Difference between revisions of "Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg(43AV1)"

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Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants des différentes paroisses. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leur enfants à des encadrant qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures.
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Après avoir perdu le terrain de l'école depuis la fin du XIXe siècle avec la succession de loi soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), l'Eglise s'arroge le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes. Ainsi, par le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Ainsi, le journal "Coeurs Vaillants" voit le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de "Tintin et Milou". L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit "Coeur Vaillant" se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936.
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Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent pour beaucoup sur la vie paroissiale et moins sur des activités pratiques, à la différence du scoutisme. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent plus à des sorties qu'à des camps de vacances, comme ici à Heiligenberg.
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'''Une sortie à la Montagne Sainte'''
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Ce film retrace donc la sortie à Heiligenberg, littéralement "La Montagne Sainte" des Coeurs Vaillants de Saint-Etienne (on devine facilement qu'il s'agit de la paroisse Saint-Etienne de Strasbourg) pour profiter d'activités extérieure à la ville. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur la gare, attendant l'arrivée d'un train. En arrière-plan légèrement surexposé, on peut apercevoir la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut et cette séquence narrative nous indique que le groupe s'est rendu à Heiligenberg par le train.
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Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel sont arrivés les enfants et leurs encadrant, d'autant plus que la longueur du plan laisse penser que le cinéaste avait une idée très précise de ce qu'il souhaitait pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Cette déduction nous laisse penser que le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, en témoigne les enfants et leur attitude spontanée : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointé sur eux. Cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plan est laissé au hasard! En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plan sont surexposés et d'autres trop longs. On devine alors une passion récente pour le cinéma et un apprentissage en cours dans lequel cette journée apparait comme un parfait exercice. Par la même occasion, le carton introductif dénote d'une attention particulière accordée au montage.
 
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Revision as of 15:34, 5 January 2020


Coeurs vaillants de Saint Etienne en sortie à Heiligenberg
Warning[1]

Abstract


Le groupe des Cœurs Vaillants de la paroisse Saint-Etienne de Strasbourg en sortie à Heilingenberg, le 13 mai 1956.


Metadata

Reference / film number :  43AV1
Date :  1956
Coloration :  Black and white
Sound :  Mute
Running time :  00:00:00
Film-maker :  Ringeissen, Paul
Reel format :  8 mm
Genre :  Amateur movie
Thematics :  Youth movements - Education - Scouting
Archive :  Archives départementales du Bas-Rhin

Context and analysis


Les Coeurs Vaillants et le patronage : l'Eglise catholique au service de la jeunesse

Le mouvement des Coeurs Vaillants, issus des patronages et de nature profondément catholique, s'intègre en réalité dans une dimension plus large d'un nouveau rapport à l'enfance. Associé au catholicisme social, le patronage vise à redynamiser les rapports éducatifs entre l'Eglise et les populations - et plus particulièrement auprès de la jeunesse - dans le but d'offrir un cadre à la fois structurant mais aussi ludique aux enfants des différentes paroisses. Par cette prise en charge éducative, l'Eglise s'octroie une place nouvelle auprès de ses fidèles : les parents confient leur enfants à des encadrant qui s'attachent à leur transmettre des valeurs chrétiennes, des valeurs en lesquelles les adultes croient et qu'ils désirent voir transmises à leurs progénitures.

Après avoir perdu le terrain de l'école depuis la fin du XIXe siècle avec la succession de loi soulevant les questions de la laïcité de l'enseignement (lois Falloux, Goblet et Ferry notamment), l'Eglise s'arroge le domaine de l'éducation extra-scolaire dans le but de s'approcher des jeunes. Ainsi, par le biais de la presse enfantine, l'Eglise peut directement s'adresser à la jeunesse catholique prenant pour cible ses centres d'intérêts. Ainsi, le journal "Coeurs Vaillants" voit le jour en 1927 sous un format hebdomadaire dans lequel on peut retrouver à la sortie de la messe les aventures de "Tintin et Milou". L'idée derrière ce petit illustré est de créer une sorte d'esprit unificateur où des valeurs communes sont partagées. C'est donc en toute logique que l'esprit "Coeur Vaillant" se transforme au-delà des images en un véritablement mouvement de jeunesse à partir de 1936.

Les Coeurs Vaillants, cette fois en tant que mouvement, se concentrent pour beaucoup sur la vie paroissiale et moins sur des activités pratiques, à la différence du scoutisme. Les excursions des Coeurs Vaillants se limitent plus à des sorties qu'à des camps de vacances, comme ici à Heiligenberg.

Une sortie à la Montagne Sainte

Ce film retrace donc la sortie à Heiligenberg, littéralement "La Montagne Sainte" des Coeurs Vaillants de Saint-Etienne (on devine facilement qu'il s'agit de la paroisse Saint-Etienne de Strasbourg) pour profiter d'activités extérieure à la ville. La joyeuse troupe s'y rend en train, en témoigne ce très long plan sur la gare, attendant l'arrivée d'un train. En arrière-plan légèrement surexposé, on peut apercevoir la bourgade et le clocher de l'église Saint-Vincent, la bâtisse apparaissant en contre-haut et cette séquence narrative nous indique que le groupe s'est rendu à Heiligenberg par le train. Le convoi arrivant en gare ne semble pas être celui par lequel sont arrivés les enfants et leurs encadrant, d'autant plus que la longueur du plan laisse penser que le cinéaste avait une idée très précise de ce qu'il souhaitait pour construire son plan narratif, bien établi dans son esprit. Cette déduction nous laisse penser que le film et ses plans successifs ne sont pas mis en scène, en témoigne les enfants et leur attitude spontanée : grands sourires, ils semblent ravis de voir la caméra pointé sur eux. Cela ne signifie pas pour autant que le choix des différents plan est laissé au hasard! En effet, le cinéaste souhaite retracer le déroulement de la journée, de manière chronologique, tout en utilisant les secondes de sa bobine avec parcimonie. Ces plans choisis mais non mis en scène apportent une certaine naïveté au film, tout comme ses petites erreurs techniques : la main tremble beaucoup, certains plan sont surexposés et d'autres trop longs. On devine alors une passion récente pour le cinéma et un apprentissage en cours dans lequel cette journée apparait comme un parfait exercice. Par la même occasion, le carton introductif dénote d'une attention particulière accordée au montage.


Article written by

Clara Picarles, 22 December 2019


  1. This film analysis is still in progress. It may therefore be incomplete and contain errors.