L'art humble de la terre et du feu : Betschdorf (0132FI0019)


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Abstract


L’extrait vidéo est issu d’un documentaire qui se nomme « L’art humble de la terre et du feu », réalisé par Albert Schott. Albert Schott est un instituteur qui débute sa carrière en 1940, et qui très vite réalise des chroniques de Walscheid son village natal en Moselle. Ce n’est qu'une fois à la retraite qu’il peut s’adonner à ses deux passions; la vie régionale et le cinéma. Ainsi dès 1970 et dans les années 1980 il réalise une série de documentaires consacrés à l’artisanat et aux savoir-faire régionaux qui disparaissent avec la démocratisation des machines. Perfectionniste, il enregistre lui même les commentaires audio de ses documentaires et les agrémente même de bruitages qu’il capte lors de ses tournages. Il organise des projections et présente ses films à des festivals, cependant en raison de reproches quant à la durée de ses films il ne connait pas un grand succès. Ses films sont néanmoins reconnus pour leurs qualités documentaires et deux d’entre eux sont achetés par des musées. Albert Schott réalise ce documentaire en 1984, il a donc une longue expérience derrière lui lorsqu’il débute ce film et répète les formules qu’il utilise dans ses réalisations précédentes. « L’art humble de la terre et du feu », traite de l’art de la poterie en Alsace-Lorraine. Des petits ateliers artisanaux de Betschdorf à la grande faïencerie de Niderviller les techniques se diversifient et s’affinent, l’artisanal laissant place à la précision mécanique. L’extrait concernant Betschdorf commence à 15 minutes 35 et se termine à 17 minutes. Ce très court passage du documentaire met en évidence les spécificités de la poterie du village de Betschdorf et la diversité de ses artisans. Une évolution se fait au sein du documentaire, après un rappel des traditions archaïques il présente de petits ateliers artisanaux, puis une usine. Le réalisateur dans son documentaire met en évidence une évolution dans la conception de la poterie. L’extrait apparait au début du documentaire, donc lorsque le réalisateur présente des artisans. Un autre élément très important à mettre en évidence concerne le titre qu’il donne à son documentaire, « L’art humble de la terre et du feu ». En effet l’une des interprétations possible du titre vient des expressions « poterie de terre » et « terre de feu » qui sont des expressions françaises équivalentes au mot allemand « tonwaren » pour désigner une poterie en terre. Cette expression de « terre de feu » peut se rapporter au titre qu’il donne à son documentaire notamment dans ce contexte car il est question de poterie. La connaissance de cette expression par l’auteur montre une forme d’érudition et un travail de recherche en amont qui témoigne d’une crédibilité que l’on peut donner à son documentaire. Une critique externe du document et notamment d’éléments comme le type de source, l’auteur ainsi que la manière dont il diffuse son film permettent une analyse plus précise du document. Une fois cette étape préalable réalisée le document peut être étudié plus en profondeur,

résumé et replacé dans une histoire locale. Plusieurs thèmes essentiels de cet extrait permettent de mettre en évidence certains composants du film.

Description


Critique externe de l’extrait et aspect technique La source est un extrait de film documentaire, elle est donc fiable. L’auteur apporte lui aussi une grande crédibilité à ce qui est raconté dans ce film. Il est instituteur et est très intéressé par l’histoire locale. De plus il réalise de nombreux documentaires sur l’artisanat en Alsace-Lorraine et demande à des artisans de reproduire des gestes spécifiques. Ces derniers acceptent volontiers de se prêter au jeu de la caméra et ainsi d’immortaliser ce savoir faire. L’expertise de ces professionnels couplée au talent et à l’intarissable passion d’Albert Schott aboutissent à des films d’une grande précision et fiabilité. De plus ces films sont présentés un peu partout dans la région et certains sont mêmes achetés par deux musées dont l’écomusée d’Ungersheim. L’achat de ses films par des structures sérieuses contribue à asseoir sa crédibilité en tant que réalisateur de documentaires et la confiance à apporter en ce qu’il rapporte. De plus les critiques dont souffrent ses films concernent des aspects techniques bien plus que des questions de fond et notamment la durée des films. Le film est un documentaire, il y a donc beaucoup de coupures, l’extrait et par extension le film n’est pas en plan séquence. Un plan large au début de la séquence montre un panneau de la ville ce qui permet de situer géographiquement l’extrait. La caméra reste immobile lorsque Albert Schott filme la femme au début de l’extrait et réalise un traveling pour montrer des poteries. Le montage est dynamique lorsqu’il présente en fin d’extrait la diversité des poteries issues des ateliers de Betschdorf. À l’exception du premier plan qui se concentre sur le panneau de la ville les autres plans sont assez proches que ce soit de l’artisan qu’il filme ou des poteries. L’aspect documentaire est d’autant plus respecté que l’artisan ne regarde jamais directement la caméra, il n’est pas complice du réalisateur mais l’objet de son film. Quant au son, Albert Schott fait le choix pour une grande partie de son film de le rajouter chez lui, lors de son montage. En effet il n’y a que très peu de moments où le son est intradiégétique, il l’est lors de l’interview qui a lieu juste après cet extrait. Le reste des sons sont une musique et un commentaire de l’auteur sur les images qu’il a filmé au préalable. De plus l’auteur les enregistre chez lui demandant un silence d’église à sa famille pour enregistrer ses commentaires dans la meilleure qualité possible. Pour le cadre choisi il s’agit dans le cas de l’extrait d’une jeune artisane en extérieur et un autre plan qui s’attarde sur des poteries, certainement filmé au même endroit. Albert Schott précise que c’est un jour de fête et que les artisans travaillent dehors. Il ne précise pas quelle est cette fête précisément. Cependant il est possible d’extrapoler sur cette fête car il existe à Betschdorf une « fête de la poterie » qui avait lieu tous les deux ans. De plus il y a aussi un parti prit de la part du réalisateur qui décide pour une des deux communes les plus célèbres pour ses poteries de s’attarder sur une personne. L’artisan est présenté par Albert Schott comme une « jeune et jolie potière », elle est la seule protagoniste de l’extrait entièrement visible. Une personne est visible au début de l’extrait et se tient debout derrière l’artisan. Aucun lien n’est établie entre les personnes mais la personne en arrière plan semble plus âgée et mieux équipée car elle porte un tablier. De plus la personne semble surveiller l’artisan, cependant Albert Schott décide de la filmer elle. En effet, il précise « qu’une douzaine d’artisans » exercent le métier de potier dans la ville de Betschdorf lorsqu’il tourne le documentaire pourtant il choisit de s’attarder sur elle. L’auteur n’apporte aucune précision pour ce choix. En général, un grand thème revient dans ses documentaires. Truffaut dans les cahiers du cinéma propose un mouvement nouveau qui est la « politique des auteurs ». L’un des points essentiels de ce mouvement est de chercher la récurrence d’un thème chez un auteur pour analyser de manière plus juste une œuvre. Chez Albert Schott le thème qui traverse sa filmographie est l’industrie qui prend le pas sur l’artisanat malgré l’importance de cette dernière. Ainsi mettre en premier plan cette jeune fille comme réceptacle du savoir traditionnel permet de montrer le renouvellement de ces techniques séculaires. Et dans cette logique d’auteur d’expliquer pourquoi il montre pour l’un des villages qu’il qualifie de « fleurons de la poterie en Alsace » une personne moins expérimentée que d’autres artisans présents à Betschdorf.

Metadata

Reference / film number :  0132FI0019
Date :  1984
Coloration :  Color
Sound :  Mute
Timecode :  00:09:25
Running time :  00:00:00
Film-maker :  Schott, Albert
Reel format :  Super 8 mm
Thematics :  Industry


Article written by

Alexis Wurmlinger, 02 May 2020


  1. This film analysis is still in progress. It may therefore be incomplete and contain errors.