Difference between revisions of "Patinage sur les courts du lawn-tennis de Strasbourg (0052FN0017)"

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Deux femmes font la pose à genoux à l’arrière-plan. Elles sont filmées à travers les jambes écartées d’un autre patineur qu’on voit aux bords du champ. Travelling haut vers son visage.
 
Deux femmes font la pose à genoux à l’arrière-plan. Elles sont filmées à travers les jambes écartées d’un autre patineur qu’on voit aux bords du champ. Travelling haut vers son visage.
 
Le bâtiment du parc des expositions.
 
Le bâtiment du parc des expositions.
|Contexte_et_analyse_fr=Tandis que l’histoire des sports d’hiver commence dans la deuxième partie du XIXe siècle avec la naissance de la société de loisirs et la redécouverte de la montagne, le patinage est une activité hivernale ludique très ancienne, pratiquée en Europe depuis le Moyen-Âge. Pensons au célèbre tableau de Pieter Bruegel Paysage d’hiver avec patineurs et trappe aux oiseaux (1565) qui montre des patineurs dans un village. Comme le ski, le patin à glace est originaire des pays scandinaves où il est un moyen de locomotion ancestral. Cependant, contrairement au ski, il se répand plus tôt en Europe. Réinvesti par les cours royales au XVIIIe siècle, le patinage devient un loisir bourgeois au siècle suivant. On patine alors à la campagne sur des lacs et des cours d’eau gelés, mais aussi en ville sur des canaux. Des clubs de patinage naissent à partir des années 1860 dans les grandes villes européennes où on commence rapidement à aménager des patinoires artificielles. Ces nouvelles installations contribuent à démocratiser la pratique au XXe siècle. Des patinoires extérieures dont l’accès est relativement bon marché fleurissent alors dans toutes les villes françaises au cours années 1930.
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|Contexte_et_analyse_fr=Tandis que l’histoire des sports d’hiver commence dans la deuxième partie du XIXe siècle avec la naissance de la société de loisirs et la redécouverte de la montagne, le patinage est une activité hivernale ludique très ancienne, pratiquée en Europe depuis le Moyen-Âge. Pensons au célèbre tableau de Pieter Bruegel ''Paysage d’hiver avec patineurs et trappe aux oiseaux'' (1565) qui montre des patineurs dans un village. Comme le ski, le patin à glace est originaire des pays scandinaves où il est un moyen de locomotion ancestral. Cependant, contrairement au ski, il se répand plus tôt en Europe. Réinvesti par les cours royales au XVIIIe siècle, le patinage devient un loisir bourgeois au siècle suivant. On patine alors à la campagne sur des lacs et des cours d’eau gelés, mais aussi en ville sur des canaux. Des clubs de patinage naissent à partir des années 1860 dans les grandes villes européennes où on commence rapidement à aménager des patinoires artificielles. Ces nouvelles installations contribuent à démocratiser la pratique au XXe siècle. Des patinoires extérieures dont l’accès est relativement bon marché fleurissent alors dans toutes les villes françaises au cours années 1930.
  
 
'''…et qui s’amuse'''
 
'''…et qui s’amuse'''
 
 
L’objectif de la bande de copains est en effet principalement de tourner un petit film comique en créant des scénettes. Le motif qui est ici investi est celui de la chute sur la glace – situation comique classique et très attendue à la patinoire, mais qui semble toujours fonctionner. Les amis de l’opérateur sont manifestement complices de ce jeu puisqu’ils tournent à plusieurs reprises la tête vers la caméra avant de s’exécuter, comme s’ils attendaient le feu vert du metteur en scène. Ils parlent pendant la chute et lancent finalement des sourires entendus lorsqu’ils sont au sol. La première scène comique (00:00:41) est quelque peu artificielle car l’actrice semble tergiverser et discuter longuement avec l’opérateur avant de bien vouloir simuler une chute sur le postérieur. Elle se décide finalement, à grand renfort de mouvements de bras, et finit par adresser à la caméra un sourire de satisfaction lorsqu’elle se trouve sur le sol.  
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L’objectif de la bande de copains est en effet principalement de tourner un petit film comique en créant des scènettes. Le motif qui est ici investi est celui de la chute sur la glace – situation comique classique et très attendue à la patinoire, mais qui semble toujours fonctionner. Les amis de l’opérateur sont manifestement complices de ce jeu puisqu’ils tournent à plusieurs reprises la tête vers la caméra avant de s’exécuter, comme s’ils attendaient le feu vert du metteur en scène. Ils parlent pendant la chute et lancent finalement des sourires entendus lorsqu’ils sont au sol. La première scène comique (00:00:41) est quelque peu artificielle car l’actrice semble tergiverser et discuter longuement avec l’opérateur avant de bien vouloir simuler une chute sur le postérieur. Elle se décide finalement, à grand renfort de mouvements de bras, et finit par adresser à la caméra un sourire de satisfaction lorsqu’elle se trouve sur le sol.  
La deuxième scène (00 :00 :55) est, quant à elle, bien mieux orchestrée, ou du moins mieux travaillée au montage car les signes de complicité entre acteurs et opérateurs sont très peu visibles. Cela s’explique d’abord par le scénario qui est plus élaboré - il y a cette fois trois acteurs, contre une seule auparavant - et l’intervention d’un élément perturbateur extérieur. La chute est en effet provoquée par un jeune homme à lunettes tenant un panneau dans les mains. La longueur du manche fait tomber deux personnes se trouvant sur le chemin du jeune homme qui finit par tomber lui-même, entraîné par le mouvement du panneau. En regardant la scène une deuxième fois, on se rend compte qu’il s’agit d’une mise en scène et que les patineurs s’amusent à tomber. Les indices sont multiples. Le jeune homme à lunettes, par exemple, jette un coup d’œil en arrière, vers la caméra, avant de s’élancer en direction de ses amis. Ces derniers semblent attendre son arrivée et se décalent même légèrement afin de mieux simuler la collision du panneau avec leurs corps. La jeune femme est la première à se relever, le sourire aux lèvres, tandis que son comparse joue encore le mort au sol. Ces deux situations comiques, qui sont fondées sur la maladresse des corps, constituent ainsi des gags. Cet effet cinématographique était alors très en vogue dans les films des années 1930, notamment chez Charlie Chaplin, qui a influencé une grande partie de la jeunesse, notamment notre opérateur.
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La deuxième scène (00:00:55) est, quant à elle, bien mieux orchestrée, ou du moins mieux travaillée au montage car les signes de complicité entre acteurs et opérateurs sont très peu visibles. Cela s’explique d’abord par le scénario qui est plus élaboré - il y a cette fois trois acteurs, contre une seule auparavant - et l’intervention d’un élément perturbateur extérieur. La chute est en effet provoquée par un jeune homme à lunettes tenant un panneau dans les mains. La longueur du manche fait tomber deux personnes se trouvant sur le chemin du jeune homme qui finit par tomber lui-même, entraîné par le mouvement du panneau. En regardant la scène une deuxième fois, on se rend compte qu’il s’agit d’une mise en scène et que les patineurs s’amusent à tomber. Les indices sont multiples. Le jeune homme à lunettes, par exemple, jette un coup d’œil en arrière, vers la caméra, avant de s’élancer en direction de ses amis. Ces derniers semblent attendre son arrivée et se décalent même légèrement afin de mieux simuler la collision du panneau avec leurs corps. La jeune femme est la première à se relever, le sourire aux lèvres, tandis que son comparse joue encore le mort au sol. Ces deux situations comiques, qui sont fondées sur la maladresse des corps, constituent ainsi des gags. Cet effet cinématographique était alors très en vogue dans les films des années 1930, notamment chez Charlie Chaplin, qui a influencé une grande partie de la jeunesse, notamment notre opérateur.
 
|Bibliographie=GAUCHET Grégoire, ''L’aventure du ski dans les Vosges'', Strasbourg, 2001
 
|Bibliographie=GAUCHET Grégoire, ''L’aventure du ski dans les Vosges'', Strasbourg, 2001
  
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KAUFFMANN Claude, GAUCHET Grégoire, ''Histoire des sports d’hiver et du ski en Alsace'', Pontarlier, 2016  
 
KAUFFMANN Claude, GAUCHET Grégoire, ''Histoire des sports d’hiver et du ski en Alsace'', Pontarlier, 2016  
  
Archives de l'Eurométropole de Strasbourg : 234 MW 417
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Revision as of 15:35, 26 June 2019


Patinage sur les courts du Lawn-Tennis de Strasbourg
Warning[1]

Description


Un groupe d’une dizaine de jeunes gens, filles et garçons, patinent de front main dans la main sur les courts du lawn-tennis de Strasbourg. Du monde autour d’eux. Des maisons à l’arrière. Plusieurs plans où on les voit en ligne, main dans la main. Des gens circulent autour. Un couple se tenant par la main dessinent des cercles au sol. Deux jeunes femmes débutantes. Elles regardent la caméra, l’une tombe. Un homme avance avec une pancarte en bois et fait tomber deux autres patineurs à terre. Puis lui-même tombe. La femme se relève en souriant. Deux hommes se tenant par les mains patinent très vite. On aperçoit les bâtiments du parc des expositions au Wacken. Celui à la cravate fonce vers la caméra et la dépasse. Un couple se tenant les mains en portefeuille patine. Un homme patine en tenant deux femmes par la main. Seul il exécute un saut devant la caméra. Une main montre une lame de patin au premier plan. Un couple patine vers la caméra et passe sous la lame. Divers plans de patineurs dont un avec des knickerbockers. Une femme se tient à un poteau. Deux femmes font la pose à genoux à l’arrière-plan. Elles sont filmées à travers les jambes écartées d’un autre patineur qu’on voit aux bords du champ. Travelling haut vers son visage. Le bâtiment du parc des expositions.


Metadata

Reference / film number :  0052FN0017
Date :  1932
Coloration :  Black and white
Sound :  Mute
Running time :  00:03:15
Film-maker :  Meyer, Marcel
Reel format :  9,5 mm
Genre :  Amateur movie
Thematics :  Sport, Winter sport
Archive :  MIRA

Context and analysis


Tandis que l’histoire des sports d’hiver commence dans la deuxième partie du XIXe siècle avec la naissance de la société de loisirs et la redécouverte de la montagne, le patinage est une activité hivernale ludique très ancienne, pratiquée en Europe depuis le Moyen-Âge. Pensons au célèbre tableau de Pieter Bruegel Paysage d’hiver avec patineurs et trappe aux oiseaux (1565) qui montre des patineurs dans un village. Comme le ski, le patin à glace est originaire des pays scandinaves où il est un moyen de locomotion ancestral. Cependant, contrairement au ski, il se répand plus tôt en Europe. Réinvesti par les cours royales au XVIIIe siècle, le patinage devient un loisir bourgeois au siècle suivant. On patine alors à la campagne sur des lacs et des cours d’eau gelés, mais aussi en ville sur des canaux. Des clubs de patinage naissent à partir des années 1860 dans les grandes villes européennes où on commence rapidement à aménager des patinoires artificielles. Ces nouvelles installations contribuent à démocratiser la pratique au XXe siècle. Des patinoires extérieures dont l’accès est relativement bon marché fleurissent alors dans toutes les villes françaises au cours années 1930.

…et qui s’amuse

L’objectif de la bande de copains est en effet principalement de tourner un petit film comique en créant des scènettes. Le motif qui est ici investi est celui de la chute sur la glace – situation comique classique et très attendue à la patinoire, mais qui semble toujours fonctionner. Les amis de l’opérateur sont manifestement complices de ce jeu puisqu’ils tournent à plusieurs reprises la tête vers la caméra avant de s’exécuter, comme s’ils attendaient le feu vert du metteur en scène. Ils parlent pendant la chute et lancent finalement des sourires entendus lorsqu’ils sont au sol. La première scène comique (00:00:41) est quelque peu artificielle car l’actrice semble tergiverser et discuter longuement avec l’opérateur avant de bien vouloir simuler une chute sur le postérieur. Elle se décide finalement, à grand renfort de mouvements de bras, et finit par adresser à la caméra un sourire de satisfaction lorsqu’elle se trouve sur le sol. La deuxième scène (00:00:55) est, quant à elle, bien mieux orchestrée, ou du moins mieux travaillée au montage car les signes de complicité entre acteurs et opérateurs sont très peu visibles. Cela s’explique d’abord par le scénario qui est plus élaboré - il y a cette fois trois acteurs, contre une seule auparavant - et l’intervention d’un élément perturbateur extérieur. La chute est en effet provoquée par un jeune homme à lunettes tenant un panneau dans les mains. La longueur du manche fait tomber deux personnes se trouvant sur le chemin du jeune homme qui finit par tomber lui-même, entraîné par le mouvement du panneau. En regardant la scène une deuxième fois, on se rend compte qu’il s’agit d’une mise en scène et que les patineurs s’amusent à tomber. Les indices sont multiples. Le jeune homme à lunettes, par exemple, jette un coup d’œil en arrière, vers la caméra, avant de s’élancer en direction de ses amis. Ces derniers semblent attendre son arrivée et se décalent même légèrement afin de mieux simuler la collision du panneau avec leurs corps. La jeune femme est la première à se relever, le sourire aux lèvres, tandis que son comparse joue encore le mort au sol. Ces deux situations comiques, qui sont fondées sur la maladresse des corps, constituent ainsi des gags. Cet effet cinématographique était alors très en vogue dans les films des années 1930, notamment chez Charlie Chaplin, qui a influencé une grande partie de la jeunesse, notamment notre opérateur.

Places and monuments


Courts du Lawn-Tennis Club Strasbourg; Parc exposition Wacken

Bibliography


GAUCHET Grégoire, L’aventure du ski dans les Vosges, Strasbourg, 2001

JOHN E., ALLEN B., Le ski en France 1840-1940, traduit de l’américain par Alexander J. Susskind, Wiltshire (Grande-Bretagne), 2003

KAUFFMANN Claude, GAUCHET Grégoire, Histoire des sports d’hiver et du ski en Alsace, Pontarlier, 2016

Archives de l'Eurométropole de Strasbourg : 234 MW 417

853 W 91

155 MW 52


Article written by

Amélie Kratz, 10 May 2019


  1. This film analysis is still in progress. It may therefore be incomplete and contain errors.