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	<title>Cinematheque du Rhin superieur - Kinemathek Oberrhein - Contributions de l’utilisateur [fr]</title>
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	<subtitle>Contributions de l’utilisateur</subtitle>
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Le_Rhin_(0132FI0016)&amp;diff=18020</id>
		<title>Bas:Le Rhin (0132FI0016)</title>
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		<updated>2021-04-18T10:28:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Rhin&lt;br /&gt;
|fonds=Schott&lt;br /&gt;
|idSupport=0132FI0016&lt;br /&gt;
|dateDebut=1976&lt;br /&gt;
|video=0132FI0016_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Sonorisé&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Schott, Albert&lt;br /&gt;
|apercu=Rhin-Schott.jpg&lt;br /&gt;
|username=Nikolaj Orlov&lt;br /&gt;
|userrealname=Nikolaj Orlov&lt;br /&gt;
|datesignature=2021-04-18&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un extrait du documentaire réalisé par Albert Schott en 1976, dans les environs de la commune de Mutzig, près de Molsheim. Le film présente la pratique des vendanges et la production de divers produits agricoles.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le film est tourné à l’automne de 1976, au moment des vendanges, très probablement dans les environs de Mutzig, par Albert Schott. À cette époque, c’est un instituteur à la retraite qui se dédie à plein temps à la réalisation des documentaires sur la vie locale, les traditions et les pratiques. Sa passion du cinéma ne se limite pas juste à une consommation familiale, car ces films sont projetés dans les salles de cinémas locaux et ont une grande popularité. Il y a un véritable investissement dans la réalisation du film, qui est coloré et contient des sons et des commentaires enregistrés au magnétoscope. La commune de Mutzig, bien qu’étant peuplé par environ 3 800 habitants au moment du tournage, abrite une brasserie importante et est entourée par des nombreux champs et vignes. Les années 1970 se caractérisent par des changements importants dans les milieux agricoles français. Si le processus de l’exode rural a été entamé dans les années après-guerre, il se poursuit encore dans les années soixante-dix, accompagné par une restructuration des espaces ruraux, une modernisation importante et une implantation des nouveaux habitants venant des milieux urbains.&lt;br /&gt;
Ce film à visé documentaire, cherchant à rendre hommage à des pratiques agricoles traditionnelles, révèle en réalité un espace en proie à des transitions majeures qui se reflètent dans les émotions transmises par le réalisateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Un documentaire à l’hommage de traditions ===== &lt;br /&gt;
Le film commence avec un son d’orchestre et un plan montrant un champ de tabac avec deux travailleurs, qui font cueillir les feuilles à l’alsacienne, en commençant par casser les feuilles situées dans la partie basse de la tige. S’ensuivent quelques coupes de cadre montrant un enfant traverser le champ avec en arrière-plan un tracteur. Dès le début du film, il est visible que son auteur maîtrise le maniement de la caméra et consacre une quantité importante du temps à la réalisation de son œuvre. Il y a une bande de son qui accompagne les images du film, donnant une ambiance festive. Le film est réalisé dans des conditions optimales du beau temps permettant un bon éclairage. L’auteur propose un documentaire ainsi le choix de scènes filmés n’est pas anodin. &lt;br /&gt;
En occurrence, il s’agit de rendre compte d’un ensemble de pratiques liées à la période de vendanges. Ainsi, après avoir montré le champ de tabac, l’image change pour montrer l’entrée vers un séchoir, où sont regroupés les feuilles de tabac. De nouveau, il y a un focus sur la technique en mettant au premier plan une grand-mère et une fille entrain de lier les feuilles par un fil pointu. La caméra montre, en grand plan, le travail à la main et accompagne alors le commentaire de l’auteur qui évoque des « mains agiles et travailleuses ». L’idée est de montrer une technique de conservation des feuilles, en insistant sur une transmission de génération en génération. Cette même approche se répète pour la présentation de la culture de vigne à partir de 2min50 du film. On voit arriver des charrettes avec des cuves, poussés par un cheval ou un tracteur. Des participants de plusieurs générations assistent à la cueillette à la main avant de transporter des grappes de vigne en cuves vers un lieu, où elles seront très probablement écrasées pour obtenir du moût. &lt;br /&gt;
Le réalisateur montre sa maîtrise de la technique cinématographique car il parvient de combiner le visuel, le son et son propre commentaire pour illustrer un paysage agricole traditionnel, où l’ensemble de la famille participe à la récolte dans la joie et de la bonne humeur. Il s’agit de rendre un hommage à un passé agricole qui est entrain de changer. L’auteur commenté bien la présence des machines agricoles, qui sont à cette époque largement présentes dans l’espace agricole, qui subit des transformations majeures depuis au moins 20 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Montrant un rural en transformation ===== &lt;br /&gt;
	Le sujet agricole est bien de la thématique principale abordée par le film. Le film est tourné dans plusieurs endroits. Dans des champs, au sein des coopératives, près de la brasserie de Mutzig, sur les vignes situées sur la colline au nord du Mutzig, dont le quartier pavillonnaire est visible à la 4min52. Il s’agit d’un cadre rural mais qui reste un cadre alsacien. En effet, la variété de productions agricoles souligne la spécificité de la région, qui se caractérise par la polyculture. Le film s’apparente, par sa démonstration régulière des charrettes poussées par les chevaux ou les tracteurs, à un défilé de feuilles de tabac, du houblon, des grappes de vigne, des betteraves et des pommes. Le cadre alsacien est particulièrement souligné à la 2min07, où est visible l’entrée dans la brasserie de Mutzig. Il s’agit à la fois d’un repère pour l’auditoire mais aussi d’une manière d’insister sur la production locale, bien que la brasserie à été racheté par le groupe Heineken en 1972.  &lt;br /&gt;
En présentant tous ces produits en mouvement, le réalisateur souligne, au passage, le maillage qui s’établit entre les agriculteurs et les producteurs agroalimentaires. Les produits bruts sont collectés sur les champs avant de passer par des coopératives locales afin d’être expédiés vers des centres de transformations, à l’image de la brasserie de Mutzig, ou des usines à tabac situés, par exemple, à Strasbourg. Ce maillage connait des transformations importantes depuis les années 50. Ces transformations sont visibles à travers la mécanisation, à l’exemple de la machine batteuse ou des tracteurs, mais elle est aussi présente dans la population. Jusqu’aux années 60, la France connait un exode rural important qui fait craindre à certain nombre de géographes un dépeuplement des campagnes. Dans les années 70, il y a un retour vers les campagnes qui s’observe avec l’extensions des aires urbaines et puis l’arrivé des urbains dans les campagnes. Ces déplacements de la population modifient la structure des campagnes. Il s’agit de moins en moins d’aller s’occuper d’un champ avec toute sa famille, mais bien des exploitants professionnels qui travaillent au sein des parcelles plus grandes, plus productives, et dont la production est orientée vers le marché extérieur. L’image socio-économique des campagnes change avec la diminution du métier d’agriculteur et une montée des métiers ouvriers et ceux des cadres. À cela s’ajoute une part des retraités plus importante. &lt;br /&gt;
Ces transformations s’opèrent sur plusieurs décennies et de manière variable selon les régions. Des changements que Albert Schott remarque, car à 1min du film, il commente de manière admirative sur le fait que dans le passé proche, la cueillette des houblons se faisait à la main. Né dans les années 1920 et ayant vécu dans ses espaces de campagne alsacienne, il a pu assister à toutes ces transformations. C’est ici qu’on peut se poser la réalité de ce qu’est filmé. Est-ce qu’on a affaire ici à des pratiques réelles de l’époque, ou une volonté de recréer un passé ? L’observation des habits des acteurs, leurs gestes très naturels et l’utilisation bien souligné de machines laisse à croire qu’il s’agit bien une réalité de la vie agricole qui est montré. Une réalité qui devient un témoignage émotionnel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Par la transmission des émotions =====&lt;br /&gt;
	Tout le long du film, l’auteur apporte ses commentaires par rapport à ce qu’est montré. En commentant la récolte du houblon, il évoque « un travail de patience », par la suite, avec les dernières images du film, il dit « Pour les joyeux vendages de mon enfance » montrant son rapport personnel à ce qu’il filme. Il exprime ici à la fois un sentiment de nostalgie, de respect vis-à-vis de la vie à la campagne, et un bonheur. Un sentiment de bonheur, qui est transmis à la fois par la musique d’orchestre au début du film et puis par une chanson paillarde sur le vin, à partir de la 2min54. Puis, la joie est aussi exprimée par une partie des acteurs présents dans le film, en particulier des enfants tel que le garçon à la 3min14, assis sur la charrette qui se dirige vers la vigne. Une expression de joie, qui tranche avec les expressions plus réservées des adultes. La participation des acteurs au tournage peut s’exprimer par la proximité qui existe entre le réalisateur et ses lieux de tournage. C’est quelqu’un qui a grandi et a exercé son métier d’enseignant dans les environs. Ces films sont projetés dans les cinémas locaux, lui donnant une grande popularité. Ainsi, le jeune garçon peut se réjouir par l’idée de faire des vendanges mais aussi par l’idée d’apparaître dans un film et de pouvoir se voir. Il s’agit ici d’un film, qui est une production locale pour une consommation locale. &lt;br /&gt;
Il y aussi une glorification du petit agriculteur qui peut être fier de sa production. C’est d’ailleurs avec de la fierté que Albert Schott annonce que l’Alsace est le premier producteur de la bière en France, ce que tout à fait possible car encore aujourd’hui, 60 % de la bière présente en France vient de l’Alsace. Le documentaire joue alors un rôle à la fois de divertissement pour les locaux mais aussi de témoignage pour une époque qui évolue. Dans une décennie, l’image de Mutzig change. La brasserie Mutzig ferme en 1989. La production des feuilles de tabac diminue au profil des exportations étrangères. Et le visage même des acteurs socio-économiques des campagnes change avec une diminution de la part des agriculteurs, qui se spécialisent et se professionnalisent de plus en plus.&lt;br /&gt;
Cet extrait de film laisse apparaître beaucoup plus, qu’une simple image folklorique de la campagne alsacienne. Le film montre des anciennes pratiques agricoles à côté des nouvelles pratiques. Il témoigne de la transformation des campagnes françaises dans la deuxième moitié du XXe siècle. Ainsi, cet extrait du documentaire sert à rendre hommage et à être pédagogique.&lt;br /&gt;
|Bibliographie='''Ouvrages généraux :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ADOUMIE (Vincent)dir, ''Géographie de la France'', Hachette supérieur, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREMONT (Armand), ''Portrait de la France tome 1'', Champs essais, Paris, 2011&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SMITH (Paul)et alii., ''La manufacture des tabacs de Strasbourg et les patrimoines du tabac en Alsace'', Lieux dits, Lyon, 2017&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Articles généraux :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[CORNU (Pierre),  La géographie rurale française en perspective historique , ''Géoconfluences'', avril 2018 ; URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/france-espaces-ruraux-periurbains/articles-scientifiques/histoire-geographie-rurale]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[ENTZ (François),  La bière en Alsace , ''Revue d’Alsace'' [En ligne], 137  2011, mis en ligne le 01 septembre 2014, consulté le 12 avril 2021. URL : http://journals.openedition.org/alsace/1212 ; DOI : https://doi.org/10.4000/alsace.1212]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[HENRI (Mendras),  La fin des paysans. Vingt ans après , ''EcoRev'', 2019/1 (N° 47), p. 101-104. DOI : 10.3917/ecorev.047.0101. URL : https://www.cairn.info/revue-ecorev-2019-1-page-101.htm]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[Autres ressources]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[Bas-Rhin : profil agricole 1976, Direction départementale de l’agriculture, Service statistiques]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[Photo aérienne en couleur de la brasserie de Mutzig (date pas précisé), https://www.capsulesdebieres.fr/cbf/brasseries/mutzig.htm]&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Le_Rhin_(0132FI0016)&amp;diff=18019</id>
		<title>Bas:Le Rhin (0132FI0016)</title>
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		<updated>2021-04-18T10:26:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : Modifié automatiquement depuis la page Bas:Le Rhin (0132FI0016).&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Rhin&lt;br /&gt;
|fonds=Schott&lt;br /&gt;
|idSupport=0132FI0016&lt;br /&gt;
|dateDebut=1976&lt;br /&gt;
|video=0132FI0016_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Sonorisé&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Schott, Albert&lt;br /&gt;
|apercu=Rhin-Schott.jpg&lt;br /&gt;
|username=Nikolaj Orlov&lt;br /&gt;
|userrealname=Nikolaj Orlov&lt;br /&gt;
|datesignature=2021-04-18&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un extrait du documentaire réalisé par Albert Schott en 1976, dans les environs de la commune de Mutzig, près de Molsheim. Le film présente la pratique des vendanges et la production de divers produits agricoles.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le film est tourné à l’automne de 1976, au moment des vendanges, très probablement dans les environs de Mutzig, par Albert Schott. À cette époque, c’est un instituteur à la retraite qui se dédie à plein temps à la réalisation des documentaires sur la vie locale, les traditions et les pratiques. Sa passion du cinéma ne se limite pas juste à une consommation familiale, car ces films sont projetés dans les salles de cinémas locaux et ont une grande popularité. Il y a un véritable investissement dans la réalisation du film, qui est coloré et contient des sons et des commentaires enregistrés au magnétoscope. La commune de Mutzig, bien qu’étant peuplé par environ 3 800 habitants au moment du tournage, abrite une brasserie importante et est entourée par des nombreux champs et vignes. Les années 1970 se caractérisent par des changements importants dans les milieux agricoles français. Si le processus de l’exode rural a été entamé dans les années après-guerre, il se poursuit encore dans les années soixante-dix, accompagné par une restructuration des espaces ruraux, une modernisation importante et une implantation des nouveaux habitants venant des milieux urbains.&lt;br /&gt;
Ce film à visé documentaire, cherchant à rendre hommage à des pratiques agricoles traditionnelles, révèle en réalité un espace en proie à des transitions majeures qui se reflètent dans les émotions transmises par le réalisateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Un documentaire à l’hommage de traditions ===== &lt;br /&gt;
Le film commence avec un son d’orchestre et un plan montrant un champ de tabac avec deux travailleurs, qui font cueillir les feuilles à l’alsacienne, en commençant par casser les feuilles situées dans la partie basse de la tige. S’ensuivent quelques coupes de cadre montrant un enfant traverser le champ avec en arrière-plan un tracteur. Dès le début du film, il est visible que son auteur maîtrise le maniement de la caméra et consacre une quantité importante du temps à la réalisation de son œuvre. Il y a une bande de son qui accompagne les images du film, donnant une ambiance festive. Le film est réalisé dans des conditions optimales du beau temps permettant un bon éclairage. L’auteur propose un documentaire ainsi le choix de scènes filmés n’est pas anodin. &lt;br /&gt;
En occurrence, il s’agit de rendre compte d’un ensemble de pratiques liées à la période de vendanges. Ainsi, après avoir montré le champ de tabac, l’image change pour montrer l’entrée vers un séchoir, où sont regroupés les feuilles de tabac. De nouveau, il y a un focus sur la technique en mettant au premier plan une grand-mère et une fille entrain de lier les feuilles par un fil pointu. La caméra montre, en grand plan, le travail à la main et accompagne alors le commentaire de l’auteur qui évoque des « mains agiles et travailleuses ». L’idée est de montrer une technique de conservation des feuilles, en insistant sur une transmission de génération en génération. Cette même approche se répète pour la présentation de la culture de vigne à partir de 2min50 du film. On voit arriver des charrettes avec des cuves, poussés par un cheval ou un tracteur. Des participants de plusieurs générations assistent à la cueillette à la main avant de transporter des grappes de vigne en cuves vers un lieu, où elles seront très probablement écrasées pour obtenir du moût. &lt;br /&gt;
Le réalisateur montre sa maîtrise de la technique cinématographique car il parvient de combiner le visuel, le son et son propre commentaire pour illustrer un paysage agricole traditionnel, où l’ensemble de la famille participe à la récolte dans la joie et de la bonne humeur. Il s’agit de rendre un hommage à un passé agricole qui est entrain de changer. L’auteur commenté bien la présence des machines agricoles, qui sont à cette époque largement présentes dans l’espace agricole, qui subit des transformations majeures depuis au moins 20 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Montrant un rural en transformation ===== &lt;br /&gt;
	Le sujet agricole est bien de la thématique principale abordée par le film. Le film est tourné dans plusieurs endroits. Dans des champs, au sein des coopératives, près de la brasserie de Mutzig, sur les vignes situées sur la colline au nord du Mutzig, dont le quartier pavillonnaire est visible à la 4min52. Il s’agit d’un cadre rural mais qui reste un cadre alsacien. En effet, la variété de productions agricoles souligne la spécificité de la région, qui se caractérise par la polyculture. Le film s’apparente, par sa démonstration régulière des charrettes poussées par les chevaux ou les tracteurs, à un défilé de feuilles de tabac, du houblon, des grappes de vigne, des betteraves et des pommes. Le cadre alsacien est particulièrement souligné à la 2min07, où est visible l’entrée dans la brasserie de Mutzig. Il s’agit à la fois d’un repère pour l’auditoire mais aussi d’une manière d’insister sur la production locale, bien que la brasserie à été racheté par le groupe Heineken en 1972.  &lt;br /&gt;
En présentant tous ces produits en mouvement, le réalisateur souligne, au passage, le maillage qui s’établit entre les agriculteurs et les producteurs agroalimentaires. Les produits bruts sont collectés sur les champs avant de passer par des coopératives locales afin d’être expédiés vers des centres de transformations, à l’image de la brasserie de Mutzig, ou des usines à tabac situés, par exemple, à Strasbourg. Ce maillage connait des transformations importantes depuis les années 50. Ces transformations sont visibles à travers la mécanisation, à l’exemple de la machine batteuse ou des tracteurs, mais elle est aussi présente dans la population. Jusqu’aux années 60, la France connait un exode rural important qui fait craindre à certain nombre de géographes un dépeuplement des campagnes. Dans les années 70, il y a un retour vers les campagnes qui s’observe avec l’extensions des aires urbaines et puis l’arrivé des urbains dans les campagnes. Ces déplacements de la population modifient la structure des campagnes. Il s’agit de moins en moins d’aller s’occuper d’un champ avec toute sa famille, mais bien des exploitants professionnels qui travaillent au sein des parcelles plus grandes, plus productives, et dont la production est orientée vers le marché extérieur. L’image socio-économique des campagnes change avec la diminution du métier d’agriculteur et une montée des métiers ouvriers et ceux des cadres. À cela s’ajoute une part des retraités plus importante. &lt;br /&gt;
Ces transformations s’opèrent sur plusieurs décennies et de manière variable selon les régions. Des changements que Albert Schott remarque, car à 1min du film, il commente de manière admirative sur le fait que dans le passé proche, la cueillette des houblons se faisait à la main. Né dans les années 1920 et ayant vécu dans ses espaces de campagne alsacienne, il a pu assister à toutes ces transformations. C’est ici qu’on peut se poser la réalité de ce qu’est filmé. Est-ce qu’on a affaire ici à des pratiques réelles de l’époque, ou une volonté de recréer un passé ? L’observation des habits des acteurs, leurs gestes très naturels et l’utilisation bien souligné de machines laisse à croire qu’il s’agit bien une réalité de la vie agricole qui est montré. Une réalité qui devient un témoignage émotionnel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Par la transmission des émotions =====&lt;br /&gt;
	Tout le long du film, l’auteur apporte ses commentaires par rapport à ce qu’est montré. En commentant la récolte du houblon, il évoque « un travail de patience », par la suite, avec les dernières images du film, il dit « Pour les joyeux vendages de mon enfance » montrant son rapport personnel à ce qu’il filme. Il exprime ici à la fois un sentiment de nostalgie, de respect vis-à-vis de la vie à la campagne, et un bonheur. Un sentiment de bonheur, qui est transmis à la fois par la musique d’orchestre au début du film et puis par une chanson paillarde sur le vin, à partir de la 2min54. Puis, la joie est aussi exprimée par une partie des acteurs présents dans le film, en particulier des enfants tel que le garçon à la 3min14, assis sur la charrette qui se dirige vers la vigne. Une expression de joie, qui tranche avec les expressions plus réservées des adultes. La participation des acteurs au tournage peut s’exprimer par la proximité qui existe entre le réalisateur et ses lieux de tournage. C’est quelqu’un qui a grandi et a exercé son métier d’enseignant dans les environs. Ces films sont projetés dans les cinémas locaux, lui donnant une grande popularité. Ainsi, le jeune garçon peut se réjouir par l’idée de faire des vendanges mais aussi par l’idée d’apparaître dans un film et de pouvoir se voir. Il s’agit ici d’un film, qui est une production locale pour une consommation locale. &lt;br /&gt;
Il y aussi une glorification du petit agriculteur qui peut être fier de sa production. C’est d’ailleurs avec de la fierté que Albert Schott annonce que l’Alsace est le premier producteur de la bière en France, ce que tout à fait possible car encore aujourd’hui, 60 % de la bière présente en France vient de l’Alsace. Le documentaire joue alors un rôle à la fois de divertissement pour les locaux mais aussi de témoignage pour une époque qui évolue. Dans une décennie, l’image de Mutzig change. La brasserie Mutzig ferme en 1989. La production des feuilles de tabac diminue au profil des exportations étrangères. Et le visage même des acteurs socio-économiques des campagnes change avec une diminution de la part des agriculteurs, qui se spécialisent et se professionnalisent de plus en plus.&lt;br /&gt;
Cet extrait de film laisse apparaître beaucoup plus, qu’une simple image folklorique de la campagne alsacienne. Le film montre des anciennes pratiques agricoles à côté des nouvelles pratiques. Il témoigne de la transformation des campagnes françaises dans la deuxième moitié du XXe siècle. Ainsi, cet extrait du documentaire sert à rendre hommage et à être pédagogique.&lt;br /&gt;
|Bibliographie='''Ouvrages généraux :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ADOUMIE (Vincent)dir, ''Géographie de la France'', Hachette supérieur, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREMONT (Armand), ''Portrait de la France tome 1'', Champs essais, Paris, 2011&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SMITH (Paul)et alii., ''La manufacture des tabacs de Strasbourg et les patrimoines du tabac en Alsace'', Lieux dits, Lyon, 2017&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Articles généraux :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[CORNU (Pierre),  La géographie rurale française en perspective historique , Géoconfluences, avril 2018 ; URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/france-espaces-ruraux-periurbains/articles-scientifiques/histoire-geographie-rurale]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[ENTZ (François),  La bière en Alsace , Revue d’Alsace [En ligne], 137  2011, mis en ligne le 01 septembre 2014, consulté le 12 avril 2021. URL : http://journals.openedition.org/alsace/1212 ; DOI : https://doi.org/10.4000/alsace.1212]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[HENRI (Mendras),  La fin des paysans. Vingt ans après , EcoRev', 2019/1 (N° 47), p. 101-104. DOI : 10.3917/ecorev.047.0101. URL : https://www.cairn.info/revue-ecorev-2019-1-page-101.htm]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[Autres ressources]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[Bas-Rhin : profil agricole 1976, Direction départementale de l’agriculture, Service statistiques]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[Photo aérienne en couleur de la brasserie de Mutzig (date pas précisé), https://www.capsulesdebieres.fr/cbf/brasseries/mutzig.htm]&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Le_Rhin_(0132FI0016)&amp;diff=18018</id>
		<title>Bas:Le Rhin (0132FI0016)</title>
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		<updated>2021-04-18T10:25:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Rhin&lt;br /&gt;
|fonds=Schott&lt;br /&gt;
|idSupport=0132FI0016&lt;br /&gt;
|dateDebut=1976&lt;br /&gt;
|video=0132FI0016_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Sonorisé&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Schott, Albert&lt;br /&gt;
|apercu=Rhin-Schott.jpg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un extrait du documentaire réalisé par Albert Schott en 1976, dans les environs de la commune de Mutzig, près de Molsheim. Le film présente la pratique des vendanges et la production de divers produits agricoles.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le film est tourné à l’automne de 1976, au moment des vendanges, très probablement dans les environs de Mutzig, par Albert Schott. À cette époque, c’est un instituteur à la retraite qui se dédie à plein temps à la réalisation des documentaires sur la vie locale, les traditions et les pratiques. Sa passion du cinéma ne se limite pas juste à une consommation familiale, car ces films sont projetés dans les salles de cinémas locaux et ont une grande popularité. Il y a un véritable investissement dans la réalisation du film, qui est coloré et contient des sons et des commentaires enregistrés au magnétoscope. La commune de Mutzig, bien qu’étant peuplé par environ 3 800 habitants au moment du tournage, abrite une brasserie importante et est entourée par des nombreux champs et vignes. Les années 1970 se caractérisent par des changements importants dans les milieux agricoles français. Si le processus de l’exode rural a été entamé dans les années après-guerre, il se poursuit encore dans les années soixante-dix, accompagné par une restructuration des espaces ruraux, une modernisation importante et une implantation des nouveaux habitants venant des milieux urbains.&lt;br /&gt;
Ce film à visé documentaire, cherchant à rendre hommage à des pratiques agricoles traditionnelles, révèle en réalité un espace en proie à des transitions majeures qui se reflètent dans les émotions transmises par le réalisateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Un documentaire à l’hommage de traditions ===== &lt;br /&gt;
Le film commence avec un son d’orchestre et un plan montrant un champ de tabac avec deux travailleurs, qui font cueillir les feuilles à l’alsacienne, en commençant par casser les feuilles situées dans la partie basse de la tige. S’ensuivent quelques coupes de cadre montrant un enfant traverser le champ avec en arrière-plan un tracteur. Dès le début du film, il est visible que son auteur maîtrise le maniement de la caméra et consacre une quantité importante du temps à la réalisation de son œuvre. Il y a une bande de son qui accompagne les images du film, donnant une ambiance festive. Le film est réalisé dans des conditions optimales du beau temps permettant un bon éclairage. L’auteur propose un documentaire ainsi le choix de scènes filmés n’est pas anodin. &lt;br /&gt;
En occurrence, il s’agit de rendre compte d’un ensemble de pratiques liées à la période de vendanges. Ainsi, après avoir montré le champ de tabac, l’image change pour montrer l’entrée vers un séchoir, où sont regroupés les feuilles de tabac. De nouveau, il y a un focus sur la technique en mettant au premier plan une grand-mère et une fille entrain de lier les feuilles par un fil pointu. La caméra montre, en grand plan, le travail à la main et accompagne alors le commentaire de l’auteur qui évoque des « mains agiles et travailleuses ». L’idée est de montrer une technique de conservation des feuilles, en insistant sur une transmission de génération en génération. Cette même approche se répète pour la présentation de la culture de vigne à partir de 2min50 du film. On voit arriver des charrettes avec des cuves, poussés par un cheval ou un tracteur. Des participants de plusieurs générations assistent à la cueillette à la main avant de transporter des grappes de vigne en cuves vers un lieu, où elles seront très probablement écrasées pour obtenir du moût. &lt;br /&gt;
Le réalisateur montre sa maîtrise de la technique cinématographique car il parvient de combiner le visuel, le son et son propre commentaire pour illustrer un paysage agricole traditionnel, où l’ensemble de la famille participe à la récolte dans la joie et de la bonne humeur. Il s’agit de rendre un hommage à un passé agricole qui est entrain de changer. L’auteur commenté bien la présence des machines agricoles, qui sont à cette époque largement présentes dans l’espace agricole, qui subit des transformations majeures depuis au moins 20 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Montrant un rural en transformation ===== &lt;br /&gt;
	Le sujet agricole est bien de la thématique principale abordée par le film. Le film est tourné dans plusieurs endroits. Dans des champs, au sein des coopératives, près de la brasserie de Mutzig, sur les vignes situées sur la colline au nord du Mutzig, dont le quartier pavillonnaire est visible à la 4min52. Il s’agit d’un cadre rural mais qui reste un cadre alsacien. En effet, la variété de productions agricoles souligne la spécificité de la région, qui se caractérise par la polyculture. Le film s’apparente, par sa démonstration régulière des charrettes poussées par les chevaux ou les tracteurs, à un défilé de feuilles de tabac, du houblon, des grappes de vigne, des betteraves et des pommes. Le cadre alsacien est particulièrement souligné à la 2min07, où est visible l’entrée dans la brasserie de Mutzig. Il s’agit à la fois d’un repère pour l’auditoire mais aussi d’une manière d’insister sur la production locale, bien que la brasserie à été racheté par le groupe Heineken en 1972.  &lt;br /&gt;
En présentant tous ces produits en mouvement, le réalisateur souligne, au passage, le maillage qui s’établit entre les agriculteurs et les producteurs agroalimentaires. Les produits bruts sont collectés sur les champs avant de passer par des coopératives locales afin d’être expédiés vers des centres de transformations, à l’image de la brasserie de Mutzig, ou des usines à tabac situés, par exemple, à Strasbourg. Ce maillage connait des transformations importantes depuis les années 50. Ces transformations sont visibles à travers la mécanisation, à l’exemple de la machine batteuse ou des tracteurs, mais elle est aussi présente dans la population. Jusqu’aux années 60, la France connait un exode rural important qui fait craindre à certain nombre de géographes un dépeuplement des campagnes. Dans les années 70, il y a un retour vers les campagnes qui s’observe avec l’extensions des aires urbaines et puis l’arrivé des urbains dans les campagnes. Ces déplacements de la population modifient la structure des campagnes. Il s’agit de moins en moins d’aller s’occuper d’un champ avec toute sa famille, mais bien des exploitants professionnels qui travaillent au sein des parcelles plus grandes, plus productives, et dont la production est orientée vers le marché extérieur. L’image socio-économique des campagnes change avec la diminution du métier d’agriculteur et une montée des métiers ouvriers et ceux des cadres. À cela s’ajoute une part des retraités plus importante. &lt;br /&gt;
Ces transformations s’opèrent sur plusieurs décennies et de manière variable selon les régions. Des changements que Albert Schott remarque, car à 1min du film, il commente de manière admirative sur le fait que dans le passé proche, la cueillette des houblons se faisait à la main. Né dans les années 1920 et ayant vécu dans ses espaces de campagne alsacienne, il a pu assister à toutes ces transformations. C’est ici qu’on peut se poser la réalité de ce qu’est filmé. Est-ce qu’on a affaire ici à des pratiques réelles de l’époque, ou une volonté de recréer un passé ? L’observation des habits des acteurs, leurs gestes très naturels et l’utilisation bien souligné de machines laisse à croire qu’il s’agit bien une réalité de la vie agricole qui est montré. Une réalité qui devient un témoignage émotionnel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Par la transmission des émotions =====&lt;br /&gt;
	Tout le long du film, l’auteur apporte ses commentaires par rapport à ce qu’est montré. En commentant la récolte du houblon, il évoque « un travail de patience », par la suite, avec les dernières images du film, il dit « Pour les joyeux vendages de mon enfance » montrant son rapport personnel à ce qu’il filme. Il exprime ici à la fois un sentiment de nostalgie, de respect vis-à-vis de la vie à la campagne, et un bonheur. Un sentiment de bonheur, qui est transmis à la fois par la musique d’orchestre au début du film et puis par une chanson paillarde sur le vin, à partir de la 2min54. Puis, la joie est aussi exprimée par une partie des acteurs présents dans le film, en particulier des enfants tel que le garçon à la 3min14, assis sur la charrette qui se dirige vers la vigne. Une expression de joie, qui tranche avec les expressions plus réservées des adultes. La participation des acteurs au tournage peut s’exprimer par la proximité qui existe entre le réalisateur et ses lieux de tournage. C’est quelqu’un qui a grandi et a exercé son métier d’enseignant dans les environs. Ces films sont projetés dans les cinémas locaux, lui donnant une grande popularité. Ainsi, le jeune garçon peut se réjouir par l’idée de faire des vendanges mais aussi par l’idée d’apparaître dans un film et de pouvoir se voir. Il s’agit ici d’un film, qui est une production locale pour une consommation locale. &lt;br /&gt;
Il y aussi une glorification du petit agriculteur qui peut être fier de sa production. C’est d’ailleurs avec de la fierté que Albert Schott annonce que l’Alsace est le premier producteur de la bière en France, ce que tout à fait possible car encore aujourd’hui, 60 % de la bière présente en France vient de l’Alsace. Le documentaire joue alors un rôle à la fois de divertissement pour les locaux mais aussi de témoignage pour une époque qui évolue. Dans une décennie, l’image de Mutzig change. La brasserie Mutzig ferme en 1989. La production des feuilles de tabac diminue au profil des exportations étrangères. Et le visage même des acteurs socio-économiques des campagnes change avec une diminution de la part des agriculteurs, qui se spécialisent et se professionnalisent de plus en plus.&lt;br /&gt;
Cet extrait de film laisse apparaître beaucoup plus, qu’une simple image folklorique de la campagne alsacienne. Le film montre des anciennes pratiques agricoles à côté des nouvelles pratiques. Il témoigne de la transformation des campagnes françaises dans la deuxième moitié du XXe siècle. Ainsi, cet extrait du documentaire sert à rendre hommage et à être pédagogique.&lt;br /&gt;
|Bibliographie='''Ouvrages généraux :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ADOUMIE (Vincent)dir, ''Géographie de la France'', Hachette supérieur, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREMONT (Armand), ''Portrait de la France tome 1'', Champs essais, Paris, 2011&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SMITH (Paul)et alii., ''La manufacture des tabacs de Strasbourg et les patrimoines du tabac en Alsace'', Lieux dits, Lyon, 2017&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Articles généraux :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[CORNU (Pierre),  La géographie rurale française en perspective historique , Géoconfluences, avril 2018 ; URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/france-espaces-ruraux-periurbains/articles-scientifiques/histoire-geographie-rurale]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[ENTZ (François),  La bière en Alsace , Revue d’Alsace [En ligne], 137  2011, mis en ligne le 01 septembre 2014, consulté le 12 avril 2021. URL : http://journals.openedition.org/alsace/1212 ; DOI : https://doi.org/10.4000/alsace.1212]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[HENRI (Mendras),  La fin des paysans. Vingt ans après , EcoRev', 2019/1 (N° 47), p. 101-104. DOI : 10.3917/ecorev.047.0101. URL : https://www.cairn.info/revue-ecorev-2019-1-page-101.htm]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[Autres ressources]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[Bas-Rhin : profil agricole 1976, Direction départementale de l’agriculture, Service statistiques]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[Photo aérienne en couleur de la brasserie de Mutzig (date pas précisé), https://www.capsulesdebieres.fr/cbf/brasseries/mutzig.htm]&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Le_Rhin_(0132FI0016)&amp;diff=18017</id>
		<title>Bas:Le Rhin (0132FI0016)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Le_Rhin_(0132FI0016)&amp;diff=18017"/>
		<updated>2021-04-18T10:20:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Rhin&lt;br /&gt;
|fonds=Schott&lt;br /&gt;
|idSupport=0132FI0016&lt;br /&gt;
|dateDebut=1976&lt;br /&gt;
|video=0132FI0016_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Sonorisé&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Schott, Albert&lt;br /&gt;
|apercu=Rhin-Schott.jpg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un extrait du documentaire réalisé par Albert Schott en 1976, dans les environs de la commune de Mutzig, près de Molsheim. Le film présente la pratique des vendanges et la production de divers produits agricoles.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le film est tourné à l’automne de 1976, au moment des vendanges, très probablement dans les environs de Mutzig, par Albert Schott. À cette époque, c’est un instituteur à la retraite qui se dédie à plein temps à la réalisation des documentaires sur la vie locale, les traditions et les pratiques. Sa passion du cinéma ne se limite pas juste à une consommation familiale, car ces films sont projetés dans les salles de cinémas locaux et ont une grande popularité. Il y a un véritable investissement dans la réalisation du film, qui est coloré et contient des sons et des commentaires enregistrés au magnétoscope. La commune de Mutzig, bien qu’étant peuplé par environ 3 800 habitants au moment du tournage, abrite une brasserie importante et est entourée par des nombreux champs et vignes. Les années 1970 se caractérisent par des changements importants dans les milieux agricoles français. Si le processus de l’exode rural a été entamé dans les années après-guerre, il se poursuit encore dans les années soixante-dix, accompagné par une restructuration des espaces ruraux, une modernisation importante et une implantation des nouveaux habitants venant des milieux urbains.&lt;br /&gt;
Ce film à visé documentaire, cherchant à rendre hommage à des pratiques agricoles traditionnelles, révèle en réalité un espace en proie à des transitions majeures qui se reflètent dans les émotions transmises par le réalisateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Un documentaire à l’hommage de traditions ===== &lt;br /&gt;
Le film commence avec un son d’orchestre et un plan montrant un champ de tabac avec deux travailleurs, qui font cueillir les feuilles à l’alsacienne, en commençant par casser les feuilles situées dans la partie basse de la tige. S’ensuivent quelques coupes de cadre montrant un enfant traverser le champ avec en arrière-plan un tracteur. Dès le début du film, il est visible que son auteur maîtrise le maniement de la caméra et consacre une quantité importante du temps à la réalisation de son œuvre. Il y a une bande de son qui accompagne les images du film, donnant une ambiance festive. Le film est réalisé dans des conditions optimales du beau temps permettant un bon éclairage. L’auteur propose un documentaire ainsi le choix de scènes filmés n’est pas anodin. &lt;br /&gt;
En occurrence, il s’agit de rendre compte d’un ensemble de pratiques liées à la période de vendanges. Ainsi, après avoir montré le champ de tabac, l’image change pour montrer l’entrée vers un séchoir, où sont regroupés les feuilles de tabac. De nouveau, il y a un focus sur la technique en mettant au premier plan une grand-mère et une fille entrain de lier les feuilles par un fil pointu. La caméra montre, en grand plan, le travail à la main et accompagne alors le commentaire de l’auteur qui évoque des « mains agiles et travailleuses ». L’idée est de montrer une technique de conservation des feuilles, en insistant sur une transmission de génération en génération. Cette même approche se répète pour la présentation de la culture de vigne à partir de 2min50 du film. On voit arriver des charrettes avec des cuves, poussés par un cheval ou un tracteur. Des participants de plusieurs générations assistent à la cueillette à la main avant de transporter des grappes de vigne en cuves vers un lieu, où elles seront très probablement écrasées pour obtenir du moût. &lt;br /&gt;
Le réalisateur montre sa maîtrise de la technique cinématographique car il parvient de combiner le visuel, le son et son propre commentaire pour illustrer un paysage agricole traditionnel, où l’ensemble de la famille participe à la récolte dans la joie et de la bonne humeur. Il s’agit de rendre un hommage à un passé agricole qui est entrain de changer. L’auteur commenté bien la présence des machines agricoles, qui sont à cette époque largement présentes dans l’espace agricole, qui subit des transformations majeures depuis au moins 20 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Montrant un rural en transformation ===== &lt;br /&gt;
	Le sujet agricole est bien de la thématique principale abordée par le film. Le film est tourné dans plusieurs endroits. Dans des champs, au sein des coopératives, près de la brasserie de Mutzig, sur les vignes situées sur la colline au nord du Mutzig, dont le quartier pavillonnaire est visible à la 4min52. Il s’agit d’un cadre rural mais qui reste un cadre alsacien. En effet, la variété de productions agricoles souligne la spécificité de la région, qui se caractérise par la polyculture. Le film s’apparente, par sa démonstration régulière des charrettes poussées par les chevaux ou les tracteurs, à un défilé de feuilles de tabac, du houblon, des grappes de vigne, des betteraves et des pommes. Le cadre alsacien est particulièrement souligné à la 2min07, où est visible l’entrée dans la brasserie de Mutzig. Il s’agit à la fois d’un repère pour l’auditoire mais aussi d’une manière d’insister sur la production locale, bien que la brasserie à été racheté par le groupe Heineken en 1972.  &lt;br /&gt;
En présentant tous ces produits en mouvement, le réalisateur souligne, au passage, le maillage qui s’établit entre les agriculteurs et les producteurs agroalimentaires. Les produits bruts sont collectés sur les champs avant de passer par des coopératives locales afin d’être expédiés vers des centres de transformations, à l’image de la brasserie de Mutzig, ou des usines à tabac situés, par exemple, à Strasbourg. Ce maillage connait des transformations importantes depuis les années 50. Ces transformations sont visibles à travers la mécanisation, à l’exemple de la machine batteuse ou des tracteurs, mais elle est aussi présente dans la population. Jusqu’aux années 60, la France connait un exode rural important qui fait craindre à certain nombre de géographes un dépeuplement des campagnes. Dans les années 70, il y a un retour vers les campagnes qui s’observe avec l’extensions des aires urbaines et puis l’arrivé des urbains dans les campagnes. Ces déplacements de la population modifient la structure des campagnes. Il s’agit de moins en moins d’aller s’occuper d’un champ avec toute sa famille, mais bien des exploitants professionnels qui travaillent au sein des parcelles plus grandes, plus productives, et dont la production est orientée vers le marché extérieur. L’image socio-économique des campagnes change avec la diminution du métier d’agriculteur et une montée des métiers ouvriers et ceux des cadres. À cela s’ajoute une part des retraités plus importante. &lt;br /&gt;
Ces transformations s’opèrent sur plusieurs décennies et de manière variable selon les régions. Des changements que Albert Schott remarque, car à 1min du film, il commente de manière admirative sur le fait que dans le passé proche, la cueillette des houblons se faisait à la main. Né dans les années 1920 et ayant vécu dans ses espaces de campagne alsacienne, il a pu assister à toutes ces transformations. C’est ici qu’on peut se poser la réalité de ce qu’est filmé. Est-ce qu’on a affaire ici à des pratiques réelles de l’époque, ou une volonté de recréer un passé ? L’observation des habits des acteurs, leurs gestes très naturels et l’utilisation bien souligné de machines laisse à croire qu’il s’agit bien une réalité de la vie agricole qui est montré. Une réalité qui devient un témoignage émotionnel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Par la transmission des émotions =====&lt;br /&gt;
	Tout le long du film, l’auteur apporte ses commentaires par rapport à ce qu’est montré. En commentant la récolte du houblon, il évoque « un travail de patience », par la suite, avec les dernières images du film, il dit « Pour les joyeux vendages de mon enfance » montrant son rapport personnel à ce qu’il filme. Il exprime ici à la fois un sentiment de nostalgie, de respect vis-à-vis de la vie à la campagne, et un bonheur. Un sentiment de bonheur, qui est transmis à la fois par la musique d’orchestre au début du film et puis par une chanson paillarde sur le vin, à partir de la 2min54. Puis, la joie est aussi exprimée par une partie des acteurs présents dans le film, en particulier des enfants tel que le garçon à la 3min14, assis sur la charrette qui se dirige vers la vigne. Une expression de joie, qui tranche avec les expressions plus réservées des adultes. La participation des acteurs au tournage peut s’exprimer par la proximité qui existe entre le réalisateur et ses lieux de tournage. C’est quelqu’un qui a grandi et a exercé son métier d’enseignant dans les environs. Ces films sont projetés dans les cinémas locaux, lui donnant une grande popularité. Ainsi, le jeune garçon peut se réjouir par l’idée de faire des vendanges mais aussi par l’idée d’apparaître dans un film et de pouvoir se voir. Il s’agit ici d’un film, qui est une production locale pour une consommation locale. &lt;br /&gt;
Il y aussi une glorification du petit agriculteur qui peut être fier de sa production. C’est d’ailleurs avec de la fierté que Albert Schott annonce que l’Alsace est le premier producteur de la bière en France, ce que tout à fait possible car encore aujourd’hui, 60 % de la bière présente en France vient de l’Alsace. Le documentaire joue alors un rôle à la fois de divertissement pour les locaux mais aussi de témoignage pour une époque qui évolue. Dans une décennie, l’image de Mutzig change. La brasserie Mutzig ferme en 1989. La production des feuilles de tabac diminue au profil des exportations étrangères. Et le visage même des acteurs socio-économiques des campagnes change avec une diminution de la part des agriculteurs, qui se spécialisent et se professionnalisent de plus en plus.&lt;br /&gt;
Cet extrait de film laisse apparaître beaucoup plus qu’une simple image folklorique de la campagne alsacienne. Le film montre des anciennes pratiques agricoles à côté des nouvelles pratiques. Il témoigne de la transformation des campagnes françaises dans la deuxième moitié du XXe siècle. Ainsi, cet extrait du documentaire sert à rendre hommage et à être pédagogique.&lt;br /&gt;
|Bibliographie='''Ouvrages généraux :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ADOUMIE (Vincent)dir, ''Géographie de la France'', Hachette supérieur, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREMONT (Armand), ''Portrait de la France tome 1'', Champs essais, Paris, 2011&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SMITH (Paul)et alii., ''La manufacture des tabacs de Strasbourg et les patrimoines du tabac en Alsace'', Lieux dits, Lyon, 2017&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Articles généraux :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[CORNU (Pierre),  La géographie rurale française en perspective historique , Géoconfluences, avril 2018 ; URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/france-espaces-ruraux-periurbains/articles-scientifiques/histoire-geographie-rurale]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[ENTZ (François),  La bière en Alsace , Revue d’Alsace [En ligne], 137  2011, mis en ligne le 01 septembre 2014, consulté le 12 avril 2021. URL : http://journals.openedition.org/alsace/1212 ; DOI : https://doi.org/10.4000/alsace.1212]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[HENRI (Mendras),  La fin des paysans. Vingt ans après , EcoRev', 2019/1 (N° 47), p. 101-104. DOI : 10.3917/ecorev.047.0101. URL : https://www.cairn.info/revue-ecorev-2019-1-page-101.htm]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[Autres ressources]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[Bas-Rhin : profil agricole 1976, Direction départementale de l’agriculture, Service statistiques]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[Photo aérienne en couleur de la brasserie de Mutzig (date pas précisé), https://www.capsulesdebieres.fr/cbf/brasseries/mutzig.htm]&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Le_Rhin_(0132FI0016)&amp;diff=18016</id>
		<title>Bas:Le Rhin (0132FI0016)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Le_Rhin_(0132FI0016)&amp;diff=18016"/>
		<updated>2021-04-18T10:14:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Rhin&lt;br /&gt;
|fonds=Schott&lt;br /&gt;
|idSupport=0132FI0016&lt;br /&gt;
|dateDebut=1976&lt;br /&gt;
|video=0132FI0016_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Sonorisé&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Schott, Albert&lt;br /&gt;
|apercu=Rhin-Schott.jpg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un extrait du documentaire réalisé par Albert Schott en 1976, dans les environs de la commune de Mutzig, près de Molsheim. Le film présente la pratique des vendanges et la production de divers produits agricoles.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le film est tourné à l’automne de 1976, au moment des vendanges, très probablement dans les environs de Mutzig, par Albert Schott. À cette époque, c’est un instituteur à la retraite qui se dédie à plein temps à la réalisation des documentaires sur la vie locale, les traditions et les pratiques. Sa passion du cinéma ne se limite pas juste à une consommation familiale, car ces films sont projetés dans les salles de cinémas locaux et ont une grande popularité. Il y a un véritable investissement dans la réalisation du film, qui est coloré et contient des sons et des commentaires enregistrés au magnétoscope. La commune de Mutzig, bien qu’étant peuplé par environ 3 800 habitants au moment du tournage, abrite une brasserie importante et est entourée par des nombreux champs et vignes. Les années 1970 se caractérisent par des changements importants dans les milieux agricoles français. Si le processus de l’exode rural a été entamé dans les années après-guerre, il se poursuit encore dans les années soixante-dix, accompagné par une restructuration des espaces ruraux, une modernisation importante et une implantation des nouveaux habitants venant des milieux urbains.&lt;br /&gt;
Ce film à visé documentaire, cherchant à rendre hommage à des pratiques agricoles traditionnelles, révèle en réalité un espace en proie à des transitions majeures qui se reflètent dans les émotions transmises par le réalisateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Un documentaire à l’hommage de traditions ===== &lt;br /&gt;
Le film commence avec un son d’orchestre et un plan montrant un champ de tabac avec deux travailleurs, qui font cueillir les feuilles à l’alsacienne, en commençant par casser les feuilles situées dans la partie basse de la tige. S’ensuivent quelques coupes de cadre montrant un enfant traverser le champ avec en arrière-plan un tracteur. Dès le début du film, il est visible que son auteur maîtrise le maniement de la caméra et consacre une quantité importante du temps à la réalisation de son œuvre. Il y a une bande de son qui accompagne les images du film, donnant une ambiance festive. Le film est réalisé dans des conditions optimales du beau temps permettant un bon éclairage. L’auteur propose un documentaire ainsi le choix de scènes filmés n’est pas anodin. &lt;br /&gt;
En occurrence, il s’agit de rendre compte d’un ensemble de pratiques liées à la période de vendanges. Ainsi, après avoir montré le champ de tabac, l’image change pour montrer l’entrée vers un séchoir, où sont regroupés les feuilles de tabac. De nouveau, il y a un focus sur la technique en mettant au premier plan une grand-mère et une fille entrain de lier les feuilles par un fil pointu. La caméra montre, en grand plan, le travail à la main et accompagne alors le commentaire de l’auteur qui évoque des « mains agiles et travailleuses ». L’idée est de montrer une technique de conservation des feuilles, en insistant sur une transmission de génération en génération. Cette même approche se répète pour la présentation de la culture de vigne à partir de 2min50 du film. On voit arriver des charrettes avec des cuves, poussés par un cheval ou un tracteur. Des participants de plusieurs générations assistent à la cueillette à la main avant de transporter des grappes de vigne en cuves vers un lieu, où elles seront très probablement écrasées pour obtenir du moût. &lt;br /&gt;
Le réalisateur montre sa maîtrise de la technique cinématographique car il parvient de combiner le visuel, le son et son propre commentaire pour illustrer un paysage agricole traditionnel, où l’ensemble de la famille participe à la récolte dans la joie et de la bonne humeur. Il s’agit de rendre un hommage à un passé agricole qui est entrain de changer. L’auteur commenté bien la présence des machines agricoles, qui sont à cette époque largement présentes dans l’espace agricole, qui subit des transformations majeures depuis au moins 20 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Montrant un rural en transformation ===== &lt;br /&gt;
	Le sujet agricole est bien de la thématique principale abordée par le film. Le film est tourné dans plusieurs endroits. Dans des champs, au sein des coopératives, près de la brasserie de Mutzig, sur les vignes situées sur la colline au nord du Mutzig, dont le quartier pavillonnaire est visible à la 4min52. Il s’agit d’un cadre rural mais qui reste un cadre alsacien. En effet, la variété de productions agricoles souligne la spécificité de la région, qui se caractérise par la polyculture. Le film s’apparente, par sa démonstration régulière des charrettes poussées par les chevaux ou les tracteurs, à un défilé de feuilles de tabac, du houblon, des grappes de vigne, des betteraves et des pommes. Le cadre alsacien est particulièrement souligné à la 2min07, où est visible l’entrée dans la brasserie de Mutzig. Il s’agit à la fois d’un repère pour l’auditoire mais aussi d’une manière d’insister sur la production locale, bien que la brasserie à été racheté par le groupe Heineken en 1972.  &lt;br /&gt;
En présentant tous ces produits en mouvement, le réalisateur souligne, au passage, le maillage qui s’établit entre les agriculteurs et les producteurs agroalimentaires. Les produits bruts sont collectés sur les champs avant de passer par des coopératives locales afin d’être expédiés vers des centres de transformations, à l’image de la brasserie de Mutzig, ou des usines à tabac situés, par exemple, à Strasbourg. Ce maillage connait des transformations importantes depuis les années 50. Ces transformations sont visibles à travers la mécanisation, à l’exemple de la machine batteuse ou des tracteurs, mais elle est aussi présente dans la population. Jusqu’aux années 60, la France connait un exode rural important qui fait craindre à certain nombre de géographes un dépeuplement des campagnes. Dans les années 70, il y a un retour vers les campagnes qui s’observe avec l’extensions des aires urbaines et puis l’arrivé des urbains dans les campagnes. Ces déplacements de la population modifient la structure des campagnes. Il s’agit de moins en moins d’aller s’occuper d’un champ avec toute sa famille, mais bien des exploitants professionnels qui travaillent au sein des parcelles plus grandes, plus productives, et dont la production est orientée vers le marché extérieur. L’image socio-économique des campagnes change avec la diminution du métier d’agriculteur et une montée des métiers ouvriers et ceux des cadres. À cela s’ajoute une part des retraités plus importante. &lt;br /&gt;
Ces transformations s’opèrent sur plusieurs décennies et de manière variable selon les régions. Des changements que Albert Schott remarque, car à 1min du film, il commente de manière admirative sur le fait que dans le passé proche, la cueillette des houblons se faisait à la main. Né dans les années 1920 et ayant vécu dans ses espaces de campagne alsacienne, il a pu assister à toutes ces transformations. C’est ici qu’on peut se poser la réalité de ce qu’est filmé. Est-ce qu’on a affaire ici à des pratiques réelles de l’époque, ou une volonté de recréer un passé ? L’observation des habits des acteurs, leurs gestes très naturels et l’utilisation bien souligné de machines laisse à croire qu’il s’agit bien une réalité de la vie agricole qui est montré. Une réalité qui devient un témoignage émotionnel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Par la transmission des émotions =====&lt;br /&gt;
	Tout le long du film, l’auteur apporte ses commentaires par rapport à ce qu’est montré. En commentant la récolte du houblon, il évoque « un travail de patience », par la suite, avec les dernières images du film, il dit « Pour les joyeux vendages de mon enfance » montrant son rapport personnel à ce qu’il filme. Il exprime ici à la fois un sentiment de nostalgie, de respect vis-à-vis de la vie à la campagne, et un bonheur. Un sentiment de bonheur, qui est transmis à la fois par la musique d’orchestre au début du film et puis par une chanson paillarde sur le vin, à partir de la 2min54. Puis, la joie est aussi exprimée par une partie des acteurs présents dans le film, en particulier des enfants tel que le garçon à la 3min14, assis sur la charrette qui se dirige vers la vigne. Une expression de joie, qui tranche avec les expressions plus réservées des adultes. La participation des acteurs au tournage peut s’exprimer par la proximité qui existe entre le réalisateur et ses lieux de tournage. C’est quelqu’un qui a grandi et a exercé son métier d’enseignant dans les environs. Ces films sont projetés dans les cinémas locaux, lui donnant une grande popularité. Ainsi, le jeune garçon peut se réjouir par l’idée de faire des vendanges mais aussi par l’idée d’apparaître dans un film et de pouvoir se voir. Il s’agit ici d’un film, qui est une production locale pour une consommation locale. &lt;br /&gt;
Il y aussi une glorification du petit agriculteur qui peut être fier de sa production. C’est d’ailleurs avec de la fierté que Albert Schott annonce que l’Alsace est le premier producteur de la bière en France, ce que tout à fait possible car encore aujourd’hui, 60 % de la bière présente en France vient de l’Alsace. Le documentaire joue alors un rôle à la fois de divertissement pour les locaux mais aussi de témoignage pour une époque qui évolue. Dans une décennie, l’image de Mutzig change. La brasserie Mutzig ferme en 1989. La production des feuilles de tabac diminue au profil des exportations étrangères. Et le visage même des acteurs socio-économiques des campagnes change avec une diminution de la part des agriculteurs, qui se spécialisent et se professionnalisent de plus en plus.&lt;br /&gt;
Cet extrait de film laisse apparaître beaucoup plus qu’une simple image folklorique de la campagne alsacienne. Le film montre des anciennes pratiques agricoles à côté des nouvelles pratiques. Il témoigne de la transformation des campagnes françaises dans la deuxième moitié du XXe siècle. Ainsi, cet extrait du documentaire sert à rendre hommage et à être pédagogique.&lt;br /&gt;
|Bibliographie='''Ouvrages généraux :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ADOUMIE (Vincent)dir, ''Géographie de la France'', Hachette supérieur, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREMONT (Armand), ''Portrait de la France tome 1'', Champs essais, Paris, 2011&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SMITH (Paul)et alii., ''La manufacture des tabacs de Strasbourg et les patrimoines du tabac en Alsace'', Lieux dits, Lyon, 2017&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Articles généraux :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(CORNU (Pierre), « La géographie rurale française en perspective historique », Géoconfluences, avril 2018 ; URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/france-espaces-ruraux-periurbains/articles-scientifiques/histoire-geographie-rurale)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(ENTZ (François), « La bière en Alsace », Revue d’Alsace [En ligne], 137 | 2011, mis en ligne le 01 septembre 2014, consulté le 12 avril 2021. URL : http://journals.openedition.org/alsace/1212 ; DOI : https://doi.org/10.4000/alsace.1212)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(HENRI (Mendras), « La fin des paysans. Vingt ans après », EcoRev', 2019/1 (N° 47), p. 101-104. DOI : 10.3917/ecorev.047.0101. URL : https://www.cairn.info/revue-ecorev-2019-1-page-101.htm)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Autres ressources&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bas-Rhin : profil agricole 1976, Direction départementale de l’agriculture, Service statistiques &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Photo aérienne en couleur de la brasserie de Mutzig (date pas précisé), https://www.capsulesdebieres.fr/cbf/brasseries/mutzig.htm)&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Le_Rhin_(0132FI0016)&amp;diff=18015</id>
		<title>Bas:Le Rhin (0132FI0016)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Le_Rhin_(0132FI0016)&amp;diff=18015"/>
		<updated>2021-04-18T10:12:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Rhin&lt;br /&gt;
|fonds=Schott&lt;br /&gt;
|idSupport=0132FI0016&lt;br /&gt;
|dateDebut=1976&lt;br /&gt;
|video=0132FI0016_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Sonorisé&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Schott, Albert&lt;br /&gt;
|apercu=Rhin-Schott.jpg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un extrait du documentaire réalisé par Albert Schott en 1976, dans les environs de la commune de Mutzig, près de Molsheim. Le film présente la pratique des vendanges et la production de divers produits agricoles.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le film est tourné à l’automne de 1976, au moment des vendanges, très probablement dans les environs de Mutzig, par Albert Schott. À cette époque, c’est un instituteur à la retraite qui se dédie à plein temps à la réalisation des documentaires sur la vie locale, les traditions et les pratiques. Sa passion du cinéma ne se limite pas juste à une consommation familiale, car ces films sont projetés dans les salles de cinémas locaux et ont une grande popularité. Il y a un véritable investissement dans la réalisation du film, qui est coloré et contient des sons et des commentaires enregistrés au magnétoscope. La commune de Mutzig, bien qu’étant peuplé par environ 3 800 habitants au moment du tournage, abrite une brasserie importante et est entourée par des nombreux champs et vignes. Les années 1970 se caractérisent par des changements importants dans les milieux agricoles français. Si le processus de l’exode rural a été entamé dans les années après-guerre, il se poursuit encore dans les années soixante-dix, accompagné par une restructuration des espaces ruraux, une modernisation importante et une implantation des nouveaux habitants venant des milieux urbains.&lt;br /&gt;
Ce film à visé documentaire, cherchant à rendre hommage à des pratiques agricoles traditionnelles, révèle en réalité un espace en proie à des transitions majeures qui se reflètent dans les émotions transmises par le réalisateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Un documentaire à l’hommage de traditions ===== &lt;br /&gt;
Le film commence avec un son d’orchestre et un plan montrant un champ de tabac avec deux travailleurs, qui font cueillir les feuilles à l’alsacienne, en commençant par casser les feuilles situées dans la partie basse de la tige. S’ensuivent quelques coupes de cadre montrant un enfant traverser le champ avec en arrière-plan un tracteur. Dès le début du film, il est visible que son auteur maîtrise le maniement de la caméra et consacre une quantité importante du temps à la réalisation de son œuvre. Il y a une bande de son qui accompagne les images du film, donnant une ambiance festive. Le film est réalisé dans des conditions optimales du beau temps permettant un bon éclairage. L’auteur propose un documentaire ainsi le choix de scènes filmés n’est pas anodin. &lt;br /&gt;
En occurrence, il s’agit de rendre compte d’un ensemble de pratiques liées à la période de vendanges. Ainsi, après avoir montré le champ de tabac, l’image change pour montrer l’entrée vers un séchoir, où sont regroupés les feuilles de tabac. De nouveau, il y a un focus sur la technique en mettant au premier plan une grand-mère et une fille entrain de lier les feuilles par un fil pointu. La caméra montre, en grand plan, le travail à la main et accompagne alors le commentaire de l’auteur qui évoque des « mains agiles et travailleuses ». L’idée est de montrer une technique de conservation des feuilles, en insistant sur une transmission de génération en génération. Cette même approche se répète pour la présentation de la culture de vigne à partir de 2min50 du film. On voit arriver des charrettes avec des cuves, poussés par un cheval ou un tracteur. Des participants de plusieurs générations assistent à la cueillette à la main avant de transporter des grappes de vigne en cuves vers un lieu, où elles seront très probablement écrasées pour obtenir du moût. &lt;br /&gt;
Le réalisateur montre sa maîtrise de la technique cinématographique car il parvient de combiner le visuel, le son et son propre commentaire pour illustrer un paysage agricole traditionnel, où l’ensemble de la famille participe à la récolte dans la joie et de la bonne humeur. Il s’agit de rendre un hommage à un passé agricole qui est entrain de changer. L’auteur commenté bien la présence des machines agricoles, qui sont à cette époque largement présentes dans l’espace agricole, qui subit des transformations majeures depuis au moins 20 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Montrant un rural en transformation ===== &lt;br /&gt;
	Le sujet agricole est bien de la thématique principale abordée par le film. Le film est tourné dans plusieurs endroits. Dans des champs, au sein des coopératives, près de la brasserie de Mutzig, sur les vignes situées sur la colline au nord du Mutzig, dont le quartier pavillonnaire est visible à la 4min52. Il s’agit d’un cadre rural mais qui reste un cadre alsacien. En effet, la variété de productions agricoles souligne la spécificité de la région, qui se caractérise par la polyculture. Le film s’apparente, par sa démonstration régulière des charrettes poussées par les chevaux ou les tracteurs, à un défilé de feuilles de tabac, du houblon, des grappes de vigne, des betteraves et des pommes. Le cadre alsacien est particulièrement souligné à la 2min07, où est visible l’entrée dans la brasserie de Mutzig. Il s’agit à la fois d’un repère pour l’auditoire mais aussi d’une manière d’insister sur la production locale, bien que la brasserie à été racheté par le groupe Heineken en 1972.  &lt;br /&gt;
En présentant tous ces produits en mouvement, le réalisateur souligne, au passage, le maillage qui s’établit entre les agriculteurs et les producteurs agroalimentaires. Les produits bruts sont collectés sur les champs avant de passer par des coopératives locales afin d’être expédiés vers des centres de transformations, à l’image de la brasserie de Mutzig, ou des usines à tabac situés, par exemple, à Strasbourg. Ce maillage connait des transformations importantes depuis les années 50. Ces transformations sont visibles à travers la mécanisation, à l’exemple de la machine batteuse ou des tracteurs, mais elle est aussi présente dans la population. Jusqu’aux années 60, la France connait un exode rural important qui fait craindre à certain nombre de géographes un dépeuplement des campagnes. Dans les années 70, il y a un retour vers les campagnes qui s’observe avec l’extensions des aires urbaines et puis l’arrivé des urbains dans les campagnes. Ces déplacements de la population modifient la structure des campagnes. Il s’agit de moins en moins d’aller s’occuper d’un champ avec toute sa famille, mais bien des exploitants professionnels qui travaillent au sein des parcelles plus grandes, plus productives, et dont la production est orientée vers le marché extérieur. L’image socio-économique des campagnes change avec la diminution du métier d’agriculteur et une montée des métiers ouvriers et ceux des cadres. À cela s’ajoute une part des retraités plus importante. &lt;br /&gt;
Ces transformations s’opèrent sur plusieurs décennies et de manière variable selon les régions. Des changements que Albert Schott remarque, car à 1min du film, il commente de manière admirative sur le fait que dans le passé proche, la cueillette des houblons se faisait à la main. Né dans les années 1920 et ayant vécu dans ses espaces de campagne alsacienne, il a pu assister à toutes ces transformations. C’est ici qu’on peut se poser la réalité de ce qu’est filmé. Est-ce qu’on a affaire ici à des pratiques réelles de l’époque, ou une volonté de recréer un passé ? L’observation des habits des acteurs, leurs gestes très naturels et l’utilisation bien souligné de machines laisse à croire qu’il s’agit bien une réalité de la vie agricole qui est montré. Une réalité qui devient un témoignage émotionnel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Par la transmission des émotions =====&lt;br /&gt;
	Tout le long du film, l’auteur apporte ses commentaires par rapport à ce qu’est montré. En commentant la récolte du houblon, il évoque « un travail de patience », par la suite, avec les dernières images du film, il dit « Pour les joyeux vendages de mon enfance » montrant son rapport personnel à ce qu’il filme. Il exprime ici à la fois un sentiment de nostalgie, de respect vis-à-vis de la vie à la campagne, et un bonheur. Un sentiment de bonheur, qui est transmis à la fois par la musique d’orchestre au début du film et puis par une chanson paillarde sur le vin, à partir de la 2min54. Puis, la joie est aussi exprimée par une partie des acteurs présents dans le film, en particulier des enfants tel que le garçon à la 3min14, assis sur la charrette qui se dirige vers la vigne. Une expression de joie, qui tranche avec les expressions plus réservées des adultes. La participation des acteurs au tournage peut s’exprimer par la proximité qui existe entre le réalisateur et ses lieux de tournage. C’est quelqu’un qui a grandi et a exercé son métier d’enseignant dans les environs. Ces films sont projetés dans les cinémas locaux, lui donnant une grande popularité. Ainsi, le jeune garçon peut se réjouir par l’idée de faire des vendanges mais aussi par l’idée d’apparaître dans un film et de pouvoir se voir. Il s’agit ici d’un film, qui est une production locale pour une consommation locale. &lt;br /&gt;
Il y aussi une glorification du petit agriculteur qui peut être fier de sa production. C’est d’ailleurs avec de la fierté que Albert Schott annonce que l’Alsace est le premier producteur de la bière en France, ce que tout à fait possible car encore aujourd’hui, 60 % de la bière présente en France vient de l’Alsace. Le documentaire joue alors un rôle à la fois de divertissement pour les locaux mais aussi de témoignage pour une époque qui évolue. Dans une décennie, l’image de Mutzig change. La brasserie Mutzig ferme en 1989. La production des feuilles de tabac diminue au profil des exportations étrangères. Et le visage même des acteurs socio-économiques des campagnes change avec une diminution de la part des agriculteurs, qui se spécialisent et se professionnalisent de plus en plus.&lt;br /&gt;
Cet extrait de film laisse apparaître beaucoup plus qu’une simple image folklorique de la campagne alsacienne. Le film montre des anciennes pratiques agricoles à côté des nouvelles pratiques. Il témoigne de la transformation des campagnes françaises dans la deuxième moitié du XXe siècle. Ainsi, cet extrait du documentaire sert à rendre hommage et à être pédagogique.&lt;br /&gt;
|Bibliographie='''Ouvrages généraux :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ADOUMIE (Vincent)dir, Géographie de la France, Hachette supérieur, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREMONT (Armand), Portrait de la France tome 1, Champs essais, Paris, 2011&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SMITH (Paul)et alii., La manufacture des tabacs de Strasbourg et les patrimoines du tabac en Alsace, Lieux dits, Lyon, 2017&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Articles généraux :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CORNU (Pierre), « La géographie rurale française en perspective historique », Géoconfluences, avril 2018 ; URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/france-espaces-ruraux-periurbains/articles-scientifiques/histoire-geographie-rurale&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ENTZ (François), « La bière en Alsace », Revue d’Alsace [En ligne], 137 | 2011, mis en ligne le 01 septembre 2014, consulté le 12 avril 2021. URL : http://journals.openedition.org/alsace/1212 ; DOI : https://doi.org/10.4000/alsace.1212&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HENRI (Mendras), « La fin des paysans. Vingt ans après », EcoRev', 2019/1 (N° 47), p. 101-104. DOI : 10.3917/ecorev.047.0101. URL : https://www.cairn.info/revue-ecorev-2019-1-page-101.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Autres ressources'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bas-Rhin : profil agricole 1976, Direction départementale de l’agriculture, Service statistiques &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Photo aérienne en couleur de la brasserie de Mutzig (date pas précisé), https://www.capsulesdebieres.fr/cbf/brasseries/mutzig.htm&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Le_Rhin_(0132FI0016)&amp;diff=18014</id>
		<title>Bas:Le Rhin (0132FI0016)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Bas:Le_Rhin_(0132FI0016)&amp;diff=18014"/>
		<updated>2021-04-18T10:09:13Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Rhin&lt;br /&gt;
|fonds=Schott&lt;br /&gt;
|idSupport=0132FI0016&lt;br /&gt;
|dateDebut=1976&lt;br /&gt;
|video=0132FI0016_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Sonorisé&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:00:00&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=Super 8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Schott, Albert&lt;br /&gt;
|apercu=Rhin-Schott.jpg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s’agit d’un extrait du documentaire réalisé par Albert Schott en 1976, dans les environs de la commune de Mutzig, près de Molsheim. Le film présente la pratique des vendanges et la production de divers produits agricoles.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le film est tourné à l’automne de 1976, au moment des vendanges, très probablement dans les environs de Mutzig, par Albert Schott. À cette époque, c’est un instituteur à la retraite qui se dédie à plein temps à la réalisation des documentaires sur la vie locale, les traditions et les pratiques. Sa passion du cinéma ne se limite pas juste à une consommation familiale, car ces films sont projetés dans les salles de cinémas locaux et ont une grande popularité. Il y a un véritable investissement dans la réalisation du film, qui est coloré et contient des sons et des commentaires enregistrés au magnétoscope. La commune de Mutzig, bien qu’étant peuplé par environ 3 800 habitants au moment du tournage, abrite une brasserie importante et est entourée par des nombreux champs et vignes. Les années 1970 se caractérisent par des changements importants dans les milieux agricoles français. Si le processus de l’exode rural a été entamé dans les années après-guerre, il se poursuit encore dans les années soixante-dix, accompagné par une restructuration des espaces ruraux, une modernisation importante et une implantation des nouveaux habitants venant des milieux urbains.&lt;br /&gt;
Ce film à visé documentaire, cherchant à rendre hommage à des pratiques agricoles traditionnelles, révèle en réalité un espace en proie à des transitions majeures qui se reflètent dans les émotions transmises par le réalisateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Un documentaire à l’hommage de traditions ===== &lt;br /&gt;
Le film commence avec un son d’orchestre et un plan montrant un champ de tabac avec deux travailleurs, qui font cueillir les feuilles à l’alsacienne, en commençant par casser les feuilles situées dans la partie basse de la tige. S’ensuivent quelques coupes de cadre montrant un enfant traverser le champ avec en arrière-plan un tracteur. Dès le début du film, il est visible que son auteur maîtrise le maniement de la caméra et consacre une quantité importante du temps à la réalisation de son œuvre. Il y a une bande de son qui accompagne les images du film, donnant une ambiance festive. Le film est réalisé dans des conditions optimales du beau temps permettant un bon éclairage. L’auteur propose un documentaire ainsi le choix de scènes filmés n’est pas anodin. &lt;br /&gt;
En occurrence, il s’agit de rendre compte d’un ensemble de pratiques liées à la période de vendanges. Ainsi, après avoir montré le champ de tabac, l’image change pour montrer l’entrée vers un séchoir, où sont regroupés les feuilles de tabac. De nouveau, il y a un focus sur la technique en mettant au premier plan une grand-mère et une fille entrain de lier les feuilles par un fil pointu. La caméra montre, en grand plan, le travail à la main et accompagne alors le commentaire de l’auteur qui évoque des « mains agiles et travailleuses ». L’idée est de montrer une technique de conservation des feuilles, en insistant sur une transmission de génération en génération. Cette même approche se répète pour la présentation de la culture de vigne à partir de 2min50 du film. On voit arriver des charrettes avec des cuves, poussés par un cheval ou un tracteur. Des participants de plusieurs générations assistent à la cueillette à la main avant de transporter des grappes de vigne en cuves vers un lieu, où elles seront très probablement écrasées pour obtenir du moût. &lt;br /&gt;
Le réalisateur montre sa maîtrise de la technique cinématographique car il parvient de combiner le visuel, le son et son propre commentaire pour illustrer un paysage agricole traditionnel, où l’ensemble de la famille participe à la récolte dans la joie et de la bonne humeur. Il s’agit de rendre un hommage à un passé agricole qui est entrain de changer. L’auteur commenté bien la présence des machines agricoles, qui sont à cette époque largement présentes dans l’espace agricole, qui subit des transformations majeures depuis au moins 20 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Montrant un rural en transformation ===== &lt;br /&gt;
	Le sujet agricole est bien de la thématique principale abordée par le film. Le film est tourné dans plusieurs endroits. Dans des champs, au sein des coopératives, près de la brasserie de Mutzig, sur les vignes situées sur la colline au nord du Mutzig, dont le quartier pavillonnaire est visible à la 4min52. Il s’agit d’un cadre rural mais qui reste un cadre alsacien. En effet, la variété de productions agricoles souligne la spécificité de la région, qui se caractérise par la polyculture. Le film s’apparente, par sa démonstration régulière des charrettes poussées par les chevaux ou les tracteurs, à un défilé de feuilles de tabac, du houblon, des grappes de vigne, des betteraves et des pommes. Le cadre alsacien est particulièrement souligné à la 2min07, où est visible l’entrée dans la brasserie de Mutzig. Il s’agit à la fois d’un repère pour l’auditoire mais aussi d’une manière d’insister sur la production locale, bien que la brasserie à été racheté par le groupe Heineken en 1972.  &lt;br /&gt;
En présentant tous ces produits en mouvement, le réalisateur souligne, au passage, le maillage qui s’établit entre les agriculteurs et les producteurs agroalimentaires. Les produits bruts sont collectés sur les champs avant de passer par des coopératives locales afin d’être expédiés vers des centres de transformations, à l’image de la brasserie de Mutzig, ou des usines à tabac situés, par exemple, à Strasbourg. Ce maillage connait des transformations importantes depuis les années 50. Ces transformations sont visibles à travers la mécanisation, à l’exemple de la machine batteuse ou des tracteurs, mais elle est aussi présente dans la population. Jusqu’aux années 60, la France connait un exode rural important qui fait craindre à certain nombre de géographes un dépeuplement des campagnes. Dans les années 70, il y a un retour vers les campagnes qui s’observe avec l’extensions des aires urbaines et puis l’arrivé des urbains dans les campagnes. Ces déplacements de la population modifient la structure des campagnes. Il s’agit de moins en moins d’aller s’occuper d’un champ avec toute sa famille, mais bien des exploitants professionnels qui travaillent au sein des parcelles plus grandes, plus productives, et dont la production est orientée vers le marché extérieur. L’image socio-économique des campagnes change avec la diminution du métier d’agriculteur et une montée des métiers ouvriers et ceux des cadres. À cela s’ajoute une part des retraités plus importante. &lt;br /&gt;
Ces transformations s’opèrent sur plusieurs décennies et de manière variable selon les régions. Des changements que Albert Schott remarque, car à 1min du film, il commente de manière admirative sur le fait que dans le passé proche, la cueillette des houblons se faisait à la main. Né dans les années 1920 et ayant vécu dans ses espaces de campagne alsacienne, il a pu assister à toutes ces transformations. C’est ici qu’on peut se poser la réalité de ce qu’est filmé. Est-ce qu’on a affaire ici à des pratiques réelles de l’époque, ou une volonté de recréer un passé ? L’observation des habits des acteurs, leurs gestes très naturels et l’utilisation bien souligné de machines laisse à croire qu’il s’agit bien une réalité de la vie agricole qui est montré. Une réalité qui devient un témoignage émotionnel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Par la transmission des émotions =====&lt;br /&gt;
	Tout le long du film, l’auteur apporte ses commentaires par rapport à ce qu’est montré. En commentant la récolte du houblon, il évoque « un travail de patience », par la suite, avec les dernières images du film, il dit « Pour les joyeux vendages de mon enfance » montrant son rapport personnel à ce qu’il filme. Il exprime ici à la fois un sentiment de nostalgie, de respect vis-à-vis de la vie à la campagne, et un bonheur. Un sentiment de bonheur, qui est transmis à la fois par la musique d’orchestre au début du film et puis par une chanson paillarde sur le vin, à partir de la 2min54. Puis, la joie est aussi exprimée par une partie des acteurs présents dans le film, en particulier des enfants tel que le garçon à la 3min14, assis sur la charrette qui se dirige vers la vigne. Une expression de joie, qui tranche avec les expressions plus réservées des adultes. La participation des acteurs au tournage peut s’exprimer par la proximité qui existe entre le réalisateur et ses lieux de tournage. C’est quelqu’un qui a grandi et a exercé son métier d’enseignant dans les environs. Ces films sont projetés dans les cinémas locaux, lui donnant une grande popularité. Ainsi, le jeune garçon peut se réjouir par l’idée de faire des vendanges mais aussi par l’idée d’apparaître dans un film et de pouvoir se voir. Il s’agit ici d’un film, qui est une production locale pour une consommation locale. &lt;br /&gt;
Il y aussi une glorification du petit agriculteur qui peut être fier de sa production. C’est d’ailleurs avec de la fierté que Albert Schott annonce que l’Alsace est le premier producteur de la bière en France, ce que tout à fait possible car encore aujourd’hui, 60 % de la bière présente en France vient de l’Alsace. Le documentaire joue alors un rôle à la fois de divertissement pour les locaux mais aussi de témoignage pour une époque qui évolue. Dans une décennie, l’image de Mutzig change. La brasserie Mutzig ferme en 1989. La production des feuilles de tabac diminue au profil des exportations étrangères. Et le visage même des acteurs socio-économiques des campagnes change avec une diminution de la part des agriculteurs, qui se spécialisent et se professionnalisent de plus en plus.&lt;br /&gt;
Cet extrait de film laisse apparaître beaucoup plus qu’une simple image folklorique de la campagne alsacienne. Le film montre des anciennes pratiques agricoles à côté des nouvelles pratiques. Il témoigne de la transformation des campagnes françaises dans la deuxième moitié du XXe siècle. Ainsi, cet extrait du documentaire sert à rendre hommage et à être pédagogique.&lt;br /&gt;
|Bibliographie='''Ouvrages généraux :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ADOUMIE (Vincent)dir, Géographie de la France, Hachette supérieur, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FREMONT (Armand), Portrait de la France tome 1, Champs essais, Paris, 2011&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SMITH (Paul)et alii., La manufacture des tabacs de Strasbourg et les patrimoines du tabac en Alsace, Lieux dits, Lyon, 2017&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Articles généraux :'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CORNU (Pierre), &amp;quot;La géographie rurale française en perspective historique&amp;quot;, Géoconfluences, avril 2018 ; URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/france-espaces-ruraux-periurbains/articles-scientifiques/histoire-geographie-rurale&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ENTZ (François), &amp;quot;La bière en Alsace&amp;quot;, Revue d’Alsace [En ligne], 137 | 2011, mis en ligne le 01 septembre 2014, consulté le 12 avril 2021. URL : http://journals.openedition.org/alsace/1212 ; DOI : https://doi.org/10.4000/alsace.1212&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HENRI (Mendras), &amp;quot;La fin des paysans. Vingt ans après&amp;quot;, EcoRev', 2019/1 (N° 47), p. 101-104. DOI : 10.3917/ecorev.047.0101. URL : https://www.cairn.info/revue-ecorev-2019-1-page-101.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Autres ressources'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bas-Rhin : profil agricole 1976, Direction départementale de l’agriculture, Service statistiques &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Photo aérienne en couleur de la brasserie de Mutzig (date pas précisé), https://www.capsulesdebieres.fr/cbf/brasseries/mutzig.htm&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
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&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Vue aérienne sur la brasserie de Mutzig et ses environs, date inconnue&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
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		<updated>2021-01-13T20:34:51Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=20e anniversaire de la libération de Strasbourg&lt;br /&gt;
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|datesignature=2021-01-04&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : ceremonies – commemorations - remembrance places&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Film de Rodolphe Bruckmann, montrant le défilé militaire se déroulant sur l’avenue de Vosges à Strasbourg le 22 novembre 1964, auquel assiste le général Charles de Gaulle en présence d’une foule immense.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le film est réalisé à Strasbourg au moment de la visite de Charles de Gaulle, le président de la Ve République, pour la fête du 20ème anniversaire de la Libération de Strasbourg. En occurrence, entre le 22 et le 23 novembre 1944, la 2e division des blindés du général Philippe Leclerc de Hautecloque est entrée dans la ville de Strasbourg, après une percée surprise à travers les défenses allemandes situées dans les Vosges. Ainsi des troupes françaises, américaines et des résistants participent à la libération de la capitale alsacienne. La présence importante de chars et véhicules blindés au défilé militaire renvoie à cet événement. C’est aussi un clin d’œil aux origines du président Charles de Gaulle. Ce dernier, ayant été marqué par la Première Guerre mondiale, avait participé à l’élaboration des nouvelles théories d’utilisation des chars de combat. Il était aussi un commandant des chars avant de devenir la figure de la résistance du 18 juin 1940. Général de Gaulle a construit sa légitimité en tant que le guide de la France libre et il est considéré après la Seconde Guerre mondiale comme un héros national. Une image mythifiée, qu’il cherche à mettre en avant dans sa carrière politique avec des succès relatifs. Ce n’est qu’en 1958, qu’il est rappelé par le pouvoir pour régler la crise d’Algérie. En 1964, c’est un président, élu depuis 6 an, d’une nouvelle république pour laquelle il cherche de trouver une place à part dans un monde divisé en deux blocs par la Guerre froide.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La participation à ce défilé a un triple enjeu commémoratif, géopolitique et politique. Des enjeux dont rend compte le film amateur de Rodolphe Bruckmann.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une image au triple sens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une commémoration et un défilé symboliques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film, filmé en noir et blanc et sans une bande de son, commence à présenter la cérémonie par l’image du Général de Gaulle faisant un salut militaire face aux troupes portant des étendards français et américains. Le choix de commencer par ce plan vise à montrer la valeur symbolique de cet événement. La présence dans le défilé des troupes américaines et anglaises renvoie à la coopération du passé et du présent entre les États-Unis et la France. Il y a un protocole du cérémonial qui est mis en application. Le général fait la tournée des troupes et puis revient pour récompenser deux soldats avant de monter dans la tribune. Des drapeaux français sont visibles sur les murs du bâtiment de direction de Finances Régionales. Puis pendant le défilé, des chars arrivent avec des noms inscrits dessus tel que « Neuchèze » à 4min 37 du film. Il s’agirait ici d’un hommage à Robert de Neuchèze, mort à Autun en 1944. Sur d’autres chars, d’autres noms sont inscrits à la peinture blanche mais sont illisibles depuis l’angle de vue de la caméra. Enfin, c’est le lieu du défilé qui bombarde le spectateur par la symbolique commémorative. Les troupes défilent sur l’avenue des Vosges, qui renvoie à la percée des troupes de Leclerc, d’il y a 20 ans. Cette avenue est traversée par l’avenue de la Paix sur laquelle est située la tribune avec Charles de Gaulle et d’autres personnalités importantes. La tribune donne une vue sur les troupes, puis sur la place de la République et au loin sur la Cathédrale. Bien que cette vue ne soit pas visible depuis le balcon sur lequel se trouve l’auteur du film, il est évident que le choix de cet emplacement pour un défilé vise à la fois de rappeler les sacrifices du passé mais aussi de rendre compte des coopérations du présent.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le défilé représente un événement de masse mais son importance commémorative est à relativiser comme l’indique Louis Moreau de Bellaing dans son article sur la commémoration. Louis Moreau de Bellaing est un docteur d’État en Sociologie et se spécialise sur la place dans du paternalisme au sein du pouvoir. Pour lui, un défilé joue un rôle d’accompagnement des autres cérémonies de commémoration. C’est avant tout un spectacle, qui dans le cas concret rend avant tout l’hommage à la personne de Charles de Gaulle. Mais ce spectacle du pouvoir renvoie aussi vers d’autres images symboliques en lien avec la situation internationale du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Montrer la force de la France et réaffirmer les partenariats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’organisé pour une commémoration, le défilé sert à répondre à d’autres enjeux beaucoup plus actuels. En effet, par son positionnement avantageux et statique, le film montre un défilé de troupes, de voitures et des chars. On y distingue des modèles de blindés contemporains, comme par exemple des engins de reconnaissance Panhard EBR FL11 au nombre d’environ de 12 véhicules (4min) suivis par un modèle plus ancien de 1954 (4min27sec). Au moins 4 autres blindés contemporains sont les AMX-13 avec des missiles SS11, produits en 1964 (5min23 sec). Les autres véhicules datent plutôt des années 50 comme par exemple les AMX-13 VCI, véhicules combat d’infanterie produits à partir 1957 et qui sont environ 17 dans le défile (4min29sec). Les véhicules qui attirent l’œil du l’auteur du film, sont les chars américains M47 Patton (4min33), achetés en masse par la France durant les années 1950 et dont environ 14 véhicules sont visibles dans ce défilé. Ce défilé donne une image d’une armée en transformation avec des véhicules très modernes entourées des véhicules produits le long des années 50 avec des chars américains. Ces derniers seront peu à peu remplacés à la fin des années soixante par le char français AMX-30 B qui en 1964 n’est qu’en phase de conception, après l’échec du prototype franco-allemand AMX-30 A en 1963. En tout, au défilé participent, tout véhicule mélangé, plus d’une centaine d’unités.&lt;br /&gt;
Des quantités importantes, pouvant être comparés au défilé du 14 Juillet. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cette cérémonie attire une foule immense, ce que s’explique en partie par l’effet que l’événement est organisé un dimanche. Pour renforcer l’importance politique de cette cérémonie, des nombreuses personnalités politiques y sont présentes. Selon le rapport d’Institut National de l’Audiovisuel, à ce défilé assistent l’ambassadeur de la Grande-Bretagne, Pierson Dixon, et l’ambassadeur des États-Unis, Charles E.Bohlen. Il y a aussi plusieurs ministres du gouvernement qui y sont présents, à l’image de Roger Frey, ministre de l’Intérieur, ou encore Pierre Messmer, ministre des Armées. À ces personnalités s’ajoutent des dignitaires haut-gradés et certainement d’autres invités d’honneur. Une de ses invitées est visible à la fin du film quand la caméra suit le mouvement d’une femme entouré des hauts-gradés, qui se dirigent vers des voitures qui les attendent sur l’avenue. Il s’agit ici de la maréchale Leclerc de Hautecloque, Thérèse de Gargan, dont la présence au moment de la visite du général est rapportée par les Dernières Nouvelles d’Alsace. Cette concentration de troupes, des personnages politiques et d’une foule immense, fait partie d’une construction de l’événement propre au régime de Gaulle. L’objectif, est en réalité de montrer la puissance de la France à ses alliées. En insistant, certes, sur la coopération ancienne qui existe entre la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne, tout en mettant en avant la place centrale que doit jouer la France dans la direction de l’Europe. Bien que proches, Charles de Gaulle est déjà dans un processus d’éloignement de l’Organisation du traité de l’Atlantique du Nord. Au début de l’année 1964, la France a rétabli ses relations diplomatiques avec la Chine communiste et en 1966, elle sort de l’Otan. La France se positionne en situation d’indépendance par rapport aux blocs atlantique et soviétique, tout en cherchant à créer des nouveaux partenariats, par exemple avec l’Allemagne. L’organisation du défilé à Strasbourg, renvoie à une histoire commune. Bien que méfiant, Charles de Gaulle vise à mener une politique pragmatique visant à créer une Europe forte. En janvier 1963, le traité de l'Élysée est signé avec l’Allemagne visant à créer plus de coopération entre les deux pays. Mais il s’agit bien d’une coopération qui est entrain de se construire car il n’y a pas d’ambassadeur allemand présent à ce défile. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Filmer ce défilé revient alors à présenter non pas un moment de commémoration mais bien un moment politique pensé par Charles De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une cérémonie inscrite dans un message politique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Charles de Gaulle n’apparaît clairement qu’au début et à la fin du film, mais il est toujours présent à la tribune. Une présence sur laquelle insiste bien l’auteur du film qui tourne la caméra un peu plus bas pour faire apparaître un peu plus la tribune. Le film montre qu’autour de ce défilé, il y a une immense foule qui s’étend sur toute l’avenue. Cette foule est aussi accompagné des nombreux journalistes et reporters, contenus par des services d’ordres. Une partie des journalistes sont devant la tribune à côté d’une plateforme, sur laquelle on repère une grande caméra de télévision. D’autres caméras sont présentes et se focalisent sur Charles de Gaulle et sur le défilé. Il s’agit d’un événement médiatique dont le président est bien conscient. Se rendant compte de l’importance des médias, il accepte volontiers de participer à des bains des foules. Sa venue à Strasbourg à cette date n’est pas nouvelle, vu qu’il y est venu en 1959 pour faire un discours au sein du Palais Universitaire pour vanter le rapprochement franco-allemand.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s’agit bien d’un passage où le défilé n’est qu’une partie de la cérémonie. Le matin du dimanche 22 novembre 1964, De Gaulle assiste à une messe au sein de la Notre-Dame de Strasbourg avant de rendre un hommage aux combattants morts pour la patrie. Puis il passe au défilé, avant de repartir sur la place Kléber pour y être acclamé par une foule et pour y faire un discours sur la proximité franco-allemande, sur l’indépendance européenne aux deux blocs et pour y aborder le sujet de rapprochement entre l’Europe de l’Ouest et l’Est. Ce discours est retranscrit en partie dans les archives d’INA. Il s’agit bien d’une prestation politique au niveau national car depuis 1959, le général enchaîne des voyages au sein de la France pour s’approcher du peuple en jouant sur une carte populiste, cherchant une légitimé par un soutien populaire. Un soutien dont il besoin pour l’élection présidentielle, qui a lieu en décembre 1965. Si Charles de Gaulle est déclaré gagnant, il ne l’est qu’avec une petite marge. Ainsi, ce défilé participe à l’action politique et électorale du général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Filmer un événement chargé de mémoire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film fait par Rodolphe Bruckmann est un film amateur qui témoigne d’une certaine aisance dans l’exercice de filmer. Les plans sont filmés depuis un balcon situé à gauche de la tribune donnant une vue sur l’ensemble de l’avenue de Vosges. Le film qui dure 6min 50 a été monté, comme en témoignent des nombreuses coupures tout le long du film. La caméra fait des mouvement lents et stables permettant de bien voir le défilé. L’effet qu’il s’agit ici d’une caméra Kodak, héritée par le fils de la famille, indique qu’il y a une circulation de compétences pour réaliser des films. Les caméras facilement maniables pour réaliser des films sont déjà très présentes dans les années 1960.&lt;br /&gt;
	&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant le film en soit ne présente pas beaucoup d’atout techniques. Le plan est toujours en plongé, bloqué par l’emplacement de l’auteur. Ce dernier se focalise à filmer des figures dans un plan d’ensemble avec des coupures pour souligner l’arrivé et le départ des blindés. Cette simplicité de réalisation donne à voir un autre point de vue sur un événement qui est très médiatisé. En observant la foule, surtout celle situé en face de la tribune il est possible de voir des nombreuses caméra et photo-appareils qui produisent une quantité de matériel médiatique important. Une rapide recherche sur Internet permet de trouver plusieurs photos de l’événement dont une, où est repérable l’auteur du film. Ainsi ici le rôle du film amateur n’est pas de montrer un événement qui manquerait de couverture médiatique mais bien d’enregistrer un événement pour le garder comme un souvenir à partager avec la famille. En consultant le film officiel réalisé à l’époque et accessible sur le site d’INA, il y a une nette différence dans la manière de filmer. Le focus de la présentation se fait sur le général, qui est visible souvent en gros plan ou plan poitrine. Le découpage du film se fait à partir des films de plusieurs caméras montrant le déplacement de Charles de Gaulle au sein de la ville et il y a des sons et les commentaires du journaliste. Et le défilé n’est montré que pendant quelques secondes pour faire place ensuite à plusieurs minutes de discours du général sur la place Kléber. Avec le film de Rodolphe Bruckmann, le général se fond dans la foule et passe au second plan devant le spectacle du défilé. À côté des médias officiels, les films amateurs jouent un rôle d’une vision alternative, présentant le point de vue de l’individu. Un point de vue subjectif, qui souligne ici l’intérêt personnel de rendre hommage à l’événement qui est en train d’avoir lieu. L’idée est de raconter une histoire personnelle et montrer sa participation à un événement. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
À la différence du film officiel, il ne s’agit pas de montrer une vision centrée sur le général qui rend visite à la ville de Strasbourg. Mais bien de donner une image d’un témoin de l’événement qui tranche avec le quotidien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, le film amateur présente une image personnelle face à un événement médiatisé présentant une série d’enjeux politiques situés autour d’un défilé de commémoration.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Ouvrages généraux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BIMBENET (Jérôme), ''Film et histoire'', Armand Colin, Paris, 2007&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
COLLET (André), ''Histoire de l’armement depuis 1945'', PUF, Paris, 1993&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MORELLE (Chantal), ''De Gaulle, la passion de la France'', Armand Colin, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articles généraux :&lt;br /&gt;
DE BELLAING (Moreau Louis), Mémoires de la mémoire : la commémoration, dans ''L’homme et la société'', N°75-76, ''Synthèse en sciences humaines'', 1985, p. 237-244&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ZIMMERMANN (Patricia), Cinéma amateur et démocratie, dans ''Communication'', 68, ''Le cinéma en amateur'', sous la direction Roger Odin, 1999, p.281-292&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autres ressources&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Institut National d’Audiovisuel :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Discours prononcé par Charles de Gaulle au moment de son passage à Strasbourg en 1964. Une partie du discours est retranscrite. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00238/discours-prononce-a-strasbourg-pour-le-vingtieme-anniversaire-de-la-liberation-de-la-ville.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre film rappelant la libération de Strasbourg et montrant à 2min14, la maréchale Leclerc de Hautecloque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.ina.fr/video/AFE86000124&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Photos de l’époque : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo de l’événement faisant apparaître deux chars M47 Patton et général Charles de Gaulle. En arrière-plan, au second étage sur le balcon situé à l’extrême-droite, se situe Rodolphe Bruckmann qu’on peut identifier par sa figure en profil, tenant la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://photoinventory.fr/photos/CJ5046.png&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo montrant Charles de Gaulle en voiture pendant le défilé. Montrant bien l’avenue de Vosges. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.gettyimages.fr/detail/photo-d'actualit%C3%A9/de-gaulle-in-strasbourg-le-dimanche-23-novembre-1964-photo-dactualit%C3%A9/166688197&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article de presse :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un résume d’article de Dernières Nouvelles de l’Alsace &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
archives.dna.fr/cgi/gate?a=art&amp;amp;aaaammjj=201411&amp;amp;num=15603&amp;amp;m1=liberation&amp;amp;m2=strasbourg&amp;amp;m3&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=20e_anniversaire_de_la_lib%C3%A9ration_de_Strasbourg_(0141FH0002)&amp;diff=16561</id>
		<title>20e anniversaire de la libération de Strasbourg (0141FH0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=20e_anniversaire_de_la_lib%C3%A9ration_de_Strasbourg_(0141FH0002)&amp;diff=16561"/>
		<updated>2021-01-13T20:33:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=20e anniversaire de la libération de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Bruckmann&lt;br /&gt;
|idSupport=0141FH0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=22111964&lt;br /&gt;
|video=0141FH0002_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:06:50&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bruckmann, Rodolphe&lt;br /&gt;
|apercu=20_ans_Libération_de_Strasbourg.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=Nikolaj Orlov&lt;br /&gt;
|userrealname=Nikolaj Orlov&lt;br /&gt;
|datesignature=2021-01-04&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : ceremonies – commemorations - remembrance places&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Film de Rodolphe Bruckmann, montrant le défilé militaire se déroulant sur l’avenue de Vosges à Strasbourg le 22 novembre 1964, auquel assiste le général Charles de Gaulle en présence d’une foule immense.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le film est réalisé à Strasbourg au moment de la visite de Charles de Gaulle, le président de la Ve République, pour la fête du 20ème anniversaire de la Libération de Strasbourg. En occurrence, entre le 22 et le 23 novembre 1944, la 2e division des blindés du général Philippe Leclerc de Hautecloque est entrée dans la ville de Strasbourg, après une percée surprise à travers les défenses allemandes situées dans les Vosges. Ainsi des troupes françaises, américaines et des résistants participent à la libération de la capitale alsacienne. La présence importante de chars et véhicules blindés au défilé militaire renvoie à cet événement. C’est aussi un clin d’œil aux origines du président Charles de Gaulle. Ce dernier, ayant été marqué par la Première Guerre mondiale, avait participé à l’élaboration des nouvelles théories d’utilisation des chars de combat. Il était aussi un commandant des chars avant de devenir la figure de la résistance du 18 juin 1940. Général de Gaulle a construit sa légitimité en tant que le guide de la France libre et il est considéré après la Seconde Guerre mondiale comme un héros national. Une image mythifiée, qu’il cherche à mettre en avant dans sa carrière politique avec des succès relatifs. Ce n’est qu’en 1958, qu’il est rappelé par le pouvoir pour régler la crise d’Algérie. En 1964, c’est un président, élu depuis 6 an, d’une nouvelle république pour laquelle il cherche de trouver une place à part dans un monde divisé en deux blocs par la Guerre froide.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La participation à ce défilé a un triple enjeu commémoratif, géopolitique et politique. Des enjeux dont rend compte le film amateur de Rodolphe Bruckmann.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une image au triple sens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une commémoration et un défilé symboliques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film, filmé en noir et blanc et sans une bande de son, commence à présenter la cérémonie par l’image du Général de Gaulle faisant un salut militaire face aux troupes portant des étendards français et américains. Le choix de commencer par ce plan vise à montrer la valeur symbolique de cet événement. La présence dans le défilé des troupes américaines et anglaises renvoie à la coopération du passé et du présent entre les États-Unis et la France. Il y a un protocole du cérémonial qui est mis en application. Le général fait la tournée des troupes et puis revient pour récompenser deux soldats avant de monter dans la tribune. Des drapeaux français sont visibles sur les murs du bâtiment de direction de Finances Régionales. Puis pendant le défilé, des chars arrivent avec des noms inscrits dessus tel que « Neuchèze » à 4min 37 du film. Il s’agirait ici d’un hommage à Robert de Neuchèze, mort à Autun en 1944. Sur d’autres chars, d’autres noms sont inscrits à la peinture blanche mais sont illisibles depuis l’angle de vue de la caméra. Enfin, c’est le lieu du défilé qui bombarde le spectateur par la symbolique commémorative. Les troupes défilent sur l’avenue des Vosges, qui renvoie à la percée des troupes de Leclerc, d’il y a 20 ans. Cette avenue est traversée par l’avenue de la Paix sur laquelle est située la tribune avec Charles de Gaulle et d’autres personnalités importantes. La tribune donne une vue sur les troupes, puis sur la place de la République et au loin sur la Cathédrale. Bien que cette vue ne soit pas visible depuis le balcon sur lequel se trouve l’auteur du film, il est évident que le choix de cet emplacement pour un défilé vise à la fois de rappeler les sacrifices du passé mais aussi de rendre compte des coopérations du présent.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le défilé représente un événement de masse mais son importance commémorative est à relativiser comme l’indique Louis Moreau de Bellaing dans son article sur la commémoration. Louis Moreau de Bellaing est un docteur d’État en Sociologie et se spécialise sur la place dans du paternalisme au sein du pouvoir. Pour lui, un défilé joue un rôle d’accompagnement des autres cérémonies de commémoration. C’est avant tout un spectacle, qui dans le cas concret rend avant tout l’hommage à la personne de Charles de Gaulle. Mais ce spectacle du pouvoir renvoie aussi vers d’autres images symboliques en lien avec la situation internationale du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Montrer la force de la France et réaffirmer les partenariats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’organisé pour une commémoration, le défilé sert à répondre à d’autres enjeux beaucoup plus actuels. En effet, par son positionnement avantageux et statique, le film montre un défilé de troupes, de voitures et des chars. On y distingue des modèles de blindés contemporains, comme par exemple des engins de reconnaissance Panhard EBR FL11 au nombre d’environ de 12 véhicules (4min) suivis par un modèle plus ancien de 1954 (4min27sec). Au moins 4 autres blindés contemporains sont les AMX-13 avec des missiles SS11, produits en 1964 (5min23 sec). Les autres véhicules datent plutôt des années 50 comme par exemple les AMX-13 VCI, véhicules combat d’infanterie produits à partir 1957 et qui sont environ 17 dans le défile (4min29sec). Les véhicules qui attirent l’œil du l’auteur du film, sont les chars américains M47 Patton (4min33), achetés en masse par la France durant les années 1950 et dont environ 14 véhicules sont visibles dans ce défilé. Ce défilé donne une image d’une armée en transformation avec des véhicules très modernes entourées des véhicules produits le long des années 50 avec des chars américains. Ces derniers seront peu à peu remplacés à la fin des années soixante par le char français AMX-30 B qui en 1964 n’est qu’en phase de conception, après l’échec du prototype franco-allemand AMX-30 A en 1963. En tout, au défilé participent, tout véhicule mélangé, plus d’une centaine d’unités. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Des quantités importantes, pouvant être comparés au défilé du 14 Juillet. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cette cérémonie attire une foule immense, ce que s’explique en partie par l’effet que l’événement est organisé un dimanche. Pour renforcer l’importance politique de cette cérémonie, des nombreuses personnalités politiques y sont présentes. Selon le rapport d’Institut National de l’Audiovisuel, à ce défilé assistent l’ambassadeur de la Grande-Bretagne, Pierson Dixon, et l’ambassadeur des États-Unis, Charles E.Bohlen. Il y a aussi plusieurs ministres du gouvernement qui y sont présents, à l’image de Roger Frey, ministre de l’Intérieur, ou encore Pierre Messmer, ministre des Armées. À ces personnalités s’ajoutent des dignitaires haut-gradés et certainement d’autres invités d’honneur. Une de ses invitées est visible à la fin du film quand la caméra suit le mouvement d’une femme entouré des hauts-gradés, qui se dirigent vers des voitures qui les attendent sur l’avenue. Il s’agit ici de la maréchale Leclerc de Hautecloque, Thérèse de Gargan, dont la présence au moment de la visite du général est rapportée par les Dernières Nouvelles d’Alsace. Cette concentration de troupes, des personnages politiques et d’une foule immense, fait partie d’une construction de l’événement propre au régime de Gaulle. L’objectif, est en réalité de montrer la puissance de la France à ses alliées. En insistant, certes, sur la coopération ancienne qui existe entre la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne, tout en mettant en avant la place centrale que doit jouer la France dans la direction de l’Europe. Bien que proches, Charles de Gaulle est déjà dans un processus d’éloignement de l’Organisation du traité de l’Atlantique du Nord. Au début de l’année 1964, la France a rétabli ses relations diplomatiques avec la Chine communiste et en 1966, elle sort de l’Otan. La France se positionne en situation d’indépendance par rapport aux blocs atlantique et soviétique, tout en cherchant à créer des nouveaux partenariats, par exemple avec l’Allemagne. L’organisation du défilé à Strasbourg, renvoie à une histoire commune. Bien que méfiant, Charles de Gaulle vise à mener une politique pragmatique visant à créer une Europe forte. En janvier 1963, le traité de l'Élysée est signé avec l’Allemagne visant à créer plus de coopération entre les deux pays. Mais il s’agit bien d’une coopération qui est entrain de se construire car il n’y a pas d’ambassadeur allemand présent à ce défile. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Filmer ce défilé revient alors à présenter non pas un moment de commémoration mais bien un moment politique pensé par Charles De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une cérémonie inscrite dans un message politique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Charles de Gaulle n’apparaît clairement qu’au début et à la fin du film, mais il est toujours présent à la tribune. Une présence sur laquelle insiste bien l’auteur du film qui tourne la caméra un peu plus bas pour faire apparaître un peu plus la tribune. Le film montre qu’autour de ce défilé, il y a une immense foule qui s’étend sur toute l’avenue. Cette foule est aussi accompagné des nombreux journalistes et reporters, contenus par des services d’ordres. Une partie des journalistes sont devant la tribune à côté d’une plateforme, sur laquelle on repère une grande caméra de télévision. D’autres caméras sont présentes et se focalisent sur Charles de Gaulle et sur le défilé. Il s’agit d’un événement médiatique dont le président est bien conscient. Se rendant compte de l’importance des médias, il accepte volontiers de participer à des bains des foules. Sa venue à Strasbourg à cette date n’est pas nouvelle, vu qu’il y est venu en 1959 pour faire un discours au sein du Palais Universitaire pour vanter le rapprochement franco-allemand.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s’agit bien d’un passage où le défilé n’est qu’une partie de la cérémonie. Le matin du dimanche 22 novembre 1964, De Gaulle assiste à une messe au sein de la Notre-Dame de Strasbourg avant de rendre un hommage aux combattants morts pour la patrie. Puis il passe au défilé, avant de repartir sur la place Kléber pour y être acclamé par une foule et pour y faire un discours sur la proximité franco-allemande, sur l’indépendance européenne aux deux blocs et pour y aborder le sujet de rapprochement entre l’Europe de l’Ouest et l’Est. Ce discours est retranscrit en partie dans les archives d’INA. Il s’agit bien d’une prestation politique au niveau national car depuis 1959, le général enchaîne des voyages au sein de la France pour s’approcher du peuple en jouant sur une carte populiste, cherchant une légitimé par un soutien populaire. Un soutien dont il besoin pour l’élection présidentielle, qui a lieu en décembre 1965. Si Charles de Gaulle est déclaré gagnant, il ne l’est qu’avec une petite marge. Ainsi, ce défilé participe à l’action politique et électorale du général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Filmer un événement chargé de mémoire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film fait par Rodolphe Bruckmann est un film amateur qui témoigne d’une certaine aisance dans l’exercice de filmer. Les plans sont filmés depuis un balcon situé à gauche de la tribune donnant une vue sur l’ensemble de l’avenue de Vosges. Le film qui dure 6min 50 a été monté, comme en témoignent des nombreuses coupures tout le long du film. La caméra fait des mouvement lents et stables permettant de bien voir le défilé. L’effet qu’il s’agit ici d’une caméra Kodak, héritée par le fils de la famille, indique qu’il y a une circulation de compétences pour réaliser des films. Les caméras facilement maniables pour réaliser des films sont déjà très présentes dans les années 1960.&lt;br /&gt;
	&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant le film en soit ne présente pas beaucoup d’atout techniques. Le plan est toujours en plongé, bloqué par l’emplacement de l’auteur. Ce dernier se focalise à filmer des figures dans un plan d’ensemble avec des coupures pour souligner l’arrivé et le départ des blindés. Cette simplicité de réalisation donne à voir un autre point de vue sur un événement qui est très médiatisé. En observant la foule, surtout celle situé en face de la tribune il est possible de voir des nombreuses caméra et photo-appareils qui produisent une quantité de matériel médiatique important. Une rapide recherche sur Internet permet de trouver plusieurs photos de l’événement dont une, où est repérable l’auteur du film. Ainsi ici le rôle du film amateur n’est pas de montrer un événement qui manquerait de couverture médiatique mais bien d’enregistrer un événement pour le garder comme un souvenir à partager avec la famille. En consultant le film officiel réalisé à l’époque et accessible sur le site d’INA, il y a une nette différence dans la manière de filmer. Le focus de la présentation se fait sur le général, qui est visible souvent en gros plan ou plan poitrine. Le découpage du film se fait à partir des films de plusieurs caméras montrant le déplacement de Charles de Gaulle au sein de la ville et il y a des sons et les commentaires du journaliste. Et le défilé n’est montré que pendant quelques secondes pour faire place ensuite à plusieurs minutes de discours du général sur la place Kléber. Avec le film de Rodolphe Bruckmann, le général se fond dans la foule et passe au second plan devant le spectacle du défilé. À côté des médias officiels, les films amateurs jouent un rôle d’une vision alternative, présentant le point de vue de l’individu. Un point de vue subjectif, qui souligne ici l’intérêt personnel de rendre hommage à l’événement qui est en train d’avoir lieu. L’idée est de raconter une histoire personnelle et montrer sa participation à un événement. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
À la différence du film officiel, il ne s’agit pas de montrer une vision centrée sur le général qui rend visite à la ville de Strasbourg. Mais bien de donner une image d’un témoin de l’événement qui tranche avec le quotidien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, le film amateur présente une image personnelle face à un événement médiatisé présentant une série d’enjeux politiques situés autour d’un défilé de commémoration.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Ouvrages généraux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BIMBENET (Jérôme), ''Film et histoire'', Armand Colin, Paris, 2007&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
COLLET (André), ''Histoire de l’armement depuis 1945'', PUF, Paris, 1993&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MORELLE (Chantal), ''De Gaulle, la passion de la France'', Armand Colin, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articles généraux :&lt;br /&gt;
DE BELLAING (Moreau Louis), Mémoires de la mémoire : la commémoration, dans ''L’homme et la société'', N°75-76, ''Synthèse en sciences humaines'', 1985, p. 237-244&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ZIMMERMANN (Patricia), Cinéma amateur et démocratie, dans ''Communication'', 68, ''Le cinéma en amateur'', sous la direction Roger Odin, 1999, p.281-292&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autres ressources&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Institut National d’Audiovisuel :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Discours prononcé par Charles de Gaulle au moment de son passage à Strasbourg en 1964. Une partie du discours est retranscrite. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00238/discours-prononce-a-strasbourg-pour-le-vingtieme-anniversaire-de-la-liberation-de-la-ville.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre film rappelant la libération de Strasbourg et montrant à 2min14, la maréchale Leclerc de Hautecloque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.ina.fr/video/AFE86000124&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Photos de l’époque : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo de l’événement faisant apparaître deux chars M47 Patton et général Charles de Gaulle. En arrière-plan, au second étage sur le balcon situé à l’extrême-droite, se situe Rodolphe Bruckmann qu’on peut identifier par sa figure en profil, tenant la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://photoinventory.fr/photos/CJ5046.png&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo montrant Charles de Gaulle en voiture pendant le défilé. Montrant bien l’avenue de Vosges. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.gettyimages.fr/detail/photo-d'actualit%C3%A9/de-gaulle-in-strasbourg-le-dimanche-23-novembre-1964-photo-dactualit%C3%A9/166688197&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article de presse :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un résume d’article de Dernières Nouvelles de l’Alsace &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
archives.dna.fr/cgi/gate?a=art&amp;amp;aaaammjj=201411&amp;amp;num=15603&amp;amp;m1=liberation&amp;amp;m2=strasbourg&amp;amp;m3&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=20e_anniversaire_de_la_lib%C3%A9ration_de_Strasbourg_(0141FH0002)&amp;diff=16560</id>
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		<updated>2021-01-13T20:29:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
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&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La participation à ce défilé a un triple enjeu commémoratif, géopolitique et politique. Des enjeux dont rend compte le film amateur de Rodolphe Bruckmann.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une image au triple sens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une commémoration et un défilé symboliques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film, filmé en noir et blanc et sans une bande de son, commence à présenter la cérémonie par l’image du Général de Gaulle faisant un salut militaire face aux troupes portant des étendards français et américains. Le choix de commencer par ce plan vise à montrer la valeur symbolique de cet événement. La présence dans le défilé des troupes américaines et anglaises renvoie à la coopération du passé et du présent entre les États-Unis et la France. Il y a un protocole du cérémonial qui est mis en application. Le général fait la tournée des troupes et puis revient pour récompenser deux soldats avant de monter dans la tribune. Des drapeaux français sont visibles sur les murs du bâtiment de direction de Finances Régionales. Puis pendant le défilé, des chars arrivent avec des noms inscrits dessus tel que « Neuchèze » à 4min 37 du film. Il s’agirait ici d’un hommage à Robert de Neuchèze, mort à Autun en 1944. Sur d’autres chars, d’autres noms sont inscrits à la peinture blanche mais sont illisibles depuis l’angle de vue de la caméra. Enfin, c’est le lieu du défilé qui bombarde le spectateur par la symbolique commémorative. Les troupes défilent sur l’avenue des Vosges, qui renvoie à la percée des troupes de Leclerc, d’il y a 20 ans. Cette avenue est traversée par l’avenue de la Paix sur laquelle est située la tribune avec Charles de Gaulle et d’autres personnalités importantes. La tribune donne une vue sur les troupes, puis sur la place de la République et au loin sur la Cathédrale. Bien que cette vue ne soit pas visible depuis le balcon sur lequel se trouve l’auteur du film, il est évident que le choix de cet emplacement pour un défilé vise à la fois de rappeler les sacrifices du passé mais aussi de rendre compte des coopérations du présent.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le défilé représente un événement de masse mais son importance commémorative est à relativiser comme l’indique Louis Moreau de Bellaing dans son article sur la commémoration. Louis Moreau de Bellaing est un docteur d’État en Sociologie et se spécialise sur la place dans du paternalisme au sein du pouvoir. Pour lui, un défilé joue un rôle d’accompagnement des autres cérémonies de commémoration. C’est avant tout un spectacle, qui dans le cas concret rend avant tout l’hommage à la personne de Charles de Gaulle. Mais ce spectacle du pouvoir renvoie aussi vers d’autres images symboliques en lien avec la situation internationale du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Montrer la force de la France et réaffirmer les partenariats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’organisé pour une commémoration, le défilé sert à répondre à d’autres enjeux beaucoup plus actuels. En effet, par son positionnement avantageux et statique, le film montre un défilé de troupes, de voitures et des chars. On y distingue des modèles de blindés contemporains, comme par exemple des engins de reconnaissance Panhard EBR FL11 au nombre d’environ de 12 véhicules (4min) suivis par un modèle plus ancien de 1954 (4min27sec). Au moins 4 autres blindés contemporains sont les AMX-13 avec des missiles SS11, produits en 1964 (5min23 sec). Les autres véhicules datent plutôt des années 50 comme par exemple les AMX-13 VCI, véhicules combat d’infanterie produits à partir 1957 et qui sont environ 17 dans le défile (4min29sec). Les véhicules qui attirent l’œil du l’auteur du film, sont les chars américains M47 Patton (4min33), achetés en masse par la France durant les années 1950 et dont environ 14 véhicules sont visibles dans ce défilé. Ce défilé donne une image d’une armée en transformation avec des véhicules très modernes entourées des véhicules produits le long des années 50 avec des chars américains. Ces derniers seront peu à peu remplacés à la fin des années soixante par le char français AMX-30 B qui en 1964 n’est qu’en phase de conception, après l’échec du prototype franco-allemand AMX-30 A en 1963. En tout, au défilé participent, tout véhicule mélangé, plus d’une centaine d’unités. Des quantités importantes, pouvant être comparés au défilé du 14 Juillet. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cette cérémonie attire une foule immense, ce que s’explique en partie par l’effet que l’événement est organisé un dimanche. Pour renforcer l’importance politique de cette cérémonie, des nombreuses personnalités politiques y sont présentes. Selon le rapport d’Institut National de l’Audiovisuel, à ce défilé assistent l’ambassadeur de la Grande-Bretagne, Pierson Dixon, et l’ambassadeur des États-Unis, Charles E.Bohlen. Il y a aussi plusieurs ministres du gouvernement qui y sont présents, à l’image de Roger Frey, ministre de l’Intérieur, ou encore Pierre Messmer, ministre des Armées. À ces personnalités s’ajoutent des dignitaires haut-gradés et certainement d’autres invités d’honneur. Une de ses invitées est visible à la fin du film quand la caméra suit le mouvement d’une femme entouré des hauts-gradés, qui se dirigent vers des voitures qui les attendent sur l’avenue. Il s’agit ici de la maréchale Leclerc de Hautecloque, Thérèse de Gargan, dont la présence au moment de la visite du général est rapportée par les Dernières Nouvelles d’Alsace. Cette concentration de troupes, des personnages politiques et d’une foule immense, fait partie d’une construction de l’événement propre au régime de Gaulle. L’objectif, est en réalité de montrer la puissance de la France à ses alliées. En insistant, certes, sur la coopération ancienne qui existe entre la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne, tout en mettant en avant la place centrale que doit jouer la France dans la direction de l’Europe. Bien que proches, Charles de Gaulle est déjà dans un processus d’éloignement de l’Organisation du traité de l’Atlantique du Nord. Au début de l’année 1964, la France a rétabli ses relations diplomatiques avec la Chine communiste et en 1966, elle sort de l’Otan. La France se positionne en situation d’indépendance par rapport aux blocs atlantique et soviétique, tout en cherchant à créer des nouveaux partenariats, par exemple avec l’Allemagne. L’organisation du défilé à Strasbourg, renvoie à une histoire commune. Bien que méfiant, Charles de Gaulle vise à mener une politique pragmatique visant à créer une Europe forte. En janvier 1963, le traité de l'Élysée est signé avec l’Allemagne visant à créer plus de coopération entre les deux pays. Mais il s’agit bien d’une coopération qui est entrain de se construire car il n’y a pas d’ambassadeur allemand présent à ce défile. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Filmer ce défilé revient alors à présenter non pas un moment de commémoration mais bien un moment politique pensé par Charles De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une cérémonie inscrite dans un message politique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Charles de Gaulle n’apparaît clairement qu’au début et à la fin du film, mais il est toujours présent à la tribune. Une présence sur laquelle insiste bien l’auteur du film qui tourne la caméra un peu plus bas pour faire apparaître un peu plus la tribune. Le film montre qu’autour de ce défilé, il y a une immense foule qui s’étend sur toute l’avenue. Cette foule est aussi accompagné des nombreux journalistes et reporters, contenus par des services d’ordres. Une partie des journalistes sont devant la tribune à côté d’une plateforme, sur laquelle on repère une grande caméra de télévision. D’autres caméras sont présentes et se focalisent sur Charles de Gaulle et sur le défilé. Il s’agit d’un événement médiatique dont le président est bien conscient. Se rendant compte de l’importance des médias, il accepte volontiers de participer à des bains des foules. Sa venue à Strasbourg à cette date n’est pas nouvelle, vu qu’il y est venu en 1959 pour faire un discours au sein du Palais Universitaire pour vanter le rapprochement franco-allemand.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s’agit bien d’un passage où le défilé n’est qu’une partie de la cérémonie. Le matin du dimanche 22 novembre 1964, De Gaulle assiste à une messe au sein de la Notre-Dame de Strasbourg avant de rendre un hommage aux combattants morts pour la patrie. Puis il passe au défilé, avant de repartir sur la place Kléber pour y être acclamé par une foule et pour y faire un discours sur la proximité franco-allemande, sur l’indépendance européenne aux deux blocs et pour y aborder le sujet de rapprochement entre l’Europe de l’Ouest et l’Est. Ce discours est retranscrit en partie dans les archives d’INA. Il s’agit bien d’une prestation politique au niveau national car depuis 1959, le général enchaîne des voyages au sein de la France pour s’approcher du peuple en jouant sur une carte populiste, cherchant une légitimé par un soutien populaire. Un soutien dont il besoin pour l’élection présidentielle, qui a lieu en décembre 1965. Si Charles de Gaulle est déclaré gagnant, il ne l’est qu’avec une petite marge. Ainsi, ce défilé participe à l’action politique et électorale du général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Filmer un événement chargé de mémoire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film fait par Rodolphe Bruckmann est un film amateur qui témoigne d’une certaine aisance dans l’exercice de filmer. Les plans sont filmés depuis un balcon situé à gauche de la tribune donnant une vue sur l’ensemble de l’avenue de Vosges. Le film qui dure 6min 50 a été monté, comme en témoignent des nombreuses coupures tout le long du film. La caméra fait des mouvement lents et stables permettant de bien voir le défilé. L’effet qu’il s’agit ici d’une caméra Kodak, héritée par le fils de la famille, indique qu’il y a une circulation de compétences pour réaliser des films. Les caméras facilement maniables pour réaliser des films sont déjà très présentes dans les années 1960.&lt;br /&gt;
	&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant le film en soit ne présente pas beaucoup d’atout techniques. Le plan est toujours en plongé, bloqué par l’emplacement de l’auteur. Ce dernier se focalise à filmer des figures dans un plan d’ensemble avec des coupures pour souligner l’arrivé et le départ des blindés. Cette simplicité de réalisation donne à voir un autre point de vue sur un événement qui est très médiatisé. En observant la foule, surtout celle situé en face de la tribune il est possible de voir des nombreuses caméra et photo-appareils qui produisent une quantité de matériel médiatique important. Une rapide recherche sur Internet permet de trouver plusieurs photos de l’événement dont une, où est repérable l’auteur du film. Ainsi ici le rôle du film amateur n’est pas de montrer un événement qui manquerait de couverture médiatique mais bien d’enregistrer un événement pour le garder comme un souvenir à partager avec la famille. En consultant le film officiel réalisé à l’époque et accessible sur le site d’INA, il y a une nette différence dans la manière de filmer. Le focus de la présentation se fait sur le général, qui est visible souvent en gros plan ou plan poitrine. Le découpage du film se fait à partir des films de plusieurs caméras montrant le déplacement de Charles de Gaulle au sein de la ville et il y a des sons et les commentaires du journaliste. Et le défilé n’est montré que pendant quelques secondes pour faire place ensuite à plusieurs minutes de discours du général sur la place Kléber. Avec le film de Rodolphe Bruckmann, le général se fond dans la foule et passe au second plan devant le spectacle du défilé. À côté des médias officiels, les films amateurs jouent un rôle d’une vision alternative, présentant le point de vue de l’individu. Un point de vue subjectif, qui souligne ici l’intérêt personnel de rendre hommage à l’événement qui est en train d’avoir lieu. L’idée est de raconter une histoire personnelle et montrer sa participation à un événement. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
À la différence du film officiel, il ne s’agit pas de montrer une vision centrée sur le général qui rend visite à la ville de Strasbourg. Mais bien de donner une image d’un témoin de l’événement qui tranche avec le quotidien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, le film amateur présente une image personnelle face à un événement médiatisé présentant une série d’enjeux politiques situés autour d’un défilé de commémoration.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Ouvrages généraux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BIMBENET (Jérôme), ''Film et histoire'', Armand Colin, Paris, 2007&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
COLLET (André), ''Histoire de l’armement depuis 1945'', PUF, Paris, 1993&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MORELLE (Chantal), ''De Gaulle, la passion de la France'', Armand Colin, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articles généraux :&lt;br /&gt;
DE BELLAING (Moreau Louis), Mémoires de la mémoire : la commémoration, dans ''L’homme et la société'', N°75-76, ''Synthèse en sciences humaines'', 1985, p. 237-244&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ZIMMERMANN (Patricia), Cinéma amateur et démocratie, dans ''Communication'', 68, ''Le cinéma en amateur'', sous la direction Roger Odin, 1999, p.281-292&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autres ressources&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Institut National d’Audiovisuel :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Discours prononcé par Charles de Gaulle au moment de son passage à Strasbourg en 1964. Une partie du discours est retranscrite. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00238/discours-prononce-a-strasbourg-pour-le-vingtieme-anniversaire-de-la-liberation-de-la-ville.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre film rappelant la libération de Strasbourg et montrant à 2min14, la maréchale Leclerc de Hautecloque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.ina.fr/video/AFE86000124&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Photos de l’époque : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo de l’événement faisant apparaître deux chars M47 Patton et général Charles de Gaulle. En arrière-plan, au second étage sur le balcon situé à l’extrême-droite, se situe Rodolphe Bruckmann qu’on peut identifier par sa figure en profil, tenant la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://photoinventory.fr/photos/CJ5046.png&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo montrant Charles de Gaulle en voiture pendant le défilé. Montrant bien l’avenue de Vosges. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.gettyimages.fr/detail/photo-d'actualit%C3%A9/de-gaulle-in-strasbourg-le-dimanche-23-novembre-1964-photo-dactualit%C3%A9/166688197&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article de presse :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un résume d’article de Dernières Nouvelles de l’Alsace &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
archives.dna.fr/cgi/gate?a=art&amp;amp;aaaammjj=201411&amp;amp;num=15603&amp;amp;m1=liberation&amp;amp;m2=strasbourg&amp;amp;m3&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=20e_anniversaire_de_la_lib%C3%A9ration_de_Strasbourg_(0141FH0002)&amp;diff=16559</id>
		<title>20e anniversaire de la libération de Strasbourg (0141FH0002)</title>
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		<updated>2021-01-13T20:26:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=20e anniversaire de la libération de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Bruckmann&lt;br /&gt;
|idSupport=0141FH0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=22111964&lt;br /&gt;
|video=0141FH0002_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
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|son=Muet&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bruckmann, Rodolphe&lt;br /&gt;
|apercu=20_ans_Libération_de_Strasbourg.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=Nikolaj Orlov&lt;br /&gt;
|userrealname=Nikolaj Orlov&lt;br /&gt;
|datesignature=2021-01-04&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : ceremonies – commemorations - remembrance places&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Film de Rodolphe Bruckmann, montrant le défilé militaire se déroulant sur l’avenue de Vosges à Strasbourg le 22 novembre 1964, auquel assiste le général Charles de Gaulle en présence d’une foule immense.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le film est réalisé à Strasbourg au moment de la visite de Charles de Gaulle, le président de la Ve République, pour la fête du 20ème anniversaire de la Libération de Strasbourg. En occurrence, entre le 22 et le 23 novembre 1944, la 2e division des blindés du général Philippe Leclerc de Hautecloque est entrée dans la ville de Strasbourg, après une percée surprise à travers les défenses allemandes situées dans les Vosges. Ainsi des troupes françaises, américaines et des résistants participent à la libération de la capitale alsacienne. La présence importante de chars et véhicules blindés au défilé militaire renvoie à cet événement. C’est aussi un clin d’œil aux origines du président Charles de Gaulle. Ce dernier, ayant été marqué par la Première Guerre mondiale, avait participé à l’élaboration des nouvelles théories d’utilisation des chars de combat. Il était aussi un commandant des chars avant de devenir la figure de la résistance du 18 juin 1940. Général de Gaulle a construit sa légitimité en tant que le guide de la France libre et il est considéré après la Seconde Guerre mondiale comme un héros national. Une image mythifiée, qu’il cherche à mettre en avant dans sa carrière politique avec des succès relatifs. Ce n’est qu’en 1958, qu’il est rappelé par le pouvoir pour régler la crise d’Algérie. En 1964, c’est un président, élu depuis 6 an, d’une nouvelle république pour laquelle il cherche de trouver une place à part dans un monde divisé en deux blocs par la Guerre froide.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La participation à ce défilé a un triple enjeu commémoratif, géopolitique et politique. Des enjeux dont rend compte le film amateur de Rodolphe Bruckmann.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une image au triple sens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une commémoration et un défilé symboliques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film, filmé en noir et blanc et sans une bande de son, commence à présenter la cérémonie par l’image du Général de Gaulle faisant un salut militaire face aux troupes portant des étendards français et américains. Le choix de commencer par ce plan vise à montrer la valeur symbolique de cet événement. La présence dans le défilé des troupes américaines et anglaises renvoie à la coopération du passé et du présent entre les États-Unis et la France. Il y a un protocole du cérémonial qui est mis en application. Le général fait la tournée des troupes et puis revient pour récompenser deux soldats avant de monter dans la tribune. Des drapeaux français sont visibles sur les murs du bâtiment de direction de Finances Régionales. Puis pendant le défilé, des chars arrivent avec des noms inscrits dessus tel que « Neuchèze » à 4min 37 du film. Il s’agirait ici d’un hommage à Robert de Neuchèze, mort à Autun en 1944. Sur d’autres chars, d’autres noms sont inscrits à la peinture blanche mais sont illisibles depuis l’angle de vue de la caméra. Enfin, c’est le lieu du défilé qui bombarde le spectateur par la symbolique commémorative. Les troupes défilent sur l’avenue des Vosges, qui renvoie à la percée des troupes de Leclerc, d’il y a 20 ans. Cette avenue est traversée par l’avenue de la Paix sur laquelle est située la tribune avec Charles de Gaulle et d’autres personnalités importantes. La tribune donne une vue sur les troupes, puis sur la place de la République et au loin sur la Cathédrale. Bien que cette vue ne soit pas visible depuis le balcon sur lequel se trouve l’auteur du film, il est évident que le choix de cet emplacement pour un défilé vise à la fois de rappeler les sacrifices du passé mais aussi de rendre compte des coopérations du présent.&lt;br /&gt;
Le défilé représente un événement de masse mais son importance commémorative est à relativiser comme l’indique Louis Moreau de Bellaing dans son article sur la commémoration. Louis Moreau de Bellaing est un docteur d’État en Sociologie et se spécialise sur la place dans du paternalisme au sein du pouvoir. Pour lui, un défilé joue un rôle d’accompagnement des autres cérémonies de commémoration. C’est avant tout un spectacle, qui dans le cas concret rend avant tout l’hommage à la personne de Charles de Gaulle. Mais ce spectacle du pouvoir renvoie aussi vers d’autres images symboliques en lien avec la situation internationale du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Montrer la force de la France et réaffirmer les partenariats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’organisé pour une commémoration, le défilé sert à répondre à d’autres enjeux beaucoup plus actuels. En effet, par son positionnement avantageux et statique, le film montre un défilé de troupes, de voitures et des chars. On y distingue des modèles de blindés contemporains, comme par exemple des engins de reconnaissance Panhard EBR FL11 au nombre d’environ de 12 véhicules (4min) suivis par un modèle plus ancien de 1954 (4min27sec). Au moins 4 autres blindés contemporains sont les AMX-13 avec des missiles SS11, produits en 1964 (5min23 sec). Les autres véhicules datent plutôt des années 50 comme par exemple les AMX-13 VCI, véhicules combat d’infanterie produits à partir 1957 et qui sont environ 17 dans le défile (4min29sec). Les véhicules qui attirent l’œil du l’auteur du film, sont les chars américains M47 Patton (4min33), achetés en masse par la France durant les années 1950 et dont environ 14 véhicules sont visibles dans ce défilé. Ce défilé donne une image d’une armée en transformation avec des véhicules très modernes entourées des véhicules produits le long des années 50 avec des chars américains. Ces derniers seront peu à peu remplacés à la fin des années soixante par le char français AMX-30 B qui en 1964 n’est qu’en phase de conception, après l’échec du prototype franco-allemand AMX-30 A en 1963. En tout, au défilé participent, tout véhicule mélangé, plus d’une centaine d’unités. Des quantités importantes, pouvant être comparés au défilé du 14 Juillet. &lt;br /&gt;
Cette cérémonie attire une foule immense, ce que s’explique en partie par l’effet que l’événement est organisé un dimanche. Pour renforcer l’importance politique de cette cérémonie, des nombreuses personnalités politiques y sont présentes. Selon le rapport d’Institut National de l’Audiovisuel, à ce défilé assistent l’ambassadeur de la Grande-Bretagne, Pierson Dixon, et l’ambassadeur des États-Unis, Charles E.Bohlen. Il y a aussi plusieurs ministres du gouvernement qui y sont présents, à l’image de Roger Frey, ministre de l’Intérieur, ou encore Pierre Messmer, ministre des Armées. À ces personnalités s’ajoutent des dignitaires haut-gradés et certainement d’autres invités d’honneur. Une de ses invitées est visible à la fin du film quand la caméra suit le mouvement d’une femme entouré des hauts-gradés, qui se dirigent vers des voitures qui les attendent sur l’avenue. Il s’agit ici de la maréchale Leclerc de Hautecloque, Thérèse de Gargan, dont la présence au moment de la visite du général est rapportée par les Dernières Nouvelles d’Alsace. Cette concentration de troupes, des personnages politiques et d’une foule immense, fait partie d’une construction de l’événement propre au régime de Gaulle. L’objectif, est en réalité de montrer la puissance de la France à ses alliées. En insistant, certes, sur la coopération ancienne qui existe entre la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne, tout en mettant en avant la place centrale que doit jouer la France dans la direction de l’Europe. Bien que proches, Charles de Gaulle est déjà dans un processus d’éloignement de l’Organisation du traité de l’Atlantique du Nord. Au début de l’année 1964, la France a rétabli ses relations diplomatiques avec la Chine communiste et en 1966, elle sort de l’Otan. La France se positionne en situation d’indépendance par rapport aux blocs atlantique et soviétique, tout en cherchant à créer des nouveaux partenariats, par exemple avec l’Allemagne. L’organisation du défilé à Strasbourg, renvoie à une histoire commune. Bien que méfiant, Charles de Gaulle vise à mener une politique pragmatique visant à créer une Europe forte. En janvier 1963, le traité de l'Élysée est signé avec l’Allemagne visant à créer plus de coopération entre les deux pays. Mais il s’agit bien d’une coopération qui est entrain de se construire car il n’y a pas d’ambassadeur allemand présent à ce défile. &lt;br /&gt;
Filmer ce défilé revient alors à présenter non pas un moment de commémoration mais bien un moment politique pensé par Charles De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une cérémonie inscrite dans un message politique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Charles de Gaulle n’apparaît clairement qu’au début et à la fin du film, mais il est toujours présent à la tribune. Une présence sur laquelle insiste bien l’auteur du film qui tourne la caméra un peu plus bas pour faire apparaître un peu plus la tribune. Le film montre qu’autour de ce défilé, il y a une immense foule qui s’étend sur toute l’avenue. Cette foule est aussi accompagné des nombreux journalistes et reporters, contenus par des services d’ordres. Une partie des journalistes sont devant la tribune à côté d’une plateforme, sur laquelle on repère une grande caméra de télévision. D’autres caméras sont présentes et se focalisent sur Charles de Gaulle et sur le défilé. Il s’agit d’un événement médiatique dont le président est bien conscient. Se rendant compte de l’importance des médias, il accepte volontiers de participer à des bains des foules. Sa venue à Strasbourg à cette date n’est pas nouvelle, vu qu’il y est venu en 1959 pour faire un discours au sein du Palais Universitaire pour vanter le rapprochement franco-allemand.&lt;br /&gt;
Il s’agit bien d’un passage où le défilé n’est qu’une partie de la cérémonie. Le matin du dimanche 22 novembre 1964, De Gaulle assiste à une messe au sein de la Notre-Dame de Strasbourg avant de rendre un hommage aux combattants morts pour la patrie. Puis il passe au défilé, avant de repartir sur la place Kléber pour y être acclamé par une foule et pour y faire un discours sur la proximité franco-allemande, sur l’indépendance européenne aux deux blocs et pour y aborder le sujet de rapprochement entre l’Europe de l’Ouest et l’Est. Ce discours est retranscrit en partie dans les archives d’INA. Il s’agit bien d’une prestation politique au niveau national car depuis 1959, le général enchaîne des voyages au sein de la France pour s’approcher du peuple en jouant sur une carte populiste, cherchant une légitimé par un soutien populaire. Un soutien dont il besoin pour l’élection présidentielle, qui a lieu en décembre 1965. Si Charles de Gaulle est déclaré gagnant, il ne l’est qu’avec une petite marge. Ainsi, ce défilé participe à l’action politique et électorale du général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Filmer un événement chargé de mémoire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film fait par Rodolphe Bruckmann est un film amateur qui témoigne d’une certaine aisance dans l’exercice de filmer. Les plans sont filmés depuis un balcon situé à gauche de la tribune donnant une vue sur l’ensemble de l’avenue de Vosges. Le film qui dure 6min 50 a été monté, comme en témoignent des nombreuses coupures tout le long du film. La caméra fait des mouvement lents et stables permettant de bien voir le défilé. L’effet qu’il s’agit ici d’une caméra Kodak, héritée par le fils de la famille, indique qu’il y a une circulation de compétences pour réaliser des films. Les caméras facilement maniables pour réaliser des films sont déjà très présentes dans les années 1960.&lt;br /&gt;
	Cependant le film en soit ne présente pas beaucoup d’atout techniques. Le plan est toujours en plongé, bloqué par l’emplacement de l’auteur. Ce dernier se focalise à filmer des figures dans un plan d’ensemble avec des coupures pour souligner l’arrivé et le départ des blindés. Cette simplicité de réalisation donne à voir un autre point de vue sur un événement qui est très médiatisé. En observant la foule, surtout celle situé en face de la tribune il est possible de voir des nombreuses caméra et photo-appareils qui produisent une quantité de matériel médiatique important. Une rapide recherche sur Internet permet de trouver plusieurs photos de l’événement dont une, où est repérable l’auteur du film. Ainsi ici le rôle du film amateur n’est pas de montrer un événement qui manquerait de couverture médiatique mais bien d’enregistrer un événement pour le garder comme un souvenir à partager avec la famille. En consultant le film officiel réalisé à l’époque et accessible sur le site d’INA, il y a une nette différence dans la manière de filmer. Le focus de la présentation se fait sur le général, qui est visible souvent en gros plan ou plan poitrine. Le découpage du film se fait à partir des films de plusieurs caméras montrant le déplacement de Charles de Gaulle au sein de la ville et il y a des sons et les commentaires du journaliste. Et le défilé n’est montré que pendant quelques secondes pour faire place ensuite à plusieurs minutes de discours du général sur la place Kléber. Avec le film de Rodolphe Bruckmann, le général se fond dans la foule et passe au second plan devant le spectacle du défilé. À côté des médias officiels, les films amateurs jouent un rôle d’une vision alternative, présentant le point de vue de l’individu. Un point de vue subjectif, qui souligne ici l’intérêt personnel de rendre hommage à l’événement qui est en train d’avoir lieu. L’idée est de raconter une histoire personnelle et montrer sa participation à un événement. &lt;br /&gt;
À la différence du film officiel, il ne s’agit pas de montrer une vision centrée sur le général qui rend visite à la ville de Strasbourg. Mais bien de donner une image d’un témoin de l’événement qui tranche avec le quotidien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, le film amateur présente une image personnelle face à un événement médiatisé présentant une série d’enjeux politiques situés autour d’un défilé de commémoration.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Ouvrages généraux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BIMBENET (Jérôme), ''Film et histoire'', Armand Colin, Paris, 2007&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
COLLET (André), ''Histoire de l’armement depuis 1945'', PUF, Paris, 1993&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MORELLE (Chantal), ''De Gaulle, la passion de la France'', Armand Colin, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articles généraux :&lt;br /&gt;
DE BELLAING (Moreau Louis), Mémoires de la mémoire : la commémoration, dans ''L’homme et la société'', N°75-76, ''Synthèse en sciences humaines'', 1985, p. 237-244&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ZIMMERMANN (Patricia), Cinéma amateur et démocratie, dans ''Communication'', 68, ''Le cinéma en amateur'', sous la direction Roger Odin, 1999, p.281-292&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autres ressources&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Institut National d’Audiovisuel :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Discours prononcé par Charles de Gaulle au moment de son passage à Strasbourg en 1964. Une partie du discours est retranscrite. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00238/discours-prononce-a-strasbourg-pour-le-vingtieme-anniversaire-de-la-liberation-de-la-ville.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre film rappelant la libération de Strasbourg et montrant à 2min14, la maréchale Leclerc de Hautecloque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.ina.fr/video/AFE86000124&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Photos de l’époque : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo de l’événement faisant apparaître deux chars M47 Patton et général Charles de Gaulle. En arrière-plan, au second étage sur le balcon situé à l’extrême-droite, se situe Rodolphe Bruckmann qu’on peut identifier par sa figure en profil, tenant la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://photoinventory.fr/photos/CJ5046.png&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo montrant Charles de Gaulle en voiture pendant le défilé. Montrant bien l’avenue de Vosges. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.gettyimages.fr/detail/photo-d'actualit%C3%A9/de-gaulle-in-strasbourg-le-dimanche-23-novembre-1964-photo-dactualit%C3%A9/166688197&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article de presse :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un résume d’article de Dernières Nouvelles de l’Alsace &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
archives.dna.fr/cgi/gate?a=art&amp;amp;aaaammjj=201411&amp;amp;num=15603&amp;amp;m1=liberation&amp;amp;m2=strasbourg&amp;amp;m3&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=20e_anniversaire_de_la_lib%C3%A9ration_de_Strasbourg_(0141FH0002)&amp;diff=16558</id>
		<title>20e anniversaire de la libération de Strasbourg (0141FH0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=20e_anniversaire_de_la_lib%C3%A9ration_de_Strasbourg_(0141FH0002)&amp;diff=16558"/>
		<updated>2021-01-13T20:22:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=20e anniversaire de la libération de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Bruckmann&lt;br /&gt;
|idSupport=0141FH0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=22111964&lt;br /&gt;
|video=0141FH0002_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
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|duree=00:06:50&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bruckmann, Rodolphe&lt;br /&gt;
|apercu=20_ans_Libération_de_Strasbourg.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=Nikolaj Orlov&lt;br /&gt;
|userrealname=Nikolaj Orlov&lt;br /&gt;
|datesignature=2021-01-04&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : ceremonies – commemorations - remembrance places&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Film de Rodolphe Bruckmann, montrant le défilé militaire se déroulant sur l’avenue de Vosges à Strasbourg le 22 novembre 1964, auquel assiste le général Charles de Gaulle en présence d’une foule immense.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le film est réalisé à Strasbourg au moment de la visite de Charles de Gaulle, le président de la Ve République, pour la fête du 20ème anniversaire de la Libération de Strasbourg. En occurrence, entre le 22 et le 23 novembre 1944, la 2e division des blindés du général Philippe Leclerc de Hautecloque est entrée dans la ville de Strasbourg, après une percée surprise à travers les défenses allemandes situées dans les Vosges. Ainsi des troupes françaises, américaines et des résistants participent à la libération de la capitale alsacienne. La présence importante de chars et véhicules blindés au défilé militaire renvoie à cet événement. C’est aussi un clin d’œil aux origines du président Charles de Gaulle. Ce dernier, ayant été marqué par la Première Guerre mondiale, avait participé à l’élaboration des nouvelles théories d’utilisation des chars de combat. Il était aussi un commandant des chars avant de devenir la figure de la résistance du 18 juin 1940. Général de Gaulle a construit sa légitimité en tant que le guide de la France libre et il est considéré après la Seconde Guerre mondiale comme un héros national. Une image mythifiée, qu’il cherche à mettre en avant dans sa carrière politique avec des succès relatifs. Ce n’est qu’en 1958, qu’il est rappelé par le pouvoir pour régler la crise d’Algérie. En 1964, c’est un président, élu depuis 6 an, d’une nouvelle république pour laquelle il cherche de trouver une place à part dans un monde divisé en deux blocs par la Guerre froide.&lt;br /&gt;
La participation à ce défilé a un triple enjeu commémoratif, géopolitique et politique. Des enjeux dont rend compte le film amateur de Rodolphe Bruckmann.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une image au triple sens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une commémoration et un défilé symboliques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film, filmé en noir et blanc et sans une bande de son, commence à présenter la cérémonie par l’image du Général de Gaulle faisant un salut militaire face aux troupes portant des étendards français et américains. Le choix de commencer par ce plan vise à montrer la valeur symbolique de cet événement. La présence dans le défilé des troupes américaines et anglaises renvoie à la coopération du passé et du présent entre les États-Unis et la France. Il y a un protocole du cérémonial qui est mis en application. Le général fait la tournée des troupes et puis revient pour récompenser deux soldats avant de monter dans la tribune. Des drapeaux français sont visibles sur les murs du bâtiment de direction de Finances Régionales. Puis pendant le défilé, des chars arrivent avec des noms inscrits dessus tel que « Neuchèze » à 4min 37 du film. Il s’agirait ici d’un hommage à Robert de Neuchèze, mort à Autun en 1944. Sur d’autres chars, d’autres noms sont inscrits à la peinture blanche mais sont illisibles depuis l’angle de vue de la caméra. Enfin, c’est le lieu du défilé qui bombarde le spectateur par la symbolique commémorative. Les troupes défilent sur l’avenue des Vosges, qui renvoie à la percée des troupes de Leclerc, d’il y a 20 ans. Cette avenue est traversée par l’avenue de la Paix sur laquelle est située la tribune avec Charles de Gaulle et d’autres personnalités importantes. La tribune donne une vue sur les troupes, puis sur la place de la République et au loin sur la Cathédrale. Bien que cette vue ne soit pas visible depuis le balcon sur lequel se trouve l’auteur du film, il est évident que le choix de cet emplacement pour un défilé vise à la fois de rappeler les sacrifices du passé mais aussi de rendre compte des coopérations du présent.&lt;br /&gt;
Le défilé représente un événement de masse mais son importance commémorative est à relativiser comme l’indique Louis Moreau de Bellaing dans son article sur la commémoration. Louis Moreau de Bellaing est un docteur d’État en Sociologie et se spécialise sur la place dans du paternalisme au sein du pouvoir. Pour lui, un défilé joue un rôle d’accompagnement des autres cérémonies de commémoration. C’est avant tout un spectacle, qui dans le cas concret rend avant tout l’hommage à la personne de Charles de Gaulle. Mais ce spectacle du pouvoir renvoie aussi vers d’autres images symboliques en lien avec la situation internationale du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Montrer la force de la France et réaffirmer les partenariats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’organisé pour une commémoration, le défilé sert à répondre à d’autres enjeux beaucoup plus actuels. En effet, par son positionnement avantageux et statique, le film montre un défilé de troupes, de voitures et des chars. On y distingue des modèles de blindés contemporains, comme par exemple des engins de reconnaissance Panhard EBR FL11 au nombre d’environ de 12 véhicules (4min) suivis par un modèle plus ancien de 1954 (4min27sec). Au moins 4 autres blindés contemporains sont les AMX-13 avec des missiles SS11, produits en 1964 (5min23 sec). Les autres véhicules datent plutôt des années 50 comme par exemple les AMX-13 VCI, véhicules combat d’infanterie produits à partir 1957 et qui sont environ 17 dans le défile (4min29sec). Les véhicules qui attirent l’œil du l’auteur du film, sont les chars américains M47 Patton (4min33), achetés en masse par la France durant les années 1950 et dont environ 14 véhicules sont visibles dans ce défilé. Ce défilé donne une image d’une armée en transformation avec des véhicules très modernes entourées des véhicules produits le long des années 50 avec des chars américains. Ces derniers seront peu à peu remplacés à la fin des années soixante par le char français AMX-30 B qui en 1964 n’est qu’en phase de conception, après l’échec du prototype franco-allemand AMX-30 A en 1963. En tout, au défilé participent, tout véhicule mélangé, plus d’une centaine d’unités. Des quantités importantes, pouvant être comparés au défilé du 14 Juillet. &lt;br /&gt;
Cette cérémonie attire une foule immense, ce que s’explique en partie par l’effet que l’événement est organisé un dimanche. Pour renforcer l’importance politique de cette cérémonie, des nombreuses personnalités politiques y sont présentes. Selon le rapport d’Institut National de l’Audiovisuel, à ce défilé assistent l’ambassadeur de la Grande-Bretagne, Pierson Dixon, et l’ambassadeur des États-Unis, Charles E.Bohlen. Il y a aussi plusieurs ministres du gouvernement qui y sont présents, à l’image de Roger Frey, ministre de l’Intérieur, ou encore Pierre Messmer, ministre des Armées. À ces personnalités s’ajoutent des dignitaires haut-gradés et certainement d’autres invités d’honneur. Une de ses invitées est visible à la fin du film quand la caméra suit le mouvement d’une femme entouré des hauts-gradés, qui se dirigent vers des voitures qui les attendent sur l’avenue. Il s’agit ici de la maréchale Leclerc de Hautecloque, Thérèse de Gargan, dont la présence au moment de la visite du général est rapportée par les Dernières Nouvelles d’Alsace. Cette concentration de troupes, des personnages politiques et d’une foule immense, fait partie d’une construction de l’événement propre au régime de Gaulle. L’objectif, est en réalité de montrer la puissance de la France à ses alliées. En insistant, certes, sur la coopération ancienne qui existe entre la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne, tout en mettant en avant la place centrale que doit jouer la France dans la direction de l’Europe. Bien que proches, Charles de Gaulle est déjà dans un processus d’éloignement de l’Organisation du traité de l’Atlantique du Nord. Au début de l’année 1964, la France a rétabli ses relations diplomatiques avec la Chine communiste et en 1966, elle sort de l’Otan. La France se positionne en situation d’indépendance par rapport aux blocs atlantique et soviétique, tout en cherchant à créer des nouveaux partenariats, par exemple avec l’Allemagne. L’organisation du défilé à Strasbourg, renvoie à une histoire commune. Bien que méfiant, Charles de Gaulle vise à mener une politique pragmatique visant à créer une Europe forte. En janvier 1963, le traité de l'Élysée est signé avec l’Allemagne visant à créer plus de coopération entre les deux pays. Mais il s’agit bien d’une coopération qui est entrain de se construire car il n’y a pas d’ambassadeur allemand présent à ce défile. &lt;br /&gt;
Filmer ce défilé revient alors à présenter non pas un moment de commémoration mais bien un moment politique pensé par Charles De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une cérémonie inscrite dans un message politique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Charles de Gaulle n’apparaît clairement qu’au début et à la fin du film, mais il est toujours présent à la tribune. Une présence sur laquelle insiste bien l’auteur du film qui tourne la caméra un peu plus bas pour faire apparaître un peu plus la tribune. Le film montre qu’autour de ce défilé, il y a une immense foule qui s’étend sur toute l’avenue. Cette foule est aussi accompagné des nombreux journalistes et reporters, contenus par des services d’ordres. Une partie des journalistes sont devant la tribune à côté d’une plateforme, sur laquelle on repère une grande caméra de télévision. D’autres caméras sont présentes et se focalisent sur Charles de Gaulle et sur le défilé. Il s’agit d’un événement médiatique dont le président est bien conscient. Se rendant compte de l’importance des médias, il accepte volontiers de participer à des bains des foules. Sa venue à Strasbourg à cette date n’est pas nouvelle, vu qu’il y est venu en 1959 pour faire un discours au sein du Palais Universitaire pour vanter le rapprochement franco-allemand.&lt;br /&gt;
Il s’agit bien d’un passage où le défilé n’est qu’une partie de la cérémonie. Le matin du dimanche 22 novembre 1964, De Gaulle assiste à une messe au sein de la Notre-Dame de Strasbourg avant de rendre un hommage aux combattants morts pour la patrie. Puis il passe au défilé, avant de repartir sur la place Kléber pour y être acclamé par une foule et pour y faire un discours sur la proximité franco-allemande, sur l’indépendance européenne aux deux blocs et pour y aborder le sujet de rapprochement entre l’Europe de l’Ouest et l’Est. Ce discours est retranscrit en partie dans les archives d’INA. Il s’agit bien d’une prestation politique au niveau national car depuis 1959, le général enchaîne des voyages au sein de la France pour s’approcher du peuple en jouant sur une carte populiste, cherchant une légitimé par un soutien populaire. Un soutien dont il besoin pour l’élection présidentielle, qui a lieu en décembre 1965. Si Charles de Gaulle est déclaré gagnant, il ne l’est qu’avec une petite marge. Ainsi, ce défilé participe à l’action politique et électorale du général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Filmer un événement chargé de mémoire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film fait par Rodolphe Bruckmann est un film amateur qui témoigne d’une certaine aisance dans l’exercice de filmer. Les plans sont filmés depuis un balcon situé à gauche de la tribune donnant une vue sur l’ensemble de l’avenue de Vosges. Le film qui dure 6min 50 a été monté, comme en témoignent des nombreuses coupures tout le long du film. La caméra fait des mouvement lents et stables permettant de bien voir le défilé. L’effet qu’il s’agit ici d’une caméra Kodak, héritée par le fils de la famille, indique qu’il y a une circulation de compétences pour réaliser des films. Les caméras facilement maniables pour réaliser des films sont déjà très présentes dans les années 1960.&lt;br /&gt;
	Cependant le film en soit ne présente pas beaucoup d’atout techniques. Le plan est toujours en plongé, bloqué par l’emplacement de l’auteur. Ce dernier se focalise à filmer des figures dans un plan d’ensemble avec des coupures pour souligner l’arrivé et le départ des blindés. Cette simplicité de réalisation donne à voir un autre point de vue sur un événement qui est très médiatisé. En observant la foule, surtout celle situé en face de la tribune il est possible de voir des nombreuses caméra et photo-appareils qui produisent une quantité de matériel médiatique important. Une rapide recherche sur Internet permet de trouver plusieurs photos de l’événement dont une, où est repérable l’auteur du film. Ainsi ici le rôle du film amateur n’est pas de montrer un événement qui manquerait de couverture médiatique mais bien d’enregistrer un événement pour le garder comme un souvenir à partager avec la famille. En consultant le film officiel réalisé à l’époque et accessible sur le site d’INA, il y a une nette différence dans la manière de filmer. Le focus de la présentation se fait sur le général, qui est visible souvent en gros plan ou plan poitrine. Le découpage du film se fait à partir des films de plusieurs caméras montrant le déplacement de Charles de Gaulle au sein de la ville et il y a des sons et les commentaires du journaliste. Et le défilé n’est montré que pendant quelques secondes pour faire place ensuite à plusieurs minutes de discours du général sur la place Kléber. Avec le film de Rodolphe Bruckmann, le général se fond dans la foule et passe au second plan devant le spectacle du défilé. À côté des médias officiels, les films amateurs jouent un rôle d’une vision alternative, présentant le point de vue de l’individu. Un point de vue subjectif, qui souligne ici l’intérêt personnel de rendre hommage à l’événement qui est en train d’avoir lieu. L’idée est de raconter une histoire personnelle et montrer sa participation à un événement. &lt;br /&gt;
À la différence du film officiel, il ne s’agit pas de montrer une vision centrée sur le général qui rend visite à la ville de Strasbourg. Mais bien de donner une image d’un témoin de l’événement qui tranche avec le quotidien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, le film amateur présente une image personnelle face à un événement médiatisé présentant une série d’enjeux politiques situés autour d’un défilé de commémoration.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Ouvrages généraux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BIMBENET (Jérôme), ''Film et histoire'', Armand Colin, Paris, 2007&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
COLLET (André), ''Histoire de l’armement depuis 1945'', PUF, Paris, 1993&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MORELLE (Chantal), ''De Gaulle, la passion de la France'', Armand Colin, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articles généraux :&lt;br /&gt;
DE BELLAING (Moreau Louis), Mémoires de la mémoire : la commémoration, dans ''L’homme et la société'', N°75-76, ''Synthèse en sciences humaines'', 1985, p. 237-244&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ZIMMERMANN (Patricia), Cinéma amateur et démocratie, dans ''Communication'', 68, ''Le cinéma en amateur'', sous la direction Roger Odin, 1999, p.281-292&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autres ressources&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Institut National d’Audiovisuel :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Discours prononcé par Charles de Gaulle au moment de son passage à Strasbourg en 1964. Une partie du discours est retranscrite. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00238/discours-prononce-a-strasbourg-pour-le-vingtieme-anniversaire-de-la-liberation-de-la-ville.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre film rappelant la libération de Strasbourg et montrant à 2min14, la maréchale Leclerc de Hautecloque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.ina.fr/video/AFE86000124&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Photos de l’époque : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo de l’événement faisant apparaître deux chars M47 Patton et général Charles de Gaulle. En arrière-plan, au second étage sur le balcon situé à l’extrême-droite, se situe Rodolphe Bruckmann qu’on peut identifier par sa figure en profil, tenant la caméra. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://photoinventory.fr/photos/CJ5046.png&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo montrant Charles de Gaulle en voiture pendant le défilé. Montrant bien l’avenue de Vosges. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.gettyimages.fr/detail/photo-d'actualit%C3%A9/de-gaulle-in-strasbourg-le-dimanche-23-novembre-1964-photo-dactualit%C3%A9/166688197&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article de presse :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un résume d’article de Dernières Nouvelles de l’Alsace &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
archives.dna.fr/cgi/gate?a=art&amp;amp;aaaammjj=201411&amp;amp;num=15603&amp;amp;m1=liberation&amp;amp;m2=strasbourg&amp;amp;m3&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=20e_anniversaire_de_la_lib%C3%A9ration_de_Strasbourg_(0141FH0002)&amp;diff=16557</id>
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		<updated>2021-01-13T20:13:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
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|Contexte_et_analyse_fr=Le film est réalisé à Strasbourg au moment de la visite de Charles de Gaulle, le président de la Ve République, pour la fête du 20ème anniversaire de la Libération de Strasbourg. En occurrence, entre le 22 et le 23 novembre 1944, la 2e division des blindés du général Philippe Leclerc de Hautecloque est entrée dans la ville de Strasbourg, après une percée surprise à travers les défenses allemandes situées dans les Vosges. Ainsi des troupes françaises, américaines et des résistants participent à la libération de la capitale alsacienne. La présence importante de chars et véhicules blindés au défilé militaire renvoie à cet événement. C’est aussi un clin d’œil aux origines du président Charles de Gaulle. Ce dernier, ayant été marqué par la Première Guerre mondiale, avait participé à l’élaboration des nouvelles théories d’utilisation des chars de combat. Il était aussi un commandant des chars avant de devenir la figure de la résistance du 18 juin 1940. Général de Gaulle a construit sa légitimité en tant que le guide de la France libre et il est considéré après la Seconde Guerre mondiale comme un héros national. Une image mythifiée, qu’il cherche à mettre en avant dans sa carrière politique avec des succès relatifs. Ce n’est qu’en 1958, qu’il est rappelé par le pouvoir pour régler la crise d’Algérie. En 1964, c’est un président, élu depuis 6 an, d’une nouvelle république pour laquelle il cherche de trouver une place à part dans un monde divisé en deux blocs par la Guerre froide.&lt;br /&gt;
La participation à ce défilé a un triple enjeu commémoratif, géopolitique et politique. Des enjeux dont rend compte le film amateur de Rodolphe Bruckmann.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une image au triple sens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une commémoration et un défilé symboliques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film, filmé en noir et blanc et sans une bande de son, commence à présenter la cérémonie par l’image du Général de Gaulle faisant un salut militaire face aux troupes portant des étendards français et américains. Le choix de commencer par ce plan vise à montrer la valeur symbolique de cet événement. La présence dans le défilé des troupes américaines et anglaises renvoie à la coopération du passé et du présent entre les États-Unis et la France. Il y a un protocole du cérémonial qui est mis en application. Le général fait la tournée des troupes et puis revient pour récompenser deux soldats avant de monter dans la tribune. Des drapeaux français sont visibles sur les murs du bâtiment de direction de Finances Régionales. Puis pendant le défilé, des chars arrivent avec des noms inscrits dessus tel que « Neuchèze » à 4min 37 du film. Il s’agirait ici d’un hommage à Robert de Neuchèze, mort à Autun en 1944. Sur d’autres chars, d’autres noms sont inscrits à la peinture blanche mais sont illisibles depuis l’angle de vue de la caméra. Enfin, c’est le lieu du défilé qui bombarde le spectateur par la symbolique commémorative. Les troupes défilent sur l’avenue des Vosges, qui renvoie à la percée des troupes de Leclerc, d’il y a 20 ans. Cette avenue est traversée par l’avenue de la Paix sur laquelle est située la tribune avec Charles de Gaulle et d’autres personnalités importantes. La tribune donne une vue sur les troupes, puis sur la place de la République et au loin sur la Cathédrale. Bien que cette vue ne soit pas visible depuis le balcon sur lequel se trouve l’auteur du film, il est évident que le choix de cet emplacement pour un défilé vise à la fois de rappeler les sacrifices du passé mais aussi de rendre compte des coopérations du présent.&lt;br /&gt;
Le défilé représente un événement de masse mais son importance commémorative est à relativiser comme l’indique Louis Moreau de Bellaing dans son article sur la commémoration. Louis Moreau de Bellaing est un docteur d’État en Sociologie et se spécialise sur la place dans du paternalisme au sein du pouvoir. Pour lui, un défilé joue un rôle d’accompagnement des autres cérémonies de commémoration. C’est avant tout un spectacle, qui dans le cas concret rend avant tout l’hommage à la personne de Charles de Gaulle. Mais ce spectacle du pouvoir renvoie aussi vers d’autres images symboliques en lien avec la situation internationale du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Montrer la force de la France et réaffirmer les partenariats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’organisé pour une commémoration, le défilé sert à répondre à d’autres enjeux beaucoup plus actuels. En effet, par son positionnement avantageux et statique, le film montre un défilé de troupes, de voitures et des chars. On y distingue des modèles de blindés contemporains, comme par exemple des engins de reconnaissance Panhard EBR FL11 au nombre d’environ de 12 véhicules (4min) suivis par un modèle plus ancien de 1954 (4min27sec). Au moins 4 autres blindés contemporains sont les AMX-13 avec des missiles SS11, produits en 1964 (5min23 sec). Les autres véhicules datent plutôt des années 50 comme par exemple les AMX-13 VCI, véhicules combat d’infanterie produits à partir 1957 et qui sont environ 17 dans le défile (4min29sec). Les véhicules qui attirent l’œil du l’auteur du film, sont les chars américains M47 Patton (4min33), achetés en masse par la France durant les années 1950 et dont environ 14 véhicules sont visibles dans ce défilé. Ce défilé donne une image d’une armée en transformation avec des véhicules très modernes entourées des véhicules produits le long des années 50 avec des chars américains. Ces derniers seront peu à peu remplacés à la fin des années soixante par le char français AMX-30 B qui en 1964 n’est qu’en phase de conception, après l’échec du prototype franco-allemand AMX-30 A en 1963. En tout, au défilé participent, tout véhicule mélangé, plus d’une centaine d’unités. Des quantités importantes, pouvant être comparés au défilé du 14 Juillet. &lt;br /&gt;
Cette cérémonie attire une foule immense, ce que s’explique en partie par l’effet que l’événement est organisé un dimanche. Pour renforcer l’importance politique de cette cérémonie, des nombreuses personnalités politiques y sont présentes. Selon le rapport d’Institut National de l’Audiovisuel, à ce défilé assistent l’ambassadeur de la Grande-Bretagne, Pierson Dixon, et l’ambassadeur des États-Unis, Charles E.Bohlen. Il y a aussi plusieurs ministres du gouvernement qui y sont présents, à l’image de Roger Frey, ministre de l’Intérieur, ou encore Pierre Messmer, ministre des Armées. À ces personnalités s’ajoutent des dignitaires haut-gradés et certainement d’autres invités d’honneur. Une de ses invitées est visible à la fin du film quand la caméra suit le mouvement d’une femme entouré des hauts-gradés, qui se dirigent vers des voitures qui les attendent sur l’avenue. Il s’agit ici de la maréchale Leclerc de Hautecloque, Thérèse de Gargan, dont la présence au moment de la visite du général est rapportée par les Dernières Nouvelles d’Alsace. Cette concentration de troupes, des personnages politiques et d’une foule immense, fait partie d’une construction de l’événement propre au régime de Gaulle. L’objectif, est en réalité de montrer la puissance de la France à ses alliées. En insistant, certes, sur la coopération ancienne qui existe entre la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne, tout en mettant en avant la place centrale que doit jouer la France dans la direction de l’Europe. Bien que proches, Charles de Gaulle est déjà dans un processus d’éloignement de l’Organisation du traité de l’Atlantique du Nord. Au début de l’année 1964, la France a rétabli ses relations diplomatiques avec la Chine communiste et en 1966, elle sort de l’Otan. La France se positionne en situation d’indépendance par rapport aux blocs atlantique et soviétique, tout en cherchant à créer des nouveaux partenariats, par exemple avec l’Allemagne. L’organisation du défilé à Strasbourg, renvoie à une histoire commune. Bien que méfiant, Charles de Gaulle vise à mener une politique pragmatique visant à créer une Europe forte. En janvier 1963, le traité de l'Élysée est signé avec l’Allemagne visant à créer plus de coopération entre les deux pays. Mais il s’agit bien d’une coopération qui est entrain de se construire car il n’y a pas d’ambassadeur allemand présent à ce défile. &lt;br /&gt;
Filmer ce défilé revient alors à présenter non pas un moment de commémoration mais bien un moment politique pensé par Charles De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une cérémonie inscrite dans un message politique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Charles de Gaulle n’apparaît clairement qu’au début et à la fin du film, mais il est toujours présent à la tribune. Une présence sur laquelle insiste bien l’auteur du film qui tourne la caméra un peu plus bas pour faire apparaître un peu plus la tribune. Le film montre qu’autour de ce défilé, il y a une immense foule qui s’étend sur toute l’avenue. Cette foule est aussi accompagné des nombreux journalistes et reporters, contenus par des services d’ordres. Une partie des journalistes sont devant la tribune à côté d’une plateforme, sur laquelle on repère une grande caméra de télévision. D’autres caméras sont présentes et se focalisent sur Charles de Gaulle et sur le défilé. Il s’agit d’un événement médiatique dont le président est bien conscient. Se rendant compte de l’importance des médias, il accepte volontiers de participer à des bains des foules. Sa venue à Strasbourg à cette date n’est pas nouvelle, vu qu’il y est venu en 1959 pour faire un discours au sein du Palais Universitaire pour vanter le rapprochement franco-allemand.&lt;br /&gt;
Il s’agit bien d’un passage où le défilé n’est qu’une partie de la cérémonie. Le matin du dimanche 22 novembre 1964, De Gaulle assiste à une messe au sein de la Notre-Dame de Strasbourg avant de rendre un hommage aux combattants morts pour la patrie. Puis il passe au défilé, avant de repartir sur la place Kléber pour y être acclamé par une foule et pour y faire un discours sur la proximité franco-allemande, sur l’indépendance européenne aux deux blocs et pour y aborder le sujet de rapprochement entre l’Europe de l’Ouest et l’Est. Ce discours est retranscrit en partie dans les archives d’INA. Il s’agit bien d’une prestation politique au niveau national car depuis 1959, le général enchaîne des voyages au sein de la France pour s’approcher du peuple en jouant sur une carte populiste, cherchant une légitimé par un soutien populaire. Un soutien dont il besoin pour l’élection présidentielle, qui a lieu en décembre 1965. Si Charles de Gaulle est déclaré gagnant, il ne l’est qu’avec une petite marge. Ainsi, ce défilé participe à l’action politique et électorale du général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Filmer un événement chargé de mémoire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film fait par Rodolphe Bruckmann est un film amateur qui témoigne d’une certaine aisance dans l’exercice de filmer. Les plans sont filmés depuis un balcon situé à gauche de la tribune donnant une vue sur l’ensemble de l’avenue de Vosges. Le film qui dure 6min 50 a été monté, comme en témoignent des nombreuses coupures tout le long du film. La caméra fait des mouvement lents et stables permettant de bien voir le défilé. L’effet qu’il s’agit ici d’une caméra Kodak, héritée par le fils de la famille, indique qu’il y a une circulation de compétences pour réaliser des films. Les caméras facilement maniables pour réaliser des films sont déjà très présentes dans les années 1960.&lt;br /&gt;
	Cependant le film en soit ne présente pas beaucoup d’atout techniques. Le plan est toujours en plongé, bloqué par l’emplacement de l’auteur. Ce dernier se focalise à filmer des figures dans un plan d’ensemble avec des coupures pour souligner l’arrivé et le départ des blindés. Cette simplicité de réalisation donne à voir un autre point de vue sur un événement qui est très médiatisé. En observant la foule, surtout celle situé en face de la tribune il est possible de voir des nombreuses caméra et photo-appareils qui produisent une quantité de matériel médiatique important. Une rapide recherche sur Internet permet de trouver plusieurs photos de l’événement dont une, où est repérable l’auteur du film. Ainsi ici le rôle du film amateur n’est pas de montrer un événement qui manquerait de couverture médiatique mais bien d’enregistrer un événement pour le garder comme un souvenir à partager avec la famille. En consultant le film officiel réalisé à l’époque et accessible sur le site d’INA, il y a une nette différence dans la manière de filmer. Le focus de la présentation se fait sur le général, qui est visible souvent en gros plan ou plan poitrine. Le découpage du film se fait à partir des films de plusieurs caméras montrant le déplacement de Charles de Gaulle au sein de la ville et il y a des sons et les commentaires du journaliste. Et le défilé n’est montré que pendant quelques secondes pour faire place ensuite à plusieurs minutes de discours du général sur la place Kléber. Avec le film de Rodolphe Bruckmann, le général se fond dans la foule et passe au second plan devant le spectacle du défilé. À côté des médias officiels, les films amateurs jouent un rôle d’une vision alternative, présentant le point de vue de l’individu. Un point de vue subjectif, qui souligne ici l’intérêt personnel de rendre hommage à l’événement qui est en train d’avoir lieu. L’idée est de raconter une histoire personnelle et montrer sa participation à un événement. &lt;br /&gt;
À la différence du film officiel, il ne s’agit pas de montrer une vision centrée sur le général qui rend visite à la ville de Strasbourg. Mais bien de donner une image d’un témoin de l’événement qui tranche avec le quotidien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, le film amateur présente une image personnelle face à un événement médiatisé présentant une série d’enjeux politiques situés autour d’un défilé de commémoration.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Ouvrages généraux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BIMBENET (Jérôme), ''Film et histoire'', Armand Colin, Paris, 2007&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
COLLET (André), ''Histoire de l’armement depuis 1945'', PUF, Paris, 1993&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MORELLE (Chantal), ''De Gaulle, la passion de la France'', Armand Colin, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articles généraux :&lt;br /&gt;
DE BELLAING (Moreau Louis), Mémoires de la mémoire : la commémoration, dans ''L’homme et la société'', N°75-76, ''Synthèse en sciences humaines'', 1985, p. 237-244&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ZIMMERMANN (Patricia), Cinéma amateur et démocratie, dans ''Communication'', 68, ''Le cinéma en amateur'', sous la direction Roger Odin, 1999, p.281-292&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autres ressources&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Institut National d’Audiovisuel :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Discours prononcé par Charles de Gaulle au moment de son passage à Strasbourg en 1964. Une partie du discours est retranscrite. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00238/discours-prononce-a-strasbourg-pour-le-vingtieme-anniversaire-de-la-liberation-de-la-ville.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre film rappelant la libération de Strasbourg et montrant à 2min14, la maréchale Leclerc de Hautecloque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.ina.fr/video/AFE86000124&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Photos de l’époque : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo de l’événement faisant apparaître les chars, Charles de Gaulle, et en arrière sur un balcon, l'auteur de ce film.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://photoinventory.fr/photos/CJ5046.png&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo montrant Charles de Gaulle en voiture pendant le défilé. Montrant bien l’avenue de Vosges. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.gettyimages.fr/detail/photo-d'actualit%C3%A9/de-gaulle-in-strasbourg-le-dimanche-23-novembre-1964-photo-dactualit%C3%A9/166688197&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article de presse :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un résume d’article de Dernières Nouvelles de l’Alsace &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
archives.dna.fr/cgi/gate?a=art&amp;amp;aaaammjj=201411&amp;amp;num=15603&amp;amp;m1=liberation&amp;amp;m2=strasbourg&amp;amp;m3&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=20e_anniversaire_de_la_lib%C3%A9ration_de_Strasbourg_(0141FH0002)&amp;diff=16556</id>
		<title>20e anniversaire de la libération de Strasbourg (0141FH0002)</title>
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		<updated>2021-01-13T19:57:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=20e anniversaire de la libération de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Bruckmann&lt;br /&gt;
|idSupport=0141FH0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=22111964&lt;br /&gt;
|video=0141FH0002_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
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|duree=00:06:50&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bruckmann, Rodolphe&lt;br /&gt;
|apercu=20_ans_Libération_de_Strasbourg.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=Nikolaj Orlov&lt;br /&gt;
|userrealname=Nikolaj Orlov&lt;br /&gt;
|datesignature=2021-01-04&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : ceremonies – commemorations - remembrance places&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Film de Rodolphe Bruckmann, montrant le défilé militaire se déroulant sur l’avenue de Vosges à Strasbourg le 22 novembre 1964, auquel assiste le général Charles de Gaulle en présence d’une foule immense.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le film est réalisé à Strasbourg au moment de la visite de Charles de Gaulle, le président de la Ve République, pour la fête du 20ème anniversaire de la Libération de Strasbourg. En occurrence, entre le 22 et le 23 novembre 1944, la 2e division des blindés du général Philippe Leclerc de Hautecloque est entrée dans la ville de Strasbourg, après une percée surprise à travers les défenses allemandes situées dans les Vosges. Ainsi des troupes françaises, américaines et des résistants participent à la libération de la capitale alsacienne. La présence importante de chars et véhicules blindés au défilé militaire renvoie à cet événement. C’est aussi un clin d’œil aux origines du président Charles de Gaulle. Ce dernier, ayant été marqué par la Première Guerre mondiale, avait participé à l’élaboration des nouvelles théories d’utilisation des chars de combat. Il était aussi un commandant des chars avant de devenir la figure de la résistance du 18 juin 1940. Général de Gaulle a construit sa légitimité en tant que le guide de la France libre et il est considéré après la Seconde Guerre mondiale comme un héros national. Une image mythifiée, qu’il cherche à mettre en avant dans sa carrière politique avec des succès relatifs. Ce n’est qu’en 1958, qu’il est rappelé par le pouvoir pour régler la crise d’Algérie. En 1964, c’est un président, élu depuis 6 an, d’une nouvelle république pour laquelle il cherche de trouver une place à part dans un monde divisé en deux blocs par la Guerre froide.&lt;br /&gt;
La participation à ce défilé a un triple enjeu commémoratif, géopolitique et politique. Des enjeux dont rend compte le film amateur de Rodolphe Bruckmann.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une image au triple sens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une commémoration et un défilé symboliques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film, filmé en noir et blanc et sans une bande de son, commence à présenter la cérémonie par l’image du Général de Gaulle faisant un salut militaire face aux troupes portant des étendards français et américains. Le choix de commencer par ce plan vise à montrer la valeur symbolique de cet événement. La présence dans le défilé des troupes américaines et anglaises renvoie à la coopération du passé et du présent entre les États-Unis et la France. Il y a un protocole du cérémonial qui est mis en application. Le général fait la tournée des troupes et puis revient pour récompenser deux soldats avant de monter dans la tribune. Des drapeaux français sont visibles sur les murs du bâtiment de direction de Finances Régionales. Puis pendant le défilé, des chars arrivent avec des noms inscrits dessus tel que « Neuchèze » à 4min 37 du film. Il s’agirait ici d’un hommage à Robert de Neuchèze, mort à Autun en 1944. Sur d’autres chars, d’autres noms sont inscrits à la peinture blanche mais sont illisibles depuis l’angle de vue de la caméra. Enfin, c’est le lieu du défilé qui bombarde le spectateur par la symbolique commémorative. Les troupes défilent sur l’avenue des Vosges, qui renvoie à la percée des troupes de Leclerc, d’il y a 20 ans. Cette avenue est traversée par l’avenue de la Paix sur laquelle est située la tribune avec Charles de Gaulle et d’autres personnalités importantes. La tribune donne une vue sur les troupes, puis sur la place de la République et au loin sur la Cathédrale. Bien que cette vue ne soit pas visible depuis le balcon sur lequel se trouve l’auteur du film, il est évident que le choix de cet emplacement pour un défilé vise à la fois de rappeler les sacrifices du passé mais aussi de rendre compte des coopérations du présent.&lt;br /&gt;
Le défilé représente un événement de masse mais son importance commémorative est à relativiser comme l’indique Louis Moreau de Bellaing dans son article sur la commémoration. Louis Moreau de Bellaing est un docteur d’État en Sociologie et se spécialise sur la place dans du paternalisme au sein du pouvoir. Pour lui, un défilé joue un rôle d’accompagnement des autres cérémonies de commémoration. C’est avant tout un spectacle, qui dans le cas concret rend avant tout l’hommage à la personne de Charles de Gaulle. Mais ce spectacle du pouvoir renvoie aussi vers d’autres images symboliques en lien avec la situation internationale du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Montrer la force de la France et réaffirmer les partenariats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’organisé pour une commémoration, le défilé sert à répondre à d’autres enjeux beaucoup plus actuels. En effet, par son positionnement avantageux et statique, le film montre un défilé de troupes, de voitures et des chars. On y distingue des modèles de blindés contemporains, comme par exemple des engins de reconnaissance Panhard EBR FL11 au nombre d’environ de 12 véhicules (4min) suivis par un modèle plus ancien de 1954 (4min27sec). Au moins 4 autres blindés contemporains sont les AMX-13 avec des missiles SS11, produits en 1964 (5min23 sec). Les autres véhicules datent plutôt des années 50 comme par exemple les AMX-13 VCI, véhicules combat d’infanterie produits à partir 1957 et qui sont environ 17 dans le défile (4min29sec). Les véhicules qui attirent l’œil du l’auteur du film, sont les chars américains M47 Patton (4min33), achetés en masse par la France durant les années 1950 et dont environ 14 véhicules sont visibles dans ce défilé. Ce défilé donne une image d’une armée en transformation avec des véhicules très modernes entourées des véhicules produits le long des années 50 avec des chars américains. Ces derniers seront peu à peu remplacés à la fin des années soixante par le char français AMX-30 B qui en 1964 n’est qu’en phase de conception, après l’échec du prototype franco-allemand AMX-30 A en 1963. En tout, au défilé participent, tout véhicule mélangé, plus d’une centaine d’unités. Des quantités importantes, pouvant être comparés au défilé du 14 Juillet. &lt;br /&gt;
Cette cérémonie attire une foule immense, ce que s’explique en partie par l’effet que l’événement est organisé un dimanche. Pour renforcer l’importance politique de cette cérémonie, des nombreuses personnalités politiques y sont présentes. Selon le rapport d’Institut National de l’Audiovisuel, à ce défilé assistent l’ambassadeur de la Grande-Bretagne, Pierson Dixon, et l’ambassadeur des États-Unis, Charles E.Bohlen. Il y a aussi plusieurs ministres du gouvernement qui y sont présents, à l’image de Roger Frey, ministre de l’Intérieur, ou encore Pierre Messmer, ministre des Armées. À ces personnalités s’ajoutent des dignitaires haut-gradés et certainement d’autres invités d’honneur. Une de ses invitées est visible à la fin du film quand la caméra suit le mouvement d’une femme entouré des hauts-gradés, qui se dirigent vers des voitures qui les attendent sur l’avenue. Il s’agit ici de la maréchale Leclerc de Hautecloque, Thérèse de Gargan, dont la présence au moment de la visite du général est rapportée par les Dernières Nouvelles d’Alsace. Cette concentration de troupes, des personnages politiques et d’une foule immense, fait partie d’une construction de l’événement propre au régime de Gaulle. L’objectif, est en réalité de montrer la puissance de la France à ses alliées. En insistant, certes, sur la coopération ancienne qui existe entre la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne, tout en mettant en avant la place centrale que doit jouer la France dans la direction de l’Europe. Bien que proches, Charles de Gaulle est déjà dans un processus d’éloignement de l’Organisation du traité de l’Atlantique du Nord. Au début de l’année 1964, la France a rétabli ses relations diplomatiques avec la Chine communiste et en 1966, elle sort de l’Otan. La France se positionne en situation d’indépendance par rapport aux blocs atlantique et soviétique, tout en cherchant à créer des nouveaux partenariats, par exemple avec l’Allemagne. L’organisation du défilé à Strasbourg, renvoie à une histoire commune. Bien que méfiant, Charles de Gaulle vise à mener une politique pragmatique visant à créer une Europe forte. En janvier 1963, le traité de l'Élysée est signé avec l’Allemagne visant à créer plus de coopération entre les deux pays. Mais il s’agit bien d’une coopération qui est entrain de se construire car il n’y a pas d’ambassadeur allemand présent à ce défile. &lt;br /&gt;
Filmer ce défilé revient alors à présenter non pas un moment de commémoration mais bien un moment politique pensé par Charles De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une cérémonie inscrite dans un message politique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Charles de Gaulle n’apparaît clairement qu’au début et à la fin du film, mais il est toujours présent à la tribune. Une présence sur laquelle insiste bien l’auteur du film qui tourne la caméra un peu plus bas pour faire apparaître un peu plus la tribune. Le film montre qu’autour de ce défilé, il y a une immense foule qui s’étend sur toute l’avenue. Cette foule est aussi accompagné des nombreux journalistes et reporters, contenus par des services d’ordres. Une partie des journalistes sont devant la tribune à côté d’une plateforme, sur laquelle on repère une grande caméra de télévision. D’autres caméras sont présentes et se focalisent sur Charles de Gaulle et sur le défilé. Il s’agit d’un événement médiatique dont le président est bien conscient. Se rendant compte de l’importance des médias, il accepte volontiers de participer à des bains des foules. Sa venue à Strasbourg à cette date n’est pas nouvelle, vu qu’il y est venu en 1959 pour faire un discours au sein du Palais Universitaire pour vanter le rapprochement franco-allemand.&lt;br /&gt;
Il s’agit bien d’un passage où le défilé n’est qu’une partie de la cérémonie. Le matin du dimanche 22 novembre 1964, De Gaulle assiste à une messe au sein de la Notre-Dame de Strasbourg avant de rendre un hommage aux combattants morts pour la patrie. Puis il passe au défilé, avant de repartir sur la place Kléber pour y être acclamé par une foule et pour y faire un discours sur la proximité franco-allemande, sur l’indépendance européenne aux deux blocs et pour y aborder le sujet de rapprochement entre l’Europe de l’Ouest et l’Est. Ce discours est retranscrit en partie dans les archives d’INA. Il s’agit bien d’une prestation politique au niveau national car depuis 1959, le général enchaîne des voyages au sein de la France pour s’approcher du peuple en jouant sur une carte populiste, cherchant une légitimé par un soutien populaire. Un soutien dont il besoin pour l’élection présidentielle, qui a lieu en décembre 1965. Si Charles de Gaulle est déclaré gagnant, il ne l’est qu’avec une petite marge. Ainsi, ce défilé participe à l’action politique et électorale du général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Filmer un événement chargé de mémoire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film fait par Rodolphe Bruckmann est un film amateur qui témoigne d’une certaine aisance dans l’exercice de filmer. Les plans sont filmés depuis un balcon situé à gauche de la tribune donnant une vue sur l’ensemble de l’avenue de Vosges. Le film qui dure 6min 50 a été monté, comme en témoignent des nombreuses coupures tout le long du film. La caméra fait des mouvement lents et stables permettant de bien voir le défilé. L’effet qu’il s’agit ici d’une caméra Kodak, héritée par le fils de la famille, indique qu’il y a une circulation de compétences pour réaliser des films. Les caméras facilement maniables pour réaliser des films sont déjà très présentes dans les années 1960.&lt;br /&gt;
	Cependant le film en soit ne présente pas beaucoup d’atout techniques. Le plan est toujours en plongé, bloqué par l’emplacement de l’auteur. Ce dernier se focalise à filmer des figures dans un plan d’ensemble avec des coupures pour souligner l’arrivé et le départ des blindés. Cette simplicité de réalisation donne à voir un autre point de vue sur un événement qui est très médiatisé. En observant la foule, surtout celle situé en face de la tribune il est possible de voir des nombreuses caméra et photo-appareils qui produisent une quantité de matériel médiatique important. Une rapide recherche sur Internet permet de trouver plusieurs photos de l’événement dont une, où est repérable l’auteur du film. Ainsi ici le rôle du film amateur n’est pas de montrer un événement qui manquerait de couverture médiatique mais bien d’enregistrer un événement pour le garder comme un souvenir à partager avec la famille. En consultant le film officiel réalisé à l’époque et accessible sur le site d’INA, il y a une nette différence dans la manière de filmer. Le focus de la présentation se fait sur le général, qui est visible souvent en gros plan ou plan poitrine. Le découpage du film se fait à partir des films de plusieurs caméras montrant le déplacement de Charles de Gaulle au sein de la ville et il y a des sons et les commentaires du journaliste. Et le défilé n’est montré que pendant quelques secondes pour faire place ensuite à plusieurs minutes de discours du général sur la place Kléber. Avec le film de Rodolphe Bruckmann, le général se fond dans la foule et passe au second plan devant le spectacle du défilé. À côté des médias officiels, les films amateurs jouent un rôle d’une vision alternative, présentant le point de vue de l’individu. Un point de vue subjectif, qui souligne ici l’intérêt personnel de rendre hommage à l’événement qui est en train d’avoir lieu. L’idée est de raconter une histoire personnelle et montrer sa participation à un événement. &lt;br /&gt;
À la différence du film officiel, il ne s’agit pas de montrer une vision centrée sur le général qui rend visite à la ville de Strasbourg. Mais bien de donner une image d’un témoin de l’événement qui tranche avec le quotidien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, le film amateur présente une image personnelle face à un événement médiatisé présentant une série d’enjeux politiques situés autour d’un défilé de commémoration.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Ouvrages généraux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BIMBENET (Jérôme), ''Film et histoire'', Armand Colin, Paris, 2007&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
COLLET (André), ''Histoire de l’armement depuis 1945'', PUF, Paris, 1993&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MORELLE (Chantal), ''De Gaulle, la passion de la France'', Armand Colin, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articles généraux :&lt;br /&gt;
DE BELLAING (Moreau Louis), Mémoires de la mémoire : la commémoration, dans ''L’homme et la société'', N°75-76, ''Synthèse en sciences humaines'', 1985, p. 237-244&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ZIMMERMANN (Patricia), Cinéma amateur et démocratie, dans ''Communication'', 68, ''Le cinéma en amateur'', sous la direction Roger Odin, 1999, p.281-292&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autres ressources&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Institut National d’Audiovisuel :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Discours prononcé par Charles de Gaulle au moment de son passage à Strasbourg en 1964. Une partie du discours est retranscrite. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00238/discours-prononce-a-strasbourg-pour-le-vingtieme-anniversaire-de-la-liberation-de-la-ville.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre film rappelant la libération de Strasbourg et montrant à 2min14, la maréchale Leclerc de Hautecloque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.ina.fr/video/AFE86000124&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Photos de l’époque : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo de l’événement faisant apparaître les chars, Charles de Gaulle, et en arrière sur un balcon, l'auteur de ce film.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://photoinventory.fr/photos/CJ5046.png&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo montrant Charles de Gaulle en voiture pendant le défilé. Montrant bien l’avenue de Vosges. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.gettyimages.fr/detail/photo-d'actualit%C3%A9/de-gaulle-in-strasbourg-le-dimanche-23-novembre-1964-photo-dactualit%C3%A9/166688197&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article de presse :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un résume d’article de Dernières Nouvelles de l’Alsace &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
archives.dna.fr/cgi/gate?a=art&amp;amp;aaaammjj=201411&amp;amp;num=15603&amp;amp;m1=liberation&amp;amp;m2=strasbourg&amp;amp;m3&lt;br /&gt;
|Documents_annexes=&amp;lt;gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
Exemple.jpg|Description 1&lt;br /&gt;
Exemple.jpg|Description 2&lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=20e_anniversaire_de_la_lib%C3%A9ration_de_Strasbourg_(0141FH0002)&amp;diff=16555</id>
		<title>20e anniversaire de la libération de Strasbourg (0141FH0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=20e_anniversaire_de_la_lib%C3%A9ration_de_Strasbourg_(0141FH0002)&amp;diff=16555"/>
		<updated>2021-01-13T19:52:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=20e anniversaire de la libération de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Bruckmann&lt;br /&gt;
|idSupport=0141FH0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=22111964&lt;br /&gt;
|video=0141FH0002_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:06:50&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bruckmann, Rodolphe&lt;br /&gt;
|apercu=20_ans_Libération_de_Strasbourg.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=Nikolaj Orlov&lt;br /&gt;
|userrealname=Nikolaj Orlov&lt;br /&gt;
|datesignature=2021-01-04&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : ceremonies – commemorations - remembrance places&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Film de Rodolphe Bruckmann, montrant le défilé militaire se déroulant sur l’avenue de Vosges à Strasbourg le 22 novembre 1964, auquel assiste le général Charles de Gaulle en présence d’une foule immense.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le film est réalisé à Strasbourg au moment de la visite de Charles de Gaulle, le président de la Ve République, pour la fête du 20ème anniversaire de la Libération de Strasbourg. En occurrence, entre le 22 et le 23 novembre 1944, la 2e division des blindés du général Philippe Leclerc de Hautecloque est entrée dans la ville de Strasbourg, après une percée surprise à travers les défenses allemandes situées dans les Vosges. Ainsi des troupes françaises, américaines et des résistants participent à la libération de la capitale alsacienne. La présence importante de chars et véhicules blindés au défilé militaire renvoie à cet événement. C’est aussi un clin d’œil aux origines du président Charles de Gaulle. Ce dernier, ayant été marqué par la Première Guerre mondiale, avait participé à l’élaboration des nouvelles théories d’utilisation des chars de combat. Il était aussi un commandant des chars avant de devenir la figure de la résistance du 18 juin 1940. Général de Gaulle a construit sa légitimité en tant que le guide de la France libre et il est considéré après la Seconde Guerre mondiale comme un héros national. Une image mythifiée, qu’il cherche à mettre en avant dans sa carrière politique avec des succès relatifs. Ce n’est qu’en 1958, qu’il est rappelé par le pouvoir pour régler la crise d’Algérie. En 1964, c’est un président, élu depuis 6 an, d’une nouvelle république pour laquelle il cherche de trouver une place à part dans un monde divisé en deux blocs par la Guerre froide.&lt;br /&gt;
La participation à ce défilé a un triple enjeu commémoratif, géopolitique et politique. Des enjeux dont rend compte le film amateur de Rodolphe Bruckmann.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une image au triple sens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une commémoration et un défilé symboliques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film, filmé en noir et blanc et sans une bande de son, commence à présenter la cérémonie par l’image du Général de Gaulle faisant un salut militaire face aux troupes portant des étendards français et américains. Le choix de commencer par ce plan vise à montrer la valeur symbolique de cet événement. La présence dans le défilé des troupes américaines et anglaises renvoie à la coopération du passé et du présent entre les États-Unis et la France. Il y a un protocole du cérémonial qui est mis en application. Le général fait la tournée des troupes et puis revient pour récompenser deux soldats avant de monter dans la tribune. Des drapeaux français sont visibles sur les murs du bâtiment de direction de Finances Régionales. Puis pendant le défilé, des chars arrivent avec des noms inscrits dessus tel que « Neuchèze » à 4min 37 du film. Il s’agirait ici d’un hommage à Robert de Neuchèze, mort à Autun en 1944. Sur d’autres chars, d’autres noms sont inscrits à la peinture blanche mais sont illisibles depuis l’angle de vue de la caméra. Enfin, c’est le lieu du défilé qui bombarde le spectateur par la symbolique commémorative. Les troupes défilent sur l’avenue des Vosges, qui renvoie à la percée des troupes de Leclerc, d’il y a 20 ans. Cette avenue est traversée par l’avenue de la Paix sur laquelle est située la tribune avec Charles de Gaulle et d’autres personnalités importantes. La tribune donne une vue sur les troupes, puis sur la place de la République et au loin sur la Cathédrale. Bien que cette vue ne soit pas visible depuis le balcon sur lequel se trouve l’auteur du film, il est évident que le choix de cet emplacement pour un défilé vise à la fois de rappeler les sacrifices du passé mais aussi de rendre compte des coopérations du présent.&lt;br /&gt;
Le défilé représente un événement de masse mais son importance commémorative est à relativiser comme l’indique Louis Moreau de Bellaing dans son article sur la commémoration. Louis Moreau de Bellaing est un docteur d’État en Sociologie et se spécialise sur la place dans du paternalisme au sein du pouvoir. Pour lui, un défilé joue un rôle d’accompagnement des autres cérémonies de commémoration. C’est avant tout un spectacle, qui dans le cas concret rend avant tout l’hommage à la personne de Charles de Gaulle. Mais ce spectacle du pouvoir renvoie aussi vers d’autres images symboliques en lien avec la situation internationale du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Montrer la force de la France et réaffirmer les partenariats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’organisé pour une commémoration, le défilé sert à répondre à d’autres enjeux beaucoup plus actuels. En effet, par son positionnement avantageux et statique, le film montre un défilé de troupes, de voitures et des chars. On y distingue des modèles de blindés contemporains, comme par exemple des engins de reconnaissance Panhard EBR FL11 au nombre d’environ de 12 véhicules (4min) suivis par un modèle plus ancien de 1954 (4min27sec). Au moins 4 autres blindés contemporains sont les AMX-13 avec des missiles SS11, produits en 1964 (5min23 sec). Les autres véhicules datent plutôt des années 50 comme par exemple les AMX-13 VCI, véhicules combat d’infanterie produits à partir 1957 et qui sont environ 17 dans le défile (4min29sec). Les véhicules qui attirent l’œil du l’auteur du film, sont les chars américains M47 Patton (4min33), achetés en masse par la France durant les années 1950 et dont environ 14 véhicules sont visibles dans ce défilé. Ce défilé donne une image d’une armée en transformation avec des véhicules très modernes entourées des véhicules produits le long des années 50 avec des chars américains. Ces derniers seront peu à peu remplacés à la fin des années soixante par le char français AMX-30 B qui en 1964 n’est qu’en phase de conception, après l’échec du prototype franco-allemand AMX-30 A en 1963. En tout, au défilé participent, tout véhicule mélangé, plus d’une centaine d’unités. Des quantités importantes, pouvant être comparés au défilé du 14 Juillet. &lt;br /&gt;
Cette cérémonie attire une foule immense, ce que s’explique en partie par l’effet que l’événement est organisé un dimanche. Pour renforcer l’importance politique de cette cérémonie, des nombreuses personnalités politiques y sont présentes. Selon le rapport d’Institut National de l’Audiovisuel, à ce défilé assistent l’ambassadeur de la Grande-Bretagne, Pierson Dixon, et l’ambassadeur des États-Unis, Charles E.Bohlen. Il y a aussi plusieurs ministres du gouvernement qui y sont présents, à l’image de Roger Frey, ministre de l’Intérieur, ou encore Pierre Messmer, ministre des Armées. À ces personnalités s’ajoutent des dignitaires haut-gradés et certainement d’autres invités d’honneur. Une de ses invitées est visible à la fin du film quand la caméra suit le mouvement d’une femme entouré des hauts-gradés, qui se dirigent vers des voitures qui les attendent sur l’avenue. Il s’agit ici de la maréchale Leclerc de Hautecloque, Thérèse de Gargan, dont la présence au moment de la visite du général est rapportée par les Dernières Nouvelles d’Alsace. Cette concentration de troupes, des personnages politiques et d’une foule immense, fait partie d’une construction de l’événement propre au régime de Gaulle. L’objectif, est en réalité de montrer la puissance de la France à ses alliées. En insistant, certes, sur la coopération ancienne qui existe entre la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne, tout en mettant en avant la place centrale que doit jouer la France dans la direction de l’Europe. Bien que proches, Charles de Gaulle est déjà dans un processus d’éloignement de l’Organisation du traité de l’Atlantique du Nord. Au début de l’année 1964, la France a rétabli ses relations diplomatiques avec la Chine communiste et en 1966, elle sort de l’Otan. La France se positionne en situation d’indépendance par rapport aux blocs atlantique et soviétique, tout en cherchant à créer des nouveaux partenariats, par exemple avec l’Allemagne. L’organisation du défilé à Strasbourg, renvoie à une histoire commune. Bien que méfiant, Charles de Gaulle vise à mener une politique pragmatique visant à créer une Europe forte. En janvier 1963, le traité de l'Élysée est signé avec l’Allemagne visant à créer plus de coopération entre les deux pays. Mais il s’agit bien d’une coopération qui est entrain de se construire car il n’y a pas d’ambassadeur allemand présent à ce défile. &lt;br /&gt;
Filmer ce défilé revient alors à présenter non pas un moment de commémoration mais bien un moment politique pensé par Charles De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une cérémonie inscrite dans un message politique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Charles de Gaulle n’apparaît clairement qu’au début et à la fin du film, mais il est toujours présent à la tribune. Une présence sur laquelle insiste bien l’auteur du film qui tourne la caméra un peu plus bas pour faire apparaître un peu plus la tribune. Le film montre qu’autour de ce défilé, il y a une immense foule qui s’étend sur toute l’avenue. Cette foule est aussi accompagné des nombreux journalistes et reporters, contenus par des services d’ordres. Une partie des journalistes sont devant la tribune à côté d’une plateforme, sur laquelle on repère une grande caméra de télévision. D’autres caméras sont présentes et se focalisent sur Charles de Gaulle et sur le défilé. Il s’agit d’un événement médiatique dont le président est bien conscient. Se rendant compte de l’importance des médias, il accepte volontiers de participer à des bains des foules. Sa venue à Strasbourg à cette date n’est pas nouvelle, vu qu’il y est venu en 1959 pour faire un discours au sein du Palais Universitaire pour vanter le rapprochement franco-allemand.&lt;br /&gt;
Il s’agit bien d’un passage où le défilé n’est qu’une partie de la cérémonie. Le matin du dimanche 22 novembre 1964, De Gaulle assiste à une messe au sein de la Notre-Dame de Strasbourg avant de rendre un hommage aux combattants morts pour la patrie. Puis il passe au défilé, avant de repartir sur la place Kléber pour y être acclamé par une foule et pour y faire un discours sur la proximité franco-allemande, sur l’indépendance européenne aux deux blocs et pour y aborder le sujet de rapprochement entre l’Europe de l’Ouest et l’Est. Ce discours est retranscrit en partie dans les archives d’INA. Il s’agit bien d’une prestation politique au niveau national car depuis 1959, le général enchaîne des voyages au sein de la France pour s’approcher du peuple en jouant sur une carte populiste, cherchant une légitimé par un soutien populaire. Un soutien dont il besoin pour l’élection présidentielle, qui a lieu en décembre 1965. Si Charles de Gaulle est déclaré gagnant, il ne l’est qu’avec une petite marge. Ainsi, ce défilé participe à l’action politique et électorale du général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Filmer un événement chargé de mémoire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film fait par Rodolphe Bruckmann est un film amateur qui témoigne d’une certaine aisance dans l’exercice de filmer. Les plans sont filmés depuis un balcon situé à gauche de la tribune donnant une vue sur l’ensemble de l’avenue de Vosges. Le film qui dure 6min 50 a été monté, comme en témoignent des nombreuses coupures tout le long du film. La caméra fait des mouvement lents et stables permettant de bien voir le défilé. L’effet qu’il s’agit ici d’une caméra Kodak, héritée par le fils de la famille, indique qu’il y a une circulation de compétences pour réaliser des films. Les caméras facilement maniables pour réaliser des films sont déjà très présentes dans les années 1960.&lt;br /&gt;
	Cependant le film en soit ne présente pas beaucoup d’atout techniques. Le plan est toujours en plongé, bloqué par l’emplacement de l’auteur. Ce dernier se focalise à filmer des figures dans un plan d’ensemble avec des coupures pour souligner l’arrivé et le départ des blindés. Cette simplicité de réalisation donne à voir un autre point de vue sur un événement qui est très médiatisé. En observant la foule, surtout celle situé en face de la tribune il est possible de voir des nombreuses caméra et photo-appareils qui produisent une quantité de matériel médiatique important. Une rapide recherche sur Internet permet de trouver plusieurs photos de l’événement dont une, où est repérable l’auteur du film. Ainsi ici le rôle du film amateur n’est pas de montrer un événement qui manquerait de couverture médiatique mais bien d’enregistrer un événement pour le garder comme un souvenir à partager avec la famille. En consultant le film officiel réalisé à l’époque et accessible sur le site d’INA, il y a une nette différence dans la manière de filmer. Le focus de la présentation se fait sur le général, qui est visible souvent en gros plan ou plan poitrine. Le découpage du film se fait à partir des films de plusieurs caméras montrant le déplacement de Charles de Gaulle au sein de la ville et il y a des sons et les commentaires du journaliste. Et le défilé n’est montré que pendant quelques secondes pour faire place ensuite à plusieurs minutes de discours du général sur la place Kléber. Avec le film de Rodolphe Bruckmann, le général se fond dans la foule et passe au second plan devant le spectacle du défilé. À côté des médias officiels, les films amateurs jouent un rôle d’une vision alternative, présentant le point de vue de l’individu. Un point de vue subjectif, qui souligne ici l’intérêt personnel de rendre hommage à l’événement qui est en train d’avoir lieu. L’idée est de raconter une histoire personnelle et montrer sa participation à un événement. &lt;br /&gt;
À la différence du film officiel, il ne s’agit pas de montrer une vision centrée sur le général qui rend visite à la ville de Strasbourg. Mais bien de donner une image d’un témoin de l’événement qui tranche avec le quotidien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, le film amateur présente une image personnelle face à un événement médiatisé présentant une série d’enjeux politiques situés autour d’un défilé de commémoration.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Ouvrages généraux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BIMBENET (Jérôme), ''Film et histoire'', Armand Colin, Paris, 2007&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
COLLET (André), ''Histoire de l’armement depuis 1945'', PUF, Paris, 1993&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MORELLE (Chantal), ''De Gaulle, la passion de la France'', Armand Colin, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articles généraux :&lt;br /&gt;
DE BELLAING (Moreau Louis), Mémoires de la mémoire : la commémoration, dans ''L’homme et la société'', N°75-76, ''Synthèse en sciences humaines'', 1985, p. 237-244&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ZIMMERMANN (Patricia), Cinéma amateur et démocratie, dans ''Communication'', 68, ''Le cinéma en amateur'', sous la direction Roger Odin, 1999, p.281-292&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autres ressources&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Institut National d’Audiovisuel :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Discours prononcé par Charles de Gaulle au moment de son passage à Strasbourg en 1964. Une partie du discours est retranscrite. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00238/discours-prononce-a-strasbourg-pour-le-vingtieme-anniversaire-de-la-liberation-de-la-ville.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre film rappelant la libération de Strasbourg et montrant à 2min14, la maréchale Leclerc de Hautecloque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.ina.fr/video/AFE86000124&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Photos de l’époque : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo de l’événement faisant apparaître les chars, Charles de Gaulle, et en arrière sur un balcon, l'auteur de ce film.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://photoinventory.fr/photos/CJ5046.png&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo montrant Charles de Gaulle en voiture pendant le défilé. Montrant bien l’avenue de Vosges. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.gettyimages.fr/detail/photo-d'actualit%C3%A9/de-gaulle-in-strasbourg-le-dimanche-23-novembre-1964-photo-dactualit%C3%A9/166688197&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article de presse :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un résume d’article de Dernières Nouvelles de l’Alsace &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
archives.dna.fr/cgi/gate?a=art&amp;amp;aaaammjj=201411&amp;amp;num=15603&amp;amp;m1=liberation&amp;amp;m2=strasbourg&amp;amp;m3&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=20e_anniversaire_de_la_lib%C3%A9ration_de_Strasbourg_(0141FH0002)&amp;diff=16554</id>
		<title>20e anniversaire de la libération de Strasbourg (0141FH0002)</title>
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		<updated>2021-01-13T19:49:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
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|Contexte_et_analyse_fr=Le film est réalisé à Strasbourg au moment de la visite de Charles de Gaulle, le président de la Ve République, pour la fête du 20ème anniversaire de la Libération de Strasbourg. En occurrence, entre le 22 et le 23 novembre 1944, la 2e division des blindés du général Philippe Leclerc de Hautecloque est entrée dans la ville de Strasbourg, après une percée surprise à travers les défenses allemandes situées dans les Vosges. Ainsi des troupes françaises, américaines et des résistants participent à la libération de la capitale alsacienne. La présence importante de chars et véhicules blindés au défilé militaire renvoie à cet événement. C’est aussi un clin d’œil aux origines du président Charles de Gaulle. Ce dernier, ayant été marqué par la Première Guerre mondiale, avait participé à l’élaboration des nouvelles théories d’utilisation des chars de combat. Il était aussi un commandant des chars avant de devenir la figure de la résistance du 18 juin 1940. Général de Gaulle a construit sa légitimité en tant que le guide de la France libre et il est considéré après la Seconde Guerre mondiale comme un héros national. Une image mythifiée, qu’il cherche à mettre en avant dans sa carrière politique avec des succès relatifs. Ce n’est qu’en 1958, qu’il est rappelé par le pouvoir pour régler la crise d’Algérie. En 1964, c’est un président, élu depuis 6 an, d’une nouvelle république pour laquelle il cherche de trouver une place à part dans un monde divisé en deux blocs par la Guerre froide.&lt;br /&gt;
La participation à ce défilé a un triple enjeu commémoratif, géopolitique et politique. Des enjeux dont rend compte le film amateur de Rodolphe Bruckmann.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Une image au triple sens =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une commémoration et un défilé symboliques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film, filmé en noir et blanc et sans une bande de son, commence à présenter la cérémonie par l’image du Général de Gaulle faisant un salut militaire face aux troupes portant des étendards français et américains. Le choix de commencer par ce plan vise à montrer la valeur symbolique de cet événement. La présence dans le défilé des troupes américaines et anglaises renvoie à la coopération du passé et du présent entre les États-Unis et la France. Il y a un protocole du cérémonial qui est mis en application. Le général fait la tournée des troupes et puis revient pour récompenser deux soldats avant de monter dans la tribune. Des drapeaux français sont visibles sur les murs du bâtiment de direction de Finances Régionales. Puis pendant le défilé, des chars arrivent avec des noms inscrits dessus tel que « Neuchèze » à 4min 37 du film. Il s’agirait ici d’un hommage à Robert de Neuchèze, mort à Autun en 1944. Sur d’autres chars, d’autres noms sont inscrits à la peinture blanche mais sont illisibles depuis l’angle de vue de la caméra. Enfin, c’est le lieu du défilé qui bombarde le spectateur par la symbolique commémorative. Les troupes défilent sur l’avenue des Vosges, qui renvoie à la percée des troupes de Leclerc, d’il y a 20 ans. Cette avenue est traversée par l’avenue de la Paix sur laquelle est située la tribune avec Charles de Gaulle et d’autres personnalités importantes. La tribune donne une vue sur les troupes, puis sur la place de la République et au loin sur la Cathédrale. Bien que cette vue ne soit pas visible depuis le balcon sur lequel se trouve l’auteur du film, il est évident que le choix de cet emplacement pour un défilé vise à la fois de rappeler les sacrifices du passé mais aussi de rendre compte des coopérations du présent.&lt;br /&gt;
Le défilé représente un événement de masse mais son importance commémorative est à relativiser comme l’indique Louis Moreau de Bellaing dans son article sur la commémoration. Louis Moreau de Bellaing est un docteur d’État en Sociologie et se spécialise sur la place dans du paternalisme au sein du pouvoir. Pour lui, un défilé joue un rôle d’accompagnement des autres cérémonies de commémoration. C’est avant tout un spectacle, qui dans le cas concret rend avant tout l’hommage à la personne de Charles de Gaulle. Mais ce spectacle du pouvoir renvoie aussi vers d’autres images symboliques en lien avec la situation internationale du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Montrer la force de la France et réaffirmer les partenariats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’organisé pour une commémoration, le défilé sert à répondre à d’autres enjeux beaucoup plus actuels. En effet, par son positionnement avantageux et statique, le film montre un défilé de troupes, de voitures et des chars. On y distingue des modèles de blindés contemporains, comme par exemple des engins de reconnaissance Panhard EBR FL11 au nombre d’environ de 12 véhicules (4min) suivis par un modèle plus ancien de 1954 (4min27sec). Au moins 4 autres blindés contemporains sont les AMX-13 avec des missiles SS11, produits en 1964 (5min23 sec). Les autres véhicules datent plutôt des années 50 comme par exemple les AMX-13 VCI, véhicules combat d’infanterie produits à partir 1957 et qui sont environ 17 dans le défile (4min29sec). Les véhicules qui attirent l’œil du l’auteur du film, sont les chars américains M47 Patton (4min33), achetés en masse par la France durant les années 1950 et dont environ 14 véhicules sont visibles dans ce défilé. Ce défilé donne une image d’une armée en transformation avec des véhicules très modernes entourées des véhicules produits le long des années 50 avec des chars américains. Ces derniers seront peu à peu remplacés à la fin des années soixante par le char français AMX-30 B qui en 1964 n’est qu’en phase de conception, après l’échec du prototype franco-allemand AMX-30 A en 1963. En tout, au défilé participent, tout véhicule mélangé, plus d’une centaine d’unités. Des quantités importantes, pouvant être comparés au défilé du 14 Juillet. &lt;br /&gt;
Cette cérémonie attire une foule immense, ce que s’explique en partie par l’effet que l’événement est organisé un dimanche. Pour renforcer l’importance politique de cette cérémonie, des nombreuses personnalités politiques y sont présentes. Selon le rapport d’Institut National de l’Audiovisuel, à ce défilé assistent l’ambassadeur de la Grande-Bretagne, Pierson Dixon, et l’ambassadeur des États-Unis, Charles E.Bohlen. Il y a aussi plusieurs ministres du gouvernement qui y sont présents, à l’image de Roger Frey, ministre de l’Intérieur, ou encore Pierre Messmer, ministre des Armées. À ces personnalités s’ajoutent des dignitaires haut-gradés et certainement d’autres invités d’honneur. Une de ses invitées est visible à la fin du film quand la caméra suit le mouvement d’une femme entouré des hauts-gradés, qui se dirigent vers des voitures qui les attendent sur l’avenue. Il s’agit ici de la maréchale Leclerc de Hautecloque, Thérèse de Gargan, dont la présence au moment de la visite du général est rapportée par les Dernières Nouvelles d’Alsace. Cette concentration de troupes, des personnages politiques et d’une foule immense, fait partie d’une construction de l’événement propre au régime de Gaulle. L’objectif, est en réalité de montrer la puissance de la France à ses alliées. En insistant, certes, sur la coopération ancienne qui existe entre la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne, tout en mettant en avant la place centrale que doit jouer la France dans la direction de l’Europe. Bien que proches, Charles de Gaulle est déjà dans un processus d’éloignement de l’Organisation du traité de l’Atlantique du Nord. Au début de l’année 1964, la France a rétabli ses relations diplomatiques avec la Chine communiste et en 1966, elle sort de l’Otan. La France se positionne en situation d’indépendance par rapport aux blocs atlantique et soviétique, tout en cherchant à créer des nouveaux partenariats, par exemple avec l’Allemagne. L’organisation du défilé à Strasbourg, renvoie à une histoire commune. Bien que méfiant, Charles de Gaulle vise à mener une politique pragmatique visant à créer une Europe forte. En janvier 1963, le traité de l'Élysée est signé avec l’Allemagne visant à créer plus de coopération entre les deux pays. Mais il s’agit bien d’une coopération qui est entrain de se construire car il n’y a pas d’ambassadeur allemand présent à ce défile. &lt;br /&gt;
Filmer ce défilé revient alors à présenter non pas un moment de commémoration mais bien un moment politique pensé par Charles De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une cérémonie inscrite dans un message politique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Charles de Gaulle n’apparaît clairement qu’au début et à la fin du film, mais il est toujours présent à la tribune. Une présence sur laquelle insiste bien l’auteur du film qui tourne la caméra un peu plus bas pour faire apparaître un peu plus la tribune. Le film montre qu’autour de ce défilé, il y a une immense foule qui s’étend sur toute l’avenue. Cette foule est aussi accompagné des nombreux journalistes et reporters, contenus par des services d’ordres. Une partie des journalistes sont devant la tribune à côté d’une plateforme, sur laquelle on repère une grande caméra de télévision. D’autres caméras sont présentes et se focalisent sur Charles de Gaulle et sur le défilé. Il s’agit d’un événement médiatique dont le président est bien conscient. Se rendant compte de l’importance des médias, il accepte volontiers de participer à des bains des foules. Sa venue à Strasbourg à cette date n’est pas nouvelle, vu qu’il y est venu en 1959 pour faire un discours au sein du Palais Universitaire pour vanter le rapprochement franco-allemand.&lt;br /&gt;
 Il s’agit bien d’un passage où le défilé n’est qu’une partie de la cérémonie. Le matin du dimanche 22 novembre 1964, De Gaulle assiste à une messe au sein de la Notre-Dame de Strasbourg avant de rendre un hommage aux combattants morts pour la patrie. Puis il passe au défilé, avant de repartir sur la place Kléber pour y être acclamé par une foule et pour y faire un discours sur la proximité franco-allemande, sur l’indépendance européenne aux deux blocs et pour y aborder le sujet de rapprochement entre l’Europe de l’Ouest et l’Est. Ce discours est retranscrit en partie dans les archives d’INA. Il s’agit bien d’une prestation politique au niveau national car depuis 1959, le général enchaîne des voyages au sein de la France pour s’approcher du peuple en jouant sur une carte populiste, cherchant une légitimé par un soutien populaire. Un soutien dont il besoin pour l’élection présidentielle, qui a lieu en décembre 1965. Si Charles de Gaulle est déclaré gagnant, il ne l’est qu’avec une petite marge. Ainsi, ce défilé participe à l’action politique et électorale du général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Filmer un événement chargé de mémoire =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film fait par Rodolphe Bruckmann est un film amateur qui témoigne d’une certaine aisance dans l’exercice de filmer. Les plans sont filmés depuis un balcon situé à gauche de la tribune donnant une vue sur l’ensemble de l’avenue de Vosges. Le film qui dure 6min 50 a été monté, comme en témoignent des nombreuses coupures tout le long du film. La caméra fait des mouvement lents et stables permettant de bien voir le défilé. L’effet qu’il s’agit ici d’une caméra Kodak, héritée par le fils de la famille, indique qu’il y a une circulation de compétences pour réaliser des films. Les caméras facilement maniables pour réaliser des films sont déjà très présentes dans les années 1960.&lt;br /&gt;
	Cependant le film en soit ne présente pas beaucoup d’atout techniques. Le plan est toujours en plongé, bloqué par l’emplacement de l’auteur. Ce dernier se focalise à filmer des figures dans un plan d’ensemble avec des coupures pour souligner l’arrivé et le départ des blindés. Cette simplicité de réalisation donne à voir un autre point de vue sur un événement qui est très médiatisé. En observant la foule, surtout celle situé en face de la tribune il est possible de voir des nombreuses caméra et photo-appareils qui produisent une quantité de matériel médiatique important. Une rapide recherche sur Internet permet de trouver plusieurs photos de l’événement dont une, où est repérable l’auteur du film. Ainsi ici le rôle du film amateur n’est pas de montrer un événement qui manquerait de couverture médiatique mais bien d’enregistrer un événement pour le garder comme un souvenir à partager avec la famille. En consultant le film officiel réalisé à l’époque et accessible sur le site d’INA, il y a une nette différence dans la manière de filmer. Le focus de la présentation se fait sur le général, qui est visible souvent en gros plan ou plan poitrine. Le découpage du film se fait à partir des films de plusieurs caméras montrant le déplacement de Charles de Gaulle au sein de la ville et il y a des sons et les commentaires du journaliste. Et le défilé n’est montré que pendant quelques secondes pour faire place ensuite à plusieurs minutes de discours du général sur la place Kléber. Avec le film de Rodolphe Bruckmann, le général se fond dans la foule et passe au second plan devant le spectacle du défilé. À côté des médias officiels, les films amateurs jouent un rôle d’une vision alternative, présentant le point de vue de l’individu. Un point de vue subjectif, qui souligne ici l’intérêt personnel de rendre hommage à l’événement qui est en train d’avoir lieu. L’idée est de raconter une histoire personnelle et montrer sa participation à un événement. &lt;br /&gt;
À la différence du film officiel, il ne s’agit pas de montrer une vision centrée sur le général qui rend visite à la ville de Strasbourg. Mais bien de donner une image d’un témoin de l’événement qui tranche avec le quotidien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, le film amateur présente une image personnelle face à un événement médiatisé présentant une série d’enjeux politiques situés autour d’un défilé de commémoration.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Ouvrages généraux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BIMBENET (Jérôme), ''Film et histoire'', Armand Colin, Paris, 2007&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
COLLET (André), ''Histoire de l’armement depuis 1945'', PUF, Paris, 1993&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MORELLE (Chantal), ''De Gaulle, la passion de la France'', Armand Colin, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articles généraux :&lt;br /&gt;
DE BELLAING (Moreau Louis), Mémoires de la mémoire : la commémoration, dans ''L’homme et la société'', N°75-76, ''Synthèse en sciences humaines'', 1985, p. 237-244&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ZIMMERMANN (Patricia), Cinéma amateur et démocratie, dans ''Communication'', 68, ''Le cinéma en amateur'', sous la direction Roger Odin, 1999, p.281-292&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autres ressources&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Institut National d’Audiovisuel :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Discours prononcé par Charles de Gaulle au moment de son passage à Strasbourg en 1964. Une partie du discours est retranscrite. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00238/discours-prononce-a-strasbourg-pour-le-vingtieme-anniversaire-de-la-liberation-de-la-ville.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre film rappelant la libération de Strasbourg et montrant à 2min14, la maréchale Leclerc de Hautecloque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.ina.fr/video/AFE86000124&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Photos de l’époque : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo de l’événement faisant apparaître les chars, Charles de Gaulle, et en arrière sur un balcon, l'auteur de ce film.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://photoinventory.fr/photos/CJ5046.png&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo montrant Charles de Gaulle en voiture pendant le défilé. Montrant bien l’avenue de Vosges. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.gettyimages.fr/detail/photo-d'actualit%C3%A9/de-gaulle-in-strasbourg-le-dimanche-23-novembre-1964-photo-dactualit%C3%A9/166688197&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article de presse :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un résume d’article de Dernières Nouvelles de l’Alsace &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
archives.dna.fr/cgi/gate?a=art&amp;amp;aaaammjj=201411&amp;amp;num=15603&amp;amp;m1=liberation&amp;amp;m2=strasbourg&amp;amp;m3&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=20e_anniversaire_de_la_lib%C3%A9ration_de_Strasbourg_(0141FH0002)&amp;diff=16429</id>
		<title>20e anniversaire de la libération de Strasbourg (0141FH0002)</title>
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		<updated>2021-01-06T14:16:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=20e anniversaire de la libération de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Bruckmann&lt;br /&gt;
|idSupport=0141FH0002&lt;br /&gt;
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|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
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|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
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|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bruckmann, Rodolphe&lt;br /&gt;
|apercu=20_ans_Libération_de_Strasbourg.jpg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=Nikolaj Orlov&lt;br /&gt;
|userrealname=Nikolaj Orlov&lt;br /&gt;
|datesignature=2021-01-04&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : ceremonies – commemorations - remembrance places&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Film de Rodolphe Bruckmann montrant le défilé militaire se déroulant sur l’avenue de Vosges à Strasbourg le 22 novembre 1964, auquel assiste le général De Gaulle en présence d’une foule immense.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le film est réalisé à Strasbourg au moment de la visite de Charles de Gaulle, président de la Ve République, pour la fête du 20ème anniversaire de la Libération de Strasbourg. En occurrence, entre le 22 et le 23 novembre 1944, la 2e division des blindés du général Philippe Leclerc de Hautecloque entre dans la ville de Strasbourg après une percé surprise à travers les défenses allemandes situées dans les Vosges. Ainsi des troupes françaises, américaines et des résistants participent à la libération de la capitale alsacienne. En effet, la présence importante de chars et véhicules blindés au défilé militaire renvoie à cet événement. C’est aussi un clin d’œil aux origines du président Charles De Gaulle. Ce dernier, ayant été marqué par la Première Guerre mondiale, avait participé à l’élaboration des nouvelles théories d’utilisation des chars dans le combat. Il était aussi un commandant des chars avant de devenir la figure de résistance du 18 juin 1940. Général De Gaulle construit alors sa légitimité en tant que le guide de la France libre et est considéré après la Seconde guerre mondiale comme un héros national. Une image mythifiée, qu’il cherche à mettre en avant dans sa carrière politique avec des succès relatifs. Ce n’est qu’en 1958, qu’il est rappelé par le pouvoir pour régler la crise d’Algérie. En 1964, c’est un président, élu depuis 6 an, d’une nouvelle république pour laquelle il cherche de trouver une place à part dans un monde divisé en deux pôles par la Guerre froide.&lt;br /&gt;
La participation à ce défilé a un triple enjeu commémoratif, géopolitique et politique. Des enjeux dont rend compte le film amateur de Rodolphe Bruckmann.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Une image au triple sens ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une commémoration et un défilé symboliques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film monté en noir et blanc et sans une bande de son, présente bien une cérémonie en commençant par l’image du Général De Gaulle faisant un salut militaire face aux troupes portant des étendards français et américains. Le choix de commencer par ce plan vise à montrer la valeur symbolique de cet événement. La présence dans le défilé des troupes américaines et anglaises renvoie à la coopération du passé et du présent entre les États-Unis et la France. Il y a un protocole du cérémonial qui est appliqué avec le général qui fait la tournée des troupes et puis revient pour récompenser deux soldats. Des drapeaux français sont visibles sur les murs du bâtiment de direction de Finances Régionales. Puis pendant le défilé, des chars arrivent avec des noms inscrits dessus tel que « Neuchèze » à 4min 37 du film. Il s’agirait ici d’un hommage à Robert de Neuchèze, mort à Autun en 1944. Sur d’autres chars, des noms différents sont inscrits à la peinture blanche mais sont illisibles depuis l’angle de vue de la caméra. Enfin, c’est le lieu du défilé qui bombarde le spectateur par la symbolique commémorative. Les troupes défilent sur l’avenue des Vosges, qui envoie à la percé des troupes de Leclerc, d’il y a 20 ans. Cette avenue est traversée par l’avenue de la Paix sur laquelle est situé la tribune avec Charles de Gaulle et d’autres personnalités importantes. La tribune donne une vue sur les troupes, puis sur la place de la République et au loin sur la Cathédrale. Bien que cette vue ne soit pas visible depuis le balcon sur lequel se trouve l’auteur du film, il est évident que le choix de cet emplacement pour un défilé vise à la fois de rappeler les sacrifices du passé mais aussi de rendre compte de coopérations du présent.&lt;br /&gt;
Le défilé représente un événement de masse mais son importance commémorative est à relativiser comme l’indique Louis Moreau de Bellaing dans son article sur la commémoration. Le défilé joue un rôle d’accompagnement des autres cérémonies de commémoration mais il envoie d’autres images symboliques en lien avec la situation internationale du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Montrer la force de la France et réaffirmer les partenariats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’organisé pour une commémoration, le défilé sert à répondre à d’autres enjeux beaucoup plus actuels. En effet, par son positionnement avantageux et statique, le film montre un défilé de troupes, voitures, chars, et autres véhicules contemporains de l’armée française. Des quantités importantes, pouvant être comparés au défilé du 14 Juillet. Cette cérémonie attire une foule immense, facilité par l’effet que l’événement est organisé un dimanche. Et pour renforcer l’importance politique de cette cérémonie, des nombreuses personnalités politiques y sont présentes. Selon le rapport d’Institut National de l’Audiovisuel, à ce défilé assistent l’ambassadeur de Grande-Bretagne, Pierson Dixon, et l’ambassadeur des États-Unis, Charles E.Bohlen. Il y a aussi plusieurs ministres du gouvernement qui y sont présents. À ces personnalités s’ajoutent des dignitaires haut-gradés et certainement d’autres invités d’honneur. À la fin du film, la caméra suit le mouvement d’une femme entouré des hauts-gradés, qui se dirigent vers des voitures qui les attendent sur l’avenue. Il pourrait s’agir ici d’Yonne de Gaulle mais l’image n’est pas assez nette pour la voir clairement. Cette concentration de troupes, des personnages politiques et d’une foule immense fait partie d’une construction de l’événement propre au régime de De Gaulle. L’objectif, est en réalité de montrer la puissance de la France à ses alliées, en insistant certes sur la coopération ancienne qui existe entre la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne tout en mettant en avant la place centrale que doit jouer la France et l’Allemagne dans la direction de l’Europe. Car ce défilé à Strasbourg, organisé au sein du quartier de la Neustadt construit par les Allemands, renvoie à une autre coopération, celle entre la France et la République fédérale d’Allemagne. Bien que méfiant, De Gaulle vise à mener une politique pragmatique visant à créer une Europe indépendante de sphères d’influence américaines et soviétiques. En janvier 1963, le traité de l'Élysée est signé avec l’Allemagne visant à créer plus de coopération entre les deux pays. Filmer ce défilé revient alors à présenter non pas un moment de commémoration mais bien un moment politique pensé par Charles De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une cérémonie inscrite dans un message politique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle n’apparaît clairement qu’au début et à la fin du film, mais il est toujours présent à la tribune. Une présence sur laquelle insiste bien l’auteur du film qui tourne la caméra un peu plus bas pour faire apparaître un peu plus la tribune. Le film montre qu’autour de ce défilé il y a une immense foule qui s’étend sur toute l’avenue. Cette foule est aussi accompagné des nombreux journalistes et reporters, contenus par des services d’ordres, qui sont devant la tribune sur une plateforme sur laquelle on repère une grande caméra de télévision. D’autres caméras sont présentes et se focalisent sur De Gaulle et sur le défilé. Il s’agit d’un événement médiatique dont De Gaulle est bien conscient. Se rendant compte de l’importance des médias, il accepte volontiers de participer à des bains des foules. Sa venue à Strasbourg à cette date n’est pas nouvelle, vu qu’il y est venu en 1959 pour faire un discours au sein du Palais Universitaire pour vanter le rapprochement franco-allemand. Il s’agit bien d’un passage où le défilé n’est qu’une partie de la cérémonie. Le matin du dimanche 22 novembre 1964, De Gaulle assiste à une messe au sein de la Notre-Dame de Strasbourg avant de rendre un hommage aux combattants morts pour la patrie. Puis il passe au défilé avant de repartir sur la place Kléber pour y être acclamé par une foule et pour y faire un discours sur la proximité franco-allemande, sur l’indépendance européenne aux deux blocs et pour aborder le sujet de rapprochement entre l’Europe de l’Ouest et l’Est. Il s’agit bien d’une prestation politique au niveau national car depuis 1959, le général enchaîne des voyages au sein de la France pour s’approcher du peuple en jouant sur une carte populiste, cherchant une légitimé par un soutien populaire. Un soutien qu’il recherche pour l’élection présidentielle qui a lieu en décembre 1965. Si De Gaulle est déclaré gagnant, il ne l’est qu’avec une petite marge. Ainsi, ce défilé participe à l’action politique et électorale de De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Filmer un événement chargé de mémoire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film fait par Rodolphe Bruckmann est un film amateur qui témoigne d’une certaine aisance dans l’exercice de filmer. Les plans sont filmés depuis un balcon situé à gauche de la tribune donnant une vue sur l’ensemble de l’avenue de Vosges. Le film qui dure 6min 50 a été monté, comme en témoignent des nombreuses coupures tout le long du film. La caméra fait des mouvement lents et stables permettant de bien voir le défilé. L’effet qu’il s’agit ici d’une caméra Kodak hérité par le fils de la famille, indique qu’il y a circulation de compétences pour réaliser des films. Les caméras accessibles pour réaliser des films sont déjà très présentes dans les années 1960.&lt;br /&gt;
	Cependant le film en soit ne présente pas beaucoup d’atout techniques. Le plan est toujours en plongé, défini par l’emplacement de l’auteur qui se focalise à filmer des figures dans un plan d’ensemble avec des coupures pour souligner l’arrivé et le départ des blindés. Cette simplicité de réalisation donne à voir un autre point de vue sur un événement qui est très médiatisé. En observant la foule, surtout celle situé en face de la tribune il est possible de voir des nombreuses caméra et photo-appareils qui produisent une quantité de matériel médiatique important. Une rapide recherche sur Internet permet de trouver plusieurs photos de l’événement dont une où est repérable l’auteur du film. Ainsi ici le rôle du film amateur n’est pas de montrer un événement qui manquerait de couverture médiatique mais bien d’enregistrer un événement pour le garder comme un souvenir à partager avec la famille. L’auteur participe avec le reste de la foule à cette commémoration politisée, présentant à l’exemple de l’évènement, une image complexe. À côté des médias officiels, les films amateurs jouent un rôle d’une vision alternative, présentant le point de vue de l’individu. Un point de vue subjectif, qui ici souligne l’intérêt personnel et une volonté de rendre hommage à l’événement qui est en train d’avoir lieu. L’idée est de raconter une histoire personnelle et montrer sa participation à un événement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, le film amateur présente une image personnelle face à un événement médiatisé présentant une série d’enjeux politiques situés autour d’un défilé de commémoration.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Ouvrages généraux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BIMBENET (Jérôme), Film et histoire, Armand Colin, Paris, 2007&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MORELLE (Chantal), De Gaulle, la passion de la France, Armand Colin, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articles généraux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DE BELLAING (Moreau Louis), Mémoires de la mémoire : la commémoration, dans L’homme et la société, N°75-76, Synthèse en sciences humaines, 1985, p. 237-244&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ZIMMERMANN (Patricia), Cinéma amateur et démocratie, dans Communication, 68, Le cinéma en amateur, sous la direction Roger Odin, 1999, p.281-292&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autres ressources&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Institut National d’Audiovisuel :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00045/voyage-dans-l-est-discours-a-l-universite-de-strasbourg.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00238/discours-prononce-a-strasbourg-pour-le-vingtieme-anniversaire-de-la-liberation-de-la-ville.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une photo de l’événement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://photoinventory.fr/photos/CJ5046.png&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=20e_anniversaire_de_la_lib%C3%A9ration_de_Strasbourg_(0141FH0002)&amp;diff=16428</id>
		<title>20e anniversaire de la libération de Strasbourg (0141FH0002)</title>
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		<updated>2021-01-06T14:10:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=20e anniversaire de la libération de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Bruckmann&lt;br /&gt;
|idSupport=0141FH0002&lt;br /&gt;
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|lieux_ou_monuments=Strasbourg&lt;br /&gt;
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|datesignature=2021-01-04&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Second World War : ceremonies – commemorations - remembrance places&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Film de Rodolphe Bruckmann montrant le défilé militaire se déroulant sur l’avenue de Vosges à Strasbourg le 22 novembre 1964, auquel assiste le général De Gaulle en présence d’une foule immense.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Le film est réalisé à Strasbourg au moment de la visite de Charles de Gaulle, président de la Ve République, pour la fête du 20ème anniversaire de la Libération de Strasbourg. En occurrence, entre le 22 et le 23 novembre 1944, la 2e division des blindés du général Philippe Leclerc de Hautecloque entre dans la ville de Strasbourg après une percé surprise à travers les défenses allemandes situées dans les Vosges. Ainsi des troupes françaises, américaines et des résistants participent à la libération de la capitale alsacienne. En effet, la présence importante de chars et véhicules blindés au défilé militaire renvoie à cet événement. C’est aussi un clin d’œil aux origines du président Charles De Gaulle. Ce dernier, ayant été marqué par la Première Guerre mondiale, avait participé à l’élaboration des nouvelles théories d’utilisation des chars dans le combat. Il était aussi un commandant des chars avant de devenir la figure de résistance du 18 juin 1940. Général De Gaulle construit alors sa légitimité en tant que le guide de la France libre et est considéré après la Seconde guerre mondiale comme un héros national. Une image mythifiée, qu’il cherche à mettre en avant dans sa carrière politique avec des succès relatifs. Ce n’est qu’en 1958, qu’il est rappelé par le pouvoir pour régler la crise d’Algérie. En 1964, c’est un président, élu depuis 6 an, d’une nouvelle république pour laquelle il cherche de trouver une place à part dans un monde divisé en deux pôles par la Guerre froide.&lt;br /&gt;
La participation à ce défilé a un triple enjeu commémoratif, géopolitique et politique. Des enjeux dont rend compte le film amateur de Rodolphe Bruckmann.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Une image au triple sens ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une commémoration et un défilé symboliques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film monté en noir et blanc et sans une bande de son, présente bien une cérémonie en commençant par l’image du Général De Gaulle faisant un salut militaire face aux troupes portant des étendards français et américains. Le choix de commencer par ce plan vise à montrer la valeur symbolique de cet événement. La présence dans le défilé des troupes américaines et anglaises renvoie à la coopération du passé et du présent entre les États-Unis et la France. Il y a un protocole du cérémonial qui est appliqué avec le général qui fait la tournée des troupes et puis revient pour récompenser deux soldats. Des drapeaux français sont visibles sur les murs du bâtiment de direction de Finances Régionales. Puis pendant le défilé, des chars arrivent avec des noms inscrits dessus tel que « Neuchèze » à 4min 37 du film. Il s’agirait ici d’un hommage à Robert de Neuchèze, mort à Autun en 1944. Sur d’autres chars, des noms différents sont inscrits à la peinture blanche mais sont illisibles depuis l’angle de vue de la caméra. Enfin, c’est le lieu du défilé qui bombarde le spectateur par la symbolique commémorative. Les troupes défilent sur l’avenue des Vosges, qui envoie à la percé des troupes de Leclerc, d’il y a 20 ans. Cette avenue est traversée par l’avenue de la Paix sur laquelle est situé la tribune avec Charles de Gaulle et d’autres personnalités importantes. La tribune donne une vue sur les troupes, puis sur la place de la République et au loin sur la Cathédrale. Bien que cette vue ne soit pas visible depuis le balcon sur lequel se trouve l’auteur du film, il est évident que le choix de cet emplacement pour un défilé vise à la fois de rappeler les sacrifices du passé mais aussi de rendre compte de coopérations du présent.&lt;br /&gt;
Le défilé représente un événement de masse mais son importance commémorative est à relativiser comme l’indique Louis Moreau de Bellaing dans son article sur la commémoration. Le défilé joue un rôle d’accompagnement des autres cérémonies de commémoration mais il envoie d’autres images symboliques en lien avec la situation internationale du moment.&lt;br /&gt;
Montrer la force de la France et réaffirmer les partenariats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’organisé pour une commémoration, le défilé sert à répondre à d’autres enjeux beaucoup plus actuels. En effet, par son positionnement avantageux et statique, le film montre un défilé de troupes, voitures, chars, et autres véhicules contemporains de l’armée française. Des quantités importantes, pouvant être comparés au défilé du 14 Juillet. Cette cérémonie attire une foule immense, facilité par l’effet que l’événement est organisé un dimanche. Et pour renforcer l’importance politique de cette cérémonie, des nombreuses personnalités politiques y sont présentes. Selon le rapport d’Institut National de l’Audiovisuel, à ce défilé assistent l’ambassadeur de Grande-Bretagne, Pierson Dixon, et l’ambassadeur des États-Unis, Charles E.Bohlen. Il y a aussi plusieurs ministres du gouvernement qui y sont présents. À ces personnalités s’ajoutent des dignitaires haut-gradés et certainement d’autres invités d’honneur. À la fin du film, la caméra suit le mouvement d’une femme entouré des hauts-gradés, qui se dirigent vers des voitures qui les attendent sur l’avenue. Il pourrait s’agir ici d’Yonne de Gaulle mais l’image n’est pas assez nette pour la voir clairement. Cette concentration de troupes, des personnages politiques et d’une foule immense fait partie d’une construction de l’événement propre au régime de De Gaulle. L’objectif, est en réalité de montrer la puissance de la France à ses alliées, en insistant certes sur la coopération ancienne qui existe entre la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne tout en mettant en avant la place centrale que doit jouer la France et l’Allemagne dans la direction de l’Europe. Car ce défilé à Strasbourg, organisé au sein du quartier de la Neustadt construit par les Allemands, renvoie à une autre coopération, celle entre la France et la République fédérale d’Allemagne. Bien que méfiant, De Gaulle vise à mener une politique pragmatique visant à créer une Europe indépendante de sphères d’influence américaines et soviétiques. En janvier 1963, le traité de l'Élysée est signé avec l’Allemagne visant à créer plus de coopération entre les deux pays. Filmer ce défilé revient alors à présenter non pas un moment de commémoration mais bien un moment politique pensé par Charles De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une cérémonie inscrite dans un message politique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle n’apparaît clairement qu’au début et à la fin du film, mais il est toujours présent à la tribune. Une présence sur laquelle insiste bien l’auteur du film qui tourne la caméra un peu plus bas pour faire apparaître un peu plus la tribune. Le film montre qu’autour de ce défilé il y a une immense foule qui s’étend sur toute l’avenue. Cette foule est aussi accompagné des nombreux journalistes et reporters, contenus par des services d’ordres, qui sont devant la tribune sur une plateforme sur laquelle on repère une grande caméra de télévision. D’autres caméras sont présentes et se focalisent sur De Gaulle et sur le défilé. Il s’agit d’un événement médiatique dont De Gaulle est bien conscient. Se rendant compte de l’importance des médias, il accepte volontiers de participer à des bains des foules. Sa venue à Strasbourg à cette date n’est pas nouvelle, vu qu’il y est venu en 1959 pour faire un discours au sein du Palais Universitaire pour vanter le rapprochement franco-allemand. Il s’agit bien d’un passage où le défilé n’est qu’une partie de la cérémonie. Le matin du dimanche 22 novembre 1964, De Gaulle assiste à une messe au sein de la Notre-Dame de Strasbourg avant de rendre un hommage aux combattants morts pour la patrie. Puis il passe au défilé avant de repartir sur la place Kléber pour y être acclamé par une foule et pour y faire un discours sur la proximité franco-allemande, sur l’indépendance européenne aux deux blocs et pour aborder le sujet de rapprochement entre l’Europe de l’Ouest et l’Est. Il s’agit bien d’une prestation politique au niveau national car depuis 1959, le général enchaîne des voyages au sein de la France pour s’approcher du peuple en jouant sur une carte populiste, cherchant une légitimé par un soutien populaire. Un soutien qu’il recherche pour l’élection présidentielle qui a lieu en décembre 1965. Si De Gaulle est déclaré gagnant, il ne l’est qu’avec une petite marge. Ainsi, ce défilé participe à l’action politique et électorale de De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Filmer un événement chargé de mémoire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le film fait par Rodolphe Bruckmann est un film amateur qui témoigne d’une certaine aisance dans l’exercice de filmer. Les plans sont filmés depuis un balcon situé à gauche de la tribune donnant une vue sur l’ensemble de l’avenue de Vosges. Le film qui dure 6min 50 a été monté, comme en témoignent des nombreuses coupures tout le long du film. La caméra fait des mouvement lents et stables permettant de bien voir le défilé. L’effet qu’il s’agit ici d’une caméra Kodak hérité par le fils de la famille, indique qu’il y a circulation de compétences pour réaliser des films. Les caméras accessibles pour réaliser des films sont déjà très présentes dans les années 1960.&lt;br /&gt;
	Cependant le film en soit ne présente pas beaucoup d’atout techniques. Le plan est toujours en plongé, défini par l’emplacement de l’auteur qui se focalise à filmer des figures dans un plan d’ensemble avec des coupures pour souligner l’arrivé et le départ des blindés. Cette simplicité de réalisation donne à voir un autre point de vue sur un événement qui est très médiatisé. En observant la foule, surtout celle situé en face de la tribune il est possible de voir des nombreuses caméra et photo-appareils qui produisent une quantité de matériel médiatique important. Une rapide recherche sur Internet permet de trouver plusieurs photos de l’événement dont une où est repérable l’auteur du film. Ainsi ici le rôle du film amateur n’est pas de montrer un événement qui manquerait de couverture médiatique mais bien d’enregistrer un événement pour le garder comme un souvenir à partager avec la famille. L’auteur participe avec le reste de la foule à cette commémoration politisée, présentant à l’exemple de l’évènement, une image complexe. À côté des médias officiels, les films amateurs jouent un rôle d’une vision alternative, présentant le point de vue de l’individu. Un point de vue subjectif, qui ici souligne l’intérêt personnel et une volonté de rendre hommage à l’événement qui est en train d’avoir lieu. L’idée est de raconter une histoire personnelle et montrer sa participation à un événement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, le film amateur présente une image personnelle face à un événement médiatisé présentant une série d’enjeux politiques situés autour d’un défilé de commémoration.&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=20e_anniversaire_de_la_lib%C3%A9ration_de_Strasbourg_(0141FH0002)&amp;diff=16427</id>
		<title>20e anniversaire de la libération de Strasbourg (0141FH0002)</title>
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		<updated>2021-01-06T14:09:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=20e anniversaire de la libération de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Bruckmann&lt;br /&gt;
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|dateDebut=22111964&lt;br /&gt;
|video=0141FH0002_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Noir_et_blanc&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|Etat_redaction=Non&lt;br /&gt;
|Etat_publication=Non&lt;br /&gt;
|realisateurs=Bruckmann, Rodolphe&lt;br /&gt;
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		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Utilisateur:Nikolaj_Orlov&amp;diff=16378</id>
		<title>Utilisateur:Nikolaj Orlov</title>
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		<updated>2021-01-05T20:10:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : Film de Rodolphe Bruckmann montrant le défilé militaire se déroulant sur l’avenue de Vosges à Strasbourg le 22 novembre 1964, auquel assiste le général De Gaulle en présence d’une foule immense.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Contexte et Analyse ==&lt;br /&gt;
	&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le film est réalisé à Strasbourg au moment de la visite de Charles de Gaulle, président de la Ve République, pour la fête du 20ème anniversaire de la Libération de Strasbourg. En occurrence, entre le 22 et le 23 novembre 1944, la 2e division des blindés du général Philippe Leclerc de Hautecloque entre dans la ville de Strasbourg après une percé surprise à travers les défenses allemandes situées dans les Vosges. Ainsi des troupes françaises, américaines et des résistants participent à la libération de la capitale alsacienne. En effet, la présence importante de chars et véhicules blindés au défilé militaire renvoie à cet événement. C’est aussi un clin d’œil aux origines du président Charles De Gaulle. Ce dernier, ayant été marqué par la Première Guerre mondiale, avait participé à l’élaboration des nouvelles théories d’utilisation des chars dans le combat. Il était aussi un commandant des chars avant de devenir la figure de résistance du 18 juin 1940. Général De Gaulle construit alors sa légitimité en tant que le guide de la France libre et est considéré après la Seconde guerre mondiale comme un héros national. Une image mythifiée, qu’il cherche à mettre en avant dans sa carrière politique avec des succès relatifs. Ce n’est qu’en 1958, qu’il est rappelé par le pouvoir pour régler la crise d’Algérie. En 1964, c’est un président, élu depuis 6 an, d’une nouvelle république pour laquelle il cherche de trouver une place à part dans un monde divisé en deux pôles par la Guerre froide.&lt;br /&gt;
La participation à ce défilé a un triple enjeu commémoratif, géopolitique et politique. Des enjeux dont rend compte le film amateur de Rodolphe Bruckmann.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une image au triple sens ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une commémoration et un défilé symboliques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce film monté en noir et blanc et sans une bande de son, présente bien une cérémonie en commençant par l’image du Général De Gaulle faisant un salut militaire face aux troupes portant des étendards français et américains. Le choix de commencer par ce plan vise à montrer la valeur symbolique de cet événement. La présence dans le défilé des troupes américaines et anglaises renvoie à la coopération du passé et du présent entre les États-Unis et la France. Il y a un protocole du cérémonial qui est appliqué avec le général qui fait la tournée des troupes et puis revient pour récompenser deux soldats. Des drapeaux français sont visibles sur les murs du bâtiment de direction de Finances Régionales. Puis pendant le défilé, des chars arrivent avec des noms inscrits dessus tel que « Neuchèze » à 4min 37 du film. Il s’agirait ici d’un hommage à Robert de Neuchèze, mort à Autun en 1944. Sur d’autres chars, des noms différents sont inscrits à la peinture blanche mais sont illisibles depuis l’angle de vue de la caméra. Enfin, c’est le lieu du défilé qui bombarde le spectateur par la symbolique commémorative. Les troupes défilent sur l’avenue des Vosges, qui envoie à la percé des troupes de Leclerc, d’il y a 20 ans. Cette avenue est traversée par l’avenue de la Paix sur laquelle est situé la tribune avec Charles de Gaulle et d’autres personnalités importantes. La tribune donne une vue sur les troupes, puis sur la place de la République et au loin sur la Cathédrale. Bien que cette vue ne soit pas visible depuis le balcon sur lequel se trouve l’auteur du film, il est évident que le choix de cet emplacement pour un défilé vise à la fois de rappeler les sacrifices du passé mais aussi de rendre compte de coopérations du présent.&lt;br /&gt;
Le défilé représente un événement de masse mais son importance commémorative est à relativiser comme l’indique Louis Moreau de Bellaing dans son article sur la commémoration. Le défilé joue un rôle d’accompagnement des autres cérémonies de commémoration mais il envoie d’autres images symboliques en lien avec la situation internationale du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Montrer la force de la France et réaffirmer les partenariats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’organisé pour une commémoration, le défilé sert à répondre à d’autres enjeux beaucoup plus actuels. En effet, par son positionnement avantageux et statique, le film montre un défilé de troupes, voitures, chars, et autres véhicules contemporains de l’armée française. Des quantités importantes, pouvant être comparés au défilé du 14 Juillet. Cette cérémonie attire une foule immense, facilité par l’effet que l’événement est organisé un dimanche. Et pour renforcer l’importance politique de cette cérémonie, des nombreuses personnalités politiques y sont présentes. Selon le rapport d’Institut National de l’Audiovisuel, à ce défilé assistent l’ambassadeur de Grande-Bretagne, Pierson Dixon, et l’ambassadeur des États-Unis, Charles E.Bohlen. Il y a aussi plusieurs ministres du gouvernement qui y sont présents. À ces personnalités s’ajoutent des dignitaires haut-gradés et certainement d’autres invités d’honneur. À la fin du film, la caméra suit le mouvement d’une femme entouré des hauts-gradés, qui se dirigent vers des voitures qui les attendent sur l’avenue. Il pourrait s’agir ici d’Yonne de Gaulle mais l’image n’est pas assez nette pour la voir clairement. Cette concentration de troupes, des personnages politiques et d’une foule immense fait partie d’une construction de l’événement propre au régime de De Gaulle. L’objectif, est en réalité de montrer la puissance de la France à ses alliées, en insistant certes sur la coopération ancienne qui existe entre la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne tout en mettant en avant la place centrale que doit jouer la France et l’Allemagne dans la direction de l’Europe. Car ce défilé à Strasbourg, organisé au sein du quartier de Neustadt construit par les Allemands, renvoie à une autre coopération, celle entre la France et la République fédérale d’Allemagne. Bien que méfiant, De Gaulle vise à mener une politique pragmatique visant à créer une Europe indépendante de sphères d’influence américaines et soviétiques. En janvier 1963, le traité de l'Élysée est signé avec l’Allemagne visant à créer plus de coopération entre les deux pays. Filmer ce défilé revient alors à présenter non pas un moment de commémoration mais bien un moment politique pensé par Charles De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une cérémonie inscrite dans un message politique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien que De Gaulle n’apparaît clairement qu’au début et à la fin du film, il est toujours présent à la tribune. Une présence sur laquelle insiste bien l’auteur du film qui tourne la caméra un peu plus bas pour faire apparaître un peu plus la tribune. Le film montre qu’autour de ce défilé il y a une immense foule qui s’étend sur toute l’avenue. Cette foule est aussi accompagné des nombreux journalistes et reporters, contenus par des services d’ordres, qui sont devant la tribune sur une plateforme sur laquelle on repère une grande caméra de télévision. D’autres caméras sont présentes et se focalisent sur De Gaulle et sur le défilé. Il s’agit d’un événement médiatique dont De Gaulle est bien conscient. Se rendant compte de l’importance des médias, il accepte volontiers de participer à des bains des foules. Sa venue à Strasbourg à cette date n’est pas nouvelle, vu qu’il y est venu en 1959 pour faire un discours au sein du Palais Universitaire pour vanter le rapprochement franco-allemand. Il s’agit bien d’un passage où le défilé n’est qu’une partie de la cérémonie. Le matin du dimanche 22 novembre 1964, De Gaulle assiste à une messe au sein de la Notre-Dame de Strasbourg avant de rendre un hommage aux combattants morts pour la patrie. Puis il passe au défilé avant de repartir sur la place Kléber pour y être acclamé par une foule et pour y faire un discours sur la proximité franco-allemande, sur l’indépendance européenne aux deux blocs et pour aborder le sujet de rapprochement entre l’Europe de l’Ouest et l’Est. Il s’agit bien d’une prestation politique au niveau national car depuis 1959, le général enchaîne des voyages au sein de la France pour s’approcher du peuple en jouant sur une carte populiste, cherchant une légitimé par un soutien populaire. Un soutien qu’il recherche pour l’élection présidentielle qui a lieu en décembre 1965. Si De Gaulle est déclaré gagnant, il ne l’est qu’avec une petite marge. Ainsi, ce défilé participe à l’action politique et électorale de De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Filmer un événement chargé de mémoire ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le film fait par Rodolphe Bruckmann est un film amateur qui témoigne d’une certaine aisance dans l’exercice de filmer. Les plans sont filmés depuis un balcon situé à gauche de la tribune donnant une vue sur l’ensemble de l’avenue de Vosges. Le film qui dure 6min 50 a été monté, comme en témoignent des nombreuses coupures tout le long du film. La caméra fait des mouvement lents et stables permettant de bien voir le défilé. L’effet qu’il s’agit ici d’une caméra Kodak hérité par le fils de la famille, indique qu’il y a circulation de compétences pour réaliser des films. Les caméras accessibles pour réaliser des films sont déjà très présentes dans les années 1960.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant le film en soit ne présente pas beaucoup d’atout techniques. Le plan est toujours en plongé, défini par l’emplacement de l’auteur qui se focalise à filmer des figures dans un plan d’ensemble avec des coupures pour souligner l’arrivé et le départ des blindés. Cette simplicité de réalisation donne à voir un autre point de vue sur un événement qui est très médiatisé. En observant la foule, surtout celle situé en face de la tribune il est possible de voir des nombreuses caméra et photo-appareils qui produisent une quantité de matériel médiatique important. Une rapide recherche sur Internet permet de trouver plusieurs photos de l’événement dont une où est repérable l’auteur du film. Ainsi ici le rôle du film amateur n’est pas de montrer un événement qui manquerait de couverture médiatique mais bien d’enregistrer un événement pour le garder comme un souvenir à partager avec la famille. L’auteur participe avec le reste de la foule à cette commémoration politisée, présentant à l’exemple de l’évènement, une image complexe. À côté des médias officiels, les films amateurs jouent un rôle d’une vision alternative, présentant le point de vue de l’individu. Un point de vue subjectif, qui ici souligne l’intérêt personnel et une volonté de rendre hommage à l’événement qui est en train d’avoir lieu. L’idée est de raconter une histoire personnelle et montrer sa participation à un événement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, le film amateur présente une image personnelle face à un événement médiatisé présentant une série d’enjeux politiques situés autour d’un défilé de commémoration.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ouvrages généraux : &lt;br /&gt;
BIMBENET (Jérôme), Film et histoire, Armand Colin, Paris, 2007&lt;br /&gt;
MORELLE (Chantal), De Gaulle, la passion de la France, Armand Colin, Paris, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articles généraux :&lt;br /&gt;
DE BELLAING (Moreau Louis), Mémoires de la mémoire : la commémoration, dans L’homme et la société, N°75-76, Synthèse en sciences humaines, 1985, p. 237-244&lt;br /&gt;
ZIMMERMANN (Patricia), Cinéma amateur et démocratie, dans Communication, 68, Le cinéma en amateur, sous la direction Roger Odin, 1999, p.281-292&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autres ressources&lt;br /&gt;
Institut National d’Audiovisuel : &lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
https://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00045/voyage-dans-l-est-discours-a-l-universite-de-strasbourg.html&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
https://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00238/discours-prononce-a-strasbourg-pour-le-vingtieme-anniversaire-de-la-liberation-de-la-ville.html&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une photo de l’événement :&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
https://photoinventory.fr/photos/CJ5046.png&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>20e anniversaire de la libération de Strasbourg (0141FH0002)</title>
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		<updated>2021-01-04T22:33:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nikolaj Orlov : Modifié automatiquement depuis la page Bas:20e anniversaire de la libération de Strasbourg (0141FH0002).&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
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}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nikolaj Orlov</name></author>
		
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