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Amateur accompli, il profite de son passage à Saint-Dié pour filmer les dégâts de la ville incendiée par les Allemands, ses plans sur les panneaux en début de séquence insistant sur la responsabilité de ces derniers. Les ruines sont les sujets principaux du cinéaste qui les montrent sous tous les angles. D’une main sûre, il met en avant la destruction avancée de la ville en filmant divers bâtiments, tantôt dans des panoramas larges incluant plusieurs édifices, tantôt en s’attardant sur le détail de l’un ou l’autre. De lents travelling permettent d’embrasser du regard les décombres de part et d’autre de la Meurthe. Afin de mettre en exergue l’étendu de la destruction, il filme les pans de murs encore debout, noircis par les flammes, se détachant clairement sur un ciel clair.  
 
Amateur accompli, il profite de son passage à Saint-Dié pour filmer les dégâts de la ville incendiée par les Allemands, ses plans sur les panneaux en début de séquence insistant sur la responsabilité de ces derniers. Les ruines sont les sujets principaux du cinéaste qui les montrent sous tous les angles. D’une main sûre, il met en avant la destruction avancée de la ville en filmant divers bâtiments, tantôt dans des panoramas larges incluant plusieurs édifices, tantôt en s’attardant sur le détail de l’un ou l’autre. De lents travelling permettent d’embrasser du regard les décombres de part et d’autre de la Meurthe. Afin de mettre en exergue l’étendu de la destruction, il filme les pans de murs encore debout, noircis par les flammes, se détachant clairement sur un ciel clair.  
  
Après avoir filmé les ruines des villes allemandes, Stuttgart principalement, l’ancien résistant montre celles de Saint-Dié, comme pour mettre en parallèle la souffrance de chacun. Tant l’Allemagne que la France ont enduré les violences extrêmes de la Seconde Guerre mondiale, des villes ont été réduites en cendres par la fureur des hommes, d’une manière ou d’une autre : les bombardements et les incendies sont tous les deux des actes de destruction visant les civils, volontairement commis par les belligérants, témoignant des extrémités que peuvent prendre les guerres totales.  
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Après avoir filmé les ruines des villes allemandes, Stuttgart principalement, l’ancien résistant montre celles de Saint-Dié, comme pour mettre en parallèle la souffrance de chacun. Tant l’Allemagne que la France ont enduré les violences extrêmes de la Seconde Guerre mondiale, des villes ont été réduites en cendres par la fureur des hommes, d’une manière ou d’une autre : les bombardements et les incendies sont tous les deux des actes de destruction visant les civils, volontairement commis par les belligérants, témoignant des extrémités que peuvent prendre les guerres totales. [[Fichier:saintdié1960.png|300px|thumb|left|Carte postale de Saint-Dié, 1960. Archives départementales des Vosges, 4Fi413/187.]]
  
 
Saint-Dié apparait dans le film de Pierre Piganiol comme une ville à reconstruire où la vie reprend doucement son court après avoir subi les crimes nazis, mais aussi les bombardements américains. Comme en Allemagne, la vie reprend au milieu des décombres, les civils nettoient les dégâts en attendant de pouvoir reconstruire. Ce processus occupe les populations et les gouvernements pendant de nombreuses années de l’après-guerre. Il reste aujourd’hui à se souvenir et à conserver la mémoire de ces souffrances.
 
Saint-Dié apparait dans le film de Pierre Piganiol comme une ville à reconstruire où la vie reprend doucement son court après avoir subi les crimes nazis, mais aussi les bombardements américains. Comme en Allemagne, la vie reprend au milieu des décombres, les civils nettoient les dégâts en attendant de pouvoir reconstruire. Ce processus occupe les populations et les gouvernements pendant de nombreuses années de l’après-guerre. Il reste aujourd’hui à se souvenir et à conserver la mémoire de ces souffrances.

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Abstract


Cette séquence est extraite d’un film documentaire réalisé par Pierre Piganiol, résistant et chimiste français, qui retrace un voyage en l’Allemagne occupée par les Alliés en mai 1945. Ces images forment la dernière partie du film, où le réalisateur, passant à Saint-Dié lors de son retour montre les dégâts subis par la ville lors de l’incendie allumé par les Allemands en 1944.

Metadata

Reference / film number :  0116FN0008
Date :  1945
Coloration :  Black and white
Sound :  Mute
Running time :  00:01:33
Film-maker :  Piganiol, Pierre
Reel format :  9,5 mm
Genre :  Amateur movie
Thematics :  Second World War : post-war period
Archive :  MIRA

Context and analysis


Les alliés débarquent le 6 juin 1944 en Normandie et entament la libération la France. Une fois la percée effectuée, les colonnes américaines et britanniques traversent le territoire à toute vitesse poussant la Wehrmacht en déroute devant elles. Mais cette avancée s’essouffle à l’automne 1944 : les Allemands parviennent à ralentir les troupes libératrices dont le ravitaillement est de plus en plus compliqué. Saint-Dié se trouve sur le tracé d’une ligne de défense que le commandement allemand compte établir sur les Vosges pour arrêter la retraite. La ville est libérée le 22 novembre 1944 par les troupes américaines, et si les habitants de la ville accueillent les Américains et les F.F.I. avec joie, ils regrettent que leur arrivée n’ait pas été plus rapide.

En effet, les troupes américaines sont ralenties à l’approche des Vosges dans lesquelles les Allemands espèrent les arrêter. Les habitants de Saint-Dié, comme de toutes les localités de la région, sont réquisitionnés pour des travaux de fortifications. La surveillance et le contrôle sur la population se fait de plus en plus fort : le 8 novembre 943 Déodatiens sont déportés.

Lance-flamme allemand en action durant la Seconde Guerre mondiale. Source: Australian War Memorial.
Les Allemands commencent également à déclencher volontairement des incendies dans la région dès la fin septembre. Du 9 au 12 novembre, les Allemands ordonnent l’évacuation de tous les civils de Saint-Dié afin de procéder à un pillage en règle. Puis, dès le 13 novembre, ils mettent le feu à la rive droite de la ville. Cette folie pyromane se prolonge jusqu’au 16 novembre, les Allemands utilisant tout ce qui leur passe sous la main pour réduire en cendre ce qu’il reste de la ville : grenades incendiaires, lance-flamme, essence, … Le maire de la ville dira à propos de cet incendie : « Rien ne saurait exprimer l’horreur de ces jours, où nous avons vu, muets et impuissants s’évanouir en fumée tout ce que nous possédions, tout ce qui était le décor que nous aimions ; dans l’énorme brasier dont le reflet éclairait d’un halo sanglant nos nuits d’épouvante. De ce qui avait été une ville, il ne restait plus au soir du 18 novembre, que des ruines noircies. A cette sauvage exécution, on chercherait en vain une raison ou une excuse. Ni les nécessités militaires, ni même le commode prétexte des représailles ne sauraient ici être invoqués. En détruisant Saint-Dié, les Allemands n’ont eu qu’un but : faire le mal ».

Saint-Dié, une ville martyre parmi tant d’autres

En mai 1945, Pierre Piganiol est envoyé, en tant qu’officier de l’armée française, en mission de recherche en Allemagne occupée. Lorsque qu’il traverse Saint-Dié, il est sans doute sur le retour de cette mission. Il réalise au cours de ce voyage un reportage d’un quart d’heure sur l’Allemagne occupée et dévastée par la guerre. Cet extrait constitue la conclusion de ce film et a certainement été tourné lors de son retour de mission. Une autre partie du film est visible sur la cinémathèque: Allemagne 1945.

Amateur accompli, il profite de son passage à Saint-Dié pour filmer les dégâts de la ville incendiée par les Allemands, ses plans sur les panneaux en début de séquence insistant sur la responsabilité de ces derniers. Les ruines sont les sujets principaux du cinéaste qui les montrent sous tous les angles. D’une main sûre, il met en avant la destruction avancée de la ville en filmant divers bâtiments, tantôt dans des panoramas larges incluant plusieurs édifices, tantôt en s’attardant sur le détail de l’un ou l’autre. De lents travelling permettent d’embrasser du regard les décombres de part et d’autre de la Meurthe. Afin de mettre en exergue l’étendu de la destruction, il filme les pans de murs encore debout, noircis par les flammes, se détachant clairement sur un ciel clair.

Après avoir filmé les ruines des villes allemandes, Stuttgart principalement, l’ancien résistant montre celles de Saint-Dié, comme pour mettre en parallèle la souffrance de chacun. Tant l’Allemagne que la France ont enduré les violences extrêmes de la Seconde Guerre mondiale, des villes ont été réduites en cendres par la fureur des hommes, d’une manière ou d’une autre : les bombardements et les incendies sont tous les deux des actes de destruction visant les civils, volontairement commis par les belligérants, témoignant des extrémités que peuvent prendre les guerres totales.
Carte postale de Saint-Dié, 1960. Archives départementales des Vosges, 4Fi413/187.
Saint-Dié apparait dans le film de Pierre Piganiol comme une ville à reconstruire où la vie reprend doucement son court après avoir subi les crimes nazis, mais aussi les bombardements américains. Comme en Allemagne, la vie reprend au milieu des décombres, les civils nettoient les dégâts en attendant de pouvoir reconstruire. Ce processus occupe les populations et les gouvernements pendant de nombreuses années de l’après-guerre. Il reste aujourd’hui à se souvenir et à conserver la mémoire de ces souffrances.

Bibliography


BOURQUE Stephen Alan, Au-delà des plages : la guerre des Alliés contre la France, Paris, Passés-Composés, 2019.

LAURAIN Jean, Libération des Vosges, L’épopée du 6e corps d’armée américain, Remiremont, Editions Gérard Louis, 1994, p. 473-480.

OHL DES MARAIS Albert, Histoire chronologique de la ville et du val de Saint-Dié, Saint-Dié, Imprimerie Loos, 1947.

PIGANIOL Pierre, Doubles vies normaliennes 1940-1945, texte inédit.

Entretien avec Raymond Piganiol, fils de Pierre Piganiol, le 15 novembre 2019 à Strasbourg.


Article written by

Bapstiste Picard, 03 January 2020


  1. This film analysis is still in progress. It may therefore be incomplete and contain errors.