmes américains ramenés par les soldats venus d’outre-Atlantique. Il est indéniable que les coutumes alsaciennes sont, depuis la Seconde Guerre mondiale, souvent devenues folkloriques et activités de loisirs, mais ce sont bien les fêtes comme celles de la Pentecôte à Wissembourg qui, en contribuant à les rendre folkloriques, ont permis de les protéger et de les préserver.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=LAUGEL Anselme, ''Costumes et coutumes d’Alsace'', Nancy, Éditions Place Stanislas, 2008 [1902].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace. Coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P., 1993.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''Les Festivités de la Pentecôte'', Site de la Ville de Wissembourg. En ligne : https://www.ville-wissembourg.eu/Arts-spectacles/Temps-forts/Festivites-Pentecote.html. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions &amp;amp; coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Éditions du Donon, 2013.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER René et STAENTZ Eugène, ''Le folklore alsacien'', Strasbourg, CEDI, 1971.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
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		<title>Wissembourg (0016FH0003)</title>
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		<updated>2020-04-14T14:36:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Fête de la Pentecôte à Wissembourg&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
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|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Klein, Etienne&lt;br /&gt;
|apercu=WissembourgKlein.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=France; Wissembourg; place de la mairie&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-04-09&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Fête de la Pentecôte à Wissembourg filmée par Étienne Klein en 1949.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film s’ouvre sur le défilé des cavaliers d’Oberseebach. Sur le reste de la séquence, les musiciens et danseurs venus de toute l’Alsace défilent en tenues traditionnelles. Au milieu du cortège, un char est tiré par deux chevaux. Sur ce char, figure un panneau indiquant le nom d’une commune. Derrière lui, un enfant tient un panonceau portant le nom d’une autre localité. La séquence se termine sur les cavaliers d’Oberseebach.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan du bas de l’estrade sur laquelle les danseurs dansent au son des cuivres. Au deuxième plan, des personnes assistent au spectacle de leur balcon. Le plan suivant place la focale sur les tenues traditionnelles des danseuses et plus particulièrement sur leurs coiffes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La séquence suivante est filmée de sorte à ce que l’on voit l’ensemble de l’estrade – surplombée de drapeaux tricolores. Ces plans en plongée suggèrent qu’ils aient été enregistrés de la fenêtre d’un bâtiment. Les plans s’enchaînent et les pas de danse aussi ! On s’aperçoit de la foule qui s’est pressé aux abords de l’estrade pour assister au spectacle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière séquence est filmée du bas de l’estrade. Les plans nous permettent de mieux appréhender les pas de danses ainsi que l’ensemble des mouvements de corps. Ils nous permettent aussi de mieux nous concentrer sur les costumes. Au milieu de cette séquence, une jeune femme salue, d’un geste du haut du corps, l’objectif. Nous apercevons aussi les musiciens qui rythment le pas. Sur le dernier un plan un jeune couple s’embrasse. La première fois au vu et au su de tous, la seconde en se cachant derrière le chapeau du jeune homme.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Jusqu’au rattachement de l’Alsace à l’Empire allemand en 1871, le costume alsacien était, généralement, revêtu par tous les paysans et paysannes alsaciens. Il est, de 1871 à 1918, de moins en moins porté, ayant même, quasiment disparu à la fin de la Grande Guerre. Cette disparition s’explique beaucoup plus par les conditions socio-économiques que par la volonté du paysan alsacien. En effet, l’industrialisation a éloigné bon nombre d’entre eux de leurs terres. À cela, s’ajoute le développement de la circulation rapide qui a amené beaucoup de paysans à devoir aller travailler en dehors du village. Dès lors, ces facteurs ont profondément bouleversé la campagne alsacienne et ont contribué au changement des mœurs ainsi que des coutumes, et de ce fait, à la disparition du costume. La grande majorité des personnes qui avaient quitté leurs villages se sont adaptées à leur nouvel entourage, se sont vêtues selon un nouveau code vestimentaire et ont abandonné leur costume traditionnel. De plus, la plupart des gens qui troquaient leurs anciens habits pour de nouvelles tenues ne revenaient jamais au vêtement traditionnel. Cependant, alors que le costume semblait quasiment mort, il y a, au lendemain de la Première Guerre mondiale, un regain d’intérêt pour l’habit traditionnel alsacien. C’est dans ce contexte, que les fêtes de Wissembourg fixée depuis 1863 au lundi de Pentecôte reprennent en 1927, après que les conflits – successivement la guerre franco-prussienne de 1870 puis la Grande Guerre – aient mis un terme aux réjouissances. Ainsi, le but était, dans une région où de nombreux groupes folkloriques apparaissaient, de préserver les costumes et, plus généralement, l’ensemble des coutumes alsaciennes comme la musique et la danse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fêtes de la Pentecôte de Wissembourg... ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fixées en 1863 au lundi de Pentecôte, les origines des fêtes de Wissembourg remontent, quant à elles, au début du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Elles naissent avec le ''Rossmarkt'', marché aux chevaux de Schleithal. Ce marché, qui se tenait le lundi suivant la Chandeleur, rassemblait vendeurs et acheteurs profitant de cet événement pour organiser des courses hippiques dont les vainqueurs ressortaient récompensés par des accessoires vestimentaires ou encore des pièces de harnachement. À partir de 1840, ces courses se tiennent à l’hippodrome de la Hardt à Wissembourg afin de promouvoir, dans un but strictement militaire, le cheval. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La naissance de la société des courses de Schleithal-Wissembourg, en 1864, un an seulement après la réunion des deux événements en un seul, donne un souffle nouveau à ces festivités : les amateurs de courses et de chevaux se pressent maintenant aux côtés des éleveurs et des militaires. Devenue le rendez-vous incontournable du lundi de la Pentecôte, cette fête accueillait aussi bien les populations venues des quatre coins de l’Alsace, y compris la haute bourgeoisie, que celles du Palatinat et du pays de Bade, toutes, bien évidemment, parées de leur costume traditionnel. Dès lors, en 1865, plus de 15 000 spectateurs prennent part à l’événement !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de ces courses, revêtus de leur costume traditionnel, des villages environnants à l'instar de Schleithal, Hunspach, Oberseebach ou Mothern s'affrontent. Parallèlement à ces courses, se tient, à partir de 1865, un marché aux chevaux, élargissant ainsi la fête à la ville même de Wissembourg. Si les conflits successifs que connaît l'Alsace au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et au XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle marquent un point d'arrêt dans la tenue des festivités, l'événement à nouveau organisé depuis 1927 voit son succès, chaque année, de plus en plus grand. Il s'agissait, pour une telle entreprise, de préserver les costumes et, de manière générale, le folklore alsacien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ... reflet des traditions alsaciennes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fêtes de la Pentecôte de Wissembourg reflètent l’immense diversité des habits traditionnels des pays d’Alsace : il n’y a pas un costume alsacien, mais des costumes alsaciens. Parmi les tenues masculines représentés, celle d’Oberseebach est sûrement la plus reconnaissable grâce à la toque en fourrure de putois que les hommes arborent. De manière générale, les éléments phares du costume masculin sont le gilet rouge (''Brutschi'') ainsi que la redingote (''Mutze'') ou la veste courte à revers (''Mutzel''). Le Brutschi, se généralise à l’ensemble de la Basse-Alsace dans la seconde moitié du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle jusqu’à devenir l’un des éléments de référence de l’habit traditionnel. Cependant, à part les groupes folkloriques du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, la Haute-Alsace n’a jamais connu ce genre de gilet. Par-dessus leur gilet, les hommes arborent soit une redingote – apparue au XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, soit une veste courte à revers. Cette dernière se généralise en Basse-Alsace dans les années 1820. Elle devient, à l’image du gilet, un élément typique du costume. De couleur noire, elle accueille, à la manière du ''Brutschi'', une double rangée de boutons métalliques. Mais, là encore, la veste courte à revers ne dépasse pas les frontières sud de la Basse-Alsace.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Le Costume en Alsace (...)Dupiet Illustrateur btv1b102135477 1.jpg|vignette|Planche montrant la diversité des costumes alsaciens © BNUS.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les costumes féminins, les coiffes nous permettent aisément de raccrocher les différentes tenues aux différentes régions d’Alsace. Par exemple, la ''Sunnekapp'' (coiffe-soleil) caractérisée par une coiffe de brocart avec un nœud sur la nuque sous laquelle une coiffe en tissu blanc bordé de dentelles dont le liseré forme littéralement une auréole autour du visage de la femme, ne se retrouve que dans les villages de la plaine entre Strasbourg et Colmar comme Meistratzheim ou Krautergersheim. La ''Schlupfkapp'' (coiffe à nœud frontal) est, quant à elle, la coiffe la plus connue. Apparue au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, la ''Schlupfkapp'' se distingue par son ruban – qui à l’origine ne dépassait pas quatre à cinq centimètres – noué à l’avant de la coiffe. On la retrouve dans une aire allant d'Erstein, en passant Saverne et s'arrêtant au sud de Seltz, mais le pays de Hanau et le Kochesberg restent les terres d’élection des ''Schlupfkappe''. Dans aucune autre région d’Alsace, les tenues de fêtes n’ont été aussi diverses et variées, chaque village ayant quasiment sa propre tenue. Ainsi, la diversité des habits traditionnels des pays d’Alsace est le reflet de leur histoire caractérisée par la diversité linguistique, géographique et historique de la région.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Jeune fille en costume alsacien (...) btv1b10205770g 1.jpg|vignette|gauche|Jeune fille en costume alsacien © BNUS.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de ces fêtes, le port des habits typiques allait souvent de pair avec les danses traditionnelles. En Alsace, les danseurs sont accompagnés d’un orchestre, la plupart du temps, composé de cuivres et d’accordéons. À partir du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, l’Alsace s’ouvre aux danses venues de l’Europe entière comme la ''Walze'' autrichienne, la ''polka'' polonaise ou encore la ''scottish'' écossaise. À la fin de la Grande Guerre, les alsaciens se mettent à danser sur les rythmes américains ramenés par les soldats venus d’outre-Atlantique. Il est indéniable que les coutumes alsaciennes sont, depuis la Seconde Guerre mondiale, souvent devenues folkloriques et activités de loisirs, mais ce sont bien les fêtes comme celles de la Pentecôte à Wissembourg qui, en contribuant à les rendre folkloriques, ont permis de les protéger et de les préserver.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=LAUGEL Anselme, ''Costumes et coutumes d’Alsace'', Nancy, Éditions Place Stanislas, 2008 [1902].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace. Coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P., 1993.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''Les Festivités de la Pentecôte'', Site de la Ville de Wissembourg. En ligne : https://www.ville-wissembourg.eu/Arts-spectacles/Temps-forts/Festivites-Pentecote.html. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions &amp;amp; coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Éditions du Donon, 2013.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER René et STAENTZ Eugène, ''Le folklore alsacien'', Strasbourg, CEDI, 1971.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Wissembourg_(0016FH0003)&amp;diff=14360</id>
		<title>Wissembourg (0016FH0003)</title>
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		<updated>2020-04-14T14:31:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Fête de la Pentecôte à Wissembourg&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
|idSupport=0016FH0003&lt;br /&gt;
|dateDebut=1949&lt;br /&gt;
|video=0016FH0035_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
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|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
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|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Klein, Etienne&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Fête de la Pentecôte à Wissembourg filmée par Étienne Klein en 1949.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film s’ouvre sur le défilé des cavaliers d’Oberseebach. Sur le reste de la séquence, les musiciens et danseurs venus de toute l’Alsace défilent en tenues traditionnelles. Au milieu du cortège, un char est tiré par deux chevaux. Sur ce char, figure un panneau indiquant le nom d’une commune. Derrière lui, un enfant tient un panonceau portant le nom d’une autre localité. La séquence se termine sur les cavaliers d’Oberseebach.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan du bas de l’estrade sur laquelle les danseurs dansent au son des cuivres. Au deuxième plan, des personnes assistent au spectacle de leur balcon. Le plan suivant place la focale sur les tenues traditionnelles des danseuses et plus particulièrement sur leurs coiffes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La séquence suivante est filmée de sorte à ce que l’on voit l’ensemble de l’estrade – surplombée de drapeaux tricolores. Ces plans en plongée suggèrent qu’ils aient été enregistrés de la fenêtre d’un bâtiment. Les plans s’enchaînent et les pas de danse aussi ! On s’aperçoit de la foule qui s’est pressé aux abords de l’estrade pour assister au spectacle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière séquence est filmée du bas de l’estrade. Les plans nous permettent de mieux appréhender les pas de danses ainsi que l’ensemble des mouvements de corps. Ils nous permettent aussi de mieux nous concentrer sur les costumes. Au milieu de cette séquence, une jeune femme salue, d’un geste du haut du corps, l’objectif. Nous apercevons aussi les musiciens qui rythment le pas. Sur le dernier un plan un jeune couple s’embrasse. La première fois au vu et au su de tous, la seconde en se cachant derrière le chapeau du jeune homme.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Jusqu’au rattachement de l’Alsace à l’Empire allemand en 1871, le costume alsacien était, généralement, revêtu par tous les paysans et paysannes alsaciens. Il est, de 1871 à 1918, de moins en moins porté, ayant même, quasiment disparu à la fin de la Grande Guerre. Cette disparition s’explique beaucoup plus par les conditions socio-économiques que par la volonté du paysan alsacien. En effet, l’industrialisation a éloigné bon nombre d’entre eux de leurs terres. À cela, s’ajoute le développement de la circulation rapide qui a amené beaucoup de paysans à devoir aller travailler en dehors du village. Dès lors, ces facteurs ont profondément bouleversé la campagne alsacienne et ont contribué au changement des mœurs ainsi que des coutumes, et de ce fait, à la disparition du costume. La grande majorité des personnes qui avaient quitté leurs villages se sont adaptées à leur nouvel entourage, se sont vêtues selon un nouveau code vestimentaire et ont abandonné leur costume traditionnel. De plus, la plupart des gens qui troquaient leurs anciens habits pour de nouvelles tenues ne revenaient jamais au vêtement traditionnel. Cependant, alors que le costume semblait quasiment mort, il y a, au lendemain de la Première Guerre mondiale, un regain d’intérêt pour l’habit traditionnel alsacien. C’est dans ce contexte, que les fêtes de Wissembourg fixée depuis 1863 au lundi de Pentecôte reprennent en 1927, après que les conflits – successivement la guerre franco-prussienne de 1870 puis la Grande Guerre – aient mis un terme aux réjouissances. Ainsi, le but était, dans une région où de nombreux groupes folkloriques apparaissaient, de préserver les costumes et, plus généralement, l’ensemble des coutumes alsaciennes comme la musique et la danse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fêtes de la Pentecôte de Wissembourg... ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fixées en 1863 au lundi de Pentecôte, les origines des fêtes de Wissembourg remontent, quant à elles, au début du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Elles naissent avec le ''Rossmarkt'', marché aux chevaux de Schleithal. Ce marché, qui se tenait le lundi suivant la Chandeleur, rassemblait vendeurs et acheteurs profitant de cet événement pour organiser des courses hippiques dont les vainqueurs ressortaient récompensés par des accessoires vestimentaires ou encore des pièces de harnachement. À partir de 1840, ces courses se tiennent à l’hippodrome de la Hardt à Wissembourg afin de promouvoir, dans un but strictement militaire, le cheval. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La naissance de la société des courses de Schleithal-Wissembourg, en 1864, un an seulement après la réunion des deux événements en un seul, donne un souffle nouveau à ces festivités : les amateurs de courses et de chevaux se pressent maintenant aux côtés des éleveurs et des militaires. Devenue le rendez-vous incontournable du lundi de la Pentecôte, cette fête accueillait aussi bien les populations venues des quatre coins de l’Alsace, y compris la haute bourgeoisie, que celles du Palatinat et du pays de Bade, toutes, bien évidemment, parées de leur costume traditionnel. Dès lors, en 1865, plus de 15 000 spectateurs prennent part à l’événement !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Lors de ces courses, des cavaliers, revêtus de leur costume traditionnel, des villages environnants à l’instar de Schleithal, Hunspach, Oberseebach, Mothern s’affrontent. Parallèlement à ces courses, se tient, à partir de 1865, un marché aux chevaux, élargissant ainsi la fête à la ville même de Wissembourg. Si les conflits successifs que connaît l’Alsace au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et au XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle marquent un point d’arrêt dans la tenue des festivités, l’événement à nouveau organisé depuis 1927 voit son succès, chaque année, de plus en plus grand. Il s’agissait, pour une telle entreprise, de préserver les costumes et, de manière générale, le folklore alsacien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ... reflet des traditions alsaciennes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fêtes de la Pentecôte de Wissembourg reflètent l’immense diversité des habits traditionnels des pays d’Alsace : il n’y a pas un costume alsacien, mais des costumes alsaciens. Parmi les tenues masculines représentés, celle d’Oberseebach est sûrement la plus reconnaissable grâce à la toque en fourrure de putois que les hommes arborent. De manière générale, les éléments phares du costume masculin sont le gilet rouge (''Brutschi'') ainsi que la redingote (''Mutze'') ou la veste courte à revers (''Mutzel''). Le Brutschi, se généralise à l’ensemble de la Basse-Alsace dans la seconde moitié du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle jusqu’à devenir l’un des éléments de référence de l’habit traditionnel. Cependant, à part les groupes folkloriques du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, la Haute-Alsace n’a jamais connu ce genre de gilet. Par-dessus leur gilet, les hommes arborent soit une redingote – apparue au XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, soit une veste courte à revers. Cette dernière se généralise en Basse-Alsace dans les années 1820. Elle devient, à l’image du gilet, un élément typique du costume. De couleur noire, elle accueille, à la manière du ''Brutschi'', une double rangée de boutons métalliques. Mais, là encore, la veste courte à revers ne dépasse pas les frontières sud de la Basse-Alsace.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Le Costume en Alsace (...)Dupiet Illustrateur btv1b102135477 1.jpg|vignette|Planche montrant la diversité des costumes alsaciens © BNUS.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les costumes féminins, les coiffes nous permettent aisément de raccrocher les différentes tenues aux différentes régions d’Alsace. Par exemple, la ''Sunnekapp'' (coiffe-soleil) caractérisée par une coiffe de brocart avec un nœud sur la nuque sous laquelle une coiffe en tissu blanc bordé de dentelles dont le liseré forme littéralement une auréole autour du visage de la femme, ne se retrouve que dans les villages de la plaine entre Strasbourg et Colmar comme Meistratzheim ou Krautergersheim. La ''Schlupfkapp'' (coiffe à nœud frontal) est, quant à elle, la coiffe la plus connue. Apparue au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, la ''Schlupfkapp'' se distingue par son ruban – qui à l’origine ne dépassait pas quatre à cinq centimètres – noué à l’avant de la coiffe. On la retrouve dans une aire allant d'Erstein, en passant Saverne et s'arrêtant au sud de Seltz, mais le pays de Hanau et le Kochesberg restent les terres d’élection des ''Schlupfkappe''. Dans aucune autre région d’Alsace, les tenues de fêtes n’ont été aussi diverses et variées, chaque village ayant quasiment sa propre tenue. Ainsi, la diversité des habits traditionnels des pays d’Alsace est le reflet de leur histoire caractérisée par la diversité linguistique, géographique et historique de la région.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Jeune fille en costume alsacien (...) btv1b10205770g 1.jpg|vignette|gauche|Jeune fille en costume alsacien © BNUS.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de ces fêtes, le port des habits typiques allait souvent de pair avec les danses traditionnelles. En Alsace, les danseurs sont accompagnés d’un orchestre, la plupart du temps, composé de cuivres et d’accordéons. À partir du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, l’Alsace s’ouvre aux danses venues de l’Europe entière comme la ''Walze'' autrichienne, la ''polka'' polonaise ou encore la ''scottish'' écossaise. À la fin de la Grande Guerre, les alsaciens se mettent à danser sur les rythmes américains ramenés par les soldats venus d’outre-Atlantique. Il est indéniable que les coutumes alsaciennes sont, depuis la Seconde Guerre mondiale, souvent devenues folkloriques et activités de loisirs, mais ce sont bien les fêtes comme celles de la Pentecôte à Wissembourg qui, en contribuant à les rendre folkloriques, ont permis de les protéger et de les préserver.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=LAUGEL Anselme, ''Costumes et coutumes d’Alsace'', Nancy, Éditions Place Stanislas, 2008 [1902].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace. Coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P., 1993.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''Les Festivités de la Pentecôte'', Site de la Ville de Wissembourg. En ligne : https://www.ville-wissembourg.eu/Arts-spectacles/Temps-forts/Festivites-Pentecote.html. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions &amp;amp; coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Éditions du Donon, 2013.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER René et STAENTZ Eugène, ''Le folklore alsacien'', Strasbourg, CEDI, 1971.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>Wissembourg (0016FH0003)</title>
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		<updated>2020-04-14T14:30:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
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|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-04-09&lt;br /&gt;
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|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Fête de la Pentecôte à Wissembourg filmée par Étienne Klein en 1949.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film s’ouvre sur le défilé des cavaliers d’Oberseebach. Sur le reste de la séquence, les musiciens et danseurs venus de toute l’Alsace défilent en tenues traditionnelles. Au milieu du cortège, un char est tiré par deux chevaux. Sur ce char, figure un panneau indiquant le nom d’une commune. Derrière lui, un enfant tient un panonceau portant le nom d’une autre localité. La séquence se termine sur les cavaliers d’Oberseebach.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan du bas de l’estrade sur laquelle les danseurs dansent au son des cuivres. Au deuxième plan, des personnes assistent au spectacle de leur balcon. Le plan suivant place la focale sur les tenues traditionnelles des danseuses et plus particulièrement sur leurs coiffes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La séquence suivante est filmée de sorte à ce que l’on voit l’ensemble de l’estrade – surplombée de drapeaux tricolores. Ces plans en plongée suggèrent qu’ils aient été enregistrés de la fenêtre d’un bâtiment. Les plans s’enchaînent et les pas de danse aussi ! On s’aperçoit de la foule qui s’est pressé aux abords de l’estrade pour assister au spectacle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière séquence est filmée du bas de l’estrade. Les plans nous permettent de mieux appréhender les pas de danses ainsi que l’ensemble des mouvements de corps. Ils nous permettent aussi de mieux nous concentrer sur les costumes. Au milieu de cette séquence, une jeune femme salue, d’un geste du haut du corps, l’objectif. Nous apercevons aussi les musiciens qui rythment le pas. Sur le dernier un plan un jeune couple s’embrasse. La première fois au vu et au su de tous, la seconde en se cachant derrière le chapeau du jeune homme.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr===Jusqu’au rattachement de l’Alsace à l’Empire allemand en 1871, le costume alsacien était, généralement, revêtu par tous les paysans et paysannes alsaciens. Il est, de 1871 à 1918, de moins en moins porté, ayant même, quasiment disparu à la fin de la Grande Guerre. Cette disparition s’explique beaucoup plus par les conditions socio-économiques que par la volonté du paysan alsacien. En effet, l’industrialisation a éloigné bon nombre d’entre eux de leurs terres. À cela, s’ajoute le développement de la circulation rapide qui a amené beaucoup de paysans à devoir aller travailler en dehors du village. Dès lors, ces facteurs ont profondément bouleversé la campagne alsacienne et ont contribué au changement des mœurs ainsi que des coutumes, et de ce fait, à la disparition du costume. La grande majorité des personnes qui avaient quitté leurs villages se sont adaptées à leur nouvel entourage, se sont vêtues selon un nouveau code vestimentaire et ont abandonné leur costume traditionnel. De plus, la plupart des gens qui troquaient leurs anciens habits pour de nouvelles tenues ne revenaient jamais au vêtement traditionnel. Cependant, alors que le costume semblait quasiment mort, il y a, au lendemain de la Première Guerre mondiale, un regain d’intérêt pour l’habit traditionnel alsacien. C’est dans ce contexte, que les fêtes de Wissembourg fixée depuis 1863 au lundi de Pentecôte reprennent en 1927, après que les conflits – successivement la guerre franco-prussienne de 1870 puis la Grande Guerre – aient mis un terme aux réjouissances. Ainsi, le but était, dans une région où de nombreux groupes folkloriques apparaissaient, de préserver les costumes et, plus généralement, l’ensemble des coutumes alsaciennes comme la musique et la danse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fêtes de la Pentecôte de Wissembourg... ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fixées en 1863 au lundi de Pentecôte, les origines des fêtes de Wissembourg remontent, quant à elles, au début du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Elles naissent avec le ''Rossmarkt'', marché aux chevaux de Schleithal. Ce marché, qui se tenait le lundi suivant la Chandeleur, rassemblait vendeurs et acheteurs profitant de cet événement pour organiser des courses hippiques dont les vainqueurs ressortaient récompensés par des accessoires vestimentaires ou encore des pièces de harnachement. À partir de 1840, ces courses se tiennent à l’hippodrome de la Hardt à Wissembourg afin de promouvoir, dans un but strictement militaire, le cheval. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La naissance de la société des courses de Schleithal-Wissembourg, en 1864, un an seulement après la réunion des deux événements en un seul, donne un souffle nouveau à ces festivités : les amateurs de courses et de chevaux se pressent maintenant aux côtés des éleveurs et des militaires. Devenue le rendez-vous incontournable du lundi de la Pentecôte, cette fête accueillait aussi bien les populations venues des quatre coins de l’Alsace, y compris la haute bourgeoisie, que celles du Palatinat et du pays de Bade, toutes, bien évidemment, parées de leur costume traditionnel. Dès lors, en 1865, plus de 15 000 spectateurs prennent part à l’événement !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Lors de ces courses, des cavaliers, revêtus de leur costume traditionnel, des villages environnants à l’instar de Schleithal, Hunspach, Oberseebach, Mothern s’affrontent. Parallèlement à ces courses, se tient, à partir de 1865, un marché aux chevaux, élargissant ainsi la fête à la ville même de Wissembourg. Si les conflits successifs que connaît l’Alsace au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et au XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle marquent un point d’arrêt dans la tenue des festivités, l’événement à nouveau organisé depuis 1927 voit son succès, chaque année, de plus en plus grand. Il s’agissait, pour une telle entreprise, de préserver les costumes et, de manière générale, le folklore alsacien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ... reflet des traditions alsaciennes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fêtes de la Pentecôte de Wissembourg reflètent l’immense diversité des habits traditionnels des pays d’Alsace : il n’y a pas un costume alsacien, mais des costumes alsaciens. Parmi les tenues masculines représentés, celle d’Oberseebach est sûrement la plus reconnaissable grâce à la toque en fourrure de putois que les hommes arborent. De manière générale, les éléments phares du costume masculin sont le gilet rouge (''Brutschi'') ainsi que la redingote (''Mutze'') ou la veste courte à revers (''Mutzel''). Le Brutschi, se généralise à l’ensemble de la Basse-Alsace dans la seconde moitié du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle jusqu’à devenir l’un des éléments de référence de l’habit traditionnel. Cependant, à part les groupes folkloriques du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, la Haute-Alsace n’a jamais connu ce genre de gilet. Par-dessus leur gilet, les hommes arborent soit une redingote – apparue au XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, soit une veste courte à revers. Cette dernière se généralise en Basse-Alsace dans les années 1820. Elle devient, à l’image du gilet, un élément typique du costume. De couleur noire, elle accueille, à la manière du ''Brutschi'', une double rangée de boutons métalliques. Mais, là encore, la veste courte à revers ne dépasse pas les frontières sud de la Basse-Alsace.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Le Costume en Alsace (...)Dupiet Illustrateur btv1b102135477 1.jpg|vignette|Planche montrant la diversité des costumes alsaciens © BNUS.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les costumes féminins, les coiffes nous permettent aisément de raccrocher les différentes tenues aux différentes régions d’Alsace. Par exemple, la ''Sunnekapp'' (coiffe-soleil) caractérisée par une coiffe de brocart avec un nœud sur la nuque sous laquelle une coiffe en tissu blanc bordé de dentelles dont le liseré forme littéralement une auréole autour du visage de la femme, ne se retrouve que dans les villages de la plaine entre Strasbourg et Colmar comme Meistratzheim ou Krautergersheim. La ''Schlupfkapp'' (coiffe à nœud frontal) est, quant à elle, la coiffe la plus connue. Apparue au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, la ''Schlupfkapp'' se distingue par son ruban – qui à l’origine ne dépassait pas quatre à cinq centimètres – noué à l’avant de la coiffe. On la retrouve dans une aire allant d'Erstein, en passant Saverne et s'arrêtant au sud de Seltz, mais le pays de Hanau et le Kochesberg restent les terres d’élection des ''Schlupfkappe''. Dans aucune autre région d’Alsace, les tenues de fêtes n’ont été aussi diverses et variées, chaque village ayant quasiment sa propre tenue. Ainsi, la diversité des habits traditionnels des pays d’Alsace est le reflet de leur histoire caractérisée par la diversité linguistique, géographique et historique de la région.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Jeune fille en costume alsacien (...) btv1b10205770g 1.jpg|vignette|gauche|Jeune fille en costume alsacien © BNUS.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de ces fêtes, le port des habits typiques allait souvent de pair avec les danses traditionnelles. En Alsace, les danseurs sont accompagnés d’un orchestre, la plupart du temps, composé de cuivres et d’accordéons. À partir du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, l’Alsace s’ouvre aux danses venues de l’Europe entière comme la ''Walze'' autrichienne, la ''polka'' polonaise ou encore la ''scottish'' écossaise. À la fin de la Grande Guerre, les alsaciens se mettent à danser sur les rythmes américains ramenés par les soldats venus d’outre-Atlantique. Il est indéniable que les coutumes alsaciennes sont, depuis la Seconde Guerre mondiale, souvent devenues folkloriques et activités de loisirs, mais ce sont bien les fêtes comme celles de la Pentecôte à Wissembourg qui, en contribuant à les rendre folkloriques, ont permis de les protéger et de les préserver.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=LAUGEL Anselme, ''Costumes et coutumes d’Alsace'', Nancy, Éditions Place Stanislas, 2008 [1902].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace. Coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P., 1993.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''Les Festivités de la Pentecôte'', Site de la Ville de Wissembourg. En ligne : https://www.ville-wissembourg.eu/Arts-spectacles/Temps-forts/Festivites-Pentecote.html. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions &amp;amp; coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Éditions du Donon, 2013.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER René et STAENTZ Eugène, ''Le folklore alsacien'', Strasbourg, CEDI, 1971.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Wissembourg_(0016FH0003)&amp;diff=14358</id>
		<title>Wissembourg (0016FH0003)</title>
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		<updated>2020-04-14T14:29:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Fête de la Pentecôte à Wissembourg&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
|idSupport=0016FH0003&lt;br /&gt;
|dateDebut=1949&lt;br /&gt;
|video=0016FH0035_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
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|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Klein, Etienne&lt;br /&gt;
|apercu=WissembourgKlein.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=France; Wissembourg; place de la mairie&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-04-09&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Fête de la Pentecôte à Wissembourg filmée par Étienne Klein en 1949.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film s’ouvre sur le défilé des cavaliers d’Oberseebach. Sur le reste de la séquence, les musiciens et danseurs venus de toute l’Alsace défilent en tenues traditionnelles. Au milieu du cortège, un char est tiré par deux chevaux. Sur ce char, figure un panneau indiquant le nom d’une commune. Derrière lui, un enfant tient un panonceau portant le nom d’une autre localité. La séquence se termine sur les cavaliers d’Oberseebach.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan du bas de l’estrade sur laquelle les danseurs dansent au son des cuivres. Au deuxième plan, des personnes assistent au spectacle de leur balcon. Le plan suivant place la focale sur les tenues traditionnelles des danseuses et plus particulièrement sur leurs coiffes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La séquence suivante est filmée de sorte à ce que l’on voit l’ensemble de l’estrade – surplombée de drapeaux tricolores. Ces plans en plongée suggèrent qu’ils aient été enregistrés de la fenêtre d’un bâtiment. Les plans s’enchaînent et les pas de danse aussi ! On s’aperçoit de la foule qui s’est pressé aux abords de l’estrade pour assister au spectacle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière séquence est filmée du bas de l’estrade. Les plans nous permettent de mieux appréhender les pas de danses ainsi que l’ensemble des mouvements de corps. Ils nous permettent aussi de mieux nous concentrer sur les costumes. Au milieu de cette séquence, une jeune femme salue, d’un geste du haut du corps, l’objectif. Nous apercevons aussi les musiciens qui rythment le pas. Sur le dernier un plan un jeune couple s’embrasse. La première fois au vu et au su de tous, la seconde en se cachant derrière le chapeau du jeune homme.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr==== Les &lt;br /&gt;
Jusqu’au rattachement de l’Alsace à l’Empire allemand en 1871, le costume alsacien était, généralement, revêtu par tous les paysans et paysannes alsaciens. Il est, de 1871 à 1918, de moins en moins porté, ayant même, quasiment disparu à la fin de la Grande Guerre. Cette disparition s’explique beaucoup plus par les conditions socio-économiques que par la volonté du paysan alsacien. En effet, l’industrialisation a éloigné bon nombre d’entre eux de leurs terres. À cela, s’ajoute le développement de la circulation rapide qui a amené beaucoup de paysans à devoir aller travailler en dehors du village. Dès lors, ces facteurs ont profondément bouleversé la campagne alsacienne et ont contribué au changement des mœurs ainsi que des coutumes, et de ce fait, à la disparition du costume. La grande majorité des personnes qui avaient quitté leurs villages se sont adaptées à leur nouvel entourage, se sont vêtues selon un nouveau code vestimentaire et ont abandonné leur costume traditionnel. De plus, la plupart des gens qui troquaient leurs anciens habits pour de nouvelles tenues ne revenaient jamais au vêtement traditionnel. Cependant, alors que le costume semblait quasiment mort, il y a, au lendemain de la Première Guerre mondiale, un regain d’intérêt pour l’habit traditionnel alsacien. C’est dans ce contexte, que les fêtes de Wissembourg fixée depuis 1863 au lundi de Pentecôte reprennent en 1927, après que les conflits – successivement la guerre franco-prussienne de 1870 puis la Grande Guerre – aient mis un terme aux réjouissances. Ainsi, le but était, dans une région où de nombreux groupes folkloriques apparaissaient, de préserver les costumes et, plus généralement, l’ensemble des coutumes alsaciennes comme la musique et la danse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fêtes de la Pentecôte de Wissembourg... ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fixées en 1863 au lundi de Pentecôte, les origines des fêtes de Wissembourg remontent, quant à elles, au début du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Elles naissent avec le ''Rossmarkt'', marché aux chevaux de Schleithal. Ce marché, qui se tenait le lundi suivant la Chandeleur, rassemblait vendeurs et acheteurs profitant de cet événement pour organiser des courses hippiques dont les vainqueurs ressortaient récompensés par des accessoires vestimentaires ou encore des pièces de harnachement. À partir de 1840, ces courses se tiennent à l’hippodrome de la Hardt à Wissembourg afin de promouvoir, dans un but strictement militaire, le cheval. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La naissance de la société des courses de Schleithal-Wissembourg, en 1864, un an seulement après la réunion des deux événements en un seul, donne un souffle nouveau à ces festivités : les amateurs de courses et de chevaux se pressent maintenant aux côtés des éleveurs et des militaires. Devenue le rendez-vous incontournable du lundi de la Pentecôte, cette fête accueillait aussi bien les populations venues des quatre coins de l’Alsace, y compris la haute bourgeoisie, que celles du Palatinat et du pays de Bade, toutes, bien évidemment, parées de leur costume traditionnel. Dès lors, en 1865, plus de 15 000 spectateurs prennent part à l’événement !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Lors de ces courses, des cavaliers, revêtus de leur costume traditionnel, des villages environnants à l’instar de Schleithal, Hunspach, Oberseebach, Mothern s’affrontent. Parallèlement à ces courses, se tient, à partir de 1865, un marché aux chevaux, élargissant ainsi la fête à la ville même de Wissembourg. Si les conflits successifs que connaît l’Alsace au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et au XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle marquent un point d’arrêt dans la tenue des festivités, l’événement à nouveau organisé depuis 1927 voit son succès, chaque année, de plus en plus grand. Il s’agissait, pour une telle entreprise, de préserver les costumes et, de manière générale, le folklore alsacien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ... reflet des traditions alsaciennes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fêtes de la Pentecôte de Wissembourg reflètent l’immense diversité des habits traditionnels des pays d’Alsace : il n’y a pas un costume alsacien, mais des costumes alsaciens. Parmi les tenues masculines représentés, celle d’Oberseebach est sûrement la plus reconnaissable grâce à la toque en fourrure de putois que les hommes arborent. De manière générale, les éléments phares du costume masculin sont le gilet rouge (''Brutschi'') ainsi que la redingote (''Mutze'') ou la veste courte à revers (''Mutzel''). Le Brutschi, se généralise à l’ensemble de la Basse-Alsace dans la seconde moitié du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle jusqu’à devenir l’un des éléments de référence de l’habit traditionnel. Cependant, à part les groupes folkloriques du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, la Haute-Alsace n’a jamais connu ce genre de gilet. Par-dessus leur gilet, les hommes arborent soit une redingote – apparue au XVII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, soit une veste courte à revers. Cette dernière se généralise en Basse-Alsace dans les années 1820. Elle devient, à l’image du gilet, un élément typique du costume. De couleur noire, elle accueille, à la manière du ''Brutschi'', une double rangée de boutons métalliques. Mais, là encore, la veste courte à revers ne dépasse pas les frontières sud de la Basse-Alsace.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Le Costume en Alsace (...)Dupiet Illustrateur btv1b102135477 1.jpg|vignette|Planche montrant la diversité des costumes alsaciens © BNUS.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les costumes féminins, les coiffes nous permettent aisément de raccrocher les différentes tenues aux différentes régions d’Alsace. Par exemple, la ''Sunnekapp'' (coiffe-soleil) caractérisée par une coiffe de brocart avec un nœud sur la nuque sous laquelle une coiffe en tissu blanc bordé de dentelles dont le liseré forme littéralement une auréole autour du visage de la femme, ne se retrouve que dans les villages de la plaine entre Strasbourg et Colmar comme Meistratzheim ou Krautergersheim. La ''Schlupfkapp'' (coiffe à nœud frontal) est, quant à elle, la coiffe la plus connue. Apparue au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, la ''Schlupfkapp'' se distingue par son ruban – qui à l’origine ne dépassait pas quatre à cinq centimètres – noué à l’avant de la coiffe. On la retrouve dans une aire allant d'Erstein, en passant Saverne et s'arrêtant au sud de Seltz, mais le pays de Hanau et le Kochesberg restent les terres d’élection des ''Schlupfkappe''. Dans aucune autre région d’Alsace, les tenues de fêtes n’ont été aussi diverses et variées, chaque village ayant quasiment sa propre tenue. Ainsi, la diversité des habits traditionnels des pays d’Alsace est le reflet de leur histoire caractérisée par la diversité linguistique, géographique et historique de la région.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Jeune fille en costume alsacien (...) btv1b10205770g 1.jpg|vignette|gauche|Jeune fille en costume alsacien © BNUS.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de ces fêtes, le port des habits typiques allait souvent de pair avec les danses traditionnelles. En Alsace, les danseurs sont accompagnés d’un orchestre, la plupart du temps, composé de cuivres et d’accordéons. À partir du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, l’Alsace s’ouvre aux danses venues de l’Europe entière comme la ''Walze'' autrichienne, la ''polka'' polonaise ou encore la ''scottish'' écossaise. À la fin de la Grande Guerre, les alsaciens se mettent à danser sur les rythmes américains ramenés par les soldats venus d’outre-Atlantique. Il est indéniable que les coutumes alsaciennes sont, depuis la Seconde Guerre mondiale, souvent devenues folkloriques et activités de loisirs, mais ce sont bien les fêtes comme celles de la Pentecôte à Wissembourg qui, en contribuant à les rendre folkloriques, ont permis de les protéger et de les préserver.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=LAUGEL Anselme, ''Costumes et coutumes d’Alsace'', Nancy, Éditions Place Stanislas, 2008 [1902].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace. Coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P., 1993.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''Les Festivités de la Pentecôte'', Site de la Ville de Wissembourg. En ligne : https://www.ville-wissembourg.eu/Arts-spectacles/Temps-forts/Festivites-Pentecote.html. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions &amp;amp; coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Éditions du Donon, 2013.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SCHNEIDER René et STAENTZ Eugène, ''Le folklore alsacien'', Strasbourg, CEDI, 1971.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
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|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Défilé des conscrits à Strasbourg filmé par Étienne Klein.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film s’ouvre sur les conscrits posant dans l’arrière-cour d’un bâtiment rappelant l’ancien hôtel de Hanau, actuellement l’hôtel de Ville de Strasbourg. Le plan n’étant pas de face, le cameraman, Étienne Klein, devait se trouver à la droite du photographe chargé d’immortaliser ce moment. Gros plan sur un conscrit vêtu de la tenue traditionnelle. Le conscrit à l’air fier, mais semble gêné par l’objectif. Les conscrits, toujours dans cette arrière-cour, dansent main dans la main. Le film se poursuit sur le cortège défilant dans la rue. La dernière séquence, dans laquelle les conscrits continuent de défiler, est enregistrée depuis le studio de photographie d’Étienne Klein au 24, rue de la Mésange.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=La notion de soldat citoyen au service de la nation naît à la fin du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle autour de la Révolution Française. De cette notion découle, par la loi Jourdan de septembre 1798, l’instauration de la conscription universelle et obligatoire pour tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. Les fondements de cette loi se basent sur le principe suivant : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». En 1804, un système de tirage au sort est mis en place. Aboli après la chute de l’Empire en 1815, la loi Gouvion Saint-Cyr réintroduit, trois ans plus tard, ce système avec quelques modifications. Si les engagés volontaires ne suffisent pas à fournir le contingent, les autorités ont recourt au tirage au sort. Les personnes tirées au sort rejoignent les engagés volontaires. Ils leur restent la possibilité, si leurs moyens le leur permettent, de payer une personne pour qu’elle effectue le service militaire à leur place. Le dispositif de tirage au sort est aboli lors de l’annexion de l’Alsace par l’Empire allemand en 1871. Le système de tirage au sort n’est jamais rétabli, ni après le rattachement de l’Alsace à la France par le Traité de Versailles, ni après la Seconde Guerre mondiale. De 1946 à 1997, les jeunes alsaciens, et plus généralement l’ensemble des jeunes Français, doivent participer au service national universel. Bien qu’en Alsace, le tirage au sort ne soit plus en vigueur depuis 1871 – 1905 pour la France, le cérémonial qui s’est mis en place à partir de 1818, a fortement marqué l’identité des conscrits alsaciens. De plus, la fin de cette pratique ne marque pas la fin de la conscription et des traditions qui lui sont liées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les conscrits en tenue d'apparat ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Chapeau conscrit..jpg|vignette|Chapeau de tambour-major garni de plumes, fruits et fleurs artificiels, début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle © Musée alsacien.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’ils reprennent des éléments comme des insignes, cocardes ou encore rubans de soie communs à l’ensemble de la France, c’est au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle que les costumes, généralement composés d’un pantalon blanc accompagné d’un tablier brodé et d’un chapeau garni apparaissent. Plus on avance dans le siècle, plus les tenues se développent. Dès 1850, le chapeau accueille des rubans bien plus long qu’au début du siècle et les premiers plumets ainsi que des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels font leur apparition. Vers la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et le début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les costumes deviennent de plus en plus extravagants. Ces bouquets finissent, au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, par recouvrir l’ensemble du couvre-chef allant même parfois jusqu’à y intégrer des oiseaux empaillés. L’effort vestimentaire se concentrait essentiellement sur le couvre-chef puisqu’il supportait, à l’époque du tirage au sort, le numéro tiré. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les costumes farfelus du début du siècle ne semblent plus être au goût du jour chez notre classe. Toutefois, si leurs tenues blanches peuvent paraître simples, ils arborent tout de même, avec pour certains plus ou moins de rubans, les fameux chapeaux garnis de fleurs et de légumes artificiels. Certains exposent même fièrement la photo de leur fiancée (0’11) ! Enfin, sur leurs chemises, apparaissent aussi les insignes de leur classe. L’apparition d’une tenue commune et propre aux conscrits prouve qu’ils appartiennent à un groupe uni et spécifique, ils se mettent sous l’autorité de la nation en s’affranchissant de celle de la communauté locale. Dès lors, tous ces symboles, hérités de la tradition, rappellent la vocation militaire de la conscription. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le défilé des conscrits : l'ombre d'une parade militaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le défilé des conscrits s’apparente, de manière plus festive, à une parade militaire. Dans les rues aux couleurs du drapeau tricolore, le tambour-major prend la tête du cortège, il est suivi de près par les musiciens qui, eux-mêmes, sont suivis par le porte-drapeau. À l’arrière du cortège, les conscrits dansent en rang. Dès lors, l’organisation du défilé des conscrits reprend, plus joyeusement, l’organisation d’une parade militaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’image du sous-officier, chargé de diriger une formation militaire lors d’un défilé, le tambour-major, dont le nom est directement emprunté à la fonction militaire, mène, à l’aide de sa canne enrubannée qu’il fait tournoyer, le cortège des conscrits. Le tambour-major est souvent précédé, à l’occasion de grandes manifestations, par des musiciens locaux. Ici, tout semble indiquer que les conscrits ont fait appel à des instrumentistes locaux. Ces derniers, en plus de n’être pas vêtus de la tenue adéquate, jouent de la trompette, du tambour ainsi que de l’accordéon alors que, de manière générale, les instruments les plus représentés sont le clairon et le tambour. Sans oublier le fait que ces instruments sont habituellement apparentés aux instruments militaires, ils sont surtout choisis pour leur caractère bruyant. Derrière les musiciens, le porte-étendard agite le drapeau tricolore sur lequel figure le nom, l’année ainsi que les insignes de la classe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La disposition en rang des conscrits rappelle, elle aussi, sensiblement l’organisation d’une parade militaire. Les conscrits se tiennent par la main et entament leur pas de dance dit ''Hupfschritt''. Ils zigzaguent de droite à gauche dans les rues de la ville tout en chantant à tue-tête. Les conscrits possèdent leur propre cri qu’ils considèrent comme la manifestation de leur virilité, mais aussi, en tant que signe de leur appartenance au groupe. De façon générale, les chansons encensent, non pas sans vantardise, le caractère viril des conscrits. À partir de 1925, les thèmes sentimentaux et patriotiques disparaissent au profit de paroles plus festives, souvent un peu paillardes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La conscription ou le passage à l'âge adulte ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, un homme ne peut, sans avoir franchi l’étape de la conscription, ni se marier, ni commencer sa vie professionnelle. La périodicité annuelle ainsi que l’âge des conscrits ont fait que la conscription soit devenue comme une sorte de rite de passage, celui de l’adolescence à l’âge adulte. Cet événement devient alors un rituel de première importance dans la vie d’un homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Img-3-small580.jpg|vignette|Souvenir du numéro de tirage au sort d'Eugène Trumpf, classe 1869, canton de Wasselone. Au centre de l'image, le numéro de tirage avec en dessous le passage d’un conscrit pendant le tirage au sort et au dessus la représentation d’un défilé de conscrit avec le tambour-major en tête © Musée alsacien.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les pratiques relatives à la conscription sont, pour les conscrits, autant de bonnes occasions d’affirmer leur virilité. En dehors des paroles, le seul fait de chanter est suffisant pour montrer ouvertement, et de manière la plus étincelante possible, à l’ensemble de la communauté leur entrée dans l’âge adulte. L’étape, sans doute la plus importante, de la conscription, celle qui, en quelque sorte, certifie la virilité des conscrits est le conseil de révision. Cette étape est, au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, précédée du tirage au sort. Une fois le tirage effectué, les conscrits ayant tiré les « mauvais numéros » doivent, quelques semaines plus tard, se rendre au conseil de révision. Le passage au conseil de révision est une étape décisive dans la vie des hommes, elle a des répercussions directes sur leurs vies. S’ils sont déclarés aptes pour le service, ils partent gonfler les rangs de l’armée, s’ils sont jugés inaptes, ils doivent faire face au rejet humiliant de toute la communauté. Pour les conscrits, le conseil de révision représente un examen certifiant, beaucoup plus que leur faculté de servir sous les drapeaux, leur virilité et donc, leur aptitude aux relations sexuelles ainsi qu’au mariage. Cette étape fait d’eux, ou non, des hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois le conseil de révision terminé, les conscrits se procurent les insignes « Bons pour le service » ou « Bon pour les filles ». Le « Bon pour le service » est aussi, la plupart du temps, compris comme étant un « Bon pour le mariage », les hommes devenant, avec la conscription, autonomes et prêts à fonder un foyer. L’abolition du tirage au sort ne marque pas la fin de la conscription et de ses pratiques culturelles. En effet, avec l’instauration du service militaire universel et obligatoire, les jeunes hommes continuent de se présenter au conseil de révision, assurant ainsi la continuité dans l’étape du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Dès lors, la conscription est encore une pratique importante dans la vie des hommes, elle fait, culturellement, d’eux des hommes matures. Ainsi, en arborant fièrement, à la place du « Bon pour le service » qui allait souvent de pair avec le « Bon pour le mariage, des photos de leur fiancée, les conscrits suggèrent d’être prêts à endosser leurs responsabilités et revendiquent leur passage dans le monde des adultes.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BOULANGER Philippe et CRÉPIN Annie, ''Le soldat-citoyen. Une histoire de la conscription'', Paris, La Documentation photographique, n°8019, 2001.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace. Coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P., 1993.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions &amp;amp; coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Éditions du Donon, 2013.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, « Bons pour la fête : les rituels de la circonscription en Alsace », dans ''Revue d’Alsace'', n°41, 2015, p. 363-377.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Conscrits_%C3%A0_Strasbourg_(0016FH0004)&amp;diff=14353</id>
		<title>Conscrits à Strasbourg (0016FH0004)</title>
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		<updated>2020-04-14T13:52:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
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|video=0016FH0004_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Klein, Etienne&lt;br /&gt;
|apercu=Conscrits_Klein.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=France; Strasbourg; hôtel de Ville; rue de la Mésange; .&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Défilé des conscrits à Strasbourg filmé par Étienne Klein.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film s’ouvre sur les conscrits posant dans l’arrière-cour d’un bâtiment rappelant l’ancien hôtel de Hanau, actuellement l’hôtel de Ville de Strasbourg. Le plan n’étant pas de face, le cameraman, Étienne Klein, devait se trouver à la droite du photographe chargé d’immortaliser ce moment. Gros plan sur un conscrit vêtu de la tenue traditionnelle. Le conscrit à l’air fier, mais semble gêné par l’objectif. Les conscrits, toujours dans cette arrière-cour, dansent main dans la main. Le film se poursuit sur le cortège défilant dans la rue. La dernière séquence, dans laquelle les conscrits continuent de défiler, est enregistrée depuis le studio de photographie d’Étienne Klein au 24, rue de la Mésange.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=La notion de soldat citoyen au service de la nation naît à la fin du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle autour de la Révolution Française. De cette notion découle, par la loi Jourdan de septembre 1798, l’instauration de la conscription universelle et obligatoire pour tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. Les fondements de cette loi se basent sur le principe suivant : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». En 1804, un système de tirage au sort est mis en place. Aboli après la chute de l’Empire en 1815, la loi Gouvion Saint-Cyr réintroduit, trois ans plus tard, ce système avec quelques modifications. Si les engagés volontaires ne suffisent pas à fournir le contingent, les autorités ont recourt au tirage au sort. Les personnes tirées au sort rejoignent les engagés volontaires. Ils leur restent la possibilité, si leurs moyens le leur permettent, de payer une personne pour qu’elle effectue le service militaire à leur place. Le dispositif de tirage au sort est aboli lors de l’annexion de l’Alsace par l’Empire allemand en 1871. Le système de tirage au sort n’est jamais rétabli, ni après le rattachement de l’Alsace à la France par le Traité de Versailles, ni après la Seconde Guerre mondiale. De 1946 à 1997, les jeunes alsaciens, et plus généralement l’ensemble des jeunes Français, doivent participer au service national universel. Bien qu’en Alsace, le tirage au sort ne soit plus en vigueur depuis 1871 – 1905 pour la France, le cérémonial qui s’est mis en place à partir de 1818, a fortement marqué l’identité des conscrits alsaciens. De plus, la fin de cette pratique ne marque pas la fin de la conscription et des traditions qui lui sont liées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les conscrits en tenue d'apparat ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Chapeau conscrit..jpg|vignette|Chapeau de tambour-major garni de plumes, fruits et fleurs artificiels, début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle © Musée alsacien.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’ils reprennent des éléments comme des insignes, cocardes ou encore rubans de soie communs à l’ensemble de la France, c’est au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle que les costumes, généralement composés d’un pantalon blanc accompagné d’un tablier brodé et d’un chapeau garni apparaissent. Plus on avance dans le siècle, plus les tenues se développent. Dès 1850, le chapeau accueille des rubans bien plus long qu’au début du siècle et les premiers plumets ainsi que des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels font leur apparition. Vers la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et le début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les costumes deviennent de plus en plus extravagants. Ces bouquets finissent, au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, par recouvrir l’ensemble du couvre-chef allant même parfois jusqu’à y intégrer des oiseaux empaillés. L’effort vestimentaire se concentrait essentiellement sur le couvre-chef puisqu’il supportait, à l’époque du tirage au sort, le numéro tiré. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les costumes farfelus du début du siècle ne semblent plus être au goût du jour chez notre classe. Toutefois, si leurs tenues blanches peuvent paraître simples, ils arborent tout de même, avec pour certains plus ou moins de rubans, les fameux chapeaux garnis de fleurs et de légumes artificiels. Certains exposent même fièrement la photo de leur fiancée (0’11) ! Enfin, sur leurs chemises, apparaissent aussi les insignes de leur classe. L’apparition d’une tenue commune et propre aux conscrits prouve qu’ils appartiennent à un groupe uni et spécifique, ils se mettent sous l’autorité de la nation en s’affranchissant de celle de la communauté locale. Dès lors, tous ces symboles, hérités de la tradition, rappellent la vocation militaire de la conscription. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le défilé des conscrits : l'ombre d'une parade militaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le défilé des conscrits s’apparente, de manière plus festive, à une parade militaire. Dans les rues aux couleurs du drapeau tricolore, le tambour-major prend la tête du cortège, il est suivi de près par les musiciens qui, eux-mêmes, sont suivis par le porte-drapeau. À l’arrière du cortège, les conscrits dansent en rang. Dès lors, l’organisation du défilé des conscrits reprend, plus joyeusement, l’organisation d’une parade militaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’image du sous-officier, chargé de diriger une formation militaire lors d’un défilé, le tambour-major, dont le nom est directement emprunté à la fonction militaire, mène, à l’aide de sa canne enrubannée qu’il fait tournoyer, le cortège des conscrits. Le tambour-major est souvent précédé, à l’occasion de grandes manifestations, par des musiciens locaux. Ici, tout semble indiquer que les conscrits ont fait appel à des instrumentistes locaux. Ces derniers, en plus de n’être pas vêtus de la tenue adéquate, jouent de la trompette, du tambour ainsi que de l’accordéon alors que, de manière générale, les instruments les plus représentés sont le clairon et le tambour. Sans oublier le fait que ces instruments sont habituellement apparentés aux instruments militaires, ils sont surtout choisis pour leur caractère bruyant. Derrière les musiciens, le porte-étendard agite le drapeau tricolore sur lequel figure le nom, l’année ainsi que les insignes de la classe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La disposition en rang des conscrits rappelle, elle aussi, sensiblement l’organisation d’une parade militaire. Les conscrits se tiennent par la main et entament leur pas de dance dit ''Hupfschritt''. Ils zigzaguent de droite à gauche dans les rues de la ville tout en chantant à tue-tête. Les conscrits possèdent leur propre cri qu’ils considèrent comme la manifestation de leur virilité, mais aussi, en tant que signe de leur appartenance au groupe. De façon générale, les chansons encensent, non pas sans vantardise, le caractère viril des conscrits. À partir de 1925, les thèmes sentimentaux et patriotiques disparaissent au profit de paroles plus festives, souvent un peu paillardes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La conscription ou le passage à l'âge adulte ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, un homme ne peut, sans avoir franchi l’étape de la conscription, ni se marier, ni commencer sa vie professionnelle. La périodicité annuelle ainsi que l’âge des conscrits ont fait que la conscription soit devenue comme une sorte de rite de passage, celui de l’adolescence à l’âge adulte. Cet événement devient alors un rituel de première importance dans la vie d’un homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Img-3-small580.jpg|vignette|Souvenir du numéro de tirage au sort d'Eugène Trumpf, classe 1869, canton de Wasselone. Au centre de l'image, le numéro de tirage avec en dessous le passage d’un conscrit pendant le tirage au sort et au dessus la représentation d’un défilé de conscrit avec le tambour-major en tête © Musée alsacien.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les pratiques relatives à la conscription sont, pour les conscrits, autant de bonnes occasions d’affirmer leur virilité. En dehors des paroles, le seul fait de chanter est suffisant pour montrer ouvertement, et de manière la plus étincelante possible, à l’ensemble de la communauté leur entrée dans l’âge adulte. L’étape, sans doute la plus importante, de la conscription, celle qui, en quelque sorte, certifie la virilité des conscrits est le conseil de révision. Cette étape est, au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, précédée du tirage au sort. Une fois le tirage effectué, les conscrits ayant tiré les « mauvais numéros » doivent, quelques semaines plus tard, se rendre au conseil de révision. Le passage au conseil de révision est une étape décisive dans la vie des hommes, elle a des répercussions directes sur leurs vies. S’ils sont déclarés aptes pour le service, ils partent gonfler les rangs de l’armée, s’ils sont jugés inaptes, ils doivent faire face au rejet humiliant de toute la communauté. Pour les conscrits, le conseil de révision représente un examen certifiant, beaucoup plus que leur faculté de servir sous les drapeaux, leur virilité et donc, leur aptitude aux relations sexuelles ainsi qu’au mariage. Cette étape fait d’eux, ou non, des hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois le conseil de révision terminé, les conscrits se procurent les insignes « Bons pour le service » ou « Bon pour les filles ». Le « Bon pour le service » est aussi, la plupart du temps, compris comme étant un « Bon pour le mariage », les hommes devenant, avec la conscription, autonomes et prêts à fonder un foyer. L’abolition du tirage au sort ne marque pas la fin de la conscription et de ses pratiques culturelles. En effet, avec l’instauration du service militaire universel et obligatoire, les jeunes hommes continuent de se présenter au conseil de révision, assurant ainsi la continuité dans l’étape du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Dès lors, la conscription est encore une pratique importante dans la vie des hommes, elle fait, culturellement, d’eux des hommes matures. Ainsi, en arborant fièrement, à la place du « Bon pour le service » qui allait souvent de pair avec le « Bon pour le mariage, des photos de leur fiancée, les conscrits suggèrent d’être prêts à endosser leurs responsabilités et revendiquent leur passage dans le monde des adultes.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BOULANGER Philippe et CRÉPIN Annie, ''Le soldat-citoyen. Une histoire de la conscription'', Paris, La Documentation photographique, n°8019, 2001.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace. Coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P., 1993.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions &amp;amp; coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Éditions du Donon, 2013.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, « Bons pour la fête : les rituels de la circonscription en Alsace », dans ''Revue d’Alsace'', n°41, 2015, p. 363-377.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
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		<title>Conscrits à Strasbourg (0016FH0004)</title>
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		<updated>2020-04-14T13:49:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
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|Description_fr=Le film s’ouvre sur les conscrits posant dans l’arrière-cour d’un bâtiment rappelant l’ancien hôtel de Hanau, actuellement l’hôtel de Ville de Strasbourg. Le plan n’étant pas de face, le cameraman, Étienne Klein, devait se trouver à la droite du photographe chargé d’immortaliser ce moment. Gros plan sur un conscrit vêtu de la tenue traditionnelle. Le conscrit à l’air fier, mais semble gêné par l’objectif. Les conscrits, toujours dans cette arrière-cour, dansent main dans la main. Le film se poursuit sur le cortège défilant dans la rue. La dernière séquence, dans laquelle les conscrits continuent de défiler, est enregistrée depuis le studio de photographie d’Étienne Klein au 24, rue de la Mésange.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=La notion de soldat citoyen au service de la nation naît à la fin du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle autour de la Révolution Française. De cette notion découle, par la loi Jourdan de septembre 1798, l’instauration de la conscription universelle et obligatoire pour tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. Les fondements de cette loi se basent sur le principe suivant : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». En 1804, un système de tirage au sort est mis en place. Aboli après la chute de l’Empire en 1815, la loi Gouvion Saint-Cyr réintroduit, trois ans plus tard, ce système avec quelques modifications. Si les engagés volontaires ne suffisent pas à fournir le contingent, les autorités ont recourt au tirage au sort. Les personnes tirées au sort rejoignent les engagés volontaires. Ils leur restent la possibilité, si leurs moyens le leur permettent, de payer une personne pour qu’elle effectue le service militaire à leur place. Le dispositif de tirage au sort est aboli lors de l’annexion de l’Alsace par l’Empire allemand en 1871. Le système de tirage au sort n’est jamais rétabli, ni après le rattachement de l’Alsace à la France par le Traité de Versailles, ni après la Seconde Guerre mondiale. De 1946 à 1997, les jeunes alsaciens, et plus généralement l’ensemble des jeunes Français, doivent participer au service national universel. Bien qu’en Alsace, le tirage au sort ne soit plus en vigueur depuis 1871 – 1905 pour la France, le cérémonial qui s’est mis en place à partir de 1818, a fortement marqué l’identité des conscrits alsaciens. De plus, la fin de cette pratique ne marque pas la fin de la conscription et des traditions qui lui sont liées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les conscrits en tenue d'apparat ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Chapeau conscrit..jpg|vignette|Chapeau de tambour-major garni de plumes, fruits et fleurs artificiels, début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle © Musée alsacien.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’ils reprennent des éléments comme des insignes, cocardes ou encore rubans de soie communs à l’ensemble de la France, c’est au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle que les costumes, généralement composés d’un pantalon blanc accompagné d’un tablier brodé et d’un chapeau garni apparaissent. Plus on avance dans le siècle, plus les tenues se développent. Dès 1850, le chapeau accueille des rubans bien plus long qu’au début du siècle et les premiers plumets ainsi que des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels font leur apparition. Vers la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et le début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les costumes deviennent de plus en plus extravagants. Ces bouquets finissent, au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, par recouvrir l’ensemble du couvre-chef allant même parfois jusqu’à y intégrer des oiseaux empaillés. L’effort vestimentaire se concentrait essentiellement sur le couvre-chef puisqu’il supportait, à l’époque du tirage au sort, le numéro tiré. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les costumes farfelus du début du siècle ne semblent plus être au goût du jour chez notre classe. Toutefois, si leurs tenues blanches peuvent paraître simples, ils arborent tout de même, avec pour certains plus ou moins de rubans, les fameux chapeaux garnis de fleurs et de légumes artificiels. Certains exposent même fièrement la photo de leur fiancée (0’11) ! Enfin, sur leurs chemises, apparaissent aussi les insignes de leur classe. L’apparition d’une tenue commune et propre aux conscrits prouve qu’ils appartiennent à un groupe uni et spécifique, ils se mettent sous l’autorité de la nation en s’affranchissant de celle de la communauté locale. Dès lors, tous ces symboles, hérités de la tradition, rappellent la vocation militaire de la conscription. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le défilé des conscrits : l'ombre d'une parade militaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le défilé des conscrits s’apparente, de manière plus festive, à une parade militaire. Dans les rues aux couleurs du drapeau tricolore, le tambour-major prend la tête du cortège, il est suivi de près par les musiciens qui, eux-mêmes, sont suivis par le porte-drapeau. À l’arrière du cortège, les conscrits dansent en rang. Dès lors, l’organisation du défilé des conscrits reprend, plus joyeusement, l’organisation d’une parade militaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’image du sous-officier, chargé de diriger une formation militaire lors d’un défilé, le tambour-major, dont le nom est directement emprunté à la fonction militaire, mène, à l’aide de sa canne enrubannée qu’il fait tournoyer, le cortège des conscrits. Le tambour-major est souvent précédé, à l’occasion de grandes manifestations, par des musiciens locaux. Ici, tout semble indiquer que les conscrits ont fait appel à des instrumentistes locaux. Ces derniers, en plus de n’être pas vêtus de la tenue adéquate, jouent de la trompette, du tambour ainsi que de l’accordéon alors que, de manière générale, les instruments les plus représentés sont le clairon et le tambour. Sans oublier le fait que ces instruments sont habituellement apparentés aux instruments militaires, ils sont surtout choisis pour leur caractère bruyant. Derrière les musiciens, le porte-étendard agite le drapeau tricolore sur lequel figure le nom, l’année ainsi que les insignes de la classe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La disposition en rang des conscrits rappelle, elle aussi, sensiblement l’organisation d’une parade militaire. Les conscrits se tiennent par la main et entament leur pas de dance dit ''Hupfschritt''. Ils zigzaguent de droite à gauche dans les rues de la ville tout en chantant à tue-tête. Les conscrits possèdent leur propre cri qu’ils considèrent comme la manifestation de leur virilité, mais aussi, en tant que signe de leur appartenance au groupe. De façon générale, les chansons encensent, non pas sans vantardise, le caractère viril des conscrits. À partir de 1925, les thèmes sentimentaux et patriotiques disparaissent au profit de paroles plus festives, souvent un peu paillardes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La conscription ou le passage à l'âge adulte ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, un homme ne peut, sans avoir franchi l’étape de la conscription, ni se marier, ni commencer sa vie professionnelle. La périodicité annuelle ainsi que l’âge des conscrits ont fait que la conscription soit devenue comme une sorte de rite de passage, celui de l’adolescence à l’âge adulte. Cet événement devient alors un rituel de première importance dans la vie d’un homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Img-3-small580.jpg|vignette|Souvenir du numéro de tirage au sort d'Eugène Trumpf, classe 1869, canton de Wasselone. Au centre de l'image, le numéro de tirage avec en dessous le passage d’un conscrit pendant le tirage au sort et au dessus la représentation d’un défilé de conscrit avec le tambour-major en tête © Musée alsacien.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les pratiques relatives à la conscription sont, pour les conscrits, autant de bonnes occasions d’affirmer leur virilité. En dehors des paroles, le seul fait de chanter est suffisant pour montrer ouvertement, et de manière la plus étincelante possible, à l’ensemble de la communauté leur entrée dans l’âge adulte. L’étape, sans doute la plus importante, de la conscription, celle qui, en quelque sorte, certifie la virilité des conscrits est le conseil de révision. Cette étape est, au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, précédée du tirage au sort. Une fois le tirage effectué, les conscrits ayant tiré les « mauvais numéros » doivent, quelques semaines plus tard, se rendre au conseil de révision. Le passage au conseil de révision est une étape décisive dans la vie des hommes, elle a des répercussions directes sur leurs vies. S’ils sont déclarés aptes pour le service, ils partent gonfler les rangs de l’armée, s’ils sont jugés inaptes, ils doivent faire face au rejet humiliant de toute la communauté. Pour les conscrits, le conseil de révision représente un examen certifiant, beaucoup plus que leur faculté de servir sous les drapeaux, leur virilité et donc, leur aptitude aux relations sexuelles ainsi qu’au mariage. Cette étape fait d’eux, ou non, des hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois le conseil de révision terminé, les conscrits se procurent les insignes « Bons pour le service » ou « Bon pour les filles ». Le « Bon pour le service » est aussi, la plupart du temps, compris comme étant un « Bon pour le mariage », les hommes devenant, avec la conscription, autonomes et prêts à fonder un foyer. L’abolition du tirage au sort ne marque pas la fin de la conscription et de ses pratiques culturelles. En effet, avec l’instauration du service militaire universel et obligatoire, les jeunes hommes continuent de se présenter au conseil de révision, assurant ainsi la continuité dans l’étape du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Dès lors, la conscription est encore une pratique importante dans la vie des hommes, elle fait, culturellement, d’eux des hommes matures. Ainsi, en arborant fièrement, à la place du « Bon pour le service » qui allait souvent de pair avec le « Bon pour le mariage, des photos de leur fiancée, les conscrits suggèrent d’être prêts à endosser leurs responsabilités et revendiquent leur passage dans le monde des adultes.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BOULANGER Philippe et CRÉPIN Annie, ''Le soldat-citoyen. Une histoire de la conscription'', Paris, La Documentation photographique, n°8019, 2001.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace. Coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P., 1993.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions &amp;amp; coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Éditions du Donon, 2013.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, « Bons pour la fête : les rituels de la circonscription en Alsace », dans ''Revue d’Alsace'', n°41, 2015, p. 363-377.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Conscrits_%C3%A0_Strasbourg_(0016FH0004)&amp;diff=14351</id>
		<title>Conscrits à Strasbourg (0016FH0004)</title>
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		<updated>2020-04-14T13:47:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
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|video=0016FH0004_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Klein, Etienne&lt;br /&gt;
|apercu=Conscrits_Klein.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=France; Strasbourg; hôtel de Ville; rue de la Mésange&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-04-09&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Conscripts&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Défilé des conscrits à Strasbourg filmé par Étienne Klein.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film s’ouvre sur les conscrits posant dans l’arrière-cour d’un bâtiment rappelant l’ancien hôtel de Hanau, actuellement l’hôtel de Ville de Strasbourg. Le plan n’étant pas de face, le cameraman, Étienne Klein, devait se trouver à la droite du photographe chargé d’immortaliser ce moment. Gros plan sur un conscrit vêtu de la tenue traditionnelle. Le conscrit à l’air fier, mais semble gêné par l’objectif. Les conscrits, toujours dans cette arrière-cour, dansent main dans la main. Le film se poursuit sur le cortège défilant dans la rue. La dernière séquence, dans laquelle les conscrits continuent de défiler, est enregistrée depuis le studio de photographie d’Étienne Klein au 24, rue de la Mésange.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=La notion de soldat citoyen au service de la nation naît à la fin du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle autour de la Révolution Française. De cette notion découle, par la loi Jourdan de septembre 1798, l’instauration de la conscription universelle et obligatoire pour tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. Les fondements de cette loi se basent sur le principe suivant : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». En 1804, un système de tirage au sort est mis en place. Aboli après la chute de l’Empire en 1815, la loi Gouvion Saint-Cyr réintroduit, trois ans plus tard, ce système avec quelques modifications. Si les engagés volontaires ne suffisent pas à fournir le contingent, les autorités ont recourt au tirage au sort. Les personnes tirées au sort rejoignent les engagés volontaires. Ils leur restent la possibilité, si leurs moyens le leur permettent, de payer une personne pour qu’elle effectue le service militaire à leur place. Le dispositif de tirage au sort est aboli lors de l’annexion de l’Alsace par l’Empire allemand en 1871. Le système de tirage au sort n’est jamais rétabli, ni après le rattachement de l’Alsace à la France par le Traité de Versailles, ni après la Seconde Guerre mondiale. De 1946 à 1997, les jeunes alsaciens, et plus généralement l’ensemble des jeunes Français, doivent participer au service national universel. Bien qu’en Alsace, le tirage au sort ne soit plus en vigueur depuis 1871 – 1905 pour la France, le cérémonial qui s’est mis en place à partir de 1818, a fortement marqué l’identité des conscrits alsaciens. De plus, la fin de cette pratique ne marque pas la fin de la conscription et des traditions qui lui sont liées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les conscrits en tenue d'apparat ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Chapeau conscrit..jpg|vignette|Chapeau de tambour-major garni de plumes, fruits et fleurs artificiels, début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle © Musée alsacien.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’ils reprennent des éléments comme des insignes, cocardes ou encore rubans de soie communs à l’ensemble de la France, c’est au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle que les costumes, généralement composés d’un pantalon blanc accompagné d’un tablier brodé et d’un chapeau garni apparaissent. Plus on avance dans le siècle, plus les tenues se développent. Dès 1850, le chapeau accueille des rubans bien plus long qu’au début du siècle et les premiers plumets ainsi que des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels font leur apparition. Vers la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et le début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les costumes deviennent de plus en plus extravagants. Ces bouquets finissent, au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, par recouvrir l’ensemble du couvre-chef allant même parfois jusqu’à y intégrer des oiseaux empaillés. L’effort vestimentaire se concentrait essentiellement sur le couvre-chef puisqu’il supportait, à l’époque du tirage au sort, le numéro tiré. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les costumes farfelus du début du siècle ne semblent plus être au goût du jour chez notre classe. Toutefois, si leurs tenues blanches peuvent paraître simples, ils arborent tout de même, avec pour certains plus ou moins de rubans, les fameux chapeaux garnis de fleurs et de légumes artificiels. Certains exposent même fièrement la photo de leur fiancée (0’11) ! Enfin, sur leurs chemises, apparaissent aussi les insignes de leur classe. L’apparition d’une tenue commune et propre aux conscrits prouve qu’ils appartiennent à un groupe uni et spécifique, ils se mettent sous l’autorité de la nation en s’affranchissant de celle de la communauté locale. Dès lors, tous ces symboles, hérités de la tradition, rappellent la vocation militaire de la conscription. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le défilé des conscrits : l'ombre d'une parade militaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le défilé des conscrits s’apparente, de manière plus festive, à une parade militaire. Dans les rues aux couleurs du drapeau tricolore, le tambour-major prend la tête du cortège, il est suivi de près par les musiciens qui, eux-mêmes, sont suivis par le porte-drapeau. À l’arrière du cortège, les conscrits dansent en rang. Dès lors, l’organisation du défilé des conscrits reprend, plus joyeusement, l’organisation d’une parade militaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’image du sous-officier, chargé de diriger une formation militaire lors d’un défilé, le tambour-major, dont le nom est directement emprunté à la fonction militaire, mène, à l’aide de sa canne enrubannée qu’il fait tournoyer, le cortège des conscrits. Le tambour-major est souvent précédé, à l’occasion de grandes manifestations, par des musiciens locaux. Ici, tout semble indiquer que les conscrits ont fait appel à des instrumentistes locaux. Ces derniers, en plus de n’être pas vêtus de la tenue adéquate, jouent de la trompette, du tambour ainsi que de l’accordéon alors que, de manière générale, les instruments les plus représentés sont le clairon et le tambour. Sans oublier le fait que ces instruments sont habituellement apparentés aux instruments militaires, ils sont surtout choisis pour leur caractère bruyant. Derrière les musiciens, le porte-étendard agite le drapeau tricolore sur lequel figure le nom, l’année ainsi que les insignes de la classe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La disposition en rang des conscrits rappelle, elle aussi, sensiblement l’organisation d’une parade militaire. Les conscrits se tiennent par la main et entament leur pas de dance dit ''Hupfschritt''. Ils zigzaguent de droite à gauche dans les rues de la ville tout en chantant à tue-tête. Les conscrits possèdent leur propre cri qu’ils considèrent comme la manifestation de leur virilité, mais aussi, en tant que signe de leur appartenance au groupe. De façon générale, les chansons encensent, non pas sans vantardise, le caractère viril des conscrits. À partir de 1925, les thèmes sentimentaux et patriotiques disparaissent au profit de paroles plus festives, souvent un peu paillardes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La conscription ou le passage à l'âge adulte ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Img-3-small580.jpg|vignette|Souvenir du numéro de tirage au sort d'Eugène Trumpf, classe 1869, canton de Wasselone. Au centre de l'image, le numéro de tirage avec en dessous le passage d’un conscrit pendant le tirage au sort et au dessus la représentation d’un défilé de conscrit avec le tambour-major en tête © Musée alsacien.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, un homme ne peut, sans avoir franchi l’étape de la conscription, ni se marier, ni commencer sa vie professionnelle. La périodicité annuelle ainsi que l’âge des conscrits ont fait que la conscription soit devenue comme une sorte de rite de passage, celui de l’adolescence à l’âge adulte. Cet événement devient alors un rituel de première importance dans la vie d’un homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les pratiques relatives à la conscription sont, pour les conscrits, autant de bonnes occasions d’affirmer leur virilité. En dehors des paroles, le seul fait de chanter est suffisant pour montrer ouvertement, et de manière la plus étincelante possible, à l’ensemble de la communauté leur entrée dans l’âge adulte. L’étape, sans doute la plus importante, de la conscription, celle qui, en quelque sorte, certifie la virilité des conscrits est le conseil de révision. Cette étape est, au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, précédée du tirage au sort. Une fois le tirage effectué, les conscrits ayant tiré les « mauvais numéros » doivent, quelques semaines plus tard, se rendre au conseil de révision. Le passage au conseil de révision est une étape décisive dans la vie des hommes, elle a des répercussions directes sur leurs vies. S’ils sont déclarés aptes pour le service, ils partent gonfler les rangs de l’armée, s’ils sont jugés inaptes, ils doivent faire face au rejet humiliant de toute la communauté. Pour les conscrits, le conseil de révision représente un examen certifiant, beaucoup plus que leur faculté de servir sous les drapeaux, leur virilité et donc, leur aptitude aux relations sexuelles ainsi qu’au mariage. Cette étape fait d’eux, ou non, des hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois le conseil de révision terminé, les conscrits se procurent les insignes « Bons pour le service » ou « Bon pour les filles ». Le « Bon pour le service » est aussi, la plupart du temps, compris comme étant un « Bon pour le mariage », les hommes devenant, avec la conscription, autonomes et prêts à fonder un foyer. L’abolition du tirage au sort ne marque pas la fin de la conscription et de ses pratiques culturelles. En effet, avec l’instauration du service militaire universel et obligatoire, les jeunes hommes continuent de se présenter au conseil de révision, assurant ainsi la continuité dans l’étape du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Dès lors, la conscription est encore une pratique importante dans la vie des hommes, elle fait, culturellement, d’eux des hommes matures. Ainsi, en arborant fièrement, à la place du « Bon pour le service » qui allait souvent de pair avec le « Bon pour le mariage, des photos de leur fiancée, les conscrits suggèrent d’être prêts à endosser leurs responsabilités et revendiquent leur passage dans le monde des adultes.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BOULANGER Philippe et CRÉPIN Annie, ''Le soldat-citoyen. Une histoire de la conscription'', Paris, La Documentation photographique, n°8019, 2001.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace. Coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P., 1993.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions &amp;amp; coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Éditions du Donon, 2013.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, « Bons pour la fête : les rituels de la circonscription en Alsace », dans ''Revue d’Alsace'', n°41, 2015, p. 363-377.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
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		<title>Conscrits à Strasbourg (0016FH0004)</title>
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		<updated>2020-04-14T13:44:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
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|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
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|Description_fr=Le film s’ouvre sur les conscrits posant dans l’arrière-cour d’un bâtiment rappelant l’ancien hôtel de Hanau, actuellement l’hôtel de Ville de Strasbourg. Le plan n’étant pas de face, le cameraman, Étienne Klein, devait se trouver à la droite du photographe chargé d’immortaliser ce moment. Gros plan sur un conscrit vêtu de la tenue traditionnelle. Le conscrit à l’air fier, mais semble gêné par l’objectif. Les conscrits, toujours dans cette arrière-cour, dansent main dans la main. Le film se poursuit sur le cortège défilant dans la rue. La dernière séquence, dans laquelle les conscrits continuent de défiler, est enregistrée depuis le studio de photographie d’Étienne Klein au 24, rue de la Mésange.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=La notion de soldat citoyen au service de la nation naît à la fin du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle autour de la Révolution Française. De cette notion découle, par la loi Jourdan de septembre 1798, l’instauration de la conscription universelle et obligatoire pour tous les Français âgés de vingt à vingt-cinq ans. Les fondements de cette loi se basent sur le principe suivant : « Tout Français est soldat et se doit de défendre sa patrie ». En 1804, un système de tirage au sort est mis en place. Aboli après la chute de l’Empire en 1815, la loi Gouvion Saint-Cyr réintroduit, trois ans plus tard, ce système avec quelques modifications. Si les engagés volontaires ne suffisent pas à fournir le contingent, les autorités ont recourt au tirage au sort. Les personnes tirées au sort rejoignent les engagés volontaires. Ils leur restent la possibilité, si leurs moyens le leur permettent, de payer une personne pour qu’elle effectue le service militaire à leur place. Le dispositif de tirage au sort est aboli lors de l’annexion de l’Alsace par l’Empire allemand en 1871. Le système de tirage au sort n’est jamais rétabli, ni après le rattachement de l’Alsace à la France par le Traité de Versailles, ni après la Seconde Guerre mondiale. De 1946 à 1997, les jeunes alsaciens, et plus généralement l’ensemble des jeunes Français, doivent participer au service national universel. Bien qu’en Alsace, le tirage au sort ne soit plus en vigueur depuis 1871 – 1905 pour la France, le cérémonial qui s’est mis en place à partir de 1818, a fortement marqué l’identité des conscrits alsaciens. De plus, la fin de cette pratique ne marque pas la fin de la conscription et des traditions qui lui sont liées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les conscrits en tenue d'apparat ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’ils reprennent des éléments comme des insignes, cocardes ou encore rubans de soie communs à l’ensemble de la France, c’est au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle que les costumes, généralement composés d’un pantalon blanc accompagné d’un tablier brodé et d’un chapeau garni apparaissent. Plus on avance dans le siècle, plus les tenues se développent. Dès 1850, le chapeau accueille des rubans bien plus long qu’au début du siècle et les premiers plumets ainsi que des bouquets composés de fleurs et de fruits artificiels font leur apparition. Vers la fin du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et le début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, les costumes deviennent de plus en plus extravagants. Ces bouquets finissent, au début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, par recouvrir l’ensemble du couvre-chef allant même parfois jusqu’à y intégrer des oiseaux empaillés. L’effort vestimentaire se concentrait essentiellement sur le couvre-chef puisqu’il supportait, à l’époque du tirage au sort, le numéro tiré. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Chapeau conscrit..jpg|vignette|Chapeau de tambour-major garni de plumes, fruits et fleurs artificiels, début du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle © Musée alsacien.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les costumes farfelus du début du siècle ne semblent plus être au goût du jour chez notre classe. Toutefois, si leurs tenues blanches peuvent paraître simples, ils arborent tout de même, avec pour certains plus ou moins de rubans, les fameux chapeaux garnis de fleurs et de légumes artificiels. Certains exposent même fièrement la photo de leur fiancée (0’11) ! Enfin, sur leurs chemises, apparaissent aussi les insignes de leur classe. L’apparition d’une tenue commune et propre aux conscrits prouve qu’ils appartiennent à un groupe uni et spécifique, ils se mettent sous l’autorité de la nation en s’affranchissant de celle de la communauté locale. Dès lors, tous ces symboles, hérités de la tradition, rappellent la vocation militaire de la conscription. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le défilé des conscrits : l'ombre d'une parade militaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le défilé des conscrits s’apparente, de manière plus festive, à une parade militaire. Dans les rues aux couleurs du drapeau tricolore, le tambour-major prend la tête du cortège, il est suivi de près par les musiciens qui, eux-mêmes, sont suivis par le porte-drapeau. À l’arrière du cortège, les conscrits dansent en rang. Dès lors, l’organisation du défilé des conscrits reprend, plus joyeusement, l’organisation d’une parade militaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’image du sous-officier, chargé de diriger une formation militaire lors d’un défilé, le tambour-major, dont le nom est directement emprunté à la fonction militaire, mène, à l’aide de sa canne enrubannée qu’il fait tournoyer, le cortège des conscrits. Le tambour-major est souvent précédé, à l’occasion de grandes manifestations, par des musiciens locaux. Ici, tout semble indiquer que les conscrits ont fait appel à des instrumentistes locaux. Ces derniers, en plus de n’être pas vêtus de la tenue adéquate, jouent de la trompette, du tambour ainsi que de l’accordéon alors que, de manière générale, les instruments les plus représentés sont le clairon et le tambour. Sans oublier le fait que ces instruments sont habituellement apparentés aux instruments militaires, ils sont surtout choisis pour leur caractère bruyant. Derrière les musiciens, le porte-étendard agite le drapeau tricolore sur lequel figure le nom, l’année ainsi que les insignes de la classe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La disposition en rang des conscrits rappelle, elle aussi, sensiblement l’organisation d’une parade militaire. Les conscrits se tiennent par la main et entament leur pas de dance dit ''Hupfschritt''. Ils zigzaguent de droite à gauche dans les rues de la ville tout en chantant à tue-tête. Les conscrits possèdent leur propre cri qu’ils considèrent comme la manifestation de leur virilité, mais aussi, en tant que signe de leur appartenance au groupe. De façon générale, les chansons encensent, non pas sans vantardise, le caractère viril des conscrits. À partir de 1925, les thèmes sentimentaux et patriotiques disparaissent au profit de paroles plus festives, souvent un peu paillardes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La conscription ou le passage à l'âge adulte ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, un homme ne peut, sans avoir franchi l’étape de la conscription, ni se marier, ni commencer sa vie professionnelle. La périodicité annuelle ainsi que l’âge des conscrits ont fait que la conscription soit devenue comme une sorte de rite de passage, celui de l’adolescence à l’âge adulte. Cet événement devient alors un rituel de première importance dans la vie d’un homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les pratiques relatives à la conscription sont, pour les conscrits, autant de bonnes occasions d’affirmer leur virilité. En dehors des paroles, le seul fait de chanter est suffisant pour montrer ouvertement, et de manière la plus étincelante possible, à l’ensemble de la communauté leur entrée dans l’âge adulte. L’étape, sans doute la plus importante, de la conscription, celle qui, en quelque sorte, certifie la virilité des conscrits est le conseil de révision. Cette étape est, au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, précédée du tirage au sort. Une fois le tirage effectué, les conscrits ayant tiré les « mauvais numéros » doivent, quelques semaines plus tard, se rendre au conseil de révision. Le passage au conseil de révision est une étape décisive dans la vie des hommes, elle a des répercussions directes sur leurs vies. S’ils sont déclarés aptes pour le service, ils partent gonfler les rangs de l’armée, s’ils sont jugés inaptes, ils doivent faire face au rejet humiliant de toute la communauté. Pour les conscrits, le conseil de révision représente un examen certifiant, beaucoup plus que leur faculté de servir sous les drapeaux, leur virilité et donc, leur aptitude aux relations sexuelles ainsi qu’au mariage. Cette étape fait d’eux, ou non, des hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Img-3-small580.jpg|vignette|Souvenir du numéro de tirage au sort d'Eugène Trumpf, classe 1869, canton de Wasselone. Au centre de l'image, représentation d’un défilé de conscrit avec le tambour-major en tête et en-partie inférieure le passage d’un conscrit pendant le tirage au sort © Musée alsacien.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois le conseil de révision terminé, les conscrits se procurent les insignes « Bons pour le service » ou « Bon pour les filles ». Le « Bon pour le service » est aussi, la plupart du temps, compris comme étant un « Bon pour le mariage », les hommes devenant, avec la conscription, autonomes et prêts à fonder un foyer. L’abolition du tirage au sort ne marque pas la fin de la conscription et de ses pratiques culturelles. En effet, avec l’instauration du service militaire universel et obligatoire, les jeunes hommes continuent de se présenter au conseil de révision, assurant ainsi la continuité dans l’étape du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Dès lors, la conscription est encore une pratique importante dans la vie des hommes, elle fait, culturellement, d’eux des hommes matures. Ainsi, en arborant fièrement, à la place du « Bon pour le service » qui allait souvent de pair avec le « Bon pour le mariage, des photos de leur fiancée, les conscrits suggèrent d’être prêts à endosser leurs responsabilités et revendiquent leur passage dans le monde des adultes.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=BOULANGER Philippe et CRÉPIN Annie, ''Le soldat-citoyen. Une histoire de la conscription'', Paris, La Documentation photographique, n°8019, 2001.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEGIN Philippe, ''Toute l’Alsace. Coutumes et costumes alsaciens'', Ingersheim-Colmar, S.A.E.P., 1993.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SARG Freddy, ''Traditions &amp;amp; coutumes d’Alsace'', Strasbourg, Éditions du Donon, 2013.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TOURSCHER Alexandre, « Bons pour la fête : les rituels de la circonscription en Alsace », dans ''Revue d’Alsace'', n°41, 2015, p. 363-377.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Img-3-small580.jpg&amp;diff=14349</id>
		<title>Fichier:Img-3-small580.jpg</title>
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		<updated>2020-04-14T13:40:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Souvenir de conscription d'Eugène Trumpf. Au centre de l'image, représentation d’un défilé de conscrit avec le tambour-major en tête et en-partie inférieure le passage d’un conscrit pendant le tirage au sort © Musée alsacien.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Chapeau_conscrit..jpg&amp;diff=14348</id>
		<title>Fichier:Chapeau conscrit..jpg</title>
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		<updated>2020-04-14T13:33:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Chapeau de tambour-major garni de plumes, fruits et fleurs artificiels, début du XXe siècle © Musée alsacien.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Wissembourg_(0016FH0003)&amp;diff=14323</id>
		<title>Wissembourg (0016FH0003)</title>
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		<updated>2020-04-09T07:27:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : Modifié automatiquement depuis la page Bas:Wissembourg (0016FH0003).&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Wissembourg&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
|idSupport=0016FH0003&lt;br /&gt;
|dateDebut=1949&lt;br /&gt;
|video=0016FH0035_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:49&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Klein, Etienne&lt;br /&gt;
|apercu=WissembourgKlein.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Wissembourg&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-04-09&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Local festivals&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Conscrits_%C3%A0_Strasbourg_(0016FH0004)&amp;diff=14322</id>
		<title>Conscrits à Strasbourg (0016FH0004)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Conscrits_%C3%A0_Strasbourg_(0016FH0004)&amp;diff=14322"/>
		<updated>2020-04-09T07:26:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : Modifié automatiquement depuis la page Bas:Conscrits à Strasbourg (0016FH0004).&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Conscrits à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
|idSupport=0016FH0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=011950&lt;br /&gt;
|video=0016FH0004_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Klein, Marc-Henri&lt;br /&gt;
|apercu=Conscrits_Klein.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-04-09&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Conscripts&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Chandelier_J%C3%A9rusalem_-_N%C3%A9guev_-_b%C3%A9douin_(0016FH0016)&amp;diff=13656</id>
		<title>Chandelier Jérusalem - Néguev - bédouin (0016FH0016)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Chandelier_J%C3%A9rusalem_-_N%C3%A9guev_-_b%C3%A9douin_(0016FH0016)&amp;diff=13656"/>
		<updated>2020-01-29T17:25:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Visite filmée de Jérusalem et du désert du Néguev&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
|idSupport=0016FH0016&lt;br /&gt;
|dateDebut=1962&lt;br /&gt;
|video=0016FH0016_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:00:51&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Klein, Etienne&lt;br /&gt;
|apercu=Néguev.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israël, Jérusalem, Parlement israélien, Consulat français, Vieille Ville, désert du Néguev.&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-01-05&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Heritage and tourism sites&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Visite filmée par Étienne Klein de Jérusalem et du désert du Néguev en 1962.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Séquence sur la ''ménorah'' de Benno Elkan située devant la ''Knesset'' (Parlement israélien) à l’ouest de la ville. Plan sur le Consulat français de Jérusalem, à l’ouest de la ville. Des gens marchent dans la Vieille Ville qui se situe à l’est de Jérusalem. À nouveau la ''ménorah'' de la ''Knesset''. Plan sur le désert du Néguev. Excursion en bus dans le désert, les passagers se pressent aux fenêtres pour voir un Bédouin sur sa monture le long de la route. Plan sur un panneau sur lequel il est écrit en français et en arabe : « Défense de passer territoire ennemi ».&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Au début de sa nouvelle histoire, Israël n’accorde que très peu d’importance au tourisme. En effet, durant les premières décennies de son existence l’État hébreu n’avait ni le temps, ni l’argent à consacrer au développement touristique du pays. Malgré le fait que le tourisme ne se développe réellement que dans les années 1990 et qu’Israël, durant les années 1950, n’accueille seulement 47 000 personnes par an, l’activité touristique israélienne n’était pas pour autant inexistante. Effectivement, le tourisme de mémoire se développe doucement dès la fin des années 1950, notamment avec l’ouverture au public de Yad Vashem en 1957. De plus, de nombreuses personnes, juives et non juives, se rendaient, le temps de séjours plus ou moins longs, dans les ''kiboutzim'' pour y travailler. D’autres se rendaient aussi en Israël afin d’y visiter de la famille qui s’y était déjà installée. Enfin, certains s’y rendaient simplement pour y découvrir le nouvel État Hébreu. Après 1967 et la réunification de Jérusalem, la ville sainte devient le principal centre d’attraction touristique du pays. À partir de ce moment, l’essentiel de l’activité touristique est, à cause de l’édification de complexes hôteliers, déplacée de Jérusalem est à Jérusalem ouest. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du partage de Jérusalem… ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La partition de la ville sainte ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant dix-neuf ans, de la guerre d’Indépendance à la guerre des Six Jours, Jérusalem est divisée en deux entités géographiques distinctes scindées par une ligne de démarcation, des barbelés et des postes militaires. Pourtant, au cours des quatorze années qui suivent la guerre, la ligne de démarcation à l’intérieur du périmètre de la ville n’est ni matérialisée ni indiquée. Uniquement les zones localisées en dehors de la partie construite de la ville sont clôturées soit, à partir de 1949, la zone sud et la zone nord en 1956&amp;lt;ref&amp;gt;BENVENISTI, ''Jérusalem, une histoire politique'', Arles, Actes Sud, p. 64.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ce n’est qu’en 1962, après plusieurs heurts mortels, qu’Israël et la Jordanie prennent la décision de matérialiser cette ligne de démarcation par une série de barrières accompagnées de blockhaus en béton&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 64-65.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La séparation entre l’ouest et l’est de Jérusalem s’est dessinée bien avant la guerre de 1948. Cette dernière n’a eu pour seule conséquence que de tracer le détail d’une ligne de démarcation déjà préexistante»&amp;lt;ref&amp;gt;LEMIRE Vincent (dir.), ''Jérusalem. Histoire d’une ville monde des origines à nos jours'', Paris, Flammarion, p. 385.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ainsi, les quartiers mixtes de l’ouest de la ville sont vidés de leur population arabe et les habitants juifs du quartier est de Sheikh Jarrah doivent fuir à la hâte. La Vieille Ville, à l’est de Jérusalem, étant intégralement sous contrôle jordanien voit disparaître entièrement sa population juive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Jérusalem-Ouest, nouvelle capitale de l’État d’Israël ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À part les zones proches de la ligne de démarcation qui, étant dangereuses et enclavées, sont abandonnées aux marginaux et le quartier de Mamilla qui, avant la guerre de 1948 constituait le cœur de la vie citadine, est déserté, l’ouest de la ville devient le centre de la nouvelle Jérusalem israélienne. La construction de quartiers résidentiels étend les limites municipales jusqu’à 38 km2 à l’ouest et le nombre d’habitants passe 90 000 à 190 000 de 1949 à 1967&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès janvier 1950, Jérusalem-Ouest est proclamée capital de l’État hébreu et, comme la plupart des ministères déplacés depuis Tel-Aviv, la Knesset s’y installe au courant de l’année&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 394.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle est d’abord installée de manière provisoire à Beit Froumine – résidence abritant le Parlement – au numéro vingt-quatre de la rue King George à Jérusalem. À partir des années 1950 est construit au sein même du quartier de Givat ram le « quartier du gouvernement ». La ''Knesset'' y siège depuis le 30 août 1966. Cette colline, qui surplombe le monastère orthodoxe de la Croix située à environ deux kilomètres à l’ouest de la Vieille Ville, accueille dès 1965 le musée d’Israël où sont gardés les manuscrits de la mer Morte. L’Université hébraïque de Jérusalem et l’hôpital Hadassah construits tous deux sur le mont Scopus se retrouvent, après 1948, en territoire jordanien. Dès lors, l’Université est transférée, en 1953, dans le quartier de Givat ram et la clinique Hadassah dans l’ancien village arabe d’Ein Kérem en 1961.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est sur une autre colline à l’ouest de la ville qu’est accueilli, en 1949, le tombeau de Theodor Herzl, fondateur du sionisme politique. Les Juifs de Jérusalem n’ayant plus accès aux lieux saints de la Vieille Ville, le mont Herzl, où reposent les tombes de certains personnages centraux de l’histoire contemporaine de l’État d’Israël, comme Theodor Herzl ou encore Yitzhak Rabin, constitue un pôle symbolique alternatif aux sanctuaires religieux de Jérusalem-Est&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 396.&amp;lt;/ref&amp;gt; dont seul le tombeau de David, situé sur le mont Sion au sud des remparts de la Vieille Ville, est resté accessible après les combats de 1948. Enfin, c’est aussi sur le mont Herzl qu’est construit, en 1953, le mémorial de Yad Vashem. Dès lors, Jérusalem-Ouest devient le centre à la fois symbolique, politique, économique et social de l’État d’Israël. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== … à sa réunification ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La réunification de la ville après la guerre des Six Jours et l’''alya'' des Juifs alsaciens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois Jérusalem militairement conquise, les dirigeants juifs décident de construire, juste devant le mur des Lamentations, une esplanade pour y célébrer les cérémonies publiques. Ainsi, le gouvernement israélien souhaite souligner immédiatement le lien religieux exclusif entre le peuple juif et Jérusalem&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 401.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De plus, quatre jours après la prise de la ville par l’armée israélienne, le quartier des Maghrébins, en face du Mur occidental, est vidé de ses habitants et leurs habitations détruites au bulldozer. Désormais, Jérusalem fait solidement partie du projet de renaissance nationale juive. Elle, qui a longtemps été en « marge du corpus idéologique sioniste », devient à partir de 1967 « un des principaux pivots symboliques du nouveau sionisme religieux »&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 401-402.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, à partir de 1969, suite à la réunification de la ville, de nombreux Juifs français font leur ''alya'' (montée) vers Jérusalem. Beaucoup de Juifs de Strasbourg dont une grande partie d’intellectuels font eux aussi, à ce moment-là, leur ''alya''. En effet, si la guerre d'Indépendance de 1948 avait déjà entraîné le départ de membres de la communauté juive de Strasbourg vers Israël, la guerre de 1967 était le point de départ d'un véritable mouvement d’''alya''. Ainsi, à partir de la guerre des Six Jours et à cause du lien étroit entre l’Alsace et Israël, les séjours vers l’État hébreu sont plus de plus en plus fréquents et de longueur plus ou moins longue. À titre d’exemple, le premier voyage d’Étienne et Rolande Klein, dont les images de ce film sont tirées, remonte à 1962. Ils y retournent, avec leurs enfants, une deuxième fois en 1967. Mais à partir des années 1970, suite à l’''alya'' de la quasi-totalité de leurs enfants et pour leur rendre visite ainsi qu’à leurs petits-enfants, Rolande et Étienne y séjournent peut-être une quinzaine de fois.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ABITBOL Michel, ''Histoire d’Israël'', Paris, Perrin, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BEN RAFAEL Eliezer et KONOPNICKI Maurice, ''Jérusalem'', Paris, Presses Universitaires de France, 1997 [1987].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENVENISTI Meron, ''Jérusalem, une histoire politique'', Arles, Actes Sud, 1996.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DIECKHOFF Alain (dir.), ''L’État d’Israël'', Paris, Fayard, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEMIRE Vincent (dir.), ''Jérusalem. Histoire d’une ville monde des origines à nos jours'', Paris, Flammarion 2016.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Chandelier_J%C3%A9rusalem_-_N%C3%A9guev_-_b%C3%A9douin_(0016FH0016)&amp;diff=13655</id>
		<title>Chandelier Jérusalem - Néguev - bédouin (0016FH0016)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Chandelier_J%C3%A9rusalem_-_N%C3%A9guev_-_b%C3%A9douin_(0016FH0016)&amp;diff=13655"/>
		<updated>2020-01-29T17:24:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Visite filmée de Jérusalem et du désert du Néguev&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
|idSupport=0016FH0016&lt;br /&gt;
|dateDebut=1962&lt;br /&gt;
|video=0016FH0016_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:00:51&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Klein, Etienne&lt;br /&gt;
|apercu=Néguev.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israël, Jérusalem, Parlement israélien, Consulat français, Vieille Ville, désert du Néguev.&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-01-05&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Heritage and tourism sites&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Visite filmée par Étienne Klein de Jérusalem et du désert du Néguev en 1962.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Séquence sur la ''ménorah'' de Benno Elkan située devant la ''Knesset'' (Parlement israélien) à l’ouest de la ville. Plan sur le Consulat français de Jérusalem, à l’ouest de la ville. Des gens marchent dans la Vieille Ville qui se situe à l’est de Jérusalem. À nouveau la ''ménorah'' de la ''Knesset''. Plan sur le désert du Néguev. Excursion en bus dans le désert, les passagers se pressent aux fenêtres pour voir un Bédouin sur sa monture le long de la route. Plan sur un panneau sur lequel il est écrit en français et en arabe : « Défense de passer territoire ennemi ».&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Au début de sa nouvelle histoire, Israël n’accorde que très peu d’importance au tourisme. En effet, durant les premières décennies de son existence l’État hébreu n’avait ni le temps, ni l’argent à consacrer au développement touristique du pays. Malgré le fait que le tourisme ne se développe réellement que dans les années 1990 et qu’Israël, durant les années 1950, n’accueille seulement 47 000 personnes par an, l’activité touristique israélienne n’était pas pour autant inexistante. Effectivement, le tourisme de mémoire se développe doucement dès la fin des années 1950, notamment avec l’ouverture au public de Yad Vashem en 1957. De plus, de nombreuses personnes, juives et non juives, se rendaient, le temps de séjours plus ou moins longs, dans les ''kiboutzim'' pour y travailler. D’autres se rendaient aussi en Israël afin d’y visiter de la famille qui s’y était déjà installée. Enfin, certains s’y rendaient simplement pour y découvrir le nouvel État Hébreu. Après 1967 et la réunification de Jérusalem, la ville sainte devient le principal centre d’attraction touristique du pays. À partir de ce moment, l’essentiel de l’activité touristique est, à cause de l’édification de complexes hôteliers, déplacée de Jérusalem est à Jérusalem ouest. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du partage de Jérusalem… ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La partition de la ville sainte ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant dix-neuf ans, de la guerre d’Indépendance à la guerre des Six Jours, Jérusalem est divisée en deux entités géographiques distinctes scindées par une ligne de démarcation, des barbelés et des postes militaires. Pourtant, au cours des quatorze années qui suivent la guerre, la ligne de démarcation à l’intérieur du périmètre de la ville n’est ni matérialisée ni indiquée. Uniquement les zones localisées en dehors de la partie construite de la ville sont clôturées soit, à partir de 1949, la zone sud et la zone nord en 1956&amp;lt;ref&amp;gt;BENVENISTI, ''Jérusalem, une histoire politique'', Arles, Actes Sud, p. 64.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ce n’est qu’en 1962, après plusieurs heurts mortels, qu’Israël et la Jordanie prennent la décision de matérialiser cette ligne de démarcation par une série de barrières accompagnées de blockhaus en béton&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 64-65.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La séparation entre l’ouest et l’est de Jérusalem s’est dessinée bien avant la guerre de 1948. Cette dernière n’a eu pour seule conséquence que de tracer le détail d’une ligne de démarcation déjà préexistante»&amp;lt;ref&amp;gt;LEMIRE Vincent (dir.), ''Jérusalem. Histoire d’une ville monde des origines à nos jours'', Paris, Flammarion, p. 385.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ainsi, les quartiers mixtes de l’ouest de la ville sont vidés de leur population arabe et les habitants juifs du quartier est de Sheikh Jarrah doivent fuir à la hâte. La Vieille Ville, à l’est de Jérusalem, étant intégralement sous contrôle jordanien voit disparaître entièrement sa population juive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Jérusalem-Ouest, nouvelle capitale de l’État d’Israël ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À part les zones proches de la ligne de démarcation qui, étant dangereuses et enclavées, sont abandonnées aux marginaux et le quartier de Mamilla qui, avant la guerre de 1948 constituait le cœur de la vie citadine, est déserté, l’ouest de la ville devient le centre de la nouvelle Jérusalem israélienne. La construction de quartiers résidentiels étend les limites municipales jusqu’à 38 km2 à l’ouest et le nombre d’habitants passe 90 000 à 190 000 de 1949 à 1967&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès janvier 1950, Jérusalem-Ouest est proclamée capital de l’État hébreu et, comme la plupart des ministères déplacés depuis Tel-Aviv, la Knesset s’y installe au courant de l’année&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 394.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle est d’abord installée de manière provisoire à Beit Froumine – résidence abritant le Parlement – au numéro vingt-quatre de la rue King George à Jérusalem. À partir des années 1950 est construit au sein même du quartier de Givat ram le « quartier du gouvernement ». La ''Knesset'' y siège depuis le 30 août 1966. Cette colline, qui surplombe le monastère orthodoxe de la Croix située à environ deux kilomètres à l’ouest de la Vieille Ville, accueille dès 1965 le musée d’Israël où sont gardés les manuscrits de la mer Morte. L’Université hébraïque de Jérusalem et l’hôpital Hadassah construits tous deux sur le mont Scopus se retrouvent, après 1948, en territoire jordanien. Dès lors, l’Université est transférée, en 1953, dans le quartier de Givat ram et la clinique Hadassah dans l’ancien village arabe d’Ein Kérem en 1961.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est sur une autre colline à l’ouest de la ville qu’est accueilli, en 1949, le tombeau de Theodor Herzl, fondateur du sionisme politique. Les Juifs de Jérusalem n’ayant plus accès aux lieux saints de la Vieille Ville, le mont Herzl, où reposent les tombes de certains personnages centraux de l’histoire contemporaine de l’État d’Israël, comme Theodor Herzl ou encore Yitzhak Rabin, constitue un pôle symbolique alternatif aux sanctuaires religieux de Jérusalem-Est&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 396.&amp;lt;/ref&amp;gt; dont seul le tombeau de David, situé sur le mont Sion au sud des remparts de la Vieille Ville, est resté accessible après les combats de 1948. Enfin, c’est aussi sur le mont Herzl qu’est construit, en 1953, le mémorial de Yad Vashem. Dès lors, Jérusalem-Ouest devient le centre à la fois symbolique, politique, économique et social de l’État d’Israël. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== … à sa réunification ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La réunification de la ville après la guerre des Six Jours et l’’''alya'' des Juifs alsaciens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois Jérusalem militairement conquise, les dirigeants juifs décident de construire, juste devant le mur des Lamentations, une esplanade pour y célébrer les cérémonies publiques. Ainsi, le gouvernement israélien souhaite souligner immédiatement le lien religieux exclusif entre le peuple juif et Jérusalem&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 401.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De plus, quatre jours après la prise de la ville par l’armée israélienne, le quartier des Maghrébins, en face du Mur occidental, est vidé de ses habitants et leurs habitations détruites au bulldozer. Désormais, Jérusalem fait solidement partie du projet de renaissance nationale juive. Elle, qui a longtemps été en « marge du corpus idéologique sioniste », devient à partir de 1967 « un des principaux pivots symboliques du nouveau sionisme religieux »&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 401-402.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, à partir de 1969, suite à la réunification de la ville, de nombreux Juifs français font leur ''alya'' (montée) vers Jérusalem. Beaucoup de Juifs de Strasbourg dont une grande partie d’intellectuels font eux aussi, à ce moment-là, leur ''alya''. En effet, si la guerre d'Indépendance de 1948 avait déjà entraîné le départ de membres de la communauté juive de Strasbourg vers Israël, la guerre de 1967 était le point de départ d'un véritable mouvement d’''alya''. Ainsi, à partir de la guerre des Six Jours et à cause du lien étroit entre l’Alsace et Israël, les séjours vers l’État hébreu sont plus de plus en plus fréquents et de longueur plus ou moins longue. À titre d’exemple, le premier voyage d’Étienne et Rolande Klein, dont les images de ce film sont tirées, remonte à 1962. Ils y retournent, avec leurs enfants, une deuxième fois en 1967. Mais à partir des années 1970, suite à l’''alya'' de la quasi-totalité de leurs enfants et pour leur rendre visite ainsi qu’à leurs petits-enfants, Rolande et Étienne y séjournent peut-être une quinzaine de fois.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ABITBOL Michel, ''Histoire d’Israël'', Paris, Perrin, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BEN RAFAEL Eliezer et KONOPNICKI Maurice, ''Jérusalem'', Paris, Presses Universitaires de France, 1997 [1987].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENVENISTI Meron, ''Jérusalem, une histoire politique'', Arles, Actes Sud, 1996.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DIECKHOFF Alain (dir.), ''L’État d’Israël'', Paris, Fayard, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEMIRE Vincent (dir.), ''Jérusalem. Histoire d’une ville monde des origines à nos jours'', Paris, Flammarion 2016.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>Chandelier Jérusalem - Néguev - bédouin (0016FH0016)</title>
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		<updated>2020-01-29T17:23:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
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|lieux_ou_monuments=Israël, Jérusalem, Parlement israélien, Consulat français, Vieille Ville, désert du Néguev.&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Visite filmée par Étienne Klein de Jérusalem et du désert du Néguev en 1962.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Séquence sur la ''ménorah'' de Benno Elkan située devant la ''Knesset'' (Parlement israélien) à l’ouest de la ville. Plan sur le Consulat français de Jérusalem, à l’ouest de la ville. Des gens marchent dans la Vieille Ville qui se situe à l’est de Jérusalem. À nouveau la ''ménorah'' de la ''Knesset''. Plan sur le désert du Néguev. Excursion en bus dans le désert, les passagers se pressent aux fenêtres pour voir un Bédouin sur sa monture le long de la route. Plan sur un panneau sur lequel il est écrit en français et en arabe : « Défense de passer territoire ennemi ».&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Au début de sa nouvelle histoire, Israël n’accorde que très peu d’importance au tourisme. En effet, durant les premières décennies de son existence l’État hébreu n’avait ni le temps, ni l’argent à consacrer au développement touristique du pays. Malgré le fait que le tourisme ne se développe réellement que dans les années 1990 et qu’Israël, durant les années 1950, n’accueille seulement 47 000 personnes par an, l’activité touristique israélienne n’était pas pour autant inexistante. Effectivement, le tourisme de mémoire se développe doucement dès la fin des années 1950, notamment avec l’ouverture au public de Yad Vashem en 1957. De plus, de nombreuses personnes, juives et non juives, se rendaient, le temps de séjours plus ou moins longs, dans les ''kiboutzim'' pour y travailler. D’autres se rendaient aussi en Israël afin d’y visiter de la famille qui s’y était déjà installée. Enfin, certains s’y rendaient simplement pour y découvrir le nouvel État Hébreu. Après 1967 et la réunification de Jérusalem, la ville sainte devient le principal centre d’attraction touristique du pays. À partir de ce moment, l’essentiel de l’activité touristique est, à cause de l’édification de complexes hôteliers, déplacée de Jérusalem est à Jérusalem ouest. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du partage de Jérusalem… ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La partition de la ville sainte ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant dix-neuf ans, de la guerre d’Indépendance à la guerre des Six Jours, Jérusalem est divisée en deux entités géographiques distinctes scindées par une ligne de démarcation, des barbelés et des postes militaires. Pourtant, au cours des quatorze années qui suivent la guerre, la ligne de démarcation à l’intérieur du périmètre de la ville n’est ni matérialisée ni indiquée. Uniquement les zones localisées en dehors de la partie construite de la ville sont clôturées soit, à partir de 1949, la zone sud et la zone nord en 1956&amp;lt;ref&amp;gt;BENVENISTI, ''Jérusalem, une histoire politique'', Arles, Actes Sud, p. 64.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ce n’est qu’en 1962, après plusieurs heurts mortels, qu’Israël et la Jordanie prennent la décision de matérialiser cette ligne de démarcation par une série de barrières accompagnées de blockhaus en béton&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 64-65.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La séparation entre l’ouest et l’est de Jérusalem s’est dessinée bien avant la guerre de 1948. Cette dernière n’a eu pour seule conséquence que de tracer le détail d’une ligne de démarcation déjà préexistante»&amp;lt;ref&amp;gt;LEMIRE Vincent (dir.), ''Jérusalem. Histoire d’une ville monde des origines à nos jours'', Paris, Flammarion, p. 385.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ainsi, les quartiers mixtes de l’ouest de la ville sont vidés de leur population arabe et les habitants juifs du quartier est de Sheikh Jarrah doivent fuir à la hâte. La Vieille Ville, à l’est de Jérusalem, étant intégralement sous contrôle jordanien voit disparaître entièrement sa population juive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Jérusalem-Ouest, nouvelle capitale de l’État d’Israël ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À part les zones proches de la ligne de démarcation qui, étant dangereuses et enclavées, sont abandonnées aux marginaux et le quartier de Mamilla qui, avant la guerre de 1948 constituait le cœur de la vie citadine, est déserté, l’ouest de la ville devient le centre de la nouvelle Jérusalem israélienne. La construction de quartiers résidentiels étend les limites municipales jusqu’à 38 km2 à l’ouest et le nombre d’habitants passe 90 000 à 190 000 de 1949 à 1967&amp;lt;ref&amp;gt;LEMIRE (dir.), ''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès janvier 1950, Jérusalem-Ouest est proclamée capital de l’État hébreu et, comme la plupart des ministères déplacés depuis Tel-Aviv, la Knesset s’y installe au courant de l’année&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 394.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle est d’abord installée de manière provisoire à Beit Froumine – résidence abritant le Parlement – au numéro vingt-quatre de la rue King George à Jérusalem. À partir des années 1950 est construit au sein même du quartier de Givat ram le « quartier du gouvernement ». La ''Knesset'' y siège depuis le 30 août 1966. Cette colline, qui surplombe le monastère orthodoxe de la Croix située à environ deux kilomètres à l’ouest de la Vieille Ville, accueille dès 1965 le musée d’Israël où sont gardés les manuscrits de la mer Morte. L’Université hébraïque de Jérusalem et l’hôpital Hadassah construits tous deux sur le mont Scopus se retrouvent, après 1948, en territoire jordanien. Dès lors, l’Université est transférée, en 1953, dans le quartier de Givat ram et la clinique Hadassah dans l’ancien village arabe d’Ein Kérem en 1961.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est sur une autre colline à l’ouest de la ville qu’est accueilli, en 1949, le tombeau de Theodor Herzl, fondateur du sionisme politique. Les Juifs de Jérusalem n’ayant plus accès aux lieux saints de la Vieille Ville, le mont Herzl, où reposent les tombes de certains personnages centraux de l’histoire contemporaine de l’État d’Israël, comme Theodor Herzl ou encore Yitzhak Rabin, constitue un pôle symbolique alternatif aux sanctuaires religieux de Jérusalem-Est&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 396.&amp;lt;/ref&amp;gt; dont seul le tombeau de David, situé sur le mont Sion au sud des remparts de la Vieille Ville, est resté accessible après les combats de 1948. Enfin, c’est aussi sur le mont Herzl qu’est construit, en 1953, le mémorial de Yad Vashem. Dès lors, Jérusalem-Ouest devient le centre à la fois symbolique, politique, économique et social de l’État d’Israël. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== … à sa réunification ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La réunification de la ville après la guerre des Six Jours et l’’''alya'' des Juifs alsaciens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois Jérusalem militairement conquise, les dirigeants juifs décident de construire, juste devant le mur des Lamentations, une esplanade pour y célébrer les cérémonies publiques. Ainsi, le gouvernement israélien souhaite souligner immédiatement le lien religieux exclusif entre le peuple juif et Jérusalem&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 401.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De plus, quatre jours après la prise de la ville par l’armée israélienne, le quartier des Maghrébins, en face du Mur occidental, est vidé de ses habitants et leurs habitations détruites au bulldozer. Désormais, Jérusalem fait solidement partie du projet de renaissance nationale juive. Elle, qui a longtemps été en « marge du corpus idéologique sioniste », devient à partir de 1967 « un des principaux pivots symboliques du nouveau sionisme religieux »&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 401-402.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, à partir de 1969, suite à la réunification de la ville, de nombreux Juifs français font leur ''alya'' (montée) vers Jérusalem. Beaucoup de Juifs de Strasbourg dont une grande partie d’intellectuels font eux aussi, à ce moment-là, leur ''alya''. En effet, si la guerre d'Indépendance de 1948 avait déjà entraîné le départ de membres de la communauté juive de Strasbourg vers Israël, la guerre de 1967 était le point de départ d'un véritable mouvement d’''alya''. Ainsi, à partir de la guerre des Six Jours et à cause du lien étroit entre l’Alsace et Israël, les séjours vers l’État hébreu sont plus de plus en plus fréquents et de longueur plus ou moins longue. À titre d’exemple, le premier voyage d’Étienne et Rolande Klein, dont les images de ce film sont tirées, remonte à 1962. Ils y retournent, avec leurs enfants, une deuxième fois en 1967. Mais à partir des années 1970, suite à l’''alya'' de la quasi-totalité de leurs enfants et pour leur rendre visite ainsi qu’à leurs petits-enfants, Rolande et Étienne y séjournent peut-être une quinzaine de fois.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ABITBOL Michel, ''Histoire d’Israël'', Paris, Perrin, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BEN RAFAEL Eliezer et KONOPNICKI Maurice, ''Jérusalem'', Paris, Presses Universitaires de France, 1997 [1987].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BENVENISTI Meron, ''Jérusalem, une histoire politique'', Arles, Actes Sud, 1996.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DIECKHOFF Alain (dir.), ''L’État d’Israël'', Paris, Fayard, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEMIRE Vincent (dir.), ''Jérusalem. Histoire d’une ville monde des origines à nos jours'', Paris, Flammarion 2016.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Mariage_(0016FH0019)&amp;diff=13653</id>
		<title>Mariage (0016FH0019)</title>
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		<updated>2020-01-29T16:44:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le mariage d'Annette Klein et Pascal Weill&lt;br /&gt;
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|son=Muet&lt;br /&gt;
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|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|apercu=Mariage_juif.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Étienne Klein, Rolande Klein, Marc-Henri Klein, Annette Klein, Nadine Klein, Philippe Klein, Laurence Klein, Yves Klein, Georges Weill, Janine Weill, Pascal Weill, Philippe Kahn, Lise Kahn, Max Warschawski, Claude Spingarn, Samuel Yaffe-Schelsinger, Eliyahou Abitbol, André Neher, Renée Neher, Benno Gross.&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=France, Strasbourg, Association Sportive Menora, centre communautaire de la grande synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-01-05&lt;br /&gt;
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|thematique=Wedding&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Cérémonie filmée du mariage d’Annette Klein et Pascal Weill à Strasbourg en 1971.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le marié, Pascal Weill, est emmené à la ''houppa'' (dais nuptial) par son père, Georges Weill, à sa droite, et Étienne Klein, son futur beau-père, à sa gauche. Puis c’est au tour de la mariée, Annette Klein, d’être accompagnée au dais nuptial par sa mère, Rolande Klein, à sa droite, et par Janine Weill, sa future belle-mère, à sa gauche. Les mariés sont assis dans le dais, on leur pose le ''talit'' (châle de prière) sur les épaules. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gros plan sur les invités puis lent panoramique droit sur ces derniers. Gros plans sur le Grand Rabin Max Warschawski prononçant un discours. Le Grand Rabbin est pris de dos, toujours pendant son discours, on aperçoit la mère de la mariée et son arrière-grand-mère. Lent panoramique gauche sur les invités répartis derrière ainsi qu’à droite et à gauche de la houppa.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les mariés se lèvent. Du vin est versé dans un verre en argent. Très gros plan sur les mariés, des membres de la famille son de dos au premier plan. Le rabbin orthodoxe Schlesinger lit l’acte de mariage (''ketouba''), Étienne Klein est à droite du plan, nous apercevons au second plan la mariée et plus difficilement le marié. Les mariés sont assis, Annette tient son bouquet de fleurs, son père apparaît encore une fois à droite du plan, derrière nous voyons les invités. Très gros plan sur la mariée souriante puis sur le marié. Un nouveau gros plan sur les mariés où leurs visages laissent transparaître leur joie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plans successifs sur les parents des mariés puis sur des membres de la famille. Les hommes sont séparés des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toujours dans le dais, le Grand Rabbin Warschawski donne le verre de vin à Janine Weill, la mère du marié, puis à son fils Pascal. Ensuite, il le donne à Rolande Klein, la mère de la mariée, puis à sa fille Annette. Dès que les mariés ont bu le vin, ils récitent une prière, une fois cette dernière récitée, on leur ôte le ''talit''. Au premier plan, le Grand Rabbin félicite le père de la mariée, Étienne Klein. Au second plan ainsi que sur le suivant, les membres de la famille félicitent les mariés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gros plans sur les mariés qui avancent au milieu des invités, très gros plan sur le marié, regard caméra. Les mariés ainsi que les deux familles prennent place debout dans une salle à côté de l’entrée. Les invités viennent féliciter les mariés et les membres des deux familles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gros plan sur un panier de légumes puis sur les tables remplies de nourriture. Panoramique gauche sur les jus de fruits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gros plan sur un bouquet de fleurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Successions de gros plans sur les invités qui discutent et profitent du buffet. Très gros plan sur Philippe (5’14), le petit frère d’Annette, qui discute avec une fille. Des invités sortent d’un bâtiment. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan sur la foule pris depuis le toit de ce même bâtiment, au second plan un stade de football. Toujours depuis le toit, une succession de gros plans, sur les invités et la famille, dont Philippe Klein (5’48), qui discutent, mangent et rigolent. Très gros plan sur un enfant qui parle puis sur Laurence (6’), la plus petite sœur d’Annette. Au premier plan, une jeune femme souriante est en train de manger. Laurence semble fuir l’objectif de la caméra qui la suit. Le caméraman place la focale sur la sœur du marié (6’04), qui mange en marchant avant de s’arrêter pour discuter, le sourire aux lèvres, avec deux dames. Très gros plan sur un enfant dont l’objectif de la caméra le fait sourire. Ensuite, le caméraman fixe un homme discutant avec une femme et pointant du doigt la foule, la caméra suit cet homme qui continue de discuter tout en marchant. Successions de plans sur lesquels apparaissent successivement, le marié accompagné d’un jeune homme faisant un geste de la main (6’26), le marié seul qui semble chercher quelqu’un (6’28), la mariée entourée de ses invités (6’30) puis le marié venant chercher sa femme (6’32). Ils saluent une dame. La mariée est à nouveau seule, discutant avec un homme le sourire aux lèvres (6’39). Georges Weill, le père du marié, apparaît sur le plan suivant (6’42), il est suivi d’Étienne Klein (6’44), le père de la mariée. Le caméraman suit Georges Weill avant de placer la focale sur Rolande Klein et sa fille Nadine (6’50). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les plans suivants se concentrent sur la ''hora'', danse pratiquée dans les kibboutzim en Israël. Les mariés sont placés sur des chaises au centre d’un cercle formé par les invités qui dansent autour de ces derniers. Rolande Klein passe, au premier plan, devant l’objectif de la caméra (6’51). Le deuxième plan de cette séquence se focalise sur les mariés souriants et rigolant pendant que les invités dansent autour. Puis nous voyons défiler, sur l’objectif de la caméra, les invités ainsi que le père du marié (7’16) et le rabbin Eliyahou Abitbol (7’26) en train de danser, chanter, taper des mains. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Succession de gros plans sur des membres de la famille et les invités qui discutent, rigolent et boivent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Très gros plan sur les mains de la mariée tenant son bouquet de fleurs. Le caméraman fait un zoom arrière afin d’avoir le couple qui semble tenir la pose pour des photographies. Nous apercevons ensuite les membres des deux familles ainsi que les invités. Étienne Klein apparaît, appareil photo en mains, en train d’immortaliser le moment. La séance photo se poursuit, les membres des deux familles défilent aux côtés des mariés, Étienne Klein prend quelques photos. Le dernier plan de la séquence montre les deux familles réunies au complet autour des mariés. À gauche, Étienne Klein est entre sa femme, Rolande, et son fils aîné, Marc-Henri. Laurence, la plus petite fille de la famille Klein, est agenouillée à gauche. La mariée, Annette Klein, est au centre. Elle est entourée par son mari, Pascal Weill, et la sœur de ce dernier. Enfin, à la gauche du marié, nous apercevons sa mère, Janine Weill, et plus difficilement son père, Georges Weill. À droite du plan, Nadine Klein cache son frère Philippe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À nouveau une ''hora'' avec la chaise sur laquelle on porte la mariée, le marié est donc seul, nous voyons, au deuxième plan, Étienne Klein et son fils Marc-Henri en train de danser (8’34).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Très gros plan sur le bouquet qui a déjà été filmé. Les mariés sont attablés, les invités dansent en file indienne autour d’eux. Tous les membres de la famille et les invités sont réunis dans une salle pour passer la soirée ensemble. Ils dînent, discutent, rigolent. Gros plan sur Renée et André Neher (9’22). Georges Weill, le père du marié, fait un discours. Le caméraman filme la table où sont installés les enfants dont Philippe Klein. Nous apercevons à nouveau, à côté de Georges Weill fumant le cigare, André Neher et sa femme, Renée (9’51). La focale est ensuite placée sur les mariés souriants et assis aux côtés des différents membres des deux familles. La mariée et sa sœur, Nadine, regardent la scène (10’06), un homme fait un discours. Très gros plan sur Benno Gross (10’09) remettant sa cravate, souriant et rigolant avant de faire un discours. Gros plan sur lequel apparaît l’arrière-grand-mère de la mariée qui se cache de la lumière (10’17) puis un autre sur lequel figure la mère du marié (10’21). Deux jeunes garçons chantent une chanson. Le petit frère de la mariée, Philippe, est à la guitare, et Philippe Kahn, un des fils des amis de la famille Klein est au chant. Étienne Klein est au micro puis vient le père du marié, Georges Weill. Dernier plan sur la table des mariés, regards caméra. Gros plan sur des verres en argent que l’on remplit de vin.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans les années 1950 et 1960, les communautés juives d'Alsace sont bouleversées par l'arrivée des Juifs d'Afrique du Nord. Ces populations, très attachées à leur religiosité, choisissent l'Alsace, et plus particulièrement Strasbourg, pour les structures d'accueil et la vitalité religieuse du judaïsme rhénan. Malgré le fait que ces juifs venus du Maghreb aient été, au début, parfois traité avec condescendance par leurs coreligionnaires, ils ont su, en créant leur propres instances à la fois culturelle et cultuelle, s'intégrer rapidement et donner « une visibilité nouvelle à l'identité juive »&amp;lt;ref&amp;gt;RAPHAËL Freddy, ''Les Juifs d'Alsace et de Lorraine de 1870 à nos jours'', Strasbourg, La Nuée Bleue, p. 218.&amp;lt;/ref&amp;gt; d'Alsace et de Lorraine. Renée et Andrée Neher s'étaient considérablement impliqués dans l'accueil de ces communautés. Soucieux de recevoir au mieux leurs coreligionnaires, André Neher et Jean Kahn, créent en 1963 l'Association Sportive de la Menora. Ce club, qui, spécialement formé pour ces jeunes venus d'Afrique du Nord, avait pour but, la pratique de sports, surtout collectifs, était rapidement devenu l'un des clubs les plus important de la région, accueillant des jeunes de toute l'Alsace. Le judaïsme alsacien n'allait pas attendre longtemps avant d'être, une nouvelle fois, profondément bouleversé. Si la guerre d'Indépendance de 1948 avait déjà entraîné le départ de membres de la communauté juive de Strasbourg vers Israël, la guerre des Six Jours était le point de départ d'un véritable mouvement d'''alya'' (montée). Après ce nouveau conflit, les guides spirituels et dirigeants communautaires quittent l'Alsace pour Israël. Parmi eux, le couple Neher ainsi que Miryam et Benno et Gross. Ces intellectuels avaient, au sortir de la guerre, compris, face aux horreurs de la Shoah, l'importance de donner à la jeunesse une éducation juive afin de« forger des juifs de conviction et non plus de condition » &amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 209.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, les disciples d'André Néher, les élèves de Benno Gross, tous ces jeunes qui avaient été éduqués à l'école juive et pour certains suivi les cours de littérature post-biblique, chaire spécialement créée pour André Neher en 1955 à l'Université de Strasbourg, ainsi qu'à travers les mouvements de jeunesse décident à leur tour de partir. Bon nombre d'entre eux ne tarde pas à être rejoint par leurs parents. « Les liens forts que le judaïsme alsacien et lorrain entretien avec Israël ont été pour lui un facteur décisif de son renouvellement à la faveur de voyages et de séjours plus ou moins longs »&amp;lt;ref&amp;gt; ''Ibid''., p. 223.&amp;lt;/ref&amp;gt;. À partir de ce moment-là, la communauté juive de Strasbourg est dirigée par des hommes politiques comme Jean Kahn et non plus par des intellectuels. Cela n’est pas sans conséquence après le massacre de Sabra et Chatila en 1982 puisque l’on passe d’un soutien des intellectuels à Israël comme peuple juif à un soutien à l’État d’Israël, c’est-à-dire à ses dirigeants politiques par les responsables communautaires. Alors qu’avant, il s’agissait d’un soutien populaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un mariage orthodoxe ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mariage se déroule, à la manière du film, en deux parties. La première, les ''kiddoushin'' (fiançailles) se passent au complexe sportif de l'A.S. Menora à Strasbourg. La seconde, les ''nissouin'' (mariage) se déroulent au centre communautaire de la grande synagogue de la Paix de Strasbourg.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout comme chez les chrétiens, où le père emmène sa fille à l’autel, pendant que le futur mari, qui y a déjà été conduit par sa mère l’attend, chez les juifs, le père emmène sa fille à la ''houppa'', son futur mari l’attendant dans le dais dans lequel il a déjà été conduit par sa mère. Cependant, dans l’orthodoxie juive et comme c’est le cas dans le film, c’est l’homme qui amène l’homme à la ''houppa''. Il en est de même pour les femmes, c’est la femme qui emmène la femme au dais. Dès lors, le marié y est conduit par son père et son futur beau-père, la mariée par sa mère ainsi que par sa future belle-mère. Lors du discours du Grand Rabbin Warschawski, les panoramas sur la famille et les invités, montrent que les hommes et les femmes, répartis derrière ainsi que sur les côtés du dais, ne se mélangent pas. Ainsi, comme le veut l’orthodoxie, un côté est réservé aux hommes, un autre aux femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois installé dans le dais nuptial, symbolisant le nouveau foyer que le couple doit construire, le ''talit'' est déposé sur les épaules des mariés, les ''kiddoushin'' peuvent alors commencer. L'objectif de la caméra est focalisé sur le rabbin Schlesinger versant le vin dans le verre à ''kiddoush'', mais ne capture par les deux bénédictions qui ont été récitées comme le veut la tradition. Le rabbin Schlesinger lit ensuite la ''ketouba'' (l’acte de mariage) dans une formule en araméen identique à toutes les ''ketoubot''. Ainsi, contrairement au mariage chrétien, le mariage juif n’est pas sacré puisqu’il consiste à la signature d’un contrat. Il y a, après la lecture de l’acte de mariage, une sorte de temps mort durant lequel les mariés signent la ''ketouba''. Pendant ce temps, le caméraman filme les membres de la famille en train d’attendre. La lecture et la signature du contrat de mariage sont suivies du ''kiddoush'', le moment où les mariés goûtent le vin. Les ''kiddoushin'' se terminent sur l’échange des alliances. Pendant que le marié met l’anneau à l’index droit de sa fiancée, il lui dit : « Tu m’es consacrée par cet anneau selon la loi de Moïse et d’Israël ». L’homme acquiert donc la femme, le mariage est en quelque sorte un contrat d’achat d’où la possibilité de divorcer. Les conditions du ''guet'' (divorce) ainsi que la dot sont indiquées dans la ''ketouba''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ensuite, les mariés s’isolent dans une pièce afin de déjeuner quelque chose puisqu’ils sont, pour être purs, à jeun depuis le matin, le mariage est ainsi consommé symboliquement. Bien évidemment, le caméraman n’a pu capturer ce moment, mais nous voyons les mariés avancer au milieu des invités avant de s’isoler ainsi qu’à la sortie de la pièce. Le film se termine sur les ''nissouin'' avec la première des sept ''Shiva Brakhot'' (sept bénédictions nuptiales). Malgré le fait que le vidéaste n’ait pas filmé cet événement, la récitation de ces bénédictions, est suivie par le brisement d’un verre, symbolisant le deuil de la destruction du temple ainsi que l’alliance entre le couple. Pendant les six jours qui suivent le mariage, les sept bénédictions nuptiales sont récitées à chaque repas, la première ayant été effectuée le jour même du mariage. Enfin, au temps de la Guemara, les ''kiddoushin'' et les ''nissouin'' étaient espacés d’un an afin de préparer le mariage. De nos jours, les fiançailles et le mariage se passent le même jour, permettant ainsi d’éviter, durant la période d’intervalle entres les ''kiddoushin'' et les ''nissouin'', la consommation du mariage ou la séparation des fiancés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La présence de toute une communauté ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’œil du spectateur est immédiatement frappé par le nombre d’invités dont parmi eux, le nombre de rabbin. À première vue, cela paraît tout à fait normal qu’il ait autant de rabbins à un mariage. De plus, cela s’explique par le fait qu’en Alsace les rabbins sont payés par l’État, le régime concordataire n’ayant pas été aboli lors de la séparation des Églises et de l’État en 1905. Pourtant, le mariage n’étant pas sacré, il s’agit, comme nous l’avons vu, de la signature d’un contrat, la présence d’un rabbin n’est pas obligatoire. Toutefois, même si leur présence n’est pas obligatoirement requise, il y a en général, toujours un rabbin lors des mariages. Ce mariage, en plus d’être exceptionnel par le nombre de rabbins présents, l’est par le nombre d’invités, dont parmi eux, d’éminents membres de la communauté strasbourgeoise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Rolande Klein 2.jpg|vignette|Rolande Klein avec les enfants du Gan Chalom en 1968 © Étienne Klein via Le site du judaïsme d'Alsace et de Lorraine.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre d’invités parmi lesquels la présence de grands intellectuels s’explique par le fait que les parents des mariés sont connus de toute la communauté. Étienne Klein, le père de la mariée, était le photographe officiel de la communauté et sa femme, Rolande, était la directrice du Gan Chalom, le jardin d’enfants de la communauté, de 1965 à 1991. Georges Weill, le père du marié, était l’un des administrateurs communautaire et sa femme, Janine, une intellectuelle. Parmi les membres éminents de la communauté invités à ce mariage, la présence de Max Warschawski, Grand Rabbin de Strasbourg et du Bas-Rhin, ainsi que celle d’Eliyahou Abitbol, rabbin de la yechiva des étudiants de Strasbourg, sans oublier celle du couple Neher et de Benno Gross sont à souligner. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Benno Gross et André Neher faisaient partie des principales chevilles ouvrières de la reconstruction de la communauté juive de Strasbourg après la Shoah. En 1948, Benno Gross fonde l’école Aquiba qu’il dirige jusqu’en 1969. Cette école était l’une des réalisations les plus importantes de la reconstruction spirituelle d’après-guerre parce qu’elle dispensait aux jeunes générations une éducation profane et religieuse afin de leur transmettre les valeurs morales et spirituelles du judaïsme pour qu’elles puissent vivre une vie juive intégrale. André Neher, était aussi l’un des piliers du renouveau du judaïsme français d’après-guerre. Renée, sa femme, était quant à elle, historienne. Enfin, Eliyahou Abitbol est le fondateur de la ''yechiva'' des étudiants de Strasbourg. Cette institution fondée après la guerre des Six Jours à Strasbourg et déplacée à la fin des années 1980 à Paris avait, et a toujours, pour but d’enseigner le Talmud à des étudiants juifs non-initiés.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=RAPHAËL Freddy et WEYL Robert, ''Juifs en Alsace.  Culture, société, histoire'', Toulouse, Privat, 1977.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RAPHAËL Freddy (dir.), ''Le judaïsme alsacien. Histoire, patrimoine, traditions'', Strasbourg, La Nuée Bleue, 1999.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RAPHAËL Freddy (dir.), ''Juifs d'Alsace au XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Ni ghettoïsation, ni assimilation'', Strasbourg, La Nuée Bleue, 2014.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RAPHAËL Freddy, ''Les Juifs d'Alsace et de Lorraine de 1870 à nos jours'', Paris, Albin Michel, 2018.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Rolande_Klein_2.jpg&amp;diff=13652</id>
		<title>Fichier:Rolande Klein 2.jpg</title>
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		<updated>2020-01-29T16:43:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Rolande Klein avec les enfants du Gan Chalom en 1968.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Mariage_(0016FH0019)&amp;diff=13651</id>
		<title>Mariage (0016FH0019)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Mariage_(0016FH0019)&amp;diff=13651"/>
		<updated>2020-01-29T15:19:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le mariage d'Annette Klein et Pascal Weill&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
|idSupport=0016FH0019&lt;br /&gt;
|dateDebut=1971&lt;br /&gt;
|video=0016FH0019_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:13:07&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|apercu=Mariage_juif.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Étienne Klein, Rolande Klein, Marc-Henri Klein, Annette Klein, Nadine Klein, Philippe Klein, Laurence Klein, Yves Klein, Georges Weill, Janine Weill, Pascal Weill, Philippe Kahn, Lise Kahn, Max Warschawski, Claude Spingarn, Samuel Yaffe-Schelsinger, Eliyahou Abitbol, André Neher, Renée Neher, Benno Gross.&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=France, Strasbourg, Association Sportive Menora, centre communautaire de la grande synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-01-05&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Wedding&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Cérémonie filmée du mariage d’Annette Klein et Pascal Weill à Strasbourg en 1971.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le marié, Pascal Weill, est emmené à la ''houppa'' (dais nuptial) par son père, Georges Weill, à sa droite, et Étienne Klein, son futur beau-père, à sa gauche. Puis c’est au tour de la mariée, Annette Klein, d’être accompagnée au dais nuptial par sa mère, Rolande Klein, à sa droite, et par Janine Weill, sa future belle-mère, à sa gauche. Les mariés sont assis dans le dais, on leur pose le ''talit'' (châle de prière) sur les épaules. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gros plan sur les invités puis lent panoramique droit sur ces derniers. Gros plans sur le Grand Rabin Max Warschawski prononçant un discours. Le Grand Rabbin est pris de dos, toujours pendant son discours, on aperçoit la mère de la mariée et son arrière-grand-mère. Lent panoramique gauche sur les invités répartis derrière ainsi qu’à droite et à gauche de la houppa.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les mariés se lèvent. Du vin est versé dans un verre en argent. Très gros plan sur les mariés, des membres de la famille son de dos au premier plan. Le rabbin orthodoxe Schlesinger lit l’acte de mariage (''ketouba''), Étienne Klein est à droite du plan, nous apercevons au second plan la mariée et plus difficilement le marié. Les mariés sont assis, Annette tient son bouquet de fleurs, son père apparaît encore une fois à droite du plan, derrière nous voyons les invités. Très gros plan sur la mariée souriante puis sur le marié. Un nouveau gros plan sur les mariés où leurs visages laissent transparaître leur joie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plans successifs sur les parents des mariés puis sur des membres de la famille. Les hommes sont séparés des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toujours dans le dais, le Grand Rabbin Warschawski donne le verre de vin à Janine Weill, la mère du marié, puis à son fils Pascal. Ensuite, il le donne à Rolande Klein, la mère de la mariée, puis à sa fille Annette. Dès que les mariés ont bu le vin, ils récitent une prière, une fois cette dernière récitée, on leur ôte le ''talit''. Au premier plan, le Grand Rabbin félicite le père de la mariée, Étienne Klein. Au second plan ainsi que sur le suivant, les membres de la famille félicitent les mariés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gros plans sur les mariés qui avancent au milieu des invités, très gros plan sur le marié, regard caméra. Les mariés ainsi que les deux familles prennent place debout dans une salle à côté de l’entrée. Les invités viennent féliciter les mariés et les membres des deux familles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gros plan sur un panier de légumes puis sur les tables remplies de nourriture. Panoramique gauche sur les jus de fruits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gros plan sur un bouquet de fleurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Successions de gros plans sur les invités qui discutent et profitent du buffet. Très gros plan sur Philippe (5’14), le petit frère d’Annette, qui discute avec une fille. Des invités sortent d’un bâtiment. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan sur la foule pris depuis le toit de ce même bâtiment, au second plan un stade de football. Toujours depuis le toit, une succession de gros plans, sur les invités et la famille, dont Philippe Klein (5’48), qui discutent, mangent et rigolent. Très gros plan sur un enfant qui parle puis sur Laurence (6’), la plus petite sœur d’Annette. Au premier plan, une jeune femme souriante est en train de manger. Laurence semble fuir l’objectif de la caméra qui la suit. Le caméraman place la focale sur la sœur du marié (6’04), qui mange en marchant avant de s’arrêter pour discuter, le sourire aux lèvres, avec deux dames. Très gros plan sur un enfant dont l’objectif de la caméra le fait sourire. Ensuite, le caméraman fixe un homme discutant avec une femme et pointant du doigt la foule, la caméra suit cet homme qui continue de discuter tout en marchant. Successions de plans sur lesquels apparaissent successivement, le marié accompagné d’un jeune homme faisant un geste de la main (6’26), le marié seul qui semble chercher quelqu’un (6’28), la mariée entourée de ses invités (6’30) puis le marié venant chercher sa femme (6’32). Ils saluent une dame. La mariée est à nouveau seule, discutant avec un homme le sourire aux lèvres (6’39). Georges Weill, le père du marié, apparaît sur le plan suivant (6’42), il est suivi d’Étienne Klein (6’44), le père de la mariée. Le caméraman suit Georges Weill avant de placer la focale sur Rolande Klein et sa fille Nadine (6’50). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les plans suivants se concentrent sur la ''hora'', danse pratiquée dans les kibboutzim en Israël. Les mariés sont placés sur des chaises au centre d’un cercle formé par les invités qui dansent autour de ces derniers. Rolande Klein passe, au premier plan, devant l’objectif de la caméra (6’51). Le deuxième plan de cette séquence se focalise sur les mariés souriants et rigolant pendant que les invités dansent autour. Puis nous voyons défiler, sur l’objectif de la caméra, les invités ainsi que le père du marié (7’16) et le rabbin Eliyahou Abitbol (7’26) en train de danser, chanter, taper des mains. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Succession de gros plans sur des membres de la famille et les invités qui discutent, rigolent et boivent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Très gros plan sur les mains de la mariée tenant son bouquet de fleurs. Le caméraman fait un zoom arrière afin d’avoir le couple qui semble tenir la pose pour des photographies. Nous apercevons ensuite les membres des deux familles ainsi que les invités. Étienne Klein apparaît, appareil photo en mains, en train d’immortaliser le moment. La séance photo se poursuit, les membres des deux familles défilent aux côtés des mariés, Étienne Klein prend quelques photos. Le dernier plan de la séquence montre les deux familles réunies au complet autour des mariés. À gauche, Étienne Klein est entre sa femme, Rolande, et son fils aîné, Marc-Henri. Laurence, la plus petite fille de la famille Klein, est agenouillée à gauche. La mariée, Annette Klein, est au centre. Elle est entourée par son mari, Pascal Weill, et la sœur de ce dernier. Enfin, à la gauche du marié, nous apercevons sa mère, Janine Weill, et plus difficilement son père, Georges Weill. À droite du plan, Nadine Klein cache son frère Philippe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À nouveau une ''hora'' avec la chaise sur laquelle on porte la mariée, le marié est donc seul, nous voyons, au deuxième plan, Étienne Klein et son fils Marc-Henri en train de danser (8’34).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Très gros plan sur le bouquet qui a déjà été filmé. Les mariés sont attablés, les invités dansent en file indienne autour d’eux. Tous les membres de la famille et les invités sont réunis dans une salle pour passer la soirée ensemble. Ils dînent, discutent, rigolent. Gros plan sur Renée et André Neher (9’22). Georges Weill, le père du marié, fait un discours. Le caméraman filme la table où sont installés les enfants dont Philippe Klein. Nous apercevons à nouveau, à côté de Georges Weill fumant le cigare, André Neher et sa femme, Renée (9’51). La focale est ensuite placée sur les mariés souriants et assis aux côtés des différents membres des deux familles. La mariée et sa sœur, Nadine, regardent la scène (10’06), un homme fait un discours. Très gros plan sur Benno Gross (10’09) remettant sa cravate, souriant et rigolant avant de faire un discours. Gros plan sur lequel apparaît l’arrière-grand-mère de la mariée qui se cache de la lumière (10’17) puis un autre sur lequel figure la mère du marié (10’21). Deux jeunes garçons chantent une chanson. Le petit frère de la mariée, Philippe, est à la guitare, et Philippe Kahn, un des fils des amis de la famille Klein est au chant. Étienne Klein est au micro puis vient le père du marié, Georges Weill. Dernier plan sur la table des mariés, regards caméra. Gros plan sur des verres en argent que l’on remplit de vin.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans les années 1950 et 1960, les communautés juives d'Alsace sont bouleversées par l'arrivée des Juifs d'Afrique du Nord. Ces populations, très attachées à leur religiosité, choisissent l'Alsace, et plus particulièrement Strasbourg, pour les structures d'accueil et la vitalité religieuse du judaïsme rhénan. Malgré le fait que ces juifs venus du Maghreb aient été, au début, parfois traité avec condescendance par leurs coreligionnaires, ils ont su, en créant leur propres instances à la fois culturelle et cultuelle, s'intégrer rapidement et donner « une visibilité nouvelle à l'identité juive »&amp;lt;ref&amp;gt;RAPHAËL Freddy, ''Les Juifs d'Alsace et de Lorraine de 1870 à nos jours'', Strasbourg, La Nuée Bleue, p. 218.&amp;lt;/ref&amp;gt; d'Alsace et de Lorraine. Renée et Andrée Neher s'étaient considérablement impliqués dans l'accueil de ces communautés. Soucieux de recevoir au mieux leurs coreligionnaires, André Neher et Jean Kahn, créent en 1963 l'Association Sportive de la Menora. Ce club, qui, spécialement formé pour ces jeunes venus d'Afrique du Nord, avait pour but, la pratique de sports, surtout collectifs, était rapidement devenu l'un des clubs les plus important de la région, accueillant des jeunes de toute l'Alsace. Le judaïsme alsacien n'allait pas attendre longtemps avant d'être, une nouvelle fois, profondément bouleversé. Si la guerre d'Indépendance de 1948 avait déjà entraîné le départ de membres de la communauté juive de Strasbourg vers Israël, la guerre des Six Jours était le point de départ d'un véritable mouvement d'''alya'' (montée). Après ce nouveau conflit, les guides spirituels et dirigeants communautaires quittent l'Alsace pour Israël. Parmi eux, le couple Neher ainsi que Miryam et Benno et Gross. Ces intellectuels avaient, au sortir de la guerre, compris, face aux horreurs de la Shoah, l'importance de donner à la jeunesse une éducation juive afin de« forger des juifs de conviction et non plus de condition » &amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 209.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, les disciples d'André Néher, les élèves de Benno Gross, tous ces jeunes qui avaient été éduqués à l'école juive et pour certains suivi les cours de littérature post-biblique, chaire spécialement créée pour André Neher en 1955 à l'Université de Strasbourg, ainsi qu'à travers les mouvements de jeunesse décident à leur tour de partir. Bon nombre d'entre eux ne tarde pas à être rejoint par leurs parents. « Les liens forts que le judaïsme alsacien et lorrain entretien avec Israël ont été pour lui un facteur décisif de son renouvellement à la faveur de voyages et de séjours plus ou moins longs »&amp;lt;ref&amp;gt; ''Ibid''., p. 223.&amp;lt;/ref&amp;gt;. À partir de ce moment-là, la communauté juive de Strasbourg est dirigée par des hommes politiques comme Jean Kahn et non plus par des intellectuels. Cela n’est pas sans conséquence après le massacre de Sabra et Chatila en 1982 puisque l’on passe d’un soutien des intellectuels à Israël comme peuple juif à un soutien à l’État d’Israël, c’est-à-dire à ses dirigeants politiques par les responsables communautaires. Alors qu’avant, il s’agissait d’un soutien populaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un mariage orthodoxe ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mariage se déroule, à la manière du film, en deux parties. La première, les ''kiddoushin'' (fiançailles) se passent au complexe sportif de l'A.S. Menora à Strasbourg. La seconde, les ''nissouin'' (mariage) se déroulent au centre communautaire de la grande synagogue de la Paix de Strasbourg.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout comme chez les chrétiens, où le père emmène sa fille à l’autel, pendant que le futur mari, qui y a déjà été conduit par sa mère l’attend, chez les juifs, le père emmène sa fille à la ''houppa'', son futur mari l’attendant dans le dais dans lequel il a déjà été conduit par sa mère. Cependant, dans l’orthodoxie juive et comme c’est le cas dans le film, c’est l’homme qui amène l’homme à la ''houppa''. Il en est de même pour les femmes, c’est la femme qui emmène la femme au dais. Dès lors, le marié y est conduit par son père et son futur beau-père, la mariée par sa mère ainsi que par sa future belle-mère. Lors du discours du Grand Rabbin Warschawski, les panoramas sur la famille et les invités, montrent que les hommes et les femmes, répartis derrière ainsi que sur les côtés du dais, ne se mélangent pas. Ainsi, comme le veut l’orthodoxie, un côté est réservé aux hommes, un autre aux femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois installé dans le dais nuptial, symbolisant le nouveau foyer que le couple doit construire, le ''talit'' est déposé sur les épaules des mariés, les ''kiddoushin'' peuvent alors commencer. L'objectif de la caméra est focalisé sur le rabbin Schlesinger versant le vin dans le verre à ''kiddoush'', mais ne capture par les deux bénédictions qui ont été récitées comme le veut la tradition. Le rabbin Schlesinger lit ensuite la ''ketouba'' (l’acte de mariage) dans une formule en araméen identique à toutes les ''ketoubot''. Ainsi, contrairement au mariage chrétien, le mariage juif n’est pas sacré puisqu’il consiste à la signature d’un contrat. Il y a, après la lecture de l’acte de mariage, une sorte de temps mort durant lequel les mariés signent la ''ketouba''. Pendant ce temps, le caméraman filme les membres de la famille en train d’attendre. La lecture et la signature du contrat de mariage sont suivies du ''kiddoush'', le moment où les mariés goûtent le vin. Les ''kiddoushin'' se terminent sur l’échange des alliances. Pendant que le marié met l’anneau à l’index droit de sa fiancée, il lui dit : « Tu m’es consacrée par cet anneau selon la loi de Moïse et d’Israël ». L’homme acquiert donc la femme, le mariage est en quelque sorte un contrat d’achat d’où la possibilité de divorcer. Les conditions du ''guet'' (divorce) ainsi que la dot sont indiquées dans la ''ketouba''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ensuite, les mariés s’isolent dans une pièce afin de déjeuner quelque chose puisqu’ils sont, pour être purs, à jeun depuis le matin, le mariage est ainsi consommé symboliquement. Bien évidemment, le caméraman n’a pu capturer ce moment, mais nous voyons les mariés avancer au milieu des invités avant de s’isoler ainsi qu’à la sortie de la pièce. Le film se termine sur les ''nissouin'' avec la première des sept ''Shiva Brakhot'' (sept bénédictions nuptiales). Malgré le fait que le vidéaste n’ait pas filmé cet événement, la récitation de ces bénédictions, est suivie par le brisement d’un verre, symbolisant le deuil de la destruction du temple ainsi que l’alliance entre le couple. Pendant les six jours qui suivent le mariage, les sept bénédictions nuptiales sont récitées à chaque repas, la première ayant été effectuée le jour même du mariage. Enfin, au temps de la Guemara, les ''kiddoushin'' et les ''nissouin'' étaient espacés d’un an afin de préparer le mariage. De nos jours, les fiançailles et le mariage se passent le même jour, permettant ainsi d’éviter, durant la période d’intervalle entres les ''kiddoushin'' et les ''nissouin'', la consommation du mariage ou la séparation des fiancés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La présence de toute une communauté ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’œil du spectateur est immédiatement frappé par le nombre d’invités dont parmi eux, le nombre de rabbin. À première vue, cela paraît tout à fait normal qu’il ait autant de rabbins à un mariage. De plus, cela s’explique par le fait qu’en Alsace les rabbins sont payés par l’État, le régime concordataire n’ayant pas été aboli lors de la séparation des Églises et de l’État en 1905. Pourtant, le mariage n’étant pas sacré, il s’agit, comme nous l’avons vu, de la signature d’un contrat, la présence d’un rabbin n’est pas obligatoire. Toutefois, même si leur présence n’est pas obligatoirement requise, il y a en général, toujours un rabbin lors des mariages. Ce mariage, en plus d’être exceptionnel par le nombre de rabbins présents, l’est par le nombre d’invités, dont parmi eux, d’éminents membres de la communauté strasbourgeoise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Rolande Klein.jpg|vignette|Rolande Klein et les enfants de la classe du Cerf du Gan Chalom © Le site du judaïsme d'Alsace et de Lorraine.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre d’invités parmi lesquels la présence de grands intellectuels s’explique par le fait que les parents des mariés sont connus de toute la communauté. Étienne Klein, le père de la mariée, était le photographe officiel de la communauté et sa femme, Rolande, était la directrice du Gan Chalom, le jardin d’enfants de la communauté, de 1965 à 1991. Georges Weill, le père du marié, était l’un des administrateurs communautaire et sa femme, Janine, une intellectuelle. Parmi les membres éminents de la communauté invités à ce mariage, la présence de Max Warschawski, Grand Rabbin de Strasbourg et du Bas-Rhin, ainsi que celle d’Eliyahou Abitbol, rabbin de la yechiva des étudiants de Strasbourg, sans oublier celle du couple Neher et de Benno Gross sont à souligner. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Benno Gross et André Neher faisaient partie des principales chevilles ouvrières de la reconstruction de la communauté juive de Strasbourg après la Shoah. En 1948, Benno Gross fonde l’école Aquiba qu’il dirige jusqu’en 1969. Cette école était l’une des réalisations les plus importantes de la reconstruction spirituelle d’après-guerre parce qu’elle dispensait aux jeunes générations une éducation profane et religieuse afin de leur transmettre les valeurs morales et spirituelles du judaïsme pour qu’elles puissent vivre une vie juive intégrale. André Neher, était aussi l’un des piliers du renouveau du judaïsme français d’après-guerre. Renée, sa femme, était quant à elle, historienne. Enfin, Eliyahou Abitbol est le fondateur de la ''yechiva'' des étudiants de Strasbourg. Cette institution fondée après la guerre des Six Jours à Strasbourg et déplacée à la fin des années 1980 à Paris avait, et a toujours, pour but d’enseigner le Talmud à des étudiants juifs non-initiés.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=RAPHAËL Freddy et WEYL Robert, ''Juifs en Alsace.  Culture, société, histoire'', Toulouse, Privat, 1977.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RAPHAËL Freddy (dir.), ''Le judaïsme alsacien. Histoire, patrimoine, traditions'', Strasbourg, La Nuée Bleue, 1999.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RAPHAËL Freddy (dir.), ''Juifs d'Alsace au XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Ni ghettoïsation, ni assimilation'', Strasbourg, La Nuée Bleue, 2014.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RAPHAËL Freddy, ''Les Juifs d'Alsace et de Lorraine de 1870 à nos jours'', Paris, Albin Michel, 2018.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Mariage_(0016FH0019)&amp;diff=13611</id>
		<title>Mariage (0016FH0019)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Mariage_(0016FH0019)&amp;diff=13611"/>
		<updated>2020-01-20T20:14:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le mariage d'Annette Klein et Pascal Weill&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
|idSupport=0016FH0019&lt;br /&gt;
|dateDebut=1971&lt;br /&gt;
|video=0016FH0019_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:13:07&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|apercu=Mariage_juif.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Étienne Klein, Rolande Klein, Marc-Henri Klein, Annette Klein, Nadine Klein, Philippe Klein, Laurence Klein, Yves Klein, Georges Weill, Janine Weill, Pascal Weill, Philippe Kahn, Lise Kahn, Max Warschawski, Claude Spingarn, Samuel Yaffe-Schelsinger, Eliyahou Abitbol, André Neher, Renée Neher, Benno Gross.&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=France, Strasbourg, Association Sportive Menora, centre communautaire de la grande synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-01-05&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Wedding&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Cérémonie filmée du mariage d’Annette Klein et Pascal Weill à Strasbourg en 1971.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le marié, Pascal Weill, est emmené à la ''houppa'' (dais nuptial) par son père, Georges Weill, à sa droite, et Étienne Klein, son futur beau-père, à sa gauche. Puis c’est au tour de la mariée, Annette Klein, d’être accompagnée au dais nuptial par sa mère, Rolande Klein, à sa droite, et par Janine Weill, sa future belle-mère, à sa gauche. Les mariés sont assis dans le dais, on leur pose le ''talit'' (châle de prière) sur les épaules. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gros plan sur les invités puis lent panoramique droit sur ces derniers. Gros plans sur le Grand Rabin Max Warschawski prononçant un discours. Le Grand Rabbin est pris de dos, toujours pendant son discours, on aperçoit la mère de la mariée et son arrière-grand-mère. Lent panoramique gauche sur les invités répartis derrière ainsi qu’à droite et à gauche de la houppa.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les mariés se lèvent. Du vin est versé dans un verre en argent. Très gros plan sur les mariés, des membres de la famille son de dos au premier plan. Le rabbin orthodoxe Schlesinger lit l’acte de mariage (''ketouba''), Étienne Klein est à droite du plan, nous apercevons au second plan la mariée et plus difficilement le marié. Les mariés sont assis, Annette tient son bouquet de fleurs, son père apparaît encore une fois à droite du plan, derrière nous voyons les invités. Très gros plan sur la mariée souriante puis sur le marié. Un nouveau gros plan sur les mariés où leurs visages laissent transparaître leur joie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plans successifs sur les parents des mariés puis sur des membres de la famille. Les hommes sont séparés des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toujours dans le dais, le Grand Rabbin Warschawski donne le verre de vin à Janine Weill, la mère du marié, puis à son fils Pascal. Ensuite, il le donne à Rolande Klein, la mère de la mariée, puis à sa fille Annette. Dès que les mariés ont bu le vin, ils récitent une prière, une fois cette dernière récitée, on leur ôte le ''talit''. Au premier plan, le Grand Rabbin félicite le père de la mariée, Étienne Klein. Au second plan ainsi que sur le suivant, les membres de la famille félicitent les mariés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gros plans sur les mariés qui avancent au milieu des invités, très gros plan sur le marié, regard caméra. Les mariés ainsi que les deux familles prennent place debout dans une salle à côté de l’entrée. Les invités viennent féliciter les mariés et les membres des deux familles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gros plan sur un panier de légumes puis sur les tables remplies de nourriture. Panoramique gauche sur les jus de fruits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gros plan sur un bouquet de fleurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Successions de gros plans sur les invités qui discutent et profitent du buffet. Très gros plan sur Philippe (5’14), le petit frère d’Annette, qui discute avec une fille. Des invités sortent d’un bâtiment. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan sur la foule pris depuis le toit de ce même bâtiment, au second plan un stade de football. Toujours depuis le toit, une succession de gros plans, sur les invités et la famille, dont Philippe Klein (5’48), qui discutent, mangent et rigolent. Très gros plan sur un enfant qui parle puis sur Laurence (6’), la plus petite sœur d’Annette. Au premier plan, une jeune femme souriante est en train de manger. Laurence semble fuir l’objectif de la caméra qui la suit. Le caméraman place la focale sur la sœur du marié (6’04), qui mange en marchant avant de s’arrêter pour discuter, le sourire aux lèvres, avec deux dames. Très gros plan sur un enfant dont l’objectif de la caméra le fait sourire. Ensuite, le caméraman fixe un homme discutant avec une femme et pointant du doigt la foule, la caméra suit cet homme qui continue de discuter tout en marchant. Successions de plans sur lesquels apparaissent successivement, le marié accompagné d’un jeune homme faisant un geste de la main (6’26), le marié seul qui semble chercher quelqu’un (6’28), la mariée entourée de ses invités (6’30) puis le marié venant chercher sa femme (6’32). Ils saluent une dame. La mariée est à nouveau seule, discutant avec un homme le sourire aux lèvres (6’39). Georges Weill, le père du marié, apparaît sur le plan suivant (6’42), il est suivi d’Étienne Klein (6’44), le père de la mariée. Le caméraman suit Georges Weill avant de placer la focale sur Rolande Klein et sa fille Nadine (6’50). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les plans suivants se concentrent sur la ''hora'', danse pratiquée dans les kibboutzim en Israël. Les mariés sont placés sur des chaises au centre d’un cercle formé par les invités qui dansent autour de ces derniers. Rolande Klein passe, au premier plan, devant l’objectif de la caméra (6’51). Le deuxième plan de cette séquence se focalise sur les mariés souriants et rigolant pendant que les invités dansent autour. Puis nous voyons défiler, sur l’objectif de la caméra, les invités ainsi que le père du marié (7’16) et le rabbin Eliyahou Abitbol (7’26) en train de danser, chanter, taper des mains. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Succession de gros plans sur des membres de la famille et les invités qui discutent, rigolent et boivent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Très gros plan sur les mains de la mariée tenant son bouquet de fleurs. Le caméraman fait un zoom arrière afin d’avoir le couple qui semble tenir la pose pour des photographies. Nous apercevons ensuite les membres des deux familles ainsi que les invités. Étienne Klein apparaît, appareil photo en mains, en train d’immortaliser le moment. La séance photo se poursuit, les membres des deux familles défilent aux côtés des mariés, Étienne Klein prend quelques photos. Le dernier plan de la séquence montre les deux familles réunies au complet autour des mariés. À gauche, Étienne Klein est entre sa femme, Rolande, et son fils aîné, Marc-Henri. Laurence, la plus petite fille de la famille Klein, est agenouillée à gauche. La mariée, Annette Klein, est au centre. Elle est entourée par son mari, Pascal Weill, et la sœur de ce dernier. Enfin, à la gauche du marié, nous apercevons sa mère, Janine Weill, et plus difficilement son père, Georges Weill. À droite du plan, Nadine Klein cache son frère Philippe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À nouveau une ''hora'' avec la chaise sur laquelle on porte la mariée, le marié est donc seul, nous voyons, au deuxième plan, Étienne Klein et son fils Marc-Henri en train de danser (8’34).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Très gros plan sur le bouquet qui a déjà été filmé. Les mariés sont attablés, les invités dansent en file indienne autour d’eux. Tous les membres de la famille et les invités sont réunis dans une salle pour passer la soirée ensemble. Ils dînent, discutent, rigolent. Gros plan sur Renée et André Neher (9’22). Georges Weill, le père du marié, fait un discours. Le caméraman filme la table où sont installés les enfants dont Philippe Klein. Nous apercevons à nouveau, à côté de Georges Weill fumant le cigare, André Neher et sa femme, Renée (9’51). La focale est ensuite placée sur les mariés souriants et assis aux côtés des différents membres des deux familles. La mariée et sa sœur, Nadine, regardent la scène (10’06), un homme fait un discours. Très gros plan sur Benno Gross (10’09) remettant sa cravate, souriant et rigolant avant de faire un discours. Gros plan sur lequel apparaît l’arrière-grand-mère de la mariée qui se cache de la lumière (10’17) puis un autre sur lequel figure la mère du marié (10’21). Deux jeunes garçons chantent une chanson. Le petit frère de la mariée, Philippe, est à la guitare, et Philippe Kahn, un des fils des amis de la famille Klein est au chant. Étienne Klein est au micro puis vient le père du marié, Georges Weill. Dernier plan sur la table des mariés, regards caméra. Gros plan sur des verres en argent que l’on remplit de vin.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Dans les années 1950 et 1960, les communautés juives d'Alsace sont bouleversées par l'arrivée des Juifs d'Afrique du Nord. Ces populations, très attachées à leur religiosité, choisissent l'Alsace, et plus particulièrement Strasbourg, pour les structures d'accueil et la vitalité religieuse du judaïsme rhénan. Malgré le fait que ces juifs venus du Maghreb aient été, au début, parfois traité avec condescendance par leurs coreligionnaires, ils ont su, en créant leur propres instances à la fois culturelle et cultuelle, s'intégrer rapidement et donner « une visibilité nouvelle à l'identité juive »&amp;lt;ref&amp;gt;RAPHAËL Freddy, ''Les Juifs d'Alsace et de Lorraine de 1870 à nos jours'', Strasbourg, La Nuée Bleue, p. 218.&amp;lt;/ref&amp;gt; d'Alsace et de Lorraine. Renée et Andrée Neher s'étaient considérablement impliqués dans l'accueil de ces communautés. Soucieux de recevoir au mieux leurs coreligionnaires, André Neher et Jean Kahn, créent en 1963 l'Association Sportive de la Menora. Ce club, qui, spécialement formé pour ces jeunes venus d'Afrique du Nord, avait pour but, la pratique de sports, surtout collectifs, était rapidement devenu l'un des clubs les plus important de la région, accueillant des jeunes de toute l'Alsace. Le judaÏsme alsacien n'allait pas attendre longtemps avant d'être, une nouvelle fois, profondément bouleversé. Si la guerre d'Indépendance de 1948 avait déjà entraîné le départ de membres de la communauté juive de Strasbourg vers Israël, la guerre des Six Jours était le point de départ d'un véritable mouvement d'''alya'' (montée). Après ce nouveau conflit, les guides spirituels et dirigeants communautaires quittent l'Alsace pour Israël. Parmi eux, le couple Neher ainsi que Miryam et Benno et Gross. Ces intellectuels avaient, au sortir de la guerre, compris, face aux horreurs de la Shoah, l'importance de donner à la jeunesse une éducation juive afin de« forger des juifs de conviction et non plus de condition » &amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 209.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, les disciples d'André Néher, les élèves de Benno Gross, tous ces jeunes qui avaient été éduqués à l'école juive et pour certains suivi les cours de littérature post-biblique, chaire spécialement créée pour André Neher en 1955 à l'Université de Strasbourg, ainsi qu'à travers les mouvements de jeunesse décident à leur tour de partir. Bon nombre d'entre eux ne tarde pas à être rejoint par leurs parents. « Les liens forts que le judaïsme alsacien et lorrain entretien avec Israël ont été pour lui un facteur décisif de son renouvellement à la faveur de voyages et de séjours plus ou moins longs »&amp;lt;ref&amp;gt; ''Ibid''., p. 223.&amp;lt;/ref&amp;gt;. À partir de ce moment-là, la communauté juive de Strasbourg est dirigée par des hommes politiques comme Jean Kahn et non plus par des intellectuels. Cela n’est pas sans conséquence après le massacre de Sabra et Chatila en 1982 puisque l’on passe d’un soutien des intellectuels à Israël comme peuple juif à un soutien à l’État d’Israël, c’est-à-dire à ses dirigeants politiques par les responsables communautaires. Alors qu’avant, il s’agissait d’un soutien populaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un mariage orthodoxe ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mariage se déroule, à la manière du film, en deux parties. La première, les ''kiddoushin'' (fiançailles) se passent au complexe sportif de l'A.S. Menora à Strasbourg. La seconde, les ''nissouin'' (mariage) se déroulent au centre communautaire de la grande synagogue de la Paix de Strasbourg.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout comme chez les chrétiens, où le père emmène sa fille à l’autel, pendant que le futur mari, qui y a déjà été conduit par sa mère l’attend, chez les juifs, le père emmène sa fille à la ''houppa'', son futur mari l’attendant dans le dais dans lequel il a déjà été conduit par sa mère. Cependant, dans l’orthodoxie juive et comme c’est le cas dans le film, c’est l’homme qui amène l’homme à la ''houppa''. Il en est de même pour les femmes, c’est la femme qui emmène la femme au dais. Dès lors, le marié y est conduit par son père et son futur beau-père, la mariée par sa mère ainsi que par sa future belle-mère. Lors du discours du Grand Rabbin Warschawski, les panoramas sur la famille et les invités, montrent que les hommes et les femmes, répartis derrière ainsi que sur les côtés du dais, ne se mélangent pas. Ainsi, comme le veut l’orthodoxie, un côté est réservé aux hommes, un autre aux femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois installé dans le dais nuptial, symbolisant le nouveau foyer que le couple doit construire, le ''talit'' est déposé sur les épaules des mariés, les ''kiddoushin'' peuvent alors commencer. L'objectif de la caméra est focalisé sur le rabbin Schlesinger versant le vin dans le verre à ''kiddoush'', mais ne capture par les deux bénédictions qui ont été récitées comme le veut la tradition. Le rabbin Schlesinger lit ensuite la ''ketouba'' (l’acte de mariage) dans une formule en araméen identique à toutes les ''ketoubot''. Ainsi, contrairement au mariage chrétien, le mariage juif n’est pas sacré puisqu’il consiste à la signature d’un contrat. Il y a, après la lecture de l’acte de mariage, une sorte de temps mort durant lequel les mariés signent la ''ketouba''. Pendant ce temps, le caméraman filme les membres de la famille en train d’attendre. La lecture et la signature du contrat de mariage sont suivies du ''kiddoush'', le moment où les mariés goûtent le vin. Les ''kiddoushin'' se terminent sur l’échange des alliances. Pendant que le marié met l’anneau à l’index droit de sa fiancée, il lui dit : « Tu m’es consacrée par cet anneau selon la loi de Moïse et d’Israël ». L’homme acquiert donc la femme, le mariage est en quelque sorte un contrat d’achat d’où la possibilité de divorcer. Les conditions du ''guet'' (divorce) ainsi que la dot sont indiquées dans la ''ketouba''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ensuite, les mariés s’isolent dans une pièce afin de déjeuner quelque chose puisqu’ils sont, pour être purs, à jeun depuis le matin, le mariage est ainsi consommé symboliquement. Bien évidemment, le caméraman n’a pu capturer ce moment, mais nous voyons les mariés avancer au milieu des invités avant de s’isoler ainsi qu’à la sortie de la pièce. Le film se termine sur les ''nissouin'' avec la première des sept ''Shiva Brakhot'' (sept bénédictions nuptiales). Malgré le fait que le vidéaste n’ait pas filmé cet événement, la récitation de ces bénédictions, est suivie par le brisement d’un verre, symbolisant le deuil de la destruction du temple ainsi que l’alliance entre le couple. Pendant les six jours qui suivent le mariage, les sept bénédictions nuptiales sont récitées à chaque repas, la première ayant été effectuée le jour même du mariage. Enfin, au temps de la Guemara, les ''kiddoushin'' et les ''nissouin'' étaient espacés d’un an afin de préparer le mariage. De nos jours, les fiançailles et le mariage se passent le même jour, permettant ainsi d’éviter, durant la période d’intervalle entres les ''kiddoushin'' et les ''nissouin'', la consommation du mariage ou la séparation des fiancés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La présence de toute une communauté ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’œil du spectateur est immédiatement frappé par le nombre d’invités dont parmi eux, le nombre de rabbin. À première vue, cela paraît tout à fait normal qu’il ait autant de rabbins à un mariage. De plus, cela s’explique par le fait qu’en Alsace les rabbins sont payés par l’État, le régime concordataire n’ayant pas été aboli lors de la séparation des Églises et de l’État en 1905. Pourtant, le mariage n’étant pas sacré, il s’agit, comme nous l’avons vu, de la signature d’un contrat, la présence d’un rabbin n’est pas obligatoire. Toutefois, même si leur présence n’est pas obligatoirement requise, il y a en général, toujours un rabbin lors des mariages. Ce mariage, en plus d’être exceptionnel par le nombre de rabbins présents, l’est par le nombre d’invités, dont parmi eux, d’éminents membres de la communauté strasbourgeoise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Rolande Klein.jpg|vignette|Rolande Klein et les enfants de la classe du Cerf du Gan Chalom © Le site du judaïsme d'Alsace et de Lorraine.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre d’invités parmi lesquels la présence de grands intellectuels s’explique par le fait que les parents des mariés sont connus de toute la communauté. Étienne Klein, le père de la mariée, était le photographe officiel de la communauté et sa femme, Rolande, était la directrice du Gan Chalom, le jardin d’enfants de la communauté, de 1965 à 1991. Georges Weill, le père du marié, était l’un des administrateurs communautaire et sa femme, Janine, une intellectuelle. Parmi les membres éminents de la communauté invités à ce mariage, la présence de Max Warschawski, Grand Rabbin de Strasbourg et du Bas-Rhin, ainsi que celle d’Eliyahou Abitbol, rabbin de la yechiva des étudiants de Strasbourg, sans oublier celle du couple Neher et de Benno Gross sont à souligner. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Benno Gross et André Neher faisaient partie des principales chevilles ouvrières de la reconstruction de la communauté juive de Strasbourg après la Shoah. En 1948, Benno Gross fonde l’école Aquiba qu’il dirige jusqu’en 1969. Cette école était l’une des réalisations les plus importantes de la reconstruction spirituelle d’après-guerre parce qu’elle dispensait aux jeunes générations une éducation profane et religieuse afin de leur transmettre les valeurs morales et spirituelles du judaïsme pour qu’elles puissent vivre une vie juive intégrale. André Neher, était aussi l’un des piliers du renouveau du judaïsme français d’après-guerre. Renée, sa femme, était quant à elle, historienne. Enfin, Eliyahou Abitbol est le fondateur de la ''yechiva'' des étudiants de Strasbourg. Cette institution fondée après la guerre des Six Jours à Strasbourg et déplacée à la fin des années 1980 à Paris avait, et a toujours, pour but d’enseigner le Talmud à des étudiants juifs non-initiés.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=RAPHAËL Freddy et WEYL Robert, ''Juifs en Alsace.  Culture, société, histoire'', Toulouse, Privat, 1977.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RAPHAËL Freddy (dir.), ''Le judaïsme alsacien. Histoire, patrimoine, traditions'', Strasbourg, La Nuée Bleue, 1999.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RAPHAËL Freddy (dir.), ''Juifs d'Alsace au XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Ni ghettoïsation, ni assimilation'', Strasbourg, La Nuée Bleue, 2014.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RAPHAËL Freddy, ''Les Juifs d'Alsace et de Lorraine de 1870 à nos jours'', Paris, Albin Michel, 2018.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=J%C3%A9rusalem_(0016FH0017)&amp;diff=13605</id>
		<title>Jérusalem (0016FH0017)</title>
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		<updated>2020-01-19T15:56:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Visite filmée de Jérusalem et de ses environs&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
|idSupport=0016FH0017&lt;br /&gt;
|dateDebut=1962&lt;br /&gt;
|video=0016FH0017_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
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|duree=00:00:49&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Klein, Etienne&lt;br /&gt;
|apercu=Jérusalem.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Rolande Klein.&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israël, Beït Shean, Jérusalem, Mont Herzl, Tombeau de Theodor Herzl, Yad Vashem, Crypte du souvenir, Flamme éternelle, Ein Kérem, synagogue du centre médical Hadassah Ein Kérem.&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-01-05&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Heritage and tourism sites&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Visite filmée par Étienne Klein de Jérusalem et de ses environs en 1962.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Des gens ramassent des pommes de terre dans un ''kibboutz'' à Beït Shean à environ 130 km au nord de Jérusalem. Lent panoramique droit sur les vitraux de la synagogue du centre médical Hadassah Ein Kérem réalisés par Marc Chagall. Plan pris depuis l’entrée de la Crypte du souvenir à Yad Vashem. Ensuite, toujours dans la même séquence, un plan sur la Flamme éternelle qui se situe à l’intérieur de la Crypte du souvenir. Des habitations du village d’Ein Kérem, au sud du Mont Herzl, juste à côté de la clinique Hadassah. La route de Latroun qui passait par Ein Kérem avec sur le côté des véhicules détruits. Tombeau de Theodor Herzl se situant sur le Mont Herzl. Dernière séquence, encore une fois, sur les vitraux de la synagogue du centre médical Hadassah Ein Kérem.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Les Britanniques présents depuis 1917 sur le sol palestinien, subissent au courant de la Seconde Guerre mondiale, d’un côté, la pression des groupes paramilitaires juifs installés sur les terres palestiniennes et de l’autre, celle de la Maison Blanche, voyant dans la Palestine la terre originelle du peuple Juif sur laquelle les rescapés de la Shoah doivent s’établir. La Grande-Bretagne, étant affaiblie par le conflit, cède à ces différentes pressions et transmet le dossier palestinien à l’ONU au courant du mois de février 1947. Dès lors, fin août 1947, le Comité spécial des Nations unies sur la Palestine propose le partage de cette terre en deux États économiquement liés, avec pour Jérusalem et sa région, un statut spécial. Directement administrée par l’ONU, la région de Jérusalem doit constituer un ''corpus separatum''. La résolution sur le partage de la Palestine est adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 29 novembre 1947. Le lendemain, la guerre civile éclate entre les nationalistes juifs et palestiniens, sonnant le début du premier conflit israélo-arabe. La proclamation, par David Ben Gourion, de l’indépendance de l’État d’Israël, le 14 mai 1948, donne une nouvelle dimension au conflit. En effet, le lendemain, cinq armées arabes dont l’Égypte, la Transjordanie, la Syrie, le Liban et l’Irak attaquent l’État hébreu. L’issue de ce conflit est catastrophique pour les Arabes palestiniens, puisqu’environ 750 000 d’entre eux doivent quitter leurs foyers au cours de cette guerre. S’ajoute à ces réfugiés, le lourd tribut payer par les Arabes et les Juifs. Les pertes arabes s’élèvent à près de 10 000 personnes dont deux tiers de Palestiniens. Du côté israélien, 6 000 soldats et civils perdent la vie soit 1 % de la population juive de l’époque. Toutefois, si sur le plan politique, Israël a, en plus d’avoir définitivement gagné son indépendance, élargi ses frontières de 6 000 km2 par rapport au plan de partage de 1947, les régimes en place dans les États arabes sortent fragilisés par une défaite humiliante et le peuple palestinien se retrouve brisé, fragmenté et dispersé. Enfin, la partition de la ville de Jérusalem amène les Juifs à se regrouper à l’ouest et au sud de la ville, l’est étant entre les mains du royaume jordanien. Dès lors, le centre médical Hadassah, anciennement installé sur le mont Scopus, emménage, en 1961, à l’ouest de la ville dans le village d’Ein Kérem. En 1949, la dépouille de Theodor Herzl est, conformément à ses vœux, emmenée en Israël où elle repose sur une colline, elle aussi située à l’ouest de Jérusalem, rebaptisé en son honneur en 1951, mont Herzl. C’est d’ailleurs sur cette même colline qu’est construit, en 1953, le mémorial de Yad Vashem.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des symboles forts du judaïsme et de l’identité juive israélienne ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les vitraux de la synagogue du centre médical Hadassah Ein Kérem ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village d’Ein Kérem est un ancien village arabe situé à l’ouest dans des limites municipales de Jérusalem. Dans les années 1950, un village agricole y est fondé afin de former la jeunesse au travail de la terre. C’est dans les années 1960 que ce village accueille le centre médical Hadassah avec son hôpital et sa synagogue ainsi que la faculté de médecine de l’université hébraïque de Jérusalem.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les vitraux de la synagogue du centre médical Hadassah Ein Kérem ont été fabriqués, selon la technique traditionnelle du verre plaqué, en 1961, par Charles Marq et Brigitte Simon. Ils ne sont arrivés à Jérusalem qu’en 1962 pour l’inauguration officiel du temple, ayant avant été exposés au musée des Arts décoratifs de Paris ainsi qu’au Museum of Modern Art&amp;lt;ref&amp;gt;FORESTIER Sylvie, HAZAN-BRUNET Nathalie ''et alii'', ''Les vitraux de Chagall'', Paris, Citadelles &amp;amp; Mazenod, p. 78.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Réalisés par Marc Chagall, ces douze vitraux en plein-cintre, groupés par trois et orientés selon les quatre points cardinaux, représentent, autour du tabernacle, la répartition les douze tribus d’Israël dans le campement du désert&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour cela, Chagall se fonde sur les bénédictions prononcées, successivement par Jacob et Moïse, à la veille de leur mort. De plus, il ne choisit de ne représenter que les douze fils directs de Jacob, ces derniers étant les fondateurs des douze tribus, et oblitère délibérément les tribus de Manassé et d’Ephraïm&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;, toutes deux fondées par leur père, Joseph. Ainsi, ces vitraux nous racontent l’installation des Hébreux, plus précisément des douze tribus d’Israël, au Pays de Canaan, correspondant approximativement aujourd’hui aux territoires de l’État d’Israël, Territoires palestiniens, l’ouest de la Jordanie, le Liban et l’ouest de la Syrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le mur est, sont représentées les tribus de Ruben, Siméon et Lévi. Sur le mur sud les tribus de Juda, Zabulon et Issachar. Sur le mur ouest les tribus de Dan, Gad et Asher. Sur le mur nord les tribus de Nephtali, Joseph et Benjamin&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cependant, sur le film, les vitraux représentants les tribus de Ruben, Issachar et Dan n’apparaissent pas, peut-être à cause d’un problème au montage ou tout simplement parce que le caméraman ne les a pas filmés. Nous penchons pour la première option étant donné que les vitraux apparaissent sur la deuxième séquence avant de réapparaître sur la dernière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’entrée du temple se situant au sud, l’espace architectural accorde de fait une primauté au mur nord sur lequel se porte d’emblée le regard. En plaçant la figure de Joseph en son centre et au-dessus du tabernacle, Chagall confirme la désignation élective de ce dernier au sein des tribus d’Israël&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur les vitraux un cycle iconographique mêlant le bestiaire attaché aux fils de Jacob et les objets cérémoniels propres au culte hébraïque se développe. Ne tenant ni compte des couleurs des bannières des tribus, ni de celles des douze pierres du pectoral du grand-prêtre, Chagall interprète librement les bénédictions de Jacob et de Moïse et en extrait des couleurs – le bleu, le rouge, le jaune et le vert – dans un véritable cycle chromatique qui couronne le plan carré de l’édifice&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les ''kibboutzim'' ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Bon Keren Kayemeth Leisrael.jpg|vignette|Bon du Keren Kayemeth Leisrael (K.K.L.) pour la plantation d'un arbre en Israël © DALTROFF Jean sur Le site du judaïsme d'Alsace et de Lorraine.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Kibboutz.jpg|vignette|Kibboutz de Yas'ur au nord d'Israël dans le district de Haïfa en 1949 © Archives du Gouvernement israélien via Wikipédia.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de la deuxième ''alya'' (1904-1914), les Juifs venus majoritairement de Russie établissent les fondations du futur État hébreu, encore sous mandat Britannique (1920-1948). En effet, leur première tâche est d’établir une base économique autonome. Cette dernière amène à la naissance d’une nouvelle forme d’organisation agricole, la ''kvoutza'', l’ancêtre du ''kibboutz''&amp;lt;ref&amp;gt;DIECKHOFF Alain (dir.), ''L’État d’Israël'', Paris, Fayard, p. 15-16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La constitution d’une nation juive souveraine passe donc en premier lieu par l’indépendance économique, liée, bien évidemment, aux ''moshavim'' et au ''kvoutzavim''&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Depuis la mort de Theodor Herzl en 1904, l’Organisation sioniste mondiale dirigée par David Wolffsohn (1856-1914), s’est attelée à l’achat systématique de terres et au lancement de nouvelles expériences de colonisation agricole comme le ''moshav'' ou la ''kvoutza'', forme ancienne du ''kibboutz'', appelés à devenir les formes emblématiques de l’habitat rural sioniste entre les deux guerres mondiales&amp;lt;ref&amp;gt;ABITBOL Michel, ''Histoire d’Israël'', Paris, Perrin, p. 80.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De plus, n’apercevions-nous pas déjà sur les cartes d’entrée du premier congrès sioniste organisé par Theodor Herzl à Bâle en 1897, l’effigie d’un fermier juif labourant la terre de Palestine, préfigurant les premiers ''kibboutzim''&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 66.&amp;lt;/ref&amp;gt; ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Juifs, étant à l’origine un peuple de paysans, s’étaient, après deux mille ans de diaspora, peu à peu détachés de la terre. L’idéologie sioniste, se dressant contre la vie en diaspora, prône quant à elle, un retour à l’état « originel » des Juifs par la création d’un homme nouveau, un paysan-soldat qui retrouve son honneur en même temps que sa terre&amp;lt;ref&amp;gt;DIECKHOFF (dir.), ''op. cit.'', p. 238.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, les ''kibboutzim'' permettent, en plus de créer des emplois pour les nouveaux immigrants, d’occuper des endroits stratégiques tout en assurant une certaine sécurité alimentaire. Ainsi, le développement agricole est, depuis la période mandataire, lié à ces deux structures : le ''kibboutz'', signifiant littéralement « rassemblement » et le ''moshav'', « établissement », fonctionnant, pour le premier, comme une communauté collectiviste et pour le second comme un village coopératif. ''Kibboutzim'' et ''moshavim'' constituent le cœur de l’essor agricole juif israélien, si bien qu’avec l’indépendance de l’État hébreu et l’immigration massive des années 1950, le nombre de communautés agricoles passe de 300 à 600&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 238-239.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La politique mémorielle d’Israël.  De la mémoire sioniste et guerrière à la mémoire de la Shoah ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La mémoire nationale après la guerre d’Indépendance ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1948, la mémoire nationale israélienne se focalise surtout les événements ayant eu lieu après les années 1940&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 85.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les héros du siège de Massada, en 73 de notre ère, qui, préférant se rendre aux Romains, s’étaient donnés la mort ou même Yosef Trumpleldor érigé en héros après sa disparition ainsi que de celle de cinq de ses compagnons durant la bataille de Tel Haï en 1920 qui opposait des colons juifs à un groupe d’Arabes&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 84.&amp;lt;/ref&amp;gt; semblent, en 1948, d’une autre époque. Ils ne disparaissent pas totalement de l’espace mémoriel, mais leur importance décline. Dorénavant, le héros national symbolisant le nouvel Israélien est incarné d’une part, par le soldat ayant combattu les Arabes pendant la guerre d’Indépendance et, d’autre part, par les révoltés des ghettos qui se sont soulevés contre les nazis durant le dernier conflit mondial&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 85.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le soldat de la guerre d’Indépendance représente tout de même la figure symbolique la plus stable et la plus estimée. La commémoration des soldats tombés pendant la guerre de 1948 commence avant même la fin de la guerre et s’amplifie d’une guerre à l’autre&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 86.&amp;lt;/ref&amp;gt;.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que dans les années 1950, l’État hébreu étant occupé, en plus de la construction du pays, à la défense de son territoire, la mémoire de la Shoah n’occupe qu’une place de figurant dans la mémoire nationale&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Bien que la loi de 1951, instaurant la « Journée de commémoration de la Shoah et de la révolte des ghettos » et celle de 1953, créant Yad Vashem, la mémoire du génocide juif ne bénéficie pas d’une représentation appropriée. En effet, comme l’indiquent le nom et la date de la « Journée de commémoration de la Shoah et de la révolte des ghettos » fixée le 27 du mois de ''Nissan'', en l’honneur des insurgés de la révolte du ghetto de Varsovie en 1943, la majeure partie de la commémoration se concentre sur les combattants des ghettos, considérés comme les précurseurs en diaspora des héros de la guerre d’Indépendance. Quant aux autres victimes, ils sont, dans l’indifférence générale, qualifiés avec mépris de « troupeaux qui s’étaient laissé conduire à l’abattoir »&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grâce à une nouvelle loi votée en 1959 sur la « Journée de commémoration de la Shoah et de l’héroïsme » et au très fort impact du procès Eichmann en 1961 à Jérusalem, la Shoah se retrouve au centre de la mémoire nationale&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 87.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Désormais, le génocide juif est indissociable de la construction de l’État d’Israël. Malgré le fait que la Shoah ne soit pas la cause de la création de l’État hébreu, elle a indéniablement accéléré la construction de l’État juif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les espaces mémoriaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Mont Herzl constitue le site central de commémoration de l’État d’Israël. En effet, y sont situés, en plus du cimetière militaire et les tombes des dirigeants de la nation, les tombes des pères du sionisme dont celle de Theodor Herzl ainsi que Yad Vashem. Enfin, lors de la guerre de 1948, de nombreux combats se sont déroulés le long des axes routiers, notamment sur la route de Latroun qui reliait Tel-Aviv à Jérusalem en passant par Ein Kérem. Cette route servait au ravitaillement de Jérusalem lors du siège de la ville par les Jordaniens. En souvenir de ces combats, une partie des véhicules détruits sont, le long de cette route, laissés sur le bas-côté, faisant d’elle un véritable musée à ciel ouvert. Aujourd’hui, il y à côté de cet axe, une voie rapide moderne, mais certains véhicules détruits sont encore visibles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, la loi de Yad Vashem est votée par la ''Knesset'' (Parlement israélien). Les mots ''Yad'' et ''Vashem'', qui en hébreu, veulent respectivement dire main ou mémorial et nom, s’inspirent de la prophétie d’Isaïe (56:5) : « Et je leur accorderai [le Seigneur] dans ma maison et dans mes murs une place (''Yad'') et un nom (''Shem'') qui ne périra jamais ». Cette loi mène à la création d’un centre de la mémoire pour les martyrs et les héros de la Shoah et accorde le droit de commémorer la Shoah à un niveau national&amp;lt;ref&amp;gt;NEUMAN Eran, ''Shoah Presence: Architectural Representations of the Holocaust'', Farnham, Burlington, Ashgate, p. 71.&amp;lt;/ref&amp;gt; faisant, par la même occasion, de Yad Vashem le centre national de la mémoire de la Shoah&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 74.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le mémorial de Yad Vashem a été bâti, de manière significative, sur le Mont Herzl juste à côté du tombeau du père du sionisme moderne, Theodor Herzl, soulignant ''de facto'' la relation entre la renaissance de l’État d’Israël et le génocide des Juifs d’Europe&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Crypte du souvenir a été inaugurée en 1961. Les architectes ont voulu ériger cette crypte comme un monument qui symbolise les six millions de victimes et la guerre menée par le peuple juif contre le nazisme&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 75.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De plus, le fait que des cendres de victimes reposent à l’intérieur de la Crypte rend, selon la loi juive, le lieu sacré, le transformant en cimetière. Le caractère sacré du lieu est renforcé par la Flamme éternelle en l’honneur de tous les disparus&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 76.&amp;lt;/ref&amp;gt;, laquelle se situant juste derrière la pierre tombale sous laquelle reposent les cendres de victimes. Enfin, figurent à l’intérieur du bâtiment, les noms de vingt-deux camps de concentration et d’extermination gravés en grandes lettres dans le sol. Les noms, écrits en caractère latin et hébreu, sont placés sur le sol de la Crypte selon un code géographique, correspondant à leur emplacement sur la carte de l’Europe&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 77.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ABITBOL Michel, ''Histoire d’Israël'', Paris, Perrin, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BEN RAFAEL Eliezer et KONOPNICKI Maurice, ''Jérusalem'', Paris, Presses Universitaires de France, 1997 [1987].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DIECKHOFF Alain (dir.), ''L’État d’Israël'', Paris, Fayard, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FORESTIER Sylvie, HAZAN-BRUNET Nathalie ''et alii'', ''Les vitraux de Chagall'', Paris, Citadelles &amp;amp; Mazenod, 2016. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NEUMAN Eran, ''Shoah Presence: Architectural Representations of the Holocaust'', Farnham, Burlington, Ashgate, 2014.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
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		<updated>2020-01-19T15:56:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
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|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:00:49&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Klein, Etienne&lt;br /&gt;
|apercu=Jérusalem.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Rolande Klein.&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israël, Beït Shean, Jérusalem, Mont Herzl, Tombeau de Theodor Herzl, Yad Vashem, Crypte du souvenir, Flamme éternelle, Ein Kérem, synagogue du centre médical Hadassah Ein Kérem.&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-01-05&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Heritage and tourism sites&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Visite filmée par Étienne Klein de Jérusalem et de ses environs en 1962.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Des gens ramassent des pommes de terre dans un ''kibboutz'' à Beït Shean à environ 130 km au nord de Jérusalem. Lent panoramique droit sur les vitraux de la synagogue du centre médical Hadassah Ein Kérem réalisés par Marc Chagall. Plan pris depuis l’entrée de la Crypte du souvenir à Yad Vashem. Ensuite, toujours dans la même séquence, un plan sur la Flamme éternelle qui se situe à l’intérieur de la Crypte du souvenir. Des habitations du village d’Ein Kérem, au sud du Mont Herzl, juste à côté de la clinique Hadassah. La route de Latroun qui passait par Ein Kérem avec sur le côté des véhicules détruits. Tombeau de Theodor Herzl se situant sur le Mont Herzl. Dernière séquence, encore une fois, sur les vitraux de la synagogue du centre médical Hadassah Ein Kérem.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Les Britanniques présents depuis 1917 sur le sol palestinien, subissent au courant de la Seconde Guerre mondiale, d’un côté, la pression des groupes paramilitaires juifs installés sur les terres palestiniennes et de l’autre, celle de la Maison Blanche, voyant dans la Palestine la terre originelle du peuple Juif sur laquelle les rescapés de la Shoah doivent s’établir. La Grande-Bretagne, étant affaiblie par le conflit, cède à ces différentes pressions et transmet le dossier palestinien à l’ONU au courant du mois de février 1947. Dès lors, fin août 1947, le Comité spécial des Nations unies sur la Palestine propose le partage de cette terre en deux États économiquement liés, avec pour Jérusalem et sa région, un statut spécial. Directement administrée par l’ONU, la région de Jérusalem doit constituer un ''corpus separatum''. La résolution sur le partage de la Palestine est adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 29 novembre 1947. Le lendemain, la guerre civile éclate entre les nationalistes juifs et palestiniens, sonnant le début du premier conflit israélo-arabe. La proclamation, par David Ben Gourion, de l’indépendance de l’État d’Israël, le 14 mai 1948, donne une nouvelle dimension au conflit. En effet, le lendemain, cinq armées arabes dont l’Égypte, la Transjordanie, la Syrie, le Liban et l’Irak attaquent l’État hébreu. L’issue de ce conflit est catastrophique pour les Arabes palestiniens, puisqu’environ 750 000 d’entre eux doivent quitter leurs foyers au cours de cette guerre. S’ajoute à ces réfugiés, le lourd tribut payer par les Arabes et les Juifs. Les pertes arabes s’élèvent à près de 10 000 personnes dont deux tiers de Palestiniens. Du côté israélien, 6 000 soldats et civils perdent la vie soit 1 % de la population juive de l’époque. Toutefois, si sur le plan politique, Israël a, en plus d’avoir définitivement gagné son indépendance, élargi ses frontières de 6 000 km2 par rapport au plan de partage de 1947, les régimes en place dans les États arabes sortent fragilisés par une défaite humiliante et le peuple palestinien se retrouve brisé, fragmenté et dispersé. Enfin, la partition de la ville de Jérusalem amène les Juifs à se regrouper à l’ouest et au sud de la ville, l’est étant entre les mains du royaume jordanien. Dès lors, le centre médical Hadassah, anciennement installé sur le mont Scopus, emménage, en 1961, à l’ouest de la ville dans le village d’Ein Kérem. En 1949, la dépouille de Theodor Herzl est, conformément à ses vœux, emmenée en Israël où elle repose sur une colline, elle aussi située à l’ouest de Jérusalem, rebaptisé en son honneur en 1951, mont Herzl. C’est d’ailleurs sur cette même colline qu’est construit, en 1953, le mémorial de Yad Vashem.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des symboles forts du judaïsme et de l’identité juive israélienne ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les vitraux de la synagogue du centre médical Hadassah Ein Kérem ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village d’Ein Kérem est un ancien village arabe situé à l’ouest dans des limites municipales de Jérusalem. Dans les années 1950, un village agricole y est fondé afin de former la jeunesse au travail de la terre. C’est dans les années 1960 que ce village accueille le centre médical Hadassah avec son hôpital et sa synagogue ainsi que la faculté de médecine de l’université hébraïque de Jérusalem.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les vitraux de la synagogue du centre médical Hadassah Ein Kérem ont été fabriqués, selon la technique traditionnelle du verre plaqué, en 1961, par Charles Marq et Brigitte Simon. Ils ne sont arrivés à Jérusalem qu’en 1962 pour l’inauguration officiel du temple, ayant avant été exposés au musée des Arts décoratifs de Paris ainsi qu’au Museum of Modern Art&amp;lt;ref&amp;gt;FORESTIER Sylvie, HAZAN-BRUNET Nathalie ''et alii'', ''Les vitraux de Chagall'', Paris, Citadelles &amp;amp; Mazenod, p. 78.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Réalisés par Marc Chagall, ces douze vitraux en plein-cintre, groupés par trois et orientés selon les quatre points cardinaux, représentent, autour du tabernacle, la répartition les douze tribus d’Israël dans le campement du désert&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour cela, Chagall se fonde sur les bénédictions prononcées, successivement par Jacob et Moïse, à la veille de leur mort. De plus, il ne choisit de ne représenter que les douze fils directs de Jacob, ces derniers étant les fondateurs des douze tribus, et oblitère délibérément les tribus de Manassé et d’Ephraïm&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;, toutes deux fondées par leur père, Joseph. Ainsi, ces vitraux nous racontent l’installation des Hébreux, plus précisément des douze tribus d’Israël, au Pays de Canaan, correspondant approximativement aujourd’hui aux territoires de l’État d’Israël, Territoires palestiniens, l’ouest de la Jordanie, le Liban et l’ouest de la Syrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le mur est, sont représentées les tribus de Ruben, Siméon et Lévi. Sur le mur sud les tribus de Juda, Zabulon et Issachar. Sur le mur ouest les tribus de Dan, Gad et Asher. Sur le mur nord les tribus de Nephtali, Joseph et Benjamin&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cependant, sur le film, les vitraux représentants les tribus de Ruben, Issachar et Dan n’apparaissent pas, peut-être à cause d’un problème au montage ou tout simplement parce que le caméraman ne les a pas filmés. Nous penchons pour la première option étant donné que les vitraux apparaissent sur la deuxième séquence avant de réapparaître sur la dernière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’entrée du temple se situant au sud, l’espace architectural accorde de fait une primauté au mur nord sur lequel se porte d’emblée le regard. En plaçant la figure de Joseph en son centre et au-dessus du tabernacle, Chagall confirme la désignation élective de ce dernier au sein des tribus d’Israël&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur les vitraux un cycle iconographique mêlant le bestiaire attaché aux fils de Jacob et les objets cérémoniels propres au culte hébraïque se développe. Ne tenant ni compte des couleurs des bannières des tribus, ni de celles des douze pierres du pectoral du grand-prêtre, Chagall interprète librement les bénédictions de Jacob et de Moïse et en extrait des couleurs – le bleu, le rouge, le jaune et le vert – dans un véritable cycle chromatique qui couronne le plan carré de l’édifice&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Bon Keren Kayemeth Leisrael.jpg|vignette|Bon du Keren Kayemeth Leisrael (K.K.L.) pour la plantation d'un arbre en Israël © DALTROFF Jean sur Le site du judaïsme d'Alsace et de Lorraine.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les ''kibboutzim'' ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Kibboutz.jpg|vignette|Kibboutz de Yas'ur au nord d'Israël dans le district de Haïfa en 1949 © Archives du Gouvernement israélien via Wikipédia.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de la deuxième ''alya'' (1904-1914), les Juifs venus majoritairement de Russie établissent les fondations du futur État hébreu, encore sous mandat Britannique (1920-1948). En effet, leur première tâche est d’établir une base économique autonome. Cette dernière amène à la naissance d’une nouvelle forme d’organisation agricole, la ''kvoutza'', l’ancêtre du ''kibboutz''&amp;lt;ref&amp;gt;DIECKHOFF Alain (dir.), ''L’État d’Israël'', Paris, Fayard, p. 15-16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La constitution d’une nation juive souveraine passe donc en premier lieu par l’indépendance économique, liée, bien évidemment, aux ''moshavim'' et au ''kvoutzavim''&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Depuis la mort de Theodor Herzl en 1904, l’Organisation sioniste mondiale dirigée par David Wolffsohn (1856-1914), s’est attelée à l’achat systématique de terres et au lancement de nouvelles expériences de colonisation agricole comme le ''moshav'' ou la ''kvoutza'', forme ancienne du ''kibboutz'', appelés à devenir les formes emblématiques de l’habitat rural sioniste entre les deux guerres mondiales&amp;lt;ref&amp;gt;ABITBOL Michel, ''Histoire d’Israël'', Paris, Perrin, p. 80.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De plus, n’apercevions-nous pas déjà sur les cartes d’entrée du premier congrès sioniste organisé par Theodor Herzl à Bâle en 1897, l’effigie d’un fermier juif labourant la terre de Palestine, préfigurant les premiers ''kibboutzim''&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 66.&amp;lt;/ref&amp;gt; ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Juifs, étant à l’origine un peuple de paysans, s’étaient, après deux mille ans de diaspora, peu à peu détachés de la terre. L’idéologie sioniste, se dressant contre la vie en diaspora, prône quant à elle, un retour à l’état « originel » des Juifs par la création d’un homme nouveau, un paysan-soldat qui retrouve son honneur en même temps que sa terre&amp;lt;ref&amp;gt;DIECKHOFF (dir.), ''op. cit.'', p. 238.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, les ''kibboutzim'' permettent, en plus de créer des emplois pour les nouveaux immigrants, d’occuper des endroits stratégiques tout en assurant une certaine sécurité alimentaire. Ainsi, le développement agricole est, depuis la période mandataire, lié à ces deux structures : le ''kibboutz'', signifiant littéralement « rassemblement » et le ''moshav'', « établissement », fonctionnant, pour le premier, comme une communauté collectiviste et pour le second comme un village coopératif. ''Kibboutzim'' et ''moshavim'' constituent le cœur de l’essor agricole juif israélien, si bien qu’avec l’indépendance de l’État hébreu et l’immigration massive des années 1950, le nombre de communautés agricoles passe de 300 à 600&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 238-239.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La politique mémorielle d’Israël.  De la mémoire sioniste et guerrière à la mémoire de la Shoah ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La mémoire nationale après la guerre d’Indépendance ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1948, la mémoire nationale israélienne se focalise surtout les événements ayant eu lieu après les années 1940&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 85.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les héros du siège de Massada, en 73 de notre ère, qui, préférant se rendre aux Romains, s’étaient donnés la mort ou même Yosef Trumpleldor érigé en héros après sa disparition ainsi que de celle de cinq de ses compagnons durant la bataille de Tel Haï en 1920 qui opposait des colons juifs à un groupe d’Arabes&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 84.&amp;lt;/ref&amp;gt; semblent, en 1948, d’une autre époque. Ils ne disparaissent pas totalement de l’espace mémoriel, mais leur importance décline. Dorénavant, le héros national symbolisant le nouvel Israélien est incarné d’une part, par le soldat ayant combattu les Arabes pendant la guerre d’Indépendance et, d’autre part, par les révoltés des ghettos qui se sont soulevés contre les nazis durant le dernier conflit mondial&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 85.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le soldat de la guerre d’Indépendance représente tout de même la figure symbolique la plus stable et la plus estimée. La commémoration des soldats tombés pendant la guerre de 1948 commence avant même la fin de la guerre et s’amplifie d’une guerre à l’autre&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 86.&amp;lt;/ref&amp;gt;.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que dans les années 1950, l’État hébreu étant occupé, en plus de la construction du pays, à la défense de son territoire, la mémoire de la Shoah n’occupe qu’une place de figurant dans la mémoire nationale&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Bien que la loi de 1951, instaurant la « Journée de commémoration de la Shoah et de la révolte des ghettos » et celle de 1953, créant Yad Vashem, la mémoire du génocide juif ne bénéficie pas d’une représentation appropriée. En effet, comme l’indiquent le nom et la date de la « Journée de commémoration de la Shoah et de la révolte des ghettos » fixée le 27 du mois de ''Nissan'', en l’honneur des insurgés de la révolte du ghetto de Varsovie en 1943, la majeure partie de la commémoration se concentre sur les combattants des ghettos, considérés comme les précurseurs en diaspora des héros de la guerre d’Indépendance. Quant aux autres victimes, ils sont, dans l’indifférence générale, qualifiés avec mépris de « troupeaux qui s’étaient laissé conduire à l’abattoir »&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grâce à une nouvelle loi votée en 1959 sur la « Journée de commémoration de la Shoah et de l’héroïsme » et au très fort impact du procès Eichmann en 1961 à Jérusalem, la Shoah se retrouve au centre de la mémoire nationale&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 87.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Désormais, le génocide juif est indissociable de la construction de l’État d’Israël. Malgré le fait que la Shoah ne soit pas la cause de la création de l’État hébreu, elle a indéniablement accéléré la construction de l’État juif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les espaces mémoriaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Mont Herzl constitue le site central de commémoration de l’État d’Israël. En effet, y sont situés, en plus du cimetière militaire et les tombes des dirigeants de la nation, les tombes des pères du sionisme dont celle de Theodor Herzl ainsi que Yad Vashem. Enfin, lors de la guerre de 1948, de nombreux combats se sont déroulés le long des axes routiers, notamment sur la route de Latroun qui reliait Tel-Aviv à Jérusalem en passant par Ein Kérem. Cette route servait au ravitaillement de Jérusalem lors du siège de la ville par les Jordaniens. En souvenir de ces combats, une partie des véhicules détruits sont, le long de cette route, laissés sur le bas-côté, faisant d’elle un véritable musée à ciel ouvert. Aujourd’hui, il y à côté de cet axe, une voie rapide moderne, mais certains véhicules détruits sont encore visibles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, la loi de Yad Vashem est votée par la ''Knesset'' (Parlement israélien). Les mots ''Yad'' et ''Vashem'', qui en hébreu, veulent respectivement dire main ou mémorial et nom, s’inspirent de la prophétie d’Isaïe (56:5) : « Et je leur accorderai [le Seigneur] dans ma maison et dans mes murs une place (''Yad'') et un nom (''Shem'') qui ne périra jamais ». Cette loi mène à la création d’un centre de la mémoire pour les martyrs et les héros de la Shoah et accorde le droit de commémorer la Shoah à un niveau national&amp;lt;ref&amp;gt;NEUMAN Eran, ''Shoah Presence: Architectural Representations of the Holocaust'', Farnham, Burlington, Ashgate, p. 71.&amp;lt;/ref&amp;gt; faisant, par la même occasion, de Yad Vashem le centre national de la mémoire de la Shoah&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 74.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le mémorial de Yad Vashem a été bâti, de manière significative, sur le Mont Herzl juste à côté du tombeau du père du sionisme moderne, Theodor Herzl, soulignant ''de facto'' la relation entre la renaissance de l’État d’Israël et le génocide des Juifs d’Europe&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Crypte du souvenir a été inaugurée en 1961. Les architectes ont voulu ériger cette crypte comme un monument qui symbolise les six millions de victimes et la guerre menée par le peuple juif contre le nazisme&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 75.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De plus, le fait que des cendres de victimes reposent à l’intérieur de la Crypte rend, selon la loi juive, le lieu sacré, le transformant en cimetière. Le caractère sacré du lieu est renforcé par la Flamme éternelle en l’honneur de tous les disparus&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 76.&amp;lt;/ref&amp;gt;, laquelle se situant juste derrière la pierre tombale sous laquelle reposent les cendres de victimes. Enfin, figurent à l’intérieur du bâtiment, les noms de vingt-deux camps de concentration et d’extermination gravés en grandes lettres dans le sol. Les noms, écrits en caractère latin et hébreu, sont placés sur le sol de la Crypte selon un code géographique, correspondant à leur emplacement sur la carte de l’Europe&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 77.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ABITBOL Michel, ''Histoire d’Israël'', Paris, Perrin, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BEN RAFAEL Eliezer et KONOPNICKI Maurice, ''Jérusalem'', Paris, Presses Universitaires de France, 1997 [1987].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DIECKHOFF Alain (dir.), ''L’État d’Israël'', Paris, Fayard, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FORESTIER Sylvie, HAZAN-BRUNET Nathalie ''et alii'', ''Les vitraux de Chagall'', Paris, Citadelles &amp;amp; Mazenod, 2016. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NEUMAN Eran, ''Shoah Presence: Architectural Representations of the Holocaust'', Farnham, Burlington, Ashgate, 2014.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=J%C3%A9rusalem_(0016FH0017)&amp;diff=13603</id>
		<title>Jérusalem (0016FH0017)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=J%C3%A9rusalem_(0016FH0017)&amp;diff=13603"/>
		<updated>2020-01-19T15:54:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Visite filmée de Jérusalem et de ses environs&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
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|dateDebut=1962&lt;br /&gt;
|video=0016FH0017_1&lt;br /&gt;
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|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
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|personnages_identifies=Rolande Klein.&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Israël, Beït Shean, Jérusalem, Mont Herzl, Tombeau de Theodor Herzl, Yad Vashem, Crypte du souvenir, Flamme éternelle, Ein Kérem, synagogue du centre médical Hadassah Ein Kérem.&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-01-05&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Heritage and tourism sites&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Visite filmée par Étienne Klein de Jérusalem et de ses environs en 1962.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Des gens ramassent des pommes de terre dans un ''kibboutz'' à Beït Shean à environ 130 km au nord de Jérusalem. Lent panoramique droit sur les vitraux de la synagogue du centre médical Hadassah Ein Kérem réalisés par Marc Chagall. Plan pris depuis l’entrée de la Crypte du souvenir à Yad Vashem. Ensuite, toujours dans la même séquence, un plan sur la Flamme éternelle qui se situe à l’intérieur de la Crypte du souvenir. Des habitations du village d’Ein Kérem, au sud du Mont Herzl, juste à côté de la clinique Hadassah. La route de Latroun qui passait par Ein Kérem avec sur le côté des véhicules détruits. Tombeau de Theodor Herzl se situant sur le Mont Herzl. Dernière séquence, encore une fois, sur les vitraux de la synagogue du centre médical Hadassah Ein Kérem.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Les Britanniques présents depuis 1917 sur le sol palestinien, subissent au courant de la Seconde Guerre mondiale, d’un côté, la pression des groupes paramilitaires juifs installés sur les terres palestiniennes et de l’autre, celle de la Maison Blanche, voyant dans la Palestine la terre originelle du peuple Juif sur laquelle les rescapés de la Shoah doivent s’établir. La Grande-Bretagne, étant affaiblie par le conflit, cède à ces différentes pressions et transmet le dossier palestinien à l’ONU au courant du mois de février 1947. Dès lors, fin août 1947, le Comité spécial des Nations unies sur la Palestine propose le partage de cette terre en deux États économiquement liés, avec pour Jérusalem et sa région, un statut spécial. Directement administrée par l’ONU, la région de Jérusalem doit constituer un ''corpus separatum''. La résolution sur le partage de la Palestine est adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 29 novembre 1947. Le lendemain, la guerre civile éclate entre les nationalistes juifs et palestiniens, sonnant le début du premier conflit israélo-arabe. La proclamation, par David Ben Gourion, de l’indépendance de l’État d’Israël, le 14 mai 1948, donne une nouvelle dimension au conflit. En effet, le lendemain, cinq armées arabes dont l’Égypte, la Transjordanie, la Syrie, le Liban et l’Irak attaquent l’État hébreu. L’issue de ce conflit est catastrophique pour les Arabes palestiniens, puisqu’environ 750 000 d’entre eux doivent quitter leurs foyers au cours de cette guerre. S’ajoute à ces réfugiés, le lourd tribut payer par les Arabes et les Juifs. Les pertes arabes s’élèvent à près de 10 000 personnes dont deux tiers de Palestiniens. Du côté israélien, 6 000 soldats et civils perdent la vie soit 1 % de la population juive de l’époque. Toutefois, si sur le plan politique, Israël a, en plus d’avoir définitivement gagné son indépendance, élargi ses frontières de 6 000 km2 par rapport au plan de partage de 1947, les régimes en place dans les États arabes sortent fragilisés par une défaite humiliante et le peuple palestinien se retrouve brisé, fragmenté et dispersé. Enfin, la partition de la ville de Jérusalem amène les Juifs à se regrouper à l’ouest et au sud de la ville, l’est étant entre les mains du royaume jordanien. Dès lors, le centre médical Hadassah, anciennement installé sur le mont Scopus, emménage, en 1961, à l’ouest de la ville dans le village d’Ein Kérem. En 1949, la dépouille de Theodor Herzl est, conformément à ses vœux, emmenée en Israël où elle repose sur une colline, elle aussi située à l’ouest de Jérusalem, rebaptisé en son honneur en 1951, mont Herzl. C’est d’ailleurs sur cette même colline qu’est construit, en 1953, le mémorial de Yad Vashem.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des symboles forts du judaïsme et de l’identité juive israélienne ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les vitraux de la synagogue du centre médical Hadassah Ein Kérem ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village d’Ein Kérem est un ancien village arabe situé à l’ouest dans des limites municipales de Jérusalem. Dans les années 1950, un village agricole y est fondé afin de former la jeunesse au travail de la terre. C’est dans les années 1960 que ce village accueille le centre médical Hadassah avec son hôpital et sa synagogue ainsi que la faculté de médecine de l’université hébraïque de Jérusalem.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les vitraux de la synagogue du centre médical Hadassah Ein Kérem ont été fabriqués, selon la technique traditionnelle du verre plaqué, en 1961, par Charles Marq et Brigitte Simon. Ils ne sont arrivés à Jérusalem qu’en 1962 pour l’inauguration officiel du temple, ayant avant été exposés au musée des Arts décoratifs de Paris ainsi qu’au Museum of Modern Art&amp;lt;ref&amp;gt;FORESTIER Sylvie, HAZAN-BRUNET Nathalie ''et alii'', ''Les vitraux de Chagall'', Paris, Citadelles &amp;amp; Mazenod, p. 78.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Réalisés par Marc Chagall, ces douze vitraux en plein-cintre, groupés par trois et orientés selon les quatre points cardinaux, représentent, autour du tabernacle, la répartition les douze tribus d’Israël dans le campement du désert&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour cela, Chagall se fonde sur les bénédictions prononcées, successivement par Jacob et Moïse, à la veille de leur mort. De plus, il ne choisit de ne représenter que les douze fils directs de Jacob, ces derniers étant les fondateurs des douze tribus, et oblitère délibérément les tribus de Manassé et d’Ephraïm&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;, toutes deux fondées par leur père, Joseph. Ainsi, ces vitraux nous racontent l’installation des Hébreux, plus précisément des douze tribus d’Israël, au Pays de Canaan, correspondant approximativement aujourd’hui aux territoires de l’État d’Israël, Territoires palestiniens, l’ouest de la Jordanie, le Liban et l’ouest de la Syrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le mur est, sont représentées les tribus de Ruben, Siméon et Lévi. Sur le mur sud les tribus de Juda, Zabulon et Issachar. Sur le mur ouest les tribus de Dan, Gad et Asher. Sur le mur nord les tribus de Nephtali, Joseph et Benjamin&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cependant, sur le film, les vitraux représentants les tribus de Ruben, Issachar et Dan n’apparaissent pas, peut-être à cause d’un problème au montage ou tout simplement parce que le caméraman ne les a pas filmés. Nous penchons pour la première option étant donné que les vitraux apparaissent sur la deuxième séquence avant de réapparaître sur la dernière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’entrée du temple se situant au sud, l’espace architectural accorde de fait une primauté au mur nord sur lequel se porte d’emblée le regard. En plaçant la figure de Joseph en son centre et au-dessus du tabernacle, Chagall confirme la désignation élective de ce dernier au sein des tribus d’Israël&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur les vitraux un cycle iconographique mêlant le bestiaire attaché aux fils de Jacob et les objets cérémoniels propres au culte hébraïque se développe. Ne tenant ni compte des couleurs des bannières des tribus, ni de celles des douze pierres du pectoral du grand-prêtre, Chagall interprète librement les bénédictions de Jacob et de Moïse et en extrait des couleurs – le bleu, le rouge, le jaune et le vert – dans un véritable cycle chromatique qui couronne le plan carré de l’édifice&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Bon Keren Kayemeth Leisrael.jpg|vignette|Bon du Keren Kayemeth Leisrael (K.K.L.) pour la plantation d'un arbre en Israël © DALTROFF Jean sur Le site du judaïsme d'Alsace et de Lorraine.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les ''kibboutzim'' ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Bon Keren Kayemeth Leisrael.jpg|vignette|Bon du Keren Kayemeth Leisrael (K.K.L.) pour la plantation d'un arbre en Israël © DALTROFF Jean sur Le site du judaïsme d'Alsace et de Lorraine.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de la deuxième ''alya'' (1904-1914), les Juifs venus majoritairement de Russie établissent les fondations du futur État hébreu, encore sous mandat Britannique (1920-1948). En effet, leur première tâche est d’établir une base économique autonome. Cette dernière amène à la naissance d’une nouvelle forme d’organisation agricole, la ''kvoutza'', l’ancêtre du ''kibboutz''&amp;lt;ref&amp;gt;DIECKHOFF Alain (dir.), ''L’État d’Israël'', Paris, Fayard, p. 15-16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La constitution d’une nation juive souveraine passe donc en premier lieu par l’indépendance économique, liée, bien évidemment, aux ''moshavim'' et au ''kvoutzavim''&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Depuis la mort de Theodor Herzl en 1904, l’Organisation sioniste mondiale dirigée par David Wolffsohn (1856-1914), s’est attelée à l’achat systématique de terres et au lancement de nouvelles expériences de colonisation agricole comme le ''moshav'' ou la ''kvoutza'', forme ancienne du ''kibboutz'', appelés à devenir les formes emblématiques de l’habitat rural sioniste entre les deux guerres mondiales&amp;lt;ref&amp;gt;ABITBOL Michel, ''Histoire d’Israël'', Paris, Perrin, p. 80.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De plus, n’apercevions-nous pas déjà sur les cartes d’entrée du premier congrès sioniste organisé par Theodor Herzl à Bâle en 1897, l’effigie d’un fermier juif labourant la terre de Palestine, préfigurant les premiers ''kibboutzim''&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 66.&amp;lt;/ref&amp;gt; ? [[Fichier:Kibboutz.jpg|vignette|Kibboutz de Yas'ur au nord d'Israël dans le district de Haïfa en 1949 © Archives du Gouvernement israélien via Wikipédia.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Juifs, étant à l’origine un peuple de paysans, s’étaient, après deux mille ans de diaspora, peu à peu détachés de la terre. L’idéologie sioniste, se dressant contre la vie en diaspora, prône quant à elle, un retour à l’état « originel » des Juifs par la création d’un homme nouveau, un paysan-soldat qui retrouve son honneur en même temps que sa terre&amp;lt;ref&amp;gt;DIECKHOFF (dir.), ''op. cit.'', p. 238.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, les ''kibboutzim'' permettent, en plus de créer des emplois pour les nouveaux immigrants, d’occuper des endroits stratégiques tout en assurant une certaine sécurité alimentaire. Ainsi, le développement agricole est, depuis la période mandataire, lié à ces deux structures : le ''kibboutz'', signifiant littéralement « rassemblement » et le ''moshav'', « établissement », fonctionnant, pour le premier, comme une communauté collectiviste et pour le second comme un village coopératif. ''Kibboutzim'' et ''moshavim'' constituent le cœur de l’essor agricole juif israélien, si bien qu’avec l’indépendance de l’État hébreu et l’immigration massive des années 1950, le nombre de communautés agricoles passe de 300 à 600&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 238-239.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La politique mémorielle d’Israël.  De la mémoire sioniste et guerrière à la mémoire de la Shoah ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La mémoire nationale après la guerre d’Indépendance ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1948, la mémoire nationale israélienne se focalise surtout les événements ayant eu lieu après les années 1940&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 85.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les héros du siège de Massada, en 73 de notre ère, qui, préférant se rendre aux Romains, s’étaient donnés la mort ou même Yosef Trumpleldor érigé en héros après sa disparition ainsi que de celle de cinq de ses compagnons durant la bataille de Tel Haï en 1920 qui opposait des colons juifs à un groupe d’Arabes&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 84.&amp;lt;/ref&amp;gt; semblent, en 1948, d’une autre époque. Ils ne disparaissent pas totalement de l’espace mémoriel, mais leur importance décline. Dorénavant, le héros national symbolisant le nouvel Israélien est incarné d’une part, par le soldat ayant combattu les Arabes pendant la guerre d’Indépendance et, d’autre part, par les révoltés des ghettos qui se sont soulevés contre les nazis durant le dernier conflit mondial&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 85.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le soldat de la guerre d’Indépendance représente tout de même la figure symbolique la plus stable et la plus estimée. La commémoration des soldats tombés pendant la guerre de 1948 commence avant même la fin de la guerre et s’amplifie d’une guerre à l’autre&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 86.&amp;lt;/ref&amp;gt;.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que dans les années 1950, l’État hébreu étant occupé, en plus de la construction du pays, à la défense de son territoire, la mémoire de la Shoah n’occupe qu’une place de figurant dans la mémoire nationale&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Bien que la loi de 1951, instaurant la « Journée de commémoration de la Shoah et de la révolte des ghettos » et celle de 1953, créant Yad Vashem, la mémoire du génocide juif ne bénéficie pas d’une représentation appropriée. En effet, comme l’indiquent le nom et la date de la « Journée de commémoration de la Shoah et de la révolte des ghettos » fixée le 27 du mois de ''Nissan'', en l’honneur des insurgés de la révolte du ghetto de Varsovie en 1943, la majeure partie de la commémoration se concentre sur les combattants des ghettos, considérés comme les précurseurs en diaspora des héros de la guerre d’Indépendance. Quant aux autres victimes, ils sont, dans l’indifférence générale, qualifiés avec mépris de « troupeaux qui s’étaient laissé conduire à l’abattoir »&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grâce à une nouvelle loi votée en 1959 sur la « Journée de commémoration de la Shoah et de l’héroïsme » et au très fort impact du procès Eichmann en 1961 à Jérusalem, la Shoah se retrouve au centre de la mémoire nationale&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 87.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Désormais, le génocide juif est indissociable de la construction de l’État d’Israël. Malgré le fait que la Shoah ne soit pas la cause de la création de l’État hébreu, elle a indéniablement accéléré la construction de l’État juif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les espaces mémoriaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Mont Herzl constitue le site central de commémoration de l’État d’Israël. En effet, y sont situés, en plus du cimetière militaire et les tombes des dirigeants de la nation, les tombes des pères du sionisme dont celle de Theodor Herzl ainsi que Yad Vashem. Enfin, lors de la guerre de 1948, de nombreux combats se sont déroulés le long des axes routiers, notamment sur la route de Latroun qui reliait Tel-Aviv à Jérusalem en passant par Ein Kérem. Cette route servait au ravitaillement de Jérusalem lors du siège de la ville par les Jordaniens. En souvenir de ces combats, une partie des véhicules détruits sont, le long de cette route, laissés sur le bas-côté, faisant d’elle un véritable musée à ciel ouvert. Aujourd’hui, il y à côté de cet axe, une voie rapide moderne, mais certains véhicules détruits sont encore visibles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, la loi de Yad Vashem est votée par la ''Knesset'' (Parlement israélien). Les mots ''Yad'' et ''Vashem'', qui en hébreu, veulent respectivement dire main ou mémorial et nom, s’inspirent de la prophétie d’Isaïe (56:5) : « Et je leur accorderai [le Seigneur] dans ma maison et dans mes murs une place (''Yad'') et un nom (''Shem'') qui ne périra jamais ». Cette loi mène à la création d’un centre de la mémoire pour les martyrs et les héros de la Shoah et accorde le droit de commémorer la Shoah à un niveau national&amp;lt;ref&amp;gt;NEUMAN Eran, ''Shoah Presence: Architectural Representations of the Holocaust'', Farnham, Burlington, Ashgate, p. 71.&amp;lt;/ref&amp;gt; faisant, par la même occasion, de Yad Vashem le centre national de la mémoire de la Shoah&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 74.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le mémorial de Yad Vashem a été bâti, de manière significative, sur le Mont Herzl juste à côté du tombeau du père du sionisme moderne, Theodor Herzl, soulignant ''de facto'' la relation entre la renaissance de l’État d’Israël et le génocide des Juifs d’Europe&amp;lt;ref&amp;gt;''Id''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Crypte du souvenir a été inaugurée en 1961. Les architectes ont voulu ériger cette crypte comme un monument qui symbolise les six millions de victimes et la guerre menée par le peuple juif contre le nazisme&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 75.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De plus, le fait que des cendres de victimes reposent à l’intérieur de la Crypte rend, selon la loi juive, le lieu sacré, le transformant en cimetière. Le caractère sacré du lieu est renforcé par la Flamme éternelle en l’honneur de tous les disparus&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 76.&amp;lt;/ref&amp;gt;, laquelle se situant juste derrière la pierre tombale sous laquelle reposent les cendres de victimes. Enfin, figurent à l’intérieur du bâtiment, les noms de vingt-deux camps de concentration et d’extermination gravés en grandes lettres dans le sol. Les noms, écrits en caractère latin et hébreu, sont placés sur le sol de la Crypte selon un code géographique, correspondant à leur emplacement sur la carte de l’Europe&amp;lt;ref&amp;gt;''Ibid''., p. 77.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=ABITBOL Michel, ''Histoire d’Israël'', Paris, Perrin, 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BEN RAFAEL Eliezer et KONOPNICKI Maurice, ''Jérusalem'', Paris, Presses Universitaires de France, 1997 [1987].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DIECKHOFF Alain (dir.), ''L’État d’Israël'', Paris, Fayard, 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FORESTIER Sylvie, HAZAN-BRUNET Nathalie ''et alii'', ''Les vitraux de Chagall'', Paris, Citadelles &amp;amp; Mazenod, 2016. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NEUMAN Eran, ''Shoah Presence: Architectural Representations of the Holocaust'', Farnham, Burlington, Ashgate, 2014.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Mariage_(0016FH0019)&amp;diff=13602</id>
		<title>Mariage (0016FH0019)</title>
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		<updated>2020-01-19T15:53:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nicolas Laugel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le mariage d'Annette Klein et Pascal Weill&lt;br /&gt;
|fonds=Klein&lt;br /&gt;
|idSupport=0016FH0019&lt;br /&gt;
|dateDebut=1971&lt;br /&gt;
|video=0016FH0019_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:13:07&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Oui&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|apercu=Mariage_juif.jpg&lt;br /&gt;
|personnages_identifies=Étienne Klein, Rolande Klein, Marc-Henri Klein, Annette Klein, Nadine Klein, Philippe Klein, Laurence Klein, Yves Klein, Georges Weill, Janine Weill, Pascal Weill, Philippe Kahn, Lise Kahn, Max Warschawski, Claude Spingarn, Samuel Yaffe-Schelsinger, Eliyahou Abitbol, André Neher, Renée Neher, Benno Gross.&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=France, Strasbourg, Association Sportive Menora, centre communautaire de la grande synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
|username=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|userrealname=Nicolas Laugel&lt;br /&gt;
|datesignature=2020-01-05&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Wedding&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Cérémonie filmée du mariage d’Annette Klein et Pascal Weill à Strasbourg en 1971.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le marié, Pascal Weill, est emmené à la ''houppa'' (dais nuptial) par son père, Georges Weill, à sa droite, et Étienne Klein, son futur beau-père, à sa gauche. Puis c’est au tour de la mariée, Annette Klein, d’être accompagnée au dais nuptial par sa mère, Rolande Klein, à sa droite, et par Janine Weill, sa future belle-mère, à sa gauche. Les mariés sont assis dans le dais, on leur pose le ''talit'' (châle de prière) sur les épaules. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gros plan sur les invités puis lent panoramique droit sur ces derniers. Gros plans sur le Grand Rabin Max Warschawski prononçant un discours. Le Grand Rabbin est pris de dos, toujours pendant son discours, on aperçoit la mère de la mariée et son arrière-grand-mère. Lent panoramique gauche sur les invités répartis derrière ainsi qu’à droite et à gauche de la houppa.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les mariés se lèvent. Du vin est versé dans un verre en argent. Très gros plan sur les mariés, des membres de la famille son de dos au premier plan. Le rabbin orthodoxe Schlesinger lit l’acte de mariage (''ketouba''), Étienne Klein est à droite du plan, nous apercevons au second plan la mariée et plus difficilement le marié. Les mariés sont assis, Annette tient son bouquet de fleurs, son père apparaît encore une fois à droite du plan, derrière nous voyons les invités. Très gros plan sur la mariée souriante puis sur le marié. Un nouveau gros plan sur les mariés où leurs visages laissent transparaître leur joie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plans successifs sur les parents des mariés puis sur des membres de la famille. Les hommes sont séparés des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toujours dans le dais, le Grand Rabbin Warschawski donne le verre de vin à Janine Weill, la mère du marié, puis à son fils Pascal. Ensuite, il le donne à Rolande Klein, la mère de la mariée, puis à sa fille Annette. Dès que les mariés ont bu le vin, ils récitent une prière, une fois cette dernière récitée, on leur ôte le ''talit''. Au premier plan, le Grand Rabbin félicite le père de la mariée, Étienne Klein. Au second plan ainsi que sur le suivant, les membres de la famille félicitent les mariés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gros plans sur les mariés qui avancent au milieu des invités, très gros plan sur le marié, regard caméra. Les mariés ainsi que les deux familles prennent place debout dans une salle à côté de l’entrée. Les invités viennent féliciter les mariés et les membres des deux familles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gros plan sur un panier de légumes puis sur les tables remplies de nourriture. Panoramique gauche sur les jus de fruits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gros plan sur un bouquet de fleurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Successions de gros plans sur les invités qui discutent et profitent du buffet. Très gros plan sur Philippe (5’14), le petit frère d’Annette, qui discute avec une fille. Des invités sortent d’un bâtiment. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plan sur la foule pris depuis le toit de ce même bâtiment, au second plan un stade de football. Toujours depuis le toit, une succession de gros plans, sur les invités et la famille, dont Philippe Klein (5’48), qui discutent, mangent et rigolent. Très gros plan sur un enfant qui parle puis sur Laurence (6’), la plus petite sœur d’Annette. Au premier plan, une jeune femme souriante est en train de manger. Laurence semble fuir l’objectif de la caméra qui la suit. Le caméraman place la focale sur la sœur du marié (6’04), qui mange en marchant avant de s’arrêter pour discuter, le sourire aux lèvres, avec deux dames. Très gros plan sur un enfant dont l’objectif de la caméra le fait sourire. Ensuite, le caméraman fixe un homme discutant avec une femme et pointant du doigt la foule, la caméra suit cet homme qui continue de discuter tout en marchant. Successions de plans sur lesquels apparaissent successivement, le marié accompagné d’un jeune homme faisant un geste de la main (6’26), le marié seul qui semble chercher quelqu’un (6’28), la mariée entourée de ses invités (6’30) puis le marié venant chercher sa femme (6’32). Ils saluent une dame. La mariée est à nouveau seule, discutant avec un homme le sourire aux lèvres (6’39). Georges Weill, le père du marié, apparaît sur le plan suivant (6’42), il est suivi d’Étienne Klein (6’44), le père de la mariée. Le caméraman suit Georges Weill avant de placer la focale sur Rolande Klein et sa fille Nadine (6’50). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les plans suivants se concentrent sur la ''hora'', danse pratiquée dans les kibboutzim en Israël. Les mariés sont placés sur des chaises au centre d’un cercle formé par les invités qui dansent autour de ces derniers. Rolande Klein passe, au premier plan, devant l’objectif de la caméra (6’51). Le deuxième plan de cette séquence se focalise sur les mariés souriants et rigolant pendant que les invités dansent autour. Puis nous voyons défiler, sur l’objectif de la caméra, les invités ainsi que le père du marié (7’16) et le rabbin Eliyahou Abitbol (7’26) en train de danser, chanter, taper des mains. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Succession de gros plans sur des membres de la famille et les invités qui discutent, rigolent et boivent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Très gros plan sur les mains de la mariée tenant son bouquet de fleurs. Le caméraman fait un zoom arrière afin d’avoir le couple qui semble tenir la pose pour des photographies. Nous apercevons ensuite les membres des deux familles ainsi que les invités. Étienne Klein apparaît, appareil photo en mains, en train d’immortaliser le moment. La séance photo se poursuit, les membres des deux familles défilent aux côtés des mariés, Étienne Klein prend quelques photos. Le dernier plan de la séquence montre les deux familles réunies au complet autour des mariés. À gauche, Étienne Klein est entre sa femme, Rolande, et son fils aîné, Marc-Henri. Laurence, la plus petite fille de la famille Klein, est agenouillée à gauche. La mariée, Annette Klein, est au centre. Elle est entourée par son mari, Pascal Weill, et la sœur de ce dernier. Enfin, à la gauche du marié, nous apercevons sa mère, Janine Weill, et plus difficilement son père, Georges Weill. À droite du plan, Nadine Klein cache son frère Philippe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À nouveau une ''hora'' avec la chaise sur laquelle on porte la mariée, le marié est donc seul, nous voyons, au deuxième plan, Étienne Klein et son fils Marc-Henri en train de danser (8’34).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Très gros plan sur le bouquet qui a déjà été filmé. Les mariés sont attablés, les invités dansent en file indienne autour d’eux. Tous les membres de la famille et les invités sont réunis dans une salle pour passer la soirée ensemble. Ils dînent, discutent, rigolent. Gros plan sur Renée et André Neher (9’22). Georges Weill, le père du marié, fait un discours. Le caméraman filme la table où sont installés les enfants dont Philippe Klein. Nous apercevons à nouveau, à côté de Georges Weill fumant le cigare, André Neher et sa femme, Renée (9’51). La focale est ensuite placée sur les mariés souriants et assis aux côtés des différents membres des deux familles. La mariée et sa sœur, Nadine, regardent la scène (10’06), un homme fait un discours. Très gros plan sur Benno Gross (10’09) remettant sa cravate, souriant et rigolant avant de faire un discours. Gros plan sur lequel apparaît l’arrière-grand-mère de la mariée qui se cache de la lumière (10’17) puis un autre sur lequel figure la mère du marié (10’21). Deux jeunes garçons chantent une chanson. Le petit frère de la mariée, Philippe, est à la guitare, et Philippe Kahn, un des fils des amis de la famille Klein est au chant. Étienne Klein est au micro puis vient le père du marié, Georges Weill. Dernier plan sur la table des mariés, regards caméra. Gros plan sur des verres en argent que l’on remplit de vin.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Si la guerre d'Indépendance de 1948 avait déjà entraîné le départ de membres de la communauté juive de Strasbourg vers Israël, la guerre des Six Jours est le point de départ d'un véritable mouvement d'''alya'' (montée). Après ce nouveau conflit, les guides spirituels et dirigeants communautaires quittent l'Alsace pour Israël. Parmi eux Renée et André Neher ainsi que Miryam et Benno et Gross. Ces intellectuels avaient, au sortir de la guerre, compris, face aux horreurs de la Shoah, l'importance de donner à la jeunesse une éducation juive afin de« forger des juifs de conviction et non plus de condition » &amp;lt;ref&amp;gt;RAPHAËL Freddy, ''Les Juifs d'Alsace et de Lorraine de 1870 à nos jours'', Strasbourg, La Nuée Bleue, p. 209.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, les disciples d'André Néher, les élèves de Benno Gross, tous ces jeunes qui avaient été éduqués à l'école juive et pour certains suivi les cours de littérature post-biblique, chaire spécialement créée pour André Neher en 1955 à l'Université de Strasbourg, ainsi qu'à travers les mouvements de jeunesse décident à leur tour de partir. Bon nombre d'entre eux ne tarde pas à être rejoint par leurs parents. « Les liens forts que le judaïsme alsacien et lorrain entretien avec Israël ont été pour lui un facteur décisif de son renouvellement à la faveur de voyages et de séjours plus ou moins longs »&amp;lt;ref&amp;gt; ''Ibid''., p. 223.&amp;lt;/ref&amp;gt;. À partir de ce moment-là, la communauté juive de Strasbourg est dirigée par des hommes politiques comme Jean Kahn et non plus par des intellectuels. Cela n’est pas sans conséquence après le massacre de Sabra et Chatila en 1982 puisque l’on passe d’un soutien des intellectuels à Israël comme peuple juif à un soutien à l’État d’Israël, c’est-à-dire à ses dirigeants politiques par les responsables communautaires. Alors qu’avant, il s’agissait d’un soutien populaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un mariage orthodoxe ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mariage se déroule, à la manière du film, en deux parties. La première, les ''kiddoushin'' (fiançailles) se passent au complexe sportif de l'A.S. Menora à Strasbourg. La seconde, les ''nissouin'' (mariage) se déroulent au centre communautaire de la grande synagogue de la Paix de Strasbourg.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout comme chez les chrétiens, où le père emmène sa fille à l’autel, pendant que le futur mari, qui y a déjà été conduit par sa mère l’attend, chez les juifs, le père emmène sa fille à la ''houppa'', son futur mari l’attendant dans le dais dans lequel il a déjà été conduit par sa mère. Cependant, dans l’orthodoxie juive et comme c’est le cas dans le film, c’est l’homme qui amène l’homme à la ''houppa''. Il en est de même pour les femmes, c’est la femme qui emmène la femme au dais. Dès lors, le marié y est conduit par son père et son futur beau-père, la mariée par sa mère ainsi que par sa future belle-mère. Lors du discours du Grand Rabbin Warschawski, les panoramas sur la famille et les invités, montrent que les hommes et les femmes, répartis derrière ainsi que sur les côtés du dais, ne se mélangent pas. Ainsi, comme le veut l’orthodoxie, un côté est réservé aux hommes, un autre aux femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois installé dans le dais nuptial, symbolisant le nouveau foyer que le couple doit construire, le ''talit'' est déposé sur les épaules des mariés, les ''kiddoushin'' peuvent alors commencer. L'objectif de la caméra est focalisé sur le rabbin Schlesinger versant le vin dans le verre à ''kiddoush'', mais ne capture par les deux bénédictions qui ont été récitées comme le veut la tradition. Le rabbin Schlesinger lit ensuite la ''ketouba'' (l’acte de mariage) dans une formule en araméen identique à toutes les ''ketoubot''. Ainsi, contrairement au mariage chrétien, le mariage juif n’est pas sacré puisqu’il consiste à la signature d’un contrat. Il y a, après la lecture de l’acte de mariage, une sorte de temps mort durant lequel les mariés signent la ''ketouba''. Pendant ce temps, le caméraman filme les membres de la famille en train d’attendre. La lecture et la signature du contrat de mariage sont suivies du ''kiddoush'', le moment où les mariés goûtent le vin. Les ''kiddoushin'' se terminent sur l’échange des alliances. Pendant que le marié met l’anneau à l’index droit de sa fiancée, il lui dit : « Tu m’es consacrée par cet anneau selon la loi de Moïse et d’Israël ». L’homme acquiert donc la femme, le mariage est en quelque sorte un contrat d’achat d’où la possibilité de divorcer. Les conditions du ''guet'' (divorce) ainsi que la dot sont indiquées dans la ''ketouba''. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ensuite, les mariés s’isolent dans une pièce afin de déjeuner quelque chose puisqu’ils sont, pour être purs, à jeun depuis le matin, le mariage est ainsi consommé symboliquement. Bien évidemment, le caméraman n’a pu capturer ce moment, mais nous voyons les mariés avancer au milieu des invités avant de s’isoler ainsi qu’à la sortie de la pièce. Le film se termine sur les ''nissouin'' avec la première des sept ''Shiva Brakhot'' (sept bénédictions nuptiales). Malgré le fait que le vidéaste n’ait pas filmé cet événement, la récitation de ces bénédictions, est suivie par le brisement d’un verre, symbolisant le deuil de la destruction du temple ainsi que l’alliance entre le couple. Pendant les six jours qui suivent le mariage, les sept bénédictions nuptiales sont récitées à chaque repas, la première ayant été effectuée le jour même du mariage. Enfin, au temps de la Guemara, les ''kiddoushin'' et les ''nissouin'' étaient espacés d’un an afin de préparer le mariage. De nos jours, les fiançailles et le mariage se passent le même jour, permettant ainsi d’éviter, durant la période d’intervalle entres les ''kiddoushin'' et les ''nissouin'', la consommation du mariage ou la séparation des fiancés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La présence de toute une communauté ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’œil du spectateur est immédiatement frappé par le nombre d’invités dont parmi eux, le nombre de rabbin. À première vue, cela paraît tout à fait normal qu’il ait autant de rabbins à un mariage. De plus, cela s’explique par le fait qu’en Alsace les rabbins sont payés par l’État, le régime concordataire n’ayant pas été aboli lors de la séparation des Églises et de l’État en 1905. Pourtant, le mariage n’étant pas sacré, il s’agit, comme nous l’avons vu, de la signature d’un contrat, la présence d’un rabbin n’est pas obligatoire. Toutefois, même si leur présence n’est pas obligatoirement requise, il y a en général, toujours un rabbin lors des mariages. Ce mariage, en plus d’être exceptionnel par le nombre de rabbins présents, l’est par le nombre d’invités, dont parmi eux, d’éminents membres de la communauté strasbourgeoise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Rolande Klein.jpg|vignette|Rolande Klein et les enfants de la classe du Cerf du Gan Chalom © Le site du judaïsme d'Alsace et de Lorraine.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre d’invités parmi lesquels la présence de grands intellectuels s’explique par le fait que les parents des mariés sont connus de toute la communauté. Étienne Klein, le père de la mariée, était le photographe officiel de la communauté et sa femme, Rolande, était la directrice du Gan Chalom, le jardin d’enfants de la communauté, de 1965 à 1991. Georges Weill, le père du marié, était l’un des administrateurs communautaire et sa femme, Janine, une intellectuelle. Parmi les membres éminents de la communauté invités à ce mariage, la présence de Max Warschawski, Grand Rabbin de Strasbourg et du Bas-Rhin, ainsi que celle d’Eliyahou Abitbol, rabbin de la yechiva des étudiants de Strasbourg, sans oublier celle du couple Neher et de Benno Gross sont à souligner. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Benno Gross et André Neher faisaient partie des principales chevilles ouvrières de la reconstruction de la communauté juive de Strasbourg après la Shoah. En 1948, Benno Gross fonde l’école Aquiba qu’il dirige jusqu’en 1969. Cette école était l’une des réalisations les plus importantes de la reconstruction spirituelle d’après-guerre parce qu’elle dispensait aux jeunes générations une éducation profane et religieuse afin de leur transmettre les valeurs morales et spirituelles du judaïsme pour qu’elles puissent vivre une vie juive intégrale. André Neher, était aussi l’un des piliers du renouveau du judaïsme français d’après-guerre. Renée, sa femme, était quant à elle, historienne. Enfin, Eliyahou Abitbol est le fondateur de la ''yechiva'' des étudiants de Strasbourg. Cette institution fondée après la guerre des Six Jours à Strasbourg et déplacée à la fin des années 1980 à Paris avait, et a toujours, pour but d’enseigner le Talmud à des étudiants juifs non-initiés.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=RAPHAËL Freddy et WEYL Robert, ''Juifs en Alsace.  Culture, société, histoire'', Toulouse, Privat, 1977.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RAPHAËL Freddy (dir.), ''Le judaïsme alsacien. Histoire, patrimoine, traditions'', Strasbourg, La Nuée Bleue, 1999.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RAPHAËL Freddy (dir.), ''Juifs d'Alsace au XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle. Ni ghettoïsation, ni assimilation'', Strasbourg, La Nuée Bleue, 2014.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RAPHAËL Freddy, ''Les Juifs d'Alsace et de Lorraine de 1870 à nos jours'', Paris, Albin Michel, 2018.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nicolas Laugel</name></author>
		
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