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titreLe 11 Novembre 1932 à Strasbourg
sous_titre
video0052FN0014_1
dateDebut1932-11-11
dateFin1932-11-11
annee1,932
duree115
genreFilm amateur
format_original9,5 mm
colorationNoir_et_blanc
sonMuet
languefr
realisateursMeyer, Marcel
droitsMIRA
lieuTournage48.58734, 7.75358
fondsMeyer
pieces_jointes
evenements_filmes_ou_en_lienCérémonie du 11-Novembre
personnages_identifies
lieux_ou_monumentsPlace de la République, Strasbourg
etatOui-Oui
institution_dorigineMIRA
thematiqueBorders War First Wolrd War Second World War : prewar Identity Traditions National day
idSupport0052FN0014
timecode0
apercu
Stras 32 capture.png
resumefrRevues militaires et défilé à l'occasion de l'anniversaire de l'Armistice le 11 novembre 1932.
resumede
resumeen
descriptionfrImage granuleuse, sépia : une fanfare joue dans une clairière sous la conduite de son chef d’orchestre, au premier plan tout à droite un homme prend des photos. Un officier sur son cheval. Des brigades de pompiers défilent au premier plan de droite à gauche, bref plan sur les jambes. Quelques plans aveugles, comme si la caméra n’était pas éteinte. Un autre officier à cheval passe, suivi de fantassins, de canons sur leurs affûts. Lent panoramique droite, puis rapide retour au même point en face de l’opérateur : la fanfare. Bref plan de trois militaires au repos marchant ensemble. Bougés de caméra. Gros plan sur le drapeau tricolore. L’opérateur, placé derrière un cordon de soldats, filme le défilé par-dessus les casques place de la République à Strasbourg. Des drapeaux sont suspendus aux fils électriques du tramway. Un général décoré de la croix de guerre passe à cheval, plan américain en contre-plongée. Deux officiels passent à pied, plan sur la foule des spectateurs. Les unités défilent, la Bibliothèque en arrière-plan. La tribune officielle sur le perron du Palais du Rhin. Retour à la position initiale derrière les soldats casqués. Des marins défilent de dos, des anciens combattants médaillés défilent de face, ils portent des étendards et sont accompagnés de quelques femmes, d’un enfant. Groupe compact de porte-drapeaux, la caméra suit un drapeau sur fond d’arbres sans feuilles. Un officier à cheval s’éloigne vers la rue du Maréchal Foch, suivi par deux autres. Deux avions passent dans le ciel.
descriptionde
descriptionen
contextefrObjet d’un contentieux géopolitique depuis 1870, l’Alsace représente le premier champ de bataille de la Première Guerre mondiale. Dès la mi août 1914, le front se stabilise sans connaître aucune offensive d’envergure, seuls de violents combats localisés embrasent les sommets vosgiens. La révolution allemande du 9 novembre fait osciller Strasbourg entre république « soviétique » et République française ; le 21 novembre, l’armée française entre dans une ville déjà pacifiée. Strasbourg devient la vitrine de la francisation (parfois brutale) de l’ancienne « province perdue », avec son commissariat général ou son université réactivée avec les meilleurs chercheurs. La loi du 24 juillet 1925 achève la transition en imposant toutes les lois de la République en Alsace ; un an plus tard naît un mouvement autonomiste autour du Heimatbund qui, quoique sévèrement réprimé, gagne de plus en plus de suffrages. La République se retrouve assiégée de l’intérieur et de l’extérieur : en 1930-1931, deux lignes de défense du Rhin naissent sous l’impulsion du ministre de la guerre Maginot. '''Le 11-Novembre, fête républicaine''' À compter de 1920, le 11 Novembre s’inscrit dans la politique de promotion de la IIIe République, confortée par sa victoire et sa revanche sur la Défaite de 1870'"`UNIQ--ref-0000002F-QINU`"'. Les unités de la région militaire qui passent en revue inscrivent le territoire dans la République, de même que les responsables politiques bien visibles dans le cortège. Meyer insiste en particulier sur le drapeau français: il occupe tout l’espace de l’écran pendant 11 secondes, ceux qui sont accrochés aux fils du tramway sont aussi fixés longuement. Les anciens combattants, pour leur part, attestent la victoire mais témoignent aussi des épreuves endurées : leurs drapeaux décorés, qui attirent l'attention du cinéaste, plaident une vision patriotique du premier conflit mondial, mais leur costume civil et leur visage fermé offrent une tonalité plus pacifique. À côté de la cérémonie parisienne qui a profité du chemin ouvert par la fête de la victoire du 14 juillet 1919'"`UNIQ--ref-00000030-QINU`"' – plus que des défilés qui ont suivi l’armistice proprement dit en 1918 – chaque cité en offre aux citoyens une réplique à la hauteur de son rôle local. Strasbourg, capitale de l’Alsace retrouvée, possède à ce titre une importance spécifique. Le film de Jean Meyer, muet comme le sont les films amateur à l’époque, ne retranscrit qu’en partie la scénographie – pavoisement, défilé des unités, et surtout atmosphère sonore où les fanfares rivalisent, et où la minute de silence ne s’entend pas'"`UNIQ--ref-00000031-QINU`"'. C’est pourtant à cette époque que le cinéma devient parlant en France, les Actualités Pathé faisant l’expérience dès 1930. '''L’esthétique du défilé militaire''' Profitant de l’occasion que représente ce jour férié, le cinéaste amateur s’inscrit dans l’horizon culturel des spectateurs de cinéma de l’époque en filmant un sujet favori des actualités : le défilé militaire. À Paris, chaque 11 novembre, c’est la partie de la cérémonie à laquelle on accorde le plus de temps de film, et les plus gros moyens techniques. On peut voir là l’héritage du cinéma des premiers temps, durant la période de la « Paix armée », et de la Grande Guerre qui faute de pouvoir filmer les combats, en documentait la préparation pour faire la propagande de l’effort militaire national'"`UNIQ--ref-00000032-QINU`"'. Comme dans les actualités filmées, Meyer filme à la fois les militaires en rang, les événements particuliers (galop de l’officier, avions dans le ciel), et le public. Dans la première partie de la bobine, on assiste à une revue militaire en bonne et due forme, que l’opérateur capte dans le détail mais non sans erreurs (bougés, oubli d'arrêt de la caméra). Dans la seconde partie, à la différence de ces films professionnels, il doit frayer un chemin à l’œil de sa caméra par-dessus les épaules de la garde d’honneur du défilé. Il fixe cet espace alternativement vide et plein : pas plus que le public de 1932, le spectateur de son film ne peut saisir la logique d’ensemble. Il réserve sa pellicule à ce que tout le monde regarde, mais ne cherche pas à saisir pas les attitudes des simples citoyens, que l’on devine à peine. L'opérateur était sans doute seul à filmer ce jour-là un événement local et national qu'il comptait peut-être présenter ensuite à des proches qui n'y auraient pas assisté. [[Fichier:Affiche 1919.jpg|vignette|Le premier défilé militaire des Français, objet de propagande © BNUS]] '''L’occupation de l’espace symbolique''' Enfin, le film se place au cœur d’un implicite que décodaient sans peine les contemporains du cinéaste amateur : celui d’une transformation symbolique de la ville après la reconquête de 1918. Si l’espace naturel servant de cadre à la revue militaire reste anonyme, le défilé se déroule bien place de la République et rue du Maréchal-Foch. Ce lieu représente le cœur du quartier de la Neustadt construite sous le Second Reich allemand sur les plans de l’architecte Johann Carl Ott. Depuis son achèvement en 1887, la ''Kaiserplatz'' constitue le centre politique du nouveau Land annexé. Elle se compose du palais impérial, résidence de Guillaume II quand il venait à Strasbourg, de la bibliothèque impériale dotée d’ouvrages issus des plus belles collections allemandes, et de la Diète d’Alsace-Lorraine (aujourd’hui le Théâtre National de Strasbourg). Chaque 11-Novembre, le défilé rejoue ainsi la conquête et remplace la propagande allemande et impériale par son contraire, une propagande française et républicaine.
contextede'''<big>Der 11. November 1932 in Straßburg</big>''' Das Elsass, seit 1870 geopolitisches Streitobjekt, wurde zum ersten Schlachtfeld des Ersten Weltkriegs. Bereits Mitte August 1914 verfestigte sich die Front ohne größere Offensiven, nur vereinzelte heftige Kämpfe setzten die Gipfel der Vogesen in Brand. Die deutsche Revolution vom 9. November ließ Straßburg zwischen der „sowjetischen“ Republik und der französischen Republik schwanken; am 21. November zog die französische Armee in eine bereits befriedete Stadt ein. Straßburg wurde zum Schaufenster der (teilweise brutalen) Franzisierung der ehemaligen „verlorenen Provinz“, mit ihrem Generalkommissariat und der Reaktivierung der Universität mit den besten Wissenschaftlern. Das Gesetz vom 24. Juli 1925 vollendete den Übergang, indem es alle Gesetze der Republik im Elsass durchsetzte; ein Jahr später entstand eine Unabhängigkeitsbewegung rund um den Heimatbund, die zwar stark unterdrückt wurde, aber immer mehr Anhänger gewann. Die Republik geriet von innen und von außen unter Druck: 1930-1931 wurden auf Anregung des Kriegsministers Maginot zwei Verteidigungslinien am Rhein geschaffen. '''11. November, republikanischer Feiertag''' Ab 1920 wurde der 11. November Teil der Politik zur Unterstützung der Dritten Republik, die durch ihren Sieg und durch die Vergeltung für die Niederlage von 1870 gestärkt wurde. Die Paraden der militärischen Einheiten der Region verankerten das Gebiet wieder in der Republik, ebenso wie die politischen Verantwortlichen, die im Umzug deutlich sichtbar sind, und - hier - die französische Fahne, die den gesamten Raum des Bildschirms einnimmt. Die Veteranen zeugten vom Sieg, aber auch von den erlittenen Leiden: Ihre geschmückten Fahnen plädieren für eine patriotische Vision des Ersten Weltkriegs, aber ihre Zivilkleidung und ihre verschlossenen Gesichter sprechen eine pazifistischere Sprache. Neben der Pariser Gedenkfeier, die den mit der Siegesfeier vom 14. Juli 1919 eröffneten Weg nutzte, bot jede Stadt ihren Bürgern eine eigene Gedenkfeier, die der lokalen Bedeutung dieses Tages gerecht wurde. Straßburg, die Hauptstadt des wiedergefundenen Elsass, hatte in dieser Hinsicht eine besondere Bedeutung. Der Film von Jean Meyer – ein Stummfilm wie alle Amateurfilme der damaligen Zeit –, gibt die Szenografie nur teilweise wieder - Beflaggung, Aufmarsch der Einheiten und vor allem die Klangatmosphäre der verschiedenen Spielmannszüge und Blaskapellen, in der die Schweigeminute nicht zu hören ist. '''Die Ästhetik der Militärparade''' Der Amateurfilmer nutzte die Gelegenheit dieses Feiertages und filmte, ganz nach dem Geschmack der damaligen Zeit, eines der Lieblingsthemen der Wochenschauen: die Militärparade. Bei den Feierlichkeiten zum 11. November in Paris wurden diesem Thema der längste Abschnitt des Films gewidmet und die meisten technischen Mittel bereitgestellt. Hier sehen wir das Erbe der Anfänge des Kinos, in der Zeit des „Bewaffneten Friedens“ und des Ersten Weltkriegs, als man in Ermangelung der Möglichkeit, die Kämpfe zu filmen, ihre Vorbereitung dokumentierte, um Propaganda für die militärischen Anstrengungen des Landes zu machen. Wie in den Wochenschauen filmte Meyer die marschierenden Soldaten, besondere Ereignisse (Offiziersgalopp) und die Zuschauer. Der erste Teil der Rolle zeigt die Abnahme einer Militärparade, die der Filmer im Detail erfasst. Im zweiten Teil muss er sich – im Gegensatz zu den professionellen Filmen – einen Weg für das Objektiv seiner Kamera über die Schultern der Ehrenwache hinweg suchen. Er fixiert diesen abwechselnd leeren und vollen Raum: ebenso wie dem Publikum von 1932 ist es dem Zuschauer unmöglich, die Logik des Films zu erfassen. '''Die Ausfüllung des symbolischen Raums: Namen der Stadt, Place de la République''' Der Film steht im Mittelpunkt von etwas Unausgesprochenem, das die Zeitgenossen des Amateurfilmers leicht entschlüsseln konnten: das Unausgesprochene einer symbolischen Transformation der Stadt nach der Rückeroberung von 1918. Mag der Raum, der als Rahmen für die Abnahme der Militärparade diente, auch der Mittelstreifen des Platzes gewesen sein, so fand die Parade auf dem Place de la République und in der Rue du Maréchal-Foch statt. Dieser Ort ist das Zentrum der Neustadt, des Stadtviertels, das unter der Herrschaft des deutschen Kaisers im deutschen Stil nach den Plänen des Architekten Johann Carl Ott erbaut worden war. Seit seiner Fertigstellung im Jahr 1887 war der Kaiserplatz das politische Zentrum des neuen Reichslandes. Er bestand aus dem Kaiserpalast, in dem Wilhelms II. bei seinen Aufenthalten in Straßburg wohnte, der Kaiserlichen Bibliothek mit Werken aus den schönsten deutschen Sammlungen und dem Landtag des Reichslandes Elsass-Lothringen (heute TNS). Jeden 11. November wiederholte die Parade die Eroberung und ersetzte die deutsche und kaiserliche Propaganda durch ihr Gegenstück, d.h. eine französische und republikanische Propaganda.
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