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|Description_fr=À l’origine, le marché est essentiellement un lieu de contact « physique » entre vendeur de produits alimentaires et clients, ceux-ci percevant sur place la marchandise proposée à la vente. Petit à petit, il est accompagné de réjouissances diverses et se transforme parfois en foire de divertissements. Au XXème siècle les produits non-alimentaires prennent une importance croissante, de même que les attractions festives. La foire finit souvent par se confondre avec le marché aux yeux du public superficiel. La foire est surtout l’apanage des forains spécialisés en jouets, jeux, loisirs de manèges, farces et attrapes, sucreries. Des foires aux vins se multiplient au XXème siècle, parmi lesquelles celle de Colmar qui exerce un rayonnement européen indéniable.
 
|Description_fr=À l’origine, le marché est essentiellement un lieu de contact « physique » entre vendeur de produits alimentaires et clients, ceux-ci percevant sur place la marchandise proposée à la vente. Petit à petit, il est accompagné de réjouissances diverses et se transforme parfois en foire de divertissements. Au XXème siècle les produits non-alimentaires prennent une importance croissante, de même que les attractions festives. La foire finit souvent par se confondre avec le marché aux yeux du public superficiel. La foire est surtout l’apanage des forains spécialisés en jouets, jeux, loisirs de manèges, farces et attrapes, sucreries. Des foires aux vins se multiplient au XXème siècle, parmi lesquelles celle de Colmar qui exerce un rayonnement européen indéniable.
 
La fête de 1948 est devenue la grande manifestation de tous les alsaces. Les vendanges de 1947 avaient produit des vins d’excellente qualité. Les amateurs d’alsaces avaient de quoi se réjouir ; les vignerons, eux, ne pavoisaient pas vraiment. Les vignes avaient en maints endroits souffert lors des combats de l’hiver 1944/45. Les cours étaient erratiques. Les relations commerciales s’étaient défaites et les exportations étaient insignifiantes : 17 000 hl, dont plus du tiers en fûts. Le recul des surfaces plantées avait de quoi inquiéter et traduisait le marasme économique : de 11 121 ha en 1946, elles régresseront à 9 531 ha en 1948 avant de se redévelopper pour atteindre 14 335 ha en cette fin de siècle. Il était donc urgent de donner à la viticulture alsacienne des raisons d’espérer. De cette volonté d’optimisme est issue la Fête régionale des vins d’Alsace de 1948, dont nul n’imaginait qu’elle deviendrait (rebaptisée Foire) la manifestation la plus courue de l’été entre Vosges et Rhin. En vérité, ce n’est pas réellement une innovation puisque, depuis 1918, on connaît des foires aux vins tout à fait estimables. La foire de Colmar reprenant, en fait, une idée qui avait agité bien des bons esprits après le succès, en 1936, de la Fête nationale des vins, que le président Lebrun avait honorée de sa présence.
 
La fête de 1948 est devenue la grande manifestation de tous les alsaces. Les vendanges de 1947 avaient produit des vins d’excellente qualité. Les amateurs d’alsaces avaient de quoi se réjouir ; les vignerons, eux, ne pavoisaient pas vraiment. Les vignes avaient en maints endroits souffert lors des combats de l’hiver 1944/45. Les cours étaient erratiques. Les relations commerciales s’étaient défaites et les exportations étaient insignifiantes : 17 000 hl, dont plus du tiers en fûts. Le recul des surfaces plantées avait de quoi inquiéter et traduisait le marasme économique : de 11 121 ha en 1946, elles régresseront à 9 531 ha en 1948 avant de se redévelopper pour atteindre 14 335 ha en cette fin de siècle. Il était donc urgent de donner à la viticulture alsacienne des raisons d’espérer. De cette volonté d’optimisme est issue la Fête régionale des vins d’Alsace de 1948, dont nul n’imaginait qu’elle deviendrait (rebaptisée Foire) la manifestation la plus courue de l’été entre Vosges et Rhin. En vérité, ce n’est pas réellement une innovation puisque, depuis 1918, on connaît des foires aux vins tout à fait estimables. La foire de Colmar reprenant, en fait, une idée qui avait agité bien des bons esprits après le succès, en 1936, de la Fête nationale des vins, que le président Lebrun avait honorée de sa présence.
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ACKER Agnès, ''Encyclopédie de l'Alsace'', Volume 8, Kientzheim-Mietesheim, Strasbourg, Publitotal, 1984, p. 4949-4950.
 
ACKER Agnès, ''Encyclopédie de l'Alsace'', Volume 8, Kientzheim-Mietesheim, Strasbourg, Publitotal, 1984, p. 4949-4950.
  
DIEBOLD Philippe, ''Colmar : l'histoire des foires aux vins'', Strasbourg, Ronald Hirlé, 1997, p. 9-35.
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HART Christine, ''Colmar : l'histoire des foires aux vins'', Strasbourg, Ronald Hirlé, 1997, p. 9-35.
  
 
'''Sitographie :'''
 
'''Sitographie :'''

Latest revision as of 16:00, 27 November 2020


Première foire aux vins de Colmar
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Abstract


La première foire aux vins de Colmar se déroulant du 04 au 07 juin 1948.

Description


À l’origine, le marché est essentiellement un lieu de contact « physique » entre vendeur de produits alimentaires et clients, ceux-ci percevant sur place la marchandise proposée à la vente. Petit à petit, il est accompagné de réjouissances diverses et se transforme parfois en foire de divertissements. Au XXème siècle les produits non-alimentaires prennent une importance croissante, de même que les attractions festives. La foire finit souvent par se confondre avec le marché aux yeux du public superficiel. La foire est surtout l’apanage des forains spécialisés en jouets, jeux, loisirs de manèges, farces et attrapes, sucreries. Des foires aux vins se multiplient au XXème siècle, parmi lesquelles celle de Colmar qui exerce un rayonnement européen indéniable. La fête de 1948 est devenue la grande manifestation de tous les alsaces. Les vendanges de 1947 avaient produit des vins d’excellente qualité. Les amateurs d’alsaces avaient de quoi se réjouir ; les vignerons, eux, ne pavoisaient pas vraiment. Les vignes avaient en maints endroits souffert lors des combats de l’hiver 1944/45. Les cours étaient erratiques. Les relations commerciales s’étaient défaites et les exportations étaient insignifiantes : 17 000 hl, dont plus du tiers en fûts. Le recul des surfaces plantées avait de quoi inquiéter et traduisait le marasme économique : de 11 121 ha en 1946, elles régresseront à 9 531 ha en 1948 avant de se redévelopper pour atteindre 14 335 ha en cette fin de siècle. Il était donc urgent de donner à la viticulture alsacienne des raisons d’espérer. De cette volonté d’optimisme est issue la Fête régionale des vins d’Alsace de 1948, dont nul n’imaginait qu’elle deviendrait (rebaptisée Foire) la manifestation la plus courue de l’été entre Vosges et Rhin. En vérité, ce n’est pas réellement une innovation puisque, depuis 1918, on connaît des foires aux vins tout à fait estimables. La foire de Colmar reprenant, en fait, une idée qui avait agité bien des bons esprits après le succès, en 1936, de la Fête nationale des vins, que le président Lebrun avait honorée de sa présence.

Lorsque, le vendredi 4 juin 1948, Pierre Pflimlin, alors ministre de l’Agriculture, inaugure à la halle du marché la première Fête régionale des vins, Colmar et le vignoble, ont, avec peu de moyens mais d’autant plus d’enthousiasme, fort bien fait les choses. On est, d’ailleurs, en pleine consensualité : l’initiative de Georges Laesch, secrétaire général de la CCI, a reçu le soutien des instances professionnelles de la viticulture tout comme celui du maire de Colmar, Joseph Rey… Lequel apporte le coup de main des services municipaux. La manifestation a été conçue comme un triptyque : dégustations des alsaces au marché ouvert ; foire gastronomique dans la cour de l’école des Catherinettes ; exposition de machinisme place de l’Ancien hôpital. Accueilli par les cloches des églises sonnant à toute volée, le ministre célèbre cela comme « la fête de la résurrection de la viticulture alsacienne ».


Metadata

Reference / film number :  0024FS0001
Date :  1948
Coloration :  Black and white
Sound :  Mute
Running time :  00:05:42
Reel format :  16 mm
Thematics :  Local festivals
Archive :  MIRA

Context and analysis


Dès le début, le passage des chars et des cortèges est l’un des points culminants de la foire. La fête, qui ne dure que quatre jours en juin 48, est marquée, le dimanche 6, par un impressionnant cortège qui traverse Colmar pour gagner le marché couvert. D’après les images, on peut d’abord observer un long défilé militaire avec des musiciens, des cavaliers et des soldats avec leurs fusils qui marchent en rang serré. Toutes ces personnes passent dans une rue se composant de plusieurs magasins et de maisons à colombages avec des drapeaux tricolores sur les façades pour l’occasion. Cette foire est aussi un moyen de rappeler la victoire assez récente contre l’Allemagne en 1945. Ensuite viennent des participants avec leurs costumes traditionnels qui dansent, chantent et les enfants défilent également. De nombreuses régions sont représentées par des pancartes et par des participants qui portent les vêtements traditionnels propre à chaque région. Après la dernière pancarte qui est celle de l’Alsace, c’est au tour des communes viticoles de défiler. Nombre d’entre elles, de Molsheim à Westhalten, y sont représentées par des chars tirés par des chevaux ou par des bovins. On en profite également pour parader avec des costumes de toutes les époques comme les légionnaires romains, les paysans du Moyen-Âge ou les soldats avec des uniformes du XVIIIème-XIXème siècles. Sur le dernier char, celui de l’Institut viticole Oberlin, a pris place la reine des vins, Jeanne Stoecklin, et ses quatre dauphines. C’est le char de la reine des vendanges qui clôt le défilé, suivi par une foule en liesse. Celui qui filme en profite pour se balader et filmer le centre-ville où l’on peut voir que malgré l’évènement les habitants continuent de mener leur vie quotidienne. Ces images ont peut-être été tournées avant le défilé ce qui expliquerait pourquoi il n’y a pas grand monde dans les rues. Les images montrent que le cortège continue et parade juste en face du théâtre municipal de Colmar. Cela dit, il aurait été intéressant d'avoir des images où l'on peut observer des stands qui proposent aux visiteurs de déguster du vin.

La Fête des vins de 1948 a certainement permis une ouverture du vignoble en direction de la clientèle régionale. D’autant que les visiteurs ont pu discuter avec les producteurs même. La première foire de 1948, à laquelle participaient une centaine d’exposants, associa illico aux productions du vignoble les fabrications destinées à la branche viticole : machines, pressoirs et tracteurs, bouteilles et bouchons. Le rôle de la foire était de donner un élan à l’entreprise Vins d’Alsace, à l’époque dominée par les maisons de négoce beaucoup plus que par les manipulants, et de drainer une clientèle vers ces derniers, qui n’étaient pas structurés. Lors de la foire, les chiffres de fréquentations annoncés par l’organisation de l’évènement s’élèvent à 10 633 entrées.

Bibliography


ACKER Agnès, Encyclopédie de l'Alsace, Volume 4, Colmar-Druide, Strasbourg, Publitotal, 1984, chercher « Colmar ».

ACKER Agnès, Encyclopédie de l'Alsace, Volume 8, Kientzheim-Mietesheim, Strasbourg, Publitotal, 1984, p. 4949-4950.

HART Christine, Colmar : l'histoire des foires aux vins, Strasbourg, Ronald Hirlé, 1997, p. 9-35.

Sitographie :

« Première édition du 4 juin au 7 juin 1948 », Édition 1948 de la Foire aux Vins d'Alsace, [en ligne], https://www.foire-colmar.com/fr/la-foire/historique/edition/1948, [consulté le 07 décembre 2019].


Article written by

Brendan Caniapin-Ellapa, 09 November 2019


  1. This film analysis is considered finished by its author. However, it has not yet been proofread by a scientific authority.