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	<title>Cinematheque du Rhin superieur - Kinemathek Oberrhein - Contributions de l’utilisateur [fr]</title>
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	<updated>2026-05-03T01:03:14Z</updated>
	<subtitle>Contributions de l’utilisateur</subtitle>
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	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7612</id>
		<title>Cortège du carnaval à Strasbourg (0021FN0004)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7612"/>
		<updated>2019-01-07T11:52:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Cortège du carnaval à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Breesé&lt;br /&gt;
|idSupport=0021FN0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=03031957&lt;br /&gt;
|video=0021FN0004_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:01:38&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Breesé, Gilbert&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 3.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; Strasbourg; fête populaire&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Avenue de la Paix, Strasbourg; Avenue des Vosges, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58861, 7.75477&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le Carnaval de Strasbourg du dimanche 3 mars 1957. La caméra se situe à hauteur d'homme, à l'angle de l'Avenue de la Paix et de l'Avenue des Vosges, et suit le cortège qui défile parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film veut rendre compte de l'ambiance générale du Carnaval de Strasbourg de 1957 : les plans sont courts - entre 2 et 5 secondes - et il ne s'agit que de plans d'ensemble (sauf cas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:01] Parade de la fanfare d'un corps militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:06] Trois personnes déguisées dont une qui arbore une énorme tête ronde et orange en papier mâché. Elles sont suivies par un petit char sur lequel est peinte une tête de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un char sur lequel on distingue le nom de plusieurs enseignes strasbourgeoises : &amp;quot;''Bijouterie Roger''&amp;quot;, &amp;quot;''Restaurant Stadtwappe''&amp;quot; - situé place Gutenberg - ou encore la &amp;quot;''bière Gruber''&amp;quot;. Au moins sept personnes prennent place dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:13] Un second char duquel pendent des bandelettes de papiers et sur lequel est posé un lampadaire [''la qualité de l'image ne permet pas de distinguer ce qui est écrit dessus'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Une voiture ancienne, de type Citroën C4 des années 1930, chargée de valises et paniers accrochés sur le toit. Des hommes portant le chapeau melon et d'autres le haut-de-forme sont assis dessus ou marchent à côté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:20] Un char de la boutique de jouets &amp;quot;''Les joujoux Werl''&amp;quot; avec des jouets en papier mâché très colorés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Deux hommes en armure. En arrière-plan, on distingue un agent de circulation qui arrête de passage de quelques voitures venant de l'Avenue des Vosges. La foule s'entasse sur le trottoir et regarde le défilé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:27] Un char sur lequel est inscrit &amp;quot;''Martine Carol Galeries''&amp;quot;. Une poupée géante et articulée est assise sur une maison de carton pâte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:30] Un char en forme de paquebot, nommé ''Gambrinus'' - du nom du roi mythique de Flandres et de Brabant, symbole des amateurs de bières ; c'est aussi le nom d'une brasserie de Mulhouse - sur lequel plusieurs hommes déguisés en marin prennent place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Le char de la &amp;quot;''Délégation chinoise''&amp;quot;, représentant un temple à l'architecture semblable à celle des pagodes bouddhistes. Sur le char, on lit &amp;quot;''Brasserie République''&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:36] Un petit char composé de deux personnes déguisées en une bête de somme tirant un chariot plein de bouteilles de lait. Un homme vêtu de noir les suit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:39] Un char nommé &amp;quot;''L'été à Strasbourg''&amp;quot; décoré de dés sur lequel on trouve des personnes portant des masques grotesques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char très coloré transportant une fanfare et pourvu de l'inscription &amp;quot;''Couic''&amp;quot;. Sur le char également, un homme porte un haut-de-forme au couleur des Etats-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:46] Un char en forme de ponts qu'on ne voit que partiellement. A bord, des femmes et des hommes déguisés saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:49] Un char - une remorque tirée par un tracteur - orné de deux personnages de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:52] Trois hommes défilent : ils portent d'énormes sacs de randonneurs, avec gourdes et raquettes, et des masques de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:56] Sur un camion, des personnes déguisées saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[''A partir de ce moment, le film est en noir et blanc ; l'image est de moins bonne qualité'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:58] Des chars en forme de petits bateaux posés sur des roues ; au dessus, des fanions en guise de voiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Plan rapproché sur l'un des bateaux, nommé ''Maboul''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:05] Fanfare et majorettes défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:12] Des personnes défilent, arborant d'énormes têtes de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:15] Un char, arborant le nom de &amp;quot;''Bim Bam''&amp;quot; et représentant un tout jeune enfant - il porte une tétine autour du cou -, couronné, en train de boire un biberon d'&amp;quot;''orangeade''&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:19] Un char en forme de cheval entouré de personnes déguisées avec d'énormes têtes en papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Un char dont la base est décorée avec des masques de carnaval de type vénitien ; sur le char, des hommes et des femmes déguisées à la façon des courtisans au XVIIIe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:30] Un char orné d'un lion et d'un personnage portant un ''ghutrah'', tenu par l'''agal'', à savoir une coiffe traditionnelle portée par les hommes en Arabie Saoudite, en Irak ou encore en Syrie. Sur le char, des hommes et des femmes portent eux aussi des vêtements d'inspiration moyen-orientale.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Le carnaval, une tradition séculaire'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Malgré l'anarchique ambiante, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le carnaval de Strasbourg'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale relativement germanophobe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « ''De Barabli'' » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organisent une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le « ''Carnaval des Marchands'' » - Eve Cerf'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carnaval - 1957 - char sponsorisé.png|vignette|droite| Un char parrainé par la &amp;quot;Bijouterie Roger&amp;quot; et le &amp;quot;Restaurant Stadtwappe&amp;quot;.]] L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de retenter l'expérience et de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. Le « ''Carnaval des Marchands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le dimanche 3 mars 1957 se tient ainsi un carnaval est entièrement financé par les commerçants eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises.[[Fichier:Carnaval - 1957 - Martine Carol.png|vignette|gauche|Un char financé par les &amp;quot;Galeries Martine Carol&amp;quot;, à la décoration bien éloignée des thèmes traditionnels du carnaval.]] De même, les ponts qui mènent à l'hyper-centre sont coupés et chacun doit s'acquitter d'un droit d'entrée pour assister à la procession &amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, p.42&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Bim-Bam, le roi du carnaval''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On honore Bim-Bam avant de le brûler de la même façon que son prédécesseur Crocus Morus. Ce 3 mars 1957, c'est ainsi le tout jeune Bim-Bam Ier, une couronne sur la tête, un biberon dans la main et une tétine autour du cou, qui défile, tiré par un petit cheval à roulette &amp;lt;ref&amp;gt;B.V., &amp;quot;Le triomphe de Bim Bam 1er&amp;quot;, ''Dernières Nouvelles d'Alsace'', 7 mars 2007, http://sitemap.dna.fr/articles/200703/07/le-triomphe-de-bim-bam-1er,strasbourg,000003198.php &amp;lt;/ref&amp;gt;. [[Fichier:Carnaval - 1957 - Bim Bam.png|vignette|droite|Le char de Bim Bam Ier.]] Le carnaval de Strasbourg n'est ainsi pas totalement dépourvu de son sens de l'absurde et du grotesque, même s'il est amplement policé. Toutefois, il ne laisse pas vraiment la place au monstrueux et au subversif comme le faisait la tradition. Bon enfant, préférant l'ordre et l'harmonie des fanfares aux danses extravagantes et obscènes, le carnaval devient dès lors une fête familiale, à destination des petits et des grands. Coûteux et trop éloigné de son rôle social originel, les Strasbourgeois finissent par le délaisser : le « ''Carnaval des Marchands'' » se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7611</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0020FH0012)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7611"/>
		<updated>2019-01-07T11:46:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg de 1960&lt;br /&gt;
|fonds=Willer&lt;br /&gt;
|idSupport=0020FH0012&lt;br /&gt;
|dateDebut=28021960&lt;br /&gt;
|video=0020FH0012&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:14&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 1.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; fête populaire; Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58386, 7.74188&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Traditions@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le carnaval de Strasbourg datant du dimanche 28 février 1960. On y voit les différents chars défiler parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=[00:03] Insert de l'affiche du Carnaval de Strasbourg. L'affiche très colorée indique la tenue de &amp;quot;''grands bals travestis''&amp;quot; du samedi 27 février au mardi 1er mars 1960.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences qui suivent sont toutes tournées sur un mode similaire, alliant des plans fixes et des plans panoramiques. Postée sur un trottoir, en face de la Banque Fédérative Rurale située au numéro 25 de la Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, et surplombant une foule très dense, la caméra fixe les chars qui défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un premier char surmonté d'un couple de géants en papier mâché est suivi de près par quatre personnes déguisées en verres de bière sur lesquels on distingue &amp;quot;''pêcheur''&amp;quot; ; il s'agit du char promotionnel de la Brasserie du Pêcheur, ou Brasserie Fischer, une brasserie alsacienne fondée en 1821 et installée à Schiltigheim. Depuis le char, quelques personnes lancent ce qui semble être des prospectus dans la foule. D'autres personnes déguisées accompagnent le cortège en dansant et jetant des confettis sur les spectateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Un second char aux couleurs de la Brasserie Fischer et surmonté du logo, le ''Fischermannele'', défile. Il transporte une fanfare et trois femmes portant le costume traditionnel des Alsaciennes, tandis que trois autres personnes, également déguisées en pintes de bière, lui succèdent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Un char en forme de bateau pirate avec une ancre dessinée sur la coque - certainement le char de la Brasserie de l'Espérance fondée en 1746 à Schiltigheim et dont la bière traditionnelle est l'''Ancre''. Un homme situé en poupe du bateau lance des papiers dans la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Large plan panoramique sur la foule, dense et couverte de confettis. Elle est très hétérogène et compte aussi bien des adultes que des enfants, des femmes que des hommes. Tous portent des vêtements d'hiver, il fait sans doute froid. Des sourires se dessinent sur les lèvres. Certains sont perchés sur des rebords de fenêtres afin de mieux apercevoir le défilé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char décoré d'une grosse tête en papier mâché, celle d'homme replet au sourire grinçant ; en fonds, un paysage lunaire et une fusée. Dessus, deux hommes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:04] Un char représentant une femme blonde tenant une énorme pièce à la main ; derrière, une balance telle qu'il en existe dans les marchés. Le char est suivi de sept personnes déguisées en ce qui semble être des quilles colorées et numérotées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:21] Un char en forme de paon orné d'une tête d'homme énorme et d'une silhouette de femme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:25] Un char en forme de canard lequel a le bec fermé par un cadenas. L'allégorie du canard fait écho a la deuxième partie du char : un journal illustré - certainement de la presse à scandale - tenu par un vieil homme aux yeux exorbités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:43] Un char décoré de deux danseuses de cabaret, d'un homme portant le béret et la marinière - symbolisant la France - et de deux autres portant des hauts-de-forme, l'un aux couleurs du Royaume-Uni et l'autre à celles des Etats-Unis. Tous se tiennent la main et semblent danser ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:59] Un char représentant une tour Eiffel surmontée de la tête et des bras du Général De Gaule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:07] Plusieurs personnes à pied portant des masques de papier mâché ; des musiciens prennent aussi part au cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:17] Un char décoré de trois têtes de monstres semblables à des escargots dentus ; le char est pourvu d'un mécanisme faisant tournoyer deux astronautes, l'un aux couleurs des Etats-Unis, l'autre portant l'étoile rouge communiste, autour d'une sphère, elle-même posée sur un croissant de Lune, laquelle sur trouve sur la tête d'un homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:39] Quatre personnes déguisées en chef cuisinier portant des mets dans leurs bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Un char représentant un personnage portant à la fois le chapeau du bouffon et la couronne du roi sur une chaise à porteur laquelle est portée par trois valets à la mine triste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:59] Un char en forme de carrosse sur lequel prennent place une fanfare et trois jeunes femmes vêtues de robes longues. A l'arrière du char, un personnage en papier mâché avec un nez rouge et disproportionné.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Le carnaval, une tradition séculaire'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Au-delà de l'anarchie ambiante, le carnaval tient un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le carnaval de Strasbourg'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale relativement germanophobe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « De Barabli » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organisent une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Affiche - Carnaval de Strasbourg.jpg|cadre|centré|Affiche du carnaval de Strasbourg de 1960. Source : Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le « ''Carnaval des Marchands'' » - Eve Cerf'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de retenter l'expérience et de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Fischer.png|vignette|droite|Un char portant l'emblème de la Bière du Pêcheur, le ''Fischermannele''.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'agit dans ce film du carnaval du dimanche 28 février 1960. L'insert de l'affiche au début du film permet de dater avec précision l'événement. [[Fichier:Carnaval - 1960 - affiche.png|vignette|gauche|L'affiche du carnaval de Strasbourg.]] D'ailleurs, si le carnaval a lieu le dimanche seulement, ce sont en réalité quatre jours successifs de festivité, du samedi 27 février au mardi 1er mars, qui sont proposés aux Strasbourgeois et autres touristes. Les images témoignent aussi de l'attrait de la fête urbaine : les chars peinent à avancer à travers la foule, très dense. On note aussi le caractère tout public de cette manifestation, les spectateurs étant, de façon surprenante, surtout des adultes davantage que des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un carnaval discipliné'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déguisements et chars sont encore l'occasion de messages contestataires divers bien que considérablement policés. En témoignent le canard, allégorie du journal et de la presse, muselé par un cadenas, derrière lequel un homme apparaît médusé à la lecture de la presse à sensation. On peut sans doute y voir la dénonciation d'une société davantage avide des scandales de la presse ''people'' que de véritables sujets de fond. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Canard.png|vignette|gauche|Le char représentant un canard au bec muselé. ]] De même, en regardant passer la Tour Eiffel surmontée de la tête de Charles de Gaule, on pourrait y voir la représentation caricaturale d'une toute nouvelle Ve République qui renforce considérablement les pouvoirs du chef de l'Etat, désormais au sommet de la hiérarchie politique. Mais la contestation reste légère. [[Fichier:Carnaval - 1960 - De Gaule.png|vignette|droite|La tête du Général de Gaule, au sommet de la Tour Eiffel, les bras levés au ciel, semblant clamer &amp;quot;Je vous ai compris !&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, très vite, on reproche à cette cavalcade de s'être trop éloignée de la tradition carnavalesque, de n'être finalement qu'une gentille fête urbaine, folklorique et très commerciale. Et s'ils sont nombreux à venir jusque dans le centre-ville de Strasbourg pour voir défiler Bim-Bam, le roi du carnaval, la majeure partie d'entre eux sont spectateurs, non participants. La subversion et le grotesque, raisons d'être du carnaval, ont laissé place au spectaculaire au sein d'une foule passive. Enfin, s'il demeure encore, l'espace de la contestation sociale se trouve de plus en plus réduit. L'engouement pour ce « Carnaval des Marchands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; s'essouffle peu à peu : il se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Affiche_-_Carnaval_de_Strasbourg.jpg&amp;diff=7610</id>
		<title>Fichier:Affiche - Carnaval de Strasbourg.jpg</title>
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		<updated>2019-01-07T11:45:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Affiche du carnaval de Strasbourg de 1960&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
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	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7584</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0020FH0012)</title>
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		<updated>2019-01-06T23:40:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg de 1960&lt;br /&gt;
|fonds=Willer&lt;br /&gt;
|idSupport=0020FH0012&lt;br /&gt;
|dateDebut=28021960&lt;br /&gt;
|video=0020FH0012&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:14&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 1.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; fête populaire; Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58386, 7.74188&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Traditions@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le carnaval de Strasbourg datant du dimanche 28 février 1960. On y voit les différents chars défiler parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=[00:03] Insert de l'affiche du Carnaval de Strasbourg. L'affiche très colorée indique la tenue de &amp;quot;''grands bals travestis''&amp;quot; du samedi 27 février au mardi 1er mars 1960.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences qui suivent sont toutes tournées sur un mode similaire, alliant des plans fixes et des plans panoramiques. Postée sur un trottoir, en face de la Banque Fédérative Rurale située au numéro 25 de la Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, et surplombant une foule très dense, la caméra fixe les chars qui défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un premier char surmonté d'un couple de géants en papier mâché est suivi de près par quatre personnes déguisées en verres de bière sur lesquels on distingue &amp;quot;''pêcheur''&amp;quot; ; il s'agit du char promotionnel de la Brasserie du Pêcheur, ou Brasserie Fischer, une brasserie alsacienne fondée en 1821 et installée à Schiltigheim. Depuis le char, quelques personnes lancent ce qui semble être des prospectus dans la foule. D'autres personnes déguisées accompagnent le cortège en dansant et jetant des confettis sur les spectateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Un second char aux couleurs de la Brasserie Fischer et surmonté du logo, le ''Fischermannele'', défile. Il transporte une fanfare et trois femmes portant le costume traditionnel des Alsaciennes, tandis que trois autres personnes, également déguisées en pintes de bière, lui succèdent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Un char en forme de bateau pirate avec une ancre dessinée sur la coque - certainement le char de la Brasserie de l'Espérance fondée en 1746 à Schiltigheim et dont la bière traditionnelle est l'''Ancre''. Un homme situé en poupe du bateau lance des papiers dans la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Large plan panoramique sur la foule, dense et couverte de confettis. Elle est très hétérogène et compte aussi bien des adultes que des enfants, des femmes que des hommes. Tous portent des vêtements d'hiver, il fait sans doute froid. Des sourires se dessinent sur les lèvres. Certains sont perchés sur des rebords de fenêtres afin de mieux apercevoir le défilé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char décoré d'une grosse tête en papier mâché, celle d'homme replet au sourire grinçant ; en fonds, un paysage lunaire et une fusée. Dessus, deux hommes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:04] Un char représentant une femme blonde tenant une énorme pièce à la main ; derrière, une balance telle qu'il en existe dans les marchés. Le char est suivi de sept personnes déguisées en ce qui semble être des quilles colorées et numérotées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:21] Un char en forme de paon orné d'une tête d'homme énorme et d'une silhouette de femme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:25] Un char en forme de canard lequel a le bec fermé par un cadenas. L'allégorie du canard fait écho a la deuxième partie du char : un journal illustré - certainement de la presse à scandale - tenu par un vieil homme aux yeux exorbités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:43] Un char décoré de deux danseuses de cabaret, d'un homme portant le béret et la marinière - symbolisant la France - et de deux autres portant des hauts-de-forme, l'un aux couleurs du Royaume-Uni et l'autre à celles des Etats-Unis. Tous se tiennent la main et semblent danser ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:59] Un char représentant une tour Eiffel surmontée de la tête et des bras du Général De Gaule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:07] Plusieurs personnes à pied portant des masques de papier mâché ; des musiciens prennent aussi part au cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:17] Un char décoré de trois têtes de monstres semblables à des escargots dentus ; le char est pourvu d'un mécanisme faisant tournoyer deux astronautes, l'un aux couleurs des Etats-Unis, l'autre portant l'étoile rouge communiste, autour d'une sphère, elle-même posée sur un croissant de Lune, laquelle sur trouve sur la tête d'un homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:39] Quatre personnes déguisées en chef cuisinier portant des mets dans leurs bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Un char représentant un personnage portant à la fois le chapeau du bouffon et la couronne du roi sur une chaise à porteur laquelle est portée par trois valets à la mine triste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:59] Un char en forme de carrosse sur lequel prennent place une fanfare et trois jeunes femmes vêtues de robes longues. A l'arrière du char, un personnage en papier mâché avec un nez rouge et disproportionné.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Le carnaval, une tradition séculaire'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Au-delà de l'anarchie ambiante, le carnaval tient un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le carnaval de Strasbourg'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale relativement germanophobe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « De Barabli » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organisent une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le « ''Carnaval des Marchands'' » - Eve Cerf'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de retenter l'expérience et de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Fischer.png|vignette|droite|Un char portant l'emblème de la Bière du Pêcheur, le ''Fischermannele''.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'agit dans ce film du carnaval du dimanche 28 février 1960. L'insert de l'affiche au début du film permet de dater avec précision l'événement. [[Fichier:Carnaval - 1960 - affiche.png|vignette|gauche|L'affiche du carnaval de Strasbourg.]] D'ailleurs, si le carnaval a lieu le dimanche seulement, ce sont en réalité quatre jours successifs de festivité, du samedi 27 février au mardi 1er mars, qui sont proposés aux Strasbourgeois et autres touristes. Les images témoignent aussi de l'attrait de la fête urbaine : les chars peinent à avancer à travers la foule, très dense. On note aussi le caractère tout public de cette manifestation, les spectateurs étant, de façon surprenante, surtout des adultes davantage que des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un carnaval discipliné'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déguisements et chars sont encore l'occasion de messages contestataires divers bien que considérablement policés. En témoignent le canard, allégorie du journal et de la presse, muselé par un cadenas, derrière lequel un homme apparaît médusé à la lecture de la presse à sensation. On peut sans doute y voir la dénonciation d'une société davantage avide des scandales de la presse ''people'' que de véritables sujets de fond. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Canard.png|vignette|gauche|Le char représentant un canard au bec muselé. ]] De même, en regardant passer la Tour Eiffel surmontée de la tête de Charles de Gaule, on pourrait y voir la représentation caricaturale d'une toute nouvelle Ve République qui renforce considérablement les pouvoirs du chef de l'Etat, désormais au sommet de la hiérarchie politique. Mais la contestation reste légère. [[Fichier:Carnaval - 1960 - De Gaule.png|vignette|droite|La tête du Général de Gaule, au sommet de la Tour Eiffel, les bras levés au ciel, semblant clamer &amp;quot;Je vous ai compris !&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, très vite, on reproche à cette cavalcade de s'être trop éloignée de la tradition carnavalesque, de n'être finalement qu'une gentille fête urbaine, folklorique et très commerciale. Et s'ils sont nombreux à venir jusque dans le centre-ville de Strasbourg pour voir défiler Bim-Bam, le roi du carnaval, la majeure partie d'entre eux sont spectateurs, non participants. La subversion et le grotesque, raisons d'être du carnaval, ont laissé place au spectaculaire au sein d'une foule passive. Enfin, s'il demeure encore, l'espace de la contestation sociale se trouve de plus en plus réduit. L'engouement pour ce « Carnaval des Marchands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; s'essouffle peu à peu : il se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
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	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7583</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0020FH0012)</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg de 1960&lt;br /&gt;
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|idSupport=0020FH0012&lt;br /&gt;
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|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
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|descripteurs=carvanal; fête populaire; Strasbourg&lt;br /&gt;
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|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
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|thematique=Outdoor activities@ Traditions@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le carnaval de Strasbourg datant du dimanche 28 février 1960. On y voit les différents chars défiler parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=[00:03] Insert de l'affiche du Carnaval de Strasbourg. L'affiche très colorée indique la tenue de &amp;quot;''grands bals travestis''&amp;quot; du samedi 27 février au mardi 1er mars 1960.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences qui suivent sont toutes tournées sur un mode similaire, alliant des plans fixes et des plans panoramiques. Postée sur un trottoir, en face de la Banque Fédérative Rurale située au numéro 25 de la Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, et surplombant une foule très dense, la caméra fixe les chars qui défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un premier char surmonté d'un couple de géants en papier mâché est suivi de près par quatre personnes déguisées en verres de bière sur lesquels on distingue &amp;quot;''pêcheur''&amp;quot; ; il s'agit du char promotionnel de la Brasserie du Pêcheur, ou Brasserie Fischer, une brasserie alsacienne fondée en 1821 et installée à Schiltigheim. Depuis le char, quelques personnes lancent ce qui semble être des prospectus dans la foule. D'autres personnes déguisées accompagnent le cortège en dansant et jetant des confettis sur les spectateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Un second char aux couleurs de la Brasserie Fischer et surmonté du logo, le ''Fischermannele'', défile. Il transporte une fanfare et trois femmes portant le costume traditionnel des Alsaciennes, tandis que trois autres personnes, également déguisées en pintes de bière, lui succèdent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Un char en forme de bateau pirate avec une ancre dessinée sur la coque - certainement le char de la Brasserie de l'Espérance fondée en 1746 à Schiltigheim et dont la bière traditionnelle est l'''Ancre''. Un homme situé en poupe du bateau lance des papiers dans la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Large plan panoramique sur la foule, dense et couverte de confettis. Elle est très hétérogène et compte aussi bien des adultes que des enfants, des femmes que des hommes. Tous portent des vêtements d'hiver, il fait sans doute froid. Des sourires se dessinent sur les lèvres. Certains sont perchés sur des rebords de fenêtres afin de mieux apercevoir le défilé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char décoré d'une grosse tête en papier mâché, celle d'homme replet au sourire grinçant ; en fonds, un paysage lunaire et une fusée. Dessus, deux hommes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:04] Un char représentant une femme blonde tenant une énorme pièce à la main ; derrière, une balance telle qu'il en existe dans les marchés. Le char est suivi de sept personnes déguisées en ce qui semble être des quilles colorées et numérotées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:21] Un char en forme de paon orné d'une tête d'homme énorme et d'une silhouette de femme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:25] Un char en forme de canard lequel a le bec fermé par un cadenas. L'allégorie du canard fait écho a la deuxième partie du char : un journal illustré - certainement de la presse à scandale - tenu par un vieil homme aux yeux exorbités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:43] Un char décoré de deux danseuses de cabaret, d'un homme portant le béret et la marinière - symbolisant la France - et de deux autres portant des hauts-de-forme, l'un aux couleurs du Royaume-Uni et l'autre à celles des Etats-Unis. Tous se tiennent la main et semblent danser ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:59] Un char représentant une tour Eiffel surmontée de la tête et des bras du Général De Gaule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:07] Plusieurs personnes à pied portant des masques de papier mâché ; des musiciens prennent aussi part au cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:17] Un char décoré de trois têtes de monstres semblables à des escargots dentus ; le char est pourvu d'un mécanisme faisant tournoyer deux astronautes, l'un aux couleurs des Etats-Unis, l'autre portant l'étoile rouge communiste, autour d'une sphère, elle-même posée sur un croissant de Lune, laquelle sur trouve sur la tête d'un homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:39] Quatre personnes déguisées en chef cuisinier portant des mets dans leurs bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Un char représentant un personnage portant à la fois le chapeau du bouffon et la couronne du roi sur une chaise à porteur laquelle est portée par trois valets à la mine triste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:59] Un char en forme de carrosse sur lequel prennent place une fanfare et trois jeunes femmes vêtues de robes longues. A l'arrière du char, un personnage en papier mâché avec un nez rouge et disproportionné.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Le carnaval, une tradition séculaire'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Au-delà de l'anarchie ambiante, le carnaval tient un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le carnaval de Strasbourg'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale relativement germanophobe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « De Barabli » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organisent une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le « ''Carnaval des Marchands'' » - Eve Cerf'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de retenter l'expérience et de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Fischer.png|vignette|droite|Un char portant l'emblème de la Bière du Pêcheur, le ''Fischermannele''.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'agit dans ce film du carnaval du dimanche 28 février 1960. L'insert de l'affiche au début du film permet de dater avec précision l'événement. [[Fichier:Carnaval - 1960 - affiche.png|vignette|gauche|L'affiche du carnaval de Strasbourg.]] D'ailleurs, si le carnaval a lieu le dimanche seulement, ce sont en réalité quatre jours successifs de festivité, du samedi 27 février au mardi 1er mars, qui sont proposés aux Strasbourgeois et autres touristes. Les images témoignent aussi de l'attrait de la fête urbaine : les chars peinent à avancer à travers la foule, très dense. On note aussi le caractère tout public de cette manifestation, les spectateurs étant, de façon surprenante, surtout des adultes davantage que des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un carnaval discipliné'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déguisements et chars sont encore l'occasion de messages contestataires divers bien que considérablement policés. En témoignent le canard, allégorie du journal et de la presse, muselé par un cadenas, derrière lequel un homme apparaît médusé à la lecture de la presse à sensation. On peut sans doute y voir la dénonciation d'une société davantage avide des scandales de la presse ''people'' que de véritables sujets de fond. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Canard.png|vignette|gauche|Le char représentant un canard au bec muselé. ]] De même, en regardant passer la Tour Eiffel surmontée de la tête de Charles de Gaule, on pourrait y voir la représentation caricaturale d'une toute nouvelle Ve République qui renforce considérablement les pouvoirs du chef de l'Etat, désormais au sommet de la hiérarchie politique. Mais la contestation reste légère. [[Fichier:Carnaval - 1960 - De Gaule.png|vignette|droite|La tête du Général de Gaule, au sommet de la Tour Eiffel, les bras levés au ciel, semblant clamer &amp;quot;Je vous ai compris !&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, très vite, on reproche à cette cavalcade de s'être trop éloignée de la tradition carnavalesque, de n'être finalement qu'une gentille fête urbaine, folklorique et très commerciale. Et s'ils sont nombreux à venir jusque dans le centre-ville de Strasbourg pour voir défiler Bim-Bam, le roi du carnaval, la majeure partie d'entre eux sont spectateurs, non participants. La subversion et le grotesque, raisons d'être du carnaval, ont laissé place au spectaculaire au sein d'une foule passive. Enfin, s'il demeure encore, l'espace de la contestation sociale se trouve de plus en plus réduit. L'engouement pour ce « Carnaval des Marchands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; s'essouffle peu à peu : il se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7582</id>
		<title>Cortège du carnaval à Strasbourg (0021FN0004)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7582"/>
		<updated>2019-01-06T23:35:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Cortège du carnaval à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Breesé&lt;br /&gt;
|idSupport=0021FN0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=03031957&lt;br /&gt;
|video=0021FN0004_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:01:38&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Breesé, Gilbert&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 3.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; Strasbourg; fête populaire&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Avenue de la Paix, Strasbourg; Avenue des Vosges, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58861, 7.75477&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le Carnaval de Strasbourg du dimanche 3 mars 1957. La caméra se situe à hauteur d'homme, à l'angle de l'Avenue de la Paix et de l'Avenue des Vosges, et suit le cortège qui défile parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film veut rendre compte de l'ambiance générale du Carnaval de Strasbourg de 1957 : les plans sont courts - entre 2 et 5 secondes - et il ne s'agit que de plans d'ensemble (sauf cas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:01] Parade de la fanfare d'un corps militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:06] Trois personnes déguisées dont une qui arbore une énorme tête ronde et orange en papier mâché. Elles sont suivies par un petit char sur lequel est peinte une tête de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un char sur lequel on distingue le nom de plusieurs enseignes strasbourgeoises : &amp;quot;''Bijouterie Roger''&amp;quot;, &amp;quot;''Restaurant Stadtwappe''&amp;quot; - situé place Gutenberg - ou encore la &amp;quot;''bière Gruber''&amp;quot;. Au moins sept personnes prennent place dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:13] Un second char duquel pendent des bandelettes de papiers et sur lequel est posé un lampadaire [''la qualité de l'image ne permet pas de distinguer ce qui est écrit dessus'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Une voiture ancienne, de type Citroën C4 des années 1930, chargée de valises et paniers accrochés sur le toit. Des hommes portant le chapeau melon et d'autres le haut-de-forme sont assis dessus ou marchent à côté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:20] Un char de la boutique de jouets &amp;quot;''Les joujoux Werl''&amp;quot; avec des jouets en papier mâché très colorés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Deux hommes en armure. En arrière-plan, on distingue un agent de circulation qui arrête de passage de quelques voitures venant de l'Avenue des Vosges. La foule s'entasse sur le trottoir et regarde le défilé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:27] Un char sur lequel est inscrit &amp;quot;''Martine Carol Galeries''&amp;quot;. Une poupée géante et articulée est assise sur une maison de carton pâte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:30] Un char en forme de paquebot, nommé ''Gambrinus'' - du nom du roi mythique de Flandres et de Brabant, symbole des amateurs de bières ; c'est aussi le nom d'une brasserie de Mulhouse - sur lequel plusieurs hommes déguisés en marin prennent place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Le char de la &amp;quot;''Délégation chinoise''&amp;quot;, représentant un temple à l'architecture semblable à celle des pagodes bouddhistes. Sur le char, on lit &amp;quot;''Brasserie République''&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:36] Un petit char composé de deux personnes déguisées en une bête de somme tirant un chariot plein de bouteilles de lait. Un homme vêtu de noir les suit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:39] Un char nommé &amp;quot;''L'été à Strasbourg''&amp;quot; décoré de dés sur lequel on trouve des personnes portant des masques grotesques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char très coloré transportant une fanfare et pourvu de l'inscription &amp;quot;''Couic''&amp;quot;. Sur le char également, un homme porte un haut-de-forme au couleur des Etats-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:46] Un char en forme de ponts qu'on ne voit que partiellement. A bord, des femmes et des hommes déguisés saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:49] Un char - une remorque tirée par un tracteur - orné de deux personnages de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:52] Trois hommes défilent : ils portent d'énormes sacs de randonneurs, avec gourdes et raquettes, et des masques de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:56] Sur un camion, des personnes déguisées saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[''A partir de ce moment, le film est en noir et blanc ; l'image est de moins bonne qualité'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:58] Des chars en forme de petits bateaux posés sur des roues ; au dessus, des fanions en guise de voiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Plan rapproché sur l'un des bateaux, nommé ''Maboul''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:05] Fanfare et majorettes défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:12] Des personnes défilent, arborant d'énormes têtes de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:15] Un char, arborant le nom de &amp;quot;''Bim Bam''&amp;quot; et représentant un tout jeune enfant - il porte une tétine autour du cou -, couronné, en train de boire un biberon d'&amp;quot;''orangeade''&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:19] Un char en forme de cheval entouré de personnes déguisées avec d'énormes têtes en papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Un char dont la base est décorée avec des masques de carnaval de type vénitien ; sur le char, des hommes et des femmes déguisées à la façon des courtisans au XVIIIe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:30] Un char orné d'un lion et d'un personnage portant un ''ghutrah'', tenu par l'''agal'', à savoir une coiffe traditionnelle portée par les hommes en Arabie Saoudite, en Irak ou encore en Syrie. Sur le char, des hommes et des femmes portent eux aussi des vêtements d'inspiration moyen-orientale.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Le carnaval, une tradition séculaire'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Malgré l'anarchique ambiante, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le carnaval de Strasbourg'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale relativement germanophobe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « ''De Barabli'' » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organisent une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le « ''Carnaval des Marchands'' » - Eve Cerf'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carnaval - 1957 - char sponsorisé.png|vignette|droite| Un char parrainé par la &amp;quot;Bijouterie Roger&amp;quot; et le &amp;quot;Restaurant Stadtwappe&amp;quot;.]] L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de retenter l'expérience et de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. Le « ''Carnaval des Marchands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le dimanche 3 mars 1957 se tient ainsi un carnaval est entièrement financé par les commerçants eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises.[[Fichier:Carnaval - 1957 - Martine Carol.png|vignette|gauche|Un char financé par les &amp;quot;Galeries Martine Carol&amp;quot;, à la décoration bien éloignée des thèmes traditionnels du carnaval.]] De même, les ponts qui mènent à l'hyper-centre sont coupés et chacun doit s'acquitter d'un droit d'entrée pour assister à la procession &amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, p.42&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Bim-Bam, le roi du carnaval''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On honore Bim-Bam avant de le brûler de la même façon que son prédécesseur Crocus Morus. Ce 3 mars 1957, c'est ainsi le tout jeune Bim-Bam Ier, une couronne sur la tête, un biberon dans la main et une tétine autour du cou, qui défile, tiré par un petit cheval à roulette &amp;lt;ref&amp;gt;B.V., &amp;quot;Le triomphe de Bim Bam 1er&amp;quot;, ''Dernières Nouvelles d'Alsace'', 7 mars 2007&amp;lt;/ref&amp;gt;. [[Fichier:Carnaval - 1957 - Bim Bam.png|vignette|droite|Le char de Bim Bam Ier.]] Le carnaval de Strasbourg n'est ainsi pas totalement dépourvu de son sens de l'absurde et du grotesque, même s'il est amplement policé. Toutefois, il ne laisse pas vraiment la place au monstrueux et au subversif comme le faisait la tradition. Bon enfant, préférant l'ordre et l'harmonie des fanfares aux danses extravagantes et obscènes, le carnaval devient dès lors une fête familiale, à destination des petits et des grands. Coûteux et trop éloigné de son rôle social originel, les Strasbourgeois finissent par le délaisser : le « ''Carnaval des Marchands'' » se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7581</id>
		<title>Cortège du carnaval à Strasbourg (0021FN0004)</title>
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		<updated>2019-01-06T23:34:49Z</updated>

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&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le Carnaval de Strasbourg du dimanche 3 mars 1957. La caméra se situe à hauteur d'homme, à l'angle de l'Avenue de la Paix et de l'Avenue des Vosges, et suit le cortège qui défile parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film veut rendre compte de l'ambiance générale du Carnaval de Strasbourg de 1957 : les plans sont courts - entre 2 et 5 secondes - et il ne s'agit que de plans d'ensemble (sauf cas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:01] Parade de la fanfare d'un corps militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:06] Trois personnes déguisées dont une qui arbore une énorme tête ronde et orange en papier mâché. Elles sont suivies par un petit char sur lequel est peinte une tête de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un char sur lequel on distingue le nom de plusieurs enseignes strasbourgeoises : &amp;quot;''Bijouterie Roger''&amp;quot;, &amp;quot;''Restaurant Stadtwappe''&amp;quot; - situé place Gutenberg - ou encore la &amp;quot;''bière Gruber''&amp;quot;. Au moins sept personnes prennent place dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:13] Un second char duquel pendent des bandelettes de papiers et sur lequel est posé un lampadaire [''la qualité de l'image ne permet pas de distinguer ce qui est écrit dessus'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Une voiture ancienne, de type Citroën C4 des années 1930, chargée de valises et paniers accrochés sur le toit. Des hommes portant le chapeau melon et d'autres le haut-de-forme sont assis dessus ou marchent à côté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:20] Un char de la boutique de jouets &amp;quot;''Les joujoux Werl''&amp;quot; avec des jouets en papier mâché très colorés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Deux hommes en armure. En arrière-plan, on distingue un agent de circulation qui arrête de passage de quelques voitures venant de l'Avenue des Vosges. La foule s'entasse sur le trottoir et regarde le défilé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:27] Un char sur lequel est inscrit &amp;quot;''Martine Carol Galeries''&amp;quot;. Une poupée géante et articulée est assise sur une maison de carton pâte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:30] Un char en forme de paquebot, nommé ''Gambrinus'' - du nom du roi mythique de Flandres et de Brabant, symbole des amateurs de bières ; c'est aussi le nom d'une brasserie de Mulhouse - sur lequel plusieurs hommes déguisés en marin prennent place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Le char de la &amp;quot;''Délégation chinoise''&amp;quot;, représentant un temple à l'architecture semblable à celle des pagodes bouddhistes. Sur le char, on lit &amp;quot;''Brasserie République''&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:36] Un petit char composé de deux personnes déguisées en une bête de somme tirant un chariot plein de bouteilles de lait. Un homme vêtu de noir les suit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:39] Un char nommé &amp;quot;''L'été à Strasbourg''&amp;quot; décoré de dés sur lequel on trouve des personnes portant des masques grotesques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char très coloré transportant une fanfare et pourvu de l'inscription &amp;quot;''Couic''&amp;quot;. Sur le char également, un homme porte un haut-de-forme au couleur des Etats-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:46] Un char en forme de ponts qu'on ne voit que partiellement. A bord, des femmes et des hommes déguisés saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:49] Un char - une remorque tirée par un tracteur - orné de deux personnages de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:52] Trois hommes défilent : ils portent d'énormes sacs de randonneurs, avec gourdes et raquettes, et des masques de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:56] Sur un camion, des personnes déguisées saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[''A partir de ce moment, le film est en noir et blanc ; l'image est de moins bonne qualité'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:58] Des chars en forme de petits bateaux posés sur des roues ; au dessus, des fanions en guise de voiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Plan rapproché sur l'un des bateaux, nommé ''Maboul''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:05] Fanfare et majorettes défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:12] Des personnes défilent, arborant d'énormes têtes de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:15] Un char, arborant le nom de &amp;quot;''Bim Bam''&amp;quot; et représentant un tout jeune enfant - il porte une tétine autour du cou -, couronné, en train de boire un biberon d'&amp;quot;''orangeade''&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:19] Un char en forme de cheval entouré de personnes déguisées avec d'énormes têtes en papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Un char dont la base est décorée avec des masques de carnaval de type vénitien ; sur le char, des hommes et des femmes déguisées à la façon des courtisans au XVIIIe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:30] Un char orné d'un lion et d'un personnage portant un ''ghutrah'', tenu par l'''agal'', à savoir une coiffe traditionnelle portée par les hommes en Arabie Saoudite, en Irak ou encore en Syrie. Sur le char, des hommes et des femmes portent eux aussi des vêtements d'inspiration moyen-orientale.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Le carnaval, une tradition séculaire'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Malgré l'anarchique ambiante, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le carnaval de Strasbourg'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale relativement germanophobe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « ''De Barabli'' » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organisent une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le « ''Carnaval des Marchands'' » - Eve Cerf'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carnaval - 1957 - char sponsorisé.png|vignette|droite| Un char parrainé par la &amp;quot;Bijouterie Roger&amp;quot; et le &amp;quot;Restaurant Stadtwappe&amp;quot;.]] L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de retenter l'expérience et de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. Le « ''Carnaval des Marchands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le dimanche 3 mars 1957 se tient ainsi un carnaval est entièrement financé par les commerçants eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises.[[Fichier:Carnaval - 1957 - Martine Carol.png|vignette|gauche|Un char financé par les &amp;quot;Galeries Martine Carol&amp;quot;, à la décoration bien éloignée des thèmes traditionnels du carnaval.]] De même, les ponts qui mènent à l'hyper-centre sont coupés et chacun doit s'acquitter d'un droit d'entrée pour assister à la procession &amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, p.42&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Bim-Bam, le roi du carnaval''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On honore Bim-Bam avant de le brûler de la même façon que son prédécesseur Crocus Morus. Ce 3 mars 1957, c'est ainsi le tout jeune Bim-Bam Ier, une couronne sur la tête, un biberon dans la main et une tétine autour du cou, qui défile, tiré par un petit cheval à roulette &amp;lt;ref&amp;gt;B.V., &amp;quot;Le triomphe de Bim Bam 1er&amp;quot;, ''Dernières Nouvelles d'Alsace'', 7 mars 2007&amp;lt;/ref&amp;gt;. [[Fichier:Carnaval - 1957 - Bim Bam.png|vignette|droite|Le char de Bim Bam Ier.]] Le carnaval de Strasbourg n'est ainsi pas totalement dépourvu de son sens de l'absurde et du grotesque, même s'il est amplement policé. Toutefois, il ne laisse pas vraiment la place au monstrueux et au subversif comme le faisait la tradition. Bon enfant, préférant l'ordre et l'harmonie des fanfares aux danses extravagantes et obscènes, le carnaval devient dès lors une fête familiale, à destination des petits et des grands. Coûteux et trop éloigné de son rôle social originel, les Strasbourgeois finissent par le délaisser : le « ''Carnaval des Marchands'' » se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7580</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0050FH0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7580"/>
		<updated>2019-01-06T23:30:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Niclaus&lt;br /&gt;
|idSupport=0050FH0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1958&lt;br /&gt;
|dateFin=1962&lt;br /&gt;
|video=0050FH0002&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:11:30&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Kling, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 2.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=Carnaval; Strasbourg (67); Fête populaire; Famille; Repas de fête&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Place Kléber, Strasbourg; Rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg; Grand'Rue, Strasbourg; Avenue de la Paix, Strasbourg; Grande Synagogue de la Paix, Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Art of living - Gastronomy@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un film amateur qui se déroule pendant le Carnaval de Strasbourg, entre 1958 et 1962. Une partie du film se focalise sur le cortège de chars tandis qu'une autre se concentre sur un repas de famille.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Les premières séquences sont tournées sur un mode similaire : il s'agit de plans d'ensemble fixes, assez courts. Postée sur un trottoir - en face de la Brasserie du Pêcheur et de la boutique de &amp;quot;''Vêtements Klotz''&amp;quot;, toutes deux situées à l'angle de Grand'Rue et de la rue des Francs-Bourgeois - et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent. Ces premières images sont très floues et on distingue mal ce qu'il s'y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:00] Vue d'ensemble de la foule de part et d'autre de la rue des Francs-Bourgeois, assistant au défilé des chars. Au milieu, un homme pédale sur un grand-bi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:02] Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg - brasserie alsacienne fondée en 1664 à Strasbourg - suivie par une voiture ornée d'une grande bouteille de bière, Kronenbourg également, sur le toit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Une fanfare dont les membres portent des déguisements aux couleurs vives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Deux plans successifs et très courts de la foule, entassée sur les trottoirs, couverte de confettis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:18] Premier char tiré par une voiture décorée avec un croissant de Lune sur le toit ; la remorque quant à elle a été transformée en lit géant et deux personnes en pyjama y sont installées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:21] Une seconde remorque, cette fois-ci tirée par un tracteur, transporte un personnage de papier mâché relativement joufflu et semblant faire une chute à ski. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:28] Un char en forme de dragon d'inspiration chinoise ; sur le dos du dragon, une marmite sur le feu contenant deux personnages habillés en cuisinier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:35] Un char en forme de cage sur laquelle se tient un singe, langue tirée et yeux exorbités ; quelques personnes semblent quant à elles prisonnières de la cage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char orné d'une danseuse de papier mâché autour de laquelle quatre figures masculines pivotent et semblent danser ; un cinquième personnage, plus imposant, est posté à l'arrière du char, les bras levés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:47] Des personnes déguisées déambulent, dont une est déguisée en meule de fromage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:48] Un char représentant une femme vêtue du costume traditionnel alsacien, à cru sur un taureau bleu, allégorie de l'Europe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char transportant quatre vieux géants de papier mâché, dont l'un porte l'écharpe tricolore des maires français et un autre qui porte une écharpe autour du cou aux couleurs de la République Fédérale Allemande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:59] Un char sur lequel un personnage arborant un chapeau blanc sur la tête prend dans ses bras une sorte de pièce montée rose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Des femmes habillées avec le costume traditionnel alsacien sont suivies par un fanfare dont les membres arborent eux aussi le costume traditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:06] Un char en forme de bateau ; la figure de proue est une femme nue, rousse à la peau verte semblant jouer d'un instrument à vent – sans doute une trompette – et à la poupe, un géant ouvrant les bras porte une couronne rayonnante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:13] Des individus déguisés en arlequin dansent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:16] Une fanfare dont les membres sont vêtus de déguisement très colorés joue et défile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Quelques personnes font des acrobaties sur des bicyclettes, des grand-bi et des monocycles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:37] Un char représentant un enfant déguisé en chevalier sur un cheval à bascule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:45] Un char en forme de tigre immense sur lequel prennent place trois jeunes femmes portant le long manteau de pourpre et d'hermine royal et trois autres portant des déguisements de panthères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:49] Un char représentant une femme allongée nonchalamment, la tête sur un croissant de Lune ; face à elle, un second personnage lui tourne le dos et lui montre ses fesses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:54] Plan non cadré ; on y voit des façades d'immeubles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:55] Un char orné de deux énormes têtes d'hommes portant un haut-de-forme derrière lesquelles un personnage féminin ailé prend place sur un siège aux couleurs des États-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:58] Un char en forme de chameau qui porte une danseuse orientale quasiment nue et derrière elle, un homme blanc, une raquette de tennis à la main.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:04] Un char sur lequel des hommes sont portent les vêtements et le calot rayés des bagnards ; deux autres portent l'uniforme des gendarmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:12] Un tracteur tire une remorque sur laquelle des hommes et des femmes sont installés et agitent des filets à papillons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées sur la Place Kléber, depuis l'angle de la Rue des Francs-Bourgeois, face à l'Aubette. Les chars précédemment décrits y défilent. La caméra est à hauteur d'homme et plus proche encore du cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:24] Plan rapproché sur le char de la danseuse et des cinq hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:27] Un second plan du même char, vu de derrière cette fois, partant vers la Place de l'Homme de fer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:31] Les individus déguisés en meules de fromage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:36] Plan rapproché sur le char de l'Alsacienne sur le taureau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:42] Le char des quatre vieillards aux attributs politiques (écharpes tricolores) vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Le char de l'homme à la pièce montée rose vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:51] Plan rapproché sur une femme, relativement âgée, qui sourit et tente d'enlever les confettis de son manteau. Elle se retourne enfin et jette une poignée de confettis au visage de son voisin. Aucun regard caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:58] Le char en forme de bateau vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:05] Le char de l'enfant sur le cheval à bascule vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:08] Plan rapproché sur le char en forme de tigre. Les jeunes femmes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:20] Le char de la femme allongée vue de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:26] Un char surmonté d'un lion derrière lequel deux hommes se tiennent debout, l'un a un chapeau de trappeur canadien sur la tête, l'autre une coiffe d'Indien d'Amérique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:40] Plan rapproché sur le char de la femme ailée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:48] Plan rapproché sur le char du chameau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:53] Plan rapproché sur le char des bagnards.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées en intérieur, lors d'un repas de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:57] Une table de fête est dressée et décorée, la pièce est vide. Gros plan sur le centre de table composé de branches de sapin et de cierges colorés. Plan panoramique de la table qui compte au moins 18 couverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[04:11] Plan filmé depuis le même point de vue que le précédent. La fête bat son plein. Les lumières sont allumées, il semblerait qu'il fait nuit. Sur la table envahie de serpentins, les assiettes sont vides, les bouteilles aussi. Certains sont encore assis tandis que d'autres sont debout, une coupe de champagne ou de crémant à la main, un chapeau en carton sur la tête. Les visages sont rouges et souriants. Les gens s'embrassent et dansent. Certains semblent ivres. Un homme et une femme se font boire mutuellement leur verre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:19] Hommes et femmes dansent et forment une chenille. Les jupes se soulèvent face à la caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:31] Ils dansent tous, à deux voire à trois, sur un rythme assez rapide. Certains se bousculent ou manquent de tomber.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:50] Un homme se met à danser seul, sautillant et gesticulant ; le style est plus libéré, plus moderne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:10] Debout sur une chaise, sans pantalon, un homme fait semblant d'uriner dans une petite bassine. Les autres l'encouragent et rient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:21] Un autre homme soulève celui qui n'a plus de pantalon, lui donne quelques fessées et le repose. L'homme sans pantalon sourit et continue de danser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:50] Lendemain matin, il fait jour. La pièce est vide, les chaises sont empilées dans un coin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:57] Gros plan sur un grand panier rempli de bouteilles vides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:13] Les restes de nourriture sont disposés sur la table, à la façon d'un buffet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:21] Trois femmes font la vaisselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes se focalisent à nouveau sur le cortège du carnaval. La caméra surplombe la foule et suit le défilé au loin – à environ 20 mètres. On se situe à l'angle de la Rue Turenne et de l'Avenue de la Paix, à côté de la Grande Synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:25] Un char avec une pancarte sur laquelle est écrit « ''WAS IM GEIMEINDEROOD GERED WURD ESCH ?'' » [''Traduction de l'alsacien : « Ce qui a été dit au conseil municipal ? »'']. Sur ce même char, deux hommes à chapeau melon saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:38] Un char représentant un animal – un renard ? - déguisé en roi assis sur son trône. Les confettis pleuvent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:47] Un char qui transporte une caricature de l'homme allemand, replet, joufflu et vêtu du costume traditionnel bavarois – le ''Lederhose'' et le ''Steyrer Hut'' – et d'une chope de bière à la main. Devant lui, une tête de voleur, et derrière, un femme, caricature de la touriste allemande, accroupie et dont la jupe se soulève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:03] Un char sur lequel prennent place deux géantes habillées avec le costume alsacien traditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:08] Retour sur le char des caricatures allemandes, vu de derrière : on aperçoit les fesses nues de l'Allemande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:15] Un char en forme de coq sur lequel prend place un géant, à savoir un vieux monsieur en complet rouge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:26] Un char représentant deux brancardiers portant l'uniforme français bleu horizon de la Première guerre mondiale et transportant un blessé à la peau verdâtre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:34] Un char représentant un vieil homme, assis sur une chaise, les bras croisés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:44] Une remorque transportant une fanfare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:46] Un char issu du monde de ''Tintin '': le Professeur Tournesol fait office de figure de proue, Tintin et Milou sont au milieu et le Capitaine Haddock est à l'arrière, assis, en train de boire une bouteille – de rhum sans doute.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:55] Un char représentant un ring de boxe ; deux hommes à moitié nus se battent, un arbitre les sépare et un vautour les survole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:05] Un char en forme de kangourou, un ballon de volley-ball à la main et un visage humain à lunette. Le char, très haut, est pris dans une guirlande de fanions et s'en dégage difficilement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:28] Un char en forme d'éléphant sur lequel sont assises trois jeunes femmes dont une est déguisée en reine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:42] Le cortège continue de défiler mais la caméra est très loin, on ne voit que le haut des têtes et parmi elles, un personnage de papier mâché – une femme au gros nez – virevolte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:52] Plan rapproché sur la foule en mouvement ; elle est composée à la fois d'enfants, d'adultes et de personnes âgées. Chacun s'amuse à envoyer des confettis sur les autres. Les chapeaux, les manteaux et les trottoirs en sont couverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:09] Un char sur lequel cinq hommes déguisés prennent place, l'un porte un uniforme militaire, un autre un déguisement de motard, un autre encore arbore un haut-de-forme. Ils lancent des poignées de confettis sur la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:15] Plan rapproché sur la foule. Ce sont davantage les adultes et les personnes âgées, non les enfants, qui jouent avec les confettis. Viennent devant la caméra des visages connus et souriants, ceux de la fête de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:43] Plan rapproché sur un enfant à vélo qui tente d'enlever les confettis de ses vêtements et de son béret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:48] Plan rapproché sur un individu portant un carton décoré en guise de déguisement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:52] Sur les trottoirs, les adultes ont presque tous un sachet en papier contenant des confettis dans les mains ; ils les jettent autour d'eux et chahutent joyeusement ensemble.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr='''Le carnaval, une tradition séculaire'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se déroulant au cours d'une période allant du milieu de l'hiver au début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière l'anarchie ambiante, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le carnaval de Strasbourg'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale relativement germanophobe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « ''De Barabli'' » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organisent une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le « ''Carnaval des Marchands'' » - Eve Cerf'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carnaval - Kronenbourg.png|vignette|gauche|Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg prend part au cortège.]]L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident retenter l'expérience et de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. [[Fichier:Carnaval - Tintin.png|vignette|droite|Un char à l'effigie des personnages de la bande dessinée d'Hergé, ''Tintin'' : le capitaine Haddock, Tintin, Milou et [non visible sur la photo] le professeur Tournesol. ]]Le carnaval est ainsi financé par les commerçants eux-mêmes, en attestent certains chars faisant de la publicité pour quelques enseignes strasbourgeoises. Les autres chars et déguisements s'éloignent des thèmes carnavalesques traditionnels, préférant le spectaculaire au monstrueux. Ils reprennent donc des thèmes issus du quotidien, du folklore alsacien voire de la culture populaire, des &amp;quot;''motifs que le public associe aux loisirs et aux divertissements''&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Carnaval en Alsace : tradition, évolution, manipulation&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Un repas festif et &amp;quot;gras&amp;quot;'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tombant traditionnellement au cours des sept jours gras, à savoir la semaine précédant le Carême, le carnaval est aussi l'occasion de repas de famille copieux et festifs. [[Fichier:Carnaval - repas.png|vignette|gauche|Une table de fête décorée de serpentins et parsemée de bouteilles vides.]]Une partie de ce film amateur est justement consacrée à une soirée familiale. Le film dévoile une table décorée et festive, comptant une vingtaine de couverts, de nombreux plats et bouteilles de vin. Le repas « gras » se traduit ainsi par une certaine opulence des mets et de l'alcool. Peut-être moins par strict respect des coutumes religieuses que par opportunité, le carnaval permet aux familles de se réunir, de dîner ensemble et de faire la fête. Ivres, les gens s'amusent et dansent, de façon presque frénétique pour certains et rappelant à cet égard les traditionnelles danses ubuesques du carnaval. [[Fichier:Carnaval - fête.png|vignette|droite|Après avoir enlevé son pantalon et être monté sur une chaise, un homme, décidément ivre, fait mine d'uriner dans une bassine.]]Cette scène de repas, si elle n'est pas nécessairement représentative de ce que font toutes les familles strasbourgeoises un soir de carnaval, est donc assez judicieusement insérée dans ce film dédié au carnaval. Tandis qu'on reproche au « ''Carnaval des Marchands'' » d'être trop bon enfant, cette famille semble finalement faire davantage honneur à l'esprit frondeur et licencieux du carnaval traditionnel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, jugée coûteuse et trop éloignée de son rôle social originel, cette manifestation, qui ressemble davantage à une gentille fête familiale qu'à un véritable carnaval, finit par lasser les Strasbourgeois et disparaît après 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7579</id>
		<title>Cortège du carnaval à Strasbourg (0021FN0004)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7579"/>
		<updated>2019-01-06T23:23:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Cortège du carnaval à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Breesé&lt;br /&gt;
|idSupport=0021FN0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=03031957&lt;br /&gt;
|video=0021FN0004_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:01:38&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Breesé, Gilbert&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 3.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; Strasbourg; fête populaire&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Avenue de la Paix, Strasbourg; Avenue des Vosges, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58861, 7.75477&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le Carnaval de Strasbourg du dimanche 3 mars 1957. La caméra se situe à hauteur d'homme, à l'angle de l'Avenue de la Paix et de l'Avenue des Vosges, et suit le cortège qui défile parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film veut rendre compte de l'ambiance générale du Carnaval de Strasbourg de 1957 : les plans sont courts - entre 2 et 5 secondes - et il ne s'agit que de plans d'ensemble (sauf cas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:01] Parade de la fanfare d'un corps militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:06] Trois personnes déguisées dont une qui arbore une énorme tête ronde et orange en papier mâché. Elles sont suivies par un petit char sur lequel est peinte une tête de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un char sur lequel on distingue le nom de plusieurs enseignes strasbourgeoises : &amp;quot;''Bijouterie Roger''&amp;quot;, &amp;quot;''Restaurant Stadtwappe''&amp;quot; - situé place Gutenberg - ou encore la &amp;quot;''bière Gruber''&amp;quot;. Au moins sept personnes prennent place dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:13] Un second char duquel pendent des bandelettes de papiers et sur lequel est posé un lampadaire [''la qualité de l'image ne permet pas de distinguer ce qui est écrit dessus'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Une voiture ancienne, de type Citroën C4 des années 1930, chargée de valises et paniers accrochés sur le toit. Des hommes portant le chapeau melon et d'autres le haut-de-forme sont assis dessus ou marchent à côté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:20] Un char de la boutique de jouets &amp;quot;''Les joujoux Werl''&amp;quot; avec des jouets en papier mâché très colorés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Deux hommes en armure. En arrière-plan, on distingue un agent de circulation qui arrête de passage de quelques voitures venant de l'Avenue des Vosges. La foule s'entasse sur le trottoir et regarde le défilé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:27] Un char sur lequel est inscrit &amp;quot;''Martine Carol Galeries''&amp;quot;. Une poupée géante et articulée est assise sur une maison de carton pâte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:30] Un char en forme de paquebot, nommé ''Gambrinus'' - du nom du roi mythique de Flandres et de Brabant, symbole des amateurs de bières ; c'est aussi le nom d'une brasserie de Mulhouse - sur lequel plusieurs hommes déguisés en marin prennent place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Le char de la &amp;quot;''Délégation chinoise''&amp;quot;, représentant un temple à l'architecture semblable à celle des pagodes bouddhistes. Sur le char, on lit &amp;quot;''Brasserie République''&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:36] Un petit char composé de deux personnes déguisées en une bête de somme tirant un chariot plein de bouteilles de lait. Un homme vêtu de noir les suit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:39] Un char nommé &amp;quot;''L'été à Strasbourg''&amp;quot; décoré de dés sur lequel on trouve des personnes portant des masques grotesques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char très coloré transportant une fanfare et pourvu de l'inscription &amp;quot;''Couic''&amp;quot;. Sur le char également, un homme porte un haut-de-forme au couleur des Etats-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:46] Un char en forme de ponts qu'on ne voit que partiellement. A bord, des femmes et des hommes déguisés saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:49] Un char - une remorque tirée par un tracteur - orné de deux personnages de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:52] Trois hommes défilent : ils portent d'énormes sacs de randonneurs, avec gourdes et raquettes, et des masques de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:56] Sur un camion, des personnes déguisées saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[''A partir de ce moment, le film est en noir et blanc ; l'image est de moins bonne qualité'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:58] Des chars en forme de petits bateaux posés sur des roues ; au dessus, des fanions en guise de voiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Plan rapproché sur l'un des bateaux, nommé ''Maboul''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:05] Fanfare et majorettes défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:12] Des personnes défilent, arborant d'énormes têtes de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:15] Un char, arborant le nom de &amp;quot;''Bim Bam''&amp;quot; et représentant un tout jeune enfant - il porte une tétine autour du cou -, couronné, en train de boire un biberon d'&amp;quot;''orangeade''&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:19] Un char en forme de cheval entouré de personnes déguisées avec d'énormes têtes en papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Un char dont la base est décorée avec des masques de carnaval de type vénitien ; sur le char, des hommes et des femmes déguisées à la façon des courtisans au XVIIIe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:30] Un char orné d'un lion et d'un personnage portant un ''ghutrah'', tenu par l'''agal'', à savoir une coiffe traditionnelle portée par les hommes en Arabie Saoudite, en Irak ou encore en Syrie. Sur le char, des hommes et des femmes portent eux aussi des vêtements d'inspiration moyen-orientale.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Malgré l'anarchique ambiante, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale relativement germanophobe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « ''De Barabli'' » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organisent une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carnaval - 1957 - char sponsorisé.png|vignette|droite| Un char parrainé par la &amp;quot;Bijouterie Roger&amp;quot; et le &amp;quot;Restaurant Stadtwappe&amp;quot;.]] L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de retenter l'expérience et de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. Le « ''Carnaval des Marchands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le dimanche 3 mars 1957 se tient ainsi un carnaval est entièrement financé par les commerçants eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises.[[Fichier:Carnaval - 1957 - Martine Carol.png|vignette|gauche|Un char financé par les &amp;quot;Galeries Martine Carol&amp;quot;, à la décoration bien éloignée des thèmes traditionnels du carnaval.]] De même, les ponts qui mènent à l'hyper-centre sont coupés et chacun doit s'acquitter d'un droit d'entrée pour assister à la procession &amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, p.42&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On honore Bim-Bam, le roi du carnaval, avant de le brûler de la même façon que son prédécesseur Crocus Morus. Ce 3 mars 1957, c'est ainsi le tout jeune Bim-Bam Ier, une couronne sur la tête, un biberon dans la main et une tétine autour du cou, qui défile, tiré par un petit cheval à roulette &amp;lt;ref&amp;gt;B.V., &amp;quot;Le triomphe de Bim Bam 1er&amp;quot;, ''Dernières Nouvelles d'Alsace'', 7 mars 2007&amp;lt;/ref&amp;gt;. [[Fichier:Carnaval - 1957 - Bim Bam.png|vignette|droite|Le char de Bim Bam Ier.]] Le carnaval de Strasbourg n'est ainsi pas totalement dépourvu de son sens de l'absurde et du grotesque, même s'il est amplement policé. Toutefois, il ne laisse pas vraiment la place au monstrueux et au subversif comme le faisait la tradition. Bon enfant, préférant l'ordre et l'harmonie des fanfares aux danses extravagantes et obscènes, le carnaval devient dès lors une fête familiale, à destination des petits et des grands. Coûteux et trop éloigné de son rôle social originel, les Strasbourgeois finissent par le délaisser : le « ''Carnaval des Marchands'' » se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7578</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0020FH0012)</title>
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		<updated>2019-01-06T23:17:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg de 1960&lt;br /&gt;
|fonds=Willer&lt;br /&gt;
|idSupport=0020FH0012&lt;br /&gt;
|dateDebut=28021960&lt;br /&gt;
|video=0020FH0012&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 1.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; fête populaire; Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58386, 7.74188&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Traditions@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le carnaval de Strasbourg datant du dimanche 28 février 1960. On y voit les différents chars défiler parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=[00:03] Insert de l'affiche du Carnaval de Strasbourg. L'affiche très colorée indique la tenue de &amp;quot;''grands bals travestis''&amp;quot; du samedi 27 février au mardi 1er mars 1960.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences qui suivent sont toutes tournées sur un mode similaire, alliant des plans fixes et des plans panoramiques. Postée sur un trottoir, en face de la Banque Fédérative Rurale située au numéro 25 de la Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, et surplombant une foule très dense, la caméra fixe les chars qui défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un premier char surmonté d'un couple de géants en papier mâché est suivi de près par quatre personnes déguisées en verres de bière sur lesquels on distingue &amp;quot;''pêcheur''&amp;quot; ; il s'agit du char promotionnel de la Brasserie du Pêcheur, ou Brasserie Fischer, une brasserie alsacienne fondée en 1821 et installée à Schiltigheim. Depuis le char, quelques personnes lancent ce qui semble être des prospectus dans la foule. D'autres personnes déguisées accompagnent le cortège en dansant et jetant des confettis sur les spectateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Un second char aux couleurs de la Brasserie Fischer et surmonté du logo, le ''Fischermannele'', défile. Il transporte une fanfare et trois femmes portant le costume traditionnel des Alsaciennes, tandis que trois autres personnes, également déguisées en pintes de bière, lui succèdent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Un char en forme de bateau pirate avec une ancre dessinée sur la coque - certainement le char de la Brasserie de l'Espérance fondée en 1746 à Schiltigheim et dont la bière traditionnelle est l'''Ancre''. Un homme situé en poupe du bateau lance des papiers dans la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Large plan panoramique sur la foule, dense et couverte de confettis. Elle est très hétérogène et compte aussi bien des adultes que des enfants, des femmes que des hommes. Tous portent des vêtements d'hiver, il fait sans doute froid. Des sourires se dessinent sur les lèvres. Certains sont perchés sur des rebords de fenêtres afin de mieux apercevoir le défilé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char décoré d'une grosse tête en papier mâché, celle d'homme replet au sourire grinçant ; en fonds, un paysage lunaire et une fusée. Dessus, deux hommes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:04] Un char représentant une femme blonde tenant une énorme pièce à la main ; derrière, une balance telle qu'il en existe dans les marchés. Le char est suivi de sept personnes déguisées en ce qui semble être des quilles colorées et numérotées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:21] Un char en forme de paon orné d'une tête d'homme énorme et d'une silhouette de femme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:25] Un char en forme de canard lequel a le bec fermé par un cadenas. L'allégorie du canard fait écho a la deuxième partie du char : un journal illustré - certainement de la presse à scandale - tenu par un vieil homme aux yeux exorbités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:43] Un char décoré de deux danseuses de cabaret, d'un homme portant le béret et la marinière - symbolisant la France - et de deux autres portant des hauts-de-forme, l'un aux couleurs du Royaume-Uni et l'autre à celles des Etats-Unis. Tous se tiennent la main et semblent danser ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:59] Un char représentant une tour Eiffel surmontée de la tête et des bras du Général De Gaule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:07] Plusieurs personnes à pied portant des masques de papier mâché ; des musiciens prennent aussi part au cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:17] Un char décoré de trois têtes de monstres semblables à des escargots dentus ; le char est pourvu d'un mécanisme faisant tournoyer deux astronautes, l'un aux couleurs des Etats-Unis, l'autre portant l'étoile rouge communiste, autour d'une sphère, elle-même posée sur un croissant de Lune, laquelle sur trouve sur la tête d'un homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:39] Quatre personnes déguisées en chef cuisinier portant des mets dans leurs bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Un char représentant un personnage portant à la fois le chapeau du bouffon et la couronne du roi sur une chaise à porteur laquelle est portée par trois valets à la mine triste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:59] Un char en forme de carrosse sur lequel prennent place une fanfare et trois jeunes femmes vêtues de robes longues. A l'arrière du char, un personnage en papier mâché avec un nez rouge et disproportionné.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Au-delà de l'anarchie ambiante, le carnaval tient un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale relativement germanophobe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « De Barabli » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organisent une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de retenter l'expérience et de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Fischer.png|vignette|droite|Un char portant l'emblème de la Bière du Pêcheur, le ''Fischermannele''.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'agit dans ce film du carnaval du dimanche 28 février 1960. L'insert de l'affiche au début du film permet de dater avec précision l'événement. [[Fichier:Carnaval - 1960 - affiche.png|vignette|gauche|L'affiche du carnaval de Strasbourg.]] D'ailleurs, si le carnaval a lieu le dimanche seulement, ce sont en réalité quatre jours successifs de festivité, du samedi 27 février au mardi 1er mars, qui sont proposés aux Strasbourgeois et autres touristes. Les images témoignent aussi de l'attrait de la fête urbaine : les chars peinent à avancer à travers la foule, très dense. On note aussi le caractère tout public de cette manifestation, les spectateurs étant, de façon surprenante, surtout des adultes davantage que des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déguisements et chars sont encore l'occasion de messages contestataires divers bien que considérablement policés. En témoignent le canard, allégorie du journal et de la presse, muselé par un cadenas, derrière lequel un homme apparaît médusé à la lecture de la presse à sensation. On peut sans doute y voir la dénonciation d'une société davantage avide des scandales de la presse ''people'' que de véritables sujets de fond. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Canard.png|vignette|gauche|Le char représentant un canard au bec muselé. ]] De même, en regardant passer la Tour Eiffel surmontée de la tête de Charles de Gaule, on pourrait y voir la représentation caricaturale d'une toute nouvelle Ve République qui renforce considérablement les pouvoirs du chef de l'Etat, désormais au sommet de la hiérarchie politique. Mais la contestation reste légère. [[Fichier:Carnaval - 1960 - De Gaule.png|vignette|droite|La tête du Général de Gaule, au sommet de la Tour Eiffel, les bras levés au ciel, semblant clamer &amp;quot;Je vous ai compris !&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, très vite, on reproche à cette cavalcade de s'être trop éloignée de la tradition carnavalesque, de n'être finalement qu'une gentille fête urbaine, folklorique et très commerciale. Et s'ils sont nombreux à venir jusque dans le centre-ville de Strasbourg pour voir défiler Bim-Bam, le roi du carnaval, la majeure partie d'entre eux sont spectateurs, non participants. La subversion et le grotesque, raisons d'être du carnaval, ont laissé place au spectaculaire au sein d'une foule passive. Enfin, s'il demeure encore, l'espace de la contestation sociale se trouve de plus en plus réduit. L'engouement pour ce « Carnaval des Marchands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; s'essouffle peu à peu : il se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7577</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0020FH0012)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7577"/>
		<updated>2019-01-06T23:17:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg de 1960&lt;br /&gt;
|fonds=Willer&lt;br /&gt;
|idSupport=0020FH0012&lt;br /&gt;
|dateDebut=28021960&lt;br /&gt;
|video=0020FH0012&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:14&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 1.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; fête populaire; Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58386, 7.74188&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Traditions@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le carnaval de Strasbourg datant du dimanche 28 février 1960. On y voit les différents chars défilent parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=[00:03] Insert de l'affiche du Carnaval de Strasbourg. L'affiche très colorée indique la tenue de &amp;quot;''grands bals travestis''&amp;quot; du samedi 27 février au mardi 1er mars 1960.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences qui suivent sont toutes tournées sur un mode similaire, alliant des plans fixes et des plans panoramiques. Postée sur un trottoir, en face de la Banque Fédérative Rurale située au numéro 25 de la Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, et surplombant une foule très dense, la caméra fixe les chars qui défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un premier char surmonté d'un couple de géants en papier mâché est suivi de près par quatre personnes déguisées en verres de bière sur lesquels on distingue &amp;quot;''pêcheur''&amp;quot; ; il s'agit du char promotionnel de la Brasserie du Pêcheur, ou Brasserie Fischer, une brasserie alsacienne fondée en 1821 et installée à Schiltigheim. Depuis le char, quelques personnes lancent ce qui semble être des prospectus dans la foule. D'autres personnes déguisées accompagnent le cortège en dansant et jetant des confettis sur les spectateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Un second char aux couleurs de la Brasserie Fischer et surmonté du logo, le ''Fischermannele'', défile. Il transporte une fanfare et trois femmes portant le costume traditionnel des Alsaciennes, tandis que trois autres personnes, également déguisées en pintes de bière, lui succèdent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Un char en forme de bateau pirate avec une ancre dessinée sur la coque - certainement le char de la Brasserie de l'Espérance fondée en 1746 à Schiltigheim et dont la bière traditionnelle est l'''Ancre''. Un homme situé en poupe du bateau lance des papiers dans la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Large plan panoramique sur la foule, dense et couverte de confettis. Elle est très hétérogène et compte aussi bien des adultes que des enfants, des femmes que des hommes. Tous portent des vêtements d'hiver, il fait sans doute froid. Des sourires se dessinent sur les lèvres. Certains sont perchés sur des rebords de fenêtres afin de mieux apercevoir le défilé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char décoré d'une grosse tête en papier mâché, celle d'homme replet au sourire grinçant ; en fonds, un paysage lunaire et une fusée. Dessus, deux hommes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:04] Un char représentant une femme blonde tenant une énorme pièce à la main ; derrière, une balance telle qu'il en existe dans les marchés. Le char est suivi de sept personnes déguisées en ce qui semble être des quilles colorées et numérotées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:21] Un char en forme de paon orné d'une tête d'homme énorme et d'une silhouette de femme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:25] Un char en forme de canard lequel a le bec fermé par un cadenas. L'allégorie du canard fait écho a la deuxième partie du char : un journal illustré - certainement de la presse à scandale - tenu par un vieil homme aux yeux exorbités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:43] Un char décoré de deux danseuses de cabaret, d'un homme portant le béret et la marinière - symbolisant la France - et de deux autres portant des hauts-de-forme, l'un aux couleurs du Royaume-Uni et l'autre à celles des Etats-Unis. Tous se tiennent la main et semblent danser ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:59] Un char représentant une tour Eiffel surmontée de la tête et des bras du Général De Gaule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:07] Plusieurs personnes à pied portant des masques de papier mâché ; des musiciens prennent aussi part au cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:17] Un char décoré de trois têtes de monstres semblables à des escargots dentus ; le char est pourvu d'un mécanisme faisant tournoyer deux astronautes, l'un aux couleurs des Etats-Unis, l'autre portant l'étoile rouge communiste, autour d'une sphère, elle-même posée sur un croissant de Lune, laquelle sur trouve sur la tête d'un homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:39] Quatre personnes déguisées en chef cuisinier portant des mets dans leurs bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Un char représentant un personnage portant à la fois le chapeau du bouffon et la couronne du roi sur une chaise à porteur laquelle est portée par trois valets à la mine triste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:59] Un char en forme de carrosse sur lequel prennent place une fanfare et trois jeunes femmes vêtues de robes longues. A l'arrière du char, un personnage en papier mâché avec un nez rouge et disproportionné.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Au-delà de l'anarchie ambiante, le carnaval tient un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale relativement germanophobe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « De Barabli » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organisent une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de retenter l'expérience et de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Fischer.png|vignette|droite|Un char portant l'emblème de la Bière du Pêcheur, le ''Fischermannele''.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'agit dans ce film du carnaval du dimanche 28 février 1960. L'insert de l'affiche au début du film permet de dater avec précision l'événement. [[Fichier:Carnaval - 1960 - affiche.png|vignette|gauche|L'affiche du carnaval de Strasbourg.]] D'ailleurs, si le carnaval a lieu le dimanche seulement, ce sont en réalité quatre jours successifs de festivité, du samedi 27 février au mardi 1er mars, qui sont proposés aux Strasbourgeois et autres touristes. Les images témoignent aussi de l'attrait de la fête urbaine : les chars peinent à avancer à travers la foule, très dense. On note aussi le caractère tout public de cette manifestation, les spectateurs étant, de façon surprenante, surtout des adultes davantage que des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déguisements et chars sont encore l'occasion de messages contestataires divers bien que considérablement policés. En témoignent le canard, allégorie du journal et de la presse, muselé par un cadenas, derrière lequel un homme apparaît médusé à la lecture de la presse à sensation. On peut sans doute y voir la dénonciation d'une société davantage avide des scandales de la presse ''people'' que de véritables sujets de fond. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Canard.png|vignette|gauche|Le char représentant un canard au bec muselé. ]] De même, en regardant passer la Tour Eiffel surmontée de la tête de Charles de Gaule, on pourrait y voir la représentation caricaturale d'une toute nouvelle Ve République qui renforce considérablement les pouvoirs du chef de l'Etat, désormais au sommet de la hiérarchie politique. Mais la contestation reste légère. [[Fichier:Carnaval - 1960 - De Gaule.png|vignette|droite|La tête du Général de Gaule, au sommet de la Tour Eiffel, les bras levés au ciel, semblant clamer &amp;quot;Je vous ai compris !&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, très vite, on reproche à cette cavalcade de s'être trop éloignée de la tradition carnavalesque, de n'être finalement qu'une gentille fête urbaine, folklorique et très commerciale. Et s'ils sont nombreux à venir jusque dans le centre-ville de Strasbourg pour voir défiler Bim-Bam, le roi du carnaval, la majeure partie d'entre eux sont spectateurs, non participants. La subversion et le grotesque, raisons d'être du carnaval, ont laissé place au spectaculaire au sein d'une foule passive. Enfin, s'il demeure encore, l'espace de la contestation sociale se trouve de plus en plus réduit. L'engouement pour ce « Carnaval des Marchands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; s'essouffle peu à peu : il se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7576</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0050FH0002)</title>
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		<updated>2019-01-06T23:15:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Niclaus&lt;br /&gt;
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|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Kling, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 2.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=Carnaval; Strasbourg (67); Fête populaire; Famille; Repas de fête&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Place Kléber, Strasbourg; Rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg; Grand'Rue, Strasbourg; Avenue de la Paix, Strasbourg; Grande Synagogue de la Paix, Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Art of living - Gastronomy@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un film amateur qui se déroule pendant le Carnaval de Strasbourg, entre 1958 et 1962. Une partie du film se focalise sur le cortège de chars tandis qu'une autre se concentre sur un repas de famille.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Les premières séquences sont tournées sur un mode similaire : il s'agit de plans d'ensemble fixes, assez courts. Postée sur un trottoir - en face de la Brasserie du Pêcheur et de la boutique de &amp;quot;''Vêtements Klotz''&amp;quot;, toutes deux situées à l'angle de Grand'Rue et de la rue des Francs-Bourgeois - et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent. Ces premières images sont très floues et on distingue mal ce qu'il s'y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:00] Vue d'ensemble de la foule de part et d'autre de la rue des Francs-Bourgeois, assistant au défilé des chars. Au milieu, un homme pédale sur un grand-bi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:02] Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg - brasserie alsacienne fondée en 1664 à Strasbourg - suivie par une voiture ornée d'une grande bouteille de bière, Kronenbourg également, sur le toit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Une fanfare dont les membres portent des déguisements aux couleurs vives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Deux plans successifs et très courts de la foule, entassée sur les trottoirs, couverte de confettis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:18] Premier char tiré par une voiture décorée avec un croissant de Lune sur le toit ; la remorque quant à elle a été transformée en lit géant et deux personnes en pyjama y sont installées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:21] Une seconde remorque, cette fois-ci tirée par un tracteur, transporte un personnage de papier mâché relativement joufflu et semblant faire une chute à ski. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:28] Un char en forme de dragon d'inspiration chinoise ; sur le dos du dragon, une marmite sur le feu contenant deux personnages habillés en cuisinier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:35] Un char en forme de cage sur laquelle se tient un singe, langue tirée et yeux exorbités ; quelques personnes semblent quant à elles prisonnières de la cage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char orné d'une danseuse de papier mâché autour de laquelle quatre figures masculines pivotent et semblent danser ; un cinquième personnage, plus imposant, est posté à l'arrière du char, les bras levés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:47] Des personnes déguisées déambulent, dont une est déguisée en meule de fromage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:48] Un char représentant une femme vêtue du costume traditionnel alsacien, à cru sur un taureau bleu, allégorie de l'Europe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char transportant quatre vieux géants de papier mâché, dont l'un porte l'écharpe tricolore des maires français et un autre qui porte une écharpe autour du cou aux couleurs de la République Fédérale Allemande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:59] Un char sur lequel un personnage arborant un chapeau blanc sur la tête prend dans ses bras une sorte de pièce montée rose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Des femmes habillées avec le costume traditionnel alsacien sont suivies par un fanfare dont les membres arborent eux aussi le costume traditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:06] Un char en forme de bateau ; la figure de proue est une femme nue, rousse à la peau verte semblant jouer d'un instrument à vent – sans doute une trompette – et à la poupe, un géant ouvrant les bras porte une couronne rayonnante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:13] Des individus déguisés en arlequin dansent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:16] Une fanfare dont les membres sont vêtus de déguisement très colorés joue et défile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Quelques personnes font des acrobaties sur des bicyclettes, des grand-bi et des monocycles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:37] Un char représentant un enfant déguisé en chevalier sur un cheval à bascule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:45] Un char en forme de tigre immense sur lequel prennent place trois jeunes femmes portant le long manteau de pourpre et d'hermine royal et trois autres portant des déguisements de panthères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:49] Un char représentant une femme allongée nonchalamment, la tête sur un croissant de Lune ; face à elle, un second personnage lui tourne le dos et lui montre ses fesses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:54] Plan non cadré ; on y voit des façades d'immeubles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:55] Un char orné de deux énormes têtes d'hommes portant un haut-de-forme derrière lesquelles un personnage féminin ailé prend place sur un siège aux couleurs des États-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:58] Un char en forme de chameau qui porte une danseuse orientale quasiment nue et derrière elle, un homme blanc, une raquette de tennis à la main.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:04] Un char sur lequel des hommes sont portent les vêtements et le calot rayés des bagnards ; deux autres portent l'uniforme des gendarmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:12] Un tracteur tire une remorque sur laquelle des hommes et des femmes sont installés et agitent des filets à papillons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées sur la Place Kléber, depuis l'angle de la Rue des Francs-Bourgeois, face à l'Aubette. Les chars précédemment décrits y défilent. La caméra est à hauteur d'homme et plus proche encore du cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:24] Plan rapproché sur le char de la danseuse et des cinq hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:27] Un second plan du même char, vu de derrière cette fois, partant vers la Place de l'Homme de fer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:31] Les individus déguisés en meules de fromage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:36] Plan rapproché sur le char de l'Alsacienne sur le taureau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:42] Le char des quatre vieillards aux attributs politiques (écharpes tricolores) vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Le char de l'homme à la pièce montée rose vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:51] Plan rapproché sur une femme, relativement âgée, qui sourit et tente d'enlever les confettis de son manteau. Elle se retourne enfin et jette une poignée de confettis au visage de son voisin. Aucun regard caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:58] Le char en forme de bateau vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:05] Le char de l'enfant sur le cheval à bascule vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:08] Plan rapproché sur le char en forme de tigre. Les jeunes femmes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:20] Le char de la femme allongée vue de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:26] Un char surmonté d'un lion derrière lequel deux hommes se tiennent debout, l'un a un chapeau de trappeur canadien sur la tête, l'autre une coiffe d'Indien d'Amérique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:40] Plan rapproché sur le char de la femme ailée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:48] Plan rapproché sur le char du chameau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:53] Plan rapproché sur le char des bagnards.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées en intérieur, lors d'un repas de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:57] Une table de fête est dressée et décorée, la pièce est vide. Gros plan sur le centre de table composé de branches de sapin et de cierges colorés. Plan panoramique de la table qui compte au moins 18 couverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[04:11] Plan filmé depuis le même point de vue que le précédent. La fête bat son plein. Les lumières sont allumées, il semblerait qu'il fait nuit. Sur la table envahie de serpentins, les assiettes sont vides, les bouteilles aussi. Certains sont encore assis tandis que d'autres sont debout, une coupe de champagne ou de crémant à la main, un chapeau en carton sur la tête. Les visages sont rouges et souriants. Les gens s'embrassent et dansent. Certains semblent ivres. Un homme et une femme se font boire mutuellement leur verre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:19] Hommes et femmes dansent et forment une chenille. Les jupes se soulèvent face à la caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:31] Ils dansent tous, à deux voire à trois, sur un rythme assez rapide. Certains se bousculent ou manquent de tomber.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:50] Un homme se met à danser seul, sautillant et gesticulant ; le style est plus libéré, plus moderne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:10] Debout sur une chaise, sans pantalon, un homme fait semblant d'uriner dans une petite bassine. Les autres l'encouragent et rient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:21] Un autre homme soulève celui qui n'a plus de pantalon, lui donne quelques fessées et le repose. L'homme sans pantalon sourit et continue de danser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:50] Lendemain matin, il fait jour. La pièce est vide, les chaises sont empilées dans un coin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:57] Gros plan sur un grand panier rempli de bouteilles vides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:13] Les restes de nourriture sont disposés sur la table, à la façon d'un buffet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:21] Trois femmes font la vaisselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes se focalisent à nouveau sur le cortège du carnaval. La caméra surplombe la foule et suit le défilé au loin – à environ 20 mètres. On se situe à l'angle de la Rue Turenne et de l'Avenue de la Paix, à côté de la Grande Synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:25] Un char avec une pancarte sur laquelle est écrit « ''WAS IM GEIMEINDEROOD GERED WURD ESCH ?'' » [''Traduction de l'alsacien : « Ce qui a été dit au conseil municipal ? »'']. Sur ce même char, deux hommes à chapeau melon saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:38] Un char représentant un animal – un renard ? - déguisé en roi assis sur son trône. Les confettis pleuvent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:47] Un char qui transporte une caricature de l'homme allemand, replet, joufflu et vêtu du costume traditionnel bavarois – le ''Lederhose'' et le ''Steyrer Hut'' – et d'une chope de bière à la main. Devant lui, une tête de voleur, et derrière, un femme, caricature de la touriste allemande, accroupie et dont la jupe se soulève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:03] Un char sur lequel prennent place deux géantes habillées avec le costume alsacien traditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:08] Retour sur le char des caricatures allemandes, vu de derrière : on aperçoit les fesses nues de l'Allemande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:15] Un char en forme de coq sur lequel prend place un géant, à savoir un vieux monsieur en complet rouge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:26] Un char représentant deux brancardiers portant l'uniforme français bleu horizon de la Première guerre mondiale et transportant un blessé à la peau verdâtre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:34] Un char représentant un vieil homme, assis sur une chaise, les bras croisés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:44] Une remorque transportant une fanfare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:46] Un char issu du monde de ''Tintin '': le Professeur Tournesol fait office de figure de proue, Tintin et Milou sont au milieu et le Capitaine Haddock est à l'arrière, assis, en train de boire une bouteille – de rhum sans doute.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:55] Un char représentant un ring de boxe ; deux hommes à moitié nus se battent, un arbitre les sépare et un vautour les survole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:05] Un char en forme de kangourou, un ballon de volley-ball à la main et un visage humain à lunette. Le char, très haut, est pris dans une guirlande de fanions et s'en dégage difficilement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:28] Un char en forme d'éléphant sur lequel sont assises trois jeunes femmes dont une est déguisée en reine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:42] Le cortège continue de défiler mais la caméra est très loin, on ne voit que le haut des têtes et parmi elles, un personnage de papier mâché – une femme au gros nez – virevolte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:52] Plan rapproché sur la foule en mouvement ; elle est composée à la fois d'enfants, d'adultes et de personnes âgées. Chacun s'amuse à envoyer des confettis sur les autres. Les chapeaux, les manteaux et les trottoirs en sont couverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:09] Un char sur lequel cinq hommes déguisés prennent place, l'un porte un uniforme militaire, un autre un déguisement de motard, un autre encore arbore un haut-de-forme. Ils lancent des poignées de confettis sur la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:15] Plan rapproché sur la foule. Ce sont davantage les adultes et les personnes âgées, non les enfants, qui jouent avec les confettis. Viennent devant la caméra des visages connus et souriants, ceux de la fête de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:43] Plan rapproché sur un enfant à vélo qui tente d'enlever les confettis de ses vêtements et de son béret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:48] Plan rapproché sur un individu portant un carton décoré en guise de déguisement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:52] Sur les trottoirs, les adultes ont presque tous un sachet en papier contenant des confettis dans les mains ; ils les jettent autour d'eux et chahutent joyeusement ensemble.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période allant du milieu de l'hiver au début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière l'anarchie ambiante, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale relativement germanophobe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « ''De Barabli'' » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organisent une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carnaval - Kronenbourg.png|vignette|gauche|Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg prend part au cortège.]]L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident retenter l'expérience et de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. [[Fichier:Carnaval - Tintin.png|vignette|droite|Un char à l'effigie des personnages de la bande dessinée d'Hergé, ''Tintin'' : le capitaine Haddock, Tintin, Milou et [non visible sur la photo] le professeur Tournesol. ]]Le carnaval est ainsi financé par les commerçants eux-mêmes, en attestent certains chars faisant de la publicité pour quelques enseignes strasbourgeoises. Les autres chars et déguisements s'éloignent des thèmes carnavalesques traditionnels, préférant le spectaculaire au monstrueux. Ils reprennent donc des thèmes issus du quotidien, du folklore alsacien voire de la culture populaire, des &amp;quot;''motifs que le public associe aux loisirs et aux divertissements''&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Carnaval en Alsace : tradition, évolution, manipulation&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tombant traditionnellement au cours des sept jours gras, à savoir la semaine précédant le Carême, le carnaval est aussi l'occasion de repas de famille copieux et festifs. [[Fichier:Carnaval - repas.png|vignette|gauche|Une table de fête décorée de serpentins et parsemée de bouteilles vides.]]Une partie de ce film amateur est justement consacrée à une soirée familiale. Le film dévoile une table décorée et festive, comptant une vingtaine de couverts, de nombreux plats et bouteilles de vin. Le repas « gras » se traduit ainsi par une certaine opulence des mets et de l'alcool. Peut-être moins par strict respect des coutumes religieuses que par opportunité, le carnaval permet aux familles de se réunir, de dîner ensemble et de faire la fête. Ivres, les gens s'amusent et dansent, de façon presque frénétique pour certains et rappelant à cet égard les traditionnelles danses ubuesques du carnaval. [[Fichier:Carnaval - fête.png|vignette|droite|Après avoir enlevé son pantalon et être monté sur une chaise, un homme, décidément ivre, fait mine d'uriner dans une bassine.]]Cette scène de repas, si elle n'est pas nécessairement représentative de ce que font toutes les familles strasbourgeoises un soir de carnaval, est donc assez judicieusement insérée dans ce film dédié au carnaval. Tandis qu'on reproche au « Carnaval des Marchands » d'être trop bon enfant, cette famille semble finalement faire davantage honneur à l'esprit frondeur et licencieux du carnaval traditionnel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, jugée coûteuse et trop éloignée de son rôle social originel, cette manifestation, qui ressemble davantage à une gentille fête familiale qu'à un véritable carnaval, finit par lasser les Strasbourgeois et disparaît après 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7575</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0020FH0012)</title>
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		<updated>2019-01-06T23:15:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg de 1960&lt;br /&gt;
|fonds=Willer&lt;br /&gt;
|idSupport=0020FH0012&lt;br /&gt;
|dateDebut=28021960&lt;br /&gt;
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|lieuTournage=48.58386, 7.74188&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Traditions@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le carnaval de Strasbourg datant du dimanche 28 février 1960. On y voit les différents chars défilent parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=[00:03] Insert de l'affiche du Carnaval de Strasbourg. L'affiche très colorée indique la tenue de &amp;quot;''grands bals travestis''&amp;quot; du samedi 27 février au mardi 1er mars 1960.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences qui suivent sont toutes tournées sur un mode similaire, alliant des plans fixes et des plans panoramiques. Postée sur un trottoir, en face de la Banque Fédérative Rurale située au numéro 25 de la Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, et surplombant une foule très dense, la caméra fixe les chars qui défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un premier char surmonté d'un couple de géants en papier mâché est suivi de près par quatre personnes déguisées en verres de bière sur lesquels on distingue &amp;quot;''pêcheur''&amp;quot; ; il s'agit du char promotionnel de la Brasserie du Pêcheur, ou Brasserie Fischer, une brasserie alsacienne fondée en 1821 et installée à Schiltigheim. Depuis le char, quelques personnes lancent ce qui semble être des prospectus dans la foule. D'autres personnes déguisées accompagnent le cortège en dansant et jetant des confettis sur les spectateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Un second char aux couleurs de la Brasserie Fischer et surmonté du logo, le ''Fischermannele'', défile. Il transporte une fanfare et trois femmes portant le costume traditionnel des Alsaciennes, tandis que trois autres personnes, également déguisées en pintes de bière, lui succèdent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Un char en forme de bateau pirate avec une ancre dessinée sur la coque - certainement le char de la Brasserie de l'Espérance fondée en 1746 à Schiltigheim et dont la bière traditionnelle est l'''Ancre''. Un homme situé en poupe du bateau lance des papiers dans la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Large plan panoramique sur la foule, dense et couverte de confettis. Elle est très hétérogène et compte aussi bien des adultes que des enfants, des femmes que des hommes. Tous portent des vêtements d'hiver, il fait sans doute froid. Des sourires se dessinent sur les lèvres. Certains sont perchés sur des rebords de fenêtres afin de mieux apercevoir le défilé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char décoré d'une grosse tête en papier mâché, celle d'homme replet au sourire grinçant ; en fonds, un paysage lunaire et une fusée. Dessus, deux hommes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:04] Un char représentant une femme blonde tenant une énorme pièce à la main ; derrière, une balance telle qu'il en existe dans les marchés. Le char est suivi de sept personnes déguisées en ce qui semble être des quilles colorées et numérotées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:21] Un char en forme de paon orné d'une tête d'homme énorme et d'une silhouette de femme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:25] Un char en forme de canard lequel a le bec fermé par un cadenas. L'allégorie du canard fait écho a la deuxième partie du char : un journal illustré - certainement de la presse à scandale - tenu par un vieil homme aux yeux exorbités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:43] Un char décoré de deux danseuses de cabaret, d'un homme portant le béret et la marinière - symbolisant la France - et de deux autres portant des hauts-de-forme, l'un aux couleurs du Royaume-Uni et l'autre à celles des Etats-Unis. Tous se tiennent la main et semblent danser ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:59] Un char représentant une tour Eiffel surmontée de la tête et des bras du Général De Gaule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:07] Plusieurs personnes à pied portant des masques de papier mâché ; des musiciens prennent aussi part au cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:17] Un char décoré de trois têtes de monstres semblables à des escargots dentus ; le char est pourvu d'un mécanisme faisant tournoyer deux astronautes, l'un aux couleurs des Etats-Unis, l'autre portant l'étoile rouge communiste, autour d'une sphère, elle-même posée sur un croissant de Lune, laquelle sur trouve sur la tête d'un homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:39] Quatre personnes déguisées en chef cuisinier portant des mets dans leurs bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Un char représentant un personnage portant à la fois le chapeau du bouffon et la couronne du roi sur une chaise à porteur laquelle est portée par trois valets à la mine triste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:59] Un char en forme de carrosse sur lequel prennent place une fanfare et trois jeunes femmes vêtues de robes longues. A l'arrière du char, un personnage en papier mâché avec un nez rouge et disproportionné.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Au-delà de l'anarchie ambiante, le carnaval tient un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale relativement germanophobe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « De Barabli » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organisent une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de retenter l'expérience et de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Fischer.png|vignette|droite|Un char portant l'emblème de la Bière du Pêcheur, le ''Fischermannele''.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'agit dans ce film du carnaval du dimanche 28 février 1960. L'insert de l'affiche au début du film permet de dater avec précision l'événement. [[Fichier:Carnaval - 1960 - affiche.png|vignette|gauche|L'affiche du carnaval de Strasbourg.]] D'ailleurs, si le carnaval a lieu le dimanche seulement, ce sont en réalité quatre jours successifs de festivité, du samedi 27 février au mardi 1er mars, qui sont proposés aux Strasbourgeois et autres touristes. Les images témoignent aussi de l'attrait de la fête urbaine : les chars peinent à avancer à travers la foule, très dense. On note aussi le caractère tout public de cette manifestation, les spectateurs étant, de façon surprenante, surtout des adultes davantage que des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déguisements et chars sont encore l'occasion de messages contestataires divers bien que considérablement policés. En témoignent le canard, allégorie du journal et de la presse, muselé par un cadenas, derrière lequel un homme apparaît médusé à la lecture de la presse à sensation. On peut sans doute y voir la dénonciation d'une société davantage avide des scandales de la presse ''people'' que de véritables sujets de fond. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Canard.png|vignette|gauche|Le char représentant un canard au bec muselé. ]] De même, en regardant passer la Tour Eiffel surmontée de la tête de Charles de Gaule, on pourrait y voir la représentation caricaturale d'une toute nouvelle Ve République qui renforce considérablement les pouvoirs du chef de l'Etat, désormais au sommet de la hiérarchie politique. Mais la contestation reste légère. [[Fichier:Carnaval - 1960 - De Gaule.png|vignette|droite|La tête du Général de Gaule, au sommet de la Tour Eiffel, les bras levés au ciel, semblant clamer &amp;quot;Je vous ai compris !&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, très vite, on reproche à cette cavalcade de s'être trop éloignée de la tradition carnavalesque, de n'être finalement qu'une gentille fête urbaine, folklorique et très commerciale. Et s'ils sont nombreux à venir jusque dans le centre-ville de Strasbourg pour voir défiler Bim-Bam, le roi du carnaval, la majeure partie d'entre eux sont spectateurs, non participants. La subversion et le grotesque, raisons d'être du carnaval, ont laissé place au spectaculaire au sein d'une foule passive. Enfin, s'il demeure encore, l'espace de la contestation sociale se trouve de plus en plus réduit. L'engouement pour ce « Carnaval des Marchands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; s'essouffle peu à peu : il se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7572</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0020FH0012)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7572"/>
		<updated>2019-01-06T23:05:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg de 1960&lt;br /&gt;
|fonds=Willer&lt;br /&gt;
|idSupport=0020FH0012&lt;br /&gt;
|dateDebut=28021960&lt;br /&gt;
|video=0020FH0012&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:14&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 1.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; fête populaire; Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58386, 7.74188&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Traditions@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le carnaval de Strasbourg datant du dimanche 28 février 1960. On y voit les différents chars défilent parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=[00:03] Insert de l'affiche du Carnaval de Strasbourg. L'affiche très colorée indique la tenue de &amp;quot;''grands bals travestis''&amp;quot; du samedi 27 février au mardi 1er mars 1960.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences qui suivent sont toutes tournées sur un mode similaire, alliant des plans fixes et des plans panoramiques. Postée sur un trottoir, en face de la Banque Fédérative Rurale située au numéro 25 de la Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, et surplombant une foule très dense, la caméra fixe les chars qui défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un premier char surmonté d'un couple de géants en papier mâché est suivi de près par quatre personnes déguisées en verres de bière sur lesquels on distingue &amp;quot;''pêcheur''&amp;quot; ; il s'agit du char promotionnel de la Brasserie du Pêcheur, ou Brasserie Fischer, une brasserie alsacienne fondée en 1821 et installée à Schiltigheim. Depuis le char, quelques personnes lancent ce qui semble être des prospectus dans la foule. D'autres personnes déguisées accompagnent le cortège en dansant et jetant des confettis sur les spectateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Un second char aux couleurs de la Brasserie Fischer et surmonté du logo, le ''Fischermannele'', défile. Il transporte une fanfare et trois femmes portant le costume traditionnel des Alsaciennes, tandis que trois autres personnes, également déguisées en pintes de bière, lui succèdent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Un char en forme de bateau pirate avec une ancre dessinée sur la coque - certainement le char de la Brasserie de l'Espérance fondée en 1746 à Schiltigheim et dont la bière traditionnelle est l'''Ancre''. Un homme situé en poupe du bateau lance des papiers dans la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Large plan panoramique sur la foule, dense et couverte de confettis. Elle est très hétérogène et compte aussi bien des adultes que des enfants, des femmes que des hommes. Tous portent des vêtements d'hiver, il fait sans doute froid. Des sourires se dessinent sur les lèvres. Certains sont perchés sur des rebords de fenêtres afin de mieux apercevoir le défilé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char décoré d'une grosse tête en papier mâché, celle d'homme replet au sourire grinçant ; en fonds, un paysage lunaire et une fusée. Dessus, deux hommes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:04] Un char représentant une femme blonde tenant une énorme pièce à la main ; derrière, une balance telle qu'il en existe dans les marchés. Le char est suivi de sept personnes déguisées en ce qui semble être des quilles colorées et numérotées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:21] Un char en forme de paon orné d'une tête d'homme énorme et d'une silhouette de femme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:25] Un char en forme de canard lequel a le bec fermé par un cadenas. L'allégorie du canard fait écho a la deuxième partie du char : un journal illustré - certainement de la presse à scandale - tenu par un vieil homme aux yeux exorbités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:43] Un char décoré de deux danseuses de cabaret, d'un homme portant le béret et la marinière - symbolisant la France - et de deux autres portant des hauts-de-forme, l'un aux couleurs du Royaume-Uni et l'autre à celles des Etats-Unis. Tous se tiennent la main et semblent danser ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:59] Un char représentant une tour Eiffel surmontée de la tête et des bras du Général De Gaule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:07] Plusieurs personnes à pied portant des masques de papier mâché ; des musiciens prennent aussi part au cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:17] Un char décoré de trois têtes de monstres semblables à des escargots dentus ; le char est pourvu d'un mécanisme faisant tournoyer deux astronautes, l'un aux couleurs des Etats-Unis, l'autre portant l'étoile rouge communiste, autour d'une sphère, elle-même posée sur un croissant de Lune, laquelle sur trouve sur la tête d'un homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:39] Quatre personnes déguisées en chef cuisinier portant des mets dans leurs bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Un char représentant un personnage portant à la fois le chapeau du bouffon et la couronne du roi sur une chaise à porteur laquelle est portée par trois valets à la mine triste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:59] Un char en forme de carrosse sur lequel prennent place une fanfare et trois jeunes femmes vêtues de robes longues. A l'arrière du char, un personnage en papier mâché avec un nez rouge et disproportionné.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « De Barabli » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organise une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Fischer.png|vignette|droite|Un char portant l'emblème de la Bière du Pêcheur, le ''Fischermannele''.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'agit dans ce film du carnaval du dimanche 28 février 1960. L'insert de l'affiche au début du film permet de dater avec précision l'événement. [[Fichier:Carnaval - 1960 - affiche.png|vignette|gauche|L'affiche du carnaval de Strasbourg.]] D'ailleurs, si le carnaval a lieu le dimanche seulement, ce sont en réalité quatre jours successifs de festivité, du samedi 27 février au mardi 1er mars, qui sont proposés aux Strasbourgeois et autres touristes. Les images témoignent aussi de l'attrait de la fête urbaine : les chars peinent à avancer à travers la foule, très dense. On note aussi le caractère tout public de cette manifestation, les spectateurs étant, de façon surprenante, surtout des adultes davantage que des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déguisements et chars sont encore l'occasion de messages contestataires divers bien que considérablement policés. En témoignent le canard, allégorie du journal et de la presse, muselé par un cadenas, derrière lequel un homme apparaît médusé à la lecture de la presse à sensation. Certains pouvaient sans doute y voir la dénonciation d'une société davantage avide des scandales de la presse ''people'' que de véritables sujets de fond. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Canard.png|vignette|gauche|Le char représentant un canard au bec muselé. ]] De même, en regardant passer cette Tour Eiffel surmontée de la tête de Charles de Gaule, peut-être d'autres voyaient-ils la représentation caricaturale d'une toute nouvelle Ve République qui renforce considérablement les pouvoirs du chef de l'Etat, désormais au sommet de la hiérarchie politique. Mais la contestation reste légère. [[Fichier:Carnaval - 1960 - De Gaule.png|vignette|droite|La tête du Général de Gaule, au sommet de la Tour Eiffel, les bras levés au ciel, semblant clamer &amp;quot;Je vous ai compris !&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, très vite, on reproche à cette cavalcade de s'être trop éloignée de la tradition carnavalesque, de n'être finalement qu'une gentille fête urbaine, folklorique et très commerciale. Et s'ils sont nombreux à venir jusque dans le centre-ville de Strasbourg pour voir défiler Bim-Bam, le roi du carnaval, la majeure partie d'entre eux sont spectateurs, non participants. La subversion et le grotesque, raisons d'être du carnaval, ont laissé place au spectaculaire au sein d'une foule passive. Enfin, s'il demeure encore, l'espace de la contestation sociale se trouve de plus en plus réduit. Aussi, l'engouement existant autour de ce « Carnaval des Marchands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; s'essouffle peu à peu : il se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7569</id>
		<title>Cortège du carnaval à Strasbourg (0021FN0004)</title>
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		<updated>2019-01-06T22:56:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Cortège du carnaval à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Breesé&lt;br /&gt;
|idSupport=0021FN0004&lt;br /&gt;
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|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
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|son=Muet&lt;br /&gt;
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|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Breesé, Gilbert&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 3.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; Strasbourg; fête populaire&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Avenue de la Paix, Strasbourg; Avenue des Vosges, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58861, 7.75477&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le Carnaval de Strasbourg du dimanche 3 mars 1957. La caméra se situe à hauteur d'homme, à l'angle de l'Avenue de la Paix et de l'Avenue des Vosges, et suit le cortège qui défile parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film veut rendre compte de l'ambiance générale du Carnaval de Strasbourg de 1957 : les plans sont courts - entre 2 et 5 secondes - et il ne s'agit que de plans d'ensemble (sauf cas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:01] Parade de la fanfare d'un corps militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:06] Trois personnes déguisées dont une qui arbore une énorme tête ronde et orange en papier mâché. Elles sont suivies par un petit char sur lequel est peinte une tête de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un char sur lequel on distingue le nom de plusieurs enseignes strasbourgeoises : &amp;quot;''Bijouterie Roger''&amp;quot;, &amp;quot;''Restaurant Stadtwappe''&amp;quot; - situé place Gutenberg - ou encore la &amp;quot;''bière Gruber''&amp;quot;. Au moins sept personnes prennent place dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:13] Un second char duquel pendent des bandelettes de papiers et sur lequel est posé un lampadaire [''la qualité de l'image ne permet pas de distinguer ce qui est écrit dessus'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Une voiture ancienne, de type Citroën C4 des années 1930, chargée de valises et paniers accrochés sur le toit. Des hommes portant le chapeau melon et d'autres le haut-de-forme sont assis dessus ou marchent à côté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:20] Un char de la boutique de jouets &amp;quot;''Les joujoux Werl''&amp;quot; avec des jouets en papier mâché très colorés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Deux hommes en armure. En arrière-plan, on distingue un agent de circulation qui arrête de passage de quelques voitures venant de l'Avenue des Vosges. La foule s'entasse sur le trottoir et regarde le défilé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:27] Un char sur lequel est inscrit &amp;quot;''Martine Carol Galeries''&amp;quot;. Une poupée géante et articulée est assise sur une maison de carton pâte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:30] Un char en forme de paquebot, nommé ''Gambrinus'' - du nom du roi mythique de Flandres et de Brabant, symbole des amateurs de bières ; c'est aussi le nom d'une brasserie de Mulhouse - sur lequel plusieurs hommes déguisés en marin prennent place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Le char de la &amp;quot;''Délégation chinoise''&amp;quot;, représentant un temple à l'architecture semblable à celle des pagodes bouddhistes. Sur le char, on lit &amp;quot;''Brasserie République''&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:36] Un petit char composé de deux personnes déguisées en une bête de somme tirant un chariot plein de bouteilles de lait. Un homme vêtu de noir les suit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:39] Un char nommé &amp;quot;''L'été à Strasbourg''&amp;quot; décoré de dés sur lequel on trouve des personnes portant des masques grotesques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char très coloré transportant une fanfare et pourvu de l'inscription &amp;quot;''Couic''&amp;quot;. Sur le char également, un homme porte un haut-de-forme au couleur des Etats-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:46] Un char en forme de ponts qu'on ne voit que partiellement. A bord, des femmes et des hommes déguisés saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:49] Un char - une remorque tirée par un tracteur - orné de deux personnages de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:52] Trois hommes défilent : ils portent d'énormes sacs de randonneurs, avec gourdes et raquettes, et des masques de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:56] Sur un camion, des personnes déguisées saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[''A partir de ce moment, le film est en noir et blanc ; l'image est de moins bonne qualité'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:58] Des chars en forme de petits bateaux posés sur des roues ; au dessus, des fanions en guise de voiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Plan rapproché sur l'un des bateaux, nommé ''Maboul''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:05] Fanfare et majorettes défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:12] Des personnes défilent, arborant d'énormes têtes de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:15] Un char, arborant le nom de &amp;quot;''Bim Bam''&amp;quot; et représentant un tout jeune enfant - il porte une tétine autour du cou -, couronné, en train de boire un biberon d'&amp;quot;''orangeade''&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:19] Un char en forme de cheval entouré de personnes déguisées avec d'énormes têtes en papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Un char dont la base est décorée avec des masques de carnaval de type vénitien ; sur le char, des hommes et des femmes déguisées à la façon des courtisans au XVIIIe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:30] Un char orné d'un lion et d'un personnage portant un ''ghutrah'', tenu par l'''agal'', à savoir une coiffe traditionnelle portée par les hommes en Arabie Saoudite, en Irak ou encore en Syrie. Sur le char, des hommes et des femmes portent eux aussi des vêtements d'inspiration moyen-orientale.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Malgré l'anarchique ambiante, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale relativement germanophobe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « ''De Barabli'' » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organisent une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carnaval - 1957 - char sponsorisé.png|vignette|droite| Un char parrainé par la &amp;quot;Bijouterie Roger&amp;quot; et le &amp;quot;Restaurant Stadtwappe&amp;quot;.]] L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de retenter l'expérience et de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. Le « ''Carnaval des Marchands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le dimanche 3 mars 1957 se tient ainsi un carnaval est entièrement financé par les commerçants eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises.[[Fichier:Carnaval - 1957 - Martine Carol.png|vignette|gauche|Un char financé par les &amp;quot;Galeries Martine Carol&amp;quot;, à la décoration bien éloignée des thèmes traditionnels du carnaval.]] De même, les ponts qui mènent à l'hyper-centre sont coupés et chacun doit s'acquitter d'un droit d'entrée pour assister à la procession &amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, p.42&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On honore Bim-Bam, le roi du carnaval, avant de le brûler de la même façon que son prédécesseur Crocus Morus. Ce 3 mars 1957, c'est ainsi le tout jeune Bim-Bam Ier, une couronne sur la tête, un biberon dans la main et une tétine autour du cou, qui défile, tiré par un petit cheval à roulette &amp;lt;ref&amp;gt;B.V., &amp;quot;Le triomphe de Bim Bam 1er&amp;quot;, ''Dernières Nouvelles d'Alsace'', 7 mars 2007&amp;lt;/ref&amp;gt;. [[Fichier:Carnaval - 1957 - Bim Bam.png|vignette|droite|Le char de Bim Bam Ier.]] Le carnaval de Strasbourg n'est ainsi pas totalement dépourvu de son sens de l'absurde et du grotesque, même s'il est amplement policé. Toutefois, il ne laisse pas vraiment la place au monstrueux et au subversif comme le faisait la tradition. Bon enfant, préférant l'ordre et l'harmonie des fanfares aux danses extravagantes et obscènes, le carnaval devient dès lors une fête familiale, à destination des petits et des grands. Coûteux et trop éloigné de son rôle social originel, les Strasbourgeois finissent par le délaisser : le &amp;quot;Carnaval des Marchands&amp;quot; se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7557</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0050FH0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7557"/>
		<updated>2019-01-06T21:59:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Niclaus&lt;br /&gt;
|idSupport=0050FH0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1958&lt;br /&gt;
|dateFin=1962&lt;br /&gt;
|video=0050FH0002&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:11:30&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Kling, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 2.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=Carnaval; Strasbourg (67); Fête populaire; Famille; Repas de fête&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Place Kléber, Strasbourg; Rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg; Grand'Rue, Strasbourg; Avenue de la Paix, Strasbourg; Grande Synagogue de la Paix, Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Art of living - Gastronomy@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un film amateur qui se déroule pendant le Carnaval de Strasbourg, entre 1958 et 1962. Une partie du film se focalise sur le cortège de chars tandis qu'une autre se concentre sur un repas de famille.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Les premières séquences sont tournées sur un mode similaire : il s'agit de plans d'ensemble fixes, assez courts. Postée sur un trottoir - en face de la Brasserie du Pêcheur et de la boutique de &amp;quot;''Vêtements Klotz''&amp;quot;, toutes deux situées à l'angle de Grand'Rue et de la rue des Francs-Bourgeois - et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent. Ces premières images sont très floues et on distingue mal ce qu'il s'y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:00] Vue d'ensemble de la foule de part et d'autre de la rue des Francs-Bourgeois, assistant au défilé des chars. Au milieu, un homme pédale sur un grand-bi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:02] Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg - brasserie alsacienne fondée en 1664 à Strasbourg - suivie par une voiture ornée d'une grande bouteille de bière, Kronenbourg également, sur le toit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Une fanfare dont les membres portent des déguisements aux couleurs vives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Deux plans successifs et très courts de la foule, entassée sur les trottoirs, couverte de confettis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:18] Premier char tiré par une voiture décorée avec un croissant de Lune sur le toit ; la remorque quant à elle a été transformée en lit géant et deux personnes en pyjama y sont installées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:21] Une seconde remorque, cette fois-ci tirée par un tracteur, transporte un personnage de papier mâché relativement joufflu et semblant faire une chute à ski. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:28] Un char en forme de dragon d'inspiration chinoise ; sur le dos du dragon, une marmite sur le feu contenant deux personnages habillés en cuisinier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:35] Un char en forme de cage sur laquelle se tient un singe, langue tirée et yeux exorbités ; quelques personnes semblent quant à elles prisonnières de la cage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char orné d'une danseuse de papier mâché autour de laquelle quatre figures masculines pivotent et semblent danser ; un cinquième personnage, plus imposant, est posté à l'arrière du char, les bras levés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:47] Des personnes déguisées déambulent, dont une est déguisée en meule de fromage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:48] Un char représentant une femme vêtue du costume traditionnel alsacien, à cru sur un taureau bleu, allégorie de l'Europe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char transportant quatre vieux géants de papier mâché, dont l'un porte l'écharpe tricolore des maires français et un autre qui porte une écharpe autour du cou aux couleurs de la République Fédérale Allemande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:59] Un char sur lequel un personnage arborant un chapeau blanc sur la tête prend dans ses bras une sorte de pièce montée rose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Des femmes habillées avec le costume traditionnel alsacien sont suivies par un fanfare dont les membres arborent eux aussi le costume traditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:06] Un char en forme de bateau ; la figure de proue est une femme nue, rousse à la peau verte semblant jouer d'un instrument à vent – sans doute une trompette – et à la poupe, un géant ouvrant les bras porte une couronne rayonnante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:13] Des individus déguisés en arlequin dansent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:16] Une fanfare dont les membres sont vêtus de déguisement très colorés joue et défile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Quelques personnes font des acrobaties sur des bicyclettes, des grand-bi et des monocycles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:37] Un char représentant un enfant déguisé en chevalier sur un cheval à bascule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:45] Un char en forme de tigre immense sur lequel prennent place trois jeunes femmes portant le long manteau de pourpre et d'hermine royal et trois autres portant des déguisements de panthères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:49] Un char représentant une femme allongée nonchalamment, la tête sur un croissant de Lune ; face à elle, un second personnage lui tourne le dos et lui montre ses fesses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:54] Plan non cadré ; on y voit des façades d'immeubles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:55] Un char orné de deux énormes têtes d'hommes portant un haut-de-forme derrière lesquelles un personnage féminin ailé prend place sur un siège aux couleurs des États-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:58] Un char en forme de chameau qui porte une danseuse orientale quasiment nue et derrière elle, un homme blanc, une raquette de tennis à la main.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:04] Un char sur lequel des hommes sont portent les vêtements et le calot rayés des bagnards ; deux autres portent l'uniforme des gendarmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:12] Un tracteur tire une remorque sur laquelle des hommes et des femmes sont installés et agitent des filets à papillons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées sur la Place Kléber, depuis l'angle de la Rue des Francs-Bourgeois, face à l'Aubette. Les chars précédemment décrits y défilent. La caméra est à hauteur d'homme et plus proche encore du cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:24] Plan rapproché sur le char de la danseuse et des cinq hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:27] Un second plan du même char, vu de derrière cette fois, partant vers la Place de l'Homme de fer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:31] Les individus déguisés en meules de fromage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:36] Plan rapproché sur le char de l'Alsacienne sur le taureau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:42] Le char des quatre vieillards aux attributs politiques (écharpes tricolores) vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Le char de l'homme à la pièce montée rose vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:51] Plan rapproché sur une femme, relativement âgée, qui sourit et tente d'enlever les confettis de son manteau. Elle se retourne enfin et jette une poignée de confettis au visage de son voisin. Aucun regard caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:58] Le char en forme de bateau vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:05] Le char de l'enfant sur le cheval à bascule vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:08] Plan rapproché sur le char en forme de tigre. Les jeunes femmes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:20] Le char de la femme allongée vue de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:26] Un char surmonté d'un lion derrière lequel deux hommes se tiennent debout, l'un a un chapeau de trappeur canadien sur la tête, l'autre une coiffe d'Indien d'Amérique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:40] Plan rapproché sur le char de la femme ailée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:48] Plan rapproché sur le char du chameau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:53] Plan rapproché sur le char des bagnards.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées en intérieur, lors d'un repas de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:57] Une table de fête est dressée et décorée, la pièce est vide. Gros plan sur le centre de table composé de branches de sapin et de cierges colorés. Plan panoramique de la table qui compte au moins 18 couverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[04:11] Plan filmé depuis le même point de vue que le précédent. La fête bat son plein. Les lumières sont allumées, il semblerait qu'il fait nuit. Sur la table envahie de serpentins, les assiettes sont vides, les bouteilles aussi. Certains sont encore assis tandis que d'autres sont debout, une coupe de champagne ou de crémant à la main, un chapeau en carton sur la tête. Les visages sont rouges et souriants. Les gens s'embrassent et dansent. Certains semblent ivres. Un homme et une femme se font boire mutuellement leur verre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:19] Hommes et femmes dansent et forment une chenille. Les jupes se soulèvent face à la caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:31] Ils dansent tous, à deux voire à trois, sur un rythme assez rapide. Certains se bousculent ou manquent de tomber.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:50] Un homme se met à danser seul, sautillant et gesticulant ; le style est plus libéré, plus moderne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:10] Debout sur une chaise, sans pantalon, un homme fait semblant d'uriner dans une petite bassine. Les autres l'encouragent et rient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:21] Un autre homme soulève celui qui n'a plus de pantalon, lui donne quelques fessées et le repose. L'homme sans pantalon sourit et continue de danser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:50] Lendemain matin, il fait jour. La pièce est vide, les chaises sont empilées dans un coin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:57] Gros plan sur un grand panier rempli de bouteilles vides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:13] Les restes de nourriture sont disposés sur la table, à la façon d'un buffet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:21] Trois femmes font la vaisselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes se focalisent à nouveau sur le cortège du carnaval. La caméra surplombe la foule et suit le défilé au loin – à environ 20 mètres. On se situe à l'angle de la Rue Turenne et de l'Avenue de la Paix, à côté de la Grande Synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:25] Un char avec une pancarte sur laquelle est écrit « ''WAS IM GEIMEINDEROOD GERED WURD ESCH ?'' » [''Traduction de l'alsacien : « Ce qui a été dit au conseil municipal ? »'']. Sur ce même char, deux hommes à chapeau melon saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:38] Un char représentant un animal – un renard ? - déguisé en roi assis sur son trône. Les confettis pleuvent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:47] Un char qui transporte une caricature de l'homme allemand, replet, joufflu et vêtu du costume traditionnel bavarois – le ''Lederhose'' et le ''Steyrer Hut'' – et d'une chope de bière à la main. Devant lui, une tête de voleur, et derrière, un femme, caricature de la touriste allemande, accroupie et dont la jupe se soulève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:03] Un char sur lequel prennent place deux géantes habillées avec le costume alsacien traditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:08] Retour sur le char des caricatures allemandes, vu de derrière : on aperçoit les fesses nues de l'Allemande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:15] Un char en forme de coq sur lequel prend place un géant, à savoir un vieux monsieur en complet rouge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:26] Un char représentant deux brancardiers portant l'uniforme français bleu horizon de la Première guerre mondiale et transportant un blessé à la peau verdâtre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:34] Un char représentant un vieil homme, assis sur une chaise, les bras croisés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:44] Une remorque transportant une fanfare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:46] Un char issu du monde de ''Tintin '': le Professeur Tournesol fait office de figure de proue, Tintin et Milou sont au milieu et le Capitaine Haddock est à l'arrière, assis, en train de boire une bouteille – de rhum sans doute.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:55] Un char représentant un ring de boxe ; deux hommes à moitié nus se battent, un arbitre les sépare et un vautour les survole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:05] Un char en forme de kangourou, un ballon de volley-ball à la main et un visage humain à lunette. Le char, très haut, est pris dans une guirlande de fanions et s'en dégage difficilement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:28] Un char en forme d'éléphant sur lequel sont assises trois jeunes femmes dont une est déguisée en reine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:42] Le cortège continue de défiler mais la caméra est très loin, on ne voit que le haut des têtes et parmi elles, un personnage de papier mâché – une femme au gros nez – virevolte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:52] Plan rapproché sur la foule en mouvement ; elle est composée à la fois d'enfants, d'adultes et de personnes âgées. Chacun s'amuse à envoyer des confettis sur les autres. Les chapeaux, les manteaux et les trottoirs en sont couverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:09] Un char sur lequel cinq hommes déguisés prennent place, l'un porte un uniforme militaire, un autre un déguisement de motard, un autre encore arbore un haut-de-forme. Ils lancent des poignées de confettis sur la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:15] Plan rapproché sur la foule. Ce sont davantage les adultes et les personnes âgées, non les enfants, qui jouent avec les confettis. Viennent devant la caméra des visages connus et souriants, ceux de la fête de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:43] Plan rapproché sur un enfant à vélo qui tente d'enlever les confettis de ses vêtements et de son béret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:48] Plan rapproché sur un individu portant un carton décoré en guise de déguisement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:52] Sur les trottoirs, les adultes ont presque tous un sachet en papier contenant des confettis dans les mains ; ils les jettent autour d'eux et chahutent joyeusement ensemble.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période allant du milieu de l'hiver au début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière l'anarchie ambiante, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale relativement germanophobe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « ''De Barabli'' » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organisent une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carnaval - Kronenbourg.png|vignette|gauche|Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg prend part au cortège.]]L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident retenter l'expérience et de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. [[Fichier:Carnaval - Tintin.png|vignette|droite|Un char à l'effigie des personnages de la bande dessinée d'Hergé, ''Tintin'' : le capitaine Haddock, Tintin, Milou et [non visible sur la photo] le professeur Tournesol. ]]Le carnaval est ainsi financé par les commerçants eux-mêmes, en attestent certains chars faisant de la publicité pour quelques enseignes strasbourgeoises. Les autres chars et déguisements s'éloignent des thèmes carnavalesques traditionnels, préférant le spectaculaire au monstrueux. Ils reprennent donc des thèmes issus du quotidien voire de la culture populaire, des &amp;quot;''motifs que le public associe aux loisirs et aux divertissements''&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Carnaval en Alsace : tradition, évolution, manipulation&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tombant traditionnellement au cours des sept jours gras, à savoir la semaine précédant le Carême, le carnaval est aussi l'occasion de repas de famille copieux et festifs. [[Fichier:Carnaval - repas.png|vignette|gauche|Une table de fête décorée de serpentins et parsemée de bouteilles vides.]]Une partie de ce film amateur est justement consacrée à une soirée familiale. Le film dévoile une table décorée et festive, comptant une vingtaine de couverts, de nombreux plats et bouteilles de vin. Le repas « gras » se traduit ainsi par une certaine opulence des mets et de l'alcool. Peut-être moins par strict respect des coutumes religieuses que par opportunité, le carnaval permet aux familles de se réunir, de dîner ensemble et de faire la fête. Ivres, les gens s'amusent et dansent, de façon presque frénétique pour certains et rappelant à cet égard les traditionnelles danses ubuesques du carnaval. [[Fichier:Carnaval - fête.png|vignette|droite|Après avoir enlevé son pantalon et être monté sur une chaise, un homme, décidément ivre, fait mine d'uriner dans une bassine.]]Cette scène de repas, si elle n'est pas nécessairement représentative de ce que font toutes les familles strasbourgeoises un soir de carnaval, est donc assez judicieusement insérée dans ce film dédié au carnaval. Tandis qu'on reproche au « Carnaval des Marchands » d'être trop bon enfant, cette famille semble finalement faire davantage honneur à l'esprit frondeur et licencieux du carnaval traditionnel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, jugée coûteuse et trop éloignée de son rôle social originel, cette manifestation, qui ressemble davantage à une gentille fête familiale qu'à un véritable carnaval, finit par lasser les Strasbourgeois et disparaît après 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7551</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0050FH0002)</title>
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		<updated>2019-01-06T21:46:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
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|dateFin=1962&lt;br /&gt;
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|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:11:30&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Kling, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 2.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=Carnaval; Strasbourg (67); Fête populaire; Famille; Repas de fête&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Place Kléber, Strasbourg; Rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg; Grand'Rue, Strasbourg; Avenue de la Paix, Strasbourg; Grande Synagogue de la Paix, Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Art of living - Gastronomy@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un film amateur qui se déroule pendant le Carnaval de Strasbourg, entre 1958 et 1962. Une partie du film se focalise sur le cortège de chars tandis qu'une autre se concentre sur un repas de famille.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Les premières séquences sont tournées sur un mode similaire : il s'agit de plans d'ensemble fixes, assez courts. Postée sur un trottoir - en face de la Brasserie du Pêcheur et de la boutique de &amp;quot;''Vêtements Klotz''&amp;quot;, toutes deux situées à l'angle de Grand'Rue et de la rue des Francs-Bourgeois - et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent. Ces premières images sont très floues et on distingue mal ce qu'il s'y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:00] Vue d'ensemble de la foule de part et d'autre de la rue des Francs-Bourgeois, assistant au défilé des chars. Au milieu, un homme pédale sur un grand-bi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:02] Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg - brasserie alsacienne fondée en 1664 à Strasbourg - suivie par une voiture ornée d'une grande bouteille de bière, Kronenbourg également, sur le toit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Une fanfare dont les membres portent des déguisements aux couleurs vives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Deux plans successifs et très courts de la foule, entassée sur les trottoirs, couverte de confettis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:18] Premier char tiré par une voiture décorée avec un croissant de Lune sur le toit ; la remorque quant à elle a été transformée en lit géant et deux personnes en pyjama y sont installées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:21] Une seconde remorque, cette fois-ci tirée par un tracteur, transporte un personnage de papier mâché relativement joufflu et semblant faire une chute à ski. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:28] Un char en forme de dragon d'inspiration chinoise ; sur le dos du dragon, une marmite sur le feu contenant deux personnages habillés en cuisinier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:35] Un char en forme de cage sur laquelle se tient un singe, langue tirée et yeux exorbités ; quelques personnes semblent quant à elles prisonnières de la cage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char orné d'une danseuse de papier mâché autour de laquelle quatre figures masculines pivotent et semblent danser ; un cinquième personnage, plus imposant, est posté à l'arrière du char, les bras levés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:47] Des personnes déguisées déambulent, dont une est déguisée en meule de fromage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:48] Un char représentant une femme vêtue du costume traditionnel alsacien, à cru sur un taureau bleu, allégorie de l'Europe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char transportant quatre vieux géants de papier mâché, dont l'un porte l'écharpe tricolore des maires français et un autre qui porte une écharpe autour du cou aux couleurs de la République Fédérale Allemande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:59] Un char sur lequel un personnage arborant un chapeau blanc sur la tête prend dans ses bras une sorte de pièce montée rose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Des femmes habillées avec le costume traditionnel alsacien sont suivies par un fanfare dont les membres arborent eux aussi le costume traditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:06] Un char en forme de bateau ; la figure de proue est une femme nue, rousse à la peau verte semblant jouer d'un instrument à vent – sans doute une trompette – et à la poupe, un géant ouvrant les bras porte une couronne rayonnante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:13] Des individus déguisés en arlequin dansent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:16] Une fanfare dont les membres sont vêtus de déguisement très colorés joue et défile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Quelques personnes font des acrobaties sur des bicyclettes, des grand-bi et des monocycles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:37] Un char représentant un enfant déguisé en chevalier sur un cheval à bascule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:45] Un char en forme de tigre immense sur lequel prennent place trois jeunes femmes portant le long manteau de pourpre et d'hermine royal et trois autres portant des déguisements de panthères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:49] Un char représentant une femme allongée nonchalamment, la tête sur un croissant de Lune ; face à elle, un second personnage lui tourne le dos et lui montre ses fesses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:54] Plan non cadré ; on y voit des façades d'immeubles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:55] Un char orné de deux énormes têtes d'hommes portant un haut-de-forme derrière lesquelles un personnage féminin ailé prend place sur un siège aux couleurs des États-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:58] Un char en forme de chameau qui porte une danseuse orientale quasiment nue et derrière elle, un homme blanc, une raquette de tennis à la main.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:04] Un char sur lequel des hommes sont portent les vêtements et le calot rayés des bagnards ; deux autres portent l'uniforme des gendarmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:12] Un tracteur tire une remorque sur laquelle des hommes et des femmes sont installés et agitent des filets à papillons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées sur la Place Kléber, depuis l'angle de la Rue des Francs-Bourgeois, face à l'Aubette. Les chars précédemment décrits y défilent. La caméra est à hauteur d'homme et plus proche encore du cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:24] Plan rapproché sur le char de la danseuse et des cinq hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:27] Un second plan du même char, vu de derrière cette fois, partant vers la Place de l'Homme de fer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:31] Les individus déguisés en meules de fromage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:36] Plan rapproché sur le char de l'Alsacienne sur le taureau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:42] Le char des quatre vieillards aux attributs politiques (écharpes tricolores) vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Le char de l'homme à la pièce montée rose vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:51] Plan rapproché sur une femme, relativement âgée, qui sourit et tente d'enlever les confettis de son manteau. Elle se retourne enfin et jette une poignée de confettis au visage de son voisin. Aucun regard caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:58] Le char en forme de bateau vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:05] Le char de l'enfant sur le cheval à bascule vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:08] Plan rapproché sur le char en forme de tigre. Les jeunes femmes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:20] Le char de la femme allongée vue de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:26] Un char surmonté d'un lion derrière lequel deux hommes se tiennent debout, l'un a un chapeau de trappeur canadien sur la tête, l'autre une coiffe d'Indien d'Amérique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:40] Plan rapproché sur le char de la femme ailée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:48] Plan rapproché sur le char du chameau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:53] Plan rapproché sur le char des bagnards.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées en intérieur, lors d'un repas de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:57] Une table de fête est dressée et décorée, la pièce est vide. Gros plan sur le centre de table composé de branches de sapin et de cierges colorés. Plan panoramique de la table qui compte au moins 18 couverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[04:11] Plan filmé depuis le même point de vue que le précédent. La fête bat son plein. Les lumières sont allumées, il semblerait qu'il fait nuit. Sur la table envahie de serpentins, les assiettes sont vides, les bouteilles aussi. Certains sont encore assis tandis que d'autres sont debout, une coupe de champagne ou de crémant à la main, un chapeau en carton sur la tête. Les visages sont rouges et souriants. Les gens s'embrassent et dansent. Certains semblent ivres. Un homme et une femme se font boire mutuellement leur verre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:19] Hommes et femmes dansent et forment une chenille. Les jupes se soulèvent face à la caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:31] Ils dansent tous, à deux voire à trois, sur un rythme assez rapide. Certains se bousculent ou manquent de tomber.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:50] Un homme se met à danser seul, sautillant et gesticulant ; le style est plus libéré, plus moderne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:10] Debout sur une chaise, sans pantalon, un homme fait semblant d'uriner dans une petite bassine. Les autres l'encouragent et rient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:21] Un autre homme soulève celui qui n'a plus de pantalon, lui donne quelques fessées et le repose. L'homme sans pantalon sourit et continue de danser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:50] Lendemain matin, il fait jour. La pièce est vide, les chaises sont empilées dans un coin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:57] Gros plan sur un grand panier rempli de bouteilles vides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:13] Les restes de nourriture sont disposés sur la table, à la façon d'un buffet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:21] Trois femmes font la vaisselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes se focalisent à nouveau sur le cortège du carnaval. La caméra surplombe la foule et suit le défilé au loin – à environ 20 mètres. On se situe à l'angle de la Rue Turenne et de l'Avenue de la Paix, à côté de la Grande Synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:25] Un char avec une pancarte sur laquelle est écrit « ''WAS IM GEIMEINDEROOD GERED WURD ESCH ?'' » [''Traduction de l'alsacien : « Ce qui a été dit au conseil municipal ? »'']. Sur ce même char, deux hommes à chapeau melon saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:38] Un char représentant un animal – un renard ? - déguisé en roi assis sur son trône. Les confettis pleuvent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:47] Un char qui transporte une caricature de l'homme allemand, replet, joufflu et vêtu du costume traditionnel bavarois – le ''Lederhose'' et le ''Steyrer Hut'' – et d'une chope de bière à la main. Devant lui, une tête de voleur, et derrière, un femme, caricature de la touriste allemande, accroupie et dont la jupe se soulève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:03] Un char sur lequel prennent place deux géantes habillées avec le costume alsacien traditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:08] Retour sur le char des caricatures allemandes, vu de derrière : on aperçoit les fesses nues de l'Allemande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:15] Un char en forme de coq sur lequel prend place un géant, à savoir un vieux monsieur en complet rouge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:26] Un char représentant deux brancardiers portant l'uniforme français bleu horizon de la Première guerre mondiale et transportant un blessé à la peau verdâtre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:34] Un char représentant un vieil homme, assis sur une chaise, les bras croisés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:44] Une remorque transportant une fanfare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:46] Un char issu du monde de ''Tintin '': le Professeur Tournesol fait office de figure de proue, Tintin et Milou sont au milieu et le Capitaine Haddock est à l'arrière, assis, en train de boire une bouteille – de rhum sans doute.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:55] Un char représentant un ring de boxe ; deux hommes à moitié nus se battent, un arbitre les sépare et un vautour les survole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:05] Un char en forme de kangourou, un ballon de volley-ball à la main et un visage humain à lunette. Le char, très haut, est pris dans une guirlande de fanions et s'en dégage difficilement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:28] Un char en forme d'éléphant sur lequel sont assises trois jeunes femmes dont une est déguisée en reine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:42] Le cortège continue de défiler mais la caméra est très loin, on ne voit que le haut des têtes et parmi elles, un personnage de papier mâché – une femme au gros nez – virevolte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:52] Plan rapproché sur la foule en mouvement ; elle est composée à la fois d'enfants, d'adultes et de personnes âgées. Chacun s'amuse à envoyer des confettis sur les autres. Les chapeaux, les manteaux et les trottoirs en sont couverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:09] Un char sur lequel cinq hommes déguisés prennent place, l'un porte un uniforme militaire, un autre un déguisement de motard, un autre encore arbore un haut-de-forme. Ils lancent des poignées de confettis sur la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:15] Plan rapproché sur la foule. Ce sont davantage les adultes et les personnes âgées, non les enfants, qui jouent avec les confettis. Viennent devant la caméra des visages connus et souriants, ceux de la fête de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:43] Plan rapproché sur un enfant à vélo qui tente d'enlever les confettis de ses vêtements et de son béret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:48] Plan rapproché sur un individu portant un carton décoré en guise de déguisement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:52] Sur les trottoirs, les adultes ont presque tous un sachet en papier contenant des confettis dans les mains ; ils les jettent autour d'eux et chahutent joyeusement ensemble.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période allant du milieu de l'hiver au début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « &amp;quot;De Barabli&amp;quot; » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organise une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carnaval - Kronenbourg.png|vignette|gauche|Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg prend part au cortège.]]L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. [[Fichier:Carnaval - Tintin.png|vignette|droite|Un char à l'effigie des personnages de la bande dessinée d'Hergé, ''Tintin'' : le capitaine Haddock, Tintin, Milou et [non visible sur la photo] le professeur Tournesol. ]]Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent certains chars faisant de la publicité pour quelque enseigne strasbourgeoise. Les autres chars et déguisements s'éloignent des thèmes carnavalesques traditionnels, sacrifiant le monstrueux au spectaculaire. Ils reprennent ainsi des thèmes issus du quotidien voire de la pop culture, des &amp;quot;''motifs que le public associe aux loisirs et aux divertissements''&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Carnaval en Alsace : tradition, évolution, manipulation&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tombant traditionnellement au cours des sept jours gras, à savoir la semaine précédant le Carême, le carnaval est aussi l'occasion de repas de famille copieux et festifs. [[Fichier:Carnaval - repas.png|vignette|gauche|Une table de fête décorée de serpentins et parsemée de bouteilles vides.]]Une partie de ce film amateur est justement consacré à une soirée familiale. Le film dévoile une table décorée et festive, comptant une vingtaine de couverts, de nombreux plats et des bouteilles de vin tout aussi nombreuses. Le repas « gras » se traduit ainsi par une certaine opulence des mets et de l'alcool qui coule à flot. Peut-être moins par strict respect des coutumes religieuses que par opportunité, le carnaval permet aux familles de se réunir, de dîner ensemble et de faire la fête. Ivres, les gens s'amusent et dansent, de façon presque frénétique pour certains et rappelant à cet égard les traditionnelles danses ubuesques du carnaval. [[Fichier:Carnaval - fête.png|vignette|droite|Après avoir enlever son pantalon et être monté sur une chaise, un homme, décidément ivre, fait mine d'uriner dans une bassine.]]Cette scène de repas, si elle n'est pas nécessairement représentative de ce que font toutes les familles strasbourgeoises un soir de carnaval, est donc assez judicieusement insérée à ce film dédié au carnaval. Tandis qu'on reproche au « Carnaval des Marchands » d'être trop bon enfant, cette famille semble finalement faire davantage honneur à l'esprit frondeur et licencieux du carnaval traditionnel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, jugée coûteuse et trop éloignée de son rôle social originel, cette manifestation, qui ressemble davantage à une gentille fête familiale qu' à un véritable carnaval, finit par lasser les Strasbourgeois et disparaît après 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7550</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0050FH0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7550"/>
		<updated>2019-01-06T21:44:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Niclaus&lt;br /&gt;
|idSupport=0050FH0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1958&lt;br /&gt;
|dateFin=1962&lt;br /&gt;
|video=0050FH0002&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
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|thematique=Outdoor activities@ Art of living - Gastronomy@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un film amateur qui se déroule pendant le Carnaval de Strasbourg, entre 1958 et 1962. Une partie du film se focalise sur le cortège de chars tandis qu'une autre se concentre sur un repas de famille.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Les premières séquences sont tournées sur un mode similaire : il s'agit de plans d'ensemble fixes, assez courts. Postée sur un trottoir - en face de la Brasserie du Pêcheur et de la boutique de &amp;quot;''Vêtements Klotz''&amp;quot;, toutes deux situées à l'angle de Grand'Rue et de la rue des Francs-Bourgeois - et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent. Ces premières images sont très floues et on distingue mal ce qu'il s'y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:00] Vue d'ensemble de la foule de part et d'autre de la rue des Francs-Bourgeois, assistant au défilé des chars. Au milieu, un homme pédale sur un grand-bi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:02] Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg - brasserie alsacienne fondée en 1664 à Strasbourg - suivie par une voiture ornée d'une grande bouteille de bière, Kronenbourg également, sur le toit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Une fanfare dont les membres portent des déguisements aux couleurs vives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Deux plans successifs et très courts de la foule, entassée sur les trottoirs, couverte de confettis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:18] Premier char tiré par une voiture décorée avec un croissant de Lune sur le toit ; la remorque quant à elle a été transformée en lit géant et deux personnes en pyjama y sont installées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:21] Une seconde remorque, cette fois-ci tirée par un tracteur, transporte un personnage de papier mâché relativement joufflu et semblant faire une chute à ski. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:28] Un char en forme de dragon d'inspiration chinoise ; sur le dos du dragon, une marmite sur le feu contenant deux personnages habillés en cuisinier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:35] Un char en forme de cage sur laquelle se tient un singe, langue tirée et yeux exorbités ; quelques personnes semblent quant à elles prisonnières de la cage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char orné d'une danseuse de papier mâché autour de laquelle quatre figures masculines pivotent et semblent danser ; un cinquième personnage, plus imposant, est posté à l'arrière du char, les bras levés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:47] Des personnes déguisées déambulent, dont une est déguisée en meule de fromage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:48] Un char représentant une femme vêtue du costume traditionnel alsacien, à cru sur un taureau bleu, allégorie de l'Europe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char transportant quatre vieux géants de papier mâché, dont l'un porte l'écharpe tricolore des maires français et un autre qui porte une écharpe autour du cou aux couleurs de la République Fédérale Allemande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:59] Un char sur lequel un personnage arborant un chapeau blanc sur la tête prend dans ses bras une sorte de pièce montée rose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Des femmes habillées avec le costume traditionnel alsacien sont suivies par un fanfare dont les membres arborent eux aussi le costume traditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:06] Un char en forme de bateau ; la figure de proue est une femme nue, rousse à la peau verte semblant jouer d'un instrument à vent – sans doute une trompette – et à la poupe, un géant ouvrant les bras porte une couronne rayonnante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:13] Des individus déguisés en arlequin dansent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:16] Une fanfare dont les membres sont vêtus de déguisement très colorés joue et défile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Quelques personnes font des acrobaties sur des bicyclettes, des grand-bi et des monocycles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:37] Un char représentant un enfant déguisé en chevalier sur un cheval à bascule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:45] Un char en forme de tigre immense sur lequel prennent place trois jeunes femmes portant le long manteau de pourpre et d'hermine royal et trois autres portant des déguisements de panthères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:49] Un char représentant une femme allongée nonchalamment, la tête sur un croissant de Lune ; face à elle, un second personnage lui tourne le dos et lui montre ses fesses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:54] Plan non cadré ; on y voit des façades d'immeubles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:55] Un char orné de deux énormes têtes d'hommes portant un haut-de-forme derrière lesquelles un personnage féminin ailé prend place sur un siège aux couleurs des États-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:58] Un char en forme de chameau qui porte une danseuse orientale quasiment nue et derrière elle, un homme blanc, une raquette de tennis à la main.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:04] Un char sur lequel des hommes sont portent les vêtements et le calot rayés des bagnards ; deux autres portent l'uniforme des gendarmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:12] Un tracteur tire une remorque sur laquelle des hommes et des femmes sont installés et agitent des filets à papillons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées sur la Place Kléber, depuis l'angle de la Rue des Francs-Bourgeois, face à l'Aubette. Les chars précédemment décrits y défilent. La caméra est à hauteur d'homme et plus proche encore du cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:24] Plan rapproché sur le char de la danseuse et des cinq hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:27] Un second plan du même char, vu de derrière cette fois, partant vers la Place de l'Homme de fer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:31] Les individus déguisés en meules de fromage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:36] Plan rapproché sur le char de l'Alsacienne sur le taureau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:42] Le char des quatre vieillards aux attributs politiques (écharpes tricolores) vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Le char de l'homme à la pièce montée rose vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:51] Plan rapproché sur une femme, relativement âgée, qui sourit et tente d'enlever les confettis de son manteau. Elle se retourne enfin et jette une poignée de confettis au visage de son voisin. Aucun regard caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:58] Le char en forme de bateau vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:05] Le char de l'enfant sur le cheval à bascule vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:08] Plan rapproché sur le char en forme de tigre. Les jeunes femmes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:20] Le char de la femme allongée vue de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:26] Un char surmonté d'un lion derrière lequel deux hommes se tiennent debout, l'un a un chapeau de trappeur canadien sur la tête, l'autre une coiffe d'Indien d'Amérique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:40] Plan rapproché sur le char de la femme ailée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:48] Plan rapproché sur le char du chameau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:53] Plan rapproché sur le char des bagnards.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées en intérieur, lors d'un repas de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:57] Une table de fête est dressée et décorée, la pièce est vide. Gros plan sur le centre de table composé de branches de sapin et de cierges colorés. Plan panoramique de la table qui compte au moins 18 couverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[04:11] Plan filmé depuis le même point de vue que le précédent. La fête bat son plein. Les lumières sont allumées, il semblerait qu'il fait nuit. Sur la table envahie de serpentins, les assiettes sont vides, les bouteilles aussi. Certains sont encore assis tandis que d'autres sont debout, une coupe de champagne ou de crémant à la main, un chapeau en carton sur la tête. Les visages sont rouges et souriants. Les gens s'embrassent et dansent. Certains semblent ivres. Un homme et une femme se font boire mutuellement leur verre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:19] Hommes et femmes dansent et forment une chenille. Les jupes se soulèvent face à la caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:31] Ils dansent tous, à deux voire à trois, sur un rythme assez rapide. Certains se bousculent ou manquent de tomber.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:50] Un homme se met à danser seul, sautillant et gesticulant ; le style est plus libéré, plus moderne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:10] Debout sur une chaise, sans pantalon, un homme fait semblant d'uriner dans une petite bassine. Les autres l'encouragent et rient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:21] Un autre homme soulève celui qui n'a plus de pantalon, lui donne quelques fessées et le repose. L'homme sans pantalon sourit et continue de danser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:50] Lendemain matin, il fait jour. La pièce est vide, les chaises sont empilées dans un coin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:57] Gros plan sur un grand panier rempli de bouteilles vides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:13] Les restes de nourriture sont disposés sur la table, à la façon d'un buffet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:21] Trois femmes font la vaisselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes se focalisent à nouveau sur le cortège du carnaval. La caméra surplombe la foule et suit le défilé au loin – à environ 20 mètres. On se situe à l'angle de la Rue Turenne et de l'Avenue de la Paix, à côté de la Grande Synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:25] Un char avec une pancarte sur laquelle est écrit « ''WAS IM GEIMEINDEROOD GERED WURD ESCH ?'' » [''Traduction de l'alsacien : « Ce qui a été dit au conseil municipal ? »'']. Sur ce même char, deux hommes à chapeau melon saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:38] Un char représentant un animal – un renard ? - déguisé en roi assis sur son trône. Les confettis pleuvent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:47] Un char qui transporte une caricature de l'homme allemand, replet, joufflu et vêtu du costume traditionnel bavarois – le ''Lederhose'' et le ''Steyrer Hut'' – et d'une chope de bière à la main. Devant lui, une tête de voleur, et derrière, un femme, caricature de la touriste allemande, accroupie et dont la jupe se soulève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:03] Un char sur lequel prennent place deux géantes habillées avec le costume alsacien traditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:08] Retour sur le char des caricatures allemandes, vu de derrière : on aperçoit les fesses nues de l'Allemande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:15] Un char en forme de coq sur lequel prend place un géant, à savoir un vieux monsieur en complet rouge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:26] Un char représentant deux brancardiers portant l'uniforme français bleu horizon de la Première guerre mondiale et transportant un blessé à la peau verdâtre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:34] Un char représentant un vieil homme, assis sur une chaise, les bras croisés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:44] Une remorque transportant une fanfare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:46] Un char issu du monde de ''Tintin '': le Professeur Tournesol fait office de figure de proue, Tintin et Milou sont au milieu et le Capitaine Haddock est à l'arrière, assis, en train de boire une bouteille – de rhum sans doute.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:55] Un char représentant un ring de boxe ; deux hommes à moitié nus se battent, un arbitre les sépare et un vautour les survole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:05] Un char en forme de kangourou, un ballon de volley-ball à la main et un visage humain à lunette. Le char, très haut, est pris dans une guirlande de fanions et s'en dégage difficilement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:28] Un char en forme d'éléphant sur lequel sont assises trois jeunes femmes dont une est déguisée en reine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:42] Le cortège continue de défiler mais la caméra est très loin, on ne voit que le haut des têtes et parmi elles, un personnage de papier mâché – une femme au gros nez – virevolte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:52] Plan rapproché sur la foule en mouvement ; elle est composée à la fois d'enfants, d'adultes et de personnes âgées. Chacun s'amuse à envoyer des confettis sur les autres. Les chapeaux, les manteaux et les trottoirs en sont couverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:09] Un char sur lequel cinq hommes déguisés prennent place, l'un porte un uniforme militaire, un autre un déguisement de motard, un autre encore arbore un haut-de-forme. Ils lancent des poignées de confettis sur la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:15] Plan rapproché sur la foule. Ce sont davantage les adultes et les personnes âgées, non les enfants, qui jouent avec les confettis. Viennent devant la caméra des visages connus et souriants, ceux de la fête de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:43] Plan rapproché sur un enfant à vélo qui tente d'enlever les confettis de ses vêtements et de son béret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:48] Plan rapproché sur un individu portant un carton décoré en guise de déguisement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:52] Sur les trottoirs, les adultes ont presque tous un sachet en papier contenant des confettis dans les mains ; ils les jettent autour d'eux et chahutent joyeusement ensemble.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période allant du milieu de l'hiver au début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « &amp;quot;De Barabli&amp;quot; » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organise une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carnaval - Kronenbourg.png|vignette|gauche|Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg prend part au cortège.]]L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. [[Fichier:Carnaval - Tintin.png|vignette|droite|Un char à l'effigie des personnages de la bande dessinée d'Hergé, ''Tintin'' : le capitaine Haddock, Tintin, Milou et [non visible sur la photo] le professeur Tournesol. ]]Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent certains chars faisant de la publicité pour quelque enseigne strasbourgeoise. Les autres chars et déguisements s'éloignent des thèmes carnavalesques traditionnels, sacrifiant le monstrueux au spectaculaire. Ils reprennent ainsi des thèmes issus du quotidien voire de la pop culture, des &amp;quot;''motifs que le public associe aux loisirs et aux divertissements''&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Carnaval en Alsace : tradition, évolution, manipulation&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tombant traditionnellement au cours des sept jours gras, à savoir la semaine précédant le Carême, le carnaval est aussi l'occasion de repas de famille copieux et festifs. [[Fichier:Carnaval - repas.png|vignette|gauche|Une table de fête décorée de serpentins et parsemée de bouteilles vides.]]Une partie de ce film amateur est justement consacré à une soirée familiale. Le film dévoile une table décorée et festive, comptant une vingtaine de couverts, de nombreux plats et des bouteilles de vin tout aussi nombreuses. Le repas « gras » se traduit ainsi par une certaine opulence des mets et de l'alcool qui coule à flot. Peut-être moins par strict respect des coutumes religieuses que par opportunité, le carnaval permet aux familles de se réunir, de dîner ensemble et de faire la fête. Ivres, les gens s'amusent et dansent, de façon presque frénétique pour certains et rappelant à cet égard les traditionnelles danses ubuesques du carnaval. [[Fichier:Carnaval - fête.png|vignette|droite|Après avoir enlever son pantalon et être monté sur une chaise, un homme, décidément ivre, fait mine d'uriner dans une bassine.]]Cette scène de repas, si elle n'est pas nécessairement représentative de ce que font toutes les familles strasbourgeoises un soir de carnaval, est donc assez judicieusement insérée à ce film dédié au carnaval. Tandis qu'on reproche au « Carnaval des Marchands » d'être trop bon enfant, cette famille semble finalement faire davantage honneur à l'esprit frondeur et licencieux du carnaval traditionnel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, jugée coûteuse et trop éloignée de son rôle social originel, ce qui semble être davantage une gentille fête familiale qu'un véritable carnaval finit par lasser les Strasbourgeois et disparaît après 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7548</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0050FH0002)</title>
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		<updated>2019-01-06T21:37:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Niclaus&lt;br /&gt;
|idSupport=0050FH0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1958&lt;br /&gt;
|dateFin=1962&lt;br /&gt;
|video=0050FH0002&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:11:30&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Kling, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 2.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=Carnaval; Strasbourg (67); Fête populaire; Famille; Repas de fête&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Place Kléber, Strasbourg; Rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg; Grand'Rue, Strasbourg; Avenue de la Paix, Strasbourg; Grande Synagogue de la Paix, Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Art of living - Gastronomy@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un film amateur qui se déroule pendant le Carnaval de Strasbourg, entre 1958 et 1962. Une partie du film se focalise sur le cortège de chars tandis qu'une autre se concentre sur un repas de famille.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Les premières séquences sont tournées sur un mode similaire : il s'agit de plans d'ensemble fixes, assez courts. Postée sur un trottoir - en face de la Brasserie du Pêcheur et de la boutique de &amp;quot;''Vêtements Klotz''&amp;quot;, toutes deux situées à l'angle de Grand'Rue et de la rue des Francs-Bourgeois - et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent. Ces premières images sont très floues et on distingue mal ce qu'il s'y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:00] Vue d'ensemble de la foule de part et d'autre de la rue des Francs-Bourgeois, assistant au défilé des chars. Au milieu, un homme pédale sur un grand-bi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:02] Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg - brasserie alsacienne fondée en 1664 à Strasbourg - suivie par une voiture ornée d'une grande bouteille de bière, Kronenbourg également, sur le toit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Une fanfare dont les membres portent des déguisements aux couleurs vives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Deux plans successifs et très courts de la foule, entassée sur les trottoirs, couverte de confettis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:18] Premier char tiré par une voiture décorée avec un croissant de Lune sur le toit ; la remorque quant à elle a été transformée en lit géant et deux personnes en pyjama y sont installées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:21] Une seconde remorque, cette fois-ci tirée par un tracteur, transporte un personnage de papier mâché relativement joufflu et semblant faire une chute à ski. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:28] Un char en forme de dragon d'inspiration chinoise ; sur le dos du dragon, une marmite sur le feu contenant deux personnages habillés en cuisinier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:35] Un char en forme de cage sur laquelle se tient un singe, langue tirée et yeux exorbités ; quelques personnes semblent quant à elles prisonnières de la cage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char orné d'une danseuse de papier mâché autour de laquelle quatre figures masculines pivotent et semblent danser ; un cinquième personnage, plus imposant, est posté à l'arrière du char, les bras levés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:47] Des personnes déguisées déambulent, dont une est déguisée en meule de fromage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:48] Un char représentant une femme vêtue du costume traditionnel alsacien, à cru sur un taureau bleu, allégorie de l'Europe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char transportant quatre vieux géants de papier mâché, dont l'un porte l'écharpe tricolore des maires français et un autre qui porte une écharpe autour du cou aux couleurs de la République Fédérale Allemande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:59] Un char sur lequel un personnage arborant un chapeau blanc sur la tête prend dans ses bras une sorte de pièce montée rose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Des femmes habillées avec le costume traditionnel alsacien sont suivies par un fanfare dont les membres arborent eux aussi le costume traditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:06] Un char en forme de bateau ; la figure de proue est une femme nue, rousse à la peau verte semblant jouer d'un instrument à vent – sans doute une trompette – et à la poupe, un géant ouvrant les bras porte une couronne rayonnante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:13] Des individus déguisés en arlequin dansent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:16] Une fanfare dont les membres sont vêtus de déguisement très colorés joue et défile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Quelques personnes font des acrobaties sur des bicyclettes, des grand-bi et des monocycles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:37] Un char représentant un enfant déguisé en chevalier sur un cheval à bascule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:45] Un char en forme de tigre immense sur lequel prennent place trois jeunes femmes portant le long manteau de pourpre et d'hermine royal et trois autres portant des déguisements de panthères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:49] Un char représentant une femme allongée nonchalamment, la tête sur un croissant de Lune ; face à elle, un second personnage lui tourne le dos et lui montre ses fesses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:54] Plan non cadré ; on y voit des façades d'immeubles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:55] Un char orné de deux énormes têtes d'hommes portant un haut-de-forme derrière lesquelles un personnage féminin ailé prend place sur un siège aux couleurs des États-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:58] Un char en forme de chameau qui porte une danseuse orientale quasiment nue et derrière elle, un homme blanc, une raquette de tennis à la main.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:04] Un char sur lequel des hommes sont portent les vêtements et le calot rayés des bagnards ; deux autres portent l'uniforme des gendarmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:12] Un tracteur tire une remorque sur laquelle des hommes et des femmes sont installés et agitent des filets à papillons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées sur la Place Kléber, depuis l'angle de la Rue des Francs-Bourgeois, face à l'Aubette. Les chars précédemment décrits y défilent. La caméra est à hauteur d'homme et plus proche encore du cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:24] Plan rapproché sur le char de la danseuse et des cinq hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:27] Un second plan du même char, vu de derrière cette fois, partant vers la Place de l'Homme de fer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:31] Les individus déguisés en meules de fromage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:36] Plan rapproché sur le char de l'Alsacienne sur le taureau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:42] Le char des quatre vieillards aux attributs politiques (écharpes tricolores) vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Le char de l'homme à la pièce montée rose vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:51] Plan rapproché sur une femme, relativement âgée, qui sourit et tente d'enlever les confettis de son manteau. Elle se retourne enfin et jette une poignée de confettis au visage de son voisin. Aucun regard caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:58] Le char en forme de bateau vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:05] Le char de l'enfant sur le cheval à bascule vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:08] Plan rapproché sur le char en forme de tigre. Les jeunes femmes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:20] Le char de la femme allongée vue de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:26] Un char surmonté d'un lion derrière lequel deux hommes se tiennent debout, l'un a un chapeau de trappeur canadien sur la tête, l'autre une coiffe d'Indien d'Amérique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:40] Plan rapproché sur le char de la femme ailée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:48] Plan rapproché sur le char du chameau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:53] Plan rapproché sur le char des bagnards.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées en intérieur, lors d'un repas de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:57] Une table de fête est dressée et décorée, la pièce est vide. Gros plan sur le centre de table composé de branches de sapin et de cierges colorés. Plan panoramique de la table qui compte au moins 18 couverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[04:11] Plan filmé depuis le même point de vue que le précédent. La fête bat son plein. Les lumières sont allumées, il semblerait qu'il fait nuit. Sur la table envahie de serpentins, les assiettes sont vides, les bouteilles aussi. Certains sont encore assis tandis que d'autres sont debout, une coupe de champagne ou de crémant à la main, un chapeau en carton sur la tête. Les visages sont rouges et souriants. Les gens s'embrassent et dansent. Certains semblent ivres. Un homme et une femme se font boire mutuellement leur verre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:19] Hommes et femmes dansent et forment une chenille. Les jupes se soulèvent face à la caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:31] Ils dansent tous, à deux voire à trois, sur un rythme assez rapide. Certains se bousculent ou manquent de tomber.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:50] Un homme se met à danser seul, sautillant et gesticulant ; le style est plus libéré, plus moderne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:10] Debout sur une chaise, sans pantalon, un homme fait semblant d'uriner dans une petite bassine. Les autres l'encouragent et rient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:21] Un autre homme soulève celui qui n'a plus de pantalon, lui donne quelques fessées et le repose. L'homme sans pantalon sourit et continue de danser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:50] Lendemain matin, il fait jour. La pièce est vide, les chaises sont empilées dans un coin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:57] Gros plan sur un grand panier rempli de bouteilles vides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:13] Les restes de nourriture sont disposés sur la table, à la façon d'un buffet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:21] Trois femmes font la vaisselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes se focalisent à nouveau sur le cortège du carnaval. La caméra surplombe la foule et suit le défilé au loin – à environ 20 mètres. On se situe à l'angle de la Rue Turenne et de l'Avenue de la Paix, à côté de la Grande Synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:25] Un char avec une pancarte sur laquelle est écrit « ''WAS IM GEIMEINDEROOD GERED WURD ESCH ?'' » [''Traduction de l'alsacien : « Ce qui a été dit au conseil municipal ? »'']. Sur ce même char, deux hommes à chapeau melon saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:38] Un char représentant un animal – un renard ? - déguisé en roi assis sur son trône. Les confettis pleuvent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:47] Un char qui transporte une caricature de l'homme allemand, replet, joufflu et vêtu du costume traditionnel bavarois – le ''Lederhose'' et le ''Steyrer Hut'' – et d'une chope de bière à la main. Devant lui, une tête de voleur, et derrière, un femme, caricature de la touriste allemande, accroupie et dont la jupe se soulève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:03] Un char sur lequel prennent place deux géantes habillées avec le costume alsacien traditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:08] Retour sur le char des caricatures allemandes, vu de derrière : on aperçoit les fesses nues de l'Allemande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:15] Un char en forme de coq sur lequel prend place un géant, à savoir un vieux monsieur en complet rouge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:26] Un char représentant deux brancardiers portant l'uniforme français bleu horizon de la Première guerre mondiale et transportant un blessé à la peau verdâtre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:34] Un char représentant un vieil homme, assis sur une chaise, les bras croisés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:44] Une remorque transportant une fanfare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:46] Un char issu du monde de ''Tintin '': le Professeur Tournesol fait office de figure de proue, Tintin et Milou sont au milieu et le Capitaine Haddock est à l'arrière, assis, en train de boire une bouteille – de rhum sans doute.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:55] Un char représentant un ring de boxe ; deux hommes à moitié nus se battent, un arbitre les sépare et un vautour les survole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:05] Un char en forme de kangourou, un ballon de volley-ball à la main et un visage humain à lunette. Le char, très haut, est pris dans une guirlande de fanions et s'en dégage difficilement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:28] Un char en forme d'éléphant sur lequel sont assises trois jeunes femmes dont une est déguisée en reine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:42] Le cortège continue de défiler mais la caméra est très loin, on ne voit que le haut des têtes et parmi elles, un personnage de papier mâché – une femme au gros nez – virevolte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:52] Plan rapproché sur la foule en mouvement ; elle est composée à la fois d'enfants, d'adultes et de personnes âgées. Chacun s'amuse à envoyer des confettis sur les autres. Les chapeaux, les manteaux et les trottoirs en sont couverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:09] Un char sur lequel cinq hommes déguisés prennent place, l'un porte un uniforme militaire, un autre un déguisement de motard, un autre encore arbore un haut-de-forme. Ils lancent des poignées de confettis sur la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:15] Plan rapproché sur la foule. Ce sont davantage les adultes et les personnes âgées, non les enfants, qui jouent avec les confettis. Viennent devant la caméra des visages connus et souriants, ceux de la fête de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:43] Plan rapproché sur un enfant à vélo qui tente d'enlever les confettis de ses vêtements et de son béret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:48] Plan rapproché sur un individu portant un carton décoré en guise de déguisement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:52] Sur les trottoirs, les adultes ont presque tous un sachet en papier contenant des confettis dans les mains ; ils les jettent autour d'eux et chahutent joyeusement ensemble.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période allant du milieu de l'hiver au début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « &amp;quot;De Barabli&amp;quot; » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organise une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carnaval - Kronenbourg.png|vignette|gauche|Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg prend part au cortège.]]L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. [[Fichier:Carnaval - Tintin.png|vignette|droite|Un char à l'effigie des personnages de la bande dessinée d'Hergé, ''Tintin'' : le capitaine Haddock, Tintin, Milou et [non visible sur la photo] le professeur Tournesol. ]]Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent certains chars faisant de la publicité pour quelque enseigne strasbourgeoise. Les autres chars et déguisements s'éloignent des thèmes carnavalesques traditionnels, sacrifiant le monstrueux au spectaculaire. Ils reprennent ainsi des thèmes issus du quotidien voire de la pop culture, des &amp;quot;''motifs que le public associe aux loisirs et aux divertissements''&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Carnaval en Alsace : tradition, évolution, manipulation&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tombant traditionnellement au cours des sept jours gras, à savoir la semaine précédant le Carême, le carnaval est aussi l'occasion de repas de famille copieux et festifs. [[Fichier:Carnaval - repas.png|vignette|gauche|Une table de fête décorée de serpentins et parsemée de bouteilles vides.]]Une partie de ce film amateur est justement consacré à une soirée familiale. Le film dévoile une table décorée et festive, comptant une vingtaine de couverts, de nombreux plats et des bouteilles de vin tout aussi nombreuses. Le repas « gras » se traduit ainsi par une certaine opulence des mets et de l'alcool qui coule à flot. Peut-être moins par strict respect des coutumes religieuses que par opportunité, le carnaval permet aux familles de se réunir, de dîner ensemble et de faire la fête. Ivres, les gens s'amusent et dansent, de façon presque frénétique pour certains et rappelant à cet égard les traditionnelles danses ubuesques du carnaval. [[Fichier:Carnaval - fête.png|vignette|droite|Après avoir enlever son pantalon et être monté sur une chaise, un homme, décidément ivre, fait mine d'uriner dans une bassine.]]Cette scène de repas, si elle n'est pas nécessairement représentative de ce que font toutes les familles strasbourgeoises un soir de carnaval, est donc assez judicieusement insérée à ce film dédié au carnaval. Tandis qu'on reproche au « Carnaval des Marchands » d'être trop bon enfant, cette famille semble finalement faire davantage honneur à l'esprit frondeur et licencieux du carnaval traditionnel.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Carnaval_-_Tintin.png&amp;diff=7547</id>
		<title>Fichier:Carnaval - Tintin.png</title>
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		<updated>2019-01-06T21:34:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Un char représentant les personnages de Tintin.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7543</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0050FH0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7543"/>
		<updated>2019-01-06T21:30:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Niclaus&lt;br /&gt;
|idSupport=0050FH0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1958&lt;br /&gt;
|dateFin=1962&lt;br /&gt;
|video=0050FH0002&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:11:30&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Kling, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 2.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=Carnaval; Strasbourg (67); Fête populaire; Famille; Repas de fête&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Place Kléber, Strasbourg; Rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg; Grand'Rue, Strasbourg; Avenue de la Paix, Strasbourg; Grande Synagogue de la Paix, Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Art of living - Gastronomy@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un film amateur qui se déroule pendant le Carnaval de Strasbourg, entre 1958 et 1962. Une partie du film se focalise sur le cortège de chars tandis qu'une autre se concentre sur un repas de famille.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Les premières séquences sont tournées sur un mode similaire : il s'agit de plans d'ensemble fixes, assez courts. Postée sur un trottoir - en face de la Brasserie du Pêcheur et de la boutique de &amp;quot;''Vêtements Klotz''&amp;quot;, toutes deux situées à l'angle de Grand'Rue et de la rue des Francs-Bourgeois - et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent. Ces premières images sont très floues et on distingue mal ce qu'il s'y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:00] Vue d'ensemble de la foule de part et d'autre de la rue des Francs-Bourgeois, assistant au défilé des chars. Au milieu, un homme pédale sur un grand-bi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:02] Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg - brasserie alsacienne fondée en 1664 à Strasbourg - suivie par une voiture ornée d'une grande bouteille de bière, Kronenbourg également, sur le toit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Une fanfare dont les membres portent des déguisements aux couleurs vives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Deux plans successifs et très courts de la foule, entassée sur les trottoirs, couverte de confettis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:18] Premier char tiré par une voiture décorée avec un croissant de Lune sur le toit ; la remorque quant à elle a été transformée en lit géant et deux personnes en pyjama y sont installées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:21] Une seconde remorque, cette fois-ci tirée par un tracteur, transporte un personnage de papier mâché relativement joufflu et semblant faire une chute à ski. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:28] Un char en forme de dragon d'inspiration chinoise ; sur le dos du dragon, une marmite sur le feu contenant deux personnages habillés en cuisinier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:35] Un char en forme de cage sur laquelle se tient un singe, langue tirée et yeux exorbités ; quelques personnes semblent quant à elles prisonnières de la cage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char orné d'une danseuse de papier mâché autour de laquelle quatre figures masculines pivotent et semblent danser ; un cinquième personnage, plus imposant, est posté à l'arrière du char, les bras levés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:47] Des personnes déguisées déambulent, dont une est déguisée en meule de fromage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:48] Un char représentant une femme vêtue du costume traditionnel alsacien, à cru sur un taureau bleu, allégorie de l'Europe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char transportant quatre vieux géants de papier mâché, dont l'un porte l'écharpe tricolore des maires français et un autre qui porte une écharpe autour du cou aux couleurs de la République Fédérale Allemande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:59] Un char sur lequel un personnage arborant un chapeau blanc sur la tête prend dans ses bras une sorte de pièce montée rose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Des femmes habillées avec le costume traditionnel alsacien sont suivies par un fanfare dont les membres arborent eux aussi le costume traditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:06] Un char en forme de bateau ; la figure de proue est une femme nue, rousse à la peau verte semblant jouer d'un instrument à vent – sans doute une trompette – et à la poupe, un géant ouvrant les bras porte une couronne rayonnante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:13] Des individus déguisés en arlequin dansent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:16] Une fanfare dont les membres sont vêtus de déguisement très colorés joue et défile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Quelques personnes font des acrobaties sur des bicyclettes, des grand-bi et des monocycles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:37] Un char représentant un enfant déguisé en chevalier sur un cheval à bascule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:45] Un char en forme de tigre immense sur lequel prennent place trois jeunes femmes portant le long manteau de pourpre et d'hermine royal et trois autres portant des déguisements de panthères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:49] Un char représentant une femme allongée nonchalamment, la tête sur un croissant de Lune ; face à elle, un second personnage lui tourne le dos et lui montre ses fesses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:54] Plan non cadré ; on y voit des façades d'immeubles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:55] Un char orné de deux énormes têtes d'hommes portant un haut-de-forme derrière lesquelles un personnage féminin ailé prend place sur un siège aux couleurs des États-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:58] Un char en forme de chameau qui porte une danseuse orientale quasiment nue et derrière elle, un homme blanc, une raquette de tennis à la main.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:04] Un char sur lequel des hommes sont portent les vêtements et le calot rayés des bagnards ; deux autres portent l'uniforme des gendarmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:12] Un tracteur tire une remorque sur laquelle des hommes et des femmes sont installés et agitent des filets à papillons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées sur la Place Kléber, depuis l'angle de la Rue des Francs-Bourgeois, face à l'Aubette. Les chars précédemment décrits y défilent. La caméra est à hauteur d'homme et plus proche encore du cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:24] Plan rapproché sur le char de la danseuse et des cinq hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:27] Un second plan du même char, vu de derrière cette fois, partant vers la Place de l'Homme de fer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:31] Les individus déguisés en meules de fromage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:36] Plan rapproché sur le char de l'Alsacienne sur le taureau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:42] Le char des quatre vieillards aux attributs politiques (écharpes tricolores) vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Le char de l'homme à la pièce montée rose vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:51] Plan rapproché sur une femme, relativement âgée, qui sourit et tente d'enlever les confettis de son manteau. Elle se retourne enfin et jette une poignée de confettis au visage de son voisin. Aucun regard caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:58] Le char en forme de bateau vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:05] Le char de l'enfant sur le cheval à bascule vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:08] Plan rapproché sur le char en forme de tigre. Les jeunes femmes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:20] Le char de la femme allongée vue de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:26] Un char surmonté d'un lion derrière lequel deux hommes se tiennent debout, l'un a un chapeau de trappeur canadien sur la tête, l'autre une coiffe d'Indien d'Amérique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:40] Plan rapproché sur le char de la femme ailée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:48] Plan rapproché sur le char du chameau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:53] Plan rapproché sur le char des bagnards.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées en intérieur, lors d'un repas de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:57] Une table de fête est dressée et décorée, la pièce est vide. Gros plan sur le centre de table composé de branches de sapin et de cierges colorés. Plan panoramique de la table qui compte au moins 18 couverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[04:11] Plan filmé depuis le même point de vue que le précédent. La fête bat son plein. Les lumières sont allumées, il semblerait qu'il fait nuit. Sur la table envahie de serpentins, les assiettes sont vides, les bouteilles aussi. Certains sont encore assis tandis que d'autres sont debout, une coupe de champagne ou de crémant à la main, un chapeau en carton sur la tête. Les visages sont rouges et souriants. Les gens s'embrassent et dansent. Certains semblent ivres. Un homme et une femme se font boire mutuellement leur verre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:19] Hommes et femmes dansent et forment une chenille. Les jupes se soulèvent face à la caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:31] Ils dansent tous, à deux voire à trois, sur un rythme assez rapide. Certains se bousculent ou manquent de tomber.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:50] Un homme se met à danser seul, sautillant et gesticulant ; le style est plus libéré, plus moderne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:10] Debout sur une chaise, sans pantalon, un homme fait semblant d'uriner dans une petite bassine. Les autres l'encouragent et rient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:21] Un autre homme soulève celui qui n'a plus de pantalon, lui donne quelques fessées et le repose. L'homme sans pantalon sourit et continue de danser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:50] Lendemain matin, il fait jour. La pièce est vide, les chaises sont empilées dans un coin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:57] Gros plan sur un grand panier rempli de bouteilles vides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:13] Les restes de nourriture sont disposés sur la table, à la façon d'un buffet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:21] Trois femmes font la vaisselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes se focalisent à nouveau sur le cortège du carnaval. La caméra surplombe la foule et suit le défilé au loin – à environ 20 mètres. On se situe à l'angle de la Rue Turenne et de l'Avenue de la Paix, à côté de la Grande Synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:25] Un char avec une pancarte sur laquelle est écrit « ''WAS IM GEIMEINDEROOD GERED WURD ESCH ?'' » [''Traduction de l'alsacien : « Ce qui a été dit au conseil municipal ? »'']. Sur ce même char, deux hommes à chapeau melon saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:38] Un char représentant un animal – un renard ? - déguisé en roi assis sur son trône. Les confettis pleuvent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:47] Un char qui transporte une caricature de l'homme allemand, replet, joufflu et vêtu du costume traditionnel bavarois – le ''Lederhose'' et le ''Steyrer Hut'' – et d'une chope de bière à la main. Devant lui, une tête de voleur, et derrière, un femme, caricature de la touriste allemande, accroupie et dont la jupe se soulève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:03] Un char sur lequel prennent place deux géantes habillées avec le costume alsacien traditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:08] Retour sur le char des caricatures allemandes, vu de derrière : on aperçoit les fesses nues de l'Allemande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:15] Un char en forme de coq sur lequel prend place un géant, à savoir un vieux monsieur en complet rouge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:26] Un char représentant deux brancardiers portant l'uniforme français bleu horizon de la Première guerre mondiale et transportant un blessé à la peau verdâtre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:34] Un char représentant un vieil homme, assis sur une chaise, les bras croisés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:44] Une remorque transportant une fanfare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:46] Un char issu du monde de ''Tintin '': le Professeur Tournesol fait office de figure de proue, Tintin et Milou sont au milieu et le Capitaine Haddock est à l'arrière, assis, en train de boire une bouteille – de rhum sans doute.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:55] Un char représentant un ring de boxe ; deux hommes à moitié nus se battent, un arbitre les sépare et un vautour les survole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:05] Un char en forme de kangourou, un ballon de volley-ball à la main et un visage humain à lunette. Le char, très haut, est pris dans une guirlande de fanions et s'en dégage difficilement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:28] Un char en forme d'éléphant sur lequel sont assises trois jeunes femmes dont une est déguisée en reine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:42] Le cortège continue de défiler mais la caméra est très loin, on ne voit que le haut des têtes et parmi elles, un personnage de papier mâché – une femme au gros nez – virevolte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:52] Plan rapproché sur la foule en mouvement ; elle est composée à la fois d'enfants, d'adultes et de personnes âgées. Chacun s'amuse à envoyer des confettis sur les autres. Les chapeaux, les manteaux et les trottoirs en sont couverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:09] Un char sur lequel cinq hommes déguisés prennent place, l'un porte un uniforme militaire, un autre un déguisement de motard, un autre encore arbore un haut-de-forme. Ils lancent des poignées de confettis sur la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:15] Plan rapproché sur la foule. Ce sont davantage les adultes et les personnes âgées, non les enfants, qui jouent avec les confettis. Viennent devant la caméra des visages connus et souriants, ceux de la fête de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:43] Plan rapproché sur un enfant à vélo qui tente d'enlever les confettis de ses vêtements et de son béret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:48] Plan rapproché sur un individu portant un carton décoré en guise de déguisement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:52] Sur les trottoirs, les adultes ont presque tous un sachet en papier contenant des confettis dans les mains ; ils les jettent autour d'eux et chahutent joyeusement ensemble.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période allant du milieu de l'hiver au début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « &amp;quot;De Barabli&amp;quot; » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organise une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Carnaval - Kronenbourg.png|vignette|gauche|Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg prend part au cortège.]]L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent certains chars faisant de la publicité pour quelque enseigne strasbourgeoise. Les autres chars et déguisements s'éloignent des thèmes carnavalesques traditionnels, sacrifiant le monstrueux au spectaculaire. Ils reprennent ainsi des thèmes issus du quotidien voire de la pop culture, des &amp;quot;''motifs que le public associe aux loisirs et aux divertissements''&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Carnaval en Alsace : tradition, évolution, manipulation&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tombant traditionnellement au cours des sept jours gras, à savoir la semaine précédant le Carême, le carnaval est aussi l'occasion de repas de famille copieux et festifs. [[Fichier:Carnaval - repas.png|vignette|droite|Une table de fête décorée de serpentins et parsemée de bouteilles vides.]]Une partie de ce film amateur est justement consacré à une soirée familiale. Le film dévoile une table décorée et festive, comptant une vingtaine de couverts, de nombreux plats et des bouteilles de vin tout aussi nombreuses. Le repas « gras » se traduit ainsi par une certaine opulence des mets et de l'alcool qui coule à flot. Peut-être moins par strict respect des coutumes religieuses que par opportunité, le carnaval permet aux familles de se réunir, de dîner ensemble et de faire la fête. Ivres, les gens s'amusent et dansent, de façon presque frénétique pour certains et rappelant à cet égard les traditionnelles danses ubuesques du carnaval. [[Fichier:Carnaval - fête.png|vignette|gauche|Après avoir enlever son pantalon et être monté sur une chaise, un homme, décidément ivre, fait mine d'uriner dans une bassine.]]Cette scène de repas, si elle n'est pas nécessairement représentative de ce que font toutes les familles strasbourgeoises un soir de carnaval, est donc assez judicieusement insérée à ce film dédié au carnaval. Tandis qu'on reproche au « Carnaval des Marchands » d'être trop bon enfant, cette famille semble finalement faire davantage honneur à l'esprit frondeur et licencieux du carnaval traditionnel.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
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	<entry>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Un homme ivre pendant un repas de carnaval.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Carnaval_-_repas.png&amp;diff=7539</id>
		<title>Fichier:Carnaval - repas.png</title>
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		<updated>2019-01-06T21:18:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Un repas de fête, le soir du carnaval de Strasbourg.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Carnaval_-_Kronenbourg.png&amp;diff=7538</id>
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		<updated>2019-01-06T21:15:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Une camionnette Kronenbourg fait partie du cortège.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7537</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0050FH0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7537"/>
		<updated>2019-01-06T21:13:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Niclaus&lt;br /&gt;
|idSupport=0050FH0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1958&lt;br /&gt;
|dateFin=1962&lt;br /&gt;
|video=0050FH0002&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Kling, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 2.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=Carnaval; Strasbourg (67); Fête populaire; Famille; Repas de fête&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Place Kléber, Strasbourg; Rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg; Grand'Rue, Strasbourg; Avenue de la Paix, Strasbourg; Grande Synagogue de la Paix, Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Art of living - Gastronomy@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un film amateur qui se déroule pendant le Carnaval de Strasbourg, entre 1958 et 1962. Une partie du film se focalise sur le cortège de chars tandis qu'une autre se concentre sur un repas de famille.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Les premières séquences sont tournées sur un mode similaire : il s'agit de plans d'ensemble fixes, assez courts. Postée sur un trottoir - en face de la Brasserie du Pêcheur et de la boutique de &amp;quot;''Vêtements Klotz''&amp;quot;, toutes deux situées à l'angle de Grand'Rue et de la rue des Francs-Bourgeois - et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent. Ces premières images sont très floues et on distingue mal ce qu'il s'y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:00] Vue d'ensemble de la foule de part et d'autre de la rue des Francs-Bourgeois, assistant au défilé des chars. Au milieu, un homme pédale sur un grand-bi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:02] Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg - brasserie alsacienne fondée en 1664 à Strasbourg - suivie par une voiture ornée d'une grande bouteille de bière, Kronenbourg également, sur le toit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Une fanfare dont les membres portent des déguisements aux couleurs vives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Deux plans successifs et très courts de la foule, entassée sur les trottoirs, couverte de confettis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:18] Premier char tiré par une voiture décorée avec un croissant de Lune sur le toit ; la remorque quant à elle a été transformée en lit géant et deux personnes en pyjama y sont installées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:21] Une seconde remorque, cette fois-ci tirée par un tracteur, transporte un personnage de papier mâché relativement joufflu et semblant faire une chute à ski. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:28] Un char en forme de dragon d'inspiration chinoise ; sur le dos du dragon, une marmite sur le feu contenant deux personnages habillés en cuisinier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:35] Un char en forme de cage sur laquelle se tient un singe, langue tirée et yeux exorbités ; quelques personnes semblent quant à elles prisonnières de la cage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char orné d'une danseuse de papier mâché autour de laquelle quatre figures masculines pivotent et semblent danser ; un cinquième personnage, plus imposant, est posté à l'arrière du char, les bras levés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:47] Des personnes déguisées déambulent, dont une est déguisée en meule de fromage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:48] Un char représentant une femme vêtue du costume traditionnel alsacien, à cru sur un taureau bleu, allégorie de l'Europe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char transportant quatre vieux géants de papier mâché, dont l'un porte l'écharpe tricolore des maires français et un autre qui porte une écharpe autour du cou aux couleurs de la République Fédérale Allemande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:59] Un char sur lequel un personnage arborant un chapeau blanc sur la tête prend dans ses bras une sorte de pièce montée rose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Des femmes habillées avec le costume traditionnel alsacien sont suivies par un fanfare dont les membres arborent eux aussi le costume traditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:06] Un char en forme de bateau ; la figure de proue est une femme nue, rousse à la peau verte semblant jouer d'un instrument à vent – sans doute une trompette – et à la poupe, un géant ouvrant les bras porte une couronne rayonnante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:13] Des individus déguisés en arlequin dansent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:16] Une fanfare dont les membres sont vêtus de déguisement très colorés joue et défile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Quelques personnes font des acrobaties sur des bicyclettes, des grand-bi et des monocycles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:37] Un char représentant un enfant déguisé en chevalier sur un cheval à bascule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:45] Un char en forme de tigre immense sur lequel prennent place trois jeunes femmes portant le long manteau de pourpre et d'hermine royal et trois autres portant des déguisements de panthères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:49] Un char représentant une femme allongée nonchalamment, la tête sur un croissant de Lune ; face à elle, un second personnage lui tourne le dos et lui montre ses fesses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:54] Plan non cadré ; on y voit des façades d'immeubles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:55] Un char orné de deux énormes têtes d'hommes portant un haut-de-forme derrière lesquelles un personnage féminin ailé prend place sur un siège aux couleurs des États-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:58] Un char en forme de chameau qui porte une danseuse orientale quasiment nue et derrière elle, un homme blanc, une raquette de tennis à la main.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:04] Un char sur lequel des hommes sont portent les vêtements et le calot rayés des bagnards ; deux autres portent l'uniforme des gendarmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:12] Un tracteur tire une remorque sur laquelle des hommes et des femmes sont installés et agitent des filets à papillons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées sur la Place Kléber, depuis l'angle de la Rue des Francs-Bourgeois, face à l'Aubette. Les chars précédemment décrits y défilent. La caméra est à hauteur d'homme et plus proche encore du cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:24] Plan rapproché sur le char de la danseuse et des cinq hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:27] Un second plan du même char, vu de derrière cette fois, partant vers la Place de l'Homme de fer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:31] Les individus déguisés en meules de fromage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:36] Plan rapproché sur le char de l'Alsacienne sur le taureau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:42] Le char des quatre vieillards aux attributs politiques (écharpes tricolores) vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Le char de l'homme à la pièce montée rose vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:51] Plan rapproché sur une femme, relativement âgée, qui sourit et tente d'enlever les confettis de son manteau. Elle se retourne enfin et jette une poignée de confettis au visage de son voisin. Aucun regard caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:58] Le char en forme de bateau vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:05] Le char de l'enfant sur le cheval à bascule vu de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:08] Plan rapproché sur le char en forme de tigre. Les jeunes femmes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:20] Le char de la femme allongée vue de derrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:26] Un char surmonté d'un lion derrière lequel deux hommes se tiennent debout, l'un a un chapeau de trappeur canadien sur la tête, l'autre une coiffe d'Indien d'Amérique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:40] Plan rapproché sur le char de la femme ailée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:48] Plan rapproché sur le char du chameau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:53] Plan rapproché sur le char des bagnards.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées en intérieur, lors d'un repas de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:57] Une table de fête est dressée et décorée, la pièce est vide. Gros plan sur le centre de table composé de branches de sapin et de cierges colorés. Plan panoramique de la table qui compte au moins 18 couverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[04:11] Plan filmé depuis le même point de vue que le précédent. La fête bat son plein. Les lumières sont allumées, il semblerait qu'il fait nuit. Sur la table envahie de serpentins, les assiettes sont vides, les bouteilles aussi. Certains sont encore assis tandis que d'autres sont debout, une coupe de champagne ou de crémant à la main, un chapeau en carton sur la tête. Les visages sont rouges et souriants. Les gens s'embrassent et dansent. Certains semblent ivres. Un homme et une femme se font boire mutuellement leur verre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:19] Hommes et femmes dansent et forment une chenille. Les jupes se soulèvent face à la caméra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:31] Ils dansent tous, à deux voire à trois, sur un rythme assez rapide. Certains se bousculent ou manquent de tomber.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[05:50] Un homme se met à danser seul, sautillant et gesticulant ; le style est plus libéré, plus moderne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:10] Debout sur une chaise, sans pantalon, un homme fait semblant d'uriner dans une petite bassine. Les autres l'encouragent et rient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:21] Un autre homme soulève celui qui n'a plus de pantalon, lui donne quelques fessées et le repose. L'homme sans pantalon sourit et continue de danser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:50] Lendemain matin, il fait jour. La pièce est vide, les chaises sont empilées dans un coin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[06:57] Gros plan sur un grand panier rempli de bouteilles vides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:13] Les restes de nourriture sont disposés sur la table, à la façon d'un buffet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:21] Trois femmes font la vaisselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes se focalisent à nouveau sur le cortège du carnaval. La caméra surplombe la foule et suit le défilé au loin – à environ 20 mètres. On se situe à l'angle de la Rue Turenne et de l'Avenue de la Paix, à côté de la Grande Synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:25] Un char avec une pancarte sur laquelle est écrit « ''WAS IM GEIMEINDEROOD GERED WURD ESCH ?'' » [''Traduction de l'alsacien : « Ce qui a été dit au conseil municipal ? »'']. Sur ce même char, deux hommes à chapeau melon saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:38] Un char représentant un animal – un renard ? - déguisé en roi assis sur son trône. Les confettis pleuvent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:47] Un char qui transporte une caricature de l'homme allemand, replet, joufflu et vêtu du costume traditionnel bavarois – le ''Lederhose'' et le ''Steyrer Hut'' – et d'une chope de bière à la main. Devant lui, une tête de voleur, et derrière, un femme, caricature de la touriste allemande, accroupie et dont la jupe se soulève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:03] Un char sur lequel prennent place deux géantes habillées avec le costume alsacien traditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:08] Retour sur le char des caricatures allemandes, vu de derrière : on aperçoit les fesses nues de l'Allemande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:15] Un char en forme de coq sur lequel prend place un géant, à savoir un vieux monsieur en complet rouge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:26] Un char représentant deux brancardiers portant l'uniforme français bleu horizon de la Première guerre mondiale et transportant un blessé à la peau verdâtre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:34] Un char représentant un vieil homme, assis sur une chaise, les bras croisés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:44] Une remorque transportant une fanfare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:46] Un char issu du monde de ''Tintin '': le Professeur Tournesol fait office de figure de proue, Tintin et Milou sont au milieu et le Capitaine Haddock est à l'arrière, assis, en train de boire une bouteille – de rhum sans doute.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[08:55] Un char représentant un ring de boxe ; deux hommes à moitié nus se battent, un arbitre les sépare et un vautour les survole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:05] Un char en forme de kangourou, un ballon de volley-ball à la main et un visage humain à lunette. Le char, très haut, est pris dans une guirlande de fanions et s'en dégage difficilement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:28] Un char en forme d'éléphant sur lequel sont assises trois jeunes femmes dont une est déguisée en reine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:42] Le cortège continue de défiler mais la caméra est très loin, on ne voit que le haut des têtes et parmi elles, un personnage de papier mâché – une femme au gros nez – virevolte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[09:52] Plan rapproché sur la foule en mouvement ; elle est composée à la fois d'enfants, d'adultes et de personnes âgées. Chacun s'amuse à envoyer des confettis sur les autres. Les chapeaux, les manteaux et les trottoirs en sont couverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:09] Un char sur lequel cinq hommes déguisés prennent place, l'un porte un uniforme militaire, un autre un déguisement de motard, un autre encore arbore un haut-de-forme. Ils lancent des poignées de confettis sur la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:15] Plan rapproché sur la foule. Ce sont davantage les adultes et les personnes âgées, non les enfants, qui jouent avec les confettis. Viennent devant la caméra des visages connus et souriants, ceux de la fête de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:43] Plan rapproché sur un enfant à vélo qui tente d'enlever les confettis de ses vêtements et de son béret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:48] Plan rapproché sur un individu portant un carton décoré en guise de déguisement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[10:52] Sur les trottoirs, les adultes ont presque tous un sachet en papier contenant des confettis dans les mains ; ils les jettent autour d'eux et chahutent joyeusement ensemble.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période allant du milieu de l'hiver au début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « &amp;quot;De Barabli&amp;quot; » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organise une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tombant traditionnellement au cours des sept jours gras, à savoir la semaine précédant le Carême, le carnaval est aussi l'occasion de repas de famille copieux et festifs. Une partie de ce film amateur est justement consacré à une soirée familiale. Le film dévoile une table décorée et festive, comptant une vingtaine de couverts, de nombreux plats et des bouteilles de vin tout aussi nombreuses. Le repas « gras » se traduit ainsi par une certaine opulence des mets et de l'alcool qui coule à flot. Peut-être moins par strict respect des coutumes religieuses que par opportunité, le carnaval permet aux familles de se réunir, de dîner ensemble et de faire la fête. Ivres, les gens s'amusent et dansent, de façon presque frénétique pour certains et rappelant à cet égard les traditionnelles danses ubuesques du carnaval. Cette scène de repas, si elle n'est pas nécessairement représentative de ce que font toutes les familles strasbourgeoises un soir de carnaval, est donc assez judicieusement insérée à ce film dédié au carnaval. Tandis qu'on reproche au « Carnaval des Marchands » d'être trop bon enfant, cette famille semble finalement faire davantage honneur à l'esprit frondeur et licencieux du carnaval traditionnel.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7536</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0050FH0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7536"/>
		<updated>2019-01-06T21:10:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Niclaus&lt;br /&gt;
|idSupport=0050FH0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1958&lt;br /&gt;
|dateFin=1962&lt;br /&gt;
|video=0050FH0002&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:11:30&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Kling, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 2.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=Carnaval; Strasbourg (67); Fête populaire; Famille; Repas de fête&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Place Kléber, Strasbourg; Rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg; Grand'Rue, Strasbourg; Avenue de la Paix, Strasbourg; Grande Synagogue de la Paix, Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Art of living - Gastronomy@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un film amateur qui se déroule pendant le Carnaval de Strasbourg, entre 1958 et 1962. Une partie du film se focalise sur le cortège de chars tandis qu'une autre se concentre sur un repas de famille.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Les premières séquences sont tournées sur un mode similaire : il s'agit de plans d'ensemble fixes, assez courts. Postée sur un trottoir - en face de la Brasserie du Pêcheur et de la boutique de &amp;quot;''Vêtements Klotz''&amp;quot;, toutes deux situées à l'angle de Grand'Rue et de la rue des Francs-Bourgeois - et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent. Ces premières images sont très floues et on distingue mal ce qu'il s'y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:00] Vue d'ensemble de la foule de part et d'autre de la rue des Francs-Bourgeois, assistant au défilé des chars. Au milieu, un homme pédale sur un grand-bi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:02] Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg - brasserie alsacienne fondée en 1664 à Strasbourg - suivie par une voiture ornée d'une grande bouteille de bière, Kronenbourg également, sur le toit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Une fanfare dont les membres portent des déguisements aux couleurs vives.&lt;br /&gt;
[00:16] Deux plans successifs et très courts de la foule, entassée sur les trottoirs, couverte de confettis.&lt;br /&gt;
[00:18] Premier char tiré par une voiture décorée avec un croissant de Lune sur le toit ; la remorque quant à elle a été transformée en lit géant et deux personnes en pyjama y sont installées.&lt;br /&gt;
[00:21] Une seconde remorque, cette fois-ci tirée par un tracteur, transporte un personnage de papier mâché relativement joufflu et semblant faire une chute à ski. &lt;br /&gt;
[00:28] Un char en forme de dragon d'inspiration chinoise ; sur le dos du dragon, une marmite sur le feu contenant deux personnages habillés en cuisinier.&lt;br /&gt;
[00:35] Un char en forme de cage sur laquelle se tient un singe, langue tirée et yeux exorbités ; quelques personnes semblent quant à elles prisonnières de la cage.&lt;br /&gt;
[00:42] Un char orné d'une danseuse de papier mâché autour de laquelle quatre figures masculines pivotent et semblent danser ; un cinquième personnage, plus imposant, est posté à l'arrière du char, les bras levés.&lt;br /&gt;
[00:47] Des personnes déguisées déambulent, dont une est déguisée en meule de fromage.&lt;br /&gt;
[00:48] Un char représentant une femme vêtue du costume traditionnel alsacien, à cru sur un taureau bleu, allégorie de l'Europe.&lt;br /&gt;
[00:54] Un char transportant quatre vieux géants de papier mâché, dont l'un porte l'écharpe tricolore des maires français et un autre qui porte une écharpe autour du cou aux couleurs de la République Fédérale Allemande.&lt;br /&gt;
[00:59] Un char sur lequel un personnage arborant un chapeau blanc sur la tête prend dans ses bras une sorte de pièce montée rose.&lt;br /&gt;
[01:03] Des femmes habillées avec le costume traditionnel alsacien sont suivies par un fanfare dont les membres arborent eux aussi le costume traditionnel.&lt;br /&gt;
[01:06] Un char en forme de bateau ; la figure de proue est une femme nue, rousse à la peau verte semblant jouer d'un instrument à vent – sans doute une trompette – et à la poupe, un géant ouvrant les bras porte une couronne rayonnante.&lt;br /&gt;
[01:13] Des individus déguisés en arlequin dansent.&lt;br /&gt;
[01:16] Une fanfare dont les membres sont vêtus de déguisement très colorés joue et défile.&lt;br /&gt;
[01:23] Quelques personnes font des acrobaties sur des bicyclettes, des grand-bi et des monocycles.&lt;br /&gt;
[01:37] Un char représentant un enfant déguisé en chevalier sur un cheval à bascule.&lt;br /&gt;
[01:45] Un char en forme de tigre immense sur lequel prennent place trois jeunes femmes portant le long manteau de pourpre et d'hermine royal et trois autres portant des déguisements de panthères.&lt;br /&gt;
[01:49] Un char représentant une femme allongée nonchalamment, la tête sur un croissant de Lune ; face à elle, un second personnage lui tourne le dos et lui montre ses fesses.&lt;br /&gt;
[01:54] Plan non cadré ; on y voit des façades d'immeubles.&lt;br /&gt;
[01:55] Un char orné de deux énormes têtes d'hommes portant un haut-de-forme derrière lesquelles un personnage féminin ailé prend place sur un siège aux couleurs des États-Unis.&lt;br /&gt;
[01:58] Un char en forme de chameau qui porte une danseuse orientale quasiment nue et derrière elle, un homme blanc, une raquette de tennis à la main.&lt;br /&gt;
[02:04] Un char sur lequel des hommes sont portent les vêtements et le calot rayés des bagnards ; deux autres portent l'uniforme des gendarmes.&lt;br /&gt;
[02:12] Un tracteur tire une remorque sur laquelle des hommes et des femmes sont installés et agitent des filets à papillons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées sur la Place Kléber, depuis l'angle de la Rue des Francs-Bourgeois, face à l'Aubette. Les chars précédemment décrits y défilent. La caméra est à hauteur d'homme et plus proche encore du cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:24] Plan rapproché sur le char de la danseuse et des cinq hommes. &lt;br /&gt;
[02:27] Un second plan du même char, vu de derrière cette fois, partant vers la Place de l'Homme de fer.&lt;br /&gt;
[02:31] Les individus déguisés en meules de fromage.&lt;br /&gt;
[02:36] Plan rapproché sur le char de l'Alsacienne sur le taureau.&lt;br /&gt;
[02:42] Le char des quatre vieillards aux attributs politiques (écharpes tricolores) vu de derrière.&lt;br /&gt;
[02:46] Le char de l'homme à la pièce montée rose vu de derrière.&lt;br /&gt;
[02:51] Plan rapproché sur une femme, relativement âgée, qui sourit et tente d'enlever les confettis de son manteau. Elle se retourne enfin et jette une poignée de confettis au visage de son voisin. Aucun regard caméra.&lt;br /&gt;
[02:58] Le char en forme de bateau vu de derrière.&lt;br /&gt;
[03:05] Le char de l'enfant sur le cheval à bascule vu de derrière.&lt;br /&gt;
[03:08] Plan rapproché sur le char en forme de tigre. Les jeunes femmes saluent la foule.&lt;br /&gt;
[03:20] Le char de la femme allongée vue de derrière.&lt;br /&gt;
[03:26] Un char surmonté d'un lion derrière lequel deux hommes se tiennent debout, l'un a un chapeau de trappeur canadien sur la tête, l'autre une coiffe d'Indien d'Amérique.&lt;br /&gt;
[03:40] Plan rapproché sur le char de la femme ailée.&lt;br /&gt;
[03:48] Plan rapproché sur le char du chameau.&lt;br /&gt;
[03:53] Plan rapproché sur le char des bagnards.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées en intérieur, lors d'un repas de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:57] Une table de fête est dressée et décorée, la pièce est vide. Gros plan sur le centre de table composé de branches de sapin et de cierges colorés. Plan panoramique de la table qui compte au moins 18 couverts.&lt;br /&gt;
[04:11] Plan filmé depuis le même point de vue que le précédent. La fête bat son plein. Les lumières sont allumées, il semblerait qu'il fait nuit. Sur la table envahie de serpentins, les assiettes sont vides, les bouteilles aussi. Certains sont encore assis tandis que d'autres sont debout, une coupe de champagne ou de crémant à la main, un chapeau en carton sur la tête. Les visages sont rouges et souriants. Les gens s'embrassent et dansent. Certains semblent ivres. Un homme et une femme se font boire mutuellement leur verre.&lt;br /&gt;
[05:19] Hommes et femmes dansent et forment une chenille. Les jupes se soulèvent face à la caméra.&lt;br /&gt;
[05:31] Ils dansent tous, à deux voire à trois, sur un rythme assez rapide. Certains se bousculent ou manquent de tomber.&lt;br /&gt;
[05:50] Un homme se met à danser seul, sautillant et gesticulant ; le style est plus libéré, plus moderne.&lt;br /&gt;
[06:10] Debout sur une chaise, sans pantalon, un homme fait semblant d'uriner dans une petite bassine. Les autres l'encouragent et rient.&lt;br /&gt;
[06:21] Un autre homme soulève celui qui n'a plus de pantalon, lui donne quelques fessées et le repose. L'homme sans pantalon sourit et continue de danser.&lt;br /&gt;
[06:50] Lendemain matin, il fait jour. La pièce est vide, les chaises sont empilées dans un coin.&lt;br /&gt;
[06:57] Gros plan sur un grand panier rempli de bouteilles vides.&lt;br /&gt;
[07:13] Les restes de nourriture sont disposés sur la table, à la façon d'un buffet.&lt;br /&gt;
[07:21] Trois femmes font la vaisselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes se focalisent à nouveau sur le cortège du carnaval. La caméra surplombe la foule et suit le défilé au loin – à environ 20 mètres. On se situe à l'angle de la Rue Turenne et de l'Avenue de la Paix, à côté de la Grande Synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:25] Un char avec une pancarte sur laquelle est écrit « ''WAS IM GEIMEINDEROOD GERED WURD ESCH ?'' » [''Traduction de l'alsacien : « Ce qui a été dit au conseil municipal ? »'']. Sur ce même char, deux hommes à chapeau melon saluent la foule.&lt;br /&gt;
[07:38] Un char représentant un animal – un renard ? - déguisé en roi assis sur son trône. Les confettis pleuvent. &lt;br /&gt;
[07:47] Un char qui transporte une caricature de l'homme allemand, replet, joufflu et vêtu du costume traditionnel bavarois – le ''Lederhose'' et le ''Steyrer Hut'' – et d'une chope de bière à la main. Devant lui, une tête de voleur, et derrière, un femme, caricature de la touriste allemande, accroupie et dont la jupe se soulève.&lt;br /&gt;
[08:03] Un char sur lequel prennent place deux géantes habillées avec le costume alsacien traditionnel.&lt;br /&gt;
[08:08] Retour sur le char des caricatures allemandes, vu de derrière : on aperçoit les fesses nues de l'Allemande.&lt;br /&gt;
[08:15] Un char en forme de coq sur lequel prend place un géant, à savoir un vieux monsieur en complet rouge.&lt;br /&gt;
[08:26] Un char représentant deux brancardiers portant l'uniforme français bleu horizon de la Première guerre mondiale et transportant un blessé à la peau verdâtre.&lt;br /&gt;
[08:34] Un char représentant un vieil homme, assis sur une chaise, les bras croisés.&lt;br /&gt;
[08:44] Une remorque transportant une fanfare.&lt;br /&gt;
[08:46] Un char issu du monde de ''Tintin '': le Professeur Tournesol fait office de figure de proue, Tintin et Milou sont au milieu et le Capitaine Haddock est à l'arrière, assis, en train de boire une bouteille – de rhum sans doute.&lt;br /&gt;
[08:55] Un char représentant un ring de boxe ; deux hommes à moitié nus se battent, un arbitre les sépare et un vautour les survole.&lt;br /&gt;
[09:05] Un char en forme de kangourou, un ballon de volley-ball à la main et un visage humain à lunette. Le char, très haut, est pris dans une guirlande de fanions et s'en dégage difficilement.&lt;br /&gt;
[09:28] Un char en forme d'éléphant sur lequel sont assises trois jeunes femmes dont une est déguisée en reine.&lt;br /&gt;
[09:42] Le cortège continue de défiler mais la caméra est très loin, on ne voit que le haut des têtes et parmi elles, un personnage de papier mâché – une femme au gros nez – virevolte. &lt;br /&gt;
[09:52] Plan rapproché sur la foule en mouvement ; elle est composée à la fois d'enfants, d'adultes et de personnes âgées. Chacun s'amuse à envoyer des confettis sur les autres. Les chapeaux, les manteaux et les trottoirs en sont couverts.&lt;br /&gt;
[10:09] Un char sur lequel cinq hommes déguisés prennent place, l'un porte un uniforme militaire, un autre un déguisement de motard, un autre encore arbore un haut-de-forme. Ils lancent des poignées de confettis sur la foule.&lt;br /&gt;
[10:15] Plan rapproché sur la foule. Ce sont davantage les adultes et les personnes âgées, non les enfants, qui jouent avec les confettis. Viennent devant la caméra des visages connus et souriants, ceux de la fête de famille.&lt;br /&gt;
[10:43] Plan rapproché sur un enfant à vélo qui tente d'enlever les confettis de ses vêtements et de son béret. &lt;br /&gt;
[10:48] Plan rapproché sur un individu portant un carton décoré en guise de déguisement. &lt;br /&gt;
[10:52] Sur les trottoirs, les adultes ont presque tous un sachet en papier contenant des confettis dans les mains ; ils les jettent autour d'eux et chahutent joyeusement ensemble.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période allant du milieu de l'hiver au début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « &amp;quot;De Barabli&amp;quot; » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organise une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tombant traditionnellement au cours des sept jours gras, à savoir la semaine précédant le Carême, le carnaval est aussi l'occasion de repas de famille copieux et festifs. Une partie de ce film amateur est justement consacré à une soirée familiale. Le film dévoile une table décorée et festive, comptant une vingtaine de couverts, de nombreux plats et des bouteilles de vin tout aussi nombreuses. Le repas « gras » se traduit ainsi par une certaine opulence des mets et de l'alcool qui coule à flot. Peut-être moins par strict respect des coutumes religieuses que par opportunité, le carnaval permet aux familles de se réunir, de dîner ensemble et de faire la fête. Ivres, les gens s'amusent et dansent, de façon presque frénétique pour certains et rappelant à cet égard les traditionnelles danses ubuesques du carnaval. Cette scène de repas, si elle n'est pas nécessairement représentative de ce que font toutes les familles strasbourgeoises un soir de carnaval, est donc assez judicieusement insérée à ce film dédié au carnaval. Tandis qu'on reproche au « Carnaval des Marchands » d'être trop bon enfant, cette famille semble finalement faire davantage honneur à l'esprit frondeur et licencieux du carnaval traditionnel.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7531</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0050FH0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7531"/>
		<updated>2019-01-06T21:02:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Niclaus&lt;br /&gt;
|idSupport=0050FH0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1958&lt;br /&gt;
|dateFin=1962&lt;br /&gt;
|video=0050FH0002&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:11:30&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Kling, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 2.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=Carnaval; Strasbourg (67); Fête populaire; Famille; Repas de fête&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Place Kléber, Strasbourg; Rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg; Grand'Rue, Strasbourg; Avenue de la Paix, Strasbourg; Grande Synagogue de la Paix, Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Art of living - Gastronomy@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un film amateur qui se déroule pendant le Carnaval de Strasbourg, entre 1958 et 1962. Une partie du film se focalise sur le cortège de chars tandis qu'une autre se concentre sur un repas de famille.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Les premières séquences sont tournées sur un mode similaire : il s'agit de plans d'ensemble fixes, assez courts. Postée sur un trottoir - en face de la Brasserie du Pêcheur et de la boutique de &amp;quot;''Vêtements Klotz''&amp;quot;, toutes deux situées à l'angle de Grand'Rue et de la rue des Francs-Bourgeois - et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent. Ces premières images sont très floues et on distingue mal ce qu'il s'y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:00] Vue d'ensemble de la foule de part et d'autre de la rue des Francs-Bourgeois, assistant au défilé des chars. Au milieu, un homme pédale sur un grand-bi.&lt;br /&gt;
[00:02] Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg - brasserie alsacienne fondée en 1664 à Strasbourg - suivie par une voiture ornée d'une grande bouteille de bière, Kronenbourg également, sur le toit.&lt;br /&gt;
[00:10] Une fanfare dont les membres portent des déguisements aux couleurs vives.&lt;br /&gt;
[00:16] Deux plans successifs et très courts de la foule, entassée sur les trottoirs, couverte de confettis.&lt;br /&gt;
[00:18] Premier char tiré par une voiture décorée avec un croissant de Lune sur le toit ; la remorque quant à elle a été transformée en lit géant et deux personnes en pyjama y sont installées.&lt;br /&gt;
[00:21] Une seconde remorque, cette fois-ci tirée par un tracteur, transporte un personnage de papier mâché relativement joufflu et semblant faire une chute à ski. &lt;br /&gt;
[00:28] Un char en forme de dragon d'inspiration chinoise ; sur le dos du dragon, une marmite sur le feu contenant deux personnages habillés en cuisinier.&lt;br /&gt;
[00:35] Un char en forme de cage sur laquelle se tient un singe, langue tirée et yeux exorbités ; quelques personnes semblent quant à elles prisonnières de la cage.&lt;br /&gt;
[00:42] Un char orné d'une danseuse de papier mâché autour de laquelle quatre figures masculines pivotent et semblent danser ; un cinquième personnage, plus imposant, est posté à l'arrière du char, les bras levés.&lt;br /&gt;
[00:47] Des personnes déguisées déambulent, dont une est déguisée en meule de fromage.&lt;br /&gt;
[00:48] Un char représentant une femme vêtue du costume traditionnel alsacien, à cru sur un taureau bleu, allégorie de l'Europe.&lt;br /&gt;
[00:54] Un char transportant quatre vieux géants de papier mâché, dont l'un porte l'écharpe tricolore des maires français et un autre qui porte une écharpe autour du cou aux couleurs de la République Fédérale Allemande.&lt;br /&gt;
[00:59] Un char sur lequel un personnage arborant un chapeau blanc sur la tête prend dans ses bras une sorte de pièce montée rose.&lt;br /&gt;
[01:03] Des femmes habillées avec le costume traditionnel alsacien sont suivies par un fanfare dont les membres arborent eux aussi le costume traditionnel.&lt;br /&gt;
[01:06] Un char en forme de bateau ; la figure de proue est une femme nue, rousse à la peau verte semblant jouer d'un instrument à vent – sans doute une trompette – et à la poupe, un géant ouvrant les bras porte une couronne rayonnante.&lt;br /&gt;
[01:13] Des individus déguisés en arlequin dansent.&lt;br /&gt;
[01:16] Une fanfare dont les membres sont vêtus de déguisement très colorés joue et défile.&lt;br /&gt;
[01:23] Quelques personnes font des acrobaties sur des bicyclettes, des grand-bi et des monocycles.&lt;br /&gt;
[01:37] Un char représentant un enfant déguisé en chevalier sur un cheval à bascule.&lt;br /&gt;
[01:45] Un char en forme de tigre immense sur lequel prennent place trois jeunes femmes portant le long manteau de pourpre et d'hermine royal et trois autres portant des déguisements de panthères.&lt;br /&gt;
[01:49] Un char représentant une femme allongée nonchalamment, la tête sur un croissant de Lune ; face à elle, un second personnage lui tourne le dos et lui montre ses fesses.&lt;br /&gt;
[01:54] Plan non cadré ; on y voit des façades d'immeubles.&lt;br /&gt;
[01:55] Un char orné de deux énormes têtes d'hommes portant un haut-de-forme derrière lesquelles un personnage féminin ailé prend place sur un siège aux couleurs des États-Unis.&lt;br /&gt;
[01:58] Un char en forme de chameau qui porte une danseuse orientale quasiment nue et derrière elle, un homme blanc, une raquette de tennis à la main.&lt;br /&gt;
[02:04] Un char sur lequel des hommes sont portent les vêtements et le calot rayés des bagnards ; deux autres portent l'uniforme des gendarmes.&lt;br /&gt;
[02:12] Un tracteur tire une remorque sur laquelle des hommes et des femmes sont installés et agitent des filets à papillons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées sur la Place Kléber, depuis l'angle de la Rue des Francs-Bourgeois, face à l'Aubette. Les chars précédemment décrits y défilent. La caméra est à hauteur d'homme et plus proche encore du cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:24] Plan rapproché sur le char de la danseuse et des cinq hommes. &lt;br /&gt;
[02:27] Un second plan du même char, vu de derrière cette fois, partant vers la Place de l'Homme de fer.&lt;br /&gt;
[02:31] Les individus déguisés en meules de fromage.&lt;br /&gt;
[02:36] Plan rapproché sur le char de l'Alsacienne sur le taureau.&lt;br /&gt;
[02:42] Le char des quatre vieillards aux attributs politiques (écharpes tricolores) vu de derrière.&lt;br /&gt;
[02:46] Le char de l'homme à la pièce montée rose vu de derrière.&lt;br /&gt;
[02:51] Plan rapproché sur une femme, relativement âgée, qui sourit et tente d'enlever les confettis de son manteau. Elle se retourne enfin et jette une poignée de confettis au visage de son voisin. Aucun regard caméra.&lt;br /&gt;
[02:58] Le char en forme de bateau vu de derrière.&lt;br /&gt;
[03:05] Le char de l'enfant sur le cheval à bascule vu de derrière.&lt;br /&gt;
[03:08] Plan rapproché sur le char en forme de tigre. Les jeunes femmes saluent la foule.&lt;br /&gt;
[03:20] Le char de la femme allongée vue de derrière.&lt;br /&gt;
[03:26] Un char surmonté d'un lion derrière lequel deux hommes se tiennent debout, l'un a un chapeau de trappeur canadien sur la tête, l'autre une coiffe d'Indien d'Amérique.&lt;br /&gt;
[03:40] Plan rapproché sur le char de la femme ailée.&lt;br /&gt;
[03:48] Plan rapproché sur le char du chameau.&lt;br /&gt;
[03:53] Plan rapproché sur le char des bagnards.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées en intérieur, lors d'un repas de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:57] Une table de fête est dressée et décorée, la pièce est vide. Gros plan sur le centre de table composé de branches de sapin et de cierges colorés. Plan panoramique de la table qui compte au moins 18 couverts.&lt;br /&gt;
[04:11] Plan filmé depuis le même point de vue que le précédent. La fête bat son plein. Les lumières sont allumées, il semblerait qu'il fait nuit. Sur la table envahie de serpentins, les assiettes sont vides, les bouteilles aussi. Certains sont encore assis tandis que d'autres sont debout, une coupe de champagne ou de crémant à la main, un chapeau en carton sur la tête. Les visages sont rouges et souriants. Les gens s'embrassent et dansent. Certains semblent ivres. Un homme et une femme se font boire mutuellement leur verre.&lt;br /&gt;
[05:19] Hommes et femmes dansent et forment une chenille. Les jupes se soulèvent face à la caméra.&lt;br /&gt;
[05:31] Ils dansent tous, à deux voire à trois, sur un rythme assez rapide. Certains se bousculent ou manquent de tomber.&lt;br /&gt;
[05:50] Un homme se met à danser seul, sautillant et gesticulant ; le style est plus libéré, plus moderne.&lt;br /&gt;
[06:10] Debout sur une chaise, sans pantalon, un homme fait semblant d'uriner dans une petite bassine. Les autres l'encouragent et rient.&lt;br /&gt;
[06:21] Un autre homme soulève celui qui n'a plus de pantalon, lui donne quelques fessées et le repose. L'homme sans pantalon sourit et continue de danser.&lt;br /&gt;
[06:50] Lendemain matin, il fait jour. La pièce est vide, les chaises sont empilées dans un coin.&lt;br /&gt;
[06:57] Gros plan sur un grand panier rempli de bouteilles vides.&lt;br /&gt;
[07:13] Les restes de nourriture sont disposés sur la table, à la façon d'un buffet.&lt;br /&gt;
[07:21] Trois femmes font la vaisselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes se focalisent à nouveau sur le cortège du carnaval. La caméra surplombe la foule et suit le défilé au loin – à environ 20 mètres. On se situe à l'angle de la Rue Turenne et de l'Avenue de la Paix, à côté de la Grande Synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:25] Un char avec une pancarte sur laquelle est écrit « ''WAS IM GEIMEINDEROOD GERED WURD ESCH ?'' » [''Traduction de l'alsacien : « Ce qui a été dit au conseil municipal ? »'']. Sur ce même char, deux hommes à chapeau melon saluent la foule.&lt;br /&gt;
[07:38] Un char représentant un animal – un renard ? - déguisé en roi assis sur son trône. Les confettis pleuvent. &lt;br /&gt;
[07:47] Un char qui transporte une caricature de l'homme allemand, replet, joufflu et vêtu du costume traditionnel bavarois – le ''Lederhose'' et le ''Steyrer Hut'' – et d'une chope de bière à la main. Devant lui, une tête de voleur, et derrière, un femme, caricature de la touriste allemande, accroupie et dont la jupe se soulève.&lt;br /&gt;
[08:03] Un char sur lequel prennent place deux géantes habillées avec le costume alsacien traditionnel.&lt;br /&gt;
[08:08] Retour sur le char des caricatures allemandes, vu de derrière : on aperçoit les fesses nues de l'Allemande.&lt;br /&gt;
[08:15] Un char en forme de coq sur lequel prend place un géant, à savoir un vieux monsieur en complet rouge.&lt;br /&gt;
[08:26] Un char représentant deux brancardiers portant l'uniforme français bleu horizon de la Première guerre mondiale et transportant un blessé à la peau verdâtre.&lt;br /&gt;
[08:34] Un char représentant un vieil homme, assis sur une chaise, les bras croisés.&lt;br /&gt;
[08:44] Une remorque transportant une fanfare.&lt;br /&gt;
[08:46] Un char issu du monde de ''Tintin '': le Professeur Tournesol fait office de figure de proue, Tintin et Milou sont au milieu et le Capitaine Haddock est à l'arrière, assis, en train de boire une bouteille – de rhum sans doute.&lt;br /&gt;
[08:55] Un char représentant un ring de boxe ; deux hommes à moitié nus se battent, un arbitre les sépare et un vautour les survole.&lt;br /&gt;
[09:05] Un char en forme de kangourou, un ballon de volley-ball à la main et un visage humain à lunette. Le char, très haut, est pris dans une guirlande de fanions et s'en dégage difficilement.&lt;br /&gt;
[09:28] Un char en forme d'éléphant sur lequel sont assises trois jeunes femmes dont une est déguisée en reine.&lt;br /&gt;
[09:42] Le cortège continue de défiler mais la caméra est très loin, on ne voit que le haut des têtes et parmi elles, un personnage de papier mâché – une femme au gros nez – virevolte. &lt;br /&gt;
[09:52] Plan rapproché sur la foule en mouvement ; elle est composée à la fois d'enfants, d'adultes et de personnes âgées. Chacun s'amuse à envoyer des confettis sur les autres. Les chapeaux, les manteaux et les trottoirs en sont couverts.&lt;br /&gt;
[10:09] Un char sur lequel cinq hommes déguisés prennent place, l'un porte un uniforme militaire, un autre un déguisement de motard, un autre encore arbore un haut-de-forme. Ils lancent des poignées de confettis sur la foule.&lt;br /&gt;
[10:15] Plan rapproché sur la foule. Ce sont davantage les adultes et les personnes âgées, non les enfants, qui jouent avec les confettis. Viennent devant la caméra des visages connus et souriants, ceux de la fête de famille.&lt;br /&gt;
[10:43] Plan rapproché sur un enfant à vélo qui tente d'enlever les confettis de ses vêtements et de son béret. &lt;br /&gt;
[10:48] Plan rapproché sur un individu portant un carton décoré en guise de déguisement. &lt;br /&gt;
[10:52] Sur les trottoirs, les adultes ont presque tous un sachet en papier contenant des confettis dans les mains ; ils les jettent autour d'eux et chahutent joyeusement ensemble.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période allant du milieu de l'hiver au début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « &amp;quot;De Barabli&amp;quot; » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organise une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tombant traditionnellement au cours des sept jours gras, à savoir la semaine précédant le Carême, le carnaval est aussi l'occasion de repas de famille copieux et festifs. Une partie de ce film amateur est justement consacré à une soirée familiale. Le film dévoile une table décorée et festive, comptant une vingtaine de couverts, de nombreux plats et des bouteilles de vin tout aussi nombreuses. Le repas « gras » se traduit ainsi par une certaine opulence des mets et de l'alcool qui coule à flot. Peut-être moins par strict respect des coutumes religieuses que par opportunité, le carnaval permet aux familles de se réunir, de dîner ensemble et de faire la fête. Ivres, les gens s'amusent et dansent, de façon presque frénétique pour certains et rappelant à cet égard les traditionnelles danses ubuesques du carnaval. Cette scène de repas, si elle n'est pas nécessairement représentative de ce que font toutes les familles strasbourgeoises un soir de carnaval, est donc assez judicieusement insérée à ce film dédié au carnaval. Tandis qu'on reproche au « Carnaval des Marchands » d'être trop bon enfant, cette famille semble finalement faire davantage honneur à l'esprit frondeur et licencieux du carnaval traditionnel.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>Carnaval de Strasbourg (0050FH0002)</title>
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		<updated>2019-01-06T20:56:07Z</updated>

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&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Niclaus&lt;br /&gt;
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|dateDebut=1958&lt;br /&gt;
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|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Kling, Charles&lt;br /&gt;
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|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=Carnaval; Strasbourg (67); Fête populaire; Famille; Repas de fête&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Place Kléber, Strasbourg; Rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg; Grand'Rue, Strasbourg; Avenue de la Paix, Strasbourg; Grande Synagogue de la Paix, Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Art of living - Gastronomy@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un film amateur qui se déroule pendant le Carnaval de Strasbourg, entre 1958 et 1962. Une partie du film se focalise sur le cortège de chars tandis qu'une autre se concentre sur un repas de famille.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Les premières séquences sont tournées sur un mode similaire : il s'agit de plans d'ensemble fixes, assez courts. Postée sur un trottoir - en face de la Brasserie du Pêcheur et de la boutique de &amp;quot;''Vêtements Klotz''&amp;quot;, toutes deux situées à l'angle de Grand'Rue et de la rue des Francs-Bourgeois - et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent. Ces premières images sont très floues et on distingue mal ce qu'il s'y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:00] Vue d'ensemble de la foule de part et d'autre de la rue des Francs-Bourgeois, assistant au défilé des chars. Au milieu, un homme pédale sur un grand-bi.&lt;br /&gt;
[00:02] Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg - brasserie alsacienne fondée en 1664 à Strasbourg - suivie par une voiture ornée d'une grande bouteille de bière, Kronenbourg également, sur le toit.&lt;br /&gt;
[00:10] Une fanfare dont les membres portent des déguisements aux couleurs vives.&lt;br /&gt;
[00:16] Deux plans successifs et très courts de la foule, entassée sur les trottoirs, couverte de confettis.&lt;br /&gt;
[00:18] Premier char tiré par une voiture décorée avec un croissant de Lune sur le toit ; la remorque quant à elle a été transformée en lit géant et deux personnes en pyjama y sont installées.&lt;br /&gt;
[00:21] Une seconde remorque, cette fois-ci tirée par un tracteur, transporte un personnage de papier mâché relativement joufflu et semblant faire une chute à ski. &lt;br /&gt;
[00:28] Un char en forme de dragon d'inspiration chinoise ; sur le dos du dragon, une marmite sur le feu contenant deux personnages habillés en cuisinier.&lt;br /&gt;
[00:35] Un char en forme de cage sur laquelle se tient un singe, langue tirée et yeux exorbités ; quelques personnes semblent quant à elles prisonnières de la cage.&lt;br /&gt;
[00:42] Un char orné d'une danseuse de papier mâché autour de laquelle quatre figures masculines pivotent et semblent danser ; un cinquième personnage, plus imposant, est posté à l'arrière du char, les bras levés.&lt;br /&gt;
[00:47] Des personnes déguisées déambulent, dont une est déguisée en meule de fromage.&lt;br /&gt;
[00:48] Un char représentant une femme vêtue du costume traditionnel alsacien, à cru sur un taureau bleu, allégorie de l'Europe.&lt;br /&gt;
[00:54] Un char transportant quatre vieux géants de papier mâché, dont l'un porte l'écharpe tricolore des maires français et un autre qui porte une écharpe autour du cou aux couleurs de la République Fédérale Allemande.&lt;br /&gt;
[00:59] Un char sur lequel un personnage arborant un chapeau blanc sur la tête prend dans ses bras une sorte de pièce montée rose.&lt;br /&gt;
[01:03] Des femmes habillées avec le costume traditionnel alsacien sont suivies par un fanfare dont les membres arborent eux aussi le costume traditionnel.&lt;br /&gt;
[01:06] Un char en forme de bateau ; la figure de proue est une femme nue, rousse à la peau verte semblant jouer d'un instrument à vent – sans doute une trompette – et à la poupe, un géant ouvrant les bras porte une couronne rayonnante.&lt;br /&gt;
[01:13] Des individus déguisés en arlequin dansent.&lt;br /&gt;
[01:16] Une fanfare dont les membres sont vêtus de déguisement très colorés joue et défile.&lt;br /&gt;
[01:23] Quelques personnes font des acrobaties sur des bicyclettes, des grand-bi et des monocycles.&lt;br /&gt;
[01:37] Un char représentant un enfant déguisé en chevalier sur un cheval à bascule.&lt;br /&gt;
[01:45] Un char en forme de tigre immense sur lequel prennent place trois jeunes femmes portant le long manteau de pourpre et d'hermine royal et trois autres portant des déguisements de panthères.&lt;br /&gt;
[01:49] Un char représentant une femme allongée nonchalamment, la tête sur un croissant de Lune ; face à elle, un second personnage lui tourne le dos et lui montre ses fesses.&lt;br /&gt;
[01:54] Plan non cadré ; on y voit des façades d'immeubles.&lt;br /&gt;
[01:55] Un char orné de deux énormes têtes d'hommes portant un haut-de-forme derrière lesquelles un personnage féminin ailé prend place sur un siège aux couleurs des États-Unis.&lt;br /&gt;
[01:58] Un char en forme de chameau qui porte une danseuse orientale quasiment nue et derrière elle, un homme blanc, une raquette de tennis à la main.&lt;br /&gt;
[02:04] Un char sur lequel des hommes sont portent les vêtements et le calot rayés des bagnards ; deux autres portent l'uniforme des gendarmes.&lt;br /&gt;
[02:12] Un tracteur tire une remorque sur laquelle des hommes et des femmes sont installés et agitent des filets à papillons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées sur la Place Kléber, depuis l'angle de la Rue des Francs-Bourgeois, face à l'Aubette. Les chars précédemment décrits y défilent. La caméra est à hauteur d'homme et plus proche encore du cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:24] Plan rapproché sur le char de la danseuse et des cinq hommes. &lt;br /&gt;
[02:27] Un second plan du même char, vu de derrière cette fois, partant vers la Place de l'Homme de fer.&lt;br /&gt;
[02:31] Les individus déguisés en meules de fromage.&lt;br /&gt;
[02:36] Plan rapproché sur le char de l'Alsacienne sur le taureau.&lt;br /&gt;
[02:42] Le char des quatre vieillards aux attributs politiques (écharpes tricolores) vu de derrière.&lt;br /&gt;
[02:46] Le char de l'homme à la pièce montée rose vu de derrière.&lt;br /&gt;
[02:51] Plan rapproché sur une femme, relativement âgée, qui sourit et tente d'enlever les confettis de son manteau. Elle se retourne enfin et jette une poignée de confettis au visage de son voisin. Aucun regard caméra.&lt;br /&gt;
[02:58] Le char en forme de bateau vu de derrière.&lt;br /&gt;
[03:05] Le char de l'enfant sur le cheval à bascule vu de derrière.&lt;br /&gt;
[03:08] Plan rapproché sur le char en forme de tigre. Les jeunes femmes saluent la foule.&lt;br /&gt;
[03:20] Le char de la femme allongée vue de derrière.&lt;br /&gt;
[03:26] Un char surmonté d'un lion derrière lequel deux hommes se tiennent debout, l'un a un chapeau de trappeur canadien sur la tête, l'autre une coiffe d'Indien d'Amérique.&lt;br /&gt;
[03:40] Plan rapproché sur le char de la femme ailée.&lt;br /&gt;
[03:48] Plan rapproché sur le char du chameau.&lt;br /&gt;
[03:53] Plan rapproché sur le char des bagnards.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées en intérieur, lors d'un repas de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:57] Une table de fête est dressée et décorée, la pièce est vide. Gros plan sur le centre de table composé de branches de sapin et de cierges colorés. Plan panoramique de la table qui compte au moins 18 couverts.&lt;br /&gt;
[04:11] Plan filmé depuis le même point de vue que le précédent. La fête bat son plein. Les lumières sont allumées, il semblerait qu'il fait nuit. Sur la table envahie de serpentins, les assiettes sont vides, les bouteilles aussi. Certains sont encore assis tandis que d'autres sont debout, une coupe de champagne ou de crémant à la main, un chapeau en carton sur la tête. Les visages sont rouges et souriants. Les gens s'embrassent et dansent. Certains semblent ivres. Un homme et une femme se font boire mutuellement leur verre.&lt;br /&gt;
[05:19] Hommes et femmes dansent et forment une chenille. Les jupes se soulèvent face à la caméra.&lt;br /&gt;
[05:31] Ils dansent tous, à deux voire à trois, sur un rythme assez rapide. Certains se bousculent ou manquent de tomber.&lt;br /&gt;
[05:50] Un homme se met à danser seul, sautillant et gesticulant ; le style est plus libéré, plus moderne.&lt;br /&gt;
[06:10] Debout sur une chaise, sans pantalon, un homme fait semblant d'uriner dans une petite bassine. Les autres l'encouragent et rient.&lt;br /&gt;
[06:21] Un autre homme soulève celui qui n'a plus de pantalon, lui donne quelques fessées et le repose. L'homme sans pantalon sourit et continue de danser.&lt;br /&gt;
[06:50] Lendemain matin, il fait jour. La pièce est vide, les chaises sont empilées dans un coin.&lt;br /&gt;
[06:57] Gros plan sur un grand panier rempli de bouteilles vides.&lt;br /&gt;
[07:13] Les restes de nourriture sont disposés sur la table, à la façon d'un buffet.&lt;br /&gt;
[07:21] Trois femmes font la vaisselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes se focalisent à nouveau sur le cortège du carnaval. La caméra surplombe la foule et suit le défilé au loin – à environ 20 mètres. On se situe à l'angle de la Rue Turenne et de l'Avenue de la Paix, à côté de la Grande Synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:25] Un char avec une pancarte sur laquelle est écrit « ''WAS IM GEIMEINDEROOD GERED WURD ESCH ?'' » [''Traduction de l'alsacien : « Ce qui a été dit au conseil municipal ? »'']. Sur ce même char, deux hommes à chapeau melon saluent la foule.&lt;br /&gt;
[07:38] Un char représentant un animal – un renard ? - déguisé en roi assis sur son trône. Les confettis pleuvent. &lt;br /&gt;
[07:47] Un char qui transporte une caricature de l'homme allemand, replet, joufflu et vêtu du costume traditionnel bavarois – le ''Lederhose'' et le ''Steyrer Hut'' – et d'une chope de bière à la main. Devant lui, une tête de voleur, et derrière, un femme, caricature de la touriste allemande, accroupie et dont la jupe se soulève.&lt;br /&gt;
[08:03] Un char sur lequel prennent place deux géantes habillées avec le costume alsacien traditionnel.&lt;br /&gt;
[08:08] Retour sur le char des caricatures allemandes, vu de derrière : on aperçoit les fesses nues de l'Allemande.&lt;br /&gt;
[08:15] Un char en forme de coq sur lequel prend place un géant, à savoir un vieux monsieur en complet rouge.&lt;br /&gt;
[08:26] Un char représentant deux brancardiers portant l'uniforme français bleu horizon de la Première guerre mondiale et transportant un blessé à la peau verdâtre.&lt;br /&gt;
[08:34] Un char représentant un vieil homme, assis sur une chaise, les bras croisés.&lt;br /&gt;
[08:44] Une remorque transportant une fanfare.&lt;br /&gt;
[08:46] Un char issu du monde de ''Tintin '': le Professeur Tournesol fait office de figure de proue, Tintin et Milou sont au milieu et le Capitaine Haddock est à l'arrière, assis, en train de boire une bouteille – de rhum sans doute.&lt;br /&gt;
[08:55] Un char représentant un ring de boxe ; deux hommes à moitié nus se battent, un arbitre les sépare et un vautour les survole.&lt;br /&gt;
[09:05] Un char en forme de kangourou, un ballon de volley-ball à la main et un visage humain à lunette. Le char, très haut, est pris dans une guirlande de fanions et s'en dégage difficilement.&lt;br /&gt;
[09:28] Un char en forme d'éléphant sur lequel sont assises trois jeunes femmes dont une est déguisée en reine.&lt;br /&gt;
[09:42] Le cortège continue de défiler mais la caméra est très loin, on ne voit que le haut des têtes et parmi elles, un personnage de papier mâché – une femme au gros nez – virevolte. &lt;br /&gt;
[09:52] Plan rapproché sur la foule en mouvement ; elle est composée à la fois d'enfants, d'adultes et de personnes âgées. Chacun s'amuse à envoyer des confettis sur les autres. Les chapeaux, les manteaux et les trottoirs en sont couverts.&lt;br /&gt;
[10:09] Un char sur lequel cinq hommes déguisés prennent place, l'un porte un uniforme militaire, un autre un déguisement de motard, un autre encore arbore un haut-de-forme. Ils lancent des poignées de confettis sur la foule.&lt;br /&gt;
[10:15] Plan rapproché sur la foule. Ce sont davantage les adultes et les personnes âgées, non les enfants, qui jouent avec les confettis. Viennent devant la caméra des visages connus et souriants, ceux de la fête de famille.&lt;br /&gt;
[10:43] Plan rapproché sur un enfant à vélo qui tente d'enlever les confettis de ses vêtements et de son béret. &lt;br /&gt;
[10:48] Plan rapproché sur un individu portant un carton décoré en guise de déguisement. &lt;br /&gt;
[10:52] Sur les trottoirs, les adultes ont presque tous un sachet en papier contenant des confettis dans les mains ; ils les jettent autour d'eux et chahutent joyeusement ensemble.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période allant du milieu de l'hiver au début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « &amp;quot;De Barabli&amp;quot; » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organise une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tombant traditionnellement au cours des sept jours gras, à savoir la semaine précédant le Carême, le carnaval est aussi l'occasion de repas de famille copieux et festifs. Une partie de ce film amateur est justement consacré à une soirée familiale. Le film dévoile une table décorée et festive, comptant une vingtaine de couverts, de nombreux plats et des bouteilles de vin tout aussi nombreuses. Le repas « gras » se traduit ainsi par une certaine opulence des mets et de l'alcool qui coule à flot. Peut-être moins par strict respect des coutumes religieuses que par opportunité, le carnaval permet aux familles de se réunir, de dîner ensemble et de faire la fête. Les gens s'amusent et danse, entrant presque en transe pour certains et rappelant d'ailleurs les danses ubuesques traditionnelles du carnaval. Cette scène de repas en famille, si elle n'est pas nécessairement représentative de ce que font tous les Strasbourgeois un soir de carnaval, est donc insérée de façon assez pertinente à ce film dédié au carnaval. Tandis qu'on reproche au « Carnaval des Marchands » d'être trop bon enfant, cette famille semble finalement faire davantage honneur à l'esprit frondeur et licencieux du carnaval traditionnel.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7488</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0050FH0002)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7488"/>
		<updated>2019-01-06T17:17:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Niclaus&lt;br /&gt;
|idSupport=0050FH0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1958&lt;br /&gt;
|dateFin=1962&lt;br /&gt;
|video=0050FH0002&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:11:30&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Kling, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 2.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=Carnaval; Strasbourg (67); Fête populaire; Famille; Repas de fête&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Place Kléber, Strasbourg; Rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg; Grand'Rue, Strasbourg; Avenue de la Paix, Strasbourg; Grande Synagogue de la Paix, Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Art of living - Gastronomy@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un film amateur qui se déroule pendant le Carnaval de Strasbourg, entre 1958 et 1962. Une partie du film se focalise sur le cortège de chars tandis qu'une autre se concentre sur un repas de famille.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Les premières séquences sont tournées sur un mode similaire : il s'agit de plans d'ensemble fixes, assez courts. Postée sur un trottoir - en face de la Brasserie du Pêcheur et de la boutique de &amp;quot;''Vêtements Klotz''&amp;quot;, toutes deux situées à l'angle de Grand'Rue et de la rue des Francs-Bourgeois - et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent. Ces premières images sont très floues et on distingue mal ce qu'il s'y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:00] Vue d'ensemble de la foule de part et d'autre de la rue des Francs-Bourgeois, assistant au défilé des chars. Au milieu, un homme pédale sur un grand-bi.&lt;br /&gt;
[00:02] Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg - brasserie alsacienne fondée en 1664 à Strasbourg - suivie par une voiture ornée d'une grande bouteille de bière, Kronenbourg également, sur le toit.&lt;br /&gt;
[00:10] Une fanfare dont les membres portent des déguisements aux couleurs vives.&lt;br /&gt;
[00:16] Deux plans successifs et très courts de la foule, entassée sur les trottoirs, couverte de confettis.&lt;br /&gt;
[00:18] Premier char tiré par une voiture décorée avec un croissant de Lune sur le toit ; la remorque quant à elle a été transformée en lit géant et deux personnes en pyjama y sont installées.&lt;br /&gt;
[00:21] Une seconde remorque, cette fois-ci tirée par un tracteur, transporte un personnage de papier mâché relativement joufflu et semblant faire une chute à ski. &lt;br /&gt;
[00:28] Un char en forme de dragon d'inspiration chinoise ; sur le dos du dragon, une marmite sur le feu contenant deux personnages habillés en cuisinier.&lt;br /&gt;
[00:35] Un char en forme de cage sur laquelle se tient un singe, langue tirée et yeux exorbités ; quelques personnes semblent quant à elles prisonnières de la cage.&lt;br /&gt;
[00:42] Un char orné d'une danseuse de papier mâché autour de laquelle quatre figures masculines pivotent et semblent danser ; un cinquième personnage, plus imposant, est posté à l'arrière du char, les bras levés.&lt;br /&gt;
[00:47] Des personnes déguisées déambulent, dont une est déguisée en meule de fromage.&lt;br /&gt;
[00:48] Un char représentant une femme vêtue du costume traditionnel alsacien, à cru sur un taureau bleu, allégorie de l'Europe.&lt;br /&gt;
[00:54] Un char transportant quatre vieux géants de papier mâché, dont l'un porte l'écharpe tricolore des maires français et un autre qui porte une écharpe autour du cou aux couleurs de la République Fédérale Allemande.&lt;br /&gt;
[00:59] Un char sur lequel un personnage arborant un chapeau blanc sur la tête prend dans ses bras une sorte de pièce montée rose.&lt;br /&gt;
[01:03] Des femmes habillées avec le costume traditionnel alsacien sont suivies par un fanfare dont les membres arborent eux aussi le costume traditionnel.&lt;br /&gt;
[01:06] Un char en forme de bateau ; la figure de proue est une femme nue, rousse à la peau verte semblant jouer d'un instrument à vent – sans doute une trompette – et à la poupe, un géant ouvrant les bras porte une couronne rayonnante.&lt;br /&gt;
[01:13] Des individus déguisés en arlequin dansent.&lt;br /&gt;
[01:16] Une fanfare dont les membres sont vêtus de déguisement très colorés joue et défile.&lt;br /&gt;
[01:23] Quelques personnes font des acrobaties sur des bicyclettes, des grand-bi et des monocycles.&lt;br /&gt;
[01:37] Un char représentant un enfant déguisé en chevalier sur un cheval à bascule.&lt;br /&gt;
[01:45] Un char en forme de tigre immense sur lequel prennent place trois jeunes femmes portant le long manteau de pourpre et d'hermine royal et trois autres portant des déguisements de panthères.&lt;br /&gt;
[01:49] Un char représentant une femme allongée nonchalamment, la tête sur un croissant de Lune ; face à elle, un second personnage lui tourne le dos et lui montre ses fesses.&lt;br /&gt;
[01:54] Plan non cadré ; on y voit des façades d'immeubles.&lt;br /&gt;
[01:55] Un char orné de deux énormes têtes d'hommes portant un haut-de-forme derrière lesquelles un personnage féminin ailé prend place sur un siège aux couleurs des États-Unis.&lt;br /&gt;
[01:58] Un char en forme de chameau qui porte une danseuse orientale quasiment nue et derrière elle, un homme blanc, une raquette de tennis à la main.&lt;br /&gt;
[02:04] Un char sur lequel des hommes sont portent les vêtements et le calot rayés des bagnards ; deux autres portent l'uniforme des gendarmes.&lt;br /&gt;
[02:12] Un tracteur tire une remorque sur laquelle des hommes et des femmes sont installés et agitent des filets à papillons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées sur la Place Kléber, depuis l'angle de la Rue des Francs-Bourgeois, face à l'Aubette. Les chars précédemment décrits y défilent. La caméra est à hauteur d'homme et plus proche encore du cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:24] Plan rapproché sur le char de la danseuse et des cinq hommes. &lt;br /&gt;
[02:27] Un second plan du même char, vu de derrière cette fois, partant vers la Place de l'Homme de fer.&lt;br /&gt;
[02:31] Les individus déguisés en meules de fromage.&lt;br /&gt;
[02:36] Plan rapproché sur le char de l'Alsacienne sur le taureau.&lt;br /&gt;
[02:42] Le char des quatre vieillards aux attributs politiques (écharpes tricolores) vu de derrière.&lt;br /&gt;
[02:46] Le char de l'homme à la pièce montée rose vu de derrière.&lt;br /&gt;
[02:51] Plan rapproché sur une femme, relativement âgée, qui sourit et tente d'enlever les confettis de son manteau. Elle se retourne enfin et jette une poignée de confettis au visage de son voisin. Aucun regard caméra.&lt;br /&gt;
[02:58] Le char en forme de bateau vu de derrière.&lt;br /&gt;
[03:05] Le char de l'enfant sur le cheval à bascule vu de derrière.&lt;br /&gt;
[03:08] Plan rapproché sur le char en forme de tigre. Les jeunes femmes saluent la foule.&lt;br /&gt;
[03:20] Le char de la femme allongée vue de derrière.&lt;br /&gt;
[03:26] Un char surmonté d'un lion derrière lequel deux hommes se tiennent debout, l'un a un chapeau de trappeur canadien sur la tête, l'autre une coiffe d'Indien d'Amérique.&lt;br /&gt;
[03:40] Plan rapproché sur le char de la femme ailée.&lt;br /&gt;
[03:48] Plan rapproché sur le char du chameau.&lt;br /&gt;
[03:53] Plan rapproché sur le char des bagnards.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées en intérieur, lors d'un repas de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:57] Une table de fête est dressée et décorée, la pièce est vide. Gros plan sur le centre de table composé de branches de sapin et de cierges colorés. Plan panoramique de la table qui compte au moins 18 couverts.&lt;br /&gt;
[04:11] Plan filmé depuis le même point de vue que le précédent. La fête bat son plein. Les lumières sont allumées, il semblerait qu'il fait nuit. Sur la table envahie de serpentins, les assiettes sont vides, les bouteilles aussi. Certains sont encore assis tandis que d'autres sont debout, une coupe de champagne ou de crémant à la main, un chapeau en carton sur la tête. Les visages sont rouges et souriants. Les gens s'embrassent et dansent. Certains semblent ivres. Un homme et une femme se font boire mutuellement leur verre.&lt;br /&gt;
[05:19] Hommes et femmes dansent et forment une chenille. Les jupes se soulèvent face à la caméra.&lt;br /&gt;
[05:31] Ils dansent tous, à deux voire à trois, sur un rythme assez rapide. Certains se bousculent ou manquent de tomber.&lt;br /&gt;
[05:50] Un homme se met à danser seul, sautillant et gesticulant ; le style est plus libéré, plus moderne.&lt;br /&gt;
[06:10] Debout sur une chaise, sans pantalon, un homme fait semblant d'uriner dans une petite bassine. Les autres l'encouragent et rient.&lt;br /&gt;
[06:21] Un autre homme soulève celui qui n'a plus de pantalon, lui donne quelques fessées et le repose. L'homme sans pantalon sourit et continue de danser.&lt;br /&gt;
[06:50] Lendemain matin, il fait jour. La pièce est vide, les chaises sont empilées dans un coin.&lt;br /&gt;
[06:57] Gros plan sur un grand panier rempli de bouteilles vides.&lt;br /&gt;
[07:13] Les restes de nourriture sont disposés sur la table, à la façon d'un buffet.&lt;br /&gt;
[07:21] Trois femmes font la vaisselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes se focalisent à nouveau sur le cortège du carnaval. La caméra surplombe la foule et suit le défilé au loin – à environ 20 mètres. On se situe à l'angle de la Rue Turenne et de l'Avenue de la Paix, à côté de la Grande Synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:25] Un char avec une pancarte sur laquelle est écrit « ''WAS IM GEIMEINDEROOD GERED WURD ESCH ?'' » [''Traduction de l'alsacien : « Ce qui a été dit au conseil municipal ? »'']. Sur ce même char, deux hommes à chapeau melon saluent la foule.&lt;br /&gt;
[07:38] Un char représentant un animal – un renard ? - déguisé en roi assis sur son trône. Les confettis pleuvent. &lt;br /&gt;
[07:47] Un char qui transporte une caricature de l'homme allemand, replet, joufflu et vêtu du costume traditionnel bavarois – le ''Lederhose'' et le ''Steyrer Hut'' – et d'une chope de bière à la main. Devant lui, une tête de voleur, et derrière, un femme, caricature de la touriste allemande, accroupie et dont la jupe se soulève.&lt;br /&gt;
[08:03] Un char sur lequel prennent place deux géantes habillées avec le costume alsacien traditionnel.&lt;br /&gt;
[08:08] Retour sur le char des caricatures allemandes, vu de derrière : on aperçoit les fesses nues de l'Allemande.&lt;br /&gt;
[08:15] Un char en forme de coq sur lequel prend place un géant, à savoir un vieux monsieur en complet rouge.&lt;br /&gt;
[08:26] Un char représentant deux brancardiers portant l'uniforme français bleu horizon de la Première guerre mondiale et transportant un blessé à la peau verdâtre.&lt;br /&gt;
[08:34] Un char représentant un vieil homme, assis sur une chaise, les bras croisés.&lt;br /&gt;
[08:44] Une remorque transportant une fanfare.&lt;br /&gt;
[08:46] Un char issu du monde de ''Tintin '': le Professeur Tournesol fait office de figure de proue, Tintin et Milou sont au milieu et le Capitaine Haddock est à l'arrière, assis, en train de boire une bouteille – de rhum sans doute.&lt;br /&gt;
[08:55] Un char représentant un ring de boxe ; deux hommes à moitié nus se battent, un arbitre les sépare et un vautour les survole.&lt;br /&gt;
[09:05] Un char en forme de kangourou, un ballon de volley-ball à la main et un visage humain à lunette. Le char, très haut, est pris dans une guirlande de fanions et s'en dégage difficilement.&lt;br /&gt;
[09:28] Un char en forme d'éléphant sur lequel sont assises trois jeunes femmes dont une est déguisée en reine.&lt;br /&gt;
[09:42] Le cortège continue de défiler mais la caméra est très loin, on ne voit que le haut des têtes et parmi elles, un personnage de papier mâché – une femme au gros nez – virevolte. &lt;br /&gt;
[09:52] Plan rapproché sur la foule en mouvement ; elle est composée à la fois d'enfants, d'adultes et de personnes âgées. Chacun s'amuse à envoyer des confettis sur les autres. Les chapeaux, les manteaux et les trottoirs en sont couverts.&lt;br /&gt;
[10:09] Un char sur lequel cinq hommes déguisés prennent place, l'un porte un uniforme militaire, un autre un déguisement de motard, un autre encore arbore un haut-de-forme. Ils lancent des poignées de confettis sur la foule.&lt;br /&gt;
[10:15] Plan rapproché sur la foule. Ce sont davantage les adultes et les personnes âgées, non les enfants, qui jouent avec les confettis. Viennent devant la caméra des visages connus et souriants, ceux de la fête de famille.&lt;br /&gt;
[10:43] Plan rapproché sur un enfant à vélo qui tente d'enlever les confettis de ses vêtements et de son béret. &lt;br /&gt;
[10:48] Plan rapproché sur un individu portant un carton décoré en guise de déguisement. &lt;br /&gt;
[10:52] Sur les trottoirs, les adultes ont presque tous un sachet en papier contenant des confettis dans les mains ; ils les jettent autour d'eux et chahutent joyeusement ensemble.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période allant du milieu de l'hiver au début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « &amp;quot;De Barabli&amp;quot; » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organise une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7487</id>
		<title>Cortège du carnaval à Strasbourg (0021FN0004)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7487"/>
		<updated>2019-01-06T17:14:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Cortège du carnaval à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Breesé&lt;br /&gt;
|idSupport=0021FN0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=03031957&lt;br /&gt;
|video=0021FN0004_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:01:38&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Breesé, Gilbert&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 3.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; Strasbourg; fête populaire&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Avenue de la Paix, Strasbourg; Avenue des Vosges, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58861, 7.75477&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le Carnaval de Strasbourg du dimanche 3 mars 1957. La caméra se situe à hauteur d'homme, à l'angle de l'Avenue de la Paix et de l'Avenue des Vosges, et suit le cortège qui défile parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film veut rendre compte de l'ambiance générale du Carnaval de Strasbourg de 1957 : les plans sont courts - entre 2 et 5 secondes - et il ne s'agit que de plans d'ensemble (sauf cas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:01] Parade de la fanfare d'un corps militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:06] Trois personnes déguisées dont une qui arbore une énorme tête ronde et orange en papier mâché. Elles sont suivies par un petit char sur lequel est peinte une tête de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un char sur lequel on distingue le nom de plusieurs enseignes strasbourgeoises : &amp;quot;''Bijouterie Roger''&amp;quot;, &amp;quot;''Restaurant Stadtwappe''&amp;quot; - situé place Gutenberg - ou encore la &amp;quot;''bière Gruber''&amp;quot;. Au moins sept personnes prennent place dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:13] Un second char duquel pendent des bandelettes de papiers et sur lequel est posé un lampadaire [''la qualité de l'image ne permet pas de distinguer ce qui est écrit dessus'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Une voiture ancienne, de type Citroën C4 des années 1930, chargée de valises et paniers accrochés sur le toit. Des hommes portant le chapeau melon et d'autres le haut-de-forme sont assis dessus ou marchent à côté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:20] Un char de la boutique de jouets &amp;quot;''Les joujoux Werl''&amp;quot; avec des jouets en papier mâché très colorés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Deux hommes en armure. En arrière-plan, on distingue un agent de circulation qui arrête de passage de quelques voitures venant de l'Avenue des Vosges. La foule se masse sur le trottoir et regarde le défilé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:27] Un char sur lequel est inscrit &amp;quot;''Martine Carol Galeries''&amp;quot;. Une poupée géante et articulée est assise sur une maison de carton pâte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:30] Un char en forme de paquebot, nommé ''Gambrinus'' - du nom du roi mythique de Flandres et de Brabant, symbole des amateurs de bières ; c'est aussi le nom d'une brasserie de Mulhouse - sur lequel plusieurs hommes déguisés en marin prennent place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Le char de la &amp;quot;''Délégation chinoise''&amp;quot;, représentant un temple à l'architecture semblable à celle des pagodes bouddhistes. Le char semble être sponsorisé par la &amp;quot;''Brasserie République''&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:36] Un petit char composé de deux personnes déguisées en une bête de somme tirant un chariot plein de bouteilles de lait. Un homme vêtu de noir les suit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:39] Un char nommé &amp;quot;''L'été à Strasbourg''&amp;quot; décoré de dés sur lequel on trouve des personnes portant des masques grotesques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char très coloré transportant une fanfare et pourvu de l'inscription &amp;quot;''Couic''&amp;quot;. Sur le char également, un homme porte un haut-de-forme au couleur des Etats-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:46] Un char en forme de ponts qu'on ne voit que partiellement. A bord, des femmes et des hommes déguisés saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:49] Un char - une remorque tirée par un tracteur - ornée de deux personnages de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:52] Trois hommes défilent : ils portent d'énormes sacs de randonneurs, avec gourdes et raquettes, et des masques de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:56] Un camion rempli de personnes déguisées qui saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[''A partir de ce moment, le film est en noir et blanc ; l'image est de moins bonne qualité'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:58] Des chars en forme de petits bateaux posés sur des roues ; au dessus, des fanions en guise de voiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Plan rapproché sur l'un des bateaux, nommé ''Maboul''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:05] Fanfare et majorettes défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:12] Des personnes défilent, arborant d'énormes têtes de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:15] Un char, arborant le nom de &amp;quot;''Bim Bam''&amp;quot; et représentant un tout jeune enfant - il porte une tétine autour du cou -, couronné, en train de boire un biberon d'&amp;quot;''orangeade''&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:19] Un char en forme de cheval entouré de personnes déguisées avec d'énormes têtes en papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Un char dont la base est décorée avec des masques de carnaval de type vénitien ; sur le char, des hommes et des femmes déguisées à la façon des courtisans au XVIIIe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:30] Un char orné d'un lion et d'un personnage portant un ''ghutrah'', tenu par l'''agal'', à savoir une coiffe traditionnelle portée par les hommes en Arabie Saoudite, en Irak ou encore en Syrie. Sur le char, des hommes et des femmes portent eux aussi des vêtements d'inspiration moyen-orientale.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « De Barabli » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organise une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[Fichier:Carnaval - 1957 - char sponsorisé.png|vignette|droite| Un char parrainé par la &amp;quot;Bijouterie Roger&amp;quot; et le &amp;quot;Restaurant Stadtwappe&amp;quot;.]] L'année suivante cependant, ce sont les commerçants strasbourgeois qui décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. Le « ''Carnaval des Marchands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le dimanche 3 mars 1957 se tient ainsi un carnaval est entièrement financé par les commerçants eux-mêmes, en atteste les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises.[[Fichier:Carnaval - 1957 - Martine Carol.png|vignette|gauche|Un char financé par les &amp;quot;Galeries Martine Carol&amp;quot;, à la décoration bien éloignée des thèmes traditionnels du carnaval.]] De même, les ponts qui mènent à l'hyper-centre sont coupés et chacun doit s'acquitter d'un droit d'entrer pour assister à la procession &amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, p.42&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On honore Bim-Bam, le roi du carnaval, avant de le brûler de la même façon que son prédécesseur Crocus Morus. Ce 3 mars 1957, c'est ainsi le tout jeune Bim-Bam Ier, une couronne sur la tête, un biberon dans la main et une tétine autour du cou, qui défile, tiré par un petit cheval à roulette &amp;lt;ref&amp;gt;B.V., &amp;quot;Le triomphe de Bim Bam 1er&amp;quot;, ''Dernières Nouvelles d'Alsace'', 7 mars 2007&amp;lt;/ref&amp;gt;. [[Fichier:Carnaval - 1957 - Bim Bam.png|vignette|droite|Le char de Bim Bam Ier.]] Le carnaval de Strasbourg n'est ainsi pas totalement dépourvu de son sens de l'absurde et du grotesque, même s'il est amplement policé. Toutefois, il ne laisse pas vraiment la place au monstrueux et au subversif comme le faisait la tradition. Bon enfant, préférant l'ordre et l'harmonie des fanfares aux danses extravagantes et obscènes, le carnaval devient dès lors une fête familiale, à destination des petits et des grands. Coûteux et trop éloigné de son rôle social originel, les Strasbourgeois finissent par le délaisser : le &amp;quot;Carnaval des Marchands&amp;quot; se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7486</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0020FH0012)</title>
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		<updated>2019-01-06T17:10:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg de 1960&lt;br /&gt;
|fonds=Willer&lt;br /&gt;
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|thematique=Outdoor activities@ Traditions@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le carnaval de Strasbourg datant du dimanche 28 février 1960. On y voit les différents chars qui se succèdent et défilent parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=[00:03] Insert de l'affiche du Carnaval de Strasbourg. L'affiche très colorée indique la tenue de &amp;quot;''grands bals travestis''&amp;quot; du samedi 27 février au mardi 1er mars 1960.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences qui suivent sont toutes tournées sur un mode similaire, alliant des plans fixes et des plans panoramiques. Postée sur un trottoir, en face de la Banque Fédérative Rurale située au numéro 25 de la Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un premier char surmonté d'un couple de géants en papier mâché est suivi de près par quatre personnes déguisées en pintes de bière sur lesquelles on distingue &amp;quot;''pêcheur''&amp;quot; ; il s'agit du char promotionnel de la Brasserie du Pêcheur, ou Brasserie Fischer, une brasserie alsacienne fondée en 1821 et installée à Schiltigheim. Depuis le char, quelques personnes lancent ce qui semble être des prospectus dans la foule. D'autres personnes déguisées accompagnent le cortège en dansant et jetant des confettis sur les spectateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Un second char au couleur de la Brasserie Fischer et surmonté du logo, le ''Fischermannele'', défile. Il transporte une fanfare et trois femmes portant le costume traditionnel des Alsaciennes, tandis que trois autres personnes, également déguisées en pintes de bière, lui succèdent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Un char en forme de bateau pirate avec une ancre dessinée sur la coque - certainement le char de la Brasserie de l'Espérance fondée en 1746 à Schiltigheim et dont la bière traditionnelle est l'''Ancre''. Un homme situé en poupe du bateau lance des papiers dans la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Large plan panoramique sur la foule, dense et couverte de confettis. Elle est très hétérogène et compte aussi bien des adultes que des enfants, des femmes que des hommes. Tous portent des vêtements d'hiver, il fait sans doute froid. Des sourires se dessinent sur les lèvres. Certains sont perchés sur des rebords de fenêtres afin de mieux apercevoir le défilé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char décoré d'une grosse tête en papier mâché, celle d'homme replet au sourire grinçant ; en fonds, un paysage lunaire et une fusée dessinés sur une toile tendue. Dessus, deux hommes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:04] Un char représentant une femme blonde tenant une énorme pièce à la main ; derrière, une balance telle qu'il en existe dans les marchés. Le char est suivi de sept personnes déguisées en ce qui semble être des quilles colorées et numérotées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:21] Un char en forme de paon, jonché d'une tête d'homme énorme et d'une silhouette de femme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:25] Un char en forme de canard lequel a le bec fermé par un cadenas. L'allégorie du canard fait écho a la deuxième partie du char : un journal illustré - certainement de la presse ''people'' - tenu par un vieil homme aux yeux exorbités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:43] Un char décoré de deux danseuses de cabaret, d'un homme portant le béret et la marinière - symbolisant la France - et de deux autres portant des hauts-de-forme, l'un aux couleurs du Royaume-Uni et l'autre à celles des Etats-Unis. Tous se tiennent la main et semblent danser ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:59] Un char représentant une tour Eiffel surmontée de la tête et des bras du Général De Gaule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:07] Plusieurs personnes à pied portant des masques de papier mâché ; des musiciens prennent aussi part au cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:17] Un char décoré de trois têtes de monstres semblables à des escargots dentus ; le char est pourvu d'un mécanisme faisant tournoyer deux astronautes, l'un aux couleurs des Etats-Unis, l'autre portant l'étoile rouge communiste, autour d'une sphère, elle-même posée sur un croissant de Lune, laquelle sur trouve sur la tête d'un homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:39] Quatre personnes déguisées en chef cuisinier portant des mets dans leurs bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Un char représentant un personnage portant à la fois le chapeau du bouffon et la couronne du roi sur une chaise à porteur laquelle est portée par trois valets à la mine triste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:59] Un char en forme de carrosse sur lequel prennent place une fanfare et trois jeunes femmes vêtues de robes longues. A l'arrière du char, un personnage en papier mâché avec un nez rouge et disproportionné.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « De Barabli » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organise une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Fischer.png|vignette|droite|Un char portant l'emblème de la Bière du Pêcheur, le ''Fischermannele''.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'agit dans ce film du carnaval du dimanche 28 février 1960. L'insert de l'affiche au début du film permet de dater avec précision l'événement. [[Fichier:Carnaval - 1960 - affiche.png|vignette|gauche|L'affiche du carnaval de Strasbourg.]] D'ailleurs, si le carnaval a lieu le dimanche seulement, ce sont en réalité quatre jours successifs de festivité, du samedi 27 février au mardi 1er mars, qui sont proposés aux Strasbourgeois et autres touristes. Les images témoignent aussi de l'attrait de la fête urbaine : les chars peinent à avancer à travers la foule, très dense. On note aussi le caractère tout public de cette manifestation, les spectateurs étant, de façon surprenante, surtout des adultes davantage que des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déguisements et chars sont encore l'occasion de messages contestataires divers bien que considérablement policés. En témoignent le canard, allégorie du journal et de la presse, muselé par un cadenas, derrière lequel un homme apparaît médusé à la lecture de la presse à sensation. Certains pouvaient sans doute y voir la dénonciation d'une société davantage avide des scandales de la presse ''people'' que de véritables sujets de fond. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Canard.png|vignette|gauche|Le char représentant un canard au bec muselé. ]] De même, en regardant passer cette Tour Eiffel surmontée de la tête de Charles de Gaule, peut-être d'autres voyaient-ils la représentation caricaturale d'une toute nouvelle Ve République qui renforce considérablement les pouvoirs du chef de l'Etat, désormais au sommet de la hiérarchie politique. Mais la contestation reste légère. [[Fichier:Carnaval - 1960 - De Gaule.png|vignette|droite|La tête du Général de Gaule, au sommet de la Tour Eiffel, les bras levés au ciel, semblant clamer &amp;quot;Je vous ai compris !&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, très vite, on reproche à cette cavalcade de s'être trop éloignée de la tradition carnavalesque, de n'être finalement qu'une gentille fête urbaine, folklorique et très commerciale. Et s'ils sont nombreux à venir jusque dans le centre-ville de Strasbourg pour voir défiler Bim-Bam, le roi du carnaval, la majeure partie d'entre eux sont spectateurs, non participants. La subversion et le grotesque, raisons d'être du carnaval, ont laissé place au spectaculaire au sein d'une foule passive. Enfin, s'il demeure encore, l'espace de la contestation sociale se trouve de plus en plus réduit. Aussi, l'engouement existant autour de ce « Carnaval des Marchands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; s'essouffle peu à peu : il se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7485</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0050FH0002)</title>
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		<updated>2019-01-06T17:10:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Niclaus&lt;br /&gt;
|idSupport=0050FH0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1958&lt;br /&gt;
|dateFin=1962&lt;br /&gt;
|video=0050FH0002&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
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|duree=00:11:30&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Kling, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 2.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=Carnaval; Strasbourg (67); Fête populaire; Famille; Repas de fête&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Place Kléber, Strasbourg; Rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg; Grand'Rue, Strasbourg; Avenue de la Paix, Strasbourg; Grande Synagogue de la Paix, Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Art of living - Gastronomy@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un film amateur qui se déroule pendant le Carnaval de Strasbourg, entre 1958 et 1962. Une partie du film se focalise sur le cortège de chars tandis qu'une autre se concentre sur un repas de famille.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Les premières séquences sont tournées sur un mode similaire : il s'agit de plans d'ensemble fixes, assez courts. Postée sur un trottoir - en face de la Brasserie du Pêcheur et de la boutique de &amp;quot;''Vêtements Klotz''&amp;quot;, toutes deux situées à l'angle de Grand'Rue et de la rue des Francs-Bourgeois - et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent. Ces premières images sont très floues et on distingue mal ce qu'il s'y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:00] Vue d'ensemble de la foule de part et d'autre de la rue des Francs-Bourgeois, assistant au défilé des chars. Au milieu, un homme pédale sur un grand-bi.&lt;br /&gt;
[00:02] Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg - brasserie alsacienne fondée en 1664 à Strasbourg - suivie par une voiture ornée d'une grande bouteille de bière, Kronenbourg également, sur le toit.&lt;br /&gt;
[00:10] Une fanfare dont les membres portent des déguisements aux couleurs vives.&lt;br /&gt;
[00:16] Deux plans successifs et très courts de la foule, entassée sur les trottoirs, couverte de confettis.&lt;br /&gt;
[00:18] Premier char tiré par une voiture décorée avec un croissant de Lune sur le toit ; la remorque quant à elle a été transformée en lit géant et deux personnes en pyjama y sont installées.&lt;br /&gt;
[00:21] Une seconde remorque, cette fois-ci tirée par un tracteur, transporte un personnage de papier mâché relativement joufflu et semblant faire une chute à ski. &lt;br /&gt;
[00:28] Un char en forme de dragon d'inspiration chinoise ; sur le dos du dragon, une marmite sur le feu contenant deux personnages habillés en cuisinier.&lt;br /&gt;
[00:35] Un char en forme de cage sur laquelle se tient un singe, langue tirée et yeux exorbités ; quelques personnes semblent quant à elles prisonnières de la cage.&lt;br /&gt;
[00:42] Un char orné d'une danseuse de papier mâché autour de laquelle quatre figures masculines pivotent et semblent danser ; un cinquième personnage, plus imposant, est posté à l'arrière du char, les bras levés.&lt;br /&gt;
[00:47] Des personnes déguisées déambulent, dont une est déguisée en meule de fromage.&lt;br /&gt;
[00:48] Un char représentant une femme vêtue du costume traditionnel alsacien, à cru sur un taureau bleu, allégorie de l'Europe.&lt;br /&gt;
[00:54] Un char transportant quatre vieux géants de papier mâché, dont l'un porte l'écharpe tricolore des maires français et un autre qui porte une écharpe autour du cou aux couleurs de la République Fédérale Allemande.&lt;br /&gt;
[00:59] Un char sur lequel un personnage arborant un chapeau blanc sur la tête prend dans ses bras une sorte de pièce montée rose.&lt;br /&gt;
[01:03] Des femmes habillées avec le costume traditionnel alsacien sont suivies par un fanfare dont les membres arborent eux aussi le costume traditionnel.&lt;br /&gt;
[01:06] Un char en forme de bateau ; la figure de proue est une femme nue, rousse à la peau verte semblant jouer d'un instrument à vent – sans doute une trompette – et à la poupe, un géant ouvrant les bras porte une couronne rayonnante.&lt;br /&gt;
[01:13] Des individus déguisés en arlequin dansent.&lt;br /&gt;
[01:16] Une fanfare dont les membres sont vêtus de déguisement très colorés joue et défile.&lt;br /&gt;
[01:23] Quelques personnes font des acrobaties sur des bicyclettes, des grand-bi et des monocycles.&lt;br /&gt;
[01:37] Un char représentant un enfant déguisé en chevalier sur un cheval à bascule.&lt;br /&gt;
[01:45] Un char en forme de tigre immense sur lequel prennent place trois jeunes femmes portant le long manteau de pourpre et d'hermine royal et trois autres portant des déguisements de panthères.&lt;br /&gt;
[01:49] Un char représentant une femme allongée nonchalamment, la tête sur un croissant de Lune ; face à elle, un second personnage lui tourne le dos et lui montre ses fesses.&lt;br /&gt;
[01:54] Plan non cadré ; on y voit des façades d'immeubles.&lt;br /&gt;
[01:55] Un char orné de deux énormes têtes d'hommes portant un haut-de-forme derrière lesquelles un personnage féminin ailé prend place sur un siège aux couleurs des États-Unis.&lt;br /&gt;
[01:58] Un char en forme de chameau qui porte une danseuse orientale quasiment nue et derrière elle, un homme blanc, une raquette de tennis à la main.&lt;br /&gt;
[02:04] Un char sur lequel des hommes sont portent les vêtements et le calot rayés des bagnards ; deux autres portent l'uniforme des gendarmes.&lt;br /&gt;
[02:12] Un tracteur tire une remorque sur laquelle des hommes et des femmes sont installés et agitent des filets à papillons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées sur la Place Kléber, depuis l'angle de la Rue des Francs-Bourgeois, face à l'Aubette. Les chars précédemment décrits y défilent. La caméra est à hauteur d'homme et plus proche encore du cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:24] Plan rapproché sur le char de la danseuse et des cinq hommes. &lt;br /&gt;
[02:27] Un second plan du même char, vu de derrière cette fois, partant vers la Place de l'Homme de fer.&lt;br /&gt;
[02:31] Les individus déguisés en meules de fromage.&lt;br /&gt;
[02:36] Plan rapproché sur le char de l'Alsacienne sur le taureau.&lt;br /&gt;
[02:42] Le char des quatre vieillards aux attributs politiques (écharpes tricolores) vu de derrière.&lt;br /&gt;
[02:46] Le char de l'homme à la pièce montée rose vu de derrière.&lt;br /&gt;
[02:51] Plan rapproché sur une femme, relativement âgée, qui sourit et tente d'enlever les confettis de son manteau. Elle se retourne enfin et jette une poignée de confettis au visage de son voisin. Aucun regard caméra.&lt;br /&gt;
[02:58] Le char en forme de bateau vu de derrière.&lt;br /&gt;
[03:05] Le char de l'enfant sur le cheval à bascule vu de derrière.&lt;br /&gt;
[03:08] Plan rapproché sur le char en forme de tigre. Les jeunes femmes saluent la foule.&lt;br /&gt;
[03:20] Le char de la femme allongée vue de derrière.&lt;br /&gt;
[03:26] Un char surmonté d'un lion derrière lequel deux hommes se tiennent debout, l'un a un chapeau de trappeur canadien sur la tête, l'autre une coiffe d'Indien d'Amérique.&lt;br /&gt;
[03:40] Plan rapproché sur le char de la femme ailée.&lt;br /&gt;
[03:48] Plan rapproché sur le char du chameau.&lt;br /&gt;
[03:53] Plan rapproché sur le char des bagnards.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées en intérieur, lors d'un repas de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:57] Une table de fête est dressée et décorée, la pièce est vide. Gros plan sur le centre de table composé de branches de sapin et de cierges colorés. Plan panoramique de la table qui compte au moins 18 couverts.&lt;br /&gt;
[04:11] Plan filmé depuis le même point de vue que le précédent. La fête bat son plein. Les lumières sont allumées, il semblerait qu'il fait nuit. Sur la table envahie de serpentins, les assiettes sont vides, les bouteilles aussi. Certains sont encore assis tandis que d'autres sont debout, une coupe de champagne ou de crémant à la main, un chapeau en carton sur la tête. Les visages sont rouges et souriants. Les gens s'embrassent et dansent. Certains semblent ivres. Un homme et une femme se font boire mutuellement leur verre.&lt;br /&gt;
[05:19] Hommes et femmes dansent et forment une chenille. Les jupes se soulèvent face à la caméra.&lt;br /&gt;
[05:31] Ils dansent tous, à deux voire à trois, sur un rythme assez rapide. Certains se bousculent ou manquent de tomber.&lt;br /&gt;
[05:50] Un homme se met à danser seul, sautillant et gesticulant ; le style est plus libéré, plus moderne.&lt;br /&gt;
[06:10] Debout sur une chaise, sans pantalon, un homme fait semblant d'uriner dans une petite bassine. Les autres l'encouragent et rient.&lt;br /&gt;
[06:21] Un autre homme soulève celui qui n'a plus de pantalon, lui donne quelques fessées et le repose. L'homme sans pantalon sourit et continue de danser.&lt;br /&gt;
[06:50] Lendemain matin, il fait jour. La pièce est vide, les chaises sont empilées dans un coin.&lt;br /&gt;
[06:57] Gros plan sur un grand panier rempli de bouteilles vides.&lt;br /&gt;
[07:13] Les restes de nourriture sont disposés sur la table, à la façon d'un buffet.&lt;br /&gt;
[07:21] Trois femmes font la vaisselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes se focalisent à nouveau sur le cortège du carnaval. La caméra surplombe la foule et suit le défilé au loin – à environ 20 mètres. On se situe à l'angle de la Rue Turenne et de l'Avenue de la Paix, à côté de la Grande Synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:25] Un char avec une pancarte sur laquelle est écrit « ''WAS IM GEIMEINDEROOD GERED WURD ESCH ?'' » [''Traduction de l'alsacien : « Ce qui a été dit au conseil municipal ? »'']. Sur ce même char, deux hommes à chapeau melon saluent la foule.&lt;br /&gt;
[07:38] Un char représentant un animal – un renard ? - déguisé en roi assis sur son trône. Les confettis pleuvent. &lt;br /&gt;
[07:47] Un char qui transporte une caricature de l'homme allemand, replet, joufflu et vêtu du costume traditionnel bavarois – le ''Lederhose'' et le ''Steyrer Hut'' – et d'une chope de bière à la main. Devant lui, une tête de voleur, et derrière, un femme, caricature de la touriste allemande, accroupie et dont la jupe se soulève.&lt;br /&gt;
[08:03] Un char sur lequel prennent place deux géantes habillées avec le costume alsacien traditionnel.&lt;br /&gt;
[08:08] Retour sur le char des caricatures allemandes, vu de derrière : on aperçoit les fesses nues de l'Allemande.&lt;br /&gt;
[08:15] Un char en forme de coq sur lequel prend place un géant, à savoir un vieux monsieur en complet rouge.&lt;br /&gt;
[08:26] Un char représentant deux brancardiers portant l'uniforme français bleu horizon de la Première guerre mondiale et transportant un blessé à la peau verdâtre.&lt;br /&gt;
[08:34] Un char représentant un vieil homme, assis sur une chaise, les bras croisés.&lt;br /&gt;
[08:44] Une remorque transportant une fanfare.&lt;br /&gt;
[08:46] Un char issu du monde de ''Tintin '': le Professeur Tournesol fait office de figure de proue, Tintin et Milou sont au milieu et le Capitaine Haddock est à l'arrière, assis, en train de boire une bouteille – de rhum sans doute.&lt;br /&gt;
[08:55] Un char représentant un ring de boxe ; deux hommes à moitié nus se battent, un arbitre les sépare et un vautour les survole.&lt;br /&gt;
[09:05] Un char en forme de kangourou, un ballon de volley-ball à la main et un visage humain à lunette. Le char, très haut, est pris dans une guirlande de fanions et s'en dégage difficilement.&lt;br /&gt;
[09:28] Un char en forme d'éléphant sur lequel sont assises trois jeunes femmes dont une est déguisée en reine.&lt;br /&gt;
[09:42] Le cortège continue de défiler mais la caméra est très loin, on ne voit que le haut des têtes et parmi elles, un personnage de papier mâché – une femme au gros nez – virevolte. &lt;br /&gt;
[09:52] Plan rapproché sur la foule en mouvement ; elle est composée à la fois d'enfants, d'adultes et de personnes âgées. Chacun s'amuse à envoyer des confettis sur les autres. Les chapeaux, les manteaux et les trottoirs en sont couverts.&lt;br /&gt;
[10:09] Un char sur lequel cinq hommes déguisés prennent place, l'un porte un uniforme militaire, un autre un déguisement de motard, un autre encore arbore un haut-de-forme. Ils lancent des poignées de confettis sur la foule.&lt;br /&gt;
[10:15] Plan rapproché sur la foule. Ce sont davantage les adultes et les personnes âgées, non les enfants, qui jouent avec les confettis. Viennent devant la caméra des visages connus et souriants, ceux de la fête de famille.&lt;br /&gt;
[10:43] Plan rapproché sur un enfant à vélo qui tente d'enlever les confettis de ses vêtements et de son béret. &lt;br /&gt;
[10:48] Plan rapproché sur un individu portant un carton décoré en guise de déguisement. &lt;br /&gt;
[10:52] Sur les trottoirs, les adultes ont presque tous un sachet en papier contenant des confettis dans les mains ; ils les jettent autour d'eux et chahutent joyeusement ensemble.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période allant du milieu de l'hiver au début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « &amp;quot;De Barabli&amp;quot; » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organise une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7484</id>
		<title>Cortège du carnaval à Strasbourg (0021FN0004)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7484"/>
		<updated>2019-01-06T17:09:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Cortège du carnaval à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Breesé&lt;br /&gt;
|idSupport=0021FN0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=03031957&lt;br /&gt;
|video=0021FN0004_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:01:38&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Breesé, Gilbert&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 3.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; Strasbourg; fête populaire&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Avenue de la Paix, Strasbourg; Avenue des Vosges, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58861, 7.75477&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le Carnaval de Strasbourg du dimanche 3 mars 1957. La caméra se situe à hauteur d'homme, à l'angle de l'Avenue de la Paix et de l'Avenue des Vosges, et suit le cortège qui défile parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film veut rendre compte de l'ambiance générale du Carnaval de Strasbourg de 1957 : les plans sont courts - entre 2 et 5 secondes - et il ne s'agit que de plans d'ensemble (sauf cas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:01] Parade de la fanfare d'un corps militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:06] Trois personnes déguisées dont une qui arbore une énorme tête ronde et orange en papier mâché. Elles sont suivies par un petit char sur lequel est peinte une tête de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un char sur lequel on distingue le nom de plusieurs enseignes strasbourgeoises : &amp;quot;''Bijouterie Roger''&amp;quot;, &amp;quot;''Restaurant Stadtwappe''&amp;quot; - situé place Gutenberg - ou encore la &amp;quot;''bière Gruber''&amp;quot;. Au moins sept personnes prennent place dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:13] Un second char duquel pendent des bandelettes de papiers et sur lequel est posé un lampadaire [''la qualité de l'image ne permet pas de distinguer ce qui est écrit dessus'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Une voiture ancienne, de type Citroën C4 des années 1930, chargée de valises et paniers accrochés sur le toit. Des hommes portant le chapeau melon et d'autres le haut-de-forme sont assis dessus ou marchent à côté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:20] Un char de la boutique de jouets &amp;quot;''Les joujoux Werl''&amp;quot; avec des jouets en papier mâché très colorés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Deux hommes en armure. En arrière-plan, on distingue un agent de circulation qui arrête de passage de quelques voitures venant de l'Avenue des Vosges. La foule se masse sur le trottoir et regarde le défilé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:27] Un char sur lequel est inscrit &amp;quot;''Martine Carol Galeries''&amp;quot;. Une poupée géante et articulée est assise sur une maison de carton pâte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:30] Un char en forme de paquebot, nommé ''Gambrinus'' - du nom du roi mythique de Flandres et de Brabant, symbole des amateurs de bières ; c'est aussi le nom d'une brasserie de Mulhouse - sur lequel plusieurs hommes déguisés en marin prennent place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Le char de la &amp;quot;''Délégation chinoise''&amp;quot;, représentant un temple à l'architecture semblable à celle des pagodes bouddhistes. Le char semble être sponsorisé par la &amp;quot;''Brasserie République''&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:36] Un petit char composé de deux personnes déguisées en une bête de somme tirant un chariot plein de bouteilles de lait. Un homme vêtu de noir les suit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:39] Un char nommé &amp;quot;''L'été à Strasbourg''&amp;quot; décoré de dés sur lequel on trouve des personnes portant des masques grotesques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char très coloré transportant une fanfare et pourvu de l'inscription &amp;quot;''Couic''&amp;quot;. Sur le char également, un homme porte un haut-de-forme au couleur des Etats-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:46] Un char en forme de ponts qu'on ne voit que partiellement. A bord, des femmes et des hommes déguisés saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:49] Un char - une remorque tirée par un tracteur - ornée de deux personnages de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:52] Trois hommes défilent : ils portent d'énormes sacs de randonneurs, avec gourdes et raquettes, et des masques de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:56] Un camion rempli de personnes déguisées qui saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[''A partir de ce moment, le film est en noir et blanc ; l'image est de moins bonne qualité'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:58] Des chars en forme de petits bateaux posés sur des roues ; au dessus, des fanions en guise de voiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Plan rapproché sur l'un des bateaux, nommé ''Maboul''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:05] Fanfare et majorettes défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:12] Des personnes défilent, arborant d'énormes têtes de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:15] Un char, arborant le nom de &amp;quot;''Bim Bam''&amp;quot; et représentant un tout jeune enfant - il porte une tétine autour du cou -, couronné, en train de boire un biberon d'&amp;quot;''orangeade''&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:19] Un char en forme de cheval entouré de personnes déguisées avec d'énormes têtes en papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Un char dont la base est décorée avec des masques de carnaval de type vénitien ; sur le char, des hommes et des femmes déguisées à la façon des courtisans au XVIIIe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:30] Un char orné d'un lion et d'un personnage portant un ''ghutrah'', tenu par l'''agal'', à savoir une coiffe traditionnelle portée par les hommes en Arabie Saoudite, en Irak ou encore en Syrie. Sur le char, des hommes et des femmes portent eux aussi des vêtements d'inspiration moyen-orientale.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « De Barabli » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organise une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[Fichier:Carnaval - 1957 - char sponsorisé.png|vignette|droite| Un char parrainé par la &amp;quot;Bijouterie Roger&amp;quot; et le &amp;quot;Restaurant Stadtwappe&amp;quot;.]] L'année suivante cependant, ce sont les commerçants strasbourgeois qui décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. Le « ''Carnaval des Marchands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le dimanche 3 mars 1957 se tient ainsi un carnaval est entièrement financé par les commerçants eux-mêmes, en atteste les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises.[[Fichier:Carnaval - 1957 - Martine Carol.png|vignette|gauche|Un char financé par les &amp;quot;Galeries Martine Carol&amp;quot;, à la décoration bien éloignée des thèmes traditionnels du carnaval.]] De même, les ponts qui mènent à l'hyper-centre sont coupés et chacun doit s'acquitter d'un droit d'entrer pour assister à la procession &amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, p.42&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On honore Bim-Bam, le roi du carnaval, [avant de le brûler sur la Place Broglie]. Ce 3 mars 1957, c'est ainsi le tout jeune Bim-Bam Ier, une couronne sur la tête, un biberon dans la main et une tétine autour du cou, qui défile, tiré par un petit cheval à roulette &amp;lt;ref&amp;gt;B.V., &amp;quot;Le triomphe de Bim Bam 1er&amp;quot;, ''Dernières Nouvelles d'Alsace'', 7 mars 2007&amp;lt;/ref&amp;gt;. [[Fichier:Carnaval - 1957 - Bim Bam.png|vignette|droite|Le char de Bim Bam Ier.]] Le carnaval de Strasbourg n'est ainsi pas totalement dépourvu de son sens de l'absurde et du grotesque, même s'il est amplement policé. Toutefois, il ne laisse pas vraiment la place au monstrueux et au subversif comme le faisait la tradition. Bon enfant, préférant l'ordre et l'harmonie des fanfares aux danses extravagantes et obscènes, le carnaval devient dès lors une fête familiale, à destination des petits et des grands. Coûteux et trop éloigné de son rôle social originel, les Strasbourgeois finissent par le délaisser : le &amp;quot;Carnaval des Marchands&amp;quot; se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7483</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0050FH0002)</title>
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		<updated>2019-01-06T17:08:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Niclaus&lt;br /&gt;
|idSupport=0050FH0002&lt;br /&gt;
|dateDebut=1958&lt;br /&gt;
|dateFin=1962&lt;br /&gt;
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|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Kling, Charles&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 2.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=Carnaval; Strasbourg (67); Fête populaire; Famille; Repas de fête&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Place Kléber, Strasbourg; Rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg; Grand'Rue, Strasbourg; Avenue de la Paix, Strasbourg; Grande Synagogue de la Paix, Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Art of living - Gastronomy@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un film amateur qui se déroule pendant le Carnaval de Strasbourg, entre 1958 et 1962. Une partie du film se focalise sur le cortège de chars tandis qu'une autre se concentre sur un repas de famille.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Les premières séquences sont tournées sur un mode similaire : il s'agit de plans d'ensemble fixes, assez courts. Postée sur un trottoir - en face de la Brasserie du Pêcheur et de la boutique de &amp;quot;''Vêtements Klotz''&amp;quot;, toutes deux situées à l'angle de Grand'Rue et de la rue des Francs-Bourgeois - et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent. Ces premières images sont très floues et on distingue mal ce qu'il s'y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:00] Vue d'ensemble de la foule de part et d'autre de la rue des Francs-Bourgeois, assistant au défilé des chars. Au milieu, un homme pédale sur un grand-bi.&lt;br /&gt;
[00:02] Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg - brasserie alsacienne fondée en 1664 à Strasbourg - suivie par une voiture ornée d'une grande bouteille de bière, Kronenbourg également, sur le toit.&lt;br /&gt;
[00:10] Une fanfare dont les membres portent des déguisements aux couleurs vives.&lt;br /&gt;
[00:16] Deux plans successifs et très courts de la foule, entassée sur les trottoirs, couverte de confettis.&lt;br /&gt;
[00:18] Premier char tiré par une voiture décorée avec un croissant de Lune sur le toit ; la remorque quant à elle a été transformée en lit géant et deux personnes en pyjama y sont installées.&lt;br /&gt;
[00:21] Une seconde remorque, cette fois-ci tirée par un tracteur, transporte un personnage de papier mâché relativement joufflu et semblant faire une chute à ski. &lt;br /&gt;
[00:28] Un char en forme de dragon d'inspiration chinoise ; sur le dos du dragon, une marmite sur le feu contenant deux personnages habillés en cuisinier.&lt;br /&gt;
[00:35] Un char en forme de cage sur laquelle se tient un singe, langue tirée et yeux exorbités ; quelques personnes semblent quant à elles prisonnières de la cage.&lt;br /&gt;
[00:42] Un char orné d'une danseuse de papier mâché autour de laquelle quatre figures masculines pivotent et semblent danser ; un cinquième personnage, plus imposant, est posté à l'arrière du char, les bras levés.&lt;br /&gt;
[00:47] Des personnes déguisées déambulent, dont une est déguisée en meule de fromage.&lt;br /&gt;
[00:48] Un char représentant une femme vêtue du costume traditionnel alsacien, à cru sur un taureau bleu, allégorie de l'Europe.&lt;br /&gt;
[00:54] Un char transportant quatre vieux géants de papier mâché, dont l'un porte l'écharpe tricolore des maires français et un autre qui porte une écharpe autour du cou aux couleurs de la République Fédérale Allemande.&lt;br /&gt;
[00:59] Un char sur lequel un personnage arborant un chapeau blanc sur la tête prend dans ses bras une sorte de pièce montée rose.&lt;br /&gt;
[01:03] Des femmes habillées avec le costume traditionnel alsacien sont suivies par un fanfare dont les membres arborent eux aussi le costume traditionnel.&lt;br /&gt;
[01:06] Un char en forme de bateau ; la figure de proue est une femme nue, rousse à la peau verte semblant jouer d'un instrument à vent – sans doute une trompette – et à la poupe, un géant ouvrant les bras porte une couronne rayonnante.&lt;br /&gt;
[01:13] Des individus déguisés en arlequin dansent.&lt;br /&gt;
[01:16] Une fanfare dont les membres sont vêtus de déguisement très colorés joue et défile.&lt;br /&gt;
[01:23] Quelques personnes font des acrobaties sur des bicyclettes, des grand-bi et des monocycles.&lt;br /&gt;
[01:37] Un char représentant un enfant déguisé en chevalier sur un cheval à bascule.&lt;br /&gt;
[01:45] Un char en forme de tigre immense sur lequel prennent place trois jeunes femmes portant le long manteau de pourpre et d'hermine royal et trois autres portant des déguisements de panthères.&lt;br /&gt;
[01:49] Un char représentant une femme allongée nonchalamment, la tête sur un croissant de Lune ; face à elle, un second personnage lui tourne le dos et lui montre ses fesses.&lt;br /&gt;
[01:54] Plan non cadré ; on y voit des façades d'immeubles.&lt;br /&gt;
[01:55] Un char orné de deux énormes têtes d'hommes portant un haut-de-forme derrière lesquelles un personnage féminin ailé prend place sur un siège aux couleurs des États-Unis.&lt;br /&gt;
[01:58] Un char en forme de chameau qui porte une danseuse orientale quasiment nue et derrière elle, un homme blanc, une raquette de tennis à la main.&lt;br /&gt;
[02:04] Un char sur lequel des hommes sont portent les vêtements et le calot rayés des bagnards ; deux autres portent l'uniforme des gendarmes.&lt;br /&gt;
[02:12] Un tracteur tire une remorque sur laquelle des hommes et des femmes sont installés et agitent des filets à papillons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées sur la Place Kléber, depuis l'angle de la Rue des Francs-Bourgeois, face à l'Aubette. Les chars précédemment décrits y défilent. La caméra est à hauteur d'homme et plus proche encore du cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:24] Plan rapproché sur le char de la danseuse et des cinq hommes. &lt;br /&gt;
[02:27] Un second plan du même char, vu de derrière cette fois, partant vers la Place de l'Homme de fer.&lt;br /&gt;
[02:31] Les individus déguisés en meules de fromage.&lt;br /&gt;
[02:36] Plan rapproché sur le char de l'Alsacienne sur le taureau.&lt;br /&gt;
[02:42] Le char des quatre vieillards aux attributs politiques (écharpes tricolores) vu de derrière.&lt;br /&gt;
[02:46] Le char de l'homme à la pièce montée rose vu de derrière.&lt;br /&gt;
[02:51] Plan rapproché sur une femme, relativement âgée, qui sourit et tente d'enlever les confettis de son manteau. Elle se retourne enfin et jette une poignée de confettis au visage de son voisin. Aucun regard caméra.&lt;br /&gt;
[02:58] Le char en forme de bateau vu de derrière.&lt;br /&gt;
[03:05] Le char de l'enfant sur le cheval à bascule vu de derrière.&lt;br /&gt;
[03:08] Plan rapproché sur le char en forme de tigre. Les jeunes femmes saluent la foule.&lt;br /&gt;
[03:20] Le char de la femme allongée vue de derrière.&lt;br /&gt;
[03:26] Un char surmonté d'un lion derrière lequel deux hommes se tiennent debout, l'un a un chapeau de trappeur canadien sur la tête, l'autre une coiffe d'Indien d'Amérique.&lt;br /&gt;
[03:40] Plan rapproché sur le char de la femme ailée.&lt;br /&gt;
[03:48] Plan rapproché sur le char du chameau.&lt;br /&gt;
[03:53] Plan rapproché sur le char des bagnards.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées en intérieur, lors d'un repas de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:57] Une table de fête est dressée et décorée, la pièce est vide. Gros plan sur le centre de table composé de branches de sapin et de cierges colorés. Plan panoramique de la table qui compte au moins 18 couverts.&lt;br /&gt;
[04:11] Plan filmé depuis le même point de vue que le précédent. La fête bat son plein. Les lumières sont allumées, il semblerait qu'il fait nuit. Sur la table envahie de serpentins, les assiettes sont vides, les bouteilles aussi. Certains sont encore assis tandis que d'autres sont debout, une coupe de champagne ou de crémant à la main, un chapeau en carton sur la tête. Les visages sont rouges et souriants. Les gens s'embrassent et dansent. Certains semblent ivres. Un homme et une femme se font boire mutuellement leur verre.&lt;br /&gt;
[05:19] Hommes et femmes dansent et forment une chenille. Les jupes se soulèvent face à la caméra.&lt;br /&gt;
[05:31] Ils dansent tous, à deux voire à trois, sur un rythme assez rapide. Certains se bousculent ou manquent de tomber.&lt;br /&gt;
[05:50] Un homme se met à danser seul, sautillant et gesticulant ; le style est plus libéré, plus moderne.&lt;br /&gt;
[06:10] Debout sur une chaise, sans pantalon, un homme fait semblant d'uriner dans une petite bassine. Les autres l'encouragent et rient.&lt;br /&gt;
[06:21] Un autre homme soulève celui qui n'a plus de pantalon, lui donne quelques fessées et le repose. L'homme sans pantalon sourit et continue de danser.&lt;br /&gt;
[06:50] Lendemain matin, il fait jour. La pièce est vide, les chaises sont empilées dans un coin.&lt;br /&gt;
[06:57] Gros plan sur un grand panier rempli de bouteilles vides.&lt;br /&gt;
[07:13] Les restes de nourriture sont disposés sur la table, à la façon d'un buffet.&lt;br /&gt;
[07:21] Trois femmes font la vaisselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes se focalisent à nouveau sur le cortège du carnaval. La caméra surplombe la foule et suit le défilé au loin – à environ 20 mètres. On se situe à l'angle de la Rue Turenne et de l'Avenue de la Paix, à côté de la Grande Synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:25] Un char avec une pancarte sur laquelle est écrit « ''WAS IM GEIMEINDEROOD GERED WURD ESCH ?'' » [''Traduction de l'alsacien : « Ce qui a été dit au conseil municipal ? »'']. Sur ce même char, deux hommes à chapeau melon saluent la foule.&lt;br /&gt;
[07:38] Un char représentant un animal – un renard ? - déguisé en roi assis sur son trône. Les confettis pleuvent. &lt;br /&gt;
[07:47] Un char qui transporte une caricature de l'homme allemand, replet, joufflu et vêtu du costume traditionnel bavarois – le ''Lederhose'' et le ''Steyrer Hut'' – et d'une chope de bière à la main. Devant lui, une tête de voleur, et derrière, un femme, caricature de la touriste allemande, accroupie et dont la jupe se soulève.&lt;br /&gt;
[08:03] Un char sur lequel prennent place deux géantes habillées avec le costume alsacien traditionnel.&lt;br /&gt;
[08:08] Retour sur le char des caricatures allemandes, vu de derrière : on aperçoit les fesses nues de l'Allemande.&lt;br /&gt;
[08:15] Un char en forme de coq sur lequel prend place un géant, à savoir un vieux monsieur en complet rouge.&lt;br /&gt;
[08:26] Un char représentant deux brancardiers portant l'uniforme français bleu horizon de la Première guerre mondiale et transportant un blessé à la peau verdâtre.&lt;br /&gt;
[08:34] Un char représentant un vieil homme, assis sur une chaise, les bras croisés.&lt;br /&gt;
[08:44] Une remorque transportant une fanfare.&lt;br /&gt;
[08:46] Un char issu du monde de ''Tintin '': le Professeur Tournesol fait office de figure de proue, Tintin et Milou sont au milieu et le Capitaine Haddock est à l'arrière, assis, en train de boire une bouteille – de rhum sans doute.&lt;br /&gt;
[08:55] Un char représentant un ring de boxe ; deux hommes à moitié nus se battent, un arbitre les sépare et un vautour les survole.&lt;br /&gt;
[09:05] Un char en forme de kangourou, un ballon de volley-ball à la main et un visage humain à lunette. Le char, très haut, est pris dans une guirlande de fanions et s'en dégage difficilement.&lt;br /&gt;
[09:28] Un char en forme d'éléphant sur lequel sont assises trois jeunes femmes dont une est déguisée en reine.&lt;br /&gt;
[09:42] Le cortège continue de défiler mais la caméra est très loin, on ne voit que le haut des têtes et parmi elles, un personnage de papier mâché – une femme au gros nez – virevolte. &lt;br /&gt;
[09:52] Plan rapproché sur la foule en mouvement ; elle est composée à la fois d'enfants, d'adultes et de personnes âgées. Chacun s'amuse à envoyer des confettis sur les autres. Les chapeaux, les manteaux et les trottoirs en sont couverts.&lt;br /&gt;
[10:09] Un char sur lequel cinq hommes déguisés prennent place, l'un porte un uniforme militaire, un autre un déguisement de motard, un autre encore arbore un haut-de-forme. Ils lancent des poignées de confettis sur la foule.&lt;br /&gt;
[10:15] Plan rapproché sur la foule. Ce sont davantage les adultes et les personnes âgées, non les enfants, qui jouent avec les confettis. Viennent devant la caméra des visages connus et souriants, ceux de la fête de famille.&lt;br /&gt;
[10:43] Plan rapproché sur un enfant à vélo qui tente d'enlever les confettis de ses vêtements et de son béret. &lt;br /&gt;
[10:48] Plan rapproché sur un individu portant un carton décoré en guise de déguisement. &lt;br /&gt;
[10:52] Sur les trottoirs, les adultes ont presque tous un sachet en papier contenant des confettis dans les mains ; ils les jettent autour d'eux et chahutent joyeusement ensemble.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période allant du milieu de l'hiver au début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « &amp;quot;De Barabli&amp;quot; » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organise une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir-même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7482</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0020FH0012)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7482"/>
		<updated>2019-01-06T17:07:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg de 1960&lt;br /&gt;
|fonds=Willer&lt;br /&gt;
|idSupport=0020FH0012&lt;br /&gt;
|dateDebut=28021960&lt;br /&gt;
|video=0020FH0012&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:14&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 1.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; fête populaire; Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58386, 7.74188&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Traditions@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le carnaval de Strasbourg datant du dimanche 28 février 1960. On y voit les différents chars qui se succèdent et défilent parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=[00:03] Insert de l'affiche du Carnaval de Strasbourg. L'affiche très colorée indique la tenue de &amp;quot;''grands bals travestis''&amp;quot; du samedi 27 février au mardi 1er mars 1960.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences qui suivent sont toutes tournées sur un mode similaire, alliant des plans fixes et des plans panoramiques. Postée sur un trottoir, en face de la Banque Fédérative Rurale située au numéro 25 de la Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un premier char surmonté d'un couple de géants en papier mâché est suivi de près par quatre personnes déguisées en pintes de bière sur lesquelles on distingue &amp;quot;''pêcheur''&amp;quot; ; il s'agit du char promotionnel de la Brasserie du Pêcheur, ou Brasserie Fischer, une brasserie alsacienne fondée en 1821 et installée à Schiltigheim. Depuis le char, quelques personnes lancent ce qui semble être des prospectus dans la foule. D'autres personnes déguisées accompagnent le cortège en dansant et jetant des confettis sur les spectateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Un second char au couleur de la Brasserie Fischer et surmonté du logo, le ''Fischermannele'', défile. Il transporte une fanfare et trois femmes portant le costume traditionnel des Alsaciennes, tandis que trois autres personnes, également déguisées en pintes de bière, lui succèdent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Un char en forme de bateau pirate avec une ancre dessinée sur la coque - certainement le char de la Brasserie de l'Espérance fondée en 1746 à Schiltigheim et dont la bière traditionnelle est l'''Ancre''. Un homme situé en poupe du bateau lance des papiers dans la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Large plan panoramique sur la foule, dense et couverte de confettis. Elle est très hétérogène et compte aussi bien des adultes que des enfants, des femmes que des hommes. Tous portent des vêtements d'hiver, il fait sans doute froid. Des sourires se dessinent sur les lèvres. Certains sont perchés sur des rebords de fenêtres afin de mieux apercevoir le défilé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char décoré d'une grosse tête en papier mâché, celle d'homme replet au sourire grinçant ; en fonds, un paysage lunaire et une fusée dessinés sur une toile tendue. Dessus, deux hommes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:04] Un char représentant une femme blonde tenant une énorme pièce à la main ; derrière, une balance telle qu'il en existe dans les marchés. Le char est suivi de sept personnes déguisées en ce qui semble être des quilles colorées et numérotées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:21] Un char en forme de paon, jonché d'une tête d'homme énorme et d'une silhouette de femme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:25] Un char en forme de canard lequel a le bec fermé par un cadenas. L'allégorie du canard fait écho a la deuxième partie du char : un journal illustré - certainement de la presse ''people'' - tenu par un vieil homme aux yeux exorbités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:43] Un char décoré de deux danseuses de cabaret, d'un homme portant le béret et la marinière - symbolisant la France - et de deux autres portant des hauts-de-forme, l'un aux couleurs du Royaume-Uni et l'autre à celles des Etats-Unis. Tous se tiennent la main et semblent danser ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:59] Un char représentant une tour Eiffel surmontée de la tête et des bras du Général De Gaule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:07] Plusieurs personnes à pied portant des masques de papier mâché ; des musiciens prennent aussi part au cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:17] Un char décoré de trois têtes de monstres semblables à des escargots dentus ; le char est pourvu d'un mécanisme faisant tournoyer deux astronautes, l'un aux couleurs des Etats-Unis, l'autre portant l'étoile rouge communiste, autour d'une sphère, elle-même posée sur un croissant de Lune, laquelle sur trouve sur la tête d'un homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:39] Quatre personnes déguisées en chef cuisinier portant des mets dans leurs bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Un char représentant un personnage portant à la fois le chapeau du bouffon et la couronne du roi sur une chaise à porteur laquelle est portée par trois valets à la mine triste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:59] Un char en forme de carrosse sur lequel prennent place une fanfare et trois jeunes femmes vêtues de robes longues. A l'arrière du char, un personnage en papier mâché avec un nez rouge et disproportionné.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 1956, Germain Muller et Raymond Vogel, les fondateurs du cabaret strasbourgeois « De Barabli » font le pari de relancer cette tradition longtemps oubliée et organise une grande procession satirique, essentiellement composée d'acteurs du cabaret, en l'honneur de Crocus Morus, brûlé le soir même sur la Place Broglie. Mais, s'ils sont déjà nombreux à venir y assister, ce carnaval ne marque pas vraiment l'histoire de la ville et est considéré comme un échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année suivante cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation fait figure d'une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Fischer.png|vignette|droite|Un char portant l'emblème de la Bière du Pêcheur, le ''Fischermannele''.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'agit dans ce film du carnaval du dimanche 28 février 1960. L'insert de l'affiche au début du film permet de dater avec précision l'événement. [[Fichier:Carnaval - 1960 - affiche.png|vignette|gauche|L'affiche du carnaval de Strasbourg.]] D'ailleurs, si le carnaval a lieu le dimanche seulement, ce sont en réalité quatre jours successifs de festivité, du samedi 27 février au mardi 1er mars, qui sont proposés aux Strasbourgeois et autres touristes. Les images témoignent aussi de l'attrait de la fête urbaine : les chars peinent à avancer à travers la foule, très dense. On note aussi le caractère tout public de cette manifestation, les spectateurs étant, de façon surprenante, surtout des adultes davantage que des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déguisements et chars sont encore l'occasion de messages contestataires divers bien que considérablement policés. En témoignent le canard, allégorie du journal et de la presse, muselé par un cadenas, derrière lequel un homme apparaît médusé à la lecture de la presse à sensation. Certains pouvaient sans doute y voir la dénonciation d'une société davantage avide des scandales de la presse ''people'' que de véritables sujets de fond. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Canard.png|vignette|gauche|Le char représentant un canard au bec muselé. ]] De même, en regardant passer cette Tour Eiffel surmontée de la tête de Charles de Gaule, peut-être d'autres voyaient-ils la représentation caricaturale d'une toute nouvelle Ve République qui renforce considérablement les pouvoirs du chef de l'Etat, désormais au sommet de la hiérarchie politique. Mais la contestation reste légère. [[Fichier:Carnaval - 1960 - De Gaule.png|vignette|droite|La tête du Général de Gaule, au sommet de la Tour Eiffel, les bras levés au ciel, semblant clamer &amp;quot;Je vous ai compris !&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, très vite, on reproche à cette cavalcade de s'être trop éloignée de la tradition carnavalesque, de n'être finalement qu'une gentille fête urbaine, folklorique et très commerciale. Et s'ils sont nombreux à venir jusque dans le centre-ville de Strasbourg pour voir défiler Bim-Bam, le roi du carnaval, la majeure partie d'entre eux sont spectateurs, non participants. La subversion et le grotesque, raisons d'être du carnaval, ont laissé place au spectaculaire au sein d'une foule passive. Enfin, s'il demeure encore, l'espace de la contestation sociale se trouve de plus en plus réduit. Aussi, l'engouement existant autour de ce « Carnaval des Marchands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; s'essouffle peu à peu : il se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7481</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0020FH0012)</title>
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		<updated>2019-01-06T16:39:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le carnaval de Strasbourg datant du dimanche 28 février 1960. On y voit les différents chars qui se succèdent et défilent parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=[00:03] Insert de l'affiche du Carnaval de Strasbourg. L'affiche très colorée indique la tenue de &amp;quot;''grands bals travestis''&amp;quot; du samedi 27 février au mardi 1er mars 1960.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences qui suivent sont toutes tournées sur un mode similaire, alliant des plans fixes et des plans panoramiques. Postée sur un trottoir, en face de la Banque Fédérative Rurale située au numéro 25 de la Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un premier char surmonté d'un couple de géants en papier mâché est suivi de près par quatre personnes déguisées en pintes de bière sur lesquelles on distingue &amp;quot;''pêcheur''&amp;quot; ; il s'agit du char promotionnel de la Brasserie du Pêcheur, ou Brasserie Fischer, une brasserie alsacienne fondée en 1821 et installée à Schiltigheim. Depuis le char, quelques personnes lancent ce qui semble être des prospectus dans la foule. D'autres personnes déguisées accompagnent le cortège en dansant et jetant des confettis sur les spectateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Un second char au couleur de la Brasserie Fischer et surmonté du logo, le ''Fischermannele'', défile. Il transporte une fanfare et trois femmes portant le costume traditionnel des Alsaciennes, tandis que trois autres personnes, également déguisées en pintes de bière, lui succèdent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Un char en forme de bateau pirate avec une ancre dessinée sur la coque - certainement le char de la Brasserie de l'Espérance fondée en 1746 à Schiltigheim et dont la bière traditionnelle est l'''Ancre''. Un homme situé en poupe du bateau lance des papiers dans la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Large plan panoramique sur la foule, dense et couverte de confettis. Elle est très hétérogène et compte aussi bien des adultes que des enfants, des femmes que des hommes. Tous portent des vêtements d'hiver, il fait sans doute froid. Des sourires se dessinent sur les lèvres. Certains sont perchés sur des rebords de fenêtres afin de mieux apercevoir le défilé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char décoré d'une grosse tête en papier mâché, celle d'homme replet au sourire grinçant ; en fonds, un paysage lunaire et une fusée dessinés sur une toile tendue. Dessus, deux hommes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:04] Un char représentant une femme blonde tenant une énorme pièce à la main ; derrière, une balance telle qu'il en existe dans les marchés. Le char est suivi de sept personnes déguisées en ce qui semble être des quilles colorées et numérotées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:21] Un char en forme de paon, jonché d'une tête d'homme énorme et d'une silhouette de femme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:25] Un char en forme de canard lequel a le bec fermé par un cadenas. L'allégorie du canard fait écho a la deuxième partie du char : un journal illustré - certainement de la presse ''people'' - tenu par un vieil homme aux yeux exorbités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:43] Un char décoré de deux danseuses de cabaret, d'un homme portant le béret et la marinière - symbolisant la France - et de deux autres portant des hauts-de-forme, l'un aux couleurs du Royaume-Uni et l'autre à celles des Etats-Unis. Tous se tiennent la main et semblent danser ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:59] Un char représentant une tour Eiffel surmontée de la tête et des bras du Général De Gaule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:07] Plusieurs personnes à pied portant des masques de papier mâché ; des musiciens prennent aussi part au cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:17] Un char décoré de trois têtes de monstres semblables à des escargots dentus ; le char est pourvu d'un mécanisme faisant tournoyer deux astronautes, l'un aux couleurs des Etats-Unis, l'autre portant l'étoile rouge communiste, autour d'une sphère, elle-même posée sur un croissant de Lune, laquelle sur trouve sur la tête d'un homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:39] Quatre personnes déguisées en chef cuisinier portant des mets dans leurs bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Un char représentant un personnage portant à la fois le chapeau du bouffon et la couronne du roi sur une chaise à porteur laquelle est portée par trois valets à la mine triste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:59] Un char en forme de carrosse sur lequel prennent place une fanfare et trois jeunes femmes vêtues de robes longues. A l'arrière du char, un personnage en papier mâché avec un nez rouge et disproportionné.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957 cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation s'impose ainsi comme une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg l'ampleur et le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Fischer.png|vignette|droite|Un char portant l'emblème de la Bière du Pêcheur, le ''Fischermannele''.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'agit dans ce film du carnaval du dimanche 28 février 1960. L'insert de l'affiche au début du film permet de dater avec précision l'événement. [[Fichier:Carnaval - 1960 - affiche.png|vignette|gauche|L'affiche du carnaval de Strasbourg.]] D'ailleurs, si le carnaval a lieu le dimanche seulement, ce sont en réalité quatre jours successifs de festivité, du samedi 27 février au mardi 1er mars, qui sont proposés aux Strasbourgeois et autres touristes. Les images témoignent aussi de l'attrait de la fête urbaine : les chars peinent à avancer à travers la foule, très dense. On note aussi le caractère tout public de cette manifestation, les spectateurs étant, de façon surprenante, surtout des adultes davantage que des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déguisements et chars sont encore l'occasion de messages contestataires divers bien que considérablement policés. En témoignent le canard, allégorie du journal et de la presse, muselé par un cadenas, derrière lequel un homme apparaît médusé à la lecture de la presse à sensation. Certains pouvaient sans doute y voir la dénonciation d'une société davantage avide des scandales de la presse ''people'' que de véritables sujets de fond. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Canard.png|vignette|gauche|Le char représentant un canard au bec muselé. ]] De même, en regardant passer cette Tour Eiffel surmontée de la tête de Charles de Gaule, peut-être d'autres voyaient-ils la représentation caricaturale d'une toute nouvelle Ve République qui renforce considérablement les pouvoirs du chef de l'Etat, désormais au sommet de la hiérarchie politique. Mais la contestation reste légère. [[Fichier:Carnaval - 1960 - De Gaule.png|vignette|droite|La tête du Général de Gaule, au sommet de la Tour Eiffel, les bras levés au ciel, semblant clamer &amp;quot;Je vous ai compris !&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, très vite, on reproche à cette cavalcade de s'être trop éloignée de la tradition carnavalesque, de n'être finalement qu'une gentille fête urbaine, folklorique et très commerciale. Et s'ils sont nombreux à venir jusque dans le centre-ville de Strasbourg pour voir défiler Bim-Bam, le roi du carnaval, la majeure partie d'entre eux sont spectateurs, non participants. La subversion et le grotesque, raisons d'être du carnaval, ont laissé place au spectaculaire au sein d'une foule passive. Enfin, s'il demeure encore, l'espace de la contestation sociale se trouve de plus en plus réduit. Aussi, l'engouement existant autour de ce « Carnaval des Marchands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; s'essouffle peu à peu : il se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7479</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0020FH0012)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7479"/>
		<updated>2019-01-06T16:36:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg de 1960&lt;br /&gt;
|fonds=Willer&lt;br /&gt;
|idSupport=0020FH0012&lt;br /&gt;
|dateDebut=28021960&lt;br /&gt;
|video=0020FH0012&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:03:14&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=8 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 1.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; fête populaire; Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58386, 7.74188&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Traditions@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le carnaval de Strasbourg datant du dimanche 28 février 1960. On y voit les différents chars qui se succèdent et défilent parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=[00:03] Insert de l'affiche du Carnaval de Strasbourg. L'affiche très colorée indique la tenue de &amp;quot;''grands bals travestis''&amp;quot; du samedi 27 février au mardi 1er mars 1960.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences qui suivent sont toutes tournées sur un mode similaire, alliant des plans fixes et des plans panoramiques. Postée sur un trottoir, en face de la Banque Fédérative Rurale située au numéro 25 de la Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un premier char surmonté d'un couple de géants en papier mâché est suivi de près par quatre personnes déguisées en pintes de bière sur lesquelles on distingue &amp;quot;''pêcheur''&amp;quot; ; il s'agit du char promotionnel de la Brasserie du Pêcheur, ou Brasserie Fischer, une brasserie alsacienne fondée en 1821 et installée à Schiltigheim. Depuis le char, quelques personnes lancent ce qui semble être des prospectus dans la foule. D'autres personnes déguisées accompagnent le cortège en dansant et jetant des confettis sur les spectateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Un second char au couleur de la Brasserie Fischer et surmonté du logo, le ''Fischermannele'', défile. Il transporte une fanfare et trois femmes portant le costume traditionnel des Alsaciennes, tandis que trois autres personnes, également déguisées en pintes de bière, lui succèdent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Un char en forme de bateau pirate avec une ancre dessinée sur la coque - certainement le char de la Brasserie de l'Espérance fondée en 1746 à Schiltigheim et dont la bière traditionnelle est l'''Ancre''. Un homme situé en poupe du bateau lance des papiers dans la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Large plan panoramique sur la foule, dense et couverte de confettis. Elle est très hétérogène et compte aussi bien des adultes que des enfants, des femmes que des hommes. Tous portent des vêtements d'hiver, il fait sans doute froid. Des sourires se dessinent sur les lèvres. Certains sont perchés sur des rebords de fenêtres afin de mieux apercevoir le défilé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char décoré d'une grosse tête en papier mâché, celle d'homme replet au sourire grinçant ; en fonds, un paysage lunaire et une fusée dessinés sur une toile tendue. Dessus, deux hommes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:04] Un char représentant une femme blonde tenant une énorme pièce à la main ; derrière, une balance telle qu'il en existe dans les marchés. Le char est suivi de sept personnes déguisées en ce qui semble être des quilles colorées et numérotées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:21] Un char en forme de paon, jonché d'une tête d'homme énorme et d'une silhouette de femme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:25] Un char en forme de canard lequel a le bec fermé par un cadenas. L'allégorie du canard fait écho a la deuxième partie du char : un journal illustré - certainement de la presse ''people'' - tenu par un vieil homme aux yeux exorbités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:43] Un char décoré de deux danseuses de cabaret, d'un homme portant le béret et la marinière - symbolisant la France - et de deux autres portant des hauts-de-forme, l'un aux couleurs du Royaume-Uni et l'autre à celles des Etats-Unis. Tous se tiennent la main et semblent danser ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:59] Un char représentant une tour Eiffel surmontée de la tête et des bras du Général De Gaule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:07] Plusieurs personnes à pied portant des masques de papier mâché ; des musiciens prennent aussi part au cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:17] Un char décoré de trois têtes de monstres semblables à des escargots dentus ; le char est pourvu d'un mécanisme faisant tournoyer deux astronautes, l'un aux couleurs des Etats-Unis, l'autre portant l'étoile rouge communiste, autour d'une sphère, elle-même posée sur un croissant de Lune, laquelle sur trouve sur la tête d'un homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:39] Quatre personnes déguisées en chef cuisinier portant des mets dans leurs bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Un char représentant un personnage portant à la fois le chapeau du bouffon et la couronne du roi sur une chaise à porteur laquelle est portée par trois valets à la mine triste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:59] Un char en forme de carrosse sur lequel prennent place une fanfare et trois jeunes femmes vêtues de robes longues. A l'arrière du char, un personnage en papier mâché avec un nez rouge et disproportionné.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957 cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation s'impose ainsi comme une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg l'ampleur et le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Fischer.png|vignette|droite|Un char portant l'emblème de la Bière du Pêcheur, le ''Fischermannele''.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'agit dans ce film du carnaval du dimanche 28 février 1960. L'insert de l'affiche au début du film permet de dater avec précision l'événement. [[Fichier:Carnaval - 1960 - affiche.png|vignette|gauche|L'affiche du carnaval de Strasbourg.]] D'ailleurs, si le carnaval a lieu le dimanche seulement, ce sont en réalité quatre jours successifs de festivité, du samedi 27 février au mardi 1er mars, qui sont proposés aux Strasbourgeois et autres touristes. Les images témoignent aussi de l'attrait de la fête urbaine : les chars peinent à avancer à travers la foule, très dense. On note aussi le caractère tout public de cette manifestation, les spectateurs étant, de façon surprenante, surtout des adultes davantage que des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déguisements et chars sont encore l'occasion de messages contestataires divers bien que considérablement policés. En témoignent le canard, allégorie du journal et de la presse, muselé par un cadenas, derrière lequel un homme apparaît médusé à la lecture de la presse à sensation. Certains pouvaient sans doute y voir la dénonciation d'une société davantage avide des scandales de la presse ''people'' que de véritables sujets de fond. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Canard.png|vignette|gauche|Le char représentant un canard au bec muselé. ]] De même, en regardant passer cette Tour Eiffel surmontée de la tête de Charles de Gaule, peut-être d'autres voyaient-ils la représentation caricaturale d'une toute nouvelle Ve République qui renforce considérablement les pouvoirs du chef de l'Etat, désormais au sommet de la hiérarchie politique. Mais la contestation reste légère. [[Fichier:Carnaval - 1960 - De Gaule.png|vignette|droite|La tête du Général de Gaule, au sommet de la Tour Eiffel, les bras levés au ciel, semblant clamer &amp;quot;Je vous ai compris !&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, très vite, on reproche à cette cavalcade de s'être trop éloignée de la tradition carnavalesque, de n'être finalement qu'une gentille fête urbaine, folklorique et très commerciale. Et s'ils sont nombreux à venir jusque dans le centre-ville de Strasbourg pour voir défiler Bim-Bam, le roi du carnaval, la majeure partie d'entre eux sont spectateurs, non participants. La subversion et le grotesque, raisons d'être du carnaval, ont laissé place au spectaculaire au sein d'une foule passive. Enfin, s'il demeure encore, l'espace de la contestation sociale se trouve de plus en plus réduite. Aussi, l'engouement existant autour de ce « Carnaval des Marchands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; s'essouffle peu à peu : il se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
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	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0050FH0002)&amp;diff=7478</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0050FH0002)</title>
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		<updated>2019-01-06T16:30:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Oui&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
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|realisateurs=Kling, Charles&lt;br /&gt;
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|descripteurs=Carnaval; Strasbourg (67); Fête populaire; Famille; Repas de fête&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Place Kléber, Strasbourg; Rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg; Grand'Rue, Strasbourg; Avenue de la Paix, Strasbourg; Grande Synagogue de la Paix, Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58189, 7.75103&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Art of living - Gastronomy@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un film amateur qui se déroule pendant le Carnaval de Strasbourg, entre 1958 et 1962. Une partie du film se focalise sur le cortège de chars tandis qu'une autre se concentre sur un repas de famille.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Les premières séquences sont tournées sur un mode similaire : il s'agit de plans d'ensemble fixes, assez courts. Postée sur un trottoir - en face de la Brasserie du Pêcheur et de la boutique de &amp;quot;''Vêtements Klotz''&amp;quot;, toutes deux situées à l'angle de Grand'Rue et de la rue des Francs-Bourgeois - et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent. Ces premières images sont très floues et on distingue mal ce qu'il s'y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:00] Vue d'ensemble de la foule de part et d'autre de la rue des Francs-Bourgeois, assistant au défilé des chars. Au milieu, un homme pédale sur un grand-bi.&lt;br /&gt;
[00:02] Une camionnette aux couleurs de la Brasserie Kronenbourg - brasserie alsacienne fondée en 1664 à Strasbourg - suivie par une voiture ornée d'une grande bouteille de bière, Kronenbourg également, sur le toit.&lt;br /&gt;
[00:10] Une fanfare dont les membres portent des déguisements aux couleurs vives.&lt;br /&gt;
[00:16] Deux plans successifs et très courts de la foule, entassée sur les trottoirs, couverte de confettis.&lt;br /&gt;
[00:18] Premier char tiré par une voiture décorée avec un croissant de Lune sur le toit ; la remorque quant à elle a été transformée en lit géant et deux personnes en pyjama y sont installées.&lt;br /&gt;
[00:21] Une seconde remorque, cette fois-ci tirée par un tracteur, transporte un personnage de papier mâché relativement joufflu et semblant faire une chute à ski. &lt;br /&gt;
[00:28] Un char en forme de dragon d'inspiration chinoise ; sur le dos du dragon, une marmite sur le feu contenant deux personnages habillés en cuisinier.&lt;br /&gt;
[00:35] Un char en forme de cage sur laquelle se tient un singe, langue tirée et yeux exorbités ; quelques personnes semblent quant à elles prisonnières de la cage.&lt;br /&gt;
[00:42] Un char orné d'une danseuse de papier mâché autour de laquelle quatre figures masculines pivotent et semblent danser ; un cinquième personnage, plus imposant, est posté à l'arrière du char, les bras levés.&lt;br /&gt;
[00:47] Des personnes déguisées déambulent, dont une est déguisée en meule de fromage.&lt;br /&gt;
[00:48] Un char représentant une femme vêtue du costume traditionnel alsacien, à cru sur un taureau bleu, allégorie de l'Europe.&lt;br /&gt;
[00:54] Un char transportant quatre vieux géants de papier mâché, dont l'un porte l'écharpe tricolore des maires français et un autre qui porte une écharpe autour du cou aux couleurs de la République Fédérale Allemande.&lt;br /&gt;
[00:59] Un char sur lequel un personnage arborant un chapeau blanc sur la tête prend dans ses bras une sorte de pièce montée rose.&lt;br /&gt;
[01:03] Des femmes habillées avec le costume traditionnel alsacien sont suivies par un fanfare dont les membres arborent eux aussi le costume traditionnel.&lt;br /&gt;
[01:06] Un char en forme de bateau ; la figure de proue est une femme nue, rousse à la peau verte semblant jouer d'un instrument à vent – sans doute une trompette – et à la poupe, un géant ouvrant les bras porte une couronne rayonnante.&lt;br /&gt;
[01:13] Des individus déguisés en arlequin dansent.&lt;br /&gt;
[01:16] Une fanfare dont les membres sont vêtus de déguisement très colorés joue et défile.&lt;br /&gt;
[01:23] Quelques personnes font des acrobaties sur des bicyclettes, des grand-bi et des monocycles.&lt;br /&gt;
[01:37] Un char représentant un enfant déguisé en chevalier sur un cheval à bascule.&lt;br /&gt;
[01:45] Un char en forme de tigre immense sur lequel prennent place trois jeunes femmes portant le long manteau de pourpre et d'hermine royal et trois autres portant des déguisements de panthères.&lt;br /&gt;
[01:49] Un char représentant une femme allongée nonchalamment, la tête sur un croissant de Lune ; face à elle, un second personnage lui tourne le dos et lui montre ses fesses.&lt;br /&gt;
[01:54] Plan non cadré ; on y voit des façades d'immeubles.&lt;br /&gt;
[01:55] Un char orné de deux énormes têtes d'hommes portant un haut-de-forme derrière lesquelles un personnage féminin ailé prend place sur un siège aux couleurs des États-Unis.&lt;br /&gt;
[01:58] Un char en forme de chameau qui porte une danseuse orientale quasiment nue et derrière elle, un homme blanc, une raquette de tennis à la main.&lt;br /&gt;
[02:04] Un char sur lequel des hommes sont portent les vêtements et le calot rayés des bagnards ; deux autres portent l'uniforme des gendarmes.&lt;br /&gt;
[02:12] Un tracteur tire une remorque sur laquelle des hommes et des femmes sont installés et agitent des filets à papillons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées sur la Place Kléber, depuis l'angle de la Rue des Francs-Bourgeois, face à l'Aubette. Les chars précédemment décrits y défilent. La caméra est à hauteur d'homme et plus proche encore du cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:24] Plan rapproché sur le char de la danseuse et des cinq hommes. &lt;br /&gt;
[02:27] Un second plan du même char, vu de derrière cette fois, partant vers la Place de l'Homme de fer.&lt;br /&gt;
[02:31] Les individus déguisés en meules de fromage.&lt;br /&gt;
[02:36] Plan rapproché sur le char de l'Alsacienne sur le taureau.&lt;br /&gt;
[02:42] Le char des quatre vieillards aux attributs politiques (écharpes tricolores) vu de derrière.&lt;br /&gt;
[02:46] Le char de l'homme à la pièce montée rose vu de derrière.&lt;br /&gt;
[02:51] Plan rapproché sur une femme, relativement âgée, qui sourit et tente d'enlever les confettis de son manteau. Elle se retourne enfin et jette une poignée de confettis au visage de son voisin. Aucun regard caméra.&lt;br /&gt;
[02:58] Le char en forme de bateau vu de derrière.&lt;br /&gt;
[03:05] Le char de l'enfant sur le cheval à bascule vu de derrière.&lt;br /&gt;
[03:08] Plan rapproché sur le char en forme de tigre. Les jeunes femmes saluent la foule.&lt;br /&gt;
[03:20] Le char de la femme allongée vue de derrière.&lt;br /&gt;
[03:26] Un char surmonté d'un lion derrière lequel deux hommes se tiennent debout, l'un a un chapeau de trappeur canadien sur la tête, l'autre une coiffe d'Indien d'Amérique.&lt;br /&gt;
[03:40] Plan rapproché sur le char de la femme ailée.&lt;br /&gt;
[03:48] Plan rapproché sur le char du chameau.&lt;br /&gt;
[03:53] Plan rapproché sur le char des bagnards.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes sont filmées en intérieur, lors d'un repas de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[03:57] Une table de fête est dressée et décorée, la pièce est vide. Gros plan sur le centre de table composé de branches de sapin et de cierges colorés. Plan panoramique de la table qui compte au moins 18 couverts.&lt;br /&gt;
[04:11] Plan filmé depuis le même point de vue que le précédent. La fête bat son plein. Les lumières sont allumées, il semblerait qu'il fait nuit. Sur la table envahie de serpentins, les assiettes sont vides, les bouteilles aussi. Certains sont encore assis tandis que d'autres sont debout, une coupe de champagne ou de crémant à la main, un chapeau en carton sur la tête. Les visages sont rouges et souriants. Les gens s'embrassent et dansent. Certains semblent ivres. Un homme et une femme se font boire mutuellement leur verre.&lt;br /&gt;
[05:19] Hommes et femmes dansent et forment une chenille. Les jupes se soulèvent face à la caméra.&lt;br /&gt;
[05:31] Ils dansent tous, à deux voire à trois, sur un rythme assez rapide. Certains se bousculent ou manquent de tomber.&lt;br /&gt;
[05:50] Un homme se met à danser seul, sautillant et gesticulant ; le style est plus libéré, plus moderne.&lt;br /&gt;
[06:10] Debout sur une chaise, sans pantalon, un homme fait semblant d'uriner dans une petite bassine. Les autres l'encouragent et rient.&lt;br /&gt;
[06:21] Un autre homme soulève celui qui n'a plus de pantalon, lui donne quelques fessées et le repose. L'homme sans pantalon sourit et continue de danser.&lt;br /&gt;
[06:50] Lendemain matin, il fait jour. La pièce est vide, les chaises sont empilées dans un coin.&lt;br /&gt;
[06:57] Gros plan sur un grand panier rempli de bouteilles vides.&lt;br /&gt;
[07:13] Les restes de nourriture sont disposés sur la table, à la façon d'un buffet.&lt;br /&gt;
[07:21] Trois femmes font la vaisselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences suivantes se focalisent à nouveau sur le cortège du carnaval. La caméra surplombe la foule et suit le défilé au loin – à environ 20 mètres. On se situe à l'angle de la Rue Turenne et de l'Avenue de la Paix, à côté de la Grande Synagogue de la Paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[07:25] Un char avec une pancarte sur laquelle est écrit « ''WAS IM GEIMEINDEROOD GERED WURD ESCH ?'' » [''Traduction de l'alsacien : « Ce qui a été dit au conseil municipal ? »'']. Sur ce même char, deux hommes à chapeau melon saluent la foule.&lt;br /&gt;
[07:38] Un char représentant un animal – un renard ? - déguisé en roi assis sur son trône. Les confettis pleuvent. &lt;br /&gt;
[07:47] Un char qui transporte une caricature de l'homme allemand, replet, joufflu et vêtu du costume traditionnel bavarois – le ''Lederhose'' et le ''Steyrer Hut'' – et d'une chope de bière à la main. Devant lui, une tête de voleur, et derrière, un femme, caricature de la touriste allemande, accroupie et dont la jupe se soulève.&lt;br /&gt;
[08:03] Un char sur lequel prennent place deux géantes habillées avec le costume alsacien traditionnel.&lt;br /&gt;
[08:08] Retour sur le char des caricatures allemandes, vu de derrière : on aperçoit les fesses nues de l'Allemande.&lt;br /&gt;
[08:15] Un char en forme de coq sur lequel prend place un géant, à savoir un vieux monsieur en complet rouge.&lt;br /&gt;
[08:26] Un char représentant deux brancardiers portant l'uniforme français bleu horizon de la Première guerre mondiale et transportant un blessé à la peau verdâtre.&lt;br /&gt;
[08:34] Un char représentant un vieil homme, assis sur une chaise, les bras croisés.&lt;br /&gt;
[08:44] Une remorque transportant une fanfare.&lt;br /&gt;
[08:46] Un char issu du monde de ''Tintin '': le Professeur Tournesol fait office de figure de proue, Tintin et Milou sont au milieu et le Capitaine Haddock est à l'arrière, assis, en train de boire une bouteille – de rhum sans doute.&lt;br /&gt;
[08:55] Un char représentant un ring de boxe ; deux hommes à moitié nus se battent, un arbitre les sépare et un vautour les survole.&lt;br /&gt;
[09:05] Un char en forme de kangourou, un ballon de volley-ball à la main et un visage humain à lunette. Le char, très haut, est pris dans une guirlande de fanions et s'en dégage difficilement.&lt;br /&gt;
[09:28] Un char en forme d'éléphant sur lequel sont assises trois jeunes femmes dont une est déguisée en reine.&lt;br /&gt;
[09:42] Le cortège continue de défiler mais la caméra est très loin, on ne voit que le haut des têtes et parmi elles, un personnage de papier mâché – une femme au gros nez – virevolte. &lt;br /&gt;
[09:52] Plan rapproché sur la foule en mouvement ; elle est composée à la fois d'enfants, d'adultes et de personnes âgées. Chacun s'amuse à envoyer des confettis sur les autres. Les chapeaux, les manteaux et les trottoirs en sont couverts.&lt;br /&gt;
[10:09] Un char sur lequel cinq hommes déguisés prennent place, l'un porte un uniforme militaire, un autre un déguisement de motard, un autre encore arbore un haut-de-forme. Ils lancent des poignées de confettis sur la foule.&lt;br /&gt;
[10:15] Plan rapproché sur la foule. Ce sont davantage les adultes et les personnes âgées, non les enfants, qui jouent avec les confettis. Viennent devant la caméra des visages connus et souriants, ceux de la fête de famille.&lt;br /&gt;
[10:43] Plan rapproché sur un enfant à vélo qui tente d'enlever les confettis de ses vêtements et de son béret. &lt;br /&gt;
[10:48] Plan rapproché sur un individu portant un carton décoré en guise de déguisement. &lt;br /&gt;
[10:52] Sur les trottoirs, les adultes ont presque tous un sachet en papier contenant des confettis dans les mains ; ils les jettent autour d'eux et chahutent joyeusement ensemble.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période allant du milieu de l'hiver au début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7477</id>
		<title>Cortège du carnaval à Strasbourg (0021FN0004)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7477"/>
		<updated>2019-01-06T16:29:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Cortège du carnaval à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Breesé&lt;br /&gt;
|idSupport=0021FN0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=03031957&lt;br /&gt;
|video=0021FN0004_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:01:38&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Breesé, Gilbert&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 3.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; Strasbourg; fête populaire&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Avenue de la Paix, Strasbourg; Avenue des Vosges, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58861, 7.75477&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le Carnaval de Strasbourg du dimanche 3 mars 1957. La caméra se situe à hauteur d'homme, à l'angle de l'Avenue de la Paix et de l'Avenue des Vosges, et suit le cortège qui défile parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film veut rendre compte de l'ambiance générale du Carnaval de Strasbourg de 1957 : les plans sont courts - entre 2 et 5 secondes - et il ne s'agit que de plans d'ensemble (sauf cas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:01] Parade de la fanfare d'un corps militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:06] Trois personnes déguisées dont une qui arbore une énorme tête ronde et orange en papier mâché. Elles sont suivies par un petit char sur lequel est peinte une tête de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un char sur lequel on distingue le nom de plusieurs enseignes strasbourgeoises : &amp;quot;''Bijouterie Roger''&amp;quot;, &amp;quot;''Restaurant Stadtwappe''&amp;quot; - situé place Gutenberg - ou encore la &amp;quot;''bière Gruber''&amp;quot;. Au moins sept personnes prennent place dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:13] Un second char duquel pendent des bandelettes de papiers et sur lequel est posé un lampadaire [''la qualité de l'image ne permet pas de distinguer ce qui est écrit dessus'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Une voiture ancienne, de type Citroën C4 des années 1930, chargée de valises et paniers accrochés sur le toit. Des hommes portant le chapeau melon et d'autres le haut-de-forme sont assis dessus ou marchent à côté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:20] Un char de la boutique de jouets &amp;quot;''Les joujoux Werl''&amp;quot; avec des jouets en papier mâché très colorés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Deux hommes en armure. En arrière-plan, on distingue un agent de circulation qui arrête de passage de quelques voitures venant de l'Avenue des Vosges. La foule se masse sur le trottoir et regarde le défilé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:27] Un char sur lequel est inscrit &amp;quot;''Martine Carol Galeries''&amp;quot;. Une poupée géante et articulée est assise sur une maison de carton pâte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:30] Un char en forme de paquebot, nommé ''Gambrinus'' - du nom du roi mythique de Flandres et de Brabant, symbole des amateurs de bières ; c'est aussi le nom d'une brasserie de Mulhouse - sur lequel plusieurs hommes déguisés en marin prennent place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Le char de la &amp;quot;''Délégation chinoise''&amp;quot;, représentant un temple à l'architecture semblable à celle des pagodes bouddhistes. Le char semble être sponsorisé par la &amp;quot;''Brasserie République''&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:36] Un petit char composé de deux personnes déguisées en une bête de somme tirant un chariot plein de bouteilles de lait. Un homme vêtu de noir les suit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:39] Un char nommé &amp;quot;''L'été à Strasbourg''&amp;quot; décoré de dés sur lequel on trouve des personnes portant des masques grotesques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char très coloré transportant une fanfare et pourvu de l'inscription &amp;quot;''Couic''&amp;quot;. Sur le char également, un homme porte un haut-de-forme au couleur des Etats-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:46] Un char en forme de ponts qu'on ne voit que partiellement. A bord, des femmes et des hommes déguisés saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:49] Un char - une remorque tirée par un tracteur - ornée de deux personnages de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:52] Trois hommes défilent : ils portent d'énormes sacs de randonneurs, avec gourdes et raquettes, et des masques de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:56] Un camion rempli de personnes déguisées qui saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[''A partir de ce moment, le film est en noir et blanc ; l'image est de moins bonne qualité'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:58] Des chars en forme de petits bateaux posés sur des roues ; au dessus, des fanions en guise de voiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Plan rapproché sur l'un des bateaux, nommé ''Maboul''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:05] Fanfare et majorettes défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:12] Des personnes défilent, arborant d'énormes têtes de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:15] Un char, arborant le nom de &amp;quot;''Bim Bam''&amp;quot; et représentant un tout jeune enfant - il porte une tétine autour du cou -, couronné, en train de boire un biberon d'&amp;quot;''orangeade''&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:19] Un char en forme de cheval entouré de personnes déguisées avec d'énormes têtes en papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Un char dont la base est décorée avec des masques de carnaval de type vénitien ; sur le char, des hommes et des femmes déguisées à la façon des courtisans au XVIIIe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:30] Un char orné d'un lion et d'un personnage portant un ''ghutrah'', tenu par l'''agal'', à savoir une coiffe traditionnelle portée par les hommes en Arabie Saoudite, en Irak ou encore en Syrie. Sur le char, des hommes et des femmes portent eux aussi des vêtements d'inspiration moyen-orientale.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[Fichier:Carnaval - 1957 - char sponsorisé.png|vignette|droite| Un char parrainé par la &amp;quot;Bijouterie Roger&amp;quot; et le &amp;quot;Restaurant Stadtwappe&amp;quot;.]] En 1957 cependant, ce sont les commerçants strasbourgeois qui décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. Le « ''Carnaval des Marchands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le dimanche 3 mars 1957 se tient ainsi un carnaval est entièrement financé par les commerçants eux-mêmes, en atteste les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises.[[Fichier:Carnaval - 1957 - Martine Carol.png|vignette|gauche|Un char financé par les &amp;quot;Galeries Martine Carol&amp;quot;, à la décoration bien éloignée des thèmes traditionnels du carnaval.]] De même, les ponts qui mènent à l'hyper-centre sont coupés et chacun doit s'acquitter d'un droit d'entrer pour assister à la procession &amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, p.42&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On honore Bim-Bam, le roi du carnaval, [avant de le brûler sur la Place Broglie]. Ce 3 mars 1957, c'est ainsi le tout jeune Bim-Bam Ier, une couronne sur la tête, un biberon dans la main et une tétine autour du cou, qui défile, tiré par un petit cheval à roulette &amp;lt;ref&amp;gt;B.V., &amp;quot;Le triomphe de Bim Bam 1er&amp;quot;, ''Dernières Nouvelles d'Alsace'', 7 mars 2007&amp;lt;/ref&amp;gt;. [[Fichier:Carnaval - 1957 - Bim Bam.png|vignette|droite|Le char de Bim Bam Ier.]] Le carnaval de Strasbourg n'est ainsi pas totalement dépourvu de son sens de l'absurde et du grotesque, même s'il est amplement policé. Toutefois, il ne laisse pas vraiment la place au monstrueux et au subversif comme le faisait la tradition. Bon enfant, préférant l'ordre et l'harmonie des fanfares aux danses extravagantes et obscènes, le carnaval devient dès lors une fête familiale, à destination des petits et des grands. Coûteux et trop éloigné de son rôle social originel, les Strasbourgeois finissent par le délaisser : le &amp;quot;Carnaval des Marchands&amp;quot; se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jacques Heers, ''Fêtes des fous et Carnavals'', Paris : Fayard, 1983&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7476</id>
		<title>Cortège du carnaval à Strasbourg (0021FN0004)</title>
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		<updated>2019-01-06T16:27:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Cortège du carnaval à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Breesé&lt;br /&gt;
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|thematique=Outdoor activities@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le Carnaval de Strasbourg du dimanche 3 mars 1957. La caméra se situe à hauteur d'homme, à l'angle de l'Avenue de la Paix et de l'Avenue des Vosges, et suit le cortège qui défile parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film veut rendre compte de l'ambiance générale du Carnaval de Strasbourg de 1957 : les plans sont courts - entre 2 et 5 secondes - et il ne s'agit que de plans d'ensemble (sauf cas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:01] Parade de la fanfare d'un corps militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:06] Trois personnes déguisées dont une qui arbore une énorme tête ronde et orange en papier mâché. Elles sont suivies par un petit char sur lequel est peinte une tête de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un char sur lequel on distingue le nom de plusieurs enseignes strasbourgeoises : &amp;quot;''Bijouterie Roger''&amp;quot;, &amp;quot;''Restaurant Stadtwappe''&amp;quot; - situé place Gutenberg - ou encore la &amp;quot;''bière Gruber''&amp;quot;. Au moins sept personnes prennent place dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:13] Un second char duquel pendent des bandelettes de papiers et sur lequel est posé un lampadaire [''la qualité de l'image ne permet pas de distinguer ce qui est écrit dessus'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Une voiture ancienne, de type Citroën C4 des années 1930, chargée de valises et paniers accrochés sur le toit. Des hommes portant le chapeau melon et d'autres le haut-de-forme sont assis dessus ou marchent à côté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:20] Un char de la boutique de jouets &amp;quot;''Les joujoux Werl''&amp;quot; avec des jouets en papier mâché très colorés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Deux hommes en armure. En arrière-plan, on distingue un agent de circulation qui arrête de passage de quelques voitures venant de l'Avenue des Vosges. La foule se masse sur le trottoir et regarde le défilé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:27] Un char sur lequel est inscrit &amp;quot;''Martine Carol Galeries''&amp;quot;. Une poupée géante et articulée est assise sur une maison de carton pâte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:30] Un char en forme de paquebot, nommé ''Gambrinus'' - du nom du roi mythique de Flandres et de Brabant, symbole des amateurs de bières ; c'est aussi le nom d'une brasserie de Mulhouse - sur lequel plusieurs hommes déguisés en marin prennent place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Le char de la &amp;quot;''Délégation chinoise''&amp;quot;, représentant un temple à l'architecture semblable à celle des pagodes bouddhistes. Le char semble être sponsorisé par la &amp;quot;''Brasserie République''&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:36] Un petit char composé de deux personnes déguisées en une bête de somme tirant un chariot plein de bouteilles de lait. Un homme vêtu de noir les suit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:39] Un char nommé &amp;quot;''L'été à Strasbourg''&amp;quot; décoré de dés sur lequel on trouve des personnes portant des masques grotesques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char très coloré transportant une fanfare et pourvu de l'inscription &amp;quot;''Couic''&amp;quot;. Sur le char également, un homme porte un haut-de-forme au couleur des Etats-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:46] Un char en forme de ponts qu'on ne voit que partiellement. A bord, des femmes et des hommes déguisés saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:49] Un char - une remorque tirée par un tracteur - ornée de deux personnages de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:52] Trois hommes défilent : ils portent d'énormes sacs de randonneurs, avec gourdes et raquettes, et des masques de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:56] Un camion rempli de personnes déguisées qui saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[''A partir de ce moment, le film est en noir et blanc ; l'image est de moins bonne qualité'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:58] Des chars en forme de petits bateaux posés sur des roues ; au dessus, des fanions en guise de voiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Plan rapproché sur l'un des bateaux, nommé ''Maboul''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:05] Fanfare et majorettes défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:12] Des personnes défilent, arborant d'énormes têtes de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:15] Un char, arborant le nom de &amp;quot;''Bim Bam''&amp;quot; et représentant un tout jeune enfant - il porte une tétine autour du cou -, couronné, en train de boire un biberon d'&amp;quot;''orangeade''&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:19] Un char en forme de cheval entouré de personnes déguisées avec d'énormes têtes en papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Un char dont la base est décorée avec des masques de carnaval de type vénitien ; sur le char, des hommes et des femmes déguisées à la façon des courtisans au XVIIIe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:30] Un char orné d'un lion et d'un personnage portant un ''ghutrah'', tenu par l'''agal'', à savoir une coiffe traditionnelle portée par les hommes en Arabie Saoudite, en Irak ou encore en Syrie. Sur le char, des hommes et des femmes portent eux aussi des vêtements d'inspiration moyen-orientale.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[Fichier:Carnaval - 1957 - char sponsorisé.png|vignette|droite| Un char parrainé par la &amp;quot;Bijouterie Roger&amp;quot; et le &amp;quot;Restaurant Stadtwappe&amp;quot;.]] En 1957 cependant, ce sont les commerçants strasbourgeois qui décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. Le « ''Carnaval des Marchands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le dimanche 3 mars 1957 se tient ainsi un carnaval est entièrement financé par les commerçants eux-mêmes, en atteste les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises.[[Fichier:Carnaval - 1957 - Martine Carol.png|vignette|gauche|Un char financé par les &amp;quot;Galeries Martine Carol&amp;quot;, à la décoration bien éloignée des thèmes traditionnels du carnaval.]] De même, les ponts qui mènent à l'hyper-centre sont coupés et chacun doit s'acquitter d'un droit d'entrer pour assister à la procession &amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, p.42&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On honore Bim-Bam, le roi du carnaval, [avant de le brûler sur la Place Broglie]. Ce 3 mars 1957, c'est ainsi le tout jeune Bim-Bam Ier, une couronne sur la tête, un biberon dans la main et une tétine autour du cou, qui défile, tiré par un petit cheval à roulette &amp;lt;ref&amp;gt;B.V., &amp;quot;Le triomphe de Bim Bam 1er&amp;quot;, ''Dernières Nouvelles d'Alsace'', 7 mars 2007&amp;lt;/ref&amp;gt;. [[Fichier:Carnaval - 1957 - Bim Bam.png|vignette|droite|Le char de Bim Bam Ier.]] Le carnaval de Strasbourg n'est ainsi pas totalement dépourvu de son sens de l'absurde et du grotesque, même s'il est amplement policé. Toutefois, il ne laisse pas vraiment la place au monstrueux et au subversif comme le faisait la tradition. Bon enfant, préférant l'ordre et l'harmonie des fanfares aux danses extravagantes et obscènes, le carnaval devient dès lors une fête familiale, à destination des petits et des grands. Coûteux et trop éloigné de son rôle social originel, les Strasbourgeois finissent par le délaisser : le &amp;quot;Carnaval des Marchands&amp;quot; se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7475</id>
		<title>Cortège du carnaval à Strasbourg (0021FN0004)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7475"/>
		<updated>2019-01-06T16:26:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Cortège du carnaval à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Breesé&lt;br /&gt;
|idSupport=0021FN0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=03031957&lt;br /&gt;
|video=0021FN0004_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:01:38&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Breesé, Gilbert&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 3.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; Strasbourg; fête populaire&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Avenue de la Paix, Strasbourg; Avenue des Vosges, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58861, 7.75477&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le Carnaval de Strasbourg du dimanche 3 mars 1957. La caméra se situe à hauteur d'homme, à l'angle de l'Avenue de la Paix et de l'Avenue des Vosges, et suit le cortège qui défile parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film veut rendre compte de l'ambiance générale du Carnaval de Strasbourg de 1957 : les plans sont courts - entre 2 et 5 secondes - et il ne s'agit que de plans d'ensemble (sauf cas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:01] Parade de la fanfare d'un corps militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:06] Trois personnes déguisées dont une qui arbore une énorme tête ronde et orange en papier mâché. Elles sont suivies par un petit char sur lequel est peinte une tête de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un char sur lequel on distingue le nom de plusieurs enseignes strasbourgeoises : &amp;quot;''Bijouterie Roger''&amp;quot;, &amp;quot;''Restaurant Stadtwappe''&amp;quot; - situé place Gutenberg - ou encore la &amp;quot;''bière Gruber''&amp;quot;. Au moins sept personnes prennent place dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:13] Un second char duquel pendent des bandelettes de papiers et sur lequel est posé un lampadaire [''la qualité de l'image ne permet pas de distinguer ce qui est écrit dessus'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Une voiture ancienne, de type Citroën C4 des années 1930, chargée de valises et paniers accrochés sur le toit. Des hommes portant le chapeau melon et d'autres le haut-de-forme sont assis dessus ou marchent à côté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:20] Un char de la boutique de jouets &amp;quot;''Les joujoux Werl''&amp;quot; avec des jouets en papier mâché très colorés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Deux hommes en armure. En arrière-plan, on distingue un agent de circulation qui arrête de passage de quelques voitures venant de l'Avenue des Vosges. La foule se masse sur le trottoir et regarde le défilé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:27] Un char sur lequel est inscrit &amp;quot;''Martine Carol Galeries''&amp;quot;. Une poupée géante et articulée est assise sur une maison de carton pâte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:30] Un char en forme de paquebot, nommé ''Gambrinus'' - du nom du roi mythique de Flandres et de Brabant, symbole des amateurs de bières ; c'est aussi le nom d'une brasserie de Mulhouse - sur lequel plusieurs hommes déguisés en marin prennent place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Le char de la &amp;quot;''Délégation chinoise''&amp;quot;, représentant un temple à l'architecture semblable à celle des pagodes bouddhistes. Le char semble être sponsorisé par la &amp;quot;''Brasserie République''&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:36] Un petit char composé de deux personnes déguisées en une bête de somme tirant un chariot plein de bouteilles de lait. Un homme vêtu de noir les suit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:39] Un char nommé &amp;quot;''L'été à Strasbourg''&amp;quot; décoré de dés sur lequel on trouve des personnes portant des masques grotesques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char très coloré transportant une fanfare et pourvu de l'inscription &amp;quot;''Couic''&amp;quot;. Sur le char également, un homme porte un haut-de-forme au couleur des Etats-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:46] Un char en forme de ponts qu'on ne voit que partiellement. A bord, des femmes et des hommes déguisés saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:49] Un char - une remorque tirée par un tracteur - ornée de deux personnages de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:52] Trois hommes défilent : ils portent d'énormes sacs de randonneurs, avec gourdes et raquettes, et des masques de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:56] Un camion rempli de personnes déguisées qui saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[''A partir de ce moment, le film est en noir et blanc ; l'image est de moins bonne qualité'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:58] Des chars en forme de petits bateaux posés sur des roues ; au dessus, des fanions en guise de voiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Plan rapproché sur l'un des bateaux, nommé ''Maboul''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:05] Fanfare et majorettes défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:12] Des personnes défilent, arborant d'énormes têtes de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:15] Un char, arborant le nom de &amp;quot;''Bim Bam''&amp;quot; et représentant un tout jeune enfant - il porte une tétine autour du cou -, couronné, en train de boire un biberon d'&amp;quot;''orangeade''&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:19] Un char en forme de cheval entouré de personnes déguisées avec d'énormes têtes en papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Un char dont la base est décorée avec des masques de carnaval de type vénitien ; sur le char, des hommes et des femmes déguisées à la façon des courtisans au XVIIIe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:30] Un char orné d'un lion et d'un personnage portant un ''ghutrah'', tenu par l'''agal'', à savoir une coiffe traditionnelle portée par les hommes en Arabie Saoudite, en Irak ou encore en Syrie. Sur le char, des hommes et des femmes portent eux aussi des vêtements d'inspiration moyen-orientale.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[Fichier:Carnaval - 1957 - char sponsorisé.png|vignette|droite| Un char parrainé par la &amp;quot;Bijouterie Roger&amp;quot; et le &amp;quot;Restaurant Stadtwappe&amp;quot;.]] En 1957 cependant, ce sont les commerçants strasbourgeois qui décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. Le « ''Carnaval des Marchands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le dimanche 3 mars 1957 se tient ainsi un carnaval est entièrement financé par les commerçants eux-mêmes, en atteste les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises.[[Fichier:Carnaval - 1957 - Martine Carol.png|vignette|gauche|Un char financé par les &amp;quot;Galeries Martine Carol&amp;quot;, à la décoration bien éloignée des thèmes traditionnels du carnaval.]] De même, les ponts qui mènent à l'hyper-centre sont coupés et chacun doit s'acquitter d'un droit d'entrer pour assister à la procession &amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg&amp;quot;, ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, p.42&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On honore Bim-Bam, le roi du carnaval, [avant de le brûler sur la Place Broglie]. Ce 3 mars 1957, c'est ainsi le tout jeune Bim-Bam Ier, une couronne sur la tête, un biberon dans la main et une tétine autour du cou, qui défile, tiré par un petit cheval à roulette &amp;lt;ref&amp;gt;B.V., &amp;quot;Le triomphe de Bim Bam 1er&amp;quot;, ''Dernières Nouvelles d'Alsace'', 7 mars 2007&amp;lt;/ref&amp;gt;. [[Fichier:Carnaval - 1957 - Bim Bam.png|vignette|gauche|Le char de Bim Bam Ier.]] Le carnaval de Strasbourg n'est ainsi pas totalement dépourvu de son sens de l'absurde et du grotesque, même s'il est amplement policé. Toutefois, il ne laisse pas vraiment la place au monstrueux et au subversif comme le faisait la tradition. Bon enfant, préférant l'ordre et l'harmonie des fanfares aux danses extravagantes et obscènes, le carnaval devient dès lors une fête familiale, à destination des petits et des grands. Coûteux et trop éloigné de son rôle social originel, les Strasbourgeois finissent par le délaisser : le &amp;quot;Carnaval des Marchands&amp;quot; se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7474</id>
		<title>Cortège du carnaval à Strasbourg (0021FN0004)</title>
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		<updated>2019-01-06T16:24:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le Carnaval de Strasbourg du dimanche 3 mars 1957. La caméra se situe à hauteur d'homme, à l'angle de l'Avenue de la Paix et de l'Avenue des Vosges, et suit le cortège qui défile parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film veut rendre compte de l'ambiance générale du Carnaval de Strasbourg de 1957 : les plans sont courts - entre 2 et 5 secondes - et il ne s'agit que de plans d'ensemble (sauf cas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:01] Parade de la fanfare d'un corps militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:06] Trois personnes déguisées dont une qui arbore une énorme tête ronde et orange en papier mâché. Elles sont suivies par un petit char sur lequel est peinte une tête de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un char sur lequel on distingue le nom de plusieurs enseignes strasbourgeoises : &amp;quot;''Bijouterie Roger''&amp;quot;, &amp;quot;''Restaurant Stadtwappe''&amp;quot; - situé place Gutenberg - ou encore la &amp;quot;''bière Gruber''&amp;quot;. Au moins sept personnes prennent place dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:13] Un second char duquel pendent des bandelettes de papiers et sur lequel est posé un lampadaire [''la qualité de l'image ne permet pas de distinguer ce qui est écrit dessus'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Une voiture ancienne, de type Citroën C4 des années 1930, chargée de valises et paniers accrochés sur le toit. Des hommes portant le chapeau melon et d'autres le haut-de-forme sont assis dessus ou marchent à côté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:20] Un char de la boutique de jouets &amp;quot;''Les joujoux Werl''&amp;quot; avec des jouets en papier mâché très colorés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Deux hommes en armure. En arrière-plan, on distingue un agent de circulation qui arrête de passage de quelques voitures venant de l'Avenue des Vosges. La foule se masse sur le trottoir et regarde le défilé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:27] Un char sur lequel est inscrit &amp;quot;''Martine Carol Galeries''&amp;quot;. Une poupée géante et articulée est assise sur une maison de carton pâte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:30] Un char en forme de paquebot, nommé ''Gambrinus'' - du nom du roi mythique de Flandres et de Brabant, symbole des amateurs de bières ; c'est aussi le nom d'une brasserie de Mulhouse - sur lequel plusieurs hommes déguisés en marin prennent place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Le char de la &amp;quot;''Délégation chinoise''&amp;quot;, représentant un temple à l'architecture semblable à celle des pagodes bouddhistes. Le char semble être sponsorisé par la &amp;quot;''Brasserie République''&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:36] Un petit char composé de deux personnes déguisées en une bête de somme tirant un chariot plein de bouteilles de lait. Un homme vêtu de noir les suit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:39] Un char nommé &amp;quot;''L'été à Strasbourg''&amp;quot; décoré de dés sur lequel on trouve des personnes portant des masques grotesques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char très coloré transportant une fanfare et pourvu de l'inscription &amp;quot;''Couic''&amp;quot;. Sur le char également, un homme porte un haut-de-forme au couleur des Etats-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:46] Un char en forme de ponts qu'on ne voit que partiellement. A bord, des femmes et des hommes déguisés saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:49] Un char - une remorque tirée par un tracteur - ornée de deux personnages de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:52] Trois hommes défilent : ils portent d'énormes sacs de randonneurs, avec gourdes et raquettes, et des masques de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:56] Un camion rempli de personnes déguisées qui saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[''A partir de ce moment, le film est en noir et blanc ; l'image est de moins bonne qualité'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:58] Des chars en forme de petits bateaux posés sur des roues ; au dessus, des fanions en guise de voiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Plan rapproché sur l'un des bateaux, nommé ''Maboul''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:05] Fanfare et majorettes défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:12] Des personnes défilent, arborant d'énormes têtes de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:15] Un char, arborant le nom de &amp;quot;''Bim Bam''&amp;quot; et représentant un tout jeune enfant - il porte une tétine autour du cou -, couronné, en train de boire un biberon d'&amp;quot;''orangeade''&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:19] Un char en forme de cheval entouré de personnes déguisées avec d'énormes têtes en papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Un char dont la base est décorée avec des masques de carnaval de type vénitien ; sur le char, des hommes et des femmes déguisées à la façon des courtisans au XVIIIe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:30] Un char orné d'un lion et d'un personnage portant un ''ghutrah'', tenu par l'''agal'', à savoir une coiffe traditionnelle portée par les hommes en Arabie Saoudite, en Irak ou encore en Syrie. Sur le char, des hommes et des femmes portent eux aussi des vêtements d'inspiration moyen-orientale.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957 cependant, ce sont les commerçants strasbourgeois qui décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. Le « ''Carnaval des Marchands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le dimanche 3 mars 1957 se tient ainsi un carnaval est entièrement financé par les commerçants eux-mêmes, en atteste les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1957 - char sponsorisé.png|vignette|droite| Un char parrainé par la &amp;quot;Bijouterie Roger&amp;quot; et le &amp;quot;Restaurant Stadtwappe&amp;quot;.]] [[Fichier:Carnaval - 1957 - Martine Carol.png|vignette|gauche|Un char financé par les &amp;quot;Galeries Martine Carol&amp;quot;, à la décoration bien éloignée des thèmes traditionnels du carnaval.]] De même, les ponts qui mènent à l'hyper-centre sont coupés et chacun doit s'acquitter d'un droit d'entrer pour assister à la procession &amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg&amp;quot;, Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°21, 1994, p.42&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On honore Bim-Bam, le roi du carnaval, [avant de le brûler sur la Place Broglie]. Ce 3 mars 1957, c'est ainsi le tout jeune Bim-Bam Ier, une couronne sur la tête, un biberon dans la main et une tétine autour du cou, qui défile, tiré par un petit cheval à roulette &amp;lt;ref&amp;gt;B.V., &amp;quot;Le triomphe de Bim Bam 1er&amp;quot;, Dernières Nouvelles d'Alsace, 7 mars 2007&amp;lt;/ref&amp;gt;. [[Fichier:Carnaval - 1957 - Bim Bam.png|vignette|gauche|Le char de Bim Bam Ier.]] Le carnaval de Strasbourg n'est ainsi pas totalement dépourvu de son sens de l'absurde et du grotesque, même s'il est amplement policé. Toutefois, il ne laisse pas vraiment la place au monstrueux et au subversif comme le faisait la tradition. Bon enfant, préférant l'ordre et l'harmonie des fanfares aux danses extravagantes et obscènes, le carnaval devient dès lors une fête familiale, à destination des petits et des grands. Coûteux et trop éloigné de son rôle social originel, les Strasbourgeois finissent par le délaisser : le &amp;quot;Carnaval des Marchands&amp;quot; se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7473</id>
		<title>Cortège du carnaval à Strasbourg (0021FN0004)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7473"/>
		<updated>2019-01-06T16:24:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Cortège du carnaval à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Breesé&lt;br /&gt;
|idSupport=0021FN0004&lt;br /&gt;
|dateDebut=03031957&lt;br /&gt;
|video=0021FN0004_1&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:01:38&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Breesé, Gilbert&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 3.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; Strasbourg; fête populaire&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Avenue de la Paix, Strasbourg; Avenue des Vosges, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58861, 7.75477&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le Carnaval de Strasbourg du dimanche 3 mars 1957. La caméra se situe à hauteur d'homme, à l'angle de l'Avenue de la Paix et de l'Avenue des Vosges, et suit le cortège qui défile parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film veut rendre compte de l'ambiance générale du Carnaval de Strasbourg de 1957 : les plans sont courts - entre 2 et 5 secondes - et il ne s'agit que de plans d'ensemble (sauf cas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:01] Parade de la fanfare d'un corps militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:06] Trois personnes déguisées dont une qui arbore une énorme tête ronde et orange en papier mâché. Elles sont suivies par un petit char sur lequel est peinte une tête de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un char sur lequel on distingue le nom de plusieurs enseignes strasbourgeoises : &amp;quot;''Bijouterie Roger''&amp;quot;, &amp;quot;''Restaurant Stadtwappe''&amp;quot; - situé place Gutenberg - ou encore la &amp;quot;''bière Gruber''&amp;quot;. Au moins sept personnes prennent place dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:13] Un second char duquel pendent des bandelettes de papiers et sur lequel est posé un lampadaire [''la qualité de l'image ne permet pas de distinguer ce qui est écrit dessus'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Une voiture ancienne, de type Citroën C4 des années 1930, chargée de valises et paniers accrochés sur le toit. Des hommes portant le chapeau melon et d'autres le haut-de-forme sont assis dessus ou marchent à côté.&lt;br /&gt;
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[00:20] Un char de la boutique de jouets &amp;quot;''Les joujoux Werl''&amp;quot; avec des jouets en papier mâché très colorés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Deux hommes en armure. En arrière-plan, on distingue un agent de circulation qui arrête de passage de quelques voitures venant de l'Avenue des Vosges. La foule se masse sur le trottoir et regarde le défilé. &lt;br /&gt;
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[00:27] Un char sur lequel est inscrit &amp;quot;''Martine Carol Galeries''&amp;quot;. Une poupée géante et articulée est assise sur une maison de carton pâte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:30] Un char en forme de paquebot, nommé ''Gambrinus'' - du nom du roi mythique de Flandres et de Brabant, symbole des amateurs de bières ; c'est aussi le nom d'une brasserie de Mulhouse - sur lequel plusieurs hommes déguisés en marin prennent place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Le char de la &amp;quot;''Délégation chinoise''&amp;quot;, représentant un temple à l'architecture semblable à celle des pagodes bouddhistes. Le char semble être sponsorisé par la &amp;quot;''Brasserie République''&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:36] Un petit char composé de deux personnes déguisées en une bête de somme tirant un chariot plein de bouteilles de lait. Un homme vêtu de noir les suit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:39] Un char nommé &amp;quot;''L'été à Strasbourg''&amp;quot; décoré de dés sur lequel on trouve des personnes portant des masques grotesques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char très coloré transportant une fanfare et pourvu de l'inscription &amp;quot;''Couic''&amp;quot;. Sur le char également, un homme porte un haut-de-forme au couleur des Etats-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:46] Un char en forme de ponts qu'on ne voit que partiellement. A bord, des femmes et des hommes déguisés saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:49] Un char - une remorque tirée par un tracteur - ornée de deux personnages de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:52] Trois hommes défilent : ils portent d'énormes sacs de randonneurs, avec gourdes et raquettes, et des masques de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:56] Un camion rempli de personnes déguisées qui saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[''A partir de ce moment, le film est en noir et blanc ; l'image est de moins bonne qualité'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:58] Des chars en forme de petits bateaux posés sur des roues ; au dessus, des fanions en guise de voiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Plan rapproché sur l'un des bateaux, nommé ''Maboul''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:05] Fanfare et majorettes défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:12] Des personnes défilent, arborant d'énormes têtes de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:15] Un char, arborant le nom de &amp;quot;''Bim Bam''&amp;quot; et représentant un tout jeune enfant - il porte une tétine autour du cou -, couronné, en train de boire un biberon d'&amp;quot;''orangeade''&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:19] Un char en forme de cheval entouré de personnes déguisées avec d'énormes têtes en papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Un char dont la base est décorée avec des masques de carnaval de type vénitien ; sur le char, des hommes et des femmes déguisées à la façon des courtisans au XVIIIe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:30] Un char orné d'un lion et d'un personnage portant un ''ghutrah'', tenu par l'''agal'', à savoir une coiffe traditionnelle portée par les hommes en Arabie Saoudite, en Irak ou encore en Syrie. Sur le char, des hommes et des femmes portent eux aussi des vêtements d'inspiration moyen-orientale.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957 cependant, ce sont les commerçants strasbourgeois qui décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. Le « ''Carnaval des Marchands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le dimanche 3 mars 1957 se tient ainsi un carnaval est entièrement financé par les commerçants eux-mêmes, en atteste les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1957 - char sponsorisé.png|vignette|droite| Un char parrainé par la &amp;quot;Bijouterie Roger&amp;quot; et le &amp;quot;Restaurant Stadtwappe&amp;quot;.]] [[Fichier:Carnaval - 1957 - Martine Carol.png|vignette|gauche|Un char financé par les &amp;quot;Galeries Martine Carol&amp;quot;, à la décoration bien éloignée des thèmes traditionnels du carnaval.]] De même, les ponts qui mènent à l'hyper-centre sont coupés et chacun doit s'acquitter d'un droit d'entrer pour assister à la procession &amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg&amp;quot;, Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°21, 1994, p.42&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On honore Bim-Bam, le roi du carnaval, [avant de le brûler sur la Place Broglie]. Ce 3 mars 1957, c'est ainsi le tout jeune Bim-Bam Ier, une couronne sur la tête, un biberon dans la main et une tétine autour du cou, qui défile, tiré par un petit cheval à roulette &amp;lt;ref&amp;gt;B.V., &amp;quot;Le triomphe de Bim Bam 1er&amp;quot;, Dernières Nouvelles d'Alsace, 7 mars 2007&amp;lt;/ref&amp;gt;. [[Fichier:Carnaval - 1957 - Bim Bam.png|vignette|gauche|Le char de Bim Bam Ier.]] Le carnaval de Strasbourg n'est ainsi pas totalement dépourvu de son sens de l'absurde et du grotesque, même s'il est amplement policé. Toutefois, il ne laisse pas vraiment la place au monstrueux et au subversif comme le faisait la tradition. Bon enfant, préférant l'ordre et l'harmonie des fanfares aux danses extravagantes et obscènes, le carnaval devient dès lors une fête familiale, à destination des petits et des grands. Coûteux et trop éloigné de son rôle social originel, les Strasbourgeois finissent par délaisser cette fête : le &amp;quot;Carnaval des Marchands&amp;quot; se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
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	<entry>
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		<title>Cortège du carnaval à Strasbourg (0021FN0004)</title>
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		<updated>2019-01-06T16:23:53Z</updated>

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&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
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|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
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|lieuTournage=48.58861, 7.75477&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le Carnaval de Strasbourg du dimanche 3 mars 1957. La caméra se situe à hauteur d'homme, à l'angle de l'Avenue de la Paix et de l'Avenue des Vosges, et suit le cortège qui défile parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film veut rendre compte de l'ambiance générale du Carnaval de Strasbourg de 1957 : les plans sont courts - entre 2 et 5 secondes - et il ne s'agit que de plans d'ensemble (sauf cas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:01] Parade de la fanfare d'un corps militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:06] Trois personnes déguisées dont une qui arbore une énorme tête ronde et orange en papier mâché. Elles sont suivies par un petit char sur lequel est peinte une tête de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un char sur lequel on distingue le nom de plusieurs enseignes strasbourgeoises : &amp;quot;''Bijouterie Roger''&amp;quot;, &amp;quot;''Restaurant Stadtwappe''&amp;quot; - situé place Gutenberg - ou encore la &amp;quot;''bière Gruber''&amp;quot;. Au moins sept personnes prennent place dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:13] Un second char duquel pendent des bandelettes de papiers et sur lequel est posé un lampadaire [''la qualité de l'image ne permet pas de distinguer ce qui est écrit dessus'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Une voiture ancienne, de type Citroën C4 des années 1930, chargée de valises et paniers accrochés sur le toit. Des hommes portant le chapeau melon et d'autres le haut-de-forme sont assis dessus ou marchent à côté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:20] Un char de la boutique de jouets &amp;quot;''Les joujoux Werl''&amp;quot; avec des jouets en papier mâché très colorés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Deux hommes en armure. En arrière-plan, on distingue un agent de circulation qui arrête de passage de quelques voitures venant de l'Avenue des Vosges. La foule se masse sur le trottoir et regarde le défilé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:27] Un char sur lequel est inscrit &amp;quot;''Martine Carol Galeries''&amp;quot;. Une poupée géante et articulée est assise sur une maison de carton pâte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:30] Un char en forme de paquebot, nommé ''Gambrinus'' - du nom du roi mythique de Flandres et de Brabant, symbole des amateurs de bières ; c'est aussi le nom d'une brasserie de Mulhouse - sur lequel plusieurs hommes déguisés en marin prennent place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Le char de la &amp;quot;''Délégation chinoise''&amp;quot;, représentant un temple à l'architecture semblable à celle des pagodes bouddhistes. Le char semble être sponsorisé par la &amp;quot;''Brasserie République''&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:36] Un petit char composé de deux personnes déguisées en une bête de somme tirant un chariot plein de bouteilles de lait. Un homme vêtu de noir les suit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:39] Un char nommé &amp;quot;''L'été à Strasbourg''&amp;quot; décoré de dés sur lequel on trouve des personnes portant des masques grotesques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char très coloré transportant une fanfare et pourvu de l'inscription &amp;quot;''Couic''&amp;quot;. Sur le char également, un homme porte un haut-de-forme au couleur des Etats-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:46] Un char en forme de ponts qu'on ne voit que partiellement. A bord, des femmes et des hommes déguisés saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:49] Un char - une remorque tirée par un tracteur - ornée de deux personnages de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:52] Trois hommes défilent : ils portent d'énormes sacs de randonneurs, avec gourdes et raquettes, et des masques de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:56] Un camion rempli de personnes déguisées qui saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[''A partir de ce moment, le film est en noir et blanc ; l'image est de moins bonne qualité'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:58] Des chars en forme de petits bateaux posés sur des roues ; au dessus, des fanions en guise de voiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Plan rapproché sur l'un des bateaux, nommé ''Maboul''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:05] Fanfare et majorettes défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:12] Des personnes défilent, arborant d'énormes têtes de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:15] Un char, arborant le nom de &amp;quot;''Bim Bam''&amp;quot; et représentant un tout jeune enfant - il porte une tétine autour du cou -, couronné, en train de boire un biberon d'&amp;quot;''orangeade''&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:19] Un char en forme de cheval entouré de personnes déguisées avec d'énormes têtes en papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Un char dont la base est décorée avec des masques de carnaval de type vénitien ; sur le char, des hommes et des femmes déguisées à la façon des courtisans au XVIIIe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:30] Un char orné d'un lion et d'un personnage portant un ''ghutrah'', tenu par l'''agal'', à savoir une coiffe traditionnelle portée par les hommes en Arabie Saoudite, en Irak ou encore en Syrie. Sur le char, des hommes et des femmes portent eux aussi des vêtements d'inspiration moyen-orientale.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957 cependant, ce sont les commerçants strasbourgeois qui décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. Le « ''Carnaval des Marchands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le dimanche 3 mars 1957 se tient ainsi un carnaval est entièrement financé par les commerçants eux-mêmes, en atteste les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1957 - char sponsorisé.png|vignette|droite| Un char parrainé par la &amp;quot;Bijouterie Roger&amp;quot; et le &amp;quot;Restaurant Stadtwappe&amp;quot;.]] [[Fichier:Carnaval - 1957 - Martine Carol.png|vignette|gauche|Un char financé par les &amp;quot;Galeries Martine Carol&amp;quot;, à la décoration bien éloignée des thèmes traditionnels du carnaval.]] De même, les ponts qui mènent à l'hyper-centre sont coupés et chacun doit s'acquitter d'un droit d'entrer pour assister à la procession &amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg&amp;quot;, Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°21, 1994, p.42&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On honore Bim-Bam, le roi du carnaval, [avant de le brûler sur la Place Broglie]. Ce 3 mars 1957, c'est ainsi le tout jeune Bim-Bam Ier, une couronne sur la tête, un biberon dans la main et une tétine autour du cou, qui défile, tiré par un petit cheval à roulette &amp;lt;ref&amp;gt;B.V., &amp;quot;Le triomphe de Bim Bam 1er&amp;quot;, Dernières Nouvelles d'Alsace, 7 mars 2007&amp;lt;/ref&amp;gt;. [[Fichier:Carnaval - 1957 - Bim Bam.png|vignette|gauche|Le char de Bim Bam Ier.]] Le carnaval de Strasbourg n'est ainsi pas totalement dépourvu de son sens de l'absurde et du grotesque, même s'il est amplement policé. Toutefois, il ne laisse pas vraiment la place au monstrueux et au subversif comme le faisait la tradition. Bon enfant, préférant l'ordre et l'harmonie des fanfares aux danses obscènes et extravagantes, le carnaval devient dès lors une fête folklorique et familiale, à destination des petits et des grands. Coûteux et trop éloigné de son rôle social originel, les Strasbourgeois finissent par délaisser cette fête : le &amp;quot;Carnaval des Marchands&amp;quot; se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Fichier:Carnaval_-_1957_-_Martine_Carol.png&amp;diff=7470</id>
		<title>Fichier:Carnaval - 1957 - Martine Carol.png</title>
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		<updated>2019-01-06T16:21:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Un char défile dans les rues de Strasbourg.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Cort%C3%A8ge_du_carnaval_%C3%A0_Strasbourg_(0021FN0004)&amp;diff=7469</id>
		<title>Cortège du carnaval à Strasbourg (0021FN0004)</title>
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		<updated>2019-01-06T16:20:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Cortège du carnaval à Strasbourg&lt;br /&gt;
|fonds=Breesé&lt;br /&gt;
|idSupport=0021FN0004&lt;br /&gt;
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|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
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|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Breesé, Gilbert&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 3.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; Strasbourg; fête populaire&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Avenue de la Paix, Strasbourg; Avenue des Vosges, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58861, 7.75477&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le Carnaval de Strasbourg du dimanche 3 mars 1957. La caméra se situe à hauteur d'homme, à l'angle de l'Avenue de la Paix et de l'Avenue des Vosges, et suit le cortège qui défile parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film veut rendre compte de l'ambiance générale du Carnaval de Strasbourg de 1957 : les plans sont courts - entre 2 et 5 secondes - et il ne s'agit que de plans d'ensemble (sauf cas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:01] Parade de la fanfare d'un corps militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:06] Trois personnes déguisées dont une qui arbore une énorme tête ronde et orange en papier mâché. Elles sont suivies par un petit char sur lequel est peinte une tête de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un char sur lequel on distingue le nom de plusieurs enseignes strasbourgeoises : &amp;quot;''Bijouterie Roger''&amp;quot;, &amp;quot;''Restaurant Stadtwappe''&amp;quot; - situé place Gutenberg - ou encore la &amp;quot;''bière Gruber''&amp;quot;. Au moins sept personnes prennent place dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:13] Un second char duquel pendent des bandelettes de papiers et sur lequel est posé un lampadaire [''la qualité de l'image ne permet pas de distinguer ce qui est écrit dessus'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Une voiture ancienne, de type Citroën C4 des années 1930, chargée de valises et paniers accrochés sur le toit. Des hommes portant le chapeau melon et d'autres le haut-de-forme sont assis dessus ou marchent à côté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:20] Un char de la boutique de jouets &amp;quot;''Les joujoux Werl''&amp;quot; avec des jouets en papier mâché très colorés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Deux hommes en armure. En arrière-plan, on distingue un agent de circulation qui arrête de passage de quelques voitures venant de l'Avenue des Vosges. La foule se masse sur le trottoir et regarde le défilé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:27] Un char sur lequel est inscrit &amp;quot;''Martine Carol Galeries''&amp;quot;. Une poupée géante et articulée est assise sur une maison de carton pâte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:30] Un char en forme de paquebot, nommé ''Gambrinus'' - du nom du roi mythique de Flandres et de Brabant, symbole des amateurs de bières ; c'est aussi le nom d'une brasserie de Mulhouse - sur lequel plusieurs hommes déguisés en marin prennent place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Le char de la &amp;quot;''Délégation chinoise''&amp;quot;, représentant un temple à l'architecture semblable à celle des pagodes bouddhistes. Le char semble être sponsorisé par la &amp;quot;''Brasserie République''&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:36] Un petit char composé de deux personnes déguisées en une bête de somme tirant un chariot plein de bouteilles de lait. Un homme vêtu de noir les suit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:39] Un char nommé &amp;quot;''L'été à Strasbourg''&amp;quot; décoré de dés sur lequel on trouve des personnes portant des masques grotesques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char très coloré transportant une fanfare et pourvu de l'inscription &amp;quot;''Couic''&amp;quot;. Sur le char également, un homme porte un haut-de-forme au couleur des Etats-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:46] Un char en forme de ponts qu'on ne voit que partiellement. A bord, des femmes et des hommes déguisés saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:49] Un char - une remorque tirée par un tracteur - ornée de deux personnages de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:52] Trois hommes défilent : ils portent d'énormes sacs de randonneurs, avec gourdes et raquettes, et des masques de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:56] Un camion rempli de personnes déguisées qui saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[''A partir de ce moment, le film est en noir et blanc ; l'image est de moins bonne qualité'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:58] Des chars en forme de petits bateaux posés sur des roues ; au dessus, des fanions en guise de voiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Plan rapproché sur l'un des bateaux, nommé ''Maboul''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:05] Fanfare et majorettes défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:12] Des personnes défilent, arborant d'énormes têtes de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:15] Un char, arborant le nom de &amp;quot;''Bim Bam''&amp;quot; et représentant un tout jeune enfant - il porte une tétine autour du cou -, couronné, en train de boire un biberon d'&amp;quot;''orangeade''&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:19] Un char en forme de cheval entouré de personnes déguisées avec d'énormes têtes en papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Un char dont la base est décorée avec des masques de carnaval de type vénitien ; sur le char, des hommes et des femmes déguisées à la façon des courtisans au XVIIIe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:30] Un char orné d'un lion et d'un personnage portant un ''ghutrah'', tenu par l'''agal'', à savoir une coiffe traditionnelle portée par les hommes en Arabie Saoudite, en Irak ou encore en Syrie. Sur le char, des hommes et des femmes portent eux aussi des vêtements d'inspiration moyen-orientale.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957 cependant, ce sont les commerçants strasbourgeois qui décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. Le « ''Carnaval des Marchands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le dimanche 3 mars 1957 se tient ainsi un carnaval est entièrement financé par les commerçants eux-mêmes, en atteste les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1957 - char sponsorisé.png|vignette|droite| Un char parrainé par la &amp;quot;Bijouterie Roger&amp;quot; et le &amp;quot;Restaurant Stadtwappe&amp;quot;.]] De même, les ponts qui mènent à l'hyper-centre sont coupés et chacun doit s'acquitter d'un droit d'entrer pour assister à la procession &amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg&amp;quot;, Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°21, 1994, p.42&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On honore Bim-Bam, le roi du carnaval, [avant de le brûler sur la Place Broglie]. Ce 3 mars 1957, c'est ainsi le tout jeune Bim-Bam Ier, une couronne sur la tête, un biberon dans la main et une tétine autour du cou, qui défile, tiré par un petit cheval à roulette. &amp;lt;ref&amp;gt;B.V., &amp;quot;Le triomphe de Bim Bam 1er&amp;quot;, Dernières Nouvelles d'Alsace, 7 mars 2007&amp;lt;/ref&amp;gt;. [[Fichier:Carnaval - 1957 - Bim Bam.png|vignette|gauche|Le char de Bim Bam Ier.]] Le carnaval de Strasbourg n'est ainsi pas totalement dépourvu de son sens de l'absurde et du grotesque, même s'il est amplement policé. Toutefois, il ne laisse pas vraiment la place au monstrueux et au subversif comme le faisait la tradition. Bon enfant, préférant l'ordre et l'harmonie des fanfares aux danses obscènes et extravagantes, le carnaval devient dès lors une fête folklorique et familiale, à destination des petits et des grands. Coûteux et trop éloigné de son rôle social originel, les Strasbourgeois finissent par délaisser cette fête : le &amp;quot;Carnaval des Marchands&amp;quot; se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
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		<title>Cortège du carnaval à Strasbourg (0021FN0004)</title>
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		<updated>2019-01-06T16:07:55Z</updated>

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|coloration=Couleur&lt;br /&gt;
|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
|duree=00:01:38&lt;br /&gt;
|genre=Film_amateur&lt;br /&gt;
|format_original=9,5 mm&lt;br /&gt;
|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|realisateurs=Breesé, Gilbert&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 3.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; Strasbourg; fête populaire&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Avenue de la Paix, Strasbourg; Avenue des Vosges, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58861, 7.75477&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le Carnaval de Strasbourg du dimanche 3 mars 1957. La caméra se situe à hauteur d'homme, à l'angle de l'Avenue de la Paix et de l'Avenue des Vosges, et suit le cortège qui défile parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=Le film veut rendre compte de l'ambiance générale du Carnaval de Strasbourg de 1957 : les plans sont courts - entre 2 et 5 secondes - et il ne s'agit que de plans d'ensemble (sauf cas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:01] Parade de la fanfare d'un corps militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:06] Trois personnes déguisées dont une qui arbore une énorme tête ronde et orange en papier mâché. Elles sont suivies par un petit char sur lequel est peinte une tête de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un char sur lequel on distingue le nom de plusieurs enseignes strasbourgeoises : &amp;quot;''Bijouterie Roger''&amp;quot;, &amp;quot;''Restaurant Stadtwappe''&amp;quot; - situé place Gutenberg - ou encore la &amp;quot;''bière Gruber''&amp;quot;. Au moins sept personnes prennent place dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:13] Un second char duquel pendent des bandelettes de papiers et sur lequel est posé un lampadaire [''la qualité de l'image ne permet pas de distinguer ce qui est écrit dessus'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:16] Une voiture ancienne, de type Citroën C4 des années 1930, chargée de valises et paniers accrochés sur le toit. Des hommes portant le chapeau melon et d'autres le haut-de-forme sont assis dessus ou marchent à côté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:20] Un char de la boutique de jouets &amp;quot;''Les joujoux Werl''&amp;quot; avec des jouets en papier mâché très colorés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Deux hommes en armure. En arrière-plan, on distingue un agent de circulation qui arrête de passage de quelques voitures venant de l'Avenue des Vosges. La foule se masse sur le trottoir et regarde le défilé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:27] Un char sur lequel est inscrit &amp;quot;''Martine Carol Galeries''&amp;quot;. Une poupée géante et articulée est assise sur une maison de carton pâte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:30] Un char en forme de paquebot, nommé ''Gambrinus'' - du nom du roi mythique de Flandres et de Brabant, symbole des amateurs de bières ; c'est aussi le nom d'une brasserie de Mulhouse - sur lequel plusieurs hommes déguisés en marin prennent place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Le char de la &amp;quot;''Délégation chinoise''&amp;quot;, représentant un temple à l'architecture semblable à celle des pagodes bouddhistes. Le char semble être sponsorisé par la &amp;quot;''Brasserie République''&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:36] Un petit char composé de deux personnes déguisées en une bête de somme tirant un chariot plein de bouteilles de lait. Un homme vêtu de noir les suit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:39] Un char nommé &amp;quot;''L'été à Strasbourg''&amp;quot; décoré de dés sur lequel on trouve des personnes portant des masques grotesques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Un char très coloré transportant une fanfare et pourvu de l'inscription &amp;quot;''Couic''&amp;quot;. Sur le char également, un homme porte un haut-de-forme au couleur des Etats-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:46] Un char en forme de ponts qu'on ne voit que partiellement. A bord, des femmes et des hommes déguisés saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:49] Un char - une remorque tirée par un tracteur - ornée de deux personnages de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:52] Trois hommes défilent : ils portent d'énormes sacs de randonneurs, avec gourdes et raquettes, et des masques de clown.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:56] Un camion rempli de personnes déguisées qui saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[''A partir de ce moment, le film est en noir et blanc ; l'image est de moins bonne qualité'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:58] Des chars en forme de petits bateaux posés sur des roues ; au dessus, des fanions en guise de voiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:03] Plan rapproché sur l'un des bateaux, nommé ''Maboul''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:05] Fanfare et majorettes défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:12] Des personnes défilent, arborant d'énormes têtes de papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:15] Un char, arborant le nom de &amp;quot;''Bim Bam''&amp;quot; et représentant un tout jeune enfant - il porte une tétine autour du cou -, couronné, en train de boire un biberon d'&amp;quot;''orangeade''&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:19] Un char en forme de cheval entouré de personnes déguisées avec d'énormes têtes en papier mâché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:23] Un char dont la base est décorée avec des masques de carnaval de type vénitien ; sur le char, des hommes et des femmes déguisées à la façon des courtisans au XVIIIe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:30] Un char orné d'un lion et d'un personnage portant un ''ghutrah'', tenu par l'''agal'', à savoir une coiffe traditionnelle portée par les hommes en Arabie Saoudite, en Irak ou encore en Syrie. Sur le char, des hommes et des femmes portent eux aussi des vêtements d'inspiration moyen-orientale.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du Reichsland et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « Carnaval des Allemands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p. 27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957 cependant, ce sont les commerçants strasbourgeois qui décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. Le « Carnaval des Marchands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; fait figure d'opération de prestige visant à offrir à Strasbourg le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le dimanche 3 mars 1957 se tient ainsi un carnaval est entièrement financé par les commerçants eux-mêmes, en atteste les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1957 - char sponsorisé.png|vignette|droite| Un char parrainé par la &amp;quot;Bijouterie Roger&amp;quot; et le &amp;quot;Restaurant Stadtwappe&amp;quot;.]] De même, les ponts qui mènent à l'hyper-centre sont coupés et chacun doit s'acquitter d'un droit d'entrer pour assister à la procession grotesque&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, &amp;quot;Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg&amp;quot;, Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est, n°21, 1994, p.42&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On honore Bim-Bam, le roi du carnaval, [avant de le brûler sur la Place Broglie]. Ce 3 mars 1957, c'est ainsi le tout jeune Bim-Bam Ier, une couronne sur la tête, un biberon dans la main et une tétine autour du cou, qui défile, tiré par un petit cheval à roulette. &amp;lt;ref&amp;gt;B.V., &amp;quot;Le triomphe de Bim Bam 1er&amp;quot;, Dernières Nouvelles d'Alsace, 7 mars 2007&amp;lt;/ref&amp;gt;. [[Fichier:Carnaval - 1957 - Bim Bam.png|vignette|gauche|Le char de Bim Bam Ier.]] Le carnaval de Strasbourg n'est ainsi pas totalement dépourvu de son sens de l'absurde et du grotesque, même s'il est amplement policé. Toutefois, il ne laisse pas vraiment la place au monstrueux et au subversif comme le faisait la tradition, conférant ainsi à la cavalcade un caractère bon enfant à destination des petits et des grands, faisant du carnaval une fête folklorique et familiale.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7464</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0020FH0012)</title>
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		<updated>2019-01-06T14:50:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg de 1960&lt;br /&gt;
|fonds=Willer&lt;br /&gt;
|idSupport=0020FH0012&lt;br /&gt;
|dateDebut=28021960&lt;br /&gt;
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|son=Muet&lt;br /&gt;
|timecode=00:00:00&lt;br /&gt;
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|droits=MIRA&lt;br /&gt;
|apercu=Carnaval - film 1.png&lt;br /&gt;
|evenements_filmes_ou_en_lien=Carnaval de Strasbourg&lt;br /&gt;
|descripteurs=carvanal; fête populaire; Strasbourg&lt;br /&gt;
|lieux_ou_monuments=Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, Strasbourg&lt;br /&gt;
|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58386, 7.74188&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Traditions@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le carnaval de Strasbourg datant du dimanche 28 février 1960. Le réalisateur filme les chars qui se succèdent et défilent parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=[00:03] Insert de l'affiche du Carnaval de Strasbourg. L'affiche très colorée indique la tenue de &amp;quot;''grands bals travestis''&amp;quot; du samedi 27 février au mardi 1er mars 1960.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences qui suivent sont toutes tournées sur un mode similaire, alliant des plans fixes et des plans panoramiques. Postée sur un trottoir, en face de la Banque Fédérative Rurale située au numéro 25 de la Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un premier char surmonté d'un couple de géants en papier mâché est suivi de près par quatre personnes déguisées en pintes de bière sur lesquelles on distingue &amp;quot;''pêcheur''&amp;quot; ; il s'agit du char promotionnel de la Brasserie du Pêcheur, ou Brasserie Fischer, une brasserie alsacienne fondée en 1821 et installée à Schiltigheim. Depuis le char, quelques personnes lancent ce qui semble être des prospectus dans la foule. D'autres personnes déguisées accompagnent le cortège en dansant et jetant des confettis sur les spectateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Un second char au couleur de la Brasserie Fischer et surmonté du logo, le ''Fischermannele'', défile. Il transporte une fanfare et trois femmes portant le costume traditionnel des Alsaciennes, tandis que trois autres personnes, également déguisées en pintes de bière, lui succèdent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Un char en forme de bateau pirate avec une ancre dessinée sur la coque - certainement le char de la Brasserie de l'Espérance fondée en 1746 à Schiltigheim et dont la bière traditionnelle est l'''Ancre''. Un homme situé en poupe du bateau lance des papiers dans la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Large plan panoramique sur la foule, dense et couverte de confettis. Elle est très hétérogène et compte aussi bien des adultes que des enfants, des femmes que des hommes. Tous portent des vêtements d'hiver, il fait sans doute froid. Des sourires se dessinent sur les lèvres. Certains sont perchés sur des rebords de fenêtres afin de mieux apercevoir le défilé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char décoré d'une grosse tête en papier mâché, celle d'homme replet au sourire grinçant ; en fonds, un paysage lunaire et une fusée dessinés sur une toile tendue. Dessus, deux hommes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:04] Un char représentant une femme blonde tenant une énorme pièce à la main ; derrière, une balance telle qu'il en existe dans les marchés. Le char est suivi de sept personnes déguisées en ce qui semble être des quilles colorées et numérotées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:21] Un char en forme de paon, jonché d'une tête d'homme énorme et d'une silhouette de femme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:25] Un char en forme de canard lequel a le bec fermé par un cadenas. L'allégorie du canard fait écho a la deuxième partie du char : un journal illustré - certainement de la presse ''people'' - tenu par un vieil homme aux yeux exorbités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:43] Un char décoré de deux danseuses de cabaret, d'un homme portant le béret et la marinière - symbolisant la France - et de deux autres portant des hauts-de-forme, l'un aux couleurs du Royaume-Uni et l'autre à celles des Etats-Unis. Tous se tiennent la main et semblent danser ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:59] Un char représentant une tour Eiffel surmontée de la tête et des bras du Général De Gaule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:07] Plusieurs personnes à pied portant des masques de papier mâché ; des musiciens prennent aussi part au cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:17] Un char décoré de trois têtes de monstres semblables à des escargots dentus ; le char est pourvu d'un mécanisme faisant tournoyer deux astronautes, l'un aux couleurs des Etats-Unis, l'autre portant l'étoile rouge communiste, autour d'une sphère, elle-même posée sur un croissant de Lune, laquelle sur trouve sur la tête d'un homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:39] Quatre personnes déguisées en chef cuisinier portant des mets dans leurs bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Un char représentant un personnage portant à la fois le chapeau du bouffon et la couronne du roi sur une chaise à porteur laquelle est portée par trois valets à la mine triste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:59] Un char en forme de carrosse sur lequel prennent place une fanfare et trois jeunes femmes vêtues de robes longues. A l'arrière du char, un personnage en papier mâché avec un nez rouge et disproportionné.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957 cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation s'impose ainsi comme une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg l'ampleur et le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Fischer.png|vignette|droite|Un char portant l'emblème de la Bière du Pêcheur, le ''Fischermannele''.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'agit dans ce film du carnaval du dimanche 28 février 1960. L'insert de l'affiche au début du film permet de dater avec précision l'événement. [[Fichier:Carnaval - 1960 - affiche.png|vignette|gauche|L'affiche du carnaval de Strasbourg.]] D'ailleurs, si le carnaval a lieu le dimanche seulement, ce sont en réalité quatre jours successifs de festivité, du samedi 27 février au mardi 1er mars, qui sont proposés aux Strasbourgeois et autres touristes. Les images témoignent aussi de l'attrait de la fête urbaine : les chars peinent à avancer à travers la foule, très dense. On note aussi le caractère tout public de cette manifestation, les spectateurs étant, de façon surprenante, surtout des adultes davantage que des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déguisements et chars sont encore l'occasion de messages contestataires divers bien que considérablement policés. En témoignent le canard, allégorie du journal et de la presse, muselé par un cadenas, derrière lequel un homme apparaît médusé à la lecture de la presse à sensation. Certains pouvaient sans doute y voir la dénonciation d'une société davantage avide des scandales de la presse ''people'' que de véritables sujets de fond. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Canard.png|vignette|gauche|Le char représentant un canard au bec muselé. ]] De même, en regardant passer cette Tour Eiffel surmontée de la tête de Charles de Gaule, peut-être d'autres voyaient-ils la représentation caricaturale d'une toute nouvelle Ve République qui renforce considérablement les pouvoirs du chef de l'Etat, désormais au sommet de la hiérarchie politique. Mais la contestation reste légère. [[Fichier:Carnaval - 1960 - De Gaule.png|vignette|droite|La tête du Général de Gaule, au sommet de la Tour Eiffel, les bras levés au ciel, semblant clamer &amp;quot;Je vous ai compris !&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, très vite, on reproche à cette cavalcade de s'être trop éloignée de la tradition carnavalesque, de n'être finalement qu'une gentille fête urbaine, folklorique et très commerciale. Et s'ils sont nombreux à venir jusque dans le centre-ville de Strasbourg pour voir défiler Bim-Bam, le roi du carnaval, la majeure partie d'entre eux sont spectateurs, non participants. La subversion et le grotesque, raisons d'être du carnaval, ont laissé place au spectaculaire au sein d'une foule passive. Enfin, s'il demeure encore, l'espace de la contestation sociale se trouve de plus en plus réduite. Aussi, l'engouement existant autour de ce « Carnaval des Marchands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; s'essouffle peu à peu : il se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>Carnaval de Strasbourg (0020FH0012)</title>
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		<updated>2019-01-06T14:47:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg de 1960&lt;br /&gt;
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|datesignature=2019-01-02&lt;br /&gt;
|lieuTournage=48.58386, 7.74188&lt;br /&gt;
|thematique=Outdoor activities@ Traditions@ Carnival@ Traditionnal dress&lt;br /&gt;
|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le carnaval de Strasbourg datant du dimanche 28 février 1960. Le réalisateur filme les chars qui se succèdent et défilent parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=[00:03] Insert de l'affiche du Carnaval de Strasbourg. L'affiche très colorée indique la tenue de &amp;quot;''grands bals travestis''&amp;quot; du samedi 27 février au mardi 1er mars 1960.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences qui suivent sont toutes tournées sur un mode similaire, alliant des plans fixes et des plans panoramiques. Postée sur un trottoir, en face de la Banque Fédérative Rurale située au numéro 25 de la Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un premier char surmonté d'un couple de géants en papier mâché est suivi de près par quatre personnes déguisées en pintes de bière sur lesquelles on distingue &amp;quot;''pêcheur''&amp;quot; ; il s'agit du char promotionnel de la Brasserie du Pêcheur, ou Brasserie Fischer, une brasserie alsacienne fondée en 1821 et installée à Schiltigheim. Depuis le char, quelques personnes lancent ce qui semble être des prospectus dans la foule. D'autres personnes déguisées accompagnent le cortège en dansant et jetant des confettis sur les spectateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Un second char au couleur de la Brasserie Fischer et surmonté du logo, le ''Fischermannele'', défile. Il transporte une fanfare et trois femmes portant le costume traditionnel des Alsaciennes, tandis que trois autres personnes, également déguisées en pintes de bière, lui succèdent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Un char en forme de bateau pirate avec une ancre dessinée sur la coque - certainement le char de la Brasserie de l'Espérance fondée en 1746 à Schiltigheim et dont la bière traditionnelle est l'''Ancre''. Un homme situé en poupe du bateau lance des papiers dans la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Large plan panoramique sur la foule, dense et couverte de confettis. Elle est très hétérogène et compte aussi bien des adultes que des enfants, des femmes que des hommes. Tous portent des vêtements d'hiver, il fait sans doute froid. Des sourires se dessinent sur les lèvres. Certains sont perchés sur des rebords de fenêtres afin de mieux apercevoir le défilé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char décoré d'une grosse tête en papier mâché, celle d'homme replet au sourire grinçant ; en fonds, un paysage lunaire et une fusée dessinés sur une toile tendue. Dessus, deux hommes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:04] Un char représentant une femme blonde tenant une énorme pièce à la main ; derrière, une balance telle qu'il en existe dans les marchés. Le char est suivi de sept personnes déguisées en ce qui semble être des quilles colorées et numérotées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:21] Un char en forme de paon, jonché d'une tête d'homme énorme et d'une silhouette de femme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:25] Un char en forme de canard lequel a le bec fermé par un cadenas. L'allégorie du canard fait écho a la deuxième partie du char : un journal illustré - certainement de la presse ''people'' - tenu par un vieil homme aux yeux exorbités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:43] Un char décoré de deux danseuses de cabaret, d'un homme portant le béret et la marinière - symbolisant la France - et de deux autres portant des hauts-de-forme, l'un aux couleurs du Royaume-Uni et l'autre à celles des Etats-Unis. Tous se tiennent la main et semblent danser ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:59] Un char représentant une tour Eiffel surmontée de la tête et des bras du Général De Gaule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:07] Plusieurs personnes à pied portant des masques de papier mâché ; des musiciens prennent aussi part au cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:17] Un char décoré de trois têtes de monstres semblables à des escargots dentus ; le char est pourvu d'un mécanisme faisant tournoyer deux astronautes, l'un aux couleurs des Etats-Unis, l'autre portant l'étoile rouge communiste, autour d'une sphère, elle-même posée sur un croissant de Lune, laquelle sur trouve sur la tête d'un homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:39] Quatre personnes déguisées en chef cuisinier portant des mets dans leurs bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Un char représentant un personnage portant à la fois le chapeau du bouffon et la couronne du roi sur une chaise à porteur laquelle est portée par trois valets à la mine triste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:59] Un char en forme de carrosse sur lequel prennent place une fanfare et trois jeunes femmes vêtues de robes longues. A l'arrière du char, un personnage en papier mâché avec un nez rouge et disproportionné.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957 cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation s'impose ainsi comme une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg l'ampleur et le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Fischer.png|vignette|droite|Un char portant l'emblème de la Bière du Pêcheur, le ''Fischermannele''.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'agit dans ce film du carnaval du dimanche 28 février 1960. L'insert de l'affiche au début du film permet de dater avec précision l'événement. [[Fichier:Carnaval - 1960 - affiche.png|vignette|gauche|L'affiche du carnaval de Strasbourg.]] D'ailleurs, si le carnaval a lieu le dimanche seulement, ce sont en réalité quatre jours successifs de festivité, du samedi 27 février au mardi 1er mars, qui sont proposés aux Strasbourgeois et autres touristes. Les images témoignent aussi de l'attrait de la fête urbaine : les chars peinent à avancer à travers la foule, très dense. On note aussi le caractère tout public de cette manifestation, les spectateurs étant, de façon surprenante, surtout des adultes davantage que des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déguisements et chars sont encore l'occasion de subversions diverses bien que considérablement policées. En témoignent le canard, allégorie du journal et de la presse, muselé par un cadenas, derrière lequel un homme apparaît médusé à la lecture de la presse à sensation. Certains pouvaient sans doute y voir la dénonciation d'une société davantage avide des scandales de la presse ''people'' que de véritables sujets de fond. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Canard.png|vignette|gauche|Le char représentant un canard au bec muselé. ]] De même, en regardant passer cette Tour Eiffel surmontée de la tête de Charles de Gaule, peut-être d'autres voyaient-ils la représentation caricaturale d'une toute nouvelle Ve République qui renforce considérablement les pouvoirs du chef de l'Etat, désormais au sommet de la hiérarchie politique. Mais la contestation reste légère. [[Fichier:Carnaval - 1960 - De Gaule.png|vignette|droite|La tête du Général de Gaule, au sommet de la Tour Eiffel, les bras levés au ciel, semblant clamer &amp;quot;Je vous ai compris !&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, très vite, on reproche à cette cavalcade de s'être trop éloignée de la tradition carnavalesque, de n'être finalement qu'une gentille fête urbaine, folklorique et très commerciale. Et s'ils sont nombreux à venir jusque dans le centre-ville de Strasbourg pour voir défiler Bim-Bam, le roi du carnaval, la majeure partie d'entre eux sont spectateurs, non participants. La subversion et le grotesque, raisons d'être du carnaval, ont laissé place au spectaculaire au sein d'une foule passive. Enfin, s'il demeure encore, l'espace de la contestation sociale se trouve de plus en plus réduite. Aussi, l'engouement existant autour de ce « Carnaval des Marchands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; s'essouffle peu à peu : il se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://rhinedits.u-strasbg.fr/w/index.php?title=Carnaval_de_Strasbourg_(0020FH0012)&amp;diff=7460</id>
		<title>Carnaval de Strasbourg (0020FH0012)</title>
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		<updated>2019-01-06T13:57:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Valentine Vis : Enregistré en utilisant le bouton &amp;quot;Sauvegarder et continuer&amp;quot; du formulaire&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{FicheSequence&lt;br /&gt;
|titreCree=Non&lt;br /&gt;
|titre=Le Carnaval de Strasbourg de 1960&lt;br /&gt;
|fonds=Willer&lt;br /&gt;
|idSupport=0020FH0012&lt;br /&gt;
|dateDebut=28021960&lt;br /&gt;
|video=0020FH0012&lt;br /&gt;
|institution_dorigine=MIRA&lt;br /&gt;
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|username=V.Valentine&lt;br /&gt;
|userrealname=Valentine Vis&lt;br /&gt;
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|Resume_fr=Il s'agit d'un court film amateur sur le carnaval de Strasbourg datant du dimanche 28 février 1960. Le réalisateur filme les chars qui se succèdent et défilent parmi la foule.&lt;br /&gt;
|Description_fr=[00:03] Insert de l'affiche du Carnaval de Strasbourg. L'affiche très colorée indique la tenue de &amp;quot;''grands bals travestis''&amp;quot; du samedi 27 février au mardi 1er mars 1960.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les séquences qui suivent sont toutes tournées sur un mode similaire, alliant des plans fixes et des plans panoramiques. Postée sur un trottoir, en face de la Banque Fédérative Rurale située au numéro 25 de la Rue du Vieux-Marché-aux-Vins, et surplombant une foule très dense, la caméra suit les chars qui défilent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:10] Un premier char surmonté d'un couple de géants en papier mâché est suivi de près par quatre personnes déguisées en pintes de bière sur lesquelles on distingue &amp;quot;''pêcheur''&amp;quot; ; il s'agit du char promotionnel de la Brasserie du Pêcheur, ou Brasserie Fischer, une brasserie alsacienne fondée en 1821 et installée à Schiltigheim. Depuis le char, quelques personnes lancent ce qui semble être des prospectus dans la foule. D'autres personnes déguisées accompagnent le cortège en dansant et jetant des confettis sur les spectateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:23] Un second char au couleur de la Brasserie Fischer et surmonté du logo, le ''Fischermannele'', défile. Il transporte une fanfare et trois femmes portant le costume traditionnel des Alsaciennes, tandis que trois autres personnes, également déguisées en pintes de bière, lui succèdent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:32] Un char en forme de bateau pirate avec une ancre dessinée sur la coque - certainement le char de la Brasserie de l'Espérance fondée en 1746 à Schiltigheim et dont la bière traditionnelle est l'''Ancre''. Un homme situé en poupe du bateau lance des papiers dans la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:42] Large plan panoramique sur la foule, dense et couverte de confettis. Elle est très hétérogène et compte aussi bien des adultes que des enfants, des femmes que des hommes. Tous portent des vêtements d'hiver, il fait sans doute froid. Des sourires se dessinent sur les lèvres. Certains sont perchés sur des rebords de fenêtres afin de mieux apercevoir le défilé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[00:54] Un char décoré d'une grosse tête en papier mâché, celle d'homme replet au sourire grinçant ; en fonds, un paysage lunaire et une fusée dessinés sur une toile tendue. Dessus, deux hommes saluent la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:04] Un char représentant une femme blonde tenant une énorme pièce à la main ; derrière, une balance telle qu'il en existe dans les marchés. Le char est suivi de sept personnes déguisées en ce qui semble être des quilles colorées et numérotées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:21] Un char en forme de paon, jonché d'une tête d'homme énorme et d'une silhouette de femme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:25] Un char en forme de canard lequel a le bec fermé par un cadenas. L'allégorie du canard fait écho a la deuxième partie du char : un journal illustré - certainement de la presse ''people'' - tenu par un vieil homme aux yeux exorbités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:43] Un char décoré de deux danseuses de cabaret, d'un homme portant le béret et la marinière - symbolisant la France - et de deux autres portant des hauts-de-forme, l'un aux couleurs du Royaume-Uni et l'autre à celles des Etats-Unis. Tous se tiennent la main et semblent danser ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[01:59] Un char représentant une tour Eiffel surmontée de la tête et des bras du Général De Gaule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:07] Plusieurs personnes à pied portant des masques de papier mâché ; des musiciens prennent aussi part au cortège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:17] Un char décoré de trois têtes de monstres semblables à des escargots dentus ; le char est pourvu d'un mécanisme faisant tournoyer deux astronautes, l'un aux couleurs des Etats-Unis, l'autre portant l'étoile rouge communiste, autour d'une sphère, elle-même posée sur un croissant de Lune, laquelle sur trouve sur la tête d'un homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:39] Quatre personnes déguisées en chef cuisinier portant des mets dans leurs bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:46] Un char représentant un personnage portant à la fois le chapeau du bouffon et la couronne du roi sur une chaise à porteur laquelle est portée par trois valets à la mine triste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[02:59] Un char en forme de carrosse sur lequel prennent place une fanfare et trois jeunes femmes vêtues de robes longues. A l'arrière du char, un personnage en papier mâché avec un nez rouge et disproportionné.&lt;br /&gt;
|Contexte_et_analyse_fr=Se déroulant au cours d'une période comprise entre le milieu de l'hiver et le début de l'été, le carnaval est une fête rurale et urbaine caractérisée par le travestissement et la transgression ritualisée d'interdits et autres tabous. Dès le Moyen-Âge, cette pratique est encadrée par l’Église. Associée à des fêtes chrétiennes et s'insérant dans le cycle précédant le Carême, elle reprend les thèmes religieux de la mort et de la renaissance, du chaos et de l'ordre, au centre desquels l'exaltation de l'homme sauvage fait office de médiation. La procession burlesque se clôt généralement par le sacrifice de l'homme sauvage, symbole du retour au calme, du triomphe de la société sur le chaos. Derrière un certain aspect anarchique, le carnaval tient en réalité un rôle social important permettant à chacun, sous les traits d'êtres monstrueux ou grotesques, l'excès et la subversion ; le carnaval s'apparente ainsi à une sorte de catharsis populaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Strasbourg, cette tradition se perd néanmoins à l'époque du ''Reichsland'' et finit par disparaître complètement après que l'administration allemande a vainement tenté de la relancer. En effet, d'abord encouragé par l'occupant, le « ''Carnaval des Allemands'' »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.27&amp;lt;/ref&amp;gt; est finalement supprimé en 1902 lorsque les Alsaciens décident d'intégrer cette tradition à la valorisation d'une culture régionale et donc au rejet de la culture et de l'autorité allemandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957 cependant, les commerçants strasbourgeois décident de remettre aux goûts du jour la tradition du carnaval afin d'animer le centre-ville et d'attirer les touristes. La manifestation s'impose ainsi comme une opération de prestige visant à offrir à Strasbourg l'ampleur et le rayonnement d'une ville rhénane prospère. Le carnaval est ainsi financé par les commerçant eux-mêmes, en attestent les nombreux chars « sponsorisés », arborant le nom d'enseignes et d'entreprises strasbourgeoises. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Fischer.png|vignette|droite|Un char portant l'emblème de la Bière du Pêcheur, le ''Fischermannele''.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'agit dans ce film du carnaval du dimanche 28 février 1960. L'insert de l'affiche au début du film permet de dater avec précision l'événement. [[Fichier:Carnaval - 1960 - affiche.png|vignette|gauche|L'affiche du carnaval de Strasbourg.]] D'ailleurs, si le carnaval a lieu le dimanche seulement, ce sont en réalité quatre jours successifs de festivité, du samedi 27 février au mardi 1er mars, qui sont proposés aux Strasbourgeois et autres touristes. Les images témoignent aussi de l'attrait de la fête urbaine : les chars peinent à avancer à travers la foule, très dense. On note aussi le caractère tout public de cette manifestation, les spectateurs étant, de façon surprenante, surtout des adultes davantage que des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déguisements et chars sont encore l'occasion de subversions diverses bien que considérablement policées. En témoignent le canard, allégorie du journal et de la presse, muselé par un cadenas, derrière lequel un homme apparaît médusé à la lecture de la presse à sensation. Certains pouvaient sans doute y voir la dénonciation d'une société davantage avide des scandales de la presse ''people'' que de véritables sujets de fond. [[Fichier:Carnaval - 1960 - Canard.png|vignette|gauche|Le char représentant un canard au bec muselé. ]] De même, en regardant passer cette Tour Eiffel surmontée de la tête de Charles de Gaule, peut-être d'autres voyaient-ils la représentation caricaturale d'une toute nouvelle Ve République qui renforce considérablement les pouvoirs du chef de l'Etat, désormais au sommet de la hiérarchie politique. Mais la contestation reste légère. [[Fichier:Carnaval - 1960 - De Gaule.png|vignette|droite|La tête du Général de Gaule, au sommet de la Tour Eiffel, les bras levés au ciel, semblant déclamer &amp;quot;Je vous ai compris !&amp;quot;.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, très vite, on reproche à cette cavalcade de s'être trop éloignée de la tradition carnavalesque, de n'être finalement qu'une gentille fête urbaine, folklorique et très commerciale. Et s'ils sont nombreux à venir jusque dans le centre-ville de Strasbourg pour voir défiler Bim-Bam, le roi du carnaval, la majeure partie d'entre eux sont spectateurs, non participants. La subversion et le grotesque, raisons d'être du carnaval, ont laissé place au spectaculaire au sein d'une foule passive. Enfin, s'il demeure encore, l'espace de la contestation sociale se trouve de plus en plus réduite. Aussi, l'engouement existant autour de ce « Carnaval des Marchands »&amp;lt;ref&amp;gt;Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, p.30&amp;lt;/ref&amp;gt; s'essouffle peu à peu : il se tient pour la dernière fois en 1962.&lt;br /&gt;
|Bibliographie=Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : tradition, évolution, manipulation », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°7, 1978, pp.24-37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eve Cerf, « Wackes Fasenacht : le Carnaval des Voyous à Strasbourg », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp.40-47&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, « Éléments pour une sociologie du rire et du blasphème », ''Revue des Sciences Sociales de la France et de l'Est'', n°21, 1994, pp. 4-10&lt;br /&gt;
}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Valentine Vis</name></author>
		
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