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titreStrasbourg occupée
sous_titre
video0005FH0011_5
dateDebut1943
dateFin1944
annee1,944
duree509
genreFilm amateur
format_original8 mm
colorationNB_et_couleur
sonMuet
langue
realisateursWeiss, Robert-Charles
droitsMIRA
lieuTournage
fondsWeiss
pieces_jointes
evenements_filmes_ou_en_lienOccupation de Strasbourg Bombardement de Starsbourg, 6 Septembre 1943
personnages_identifies
lieux_ou_monumentsCathédrale de Strasbourg Place Kléber, Strasbourg Place Gutenberg Rue du Vieux-marché-aux-Grains Rue de la Division Leclerc Quai Saint-Thomas Passage Hans Haug Rue du Vieux-Marché-aux-Vins Musée historique de la ville de Strasbourg
etatOui-Oui
institution_dorigineMIRA
thematiqueWar Second World War : German occupation - Annexation of Alsace
idSupport0005FH0011
timecode0
apercu
Occupée.jpg
resumefrLe film présenté est divisé en deux parties. La première partie se concentre sur la vie dans Strasbourg occupée, où on l’on découvre les marques de l’occupation (présence importante de militaires Allemands, de drapeaux nazis, de parades et de rassemblements militaires, et d’écriteaux de propagandes). La seconde partie se concentre sur un déroulement chronologique du bombardement allié survenu le 6 Septembre 1943, où l’on peut constater les nombreux dégâts infligés aux habitations et les conséquences pour la vie des Strasbourgeois.
resumede
resumeen
descriptionfrLe film commence avec un plan d’ensemble sur ce qui semble être la rue du Vieux-Marché-aux-Vins, puis un plan de demi ensemble dans une rue plus étroite et plus sombre, où sont accrochés plusieurs drapeaux nazis. Ensuite on a un panoramique vertical (de haut en bas) sur le sommet de la cathédrale Notre-Dame où flotte le drapeau nazi. Ensuite une séquence où la caméra est en angle de plongée sur la place Kléber (Karl Roos Platz à l’époque) tout en effectuant un panoramique horizontal vers la droite sur un rassemblement militaire allemand. On remarque le contraste aux niveaux des couleurs par rapport aux plans précédents, celui-ci est pratiquement en noir et blanc. Ensuite un plan d’ensemble sur la tribune nazie place Kléber. Le plan suivant est un panoramique vertical (de bas en haut) sur la cathédrale qui semble en travaux puisque on distingue ce qui semble être des échafaudages aux pieds du monument. Ensuite on a une succession de plans filmés à l’intérieur de la cathédrale avec des prises de vues sur les vitraux (que l’on distingue à peine), les statuettes des colonnes et enfin un plan panoramique vertical sur l’orgue. Dans la séquence suivante on distingue clairement avec un plan d’ensemble les échafaudages sur un des murs extérieurs du cœur. Le plan suivant nous montre un plan d’ensemble d’une rue et d’un promontoire au bord du fleuve. Ensuite un plan fixe avec en premier plan un toit surplombé du drapeau de guerre du troisième Reich et la cathédrale en arrière-plan. À la suite de cela, un plan de demi ensemble sur une partie de la façade de la cathédrale, on distingue la rosace sur le côté gauche. Ensuite un gros plan sur un écriteau de propagande allemande où il est écrit : « Pas un autre 9 Novembre 1918 (jour de l’abdication de l’empereur Guillaume II). La victoire à n’importe quel prix. Travaille-Combat-Confiance. Nous ne capitulerons jamais. Führer ordonne, nous obéissons. » Le plan suivant est un plan en vue panoramique horizontale sur un carrefour où l’on distingue « Zentralverlag » et « Dresdner Bank ». S’en suit une nouvelle succession de plans où le cameraman film ce qui l’entoure avec de nouveaux des prises de vues panoramique horizontale. Il capture de ce fait les instants des passants, civils comme militaires (officiers et soldats) au niveau de la place Gutenberg. Ensuite un plan de demi-ensemble sur des soldats allemands de dos et un autre sur des équipages de chars appartenant sans doute à la Waffen SS en raison des têtes de mort à peine visibles sur leurs uniformes. Ensuite, nouveau plan de demi-ensemble sur un magasin Weber, donc le caméraman se situe, probablement, au niveau de la rue du Vieux-Marché-aux-Grains. Après cela un autre plan de demi-ensemble sur deux officiers, dont on distingue des dagues cérémonielles à la ceinture. Dans le même temps le cameraman effectue un plan panoramique horizontal vers la gauche sur ces deux personnages ; en analysant la forme des dagues, il ne s’agit pas de SS mais peut être de membre de la Luftwaffe ou de la Kriegsmarine. Ensuite le plan suivant nous présente un angle de cadrage oblique (cadrage penché) où l’on distingue un orchestre nazi, et ce qui semble être ensuite des membres de la branche nazie alsacienne, marcher en rang. S’en suit dans le même temps un travelling optique arrière avec un champ panoramique vertical, pour permettre au spectateur de saisir l’importance du moment en raison des nombreux individus présent dans le champ. Ensuite un plan tourné vers le ciel où m’on distingue une formation aérienne ; la profondeur de champs rend impossible l’identification des appareils. Ensuite on entre dans la seconde partie du film, avec un plan d’ensemble sur un tram dans la rue de la Division Leclerc (Freiburger Strasse à l’époque). Ensuite un plan de demi ensemble avec quelques personnes qui regardent le ciel. Puis un plan d’ensemble avec une grande colonne de fumée, résultant du bombardement du 6 Septembre 1943 (il s’agit sûrement du quartier de Neudorf). Ensuite un plan avec angle de cadrage oblique avec un champ panoramique horizontal vers la droite, où l’on distingue les dégâts conséquents causés par les bombes aux habitations. On a ensuite une succession de plans place Gutenberg, puis au niveau du passage Hans Haug, qui montrent l’étendue des dégâts et la reprise des activités quotidiennes au milieu des décombres. Ensuite un plan d’ensemble devant le musée historique de la ville de Strasbourg, lui-aussi touché par les bombardements. Le film s’achève sur le plan panoramique d’un Juncker Ju-52 en vol, on remarquera d’ailleurs le changement de décor où la ville à laisser place à un champ.
descriptionde
descriptionen
contextefrL’année 1943 est considérée comme l’année du tournant de la guerre, le moment où la victoire commence à changer de camps. La Wehrmacht est brutalement coupée dans son parcours de grandes victoires par la perte de Stalingrad en Février, la reddition de l’Afrika Korps en Mai, et la bataille de Koursk en Juillet. Les difficultés liées au front se répercutent donc fatalement sur l’arrière, et l’Alsace, redevenue allemande en 1940, ne fait pas exception. La population, déjà éprouvée par une germanisation très dure, va être contrainte de participer plus activement à l’effort de guerre ; l’exemple le plus célèbre est l’instauration du service militaire obligatoire pour tous les jeunes Alsaciens. En plus de cela, la ville est à portée des raids alliés qui bombardent sans relâche les moyens industriels et logistique du Reich. Le film de Charles-Robert Weiss nous permet de nous faire une idée de la vie au quotidien dans ce Strasbourg de 1943, et sa façon de filmer nous pousse à nous mettre à sa place lorsqu’il marche dans les rues de sa ville occupée et bombardée. '''Occupation militaire'''<br> [[Fichier:Hitlerstras.jpg|vignette|Carte de propagande commémorant la visite de Hitler le 28 juin 1940 ]] Après le rattachement de l’Alsace au Pays de Bade-Wurtemberg à la suite de l’armistice français de Juin 1940, les nazis appliquent une politique de germanisation très dure. Durant les deux premières années, l’objectif des autorités consiste à germaniser le plus vite possible la région et de mettre au pas les différentes branches sociales (paysans, ouvriers, cadres, élus). En 1943, les succès de cette opération, notamment au niveau du degré de patriotisme allemand chez la population, affichent des résultats très en dessous des attentes. Les mauvaises nouvelles des différents fronts qui arrivent tout au long de l’année 1943 (Stalingrad en Février, reddition de l’Afrika Korps en mai, Koursk en Juillet) poussent les autorités allemandes à imposer des mesures encore plus strictes à la population (obligation de contribuer à l’effort de guerre allemand, enrôlement des jeunes alsaciens à partir de 16 ans, répression accrue contre réticents et opposants). Bien que la politique d’encadrement par l’intermédiaires des organisations annexes du parti comme le Front du Travail ou la ligue nationale-socialiste de l’entraide populaire, permettent d’assurer le contrôle de l’administration sur la population, l’inquiétude par rapport à l’évolution du conflit commence à s’installer ; ce qui en parallèle accentue les actions de résistance sur l’ensemble de la région alsacienne et du territoire Français. D’un autre côté la propagande allemande ne relâche pas la pression et martèle la population de slogans patriotiques afin d’écraser toute rumeur de capitulation (on voit à deux reprises dans le film des écriteaux de ce genre) ; et de rappeler que les alsaciens doivent obéissance au Reich et au Führer. C’est donc dans une société alsacienne plus tourmentée que jamais que Charles-Robert Weiss évolue. Dans la première partie de son film, le réalisateur souhaite nous faire partager son environnement. Les champs réalisés avec un angle de caméra subjective, permettent de retranscrire correctement l’ambiance de cette époque (les principales animations dans la rue sont les parades et les rassemblements militaires, les civils ne s’arrêtent pas pour la caméra et continuent leurs chemins). Le réalisateur souhaite clairement mettre l’accent sur l’occupation nazie avec ses longs plans sur des monument et des rues connues de sa ville où flottent les étendards du troisième Reich (exemple de la place Kléber qui est transformée en espace de parade et de discours par les autorités nazies) ; la cathédrale de Strasbourg apparaît à plusieurs reprises, comme pour souligner la désacralisation évidente de ce monument par la croix gammée. On peut se demander si l’entreprise familiale Weiss (une corderie), contribue, contre son gré, à l’effort de guerre allemand, et de ce fait comment lui et sa famille supportent cette époque noire. [[Fichier:Tract.jpg|vignette|"Vers la liberté par l'épée et la charrue", 1944 © Archives municipales de Strasbourg]] <br> '''Pourquoi bombarder Strasbourg ?'''<br> Le 6 Septembre 1943, à 11h, l’Air Force américaine déploie une escadrille de forteresses volantes (une vingtaine d’unités) pour bombarder les lignes ferroviaires au niveau de Strasbourg de manière à enrayer et au mieux à stopper l’approvisionnement allemand entre la capitale alsacienne et Kehl de l’autre côté du Rhin. Cette opération s’inscrit dans le plan décidé par les alliés au Maroc le 4 Février 1943, pour soulager les Russes en détruisant le potentiel logistique et industriel de l’Allemagne. Dans cette optique le Haut et le Bas-Rhin ainsi que la Rhénanie sont des cibles privilégiées des bombardiers alliés ; à cela s’ajoute les infrastructures du Nord et de l’Est de la France qui servent aux Allemands. Il faut rappeler également que Strasbourg abrite une usine de production du constructeur allemand Juncker qui fournit la Luftwaffe en moteur et appareils (350 moteurs produits par mois à partir de la fin de l’année 1942). Comme cibles supplémentaires on peut rajouter les réservoirs de carburants de Robertsau et ceux qui sont situés au niveau du Port du Rhin. Pour les Strasbourgeois la surprise est effarante ; l’illusion d’un Strasbourg à l’abri des bombardements car éloigné des routes de bombardiers classiques s’envole. Une bonne partie des 530 bombes larguées touchent les quartiers résidentiels. Au total 190 personnes perdent la vie et on compte plus de 200 blessés pour le seul raid de Septembre 1943. Les dégâts matériels sont importants, le quartier de Neudorf est particulièrement touché; le service municipal des rues et canalisations recense 2800 bâtiments atteints, dont 275 entièrement détruits'"`UNIQ--ref-00000028-QINU`"'. L’ironie de ce raid est que les dégâts sur les voies ferrées sont nuls et les Allemands achèvent les réparations avant la fin de la journée. Il faut cependant rappeler que malgré ce raid de fin 1943 et ceux qui surviennent au milieu de l’année 1944, Strasbourg est toujours considéré comme une cible occasionnelle. Le fait que la ville n’a pas eu à subir de tapis de bombes à l’image des villes allemandes (Hambourg, Dresde, Berlin) et de certaines villes françaises est un exemple de la non-priorité stratégique de la ville, la plaçant dans les cibles de second ordre. Le film de Charles-Robert Weiss nous permet d’apprécier plusieurs plans de cet évènement méconnu de l’histoire de Strasbourg. On apprécie le montage linéaire du réalisateur pour nous situer correctement les événements dans le temps ; le fait de commencer à filmer les réactions des passants puis d’enchaîner sur la fumée des destructions et enfin par les dégâts en eux-mêmes donne au film une certaine cohérence. Le fait de filmer avec un angle de caméra subjective, nous permet de nous imaginer plus facilement à la place du réalisateur. On peut également imaginer l’inquiétude du réalisateur en filmant ces scènes de désolation. Désormais, il réalise que sa ville peut être bombardée, et l’inquiétude de mourir ou de perdre des proches avant la fin de la guerre qu’il éprouve, résume le sentiment global des Strasbourgeois à ce moment.
contextede<big>'''Straßburg unter deutscher Besatzung'''</big> Das Jahr 1943 gilt als das Jahr der Wende des Krieges, als der Moment, in dem der Sieg begann, die Seite zu wechseln. Der große Siegeszug der Wehrmacht wurde durch den Verlust von Stalingrad im Februar, die Kapitulation des Afrikakorps im Mai und die Schlacht bei Kursk im Juli jäh unterbrochen. Die Schwierigkeiten an der Front wirkten sich zwangsläufig auf das Hinterland aus und das Elsass, das seit 1940 wieder deutsch geworden war, bildete keine Ausnahme. Die Bevölkerung, die bereits unter einer sehr harten Germanisierung litt, wurde gezwungen, sich aktiver an den Kriegsanstrengungen zu beteiligen; das bekannteste Beispiel war die Einführung der Wehrpflicht für alle jungen Elsässer. Darüber hinaus war die Stadt in Reichweite der Alliierten, die unermüdlich die industriellen und logistischen Ressourcen des Reiches bombardierten. Der Film von Charles-Robert Weiss gibt uns eine Vorstellung vom Alltag in diesem Straßburg von 1943, und seine Art zu filmen regt uns das zu an, uns in seine Lage zu versetzen, wenn er durch die Straßen seiner besetzten und bombardierten Stadt geht. '''Militärische Besatzung''' Nach der Angliederung des Elsass an Baden-Württemberg infolge des französischen Waffenstillstands im Juni 1940, setzte das NS-Regime eine sehr harte Germanisierungspolitik durch. In den ersten beiden Jahren bestand das Ziel der Besatzungsmacht darin, die Region so schnell wie möglich zu germanisieren und die verschiedenen Gesellschaftsgruppen (Bauern, Arbeiter, Führungskräfte, Mandatsträger) gleichzuschalten. Der Erfolg dieses Vorgehens, insbesondere im Hinblick auf den Grad des deutschen Patriotismus in der Bevölkerung, lag 1943 deutlich unter den Erwartungen. 1943 gingen das ganze Jahr über schlechte Nachrichten von den verschiedenen Fronten ein (Stalingrad im Februar, Kapitulation des Afrikakorps im Mai, Kursk im Juli) und drängten die deutschen Besatzer, der Bevölkerung noch strengere Maßnahmen aufzuerlegen (Verpflichtung zum Beitrag an den deutschen Kriegsanstrengungen, Rekrutierung junger Elsässer ab 16 Jahren, verstärkte Repression gegen Kriegsdienstverweigerer und Regimegegner). Obwohl die Bevölkerung mittels NSDAP-Ablegern wie der Deutschen Arbeitsfront oder dem nationalsozialistischen Volkshilfebund kontrolliert werden konnte, machte sich allmählich die Sorge bezüglich der weiteren Entwicklung des Konflikts breit; dies verstärkte gleichzeitig die Aktionen des Widerstands im Elsass und in ganz Frankreich. Andererseits ließ die deutsche Propaganda nicht nach und hämmerte mit patriotischen Parolen auf die Bevölkerung ein, um jegliches Gerücht eine Kapitulation auszumerzen (in diesem Film sind zweimal derartige Schilder zu sehen; und um daran zu erinnern, dass die Elsässer dem Reich und dem Führer gehorchen müssen. Charles-Robert Weiss bewegte sich also in einer elsässischen Gesellschaft, die gequälter war als je zuvor. Im ersten Teil seines Films möchte uns der Filmer seine Umgebung vermitteln. Die aus einer subjektiven Kameraperspektive gemachten Aufnahmen ermöglichen eine korrekte Wiedergabe der damaligen Atmosphäre (die wichtigsten Animationen auf der Straße sind die Aufmärsche und die militärischen Versammlungen, die Zivilisten bleiben nicht vor der Kamera stehen, sondern gehen weiter). Der Filmer möchte mit seinen langen Aufnahmen der Denkmäler und der bekannten Straßen seiner Stadt, in denen die Fahnen des Dritten Reichs wehen, vor allem die NS-Besatzung hervorheben (Beispiel des Place Kléber, der von den NS-Behörden zu einer Parade- und Redebühne verwandelt wurde); das Straßburger Münster taucht mehrmals auf, als ob er damit die offensichtliche Entweihung dieses Denkmals durch das Hakenkreuz betonen wollte. Man kann sich die Frage stellen, ob das Familienunternehmen Weiss (eine Seilfabrik) gegen ihren Willen die Kriegshandlungen der Deutschen unterstützt und folglich, wie er und seine Familie diese dunkle Zeit ertragen. '''Warum wurde Straßburg bombardiert?''' Am 6. September 1943 um 11:00 Uhr schickte die amerikanische Luftwaffe eine Staffel fliegender Festungen (etwa zwanzig Flugzeuge) los, um die Eisenbahnlinien auf Höhe von Straßburg zu bombardieren, um den deutschen Nachschub zwischen der elsässischen Hauptstadt und Kehl auf der anderen Seite des Rheins zu behindern und bestenfalls zu stoppen. Diese Operation war Teil des Plans, den die Verbündeten am 4. Februar 1943 in Marokko beschlossen hatten, um die Russen zu entlasten, indem sie das logistische und industrielle Potenzial Deutschlands zerstörten. Vor diesem Hintergrund waren der Ober- und Niederrhein und das Rheinland bevorzugte Ziele der alliierten Bomber; dazu kamen die Infrastrukturen Nord- und Ostfrankreichs, die von den Deutschen genutzt wurden. In Straßburg befand sich auch eine Produktionsstätte des deutschen Herstellers Juncker, der die Luftwaffe mit Motoren und Flugzeugen versorgte (ab Ende 1942 wurden 350 Mooren pro Monat produziert). Weitere Ziele waren die Kraftstofftanks in der Robertsau und am Rheinhafen. Für die Straßburger war es eine schreckliche Überraschung; die Illusion eines vor Bombardierungen geschützten Straßburg, weil es weit abseits der klassischen Bomberstrecken lag, war verflogen. Viele der abgeworfenen Bomben trafen Wohngebiete. Allein beim Bombenangriff im September 1943 verloren 190 Menschen das Leben und mehr als 200 wurden verletzt. Die Sachschäden waren erheblich, das Viertel Neudorf wurde besonders hart getroffen. Das Ironische an diesem Bombenangriff ist, dass die Eisenbahnlinien überhaupt nicht beschädigt wurden und die Deutschen noch vor dem Ende des Tages mit den Reparaturen fertig waren. Es sei jedoch daran erinnert, dass Straßburg trotz dieses Bombenangriffs Ende 1943 und der Angriffe Mitte 1944 immer noch als gelegentliches Ziel galt. Die Tatsache, dass die Stadt keinen Bombenteppich wie die deutschen Städte (Hamburg, Dresden, Berlin) und einige französische Städte ertragen musste, ist ein Beispiel für die mangelnde strategische Priorität der Stadt, die sie zu einem zweitrangigen Ziel machten. Der Film von Charles-Robert Weiss zeigt uns mehrere Aufnahmen dieses wenig bekannten Ereignisses in der Geschichte Straßburgs. Der lineare Zusammenschnitt ermöglicht eine korrekte zeitliche Einordnung der Geschehnisse; die Tatsache, zuerst die Reaktionen der Passanten zu filmen und dann den Rauch der Zerstörung und schließlich die Schäden selbst, verleiht dem Film eine gewisse Konsistenz. Die Aufnahme mit einem subjektiven Kamerawinkel erleichtert es, uns in die Lage des Filmenden zu versetzen. Man kann sich auch die Besorgnis des Regisseurs vorstellen, als er diese Szenen der Trostlosigkeit filmte. Dann ab diesem Zeitpunkt realisierte er, dass seine Stadt bombardiert werden kann, und seine Sorge, vor dem Ende des Krieges zu sterben oder geliebte Menschen zu verlieren, fasst das allgemeine Gefühl der Straßburger in diesem Augenblick.
contexteen
titreStrasbourg occupée
sous_titre
video0005FH0011_5
dateDebut1943
dateFin1944
annee1,944
duree509
genreFilm amateur
format_original8 mm
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sonMuet
langue
realisateursWeiss, Robert-Charles
droitsMIRA
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fondsWeiss
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evenements_filmes_ou_en_lienOccupation de Strasbourg Bombardement de Starsbourg, 6 Septembre 1943
personnages_identifies
lieux_ou_monumentsCathédrale de Strasbourg Place Kléber, Strasbourg Place Gutenberg Rue du Vieux-marché-aux-Grains Rue de la Division Leclerc Quai Saint-Thomas Passage Hans Haug Rue du Vieux-Marché-aux-Vins Musée historique de la ville de Strasbourg
etatOui-Oui
institution_dorigineMIRA
thematiqueWar Second World War : German occupation - Annexation of Alsace
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apercu
Occupée.jpg
resumefrLe film présenté est divisé en deux parties. La première partie se concentre sur la vie dans Strasbourg occupée, où on l’on découvre les marques de l’occupation (présence importante de militaires Allemands, de drapeaux nazis, de parades et de rassemblements militaires, et d’écriteaux de propagandes). La seconde partie se concentre sur un déroulement chronologique du bombardement allié survenu le 6 Septembre 1943, où l’on peut constater les nombreux dégâts infligés aux habitations et les conséquences pour la vie des Strasbourgeois.
resumede
resumeen
descriptionfrLe film commence avec un plan d’ensemble sur ce qui semble être la rue du Vieux-Marché-aux-Vins, puis un plan de demi ensemble dans une rue plus étroite et plus sombre, où sont accrochés plusieurs drapeaux nazis. Ensuite on a un panoramique vertical (de haut en bas) sur le sommet de la cathédrale Notre-Dame où flotte le drapeau nazi. Ensuite une séquence où la caméra est en angle de plongée sur la place Kléber (Karl Roos Platz à l’époque) tout en effectuant un panoramique horizontal vers la droite sur un rassemblement militaire allemand. On remarque le contraste aux niveaux des couleurs par rapport aux plans précédents, celui-ci est pratiquement en noir et blanc. Ensuite un plan d’ensemble sur la tribune nazie place Kléber. Le plan suivant est un panoramique vertical (de bas en haut) sur la cathédrale qui semble en travaux puisque on distingue ce qui semble être des échafaudages aux pieds du monument. Ensuite on a une succession de plans filmés à l’intérieur de la cathédrale avec des prises de vues sur les vitraux (que l’on distingue à peine), les statuettes des colonnes et enfin un plan panoramique vertical sur l’orgue. Dans la séquence suivante on distingue clairement avec un plan d’ensemble les échafaudages sur un des murs extérieurs du cœur. Le plan suivant nous montre un plan d’ensemble d’une rue et d’un promontoire au bord du fleuve. Ensuite un plan fixe avec en premier plan un toit surplombé du drapeau de guerre du troisième Reich et la cathédrale en arrière-plan. À la suite de cela, un plan de demi ensemble sur une partie de la façade de la cathédrale, on distingue la rosace sur le côté gauche. Ensuite un gros plan sur un écriteau de propagande allemande où il est écrit : « Pas un autre 9 Novembre 1918 (jour de l’abdication de l’empereur Guillaume II). La victoire à n’importe quel prix. Travaille-Combat-Confiance. Nous ne capitulerons jamais. Führer ordonne, nous obéissons. » Le plan suivant est un plan en vue panoramique horizontale sur un carrefour où l’on distingue « Zentralverlag » et « Dresdner Bank ». S’en suit une nouvelle succession de plans où le cameraman film ce qui l’entoure avec de nouveaux des prises de vues panoramique horizontale. Il capture de ce fait les instants des passants, civils comme militaires (officiers et soldats) au niveau de la place Gutenberg. Ensuite un plan de demi-ensemble sur des soldats allemands de dos et un autre sur des équipages de chars appartenant sans doute à la Waffen SS en raison des têtes de mort à peine visibles sur leurs uniformes. Ensuite, nouveau plan de demi-ensemble sur un magasin Weber, donc le caméraman se situe, probablement, au niveau de la rue du Vieux-Marché-aux-Grains. Après cela un autre plan de demi-ensemble sur deux officiers, dont on distingue des dagues cérémonielles à la ceinture. Dans le même temps le cameraman effectue un plan panoramique horizontal vers la gauche sur ces deux personnages ; en analysant la forme des dagues, il ne s’agit pas de SS mais peut être de membre de la Luftwaffe ou de la Kriegsmarine. Ensuite le plan suivant nous présente un angle de cadrage oblique (cadrage penché) où l’on distingue un orchestre nazi, et ce qui semble être ensuite des membres de la branche nazie alsacienne, marcher en rang. S’en suit dans le même temps un travelling optique arrière avec un champ panoramique vertical, pour permettre au spectateur de saisir l’importance du moment en raison des nombreux individus présent dans le champ. Ensuite un plan tourné vers le ciel où m’on distingue une formation aérienne ; la profondeur de champs rend impossible l’identification des appareils. Ensuite on entre dans la seconde partie du film, avec un plan d’ensemble sur un tram dans la rue de la Division Leclerc (Freiburger Strasse à l’époque). Ensuite un plan de demi ensemble avec quelques personnes qui regardent le ciel. Puis un plan d’ensemble avec une grande colonne de fumée, résultant du bombardement du 6 Septembre 1943 (il s’agit sûrement du quartier de Neudorf). Ensuite un plan avec angle de cadrage oblique avec un champ panoramique horizontal vers la droite, où l’on distingue les dégâts conséquents causés par les bombes aux habitations. On a ensuite une succession de plans place Gutenberg, puis au niveau du passage Hans Haug, qui montrent l’étendue des dégâts et la reprise des activités quotidiennes au milieu des décombres. Ensuite un plan d’ensemble devant le musée historique de la ville de Strasbourg, lui-aussi touché par les bombardements. Le film s’achève sur le plan panoramique d’un Juncker Ju-52 en vol, on remarquera d’ailleurs le changement de décor où la ville à laisser place à un champ.
descriptionde
descriptionen
contextefrL’année 1943 est considérée comme l’année du tournant de la guerre, le moment où la victoire commence à changer de camps. La Wehrmacht est brutalement coupée dans son parcours de grandes victoires par la perte de Stalingrad en Février, la reddition de l’Afrika Korps en Mai, et la bataille de Koursk en Juillet. Les difficultés liées au front se répercutent donc fatalement sur l’arrière, et l’Alsace, redevenue allemande en 1940, ne fait pas exception. La population, déjà éprouvée par une germanisation très dure, va être contrainte de participer plus activement à l’effort de guerre ; l’exemple le plus célèbre est l’instauration du service militaire obligatoire pour tous les jeunes Alsaciens. En plus de cela, la ville est à portée des raids alliés qui bombardent sans relâche les moyens industriels et logistique du Reich. Le film de Charles-Robert Weiss nous permet de nous faire une idée de la vie au quotidien dans ce Strasbourg de 1943, et sa façon de filmer nous pousse à nous mettre à sa place lorsqu’il marche dans les rues de sa ville occupée et bombardée. '''Occupation militaire'''<br> [[Fichier:Hitlerstras.jpg|vignette|Carte de propagande commémorant la visite de Hitler le 28 juin 1940 ]] Après le rattachement de l’Alsace au Pays de Bade-Wurtemberg à la suite de l’armistice français de Juin 1940, les nazis appliquent une politique de germanisation très dure. Durant les deux premières années, l’objectif des autorités consiste à germaniser le plus vite possible la région et de mettre au pas les différentes branches sociales (paysans, ouvriers, cadres, élus). En 1943, les succès de cette opération, notamment au niveau du degré de patriotisme allemand chez la population, affichent des résultats très en dessous des attentes. Les mauvaises nouvelles des différents fronts qui arrivent tout au long de l’année 1943 (Stalingrad en Février, reddition de l’Afrika Korps en mai, Koursk en Juillet) poussent les autorités allemandes à imposer des mesures encore plus strictes à la population (obligation de contribuer à l’effort de guerre allemand, enrôlement des jeunes alsaciens à partir de 16 ans, répression accrue contre réticents et opposants). Bien que la politique d’encadrement par l’intermédiaires des organisations annexes du parti comme le Front du Travail ou la ligue nationale-socialiste de l’entraide populaire, permettent d’assurer le contrôle de l’administration sur la population, l’inquiétude par rapport à l’évolution du conflit commence à s’installer ; ce qui en parallèle accentue les actions de résistance sur l’ensemble de la région alsacienne et du territoire Français. D’un autre côté la propagande allemande ne relâche pas la pression et martèle la population de slogans patriotiques afin d’écraser toute rumeur de capitulation (on voit à deux reprises dans le film des écriteaux de ce genre) ; et de rappeler que les alsaciens doivent obéissance au Reich et au Führer. C’est donc dans une société alsacienne plus tourmentée que jamais que Charles-Robert Weiss évolue. Dans la première partie de son film, le réalisateur souhaite nous faire partager son environnement. Les champs réalisés avec un angle de caméra subjective, permettent de retranscrire correctement l’ambiance de cette époque (les principales animations dans la rue sont les parades et les rassemblements militaires, les civils ne s’arrêtent pas pour la caméra et continuent leurs chemins). Le réalisateur souhaite clairement mettre l’accent sur l’occupation nazie avec ses longs plans sur des monument et des rues connues de sa ville où flottent les étendards du troisième Reich (exemple de la place Kléber qui est transformée en espace de parade et de discours par les autorités nazies) ; la cathédrale de Strasbourg apparaît à plusieurs reprises, comme pour souligner la désacralisation évidente de ce monument par la croix gammée. On peut se demander si l’entreprise familiale Weiss (une corderie), contribue, contre son gré, à l’effort de guerre allemand, et de ce fait comment lui et sa famille supportent cette époque noire. [[Fichier:Tract.jpg|vignette|"Vers la liberté par l'épée et la charrue", 1944 © Archives municipales de Strasbourg]] <br> '''Pourquoi bombarder Strasbourg ?'''<br> Le 6 Septembre 1943, à 11h, l’Air Force américaine déploie une escadrille de forteresses volantes (une vingtaine d’unités) pour bombarder les lignes ferroviaires au niveau de Strasbourg de manière à enrayer et au mieux à stopper l’approvisionnement allemand entre la capitale alsacienne et Kehl de l’autre côté du Rhin. Cette opération s’inscrit dans le plan décidé par les alliés au Maroc le 4 Février 1943, pour soulager les Russes en détruisant le potentiel logistique et industriel de l’Allemagne. Dans cette optique le Haut et le Bas-Rhin ainsi que la Rhénanie sont des cibles privilégiées des bombardiers alliés ; à cela s’ajoute les infrastructures du Nord et de l’Est de la France qui servent aux Allemands. Il faut rappeler également que Strasbourg abrite une usine de production du constructeur allemand Juncker qui fournit la Luftwaffe en moteur et appareils (350 moteurs produits par mois à partir de la fin de l’année 1942). Comme cibles supplémentaires on peut rajouter les réservoirs de carburants de Robertsau et ceux qui sont situés au niveau du Port du Rhin. Pour les Strasbourgeois la surprise est effarante ; l’illusion d’un Strasbourg à l’abri des bombardements car éloigné des routes de bombardiers classiques s’envole. Une bonne partie des 530 bombes larguées touchent les quartiers résidentiels. Au total 190 personnes perdent la vie et on compte plus de 200 blessés pour le seul raid de Septembre 1943. Les dégâts matériels sont importants, le quartier de Neudorf est particulièrement touché; le service municipal des rues et canalisations recense 2800 bâtiments atteints, dont 275 entièrement détruits'"`UNIQ--ref-0000002B-QINU`"'. L’ironie de ce raid est que les dégâts sur les voies ferrées sont nuls et les Allemands achèvent les réparations avant la fin de la journée. Il faut cependant rappeler que malgré ce raid de fin 1943 et ceux qui surviennent au milieu de l’année 1944, Strasbourg est toujours considéré comme une cible occasionnelle. Le fait que la ville n’a pas eu à subir de tapis de bombes à l’image des villes allemandes (Hambourg, Dresde, Berlin) et de certaines villes françaises est un exemple de la non-priorité stratégique de la ville, la plaçant dans les cibles de second ordre. Le film de Charles-Robert Weiss nous permet d’apprécier plusieurs plans de cet évènement méconnu de l’histoire de Strasbourg. On apprécie le montage linéaire du réalisateur pour nous situer correctement les événements dans le temps ; le fait de commencer à filmer les réactions des passants puis d’enchaîner sur la fumée des destructions et enfin par les dégâts en eux-mêmes donne au film une certaine cohérence. Le fait de filmer avec un angle de caméra subjective, nous permet de nous imaginer plus facilement à la place du réalisateur. On peut également imaginer l’inquiétude du réalisateur en filmant ces scènes de désolation. Désormais, il réalise que sa ville peut être bombardée, et l’inquiétude de mourir ou de perdre des proches avant la fin de la guerre qu’il éprouve, résume le sentiment global des Strasbourgeois à ce moment.
contextede<big>'''Straßburg unter deutscher Besatzung'''</big> Das Jahr 1943 gilt als das Jahr der Wende des Krieges, als der Moment, in dem der Sieg begann, die Seite zu wechseln. Der große Siegeszug der Wehrmacht wurde durch den Verlust von Stalingrad im Februar, die Kapitulation des Afrikakorps im Mai und die Schlacht bei Kursk im Juli jäh unterbrochen. Die Schwierigkeiten an der Front wirkten sich zwangsläufig auf das Hinterland aus und das Elsass, das seit 1940 wieder deutsch geworden war, bildete keine Ausnahme. Die Bevölkerung, die bereits unter einer sehr harten Germanisierung litt, wurde gezwungen, sich aktiver an den Kriegsanstrengungen zu beteiligen; das bekannteste Beispiel war die Einführung der Wehrpflicht für alle jungen Elsässer. Darüber hinaus war die Stadt in Reichweite der Alliierten, die unermüdlich die industriellen und logistischen Ressourcen des Reiches bombardierten. Der Film von Charles-Robert Weiss gibt uns eine Vorstellung vom Alltag in diesem Straßburg von 1943, und seine Art zu filmen regt uns das zu an, uns in seine Lage zu versetzen, wenn er durch die Straßen seiner besetzten und bombardierten Stadt geht. '''Militärische Besatzung''' Nach der Angliederung des Elsass an Baden-Württemberg infolge des französischen Waffenstillstands im Juni 1940, setzte das NS-Regime eine sehr harte Germanisierungspolitik durch. In den ersten beiden Jahren bestand das Ziel der Besatzungsmacht darin, die Region so schnell wie möglich zu germanisieren und die verschiedenen Gesellschaftsgruppen (Bauern, Arbeiter, Führungskräfte, Mandatsträger) gleichzuschalten. Der Erfolg dieses Vorgehens, insbesondere im Hinblick auf den Grad des deutschen Patriotismus in der Bevölkerung, lag 1943 deutlich unter den Erwartungen. 1943 gingen das ganze Jahr über schlechte Nachrichten von den verschiedenen Fronten ein (Stalingrad im Februar, Kapitulation des Afrikakorps im Mai, Kursk im Juli) und drängten die deutschen Besatzer, der Bevölkerung noch strengere Maßnahmen aufzuerlegen (Verpflichtung zum Beitrag an den deutschen Kriegsanstrengungen, Rekrutierung junger Elsässer ab 16 Jahren, verstärkte Repression gegen Kriegsdienstverweigerer und Regimegegner). Obwohl die Bevölkerung mittels NSDAP-Ablegern wie der Deutschen Arbeitsfront oder dem nationalsozialistischen Volkshilfebund kontrolliert werden konnte, machte sich allmählich die Sorge bezüglich der weiteren Entwicklung des Konflikts breit; dies verstärkte gleichzeitig die Aktionen des Widerstands im Elsass und in ganz Frankreich. Andererseits ließ die deutsche Propaganda nicht nach und hämmerte mit patriotischen Parolen auf die Bevölkerung ein, um jegliches Gerücht eine Kapitulation auszumerzen (in diesem Film sind zweimal derartige Schilder zu sehen; und um daran zu erinnern, dass die Elsässer dem Reich und dem Führer gehorchen müssen. Charles-Robert Weiss bewegte sich also in einer elsässischen Gesellschaft, die gequälter war als je zuvor. Im ersten Teil seines Films möchte uns der Filmer seine Umgebung vermitteln. Die aus einer subjektiven Kameraperspektive gemachten Aufnahmen ermöglichen eine korrekte Wiedergabe der damaligen Atmosphäre (die wichtigsten Animationen auf der Straße sind die Aufmärsche und die militärischen Versammlungen, die Zivilisten bleiben nicht vor der Kamera stehen, sondern gehen weiter). Der Filmer möchte mit seinen langen Aufnahmen der Denkmäler und der bekannten Straßen seiner Stadt, in denen die Fahnen des Dritten Reichs wehen, vor allem die NS-Besatzung hervorheben (Beispiel des Place Kléber, der von den NS-Behörden zu einer Parade- und Redebühne verwandelt wurde); das Straßburger Münster taucht mehrmals auf, als ob er damit die offensichtliche Entweihung dieses Denkmals durch das Hakenkreuz betonen wollte. Man kann sich die Frage stellen, ob das Familienunternehmen Weiss (eine Seilfabrik) gegen ihren Willen die Kriegshandlungen der Deutschen unterstützt und folglich, wie er und seine Familie diese dunkle Zeit ertragen. '''Warum wurde Straßburg bombardiert?''' Am 6. September 1943 um 11:00 Uhr schickte die amerikanische Luftwaffe eine Staffel fliegender Festungen (etwa zwanzig Flugzeuge) los, um die Eisenbahnlinien auf Höhe von Straßburg zu bombardieren, um den deutschen Nachschub zwischen der elsässischen Hauptstadt und Kehl auf der anderen Seite des Rheins zu behindern und bestenfalls zu stoppen. Diese Operation war Teil des Plans, den die Verbündeten am 4. Februar 1943 in Marokko beschlossen hatten, um die Russen zu entlasten, indem sie das logistische und industrielle Potenzial Deutschlands zerstörten. Vor diesem Hintergrund waren der Ober- und Niederrhein und das Rheinland bevorzugte Ziele der alliierten Bomber; dazu kamen die Infrastrukturen Nord- und Ostfrankreichs, die von den Deutschen genutzt wurden. In Straßburg befand sich auch eine Produktionsstätte des deutschen Herstellers Juncker, der die Luftwaffe mit Motoren und Flugzeugen versorgte (ab Ende 1942 wurden 350 Mooren pro Monat produziert). Weitere Ziele waren die Kraftstofftanks in der Robertsau und am Rheinhafen. Für die Straßburger war es eine schreckliche Überraschung; die Illusion eines vor Bombardierungen geschützten Straßburg, weil es weit abseits der klassischen Bomberstrecken lag, war verflogen. Viele der abgeworfenen Bomben trafen Wohngebiete. Allein beim Bombenangriff im September 1943 verloren 190 Menschen das Leben und mehr als 200 wurden verletzt. Die Sachschäden waren erheblich, das Viertel Neudorf wurde besonders hart getroffen. Das Ironische an diesem Bombenangriff ist, dass die Eisenbahnlinien überhaupt nicht beschädigt wurden und die Deutschen noch vor dem Ende des Tages mit den Reparaturen fertig waren. Es sei jedoch daran erinnert, dass Straßburg trotz dieses Bombenangriffs Ende 1943 und der Angriffe Mitte 1944 immer noch als gelegentliches Ziel galt. Die Tatsache, dass die Stadt keinen Bombenteppich wie die deutschen Städte (Hamburg, Dresden, Berlin) und einige französische Städte ertragen musste, ist ein Beispiel für die mangelnde strategische Priorität der Stadt, die sie zu einem zweitrangigen Ziel machten. Der Film von Charles-Robert Weiss zeigt uns mehrere Aufnahmen dieses wenig bekannten Ereignisses in der Geschichte Straßburgs. Der lineare Zusammenschnitt ermöglicht eine korrekte zeitliche Einordnung der Geschehnisse; die Tatsache, zuerst die Reaktionen der Passanten zu filmen und dann den Rauch der Zerstörung und schließlich die Schäden selbst, verleiht dem Film eine gewisse Konsistenz. Die Aufnahme mit einem subjektiven Kamerawinkel erleichtert es, uns in die Lage des Filmenden zu versetzen. Man kann sich auch die Besorgnis des Regisseurs vorstellen, als er diese Szenen der Trostlosigkeit filmte. Dann ab diesem Zeitpunkt realisierte er, dass seine Stadt bombardiert werden kann, und seine Sorge, vor dem Ende des Krieges zu sterben oder geliebte Menschen zu verlieren, fasst das allgemeine Gefühl der Straßburger in diesem Augenblick.
contexteen
titreStrasbourg occupée
sous_titre
video0005FH0011_5
dateDebut1943
dateFin1944
annee1,944
duree509
genreFilm amateur
format_original8 mm
colorationNB_et_couleur
sonMuet
langue
realisateursWeiss, Robert-Charles
droitsMIRA
lieuTournage
fondsWeiss
pieces_jointes
evenements_filmes_ou_en_lienOccupation de Strasbourg Bombardement de Starsbourg, 6 Septembre 1943
personnages_identifies
lieux_ou_monumentsCathédrale de Strasbourg Place Kléber, Strasbourg Place Gutenberg Rue du Vieux-marché-aux-Grains Rue de la Division Leclerc Quai Saint-Thomas Passage Hans Haug Rue du Vieux-Marché-aux-Vins Musée historique de la ville de Strasbourg
etatOui-Oui
institution_dorigineMIRA
thematiqueWar Second World War : German occupation - Annexation of Alsace
idSupport0005FH0011
timecode0
apercu
Occupée.jpg
resumefrLe film présenté est divisé en deux parties. La première partie se concentre sur la vie dans Strasbourg occupée, où on l’on découvre les marques de l’occupation (présence importante de militaires Allemands, de drapeaux nazis, de parades et de rassemblements militaires, et d’écriteaux de propagandes). La seconde partie se concentre sur un déroulement chronologique du bombardement allié survenu le 6 Septembre 1943, où l’on peut constater les nombreux dégâts infligés aux habitations et les conséquences pour la vie des Strasbourgeois.
resumede
resumeen
descriptionfrLe film commence avec un plan d’ensemble sur ce qui semble être la rue du Vieux-Marché-aux-Vins, puis un plan de demi ensemble dans une rue plus étroite et plus sombre, où sont accrochés plusieurs drapeaux nazis. Ensuite on a un panoramique vertical (de haut en bas) sur le sommet de la cathédrale Notre-Dame où flotte le drapeau nazi. Ensuite une séquence où la caméra est en angle de plongée sur la place Kléber (Karl Roos Platz à l’époque) tout en effectuant un panoramique horizontal vers la droite sur un rassemblement militaire allemand. On remarque le contraste aux niveaux des couleurs par rapport aux plans précédents, celui-ci est pratiquement en noir et blanc. Ensuite un plan d’ensemble sur la tribune nazie place Kléber. Le plan suivant est un panoramique vertical (de bas en haut) sur la cathédrale qui semble en travaux puisque on distingue ce qui semble être des échafaudages aux pieds du monument. Ensuite on a une succession de plans filmés à l’intérieur de la cathédrale avec des prises de vues sur les vitraux (que l’on distingue à peine), les statuettes des colonnes et enfin un plan panoramique vertical sur l’orgue. Dans la séquence suivante on distingue clairement avec un plan d’ensemble les échafaudages sur un des murs extérieurs du cœur. Le plan suivant nous montre un plan d’ensemble d’une rue et d’un promontoire au bord du fleuve. Ensuite un plan fixe avec en premier plan un toit surplombé du drapeau de guerre du troisième Reich et la cathédrale en arrière-plan. À la suite de cela, un plan de demi ensemble sur une partie de la façade de la cathédrale, on distingue la rosace sur le côté gauche. Ensuite un gros plan sur un écriteau de propagande allemande où il est écrit : « Pas un autre 9 Novembre 1918 (jour de l’abdication de l’empereur Guillaume II). La victoire à n’importe quel prix. Travaille-Combat-Confiance. Nous ne capitulerons jamais. Führer ordonne, nous obéissons. » Le plan suivant est un plan en vue panoramique horizontale sur un carrefour où l’on distingue « Zentralverlag » et « Dresdner Bank ». S’en suit une nouvelle succession de plans où le cameraman film ce qui l’entoure avec de nouveaux des prises de vues panoramique horizontale. Il capture de ce fait les instants des passants, civils comme militaires (officiers et soldats) au niveau de la place Gutenberg. Ensuite un plan de demi-ensemble sur des soldats allemands de dos et un autre sur des équipages de chars appartenant sans doute à la Waffen SS en raison des têtes de mort à peine visibles sur leurs uniformes. Ensuite, nouveau plan de demi-ensemble sur un magasin Weber, donc le caméraman se situe, probablement, au niveau de la rue du Vieux-Marché-aux-Grains. Après cela un autre plan de demi-ensemble sur deux officiers, dont on distingue des dagues cérémonielles à la ceinture. Dans le même temps le cameraman effectue un plan panoramique horizontal vers la gauche sur ces deux personnages ; en analysant la forme des dagues, il ne s’agit pas de SS mais peut être de membre de la Luftwaffe ou de la Kriegsmarine. Ensuite le plan suivant nous présente un angle de cadrage oblique (cadrage penché) où l’on distingue un orchestre nazi, et ce qui semble être ensuite des membres de la branche nazie alsacienne, marcher en rang. S’en suit dans le même temps un travelling optique arrière avec un champ panoramique vertical, pour permettre au spectateur de saisir l’importance du moment en raison des nombreux individus présent dans le champ. Ensuite un plan tourné vers le ciel où m’on distingue une formation aérienne ; la profondeur de champs rend impossible l’identification des appareils. Ensuite on entre dans la seconde partie du film, avec un plan d’ensemble sur un tram dans la rue de la Division Leclerc (Freiburger Strasse à l’époque). Ensuite un plan de demi ensemble avec quelques personnes qui regardent le ciel. Puis un plan d’ensemble avec une grande colonne de fumée, résultant du bombardement du 6 Septembre 1943 (il s’agit sûrement du quartier de Neudorf). Ensuite un plan avec angle de cadrage oblique avec un champ panoramique horizontal vers la droite, où l’on distingue les dégâts conséquents causés par les bombes aux habitations. On a ensuite une succession de plans place Gutenberg, puis au niveau du passage Hans Haug, qui montrent l’étendue des dégâts et la reprise des activités quotidiennes au milieu des décombres. Ensuite un plan d’ensemble devant le musée historique de la ville de Strasbourg, lui-aussi touché par les bombardements. Le film s’achève sur le plan panoramique d’un Juncker Ju-52 en vol, on remarquera d’ailleurs le changement de décor où la ville à laisser place à un champ.
descriptionde
descriptionen
contextefrL’année 1943 est considérée comme l’année du tournant de la guerre, le moment où la victoire commence à changer de camps. La Wehrmacht est brutalement coupée dans son parcours de grandes victoires par la perte de Stalingrad en Février, la reddition de l’Afrika Korps en Mai, et la bataille de Koursk en Juillet. Les difficultés liées au front se répercutent donc fatalement sur l’arrière, et l’Alsace, redevenue allemande en 1940, ne fait pas exception. La population, déjà éprouvée par une germanisation très dure, va être contrainte de participer plus activement à l’effort de guerre ; l’exemple le plus célèbre est l’instauration du service militaire obligatoire pour tous les jeunes Alsaciens. En plus de cela, la ville est à portée des raids alliés qui bombardent sans relâche les moyens industriels et logistique du Reich. Le film de Charles-Robert Weiss nous permet de nous faire une idée de la vie au quotidien dans ce Strasbourg de 1943, et sa façon de filmer nous pousse à nous mettre à sa place lorsqu’il marche dans les rues de sa ville occupée et bombardée. '''Occupation militaire'''<br> [[Fichier:Hitlerstras.jpg|vignette|Carte de propagande commémorant la visite de Hitler le 28 juin 1940 ]] Après le rattachement de l’Alsace au Pays de Bade-Wurtemberg à la suite de l’armistice français de Juin 1940, les nazis appliquent une politique de germanisation très dure. Durant les deux premières années, l’objectif des autorités consiste à germaniser le plus vite possible la région et de mettre au pas les différentes branches sociales (paysans, ouvriers, cadres, élus). En 1943, les succès de cette opération, notamment au niveau du degré de patriotisme allemand chez la population, affichent des résultats très en dessous des attentes. Les mauvaises nouvelles des différents fronts qui arrivent tout au long de l’année 1943 (Stalingrad en Février, reddition de l’Afrika Korps en mai, Koursk en Juillet) poussent les autorités allemandes à imposer des mesures encore plus strictes à la population (obligation de contribuer à l’effort de guerre allemand, enrôlement des jeunes alsaciens à partir de 16 ans, répression accrue contre réticents et opposants). Bien que la politique d’encadrement par l’intermédiaires des organisations annexes du parti comme le Front du Travail ou la ligue nationale-socialiste de l’entraide populaire, permettent d’assurer le contrôle de l’administration sur la population, l’inquiétude par rapport à l’évolution du conflit commence à s’installer ; ce qui en parallèle accentue les actions de résistance sur l’ensemble de la région alsacienne et du territoire Français. D’un autre côté la propagande allemande ne relâche pas la pression et martèle la population de slogans patriotiques afin d’écraser toute rumeur de capitulation (on voit à deux reprises dans le film des écriteaux de ce genre) ; et de rappeler que les alsaciens doivent obéissance au Reich et au Führer. C’est donc dans une société alsacienne plus tourmentée que jamais que Charles-Robert Weiss évolue. Dans la première partie de son film, le réalisateur souhaite nous faire partager son environnement. Les champs réalisés avec un angle de caméra subjective, permettent de retranscrire correctement l’ambiance de cette époque (les principales animations dans la rue sont les parades et les rassemblements militaires, les civils ne s’arrêtent pas pour la caméra et continuent leurs chemins). Le réalisateur souhaite clairement mettre l’accent sur l’occupation nazie avec ses longs plans sur des monument et des rues connues de sa ville où flottent les étendards du troisième Reich (exemple de la place Kléber qui est transformée en espace de parade et de discours par les autorités nazies) ; la cathédrale de Strasbourg apparaît à plusieurs reprises, comme pour souligner la désacralisation évidente de ce monument par la croix gammée. On peut se demander si l’entreprise familiale Weiss (une corderie), contribue, contre son gré, à l’effort de guerre allemand, et de ce fait comment lui et sa famille supportent cette époque noire. [[Fichier:Tract.jpg|vignette|"Vers la liberté par l'épée et la charrue", 1944 © Archives municipales de Strasbourg]] <br> '''Pourquoi bombarder Strasbourg ?'''<br> Le 6 Septembre 1943, à 11h, l’Air Force américaine déploie une escadrille de forteresses volantes (une vingtaine d’unités) pour bombarder les lignes ferroviaires au niveau de Strasbourg de manière à enrayer et au mieux à stopper l’approvisionnement allemand entre la capitale alsacienne et Kehl de l’autre côté du Rhin. Cette opération s’inscrit dans le plan décidé par les alliés au Maroc le 4 Février 1943, pour soulager les Russes en détruisant le potentiel logistique et industriel de l’Allemagne. Dans cette optique le Haut et le Bas-Rhin ainsi que la Rhénanie sont des cibles privilégiées des bombardiers alliés ; à cela s’ajoute les infrastructures du Nord et de l’Est de la France qui servent aux Allemands. Il faut rappeler également que Strasbourg abrite une usine de production du constructeur allemand Juncker qui fournit la Luftwaffe en moteur et appareils (350 moteurs produits par mois à partir de la fin de l’année 1942). Comme cibles supplémentaires on peut rajouter les réservoirs de carburants de Robertsau et ceux qui sont situés au niveau du Port du Rhin. Pour les Strasbourgeois la surprise est effarante ; l’illusion d’un Strasbourg à l’abri des bombardements car éloigné des routes de bombardiers classiques s’envole. Une bonne partie des 530 bombes larguées touchent les quartiers résidentiels. Au total 190 personnes perdent la vie et on compte plus de 200 blessés pour le seul raid de Septembre 1943. Les dégâts matériels sont importants, le quartier de Neudorf est particulièrement touché; le service municipal des rues et canalisations recense 2800 bâtiments atteints, dont 275 entièrement détruits'"`UNIQ--ref-0000002E-QINU`"'. L’ironie de ce raid est que les dégâts sur les voies ferrées sont nuls et les Allemands achèvent les réparations avant la fin de la journée. Il faut cependant rappeler que malgré ce raid de fin 1943 et ceux qui surviennent au milieu de l’année 1944, Strasbourg est toujours considéré comme une cible occasionnelle. Le fait que la ville n’a pas eu à subir de tapis de bombes à l’image des villes allemandes (Hambourg, Dresde, Berlin) et de certaines villes françaises est un exemple de la non-priorité stratégique de la ville, la plaçant dans les cibles de second ordre. Le film de Charles-Robert Weiss nous permet d’apprécier plusieurs plans de cet évènement méconnu de l’histoire de Strasbourg. On apprécie le montage linéaire du réalisateur pour nous situer correctement les événements dans le temps ; le fait de commencer à filmer les réactions des passants puis d’enchaîner sur la fumée des destructions et enfin par les dégâts en eux-mêmes donne au film une certaine cohérence. Le fait de filmer avec un angle de caméra subjective, nous permet de nous imaginer plus facilement à la place du réalisateur. On peut également imaginer l’inquiétude du réalisateur en filmant ces scènes de désolation. Désormais, il réalise que sa ville peut être bombardée, et l’inquiétude de mourir ou de perdre des proches avant la fin de la guerre qu’il éprouve, résume le sentiment global des Strasbourgeois à ce moment.
contextede<big>'''Straßburg unter deutscher Besatzung'''</big> Das Jahr 1943 gilt als das Jahr der Wende des Krieges, als der Moment, in dem der Sieg begann, die Seite zu wechseln. Der große Siegeszug der Wehrmacht wurde durch den Verlust von Stalingrad im Februar, die Kapitulation des Afrikakorps im Mai und die Schlacht bei Kursk im Juli jäh unterbrochen. Die Schwierigkeiten an der Front wirkten sich zwangsläufig auf das Hinterland aus und das Elsass, das seit 1940 wieder deutsch geworden war, bildete keine Ausnahme. Die Bevölkerung, die bereits unter einer sehr harten Germanisierung litt, wurde gezwungen, sich aktiver an den Kriegsanstrengungen zu beteiligen; das bekannteste Beispiel war die Einführung der Wehrpflicht für alle jungen Elsässer. Darüber hinaus war die Stadt in Reichweite der Alliierten, die unermüdlich die industriellen und logistischen Ressourcen des Reiches bombardierten. Der Film von Charles-Robert Weiss gibt uns eine Vorstellung vom Alltag in diesem Straßburg von 1943, und seine Art zu filmen regt uns das zu an, uns in seine Lage zu versetzen, wenn er durch die Straßen seiner besetzten und bombardierten Stadt geht. '''Militärische Besatzung''' Nach der Angliederung des Elsass an Baden-Württemberg infolge des französischen Waffenstillstands im Juni 1940, setzte das NS-Regime eine sehr harte Germanisierungspolitik durch. In den ersten beiden Jahren bestand das Ziel der Besatzungsmacht darin, die Region so schnell wie möglich zu germanisieren und die verschiedenen Gesellschaftsgruppen (Bauern, Arbeiter, Führungskräfte, Mandatsträger) gleichzuschalten. Der Erfolg dieses Vorgehens, insbesondere im Hinblick auf den Grad des deutschen Patriotismus in der Bevölkerung, lag 1943 deutlich unter den Erwartungen. 1943 gingen das ganze Jahr über schlechte Nachrichten von den verschiedenen Fronten ein (Stalingrad im Februar, Kapitulation des Afrikakorps im Mai, Kursk im Juli) und drängten die deutschen Besatzer, der Bevölkerung noch strengere Maßnahmen aufzuerlegen (Verpflichtung zum Beitrag an den deutschen Kriegsanstrengungen, Rekrutierung junger Elsässer ab 16 Jahren, verstärkte Repression gegen Kriegsdienstverweigerer und Regimegegner). Obwohl die Bevölkerung mittels NSDAP-Ablegern wie der Deutschen Arbeitsfront oder dem nationalsozialistischen Volkshilfebund kontrolliert werden konnte, machte sich allmählich die Sorge bezüglich der weiteren Entwicklung des Konflikts breit; dies verstärkte gleichzeitig die Aktionen des Widerstands im Elsass und in ganz Frankreich. Andererseits ließ die deutsche Propaganda nicht nach und hämmerte mit patriotischen Parolen auf die Bevölkerung ein, um jegliches Gerücht eine Kapitulation auszumerzen (in diesem Film sind zweimal derartige Schilder zu sehen; und um daran zu erinnern, dass die Elsässer dem Reich und dem Führer gehorchen müssen. Charles-Robert Weiss bewegte sich also in einer elsässischen Gesellschaft, die gequälter war als je zuvor. Im ersten Teil seines Films möchte uns der Filmer seine Umgebung vermitteln. Die aus einer subjektiven Kameraperspektive gemachten Aufnahmen ermöglichen eine korrekte Wiedergabe der damaligen Atmosphäre (die wichtigsten Animationen auf der Straße sind die Aufmärsche und die militärischen Versammlungen, die Zivilisten bleiben nicht vor der Kamera stehen, sondern gehen weiter). Der Filmer möchte mit seinen langen Aufnahmen der Denkmäler und der bekannten Straßen seiner Stadt, in denen die Fahnen des Dritten Reichs wehen, vor allem die NS-Besatzung hervorheben (Beispiel des Place Kléber, der von den NS-Behörden zu einer Parade- und Redebühne verwandelt wurde); das Straßburger Münster taucht mehrmals auf, als ob er damit die offensichtliche Entweihung dieses Denkmals durch das Hakenkreuz betonen wollte. Man kann sich die Frage stellen, ob das Familienunternehmen Weiss (eine Seilfabrik) gegen ihren Willen die Kriegshandlungen der Deutschen unterstützt und folglich, wie er und seine Familie diese dunkle Zeit ertragen. '''Warum wurde Straßburg bombardiert?''' Am 6. September 1943 um 11:00 Uhr schickte die amerikanische Luftwaffe eine Staffel fliegender Festungen (etwa zwanzig Flugzeuge) los, um die Eisenbahnlinien auf Höhe von Straßburg zu bombardieren, um den deutschen Nachschub zwischen der elsässischen Hauptstadt und Kehl auf der anderen Seite des Rheins zu behindern und bestenfalls zu stoppen. Diese Operation war Teil des Plans, den die Verbündeten am 4. Februar 1943 in Marokko beschlossen hatten, um die Russen zu entlasten, indem sie das logistische und industrielle Potenzial Deutschlands zerstörten. Vor diesem Hintergrund waren der Ober- und Niederrhein und das Rheinland bevorzugte Ziele der alliierten Bomber; dazu kamen die Infrastrukturen Nord- und Ostfrankreichs, die von den Deutschen genutzt wurden. In Straßburg befand sich auch eine Produktionsstätte des deutschen Herstellers Juncker, der die Luftwaffe mit Motoren und Flugzeugen versorgte (ab Ende 1942 wurden 350 Mooren pro Monat produziert). Weitere Ziele waren die Kraftstofftanks in der Robertsau und am Rheinhafen. Für die Straßburger war es eine schreckliche Überraschung; die Illusion eines vor Bombardierungen geschützten Straßburg, weil es weit abseits der klassischen Bomberstrecken lag, war verflogen. Viele der abgeworfenen Bomben trafen Wohngebiete. Allein beim Bombenangriff im September 1943 verloren 190 Menschen das Leben und mehr als 200 wurden verletzt. Die Sachschäden waren erheblich, das Viertel Neudorf wurde besonders hart getroffen. Das Ironische an diesem Bombenangriff ist, dass die Eisenbahnlinien überhaupt nicht beschädigt wurden und die Deutschen noch vor dem Ende des Tages mit den Reparaturen fertig waren. Es sei jedoch daran erinnert, dass Straßburg trotz dieses Bombenangriffs Ende 1943 und der Angriffe Mitte 1944 immer noch als gelegentliches Ziel galt. Die Tatsache, dass die Stadt keinen Bombenteppich wie die deutschen Städte (Hamburg, Dresden, Berlin) und einige französische Städte ertragen musste, ist ein Beispiel für die mangelnde strategische Priorität der Stadt, die sie zu einem zweitrangigen Ziel machten. Der Film von Charles-Robert Weiss zeigt uns mehrere Aufnahmen dieses wenig bekannten Ereignisses in der Geschichte Straßburgs. Der lineare Zusammenschnitt ermöglicht eine korrekte zeitliche Einordnung der Geschehnisse; die Tatsache, zuerst die Reaktionen der Passanten zu filmen und dann den Rauch der Zerstörung und schließlich die Schäden selbst, verleiht dem Film eine gewisse Konsistenz. Die Aufnahme mit einem subjektiven Kamerawinkel erleichtert es, uns in die Lage des Filmenden zu versetzen. Man kann sich auch die Besorgnis des Regisseurs vorstellen, als er diese Szenen der Trostlosigkeit filmte. Dann ab diesem Zeitpunkt realisierte er, dass seine Stadt bombardiert werden kann, und seine Sorge, vor dem Ende des Krieges zu sterben oder geliebte Menschen zu verlieren, fasst das allgemeine Gefühl der Straßburger in diesem Augenblick.
contexteen