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titreChant de Noël
sous_titre
video0090FH0003_1
dateDebut1925
dateFin1938
annee1,932
duree116
genreFilm amateur
format_original8 mm
coloration
sonMuet
langue
realisateurs
droitsMIRA
lieuTournage48.58189, 7.75103
fondsArnold
pieces_jointes
evenements_filmes_ou_en_lien
personnages_identifies
lieux_ou_monumentsStrasbourg
etatOui-Non
institution_dorigineMIRA
thematiqueTraditions Christmas
idSupport0003FH0004
timecode0
apercu
Chant_Noël.jpg
resumefrCette séquence montre le réveillon de Noël d’une famille Strasbourgeoise. Une petite fille chante devant l’arbre de Noël face aux regards attentifs de ses proches. La soirée se déroule dans la bonne humeur avec un repas copieux qui laisse rapidement place à la danse et aux festivités.
resumede
resumeen
descriptionfrSuperposition d’images de mauvaises qualités. Plan sur une petite fille qui chante devant un arbre de Noël. Gros plan sur un morceau du visage de cet enfant. Mouvement panoramique qui part de cette même petite fille et qui se décale sur l’ensemble de sa famille. Plan très sombre montrant la fillette entrain de toucher des paquets disposés non loin du sapin de Noël. La famille déguste le repas du réveillon. Plan rapproché sur un couple qui danse. Une femme avec des lunettes de soleil boit à la bouteille puis la donne à son mari. Nouveau plan sur le premier couple qui continue de danser. Un homme danse avec sa femme et boit après une bouteille de champagne.
descriptionde
descriptionen
contextefrCe film amateur de format 8mm a été réalisé entre 1925 et 1938, pendant l’entre-deux-guerres. Le réalisateur demeure inconnu. Toutefois, il nous transmet de nombreux moments de cette soirée de Noël avec une insistance toute particulière sur les traditions régionales et sur l’ambiance au sein de sa famille. '''Les traditionnels chants de Noël''' [[Fichier:Chant de Noël.jpg|vignette|Illustration du chant de Noël : "Mon beau sapin". © Le site de la famille Gras]] Les chants de Noël sont une véritable pratique régionale avec de nombreux cantiques qui se sont développés depuis le Moyen Âge'"`UNIQ--ref-0000005C-QINU`"'. Les familles avaient pour habitude de se réunir autour du sapin et de chanter tous ensemble de petites chansons le soir du réveillon de Noël'"`UNIQ--ref-0000005D-QINU`"'. Cette pratique s’est maintenue à travers les siècles et elle est toujours présente en Alsace au XXe siècle comme nous le monde ce film des années 1930. Le réalisateur réalise plusieurs plans consécutifs sur une petite fille entrain de chanter devant l’arbre de Noël. Toute la famille est présente dans le salon pour profiter de ce spectacle. Si les adultes rient en l’observant, la petite est quand à elle très concentrée sur les paroles qu’elle a surement travaillé pendant longtemps. Dans cette séquence, les adultes ne participent pas à la chanson mais les familles avaient pour habitude d’entonner ces petits airs de Noël. Ils possèdent souvent un aspect plutôt mélancolique dans la culture germanique alors qu’ils sont plus joyeux et dansant au sein de la culture française. Le répertoire des chants de Noël est très important et bon nombre d’entre eux sont nés en Alsace. Le plus ancien est réalisé par le moine Otfried de Wissembourg et date du IXe siècle'"`UNIQ--ref-0000005E-QINU`"'. Certains datent de l’époque moderne comme les nombreux cantiques réalisés par Heinrich von Laufenberg, prêtre des Johannites de Strasbourg. Il est notamment à l’origine d’un chant qui évoque l’enfant Jésus et la crèche de Noël'"`UNIQ--ref-0000005F-QINU`"'. D’autres se développent ensuite avec par exemple ''Es kommt ein Schiff geladen'' (1608), ''O Jesulein Zart'' (1677) ou ''Schlaf wohl du Hmmelsknabe'' (1890). Puis en 1885 apparaît le premier recueil de cantiques et de chansons régionales sous l’initiative de Jean Baptiste Weckerlin. On y trouve notamment le fameux chant de Noël de 1697 : « Il nous est né un petit enfant'"`UNIQ--ref-00000060-QINU`"' » . '''Le sapin de Noël comme élément central''' [[Fichier:Arbre de Noël.jpg|vignette|Une famille observant un arbre de Noël magnifiquement décoré. © La France pittoresque ]] Le sapin est depuis longtemps un élément incontournable durant la période de Noël. Cette tradition aurait pour origine directe la vénération des païens pour les arbres au moment du solstice d’hiver. De ce fait, il a pendant longtemps suscité l’indignation de l’Église catholique qui le perçoit comme une marque de paganisme et de protestantisme du fait que cette coutume provient des pays scandinaves et germaniques'"`UNIQ--ref-00000061-QINU`"'. À partir du XIIIe siècle, les droits coutumiers donnent des indications sur l’usage de couper des branches de sapin vert pour les ramener chez soi le soir de Noël'"`UNIQ--ref-00000062-QINU`"'. Mais c’est véritablement à partir du XVIe siècle que la tradition d’aller couper un arbre de Noël apparaît en Alsace avec une première mention qui en est faite pour la ville de Sélestat en 1521'"`UNIQ--ref-00000063-QINU`"'. Au départ, il se trouve dans les poêles des corporations où les gens venaient fêter Noël'"`UNIQ--ref-00000064-QINU`"' et à l’intérieur des églises où il symbolise l’arbre de vie ainsi que l’arbre de la croix'"`UNIQ--ref-00000065-QINU`"'. Puis, c’est au XVIIIe siècle qu’il intègre progressivement les foyers et transforme Noël en fête de la famille et de l’enfant'"`UNIQ--ref-00000066-QINU`"'. En Alsace, c’est au cours du XIXe siècle que la tradition de l’arbre de Noël se répand vraiment en lien avec la « germanisation » systémique de l’Alsace'"`UNIQ--ref-00000067-QINU`"'. Or, il faut distinguer les régions catholiques et protestantes où l’installation d’un arbre de Noël n’est pas uniforme. En effet, dans les villes protestantes, cette tradition semble s’enraciner beaucoup plus rapidement'"`UNIQ--ref-00000068-QINU`"'. Toutefois, plusieurs documents insistent sur le fait que la coutume de l’arbre de Noël ne dépend pas de la religion mais des aires linguistiques. Par exemple, Georges L’Hôte établit une distinction entre les villes et villages où la langue maternelle parlée est un dialecte allemand et où le sapin y est présent, de ceux où la langue principale est le français, où il n’est implanté qu’après la Seconde Guerre mondiale'"`UNIQ--ref-00000069-QINU`"'. Pour le reste de la France, ce n’est qu’après la guerre de 1870-1871 qu’il se diffuse avec l’émigration de nombreux alsaciens'"`UNIQ--ref-0000006A-QINU`"' et il est même dit que « Là où se trouve une famille alsacienne, là est un arbre de Noël'"`UNIQ--ref-0000006B-QINU`"' ». Quoi qu’il en soit, dans ce film des années 1930, le sapin de Noël est bel et bien présent au sein de cette famille et les chants ainsi que les cadeaux ne manquent pas à proximité de cet arbre majestueux. Au XVIIe et XVIIIe siècles, le sapin est décoré avec des pommes, des roses en papier, des fils d’or, des sucreries, des bougies et même des jouets'"`UNIQ--ref-0000006C-QINU`"'. Ensuite, c’est au cours du XIXe siècle que les premières boules de verre soufflées sont fabriquées dans des petits ateliers de verriers disséminés dans les montagnes boisées de toute l’Europe. Pour l’Alsace, ce sont ceux de Meisenthal, entre le Bas-Rhin et la Moselle, qui sont à l’origine de leur fabrication. L’arbre de Noël est de plus en plus décoré avec l’apparition au siècle dernier de guirlandes scintillantes et électriques ainsi que de nouvelles décorations en bois ouvragés et des sujets en pâte à sel'"`UNIQ--ref-0000006D-QINU`"'. C’est d’ailleurs ce qui est montré dans ce film au moment où la fillette est entrain de chanter son air de Noël. Derrière elle se trouve un sapin magnifiquement décoré de boules de diverses couleurs, probablement en verre et issues de Meisenthal. Il est couvert de guirlandes brillantes et de grosses lampes électriques qui illuminent tout le salon. '''Une fête de famille synonyme de traditions alimentaires, d'amusement et d'amour''' Ce film nous plonge au cœur d’une fête familiale et des coutumes alimentaires qu’elle implique. Un gros plan est fait sur la table à manger où la famille est réunie. L’image est assez sombre mais nous constatons que cette famille est en train de diner dans une ambiance conviviale. Sur la table se trouve des cuisses de poulets ou bien de dinde avec des petits accompagnements. Toutefois, cette séquence ne montre rien sur les friandises de Noël qui font parties des traditions régionales depuis plusieurs siècles. Mais il est fort probable que le repas ait été suivit d’une dégustation de Bredele (aussi connu sous le nom de Bredala dans le Haut-Rhin), de pains d’épices aux formes diverses, tantôt religieuses comme Adam et Eve sous l’arbre du paradis, tantôt profanes avec des représentations de fileuses et leurs rouets'"`UNIQ--ref-0000006E-QINU`"'. Il aurait pu aussi s’agir de ''Springerle'' à base d’anis ou de ''Spéculatius'' qui s’imposent comme gâteaux de Noël traditionnels depuis le XVIIIe siècle et pouvant avoir des formes variés'"`UNIQ--ref-0000006F-QINU`"'. À la fin de la séquence, l’heure est à la fête et plusieurs couples s’adonnent à la danse. Ils semblent très amoureux et profitent de ce moment pour se le montrer. Ils s’amusent, plaisantent et boivent même à la bouteille. Il s’agit probablement de crémant ou de champagne mais il arrivait aussi de boire du schnaps lors de la dégustation des ''Bredele'' car il permet de fortifier l’âme et de réchauffer le corps et le cœur des gens'"`UNIQ--ref-00000070-QINU`"'. '''Le rituel des cadeaux''' [[Fichier:Jouets de Noël.jpg|vignette|La découverte des cadeaux de Noël (année 1940). © La Dépêche ]] La coutume de s’offrir des cadeaux est implantée en Alsace depuis le XVe siècle au moins. Jusqu’à la Réforme protestante, ils sont apportés aux enfants le jour de la Saint-Nicolas'"`UNIQ--ref-00000071-QINU`"' avant d’être progressivement remis le soir du réveillon de Noël. Depuis le Moyen Âge et l’époque moderne, les cadeaux consistent surtout en remèdes à base de miel, en fruits secs ou bien en pain d’épice. Au XVIe siècle ils se développent encore avec l’apparition de nouvelles friandises mais les enfants se voient aussi offrir des jouets et de l’argent. Les fillettes peuvent recevoir une poupée et les garçons des petits jouets sculptés ou bien des boîtes de coloriages. Toutefois, les cadeaux varient selon le niveau social des familles et beaucoup sont des éléments indispensables dans la vie de tous les jours comme les habits et les chaussures'"`UNIQ--ref-00000072-QINU`"'. Les familles les plus pauvres ne peuvent pas acheter énormément de cadeaux mais beaucoup de paysans fabriquent eux-mêmes des objets utilitaires ou des jouets pour leurs enfants. Ils peuvent avoir une valeur pédagogique comme l’étaient les ''Stackalaküah'', des bâtonnets en formes de veaux, de vaches et de taureau. De ce fait, ils peuvent apprendre à gérer une ferme, ainsi qu’étudier la vie économique à laquelle ils feront face un jour'"`UNIQ--ref-00000073-QINU`"'. Mais une véritable évolution intervient entre le XIXe et le XXe siècle avec l’avènement de la société de consommation. De ce fait, les populations achètent toujours plus de jouets lors des fêtes de Noël et cela se vérifie aussi en Alsace. Mais cela s’explique aussi grâce aux révolutions industrielles qui ont permises une importante modernisation des jouets pour enfants. Dans un plan de notre séquence, la fillette du début est ensuite visible devant le sapin de Noël où elle semble se trouver à côté de paquets emballés. Malheureusement, la qualité de ce passage ne permet pas de discerner beaucoup de choses et nous n’avons aucune image de l’ouverture des cadeaux. Mais nous pouvons supposer par l’intermédiaire de nombreuses sources que cette petite fille a reçu une poupée qui est le jouet par excellence depuis plusieurs siècles. De plus, celle-ci a connu un important développement avec la création du bébé articulé et avec des bébés de plus en plus réalistes'"`UNIQ--ref-00000074-QINU`"'. Quant aux garçons, ils reçoivent à cette période des jouets comme des petites voitures ou bien des trains qui peuvent parfois être électriques. Ils peuvent provenir de plusieurs sociétés comme par exemple celle de Franck Hornby qui dépose en 1908 la marque Meccano, rapidement suivit par d’autres marques telles que le Constructor en 1921 et Trix en 1933'"`UNIQ--ref-00000075-QINU`"'.
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